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Full text of "Bibliothèque de l'École des chartes"

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BIBLIOTHEQUE 

DE   L'ÉCOLE 

DES  CHABTES 

LV. 


IMPRIMERIE   DAUPELEY-GOUVERNEUR,    A   NOOENT-LE-ROTROU. 


BIBLIOTHÈQUE 


DE   L'ÉCOLE 


DES  CHARTES 


REVUE  D'ÉRUDITION 


CONSACREE   SPECIALEMENT  A   L'ÉTUDE  DU   MOYEN  AGE. 


LV. 

ANNÉE    1894. 


-* — -gafea    > 


^iP 


PARIS 

LIBRAIRIE   D'ALPHONSE   PICARD   ET    FILS 

RUE    BONAPARTE,    82 

-1894 


'35 
t.  5D" 


QUESTIONS  MÉROVINGIENNES 


VII. 

LES  ACTES  DES  ÉVÊQUES  DU  MANS. 

(Suite  K) 


5.  —  Les  chm^tes  des  «  Actus  pontificum  »  relatives  aux 
monastères  du  diocèse. 


Les  chartes  (royales,  épiscopales,  ou  autres),  dont  le  texte  est 
rapporté  dans  les  Actus  pontificum  Cenomannis  in  U7^he 
degentium,  sont  au  nombre  de  49,  —  43  mérovingiennes, 
6  carolingiennes,  —  30  relatives  aux  monastères  du  diocèse, 
4  aux  privilèges  de  l'évêché,  15  (dont  deux  testaments  d  evêques) 
à  ses  domaines,  —  savoir  : 


Chartes 

Chartes 

mérovingiennes 

carolingiennes 

Total 

Monastères  :  Saint-Calais 

il 

\ 

>I3 

Notre-Dame 

7 

\ 

8 

Saint-Longis 

3 

» 

3 

Saint- Vincent 

2 

» 

2 

Saint-Martin 

i 

1» 

\ 

Saint-Ouen 

\ 

» 

\ 

Tuffé? 

\ 

» 

\ 

Ghàlons 

\ 

» 

\ 

28  2  30 


1.  Voyez  le  volume  précédent,  p.  597. 


6  QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 

Privilèges  :  Immunité  2 

Choix  des  ducs  ou  comtes     i 
Monnayage  4 


2 
4 


Domaines 


Testaments 
Ardin  et  Gauriac 
Clievrenolle 
Confirmations  générales 


2 

8 

» 


» 
i 

» 
3 


2 
9 
i 
3 


U 


-15 


Total 


A3 


6 


49 


L'examen  successif  de  ces  séries  va  montrer  que,  dans  l'en- 
semble, les  pièces  fausses  et  les  pièces  authentiques  (un  certain 
nombre  de  celles-ci  plus  ou  moins  gravement  interpolées)  se  pré- 
sentent en  nombre  à  peu  près  égal  ;  mais  elles  sont  inégalement 
réparties.  Les  chartes  relatives  aux  monastères  sont  en  majorité 
fausses,  les  autres  en  majorité  authentiques.  Les  chiffres  suivants 
peuvent  d'ailleurs  donner  à  l'avance  une  idée  résumée  des  con- 
clusions de  l'étude  qui  va  suivre  : 


CHARTES 

ENTIÈREMENT   FAUSSES 

CHARTES   AUTHENTIQUES   OU 
INTERPOLÉES 

mérovin-         carolin- 

TOTAL 

mérovin-    carolin- 

g'iennes     giennes    Total 

giennes          giennes 

Total 

Monastères 

5     n       1      18 

U              i 

12 

30 

Privilèges 

i       »       i 

3              » 

3 

4 

Domaines 

»           2          2 

U              2 

13 

15 

18 


21 


25 


28 


49 


Il  a  déjà  été  question  des  deux  chartes  de  l'évêque  Domnole, 
en  date  du  6  mars  572  et  du  4  septembre  581 ,  relatives  au  monas- 
tère de  Saint-Vincent.  On  a  vu  : 

1°  Qu'elles  sont  authentiques  ; 

2"  Qu'elles  se  trouvaient,  au  temps  d'Aldric,  dans  les  archives 
de  l'abbaye  de  Saint- Vincent ,  où  l'évêque  les  découvrit  quand 
une  concession  de  Louis  le  Pieux  lui  eut  donné  autorité  sur  ce 
monastère  ; 

3"  Que  les  Actus  i^ontificum  en  ont  emprunté  le  texte  aux 
Gesta  Aldrici; 


VII.    — r   LES   ACTES   DES   EVEQUES   DU  MANS,  7 

4"  Qu'en  même  temps  qu'il  copiait  ce  texte,  l'auteur  des  Actus 
l'a  falsifié,  en  interpolant  dans  l'une  des  deux  chartes  une  clause 
favorable  aux  prétentions  de  révêché  :  «  et  sub  jure  memoratç 
Cenomannensi  çcclesiae  juste  et  légitime  esse  debere  censeo*.  » 

Cette  dernière  remarque  est  importante  ;  elle  précise  l'objet  du 
travail  critique  à  faire  sur  les  documents  conservés  dans  les 
Actus.  Il  n'y  a  pas  seulement  à  distinguer  des  chartes  authen- 
tiques et  des  chartes  fausses;  il  faudra  aussi,  dans  les  chartes 
authentiques,  distinguer  les  parties  originales  et  les  parties  inter- 
polées. 

Les  chartes  relatives  au  monastère  d'Anisola  ou  de  Saint- 
Calais,  au  nombre  de  treize  (dont  douze  mérovingiennes  et  une 
attribuée  à  Cliarlemagne) ,  ont  été  condamnées  en  bloc  comme 
fausses  par  le  jugement  de  la  cour  du  roi  Charles  le  Chauve, 
rendu  à  Verberie  le  vendredi  29  octobre  8632.  l^  condamnation 
a  été  confirmée  par  le  jugement  unanime  des  diplomatistes.  Mais 
il  ne  convient  pas  d'examiner  cette  série  isolément.  Il  faut  rap- 
procher les  chartes  de  Saint- Calais  de  quelques  autres,  qui 
offrent  avec  elles  une  ressemblance  marquée,  notamment  de  celles 
qui  concernent  le  monastère  de  femmes  de  Notre-Dame,  «  intra 
fluvium  Sartae  et  murum  civitatis,  »  au  Mans  (monastère  dont 
il  a  déjà  été  question  ci-dessus,  §  3  [1893,  p.  624]),  et  le  monas- 
tère d'hommes  de  Saint-Pierre,  plus  tard  Saint-Longis. 

Nous  trouvons  dans  les  Actus,  pour  chacune  de  ces  trois  mai- 
sons rehgieuses  et  pour  une  quatrième  moins  importante,  l'ora- 
toire de  Saint-Martin  dans  la  ville  du  Mans,  quatre  diplômes 
royaux  du  vi®  et  du  vii^  siècle.  L'un,  celui  de  Saint-Martin,  est 
attribué  à  un  Théodebert  ^  ;  deux  autres,  concernant  Notre-Dame 
et  Saint-Calais,  à  Childebert  P""^  ;  le  quatrième,  celui  qui  concerne 
Saint-Longis,  à  Clotaire  IP.  Tous  quatre  ont  pour  objet  de  con- 
firmer les  fondations  monastiques  en  question,  fondations  faites 
par  des  particuliers  et  placées,  dit-on,  par  les  fondateurs  eux- 
mêmes  sous  l'autorité  directe  des  évêques  du  Mans. 

Les  éditeurs  des  diplômes  mérovingiens,  Bréquigny,  Pardessus, 

1.  Ci-dessus,  g  3,  1893,  p.  645. 

2.  Ci-dessus,  g  t,  1893,  p.  599. 

3.  K.  Pertz,  p.  122,  n°  6;  Appendice  I,  n»  00. 

4.  K.  Pertz,  p.  123,  n°  7,  et  p.  124,  n"  8;  Appendice  II,  n»'  00  et  00. 

5.  K.  Pertz,  p.  134,  n»  17;  Appendice  II,  n»  00. 


8  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

K.  Pertz,  s'accordent  à  considérer  ces  quatre  chartes  comme 
également  apocryphes.  Cette  opinion  est-elle  fondée? 

Considérées  isolément,  elles  n'offrent,  à  première  vue,  aucun 
motif  grave  de  suspicion.  Le  style  et  les  formules  conviennent  à 
l'époque  mérovingienne.  Les  banalités  mises  en  guise  d'exorde 
(ce  que  les  diplomatistes  allemands  appellent  arenga)  sont  bien 
dans  le  goût  du  temps  :  «  Si  petitionibus  ancillarum  Dei  vel  sacer- 
dotibus  »,  ou  «  servorum  Dei  vel  bonorum  hominum,  in  quod  », 
ou  «  quae,  nostris  auribus  fuerint  prolata,  ad  effectum  perduci- 
mus,  hoc  nobis  ad  aeternae  sainte  »,  ou  «  aeternç  salutis  prç- 
mium,  vel  stabilitate  regni  nostri  in  Dei  nomen  pertinere  confi- 
dimus.  »  Les  donateurs  sont  qualifiés,  selon  les  cas,  d'  «  inluster 
vir  »  ou  de  «  deo  devota  »  ;  leurs  pétitions  sont  dites  adressées 
«  clementiae  regni  nostri  »,  et  l'on  ajoute  qu'ils  ont  supplié  la 
majesté  royale,  «  petierunt  celsitudini  nostrae  »,  de  confirmer 
leurs  donations  par  un  acte  écrit  de  sa  volonté  souveraine,  «  ut 
hoc  per  nostram  auctoritatem  plenius  confirmare  deberemus.  » 
Le  roi  confirme  aux  donataires  la  possession  des  biens  donnés, 
avec  toutes  leurs  dépendances,  «  una  cum  terris,  domibus,  aedi- 
ficiis,  mancipiis,  vineis,  silvis,  pratis,  pascuis,  aquis  aquarumve 
decursibus,  farinariis,  pecuhis...  »  Pour  assurer  la  validité  de 
la  charte,  «  ut  haec  preceptio  firmior  habeatur  et  in  omnibus 
conservetur,  »  le  roi  la  signe  de  son  nom,  qu'il  écrit  de  sa  propre 
main,  «  manus  nostrae  subscriptionibus  eam  subter  decrevimus 
roborare.  »  Sa  souscription  est  suivie  de  celle  du  référendaire, 
avec  les  mots  «  jussus  obtolus,  »  faute  de  copiste  facile  à  corriger 
en  «  jussus  obtolit  (obtulit),  »  puis  de  la  date,  exprimée  par  l'an 
du  règne  et  le  quantième  du  mois,  avec  la  formule  quod  fecit, 
«  dies  octo  quod  facit  mensis  junius.  »  Toutes  ces  tournures  sont 
familières  aux  personnes  qui  ont  étudié  les  diplômes  mérovin- 
giens. Ajoutons  qu'un  certain  nombre,  au  moins,  des  fins  de 
phrases  sont  conformes  aux  lois  métriques  de  la  prose  latine  des 
bas  siècles'  :  perlinëre  cônfJdïmus,  confirmasse  cd(j7idscXte,  ratio- 
nahilïier  dêUyâssent ,  in  Dei  nomine  côJiflrmâtiim,  profidant  âd- 
aûcjmëntum  ou  proficiat  Tn-aïïgmëntum ,  in  omnibus  conservëtur, 
decrevXmus  rôbôrâre. 

Chaque  pièce,  prise  à  part,  n'offre  donc  rien  de  bien  choquant. 
Mais,  si  on  les  rapproche,  on  est  étonné  de  leur  parfaite  simili- 

1.  Ci-dessus,  g  3,  1893,  p.  641. 


vu.    —   LES   ACTES   DES   EVEQUES   DU   MANS.  9 

tude.  Ce  sont  quatre  exemplaires  d'un  même  texte  :  quatre  fois 
on  retrouve  les  mêmes  banalités,  les  mêmes  transitions,  les  mêmes 
formules  et  les  mêmes  clauses,  exprimées  dans  les  mêmes  termes; 
les  noms  propres  seuls  et  quelques  détails  du  dispositif  ont  été 
changés.  Ainsi  toutes  les  citations  qui  précèdent  ont  pu  être 
empruntées  indifféremment  aux  quatre  diplômes,  car  les  expres- 
sions et  les  passages  cités  se  retrouvent  dans  tous.  Le  fait  serait 
explicable  s'il  s'agissait  des  diverses  pièces  d'un  même  dossier, 
de  ces  actes  successifs  par  lesquels  plusieurs  rois,  les  uns  après 
les  autres,  accordaient  à  une  même  église  des  confirmations  réi- 
térées d'une  même  concession  primitive.  Mais  nos  chartes  con- 
cernent des  monastères  différents  et  se  donnent  comme  rendues  à 
la  requête  de  différents  pétitionnaires.  D'ailleurs,  la  similitude  du 
texte,  si  étroite  qu'elle  soit,  n'est  pas  la  circonstance  la  plus  frap- 
pante ;  plus  étrange  encore  est  la  similitude  des  mentions  finales, 
souscriptions  et  dates  : 

Saint -M art  in  :  Theodebertus  rex  Francorum  subs.  —  Adalgrimus 
jussus  obtolus  [sic]  scripsit  et  subscripsit.  —  Data  dies  octo  quod 
facit  presens  raense  junii  anno  VII  regni  noslri  Gaptiniaco  in  Xpisti 
nomine  féliciter  amen. 

Notre-Dame  :  Ghildebertus  rex  Francorum  subscripsit.  —  Ado- 
grimus  jussus  obtolus  [sic^]  subscripsit.  —  Datum  dies  viii  quod 
facit  presens  mensis  junius  anno  VII  regni  noslri  Opatinaco  in  Xpisti 
nomine  féliciter  amen. 

Saint-Calais  :  Ghildebertus  rex  Francorum  subscripsit.  —  Ado- 
grimus  obetoilus  {sic)  scripsi  et  subscripsi.  —Datum  dies  octo  quod 
facit  mensis  junius  anno  XV  regni  nostri  Opatinaco  in  Xpisti  nomine 
féliciter  amen. 

Sainf-Longis  :  Ghlotharius  rex  Francorum  subscripsi.  —  Xadogri- 
mus  jussus  optuU  et  subscripsi.  —  Datum  diesviii  quod  fecit  mens, 
jan.  anno  LUI  regni  nostri  Gompendio  palatio  nostro  in  Dei  nomen 
féliciter  amen. 

Ainsi,  les  quatre  pièces  sont  censées  de  trois  règnes  et  de 
quatre  années  différentes;  non  seulement  différentes,  mais  sépa- 
rées par  de  longs  intervalles,  car,  des  premières  années  de  Chil- 

1.  [Le  raanuscril  de  M.  Julien  Havet  porte  obtolus  avec  un  point  sur  le  pre- 
mier jambage  de  Vu;  il  est  difficile  de  dire  s'il  a  voulu  écrire  obtolus,  qui  serait 
conforme  à  la  leçon  de  la  charte  de  Saint-Martin,  ou  obtolius,  qui  marciuerait 
un  acheminement  à  la  leçon  obetoilus  de  la  charte  de  Saint-Calais.] 


^0  QUESTIONS   MÉROVIXGIENXES. 

debert  P""  (511-558)  aux  dernières  de  Clotaire  II  (584-629),  il  y 
a  plus  d'un  siècle  ;  et,  sous  ces  trois  rois  et  à  ces  quatre  dates,  le 
hasard  aurait  ramené  quatre  fois,  dans  les  chartes  destinées  au 
même  diocèse,  trois  noms  de  référendaires  presque  semblables, 
Adalgrimus,  Adogrimus  et  Xadogrimus.  Le  même  hasard 
aurait  voulu  qu'à  des  intervalles  qui  vont  jusqu'à  un  siècle,  les 
chartes  royales  pour  le  Mans  fussent  données  quatre  fois  le  même 
jour  du  mois,  le  8,  et,  trois  fois  sur  quatre,  le  même  jour  du 
même  mois,  le  8  juin  (la  quatrième  fois,  c'est  le  8  janvier,  ce  qui 
ne  fait  qu'une  différence  d'une  lettre,  jan.  au  lieu  de  jun.). 
Enfin,  toujours  par  hasard,  dans  trois  actes  donnés  le  même  jour 
du  même  mois  de  trois  années  différentes,  la  date  de  lieu  aurait 
été  exprimée  trois  fois  par  des  corruptions  diverses  du  nom  d'une 
même  villa  royale,  Captunacum  :  ici  Captiniaco,  là  Opati- 
naco.  De  pareilles  rencontres  dépassent  la  limite  des  possibilités 
fortuites.  Elles  ne  peuvent  s'expliquer  que  par  l'imitation  répétée 
d'un  même  type,  et  cette  imitation  ne  peut  être  que  le  fait  d'un 
faussaire.  Nos  chartes,  en  dépit  de  la  couleur  mérovingienne 
qu'elles  présentent  dans  le  style  et  dans  les  formules,  ne  sont 
donc  pas  quatre  chartes  authentiques  :  elles  sont  seulement 
copiées  sur  un  même  modèle  authentique.  De  deux  choses  l'une  : 
ou  ce  modèle  ne  nous  a  pas  été  conservé,  et  nos  quatre  chartes  en 
sont  quatre  imitations,  c'est-à-dire  quatre  faux;  ou  l'une  d'entre 
elles  est  le  modèle,  et  par  conséquent  est  authentique,  et  les  trois 
autres  en  sont  les  imitations,  et  par  conséquent  sont  fausses.  En 
d'autres  termes,  il  y  en  a,  ou  quatre  fausses,  ou  trois  fausses  et 
une  authentique.  Il  n'y  a  de  choix  qu'entre  ces  deux  hj^pothèses. 
Il  faut  choisir  la  seconde.  Il  y  a  une  des  quatre  chartes  sur 
laquelle  les  trois  autres  ont  été  copiées  :  c'est  celle  par  laquelle 
le  roi  Théodebert  confirme  la  donation  des  biens  composant  la 
dotation  de  l'oratoire  de  Saint-Martin,  au  Mans,  biens  donnés, 
dit-on,  avec  l'oratoire  lui-même,  à  la  cathédrale  du  Mans,  par 
ses  deux  fondateurs,  «  vir  inluster  Eoladius  presbiter  et  Bau- 
domalla  Deo  devota.  »  Dans  les  quelques  détails  où  les  textes 
diffèrent,  les  leçons  de  la  charte  de  Saint- Martin  sont  an- 
ciennes et  primitives,  celles  des  trois  autres  en  sont  des  cor- 
ruptions ou  des  imitations  maladroites.  Le  référendaire  de 
Théodebert,  Adalgrimus,  nom  germanique  autlientique*,  de- 
vient sous  le  pseudo-Childebert  Adogrimus ,  sous  le  pseudo- 

1.  Forstemann  [AKdeutsches  Namenbucli,  I,  j).  1471. 


VII.    —    LES   iCTES   DES   EVEQUES   DU   MANS. 


u 


Clotaire  Xadogrimus.  Captiniaco,  forme  à  peine  altérée  du 
nom  bien  connu  Capiunaco^,  devient,  dans  les  prétendues 
chartes  de  Childebert,  un  ridicule  et  inintelligible  Opatinaco. 
Au  point  de  vue  du  style  diplomatique,  les  variantes  suivantes 
sont  toutes  à  l'avantage  de  la  charte  de  Tliéodebert  : 

Childebert  /"  et  Clotaire  H  : 
si  petitionis  ancillarum  {ou  ser- 


Théodebert  :  si  petitionibus  an- 
cillarum Dei  vel  sacerdotibus  in 
quod  nostris  auribus  fuerintpro- 
lata 


clementiae  regni  nostri  detule- 
runt  in  notitia 


locella  noncupantes  sitas  in  pa- 
ge Caenomannico  [suivent  les 
notns] 


confîrmare  deberemus 

cujuspetiLione  gratanter  anime 
prestitisse  et  in  omnibus  confir- 
masse cognoscit[e] 

sicut  constat. . .  delegassent 
(pour  delegasse) 

per  hoc  preceplum  plenius  in 
Dei  nomine  confirmatum 


vorum)  Dei  vel  bonorum  homi- 
num  quae  nostris  auribus  fue- 
rant  relata  ou  fuerit  relatum  ou 
fuerunt  relate 

clementia  regni  nostri  asseren- 
tes  nobis  per  eorum  missos  inti- 
maverunt  ou  clementiam  regni 
nostri  asserens  nobis  intimavit 

locella  proprietatis  eorum  tam 
in  pago  Caenomannico  quam  et 
in  aliis  pagis  ou  res  atque  man- 
cipia...  tam  in  pago  Caenoman- 
nico quam  et  in  aliis  pagis  atque 
terratoriis 

conflrmare  fecissemus 

quorum  petitionibus  gratanter 
adsensum  praestavimus  et  in  om- 
nibus confîrmavimus 

sicut...  delegassent  [sans  con- 
stat) ou  sicut...  tradidit  et  dele- 
gavit 

per  hoc  preceptum  plenius  in 
Dei  nomine  confirmamus 


1.  Dom  Germain,  dans  le  De  re  diplomatica  de  Mabillon,  p.  257.  Plusieurs 
des  documents  cités  par  ce  bénédictin  sont  faux  ou  interpolés.  Les  documents 
mérovingiens  authentiques,  datés  de  Captunaco,  Captannaco,  Captunnaco  ou 
Captonaco,  sont  au  nombre  de  quatre  :  1°  la  présente  charte  de  Théodebert; 
2°  charte  de  Berthéfrid,  évêque  d'Amiens,  pour  Corbie,  vendredi  6  septembre 
664  (Bibl.  royale  de  Berlin,  ms.  Phillipps  1776,  fol.  97  v);  3°  jugement  de 
Clovis  III,  samedi  12  août  691  (K.  Pertz,  p.  53,  n"  59;  Letronne,  n°  XXIV); 
4°  charte  d'Agérad,  évêque  de  Chartres,  lundi  6  mars  696  ou  mardi  6  mars  697 
(Tardif,  p.  30,  n°  36;  Letronne,  n»  XXXI).  On  ne  sait  comment  doit  être  tra- 
duit ce  nom.  Contre  les  mauvaises  identiûcations  proposées  jadis,  Chatou 
(Seine-et-Oise)  ou  Sannois  (ibid.),  voyez  Longnon,  Examen  géographique  du 
tome  I"  des  Diplomata  imperii  (1873,  extrait  de  la  Revue  critique  d'histoire 
et  de  littérature),  p.  16. 


42  QUESTIO\S   MEROVINGIENNES. 

Dans  la  charte  de  l'oratoire  de  Saint-Martin,  il  est  dit  que  les 
fondateurs  ont  construit  cet  oratoire  sur  un  terrain  qui  leur 
appartenait,  «  in  area  ipsorum  :  »  dans  les  actes  relatifs  à  Notre- 
Dame,  à  Saint-Calais,  à  Saint-Longis,  on  assure  qu'ils  ont  bâti 
sur  un  terrain  appartenant  à  la  cathédrale,  «  in  area  »  ou  «  in 
terra  sanctae  Mariae  vel  sanctorum  martyrum  Gervasii  et  Pro- 
thasii  matris  et  Cenomannis  civitatis  senioris  aecclesiç.  »  La 
première  clause  pouvait  constituer  une  présomption  favorable  à 
l'indépendance  de  la  fondation,  peu  favorable,  par  conséquent,  à 
l'autorité  de  l'évêque  :  l'auteur  des  Actus,  qui  travaillait  dans 
l'intérêt  de  l'évêché,  ne  l'aurait  pas  inventée;  s'il  la  donne,  c'est 
qu'il  l'a  trouvée  telle  quelle.  La  seconde  au  contraire  est  bien 
imaginée  pour  appuyer  les  prétentions  de  l'évêché  sur  les  trois 
monastères.  Pour  donner  à  ces  prétentions  plus  de  poids  encore, 
on  ajoute  que  les  fondations  ont  été  faites  avec  le  consentement 
de  l'évêque  et,  qui  plus  est,  avec  son  aide,  «  una  cum  consensu 
Innocenti  »  ou  «  Haduindi  Cenomannice  urbis  episcopi...  pre- 
dicto  episcopo  consentiente  seu  adjutorium  non  modicum  prç- 
stante.  »  Dans  la  charte  de  Théodebert,  les  domaines  donnés  par 
les  fondateurs  pour  constituer  la  dotation  de  l'oratoire  sont  énu- 
mérés  nominativement  :  «  locella  noncupantes  sitas  in  pago 
Caenomannico  Moliniaco,  Villa,  Levaste,  Popiliaco,  Aciaco,  Ver- 
riciaco,  Potius,  Cipidus.  »  C'est  la  donation  de  ces  biens  qui  est 
surtout  et  principalement  confirmée  par  le  roi;  l'oratoire  lui- 
même,  «  vel  ipso  Oratorio,  »  n'est  mentionné  qu'accessoirement. 
La  charte  de  Notre-Dame  confirme,  elle  aussi,  non  la  donation 
du  monastère,  mais  celle  des  biens  qui  en  forment  la  dotation  ; 
mais  déjà  ces  biens  ne  sont  plus  nommés  ;  les  phrases  qui  les 
désignent  sont  vagues,  de  manière  à  être  plus  compréhensives  et 
à  pouvoir  être  interprétées  dans  le  sens  le  plus  avantageux  pour 
l'évêché  :  «  locella  proprietatis  eorum  tam  in  pago  Caenoman- 
nico quam  et  in  aliis  pagis,  »  et  plus  loin  «  ipsa  loca  hereditatis 
eorum.  »  Dans  les  titres  de  Saint-Calais  et  de  Saint-Longis,  un 
pas  de  plus  est  franchi  ;  c'est  le  monastère  qui  fait  l'objet  princi- 
pal de  la  donation  et  de  la  confirmation,  et  ses  biens  sont  l'acces- 
soire :  «  jubemus  ut  sicut  jaradictus  domnus  Carileffus  »  ou 
«  Lonegisilus...  ipsum  monasteriolum...  una  cum  terris,  domi- 
bus,  »  etc.,  «  ad  ipsa  casa  Dei  per  sua  strumenta  tradidit  et  dele- 
gavit...  ita  et  inantea...  monasteriolum superius nominatum  cum 
omni  integritate  ad  ipsa  predicta  casa  sanctae  Mari»;'  et  sancti 
Gervasii  et  Protliasii  martyris...  proficiat  in  augmentum.  j>  C'est 


VII.    —   LES   ACTES   DES   e'vÈQUES   DU   MANS.  -13 

l'affirmation  précise  de  la  sujétion  de  l'abbaye  à  l'évêché,  c'est- 
à-dire  du  point  que  notre  auteur  tenait  le  plus  à  établir. 

Enfin,  les  chartes  relatives  à  Notre-Dame,  à  Saint-Galais,  à 
Saint-Longis,  sont  attribuées,  ai-je  dit,  à  Childebert  I"  et  à  Clo- 
taire  II,  celle  de  Saint-Martin  à  un  Tliéodebert.  Or,  les  deux 
premiers  rois  sont  très  connus  dans  l'histoire  mérovingienne,  et 
leurs  noms  devaient  se  présenter  d'eux-mêmes  à  l'esprit  d'un 
faussaire  ;  notre  auteur  les  nomme,  dans  les  titres  de  deux  cha- 
pitres des  Actus^,  comme  ayant  régné,  l'un  au  temps  de  l'évêque 
Innocent,  l'autre  au  temps  de  l'évêque  Haduind.  Théodebert,  au 
contraire,  que  ce  soit  Tliéodebert  P""  ou  Théodebert  II,  jouit  d'une 
notoriété  beaucoup  moindre.  Aucune  charte  de  l'un  ou  l'autre  ne 
nous  a  été  conservée.  Aucun  des  deux  n'est  mentionné,  ni  dans 
les  titres  des  chapitres,  ni  dans  le  récit  des  Actus  pontiflcum^. 
Or,  les  faussaires  se  plaisent  ordinairement  à  accréditer  leurs  pro- 
ductions en  les  attribuant  à  des  princes  connus  ;  c'est  ainsi  que 
nous  avons  plus  de  trente  chartes  fausses  sous  le  nom  du  seul 
Dagobert  l"^.  Il  serait  tout  à  fait  improbable  que  l'auteur  des 
Actus,  fabriquant  une  pièce  apocryphe,  eût  imaginé  de  l'attribuer 
à  un  Théodebert.  S'il  a  reproduit  ce  nom,  c'est  que  son  modèle 
le  lui  donnait. 

Conclusion  :  les  trois  chartes  attribuées  à  Childebert  P""  et  à 
Clotaire  II,  relatives  aux  monastères  de  Notre-Dame,  de  Saint- 
Calais  et  de  Saint-Longis,  sont  fausses  ;  la  charte  de  Théodebert, 
pour  l'oratoire  de  Saint-Martin,  est  seule  authentique  et  a  servi 
de  modèle  pour  fabriquer  les  trois  autres. 

Elle  n'a  pas  servi  de  modèle  directement  pour  toutes  les  trois  ; 
les  faux  ont  été  fabriqués  successivement  et  copiés  l'un  sur  l'autre. 
La  charte  de  Saint-Martin  a  été  imitée  dans  celle  de  Notre-Dame  ; 
celle  de  Notre-Dame  a  été  imitée  dans  celle  de  Saint-Calais  ;  celle 
de  Saint-Galais  a  été  imitée  dans  celle  de  Saint-Longis.  Cette 

1.  VIII.  «  Gesta  domni  Innocentis  Cenomannicae  urbis  episcopi,  qui  fuit  tem- 
poribus  Anastasii  imperatoris  et  Chlodovei  prirai  Francorum  régis  christiani  et 
Chiideberti  filii  ejus.  »  Vet.  Anal.,  in-S",  III,  p.  74.  —  XII.  «  Gesta  domni 
Hadoindi  Cenomannicae  urbis  episcopi,  qui  fuit  ultimo  terapore  Clotharii  filii 
Hilperici  et  tempore  Dagoberti...  et...  Chlodovei...  »  Jbid.^  p.  146. 

2.  Il  est  question  de  Tliéodebert  II  dans  le  testament  de  saint  Bertrand, 
rapporté  à  la  suite  du  chapitre  de  cet  évêque,  mais  non  dans  ce  chapitre 
même;  notre  auteur  n'a  pas  relevé  et  probablement  pas  compris  la  mention 
assez  peu  claire  que  le  testament  fait  de  ce  roi. 


^4 


QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 


filiation  résultera  suffisamment  du  relevé  de  quelques  variantes, 
qui  permettent  de  suivre,  d'une  pièce  à  l'autre,  l'altération  pro- 
gressive des  leçons  premières  : 

Saint-Martin:    Notre-Dame:       Saint  -  Calais  :    Saint -Longis  : 


m  area  ipso- 
rum 

oratorio. . . 
conslruxerunt 


locellas  non- 
cupantes... 

si  tas  in  pago 
Gaenomannico 


in  area  san- 
ctae  Mariae 

monasterio  - 
lum  quoddam 
...construere 
coeperunt 

locella  pro- 
prieLalis  eorum 

tam  in  pago 
Gaenomannico 
quam  et  in  aliis 
pagis 


precipientes  enim  ut 

sicut  constat  sicut...  dele- 
...  delegassent  gassent  [sans 
(^owrdelegasse)   constat) 

ipsa  loca  {5Wî-  ipsa  loca  he- 
vent  les  noms)     reditatis  eorum 

ipsa  loca  superius  nominata 
cum  omni  integritale  earum 

ad  ipsa  casa  sancli  Gervasii  et 
Prothasii 


in  terra  sanctae  Mariae 

monasterio  -  monasterio  - 

lum    quoddam  lum    quoddam 

. . .    construxit  . . .    construxit 

vel  aedificavit  vel  reaediflcavit 

res  atque  mancipia  quae  ad 
ipsum  monasteriolum...  tradilae 
sunt 


tam  in  pago  Gaenomannico 
quam  et  in  aliis  pagis  atque  ter- 
raloriis 

precipientes  enim  jubemus  ut 

sicut. . .  tradi-       sicut. . .  tradi- 
dit  et  delegavit  dit  atque  dele- 
gavit 

ipsum  monasteriolum  quod... 
aedificavit 

monasteriolum  superius  nomi- 
natum  cum  omni  integritate 

ad  ipsa  casa      ad  ipsa  prae- 

sanctae   Mariae  dicta  casa  san- 

et  sancti  Gerva-  ctae  Mariae  et 

sii  et  Protliasii    sancti   Gervasii 

et  Prothasii 


eam  subter  decrevimus  roborare 


Adalgrimus 


Adogrimus 


subter  eum 
decrevimus  ro- 
borare et  nostro 
sigillé    sigillare 

Xadogrimus 


VII.   —   LES  ACTES   DES   ÉVÉQUES   DO   MANS.  ^5 

dies      octo  diesvmquod  dies      octo       diesvirrquod 

quod  facit  pre-  facit      presens  quod  facit  men-  fecit  mens.  jan. 

sens  mense  ju-  mensis  junius  sisjunius 
nii 

anno  vu  regni  nostri  anno  xv  regni     annoLiirregni 

nostri  nostri 

Gaptiniaco  Opalinaco  Compendio 

■ — -^ — ^-ii^ — —  palatio     nostro 

In  Xpisti  nomine  In  Dei  nomen 

La  traduction  de  la  date  d'une  pièce  fausse  en  années  de  notre 
ère,  en  mois  et  en  quantièmes,  ne  peut  avoir  ni  valeur  ni  signifi- 
cation précise;  ce  n'est  qu'un  expédient  commode  pour  classer 
les  pièces  dans  un  catalogue.  A  ce  point  de  vue  seulement,  disons 
que  la  date  de  la  fausse  charte  de  Childebert  P"",  relative  au 
monastère  de  Notre-Dame,  répond  au  8  juin  518  et  celle  de  la 
fausse  charte  du  même  roi,  relative  à  Saint-Calais,  au  8  juin  526. 
Il  est  bien  difficile,  même  sous  le  bénéfice  de  la  réserve  précé- 
dente, d'attribuer  une  date  à  la  fausse  charte  de  Saint-Longis  : 
elle  est  dite  de  la  53®  année  de  Clotaire  II,  qui  n'a  régné  que  qua- 
rante-cinq ans  et  quelques  jours  !  Dans  un  catalogue  chronolo- 
gique, il  faudrait  lui  donner  place  au  8  janvier  de  la  dernière 
année  complète  de  ce  roi  (la  45*),  c'est-à-dire  au  8  janvier  629. 

Laissons  ces  enfantillages  et  revenons  à  la  seule  charte  authen- 
tique de  nos  quatre,  celle  de  Théodebert  pour  Saint-Martin  du 
Mans.  Elle  a  jusqu'ici  passé  pour  apocryphe,  non  sans  apparence 
de  raison,  car  elle  offre  une  grosse  difficulté  chronologique.  EUe 
porte  en  tête  et  à  la  fin  le  nom  du  roi  Théodebert,  et  dans  le  corps 
de  l'acte  est  mentionné  l'évêque  du  Mans,  Domnole  :  «  ad  çccle- 
siam  sancti  Gervasii  et  Prothasii  martyris  vel  domno  Domnolo 
episcopo  qui  ibidem  ad  presens  custos  preesse  videtur.  »  Or  Théo- 
debert ?■■  a  régné  de  534^  à  548  2,  Théodebert  II  d'août  589  ^  à 
612'*,  et  Domnole  a  été  évêque  du  Mans  de  559  à  581  ^  Aucun 

1.  Grégoire  de  Tours,  Hist.  Franc,  III,  23;  édit.  Arndt  et  Krusch,  p.  131. 

2.  Ibid.,  III,  36,  p.  138,  et  IV,  51,  p.  187;  Marius  d'Avenches,  dans  les  Monu- 
menta  Germaniae,  in^",  Auct.  antiquiss.,  XI,  p.  236. 

3.  Grégoire,  IX,  36,  p.  391. 

4.  Chronique  dite  de  Frédégaire,  IV,  38;  édit.  Krusch,  p.  139. 

5.  Ci-dessus,  1893,  p.  635. 


^6  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

moment  de  son  épiscopat  n'a  donc  coïncidé  avec  aucun  moment 
du  règne  de  l'un  ou  l'autre  Théodebert.  Comment  expliquer  cette 
anomalie? 

On  pourrait  être  tenté  de  penser  à  un  autre  Théodebert,  au  fils 
de  Chilpéric  F",  qui,  en  573,  par  ordre  de  son  père,  occupa  et 
envahit  la  Touraine,  le  Poitou  et  autres  territoires  de  cités  «  citra 
Légère  sitas,  »  c'est-à-dire  sur  la  rive  gauche  de  la  Loire,  jusques 
et  y  compris  le  Limousin  et  le  Quercy  ^  Suivant  un  texte  hagio- 
graphique, la  Vita  Aredii,  les  habitants  du  territoire  envahi 
donnaient  à  ce  prince  le  titre  de  roi^  Mais  cette  royauté,  d'après 
ces  récits  même,  ne  s'exerça  que  sur  les  territoires  d'Aquitaine, 
qui  appartenaient  à  Sigebert,  roi  d'Austrasie,  et  que  Théodebert 
avait  conquis  sur  celui-ci.  Le  Maine  appartenait  à  Chilpéric,  et 
rien  n'autorise  à  supposer  qu'il  ait  cédé  son  autorité  sur  cette 
cité.  Les  deux  chartes  de  l'évêque  Domnole  pour  Saint-Vincent, 
l'une  de  572  (avant  l'expédition  de  Théodebert),  l'autre  de  581 
(après  la  même  expédition),  sont  datées  l'une  comme  l'autre  du 
règne  de  Chilpéric.  La  sujétion  du  Maine  au  même  prince  est 
attestée,  par  Grégoire  de  Tours,  à  diverses  autres  reprises,  en 
576  et  en  5783. 

Pour  trouver  le  vrai  remède,  il  faut  voir  s'il  n'y  a  pas  dans  la 
pièce  d'autres  difficultés  que  celle  de  la  date.  Il  y  en  a  au  moins 
deux  :  l'incohérence  dans  la  désignation  des  objets  de  la  donation 
confirmée,  et  l'octroi  de  la  confirmation  à  la  requête  des  dona- 
teurs. Dans  la  première  partie  de  la  charte,  la  donation  comprend 
une  série  de  villages  attribués  à  l'église  du  Mans,  en  même  temps 
que  l'oratoire  même  de  Saint-Martin,  dont  ils  forment  la  dota- 
tion :  «  locella  noncupantes  (tels  et  tels),  cum  omnes  adjacen- 
tias...  cum  omni  re  inexquisita  vel  ipso  oratorio;  »  dans  la 
seconde  partie,  il  n'est  question  que  des  villages  :  «  ipsa  loca 


1.  Grégoire,  IV,  47,  p.  183. 

2.  «  Quamquani  sciam  vos  regein  meluere  Theodobertum  :  »  Ruinarl,  Grego- 
rii  Turonensis  opéra,  col.  1299;  Acta  sanctorum  augusii,  V,  p.  189-190;  de 
Foncemagne,  dans  l'Histoire  de  l'Académie  des  inscriptions,  VII,  278-280  : 
Rome,  biblioliièquc  Villorio-Einaïuiele,  ras.  Farf.  29  (341),  fol.  32-52.  J'ai  coanu 
ce  manuscrit  par  une  collation  qu'a  bien  voulu  nie  communiquer  M.  le  D'  Mruno 
Krusch,  qui  prtq)are  une  édition  de  cette  Vita.  —  Cf.  aussi  Mabillon,  Acta 
sanctorum  ordinis  saiicti  Benedicti,  I,  p.  289,  291. 

3.  Grégoire,  V,  1,  i,  li,  26,  p.  192,  195,  201,  221;  Longnon,  Géographie  de 
la  Gaule  au  VI'  siècle,  p.  295,  296. 


vu.    —   LES   ACTES   DES    ÉVÈQUES   DU   MANS.  47 

superius  nominata  cum  omni  integritate  earura...  proficiant  ad 
augmentum.  »  D'autre  part,  dans  toutes  les  confirmations  méro- 
vingiennes qui  nous  sont  parvenues,  c'est  le  donataire,  intéressé 
à  la  validité  du  don,  qui  en  sollicite  et  en  obtient  la  confirmation, 
et  rien  n'est  plus  naturel  ;  ici,  contrairement  à  l'usage  et  contrai- 
rement au  sens  commun,  la  confirmation  du  don  est  accordée  aux 
supplications  des  donateurs,  Eoladius  et  Baudomalla.  Est-ce 
croyable  ? 

Ces  diverses  difficultés  résident,  non  dans  l'ensemble  de  la 
charte,  mais  dans  un  seul  passage,  qui  les  renferme  à  la  fois 
toutes  les  trois.  Je  veux  parler  de  ces  deux  lignes,  qui  suivent  la 
désignation  des  villages  donnés  «  cum  omnes  adjacentias,  cum 
omni  re  inexquisita,  »  etc.  : 

...vel  ipso  oratorio,  ad  çcclesiam  saneti  Gervasii  et  Prothasii  mar- 
tyris  vel  domno  Domnolo  episcopo  qui  ibidem  ad  presens  custos 
preesse  videtur... 

Qu'on  supprime  par  la  pensée  ces  deux  lignes  :  la  difficulté  de 
date  disparaît,  avec  le  nom  de  l'évêque  Domnole;  l'incohérence 
dans  la  désignation  des  objets  donnés  disparaît,  avec  la  mention 
de  l'oratoire  comme  l'un  de  ces  objets;  l'anomalie  de  la  confirma- 
tion accordée  à  la  requête  des  donateurs  disparaît  aussi.  En  efiet, 
s'il  n'est  plus  question  du  don  de  l'oratoire  à  l'évêché,  le  dona- 
taire des  biens  dont  il  s'agit  ne  peut  plus  être  que  cet  oratoire 
lui-même,  oratoire  dont  les  requérants  sont  les  fondateurs  et  par 
conséquent  les  administrateurs.  Ce  n'est  plus  à  titre  de  donateurs 
qu'ils  ont  sollicité  cette  confirmation,  c'est  à  titre  de  représen- 
tants juridiques  de  l'établissement  religieux  qui  leur  doit  son 
existence.  On  s'explique  mieux  alors  la  nécessité  de  la  confirma- 
tion royale  :  ils  ont  créé  ce  qu'on  appelle  en  droit  une  personne 
morale,  ils  veulent  maintenant  lui  attribuer  des  biens  ;  cela  ne 
peut  se  faire,  dans  la  plupart  des  législations,  anciennes  ou 
modernes,  sans  le  consentement  de  l'autorité  pubhque.  —  Or, 
cette  courte  clause,  dont  l'élimination  suffirait  à  faire  disparaître 
toutes  les  pierres  d'achoppement,  est  aussi  la  seule  qui  intéresse 
le  temporel  de  l'évêché,  la  seule,  par  conséquent,  que  l'auteur 
des  Actus  ait  eu  intérêt  à  introduire  dans  la  pièce.  Tout  alors 
devient  clair  :  nous  avons  affaire  à  une  interpolation  semblable  à 
celle  qui  se  trouve  dans  la  seconde  charte  de  saint  Domnole  pour 
l'abbaye  de  Saint-Vincent.  La  vraie  charte  de  Théodebert  ne 
1894  2 


\S  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

contenait  que  la  confirmation,  à  l'oratoire  même  de  Saint-Mar- 
tin, de  la  dotation  qui  lui  avait  été  constituée  par  ses  fondateurs. 
Le  faussaire  des  Actus,  en  y  ajoutant  deux  lignes  de  son  cru,  en 
a  fait  un  titre  pour  l'évêché,  titre  qui  devait  rendre  celui-ci 
maître  à  la  fois  de  l'oratoire  et  de  ses  biens. 

Pour  supprimer  l'interpolation  et  restituer  le  texte  authen- 
tique de  l'acte,  il  n'y  a  que  deux  raccords  à  faire.  Dans  le  pas- 
sage qui  vient  d'être  cité,  il  faut  remplacer  «  vel  ipso  oratorio  » 
par  «  ad  ipso  oratorio  »  et  supprimer  les  mots  suivants,  depuis 
«  ad  çcclesiam  »  jusqu'à  «  custos  preesse  videtur.  »  Plus  loin,  à 
la  fin  de  la  pièce,  où  l'on  lit  à  deux  lignes  de  distance  deux 
expressions  qui  font  disparate  entre  elles,  «  ipsa  casa  Dei  »  et 
«  ipsa  casa  sanctiGervasii  et  Prothasii  matris  (jcclesiaeS  »  il  faut 
lire,  les  deux  fois,  «  ipsa  casa  Dei  »  tout  court,  c'est-à-dire 
l'oratoire  de  Saint-Martin  ;  les  noms  des  saints  Gervais  et  Pro- 
tais ont  été,  ici  encore,  ajoutés  par  l'interpolateur. 

Théodebert  1^^  n'a  jamais  régné  sur  le  Maine 2.  Théodebert  II, 
au  contraire,  a  possédé  cette  cité  :  cela  résulte,  non  du  témoi- 
gnage des  historiens,  mais  d'une  pièce  qui  sera  examinée  dans  la 
suite  de  ce  travail,  le  testament  de  l'évêque  Bertrand  s.  D'après 
Grégoire  de  Tours,  il  fut  proclamé  roi,  du  vivant  de  son  père, 
Childebert  II,  en  août  589^.  La  charte  datée  du  8  juin  de  sa 
7«  année  serait  donc,  si  les  chiffres  ont  été  transcrits  exacte- 
ment (ce  qui  n'est  nullement  certain),  du  vendredi  8  juin  596. 
C'est,  en  tout  cas,  la  plus  ancienne  charte  royale  connue. 

Le  même  testament  de  Bertrand,  écrit  en  616,  mentionne  un 
abbé  Eoladius,  de  qui  ce  prélat  (évêque  depuis  586  ou  587)  avait 
acheté  des  vignes,  prés  et  terres  situés  sur  le  côté  droit  de  la 
route  du  Mans  à  Pontlieue  :  «  vineolas,  pradela  vel  terra turium 
quod  in  dextera  parte  de  strada  est  qui  vadit  ad  Ponteleugua, 

1.  Ou  plulùt  ad  ipsa  casa  sancli  GervasH  et  Prothasii  martijris,  leçon  que 
donnent  les  trois  chartes  fausses  de  Notre-Dame,  de  Saint-Calais  et  de  Sainl-Lon- 
gis,  et  qui  par  conséquent  devait  se  trouver  dans  celle  de  Saint-Martin,  quand, 
sortant  des  mains  de  l'interpolateur,  elle  a  été  reprise  par  lui  et  lui  a  servi 
de  modèle  pour  fabriquer  celle  de  Notre-Dame.  La  substitution  de  matris  à 
martyris  et  l'addition  d'^cc/esiae  (seconde  faute  qui  est  la  conséquence  de  la 
première)  sont  imputables  au  copiste  du  xiii"  siècle  (toute  cette  fin  de  l'acte 
manque  dans  le  ms.  Baluze  45). 

2.  Longnon,  Géographie  de  la  Gaule  au  VI'  siècle,  p.  295. 

3.  Ci-après,  p.  000.  [L'examen  de  ce  testament  n'a  pas  été  écrit.] 

4.  Grégoire  de  Tours,  IX,  3G,  p.  391. 


VII.    —    LES   ACTES    DES   e'vÊQCES   DD   MANS.  •19 

quem  de  renerabili  fratre  meo  Eoladi  abbati  comparavi'.  »  C'est 
évidemment  celui  à  qui  est  accordée  notre  charte.  Le  mot  abbati 
prouve  que,  par  le  terme  d'oratoire,  «  oratorio  in  honore  sancti 
Martini,  »  il  faut  entendre  une  sorte  de  monastère.  C'est  peut- 
être  du  même  établissement  qu'il  s'agit  aussi  dans  un  passage  où 
Grégoire  de  Tours  parle  d'une  basilique  de  Saint-Martin,  consa- 
crée par  l'évèque  du  Mans  Badégisil  :  «  Invitatus  autem  Bade- 
gyselus  Cenomannorum  episcopus  quodam  loco  diocesis  suae  ad 
basilicam  beati  viri  et  nomiue  et  reliquiis  consecrandam^  »  Il  n'y 
a  pas  contradiction  entre  ce  «  quodam  loco  diocesis  suae  »  et  le 
«  infra  mui'ania  Cenomaunis  »  de  la  charte  :  Grégoire,  répétant 
un  récit  qu'il  devait  tenir  d'autrui,  pouvait  n'avoir  pas  la  notion 
précise  du  lieu  dont  il  parlait.  Badégisil  fut  évèque  du  Mans  de  la 
fin  de  581  à  la  fin  de  586.  La  fondation  de  l'oratoire  de  Saint- 
Martin  serait  donc  antérieure  de  plus  de  dix  ans  à  la  confirma- 
tion de  biens  qui  lui  fut  accordée  par  Théodebert. 

Cette  fondation,  quelle  qu'en  soit  la  date  précise,  fut  assez 
durable.  En  616,  Bertrand,  dans  un  autre  article  de  son  testa- 
ment, la  désigne  toujours  sous  le  nom  d'oratoire  de  Saint-Martin, 
au  nombre  des  églises  auxquelles  il  lègue  une  somme  ou  une 
valeur  de  5  sous  d'or^.  Auix"^  siècle,  au  temps  d'Aldric,  la  «  cella 
sancti  Martini  infra  murum  civitatis  »  possédait  un  certain 
nombre  de  domaines  ruraux,  villae  ;  un  acte  du  31  décembre  832, 
de  l'empereur  Louis  le  Pieux,  nomme  ces  villae  parmi  celles 
dont  les  dîmes  et  nones  doivent  appartenir  à  la  cathédrale  du 
Mans^.  Avant  ses  biens  à  elle,  la  cella  devait  avoir  aussi  ses 
archives  :  c'est  là  que  l'auteur  des  Actus  aura  vu  et  copié  (pour 
la  dénaturer)  la  charte  du  roi  Théodebert  IL 

C'était  le  seul  titre  ancien  qui  subsistât  alors  dans  ces  archives, 
car  c'est  le  seul  que  le  compilateur  des  Actus  pontificum  en  ait 
tiré.  Il  n'y  a  pas  trouvé  l'acte  même  de  la  donation  d'Eoladius  et 
de  Baudomalla  au  monastère  fondé  par  eux,  acte  qui  fait  l'objet 

1.  Ci-après,  Appendice  I.  n»  000.  g  32. 

2.  De  virtutibus  S.  Martini,  III,  35;  édit.  Arndt   et  Krusch,  p.  641.  —Cf. 
Longnon,  Géographie  de  la  Gaule  au  VI'  siècle,  p.  298. 

3.  a  Ad  oratoria  domni  Martini,  domni  Victorii  vel  sancti  Pétri  infra  moros 
dabis  in  aururn  ia  caballo»  sol.  v.  s  Appendice  I,  n°  00,  g  107. 

4.  «  Et  de  omnibus  Yillis  quç  ad  cellam  sancti  Martini  infra  murum  civitatis 
pertinent.  »  Gesta  Aldrici,  XI,  p.  40  (Miihlbacher,  n°  883). 


20  QDESTrONS   MÉROVINGI£\.\ES. 

de  la  confirmation  de  Théodebert.  Au  contraire,  pour  chacun  des 
trois  monastères  de  Notre-Dame,  de  Saint-Galais,  de  Saint-Lon- 
gis,  il  donne  deux  actes  privés  émanés  des  fondateurs,  actes  qui 
avaient,  dit-il,  précédé  chacune  des  chartes  royales  et  que 
celles-ci  avaient  pour  but  de  confirmer.  Ces  actes  sont  trois  dona- 
tions et  trois  précaires,  consenties  toutes  les  six  à  l'évêque  et  à 
l'église  du  Mans.  La  donation  de  Notre-Dame  émane  de  deux 
époux,  Hareyarius  et  Truda,  et  de  leur  fille  Tenestina,  qua- 
lifiée Deo  sacrala^;  la  précaire,  postérieure  de  quelques  années, 
porte  le  nom  de  Ténestine  seules  Les  donations  et  les  précaires 
de  Saiut-Calais3  et  de  Saint-Longis''  sont  présentées  comme 
l'œuvre  des  deux  saints  dont  ces  monastères  ont  pris  les  noms, 
Carileffus  et  Lonegisilus. 

Ces  quatre  derniers  actes,  mis  sous  les  noms  de  saint  Calais  et 
de  saint  Longis,  sont  des  faux  dont  la  grossièreté,  touchant  au 
ridicules  dispense  de  toute  discussion.  Il  n'en  est  pas  de  même 
des  deux  titres  du  monastère  de  Notre-Dame  :  la  donation  d'Ha- 
régaire  et  la  précaire  de  Ténestine.  Ici  le  faux  se  mêle  au  vrai 
d'une  façon  déconcertante,  et  on  est  assez  embarrassé,  à  pre- 
mière vue,  pour  former  un  jugement.  La  seule  solution  à  laquelle 
on  puisse  s'arrêter  est  qu'ici  encore  nous  avons  afiaire  à  des 
documents  authentiques,  mais  viciés  par  des  interpolations  con- 
sidérables. 

L'authenticité  est  attestée  par  l'emploi  de  tournures  ou  de 
formules  qui  appartiennent  au  style  des  actes  mérovingiens  et 
qui  ont  cessé  d'être  en  usage  après  la  première  race.  Ainsi 
l'exorde  de  la  donation  d'Harégaire,  «  Dum  fragilitas  humani 
generis  pertimescit,  »  etc.,  se  rencontre  plusieurs  fois  dans  les 

1.  Mabillon,  Vel.  Anal.,  in-8%  III,  p.  88;  Pardessus,  I,  p.  72;  Appendice, 
n»  000. 

2.  Vet.  Anal.,  III,  p.  92;  Pardessus,  I,  p.  94;  Appendice,  n»  000. 

3.  Vet.  Anal.,  III,  p.  80,  84;  Pardessus,  I,  p.  96,  98;  Appendice,  n"  000. 

4.  Vel.  Anal.,  111,  p.  151,  155;  Pardessus,  I,  p.  222,  224;  Appendice,  n»' 00. 

5.  Les  deux  saints,  oubliant  complètement  la  différence  qui  doit  séparer  et 
qui  a  séparé  toujours  le  genre  narratif  du  genre  juridique,  racontent  en  grand 
détail,  dans  ces  jtrétcndus  contrats,  l'histoire  de  leur  vie,  de  leurs  pérégrina- 
tions, des  commencements  de  leurs  fondations  religieuses.  Ces  récits  sont  natu- 
rellement d'une  conformité  rigoureuse  avec  les  traditions  adoptées  par  l'auteur 
des  Actus  ponlificum.  —  Entre  autres  redevances  stipulées  au  profit  de  l'évé- 
clié,  Longis  promet  chaque  année  duo  modia  vini,  Calais  butliculas  d^ias 
paratas,  plenas  de  opiimo  vino,  l'un  et  l'autre  ad  opus  canonicorum! 


Vir.    —    LES   ACTES   DES   EVÊQUES   DU   MANS.  2-1 

formules  1  et  dans  les  actes  ^  ;  il  présente  des  jBns  de  membres  de 
phrases  conformes  aux  lois  de  la  prose  métrique  des  bas  siècles  ^. 
Mais,  dira-t-on,  le  faussaire  a  pu  le  copier  sur  une  pièce  authen- 
tique. Sans  doute;  mais,  s'il  avait  eu  entre  les  mains  une  autre 
pièce  mérovingienne,  aurait-il  résisté  à  la  tentation  d'en  grossir 
son  recueil?  Je  ne  le  pense  pas.  Après  s'être  servi  de  la  charte  de 
Théodebert  II  en  faveur  de  Saint-Martin  pour  fabriquer  sur  ce 
modèle  trois  fausses  chartes  de  Childebert  P""  et  de  Clotaire  II,  il 
a  tenu  à  utiliser  le  modèle  lui-même  et  lui  a  donné  place  dans  son 
livre,  à  côté  des  copies  qu'il  en  aA^ait  faites.  Il  nous  aurait  conservé 
de  même  le  modèle  de  l'exorde  de  la  donation  d'Harégaire,  s'il 
en  avait  eu  un.  Et,  s'il  n'en  a  pas  eu,  il  faut  que  la  pièce  soit 
authentique,  car  ce  n'est  pas  lui  qui  aurait  su,  au  ix*  siècle, 
écrire  en  bonne  prose  mérovingienne.  —  Plus  loin,  «  pro  reme- 
dium  animae  nostrae  et  remissionem  peccatorum  nostrorum,  ut 
çternam  in  futurum  apud  Dominum  consequi  mereamur,  »  est 
également  conforme  a  une  formule  mérovingienne  conservée  par 
le  recueil  de  Marculfe^.  Seulement,  au  lieu  de  l'adjectif  aeter- 
nam,  qui,  isolé,  ne  signifie  rien^,  Marculfe  donne  le  substantif 
veniam  :  aeterna^n  dans  notre  texte  ne  peut  donc  être  qu'une 
faute  de  copie,  faute  facilitée  par  la  forme  de  I'm,  qui,  en  cursive 
mérovingienne,  ressemble  à  un  a  minuscule  carolingien.  La 
même  formule  nous  offre  le  modèle  textuel  des  dix  ou  douze  der- 
nières lignes  de  notre  acte,  contenant  la  clause  pénale,  depuis 
«  Licet  in  cessionibus  »  jusqu'à  «  cum  stipula tione  subnixa.  »  — 
Les  noms  des  donateurs,  Haregarius,  Truda,  Tenestina,  sont 


1 .  Formulae  Arvei'nenses,  n"  3  ;  Marculfe,  II,  2  et  4  ;  Formulae  Turonenses, 
Addit.  1  ;  Formulae  Merkelianae,  i  (E.  de  Rozière,  n"  64,  175,  345,  195,  194; 
Zeumer,  p.  30,  74,  76,  159,  241). 

2.  Brandi,  Die  Reichenauer  Urkundenfalschungen  (1890,  111-4°),  p.  89,  91. 

3.  0  Dura  fragilitatis  (lisez  fragilitas)  humant  generis  pertimescit  ultimum 
vitae  tempore  [lisez  ultima  vilae  tempora)  subitanea  transposiliône  vèntûra, 

oportet  ut  non  inveniat  unumquemque  honiinem  împàrâtum,  ne  sine  ali- 
quo  boni  operis  respectura  vïigrât  de-[k5c]-sëcïilo,  nisi  dura  suo  jure  el 
polestâtë  cônsistit,  preparet  sibi  viam  salutis  per  quani  ad  Çternam  valeat 
healUudinem  përvënlre.  »  Pour  la  correction  de  de  seculo  en  de  hoc  seculo, 
voyez  Brandi,  ibid. 

4.  Marculfe,  II,  4  (E.  de  Rozière,  n»  345;  Zeumer,  p.  76). 

5.  Mabillon  et  les  éditeurs  qui  l'ont  suivi  donnent  xiernam  mercedem,  mais 
ce  dernier  mot  a  été  ajouté  par  conjecture;  il  n'est  dans  aucun  des  deux  manus- 
crits. 


22 


QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 


rares,  mais  n'ont  rien  d'invraisemblable.  On  ne  s'étonne  pas  de 
les  rencontrer  dans  un  texte  authentique,  et  on  s'étonnerait  qu'un 
faussaire  les  eût  inventés.  Dira-t-on  qu'il  les  a  pris  dans  la  tra- 
dition? Ce  n'est  pas  probable,  car  rien  n'indique  l'existence  d'une 
tradition  à  ce  sujet.  Les  Gesta  Aldrici  prononcent  une  seule 
fois  le  nom  de  Ténestine  et  ne  font  aucune  mention  de  son  père  et 
de  sa  mère*;  les  Acius  pontifîcum  ne  leur  consacrent  à  tous 
trois  que  quelques  lignes  fort  sèches,  dont  toute  la  substance 
paraît  tirée  de  la  donation  même^  Le  nom  de  la  mère  de  Ténes- 
tine, écrit  au  commencement  de  l'acte,  au  nominatif,  Truda, 
devient,  à  la  fin  du  même  acte,  au  génitif,  Trudane  :  «  Signum 
Trudane  uxore  ipsius.  »  C'est  la  déclinaison  régulière  des  noms 
de  cette  forme  en  latin  mérovingien  :  un  faussaire  carolingien 
n'aurait  pas  su  décliner  ainsi.  —  Enfin,  l'avant-dernier  para- 
graphe de  la  donation,  la  clause  qui  précède  immédiatement  la 
clause  pénale,  est  encore  la  reproduction  textuelle  d'un  passage 
de  Marculfe.  Et  l'on  ne  saurait  imputer  à  l'auteur  des  Actus 
d'être  allé  chercher  ce  passage,  dans  Marculfe  ou  ailleurs,  pour 
l'insérer  ici  :  car,  d'une  part,  il  y  a  fait  quelques  fautes  de  copie, 
dont  l'une,  rem  data  pour  remota,  rend  toute  la  phrase  inin- 
telligible 3;  et,  d'autre  part,  cette  clause,  si  l'on  en  rétablit  le  vrai 
texte,  a  pour  but  d'interdire  toute  entreprise  de  l'évêque  sur  les 
biens  du  monastère,  c'est-à-dire  de  repousser  à  l'avance  les  pré- 
tentions que  notre  écrivain  s'attache  précisément  à  soutenir.  Il 
est  donc  clair  qu'il  n'y  a  rien  compris,  et  qu'il  n'a  fait  que  la 
copier  de  son  mieux  telle  qu'il  l'a  lue  ou  qu'il  a  cru  la  lire  dans 
le  document  original  : 

Marculfe  :  Ea  scilicet  ratione  Harégaire  :  Ea  scilicet  ralione 

alquc  pretexto  ul  remota  ponti-  atquc  prétexte  ut  rem  data  pon- 

ficum  simulque  ecclesiasticoruni  tificis  simulque  çcclesiasticorum 

omnium  offîcialium  seu  publico-  om\\\\\m ponti ficalium  seu  publi- 


1.  «  SanctÇ  TencstinÇ  precipue  virginis  quÇ  et  raonasteriolum  sanctç  Mariç 
in  rcbiis  senioris  '.'cclesiç  una  cum  adjiilorio  sancti  Innocentis  prefixÇ  urbis 
episcopi  conslruxit  »  [Gesta  Aldrici,  XLIV,  p.  124). 

2.  Vel.  Anal.,  in-S-,  111,  p.  78.  —  La  Vie  de  saint  Rigomer,  publiée  par 
l'abbé  Lebeuf,  Dissertations  sur  l'hist.  de  Paris,  I,  p.  211,  est  évidemment 
l)ostérieurc  aux  Actus  et  inspirée  de  leur  récit.  Si  notre  auteur  avait  pu  la 
connaître,  il  n'eût  j)as  manqué  d'orner  son  ouvrage  des  détails  merveilleux 
qu'elle  renferme. 

3.  11,  4  (E.  de  llozière,  n°  345;  Zeumer,  p.  76). 


Vri.  —   LES    ACTES   DES   EVEQUES   DU   MANS. 


23 


rum  omnium  potestale,  nuUas 
functiones  vel  exaclionis  neque 
exquesita  et  lauda  convivia,  neque 
gratiosa  vel  insidiosa  munu- 
scola,  neque  etiam  caballorum 
pastus  aut  paraverida  vel  carra- 
rum  angaria,  aut  quodcuraque 
functiones  titulum  dici  potest  de 
ipsa  facultate  paenitus  non  requi- 
ratur,  sed  sub  intégra  emuni- 
tate  facultaticola  ipsa  sicut  a  me 
hucusque  possessa  est,  in  jure 
oraturio  sanctae  Mariae  et  pre- 
dictorum  pauperum  debeat  Deo 
protegente  et  opitulante  persi- 
sterez 


corum  omnium  potestatc  privan- 
das  nullas  functiones  vel  exa- 
ctiones  neque  exquisita  et  lauda 
convivia,  neque  gratiosa  vel  in- 
sidiosa munuscula,  neque  etiam 
caballorum  pastus  atque  parave- 
reda  vel  angaria  aut  in  quod- 
cumque  functiones  lilulnmjudi- 
ciaria  potestate  dici  potest  de 
ipsa  facultate  paenitus  non  re- 
quiratur,  sed  sub  intégra  emu- 
nitate  facultaticula  sicut  a  nobis 
hucusque  possessa  est,  in  jure 
oratorio  sanctae  Mariae  et  pre- 
dictorum  sanctorum  apostolorum 
...  debeat  Deo  protegente  et  opi- 
tulante consistere. 

L'interpolation  est  attestée  par  la  contradiction  qui  existe  entre 
les  diverses  parties  de  la  pièce.  Au  commencement  d'une  phrase, 
les  auteurs  de  l'acte  font  donation  de  tous  leurs  biens  au  monas- 
tère qu'ils  ont  fondé,  et,  dans  la  suite  de  la  même  phrase,  ils  ins- 
tituent héritiers  l'évêque  et  la  cathédrale  du  Mans;  ainsi  ils 
donnent  leurs  biens  à  l'un  et  les  lèguent  à  l'autre  : 

Et  omnes  res  nostras  atque  mancipia  quem  ex  légitima  succes- 
sione  nobis  obvenerint  totum  et  ad  integrum  ad  jamdictum  mona- 
sterium  per  hoc  testamentum  conditîonis  tradidimus  atque  conflrma- 
vimus,  et  post  nostrum  discessum  jamdicta  aecclesia  sanctae  Mariae 
et  sancti  Gervasii  et  Prothasii  Cçnomannis  civitate  constructa  vel 
ejusdem  pontificis  heredes  instituimus  et  eos  appellare  volumus. 

Ici  il  ne  s'agit  que  des  biens  des  fondateurs,  donnés  d'abord  au 
monastère,  puis  à  l'évêché;  plus  loin,  c'est  le  monastère  lui-même 
qui  est  donné  à  la  cathédrale  : 

Ad  partibus  sanctae  Mariae  et  sanctorum  martyrum  Gervasii  et 
Prothasii  Cenomannis  civitate  vel  ejusdem  pontificis  ipsum  mona- 

l.  Marculfe,  II,  1  (E.  de  Rozière,  n"  571;  Zeumer,  p.  71).  —  Remarquer  les 
fins  des  membres  de  phrases,  toutes  correctes  au  point  de  vue  de  la  métrique  : 
omnium  potêstâte,  laûdà  convivia,  insidiôsd  mûnûscola,  carrârum 
âagària,  paenitus  nôn-rëquirâiur,  hucusque  pôssèssa-est ,  opilulântë 
pêrslstêre. 


24  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

steriolum  cum  omnes  res  ad  se  pertinentes...  in  vestram  faciatis  revo- 
care  polesLaLem  vei  dominalionem. 

Il  a  été  dit  que  le  monastère  posséderait  ses  biens  en  dehors  de 
tout  pouvoir  et  de  toute  ingérence  de  l'évêque  et  de  ses  agents, 
«  rem[o]ta  pontiâcis  simulque  çcclesiasticorura  omnium  ponti- 
ficalium  [pour  officialium]  seu  publicorum  omnium  potestate,  » 
et  avant  la  fin  de  la  même  phrase  on  trouve  une  incise  qui  subor- 
donne la  propriété  du  monastère  à  l'évêché  : 

sed  sub  intégra  emunilate  faculLaticula  sicut  a  nobis  hucusque 
possessa  est,  in  jure  oratorio  sanctae  Mariae  et  predictorum  sancto- 
rum  apostolorum,  sub  jure  et  potestate  et  dominatione  sanctae 
Mariae  matris  Domini  nostri  Ihesu  Xpisti  vel  sanctorum  martyrum 
Gervasii  et  Prothasii  et  eorum  rectoribus  atque  pontificis,  debeat 
Deo  protegente  et  opitulante  consistere. 

La  contradiction  est  dans  la  forme  autant  que  dans  le  fond. 
Tantôt  la  cathédrale  et  l'évêque  sont  nommés  à  la  troisième  per- 
sonne : 

apud  domno  ac  venerabile  sede  apostolico  Innocenti  Cçnoman- 
nicQ  çcclesiae  presule  deprecavimus  una  cum  sancta  congregatione 
in  ipsa  urbe  consistentes  ut  per  beneficium  nobis  concederet... 

tantôt  ils  sont  apostrophés  à  la  seconde  personne,  comme  si  l'acte 
leur  était  adressé  : 

et  post  nostrum  Deo  jubente  de  hac  luce  discessum,  sicut  superius 
insertum  est,  vos  aut  rectores,  presules,  successoresque  vestros  in 
vestram  faciatis  revocare  potestatem  vel  dominationem... 

Dans  un  des  passages  précédemment  cités,  les  deux  tournures 
incompatibles  sont  réunies  en  une  même  phrase  : 

ad  partibus  sanctae  Mariae  et  sanctorum  martyrum  Gervasii  et 
Prothasii  Genomannis  civitatevel  ejusdem  pontificis...  quae  de  rébus 
vcstris  pcr  vcstrum  beneficium  a  vobis  accepimus...  in  vestram 
faciatis  revocare  potestatem... 

Bien  plus,  dans  une  phrase  du  milieu  de  l'acte,  les  rôles  sont 
intervertis,  et  c'est  l'évêque  qui,  à  son  tour,  parle  à  la  première 
personne  : 

(iUjus  petitionis  libenter  animo  susccpimus  et  concessimus  eis  per 


Vir.    —  LES   ACTES   DES   e'vÊQUES   DU   MANS.  25 

nostrum  beneficium  ipsam  aream  ad  ipsum  monasterium  facien- 
dum... 

Tout  cela  est  incohérent  et  trahit  la  main  d'un  interpolateur 
maladroit.  Cet  interpolateur  travaillant,  nous  le  savons,  dans 
l'intérêt  de  l'évêché,  on  est  autorisé  à  lui  attribuer  les  clauses 
favorables  à  l'évêché  et  à  considérer  comme  des  restes  de  l'acte 
authentique  celles  qui  consacrent  la  propriété  indépendante  du 
monastère.  Il  faut  mettre  aussi  sur  son  compte,  tout  au  moins, 
les  passages  où  l'évêque  est  mal  à  propos  nommé  soit  à  la  seconde, 
soit  à  la  troisième  personne.  Tout  cela  est  à  éliminer  du  texte 
authentique.  Malheureusement  le  faussaire,  pour  faire  place  à 
ces  diverses  additions,  a  dû  supprimer  quelques-unes  des  clauses 
primitives,  en  sorte  qu'après  l'éhmination  des  parties  apocryphes, 
il  ne  reste  qu'un  acte  tronqué  et  imparfait.  Il  en  reste  assez, 
cependant,  pour  juger  que  cet  acte  était  une  donation  des  époux 
Harégaire  et  Trude  et  de  leur  fille  Ténestine,  religieuse,  en  faveur 
du  monastère  fondé  par  eux  sous  le  vocable  de  Notre-Dame  et 
des  saints  Pierre  et  Paul,  et  que  cette  donation  avait  été  dressée 
suivant  une  formule  apparentée  à  celles  que  Marculfe  a  recueil- 
lies sous  les  numéros  1  et  4  de  son  livre  II. 

Dans  la  précaire  de  Ténestine,  la  formule  du  début,  rappelant 
celles  d'un  grand  nombre  d'actes  analogues  du  même  temps,  est 
sans  doute  authentique  : 

Domino  [lisez  Domno]  sancto  ac  venerabile  sede  apostolico  Inno- 
cente Genomannicç  aecclesiç  presule,  una  cum  sancta  congregatione 
ex  ipsa  urbe  consistentes,  ego  in  Dei  nomine  Tenestina  Deo  sacrata 
filia  quondam  Haregario  et  Trudanç  peccatrix  [lisez  precatrix]  a 
vobis  accède.  Dum  et  mea  fuitpetitioet  veslradecrevit  voluntas,  ut... 

L'interpolateur  de  la  charte  précédente  paraît  s'être  inspiré  de 
ce  début,  quand  il  a  écrit  : 

...  quem  apud  domno  ac  venerabile  sede  apostolico  Innocenti 
Gçnomannicç  çcclesiae  presule  deprecavimus,  una  cum  sancta  con- 
gregatione in  ipsa  urbç  consistentes,  ut... 

En  effet,  «  domno  ac  venerabile  sede  apostolico  »  était  un  titre 
qu'on  plaçait  volontiers  devant  le  nom  d'un  évêque,  au  début 
d'un  acte,  dans  la  formule  de  suscription  destinée  à  indiquer  que 


26 


QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 


l'acte  lui  était  adressés  mais  on  ne  l'employait  guère  dans  le 
corps  d'une  phrase,  où  l'évêque  était  nommé  à  la  troisième  per- 
sonne. —  Une  autre  phrase  paraît  avoir  passé  de  la  charte  de 
Ténestine  à  celle  d'Harégaire  : 

Harégaire  :  Et  censivimus  an-  Ténestine  :  Et  censivimus  vo- 
nis  singulis  ad  festivilatem  sancti  bis  annis  singulis  ad  feslivilatem 
Gervasii  et  Prothasii ,  quod  est  sancti  Gervasii  et  Prothasii,  quod 
XIII  kl.  julias,  de  argento  libra  i  est  xiii  kl.  juhas,  vestitos  duos 
transsolvere  faciamus.  et  cappas  duas  episcopales  et  de 

argento  libra  i  transsolvere  facias 

[sic] . 

Le  fond  et  la  forme  de  cette  clause  sont  mérovingiens.  On  la 
trouve  ordinairement,  à  l'époque  mérovingienne,  dans  les  actes 
de  précaire^  adressés  par  des  particuliers,  àdesévêques  ou  à  des 
abbés.  Ces  actes  commencent  régulièrement  par  l'adresse  à 
l'évêque  ou  à  l'abbé  en  faveur  de  qui  ils  sont  consentis  :  «  Dorano 
sancto  ac  venerabili...  episcopo  »  ou  «  abbati...  »  Telle  est  la 
forme  sous  laquelle  se  présente  la  charte  de  Ténestine,  fille  d'Ha- 
régaire ;  telle  n'est  pas  celle  de  l'acte  d'Harégaire  lui-même,  qui 
n'est  pas  une  précaire,  mais  une  donation.  C'est  donc  dans  la 


1.  Marculfe,  I,  6,  26;  II,  5  (E.  de  Rozière,  n"  518,  431,  345;  Zeuraer,  p.  46, 
59,  77). 

2.  Form.  Turon.,  7  :  «  Unde  censivi  me  annis  singulis  ad  feslivilatem  ipsius 
sancli  partibus  veslris  reddere  argentum  lantum  »  (E.  de  Rozière,  n"  319  ;  Zeu- 
mer,  p.  139).  — Additamenla  e  codicibus  formularum  Turonensium,  3  :  «  Unde 
censisli  le  a  nobis  annis  singulis  ad  feslivilatem  sancli  illius  in  luminaribus 
ipsius  sancli  vcl  pro  mercedis  luae  augmenlum  argentum  soledos  tanlos  » 
(E.  de  Rozière,  n'  327;  Zeumer,  p.  160).  —  Form.  Lindenbrog.,  3  :  «  Et  pro 
ipso  usu  censivi  vobis  annis  singulis  denarios  seu  solidos  tanlos,  ut  ipsos  ad 
festivilatem  sancti  illius,  diem  illum  mensis  illius,  exsolvcre  faciam  »  (E.  de 
Rozière,  n°  331  ;  Zeumer,  p.  269).  —  Addit.  colledionis  Flaviniacensis,  3  : 
«  Et  censislis  me  annis  singulis  pro  ipsis  rébus  festa  sancti  ill.  argenlo  vel 
quodlibct  solvere  faciam  »  (E.  de  Rozière,  n"  341  ;  Zeumer,  p.  490).  —  Ibid., 
4  :  «  El  censivimus  te  annis  singulis  pro  ipsis  rébus  festa  sancti  illi  cera  aut 
argentum  tantum  partibus  ipsius  monaslerii  solvere  facias  »  (E.  de  Rozière, 
n"  320:  Zeumer,  p.  491).  —  Cf.  E.  de  Rozière,  n"  321  et  suivants.  —  Précaire 
de  Wademer  et  Ercamberle  pour  Sainl-Germain-dcs-Prés,  du  jeudi  20  août  683 
ou  du  dimanche  20  août  730,  aux  Archives  nationales,  K  4,  n*  5  :  «  Et  cinso 
annis  singulis  de  feslivilate  in  fcstivitaiew  s«nc/i  Germani  quod  evenil  ii  kl. 
junias  solidus  in  argenlo  xxx  dare  et  adimplere  sludeamus  »  (Tardif,  Monu- 
ments historiques,  p.  19;  Letronne,  planche  XLIV). 


VII.   —   LES   ACTES   DES   ÉVÊQOES   DU   MANS.  27 

charte  de  la  fille  seulement,  et  non  dans  celle  du  père,  que  cette 
disposition  a  pu  figurer  et  qu'on  doit  la  tenir  pour  authentique. 
L'interpolateur,  voulant  modifier  la  donation  d'Harégaire,  pour 
transformer  ses  dispositions  au  profit  du  monastère  en  disposi- 
tions au  profit  de  l'évêque,  a  emprunté  et  transporté  dans  cet 
acte  la  clause  en  ce  sens  qu'il  rencontrait  dans  l'acte  voisin.  — 
Quant  à  l'objet  de  cette  clause,  il  n'est  pas  formulé  exactement 
de  même  :  d'un  côté  il  est  question  seulement  d'une  livre  d'ar- 
gent, de  l'autre  on  ajoute  à  cette  somme  des  redevances  en  nature, 
demandées  au  travail  manuel  des  religieuses  de  Notre-Dame, 
deux  «  vêtements  (?)  »  et  deux  chapes  épiscopales.  Ce  détail  ne 
semble  pas  ancien,  et  il  est  probable  qu'on  en  trouverait  difficile- 
ment l'analogue  dans  les  textes  de  la  première  race.  C'est  donc 
une  addition  de  l'interpolateur  ;  comme  elle  n'a  pas  passé  avec  le 
reste  de  la  clause  dans  la  donation  d'Harégaire,  il  faut  qu'elle 
ait  été  opérée  dans  la  charte  de  Ténestine  postérieurement  aux 
emprunts  faits  d'une  pièce  à  l'autre.  Ainsi  la  place  authentique 
de  cette  clause  est  dans  l'acte  de  Ténestine,  et  son  texte  authen- 
tique est  dans  l'acte  d'Harégaire. 

S'il  est  choquant,  dans  la  donation  d'Harégaire,  de  voir  au 
milieu  de  l'acte  le  discours  du  donateur  s'interrompre  et  l'évêque 
donataire  prendre  la  parole  «  cujus  petitionem  libenter  animo 
suscepimus,  et  concessimus...  »  pour  la  rendre  ensuite  à  l'auteur 
de  la  charte  et  reparaître  lui-même  à  la  seconde  personne  «  res. . . 
quae  de  rébus  vestris  per  vestrum  beneficium  a  vobis  accepimus,  » 
que  dira-t-on  de  la  précaire  de  Ténestine,  où  l'interlocuteur 
change  plusieurs  fois  de  suite,  tantôt  d'une  phrase  à  l'autre,  tan- 
tôt dans  une  même  phrase? 

Domino...  Innocente  Cenomannicç  aecclesiç  presule...  ego  in  Dei 
noniine  Tcnesiina  Deo  sacrata  fîlia  quondam  Haregario  et  Trudanç 
p[re]catrix  a  vobis  accedo...  Genitor  meus  apud  vos  et  vestram  con- 
f/regationern  deprecalus  fuit  ut  ipsis  licentiam  dédissent...  Et  pro 
hac  causa  ego  jamdictus  pontifex...  tibi  ipsum  inceptum  monaste- 
riolum  una  cum  ipsas  res...  tam  illas  quem  nos  de  rébus  sanctae 
Mariae  vel  saneti  Gervasii  et  Prothasii  in  augmentum  ad  présent! 
loco  construendum  per  beneficium  condonavimus,  que  et  illas  quem 
genitor  vel  genitrix  mea  per  strumenta  cartarum  ibidem  legibus  tra- 
didero  atque  confirmavero ,  tempore  vitae  meae  ad  usufructuario 
ordine  per  vestrum  beneficium  tenere  permit tiinus ,  et  censivimus 


28  QDESTIOXS   MÉROVIXGIENXES. 

vobis  annis  slngulis...  libra  i  transsolvere  facias...  Et  posl  tuu7n 
quoque  Deo  jubente  de  hac  luce  discessum,  absque  [u]llius  judicis 
consignatione  aut  heredum  nostrorum  contradictione...  in  vestram 
faciatis  revocare  poteslatem.  Et  ut  haec  precariç...  una  que  in  the- 
sauro  sancti  Gervasii  et  Prothasii  recondita  sit  et  alia  quam  ego 
Tenestina  Deo  sacrata  a  vobis  accepero,  firmam  obtineant  vigorem, 
manus  nostras...  decrevimus  roborare...  Ego  Innocens  episcopus 
hanc  precariam  a  me  faclam  subscripsi. 

Il  est  impossible  d'imaginer  un  mélange  plus  incohérent  de 
tournures  contradictoires.  On  ne  peut  l'expliquer  que  par  le  tra- 
vail d'un  rédacteur  qui,  voulant  retoucher  son  oeuvre,  aura 
raturé  et  surchargé  sa  copie,  sans  prendre  un  soin  suffisant  de 
mettre  partout  la  première  rédaction  d'accord  avec  ses  correc- 
tions. Mais  se  livrer  à  un  pareil  travail  sur  un  ancien  document, 
qu'on  prétend  publier  à  titre  de  pièce  justificative,  c'est  faire 
œuvre  de  faussaire.  Toutes  les  phrases  où  s'observe  ce  mélange 
sont  donc  des  phrases  falsifiées.  Le  début,  qui  paraît  authentique, 
indique  un  acte  de  Ténestine  et  non  un  acte  de  l'évêque  :  les 
formes  primitives  et  authentiques  sont  donc,  en  général,  celles 
où  la  sainte  fille  parle  à  la  première  personne  ;  les  endroits  du 
texte  où  l'évêque  prend  la  parole  sont  ou  interpolés  ou  altérés. 
Comme  le  faussaire  voulait  établir  la  sujétion  ancienne  du  monas- 
tère à  l'évêché,  il  aura  pensé  qu'il  imprimerait  plus  fortement 
cette  idée  dans  l'esprit  de  ses  lecteurs,  s'il  leur  montrait,  à  côté 
de  la  donatrice  disposant  de  son  bien,  l'évêque  parlant  en  maître 
et  réglant  à  sa  convenance  le  régime  de  la  nouvelle  fondation. 
Seulement  il  a  travaillé  trop  vite;  comment  s'en  étonner,  si  l'on 
considère  le  labeur  considérable  que  représente  l'ensemble  de  son 
œuvre? 

La  donation  d'Harégaire  paraît,  ai-je  dit,  avoir  été  consentie 
en  faveur  du  monastère  seul,  et  il  semble  que  tout  ce  qui  y  est 
stipulé  en  faveur  de  l'évêque  soit  interpolé.  Cette  solution  ne  sau- 
rait être  étendue  à  l'acte  de  Ténestine.  Ici,  la  mention  de  l'évêque 
se  rencontre  dès  la  première  ligne,  dans  l'adresse,  qui  a  une  cou- 
leur bien  mérovingienne.  D'ailleurs,  si  l'on  prétendait  éhminer 
toutes  les  clauses  qui  tendent  à  établir,  entre  la  fondatrice  de 
Notre-Dame  et  l'évêque  du  Mans,  le  rapport  de  précariste  à  pro- 
priétaire, on  ne  voit  pas  ce  qui  resterait.  L'acte  était  donc  déjà, 
sous  sa  forme  originale,  une  reconnaissance  de  précaire  souscrite 


VII.    —   LES   ACTES    DES    EVEQCES    DU    MANS.  29 

par  Ténestine  en  faveur  de  levêque,  c'est-à-dire  l'aveu  d'un 
rapport  de  subordination  du  monastère  à  révêché.  Le  tort  de 
l'auteur  des  Actus  a  été  de  vouloir  faire  remonter  aux  parents 
de  Ténestine  une  situation  qu'elle  avait  établie  après  eux.  C'est 
pourquoi  il  a  transporté  du  second  acte  au  premier  la  clause  rela- 
tive aux  cens  dus  à  la  catliédrale,  et  il  a  introduit  dans  celui-ci 
la  phrase  où  l'évêque,  parlant  à  la  première  personne,  énonce 
les  concessions  dont  les  fondateurs  lui  sont  redevables.  C'est 
aussi  la  seule  explication  qu'on  puisse  donner  d'une  des  incohé- 
rences grammaticales  les  plus  choquantes  de  la  précaire  de 
Ténestine  : 

monasteriolum  una  cum  ipsas  res  ad  se  pertinentes  vel  aspicien- 
tes...  illas  quem  genitor  vel  genitrix  mea  per  strumenta  cartarum 
ibidem  legibus  tradidero  atque  confirmavero. 

Ces  deux  derniers  verbes  au  singulier  prouvent  que  les  mots 
genit07'  vel  genitrix  mea  sont  étrangers  à  la  phrase.  L'inter- 
polateur  les  a  ajoutés,  afin  de  faire  remonter  au  premier  jour  de 
la  fondation  du  monastère  le  contrat  de  précaire  et  le  rapport  de 
subordination  qui  en  résulte  ;  mais  il  a  oublié  de  changer,  pour 
la  mettre  d'accord  avec  cette  addition,  la  désinence  des  deux 
verbes.  —  C'est  là  un  exemple,  remarquons-le  en  passant,  qui 
montre  une  fois  de  plus  avec  quelle  rigueur  un  éditeur  doit  s'in- 
terdire de  faire  aucune  correction  aux  leçons  d'un  manuscrit, 
sans  en  avertir  ses  lecteurs.  Au  lieu  de  «  tradidero  atque  confir- 
mavero, »  Mabillon  (dont  le  texte  a  été  nécessairement  suivi  par 
les  autres  éditeurs)  a  imprimé  «  tradiderunt  atque  confirmave- 
runt.  »  Nulle  correction  ne  pouvait  sembler  plus  certaine  et  par- 
tant plus  inoffensive.  En  l'opérant,  cependant,  il  a  failli  priver 
la  critique  d'un  indice  précieux,  qui  contribue  à  préciser  la  vraie 
portée  et  la  valeur  de  deux  des  plus  anciennes  chartes  publiées 
par  lui.  Ténestine  désigne  ainsi  le  monastère  de  Notre-Dame  : 

illud  raonasteriolum  quod  aedificare  coeperat  pater  meus  et  mater 
mea  in  honore  sanctae  Del  genitricis  Mariae  et  sanctorum  aposlolo- 
rum,  et  imperfectum  dimiserunt,  quod  est  situm  in  terralurio  san- 
ctae Mariae  vel  sanctorum  marlyrum  Gervasii  et  Prothasii,  juxta 
murum  Genomannis  civitate,  supra  fluvium  Sartae. 

Le  «  quod  aedificare  coeperat,  »  le  «  imperfectum  dimise- 
runt »  sont  des  traits  qui  sentent  plus  la  narration  historique  que 


30  QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 

le  style  notarial  ;  je  ne  serais  pas  disposé  à  les  croire  authen- 
tiques, non  plus  que  les  mots  «  pater  meus  et  mater  mea,  »  non 
accompagnés  de  quelque  formule  pieuse,  bonae  memoriae  ou 
autre.  Au  contraire,  on  reconnaît  le  style  des  actes  mérovingiens 
dans  les  deux  incises  qui  désignent,  l'une  les  patrons  du  monas- 
tère, «  in  honore  sanctae...  Mariae  et  sanctorura  apostolorum  » 
(c'est-à-dire  saint  Pierre  et  saint  Paul),  l'autre  le  droit  supérieur 
de  la  cathédrale,  «  in  terraturio  sanctae  Mariae  vel  sanctorum 
martyrum  Gervasiiet  Prothasii.  »  Dans  une  province  voisine,  en 
Anjou,  le  recueil  dit  des  Formulae  Andecaveyises  montre  plu- 
sieurs exemples  de  terrains  situés  «  in  terraturio  sancti  illius  » 
et  vendus  ou  cédés  par  des  particuliers  à  d'autres  particuliers  ^ 
Certaines  églises  avaient  donc  sur  l'ensemble  d'un  territoire  une 
sorte  de  droit  général  de  seigneurie,  qui  n'excluait  pas,  sur  telle 
ou  telle  parcelle  du  même  territoire,  l'existence  du  droit  de  pro- 
priété privée  :  par  conséquent,  l'hypothèse  qu'Harégaire  avait  pu 
librement  disposer,  en  faveur  de  sa  fondation,  du  terrain  où  il 
l'avait  établi,  n'empêcherait  pas  d'admettre  que  ce  terrain  fût 
situé  sur  le  territorium  de  la  cathédrale.  Cette  dernière  circons- 
tance peut  d'ailleurs  aider  à  comprendre  comment  Ténestine  aura 
été  amenée  à  resserrer  le  lien  qui  attachait  son  couvent  à  la 
cathédrale  et  à  transformer  en  tout  ou  en  partie  (sans  doute  en 
échange  de  quelque  concession  d'une  utilité  plus  immédiate)  la 
propriété  de  celui-ci  en  tenure  précaire.  —  Les  mêmes  mots  in 
terraturium  se  retrouvent  dans  un  passage  de  la  donation  d'Ha- 
régaire,  mais  ici  il  semble  impossible  de  leur  attacher  une  signi- 
fication raisonnable  : 

...  ut  aliqua  cellula  ac  monasterium  in  terraturium  sanctae  Mariae 

1.  Formulae  Andecavenses,  4  :  «  Constat  me  Tindedisse  et  ita  vindedi  ad 
venerabile  fratri  illa  viniola,  plus  menus  jectus  tantus,  et  residit  in  terratu- 
rium sancti  illius,  in  fimdo  illa  villa...  ut  de  ab  odiernum  die,  memoratus 
emlor,  quicquid  de  ipsa  vinia  facere  volueris,  liberam  in  omnibus  babeas 
polestatem  facicndi  »  (E.  de  Uozière,  III,  p.  331  ;  Zeumer,  p.  6).  —  8  :  «  Inci- 
pit  concamius...  Hoc  dedil  illi  ad  racione  illo  campo  ferente  raodius  tantus,  et 
est  super  terreturio  sancti  illius,  et  subjungat  de  unus  latus  campus  illius; 
similiter  in  alio  loco  dédit  illi  super  ipso  terreturio  ad  racione  illo  campello 
ferente  modius  tantus,  et  subjungat  de  uno  latere  campus  illius;  ut  quicquid 
exinde  facere  voluerit,  absque  praejudicium  sancti  illius  cujus  terra  esse  vide- 
tur,  lii)eram  in  omnibus  habeas  potestatem  »  (E.  de  Rozière,  n-  308;  Zeumer, 
p.  7).  —  Cf.  ibld.,  n-  21,  22,  37,  40,  54;  E.  de  Rozière,  n"'  280,  375,  171,  227, 
22G;  Zeumer,  p.  11,  IG,  17,  23. 


VII.    —   LES   ACTES   DES   e'VÈQUES   DU   MANS.  3< 

Dei  genitricis  et  Domini  nostri  Ihesu  Xpisti  vel  sanctorum  apostolo- 
rum  Pétri  et  Pauli  construere  ac  çdifîcare  deberemus... 

Peut-être  faut-il  lire  «  cellula  ac  monasteriura  [vel  ojraturium 
[in  lionorem]  sanctae  Mariae...  »  Il  faut  aussi  supprimer,  avant 
et  après  genitricis,  les  deux  mots  Deiei  et,  car,  si  Jésus-Christ 
avait  été  l'un  des  patrons  du  monastère,  il  aurait  été  nommé 
avant  sa  mère  et  non  après  ;  il  faut  donc  lire  :  «  sanctae  Mariae 
genitricis  Domini  nostri  Ihesu  Xpisti.  » 

Des  emprunts  de  l'une  des  deux  pièces  à  l'autre  sont  aussi  à 
signaler  dans  les  clauses  finales  et  dans  les  souscriptions.  L'an- 
nonce des  signatures,  dans  les  deux  actes,  est  ainsi  conçue  : 

Haréyaire  :  Et  ut  haec  cessio         Tènestine  :  Et  ut  haec  prçca- 

firmior  habeatur  et  inviolabihter  riç  uno  tenore  conscripta...  fîr- 

conservetur,  manus  nostras  sub-  mam  obtineant  vigorem,  manus 

terfirmavimus  et  aliorum  bono-  nostras  proprias  subterfirmavi- 

rum  virorum  decrevimus  robo-  mus  et  bonorum  virorum  decre- 

rari.  -  vimus  roborare. 

«  Subterfirmavimus  »  d'abord  et  «  decrevimus  roborari  » 
ensuite,  cela  fait  deux  verbes,  là  où  un  seul  suffirait.  En 
revanche,  il  manque  un  substantif  auquel  puisse  se  rapporter  le 
génitif  «  bonorum  virorum  » .  Il  est  donc  probable  que  subterfir- 
mavimus est  une  faute  de  copie  pour  suhscriptionibus  :  «  manus 
nostra[e]  sub[scriptionib]us  et  aliorum  bonorum  virorum  decre- 
vimus roborari.  »  Comme  une  même  faute  de  copie  ne  se  produit 
pas,  en  général,  deux  fois  séparément,  il  faut  en  conclure  qu'ici 
le  compilateur  a  transporté  d'une  pièce  à  l'autre  la  clause  qu'il 
avait,  une  première  fois,  mal  copiée  dans  l'une  ou  l'autre  :  mais 
il  serait  bien  difficile  de  dire  ici  de  quel  côté  est  l'original,  de  quel 
côté  la  copie. 

Quant  aux  souscriptions,  elles  paraissent  plus  authentiques 
dans  la  charte  de  Tènestine  que  dans  celle  d'Harégaire.  L'une 
des  premières  est  celle  de  l'évêque  du  Mans  : 

Tènestine  :  Ego  Innocens  epi-  Harégaire  :  Ego  Innocens  acsi 

scopus  banc  precariam  a  me  fa-     indignus   peccator   episcopus  a 
ctam  subs.  me  facta  subscripsi. 

L'évêque  du  Mans  devait  signer  la  précaire,  dans  laquelle  il 
était  l'une  des  parties  contractantes,  et  pouvait  en  dire  :  «  hanc 
precariam  a  me  factam.  »  Il  n'avait  pas  à  signer  la  donation 


32 


QUESTIO.VS   MEROVINGIENNES. 


d'Harégaire  au  monastère,  qui  était  pour  lui,  comme  on  dit  en 
droit,  res  inter  alios  acta,  ni  surtout  à  la  donner  pour  son  fait, 
«  a  me  facta.  »  L'interpolateur  a  donc  emprunté  cette  souscrip- 
tion au  second  acte  pour  l'incorporer  au  premier,  sans  en  chan- 
ger suffisamment  la  rédaction.  —  Les  autres  signataires  sont, 
dans  la  précaire,  des  prêtres,  des  diacres,  des  abbés,  personnes 
que  leur  rang  appelait  naturellement  à  entourer  l'évêque  et  à 
confirmer  ses  actes  de  leur  signature;  dans  la  donation,  des 
évêques,  des  comtes,  dignitaires  élevés,  dont  l'intervention  dans 
un  acte  privé  est  beaucoup  moins  vraisemblable.  En  outre,  il  n'est 
pas  un  de  ces  prétendus  évêques  dont  le  nom  se  retrouve  sur  les 
listes  épiscopales  des  diocèses  voisins  du  Mans ,  mais  plusieurs 
d'entre  eux  et  des  prétendus  comtes  ont  des  noms  semblables  à 
ceux  des  clercs  inférieurs  qui  ont  signé  la  précaire  de  Ténestine  : 


Ténestine  :  Winitmundus  le- 
vita  subs. 
Hildemannus  abbas  subs. 


Rolfredus  archipresbiter  subs. 

Oslremundus  presbiter  subs. 
Signum  Winelmarco. 
Signum  Bernardo  vicecomite. 


Signum  Oslruini. 


Harégaire  :  Winimundus  licet 
indignus  episcopus  subscripsi. 

In  nomine  Domini  Hildeman- 
nus indignus  episcopus  subscri- 
psi. 

FroLfridus  indignus  episcopus 
subscripsi. 

Signum  Ostremundi  comité. 

Signum  Winitmarci  comité. 

In  Xpisli  nomine  Berhardus 
indignus  episcopus  subscripsi. 

Signum  Ostrevini. 


Il  est  clair  que  les  noms  de  la  seconde  liste  ont  été  copiés  sur 
ceux  de  la  première.  Il  est  inutile  de  chercher  pour  cette  falsifi- 
cation un  motif  compliqué.  Sur  les  actes  mérovingiens  originaux 
qui  nous  sont  parvenus,  les  souscriptions  sont  quelquefois  très 
difficiles  à  lire  ;  c'est  un  travail  qui  demande  beaucoup  de  soin  et 
de  temps,  et  qui,  pour  le  but  poursuivi  par  l'auteur  des  Actus, 
était  à  peu  près  inutile.  Il  était  plus  simple  de  composer  une  liste 
de  fantaisie,  en  empruntant  des  noms  à  une  autre  pièce.  Pour 
allonger  cette  liste,  en  outre,  on  a  fait  servir  certains  noms  deux 
fois  :  après  «Winimundus  licet  indignus  episcopus,  »  on  trouve, 
vingt  lignes  plus  bas,  «  Ego  Winitmundus  scripsi  et  subscripsi,  » 
et,  après  le  «  Signum  Winitmarci  comité,  »  un  «  Signum  Winit- 
mari  »  sans  qualification. 


♦ 


vu.    —    LES   ACTES    DES    ÉVÊQDES    DU   MANS.  33 

La  date  des  deux  actes  échappe  à  tout  contrôle.  Celle  de  la 
donation  d'Harégaire  est  :  «  v  non.  mai.  anno  II  régnante 
Childeberto  rege;  »  celle  de  la  précaire  de  Ténestine  :  «  v  kl. 
mai.  anno  XIII  régnante  Childeberto  rege.  »  Il  est  impossible 
de  dire  si  ces  formules  ont  été  fidèlement  copiées  ou  falsifiées.  Si 
ce  n'est  pas  aussi  par  l'effet  d'une  falsification  que  le  nom  de 
l'évêque  Innocent  figure  dans  le  second  acte  (dans  le  premier  la 
falsification  ne  me  paraît  pas  douteuse),  elles  ne  sauraient  être  rap- 
portées qu'au  règne  de  Childebert  T''  et  répondraient ,  la  pre- 
mière au  vendredi  3  mai  513,  la  seconde  au  samedi  27  avril  524. 
Ce  n'est  pas  un  résultat  très  vraisemblable,  car  ce  seraient  les 
seules  chartes  aussi  anciennes  qui  nous  fussent  parvenues.  Mais, 
sur  un  terrain  aussi  incertain,  on  ne  peut  rien  affirmer  :  il  faut 
se  borner  à  émettre  des  conjectures,  à  faire  ressortir  des  vraisem- 
blances et,  en  fin  de  compte,  à  exprimer  des  doutes. 

Le  seul  point  qui  paraît  assuré,  c'est  que  les  deux  plus  anciennes 
chartes  du  monastère  de  Notre-Dame  contiennent  chacune  un 
fond  véritable,  mêlé  avec  des  additions  dues  à  l'industrie  d'un 
faussaire.  En  établissant  le  texte  de  l'une  et  de  l'autre  pour  les 
imprimer  dans  l'Appendice,  j'ai  essayé  de  distinguer,  par  l'em- 
ploi de  deux  caractères  différents,  les  parties  qui  m'ont  paru 
authentiques  et  celles  qui  m'ont  paru  fausses.  J'ai  à  peine  besoin 
de  dire  que  je  présente  le  résultat  de  ce  travail  comme  une  hypo- 
thèse provisoire  et  sous  toutes  réserves. 

Les  deux  chartes,  une  fois  interpolées  et  arrangées  au  gré  du 
faussaire,  lui  ont  servi  à  leur  tour  de  modèle  pour  la  fabrication 
de  quatre  pièces  entièrement  fausses,  les  deux  prétendues  dona- 
tions et  les  deux  prétendues  précaires  de  saint  Calais  et  de  saint 
Longis.  L'opinion  que  je  soutiens  sur  la  fausseté  de  ces  pièces  ne 
difierant  pas  de  celle  de  tous  les  diplomatistes,  on  me  dispensera 
d'en  donner  une  démonstration  aussi  facile  que  superflue.  Disons 
seulement  :  1°  que  l'imitation  des  chartes  de  Notre-Dame  se  tra- 
hit par  l'emprunt  de  certaines  fautes  (comme  rem  data  au  lieu 
de  remota,  qui  se  lit  dans  la  donation  de  saint  Calais  et  dans 
celle  de  saint  Longis  comme  dans  celle  d'Harégaire),  par  l'iden- 
tité de  certaines  listes  de  témoins,  etc.;  2°  que  la  précaire  de 
Ténestine,  au  moment  où  elle  a  servi  de  modèle  pour  fabriquer 
celle  de  saint  Calais  (d'où  dérive  à  son  tour  celle  de  saint  Lon- 
gis), n'avait  pas  encore  subi  toutes  les  altérations  signalées 
4894  3 


34  QUESTIONS  MÉROVINGIENNES. 

ci-dessus  :  témoin,  par  exemple,  les  phrases  suivantes,  où  l'acte 
attribué  à  Calais  paraît  nous  avoir  conservé,  plus  fidèlement  que 
l'acte  de  Ténestine,  les  leçons  primitives  de  ce  dernier  : 

Ténestine  :  Lempore  vilae  meae  Calais  :  per  vestrum  benefi- 

ad  usufrucluario  ordine  per  ve-  cium  sub  usufructuario  ordine 

strum  beneficium  tenere  ^jenmï-  tempore  vitç  meç...  tenere  per- 

ti7nus.  misistis. 

Et  censivimus  vobis  annis  sin-  Et  censivi  annis  singulis... 
gulis... 

Et  si  negllgens  aut  tarda  de  Et  si  negligens  aut  tardus  de 

ipso    censu    apparueris,    fidem  ipso    censu    apparuero,    fidera 

exinde  facias  et...  monasterio-  exinde  faciam  et...  monasterio- 

lum  tempore  vitae  luae  perdere  lum  lempore  vitç  me§  non  per- 

non  debeas.  dam. 

Et  alicubi  nec  vendere  nec  do-  Et  alicubi  nec  vendere  nec  do- 

nare  nec  alienare  pontificium  non  nare  nec  alienare  pontificium  non 

habeas...  habeam... 

Et  post  tuum  quoque  Deo  ju-  Et  post  meum  quoquc  Deo  ju- 

bente  de  bac  luce  discessum...  bente  de  bac  luce  discessum... 

in  vestram  facialis  revocare  po-  in  vestram  facialis  revocare  po- 

lestatem...  testa  Lem... 

La  fausse  donation  de  saint  Calais  est  datée  «  viii  id.  janr., 
anno  XIIII  régnante  Childeberto  rege;  »  sa  fausse  précaire 
«  XV  kl.  febr.,  anno  XIIII  régnante  Childeberto  rege,  »  dates 
qui  répondraient  au  6  et  au  18  janvier  525.  Les  fausses  chartes 
de  saint  Longis  portent  des  dates  non  moins  absurdes  que  celle 
de  la  fausse  charte  de  Clotaire  II  qui  est  censée  les  confirmer  : 
«  VIII  kl.  decembris  anno  LU  régnante  Chlothario  rege  »  et 
«  kl.  decembris  anno  LU™"  régnante  Chlothario  rege;  »  Clotaire 
ayant  à  peine  commencé  (vers  septembre  629)  sa  46*  année  de 
règne,  on  ne  pourrait  leur  assigner  de  place,  dans  un  catalogue 
chronologique,  qu'à  la  dernière  année  complète  de  ce  prince,  la 
45%  c'est-à-dire  au  24  novembre  et  au  l^""  décembre  628. 

Les  autres  chartes  relatives  à  Saint-Calais  sont  également 
fausses.  11  y  en  a  dix  :  quatre  précaires,  sous  les  noms  des  abbés 
Gall,  Sigran,  Ibbolen  et  Sichald;  cinq  cliartes  royales  mérovin- 
giennes, et  une  prétendue  cliarte  de  Charlemagne.  Les  premières 


vit.    —    LES    ACTES    DES    ÉVÊQUES    DU    MANS.  35 

sont  quatre  copies  de  la  fausse  précaire  de  saint  Calais  :  on  n'a 
changé,  dans  chacune,  que  le  nom  de  l'abbé,  celui  de  l'êvêque  et 
la  date.  —  Trois  des  chartes  royales,  attribuées  respectivement  à 
Chilpéric  I",  à  Dagobert  P""  et  à  Dagobert  III,  ont  pour  objet  de 
confirmer  les  fausses  précaires  de  Gall ,  de  Sigran  et  d'Ibbolen  (ce 
dernier  appelé,  dans  la  prétendue  confirmation  royale,  Gundo- 
lenus  au  lieu  d' Ibbolenus) .  Ce  sont  des  faux  exécutés  avec  peu 
d'art  ;  on  y  a  laissé  passer,  par  exemple,  un  trait  exclusivement 
caractéristique  des  chartes  postérieures  à  l'avènement  de  la 
dynastie  carolingienne,  la  notification  de  la  volonté  royale  à 
l'universalité  des  sujets  ou  à  l'universalité  des  chrétiens  : 

Chilpericus. ..  Omnibus  fldelibus  sanctae  Del  çcclesiae  et  nostris 
presenLibus  et  futuris  nolum  esse  volumus... 

Dagobertus...  Igitur  compertum  sit  omnibus  fîdelibus  nostris  pre- 
sentibus  et  futuris. . . 

Dagobertus...  Igitur  omnibus  fidelibus  sanctç  Del  aecclesiç  et  no- 
stris presentlbus  et  futuris  notum  esse  volumus... 

Les  deux  autres  chartes  royales  mérovingiennes  portent  le  nom 
de  Chilpéric,  qui  est  sûrement,  d'après  les  autres  indices  chrono- 
logiques, une  faute  pour  celui  de  Childéric  III.  La  première  est  à 
la  fois  une  confirmation  d'immunité  accordée  à  l'êvêque,  pour 
son  monastère  de  Saint-Calais,  et  la  confirmation  d'une  préten- 
due précaire  faite  par  un  abbé  Didonus;  l'autre  est  la  confirma- 
tion de  la  précaire  attribuée  à  l'abbé  Sichald.  La  première  offre, 
du  moins  dans  une  bonne  moitié  de  sa  teneur,  une  rédaction 
d'apparence  bien  mérovingienne;  on  serait  tenté  de  la  croire 
authentique,  si  l'on  ne  s'apercevait  qu'elle  a  été  copiée  à  peu  près 
mot  pour  mot  sur  une  autre  pièce,  la  confirmation  de  l'immunité 
du  domaine  d'Ardin  en  Poitou,  dont  il  sera  parlé  ci-après*.  La 
seconde  est  une  imitation  abrégée  de  la  première.  La  première 
est  sans  date  ;  la  seconde  porte  la  mention  de  la  douzième  année 
du  roi,  qui  ne  régna  que  huit  ans.  Ces  neuf  prétendues  chartes 
mérovingiennes  ont  en  commun  entre  elles  et  avec  la  précaire 
attribuée  à  saint  Calais  un  trait  qui  suffirait  à  en  faire  sauter  aux 
yeux  la  fausseté,  l'énumération  des  redevances  en  nature  qui 

1.  [La  partie  du  mémoire  où  il  devait  être  question  d'Ardin  n'a  pas  été 
rédigée.] 


â6  QUESTIONS  MEROVINGIENNES. 

doivent,  dit-on,  constituer  le  cens  annuel  payé  par  l'abbaye  de 
Saint-Calais  à  l'évêché  du  Mans  : 

Et  censivi  annis  singulis  ad  matrem  civitatis  aecclesiam  persol- 
vere  ejusque  pontificibus  atque  rectoribus,  id  est  ad  lumen  çcclesiç 
de  cera  lib.  un,  et  ad  opus  episcopi  cambutta  i  et  subtalares  ii,  et 
ad  opus  canonicorum  inibi  Deo  degentium  butticulas  duas  paratas 
plenas  de  oplimo  vino  et  in  cçna  Domini  plénum  modium  de  ovis. 

La  charte  attribuée  à  Charlemagne  est  un  acte  par  lequel 
l'empereur,  après  enquête,  reconnaît  et  attribue  à  l'évêque  du 
Mans,  Francon,  la  possession  de  l'abbaye  de  Saint-Calais.  M.  de 
Sickel,  si  bon  connaisseur  en  ces  matières,  y  a  reconnu  un  style 
et  des  tournures  qui  ne  peuvent  appartenir  qu'à  l'époque  de  Louis 
le  Pieux  ^  Elle  paraît  avoir  servi  de  modèle  à  la  charte  authen- 
tique de  Louis,  rendue  pour  le  même  objet,  le  7  septembre  838,  à 
la  suite  d'une  enquête  dirigée  par  l'archevêque  Drogon,  frère  de 
l'empereur  2.  Elle  a  donc  probablement  été  fabriquée  en  vue  de 
cette  enquête. 

Tout  le  dossier  de  Saint-Calais  dans  les  Actus  pontificum  est 
donc  apocryphe,  et  les  diplomatistes  modernes,  comme  les  juges 
de  863,  l'ont  condamné  à  bon  droit. 

Le  dossier  du  monastère  des  religieuses  de  Notre-Dame  du 
Mans,  «  intra  raurum  civitatis  et  fluvium  Sartae,  »  dans  les 
Actus,  comprend  encore,  —  avec  la  fausse  charte  de  Childebert 
et  les  chartes  interpolées  d'Harégaire  et  de  ïénestine,  —  cinq 
pièces  :  quatre  mérovingiennes  (trois  actes  de  l'évêque  Aiglibert 
et  un  attribué  au  roi  Thierry  III)  et  une  carolingienne  (précaire 
de  l'évêque  Mérolus  sous  Charlemagne). 

L'une  des  chartes  de  l'évêque  Aiglibert  ^  n'offre  ni  motif  de 
suspicion  ni  difficulté  d'aucune  sorte.  Elle  est  courte,  mais  inté- 
ressante, car  elle  appartient  à  une  catégorie  d'écrits  dont  nous 
n'avons,  surtout  pour  une  époque  aussi  reculée,  que  bien  peu 
d'exemples  :  les  correspondances  échangées  entre  les  chefs  de 
grandes  propriétés  (tels  que  les  évêques)  et  les  intendants,  agen- 

1.  Acta  Karolinorum,  II,  p.  399. 

2.  Gesta  Aldrici,  XXXIX,  p.  112;  Miihlbacher,  n'  951. 

3.  Appendice,  n°  000. 


vu.    —   LES   ACTES   DES   EVEQUES  DU   MANS.  37 

tes,  missi  discurrentes,  chargés  de  gérer  leurs  biens.  Celle-ci 
est  une  lettre  de  l'évêque  aux  agentes  ou  missi  préposés  à  l'ex- 
ploitation de  dix  villages  ou  grands  domaines  ruraux  de  la 
cathédrale,  villae  sanctç  aecclesi<;,  la  Quinte,  Tresson,  Launay, 
Detas  (?),  Longuève,  Loudon,  Gennes  ouGesnes  (?),  Trans,  Vil- 
laines  et  Thorigné.  Il  leur  notifie  qu'il  a  concédé  au  monastère 
de  Notre-Dame  les  dîmes  de  tous  les  produits  agricoles  de  ces 
domaines  et  qu'ils  aient  à  livrer  régulièrement  ces  dîmes,  à  l'ave- 
nir, aux  missi  de  l'abbesse.  La  lettre  que  l'évêque  avait  signée 
de  sa  main  est  datée  du  9  juillet  de  l'an  2  de  Clovis  III  (mardi 
9  juillet  692)  ^  L'abbesse  qui  gouvernait  alors  le  monastère  est 
appelée  Ade,  «  Deo  sacrata  Ada  abbatissa.  » 

Une  des  meilleures  raisons  pour  affirmer  que  cette  pièce  est 
authentique,  c'est  qu'elle  n'établit  aucun  droit  ou  prérogative  de 
l'évêché  du  Mans,  en  faveur  duquel  seul  ont  été  fabriqués  tous  les 
faux  des  Actus.  C'est  donc  simplement  pour  orner  et  amplifier 
son  ouvrage  que  l'écrivain  nous  en  a  conservé  la  copie. 

Les  deux  autres  pièces  au  nom  d' Aiglibert  ^  sont  moins  deux 
actes  distincts  que  deux  expéditions  du  même  acte,  sous  deux 
dates  et  avec  des  signatures  différentes.  Ils  débutent  l'un  et  l'autre 
par  une  adresse  à  l'abbesse  de  Notre-Dame,  appelée  Adrehilde  et 
qualifiée  de  parente  de  l'évêque,  «  dilectissime  propinqu»?  nostr§ 
Adrehilde  abbatisse.  »  Le  texte,  qui  se  répète  textuellement 
d'une  pièce  à  l'autre,  est  très  verbeux,  ce  qui  est  la  faute  de 
l'auteur,  et  aussi  très  incorrect  et  difficile  à  entendre,  ce  qui  est 
peut-être  seulement  la  faute  des  copistes.  Il  y  est  dit  que  l'évêque 
a  institué  sa  parente ,  Adrehilde ,  abbesse  du  monastère  ;  qu'il 
désire  lui  laisser  toute  liberté,  à  elle  et  aux  religieuses  qu'elle 
gouverne,  pour  se  consacrer  uniquement  à  la  vie  monastique, 
sous  l'autorité  de  l'évêque  du  Mans  ;  que  celui-ci  aurait  le  droit, 
aux  termes  des  constitutions  de  ses  prédécesseurs,  de  leur  impo- 
ser des  redevances  et  des  cens  onéreux,  «  reddibitiones  et  censa 
onerosa,  »  mais  qu'il  n'en  veut  rien  faire  ;  qu'il  entend  au  con- 
traire les  en  dispenser,  «  ut  non. . .  onerosa  censa  aut  aliqua  gravia 
injuncta...   requirantur,   sed  opéra  vestimentorum  atque  alia 

1.  Sur  l'avènement  de  Thierry  III,  voyez  Krusch,  dans  Neues  Archiv,  XVI, 
p.  579,  note. 

2.  Appendice,  n<"  000. 


38  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

quç  ad  sanctimoniales  pertinet  facieûdum  vel  vestimenta  aeccle- 
siastica  sive  pontificalia  lavanda  vel  restauranda  libenter  facere 
studeant  ;  »  enfin,  qu'il  leur  accorde  pour  l'avenir  le  droit  d'élire 
leurs  abbesses.  Il  adjure  ses  successeurs,  les  rois  et  tous  les  dépo- 
sitaires de  l'autorité,  de  ne  porter  aucune  atteinte  à  ces  privilèges. 
Le  style  diffus  dans  lequel  ces  idées  sont  exposées  rappelle  assez 
bien  celui  des  actes  analogues  du  même  temps'.  On  remarque 
même,  çà  et  là,  telle  formule  dont  on  trouverait  l'équivalent 
exact  dans  d'autres  chartes  mérovingiennes".  Rien  ne  s'oppose 
donc  à  ce  que  chacune  des  deux  chartes,  prise  en  elle-même,  soit 
considérée  comme  authentique. 

Le  seul  motif  de  suspicion  qu'on  ait  fait  valoir,  c'est  la  bizar- 
rerie qui  nous  a  conservé  cet  acte  en  deux  expéditions  pareilles, 
sauf  la  date  et  les  souscriptions.  L'un  des  exemplaires,  daté  du 
mois  de  juin,  l'an  11  de  Thierry  III  (683),  porte,  avec  la  signa- 
ture d'Aiglibert,  celles  de  trente  et  un  évêques  et  de  quatre  autres 
personnes.  L'autre,  daté  aussi  de  juin,  mais  de  l'an  6  de  Childe- 
bert  III  (700),  a  été  signé  seulement  par  l'évêque  Aiglibert  et 
par  deux  abbés,  un  prêtre,  un  archidiacre,  un  diacre  et  trois 
personnes  non  qualifiées,  en  tout  huit  signataires  autres  que 
l'évêque.  Selon  Bréquign}'  et  La  Porte  du  Theil,  cette  seconde 
forme  de  la  pièce  serait  seule  authentique,  l'autre  apocryphe  : 

Hanc  autem  discrepanliam  indè  manasse  conjicimus,  quôd  ciim  in 
aliquo  exemplari  veleri  deficerenl  subscripliones  el  nolœ  chronicae, 
cas  suc  marie  exscriplor  supplevit,  quod  sœpiùs  (?)  accidisse  norunl, 
qui  vêlera  evolverunt  inslrumenla.  Prier  Gharla  dicilur  emissa 
anno  xi  Theodoricl  Régis  III  (neque  enim  sub  Theodorico  IV  vixit 
Aigliberlus)  -,  poslerior,  anno  vi  Ghildeberli  III.  Mabillonius,  qui  neu- 
tram  ignoravil,  siquidem  ulramquc  edidil  in  aclis  Cenomanensium 
Episcoporum,  unicam  lamen  in  annalibus  (t.  I,  p.  560)  memoravil, 
priorem  sciiiccl-,  de  posleriorl  vcrô  sihiil,  sanc  quôd  camdem  esse 
ulramquc  arbilrabalur,  mulalis  lanlùm  subscriplionibus  et  chro- 


1.  Pardessus,  II,  p.  123,  12G,  138,  23i,  etc. 

2.  «  Rogaiiius  ergo  ac  conleslaimis  coram  Deo  el  augelis  ejus...;  »  cf.  la 
tliaric  de  Tliéodéliude,  20  avril  627  (Queslions  mérovingiennes,  V,  ou  Bibl. 
de  l'Ecole  des  chartes,  LI,  p.  50)  :  «  Proplerea  rogo  et  coiilestor  coram  Dco  et 
angelis  ejus...  »  Sur  la  clause  :  «  Unde  donmuruin  episcoporum  el  nietropoli- 
tanorum...  »,  voir  plus  loin,  p.  39-40. 


Vir.   —   LES   ACTES   DES   ÉVÊQUES   DU   MANS.  39 

nicis  notis,  quas  sinceriores  in  priori  judicavil.  Nos  conlrà,  quod 
pace  tanli  viri  dixerimus,  priori  temerè  bas  fuisse  addilas  conjici- 
mus,  et  genuinas  esse  quse  posteriori  subjectœ  sunt.  Quorsùm  enim 
lîsec  repetita  concessio  jàm  ante  annos  quindecim  concessse  immu- 
nitatis?  An  ut  confirmaretur  ?  Sed  tune  prioris  Gliartœ  aliqua  in 
posteriori  fuisset  injecta  mentio.  Et  quam  confirmationem  Gharta 
posterior,  paucis  lantùmmodô  Abbatum  subscriptionibus  munita, 
importasse!  priori  privilégie  plusquàm  triginta  Episcoporum  sub- 
scriptionibus vallato?  Quin  et  tôt  Episcoporum  coacervata  nomina 
interpolationis  suspicionem  non  lèvera  afferunt.  Adde  hos  plerosque 
Episcopos,  fatente  Mabillonio,  esse  ignotos;  adde  quosdam  cognitos 
quidem,  sed  tune  temporis  non  extitisse  :  sic  Berarius  ipsius  Aigli- 
berti  decessor,  Vindicianus  Gameracensis  Episcopus,  Adalbertus 
Suessionensis ,  Blideramnus  Viennensis,  Protasius  Aquensis,  dé- 
mens Bellovacensis,  Abbo  seu  Metensem  volueris,  seu  Virdunensem 
Episcopum.  Deniquè  subscriptio  ipsius  Aigliberti,  qui  Ghartam  con- 
didit,  promiscuè  intruditur  inter  testes  ^... 

«  Pace  tanti  viri  »  était  de  mise,  sous  la  plume  de  Bréquigny 
et  de  La  Porte  du  Theil,  attaquant  l'opinion  d'un  savant  tel  que 
Mabillon  ;  il  n'est  sans  doute  pas  besoin  de  la  même  précaution 
oratoire  pour  combattre  la  leur.  Celle  des  deux  rédactions  de 
notre  acte,  qui  porte  la  date  de  l'an  11  de  Thierry  III  et  les  sous- 
criptions d'un  grand  nombre  d'évêques,  offre  plusieurs  marques 
d'authenticité. 

Le  texte  de  l'acte,  pareil  dans  les  deux  rédactions,  offre  seule- 
ment une  clause  en  plus  dans  celle-ci  ;  elle  est  ajoutée  tout  à  la 
fin  et  ainsi  conçue  : 

Unde  domnorum  episcoporum  et  metropohtanorum  artium  sedes 
tenentiura  suffragia  possimus  [pour  poscimus],  ut  adhibeant  merce- 
dem  et  hoc  sanctum  privilegium  cum  societate  beatitudinis  et  con- 
sentire  atque  adfirmare  una  nobiscum  non  dedignentur. 

Cette  phrase  est  toute  mérovingienne.  Dans  un  fragment  d'acte 
du  6  mars  696  ou  697,  qui  est  conservé  en  original  aux  Archives 
nationales  et  qui  est,  comme  celui-ci,  un  privilège  accordé  par 
un  évêque  (celui  de  Chartres)  à  un  monastère,  on  lit  : 

1.  Bréquigny,  p.  359,  note;  Pardessus,  II,  p.  253,  note. 


40  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

Unde  domnis...  [mjetropolitanis  arcium  sedes  divinitatis  suft'ragia 
poscimus,  ut  adhibenda  mercidem  hoc  sanclum  privilegium  societate 
beatitudinis  veslre  adsentirealque...  reuna  nobiscum almeLas  vestra 
dignetur*. 

La  périphrase  «  metropolitanorum  artium  sedes  tenentium  »  a 
dû  être  imaginée  en  un  temps  où  le  mot  archiepiscopus  n'était 
pas  encore  entré  dans  l'usage  courant,  c'est-à-dire  avant  l'époque 
carolingienne. 

En  683,  l'évêque  du  Mans  était  bien  Aiglibert  :  des  actes  dont 
l'authenticité  ne  fait  aucun  doute  le  montrent  revêtu  de  cette 
dignité  en  673 2,  en  675 ^  et  en  692^.  En  700,  au  contraire,  son 
épiscopat  avait  pris  fin  (probablement  par  sa  mort)  :  à  la  date  du 
3  mars  698  ou  699,  on  rencontre  son  successeur  Herlemond^. 
Ainsi,  des  deux  rédactions  de  cette  charte,  celle  que  Bréquigny 
rejette  offre  seule  une  date  régulière,  et  celle  qu'il  accepte  une 
date  suspecte. 

Enfin,  les  souscriptions  des  évêques,  loin  de  condamner  la 
pièce,  témoignent  en  sa  faveur.  Sur  trente  et  un  évêques,  nom- 
més sans  désignation  de  siège,  on  peut  en  identifier  au  moins 
seize,  résultat  considérable,  si  l'on  songe  combien  la  chronologie 
épiscopale  de  la  Gaule  mérovingienne  est  imparfaitement  connue. 
Hilbertus,  qui  a  signé  le  premier  après  l'évêque  du  Mans,  n'est 
autre  que  son  métropolitain,  Bertus,  qui  fut  évêque  de  Tours 
de  674  à  690  environ^,  et  qui,  par  conséquent,  occupait  ce  siège 
à  la  date  de  notre  acte,  juin  683.  Viennent  ensuite  Landehertus 
de  Lyon  (680-690)',  Landobertus  de  Sens  (677-691),  BU- 
dramnus  de  Vienne,  qui,  quoi  qu'en  dise  Bréquigny,  pouvait 
vivre  en  683,  puisqu'on  le  trouve  mentionné  vers  678,  et  son 
successeur  Agraius  seulement  en  691,  enfin  un  Gosenus  en  qui 
il  est  aisé  de  reconnaître  Agolenus  ou  Agosenus  de  Bourges 
(682-696).  Plus  loin  on  trouve  Herliiigus,  évêque  de  Meaux  à 

1.  Pardessus,  II,  p.  235  ;  Tardif,  p.  30,  n"  36;  Lctronne,  n°  XXXI. 

2.  Ci-après,  p.  ...  [Paragrapiie  qui  n'a  pas  été  rédigé.] 

3.  Ci-aprùs,  p.  44,  51. 

4.  Ci-dessus,  p.  37. 

5.  Ci-après,  p.  55. 

G.  Ducbesnc,  les  Anciens  Catalogues,  p.  28. 

7.  Pour  cet  évêque  et  les  suivants,  j'emprunte  les  noms  et  les  dates,  sous 
toutes  réserves,  à  Gams,  Séries  episcnponim. 


VIT.    —  LES   ACTES   DES   EVÊQUES   DU   MANS.  4i 

partir  de  680,  Aigliberius,  sans  doute  l'évêque  d'Angers*  (et 
non  celui  du  Mans,  nommé  une  seconde  fois,  selon  la  supposition 
ridicule  de  Bréquigny)  ;  puis  des  noms  légèrement  altérés,  mais 
faciles  à  rétablir,  Aclaldus  pour  Ageradus  ou  Aidradus  de 
Chartres  (682-696),  Rigobertus  pour  Sigohertus  d'Orléans 
(670-693?);  puis  Adalbertus  de  Soissons  (680-684)2,  Herme- 
7iarius  d'Autun  (678-690),  Vindicianus  pour  Vindilianus^  de 
Cambrai  (669-693),  Aquilinus  d'Évreux  (663-690),  Theode- 
fredus  d'Amiens  (dont  la  mort  n'est  fixée  à  681,  chez  les  auteurs 
modernes,  que  par  conjecture),  Beyndfus  pour  S  end  fus  de 
Laon  (dont  le  successeur  Omotarius  devint  évêque  vers  688)  ^ 
enfin  Clemens  de  Beauvais,  que  les  modernes  considèrent  comme 
ayant  été  évêque  de  cette  ville  depuis  666  et  au  moins  jusque 
«  vers  »  680.  Les  évêchés  auxquels  appartenaient  les  quinze 
autres  sont  sans  doute  de  ceux,  —  beaucoup  plus  nombreux  que 
nous  ne  le  voudrions,  —  pour  lesquels  nos  listes  épiscopales  sont 
incomplètes.  Il  y  a  un  ou  deux  de  ces  prélats  dont  l'existence, 
sinon  le  siège,  est  connu  d'ailleurs  :  par  exemple  Prothasius, 
appelé  Pî'otadius  dans  un  jugement  de  Childebert  III,  du  28  fé- 
vrier 694^,  et  Berarius  (confondu  à  tort  par  Bréquigny  avec 
l'évêque  du  Mans  du  même  nom),  dont  la  signature,  sous  la 
forme  Beracha?nus,  figure  sur  le  privilège  de  l'évêque  de 
Chartres,  de  696  ou  697^,  et  est  placée,  là  comme  ici,  à  côté  de 
celle  d'Aiglibert  d'Angers. 

Parmi  ceux  dont  le  siège  est  connu,  on  remarquera  que  tous 
les  métropolitains  figurent  au  commencement  de  la  liste,  aussitôt 
après  l'évêque  Aiglibert,  auteur  de  l'acte.  C'est  un  usage  cons- 
tamment suivi  à  l'époque  mérovingienne  '^,  et  l'observation  en  est 
ici  d'autant  plus  remarquable  qu'elle  est  latente,  puisque  les 

1.  On  n'a  pas  sa  date  exacte,  mais  il  est  le  troisième  d'une  série  de  neuf 
évoques  qui  siégèrent  de  627  à  756  (Duchesne,  les  Anciens  Catalogues,  p.  55). 

2.  [Entre  Adalbertus  et  Hermenarius  figure  Abbo.  M.  Julien  Havet,  en  marge 
de  sa  copie  du  document,  avait  écrit  au  crayon  Mettensis.] 

3.  [Le  texte  du  document,  tel  que  l'a  noté  M.  Julien  Havet,  porte  effective- 
ment Vindilianus .  Il  a  inscrit  en  marge,  au  crayon,  Canieracensis.] 

4.  [Après  Berulfus  vient,  dans  le  document,  Hadegarius.   En  marge,  au 
crayon,  avec  un  signe  de  doute  :  ?  Autgarius  Noviomensis.] 

b.  K.  Pertz,  p.  58,  n"  66. 

6.  Ci-dessus,  p.  40,  note  1. 

7.  Maassen,  Concilia  aevi  Merovingici,  etc. 


42  QUESTIONS  MÉROVINGIENNES. 

noms  des  évoques  ne  sont  pas  accompagnés  de  ceux  de  leurs  dio- 
cèses et  qu'il  faut  un  travail  d'érudition  pour  les  découvrir.  Un 
faussaire  du  ix®  siècle  n'aurait  sûrement  pas  fait  ce  travail  ;  ce 
trait  suffit  donc  à  garantir  l'authenticité  de  la  liste.  Ajoutons  qu'il 
peut  servir  de  point  de  départ  à  des  conjectures  complémentaires;  . 
ainsi  Py^othasius  ou  Protadius,  ici  comme  dans  le  jugement  de 
Childebert  III,  est  nommé  l'un  des  premiers  ;  c'était  donc  un 
métropolitain,  peut-être  celui  de  Bordeaux? 

Parmi  les  signataires  ne  figure  aucun  évêque  de  Rouen  ;  en 
effet,  M.  Kruscli  a  montré^  que  la  mort  de  saint  Ouen  et  l'élec- 
tion de  son  successeur  Ansbert  eurent  lieu  en  l'an  11  ou  12  de 
Thierry  III,  683-685  ;  il  est  donc  possible  qu'à  la  date  du  privi- 
lège d'Aiglibert,  juin  683,  le  siège  de  Rouen  fût  déjà  vacant. 

Pour  que  trente  et  un  évêques  de  toutes  les  parties  de  la 
France  aient  signé  un  acte  expédié  au  Mans,  il  faut  qu'ils  aient 
eu  une  raison  de  se  trouver  réunis  en  cette  ville  ;  cette  raison  n'a 
pu  être  que  la  tenue  d'un  concile  national.  Ce  concile  du  Mans 
ne  nous  est  connu  par  aucun  autre  indice  ;  mais  rien  non  plus  ne 
nous  dissuade  d'y  croire.  Un  autre  concile,  qui  a  laissé  aussi  peu 
de  traces,  fut  tenu  à  Rouen  cinq  ans  plus  tard,  en  688  ou  689 ^ 
Nous  l'ignorerions,  sans  une  mention  unique  conservée  dans  un 
texte  hagiographique,  la  vie  de  saint  Ansbert^. 

La  seconde  expédition  du  privilège  d'Aiglibert,  datée  de  l'an  6 
de  Childebert  et  signée  de  huit  abbés  ou  autres  clercs,  ne  peut 
pas  plus  être  suspectée  que  celle  de  l'an  11  de  Thierry  III.  Quel 
intérêt  un  faussaire  aurait-il  eu  à  la  fabriquer?  Elle  n'en  dit  pas 
plus  que  la  première,  et  elle  est  ou  paraît  moins  vénérable,  soit 
par  l'âge  soit  par  la  qualité  des  signataires.  C'est  le  cas  de  répé- 
ter les  paroles  de  Bréquigny  :  «  et  quara  confirmationem  charta 
posterior,  paucis  tantummodo  abbatum  subscriptionibus  munita, 
importasset  priori  privilegio  plus  quam  triginta  episcoporum 
subscriptionibus  vallato?  »  La  date  seule,  qui  répondrait,  si  on 
la  prenait  telle  quelle,  au  mois  de  juin  700,  est  sans  doute  alté- 
rée. En  effet  : 

1.  Monntnenta  Germaniae,  in-k' \  Scriptores  [rerum  Merovingicarum,  II; 
Fredegarii  et  aliorum  cronica,  p.  322,  noie  2. 

2.  Monumenta  Germaniae,  ibid. 

3.  Ni  le  concile  (présumé)  du  Mans  ni  celui  de  Rouen  ne  sont  mentionnés 
dans  le  volume  de  M.  Maassen,  Concilia  aevi  Merovingici. 


VII.  —   LES   ACTES   DES   ÉVÊQDES   DU   MANS.  43 

1°  Il  n'y  aurait  eu,  comme  le  dit  fort  bien  Bréquigny,  aucune 
utilité  à  faire  confirmer  par  huit  abbés  et  diacres  du  Mans  un 
décret  de  plus  de  trente  évêques  de  France  ;  mais  il  pouvait  y  en 
avoir  beaucoup  à  faire  approuver  par  trente  évêques  ce  qui  avait 
été  délibéré  par  huit  abbés  ou  diacres.  A  priori,  l'ordre  chrono- 
logique des  deux  actes  est  donc  inverse  de  ce  qu'il  paraît  être;  la 
prétendue  seconde  expédition  est  en  réalité  la  première  ; 

2°  Gomme  je  l'ai  déjà  fait  remarquer,  en  700,  l'évêque  du 
Mans  n'était  plus  Aiglibert,  mais  Herlemond; 

3''  L'abbesse  de  Notre-Dame  est  appelée  Adrehilde  dans  l'acte 
de  683,  Ada  dans  celui  de  692,  cité  un  peu  plus  haut.  L'auteur 
des  G  est  a  Aldrici,  qui  paraît  avoir  connu  ces  diverses  pièces, 
soit  directement  soit  par  ouï-dire,  suppose  que  ce  sont  deux 
variantes  du  même  nom  :  «  Sanctç  Adç  quç  et  Adrehildis  alio 
nomine  nominatur'.  »  Mais  l'hypothèse  est  gratuite.  Cet  auteur 
se  montre  d'ailleurs  bien  mal  informé,  car  il  fait  vivre  sous 
répiscopat  de  saint  Innocent  (après  511  et  avant  559)  cette  con- 
temporaine d' Aiglibert  (vers  673-692).  Pourquoi  une  même 
abbesse  dans  les  actes  d'un  même  évêque  aurait-elle  été  appelée 
tantôt  d'un  nom  et  tantôt  d'un  autre?  Pourquoi  aurait-on  tantôt 
mentionné  sa  parenté  av3c  le  prélat  et  tantôt  l'aurait-on  passée 
sous  silence?  Or,  si  Adrehilde  et  Ada  ne  sont  pas  la  même  per- 
sonne, et  si  celle-ci  avait  pris  la  place  de  celle-là  dès  692,  Adre- 
hilde ne  saurait  être  mentionnée  dans  un  acte  de  l'an  700. 

La  seule  hypothèse  qui  permette  de  résoudre  ces  difficultés, 
c'est  que  la  date  est  corrompue  par  l'effet  d'une  faute  de  copie. 
Cette  forme  du  privilège  est  celle  sous  laquelle  il  a  dû  être  expé- 
dié d'abord,  à  une  époque  comprise  entre  le  début  de  l'épiscopat 
d' Aiglibert  (vers  673?)  et  683.  Plus  tard,  en  juin  683,  un  concile 
national  ayant  été  réuni  au  Mans,  Aiglibert  en  aura  profité  pour 
faire  ratifier  son  privilège  par  tous  les  évêques  du  royaume,  en 
soumettant  à  leur  signature  un  second  exemplaire  de  l'acte  expé- 
dié antérieurement. 

En  la  forme,  les  deux  expéditions  de  l'acte  sont  donc  l'une  et 
l'autre  autlientiques.  Il  est  plus  difficile  de  se  prononcer  sur  le 
fond,  c'est-à-dire  sur  les  dispositions  qu'elles  renferment  et 
qu'elles  donnent  toutes  deux  dans  les  mêmes  termes.  Notre  auteur 

1.  Gesta  Aldrici,  XLIV,  p.  124. 


44  QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 

nous  a  habitués  à  soupçonner  facilement  des  interpolations,  et  ici 
les  clauses  où  l'évêque  insiste  sur  la  soumission  du  monastère  à 
la  cathédrale  peuvent  paraître  bien  accentuées.  Il  y  a  donc  peut- 
être  des  altérations  volontaires,  mais  il  est  à  présumer  qu'elles 
ne  portent  pas  sur  l'acte  tout  entier,  et  celui-ci,  dans  l'ensemble, 
paraît  pouvoir  être  accepté. 

La  charte  de  Thierry  III,  pour  le  même  monastère  de  Notre- 
Dame,  est  encore  une  de  ces  pièces  qui  embarrassent  la  critique, 
par  le  mélange  intime  du  faux  et  du  vrai.  Bréquigny  et  La  Porte 
du  Theil,  dont  le  jugement  a  été  suivi  par  Pardessus,  puis  par 
K.  Pertz,  l'ont  déclarée  fausse,  ainsi  qu'une  autre  du  même  prince 
pour  Tuffé  (voir  ci-après  [p.  51]),  par  une  mauvaise  raison.  Leur 
motif  pour  les  condamner,  c'est  qu'elles  sont  datées,  l'une  et 
l'autre,  de  l'an  3  du  roi  (675-676)  et  qu'elles  nomment  Aiglibert, 
lequel,  selon  le  bénédictin  manceau  dom  Jean  Bondonnet,  ne 
serait  devenu  évêque  du  Mans  qu'en  680.  Pour  se  tirer  de  cette 
difficulté  chronologique,  il  faudrait,  disent-ils,  corriger  la  date  et 
lire  anno  XIII  au  lieu  d'anno  III,  mais  ce  serait  une  hypo- 
thèse arbitraire;  et,  comme  l'autorité  des  Actus  pontificum, 
seule  source  par  laquelle  nous  connaissions  ces  deux  actes,  est 
«  très  légère,  »  cum  levissima  fides  deberi  videatur  Actis 
episcoporum  Cenomanensium,  il  est  plus  simple  de  les  tenir 
pour  faux.  Si  légère  que  soit  l'autorité  des  Actus  pontificum, 
voilà  une  argumentation  plus  légère  encore.  Elle  constitue  un 
véritable  cercle  vicieux,  car  elle  consiste  à  opposer  l'autorité  de 
Bondonnet  à  celle  des  Actus;  or,  Bondonnet,  qui  écrivait  en 
1651  *,  n'a  eu  d'autre  source  d'information  que  ces  mêmes  Actus, 
et  c'est  sur  leurs  indications  que  reposent  directement  ou  indi- 
rectement ses  calculs.  Dans  les  Actus,  il  semble  avoir  consulté 
surtout  ce  qui  est  proprement  l'œuvre  de  l'auteur,  la  partie  nar- 
rative plutôt  que  les  copies  de  chartes.  Or,  c'est  précisément 
parmi  ces  copies  de  chartes  que  se  trouvent  les  seuls  renseigne- 
ments utiles  de  l'ouvrage,  tandis  que  les  évaluations  chronolo- 

1.  [Ici  se  trouve,  dans  le  manuscrit  de  M.  Julien  Havet,  l'appel  d'une  note  qui 
n'a  pas  été  écrite.  Peut-être  voulait-il  faire  remarquer  que  Bondonnet  connaît 
les  Actus,  encore  inédits  en  1651,  par  le  manuscrit  du  Mans.  Bondonnet  {les 
Vies  des  evesques  du  Mans,  p.  341)  cite  à  l'appui  de  ses  vues  chronologiques, 
en  l'arrangeant  un  peu,  l'en-têle  du  chapitre  des  Aclits  sur  Aiglibert  (Mabillon, 
Vetera  Analecta,  in-8*,  III,  p.  188).] 


Vir.    —  LES   ACTES   DES   ÉVÈQDES   DD   MANS.  45 

giques  propres  à  l'écrivain  sont  (M.  l'abbé  Duchesne  l'a  démontré 
péremptoirement*)  dénuées  de  toute  valeur.  Le  procédé  critique 
de  Bréquigny  revient  donc  à  contrôler  la  partie  des  Actus  dont 
l'autorité  est  douteuse  par  celle  dont  l'autorité  est  sûrement  nulle. 
Ajoutons,  pour  faire  juger  d'un  mot  la  valeur  des  théories  chro- 
nologiques de  Bondonnet,  que  cet  auteur  trop  justement  oublié 
met  en  678  l'avènement  de  Thierry  III,  au  lieu  de  673,  et  sa 
mort  en  694,  au  lieu  de  690  ou  691 .  On  voit  ce  qui  reste  du  rai- 
sonnement de  Bréquigny.  Il  fallait  noter  ce  point,  car  ces  deux 
chartes  ne  sont  pas  les  seules  qui  aient  été  condamnées  et  qui 
passent  encore  aujourd'hui  pour  fausses,  sur  la  foi  d'une  argu- 
mentation aussi  futile. 

C'est  par  les  caractères  internes  du  texte  qu'il  faut  en  faire  la 
critique.  Ces  caractères  sont  différents,  selon  qu'on  examine, 
d'une  part,  la  forme,  l'enveloppe  extérieure  de  l'acte  (protocole, 
suscription ,  exorde ,  souscriptions ,  date) ,  de  l'autre ,  le  fond 
même  de  la  pièce,  c'est-à-dire  le  dispositif. 

Après  la  suscription,  «  Theodericus  rex  Francorum  vir  illu- 
ster  »  (où  les  deux  derniers  mots  doivent  être,  comme  toujours, 
corrigés  en  «  viris  inlustribus  »),  vient  un  exorde,  arenga,  qui 
n'exprime  que  des  idées  courantes  dans  les  formulaires  mérovin- 
giens, et  qui  les  exprime  en  un  langage  assez  exactement  réglé 
sur  les  lois  de  la  prose  métrique  : 

Si  peticionlÔMs  sàcêrdotum^  quod  et  ad  eorum  oportunitatem 
pertinet  llbenter  prestâmûs  aûgmentum,  regi[am]  in  hoc  exerce- 
mus  consuetudinem  et  hoc  nobis  ad  laudem  vel  ad  salutem  aeter- 
nam  et  stabilitatem  regni  nostri  in  Dei  nomine  pertiwêrê  confîdî- 
mus.  Igitur  apostolicus  vir  domnus  Aigliberlus  Genomannice  urbis 
episcopus  missa  peticione  démentie  regni  nostri  credîdit  sUbgerën- 
dum^      ut... 

La  souscription  royale  est  ainsi  conçue  :  «  In  Xpisti  nomine 
Theodericus  rex  féliciter.  »  Ce  dernier  mot  est  une  faute  de  copie 
pour  subscripsi,  faute  facile  à  faire  en  transcrivant  les  origi- 
naux mérovingiens,  où  ce  mot,  toujours  abrégé  et  embarrassé  de 

1.  [L.  Duchesne,  les  Anciens  Catalogues  épiscopaux  de  la  province  de 
Tours,  p.  49.] 


46  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

parafes,  doit  être  deviné  plutôt  que  lu.  Cette  correction  faite,  la 
forme  de  la  souscription  est  exactement  celle  que  Thierry  III 
avait  adoptée  et  que  nous  trouvons  au  bas  de  ses  actes  originaux  : 
«  In  Xpi  nomene  Theudericus  rex  subs.'.  » 

La  souscription  du  référendaire  n'offre  également  qu'une  faute 
facile  à  corriger  :  «  Audofredus  jussu  subscripsi  ;  »  il  faut  lire  : 
«  Audofredus  jussus  optolit.  »  L'usage  de  mettre  le  mot  jussus 
à  côté  du  mot  optolit  dans  cette  formule  n'a  pas  été  suivi  d'une 
manière  constante  à  l'époque  mérovingienne  ;  mais  les  deux  seuls 
actes  de  Thierry  III  qui  nous  soient  parvenus  complets,  et  où  se 
trouve  le  second  de  ces  mots,  nous  l'offrent  précisément  accom- 
pagné du  premier^. 

Enfin,  dans  la  date,  «  datura  quod  fecit  mensis  mr.  V  ann. 
regni  nostri  III  in  Conpendii  palacio  nostro  liu  nomine  féliciter  » 
(mercredi  5  mars  676) ,  hu  nomine  n'est  encore  qu'une  faute  de 
copie  pour  in  Dei  no^nine.  Ces  diverses  fautes  sont,  il  me  semble, 
autant  de  présomptions  d'authenticité.  Elles  sont  l'œuvre  d'un 
scribe  qui  a  l'original  même  sous  les  yeux  et  qui  le  transcrit  de 
son  mieux  et  sans  malice  3.  Un  faussaire  instruit,  comme  il  fau- 
drait le  supposer  d'après  la  correction  du  reste  des  formules^,  ne 
serait  pas  tombé  dans  de  pareilles  erreurs. 

On  ne  saurait  juger  aussi  favorablement  du  dispositif.  Voici 
une  clause  qui,  telle  qu'elle  se  présente  à  nous,  n'offre  guère 
de  sens  : 

Hoc preceptum fier!  jussimus...  ut...  sanctemonialibus  inibi  degen- 
tibus  et  pauperibus  ac  peregrniis  stipendiarie  disponente  atquc  ordi- 
nante  prefate  urbis  episcopo...  sub  régula  existant... 

1.  Letronne,  n"  XVI,  XVII,  XX,  et  K.  Pertz,  p.  48,  n»  53. 

2.  Letronne,  n"  XVI,  XX. 

3.  Les  raisons  que  j'ai  alléguées,  au  paragraphe  précédent,  pour  attribuer  au 
chorévêque  David  la  rédaction  des  Acius  et  des  fausses  chartes  qu'ils  con- 
tiennent, n'obligent  pas  à  croire  qu'il  ail  tout  écrit  et  copié  de  sa  main.  Des 
fautes  comme  celle  qui  a  consisté  à  mêler,  à  l'intérieur  d'une  même  phrase,  des 
tournures  contradictoires  (précaire  de  Ténestine,  ci-dessus,  p.  24),  témoignent 
plutôt  de  l'emploi  d'un  copiste  qui  aura  mal  compris  les  ratures  et  les  sur- 
charges de  son  modèle. 

4.  Et  comme  n'était  pas  le  chorévêque  David  :  car  les  faux  dont  il  paraît 
être  l'auteur  témoignent  de  sa  facilité  et  de  son  audace  plus  que  de  sa  science 
diplomatique. 


VII.  —  LES  ACTES  DES  EVHQUES  DU  MANS.  47 

Le  mot  stipendiarie  est  particulièrement  embarrassant.  Est-ce 
un  adjectif?  est-ce  un  adverbe?  et  que  veut-il  dire?  L'excellente 
édition  des  formules,  publiée  par  M.  Zeumer  dans  les  Monu- 
menta  Germaniae  historica,  étant  pourvue  d'un  index  com- 
plet, il  est  tout  indiqué  d'y  chercher  s'il  existe  des  exemples 
analogues  :  on  en  trouve  un  seul,  et  le  document  qui  le  donne 
n'est  pas  mérovingien.  C'est  une  de  ces  formules  dont  le  texte, 
conservé  en  notes  tironiennes  dans  un  manuscrit  de  Paris,  a  été 
révélé  par  dom  Carpentier  et  revisé,  il  y  a  quelques  années,  par 
M.  W.  Schmitz  ;  on  les  a  connues  longtemps  sous  le  nom  de 
Formulae  C arpenter ianae ,  auquel  M.  Zeuraer  a  substitué 
celui  de  Formulae  impériales.  On  sait  que  ces  formules  appar- 
tiennent toutes  au  temps  de  Louis  le  Pieux  et  ont  été  copiées  sur 
des  actes  authentiques  de  ce  prince.  Celle-ci^  est  un  modèle  de 
charte  par  laquelle  l'empereur  confirme  une  constitution  d'un 
évêque,  qui  avait  concédé  à  ses  chanoines,  pour  la  mense  capi- 
tulaire,  certains  domaines  de  l'évêché,  ainsi  que  des  dîmes  et 
noues  à  percevoir  sur  d'autres  domaines.  La  plupart  des  clauses 
actuellement  incorporées  à  notre  charte  de  Thierry  III  sont  visi- 
blement copiées  sur  celles  de  cette  charte  carolingienne  : 


Fonn.  imp.  25  :  Postulavit 
etiam  nobis  ut  haec  constitutio, 
quam  propter  amorem  Dei  el  elee- 
mosynam  domni  et  genitoris  no- 
stri  ac  noslram  constituerai,  ob 
firmitatis  causam  nostra  impé- 
rial! confirmaretur  censura 2. 

Gujus  petitioni,  quia  justa  et 
ratione  plena  est,  nobis  adsen- 
sum  praebere  et  eandem  consti- 
tutionem  nostra  auctoritate  pla- 
cuit  conflrmare. 

Idcirco  volumus  et  per  hanc 


Thierry  III  :  ...  Constitutio- 
nem,  quam  propter  amorem  Dei 
et  elemosinam  nostram  consti- 
tuerat. ..  postulavit  ut  firmitatis 
causa  nostra  regali  confirmetur 
censura. 

Gujus  peticioni  nos  assensum 
prebentes  et  eandem  suam  con- 
stitutionem  nostra  auctoritate 
confirmantes. 

hoc  preceptum  fieri  jussimus 


1.  Carpentier,  n»  7;  E.  de  Rozière,  n"  566;  Formulae  impériales,  n°  25; 
Zeumer,  p.  304  ;  Schmitz,  Monumenta  tachygraphica,  I,  p.  17. 

2.  Tous  les  éditeurs  ont  imprimé  clementia,  mais  le  manuscrit  porte  nette- 
ment la  note  tironienne  qui  signifie  censura;  voyez  les  planches  de  M.  Schmitz, 
fol.  75  r%  ligne  17. 


48 


QUESTIO\S   MEROVINGIENNES. 


nostram  aucLoritatem  praecipi- 
mus  ut  ville  et  nonae  ac  décime, 
sicut  ab  eodem  illo  episcopo  con- 
stiLutae  sunt,  ita  deinceps  nostris 
et  futuris  temporibus  eisdem  ca- 
nonicis  stipendiarie,  disponente 
atque  perordinante  episcopo  qui 
praefatae  sedis  praefuerit,  exi- 
stant... 


...  Etnullusquibuslibetex  suc- 
cessoribus  ejus  easdem  villas... 
penitus  auferre  praesumat,  sed 
sicut  in  eadem  constitutione,  si- 
cut ab  illo  constitutae  et  a  nobis 
confirmatae  sunt,  per  diuluraa 
tempora  inviolabililer  et  incon- 
vulse  persistere  sinat.  Si  vero 
alicui  successorum  ejus  animo 
sederit  ut  et  numerum  canonico- 
rum  multiplicare  et  alias  res  illis 
superaddere  volueril,  in  suo  jure 
et  poteslate,  salva  discretionis 
ratione,  id  faciendi  permaneat. 


et  per  banc  auctoritatis  nostre 
inscriptionem  percipiraus  ut,  si- 
cut a  predicto  venerabili  et  apo- 
slolico  viro  Aigliberto  Cenoman- 
nice  urbis  episcopo  est  constitu- 
tum  vel  sicut  in  ejus  continetur 
script[o,  ita]  deinceps  nostris  et 
futuris  temporibus . .  .  sancte- 
monialibus  inibi  degentibus  et 
pauperibus  ac  peregrinis  stipen- 
diarie, disponenteatqueordinante 
prefate  urbis  episcopo  ac  deces- 
soribus  suis  et  abbatisse  quam 
ipse  sive  successores  sui  in  eodem 
monasterio  constituerunt,  sub 
régula  existant... 

Neque  aliquo  modo  quicquam 
auferre  vel  preterire  présumât, 
sed  prefati  episcopi  constitutio- 
nem  sicut  ab  illo  constitutum  et 
a  nobis  confirmatura  est  per  diu- 
turna  tempora  inviolabililer  in 
augmentum  sancte  Dei  aecclesie 
et  inconvulse  omnes  reges  et  prin- 
cipes vel  exactores  regni  persi- 
stere aut  permanaere  sive  perdu- 
rare  omni  tempore  permaneat. 


Entre  ces  deux  textes,  il  n'y  a  pas  simplement  une  parenté 
plus  ou  moins  éloignée  ;  il  y  a  imitation,  et  imitation  maladroite, 
car  certaines  clauses,  qui  avaient  un  sens  dans  la  charte  caro- 
lingienne, l'ont  perdu  en  passant  incomplètement  dans  la  charte 
mérovingienne.  Chez  Louis  le  Pieux,  «  propter...  eleemosynam 
donmi  et  genitoris  nostri  et  nostram,  »  faisait  allusion  aux 
libéralités  impériales  par  lesquelles  l'évêque  avait  été  mis  à 
même  de  se  montrer  à  son  tour  libéral  envers  son  chapitre  ;  chez 
Thierry  III,  qui  ne  confirme  qu'un  privilège  général  de  constitu- 


VII.    —   LES   ACTES   DES   e'vÈQDES    DU   MANS.  49 

tion  du  monastère  et  où  aucune  libéralité  royale  ni  épiscopale 
n'est  relatée,  les  mots  «  propter...  elemosinam  nostrara  »  sont 
vides  de  sens.  Le  mot  qui  nous  embarrassait  tout  à  l'heure, 
«  stipendiarie,  »  est  dans  la  charte  de  Louis  le  Pieux  un  nomi- 
natif pluriel  {stipendiari[à\e)  qui  s'accorde  avec  «  vill[a]e  et 
nonae  ac  decim[a]e;  »  dans  la  charte  mérovingienne,  on  l'a 
laissé  subsister  par  mégarde,  tout  en  supprimant  les  m.ots  qui  le 
gouvernaient,  et  il  en  est  résulté  une  confusion  inextricable. 
Enfin,  le  ridicule  «  persistere  aut  permanaere  sive  perdurare 
omni  tempore  per7naneat ,  »  qui  termine  une  des  dernières 
clauses  de  notre  charte,  a  été  sans  doute  obtenu  en  amalgamant 
inintelligemment  les  fins  de  deux  phrases  de  la  charte  carolin- 
gienne, «  persistere  siuat  »  et  «  id  faciendi  permaneat.  » 

On  ignore  à  quelle  église  était  accordée  la  charte  de  Louis  le 
Pieux,  dont  la  copie  (moins  les  noms  propres  et  la  date)  nous  a 
été  conservée  parle  recueil  des  Formulae  impériales.  Ce  n'était 
pas  celle  du  Mans,  car  au  Mans  la  réforme  du  chapitre  et  la 
création  de  la  mense  canonicale  furent  l'œuvre  d'Aldric';  or, 
Aldric  ne  devint  évêque  qu'en  832,  et  le  prélat  visé  dans  la  for- 
mule était  évêque  dès  le  temps  de  Charlemagne.  D'ailleurs  nous 
avons  la  charte  par  laquelle  Louis  le  Pieux  confirma  les  disposi- 
tions d' Aldric  en  faveur  de  ses  chanoines,  le  18  juin  837,  et  elle 
est  rédigée  selon  un  formulaire  différente  Mais  il  n'est  guère 
probable  que  notre  faussaire  soit  ailé  chercher  son  modèle  en 
dehors  des  archives  qu'il  avait  sous  les  yeux.  Il  y  eut  donc  pro- 
1;;  bablement  une  autre  charte  impériale  rédigée  à  peu  près  sur  le 
'"  même  modèle  que  celle  des  Formulae  i?7iperiales  et  adressée  à 
l'évêché  du  Mans.  Peut-être  était-ce  celle  qu  Aldric,  au  rapport 
de  ses  Gesta,  obtint  de  Louis  le  Pieux  pour  confirmer  la  res- 
tauration du  monastère  même  qui  nous  occupe,  celui  de  Notre- 
Dame^;  elle  devait  contenir  aussi  la  confirmation  des  concessions 
de  domaines  ecclésiastiques  faites  par  Aldric  à  ce  même  monas- 
tère ^  et,  par  conséquent,  elle  pouvait  être  conçue  en  termes 
analogues  à  ceux  de  notre  formule  carolingienne. 

1.  Gesta  Âldrici,  II,  IV,  XXXIII;  édition  Charles  et  Froger,  p.  xi,  11,  17,86. 

2.  Gesta  Aldrici,  XXXIII,  p.  86;  Muhlbacher,  n»  937. 

3.  «  Auclorilate  predicti  irnperatoris  Hludovici.  »  Gesta  Aldrici,  XXVI,  p.  69. 

4.  «  Ipsis  quoque  sanctimonialibus  et  monachis  villas  dédit,  ut  inde  eorura 
stipenditru  [sic]  et  vestimenta  atque  cèlera  supleraenta  per  singulos  annos  ple- 
niter  haberent...  »  Ibid. 

^894  4 


50  QCESTIOIVS   MÉROVINGIENNES. 

Les  parties  de  la  charte  de  Thierry  III  citées  ci-dessus  sont 
donc  clairement  interpolées.  Le  reste  est-il  plus  authentique  ?  Je 
crains  que  non,  et  que  tout  n'ait  été  emprunté  à  la  charte  que  je 
suppose  donnée  par  Louis  le  Pieux  en  fav^eur  d'Aldric.  On  y 
trouve,  en  effet,  des  dispositions  réitérées,  destinées  à  assurer  la 
sujétion  du  monastère  à  la  cathédrale,  qui  avaient  dû  être  faciles 
à  obtenir  au  temps  d'Aldric  et  auxquelles  le  faussaire  pouvait 
trouver  utile  d'attribuer  une  origine  plus  ancienne  : 

in  monasterio...  quod  ad  matrem  aecclesiç  sanctç  Mariç  et  sancti 
Gervasii  et  Prothasii,  cul  preesse  videtur,  jure  ecclesiastico  pertinet, 
et  per  scriptionis  firmitatem  predecessorum  suorum  temporibus  sub 
censu  fîrmiler  et  le^aliter  delegatum  esse  cognoscitur... 

sub  jure  et  dorainatione  prefate  Cenomannice  senioris  urbis 
aecclesiç... 

...  ut  neque...  auferreaut  alienare  a  jure  et  dominatione  jamdicte 
raatris  Cenomannice  urbis  aecclesie...  aut  quan[bel]  caliditate  vel 
malo  injenio  machinetur  ut  a  juga  prefate  aecclesie  ex  hac  nostra 
benivolentia  ipsum  monasteriolum  auferatur  vel  alienatur  sive  ali- 
quo  modo  subtrabatur,  sed  in  jure  et  potestate  sepedicte  matris 
aecclesiç  aut  ponlificum  inibi  Deo  degentium...  perraaneat... 

«  Mater. ecclesia  »,  «  pontifices...  degentes  »  sont  des  tour- 
nures particulièrement  familières  à  l'évêque  Aldric  et  aux  écri- 
vains de  son  entourage.  Enfin,  la  clause  qui  ordonne  que  les 
religieuses 

sub  régula  existant  ac  regulariter  vivant  et  plena  eis  régula  con- 
servetur 

rappelle  les  termes  dans  lesquels  Aldric  mentionne  son  décret 
épiscopal,  confirmé  par  l'empereur  : 

Et  hoc  decrevit  atque  sanxit  pariter  cum  suo  metropolitano  et  suis 
conprovincialibus  et  aliis  mullis  episcopis,  auctoritate  predicti  impe- 
ratoris  Hludowici,  ut  futurls  temporibus  semper  monachas  regula- 
riter viventes  et  secuadum  regulam  sancti  Benedicli  degentes  inibi 
permanerent^ 

Conclusion  :  la  prétendue  charte  de  Thierry  III  pour  Notre- 
Dame  du  Mans  est  un  composé  factice,  obtenu  par  la  combinai- 

l.  Gesta  Aldriciy  ibid. 


VII.  —  LES  ACTES  DES  ÉVÈQUES  DU  MANS.  5-1 

son  d'un  fragment  plus  ou  moins  altéré*  du  texte  d'une  charte 
perdue  et  authentique  de  Louis  le  Pieux,  avec  le  début,  les  sous- 
criptions et  la  date  d'une  charte  perdue  et  authentique  de  Thier- 
ry III.  —  De  cette  dernière  charte,  ces  parties  seules  nous  ont 
été  conservées,  et  ni  le  texte  ni  même  l'objet  ne  nous  en  sont 
connus. 

La  dernière  pièce  du  dossier  de  Notre- Dame^  est  un  contrat 
de  précaire,  passé  entre  l'évêque  Merolus  et  l'abbesse  Arvina  le 
jour  des  calendes  de  mai,  l'an  10  du  roi  Gharlemagne  [778, 
l®""  mai].  Il  n'y  a  aucune  raison  d'en  suspecter  l'authenticité. 

Quatre  monastères  du  Maine  font,  dans  les  pièces  conservées 
par  les  Actus  pontiflcum,  chacun  l'objet  d'une  seule  charte  : 
Saint-Martin  et  Saint-Ouen  au  Mans,  Tuffé  et  Châlons.  On  a  vu 
déjà  la  charte,  authentique  (sauf  une  légère  interpolation),  de 
Théodebert  II  pour  l'oratoire  de  Saint-Martin^.  Les  trois  chartes 
qui  concernent  respectivement  Tuffé,  Châlons  et  Saint-Ouen 
paraissent  également  authentiques,  au  moins  quant  à  la  majeure 
partie  de  leur  texte. 

Celle  de  Tuffé  est  un  acte  royal,  de  Thierry  III,  «  datum 
quod  fecit  mense  decbr.  d.  vi  ann.  III  regni  nostri  Compendio  » 
(jeudi  6  décembre  675).  Bréquigny  et  La  Porte  du  Theil  l'ont 
déclaré  faux,  pour  la  même  mauvaise  raison  chronologique  que 
la  charte  de  Notre-Dame.  Ils  n'ont  indiqué  aucun  autre  motif  de 
le  rejeter. 

Le  monastère,  dans  la  copie  qui  nous  est  parvenue,  est  appelé 
Chusphiaco,  mais,  comme  cette  forme  ne  répond  à  aucun  nom 
de  heu  connu,  il  est  probable  qu'on  a  eu  raison  de  restituer 
Thusphiaco  et  de  reconnaître  dans  ce  nom  celui  de  Tuffé 
(Sarthe),  appelé  «  monasterium  Tufiaco  »  dans  un  acte  de  Louis 
le  Pieux  du  31  décembre  832''.  Ce  fut  plus  tard  le  siège  d'un 
monastère  d'hommes,  puis  d'un  prieuré  dépendant  de  l'abbaye 
de  Saint -Vincent  du  Mans^  D'après  notre  charte,   c'était,  à 

1.  Voici  une  incise  tellement  corrompue  qu'il  faut,  semble-t-il,  renoncer  à 
y  chercher  un  sens  :  «  aut  propter  benivolentiam  vel  leviorationem  seu  servi- 
cii  prefratres  domini  et  apostolici  viri  Aiglibertus  episcopus  aliqua  succédât 
occasionem...  » 

2.  Ci-après,  p.  ...  [Paragraphe  non  rédigé.] 

3.  Ci-dessus,  p.  10  et  suivantes;  appendice,  n°  000. 

4.  Gesta  Aldrici,  XI,  p.  36  ;  Miihlbacher,  n"  883. 

5.  Cauvin,  p.  522. 


52  QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 

l'époque  mérovingienne,  un  monastère  de  femmes,  consacré  en 
l'honneur  de  Notre-Dame  et  de  plusieurs  saints  :  «  in  monasterio 
puellarum,  quod  in  honore  sanct^  Marie  vel  ceterorum  domno- 
rum  in  loco  nuncupante  [Tjhusphiaco  constructum.  »  Il  avait 
pour  abbesse  une  femme  de  haut  rang,  illustris,  Adidola  ou 
Odila;  la  mère  de  l'abbesse,  Inga,  était  religieuse  dans  la  même 
maison. 

Le  texte  expose  que  deux  grands  personnages,  «  Ulphaldus 
et  Ingobertus  obtimates  nostri,  »  avaient  contraint  l'abbesse,  sa 
mère  et  les  autres  religieuses  à  souscrire  un  acte  par  lequel 
elles  se  mettaient  sous  les  ordres  de  ces  deux  hommes  et  se 
reconnaissaient  obligées  de  se  soumettre  à  tout  ce  qu'ils  leur 
commanderaient  : 

taie  testamenfum  facere  coegisset,  ut  quodcumque  predictl 
viri  ad  ipsas  ancillas  Dei  facere  ordinabant,  aliud  nuUatenus  pon- 
tificium  faclendi  haberent,  nisi  presentaliter  in  perpetuum  ut  orani 
tempore  jussionem  de  qualibet  causa  facere  et  adimplere  debe- 
rent... 

C'était  un  abus  d'autorité  ;  Ulphald  et  Ingobert  n'avaient 
aucun  droit  sur  Tuffé.  Sur  la  réclamation  de  l'évêque  Aiglibert, 
qui  prétend  que  le  monastère  dépend  de  lui  seul,  le  roi  déclare 
que  la  charte  souscrite  en  faveur  de  ces  deux  optimales  est 
nulle  et  assure  contre  leurs  prétentions  l'indépendance  du  monas- 
tère et  le  droit  de  l'évêque. 

Il  n'y  a  rien  là  que  de  vraisemblable.  Les  grands  personnages 
de  l'empire  franc  cherchaient  volontiers  à  intervenir  dans  les 
affaires  des  monastères  et  à  les  soumettre  à  leur  pouvoir.  Nous 
verrons  dans  un  moment,  en  étudiant  l'acte  relatif  à  Chàlons 
(Mayenne),  un  duc  exiger  du  fondateur  d'un  monastère,  en 
échange  de  ses  services  administratifs,  une  promesse  de  survi- 
vance de  la  charge  d'abbesse  pour  sa  fille.  Les  rois,  de  leur  côté, 
ne  se  gênaient  pas  pour  annuler,  par  acte  d'autorité  souveraine, 
les  conventions  faites  entre  les  particuliers.  Un  jugement  origi- 
nal de  Clotaire  111  conservé  aux  Archives  nationales,  et  relatif 
précisément  au  Maine,  nous  en  offre  un  exemple  ^  Béraire,  évêque 
du  Mans,  était  en  procès  avec  l'abbé  de  Saint-Denis  pour  la  pro- 
priété de  certaines  terres  ;  il  les  tenait,  disait-il,  de  son  père 

1.  K.  Pertz,  p.  33,  n"  35;  Lelroniie,  ii"  XII. 


Vri.    —   LES   ACTES   DES   ÉVÊQDES   DU   MANS.  53 

Béroald,  qui  lui-même  les  avait  reçues  en  don  du  propriétaire, 
Ermélénus.  Le  représentant  de  Saint-Denis  répondit  en  produi- 
sant une  praeceptio  de  Clovis  II,  qui  avait  annulé  d'une  façon 
générale  les  donations  d' Ermélénus  envers  Béroald  et  avait 
rendu  au  donateur  le  droit  de  disposer  des  biens  donnés  : 

Qui  Beracharius...  dicebat  eo  quod  ab  ipso  Ermeleno  in  geniture 
suc  exinde  epistola  donationis  fuisse  conscripta,  et  ob  hoc  ipsa 
heredetas  ad  eodem  pervenissit.  Sed  in  presenti  anlefati  agentis 
domni  Dionense  precepcione  incliti  recordationis  domni  et  genituris 
nostri  Ghlodovici  quondam  régis  protullerunt  rec[ens]enda,  ubi... 
contenibat  ut,  ubi  et  ubi...  Ermélénus  in  Beroaldo  beredebusque 
suis  ficerat  invinibantur,  vacuas  et  inanis  permanirent  et  nullum 
sortirentur  effeclum,  sed  ubicumque  antedictus  Ermélénus  vel 
filius  suos  Goddo  eorum  facultatem  dare  aut  derelinquere  vellibant, 
liberum  ex  permisse  praedicto  princepe  habirent  arbitrium... 

Ce  texte  permet  de  compléter  par  conjecture  une  phrase  de  la 
charte  de  Tuffé,  où  se  trouve  un  bourdon  évidemment  dû  à  la 
négligence  du  copiste.  Il  faut  lire  sans  doute  cette  phrase  ainsi, 
ou  à  peu  près  : 

Ideoque  presenti  preceptione  decernimus,  et  omnino  jubemus, 
ut  si  ullo  umquam  tempore  ipsa  carta  aut  alius  qualiscunque 
strumentus  de  nomine  predictorum  virorum,  contra  predictum 
pontificem  vel  ejus  abbatissa  nomine  Odilane  vel  génitrice  sua  Ingane 
vel  [ipsam  congregationem  predicti  monasterii  proferebanlur, 
vacuas  et  inanis  permanirent  et  nullum  sortirentur  effectum,  sed 
predicta  abbatissa  vel]  ipsa  congregatio  omni  tempore  absque  cujus- 
libet  impedimento  vel  supradictorum  virorum ,  quietas  in  ipso 
monasterio  sito  in  pago  Cenomannico  [Tjhusphiaco  constructo  debeant 
rësidere,  vel  sub  sancta  régula  ibidem  conversare,  et  pro  statu 
aecclesiç  et  salute  patrie  seu  pro  stabilitate  regni  nostri  perhenniter 
ibidem  debeant  exorare... 

L'authenticité  de  l'ensemble  de  la  pièce  est  attestée  par  la 
régularité  presque  constante  avec  laquelle  y  sont  observées  les 
lois  de  la  prose  métrique.  Mais  il  y  a,  là  aussi,  quelques  passages 
interpolés.  Certaines  phrases  renferment  des  expressions  fami- 
lières à  l'entourage  d'Aldric,  d'autres  peu  usitées  dans  la  langue 
des  chartes  mérovingiennes  :  «préfixe  monache  »,  pour  «  prae- 


54  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

dictae  monachae^  »  ;  «  quod  et  a  nobis  enucleatum  est  perscru- 
tandum  »,  qu'il  faut  lire,  sans  doute,  «  quod  et  a  nobis  enu- 
cleat[i]m^  est  perscruta[t]um  >•>  ;  «  suç  sedis  aecclesiç  » , 
«  memorata  Cenomannica  mater  aecclesia  »,  «  sepedictwn 
monasterium  »,  etc.  La  phrase  où  se  lisent  les  premières  de  ces 
expressions  est  aussi  celle  où  la  sujétion  du  monastère  envers 
l'évêque  est  exprimée  dans  les  termes  les  plus  forts  :  «  sub 
ditione  et  regimine  predicti  pontiflcis  »,  «  sub  potestate  et  domi- 
na tione  antedicti  pontificis  ».  Celle  où  se  lisent  les  dernières  con- 
tient un  renseignement  d'archéologie  rehgieuse  sur  la  cathédrale 
du  Mans,  évidem^ment  déplacé  dans  cet  acte  destiné  à  régler  la 
condition  juridique  d'un  couvent  du  diocèse  :  «  memorata  Ceno- 
mannica mater  aecclesia,  quç  est  constructa  et  dedicata  in  honore 
sancte  Marie  et  postea  inmajorata  in  sanctorum  martirum  Ger- 
vasii  et  Prothasii  ».  Il  faut  donc  les  marquer  l'une  et  l'autre 
comme  apocryphes,  et  le  reste  de  l'acte  comme  authentique. 

La  signature  du  référendaire  est  ainsi  conçue  :  «  Gundinus 
jussus  obtuht  et  subscripsit  ».  Les  deux  derniers  mots  sont  à 
supprimer  ;  c'est  une  lecture  arbitraire  de  la  masse  de  parafes 
indistincts  qui  suivait  cette  signature  dans  l'original.  Jussus 
ohtulit  est  bon.  Le  référendaire  Gundinus  n'est  pas  connu;  peut- 
être  est-ce  le  même  que  le  Gundoinus  duœ  mentionné  dans  un 
acte  de  Childéric  II,  du  jeudi  6  septembre  669  3,  ou  le  Gundui- 
nus  opthnas  d'un  jugement  de  Clovis  III,  du  samedi  28  février 
694^.  L'un  des  deux  optùncdes  dont  le  roi  réprime  la  tentative 
d'usurpation  sur  le  monastère,  Ingobert,  est  peut-être  le  même 
personnage  dont  la  veuve,  Angantrude,  fille  d'Ebrulfe,  le  l*""  no- 
vembre 692,  reconnut  avoir  donné  le  lieu  de  Noisy-sur-Oise  à 
l'abbaye  de  Saint-Denis^. 

La  pièce  relative  au  monastère  de  femmes  de  Châlons  (Mayenne) 
est  datée  de  «  Marogilo  villa,  »  probablement  Mareil-en-Cham- 
pagne(Sarthe),  «  in  annoXVI  régnante  domino  Childeberto  rege 
nostro,  XII  kl.  novb.  »  (mardi  21  octobre  710).  C'est  un  acte 


1.  Simson,  die  Enistehung  der  pseudo-lsidorischen  Falscfmngen  in  Le  Mans, 
p.  65-67. 

2.  Ibid.,  p.  68,  69. 

3.  K.  Pcrlz,  p.  28,  n"  29. 

4.  Ibid.,  p.  58,  n'  66. 

5.  Ibid.,  p.  57,  n"  64. 


VII.    —   LES  ACTES    DES   ÉVÉQUES   DU   MANS.  55 

d'un  évêque,  qui  se  désigne  en  tête  par  ces  mots  :  «  Cum  divi- 
nitate  propicia  dono  Dei  acsi  indignus  ego  Berarius  vocor  epi- 
scopus...,  »  et  qui  a  signé  à  la  fin  :  «  In  Xpisti  nomine  Berarius 
episcopus  hanc  epistolam  a  me  factam  subscripsi.  »  L'auteur  des 
Actus  2Jontiflcu7n  a  pensé  qu'il  s'agissait  d'un  évêque  du  Mans  : 
«  Exeraplar  testament!  quod  Berarius  nobilis  Cenomannice  urbis 
episcopus  de  monasterio  Caledon...  fecit...*,  »  et,  comme  l'évêque 
de  ce  nom,  connu  par  d'autres  documents,  a  exercé  ses  fonctions 
environ  quarante  ans  plus  tôt,  sous  Clotaire  III  et  Chilpéric  II, 
il  en  a  conclu  à  l'existence  d'un  évêque  Béraire  II,  qui  figure 
dans  son  catalogue  épiscopal?  et  dans  un  passage  de  son  livret 
mais  auquel  il  a  renoncé  plus  tard^.  Plusieurs  modernes  sont 
tombés  dans  la  même  erreur.  En  réalité,  le  Béraire  auteur  de  la 
charte  de  Châlons  ne  peut  pas  avoir  été  évêque  du  Mans,  par  la 
raison  qu'à  la  date  de  cette  charte  l'évêque  du  Mans  s'appe- 
lait Herlemond.  Non  seulement  Herleraond  est  mentionné  dans 
diverses  chartes  authentiques  de  698  ou  699  ^  de  713*^  et  de  721  ', 
mais,  dans  celle-ci  même,  il  figure  en  qualité  d'évêque  du  Mans  : 
«  dum  cognitum  est  quod  domnus  Herlemundus  abbatias  vel 
beneficialia  aecclesiastica  superius  nominate  (Jublains,  Saint- 
Victur  au  Mans,  etc.)...  nobis  concessit,  »  —  «  illa  bénéficia 
superius  nominata  quae  pro  beneficio  domno  Herlemundo  vel 
aecclesiç  suç.. .  tenemus,  »  —  «  et  convenit  nobis  ut  post  nostrum 
discessum  domnus  Herlemundus  aut  alius  pontifex  Cenoman- 
nice... »  D'ailleurs,  l'auteur  de  la  charte  parle  des  abbayes  et 
autres  biens  qu'il  tient  en  bénéfice  de  l'église  du  Mans  :  «  abba- 
tias vel  bénéficia  quç  de  ratione  sancti  Gervasii  in  beneficio 
habeamus.  »  Il  est  clair  que  celui  qui  s'exprime  ainsi  n'est  pas 
lui-même  le  chef  de  cette  église.  Il  faut  donc  chercher  ailleurs  le 
siège  épiscopal  de  notre  Béraire. 

1.  Vetera  Analecta,  in-S",  III,  p.  213. 

2.  Gesta  Aldrici,  édit.  Charles  et  Froger,   p.  xxi;  Duchesne,  les  Anciens 
Catalogues  épiscopaux,  p.  36. 

3.  Vetera  Analecta,  in-S",  III,  p.  211. 

4.  Ci-dessus,  1893,  p.  673, 

5.  [Voir  ci-dessus,  Bibl.  de  l'École  des  chartes,  1893,  p.  597,  la  liste  des 
textes  préparés  par  M.  Julien  Havet,  4°  et  5°.] 

6.  [Même  liste,  6'  et  7°.  En  outre,  la  charte  relative  à  Saint-Ouen,  ci-des- 
sous, p.  57.] 

7.  [Liste  susdite,  8°.] 


56  QUESTIONS   MÉROVI\GIE\NES. 

Serait-ce  un  chorévêque  manceau?  J'ai  dit  plus  haut*  les  rai- 
sons pour  lesquelles  je  ne  crois  pas  qu'il  ait  existé  un  seul  choré- 
vêque sous  les  Mérovingiens,  D'ailleurs  ici  Béraire  se  dit  évêque, 
«  vocor  episcopus,  »  et  non  chorévêque.  C'était  donc  plus  pro- 
bablement le  titulaire  de  quelque  diocèse  voisin.  Reste  à  savoir 
quel  était  ce  diocèse  et  pourquoi,  au  lieu  d'y  résider,  il  était 
venu  chercher,  à  ce  qu'il  semble,  un  asile  dans  le  Maine. 

J'ai  déjà  eu  l'occasion  de  signaler  deux  actes  un  peu  antérieurs 
à  celui-ci,  l'un  de  683,  l'autre  de  696  ou  697,  où,  dans  une  série 
de  souscriptions  épiscopales,  le  nom  d'un  évêque  Berarius  ou 
Beracharius  figure  à  côté  de  celui  de  l'évêque  d'Angers,  Aigli- 
bert^.  Cette  circonstance  donne  lieu  de  présumer  que  son  diocèse 
était  voisin  de  celui  d'Angers  ;  ses  possessions  dans  le  Maine  font 
présumer  qu'il  était  également  voisin  de  celui  du  Mans.  Or,  deux 
territoires  diocésains  seuls  étaient  à  la  fois  contigus  au  Maine  et 
à  l'Anjou,  celui  de  Tours,  au  sud-est,  et  celui  de  Rennes,  au 
nord-ouest.  Mais  la  série  des  évêques  de  Tours  est  parfaitement 
connue,  ei  SMC\m  Berarius  ou  Berachariusn  y  f^gwre.  A  Rennes, 
au  contraire,  non  seulement  la  série  épiscopale  offre  ici  une 
lacune^,  mais  le  peu  que  nous  savons  de  l'histoire  de  ce  siège 
permet  d'expliquer  comment  son  titulaire  put  se  trouver  obligé 
de  vivre  ailleurs.  Un  texte  hagiographique  nous  apprend  que  le 
pouvoir  épiscopal  fut  usurpé  dans  les  cités  de  Rennes  et  de  Nantes 
à  la  fois  par  un  comte  nommé  Agathéus^  L'époque  de  cette 
usurpation  est  approximativement  fixée  par  les  anciens  cata- 
logues des  évêques  de  Nantes,  où  le  nom  de  Salapius,  évêque  en 
650,  est  suivi  de  deux  mentions  ainsi  conçues  : 

Agatheus  vocatus  sed  non  episcopus. 
Amito  vocatus  sed  non  episcopus^. 

Si,  comme  le  suppose  avec  vraisemblance  M.  l'abbé  Duchesne^, 
le  second  usurpateur,  Amito,  se  maintint  dans  la  même  situation 
qu' Agatheus,  c'est-à-dire  s'il  exerça,  lui  aussi,  son  pouvoir 
sur  les  deux  sièges,  la  durée  de  la  double  usurpation  put  s'étendre 

1.  Ci-dessus,  1893,  p.  665. 

2.  Ci-dessus,  p.  -il. 

3.  Ducliesiie,  les  Anciens  Catalogues,  p.  85,  80. 

4.  Vita  S.  Ilermelandi  [cap.  iv,  g  V  (Acta  sanctorummartii,lU,  p.  582  b)j. 

5.  Duciiesne,  les  Anciens  Catalogues,  p.  66. 

6.  Ibid.,  p.  73. 


Vir.    —   LES   ACTES   DES   ÉVÊQUES   DU   MANS.  57 

sur  toute  la  fin  du  vii^  siècle  et  le  commencement  du  viif  ;  le  pre- 
mier évêque  légitime  de  Nantes  mentionné  après  Amito  est  Déor- 
raar,  qui  siégeait  en  757.  En  683,  en  696,  en  710,  la  cité  de 
Rennes  était  donc  sans  évêque  légitime  :  mais  était-ce  parce 
qu'aucun  évêque  légitime  n'avait  été  consacré,  ou  parce  que 
l'évêque  légitime  était  chassé  de  son  siège  et  empêché  d'exer- 
cer ses  fonctions?  C'est  ce  que  les  auteurs  ne  disent  pas,  et  la 
seconde  hypothèse  est  aussi  vraisemblable  que  la  première*. 
On  est  donc  en  droit  de  faire  cette  hypothèse  et  de  la  compléter 
par  une  autre,  en  supposant  que  cet  évêque  dépossédé  s'appelait 
Beracharius,  que  c'est  lui  qui  a  signé  les  actes  épiscopaux  de  683 
et  de  696,  et  de  qui  émane  notre  charte  de  710  relative  au  monas- 
tère de  Châlons.  Ce  monastère  qu'il  avait  fondé,  et  celui  de 
Jublains,  dont  l'évêque  du  Mans  lui  avait  concédé  la  jouissance, 
sont  situés  dans  la  partie  du  Maine  la  plus  voisine  du  diocèse  de 
Rennes.  Les  bénéfices  dont  il  jouissait  au  Maine  lui  auraient  été 
accordés  par  la  charité  de  l'évêque  du  Mans  pour  le  dédommager 
dans  une  faible  mesure  de  son  diocèse  perdu.  Quant  aux  termes 
assez  insolites  de  sa  suscription,  «  cum...  dono  Dei  acsi  indignus 
ego  Berarius  vocor  episcopus,  »  ils  feraient  allusion  à  la  situation 
particulière  du  prélat  dépossédé,  évêque  de  droit  et  non  de  fait. 

Deux  ans  plus  tard,  vers  712  (?),  un  acte  de  l'évêque  Herle- 
mond^  pourvoyant  à  la  dotation  de  l'oratoire  de  Saint-Ouen  au 
Mans,  lui  attrilDue  un  domaine  possédé  jusque-là  par  Béraire  : 
«  vico  ahquo  qui  vocatur  Artinis...  in  pago  Cenomannico, 
quem  Bertocarius  sacerdos  usque  nunc  tempore  per  nostrum 
beneficium  tenuit.  »  Faut-il  en  conclure  que  le  bénéfice  était 
devenu  vacant  depuis  peu  par  la  mort  du  possesseur,  et  que  par 
conséquent  la  mort  de  Béraire,  évêque  de  Rennes  (?),  doive  être 
fixée  approximativement  à  l'an  712? 

Quoi  qu'il  en  soit,  l'acte  du  21  octobre  710  a  pour  but  de 
régler  le  gouvernement  du  monastère  de  femmes  de  Châlons,  au 
pays  de  Jublains,  que  Béraire  avait  fondé  et  doté.  Il  commence 
par  confirmer  la  donation  qu'il  a  faite  de  ses  biens  personnels  à 

1.  On  peut  citer  à  l'appui  de  l'une  et  de  l'autre  des  faits  analogues  dans  le 
diocèse  du  Mans  :  à  la  fin  du  vi'  siècle,  l'évêque  Bertrand  fut  chassé  de  son 
siège  par  l'usurpateur  Berthégisil  ;  au  vm'  siècle,  entre  l'épiscopat  de  Herle- 
raond  et  celui  de  Gauziolen,  se  place  l'usurpation  de  Charivius  (voir  ci-après). 
[La  discussion  de  ce  fait  n'a  pas  été  rédigée.] 

2.  Ci-après,  p.  58,  et  appendice. 


58  QUESTIOXS   MÉROVINGIENNES. 

ce  monastère,  mais  il  prend  soin  d'en  excepter*  les  domaines  de 
l'église  du  Mans,  qui  lui  ont  été  concédés  à  titre  de  bénéfice  tem- 
poraire et  dont  il  donne  une  énumération  plus  ou  moins  complète. 
Puis  il  déclare  qu'en  raison  des  services  qui  lui  ont  été  rendus 
par  un  duc  nommé  Crodégaire,  «  dum  cognitum  est  quod  vir 
illuster  Grodegario  (plus  loin  :  Crodegarius)  dux  de  inferendis 
vel  undicunque  juvamen  nobis  prestare  non  cessât,  vel  adjuto- 
rium  tam  nobis  quam  ipsi  case  facit  et  in  antea  facere  disponit,  » 
il  lui  a  promis  de  donner  à  sa  fille  Chrodéilde  la  succession  de 
l'abbesse  actuelle,  Cagliberte.  Enfin,  quand  Cagliberte,  Chro- 
déilde et  Béraire  lui-même  seront  morts,  il  veut  que  le  monas- 
tère revienne  sous  la  domination  de  l'évêque  du  Mans,  qui  le 
gouvernera  comme  tous  les  monastères  de  son  diocèse.  Cet  arran- 
gement constitue  entre  Béraire,  Chrodégaire  et  Herlemond  un 
contrat  synallagmatique,  dressé  en  trois  expéditions  semblables 
pour  les  trois  parties,  et  que  celles-ci  s'engagent  réciproquement 
à  observer.  —  Voilà  un  ensemble  de  dispositions  assez  rares  et 
assez  compliquées,  qu'un  faussaire  n'aurait  ni  su  inventer  ni  eu 
intérêt  à  inventer.  Je  ne  crois  pas  qu'on  doive  songer  à  émettre 
le  moindre  soupçon  sur  l'authenticité  de  la  pièce.  Ce  n'est  ni  le 
moins  curieux  ni  le  moins  instructif  des  textes  dont  nous  devons 
la  conservation  à  l'auteur  des  Actus  pontificum. 

La  charte  relative  à  Saint-Ouen  du  Mans  est  celle  que  je  viens 
de  citer  comme  fournissant  peut-être  la  date  approximative  de 
la  mort  de  Béraire.  C'est  un  acte  par  lequel  l'évêque  Herlemond 
concède  divers  domaines  de  la  cathédrale  à  un  oratoire  fondé  par 
lui  en  l'honneur  de  saint  Ouen,  évêque  de  Rouen  et  confesseur 
(mort  vers  683^),  et  construit  à  la  porte  de  la  ville  du  Mans,  près 
du  mur  d'enceinte,  «  oratorium  in  honore  sancti  Audoeni  epi- 
scopi  et  confessoris  prope  de  muro  Cenomannis  civitate.  »  Il  offre 
tous  les  caractères  de  l'authenticité  :  entièrement  libellé  (sauf 
une  seule  incise  à  suspecter  d'interpolation  3)  en  faveur  de  l'ora- 


1.  C'est  ainsi  qu'à  la  différence  de  la  plupart  des  modernes,  je  crois  devoir 
comprendre  les  clauses  du  début  de  l'acte  :  là  où  le  texte  porte  prope,  pro- 
pter  («  prope  illas  abbatias  »,  «  propter  ista  loca  »),  je  pense  qu'il  l'aut  entendre 
praeter. 

2.  Ci-dessus,  p.  42. 

3.  «  Nisi  parlibus  predicti  oralorii  sancli  Audoeni  ejusque  mona[colisJ  seu 
rectoribus  ibidem  consistentibus,  sub  jure  acpoteslate  sanctorum  martirum 
Gervasii  et  Prothasii,  diu[tu]rno  tempore  valeat  perdurarc.  » 


VII.    —   LES   iCTES   DES   e'vÊQUES   DU   MANS.  59 

toire,  il  n'assure  aucun  droit  ni  privilège  à  l'église  du  Mans,  et 
l'auteur  des  A  dus  n'aurait  pas  eu  d'intérêt  à  le  fabriquer.  Il  ne  l'a 
sans  doute  copié  que  pour  en  orner  son  recueil.  On  y  remarque 
un  terme  particulier  à  l'époque  mérovingienne,  evis  [i^onr  aevis) 
te^nporibus,  que  le  copiste  postérieur,  ainsi  qu'il  arrive  presque 
toujours,  a  mal  compris  et  transformé  en  ejus^  :  «  ut  haec  volun- 
tas  et  facta  nostra  ab  ipsis  inviolabiliter  e[vi]s  temporibus  con- 
servetur.  »  Les  deux  seuls  passages  qui  puissent  faire  difficulté 
sont  le  début  (suscription)  et  la  date  finale,  ainsi  conçus  : 

Dagobertus  rex  Francorum  vir  illuster.  Pipinus  major  domus.  In 
Dei  nomine  Herlemundus  acsi  peccator  episcopus  dominum  ut  precor 
et  supplico  graliam  vestram.  Dum  ego  oratorium,  etc. 

Data  die  jovis  kl.  januarias  anno  II  regni  nostri  Lupila  in  Dei 
nomen. 

C'est  l'évêque  seul  qui  parle  d'un  bout  à  l'autre  de  la  pièce.  Il 
n'y  est  question  de  Pépin  qu'à  la  troisième  personne  («  annuente 
domino  et  seniore  nostro  Pipino  majore  domus,  »  «  precces  quam 
pro  me  quam  principe  nostro  Pipino  »),  de  Dagobert  en  aucune 
façon.  Les  mots  «  Dagobertus  »,  etc.,  «  Pipinus  »,  etc., 
paraissent  donc  avoir  été  ajoutés  à  tort,  peut-être  d'après  quelque 
annotation  mise  en  haut  de  l'acte  par  un  archiviste  qui  aura 
voulu  noter  les  princes  sous  le  gouvernement  desquels  il  avait 
été  rendu 2  :  il  faut  les  supprimer.  Quant  à  la  date,  avec  les  mots 
«  anno  II  regni  nostri,  »  de  deux  choses  l'une  :  ou  elle  est  muti- 
lée, et  il  faut  restituer  «  anno  II  regni  [domni]  nostri  [N.  régis],  » 
ou  elle  a  été  empruntée  à  quelque  acte  royal  et  transportée  mal  à 
propos  à  la  fin  de  celui-ci.  Dans  un  cas  comme  dans  l'autre,  elle 
n'offre  aucune  certitude,  le  nom  même  du  roi  dont  il  s'agit 
n'étant  pas  attesté.  S'il  était  vrai  que  ce  fCit  Dagobert  III,  la 


1.  Questions  mérovingiennes,  VI  (Bibl.  de  l'École  des  chartes,  LI,  1890), 
appendice  I,  n°  1,  note  e,  et  n°  2,  note  j. 

2.  Les  mots  «  supplico  gratiam  vestram,  »  qui  semblent  s'adresser  à  un  per- 
sonnage puissant,  pourraient  suggérer  l'idée  de  conserver  une  partie  de  ces 
mots,  en  les  mettant  au  datif  au  lieu  du  nominatif  :  «  Viro  illustri  Pipino 
majori  domus.  »  Mais,  outre  que  cette  correction  serait  tout  arbitraire,  la  for- 
mule serait  bien  sèche;  on  attendrait  plutôt  quelque  chose  comme  :  «  Domno 
et  seniori  meo  viro  illustri,  »  etc.  D'ailleurs  «  in  Dei  nomine  »  serait  bien  mal 
placé  entre  «  Pipino  majore  domus  »  et  «  Herlemundus  acsi  peccator  epi- 
scopus. » 


60  QUESTIONS   MEROVINGIENÎVES. 

seconde  année  du  règne  répondrait  à  712-713.  «  Die  jovis  »  ne 
peut  être  qu'une  faute  de  copie,  car  les  actes  mérovingiens  ne 
sont  jamais  datés  par  les  jours  de  la  semaine  ;  le  nwt  jovis  cache 
donc  un  nombre  mal  lu  se  rapportant  à  «  kl.  januarias,  ».  et 
l'acte  est  de  la  seconde  moitié  de  décembre  (712?).  Le  nom  de 
lieu  Lupila  avait  été  lu  par  Mabillon  Jupila,  et  l'on  avait  pu 
croire  qu'il  s'agissait  du  palais  de  [Jupilles,  au  pays  de  Liège], 
résidence  de  Pépin*  ;  cette  conjecture  n'a  plus  de  raison  d'être 2. 

§  6.  —  Les  chartes  des  «  Actus  pontiflcum  »  relatives  aux 
privilèges  et  aux  domaines  de  Vévêchè. 

[Le  manuscrit  de  M.  Julien  Havet  s'arrête  à  ce  titre.] 

1.  Bréquigny,  édit.  Pardessus,  II,  p.  292,  note. 

2.  C'est  ce  qu'a  déjà  reconnu  Cauvin,  qui,  ayant  restitué  la  vraie  leçon  Lupila, 
s'est  sagement  abstenu  de  proposer  aucune  traduction  de  ce  nom  (p.  382). 

( L Appendice  au  prochain  numéro.) 


NOUVELLES  ACQUISITIONS 

DU 

DÉPARTEMENT  DES  MANUSCRITS 


DE 


LA  BIBLIOTHÈQUE   NATIONALE 

PENDANT  LES  ANNÉES   1892-1893. 


Les  notices  suivantes  offriront  un  aperçu  des  accroissements 
des  fonds  latin  et  français  du  Département  des  manuscrits  de  la 
Bibliothèque  nationale  pendant  les  vingt  et  un  mois  qui  viennent 
de  s'écouler,  depuis  le  1''''  avril  1892  jusqu'au  31  décembre  1893^ 

Au  premier  rang  de  ces  nouvelles  acquisitions  doivent  figurer  les 
manuscrits  originaux  et  autographes  des  œuvresde  Victor  Hugo, 
légués  à  la  Bibliothèque  nationale  par  son  testament  du  31  août 
1881 .  Ces  volumes,  au  nombre  de  trente-quatre,  déposés  à  la  Biblio- 
thèque au  commencement  de  l'année  1889,  n'ont  été  remis  au 
Département  des  manuscrits  que  le  12  octobre  1892,  en  vertu 
d'un  décret  de  M.  le  Président  de  la  République,  du  29  septembre 
précédent,  autorisant  l'acceptation  du  legs^ 

Mais  ils  ne  forment  point  l'ensemble  des  manuscrits  de  Victor 
Hugo  ;  d'autres  volumes,  momentanément  confiés  par  la  volonté 

1.  Ces  notices  font  suite  à  celles  qui  ont  été  publiées  il  y  a  deux  ans  dans 
la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  (1892),  t.  LUI,  p.  333-382. 

2.  Ces  volumes  ont  déjà  été  sommairement  mentionnés  dans  les  Manuscrits 
latins  et  français  ajoutés  aux  fonds  des  nouvelles  acquisitions,  de  M.  L.  De- 
lisle  (Paris,  Champion,  1891,  2  vol.  in-8^),  t.  II,  p.  695-696.  —Plusieurs  de  ces 
manuscrits  ont  aussi  ligure  à  l'exposition  faite  dans  le  vestibule  de  la  Biblio- 
thèque nationale  en  mai  1889;  voy.  la  Notice  d'un  choix  de  manuscrits,  etc. 
(Paris,  1889,  in-16),  p.  15-16. 


62  XODVELLES   ACQUISITIONS 

du  testateur  aux  éditeurs  de  ses  œuvres,  seront  remis  plus  tard 
à  la  Bibliothèque  nationale.  Aussi  en  a-t-on  constitué  provisoire- 
ment une  collection  particulière  (n°'  1-34),  dont  on  trouvera  plus 
loin  la  liste  à  la  suite  des  notices  des  manuscrits  français  des  nou- 
velles acquisitions. 

On  pourra  juger  des  autres  principaux  accroissements  des  fonds 
latin  et  français  pendant  les  années  1892-1893  par  la  liste  sui- 
vante : 

Adélard,  Monita  ad  Astralahium  filium^  iiv*^  s.-,  n.  a.  lat.  564. 

Académie  des  Inscriptions  (Papiers  de  G.  de  Boze  relatifs  à  1'), 
XVIII*  s.-,  n.  a.  fr.  6463. 

Albi  (Tableau  des  tailles  du  diocèse  d'),  1537-,  n.  a.  fr.  4704. 

Aleandro  (Notes  autobiographiques  du  cardinal  Girolamo),  xvi*  s.; 
n.  a.  lat.  563. 

Amérique  (Matériaux  de  V Histoire  de  la  participation  de  la  France 
à  V établissement  des  États-Unis  d')  ;  n.  a.  fr.  6464-6497.  (Don  de 
M.  H.  Doniol,  directeur  de  l'Imprimerie  nationale.) 

Athèives  (Acte  de  l'un  des  premiers  archevêques  latins  d'),  V^  moi- 
tié du  XIII*  s.;  n.  a.  lat.  2357. 

Autdn  (Missel  d'),  xiv*  s.;  n.  a.  lat.  4689. 

Avignon  (Statuts  des  boulangers  d'),  xvi^-xviii"  s.-,  n.  a.  fr.  6544. 

Baudot  (Souvenirs  du  conventionnel);  n.  a.  fr.  6526. 

Bellevaux,  en  Franche-Gomté  (Charles  de  l'abbaye  de),  xii«-xiii*  s.-, 
n.  a.  lat.  2363. 

Bertin  (Lettres  adressées  au  contrôleur  général)  par  différents 
princes  et  grands  personnages  de  la  cour  de  Louis  XV;  n.  a.  fr.  6498. 

Besançon,  Gesta  Chrysopolitanae  ecclesiae^  auctore  Guidone,  mo- 
nacho  S.  Pauli,  xvi*  s.;  n.  a.  lat.  4404. 

BÉZIERS  (Missel  de),  xv*  s.;  n.  a.  lat.  4690. 

Boufflers  (Documents  sur  le  maréchal  de)  ;  n.  a.  fr.  5392,  (Don 
de  M.  le  vicomte  de  Grouchy.) 

Bourgogne  (Suite  de  la  Collection  de).  Dix-huit  volumes  (n°'  442- 
429)  de  pièces  originales  et  copies,  xrv«-xix*  s.  (Don  de  M.  Bernard 
Prost.)  —  Voy.  Dijon. 

Bretagne  (Lettres  originales  de  rois,  princes  et  princesses,  prove- 
nant de  l'ancienne  Chambre  des  comptes  de),  xv«-xvi*  s.;  n.  a. 
fr.  6525. 

Brie  (Nécrologc  de  Saint-Maurice-dc-Blandy,  en),  xvi^-xvii*  s.; 
n.  a.  fr.  6507. 


DO   DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  63 

Brienne  (Mémoires  autographes  de  H.-L.  de  Loménie  de)  ;  n.  a. 
fr.  6450-6454  et  4698. 

Bdchon,  Voj'age  en  Grèce  (^840-^84^),  ms.  autographe;  n.  a.  fr. 
4692-4693.  (Don  de  M.  le  baron  0.  de  Wattcville.) 

Calvados  :  Compte  d'un  receveur  de  la  vicomte  d'Auge  pour  la 
duchesse  d'Orléans  (1 472-'! 480)  ;  n.  a.  fr.  5275-5276.  —  Dossier  sur 
la  famille  Le  Valois  d'Escoville  (1568-^9^),  contenant  des  lettres 
de  Henri  IV,  Henriette-Marie  d'Angleterre,  Louis  XHl,  le  grand 
Condé,  Anne  d'Autriche,  Louis  XIV,  Gaston  d'Orléans,  Mazarin, 
Louis  XV,  Louis  XVI,  etc.;  n.  a.  fr.  5393.  —  Généalogie  de  la 
famille  Le  Gentil,  avec  portraits  peints  à  Lisieux,  en  < 588-1 594  et 
iGi6,  par  Marin  Le  Bourgeoys,  peintre  de  Henri  IV;  n.  a.  fr.  5400. 

Celse,  Traité  de  médecine,  xv«  s.;  n.  a.  lat.  -1706. 

César,  Guerre  des  Gaules^  xv'  s.;  n.  a.  lat.  -1702. 

Clermont-Ferrand  (Missel  de),  xv«  s.;  n.  a.  lat.  2356. 

Collège  de  France  (Pièces  relatives  au),  n'IO-'l757;  n.  a.  fr.  5395. 

Colonies  :  Projet  d'expédition  coloniale  en  Afrique  sous  Henri  II; 
n.  a.  fr.  5394.  —  Mémoires  divers,  n.  a.  fr.  5398.  —  Voy.  aussi 
Marine. 

Dijon  (Cartulaire  de  l'abbaye  de  Saint-Bénigne  de),  xiii'  s.;  n.  a. 

lat.  562. 

DoNAT  (Grammaire  de),  en  français,  4483-,  n.  a.  fr.  4690. 

Duclos  (Mss.  autographes  de  Ch.  Pineau-)  ;  n.  a.  fr.  6449. 

DupiN  (Jean),  livre  de  Mandevie,  xv^  s.;  n.  a.  fr.  6368. 

Espagne  (Histoire  d'),  par  R.  Sanchez  de  Arevalo,  xv«  s.;  n.  a. 
lat.  n04. 

FouRMONT  (Documents  relatifs  aux  voyages  en  Orient  et  en  Grèce 
de  Sevin  et),  -1728-1730;  n.  a.  fr.  5384. 

Franche-Comté.  —  Voy.  Bourgogne. 

Gilbert  (Notes  de  recettes  et  dépenses  du  poète)  ;  n.  a.  fr.  4696. 

Hugo  (Manuscrits  originaux  et  autographes  des  œuvres  de  Victor) , 
34  volumes. 

Jacquemont  (Lettres  de  Victor)  au  capitaine  de  vaisseau  de  Mélay  ; 
n.  a.  fr.  6459. 

Kreutzer  (Papiers  du  compositeur  Léon);  n.  a.  fr.  5372-5381. 
(Don  de  M.  Arthur  Rhône.) 

La  Luzerne  (Cardinal  de),  Lettres  à  la  comtesse  de  Brèves,  -1814- 
1820;  n.  a.  fr.  4706-4707. 

Louis  VI  (Charte  de)  en  faveur  de  N.-D.-des-Ghamps  (1132)  ;  n.  a. 
lat.  2372. 


64  XOCVELLES   ACQUISITIONS 

Mandevie  (Livre  de),  par  Jean  Dupin,  xv^  s.;  n.  a.  fr.  (3368. 

Marine  (Pièces  concernant  la)  et  les  Colonies,  ^  763- 1769;  n.  a. 
fr.  3399. 

Naude'  (Lettres  de  G.)  à  M.  de  Grémonville,  ambassadeur  de  France 
à  Venise,  -1646-^647  5  n.  a.  fr.  6500. 

Normandie.  —  Voy.  Calvados. 

Otter  (Papiers  et  correspondance  de  Jean)  relatifs  au  commerce 
de  la  Perse,  n39-n44;  n.  a.  fr.  3383. 

Ovide,  Métamorphoses^  xiip  s.;  n.  a.  lat.  336. 

Rethel  (Cartulaire  du  comté  de),  xiv®  s.;  n.  a.  fr.  6366. 

Roland  (Mémoires  de  M'"''),  fragments  autographes  :  portraits  de 
Brissot,  Gazaiès  et  Danton;  n.  a.  fr.  4697. 

RoMORANTiN  (Charte  des  franchises  de),  1249;  n.  a.  lat.  2363. 

RooERGDE  (Chartes  de  Tabbaye  de  Belloc,  en),  ^^6^-^42^;  n.  a. 
lat.  -1698. 

Servius,  Commentaire  sur  Virgile,  -1462;  n.  a.  lat.  -1703. 

Sevin  (Documents  relatifs  au  voyage  en  Grèce  et  en  Orient  de 
FouRMONT  et),  -1728-^730;  n.  a.  fr.  3384. 

Talleïrand  (Mémoires  de)  ;  n.  a.  fr.  6360-6363.  (Don  des  exécu- 
teurs testamentaires  du  prince,  MM.  le  duc  de  Broglie  et  Châtelain.) 

A  ces  différentes  acquisitions,  on  doit  joindre  une  collection  de 
cent  quatre-vingt-deux  volumes  de  Catalogues  de  bibliothèques 
publiques  de  France^,  rédigés  par  ordre  de  l'administration 
centrale,  la  plupart  pendant  la  Révolution  ou  sous  le  premier 
Empire,  et  envoyés  à  Paris  à  l'époque  de  la  Restauration.  Il  faut 
rapprocher  cette  collection,  qui  provient  d'un  don  de  l'Institut  de 
France,  d'une  autre  série  de  près  de  trois  cents  volumes  (nouv. 
acq.  fr.  3705-4000)Me  Catalogues  de  diverses  bibliothèques  des 
départements,  envoyés  pour  la  plupart  au  ministère  de  l'Instruc- 
tion publique  sous  les  gouvernements  de  Louis-Philippe  et  de 
Napoléon  III. 

On  mentionnera  enfin  quatre  cent  quinze  volumes,  provenant 
de  l'ancien  fonds  des  Catalogues,  et  insérés  dans  le  fonds  fran- 

1.  Ces  volumes  n'ont  point  été  conservés  en  collection,  mais  ont  été  répartis, 
suivant  leur  format,  dans  les  diflérenles  séries  du  fonds  des  nouvelles  acquisi- 
tions françaises  sous  les  n-  5934-5940,  5277-5370,  6369-6446  et  4691,  auxquels 
il  faut  joindre  le  ms.  nouv.  acq.  lat.  2353. 

2.  Voy.  L.  Delisle,  Manuscrits  latins  et  français  ajoutés  aux  fonds  des  noU' 
velles  acquisitions,  t.  I,  p.  109-113. 


DD   DÉPARTEMElVT    DES   MANUSCRITS.  6o 

çais  (n°^  5401-5815),  mais  qui  ne  constituent  pas  à  vrai  dire  de 
nouvelles  acquisitions.  Ce  sont  d'anciens  catalogues  des  différentes 
collections  qui  sont  venues  successivement  accroître,  aux  xvu", 
xv!!!*"  et  xix*^  siècles,  le  Département  des  manuscrits  de  la  Biblio- 
thèque nationale. 

Tous  ces  articles  réunis  forment  un  total  de  860  manuscrits 
ajoutés  aux  fonds  latin  et  français  des  nouvelles  acquisitions 
pendant  les  années  1892-1893. 


Liste  des  manuscrits  de'crits. 


Mss.  latins  nouv.  acq. 

549-564, 

46  mss. 

— 

^689-^7^^, 

23    — 

— 

2353-2364, 

\2    — 

2570-2572, 

3    — 

Mss.  français  nouv.  acq. 

4689-4722, 

34    — 

— 

5274-58^5, 

542    — 

— 

5934-5942, 

9    — 

6360-6528, 

169    — 

OEuvres  de  Victor  Hugo,  mss.  \ 

-34, 

34    — 

Collection  de  Bourgogne,  n°'  ^^S 

5-^29, 

Total  : 

18    — 

860  mss. 

Manuscrits  latins. 

Petit  format. 

549.  «  Oratio  Pétri  Bosca,...  rev™'  D.  D.  CardinalisS.  Marciaudi- 
toris,  Romœ  habita,  xi  kal.  novembris,  ad  sacrum  cardinalium  sena- 
tum  apostolicum,  in  celebritate  victoriee  Malachitanse,  per  serenis- 
simos  Ferdinandum  et  Helisabeth,  Hyspaniarum  principes  cathoUcos 
féliciter  partse,  anno  Ghristi  4487.  » 

xv^  s.  Pap.  6  feuillets. 

550.  Reconnaissances  féodales  pour  la  terre  de  Maymac,  diocèse 
de  Rodez  (1443-1623).  Extraits  collationnés. 

xvii°  s.  Pap.  40  feuillets. 

4894  3 


66  NOUVELLES  ACQUISITIONS 

551.  Anonymi  «  aréole  medicinarum  simplicium.  »  Incomplet  du 
premier  feuillet.  Début  du  texte  :  «  Absintium  quid  est?...  » 

XI v^  s.  Parch.  243  feuillets. 

552.  M.  T.  Cieeronis  de  Amicitia  (fol.  3);  —  Prudentii  Ditto- 
chœon,  vel  Amœni  enchiridion  Veteds  et  Novi  Testament!,  seu  «  Eva 
columba,  »  cum  coramentario;  à  la  fin  (fol.  50),  on  lit  :  «  Georgius, 
filius  Jacobi  Isolini  Francini  de  Meno  de  Ripparia,  diocesis  Nova- 
riensis,  grammatice  professer  in  Rodobio,  diocesis  Vercellensis,  hoc 
totum  finivit  ac  scripsit...  M  GCGG  LKIIIP"-  »  (fol.  24);  —  Theodoli 
Ecloga,  cum  commentario,  scripto  «  per  Georgium  natum  Jacobi  de 
Raspinis  de  Meno,  districtus  Ripparie,  diocesis  Novariensis, . . .  -1 8  aug. 
4469  »  (fol.  35);  —  Accedunt  :  Versus  :  «  Parce,  precor,  o  care  mio 
thesari...  »  (fol.  2);  — Precatio  ad  S.  Bernardinum  :  «  Barnardine 
pater,  qui  Jesu  nomen  in  omnes...  »  (fol.  2  v°)  -,  —  «  Ad  faciendum 
bonum  atramentum  »  (fol.  2  -v");  —  Precatio  ad  Virginem  :  «  Ave, 
regina  cellorum...,  »  et  versus  de  signo  crucis  :  «  Per  crucis  hoc 
signum  expelitur  orane malignum...  »  (fol.  22  v°)  ;  —  «  Modo  lo  quale 
fece  papa  Bonifatio. . .  al  uso  de  la  cosse  che  tu  voy  saper  » 
(fol.  22  bis);  —  Salutationis  angelicae  paraphrasis  :  «  Ave,  Maria,  de 
li  superni  celi...  »  (fol.  22  bis  v**)  ;  —  De  significationibus  verbi  facio 
(fol.  23)  :  —  Versus  de  creatione  :  «  Qui  manet  eternus  hic  simul 
omnia  solus...  »  (fol.  23)  ;  —  Versus  de  Manfredo,  Sicilise  rege  (Dante, 
Purgatoire,  III,  U2-i2B)  (fol.  23  v°)  ;  —  Gomputi  tabula  (fol.  50  v); 

—  Mundanse  vitœ  imprecatio  :  «  Heu,  heu,  mondi  vita,  quare  me 
délectas  ita?...  »  (fol.  52)  ;  —  «  Prophetia  AnibaUs  de  Montorpheno  » 
(fol.  34)  ;  —  Prophetia  adversus  Gallos  :  «  Gallorum  levitas  Germa- 
nos  justificabit...  »  (fol.  54);  —  Versus  de  planetis  et  paradiso  : 
a  Luna  stat  in  primo,  stat  Mercuriusque  secundo...  »  (fol.  54  v°)  5 

—  Qusestiones  e  «  libro  commentato  Aristotilis  de  sensu  et  sensato,  » 
etc.  (fol.  i  37  v°)  ;  —  De  signis  pluviœ  et  de  tonitru  (fol.  •(  38)  ;  — 
Expositio  doclrinse  Ghristi  :  «  In  nome  de  Dio  et  de  la  santa  Trini- 
tade...  »  (fol.  -138  v");  —  De  communione  peccalorum  :  «  Dum  com- 
municaret  sancLus  Bernardus  quadam  vice  suos  monachos. . .  » 
(fol.  i  39)  ;  —  Notae  généalogie»  familiarum  Isolini  et  Georgii  de 
Raspinis  (fol.  •139  \°). 

XY"  S.  Pap.  -140  feuillets.  (Provient  du  «  Gomes  Donatus  Silva.  ») 

553.  Sermonum  themata;  initium  et  finis  desiderantur. 
xiv«  s.  Parch.  Feuillets  20  à  295. 

554.  a  Mémorial  dels  danys  donats  per  lo  comte  de  Foyx  y  bes- 


DU  DÉPARTEMENT  DES  MANUSCRITS.  67 

comte  de  Gastelbo  a  la  iglesia  de  Urgell,  y  a  homens  de  aqueila  y  a 
moites  altres  Iglesias  de  la  dita  diœ[ce]si  de  Urgell.  »  —  Reproduc- 
tion photographique  d'un  ms.  latin  des  xrii^  et  xiv«  siècles,  conservé 
aux  archives  capitulaires  d'Urgel. 
XIX*  s.  Pap.  \7  feuillets.  (Don  de  M.  Gh.  Baudon  de  Mony.) 

555.  «  Terrier  de  la  baronnie  d'Aurelle,  diocèse  de  Riom,  »  «  de 
feudo  domini  de  Ganilhiaco.  » 

xiii"  s.  Parch.  9  feuillets. 

556.  P.  Ovidii  Nasonis  Metamorphoseon  libri  XV,  cum  glossis. 
xiii'^  s.  Parch.  ^123  feuillets. 

557.  Manuale  missarum,  etc.,  ad  usum  Einensem  (?). 
xii«  s.  Parch.  6^  feuillets. 

558.  Bedse  librorum  de  tabernaculo  (II,  6-III,  5)  et  de  templo 
Salomonis  (c.  8-^9)  fragmenta. 

xii**  s.  Parch.  26  feuillets. 

559.  «  Spéculum  peccatoris  editum  a  beato  Augustino  »  (<)-,  — 
«  Liber  de  officio  sacerdotum,  »  vel  «  summa  sacerdotum,  a  beato 
Thoma  de  Aquino  »  (4  v°)  ;  —  «  Liber  de  miseria  hominis,  compo- 
situs  a  Lothario  diacono  cardinah  »  [Innocentio  III]  (^4)  ;  —  «  Regi- 
men  bonum  et  utile  ad  salvandas  animas,  per  d.  f.  Vincentium 
Ferrarii  »  (39)  ;  —  Tractatus  de  confessione  :  «  Gonvertimini  ad 
me  in  toto  corde  vestro...  »  (40)  ;  —  «  Sermo  beati  Augustin!  contra 
vitia,  et  specialiter  contra  miserabilem  et  detestabilem  cohabitalio- 
nem  clericorum  et  muliercularum  »  (53)  ;  —  Ejusdem  sermo  «  ad 
episcopos,  presbiteros  et  clericos,  et  de  eorum  conditionibus  »  (55  v»)  -, 

—  Ejusdem  sermo  «  ad  sacerdotes,  cujus  vite  debent  esse  »  (57  v°)  ; 

—  Ejusdem  sermo  «  de  pace  »  (58  v°)  ;  —  «  Liber  beati  Augustini 
de  miseria  hominis  »  (60  v")  ;  —  .«  Gapitulum  de  honoribus,  ex  soli- 
loquio  beati  Ysidori  »  (66  v°l  ;  —  «  Liber  beati  Johannis  Grisostomi 
quod  nemo  possit  ledi  ab  alio  nisi  a  se  ipso  »  (68)  \—  «  ]  2*=™  gradus 
patientie  »  (78  v°)  -,  —  «  Feria  6«  in  Parasceve  sermo  2"^  [Jacobi]  de 
Voragine  »  (79)  ;  —  «  Sermo  beati  Augustini  de  assumptione  glo- 
riose  virginis  Marie  »  (80  v°)  ;  —  Isidori  Hispalensis  in  libros  veteris 
ac  novi  Testament!  proemia  (83  v»)  ;  —  Ejusdem  allegorise  queedam 
sacrae  Scripturse  (90  v»);  —  «  Sermo  3"^  dominica  i  [2i]  post  Pen- 
thecosten  [Jacobi]  de  Voragine  »  (99)  ;  —  «  Ad  Jo[annem]  de  G[ersono], 
cancellarium  Parisiensera,  contra  prelatos  symoniacos...  epistola. 
Multa  mihi  in  presulibus...  »  (^02)  ;  —  Ejusdem  «  ad  quosdam  sco- 


68  NOUVELLES  ACQUISITIONS 

lasticos,  tlieologos,  etc. ,  quod  veram  ac  solidam  pacem  nisi  emendatis 
moribus  assequi  non  possumus...  »  (^0D  v);  —  «Dominica  ^8.  post 
Trinitalem,  sermo  3*^^  Jacobi  de  Voragine  »  (i08)  ;  —  «  Tractalus  de 
corpore  Chrisli.  Ad  honorem  gloriose  etindividue...  »  (HO)  ;  —  «  Ser- 
mo 3"s  dominica  in  Quinquagesima  [Jacobi]  de  Voragine  »  (J^3);  — 
«  Dominica  prima  post  Trinitatem  »  sermones  i-iir  ejusdem  {^-le  v°)  ; 
—  «  Sermo  factus  per  mag.  Johannem  Parvi  contra  notorios  forni- 
catores  presbileros  »  (^2^  v°)  ;  —  Ejusdem  sermo  «  de  Eucharistie 
sacramento  »  (^  29) . 

xve  s.  Pap.  encarté  de  parch.  4  35  feuillets.  (Provient  du  Collège 
du  Trésorier,  puis  des  Récollets  de  Paris.) 

560.  Liber  precum,  cum  figuris. 
xiv^  s.  Parch.  264  feuillets. 

561.  Joannis  de  Sacro  Bosco  tractatus  de  spheera  (^)  ;  —  Joannis 
de  Garlandia  synonyma  (^8);  —  Pétri  Abaelardi  monita  ad  Astrala- 
bium  filium  (35  v°)  ;  —  Anonymi  collectanea  de  Deo,  angelis,  dé- 
mentis, metallis,  lapidibus,  plantis,  avibus,  piscibus,  animalibus  et 
homine  :  «  In  principio  creavit  Deus  celum,  etc.  Videamus  igitur 
quid  est  Deus?...  »  (55).  [Cf.  le  ms.  Libri  -1068  à  la  Laurentienne  de 
Florence;  Notices  et  extraits  des  mss.^  t.  XXXII,  p.  35.] 

xive  s.  Parch.  ^05  feuillets. 

562.  Cartularium  S.  Benigni  Divionensis. 
xiii^  s.  Parch.  -HT  feuillets. 

563.  Notes  autobiographiques  autographes  du  cardinal  Girolamo 
Aleandro,  écrites  en  marge  d' Ephemerides  imprimées  de  Johann 
Mùller,  de  Kœnigsberg  (U92-45n),  in-4o. 

xvi"  s.  Pap.  377  feuillets. 

564.  Inscriptions  latines  antiques  et  du  moyen  âge,  copiées  par 
P.  Mérimée  à  Orléans,  Saint-Benoit-sur-Loire,  Blois,  Tours,  Poitiers, 
Saintes,  Bordeaux,  Lectoure,  Auch,  Bagnères-de-Bigorre,  Saint- 
Bertrand-de-Comminges,  Toulouse,  Luchon,  Périgueux  et  Amiens. 

xrx^  s.  Pap.  3i  feuillets. 

Moyen  format. 

1689.  «  Missale  secundum  usum  Eduensem,  »  cum  calendario. 
XIV'  s.  Parch.  306  feuillets.  Peintures. 


DU   DÉPARTEMENT   DES  MANUSCRITS.  69 

1690.  «  Missale  secundum  usum  Byterii  ecclesie,  »  cum  calen- 
dario. 

xv^  s.  Parch.  362  feuillets.  Peintures.  (Provient  du  «  CoUeg.  Biter. 
S.  Ludovici,  dono...  D.  D.  de  Bausset  de  Roquefort,  épis.  Biter.  ») 

1691.  Roberti  de  Tumbalena,  S.  Vigoris  abbatis,  commentario- 
rum  in  Canlica  canticorum  fragmentum  (fol.  -1).  —  Acte  de  «  Hum- 
bertus,  dominus  Morestelli,  »  en  faveur  de  l'abbaye  de  Hautecombe, 
1239,  a  in  crastino  oet.  Epiphanie  »  (fol.  9).  —  «  Ancienne  déclara- 
tion des  livres  appartenans  au  monastère  de  Saint-Estienne  »  :  «  Hii 
sunt  Sancti  Stephani.  II.  Istorie,...  »  (fol.  iO). 

xii«-xiii^  s.  Parch.  ^0  feuillets. 

1692-1693.  Recueil  de  pièces  relatives  aux  familles  Audifred, 
Moyssard,  Charrier,  de  Bargeton  et  d'Espèrandieu,  demeurant  à  Uzès 
et  à  Bagnols-sur-Gèze  (U65-1630).  —  On  y  a  joint  dix  fragments  de 
registres  de  notaires  des  villes  de  Bollêne,  Marnas,  Piolenc  et 
Bagnols-sur-Gèze,  concernant  différents  membres  de  la  famille  Char- 
rier (U80-'I633). 

xv«-xvii«  s.  Parch.  et  pap.  50  et  216  feuillets. 

1694.  Photographies  de  la  charte  de  fondation  et  de  cinq  autres 
documents  relatifs  à  la  chartreuse  de  Lugny.  (xii«  siècle.) 

XIX"  s.  Pap.  6  feuillets.  (Don  de  M.  A.  de  Barthélémy.) 

1695.  «  Recognitiones  castri  et  mandamenti  de  Aurella  facte 
magnifico...  domino  Ludovico  de  Belloforti,  comiti  Alesti,  dominoque 
marquetiatus  de  Canilhaco...  1425.  » 

xv^  s.  Parch.  Feuillets  i-lxxv  et  ciiii-vP^iiii. 

1696.  «  Gesta  Crisopolitanse  ecclesise  Bisuntinœ,  »  auctore  Gui- 
done,  monacho  S.  Pauli  Bisuntini,  usque  ad  a.  1404. 

xvi«  s.  Pap.  28  feuillets. 

1697.  Abrégé  de  la  Bible,  en  vers  latins  :  «  Genesis.  Astripotens 
celum,  terram,  speram,  mare,  germen...  Scriptum  Hasnonii  per 
quendam  religiosum  ejusdem  monasterii  »  (fol.  1);  —  Autre  abrégé 
de  la  Bible,  en  vers  :  «  Verbum  a  principio  procedens  eterno...  » 
(fol.  i  1 9)  ;  —  Poème  sur  le  Missus  est  anyelus  Gabriel.  «  iMissus  est  de 
celesUbus  nuncius  régis  omnium...  »  (fol.  151)  ;  —  «  Epilogus  fra- 
tiis  Mathie  et  religiosi  Sancti  Martini  Tornacensis  super  quibusdam 
punctis  principalibus  in  régula  sancti  Benedicti  contentis,  «  seu 
«  Medulla  régule  beati  Benedicti  »  (fol.  172)  ;  —  Vers  mnémoniques 


70  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

sur  la  Bible  :   «  Sex  prohibet,  peccant,  Abel,  Enoch,  archa  fit, 
intrant...  » 
xv«  s.  Parch.  243  feuillets.  (Provient  du  marquis  d'Astorga.) 

1698.  Recueil  de  chartes  originales,  latines  et  provençales,  en 
faveur  de  l'abbaye  de  Belloc,  en  Rouergue.  (•1161-1421.) 

xii«-xve  s,  Parch.  25  pièces. 

1699.  a  Extrait  du  Nécrologe  de  Pontlevoy,  manuscrit  de  la 
bibliothèque  de  Blois,  »  n°  2;  copie  de  M.  Tabbé  Métais. 

xix«  s.  Pap.  22  feuillets.  (Don  de  M.  l'abbé  Métais.) 

1700.  Gonsilia  jurisconsultorum  :  Bartholomœi  de  Sarciano  (2), 

—  Baldi  et  Pétri  de  Perusio  (40  v°),  —  Gasparis  de  Castello  (43  v), 

—  Floriani  de  S.  Petro  de  Bononia  (45  v°),  —  Laurentii  de  Ridolfis 
(47  v°),  —  Raphaelis  Fulgosii  (49  v°),  —  Pétri  de  Ancharano  (50  v°), 

—  Dionysii  de  Bangianis  (53),  —  Joannis  de  Imola  (54),  —  Joannis 
de  Lignano  (55  v"),  —  Francisci  de  Ramponibus  (55  v»);  —  «  Dicta 
notabilissima...  collecta  per  Matthseum  de  Matasclanis  de  Bononia...  » 
etc.  (57)  -,  —  Epistola  «  Salustii  domini  Guilielmi  de  Perusio  » 
(87  v")  ;  —  Glossœ  in  Godicem  et  Digestum,  auctore  (?)  Angelo  de 
Ubaldis  (88). 

xiv«-xv^  s.  Pap.  364  feuillets. 

1701.  Constantini  Africani  Viaticum  peregrinantium,  cum  glossis 
Guiraudi. 

xiv«  s.  Parch.  iS\  feuillets. 

1702.  G.  J.  Csesaris  commentariorum  de  bello  Gallico  libri  VIII. 
xv^  s.  Parch.  viii  et  -102  feuillets.  (Provient  de  M.  de  Saint-Simon, 

évêque  d'Agde.) 

1703.  Pauli  Orosii  historiarum  adversus  Paganos  libri  Vil;  copie 
de  l'édition  de  Vicence,  Herm.  Lichtcnstein,  s.  d.  [Hain,  n°  12099] 
(14)  ;  —  «  Magni  Basilii  liber,  per  Leonardum  Arelinum  e  greco  in 
latinum  translatus,  ad  juvenes  religiosos  quibus  studiis  opéra  danda 
sit  »  (183);  — S.  Dionysii  Areopagitse  epistolae,  «  e  greco  in  lati- 
num translate  per  fratrem  Ambrosium  [Traversari  ?] ,  eximium 
sacre  théologie  magislrum  »  (191);  —  précmittuntur  :  «  Homonea 
ad  preetereuntes  »  [Anlh.  lut.,  éd.  Burmann,  IV,  142]  (1  v**) -,  — 
Défense  par  le  consul  P.  Valerius  de  traverser  le  Rubicon  (2)  ;  — 
a  Anno  Ghristi  1468-,  ad  papam  Paulum  »  II,  six  vers  de  dédicace 
d'une  église  :  «  Hecdelubra,  pater...  »  (2)  ;  —  a  Hecuba  reginadicit  : 


DU    DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  7^ 

Quicunque  regno  fidit...  »,  7  vers  (2);  —  accedunl  :  xii  abusiones 
sœculi,  VII  humanitatis  gradus,  vu  curialitales,  etc.  (194  v°)-,  — 
«  Ypolite,  illustrissimi  Mediolani  ducis  filie  pulcherrime,  coram... 
papa  Pio  II  et  sacro  cardinalium  collegio  oratio  Mantue  habita  » 
(^95]  •  —  pii  II  responsum,  et  «  versus  in  Turcum  »  (195  v°). 

xv^  s.  Pap.  encarté  de  parch.  202  feuillets.  (Provient  de  Salva, 
puis  de  Heredia.) 

1704.  «  Brevis  istoria  Hispanie,.--  edicta  a  Roderico  Sancii  [de 
Arevalo],  episcopi  Calagurrilani,  S.  D.  N.  Pauli  II  in  Castro  suo 
S.  Angeli  prefecto.  »  —  Aux  armes  «  Pétri  Ferrici,  episcopi  Tiraso- 
nensis  »  (1464-'I468). 

xv^  s.  Pap.  130  feuillets.  (Provient  de  «  Gregorio  de  Miranda,  col- 
légial de  S.  Salvador  de  Ubiedo,  »  puis  de  Heredia.) 

1705.  Servii  grammatici  in  Virgilium  commentariorum  libri 
omnes. 

Copié  en  1462.  Pap.  317  feuillets. 

1706.  A.  G.  Celsi  artium  liber  VI,  seu  de  medicina  libri  VIIÏ. 
xv«  s.  Parch.  183  feuillets. 

1707.  Pontificale  Romanum  Augustini  Patricii  de  Piccolominibus 
(1488).  —  Cf.  Hain,  Repertorium,  n°  13283. 

xv^  s.  Pap.  1 73  feuillets. 

1708.  «  Magni  Pompeii  vita  per  Jacobum  Angeli  ex  Plutarcho  e 
greco  in  latinum  traducta  »  (1  )  ^  —  «  Jannozii  Manetti  laudatio  Januen- 
sium,  ad...  D.  Thomam  de  Gampofregoso,  Janue  ducem  »  (41).  — 
Aux  armes  des  Ruccellai  de  Florence. 

xv^  s,  Parch.  63  feuillets. 

1709-1710.  Catalogue  des  manuscrits  latins  de  la  Bibliothèque 
du  Roi,  par  Mabillon  et  autres  Bénédictins.  (N°^  3361-4669  et 
4671-6681.) 

XVIII'  s.  Pap.  624  et  695  feuillets. 

1711.  Recueil  d'inscriptions  latines  d'Italie.  La  plupart  ont  été 
copiées  à  Rome,  Vérone,  etc.;  il  y  a  cinq  inscriptions  grecques  de 
Pantocrator  au  Mont-Athos,  de  Thasos,  etc. 

xvi«  s.  Pap.  100  feuillets.  (Ex  libris  «  di  D.  Benedetto  Bissi  Pia- 
centino,  1794.  ») 


72  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

Grand  format. 

2353.  a  Bibliotheca  Sammiellana  ad  Mosam.  » 
xix«  s.  Pap.  235  pages. 

2354.  a  Recensio  manuscriplorum  codicum,  qui,  ex  universa 
Bibliolheca  Vaticana  selecti,  jussu  domiiii  nostri  Pii  VI,  Pont.  Max., 
prid.  id.  jul.,  procuratoribus  Gallorum,  jure  belli,  seu  pactarum 
induciarum  ergo  et  initse  pacis,  traditi  fuere.  —  A  Rome,  le  23  mes- 
sidor an  5«  (n97).  » 

xviii"  s.  Pap.  49  feuillets.  (Provient  de  la  bibliothèque  de  l'École 
polytechnique). 

2355.  Recueil  de  pièces  originales,  copies  et  fragments  divers, 
(ix^-xviri*  siècle.) 

Bulle  de  Pascal  II  en  faveur  de  l'abbaye  de  Vézelay,  nov.  \  \  03 
(copie)  (fol.  i)-,  —  Pièces  relatives  au  prieuré  de  Notre-Dame  de 
Nonenque,  diocèse  de  Lodève  (^'l()2-J27C)  (fol.  3,  4  et  -13);  —  Pièces 
relatives  à  Laçy,  ou  Lassy  (Calvados),  copies  du  xvi*  siècle  (fol.  5); 
—  Bulle  de  Clément  IV  et  pièces  diverses  relatives  à  la  commune  de 
Sarlat  (xiir-xiv*  siècles)  (fol.  -12,  -14  et  4  5)  ;  —  Gonflrmation  par  Jean 
d'Armagnac  de  dons  faits  par  son  père  à  son  conseiller  Bérenger,  dit 
Mène,  seigneur  de  Gaslel  Pers,  à  Villeneuve-lez- Avignon,  6  mai  4  384 
(fol.  4  7)-,  —  Pièces  relatives  à  l'église  collégiale  de  Saint-Nicolas- 
dii-Louvrc  (xvi*-xvii°  siècles)  (fol.  4  8,  49,  24,  23  et  24)-,  —Lettre  de 
LamJjcrt  Vossius  à  Henri  Dupuy,  4  639  (fol.  20)  ;  —  Lettre  de  Henri 
de  Valois  à  Isaac  Vossius,  4  654  (fol.  25)  ;  —  Acte  d'association  aux 
prières  des  membres  de  la  Compagnie  de  Jésus,  en  faveur  de  Etienne 
de  Silbouette  (28  août  4  754)  (fol.  27);  —  Fragments  de  manuscrits 
(ix'=-xv''  siècle),  parmi  lesquels  on  citera  des  fragments  des  Pro- 
phètes, des  Évangiles,  de  la  Cité  de  Dieu  de  saint  Augustin,  de  plu- 
sieurs Bréviaires  et  Missel,  des  Insiitutes  de  Justinien  (fol.  281  ;  — 
Vidimiis  d'une  dispense  accordée  par  le  pape  Urbain  VIII  pour  le 
mariage  de  Silvestre  Cuxxino  et  de  Porlia  Gozza,  du  diocèse  d'Avel- 
lino,  4  639  (fol.  57)5  —  Compte  de  la  Cour  des  appels  de  Toulouse 
(xive  siècle)  (fol.  59)  ;  —  Obituaire  du  monastère  de  Montsalvy  (Cantal) 
(fol.  62)  ;  —  Compte  de  dépenses  d'un  voyageur  italien  du  xiv«  siècle 
(fol.  64). 

ix^-xvii*  s.  Parch.  et  pap.  65  feuillets. 


DU   DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  73 

2356.  Missale  monaslicum  «  secundum  usum  ecclesise  Claromon- 
tensis,  »  cum  calendario. 

xv"  s.  Parch.  368  feuillets. 

2357.  Vidimus  par  G[onrad?],  archevêque  d'Athènes  :  -1°  d'un 
mandement  de  Pelage,  évêque  d'Albano  (21  juin  i2U)\  2°  d'une 
bulle  d'Innocent  III  (12  janvier  12^6);  3°  d'une  bulle  d'Honorius  III 
(26  août  -(223),  relatifs  à  Livadie  et  à  l'hommage  prêté  au  saint-siège 
pour  le  château  de  cette  ville,  par  Othon  de  la  Roche,  sire  de  Ray,  en 
Franche-Comté. 

xiiie  s.  Parch.,  avec  fragment  de  sceau  sur  double  queue. 

2358.  Manuale  precum  ad  usum  S.  Gornelii  Gompendiensis. 

La  couverture  de  ce  volume,  qui  a  été  détachée,  est  déposée  au 
Cabinet  des  médailles  et  antiques  ;  elle  se  compose  de  deux  plaques 
d'ivoire  sculpté  formant  le  diptyque  du  consul  Flavius  Theodorus 
Philoxenus  Sotericus  (525).  Cf.  Ghabouillet,  Catalogue  des  camées, 
etc.  (^1858),  n"  3266. 

XHi**  s.  Parch.  54  feuillets  oblongs. 

2359-2362.  Recueil  de  pièces  originales  relatives  à  lUe-sur-la- 
Têt  et  autres  lieux  des  diocèses  d'Elne  et  de  Perpignan. 

I  (2359).  N°^  -1-55;  années  ^35'I-U6i.  —  II  (2360).  N°^  56-4^5^ 
années  -1463-^530.  —  III  (2361).  N"H^6-^^33;  années  I53f-'I599. 

—  IV  (2362).  N°'  ^ 54-1 95;  années  1600-1782. 
xiv^-xviii^  s.  Parch.  et  pap.  -195  pièces. 

2363.  Recueil  de  chartes  originales  (1128-1563)  :  Charte  de  Manas- 
ses,  doyen  de  Saint- Jean  de  Besançon,  en  faveur  de  l'abbaye  de  Bel- 
levaux,  1128  (1)  ;  —  Charte  de  Thibaut,  évêque  d'Amiens,  1169  (2); 

—  Bulle  de  Grégoire  VIII  en  faveur  de  l'abbaye  de  Bellevaux,  1188 
(3);  —  Charte  d'Amédée  de  Dramelay,  archevêque  de  Besançon,  en 
jfaveur  de  la  même  abbaye,  1195  (4)  ;  —  Charte  de  «  Guifridus,  dic- 
tus  Rabos  de  Verton,  »  en  faveur  du  prieuré  de  Beaurain,  1231  (5); 

—  Charte  des  franchises  de  Romorantin ,  accordée  par  Mathilde, 
comtesse  de  Chartres,  en  1249  (6);  —  Charte  de  l'officialité  d'Amiens 
relative  au  prieuré  de  Buiencourt,  1288  (7)  ;  —  Bail  d'une  vigne  par 
«  Hugo  Rogerii,  dominus  Balmetarum,  »  au  diocèse  de  Vaison,  à 
«  Guillelmus  Desiderii  de  Falcone,  »  1389  (8)  ;  —  Donation  par  J.-F. 
Summaripa  à  Etienne  Gattalusio,  évêque  de  Milet,  de  maisons  sises 
àNaxos,  1563  (9). 

xii*-xvi*  s.  Parch.  9  pièces. 


74  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

2364.  a  Catalogus  librorum  Glaudii  Gros  de  Boze.  » 
xviiie  s.  Pap.  V  et  'l  74  feuillets. 

Très  grand  format. 

2570.  «  Gomputus  viri  nobilis  Hugonini  Doyena,  castellani  Mon- 
tis  Diderii,  de  reddilibus  et  exitibus  dicte  castellanie,  a  die  septima 
inclusive  mensis  febmarii,  anno  Domini  millesimo  quatercentesimo 
trigesimo  primo  usque  ad  diem  septimam  exclusive  dicti  mensis 
februarii  anno  Domini  millesimo  quatercentesimo  trigesimo  secundo, 
videlicet  de  uiio  anno  integro,  receptus  apud  Ghamberiacum.  » 

XV*  s.  Parch.  -JS  feuillets. 

2571.  Charte  de  Henri  IV,  roi  d'Angleterre,  confirmant  la  dona- 
tion faite  du  manoir  de  Ghesthunt  (Herford)  à  John  Norbury  par  Ralph 
Nevill  (^"juin  U^2);  avec  sceau  brisé.  —  Gharte  de  Henri  YIII,  roi 
d'Angleterre,  accordant  à  Robert  Bocher  et  à  Elisabeth,  sa  femme, 
«  Cruelfelde  Grange,  »  qui  appartenait  précédemment  au  monastère 
de  Stoneley  (U  avril  ^545)  -,  avec  sceau. 

xv«-xvi«  s.  Parch.  2  pièces.  (Don  de  sir  George  Duckett.) 

2572.  Recueil  de  chartes  et  pièces  originales  (^05l•^547). 

\ .  «  Noticia  domni  Ayrardi  de  molendino,  quod  in  aquam  Sancli 
Martini  jussit  fieri  »  (Tours,  27  juillet  4  051).  —  2.  Gharte  de 
Louis  VI,  roi  de  France,  accordant  vingt  sous  de  rente  à  l'église  de 
N.-D.-des-Ghamps  (M  32).  —  3.  Cession  par  Arnould  de  «  Weinse- 
male,  »  aux  religieuses  de  Maeghdendale  (Vallis  virginum),  de  diffé- 
rentes terres  et  moulins,  avec  le  consentement  du  duc  de  Lorraine  et 
Brabant  (mars  -1245).  —  4.  Bulle  du  pape  Eugène  IV  déléguant  à 
l'abbé  d'Aniane  le  pouvoir  de  conférer  un  bénéfice  à  Bertrand  de 
Brison,  moine  de  la  même  abbaye  (24  avril  -1431).  —  5.  Mandement 
de  François  de  Rochechouart  relatif  aux  moulins  et  papeteries  de  la 
sénéchaussée  de  Toulouse  (^4  févr.  -1503).  —  6.  Consentement  du 
curé  de  Souzay  à  l'érection  en  cure  de  la  chapelle  de  Glatigné,  à  la 
demande  de  Martin  du  Bellay  (27  oct.  -1547).  —  7.  Acte  de  Jean 
Brouillier,  archidiacre  de  Passai  et  chanoine  du  .Mans,  relatif  à  la 
même  érection  (^2  nov.  1547). 

xi*-xvi*  s.  Parch.  10  feuillets. 


3 


DD   DÉPARTEMENT   DES  MANUSCRITS.  75 


Manuscrits  français. 


Petit  format. 

4689.  Copies  de  pièces  relatives  au  mariage  et  à  la  séparation  de 
«  ]\P  Alexandre-François-Marie,  vicomte  de  Beauharnais,  »  et  à 
«  Marie-Josèphe-Rose  de  Tascher  La  Pagerie,  son  épouse  »  (1 779- 
n94). 

xix«  s.  Pap.  22  feuillets.  (Don  de  M.  le  vicomte  de  Grouchy.) 

4690.  Donat,  en  français.  —  On  lit  à  la  fin  :  «  Expliciunt  acci- 
dentia,  Deo  gratias,  per  me  Michaellem  Glareti,  anno  Domini  U8S, 
die  ^3  mensis  martii.  » 

xv^  s.  Pap.  -10  feuillets. 

4691.  «  Copie  du  catalogue  de  la  bibliothèque  de  Pontoise.  — 
KSI 7.  » 

XIX®  s.  Pap.  65  feuillets. 

4692-4695.  «  3Ianuscrit  autographe  du  voyage  en  Grèce  (^840- 
iSU),  par  J.  Alex.  Buchon.  »  (Publié  en  1843,  in-12.) 

XIX®  s.  Pap.  356,  356,  294  et  211  pages.  (Don  de  M.  le  baron  0.  de 
Watteville). 

4696.  Notes  de  recettes  et  dépenses  du  poète  Gilbert  et  de  quelques 
membres  de  sa  famille  (1779-1804). 

xviii®-xix®s.  Pap.  49  feuillets.  (Don  de  M.  Salmon,  conseiller  hono- 
raire à  la  Cour  de  cassation.) 

4697.  Mémoires  de  Madame  Roland. 

Manuscrit  autographe  contenant  le  texte  des  portraits  de  Brissot, 
Cazalès  et  Danton,  et  une  lettre  ou  discours  adressé  à  Jarry. 
xviii«  s.  Pap.  13  feuillets. 

4698.  Mémoires  de  Henri-Louis  de  Loménie,  comte  de  Brienne, 
sur  le  règne  de  Louis  XIV.  (Copie.)  —  Cf.  le  n°  6450. 

xviii®  s.  Pap.  453  pages. 

4699.  Notice  du  ms.  grec  2108  (Nie-Alex.  Maurocordato,  Philo- 
thei  Parerga),  par  Jean  Boivin  (1719). 

xviii®  s.  Pap.  10  feuillets. 

4700.  «  Problème  :  Diviser  un  angle  rectiligne  en  trois  parties 


76  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

égales.  Anallse  de  la  solution  de  ce  problème  par  une  nouvelle  mé- 
thode. —  n34.  » 
xviii^  s.  Pap.  \7  feuillets  et  figures. 

4701.  ce  Traité  sommaire  des  différentes  espèces  de  droits  qui  se 
perçoivent  dans  le  royaume,  avec  la  description  topographique  des 
provinces  sujettes  aux  tarifs  de  ^G64,  1667  et  ^672,  aux  droits  uni- 
formes et  aux  droits  locaux,  comme  provinces  réputées  étrangères.  » 
—  On  y  a  joint  une  «  Carte  des  traités  »  et  une  «  Carie  des  gabelles.  » 

xviii'^  s.  Pap.  i  09  pages  et  2  cartes. 

4702.  «  Catalogue  des  livres  de  M.  de  Villeneuve,  conseiller  au 
Grand  Conseil.  —  nss.  » 

xviii^  s.  Pap.  87  et  40  pages. 

4703.  Inventaire  du  mobilier  du  château  de  M.  de  Villeneuve,  à 
Villoiseau  (174^-^52). 

xviii^  s.  Pap.  88  pages. 

4704.  «  Table  des  tailles  royaulx  au  diocèse  d'Alby,  faict  pour  la 
cité  et  ville  dudit  Alby,  pour  partir  et  distribuer  à  chacun  dudit  dio- 
cèse sa  quote  porcion,  le  tout  en  suyvant  l'ordonnance  du  roy  nostre 
sire  au  pays  de  Languedoc,...  faicte...  audit  Alby,  le  vi«de  décembre 
l'an  mil  cinq  cens  trente  sept.  » 

xvie  s.  Parch.  -109  feuillets. 

4705.  «  Explication  des  peintures,  sculptures  et  gravures  de  mes- 
sieurs de  l'Académie  royale..,  »  (n75.) 

xviii''  s.  Pap.  67  pages. 

4706-4707.  Lettres  du  cardinal  de  la  Luzerne,  évêque  de  Langres, 
à  la  comtesse  de  Brèves  (-I8i4-i820). 
xix"  s.  Pap.  478  et  309  feuillets. 

4708.  Généalogies  de  différentes  familles  parlementaires  pari- 
siennes. 

xviii^  s.  Pap.  <45  feuillets.  (Provient  deTurgot;  ex-libris  gravés 
de  a  Charles  de  Baschi,  marquis  d'Aubais,  »  et  de  Ph.-L.  de  Jou- 
bert.) 

4709.  Recueil  de  copies  de  pièces  pour  servir  à  l'histoire  des  xvii^ 
et  xviii'=  siècles.  («  Mal-entendu  d'Anvers,  -JdSS,  ms.  \06.  »)  «  Rela- 
tion du  voyage  du  duc  d'Anjou  aux  Pays-Bas,  »  par  «  M.  de  La 
Châtre  »  (p.  -!)•,  —  «  Recueil  de  plusieurs  lettres  concernant  le  pro- 
jet du  siège  de  Tbionville  en  -1639...  »  (p.  97);  —  «  Mémoire  sur  la 


DD   DÉPiIlTEMEi\T    DES   MANCSCRITS.  77 

généalogie  de  la  famille  de  Boulainviller,  ensemble  des  familles  qui 
y  sont  alliées  »  (p.  393);  —  «  Généalogie  de  la  maison  des  Rabots  » 
(p.  465);  —  Généalogie  de  la  famille  d'Ourches  (p.  52i)  ;  —  «  Offi- 
ciers de  la  maison  de  Rohan  »  (p.  523)  -,  —  Généalogies  des  familles 
Douglas,  Desbarre,  Brunot,  Dubourg,  Gavaignes,  de  Glermont-Ton- 
nerre,  Mesgrigny,  Saumaize,  de  Mercy,  Mallet  de  Cramenil  (p.  543)  ; 
—  a  Relazione  dell'  origine  e  parentela  délie  p[r]imarie  famiglie 
nobili  di  Roma...  ^734  »  (p.  573);  —  «  Table  généalogique  de  la 
maison  de  Grivel  de  Grossouve  d'Auroy,  »  par  Clairambauit,  -1736 
(p.  669)  ;  —  Généalogies  de  différentes  familles  italiennes  et  de  pays 
d'Empire  (p.  692)  ;  —  «  Réflexions  historiques  sur  la  mort  du  roi 
Henry  le  Grand,  extraites  d'un  ms.  écrit  de  la  main  de  M.  Augustin 
Le  Petit,  escuier,  sieur  de  Canon,  avocat  au  Parlement  de  Norman- 
die »  (p.  74^). 

xviii^  s.  Pap.  769  pages.  (Ex-libris  du  marquis  d'Aubaïs  et  de  Ph.-L. 
de  Joubert.) 

4710-4711.  «  Recherches  généalogiques  »  sur  différentes  familles 
françaises  et  étrangères  (-1750  et  -1758).  —  Il  y  aune  table  des  généa- 
logies à  la  fin  de  chaque  volume. 

xviii^  s.  Pap.  81-1  et  820  pages.  (Ex-hbris  de  Ph.-L.  de  Joubert.) 

4712.  Généalogies  des  maisons  de  Thibault  et  de  Thibout. 
xviii^  s.  Pap.  -10  feuillets. 

4713.  Recueil  de  diverses  lettres  historiques  relatives  au  règne  de 
Louis  XIII;  copie  partielle  du  ms.  28  de  la  bibliothèque  de  Salins. 

xix^  s.  Pap.  -192  pages.  (Don  de  M.  B.  Prost.) 

4714.  «  Voyage  des  Indes  orientalles  par  le  vaisseau  du  roy  le 
Maurepas,...  commandé  par  M.  le  chevalier  de  Fontenay...  »  (-1703- 
d704). 

xviiF  s.  Pap.  30  feuillets. 

4715.  «  Eloge  funèbre  de  Louis  XV,  prononcé  dans  l'église  parois- 
sialle  de  Saint-Germain  par  M.  Thomas,  recteur  de  l'hôpital  de  Vit- 
teaux,  à  Vitteaux,  le  21  juin  4  774.  » 

xviii^  s.  Pap.  15  feuillets.  (Don  de  M.  le  chanoine  Haigneré.) 

4716-4718.  a  La  Pucelle  d'Orléans,  par  M.  de  Voltaire.  » 
Trois  exemplaires,  provenant  de  la  collection  Beuchot. 
xviii«  s.  Pap.  363,  289  pages  et  ^124  feuillets. 

4719.  Recueil  de  copies  de  lettres  pour  servir  à  l'histoire  politique 
et  littéraire  du  xviii*  siècle. 


78  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

Lettres  de  et  à  Voltaire,  de  Frédéric  II,  roi  de  Prusse,  deM"'^  Geof- 
frin,  de  M"«  Clairon,  de  M""  Lecouvreur,  de  Grimm,  de  Catherine, 
impératrice  de  Russie,  de  J.-J.  Rousseau,  etc. 

xviiies.  Pap.  255  pages.  (Ex-libris  de  «  M"«  la  comtesse  de  Bois- 
gelin,  dame  de  Remiremont.  »  —  Provient  de  la  collection  Beuchot.) 

4720.  «  Gaquire,  parodie  de  Zayre,  »  de  Voltaire. 

xviri''  s.  Pap.  32  feuillets.  (Provient  de  la  collection  Beuchot.) 

4721.  a  Table  du  Catalogue  Méon,...  rédigée  par  Auguste  Vei- 
nant. » 

xix^  s.  Pap.  IX  et  376  pages.  (Provient  de  la  collection  Jullien.) 

4722.  Cahier  de  notes  autographes  de  Charles  Lenormant,  parmi 
lesquelles  on  remarque  quelques  croquis  de  monuments  et  des  copies 
d'inscriptions  antiques,  chrétiennes  et  du  moyen  âge  de  Lieusaint, 
près  Valognes,  Tours,  Angers,  Falaise  et  Guibray. 

xix«  s.  Pap.  63  feuillets. 

Grand  format. 

5274.  «  Exercices  d'une  armée  campée  en  temps  de  paix,  conte- 
nant ce  qu'on  y  doit  observer  pour  entretenir  les  troupes  dans  l'habi- 
tude de  leurs  fonctions  en  temps  de  guerre,  dédié  au  Roy  par  M.  de 
Guignard,. chevalier  de  Tordre  militaire  de  Saint-Louis,  lieutenant- 
colonei  du  régiment  d'infanterie  du  Thil  réformé.  —  -1 732.  » 

xviii''  s.  Pap.  64  pages. 

5275-5276.  Comptes  de  «  Chariot  Gasteliain,  receveur  en  la 
viconté  d'Auge,  pour...  Madame  Marie,  ducesse  d'Orléans,...  aiant  la 
garde  de  Mons.  Loys,  son  fiiz,  »  pour  les  années  ^472-^48^. 

Le  ms.  5275  contient  les  comptes  43^-59°  pour  le  terme  de  Saint- 
Michel  1472-^480;  le  ms.  5276,  les  comptes  44«-60'=  pour  le  terme  de 
Pâques  ^473-^48'^.  Ces  comptes  concernent  différentes  localités  du 
département  actuel  du  Calvados. 

xv«  s.  Parch.  388  et  323  feuillets. 

5277-5278.  «  Catalogue  général  de  la  bibliothèque  de  la  ville 
d'Aix,  département  des  Bouches-du-Rhône,  au  ^"  décembre  -18^9.  » 
xix"^  s.  Pap.  236,  2^0  et  244  pages,  et  352  feuillets. 

5279.  «  Ville  d'Alais.  Bibliothèque  publique.  Catalogue  par  ordre 
de  matières.  —  ^8^6.  » 
xix"  s.  Pap.  •15  feuillets. 


DD    DEPAHTtJIEJST    DES   MA.MSCRITS.  79 

5280.  «  Catalogue  supplémentaire  des  livres  et  ouvrages  dont  la 
bibliothèque  publique  d'Albi  a  fait  l'acquisition...  depuis  l'an  XII 
(1804).  —  Albi,  S  juillet  1813.  » 

xrx^  s.  Pap.  i  I  feuillets. 

5281.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  d'Angoulème.  —  -1844.  » 
xix^  s.  Pap.  U6  feuillets. 

5282.  «  Catalogue  général  des  ouvrages  et  volumes  composant  la 
bibliothèque  près  TÉcole  centrale  du  département  de  la  Creuse,  »  à 
Aubusson,  et  transportés  à  Guéret.  «  An  IX.  »  —  Fol.  61.  «  État  des 
livres  tirés  de  la  bibliothèque  dWubusson  pour  le  lycée  de  Limoges. 
An  XIII.  ))  —  Fol.  67.  «  État  des  livres  de  nouvelle  acquisition  par 
dons  »  à  la  bibliothèque  de  la  ville  d'Aubusson  (^816). 

XIX®  s.  Pap.  67  feuillets. 

5283.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  l'École  centrale 
du  département  du  Gers,  ))  à  Auch. 

xix^  s.  Pap.  IH  feuillets. 

5284.  «  Catalogue  méthodique  des  livres  et  ouvrages  de  la  biblio- 
thèque publique  de  la  ville  d'Auxonne,...  par  M.  Cl. -Xavier  Girault. 

—  1806.  » 

XIX®  s.  Pap.  ^45  pages. 

5285-5288.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  publique  de  la  ville 
d'Avignon,  par  ordre  de  matières.  » 

Tome  l  (3283),  Théologie;  —  tome  II  (3286),  Jurisprudence, 
Sciences  et  Arts,  Belles-Lettres;  —  tome  III  (3287),  Histoire  et 
xManuscrits;  —  tome  IV  (3288),  Catalogue  des  livres  achetés  ou 
donnés  à  la  bibliothèque  publique  de  la  ville  d'Avignon  depuis  1806, 
époque  de  l'ouverture  de  la  bibliothèque,  jusqu'au  i  "  novembre  1 813. 

xix«  s.  Pap.  396,  300,  296  et  43,  et  -18  pages. 

5289.  a  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  Bar-Ie-Duc.  — 
^82^.  » 

xix=  s.  Pap.  ^9  feuillets. 

5290.  «  Catalogue  des  ouvrages  contenus  dans  la  bibliothèque  de 
la  ville  de  Bastia  (isle  de  Corse).  —  ^8^7.  » 

XIX®  s.  Pap.  20  feuillets. 

5291.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  Baume. 

—  1807.  » 

XIX®  s.  Pap.  ^  6  feuillets. 


80  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5292.  «  Département  du  Doubs.  Ville  de  Besançon.  Catalogue  des 
livres  remis  à  la  disposition  du  maire  de  Besançon  en  exécution  de 
l'arrêté  du  gouvernement  du  8  pluviôse  an  XL  » 

XIX*  s.  Pap.  871  feuillets. 

5293.  «  Duplicata  du  catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la 
ville  de  Blois.  -1817.  —  Histoire,  Mémoires  et  Voyages.  » 

xix«  s.  Pap.  ^87  feuillets. 

5294.  a  Catalogue  général  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Bou- 
logne-sur-Mer.  » 

XIX*  s.  Pap.  147  feuillets. 

5295.  «  Catalogue  des  ouvrages  qui  composent  la  bibliothèque 
publique  du  département  de  l'Ain,  »  à  Bourg. 

XIX*  s.  Pap.  73  feuillets. 

5296.  «  Catalogue  ou  état  des  livres  de  la  bibliothèque  publique 
près  l'École  centrale  du  département  du  Cher,  à  Bourges,  -1 0  brumaire 
an  XI.  » 

XIX*  s.  Pap.  258  feuillets. 

5297.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique  de  la  ville 
de  Bruxelles,  département  de  la  Dyle.  » 

XIX*  s.  Pap.  378  feuillets. 

5298-5299.  «  Livres  et  manuscrits  qui  se  trouvent  à  la  biblio- 
thèque de  Cambrai.  —  Mars  1821.  » 
xixe  s.  Pap.  436  et  338  feuillets. 

5300.  «■  Bibliothèque  de  Carcassonne.  Catalogue  divisé  en  [cinq] 
classes...  —  1820.  « 
XIX*  s.  Pap.  547  pages. 

5301-5302.  «  Cathalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Castres.  —  1807.  »  —  «  Cathalogue  des  livres  de  la  bibliothèque 
de  la  mairie  de  la  ville  de  Castres.  » 

XIX*  s.  Pap.  42  et  32  feuillets. 

5303.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Charleville.  —  1814.  » 
XIX*  s.  Pap.  XVI  et  928  pages. 

5304-5305.  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Chartres. 
20  brumaire  an  XIIL  —  Catalogue  des  livres  réunis  à  la  bibliothèque 


DU   DÉPiRTEMENT   DES   MANUSCRITS.  i8^ 

de  la  ville  de  Chartres  depuis  l'arrêté  du  29  brumaire  an  XIII  [i  805) 
jusqu'au  V  janvier  -18-i3. 

XIX*  s.  Pap.  8-17  pages  et  6  feuillets. 

5306.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Châtillon-sur- 
Seine  (Côte-d'Or).  —  'i82^.  » 

XIX*  s.  Pap.  42  feuillets. 

5307.  «  Bibliothèque  de  l'École  centrale  du  département  de  la 
Haute-Marne,  à  Chaumont.  —  -1809.  » 

xix*  s.  Pap.  A6i  feuillets. 

5308.  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Clermont-Ferrand.  —  4818- 
^  82  f . 

XIX*  s.  Pap.  399  feuillets. 

5309.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Compiègne.  —  ■18'I9.  » 

XIX*  s.  Pap.  U  feuillets. 

5310.  Catalogue  de  la  bibliothèque  publique  de  la  ville  de  Dijon, 
xix^  s.  Pap.  93^  pages. 

5311.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Dunkerque. 
—  18^8.  » 

XIX*  s.  Pap.  42  feuillets. 

5312-5313.  «  Département  de  l'Ariège.  Cathalogue  de  la  biblio- 
thèque départementale.  »  —  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Foix, 
département  de  l'Ariège,  rétablie  en  iS\ 7  par  les  soins  de  M.  de  Ghas- 
sepot,  baron  de  Chaplaine,...  dressé  le  4*'' janvier  4818.  » 

xix^  s.  Pap.  \3  et  58  feuillets. 

5314.  a  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  la 
ville  de  Gray.  —  1820.  » 

XIX*  s.  Pap.  \0  feuillets. 

5315.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  du  dépar- 
tement de  la  Creuse,  établie  à  Guéret.  —  \S'2i.  »  ~  Cf.  le  n"  6397. 

XIX*  s.  Pap.  27  feuillets. 

5316.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  d'Ivrée.  —  1 806.  » 
XIX*  s.  Pap.  56  feuillets. 

5317.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  du  Havre 
et  venus  des  abbayes  de  Fécamp  et  du  Vallasse,  et  des  Capucins 
d'Harfleur.  —  1799.  » 

xviii«  s.  Pap.  64  feuillets. 

1894  6 


82  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5318-5319.  «  Catalogue  des  livres  qui  composent  la  bibliothèque 
du  département  de  la  Sarthe.  Tome  I.  UV2.  —  Catalogue  des  livres 
qui  sont  classés  dans  la  seconde  salle  de  la  bibliothèque  du  Mans. 
Tome  II.  ^8U.  »  Suivi  du  Catalogue  des  manuscrits,  par  M.  Re- 
nouard. 

xixe  s.  Pap.  Tome  I,  638,  20,  xiv  et  26  pages;  tome  II,  436,  v,  xi 
et  -158  pages. 

5320-5323.  Bibliothèque  de  Lille.  Catalogue  général.  Tome  IV, 
Belles-lettres-,  —  tome  V,  Histoire,  tomel;  —  tome  VI,  Histoire, 
tome  II;  —  tome  VII,  Table  des  auteurs. 

XIX*  s.  Pap.  -168,  2^2,  22^  et  U6  feuillets. 

5324.  «  Catalogue  par  ordre  de  matières  de  la  bibliothèque  de 
Limoges.  —  2-1  mai  4820.  » 

XIX*  s.  Pap.  -158  pages. 

5325.  «  Catalogue  des  livres  existant  dans  la  bibliothèque  de 
Lous-le-Saulnier,  établie  au  collège.  —  -18-18.  » 

XIX*  s.  Pap.  -1 0  feuillets. 

5326.  «  Département  de  la  Meuse-Inférieure.  Catalogue  des  livres 
composant  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Maestricht,  chef-lieu.  » 

XIX*  s.  Pap.  VIII  et  -183  pages. 

5327.  «  État  des  hvres  provenant  de  l'ancien  dépôt  du  ci-devant 
district  de  Marmande,  mis  à  la  disposition  et  sous  la  sauvegarde  de 
M.  Ducomet,  principal  du  collège  de  la  même  ville...  —  4812.  » 

xrx^  s.  Pap.  2  feuillets. 

5328.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  publique  communale  de  la 
bonne  ville  de  Montauban.  —  -1813.  » 

XIX*  s.  Pap.  70  feuillets. 

5329.  «  État  du  catalogue  des  livres  formant  la  bibliothèque  du 
collège  de  Montbéliard.  » 

XIX*  s.  Pap.  -10  feuillets. 

5330-5331.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Mou- 
lins. —  -1823.  » 
xix«  s.  Pap.  503  et  722  pages. 

5332.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique  de  la 
ville  de  Neufchàtel.  —  -1819.  »  —  Cf.  le  n°  6424. 
XIX*  s.  Pap.  -10  feuillets. 


DU  DÉPARTEMENT  DES  MANUSCRITS.  83 

5333.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Nevers.  —  -J  8-1 0.  » 
XIX*  s.  Pap.  i  32  pages. 

5334.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  Nîmes,  par 
J.-E.  de  Thomas-Lavernède,  »  —  et  «  Catalogue  des  médailles  » 
(fol.  203). 

xixe  s.  Pap.  217  feuillets. 

5335.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  commune 
de  Niort  (Ueux-Sèvres),  disposé  et  mis  en  ordre  par  F.-J.  Frigart.  — 
Niort,  4813.  » 

xix*  s.  Pap.  -102  feuillets. 

5336.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  d'Orléans,  par 
M.  Fabbé  Septier.  —  -18-18.  » 

xixe  s.  Pap.  839  feuillets. 

5337.  «  Catalogue  de  la  bibUothèque  de  Pamiers  (rétablie  en  -1 8-1 8), 
annexe  de  celle  de  Foix,  département  de  l' Ariège,  au  -1  "  janvier  4  8-1 9.  » 

XIX*  s.  Pap.  65  pages. 

5338.  «  Catalogue  de  livres  trouvés  existants  à  la  bibliothèque 
de  Périgueux,  le  -1"  février  -1 8-1-1  [jusqu'en  -1816].  » 

XIX*  s.  Pap.  78  feuillets. 

5339.  «  Catalogue  des  livres  de  FÉcole  centrale  du  département 
des  Pyrénées- Orientales,  »  à  Perpignan. 

XIX*  s.  Pap.  324  feuillets. 

5340.  «  État  général  des  livres  qui  composent  la  bibliothèque 
publique  de  la  commune  de  Poitiers  (alias  de  l'École  centrale),  extrait 
des  catalogues  des  Dépôts  littéraires.  —  -1806-1 8-1 6,  » 

xixe  s.  Pap,  265  pages. 

5341.  «  Inventaire  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  l'École 
secondaire  de  la  ville  de  Pontaiiier.  —  -1-1  vendémiaire  an  XII.  » 

XIX*  s.  Pap.  52  feuillets. 

5342.  «  Bibliothèque  communale  de  la  ville  de  Provins,  départe- 
ment de  Seine-et-Marne.  —  -18-13.  » 

XIX*  s.  Pap.  -100  feuillets. 

5343.  «  État  des  livres  extraits  de  la  bibliothèque  du  Prytanée, 
pendant  le  mois  de  messidor  an  X,  par  le  citoyen  Ripaull,  bibliothé- 
caire du  Premier  Consul,  lesquels  lui  ont  été  remis  en  vertu  d'un 
ordre  du  Ministre  de  Fintérieur,  déposé  au  secrétariat  de  l'adminis- 
tration. » 

XIX*  s.  Pap.  33  feuillets. 


84  iNOCVELLES  ACQUISITIONS 

5344.  a  Manuscrits  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Reims,  »  et 
Catalogue  des  livres  imprimés. 

xix^  s.  Pap.  38  et  -1494  pages, 

5345.  «  Bibliothèque  publique  de  la  ville  de  Rennes.  »  Catalogue 
des  manuscrits  et  imprimés.  —  •1843. 

xix^  s.  Pap.  433  feuillets. 

5346.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  du  col- 
lège de  la  ville  de  Riom.  —  4822.  » 

xixe  s.  Pap.  38  feuillets. 

5347.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  commune  de  Roche- 
fort.  —  4  820.  » 

XIX®  s.  Pap.  24  feuillets. 

5348.  a  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Rodez.  — 
4848.  » 

xix^  s.  Pap.  375  pages. 

5349.  «  Copie  du  catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique 
de  la  ville  de  Rouen.  —  4  806-484  7.  » 

xixe  s.  Pap.  404,  88,  94  et  450  pages. 

5350.  «  Copie  du  catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Saint- 
Quentin  (Aisne).  —  4  84  8.  » 

XIX®  s.  Pap.  342  pages. 

5351.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  Senlis.  — 
4  84  9.  » 

xixe  S.  Pap.  50  feuillets. 

5352.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Soissons.  » 
XIX®  s.  Pap.  544  pages. 

5353.  a  Bibliothèque  publique  de  Toulon.  —  4  807.  »  Catalogue. 
XIX®  s.  Pap.  89  feuillets. 

5354-5367.  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Toulouse. 

5354.  tt  Catalogue  des  mss.  sur  vélin  et  sur  papier  de  la  grande 
bibliothèque  de  Toulouse.  »  00  pages.  —  5355-5357.  «  Catalogue 
de  la  grande  bibliothèque  de  la  ville  de  Toulouse,  »  selon  Tordre  des 
salles.  484  6.  Dauza  biljliolliécaire.  325,  362  feuillets  et  544  pages. 
—  5358-5367.  <c  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique, 
dite  du  Clergé  de  Toulouse.  »  (4  0  volumes.)  370,  4  94,  323,  448, 463, 
430,  405,  426,  245  et  324  pages. 

XIX®  s.  Pap.  44  volumes. 


DD   DEPiRTEME'VT   DES   MANUSCRITS.  85 

5368.  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique  de  la  ville 
de  Valenciennes. 
XIX*  s.  Pap.  202  pages. 

5369-5370.  «  Manuscrits  de  la  bibliothèque  de  l'École  centrale 
du  département  de  Loir-et-Cher,  à  Vendôme,  l'an  V®.  «  (-1797.)  — 
5370.  «  Catalogue  des  livres  »  imprimés  de  la  même  bibhothèque. 
(Double  exemplaire  des  deux  catalogues.) 

xviii^  s.  Pap.  -17  et  -105  pages,  et  47  feuillets. 

5371.  Recueil  de  pièces  diverses,  rangées  chronologiquement; 
originaux  et  copies  (i  408-1 845).  —  Généalogie  de  «  Jean  de  Greiliy 
de  Foix,  vicomte  de  Castelbon  »  (fol.  -I).  —  «  La  première  intelli- 
gence des  cantons  des  ligues  de  Suisse  avec  Charles  VII«,  roy  de 
France,  faite  l'an  U52  pour  durer  à  perpétuité,  »  -1452-1453  (fol.  2). 
—  Lettres  des  «  consuls  de  Perpignan  [et  du  vicomte  de  Rode]  à 
Madame  de  Bourbon,  luy  mandent  qu'ils  veulent  demeurer  sujets 
du  Roy  et  ne  se  point  rendre  au  roy  d'Espagne,  »  4  juin  -1 493  ;  copies 
(fol.  6).  —  Lettre  de  Charles  YIII  à  Pierre,  duc  de  Bourbon,  lui 
ordonnant  de  remettre  à  Louis  d'Amboise,  évêque  d'Albi,  «  le  chas- 
tel  et  place  de  Perpignan,  pour  après  en  faire  la  délivrance  »  au  roi 
d'Espagne  (7  juillet  -1493)  ;  copie  (fol.  8).  —  Lettre  de  don  Juan  d'Au- 
triche à  Philippe,  comte  d'Egmont  (30  oct.  -1578);  copie  inachevée 
(fol.  9).  —  Acte  d'accusation  de  Louis  de  Marillac,  maréchal  de 
France;  original,  signé  :  «  Morel,  de  La  Rochefoucaut  »  (fol.  \0).  — 
a  Extraict  des  registres  de  la  Chambre  souveraine  establie  par  le 
Roy  à  Rueil-en-Parisis,  »  relatif  au  procès  et  à  l'exécution  du  maré- 
chal de  Marillac,  en  ^632  (fol.  32).  —  Érection  par  Louis  XIV  de  la 
ferme  de  «  la  Potterie,  »  près  Évreux,  en  demi-fief  noble  de  haubert, 
en  faveur  de  Mathurin  Le  Gousturier,  lieutenant  général  au  bailliage 
d'Évreux  (octobre  -1647)  ;  photographies  (fol.  34).  —  Deux  lettres  de 
saint  Vincent  de  Paul  à  M,  Horcholle,  curé  de  Neufchâtel  (i"  avril 
et  2  sept.  -1650);  calques  (fol.  36).  —  Lettre  de  Christine,  reine  de 
Suède,  à  M.  Ghanut,  relative  à  son  abdication  (28  février  -1654); 
copie  (fol.  40).  —  Contrat  entre  Matthieu  Selle,  maître  tapissier  de 
haute-hsse,  demeurant  à  Paris,  rue  Neuve-Saint-Merry,  et  Elisabeth 
de  Vendôme,  duchesse  de  Nemours,  pour  la  réparation  de  huit  pièces 
de  tapisserie  de  Bruxelles;  avec  caution  et  acquit  (1656 --1657) 
(fol.  42).  —  Lettre  de  M'"^  de  Sévigné  au  président  de  Moulceau 
(7  janvier  -1687);  fac-similé  (fol.  44).  ~  Discours  adressé  au  roi 
Guillaume III,  Tan  I70^ ,  à  propos  de  la  reconnaissance  par  Louis  XIV 


86  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

du  prince  de  Galles,  fils  de  Jacques  II,  comme  roi  d'Angleterre,  sous 
le  nom  de  Jacques  III;  copie  (fol.  46).  —  Harangue  des  seigneurs 
anglais  à  Guillaume  III,  en  janvier  -1702,  et  réponse  du  roi;  copie 
(fol.  47).  —  Lettre  de  Louis  XIV  à  Philippe  V,  roi  d'Espagne  (23  jan^ 
vier  'f702)-,  «  Décret  du  roy  d'Espagne,  du  2  février  n02,  sur  son 
voyage  de  Naples;  »  Lettre  de  Philippe  V  au  marquis  de  Bedmar 
(5  février  1702)  sur  le  même  sujet;  copies  (fol.  48).  —  «  Chiffres 
communs  entre  M.  le  prince  de  Monaco,  ambassadeur  extraordinaire 
de  S.  M.  à  Rome,  et  M.  le  comte  de  Tallard,  ambassadeur  extraordi- 
naire de  S.  M.  en  Angleterre,  et  M.  de  Bonrepaux,  aussy  ambassa- 
deur extraordinaire  de  S.  U.  à  la  Haye;  »  copie  (fol.  49).  —  Note 
sur  la  manière  dont  les  peintres  chinois  préparent  le  bleu  et  le  vert 
(fol.  53).  —  «  Deux  desseins  du  frère  Attiret,  »  esquisses  au  crayon 
destinées  à  être  présentées  à  l'empereur  de  Chine  (fol.  56).  —  «  Copie 
de  la  lettre  que  S.  A.  E.  de  Cologne  a  écrite  au  chapitre  de  Stras- 
bourg [et  de  la  résignation  de  la  prébende  du  chapitre  de  Strasbourg]  ; 
Valenciennes,  ce  2^  d'octobre  '17'I7  »  (fol.  58).  —  «  Paritez  réci- 
proques de  la  livre  numéraire  ou  de  compte,  instituée  par  l'empereur 
Charlemagne,  proportionnément  à  l'augmentation  arrivée  sur  le  prix 
du  marc  d'argent  depuis  son  règne  jusqu'à  celuy  de  Louis  XV  » 
(fol.  62).  —  «  État  des  tuez  et  blessez  de  la  maison  du  Roy  à  l'affaire 
de  Detlingen,  »  27  juin  -1743  (fol.  63).  —  Lettre  de  «  P.  Saumaise- 
Chasans  »  (^745);  copie  (fol.  64).  —  Lettre  de  Trudaine  au  sujet 
d'un  traité  de  commerce  avec  la  Hollande  (6  déc.  -1754)  (fol.  65).  — 
Lettre  de  Ph.  de  Changy  à  M.  Truitat,  notaire  à  Paris  (3  févr.  <756) 
(fol.  67).  — Déclarations  de  Tabbé  d'Aydie,  au  sujet  de  ses  ressources 
(Périgueux,  28  février  -1790);  copies  (fol.  69).  —  Liste  de  livres 
composant  la  «  bibliothèque  d'un  magistrat  »  (fol.  7^).  —  Lettre  de 
Genet-Campan  à  M'"=  Joséphine  Rogé,  à  Cambray  (Écouen,  -15  nov. 
■18-13)  (fol.  73).  —  Lettre  de  L.  Aimé-Martin  à  Barbier,  bibliothécaire 
du  Roi  et  du  Conseil  d'État  (\2  mars  -1813)  (fol.  73).  —  Brouillon 
de  l'abdication  de  Napoléon  I"  à  Fontainebleau  ;  photographie  d'un 
calque  (fol.  76).  —  Lettre  de  Ed.  Bignon  au  duc  d'Otrante  (13  juil- 
let -18^3)  (fol.  78);  suivie  d'une  note  relative  à  rechange  de  vues 
entre  Wellington,  Bliicher  et  les  commissaires  français  au  sujet  de 
la  garantie  des  propriétés  publiques,  musées,  bibliothèques,  etc. 
(fol.  79).  —  Lettre  du  général  Daumesnil  à  sa  femme  (fol.  83).  — 
Seize  vers  d'Alfred  de  Vigny  :  «  Eloa.  Son  beau  sein,  comme  un  Ilot 
qui  sur  la  rive  expire...  »  (avril  -1834)  (fol.  84).  —  Lettre  de  Guizot 
à  Jean  Kolettis,  ministre  de  Grèce  (-17  avril  -1843)  (fol.  85). 
xvi''-xix°  s.  Pap.  86  feuillets. 


DU  DÉPARTEMENT  DES  MANUSCRITS.  87 

5372-5381.  Papiers  et  notes  du  compositeur  Léon  Kreutzer 

(^8^-^868). 

xrxe  s.  Pap.  ^64  feuillets,  375  pages,  ^52,  -150,  457, 156,  96,  iSi, 
48  et  539  feuillets.  (Don  de  M.  Arthur  Rhône.) 

5382.  Recueil  de  pièces  et  fragments  de  pièces  (xiiie-xviii^  siècles), 
parmi  lesquelles  on  remarque  :  Inventaire  des  biens  de  «  Jehan  de 
Lelambe  »  (xiii^  s.)  (fol.  2);  —  Quittance  de  «  Jehans  Escos,  cha- 
pelains monseigneur  Mahieu  de  Roye  »  [i  8  sept,  i  288)  (fol.  3)  ;  — 
Don  par  Charles  V  de  droits  de  garde  dus  au  vicomte  de  Caen  pour 
le  fief  d'Anisy  (•14  août  1366)  (fol.  5);  —  «  Amendes  et  exploiz  du 
bailliage  de  Constantin,  du  siège  de  Coustances  »  {iA0i-HQ2)  (fol.  7)  ; 

—  État  de  réparations  à  faire  au  château  de  Pezenas  (1455)  (fol.  U); 

—  Quittance  d'  «  Ambroys  Perret,  maistre  menuisier,  demeurant  à 
Paris,  »  pour  des  «  ouvraiges  de  menuiserie  par  luy  faictz  de  neuf 
pour  le  Roy...  en  son  chasteau  de  Fontainebleau  »  (30  juillet  -1559) 
(fol.  16)  ;  —  Trois  pièces  relatives  à  la  bourse  et  chapelle  fondées 
par  Martial  Galichier,  docteur  régent  en  l'Université  de  Paris,  dans 
l'église  collégiale  de  Saint-Nicolas-du-Louvre  (1577-1650)  (fol.  18); 

—  Arrêt  relatif  aux  aliénations  faites  de  «  places  et  édifices  sis  sur 
les  remparts,  fossés  et  contrescarpes  »  de  Paris  (7  avril  1 682)  (fol.  21)  ; 

—  Inventaire  d'une  église  (fragment  du  xvi^-xvii^  s.)   (fol.  25)  ; 

—  «  Déclaration  des  héritages  appartenans  à  Martin  Sinet,  vigne- 
ron, demeurant  à  Chenevières,  paroisse  de  Conflans  »  (xvi^-xvii''  s.) 
(fol.  27). 

xiii^-xviii^  s.  Parch.  31  feuillets. 

5383.  Recueil  de  pièces  concernant  le  Mesnil-en-Vimeu,  Saint- 
André  de  Clarbec,  Notre-Dame  de  Goustranville,  Saint-Gabriel  de 
Valsemé,  Saint-Clair  en  la  vicomte  de  Pont-FÉvêque,  le  duché  de 
Gisors,  le  marquisat  de  Bizy,  la  forêt  de  Vernon,  les  Andelys  et 
Pacy-sur-Eure  (1407-1762). 

xv*-xviii«  s.  Parch.  20  feuillets. 

5384.  Recueil  de  pièces  relatives  à  la  mission  des  abbés  Sevin  et 
Fourmont  en  Orient  (1728-1730).  —  Correspondance,  mémoires, 
instructions,  catalogues  de  manuscrits  grecs  et  orientaux  acquis  pour 
la  Bibliothèque  du  roi.  —  Projet  de  voyage  en  Orient  des  Bénédic- 
tins. —  Lettres  de  M.  de  Bonnac,  du  marquis  de  Villcneufvc,  de 
Zaïd-Aga,  Péleran  (d'Alep),  Guérin  (de  Srayrne),  etc.  (1719-1739). 

xviii^  s.  Pap.  296  feuillets. 


88  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5385.  Papiers  et  correspondance  de  Jean  Otter,  relatifs  au  com- 
merce avec  la  Perse  (-l  739-'!  744). 

xviri^  s.  Pap.  ^3^  feuillets. 

5386.  Recueil  de  fragments  de  manuscrits  (xiii^-xv^  siècles).  — 
Fragments  d'une  traduction  française  de  la  Bible  (livre  IV  des  Rois 
et  livre  II  des  Macchabées),  ayant  appartenu  à  Nie.  Bloussart,  rec- 
teur de  Saint-Leonoc,  au  diocèse  de  Dol  (xiv^  s.)  (fol.  -1)  -,  —  Épitre 
de  saint  Paul  aux  Romains,  ch.  v-ix  (xiii«  s.)  (fol.  ^12)  ^  —  Fragments 
de  la  traduction  des  Éthiques  d'Aristote  par  Nicole  Oresme  (xiv*  s.) 
(fol.  -15);  —  Histoire  universelle  depuis  Adam  jusqu'à  Louis  XI, 
dauphin  (fol.  -16);  —  Méraugis  [Romania,  XIX,  459-462]  (xiii"  s.) 
(fol.  24)  ;  —  Évangiles  selon  saint  Matthieu  (xxvi-xxviii)  et  saint 
Marc  (i)  [Bomania,  XVIII,  430-438]  (xiv'  s.),  en  provençal  (fol.  31). 

xiii'^-xv^  s.  Parch.  3^  feuillets. 

5387-5390.  Notes  généalogiques  et  historiques  relatives  aux 
commissaires-examinateurs  au  Ghâtelet  de  Paris  et  à  différents  con- 
seillers au  Parlement  et  à  la  Chambre  des  comptes,  etc. 

xviii«  s.  Pap.  367,  309,  435  et  388  feuillets. 

5391.  Relation  de  la  visite  de  la  grotte  de  l'île  d'Antiparos  par  le 
marquis  de  Nointel  (^673). 

xvii^  s.  Pap.  36  feuillets. 

5392.  Documents  sur  le  maréchal  de  Boufflers  et  sur  sa  famille, 
xviii^  s.  Pap.  412  feuillets.  (Don  de  M.  le  vicomte  de  Grouchy.) 

5393.  Recueil  de  pièces  concernant  la  famille  Le  Valois  d'Esco- 
ville  [Calvados]  (4568-1791). 

Originaux  et  copies;  on  y  remarque  des  lettres  de  François  de 
Montmorency;  Henri  de  Bourbon,  duc  de  Montpensier;  Henri  IV;  le 
maréchal  d'xVncre;  Henri  d'Orléans,  marquis  de  Rothelin;  Henriette- 
Marie,  reine  d'Angleterre;  Henri  d'Orléans,  duc  de  Longueville; 
Louis  XIII;  Louis  de  Bourbon,  prince  de  Condé;  Anne  d'Autriche; 
Louis  XIV;  Gaston  d'Orléans-,  le  cardinal  Mazarin;  César  de  Bour- 
bon, duc  de  Vendôme  ;  le  marquis  de  Montauzier  ;  Louis  XV  ;  le  duc 
de  Ghoiseul  ;  le  duc  de  La  Vallière  ;  le  prince  Camille  de  Rohan  ; 
Louis  XVI,  etc. 

xvi''-xviii''  s.  Pap.  et  parch.  250  feuillets. 

5394.  Recueil  de  pièces  des  xirr-xvi^  siècles. 

On  y  remarque  deux  actes  de  vente  de  bourgeois  de  Salins,  1251 
(fol.  1);  —  Enquête  faite  par  Tordre  de  Mahaul,  comtesse  d'Artois, 


DU   DÉPiRTEMEM   DES   MANUSCRITS.  89 

en  la  terre  de  Langle,  près  Saint-Omer,  -1329  (fol.  3)  ;  —  Compte  de 
serrurerie  faite  au  château  de  Vie,  pour  Jean  le  Bon,  comte  d'Au- 
vergne, vers  ^350  (fol.  7);  —  Mémoire  de  André  d'Albaigne,  Luc- 
quois,  adressé  au  roi  Henri  II,  lui  proposant  la  conquête  de  «  grand 
estendue  de  terres  et  royaulmes  abondans  et  riches  en  or,  argent, 
pierres,  drogueries  et  espiceries,  »  en  Afrique  (fol.  ■H);  —  enfin 
trois  pièces  concernant  des  musiciens  et  orfèvres  (1.569-^650). 
xrii*-xvi^  s.  Parch.  et  pap.  ^o  feuillets. 

5395.  Recueil  de  mémoires,  lettres,  règlements,  etc.,  relatifs  au 
Collège  de  France  (ITIO-nsT)  ;  et  projet  d'union  du  Collège  avec  la 
Bibliothèque  du  roi. 

xviii®  s.  Pap.  •ITS  feuillets. 

5396.  Recueil  de  chartes,  en  provençal,  relatives  à  différentes 
localités  de  l'arrondissement  de  A'^illefranche-de-Rouergue  (•1264- 
1370). 

xiii«-xv^  s.  Parch.  47  pièces. 

5397.  Correspondance,  états,  devis,  papiers  divers  relatifs  aux 
marbres  destinés  aux  constructions  du  château  de  Versailles  sous 
Louis  XIV  (J  683-4  698). 

XVII®  s.  Pap.  424  feuillets. 

5398.  Recueil  de  pièces  sur  les  Colonies  françaises  au  xviri*  siècle. 

On  y  remarque  différentes  pièces  sur  les  îles  de  France  et  Bour- 
bon (4  772-1773)  (fol.  4);  —  sur  les  Colonies  françaises  de  l'Amé- 
rique (fol.  24)  ;  —  Canada  (fol.  40)  ;  —  Louisiane  (fol.  48)  ;  —  Saint- 
Domingue  (fol.  53)  ;  —  La  Martinique  (fol.  66)  ;  —  La  Guyane,  avec 
plusieurs  pièces  relatives  au  chevaUer  Turgot  (fol.  404). 

xFiii*  s.  Pap.  4  99  feuillets. 

5399.  Ordonnances,  édits,  lettres  patentes,  déclarations,  arrêts 
et  règlements  concernant  la  marine  et  les  colonies  françaises,  sous 
les  règnes  de  Louis  XIV  et  de  Louis  XV  (4  663-4  769). 

A  la  fin  (fol.  306)  :  «  Matériaux  pour  servir  à  l'histoire  des  finances 
de  la  marine  depuis  l'année  4  678  jusqu'en  4  844.  » 
xvii^-xix«  s.  Pap.  349  feuillets. 

5400.  tt  Chartrier  pour  Constant  Le  Gentil,  écuyer,  sieur  de  Pien- 
court,...  »  avec...  portraits  de  divers  membres  de  la  famille  Le 
Gentil,  peints  «  par  M^ Marin  Le  Bourgeoys,...  painctre  ordinaire  du 
roy  Henry  IV^..  »  Lisieux,  4588-4594  et  4646. 

xvi«-xvii«  s.  Parch.  44  feuillets.  Peintures. 


90  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5401-5815,  Anciens  catalogues  de  la  Bibliothèque  du  Roi  et  de 
différentes  collections  qui  sont  venues  l'accroître  aux  xvii^,  xvm^  et 
xrx^  siècles. 

4^5  volumes,  sur  papier,  la  plupart  de  format  in-folio,  provenant 
de  l'ancien  fonds  des  Catalogues. 

5401.  «  Godices  manuscripti  latini,  gallici,  italici,  hispanici.  »  —  Cata- 
logue, de  la  main  de  Clément,  de  721  manuscrits  de  la  bibliothèque 
du  Roi,  qui  ne  figuraient  pas  au  catalogue  de  Dupuy.  —  106  feuillets. 

5402.  «  Catalogus  librorum  manuscriptorum  hebraicorum,  syriacorum, 
arabicorum,  turcicorum,  persicorum,  graecorum,  latinorum,  italico- 
rum,  gallicorum,  etc.,  Bibliothecas  Regiae,  »  par  Clément  (1680).  — 
Fol.  761.  Concordances  des  anciens  numéros  des  catalogues  de  1645, 
de  Dupuy  et  de  Mazarin,  avec  ceux  du  catalogue  de  Clément.  — 
803  feuillets. 

5403.  Catalogue  des  manuscrits  arabes  de  la  Bibliothèque  du  Roi,  par 
Pierre  Dipy,  d'Alep.  (N°s  368-1228.)  —  Imprimé,  en  abrégé,  par 
Moutfaucon  dans  sa  Bibliotheca  bibliothecarum  tnss.  nova  (II,  714  et 
suiv.).  —301  feuillets.  (Ane.  f.  des  Traductions,  n- 121.  —  Arabe  4484.) 

5404.  Catalogue  des  manuscrits  arabes  et  persans  de  la  Bibliothèque  du 
Roi,  par  Pierre  Dipy,  d'Alep,  et  Pétis  de  la  Croix.  (N"'  368-1228  et 
1472-1609.)  —  Copie  abrégée,  par  François  Barout,  datée  de  1718, 
des  mss.  5403  et  5405,  ayant  appartenu  à  Eusèbe  Renaudot  et  léguée 
par  lui  en  1720  à  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés.  —  56  et  86  feuil- 
lets. (Ane.  f.  des  Traductions,  n°  122.  —  Arabe  4485.) 

5405.  Catalogue  des  manuscrits  turcs  et  persans  de  la  Bibliothèque  du 
Roi,  par  Pierre  Dipy,  d'Alep,  et  Pétis  de  la  Croix.  (N°^  1229-1471  et 
1472-1610.)  —  255  feuillets.  (Ancien  fonds  des  Traductions,  n"  121  bis.) 

5406.  a  Turcici  [et  Persici]  Bibliothecae  Regiee  codices  manuscripti,  in 
catalogum  latina  versione  a  Francisco  La  Croix  Petis,  Régis  inter- 
prète, redacti.  »  (N»»  1229-1471  et  1472-1610.)  —  122  feuillets. 

5407.  «  Catalogus  manuscriptorum  arabicorum,  turcicorum  et  persico- 
rum Bibliothecae  Regipe,...  opéra  Fra.  Barout,  Bibliothecœ  Regiœ 
interprctis.  »  (N^^  368-492  seulement  des  mss.  arabes.)  —  41  feuillets. 

5408.  Catalogue  des  manuscrits  syriaques  et  arabes  de  la  Bibliothèque 
du  Roi,  par  E.  Renaudot.  (N^^  283-309  et  368-1228.)  —  369  feuillets. 

5409.  «  Catalogue  par  matières  des  manuscrits  françois,  italiens,  espa- 
gnols, allemans,  etc.,  de  la  Bibliothèque  du  Roy,  fait  en  l'année  1714 
[par  J.  Boivin].  —  Catalogue  alphabétique  des  mêmes  manuscrits.  » 
Copie  de  Buvat.  —  178  feuillets. 

5410.  «  Catalogus  librorum  manuscriptorum  hebraicorum,  syriacorum, 
arabicorum,  turcicorum,  persicorum,  graecorum,  latinorum,  italico- 
rum,  gallicorum,  etc.  Bibliothecœ  Regiœ.  »  —  (1729.) 


DU   DEPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  94 

Les  notices  de  plusieurs  manuscrits  entrés  postérieurement  à  la 
rédaction  du  catalogue  ont  été  ajoutées  au  verso  de  différents  feuillets, 
suivant  l'ordre  méthodique. 

Page  1120.  «  Manuscrits  de  Secousse  et  de  Sainte-Palaye.  »  (Avec 
une  concordance  des  numéros  de  ces  mss.  aujourd'hui  dans  la  collec- 
tion Moreau.) 
Page  1121.  «  Manuscrits  de  Brienne.  j 

Page  1135.  «  Mémoire  des  manuscrits  et  papiers  trouvez  dans  le 
cabinet  de  feu  M.  de  Mézeray,  et  remis  par  ordre  du  Roy  dans  la 
Bibliothèque  de  Sa  Majesté  entre  les  mains  de  M.  l'abbé  Galloys,  par 
M.  Girardin,  lieutenant  civil,  le  18  novembre  1683.  »  —  1137  pages. 

5411.  «  Catalogue  des  manuscrits  français,  italiens,  espagnols  et  en 
autres  langues  modernes  de  la  Bibliothèque  royale.  Ancien  fonds. 
Copié  en  1835  et  1836...  sur  le  Catalogue  général  dressé  en  1729  et 
1730.  »  —  234  feuillets. 

5412.  Concordances  des  anciens  numéros  des  manuscrits  grecs  du  cata- 
logue de  1682  (Regii),  et  des  fonds  de  Gaignières,  Delamare,  Baluze, 
Colbert,  de  Mesmes,  de  Boze,  de  Targny  et  des  Nouvelles  acquisitions, 
avec  les  numéros  du  catalogue  imprimé  de  1740  (et  vice  versa).  — 
58  feuillets. 

5413-5414.  Concordances  des  anciens  numéros  des  manuscrits  latins 
du  catalogue  de  1682  {Regii)  et  des  fonds  de  Gaignières,  Delamare, 
Baluze,  Colbert,  de  Mesmes,  Lancelot,  Saint-Martial,  de  Boze,  Cangé, 
Drouin,  de  Targny,  de  Noailles  et  des  Nouvelles  acquisitions,  avec 
les  numéros  du  catalogue  imprimé  de  1740.  —  Le  second  volume 
contient  la  contre-partie  des  concordances  précédentes.  —  59  et 
49  feuillets. 

5415.  Catalogue  de  manuscrits  français  et  en  langues  modernes,  qui 
semblent  avoir  formé  le  noyau  du  Supplément  français  des  manus- 
crits de  la  Bibliothèque  du  Roi.  Il  est  intitulé  :  «  Manuscrits  de  dif- 
férentes acquisitions  et  en  différentes  langues.  Aoust  1756.  »  — 
232  pages. 

5416.  Catalogue  de  manuscrits  latins  [et  français]  provenant  des  biblio- 
thèques des  Augustins  déchaussés.  Capucins  de  Saint-Honoré,  Feuil- 
lants, Jacobins  de  Saint-Honoré  et  de  Saint-Jacques,  Récollets.  — 
Les  notices  de  ces  mss.  formant  deux  séries  (latins  et  français)  ont 
été  rédigées  en  latin  par  C.-B.  Hase.  —  399  feuillets. 

5417.  «  Index  alphabeticus  codicum  manuscriptorum  ex  monasteriis 
PP.  Fuliensium  S.  Bernardi,  Jacobi  ad  S.  Jacobi,  Jacobi  ad  S.  Hono- 
rati,  Augustinurum  discalceatorum,  RecoUectorum,  Capucinorum  in 
vico  Divi  Honorati,  in  Bibliothecam  Caesaream  illatorum,  [auctore 
G.-B.  Hase].  —  Index  double  pour  les  mss.  latins  et  français;  on  a 
ajouté  les  numéros  des  mss.  du  Supplément  français.  —  35  feuillets. 


92  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5418-5419.  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  des  princes  de 
Gondé,  transportés  à  la  Bibliothèque  nationale,  rendus  au  prince  de 
Condé  et  aujourd'hui  à  Chantilly.  —  Tome  I,  n»»  1-363;  tome  II, 
nos  364-731.  —  182  et  206  feuillets. 

5420.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  la  Belgique,  du  Dépôt  national 
littéraire  aux  ci-devant  Cordeliers,  par  le  cit.  Poirier,  membre  du 
Conseil  de  conservation  des  objets  d'arts  et  de  sciences,  l'an  IV  de  la 
République. 

Hébreux,  arabes,  chinois  imprimés  et  mss.  concernant  la  Chine, 
slavon,  grecs,  latins  [et  français].  —  Ces  mss.  ont  été  transportés 
à  la  Bibliothèque  nationale,  le  2  floréal  an  IV  de  la  République, 
21  avril  1796,  vieux  style.  » 

Avec  deux  suppléments  (fiches  montées),  l'un  par  La  Porte  du  Theil, 
Mouchet  et  Méon,  l'autre  de  Parquoy.  —  272  feuillets. 

5421-5424.  Catalogues  de  «  manuscrits  de  la  Belgique,  »  par  Méon. 
I.  Notices  de  353  mss.  latins  de  la  Belgique,  du  dépôt  des  Corde- 
liers (357  fiches).  —  II-III.  Notices  de  366  et  352  mss.  latins  de  la 
Belgique,  du  dépôt  de  la  rue  Saint-Marc  (162  et  359  fiches).  — 
IV.  Notices  de  608  mss.  français  et  en  langues  modernes  de  la  Bel- 
gique (643  fiches). 

5425.  «  Codices  latini  Vaticani.  »  Notes  de  Mouchet.  —  56  feuillets. 

5426.  Catalogue  de  manuscrits  des  Suppléments  grec,  latin,  français  et 
langues  modernes  de  la  Bibliothèque  nationale.  (1,063  numéros.)  — 
39  feuillets. 

5427-5431.  Catalogue  des  manuscrits  de  l'ancien  Supplément  de  la 
Bibliothèque  nationale. 

La  plus  grande  partie  des  notices  sont  de  La  Porte  du  Theil  ;  il  y 
en  a  quelques-unes  de  Hase  et  de  l'abbé  Lespine. 

I  (5427).  Nos  1.364.  302  feuillets.  —  II  (5428).  Nos  365-579.  392  feuil- 
lets. —  III  (5429).  Nos  580-899.  321  feuillets.  —  IV  (5430).  Nos  900- 
1217.  354  feuillets.  —  V  (5431).  Nos  1218-1374.  335  feuillets. 

5432,  Tables  alphabétiques  du  catalogue  précédent,  par  C.-B.  Hase. 
Index  rerum.  I.  Auctores  latini.  — IL  Auctores  linguarum  recentio- 
rum.  —  Pars  II.  —  282  feuillets. 

5433.  Catalogues  de  divers  fonds  orientaux,  par  M.  Reinaud  :  «  Manus- 
crits orientaux  provenant  de  feu  M.  Schultz  (p.  1);  —  Livres  et 
manuscrits  orientaux  venus  d'Alger  (p.  5);  —  Manuscrits  arabes, 
persans  et  turcs  de  Du  Caurroy  (p.  13)  ;  —  Manuscrits  orientaux  du 
fonds  Anquetil  (p.  21  et  35);  —  Manuscrits  persans  du  fonds  Brueys 
(p,  37);  —  Manuscrits  persans  du  fonds  Gentil  (p.  43);  —  Manuscrits 
du  supplément  arménien  (p.  51  et  135);  —  Manuscrits  géorgiens 
(p.  59)  ;  —  Manuscrits  éthiopiens  (p.  63)  ;  —  Manuscrits  coptes  (p.  85)  ; 


DO  DEPARTIÎMENT   DES   MANUSCaiTS.  93 

—  Manuscrits  malays  et  javanais,  par  M.  Éd.  Dulaurier  (p.  91)  ;  — 
Manuscrits  slaves,  par  le  D"-  Ritstich,  de  Belgrade  »  (p.  183).  — 
194  pages. 

5434.  «  Catalogue  des  manuscrits  hébreux,  syriaques,  arabes,  persans, 
turcs,  coptes,  éthiopiens  et  autres  manuscrits  orientaux,  provenant 
de  la  bibliothèque  de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  par  Sil- 
vestre  de  Sacy.  » 

P.  113.  «  Catalogue  des  manuscrits  orientaux  provenant  de  l'an- 
cienne maison  de  Sorbonne,  par  M.  Reinaud.  »  —  P.  157.  «  Cata- 
logue des  manuscrits  orientaux  provenant  de  l'ancien  couvent  de 
l'Oratoire,  par  M.  Reinaud.  »  —  214  pages. 

5435.  «  Cathalogus  librorum  qui  arabice  manuscripti  in  bibliotheca 
illustrissimi  domini  D.  Pétri  Seguier,  supremi  régis  regnique  Gal- 
liae  cancellarii,  asservantur,  »  auctore  Fr.  Elzeario  Sanxiensi,  reli- 
gioso  ordinis  Gapucinorum  et  missionario  apostolico  in  Oriente.  (1657.) 

L'auteur  a  ajouté  à  la  fin  (fol.  98)  un  «  Ordo  librorum  turcicè  per- 
sicèque  mss.  »,  et  (fol.  102)  un  autre  «  Ordo  librorum  copticè,  arabi- 
copticèque  mss.  » 

xvii«  s.  Pap.  103  feuillets,  in-fol.  Rel.  mar.  rouge,  aux  armes  de 
Séguier.  (Prov.  de  Saint-Germain-des-Prés.  —  Ancien  fonds  des 
Traductions,  n"  124.  ~  Arabe  4483.) 

5436.  «  Catalogus  manuseriptorum  orientalium  bibliothecae  S.  Germani 
a  Pratis,  ab  illustrissimis  DD.  Petro  Seguier  et  Eusebio  Renaudot 
legatorum,  in  quo  pro  codicibus  Seguierianis  indicatur  catalogus 
alter  specialis,  rubra  pelle  compactus,  necnon  Seguierianis  insigniis 
distinctus.  »  —  Cf.  le  ms.  précédent. 

(680  articles.)  —  A  la  fin  :  «  Voir  le  Supplément  dans  le  catalogue 
du  citoyen  Sylvestre-Sacy.  »  —  18  feuillets.  (Ancien  fonds  des  Tra- 
ductions, n»  125.) 

5437.  «  Catalogue  des  manuscrits  orientaux  de  la  bibliothèque  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  fait  après  l'incendie  de  la  bibliothèque  des  impri- 
més (au  mois  d'août  1794,  v.  st.),  par  le  citoyen  Sylvestre-Sacy... 
1795.  ,)  _  46  feuillets.  (Ancien  fonds  des  Traductions,  n"^  126.) 

5438.  Abrégé  du  précédent  catalogue.  —  14  feuillets. 

5439.  Minute  du  catalogue  de  Silvestre  de  Sacy.  —  33  feuillets. 

5440.  «  Catalogue  of  Books  in  the  Sanscrita  Language  and  Devanagari 
Charactcr  in  the  National  Library  of  France,  »  par  Alexandre  Hamil- 
ton.  (Complété  et  publié  en  français  par  Langlès.  Paris,  1807,  in-8°.) 
—  Suivi  des  notices  des  mss.  de  l'Extrême-Orient  entrés  à  la  Biblio- 
thèque de  1808  à  1816. 

Fol.  13.  «  Manuscrits  orientaux  de  feu  M.  Anquetil  Du  Perron, 
acquis  au  mois  de  prairial  an  13«.  » 


94  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

Fol.  18.  «  Note  des  mss.  orientaux  achetés  à  M.  Brueys,  résident 
francois  à  Surate,  au  mois  de...  » 

Fol.  21.  «  Manuscrits  envoyés  de  Faizabad,  au  nord  du  Bengale, 
par  M.  Gentil,  chevalier  de  Saint-Louis,  chargé  des  affaires  du  Roy 
auprès  du  Nabab  de  Oud,  et  déposés  à  la  Bibliothèque  du  Roi 
en  1777.  » 

Fol.  26.  «  Manuscrits  de  missionnaires  en  Chine,  acquis  par  la 
Bibliothèque  du  Roi  en  juillet  1820.  » 

Fol.  28.  «  Supplément  au  catalogue  des  mss.  samskrits  d'Hamil- 
ton.  Fonds  Polier,  »  —  et  (fol.  28  V)  «  Fonds  Anquetil.  » 

Fol.  28  v°.  «  Catalogue  des  manuscrits  samskrits  en  caractères 
telingas.  » 

Fol.  35.  «  Pièces  relatives  à  l'histoire  et  à  la  littérature  de  l'Orient 
faisant  partie  du  Supplément  placé  dans  la  salle  des  Titres,  »  ou  dans 
le  fonds  de  Saint-Germain  et  les  divers  petits  fonds.  —  49  feuillets. 
(Ancien  fonds  des  Traductions,  n"  129.) 
5441.  Catalogues  de  divers  fonds  orientaux.  «  Notices  sur  quelques 
manuscrits  arabes,  par  M.  Woepke  (fol.  1)  ;  —  Notices  sur  quelques 
mss.  sanscrits,  par  M.  Fauriel  (fol.  6);  —  Notices  sur  quelques  mss. 
sanscrits  (fol.  40);  —  Notices  sur  quelques  mss.  sanscrits  en  carac- 
tère bengali,  par  M.  Loiseleur  Deslongchamps  (fol.  58);  —  Notices 
sur  quelques  mss.  arabes,  par  M.  Hassler  (fol.  94)  ;  —  Notices  sur 
quelques  mss.  arabes,  par  M.  Reinaud  (fol.  99);  —  Catalogue  des 
mss.  orientaux  de  l'ancienne  maison  de  la  Sorbonne,  par  M.  Rei- 
naud (fol.  126);  —  Catalogue  des  mss.  orientaux  de  l'ancien  couvent 
de  l'Oratoire,  par  M.  Reinaud  (fol.  136)  ;  —  Catalogue  des  mss.  orien- 
taux des  différentes  bibliothèques  publiques  de  Paris  (fol.  146);  — 
Liste  des  livres  et  des  mss.  orientaux  venus  d'Alger  et  adressés  à  la 
Bibliothèque  royale,  le  30  nov.  1832  (fol.  152);  —  Note  de  quelques 
mss.  orientaux  appartenant  à  M.  Wahl  (fol.  156)  ;  —  Mss.  orientaux 
provenant  de  feu  M.  Schultz  (fol.  157  et  159);  —  Mss.,  papiers  et 
autres  objets  provenant  de  feu  M.  Schultz  (fol.  163);  —  Collection 
Asselin  (fol.  165  et  270)  ;  —  Lettres  et  pièces  relatives  au  fonds  Asse- 
lin  (fol.  263)  ;  —  Mss.  arabes,  persans,  samskrits  et  hindous  tanys, 
cédés  à  la  Bibliothèque  du  Roi  par  M.  de  Polier  (fol.  291  et  293)  ;  — 
Évaluation  de  47  mss.  arabes,  persans,  maures,  bengalis,  etc.,  pro- 
venant de  feu  Ouessant,  interprète  de  la  compagnie  de  Pondichéry 
(fol.  295)  ;  —  Mss.  arabes,  turcs  et  persans  de  M.  Ducaurroy  (fol.  298)  ; 

—  Collection  des  mss.  orientaux  appartenant  à  la  succession  de  feu 
M.  le  baron  Rousseau,  consul  général  à  Tripoly  de  Barbarie  (fol.  303)  ; 

—  Liste  des  mss.  tamouls  cédés  à  la  Bibliothèque  du  Roi  par  M.  Ducler 
(fol.  309)  ;  —  Liste  des  mss.  tamouls  donnés  à  la  Bibliothèque  du  Roi 
par  M.  Reydelet  (fol.  311);  —  Mss.  arabes  et  berbères  de  M.  Dela- 
porte  père,  1848  (fol.  314);  —  État  sommaire  de  quelques  mss.  repu- 


DD  DÉPARTEMENT  DES  MANDSCRITS.  95 

tés  venir  de  feu  M.  Huet,...  trouvés  dans  la  maison  Kerbœuf  (fol.  323); 

—  Mss.  orientaux  distraits  du  fonds  Renaudot  (fol.  324)  ;  —  Mss. 
arabes  rapportés  d'Egypte  par  le  citoyen  Raiye  (fol.  325)  ;  —  Cinq 
volumes  arabes  mss.  offerts  à  la  Bibliothèque  royale  par  S.  A.  R. 
Mgr  le  duc  de  Nemours  (fol.  326)  ;  —  Liste  des  livres  qu'on  a  envoyés 
à  M's  de  la  Compagnie,  en  tamoul,  14  déc.  1729  (fol.  327);  —  Cata- 
logue des  mss.  indiens  de  la  Bibliothèque  du  Roi  (fol.  328)  ;  — 
0  Mémoire  concernant  l'acquisition  des  mss.  persiens  qu'il  convien- 
droit  de  faire  aux  Indes  pour  la  Bibliothèque  du  Roy  »  (fol.  362)  ; 

—  Mémoire  de  livres  à  rechercher  dans  le  Levant  pour  la  Biblio- 
thèque du  Roy  (fol.  366)  ;  —  État  des  mss.  à  rechercher  à  Constanti- 
nople  pour  la  Bibliothèque  impériale  (fol.  384)  ;  —  Catalogue  des 
mss.  orientaux  appartenant  à  M.  R.  Johnson,  1806  (fol.  386);  — 
Liste  des  mss.  orientaux  de  la  bibliothèque  de  sir  Thomas  Phillipps 
à  Middlehill,  1829  (fol.  396);  —  Indication  des  mss.  arabes  les  plus 
importants  de  la  bibliothèque  d'Alger  (fol.  398)  ;  —  Liste  des  livres 
et  mss.  venus  d'Alger  (fol.  402)  ;  —  Liste  des  bibliothèques  turques  de 
Gonstantinople,  1854  (fol.  404);  —  Bibliothèque  du  sultan  AhmetlII, 
au  vieux  sérail  :  catalogue  des  livres  d'histoire,  1854  (fol.  408);  — 
Note  des  mss.  orientaux  extraits  de  la  bibliothèque  de  Vienne,  que 
le  conservatoire  de  la  Bibliothèque  impériale  juge  entièrement  inu- 
tiles (fol.  416);  —  Notice  par  Ascari  de  l'ancien  ms.  syriaque  13 
(fol.  418);  —  Manuscrits  persans  historiques  de  l'Indoustan,  et  livres 
en  langue  samscretam,  apportés  à  la  Bibliothèque  du  Roi  en  1778  » 
(fol.  420).  —  422  feuillets. 

5442.  Mémoires  de  livres  et  mss.  envoyés  par  les  Jésuites  de  l'Inde  pour 
la  Bibliothèque  du  Roi,  en  1729-1735.  —  13  feuillets. 

5443.  «  Catalogue  analytique  des  manuscrits  tamouls  de  la  Bibliothèque 
royale  rédigé  par  M.  Velanguani  Arokium,  de  Pondichéry.  —  Février 
1845.  »  —  11  feuillets. 

5444.  «  Notices  sur  des  mss.  cingalais,  tamouls,  palis,  etc.,  ou  relatifs 
à  ces  langues  (fonds  Tolfrey),  par  M.  Fauriel.  »  —  13  feuillets. 

5445.  «  Notices  sur  des  manuscrits  en  langue  européenne,  relatifs  à 
l'Inde  :  grammaires,  dictionnaires,  relations,  etc.,  par  M.  Fauriel.  » 

—  48  feuillets. 

5446.  Catalogue  des  livres  chinois  et  mantchoux  de  la  Bibliothèque 
royale,  par  Stanislas  Julien.  —  79  feuillets. 

5447-5530.  Catalogues  des  manuscrits  de  la  Bibliothèque  royale,  in-4°. 
Tome  I  (5447).  Augustins  (Grands-).  N^^  1-83. 

—  Barnabites.  Nos  i_24. 

—  Blancs-Manteaux.  N»'  1-88. 
Tome  II  (5448).  Bouhier  (président).  No^  1-183, 


96 

Tome  II  (5448). 


Tome  m  (5449). 


Tome  lU  bis  (5450). 

—  IV  (5451). 

—  V  (5452). 

—  VI  (5453). 

—  VII  (5454). 

—  VIII  (5455). 

—  IX  (5456). 

—  X(5457). 

—  XI  (5458). 

—  XII(5459). 

—  XIII  (5460). 

—  XIV  (5461). 

—  XV  (5462). 

—  XVI  (5463). 

—  XVII  (5464). 

—  XVIII  (5465). 

—  XIX  (5466). 

—  XX  (5467). 

—  XXI  (5468). 

—  XXII  (5469). 

—  XXIII  (5470). 

—  XXIV  (5471). 

—  XXV  (5472). 

—  XXVI  (5473). 


XXVII  (5474). 


XXVIII  (5475). 

XXIX  (5476). 

XXX  (5477). 

XXXI  (5478). 


NOUVELLES   ACQUISITIONS 

Capucins  de  Saint-Honoré.  N"»  1-4.  (Cf. 

t.  XXXIV  bis.) 
Carmes  déchaussés.  N^^  1-16. 
Carmes  de  la  place  Maubert.  N°»  1-15. 
Célestins.  N^^  1-57. 
Chapelle  (Sainte-).  N°s  1-3. 
Compiègne.  No^  1-187. 
Corbie.  N^^  1-403. 

Feuillants.  No=  1-9.  (Cf.  t.  XXXIV  èw.) 
Cordeliers.  N^^  1-151. 
St-Germain  fr.,  t.  I.  N»^  1-200. 

—  t.  II.  No^  201-400. 

—  t.  m.  Nos  401-600. 

—  t.  IV.  Nos  601-800. 

—  t.  V.  Nos  801-1000. 

—  t.  VI.  Nos  1001-1200. 

—  t.  VII.  Nos  1201-1400. 

—  t.  VIII.  Nos  1401-1600. 

—  t.  IX.  Nos  1601-1800. 

—  t.  X.  Nos  1801-2048. 

—  t.  XI,  Gesvres.  Nos  1.200. 

—  t.  XII,  Harlay,  i.  Nos  1.200. 

—  t.  Xm,     —       II.  Nos  201-400. 

—  t.  XIV,     —       m.  Nos  401-519. 
St-Gcrmainlat.,t.  I.  N°s  1-200. 

--  t.  II.  Nos  201-400. 

—  t.  m.  Nos  401-600. 

—  t.  IV.  Nos  601-800. 

—  t.  V.  Nos  801-1000. 

—  t.  VI.  Nos  1001-1200. 

—  t.  VII.  Nos  1201-1402. 

—  t.  Vm.  Nos  1403-1645. 
Jacobins  de  Saint-Jacques.  Nos  1.7.  ^Qf, 

t.  XXXIV  èw.) 
Jacobins  de  St-Honoré.  Nos  1.35.  (Cf.  ibid.) 
St-Magloire.  Nos  1-186. 
St-Martin.  Nos  1.1  is. 
Merci.  Nos  1.3, 
Minimes.  Nos  1.83. 
Missions-Étrangères,  t.  I.  Nos  1-200. 

—  t.  II.  Nos  201-380. 

Mortemart.  Nos  1.113  ;  et  Suite,  n°s  1-44. 
Mouchet.  Nos  1.26. 
Navarre.  N»'  1-112. 


i 


DU   DEPARTEMENT    DES   MANDSCRITS. 


97 


Tome  XXXII  (5479). 

-  XXXIII  (5480). 

—  XXXIV  (5481). 


Notre-Dame.  N^^  1-284. 

Oratoire.  Nos  1.286. 

Petits-Pères.  N»^  1-26.  (Cf.  t.  XXXIV  6û.) 

—  Récollets.  Nos  1.3.  (Cf.  iMd.) 

—  Sérilly.  Nos  1429. 

—    XXXIV 6i5 (5482).  Supplément  aux  mss.  des  Capucins  de  Saint- 

Honoré,  Feuillants,  Jacobins  de  Saint-Ho- 
noré  et  de  Saint-Jacques,  Petits-Pères  et 
Récollets.  —  180  feuillets. 


XXXV  (5483). 

XXXVI  (5484). 

XXXVII  (5485). 
XXXVm  (5486). 
XXXIX  (5487). 
XL  (5488). 

XLI  (5489). 
XLII(5490). 
Xmi  (5491). 
XLIV  (5492). 
XLV  (5493). 
XLVI  (5494). 
XLVU  (5495). 
XL VIII  (5496). 
XLIX  (5497). 
L  (5498). 
LI  (5499). 
LU  (5500). 
LUI  (5501). 
LIV  (5502). 
LV  (5503). 
LVI  (5504). 
LVII  (5505). 
LVIII  (5506). 
LIX  (5507). 
LX  (5508). 
LXI  (5509). 
LXII  (5510). 
LXIII  (5511). 
LXIV  (5512). 
LXV  (5513). 
LXVI(5514). 
LXVII  (5515). 
LXVIII(5516). 
LXIX  (5517). 
4894 


Sorbonne,    t.  I.  Nos  1400. 

—  t.  IL  Nos  401-800. 

—  t.  m.  Nos  801-1100. 

—  t.  IV.  Nos  1101-1400. 

—  t.  V.  Nos  1401-1848. 
St -Victor,   t.  I.  Nos  i_200. 

—  t.  IL  Nos  201-400. 

—  t.  m.  Nos  401-600. 

—  t.  IV.  Nos  601-800. 

—  t.  V.  Nos  801-1121. 
Suppl.   fr.,  t.  I.  Nos  1-200. 

—  t.  IL  Nos  201-400. 

—  t.  III.  Nos  401-600. 

—  t.  IV.  Nos  601-800. 

—  t.  V.  Nos  801-1000. 

—  t.  VI.  Nos  1001-1200. 

—  t.  VIL  Nos  1201-1400. 

—  t.  VIII.  Nos  1401-1600. 

—  t.  IX.  Nos  1601-1800. 

—  t.  X.  Nos  1801-2000. 

—  t.  XL  Nos  2001-2100. 

—  t.  XII.  Nos  2101-2300. 

—  t.  XIII.  Nos  2301-2500. 
.—  t.  XIV.  Nos  2501-2700. 

—  t.  XV.  Nos  2701-2900. 

—  t.  XVI.  Nos  2901-3100. 

—  t.  XVII.  Nos  3101-3300. 

—  t.  XVIII.  Nos  3301-3500. 

—  t.  XIX.  Nos  3501-3700. 

—  t.  XX.  Nos  3701-3900. 

—  t.  XXL  Nos  3901-4100. 

—  t.  XXII.  Nos  4101-4300. 
--  t.  XXm.  Nos  4301-4500. 

—  t.  XXIV.  Nos  4501-4700. 

—  t.  XXV.  Nos  4701-4900. 


98 

Tome  LXX  (5518). 

—  LXXI  (5519). 

—  LXXII(5520). 

—  LXXIII  (5521). 

—  LXXIV  (5522). 

—  LXXV(5523). 

—  LXXVI(5524). 

—  LXXVII  (5525). 

—  LXXVIU  (5526). 

—  LXXIX  (5527). 

—  LXXX  (5528). 

—  LXXXI  (5529). 

—  LXXXU(5530). 


NOUVELLES   ACQUISITIONS 

—  t.  XXVI.  N05  4901-5100. 

—  t.  XXVII.  Nos  5101-5300. 

—  t.  XXVIII.  Nos  5301-5500. 

—  t.  XXIX.  Nos  5501-6260. 
Suppl.  lat.,  t.  I.  Nos  1.200. 

—  t.  IL  Nos  201-400. 

—  t.  m.  Nos  401-600. 

—  t.  IV.  Nos  601-800. 

—  t.  V.  Nos  801-1000. 

—  t.  VI.  Nos  1001-1200. 

—  t.  VII.  Nos  1201-1400. 

—  t.  Vm.  Nos  1401-1600. 
Cartulaires.  N»'  1-200. 


5531-5534.  «  Manuscrits  de  la  Bibliothèque  royale.  Petits  catalogues,  » 
par  GhampoUion-Figeac. 

Tome  I  (5531).  Acquisitions  diverses  (fol.  1)  ;  —  Collections  Baluze 
(fol.  13);  —  Berthereau  (fol.  78);  —  Bouhier  (fol.  83);  —  Bréquigny 
(fol.  102)  ;  —  De  Camps  (fol.  201)  ;  —  Colbert  (fol.  221);  —  De  Cotte 
(fol.  291).  —294  feuillets. 

Tome  II  (5532).  Collections  Doat  (fol.  1);  —  Ohiénart  (fol.  19);  — 
Duchesne  (fol.  47);  —  La  Porte  du  Theil  (fol.  197);  —  Galland 
(fol.  211).  —  244  feuillets. 

Tome  III  (5533).  Collections  de  La  Mare  (fol.  1);  —  Lancelot 
(fol.  37)  ;  —  La  Vallière  (fol.  65)  ;  —  Le  Grand  (fol.  85)  ;  —  Le  Tel- 
lier-Louvois  (fol.  117)  ;  —  Chambre  syndicale  de  la  librairie  (fol.  133); 

—  Saint-Martial  de  Limoges  (fol.  137);  —  Vieux  Louvre  (fol.  175). 

—  179  feuillets. 

Tome  IV  (5534).  Collections  Dom  Malherbe  (Languedoc)  (fol.  1)  ; 

—  De  Mesmes  (fol.  6);  —  Mézeray  (fol.  29);  —  Millin  (fol.  33);  — 
Notre-Dame  de  Paris  (fol.  52)  ;  —  Prunis  (fol.  86)  ;  —  Renaudot 
(fol.  106);  —  Tersan  (fol.  115);  —  Université  de  Paris  (fol.  119);  — 
Versailles  (fol.  124);  —  Dom  Villevieille  (fol.  164);  —  Villoison 
(fol.  171).  —  181  feuillets. 

5535-5538.  «  Catalogue  des  manuscrits  latins  du  nouveau  fonds  du  Roi.  » 
10  Matières.  Tome  I  (5535).  Théologie,  Droit.  —  Tome  II  (5536). 

Géographie,  Histoire,  Sciences  et  arts.  —  865  feuillets. 
2o  Auteurs.  Tome  I  (5537),  A-II.  —  Tome  II  (5538),  I-Z.  —  335  et 

281  feuillets. 

5539-5553.   «  Catalogue  [méthodique]  des  manuscrits  français  et  en 
langues  étrangères  de  la  Bibliothèque  royale.  » 
Tome  I  (5539).  Théologie.  —  v-184  feuillets. 

—  II  (5540).  Jurisprudence.  —  184  feuillets. 

—  III  (5541).  Sciences  et  arts.  —  185  feuillets. 


DD  DEPARTEMENT  DES  MANDSCRITS.  99 

Tome  IV-VI  (5542-5544).  Belles-lettres.  —191,  124  et  140  feuillets. 

—  VII-XIV  (5545-5552).  Histoire.  —  169,  140,  163,  194,  228, 

134,  170  et  93  feuillets. 

5553.  Table  alphabétique  des  manuscrits  des  fonds  français.  — 160  feuil- 
lets. 

5554-5559.  Catalogue  méthodique  des  manuscrits  français  de  la  Biblio- 
thèque royale.  (Minute.) 
Tome  I  (5554).  Théologie,  Jurisprudence.  —  179  feuillets. 

—  II  (5555).  Sciences  et  arts,  Belles-lettres.  —  204  feuillets. 

—  III  (5556).  Belles-lettres  (suite),  Histoire.  —  251  feuillets. 

—  IV  (5557).  Histoire  de  France  (hist.  générale).  —  182  feuillets. 

—  V  (5558).  Histoire  de  France  (généalogies,  provinces).  — 

202  feuillets. 

—  VI  (5559).  Histoire  étrangère.  —  177  feuillets. 

5560-5593.  Catalogue  des  manuscrits  français  et  en  langues  modernes 
de  la  Bibliothèque  royale.  {Catalogue  vert.)  Table  alphabétique  des 

auteurs  et  des  matières. 
Tome  I  (5560).  A-AN.  —  210  feuillets. 

—  II  (5561).  AP-AZ.  —  168  feuillets. 

—  III  (5562).  BA-BEN.  —  209  feuillets. 

—  IV  (5563).  BER-BOR.  —  204  feuillets. 

—  V  (5564).  BOS-BY.  —  234  feuillets. 

—  VI  (5565).  CA.  —  188  feuillets. 

—  VII  (5566).  CE-CI.  —  232  feuillets. 

—  VIII  (5567).  CL-CY.  —  248  feuillets. 

—  IX  (5568).  DA-DR.  —  185  feuillets. 

—  X  (5569).  DU-E.  —  131  feuillets. 

—  XI  (5570).  F-FL.  —  147  feuillets. 

—  XII  (5571).  FO-FY.  —  125  feuillets. 

—  XIII  (5572).  G-GL.  —  193  feuillets. 

—  XIV  (5573).  GO-GY.  —  249  feuillets. 

—  XV  (5574).  H.  —  189  feuillets. 

—  XVI  (5575).  I-JEF.  —  123  feuillets. 

—  XVII  (5576).  JEH-K.  —  134  feuillets. 

—  XVm  (5577).  L-LE.  —  203  feuillets. 

—  XIX  (5578).  LH-LY.  —  147  feuillets. 

—  XX  (5579).  M-MAR.  —  231  feuillets. 

—  XXI  (5580).  MAS-MN.  —  188  feuillets. 

—  XXII  (5581).  MO-MY.  —  170  feuillets. 

—  XXm  (5582).  N.  —  118  feuillets. 

—  XXIV  (5583).  O.  —  95  feuillets. 

—  XXV  (5584).  P-PEN.  —  148  feuillets. 

—  XXVI  (5585).  PEP-PI.  —  173  feuillets. 


iOO  NODVELLES   ACQUISITIONS 

Tome  XXVIl  (5586).  PL-PY.  —  154  feuillets. 

—  XXVm  (5587).  Q-RH.  —  168  feuillets. 

—  XXIX  (5588).  RH-RY.  —  174  feuillets. 

—  XXX  (5589).  S-SEG.  —  203  feuillets. 

—  XXXI  (5590).  SEI-SY.  —  159  feuillets. 

—  XXXII  (5591).  T.  —  237  feuillets. 

—  XXXIII  (5592).  U-VE.  —  179  feuillets. 

—  XXXIV  (5593).  VI-Z.  —  145  feuillets. 

5594-5615.  «  Dépouillement  chronologique  des  collections  historiques 
manuscrites  de  la  Bibliothèque  royale.  » 

Copie  partielle  des  fiches  de  dépouillement  des  collections  de  Bré- 
quigny,  Brienne,  Golbert  (Flandre,  Cinq-cents,  Mélanges),  Doat,  Dela- 
marre,  Duchesne,  Dupuy,  Fontette,  Saint-Germain-Harlay  et  Dom 
Housseau  (Touraine). 

l>-e  série.  Tome  I  (5594).  200(?)-1000.  —  149  feuillets. 

—  II  (5595).  1001-1100.  —  210  feuillets. 

—  III  (5596).  1101-1150.  —  203  feuillets. 

—  IV  (5597).  1150-1200.  —  Feuillets  204-486. 

—  V  (5598).  1201-1225.  —  299  feuillets. 

—  VI  (5599).  1226-1261.  —  Feuillets  300-624. 
2«  série.      —  I  (5600).  1570-1572.  —  173  feuillets. 

—  II  (5601).  1573-1575.  —  269  feuillets. 

—  m  (5602).  1576-1578.  —  156  feuillets. 

—  IV  (5603).  1578-1582.  —  275  feuillets. 

—  V  (5604).  1583-1585.  —  296  feuillets. 

—  VI  (5605).  1586-1589.  —  324  feuillets. 

—  VU  (5606).  1590-1595.  —  278  feuillets. 

—  VIII  (5607).  1596-1600.  —  239  feuillets. 

—  IX  (5608).  1601-1603.  —  258  feuillets. 

—  X  (5609).  1604-1606.  —  235  feuillets. 

—  XI  (5610).  1607-1608.  —  242  feuillets. 

—  XII  (5611).  1609-1610.  —  265  feuillets. 

—  XIII  (5612).  1611-1612.  —  265  feuillets. 

—  XIV  (5613).  1613-1614.  —  293  feuillets. 

—  XV  (5614).  1615-1617.  —  291  feuillets. 

—  XVI  (5615).  1618-1620.  —  327  feuillets. 

5616.  Recueil  de  concordances,  notes,  etc.,  sur  différents  fonds  des 
manuscrits  de  la  Bibliothèque  royale. 

Ancien  fonds  français  (fol.  ii)  ;  —  Grands-Augustins  (fol.  142);  — 
Baluze  (loi.  19,  138  v»,  184);  —  Barnabitcs  (fol.  143);  —  Béthune 
(fol.  97, 192  bis)  ;  —  Bigot  (fol.  189)  ;  —  Blancs-Manteaux  (fol.  144)  ; 

—  De  Boze  (fol.  i,  18);  —  Brienne  (fol.  180);  —  Cangé  (fol.  86  V); 

—  Capucins   de  Saint -Honoré  (fol.  i  v°);  —  Carmes   déchaussés 


I 


DU   DÉPARTEMENT   DES  MANUSCRITS.  ^0^ 

(fol.  145);  —  Carmes  de  la  place  Maubert  (fol.  146);  —  Célestins 
(fol.  147);  -  Chambre  haute  (fol.  194);  —  Golbert  (fol.  31,  \93Ms)', 

—  Déficit  (fol.  184)  ;  —  Delamarre  /fol.  75)  ;  —  De  Mesmes  (fol.  185)  ; 

—  Drouin  (fol.  i,  18,  83,  86  v,  184);  —  Duchesne  (fol.  83,  87);  — 
Émigrés  (fol.  1);  —  Haudiquier(fol.84,  87  v);  —  Lancelot(fol.  136  6w, 
137);  —  La  Vallière  (fol.  4);  —  Le  Tellier  (fol.  84  v,  86);  —  Louvre 
(fol.  91  v°)  ;  —  Maugérard  (fol.  1)  ;  —  Minimes  (fol.  150)  ;  -  Missions- 
Étrangères  (fol.  151);  —  Oratoire  (fol.  153);  —  Manuscrits  précieux 
(fol.  157)  ;  —  Récolements  (fol.  184)  ;  —  Ripaud  (fol.  ii)  ;  —  Romans 
mss.  (fol.  175);  —  Saint- Germain  (fol.  183);  —  Saint -Magloire 
(fol.  148);  —  Saint-Martial  (fol.  84,  88);  —  Saint-Martin  (fol.  149); 

—  Sorbonne  (fol.  154);  —  Supplément  ancien  (fol.  m,  2);  —  Sup- 
plément français  (fol.  i,  ii)  ;  —  Tersan  (fol.  ii)  ;  —  Thévenot  (fol.  ii, 
91,  184)  ;  —  Mss.  des  Troubadours  (fol.  167)  ;  —Versailles  (fol.  8, 12, 
91  V,  184);  —  Morel  de  Vindé  (fol.  n).  —  v  et  215  feuillets. 

5617.  Inventaire  de  la  Collection  Anisson-Duperron,  sur  l'imprimerie 
et  la  librairie  (mss.  français  22061-22193).  —  118  fiches  montées  in-4". 

5618.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  feu  M.  l'abbé  Baluze,  acquis  par 
le  Roy  et  transportés  en  sa  bibliothèque  au  mois  de  septembre  de 
l'année  mil  sept  cens  dix-neuf.  »  (957  n°^)  —  Fol.  305.  «  Catalogus 
diplomatum  manuscriptorum.  »  —  Fol.  529.  «  Catalogus  collecta- 
neorum  v.  c.  Stephani  Baluzii...  »  Armoires  1-7.  —  555  feuillets. 
Rel.  parchemin,  aux  armes  du  Roi. 

5619.  «  Catalogus  codicum  manuscriptorum  bibliothecae  Baluzianœ.  » 
Ire  partie,  Manuscrits;  avec  la  concordance  des  numéros  du  Cata- 
logue de  la  Bibliothèque  du  Roi.  —  183  pages. 

5620.  Copie  de  la  seconde  partie  du  Catalogue  des  manuscrits  de  Baluze. 
«  Catalogus  diplomatum  et  manuscriptorum.  »  —  Page  169.  Armoires 
de  Baluze.  —  183  pages. 

5621.  «  Catalogue  des  volumes,  portefeuilles  et  autres  manuscrits  con- 
tenus dans  les  Armoires  du  feu  s""  Baluze,  dressé  par  M.  Boivin,  en 
l'année  1721  et  1722.  »  —  96  et  67  feuillets. 

5622.  «  Bibliotheca  Baluziana,  sive  catalogus  bibliothecœ  Stephani 
Baluzii  Tutelensis,  »  —  Catalogues  des  Armoires  :  1°  dans  l'ordre  du 
catalogue  imprimé  ;  2°  dans  l'ordre  établi  par  Boivin.  —  78  feuillets. 

5623.  «  Dénombrement  et  description  des  papiers  de  M.  Baluze,  conte- 
nus en  sept  armoires  d'oii  ils  ont  été  tirés.  »  Avec  notes  de  Mou- 
chet.  —  Page  77.  «  Dénombrement  des  manuscrits  de  M.  Baluze  sui- 
vant l'ordre  et  les  numéros  qui  leur  ont  été  donnés  parmy  les  mss. 
de  la  Bibliothèque  du  Roy.  »  —  89  pages. 

5624-5627.  Catalogue  de  la  Collection  Baluze  (Armoires),  par  Mouchet 


-102  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

et  Lalande.  —  379  feuillets,  in-S».  —  Table  alphabétique,  t.  I,  A-D  ; 
t.  II,  E-M  ;  t.  III,  N-Y.  —  297,  335  et  345  feuillets. 

5628.  «  Liste  générale  des  titres  de  la  table  alphabétique  des  matières 
contenues  dans  les  Armoires  de  Baluze.  »  —  20  feuillets. 

5629.  Catalogue  des  manuscrits  de  Béthune.  —  En  regard  de  chaque 
article  on  a  ajouté  le  numéro  qu'il  a  reçu  dans  le  Catalogue  de  1682 
(et  le  numéro  actuel  du  fonds  français).  —  836  feuillets. 

5630.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  M.  le  comte  de  Béthune.  Tome  I.  » 
—  Provient  de  la  bibliothèque  de  Le  Pelletier  [Rosanbo].  —  En  tête 
une  table  de  la  main  de  Boivin.  —  270  feuillets. 

5631-5632.  «  Catalogue  des  lettres  originales  contenues  dans  les  manus- 
crits de  Béthune,  »  par  J.  Boivin  (1717).  —  Copie  de  Buvat. 

Tome  I  (5631).  Listes  chronologiques  des  lettres  écrites  par  des 
rois  et  reines  de  France.  —  Fol.  91.  Catalogue  alphabétique  des 
auteurs  des  lettres  (A-K).  —  332  feuillets. 

Tome  II  (5632).  Catalogue  alphabétique  (L-Z).  —Fol.  279.  «  Lettres 
écrites  par  des  corps  ou  compagnies,  villes,  républiques,  etc.  »  — 
Fol.  315.  «  Lettres  écrites  par  des  anonymes,  »  par  ordre  alphabé- 
tique des  destinataires  ;  lettres  anonymes  «  indiquées  par  la  matière,  » 
etc.  —  335  feuillets. 

5633.  Table  alphabétique  des  pièces  sans  nom  d'auteur  contenues  dans 
les  manuscrits  de  Béthune  {Abbrégé-Certificat).  —  30  feuillets. 

5634-5635.  Table  alphabétique  des  pièces  sans  nom  d'auteur  contenues 
dans  les  manuscrits  de  Béthune.  Tome  I,  A-D;  tome  II,  E-L.  — 
Copie  de  Buvat,  avec  notes  et  additions  de  J.  Boivin.  —  252  et 
172  feuillets. 

5636.  «  Notices  des  mss.  de  Béthune,  faites  et  copiées  par  M.  Maudon- 
net,  depuis  le  no  8427  jusqu'au  n°  8639.  »  —  438  feuillets. 

5637.  «  État  des  manuscrits  de  Béthune,  classés  dans  l'ancien  fonds 
français,  »  par  J.  Quicherat  (1843).  —  25  feuillets. 

5638.  «  Inventaire  du  cabinet  du  chevalier  Blondeau  »  (1754).  —  Fol.  12. 
«  Inventaire  du  second  cabinet  du  chevalier  Blondeau.  »  Double 
exemplaire  (1758).  —  23  feuillets. 

5639.  «  Table  générale  alphabétique  des  surnoms,  qualités  des  personnes 
et  dattes  des  titres  pour  les  vingt  premiers  volumes  des  titres  origi- 
naux du  cabinet  du  chevalier  Blondeau  de  Charnage.  »  —  152  feuillets. 

5640.  «  Table  alphabétique  des  noms  de  familles  pour  la  partie  des 
titres  du  cabinet  du  chevalier  Blondeau  de  Charnage,  intitulée  : 
Originaux  et  contracts...  »  (A-F).  —  48  l'euillels. 

5641.  «  Table  alphabétique  des  noms  de  familles  et  des  noms  des  sei- 


DU  DEPARTEMEM   DES   MANUSCRITS.  -103 

gneuries  et  autres  titres  concernans  des  droits  de  diverses  commu- 
nautés religieuses,  pour  servir  à  la  partie  des  titres  du  cabinet  du  che- 
valier Blondeau,  intitulée  :  Originaux  et  contracts...  »  —  149  feuillets. 

5642.  «  Table  alphabétique  des  noms  des  familles  de  la  partie  des  titres 
[du  cabinet  du  chevalier  Blondeau],  intitulée  :  Quittances...  »  — 
107  feuillets. 

5643.  Minute  de  la  table  précédente.  —  56  feuillets. 

5644.  «  Table  des  24  volumes  des  Meslanges  du  chevalier  Blondeau  de 
Gharnage.  »  —  267  feuillets. 

5645.  «  Table  des  seigneuries  pour  lesquels  {sic)  il  y  a  des  homages  et 
autres  titres  dans  la  partie  distribuée  en  24  portefeuilles,  intitulés  : 
Contrats...  »  —  284  feuillets. 

5646.  a  Table  alphabétique  des  noms  des  familles  pour  servir  à  la  par- 
tie des  titres,  cottée  Originaux  et  distribuée  en  neuf  portefeuilles.  » 
—  55  feuillets. 

5647.  «  Table  des  noms  de  familles  contenus  dans  les  quatre  porte- 
feuils  {sic),  cottes  :  Contrats  de  mariages,  1234...  »  —  14  feuillets. 

5648.  «  Table  alphabétique  des  noms  de  familles  pour  la  partie  des 
titres  distribuée  en  trois  portefeuilles  et  intitulée  :  Montres.  »  — 
40  feuillets. 

5649.  «  Table  alphabétique  des  noms  des  familles  pour  servir  aux 
cinq  portefeuils,  intitulés  :  Homages  et  dénombremens  de  plusieurs 
seigneuries,  avec  des  arrêts  qui  en  confirment  des  droits.  »  — 
24  feuillets. 

5650.  «  Table  de  la  partie  des  titres  intitulée  :  Suplément  d'homages, 
et  distribuée  en  3  portefeuils...  »  —  13  feuillets. 

5651.  «  Table  pour  les  deux  portefeuils  cottes  :  Supplément  à  la  partie 
des  Meslanges.  »  —  10  feuillets. 

5652.  «  Table  alphabétique  des  noms  des  familles  pour  servir  à  la  par- 
tie des  Meslanges  distribués  en  23  portefeuils...  de  1362  jusqu'en 
1684.  »  —  61  feuillets. 

5653.  «  Table  de  la  quatrième  partie  des  titres  du  second  cabinet  du 
chevalier  Blondeau  de  Charnage.  Cette  partie  est  intitulée  :  Qui- 
tances...  »  —  25  feuillets. 

5654.  «  Inventaire  de  la  septième  partie  des  titres  originaux  du  second 
cabinet...  distribuée  en  73  portefeuils...  »  —  107  feuillets. 

5655.  «  Table  des  matières  contenues  dans  la  neuvième  partie  du  second 
cabinet...  intitulée  :  Titres  originaux  pour  servir  à  la  généalogie  et 
à  l'histoire...  »  —  87  feuillets. 


^04  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5656.  «  Table  des  noms  de  familles  contenus  dans  les  quatre  portefeuils 
cottes  :  Contrats  de  mariages,  1,  2,  3,  4...  »  —  21  feuillets. 

5657.  «  Table  [alphabétique],  3e  volume,  depuis  1  jusqu'à  242.  »  —  A 
la  fin  :  «  Généalogie  de  la  maison  d'Ancenis.  »  —  154  feuillets. 

5658.  «  Table  alphabétique  des  noms  de  familles  contenus  dans  la  par- 
tie du  cabinet  du  chevalier  Blondeau  de  Charnage...  distribuée  en 
61  boëtes...  »  —  146  feuillets. 

5659.  «  Table  alphabétique  des  noms  de  familles  contenus  dans  la  par- 
tie de  la  grande  collection  du  chevalier  Blondeau  de  Charnage,  inti- 
tulée :  Meslanges  pour  l'histoire  et  la  généalogie...  »  —  474  feuillets. 

5660.  «  Table  alphabétique  des  matières,  »  pour  la  même  partie  de  la 
collection.  —  217  feuillets. 

5661.  «  Suplément  de  table  alphabétique  des  noms  de  familles,  »  pour 
la  même  collection.  —  5  feuillets. 

5662.  «  Table  alphabétique  des  noms  des  seigneuries  et  des  noms  des 
familles  contenus  dans  la  partie  des  fiefs...  »  —  211  feuillets. 

5663.  «  Inventaire  général  sommaire  des  titres  concernans  les  fiefs  qui 
sont  dans  le  cabinet  du  chevalier  Blondeau  de  Charnage...  »  — 
255  pages. 

5664.  «  Inventaire  de  la  colection  {sic)  de  titres,  tant  originaux  que 
copies  cûllationnées...  de  la  province  de  Languedoc...,  par  le  cheva- 
lier Blondeau  de  Charnage.  »  —  88  feuillets. 

5665.  «  Religionaires  du  royaume  de  France.  Recueil  d'arrêts  du 
Conseil  d'État,...  lettres  patentes,...  »  (1674-1690),  par  Blondeau  de 
Charnage.  —  5  feuillets. 

5666.  Inventaire  alphabétique  de  la  correspondance  du  président  Bou- 
hier,  par  N.  de  Wailly.  (Mss.  français  24409-24420.)  —  44  feuillets. 

5667.  Catalogue  des  mss.  et  portefeuilles  de  M.  de  Boze  donnés  par  lui 
à  la  Bibliothèque  du  Roi  en  échange  de  livres  imprimés.  (Double 
copie.)  —  35  feuillets. 

5668.  Inventaire  des  cartons  de  la  collection  de  Bréquigny,  par  Lalande. 
—  376  feuillets. 

5669.  Catalogue  sommaire  des  manuscrits  de  Brienne,  intitulé  :  «  Inven- 
taire des  mémoires  de  M.  de  Loménie.  »  —  Sur  le  feuillet  de  garde, 
en  tête,  cette  note  de  Boivin  :  «  Je  croy  que  cet  inventaire  est  celuy 
dont  se  servoit  M.  de  Loménie,  avant  que  P.  Du  Puy  luy  eust  dressé 
celuy  qui  fait  partie  des  359  volumes  couverts  de  maroquin,  reliez 
aux  armes  de  Brienne.  »  —  51  feuillets. 

5670.  Catalogue  détaillé  des  manuscrits  de  Brienne.  (N^^  1-340.)  — 


DU   DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  105 

489  feuillets.  (Provient  de  Foucquet  ;  aux  armes  de  Leragois  de  Bre- 
tonvilliers.) 
5671-5673.  «  Table  des  livres  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  M.  le 
comte  de  B[rienne],  dans  laquelle  se  voit  sommairement  tout  ce  qui 
est  contenu  dans  chasque  livre.  »  Même  catalogue  que  le  précédent. 
Tome  I,  n°s  1-124.  438  feuillets.  —  Tome  II,  no=  125-243.  167  feuil- 
lets. —  Tome  III,  nos  243-340.  173  feuillets.  (Aux  armes  de  Béthune.) 

5674-5675.  Catalogue  des  manuscrits  de  Brienne.  Tome  I,  n°^  1-198. 
1041  pages.  —  Tome  II,  no^  199-340.  1017  pages.  (Provient  de  Lan- 
celot,  1741.) 

5676.  Le  même,  intitulé  :  «  Table  des  mss.  de  Brienne.  »  —  557  pages. 
(Provient  de  Secousse.) 

5677.  «  Copie  de  la  table  des  mss.  de  Brienne,  faite  sur  celle  de  Mon- 
sieur Secousse  »  [pour  Sainte-Palaye  (?)].  —  297  feuillets  et  639  pages. 

5678.  «  Inventaire  des  manuscriptz  de  M.  de  Brienne,  vol.  II.  [N^^  102- 
170.]  —  Ce  ms.  vient  de  feu  M.  de  la  Maugrie,  conseiller  d'Estat; 
achepté  le  11^  septembre  1696.  Fr.  Léonard  de  Sainte-Catherine  de 
Sienne,  Augustin  deschaussé...  »  —  292  feuillets. 

5679.  Répertoire  alphabétique  des  mss.  de  Brienne.  —  570  feuillets. 
(Provient  des  Archives  nationales,  MM  955.) 

5680.  Autre  répertoire  alphabétique  des  mss.  de  Brienne.  —  419  feuil- 
lets. (Provient  des  Archives  nationales,  MM  956.) 

5681.  Tables  de  différents  volumes  de  la  collection  de  Brienne,  intitu- 
lée :  «  Tables  de  négociations  et  procès  criminels  qui  se  trouvent 
dans  la  suitte  des  manuscriptz  de  Brienne...  »  —  123  feuillets. 

5681  bis.  Catalogue  détaillé  des  manuscrits  de  Brienne  (n^^  1-358),  par 
l'abbé  Gonidec,  —  333  feuillets. 

5682.  «  Catalogue  des  mss.  provenant  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Gange, 
remis  par  M.  l'abbé  Sallier  à  M.  l'abbé  de  Targny,  le  17  février  1736.  » 
Avec  notes  de  l'abbé  de  Targny.  —  158  feuillets. 

5683.  «  Notice  des  mss.  provenant  de  Gange.  »  Dans  l'ordre  des  numé- 
ros de  l'ancien  fonds  français.  —  37  feuillets. 

5684.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  J.  B.  P.  G.  Châtre  de  Cangé. 
';  ÛGCXXX.  »  —  26  feuillets. 

5685.  Inventaire  du  fonds  des  Gartulaires,  par  M.  L.  Delisle. 

Fol.  13.  «  Concordance  entre  les  numéros  du  fonds  des  Gartulaires 
et  les  numéros  du  fonds  latin  et  du  fonds  français  (nouvelles  séries).  » 
—  21  feuillets. 

5686.  «  Jurisdiction  et  jurisprudence  de  la  Chambre  des  comptes,  ou 
Collection  des  ordonnances,  édits,  déclarations,  arrêts  et  règlemens 


'lOe  NOUVELLES  ACQUISITIONS 

tant  sur  sa  juridiction  que  sur  chacune  des  matières  de  sa  compé- 
tence, à  l'égard  :  1°  des  droits  honorifiques  dus  au  Roi;  2°  des  enre- 
gistremens  de  ses  volontés;  3°  de  la  manutention  des  finances  dud. 
sgr.  Roy.  »  —  Tables  de  la  collection  Clément  de  Boissy,  mss.  fran- 
çais 10991-11082.  —  73  feuillets. 

5687.  «  Archives  du  Clergé.  —  Inventaires.  —  Inventaire  général  des 
titres  et  papiers  estans  aux  archives  du  Clergé  de  France  au  grand 
couvent  des  Augustins  de  cette  ville  de  Paris...  »  1695.  —  Copie 
moderne.  —  31  pages. 

5688.  «  Troisième  armoire  des  assemblées  du  Clergé.  Chapitre  i^"".  Des 
procès-verbaux  des  assemblées  générales  du  Clergé  de  France.  »  — 
27  feuillets. 

5689.  Récolement  des  archives  du  Clergé  de  France  (8  août  1730).  — 
38  feuillets. 

5690-5691.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  Mgr.  de  Coislin,  évêque  de 
Metz,  »  par  D.  Bouquet.  —  223  et  628  feuillets. 

5692.  «  Catalogus  librorum  mss.  bibliothecse  Colbertinag,  »  par  Baluze. 
(Nos  1-6648.)  Autogr.  —  484  feuillets. 

5693.  Inventaire  de  la  Collection  des  Cinq  cents  de  Colbert.  «  Recueil 
de  cinq  cens  volumes  concernans  l'histoire  de  France  depuis  1278 
jusqu'en  1665.  »  —  139  feuillets. 

5694.  Notice  de  mss.  sur  les  finances,  provenant  de  Colbert,  entrés  à  la 
Bibliothèque  en  1734,  maintenant  insérés  au  fonds  des  nouvelles 
acquisitions  françaises,  nos  163-210.  —  3  feuillets. 

5695.  Inventaire  de  la  collection  Doat;  «  notices  et  copies  collationnées 
de  titres,  etc.,  des  provinces  de  Guyenne,  Languedoc  et  pays  de 
Foix,  »  faites  par  ordre  de  Colbert.  (N^s  7-258.)  —  158  feuillets. 

5696.  Inventaire  de  la  Collection  des  182  de  Colbert,  «  formée  de  pièces 
copiées  dans  les  archives  de  Flandres  et  collationnées  par  Denis 
Godefroy.  »  (N»»  1-195.)  —  130  feuillets. 

5697.  Mélanges  de  Colbert.  —  «  Description  sommaire  de  41  paquets 
aportés  à  la  Bibliothèque  du  Roy,  avec  les  mss.  de  M.  Colbert,  les- 
quels paquetz  contiennent  des  mémoires,  traités...,  dont  plusieurs  se 
trouvent  dans  le  recueil  des  500  volumes  de  l'histoire  de  France  des 
mss.  de  M.  Colbert.  »  (Double  exemplaire.)  —  87  feuillets. 

5698.  «  Catalogue  des  Mélamjcs  de  Colbert,  »  par  A.  Giry. 

Fol.  52.  <(  Recueil  de  84  volumes  in-folio,  concernant  les  tailles  et 
taillon,  les  gabelles  et  autres  impositions,  depuis  l'année  1661  jus- 
qu'en 1668.  »  {Nos  177-260  des  Mélanges  de  Colbert.) 

Fol.  70.  Suite  des  Mélanges  de  Colbert  :  Exécution  du  traité  de  1659 
dans  les  Flandres  (nos  261-263)  ;  Trésor  royal  (nos  264-310);  Bâtiments 


DU   DÉPARTEMENT    DES   MANUSCRITS.  ^07 

du  Roi  (nos  311-317)  ;  Maison  du  Roi  (nos  318-328)  ;  Marc  d'or  (n»'  329- 

343). 
Fol.  88.  «  Dernier  fonds  de  Golbert.  »  (Ane.  suite  de  Mortemart.) 

—  93  feuillets. 

5699.  Catalogue  (incomplet)  de  la  Collection  Dangeau,  —  106  feuillets. 

5700.  «  Catalogue  raisonné  des  manuscrits  ou  cartulaires  historiques 
du  cabinet  de  feu  M.  l'abbé  de  Camps,  abbé  de  Signy.  »  —  Remis  à 
la  Bibliothèque  impériale  (1810-1811).  —  66  feuillets. 

5701.  «  Notice  des  portefeuilles,  boîtes  et  cartons,  qui,  lors  de  la  Révo- 
lution, ont  été  transportés  du  cabinet  du  citoyen  Delacroix,  généalo- 
giste de  l'ordre  de  Malte,  à  la  Bibliothèque  nationale,  »  par  Mouchet. 
(Cette  collection  a  été  rendue  au  possesseur.)  — 12  feuillets. 

5702.  Catalogue  des  manuscrits  de  Philibert  de  La  Mare  (1719)  ;  avec 
l'indication  des  numéros  qu'ils  ont  reçus  dans  l'ancien  fonds  des  mss. 
de  la  Bibliothèque  du  Roi.  —  26  feuillets. 

5703.  «  Manuscrits  de  M.  de  La  Mare,  conseiller  au  parlement  de  Dijon.» 

—  57  pages. 

5704.  Concordance  des  numéros  du  catalogue  des  mss.  de  Philibert  de 
La  Mare  et  de  ceux  qu'ils  ont  reçus  dans  l'ancien  fonds  des  mss.  de  la 
Bibliothèque  du  Roi.  —  23  feuillets. 

5705.  Concordance  des  numéros  des  manuscrits  grecs,  latins,  français, 
etc.,  de  de  Mesmes  et  des  anciens  numéros  de  la  Bibliothèque  du  Roi. 

—  29  feuillets. 

5706.  «  Concordance  des  anciens  numéros  des  manuscrits  français, 
italiens,  etc.,  du  président  de  Mesmes,  avec  les  nouveaux  numéros 
assignés  à  ces  mêmes  manuscrits  dans  le  catalogue  de  la  Bibliothèque 
nationale  rédigé  en  1729  et  1730.  »  —  8  feuillets. 

5707.  Liste  des  manuscrits  anciens  et  modernes  de  M.  l'abbé  Drouin 
(1734).  Double  exemplaire.  —  5  feuillets. 

5708.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  feu  M.  l'abbé  Drouïn,...  mort  au 
mois  de  mars  1733,  »  par  l'abbé  de  Targny.  —  49  feuillets. 

5709.  «  Recueils  et  papiers  de  feu  M.  l'abbé  Drouin  et  de  M.  de  Fan- 
nière,  contenus  en  seize  paquets...  »  —  4  feuillets. 

5710.  Catalogue  de  la  collection  Droz,  sur  la  Franche-Comté. 

Fol.  60.  «  Notice  sommaire  du  recueil  de  titres  et  papiers  envoyés 
par  M.  Droz  au  dépôt  des  chartes  et  de  là  transférés  à  la  Bibliothèque 
nationale,  »  par  Mouchet. 

Fol.  64.  «  Table  des  pièces  contenues  dans  la  collection  de  Franche- 
Comté,...  »  par  Champollion-Figeac.  —  65  feuillets. 


^08  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

5711.  Inventaire  des  «  cinquante-neuf  volumes  du  s^Duchesne  »  et  des 
«  vingt  volumes  du  nommé  Haudicquer.  »  —  14  pages. 

5712.  «  Catalogue  des  cinquante-neuf  volumes  du  s"-  Du  Chesne  et  des 
vingt  volumes  du  nommé  Haudiquer,  remis  à  la  Bibliothèque  du  Roi.  » 

Fol.  10.  Catalogue  des  lettres  de  la  collection  Duchesne,  par  Boi- 
vin.  —  21  feuillets. 

5713.  Catalogue  alphabétique  des  vies  de  saints  contenues  dans  la  col- 
lection Duchesne.  —  551  fiches  reliées  en  1  vol. 

5714.  Catalogue  des  mss.  de  la  collection  Dupuy.  —  Exemplaire  origi- 
nal, contenant  le  détail  des  mss.  1-798.  —  901  pages.  (Provient  des 
Archives  nationales,  MM  938.) 

5715.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  Monsieur  Dupuy.  »  —  Exemplaire 
ayant  servi  aux  ventes  de  1720  et  1754,  et  donnant  le  détail  des 
mss.  1-958.  —  vu  et  923  pages. 

5716.  0  Catalogue  des  manuscrits  de  Monsieur  Dupuy.  »  Volume  1-958. 

—  1483  et  73  pages. 

5717.  a  Catalogue  des  manuscrits  de  Monsieur  Dupuy.  »  (Nos  1-777.) 

—  826  feuillets. 

5718-5719.  «  Inventaire  des  tiltres,  Chartres,  mémoires,  discours  et 
autres  pièces,  soit  originaux  ou  copies,  contenues  en  600  volumes 
mss.  appartenant  à  Monsieur  Dupuy.  »  (Nos  1-606.)  Avec  tables.  — 
2  vol.  de  381  et  397  feuillets. 

5720.  Autre  exemplaire.  —  716  feuillets. 

5721.  Catalogue  des  mss.  de  la  collection  Dupuy.  (Nos  1-531.) 
Fol.  262.  Tables  diverses. 

Fol.  316.  «  Table  des  matières  plus  notables  contenues  ez  registres 
du  Conseil  du  Parlement  de  Paris,  depuis  l'an  1378  jusques  en 
l'an  1627.  » 

Fol.  376.  «  Le  cérémonial  de  la  cour  de  Parlement.  »  Tables  de 
quatre  volumes. 

Fol.  384.  «  Catalogue  des  livres  de  M.  Stella.  »  —  385  feuillets. 

5722.  Catalogue  de  la  Suite  de  la  collection  Dupuy,  tomes  I  à  L  ;  avec 
la  concordance  des  numéros  (6367-6416)  attribués  à  ces  mss.  dans  le 
fonds  français.  —  3  feuillets. 

5723.  «  Inventaire  des  quatorze  volumes  contenants  divers  recueils  et 
mémoires  que  M.  Luillier,  conseiller  du  Roy  au  parlement  de  Metz, 
m'a  laissés  par  son  testament,  avec  la  table  des  principales  matières.  » 
(A  la  suite  do  la  collection  Dupuy.)  Original  de  la  main  de  J.  Dupuy. 

—  58  et  13  pages. 

5724-5727.  Catalogue  détaillé  d'une  partie  des  volumes  de  la  collection 
Dupuy.  —  376,  373,  373  et  301  feuillets. 


DD   DÉPARTEMENT   DES   MANDSCBITS.  ^09 

5728.  «  Table  alphabétique  des  manuscrits  de  M''^  Dupuy.  »  —  436  feuil- 
lets. 

5729.  «  Table  alphabétique  des  manuscrits  de  M"  Dupuy.  »  —  604  feuil- 
lets. 

5730.  Autre  exemplaire.  —  615  feuillets. 

5731.  «  Catalogue  des  manuscrits  et  des  cartes  de  Falconnet.  »  —  8  pages. 

5732.  «  Inventaire  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Fontanieu,  acquise  par 
le  Roy,  par  contract  du  27  aoust  1765.  »  (1766.)  —  509  pages. 

5733.  «  Inventaire  fait  par  nous  Jean  Gapperonnier,  garde  de  la  Biblio- 
thèque du  Roi,  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Fontanieu,  vendue  au 
Roi,...  le  27  août  1765.  »  —  18  feuillets. 

5734.  «  Etat  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Fontanieu,... 
divisé  en  quatre  parties.  »  —  54  feuillets. 

5735.  Acte  de  vente  et  inventaire  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Fonta- 
nieu, vendue  au  Roi  le  27  août  1765.  —  51  feuillets. 

5736.  «  Table  générale  du  recueil  de  titres  concernant  l'histoire  de 
France  tirés  tant  des  anciens  manuscrits  que  des  mémoires  originaux 
et  pièces  fugitives  du  temps,  par  M.  de  Fontanieu,  conseiller  d'État.  » 
(Nos  1-881.)  —  18  feuillets. 

5737.  Manuscrits  et  portefeuilles  de  Gaignières  ;  cabinet  de  d'Hozier. 

—  Inventaires,  récolements,  correspondance  et  pièces  diverses  rela- 
tives à  leur  acquisition  pour  la  Bibliothèque  du  Roi  (1716-179..).  — 
311  feuillets. 

5738.  «  Extrait  de  l'inventaire  du  cabinet  de  M.  de  Gaignières,  donné 
au  Roi  par  acte  du  19  février  1711,  contenant  ce  qui  a  été  remis  à  la 
Bibliothèque  de  Sa  Majesté,  en  exécution  de  l'arrest  du  Conseil  d'État 
du  6  mars  1717.  »  (I^os  1-2896.)  —  14  et  237  pages. 

5739.  «  Extrait  de  l'inventaire  du  cabinet  de  M.  de  Gaignières,  donné 
au  Roy  par  acte  du  19  février  1711,  contenant  les  mss.  et  titres  qui 
regardent  la  noblesse,  les  armoriaux,  et  plusieurs  mss.  qui  y  ont 
rapport.  »  —  43  feuillets. 

5740.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  Gaignières,  qui  ont  été  ou  étoient 
destinés  à  être  placés  dans  le  Cabinet  des  titres.  »  —  170  feuillets. 

5741.  «  Notices  des  manuscrits  de  Gagnières,  faites  par  l'abbé  Gonidec.  » 

—  Notices  des  nos  303  à  559,  13.  —  957  pages. 

5742.  «  Inventaire  et  analyse  de  la  collection  sur  les  finances,  »  formée 
par  Gênée  de  Brochot.  —  vni  et  86  pages.  (Rel.  mar.  r.,  aux  armes.) 

5743.  «  Registres  du  Parlement  vendus  au  Roi  par  les  maîtres  des 
requêtes.  — Manuscrits  vendus  au  Roi  par  feu  M.  Gênée  de  Brochot. 
1789.  »  —  Correspondance  relative  à  la  vente  des  mss.  de  Gênée  de 


^^0  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

Brochot  et  à  la  copie  des  Registres  du  Parlement,  provenant  des 
maîtres  des  requêtes,  qui  était  entre  les  mains  de  Bertrand  de  Molle- 
ville  (1783-1789).  —  22  feuillets. 

5744.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  Monsieur  **  [Ghauvelin],  »  précé- 
demment de  Harlay.  —  Page  169.  «  Supplementum  catalogi  mss. 
codicum.  »  —  174  et  47  pages. 

5745.  «  Supplementum  catalogi  mss.  codicum...  domini  Germani- 
Ludovici  Ghauvelin,  régis  administri...  »  —  vm  et  178  pages. 

5746.  «  Catalogue  des  mss.  de  la  bibliothèque  de  feu  M^e  Achilles  de 
Harlay,  premier  président  du  Parlement  de  Paris,  passés  depuis  dans 
la  bibliothèque  de  feu  messire  Louis-Germain  Ghauvelin,  ancien 
garde  des  sceaux,  et  actuellement  dans  la  bibliothèque  de  l'abbaye 
de  Saint-Germain-des-Prés,  à  Paris.  1762.  »  —  394  pages. 

5747.  «  Catalogue  des  manuscrits  qui  ont  esté  envoyez  de  Grosbois.  » 
—  Catalogue  de  quelques  mss.  du  président  de  Harlay.  —  63  pages. 

5748.  Table  alphabétique,  par  noms  de  personnes,  de  lieux  et  de  matières, 
d'une  partie  des  manuscrits  du  président  de  Harlay.  —  254  feuillets. 

5749.  a  Dictionnaire  historique  et  généalogique,  ou  inventaire  général 
par  ordre  alphabétique  des  noms  des  familles  de  la  collection  de  titres 
originaux  du  s""  Jault,  généalogiste,  demeurant  rue  Montmartre, 
prèz  celle  du  Mail,  maison  du  s.  Geoffroy  Chandelier.  »  —  470  et 
26  feuillets. 

5750.  «  Suplément  de  l'inventaire  général  de  la  collection  de  titres  ori- 
ginaux du  S""  Jault,  généalogiste.  »  —  101  feuillets. 

5751.  «  Catalogue  des  manuscrits  que  Lancelot  a  donnez  à  la  Biblio- 
thèque du  Roi.  »  (1732.) 

Fol.  29.  «  Concordances  des  anciens  numéros  des  mss.  de  Lance- 
lot  avec  ceux  de  la  Bibliothèque  du  Roi.  »  —  39  feuillets. 

5752.  «  Catalogue  des  manuscrits  que  le  s''  Lancelot  a  donnez  à  la 
Bibliothèque  du  Roy.  »  (Nos  1-187.)  —  11  feuillets. 

5753.  Inventaire  des  «  manuscrits  de  M.  Laporte  Du  Theil,  acquis  au 
mois  de  juillet  1815.  »  —  18  feuillets. 

5754.  «  Manuscrits  acquis  à  la  vente  de  M.  le  duc  de  La  Vallière,  en 
1784.  j  —  12  feuillets. 

5755.  «  Relevé  des  manuscrits  du  duc  de  La  "Vallière,  acquis  pour  la 
Bibliothèque  du  Roi,  en  1783,..,  »  par  Muuchet.  —  19  feuillets. 

5756.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  la  collection  de  M.  Léchaudé 
d'Anisy.  —  Normandie.  (1859.)  »  —  4  feuillets  et  211  pages. 

5757.  «  Inventaire  abrégé  des  manuscrits  de  M.  l'abbé  Le  Grand,  dont 
les  principaux  sont  sur  l'histoire  du  roi  Louis  XI.  (Mss.  français  6960- 
6990.)  —  18  feuillets. 


DU   DÉPARTEMEIVT   DES   MANUSCRITS.  iU 

5758.  Inventaire  des  «  recueils  de  l'abbé  Léonard.  »  (Mss.  franc.  6309- 
6336.)  -  19  feuillets. 

5759.  «  Inventaire   des  manuscrits,  papiers   et  portefeuilles   de  feu 
M.  l'abbé  de  Louvois,  bibliothécaire  du  Roy.  » 

Page  49.  Double  du  précédent. 

Page  109.  «  Inventaire  abrégé  et  sommaire  des  manuscrits,  papiers 
et  portefeuilles  trouvés  dans  le  cabinet  de  feu  M.  l'abbé  de  Louvois, 
bibliothécaire  du  Roy,  1719,  »  par  l'abbé  de  Targny.  —  143  pages. 

5760.  Double  du  premier  des  inventaires  du  volume  précédent.  — 
79  feuillets. 

5761.  «  Catalogue  des  volumes,  registres  et  cartons  remis  aux  conser- 
vateurs des  mss,  de  la  Bibliothèque  nationale,  par  le  citoyen  Camus, 
garde  des  Archives  nationales,  le  12  germinal  an  IX  de  la  Répu- 
blique.  »  —  Archives  de  la  chambre  syndicale  de  la  Librairie  et 
Imprimerie  de  Paris;  catalogue  rédigé  par  Mouchet;  avec  une  con- 
cordance des  anciens  et  nouveaux  numéros.  —  ii  et  21  feuillets. 

5762.  Catalogue  des  «  volumes  manuscrits  apportés  du  Cabinet  du  vieux 
Louvre  en  la  Bibliothèque  du  Roy,  en  l'année  1726.  »  (Double  exem- 
plaire.) —  21  feuillets. 

5763.  «  Catalogue  des  livres  doubles  donnez  et  eschangéz  par  le  Roy 
avec  d'autres  de  la  bibliothèque  de  feu  Mgr  le  cardinal  Mazarin,  fait 
par  nous  M<=  Pierre  de  Garcavy  et  M''  François  de  la  Poterie,  en  con- 
séquence de  l'arrest  du  Conseil  d'Estat  du  12*  janvier  1668...  » 

Fol.  142.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  feu 
Mgr.  le  cardinal  Mazarin...,  »  par  les  mêmes.  —  241  feuillets. 

5764.  1.  «  Premier  volume  de  despence,  ou  registre  tant  de  la  recepte 
que  de  la  despence  faicte  pour  la  bibliothèque  de  Mgr.  l'Éminentis- 
sime  cardinal  Mazarin,  depuis  le  xv  aoust  1643.  »  (1643-1646.)  — 
36  feuillets. 

2.  «  Inventaire  des  livres  mis  en  la  bibliothèque  de  Mgr.  l'Emi- 
nentissime  cardinal  Mazarini,  depuis  le  v  aoust  M  DG  XLIII,  qu'il 
achepta  celle  de  M*  De  Cordes,  pour  le  prix  de  xxii"^  livres.  »  (1643- 
1644.)  —  62  feuillets. 

3.  «  Estât  des  relieures  depuis  l'an  1643.  »  —  Ces  trois  parties  sont 
tout  entières  de  la  main  de  G.  Naudé.  —  38  feuillets. 

4.  «  Extraict  du  testament  de  M»"  Naudé  »  (fol.  39). 

5765.  «  Continuation  des  livres  acheptez  pour  la  bibliothèque  »  du 
cardinal  Mazarin,  par  G.  Naudé. 

Fol.  32.  «  Livres  doubles...  changez  contre  d'autres.  » 
Fol.  38.  «  Livres  donnez  depuis  le  commencement  de  l'année  1648.  » 
—  Ces  trois  parties  sont  de  la  main  de  Naudé. 

Fol.  41  et  57.  «  Livres  rendus  par  Annet  »  Morlon  (1654),  etc. 


U2  NOUVELLES  ACQUISITIONS 

Fol.  53.  «  Mémoire  des  livres  les  plus  curieux  que  peut  avoir 
M""  Naudé  de  la  bibliothèque  de  Son  Éminence.  »  (Double  ex.) 

Fol.  58.  «  Pour  le  restablissement  de  la  bibliothèque  de  Son  Émi- 
nence, »  etc. 

Fol.  62.  «  Rolle  des  manuscrits  arabes  et  syriaques;  »  suivi  de  plu- 
sieurs listes  de  livres  imprimés  et  manuscrits  de  la  bibliothèque  du 
cardinal  Mazarin,  dont  la  dernière  est  de  la  main  de  G.  Naudé.  — 
81  feuillets. 

5766.  Catalogue  d'une  partie  des  chartes  de  la  collection  Maugérard.  — 
347  analyses  de  chartes  rédigées  par  G.-B.  Hase. 

5767.  Catalogue  des  mss.  de  la  collection  Meinières,  aujourd'hui  nos  7557. 
7574  du  fonds  français.  —  18  feuillets. 

5768.  «  Collection  de  manuscrits  précieux  d'environ  2,000  volumes 
provenant  de  la  bibliothèque  de  M.  le  président  de  Meinières.  »  — 
9  feuillets. 

5769.  «  Catalogue  des  manuscrits  des  sieurs  Mezeray  et  Le  Fèvre  de 
Chantereau,  avec  lesquels  se  sont  trouvé  meslées  plusieurs  pièces 
venues  d'ailleurs.  »  —  36  feuillets. 

5770.  Catalogue  de  manuscrits  de  Morel  de  Vindé.  —  29  feuillets. 

5771.  Catalogue  des  «  manuscrits  acquis  de  M.  le  duc  de  Mortemart, 
en  1819,  »  et  de  la  Suite  de  Mortemart.  —  14  feuillets. 

5772.  Catalogue  des  n  manuscrits  du  collège  de  Navarre,  qui  n'ont  pas 
été  transportés  à  la  Bibliothèque  impériale,  »  par  Parquoy.  — 
27  feuillets. 

5773.  «  Catalogue  des  manuscrits  de  l'église  [Notre-Dame]  de  Paris. 
M  DCC  LI.  »  —  85  pages. 

5774.  Inventaire  alphabétique  de  la  correspondance  d'Oberlin.  (Mss. 
allemands  192-204.)  —  20  feuillets. 

5775.  Inventaire  des  cartons  contenant  les  papiers  et  mss.  théologiques 
de  Louis,  duc  d'Orléans,  fils  du  Régent.  (Mss.  français  6278-6308.)  — 
49  feuillets. 

5776.  «  Notice  de  la  collection  de  Registres  du  Parlement  provenant  de 
Lamoignon  et  acquise  du  libraire  Magimel,  en  1801,  »  par  Mouchet. 
—  32  feuillets. 

5777.  «  Notes  de  Mouchet  sur  différentes  collections  d'extraits  de 
Registres  du  Parlement  et  de  Registres  des  Conseils,  transportées  à 
la  Bibhothèque  nationale.  »  —  53  feuillets. 

5778.  Catalogue  analytique  d'une  partie  de  la  correspondance  de  Peiresc, 
par  Lalande.  (Mss.  français  9535  et  suiv.)  —  294  feuillets. 

5779-5786.  Catalogue  des  manuscrits  du  Résidu  Saint-Germain.  Cata- 
logue, tome  I.  Paquets  1-35.  —  II.  36-93.  —  III.  94-120.  —IV.  121- 
170.  —  36G,  341,  367  et  366  feuillets. 


DU  DÉPARTEMENT  DES  MAXUSCRITS.  -US 

Table  alphabétique,  tome  I.  A-G.  —  II.  D-J.  —  III.  L-P.  —  IV. 
Q-Z.  —  359,  286,  313  et  310  feuillets. 

5787.  «  Liste  par  ordre  alphabétique  des  titres  sous  lesquels  peuvent  se 
trouver  les  pièces  contenues  dans  les  manuscrits  Résidu  de  Saint- 
Germain.  »  —  24  feuillets. 

5788.  «  Gatalogues  du  Résidu  des  manuscrits  de  l'abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  rédigé  d'après  les  feuilles  détachées  qui  ont 
accompagné  l'envoi,  »  par  Mouchet.  —  48  feuillets. 

5789.  1.  «  Gatalogue  des  livres  reliés  du  Résidu  de  Saint-Germain.  »  — 
16  feuillets.  —  2.  «  Résidu  de  Saint- Germain.  Concordance  des 
paquets  avec  les  cartons.  »  —  12  feuillets, 

5790.  Catalogue  des  manuscrits  grecs  du  Résidu  de  Saint-Germain.  — 
.  42  feuillets. 

5791.  «  Concordance  des  numéros  de  Ripaut  avec  les  numéros  du  Sup- 
plément. »  —  9  feuillets. 

5792.  «  Catalogi  manuscriptorum  codicum  qui  in  bibliotheca  monasterii 
S.  Germani  a  Pratis  anno  Domini  1677  reperti  sunt.  —  Primus  mss. 
codicum  ordinem  et  omnia  in  eis  contenta  exhibet.  Secundus  eodem 
omnia  ordine  alphabetico  digesta  représentât.  Tertius  mss.  codicum 
quantitatem  seu  amplitudinem,  et  scripturœ  setatem  indicat.  »  — 
468  pages. 

5793.  «  Saint-Germain-des-Prés.  —  Notice  de  plusieurs  mss.  du  grand 
fonds,  par  Lémerault,  bibliothécaire,  mort  en  1756.  »  —  21  feuillets. 

5794.  Bordereau  des  manuscrits  de  Saint-Germain-des-Prés,  transpor- 
tés à  la  Bibliothèque  nationale  en  l'an  IV  (1795-1796).  —  51  feuillets. 

5795-5796.  «  Gatalogue  des  manuscrits  de  la  ci-devant  abbaye  de  Saint- 
Germain-des-Prés,  »  par  Dom  Poirier. 

I.  Mss.  latins.  (N^^  1-1643.)  —  II.  Mss.  français.  (N<>^  1-2799.)  — 
100  et  165  feuillets. 

5797.  Catalogue  des  manuscrits  du  fonds  français  de  Saint-Germain,  dit 
Découpures.  —  143  feuillets. 

5798.  Gatalogues  des  «  manuscrits  de  Saint-Germain-des-Prés,  fonds 
de  Harlay,  »  et  «  fonds  dit  de  Gesvres,  »  par  Dom  Poirier.  — 
69  feuillets. 

5799.  Concordances  des  numéros  des  trois  catalogues  des  mss.  de  Saint- 
Germain-des-Prés.  (Incomplètes.)  —  28  feuillets. 

5800.  «  Inventaire  des  Portefeuilles  de  Secousse.  »  —  19  feuillets. 

5801.  Table  alphabétique  de  la  «  Correspondance  du  chancelier  Séguier.  » 
(Mss.  français  17367-17412.)  —  45  feuillets. 

5802.  «  Catalogue  des  manuscripts  vendus  au  Roy  par  M.  Mégret  de 
Sérilly,  au  mois  d'avril  1748.  »  —  154  feuillets. 

^894  8 


UÂ  NOUVELLES   ACQDISITIONS   DES   MANUSCRITS. 

5803.  «  Inventaire  sommaire  des  manuscrits  composant  le  Supplément 
français.  »  (N^^  1-2319.)  —  70  feuillets. 

5804.  «  Notices  des  liasses,  cartons,  portefeuilles,  manuscrits  reliés, 
etc.,  »  provenant  de  l'abbé  de  Targny.  —  67  feuillets. 

5805.  Catalogue  des  manuscrits  et  papiers  de  l'abbé  de  Targny.  — 
20  feuillets. 

5806.  «  Gatalogus  manuscriptorum  domini  de  Targny.  »  —  12  feuillets. 

5807.  Catalogue  de  «  livres  apportés  du  palais  des  Tuilleries  en  la 
Bibliothèque  du  Roy  en  l'année  17[29]  ;  »  par  l'abbé  de  Targny.  — 
16  feuillets. 

5808.  Catalogue  de  «  volumes  manuscrits  apportez  de  Versailles  en  la 
grande  Bibliothèque  du  Roy  à  Paris,  en  l'année  1729,  »  par  l'abbé 
de  Targny.  —  50  feuillets. 

5809.  Doubles,  mis  au  net,  des  deux  catalogues  précédents  de  Versailles 
et  des  Tuileries.  —  Feuillets  20-45. 

5810.  Table  chronologique  des  titres  recueillis  par  Dom  Villevieille. 
(xie-xvni"  siècles.) 

Fol.  114.  «  Table  alphabétique  et  chronologique  des  noms  men- 
tionnés dans  la  collection  de  titres  originaux  étant  au  Cabinet  de 
l'abbé  de  Villevieille  à  Paris.  »  —  147  feuillets. 

5811-5812.  «  Relevé  des  manuscrits  à  peintures  et  ornements  des  anciens 
fonds  latins  et  français  de  la  Bibliothèque  nationale,  »  par  le  comte 
de  Bastard.  —  «  Mss.  ayant  appartenu  à  des  souverains  français  et 
étrangers,  »  princes,  abbayes,  etc.  —  «  Manuscrits  datés.  »  — 
Reliures  remarquables.  —  288  et  371  feuillets. 

5813-5814.  «  Catalogue  des  miniatures  des  manuscrits  latins  de  Paris,  » 
par  Henri  Bordier.  (18G3.)  —  xxxni-677  et  315  pages. 

Nos  1-2005  seulement  des  mss.  du  fonds  latin  de  la  Bibliothèque 
nationale.  —  Le  second  volume  est  en  grande  partie  composé  de 
notes  diverses  plus  étendues  sur  des  mss.  à  peintures  de  Paris  et 
d'autres  bibliothèques.  —  Calques  et  reproductions  de  peintures  dans 
les  deux  volumes. 

5815.  «  Spécimen  d'une  table  alphabétique  de  l'ornementation  des 
manuscrits,  comprenant  le  dépoLiilleraent  des  deux  mille  premiers 
numéros  du  fonds  latin  de  la  Bibliothèque  nationale,  par  II.-L.  Bor- 
dier. »  (1870.)  —  89  feuillets. 

H.  Omont. 
fA  suivre.) 


LA 


CHAMBRE  DES  COMPTES 


DE   PARIS. 


NOTICE  ET  ÉTAT  SOMMAIRE  DE  3363  REGISTRES  DE  COMPTABILITÉ 

DES  XVIle  ET  XYIII^  SIÈCLES 

VERSÉS  AUX  ARCHIVES  NATIONALES  EN  1889. 


Au  commencement  de  l'année  1889,  un  heureux  hasard  me 
permit  d'avertir  M.  le  garde  général  des  Archives  nationales  que 
la  Gourdes  comptes  se  proposait,  faute  de  place,  de  réformer,  me 
disait-on,  un  certain  nombre  d'anciens  registres  pourvus  de  signa- 
tures royales.  Sur  la  recommandation  de  M.  Servois,  j'obtins  de 
M.  le  premier  président  de  la  Cour  des  comptes  l'autorisation  de 
pénétrer  dans  le  pavillon  de  Marsan,  où  s'entassent  les  dossiers 
de  la  comptabilité  moderne.  Quel  ne  fut  pas  mon  étonnement,  en 
me  trouvant  en  face  d'une  masse  considérable  de  registres  qui 
provenaient  tous  de  l'ancienne  Chambre  des  comptes  !  Après  avoir 
procédé  sur  place,  avec  l'aide  de  M.  E.  Lelong,  archiviste  à  la 
section  administrative,  à  la  reconnaissance  sommaire  de  quelques 
centaines  de  registres,  l'importance  de  ce  fonds  ayant  été  démon- 
trée, le  transport  aux  Archives  nationales  fut  décidé  d'accord 
avec  la  Cour  des  comptes,  qui  voulait  bien  s'en  dessaisir  en  notre 
faveur.  Il  s'opéra  au  mois  de  mai  et  n'exigea  pas  moins  de  quatre 
grandes  voitures. 

Quelques  mots  sur  l'origine  de  cette  collection.  Des  déclarations 
tant  de  M.  Corneille,  greffier  en  chef  de  la  Cour  des  comptes,  que 
de  MM.  Aniéré,  garde  des  archives,  et  Lamotte,  son  successeur, 
il  résulte  que  ces  registres  faisaient  partie  des  épaves  sauvées  de 
l'incendie  des  archives  de  la  Cour  des  comptes,  rue  de  Lille,  en 
1871.  Ces  documents,  conservés  avant  1870  dans  l'étage   en 


Uiy  LA   CHAMBRE   DES   COMPTES   DE   PARIS. 

attique  du  bâtiment  des  archives  de  la  Cour,  ont  été  jetés  par  les 
fenêtres  lors  de  l'incendie  allumé  par  les  hommes  de  la  Commune 
et  couverts  d'eau  par  les  pompes,  ce  qui  exphque  que  beaucoup 
de  ces  registres  sont  en  partie  moisis  ou  détériorés.  Recueillis 
après  le  désastre,  ils  passèrent  quelque  temps  dans  les  caves  du 
Palais-Royal,  où  siégeait  alors  la  Cour,  puis  ils  furent  transpor- 
tés au  pavillon  de  Marsan. 

L'examen  et  le  classement  de  ces  registres  faits  en  1889  et  1890, 
conformément  à  l'engagement  qui  avait  été  pris  vis-à-vis  de  la 
Cour  des  comptes,  ont  montré  que  tous  concernent  l'ancienne 
comptabilité  de  la  France.  Sauf  un  registre  du  xvf  siècle,  ils 
sont  tous  des  xvn''  et  xyiii*^  siècles.  Ils  concernent  toutes  les  pro- 
vinces de  France  et  furent  remis  jadis  par  les  administrations 
financières  du  royaume  à  l'ancienne  Chambre  des  comptes,  qui 
était  chargée  de  vérifier  leur  comptabilité. 

Mais,  avant  de  faire  connaître  les  éléments  divers  de  cette  col- 
lection et  le  classement  que  nous  avons  cru  devoir  lui  donner, 
il  n'est  pas  hors  de  propos  de  rechercher  comment  ces  registres 
ont  été  conservés  jusqu'à  nos  jours  et  comment  ils  ont  été  sépa- 
rés du  reste  des  archives  de  la  Chambre  des  comptes. 

Ces  documents,  qui  peuvent  être  considérés  comme  les  derniers 
restes  de  la  comptabilité  de  l'ancienne  monarchie,  ont  été  signa- 
lés il  y  a  quelques  années  par  un  érudit  à  qui  rien  n'échappe  de 
l'histoire  financière  de  la  France.  A  la  fin  de  la  savante  notice 
qui  précède  les  Pièces  justificatives  pour  servir  à  l'histoire  des 
P.  P.  de  la  Chambre  des  comptes  (p.  cxlii),  M.  de  Boislisle  men- 
tionne comme  sauvés  de  l'incendie  de  1871  quelques  centaines  de 
registres  des  parties  casuelles  et  du  contrôle  général  des  finances. 
Ces  volumes,  entrevus  parle  savant  chercheur,  forment  bien  une 
partie  de  ceux  que  les  Archives  viennent  de  recueillir. 

Eu  examinant  les  dates  initiales  de  plusieurs  séries  de  registres, 
on  peut  se  demander  comment  il  se  fait  que  ces  registres  com- 
mencent presque  tous  en  1759  ^  La  raison  s'en  trouve  dans  les 
suppressions  opérées  à  la  fin  de  l'ancien  régime  et  pendant  la 
période  révolutionnaire.  Dès  avant  1789,  pour  remédier  à  l'en- 
combrement de  ses  dépôts,  la  Chambre  des  comptes  avait  obtenu 
des  lettres  patentes  du  9  juin  177G  qui  l'autorisaient  à  faire  le 

1.  Voyez  notamment  les  étals  de  finances  et  les  états  au  vrai,  ceux  des  maré- 
chaussées et  du  tailloii,  le  contrôle  du  prêt  et  annuel,  etc. 


7. 


LA    CHAMBRE    DES   COMPTES   DE   PARIS.  ^^7 

triage  des  acquits  antérieurs  à  1720.  Après  l'enregistrement  de 
ces  lettres  patentes  en  1778,  la  commission  chargée  par  la  Chambre 
de  surveiller  ces  opérations  reçut  l'ordre  de  porter  jusqu'en  1750 
la  suppression  des  comptes  jugés  inutiles  et  de  toutes  les  quit- 
tances et  pièces  accessoires  ^  Le  Bureau  de  comptabilité,  défini- 
tivement organisé  par  décret  des  8-12  février  1792,  continua  les 
suppressions  déjà  commencées.  Parmi  elles,  on  mentionne  «  des 
états  au  vrai,  des  états  de  finances,  3,612  registres  du  contrôle 
général  antérieurs  à  1759  2.  »  Les  autres  furent  conservés  pro- 
bablement parce  que  l'examen  de  cette  comptabilité  n'était  pas 
encore  terminé. 

M.  de  Boislislea  expliqué  comment  beaucoup  de  ces  documents 
sauvés  par  le  Bureau  du  triage  des  titres  arrivèrent  aux  Archives 
nationales.  En  l'an  VIT,  notamment,  les  Mémoriaux  et  presque 
toutes  les  collections  du  grefi'e  sont  reçus  par  le  garde  Cheyré, 
tandis  que  les  documents  de  pure  comptabilité  périssaient.  En 
1808,  la  Cour  des  comptes  rendit  aux  archives  de  l'Empire  les 
comptes  des  domaines  et  bois,  qui,  après  triage,  forment  aujour- 
d'hui les  n°^  P  291 4-2997^ 

Les  registres  dont  nous  nous  occupons  aujourd'hui  forment  la 
suite  nécessaire  et  le  complément  de  ceux  qui  sont  depuis  l'an  VII 
conservés  au  palais  Soubise. 

Il  nous  reste  à  faire  connaître  l'importance  de  ce  nouveau  fonds, 
à  indiquer  brièvement  les  différentes  catégories  de  documents  qui 
le  composent  et  l'utilité  que  chacune  d'elles  peut  présenter  aux 
travailleurs. 

La  plupart  de  ces  documents  provenant  du  Contrôle  général 
des  finances,  nous  avons  pensé  qu'il  était  naturel  de  prendre 
pour  cadre  de  classement  les  attributions  mêmes  du  Contrôleur 
général^.  Or,  d'après  les  lettres  de  commissions  de  Contrôleur 

1.  De  Boislisle,  loc.  cit.,  p.  cxxviii. 

2.  Ibidem,  p.  cxxxvii. 

3.  Voir,  aux  Arch.  nat.,  un  état  spécial  dans  M  719,  n"  25. 

4.  Il  ne  faudrait  pas  se  méprendre  sur  le  sens  de  ces  mois  Contrôle  général 
et  Contrôleur  général  des  finances.  On  sait  que,  depuis  1661,  la  charge  de 
surintendant  général  ayant  été  supprimée,  ses  attributions  furent  données  à 
Colbert,  qui  prit  le  titre  de  Contrôleur  général  des  finances,  dont  il  avait  acquis 
roûice.  Ce  titre  fut  conservé  par  tous  ceux  qui  dirigèrent  l'administration  de 
nos  finances  jusqu'en  1789.  Mais  il  y  eut,  depuis  1631,  au-dessous  du  contrô- 
leur, d'abord  quatre,  puis  deux  commis,  sous  le  nom  de  «  gardes  des  registres 
du  Contrôle  général  des  finances.  »  Ils  subsistèrent,  sauf  quelques  intervalles, 


^-18  LA   CHAMBRE    DES   COMPTES   DE   PARIS. 

général  des  finances  accordées  à  Claude  Le  Pelletier  eu  1683, 
cet  officier  avait  pour  mission  de  contrôler  : 

1°  Toutes  les  quittances,  mandements,  rescriptions  du  Trésor 
royal  ; 

2°  Du  trésorier  des  revenus  casuels  ; 

3"  Le  prêt  des  officiers  ; 

4°  Le  droit  annuel  et  autres  deniers  dont  ils  font  la  recette  ; 

5°  Le  marc  d'or  ; 

6^  Les  quittances  de  finance  pour  les  ventes  du  domaine  ; 

T  Les  offices  domaniaux  ; 

8°  Les  taxes  et  restitutions,  et  toutes  autres  quittances; 

9°  Les  commissions  pour  la  levée  des  tailles  et  autres  imposi- 
tions, lettres  patentes,  octrois,  dons,  acquits-patents,  rembour- 
sements, etc.^ 

C'est  pourquoi  les  registres  portent  généralement  ce  titre  : 
«  Registre  du  Contrôle  général  des  finances  des  quittances  du 
trésorier  des  parties  casuelles,  »  ou  «  des  mandements  et  quit- 
tances de  l'épargne,  »  ou  bien  «  des  acquits-patents,  pen- 
sions, etc.  »  Un  double  et  quelquefois  un  triple  de  ces  divers 
registres  était  établi  pour  être  envoyé  à  la  Chambre  des  comptes. 

C'est  en  suivant  ce  cadre  que  nous  avons  classé  les  3,363  re- 
gistres ou  liasses  dont  se  compose  le  versement  fait  par  la  Cour 
des  comptes,  dans  un  ordre  dont  nous  allons  maintenant  essayer 
de  donner  une  idée. 

Après  un  inventaire  des  quittances  des  offices  expédiées  aux 
parties  casuelles,  daté  de  1579  (le  seul  registre  du  xvi^  siècle  que 
renferme  notre  fonds),  viennent  les  registres  des  quittances  du 
trésorier  des  parties  casuelles,  au  nombre  de  249;  puis  les 
registres  des  revenus  casuels  perçus  pour  les  nouvelles  créations 

jusqu'en  1788.  (Voir  l'Almanach  royal.)  C'est  à  ces  officiers  que  fut  remis  le 
coiilrole  des  quittances  qui  était  dans  les  attributions  primitives  du  Contrôleur 
général;  ils  avaient  sur  ce  point  les  mêmes  droits  qu'avait  eus  le  Contrôleur 
lui-même.  C'est  chez  eux  que  l'on  portait  les  quittances  k  vérifier,  et  ils  devaient 
fournira  la  Chambre  des  comptes  les  doubles  des  registres  qu'ils  avaient  tenus. 
(Voir  Arch.  nat.,  P2il7,  p.  741.)  Ce  sont  ces  registres  dont  nous  avons  à  nous 
occuper  ici.  On  trouve  dans  les  Mémoriaux  les  arrêts  et  lettres  patentes  rela- 
tifs à  l'établissement  et  aux  fonctions  des  gardes  des  registres  du  Contrôle. 
Voir  notamment  P  2374,  p.  8G7,  809;  2336,  p.  121;  2420,  p.  745;  2502,  p.  65; 
2366,  p.  157  ;  2418,  p.  185;  2514,  p.  4  et  7. 

1.  De  Roislisie,  Correspondance  des  contrôleurs  généraux  des  finances,  t.  I, 
1874,  App.,  p.  542. 


LA    CHAMBRE    DES  COMPTES    DE    PARIS.  M9 

OU  les  suppressions  d'offices,  etc.  (48  reg.)  ;  les  augmentatioiis 
de  gages  et  leur  contrôle  (87  reg.)  ;  les  acquits-patents  et  pen- 
sions {\.d  reg.)  ;  les  mande7nents  et  quittances  du  trésorier 
de  l'Épargne  (69  reg.)  ;  les  quittances  de  son  successeur  le  garde 
du  Trésor  royal,  importante  suite  de  169  registres,  mentionnant 
toutes  les  recettes  effectuées  par  le  comptable  et  indiquant  quel- 
quefois les  dépenses  sous  forme  de  mandements. 

Nous  passons  aux  taxes  diverses  et  d'abord  aux  taxes  sur  les 
offices.  Tous  les  offices  royaux  y  sont  représentés  (notaires,  huis- 
siers, greffiers,  maires,  etc.).  A  la  suite  viennent  les  Finances 
d'offices  classées  dans  l'ordre  alphabétique  des  noms  des  offices 
(auditeurs  des  comptes,  arpenteurs,  artillerie,  avocats  du  roi,  etc.) 
(127  reg.);  ils  sont  suivis  des  registres  des  Finances  d'offices 
municipaux,  relatifs  surtout  à  la  ville  de  Paris,  à  la  Lorraine 
et  enfin  aux  greniers  à  sel  (61  reg.).  On  y  trouvera  des  rensei- 
gnements certains  pour  l'entrée  en  fonctions  d'un  grand  nombre 
de  possesseurs  d'offices.  Nous  avons  réservé  pour  la  fin  les  Offices 
des  tailles,  ceux  de  greffiers  des  rôles  des  tailles,  commissaires- 
contrôleurs,  trésoriers  des  tailles,  etc.  (162  reg.). 

Nous  arrivons  aux  taxations  des  officiers.  Les  registres  du 
contrôle  du  Prêt  et  de  l'Annuel,  au  nombre  de  299,  renferment 
une  multitude  de  noms  de  magistrats.  Le  contrôle  du  Centième 
denier  fait  suite  chronologiquement  à  celui  de  l'annuel,  auquel 
il  donne  son  nom  vers  1780.  Les  quittances  de  cette  taxe  ne  rem- 
plissent pas  moins  de  317  registres,  dans  lesquels  abondent  les 
noms  de  personne.  Il  faut  encore  ajouter  à  cette  catégorie  les 
quittances  du  Marc  d'or,  autre  taxe  sur  les  offices  qui  était  aussi 
payée  pour  dispense  d'âge  et  d'alliance  en  vue  du  mariage 
(17  reg.). 

Les  Arts  et  inétiers  fournissent  un  contingent  de  93  registres. 
Ce  sont  des  finances  de  maîtrises  ;  des  droits  payés  pour  entrer 
dans  les  six  corps  de  métiers;  des  droits  annuels,  des  finances 
d'offices  des  maîtrises  (inspecteurs,  contrôleurs,  auditeurs  des 
comptes),  et  enfin  des  taxes  pour  l'hérédité  des  offices  des  arts  et 
métiers,  etc. 

Les  produits  du  Domaine  sont  consignés  dans  15  registres, 
qui  concernent  la  vente  et  revente  du  domaine  royal,  les  nouveaux 
acquêts,  la  taxe  des  boutiques  du  Palais  à  Paris,  etc. 

Enfin,  sous  le  nom  de  Revenus  divers,  nous  avons  groupé 
40  registres,  parmi  lesquels  nous  signalerons  les  quittances  des 


^20  LA    CHAMBRE   DES  COMPTES   DE   PARIS. 

revenants-bons,  les  droits  de  quittances  et  levées  de  deniers  extra- 
ordinaires ;  et  nous  terminerons  cette  longue  nomenclature  par 
la  mention  de  14  registres  fort  intéressants,  qui,  sous  le  nom  de 
Contrats,  renferment  la  copie  des  actes  et  titres  translatifs  de 
propriété  et  des  contrats  d'échange  soumis  au  contrôleur  géné- 
ral des  domaines  de  la  généralité  de  Paris,  de  1706  à  1738. 

Une  seconde  partie,  et  non  la  moins  importante  de  la  collec- 
tion, se  compose  d'une  suite  de  800  registres  intitulés  :  États 
des  finances,  et  quelquefois  États  du  roi,  classés  par  généra- 
lités. Ce  sont  les  états  signés  par  le  roi,  au  Conseil  royal  des 
finances,  et  qui  donnent  exactement,  année  par  année,  le  compte 
des  recettes  et  des  dépenses  de  chaque  généralité  depuis  1759 
(1750  pour  celle  de  Paris)  jusqu'en  1790,  Les  états  des  finances 
servaient  aussi  à  dresser  les  Etats  au  vrai,  qui  étaient  présentés 
au  roi  par  les  receveurs  généraux  des  finances  de  la  généralité. 
Ceux-ci  contenaient  en  plus  les  recettes  et  dépenses  extraordi- 
naires. A  partir  de  l'année  1781,  les  états  de  finances  ne  com- 
mencent plus  qu'à  la  partie  de  l'état  consacrée  aux  charges  et 
portent  le  titre  de  :  État  de  distribution  des  gages.  Quelle  que 
soit  leur  désignation,  ces  états  offrent  le  plus  grand  intérêt  pour 
l'histoire  financière  de  la  France  pendant  la  seconde  moitié  du 
xv!!!*-'  siècle  ;  c'est  là  seulement  qu'on  peut  trouver  les  renseigne- 
ments officiels  sur  les  revenus  et  les  charges  de  chaque  province 
et  par  suite  du  royaume  presque  entier.  Ce  genre  de  documents, 
sauf  quelques  états  relatifs  à  la  Lorraine  qui  se  trouvaient  dans 
la  série  H  et  que  nous  avons  réunis  à  la  série  P,  manquaient 
totalement  aux  Archives  nationales  ' .  A  la  suite  de  chaque  géné- 
ralité, on  trouvera  des  états  et  des  rôles  relatifs  à  la  taille,  aux 
vingtièmes  et  à  la  capitation,  qui  peuvent  servir  à  résoudre 
diverses  questions  sur  la  population  et  la  richesse  de  la  France. 
Nous  avons  joint  à  cette  partie  du  nouveau  fonds  (parce  qu'ils 
sont  rédigés  dans  la  même  forme  que  les  précédents),  17  registres 
des  Etats  des  maréchaussées  et  16  registres  des  États  du  tail- 
lon  ou  ordinaire  des  guerres,  établis  également  par  recette  et 
dépense  pour  cliaque  généralité. 

1.  Sauf  doux  états  de  1787  et  1788  (Z""  1068).  Des  collections  plus  ou  moins 
complètes  de  ces  états  se  trouveut,  sous  la  série  C,  dans  les  archives  des 
départements  qui  ont  eu  autrefois  des  Bureaux  des  finances  et  notamment  dans 
les  suivants  :  Cher,  Côte-d'Or,  Gironde,  ludre-ct-Loire,  Moselle,  Rhône,  Seine- 
Inférieure,  Vienne,  Haute- Vienne. 


LA  CHAMBRE  DES  COMPTES  DE  PARIS.  ^  21 

Enfin  la  troisième  et  dernière  partie  de  notre  collection  se 
compose  des  registres  des  Rentes  qui  devaient  aussi  être  présen- 
tés à  la  Chambre  des  comptes.  Ces  registres,  au  nombre  de  515, 
renferment  les  quittances  qui  constataient  le  versement  du  capital 
de  la  rente  et  créaient  un  titre  au  rentier.  Ils  se  divisent  en  rentes 
de  la  Tontine,  qui  étaient  naturellement  viagères;  en  rentes 
viagères  proprement  dites,  soit  sur  la  ville  de  Paris,  soit  sur  les 
tailles,  et  enfin  en  rentes  perpétuelles.  On  y  trouve  également 
les  reconstitutions  de  rentes,  qui  consistent  dans  l'établisse- 
ment «  d'un  titre  nouvel  »  correspondant  à  ce  que  nous  appelle- 
rions aujourd'hui  une  mutation  ou  un  transfert  ;  enfin  les  inté- 
rêts pour  remboursement  d'offices,  c'est-à-dire  les  rentes  que 
l'État  s'engageait  à  servir  pour  n'avoir  pas  à  rembourser  le  capi- 
tal des  oflîces  supprimés.  Il  n'est  pas  inutile  de  faire  remarquer 
que,  dans  les  titres  des  tontines,  on  a  transcrit  les  noms  des  titu- 
laires de  la  rente,  de  leur  femme,  de  leurs  enfants  et  petits- 
enfants,  avec  l'âge  des  enfants.  Pour  les  rentes  viagères,  l'acte 
énonce  l'âge  de  la  partie  prenante,  et,  si  c'est  une  femme,  la  plu- 
part du  temps  l'acte  indique  le  nom  du  mari.  Pour  les  rentes  de 
la  loterie  et  les  autres,  il  n'y  a  pas  l'âge,  mais  seulement  les  noms, 
qui  font  totalement  défaut  dans  les  registres  de  rentes  au  porteur. 
Les  détails  que  nous  venons  de  donner  permettent  d'apprécier  le 
degré  d'utihté  de  ces  diverses  catégories  de  registres  et  le  parti 
qu'on  en  peut  tirer.  Sauf  deux  registres  relatifs  à  des  rentes  per- 
pétuelles du  xvif  siècle,  tous  les  autres  sont  du  xvni"  siècle. 

Tel  est  l'ensemble,  telles  sont  les  diverses  parties  de  cette 
importante  collection  dont  les  Archives  nationales  viennent  de 
s'enrichir.  Elle  a  trouvé  naturellement  sa  place  à  la  suite  de 
l'ancien  fonds  de  la  Chambre  des  comptes,  à  laquelle  elle  a  man- 
qué trop  longtemps.  Inutiles  depuis  longues  années  pour  la  comp- 
tabilité publique,  exposés  même  à  être  égarés  et  détruits  parmi 
les  papiers  modernes,  comme  ils  ont  failli  l'être  en  1871,  ces 
documents,  réunis  à  nos  Archives  nationales,  pourront  servir  à 
éclairer  non  seulement  l'histoire  financière  du  xviii®  siècle,  mais 
bien  des  points  encore  obscurs  de  l'organisation  administrative 
de  la  monarchie  à  la  même  époque  ;  tous  ceux  qui  s'occupent  de 
la  biographie  des  diverses  classes  de  la  société  française  pendant 
la  même  période,  noblesse,  magistrature,  bourgeoisie,  gens  de 
commerce  ou  de  finance,  les  consulteront  avec  profit.  Nous  nous 
estimons  heureux  d'avoir  pu  contribuer  à  leur  conservation,  et  nous 


122  LA   CHAMBRE    DES   COMPTES   DE   PARIS. 

devons  le  succès  de  nos  efforts  à  la  haute  intervention  de  M.  Beth- 
raont,  alors  premier  président  de  la  Cour  des  comptes,  et  de  son 
successeur  M.  Humbert,  qui,  sur  la  demande  de  M.  Servois,  garde 
général  des  Archives  nationales,  ont  bien  voulu  consentir  que  ces 
documents  fussent  versés  au  palais  Soubise,  où,  étant  classés  et 
inventoriés,  ils  seront  accessibles  à  tous  les  travailleurs*.  En 
attendant  la  publication  du  Répertoire  numérique  de  la  Chambre 
des  comptes,  actuellement  sous  presse,  nous  avons  pensé  qu'il 
serait  utile  d'attirer  l'attention  des  érudits  sur  ce  supplément 
notable  ajouté  à  la  série  P  des  Archives  nationales,  et,  pour  faci- 
liter les  recherches,  nous  donnons  ci-dessous  l'état  sommaire  de 
nos  3,363  articles. 

A.  Bruel. 

Registres  de  comptabilité  verse's  aux  Arcdives  x\atioxales  par  la 
Cour  des  comptes,  et  place's  dans  la  série  P.  (3,3()3  articles,  dont 
3,'f03  registres  et  260  liasses.) 

I.  Registres  provenant  du  Contrôle  général  des  finances. 

3027-3271).  Quittances  du  trésorier  des  parties  casuelles,  -1579-1668. 
3280-3328.  Quittances  du  receveur  des  revenus  casuels,  -1660-1700. 
3329-3417.  Quittances  des  taxes  pour  augmentations  de  gages,  1635- 

1788. 
3418-3437.  Acquits-patents  et  pensions,  1629-1774. 
3438-3309.  Mandements  et  quittances  du   trésorier  de  l'Épargne, 

1629-1665. 
3510-3358.  Quittances  du  garde  du  trésor  royal,  1663-1701. 
3359-3570.  Quittances  du  garde  du  trésor  royal  pour  les  débets, 

1701-1713. 
3571-3574.  Quittances  du  garde  du  trésor  royal  pour  les  amendes, 

1667-1679. 
3575-3666.  Quittances  du  garde  du  trésor  royal  (suite),  1702-1791. 

1.  Nous  devons  adresser  ici  nos  respectueux  remerciements  à  M.  Corneille, 
greffier  en  clicf  de  la  Cour,  MM.  Lamotte,  garde  des  archives,  et  Liénarl,  sous- 
ciiet',  pour  la  courtoisie  et  la  bienveillance  avec  laquelle  ils  ont  facilité  notre 
tâche.  Nous  n'aurions  garde  d'oublier  le  concours  empressé  qui  nous  a  été 
donné,  dès  le  début  de  cette  négociation,  par  notre  sympathique  et  dévoué 
confrère  et  ami  M.  G.  de  Senneville,  conseiller  référendaire  à  la  Cour  des 
comptes. 


LA   CHAMBRE   DES   COMPTES   DE    PARIS.  ^  23 

3667-3747.  Quittances  du  garde  du  trésor  royal  et  ensuite  du  tré- 
sorier des  revenus  casuels  intitulées  :  Affaires  de  différentes 
natures,  etc.,  ^03-4789. 

3748-3858.  Quittances  de  taxes  sur  les  offices  et  places,  ^ 628-1 7^1 3. 

3859-3999.  Finances  d'offices,  ^628-^782. 

4 000-4 06^.  Finances  d'offices  municipaux,  'i63^-^79^. 

4062-4'!  76.  Finances  d'offices  des  receveurs  et  des  greffiers  des  rôles 
des  tailles,  'l  629-^1 79^ 

4177-4206.  Rachat  des  boues  et  lanternes  de  Paris,  n08-n90. 

4207-4213.  Don  gratuit  des  villes,  1760-1784. 

4214-4216.  Taxations  diverses  des  offices  de  finance  et  autres,  1696- 
1 757. 

4217-4228.  Sixième  et  huitième  deniers,  1685-1790. 

4229-4253.  Annuel  et  prêt  (Quittances  du  rachat),  1634-1780. 

4254-4554.  Contrôle  de  l'annuel  et  du  prêt  par  généralités,  1 759-1 771 . 

4555-4871.  Contrôle  du  Centième  denier  établi  en  1772,  1773-1791. 

4872-4888.  Quittances  du  Marc  d'or,  1629-1787. 

4889-4977.  Arts  et  métiers.  Finances  d'offices;  contrôle  des  trois 
quarts  des  maîtrises;  taxes  diverses,  1691-1790. 

4978-5029.  Domaine.  Quittances  de  taxes  sur  le  domaine,  sur  les 
nouveaux  acquêts;  pour  confirmation  et  aliénation  de  domaines, 
etc.  Revenus  divers  :  levées  de  deniers  extraordinaires,  etc.,  1629- 
1773. 

5030-5043.  Contrats.  Contrôle  des  actes  et  titres  translatifs  de  pro- 
priété pour  le  contrôleur  général  du  domaine  de  la  généralité  de 
Paris,  1706-1738. 

5044-5051.  Contrôle  général  des  quittances  des  receveurs  généraux 
des  Domaines  et  bois  de  la  généralité  de  Paris,  1708-1739. 

II.  États  des  finances  par  généralités. 

5052-5074.  I.  Alençon,  1759-1790. 

5075-5105.  II.  Amiens,  1759-1790. 

5106-5133.  m.  Auch,  1759-1790. 

5134-5135.  IV.  Rayonne  (Pau  et),  1770-1790, 
5136-5170.  V.  Rordeaux,  1759-1790. 

5171-5195.  VI.  Rourges,  1759-1790. 

5196-5224.  VIL  Rourgogne  (comté),  1759-1790. 

5225-5238.  VIII.  Rretagne,  1759-1787. 

5239-5271.  IX.  Caen,  1759-1790. 


^24  LA  CHAMBRE  DES  COMPTES  DE  PARIS. 

5272-3298.  X.  Châlons  ou  Champagne,  nSQ-nOO. 

S299-5327.  XL  Dijon,  n59-'l 790. 

5328-5367.        XII.  Flandre,  Hainaut  et  Artois,  -1759-1790. 

5368-5393.       XIII.  Grenoble,  ^59-^79^. 

5394-54 ^  7.       XIV.  Limoges,  -1759-^89. 

54^ 8-5442.        XV.  Lorraine,  n59-'l 790. 

5443-5463.       XVI.  Lyon, 'l  759- 1790. 

3464-5488.     XVII.  Metz  et  Alsace, -1 759-'! 79-1 . 

5489•55^8.    XVIII.  Montauban,  1759•^79^ . 

53^9-5538.       XIX.  Montpellier,  -1759-1790. 

5539-5557.        XX.  Moulins,  ^1 760-1 790. 

5558-5565.      XXL  Navarre  et  Béarn, -1770-1783. 

5366-5591.     XXII.  Orléans, -1739-1789. 

3592-5669.     XXIII.  Paris, -1 750-1 790. 

5670-3688.     XXIV.  Poitiers, -1739-1789. 

5689-5706.     XXV.  Provence,  -1739-1789. 

5707-5723.     XXVI.  Riom,  1739-1789. 

5726-5744.  XXVII.  Rochelle  (la),  1759-1789. 

5745-3763.  XXVIII.  Rouen,  1759-1786. 

3766.     XXIX.  Roussillon,  1771-1790. 
5767-5785.      XXX.  Soissons,  1759-1785. 
5786-5817.    XXXI.  Toulouse,  1759-1791. 
5818-5838.  XXXIL  Tours,  1760-1791 . 

5839-5841 .  Diverses  généralités,  tailles,  domaines  et  bois,  1 766-1 790. 
5842-5858.  Étals  de  la  recette  et  dépense  des  maréchaussées,  1759- 

1787. 
5859-5874.  États  de  la  recette  et  dépense  du  taillon  ou  ordinaire  des 

guerres,  1759-1790. 

III.  Rentes. 

5875-5932.  Rentes  de  la  tontine  ou  renies  viagères,  par  classes,  1733- 

1759. 
5933-6110.  Renies  viagères  sur  la  ville  de  Paris,  à  divers  taux,  sur 

une  ou  plusieurs  têtes;  rentes  sur  les  tailles,  1714-1787. 
6111-6113.  Loterie  en  rente  perpétuelle,  1777. 
6114-6313.  Rentes  perpétuelles,  1681-1789. 
6314-6363.  Rcconslilulions  de  rentes,  1713-1786. 
6366-6389.  Intérêts  pour  remboursement  d'offices,  1720-1780. 


LE   STYLE   GOTHIQUE 

ET 

LE  DÉAMBULATOIRE  DE  MORIENVAL 

A  PROPOS  DE  DEUX  ARTICLES  DE  M.  ANTHYME  SAINT-PAUL. 


L'apparition  d'un  article  de  M.  Anthyme  Saint-Paul  est  tou- 
jours une  bonne  fortune  pour  les  archéologues,  assurés  qu'ils  sont 
d'y  trouver  à  la  fois  des  documents  solides,  d'ingénieuses  déduc- 
tions et  des  conclusions  d'une  grande  portée  scientifique. 

La  publication  simultanée,  au  début  de  cette  année,  de  deux 
importants  articles  de  l'éminent  érudit  ne  peut  qu'être  très  remar- 
quée de  tous  ceux  qui  s'intéressent  à  notre  art  du  moyen  âge. 

L'un  de  ces  articles,  publié  dans  le  Bulletin  monumental^, 
porte  un  titre  énigmatique  :  l'Innomée;  l'autre  est  une  Dis- 
cussion archéologique  sur  les  dates  de  V église  de  Morien- 
val,  donnée  sous  forme  de  lettre  à  M.  le  chanoine  Miiller  dans 
les  Mémoires  du  Comité  archéologique  de  Sentis^,  et  éclaire 
singulièrement  la  pensée  qui  a  dicté  le  premier. 

UInnomée,  pour  M.  Anthyme  Saint-Paul,  n'est  autre  que 
l'architecture  gothique.  Cette  désignation,  évidemment  impropre 
et  qui  a  été  une  injure  dans  la  pensée  de  ceux  qui  l'ont  trouvée, 
lui  paraît  inacceptable.  Le  terme  ogival,  au  contraire,  contre 
lequel  Quicherat  protestait,  lui  semble  très  juste. 

Il  est  vrai  que  l'adjectif  «  gothique  »  a  été  une  injure,  mais 
cette  idée  défavorable  a  disparu,  et  le  mot  ogival,  de  son  côté, 
procède  d'une  double  idée  fausse.  M.  de  Caumont,  qui  l'a  popula- 
risé, prétendait  en  effet  trouver  dans  l'arc  brisé  la  caractéristique 


1.  6»  série,  t.  VIII,  1893,  a»  5. 

2.  T.  VII,  3°  série,  année  1892,  p.  49-58. 


^26  LE   STYLE   GOTHIQUE 

du  stjle  gothique,  et,  par  le  plus  fâcheux  des  contresens,  il  don- 
nait à  cet  arc  le  nom  de  l'arc  ogive. 

Ce  n'est  pas  sans  un  sincère  plaisir  que  l'on  verra  M.  Anthyme 
Saint-Paul  renoncer  enfin  publiquement  aujourd'hui  à  maintenir 
cette  dangereuse  erreur  de  mots.  Quant  au  critérium  tiré  de  l'arc 
aigu,  on  sait  qu'il  ne  l'a  jamais  considéré  comme  absolu. 

C'est  pour  cette  raison  même  qu'il  voudrait  faire  prévaloir  le 
mot  ogival  en  le  rapportant  à  la  croisée  d'ogives  qui  caractérise 
selon  lui  le  style  gothique. 

Il  appartenait  à  une  plume  beaucoup  plus  autorisée  que  la 
mienne  de  répondre  à  M.  Anthyme  Saint-Paul.  Au  moment  où 
ces  lignes  paraîtront,  le  comte  R.  de  Lasteyrie  aura  déjà  livré 
à  la  publicité  une  apologie  éloquente  et  bien  difficilement  réfu- 
table  de  cet  enseignement  de  Quicherat,  qu'il  continue  en  y 
apportant  sa  grande  part  d'autorité  et  de  découvertes  nouvelles. 
On  ne  saurait  ajouter  à  cette  réponse  et  l'on  ne  pourrait  que  répé- 
ter moins  bien  ce  qu'elle  contient.  Ceux  qui  ne  l'auraient  pas  lue 
conviendront  du  reste,  sans  peine,  que  le  terme  ogival  s'applique 
peu  à  bien  des  monuments  gothiques,  dépourvus  d'ogives,  et 
moins  encore  à  la  sculpture,  sur  laquelle  on  ne  sait  quelle 
influence  aurait  pu  exercer  l'ogive,  et  que  le  mot  nervures  n'est 
qu'un  terme  générique  s'appliquant  à  toutes  sortes  d'arcs  ou 
même  de  simples  saillies. 

M.  Anthyme  Saint-Paul  propose  le  mot  gallican  pour  rem- 
placer le  mot  gothique.  Ce  mot,  il  est  vrai,  a  le  mérite  d'indiquer 
une  origine  française,  mais  un  nouveau  terme  est-il  nécessaire^? 

1.  L'adoption  d'une  nouvelle  acception  de  mot,  fût-elle  graranialicaleraent 
exacte,  peut  ùire  désastreuse  en  matière  scientilique.  Par  exemple  le  sens  (un 
peu  conventionnel  dans  son  exclusivisme)  du  mot  Renaissance  est  très  clair  et 
compris  de  tous;  n'a-t-on  pas  tenté  d'en  changer  l'acception  par  une  fantaisie 
qui,  si  elle  était  adoptée,  emi)êcherait  désormais  ceux  qui  traitent  de  la  Renais- 
sance de  se  comprendre  et  ferait  naître  une  foule  de  discussions  ne  portant  au 
fond  que  sur  des  mois?  On  pourrait  aussi  bien,  d'accord  avec  la  grammaire, 
mais  non  sans  nuire  à  la  clarté  de  l'enseignement  historique,  détourner  ou 
étendre  le  sens  de  Révolution  française,  la  France  ayant  eu  bien  des  révolu- 
tions politiques.  Où  seraient  les  bienfaits  de  cette  révolution  du  langage? 

Pour  ne  parler  que  d'architecture  gothique,  un  éminent  archéologue  améri- 
cain, M.  Moore,  a  proposé  en  1890  de  réserver  ce  terme  à  un  style  gothique 
parfait,  absolu,  très  rare  hors  de  l'Ile-de-France  {Gothic  architecture.  Londres, 
Macmillan,  1890,  in-8").  Sa  distinction  est  juste,  sagace,  scientifique  et  serait 
digne  de  tout  éloge  s'il  s'était  borné  à  ajouter  au  même  mot  gothique  divers 


ET    LE    DÉAMBULATOIRE    DE    MORIEIVVAL.  ^  27 

Il  est  vrai  qu'il  y  a  là  une  désignation  ethnographique  inexacte, 
mais,  si  quelqu'un  avait  l'irrévérence  de  traiter  cette  objection 
de  chinoiserie,  le  sens  de  ce  terme  serait-il  ambigu  ? 

Cependant  les  préoccupations  de  M.  Anthyme  Saint-Paul  visent 
plus  haut  qu'à  cette  question  de  terminologie  :  s'il  approuve  le 
mot  ogival,  c'est  que,  selon  lui,  tout  édifice  pourvu  d'ogives  est 
du  style  ogival  ou  gothique,  et  il  rappelle  que  Quicherat  a  reconnu 
que  ce  style  «  résulte  »  de  l'emploi  de  la  croisée  d'ogives. 

Cette  proposition  est  parfaitement  juste,  mais,  entre  les  expres- 
sions résulter  de  et  consister  en,  il  y  a  un  abîme.  La  première 
exprime  la  doctrine  de  Quicherat,  la  seconde  représente,  je  crois, 
celle  de  M.  Anthyme  Saint-Paul. 

Sans  doute,  la  croisée  d'ogives  est  une  caractéristique  essen- 
tielle du  style  gothique,  mais  il  semble  excessif  d'y  voir  sa  carac- 
téristique unique.  L'auteur  insiste  sur  la  date  relativement 
récente  des  croisées  d'ogives  de  Saint- Victor  de  Marseille  et  de 
Moissac.  Quant  aux  ogives  plus  archaïques  de  Morienval,  il  leur 
consacre  un  article  spécial  et  très  intéressant. 

Ce  déambulatoire  que  Viollet-le-Duc  a  signalé,  mais  dont 
Quicherat  ne  s'est  pas  occupé,  a  attiré  l'attention  depuis  que  le 
comte  de  Lasteyrie  l'a  décrit  et  étudié  dans  son  cours  de  l'École 
des  chartes  comme  le  plus  ancien  exemple  connu  de  voûtes  sur 
croisée  d'ogives.  M.  Moore*  et  M.  L.  Gonse^  l'ont  attribué 
sans  hésitation  au  xi®  siècle  dans  leurs  livres  sur  l'architecture 
gothique. 

Ce  n'est  pas  au  xi®  siècle,  selon  M.  Anthyme  Saint-Paul,  qu'il 
faudrait  rapporter  ce  célèbre  morceau  d'architecture.  En  effet, 
ainsi  qu'il  l'établit  très  judicieusement,  la  nef  et  le  bas  de  la  tour 
occidentale  de  Morienval,  de  même  que  les  absidioles  du  tran- 
sept, sont  d'une  date  voisine  de  1020  à  1040  ;  les  deux  tours  du 
transept  sont  un  peu  postérieures  (1060  à  1100),  et  le  sanctuaire 

adjectifs,  tandis  qu'une  simple  reslriclion  au  sens  d'un  mot  connu  gêne  et 
déconcerte. 

1.  C'est  dans  le  livre  que  je  citais  plus  haut  que  M.  Charles-Herbert  Moore, 
professeur  à  l'Université  de  Cambridge  (Massachussetts),  a  le  premier  publié 
une  étude  écrite  et  une  étude  graphique  également  intéressantes  du  déambu- 
latoire de  Morienval.  Je  suis  heureux  de  réparer  ici  l'erreur  que  j'ai  commise 
dans  un  récent  article  {V Architecture  gothique  en  Italie,  Revue  archéologique, 
décembre  1893),  en  citant  l'ouvrage  de  M.  Moore  (1890)  comme  postérieur  à 
celui  de  M.  Gonse  (1891). 

2.  L'Art  gothique.  Paris,  Quantin,  1890,  ia-4°. 


^28  LE   STILE   GOTQIQDE 

avec  son  déambulatoire  a  été  rebâti  plus  tard,  comme  à  Notre- 
Dame  de  Cliàlons  ou  à  Saint -Germain -des -Prés.  Seulement, 
comme  cette  addition  a  été  faite  plus  anciennement  et  dans  un 
monument  moins  solide,  le  constructeur  du  déambulatoire  n^a 
pas  osé  le  faire  passer  à  travers  la  base  des  tours  pour  le  relier 
au  transept.  Les  raccords  d'appareil  rendent  cette  chronologie 
indiscutable.  L'inspection  d'une  petite  fenêtre  haute  qui  subsiste 
de  l'ancien  sanctuaire  semble  démontrer  aussi  que  ce  sanctuaire 
était  couvert  d'une  demi-coupole.  Elle  peut  avoir  été  contempo- 
raine des  voûtes  d'ogives  du  déambulatoire'. 

Reste  une  question  seule  sujette  à  discussion  :  à  quelle  époque 
le  déambulatoire  a-t-il  été  pratiqué?  Selon  M.  Gonse,  il  daterait 
de  1080;  selon  M.  Anthyme  Saint-Paul,  il  faut  l'attribuer  à  la 
date  de  1115  à  1140,  et  l'on  voit  par  le  début  de  l'article  que, 
dans  sa  pensée,  cet  agrandissement  a  dû  coïncider  avec  le  trans- 
fert à  Morienval  des  reliques  vénérées  de  saint  Annobert  en  1 122. 

Les  raisons  qui  le  portent  à  proposer  une  telle  date  sont  le 
caractère  de  la  construction  et  de  la  décoration,  les  tracés  rela- 
tivement sûrs,  les  joints  relativement  minces,  des  arcades  légère- 
ment brisées,  des  bases  à  griffes,  des  baies  encadrées  de  moulures 
en  quart  de  rond  et  d'archivoltes  à  billettes  rappelant  un  peu 
l'ornementation  des  ogives  de  la  première  travée  du  chœur,  qui 
manifestement  ne  sont  pas  antérieures  à  1135;  enfin  des  chapi- 
teaux ornés  de  reliefs  assez  bien  dégagés  et  couronnés  de  tailloirs 
dont  quelques-uns  appartiennent  à  un  style  relativement  avancé. 
Une  figure  très  exacte  d'un  groupe  de  ces  chapiteaux  appuie 
cette  assertion,  et  l'auteur  compare  le  caractère  de  l'édifice  à 
celui  des  églises  de  Villers-Saint-Paul,  de  Bury  et  de  Cambronne, 
au  porche  de  Saint-Denis  et  à  la  nef  de  Saint-Étienne  de  Beau- 
vais,  dont  l'archaïsme  n'a  jamais  frappé  personne. 

A  ce  dernier  argument,  il  existe  peut-être  une  bonne  raison  : 
c'est  que  l'archaïsme  est  moins  frappant  dans  les  exemples  cités; 
les  voûtes  des  bas-côtés  de  Saint-Etienne  de  Beauvais  sont  plus 
larges  que  celles  de  Morienval,  portées  sur  des  ogives  moins 

l.  En  effet,  deux  culs-de-fours,  dont  un  porté  sur  branches  d'ogives,  coexistent 
avec  des  croisées  d'ogives  dans  le  sanctuaire  do  l'église  de  Saint-Julien  de 
Marollcs  (Seine-et-Oise),  dont  le  style  est  un  peu  plus  avancé  que  celui  du 
déambulatoire  de  Morienval.  On  peut  espérer  avoir  bientôt  une  intéressante 
étude  sur  celte  église  dans  la  thèse  que  mon  jeune  confrère  M.  de  Crèvecœur 
se  prépare  à  soutenir  sur  VArchitechire  romane  dans  le  diocèse  de  Paris. 


ET   LE    DÉAMBULATOIRE   DE    MORIENVAL.  ^29 

massives  et  sur  des  piliers  plus  élancés  ;  les  chapiteaux  y  sont 
bien  galbés  et  les  moulures  des  tailloirs  offrent  un  style  sensible- 
ment plus  avancé.  Entre  les  deux  édifices,  il  existe  presque  la 
distance  d'une  génération  d'artistes,  et  dans  cette  distance  s'éche- 
lonnent Villers-Saint-Paul  et  Bury  ;  quant  au  porche  de  Saint- 
Denis,  son  style  est  peut-être  plus  avancé  encore. 

Sans  quitter  Beauvais,  nous  trouverons  un  autre  argument 
dans  un  édifice  dont  la  date  reculée  n'est  pas  mise  en  doute  :  la 
façade  de  la  Basse-Œuvre  a  une  fenêtre  encadrée  d'un  cordon  de 
billettes  assez  analogue  à  celui  dans  lequel  M.  Anthyme  Saint- 
Paul  a  vu  une  preuve  de  la  date  relativement  récente  du  déam- 
bulatoire de  Morienval  ^ . 

Si,  d'autre  part,  on  voulait  trouver  un  morceau  d'architecture 
qui  rappelle  davantage  ce  déambulatoire,  il  existe,  dans  le  chœur 
de  l'église  du  prieuré  de  Lucheux,  en  Artois,  les  mêmes  encadre- 
ments de  fenêtres  profilés  en  quart  de  rond  s'y  rencontrant  avec 
un  groupe  de  chapiteaux  ornés  l'un  d'un  gros  oiseau,  l'autre  de 
godrons  évidés,  deux  motifs  semblables  à  ceux  de  Morienval. 
Les  ogives  y  sont  également  tracées  en  simple  boudin,  les  som- 
miers sont  ornés  de  sculptures  en  haut-relief,  comme  à  Cam- 
bronne,  et  la  date  de  l'éghse  est  vraisemblablement  le  second 
quart  du  xif  siècle  ;  mais,  quoiqu'elle  soit  bien  plus  éloignée  du 
centre  de  l'école,  cette  église  est  d'un  style  sensiblement  plus 
avancé  que  le  chevet  de  Morienval  :  les  proportions,  les  profils, 
la  sculpture,  l'appareil,  tout  y  est  moins  lourd. 

Dans  la  même  région,  existe  un  édifice  appartenant  à  peu  près 
à  la  date  que  M.  Anthyme  Saint-Paul  voudrait  assigner  à  Morien- 
val :  c'est  l'église  fondée  en  1117  et  élevée  dans  le  second  quart 
du  xii'^  siècle  à  Airaines,  en  Ponthieu,  par  les  moines  de  Saint- 
Martin-des-Champs^  Là  encore,  l'aspect  est  bien  moins  archaïque  : 
les  arcades  et  doubleaux  sont  en  tiers-point  ;  les  supports,  sinon 
encore  les  ogives,  ont  une  légèreté  relative, 

1.  Il  est  toutefois  juste  de  reconnaître  que  la  forme  des  billettes  diffère  un 
peu  dans  ces  deux  exemples,  mais  il  n'en  reste  pas  moins  dilBcile  de  prouver 
qu'on  n'ait  pu  faire,  dès  le  xi°  siècle,  des  archivoltes  à  billettes  semblables  à 
celles  de  Morienval,  d'autant  plus  que,  dans  cette  église  même,  la  tour  du  sud, 
que  M.  A.  S. -P.  reconnaît  comme  appartenant  bien  à  la  fin  du  xi'  siècle,  a  un 
cordon  à  deux  rangs  de  billettes  presque  identique  à  celui  du  déambulatoire. 

2.  Voir  l'acte  de  fondation  dans  l'histoire  de  ce  prieuré  par  D.  Martin  Mar- 
rier. 

^894  9 


^30  LE   STYLE   GOTHIQUE 

Si  nous  nous  éloignons  davantage  encore  du  centre  de  l'école, 
nous  trouvons  tout  au  nord  des  églises  qui  ont  le  rare  avantage 
d'être  datées  par  un  texte  contemporain  de  leur  construction*  : 
de  l'église  Saint- Vulmer  de  Boulogne,  fondée  par  sainte  Ide  en 
1090 2,  il  subsiste  des  ruines  d'un  caractère  très  archaïque,  où 
l'on  voit,  à  côté  d'un  chapiteau  à  godrons  évidés,  un  arc  de 
fenêtre  très  légèrement  brisé,  peut-être  par  maladresse  pure  et 
simple  du  constructeur  ;  cet  arc,  orné  d'un  boudin  sur  l'angle, 
ressemble  assez  aux  arcades  du  déambulatoire  de  Morienval. 

Tout  près  de  là,  au  prieuré  clunisien  duWast^  sont  les  ruines 
d'une  église  fondée  presque  en  même  temps  et  que  le  même  texte 
nous  montre  avoir  été  terminée  avant  1113.  Le  portail  subsiste  : 
ses  voussures  sont  ornées  de  deux  très  gros  boudins  et  d'une 
série  de  zigzags  très  peu  saillants,  qui  rappellent  les  ogives  et  un 
tailloir  de  Morienval  ;  l'arc  est  surhaussé  un  peu  comme  les  dou- 
bleaux  de  Morienval  ;  les  tailloirs,  par  une  disposition  archaïque, 
n'ont  de  moulures  que  sur  une  face,  et,  parmi  leurs  profils,  se 
voit  celui  que  montre  le  bois  qui  accompagne  la  notice  de  M.  An- 
thjme  Saint-Paul.  J'ai  emprunté  à  dessein  ces  exemples  à  une 
région  notoirement  en  retard  sur  les  environs  de  Senlis.  Cette 
région  n'a  pas,  il  est  vrai,  connu  la  croisée  d'ogives  avant  une 
date  voisine  du  milieu  du  xii"  siècle,  mais,  tout  auprès  de  Morien- 
val, existe  un  autre  exemple  bien  archaïque  de  croisées  d'ogives, 
dans  l'église  de  Rhuis,  près  Verberie.  Par  sa  construction  à  gros 
joints,  ses  piliers  dépourvus  d'impostes  sur  deux  faces,  sa  nef  et 
ses  bas-côtés  sans  voûte,  sa  décoration  toute  en  méplat  et  son 


1.  Vie  de  sainte  Ide,  comtesse  de  Boulogne,  mère  de  Godefroy  de  Bouillon, 
par  un  moine  du  Wast,  son  contemporain.  Cette  vie  est  publiée  par  les  BoUan- 
distes  [A.  S.  April.,  t.  II,  13  apr.)  d'après  le  ms.  1773  de  la  Bibliothèque  royale 
de  Bruxelles.  Cette  édition,  due  à  Henschen,  est  très  défectueuse.  Voir  à  ce 
sujet  :  les  Origines  cl  le  nom  primitif  du  bourg  du  Wast,  communication 
faite  à  la  Société  académique  de  Boulogne  (séance  du  2  juillet  1890)  par  le 
savant  et  regretté  abbé  Haigneré, 

2.  Mém.  cité.  —  Notice  historique  du  môme  auteur  dans  le  Dictionnaire 
historique  et  archéologique  du  Pas-de-Calais.  Boulogne,  t.  1,  et  aussi  Scolté 
de  Vélinghen,  Description  de  Boulogne  et  du  pays  et  comté  de  Boulognois. 
Bibl.  Boul.,  ms.  163. 

3.  Sur  ce  prieuré,  voir  l'article  cité  à  la  note  1.  Quant  à  la  date  d'achève- 
ment, elle  est  établie  par  le  récit  du  moine  du  Wast  (Vie  citée),  qui  nous 
montre  sainte  Ide  faisant  construire  le  prieuré,  puis  celui  de  la  Capelle,  qu'elle 
vit  aussi  achever,  et  mourant  en  1113.  Elle  fut  enterrée  au  Wast. 


i 


ET    LE    DÉAMBDLATOIRE    DE    MORfENVAL.  434 

clocher  semblable  à  ceux  du  transept  de  Morienval,  cette  église 
appartient  manifestement  au  xi"  siècle.  Elle  n'a  que  trois  travées 
voûtées  :  l'abside  à  cul-de-four  et  les  extrémités  des  bas-côtés 
couvertes  d'une  voûte  d'arêtes  au  nord  et  d'une  voûte  d'ogives  au 
sud.  Cette  croisée  d'ogives,  d'aspect  peut-être  plus  lourd  encore 
que  celle  de  Morienval,  est  formée  de  la  juxtaposition  maladroite 
de  trois  tores  mal  tracés  et  peu  saillants  ;  c'est  peut-être  la  partie 
la  plus  récente  de  l'église,  mais,  si  une  différence  de  date  existe, 
elle  ne  peut  être  que  minime. 

L'architecture  gothique  n'existe  à  coup  sûr  qu'à  l'état  d'em- 
bryon dans  de  tels  monuments  à  ogives,  et,  s'il  fallait  appeler 
ogival  tout  édifice  contenant  un  germe  d'art  gothique,  le  style 
roman  entier  serait  ogival. 

Une  vérité  dégagée  par  Quicherat  et  remarquablement  mise  en 
lumière  par  M.  de  Lasteyrie  dans  ses  cours  de  l'Ecole  des  chartes, 
c'est  que  toute  l'architecture  gothique  résulte  de  l'architecture 
romane  ;  donc,  celle-ci  peut  et  doit  contenir  en  germe  tout  l'art 
gothique,  y  compris  la  croisée  d'ogives,  mais  peut  et  doit  néan- 
moins s'en  distinguer.  Et  c'est  ce  que  MM.  Quicherat  et  Lasteyrie 
ont  trop  bien  démontré  pour  qu'il  soit  nécessaire  de  reprendre 
cette  démonstration. 

Morienval  et  Rhuis  suffisent  à  prouver  que  la  croisée  d'ogives 
seule  ne  constitue  pas  l'art  gothique  ;  quant  à  l'arc  aigu  qui  se 
voit  à  Morienval,  on  sait  de  reste  qu'il  existait  dès  le  xi*^  siècle. 

L'ordonnance  du  déambulatoire  de  Morienval,  divisé  en  quatre 
travées,  ne  paraît  pas  une  gaucherie  à  M.  Anthyme  Saint-Paul, 
car  cette  ordonnance  était  la  plus  convenable,  étant  donnée  la 
mesure  de  l'espace  dans  lequel  il  fallait  rebâtir.  N'est-il  pas 
cependant  intéressant  de  rapprocher  cette  disposition  de  celle  du 
déambulatoire  de  Vignory,  et  des  architectes  du  début  du  xii'  siècle 
eussent-ils  craint  de  donner  à  leurs  travées  trop  d'étroitesse  ou 
de  largeur?  Le  monument  dont  il  s'agit  ne  montre  pas,  quoi  qu'il 
en  soit,  beaucoup  de  préoccupation  des  proportions. 

L'architecte  du  déambulatoire  de  Morienval  a  pu  ne  construire 
ce  monument  qu'au  xif  siècle,  mais  c'était  à  coup  sûr  au  début 
de  cette  période,  et  l'artiste  appartenait  à  une  génération  qui 
travaillait  déjà  dans  les  dernières  années  du  xi"  siècle.  L'art 
était  alors  avancé  dans  la  région  et  l'église  n'est  pas  une  pauvre 
paroisse  rurale,  mais  une  abbatiale  de  quelque  importance  ;  l'ar- 
chitecte ne  devait  donc  pas  être  un  ignorant  et  un  retardataire. 


^32  LE  STYLE  GOTHIQUE  ET  LE  DEAMBULATOIRE  DE  MORIEXVAL. 

Ces  considérations  sont  celles  qui  importent  le  plus  à  l'histoire  de 
l'art,  au  point  de  vue  de  laquelle  les  divisions  des  siècles  et  les 
différences  de  dates  qui  n'excèdent  pas  la  durée  de  la  carrière 
d'un  même  artiste  n'ont  qu'un  intérêt  de  second  ordre. 

En  résumé,  je  ne  saurais  considérer  le  déambulatoire  en  ques- 
tion que  comme  appartenant  à  une  date  très  voisine  de  1100;  en 
deçà  ou  au  delà  peu  importe,  car  la  limite  est  à  coup  sûr  étroite*, 
et  je  ne  saurais  le  rapporter  qu'au  style  gothique  encore  à  l'état 
embryonnaire,  autrement  dit  au  style  roman.  Tout  au  plus  cora- 
prendrais-je  qu'on  le  rattachât  à  cette  architecture  nécessaire- 
ment mal  définie,  qui  est  dite  transition,  et  qui  formerait  un 
excellent  territoire-tampon  entre  les  archéologues  qui  répugnent 
à  appeler  roman  un  édifice  pourvu  d'ogives  et  ceux  qui  n'ad- 
mettent pas  un  monument  du  genre  de  Saint-Évremond  de  Creil 
dans  la  catégorie  des  édifices  gothiques. 

C.  Enlart. 

P.-S.  —  M.  A.  Saint-Paul  vient  d'avoir  l'aimable  attention 
de  me  communiquer  les  épreuves  d'un  nouvel  article  prêt  à 
paraître  dans  les  Mémoires  de  la  Société  archéologique  de 
Pontoise.  L'auteur  y  étudie  successivement  les  églises  de  Morien- 
val  et  de  Poissy  :  au  sujet  de  la  première,  il  répète  ses  précédentes 
observations  ;  au  sujet  de  la  seconde,  il  ajoute  à  de  précieux  ren- 
seignements et  à  des  remarques  pleines  de  sagacité  des  hypothèses 
ingénieuses  et  séduisantes,  mais  destinées  malheureusement  à 
rester  hypothèses.  Au  sujet  deMorienval,  l'auteur  remarque  que 
l'architecture  des  abbajes  de  femmes  n'est  guère  généralement 
en  avance,  mais  cela  est-il  une  règle?  Sans  sortir  de  l'Ile-de- 
France,  nous  avons  l'abbatiale  de  Montmartre  qui  ne  confirme 
pas  cette  assertion.  C.  E. 

l.  1095  à  1110  probablement.  C'est  ce  que  nous  dira  bientôt  avec  certitude 
mon  confrère  M.  E.  Lefèvre-Pontalis  dans  le  bel  ouvrage  qu'il  va  publier  sur 
l'arcbitecture  romane  du  Soissonuais,  qu'il  connaît  mieux  que  personne. 


ESSAI 

D'ÉTUDE  DÉMOGRAPHIQUE 

SUR  CORDES  (TARN). 


Les  documents  qui  peuvent  être  utilisés  en  vue  de  recherches 
statistiques  sur  la  population,  depuis  le  moj'en  âge,  sont  surtout 
les  réparations  de  feux,  les  cadastres  et  les  actes  de  baptêmes, 
mariages  et  sépultures. 

I. 

Un  feu  est  un  ménage.  C'est  ainsi  qu'un  subside  est  réparti 
«  par  nombre  de  belugues  et  chiefs  d'hostel*;  »  que  l'on  compte 
les  «  fuox  tantbos  que  mals^  »  etc.  Mais,  dans  le  langage  admi- 
nistratif, on  désigne  plus  particulièrement  par  le  terme  de  feu  un 
ménage  dont  les  revenus  atteignent  une  valeur  déterminée,  La 
part  contributive  d'une  localité  est  proportionnelle  au  nombre  de 
ces  feux,  unités  imposables,  dont  il  n'est  plus  tenu  compte  dans 
la  cotisation  des  habitants,  chacun  étant  taxé  selon  ses  ressources. 
Les  ménages  possédant  la  fortune  minima  de  10  livres  en  revenu 
ne  sont  pas  en  effet  les  seuls  contribuables  :  tout  chef  de  famille 
est  tenu  de  concourir  de  ses  deniers  à  fournir  la  somme  imposée 
à  la  communauté. 

Il  ne  serait  pas  exact  de  considérer  le  feu,  «  unité  imposable,  » 
comme  ime  certaine  portion  de  territoire  capable  de  sup- 
porter la  part  d'imposition  qui  devait  être  levée  par  chaque 

1.  Bibl.  nat.,  ms.  lat.  9177  :  Ord.  de  1426-1427.  Cf.  Annales  du  Midi,  1890, 
p.  375  et  suiv,,  article  de  M.  Spont. 

2.  Archives  de  Cordes,  CC  52, 


-f34  ESSAI   D  ETUDE   DEMOGRAPHIQUE 

feu^,  car,  dans  le  Midi,  on  ne  trouve  nulle  part  de  groupements 
d'individus  ou  de  ménages  jusqu'à  concurrence  d'une  superficie 
de  propriété  foncière.  On  peut  même  afiirmer  que,  si  la  posses- 
sion de  la  terre  sert  d'assiette  à  l'impôt  et  tend,  aux  termes  des 
ordonnances  royales,  à  jouer  le  principal  rôle^  elle  n'est  cepen- 
dant pas  seule  estimée  pour  le  calcul  des  allivrements  :  la  pro- 
priété bâtie,  les  rentes,  les  marchandises,  quoique  n'étant  pas 
des  «  fonds  de  terre,  »  continuent  à  être  évaluées.  Or  ce  sont 
ces  diverses  évaluations  qui  sont  consultées  lorsqu'on  répare 
les  feux  d'une  localité  ou  d'une  circonscription  quelconque. 
En  voici  un  exemple  qui  est  inédit.  Le  13  août  1363,  le  roi 
Jean,  à  Villeneuve -lès -Avignon,  fait  rédiger  des  instructions 
très  détaillées  sur  les  formalités  à  observer  pour  réparer  les 
feux  des  trois  sénéchaussées  de  Toulouse,  Carcassonne  et  Beau- 
caire.  Trois  ans  après^,  le  juge  d'Albigeois  procède  à  ce  dénom- 
brement, à  Cordes,  assisté  du  procureur  du  roi,  des  consuls 
et  de  gens  notables.  Il  se  fait  montrer  d'abord  un  registre  ou 
cahier  contenant  les  noms  de  tous  les  habitants,  puis  l'état  des 
allivrements  d'après  lequel  on  avait  récemment  perçu  un  subside, 
des  listes  des  personnes  possédant  plus  ou  moins  de  10  livres 
tournois,  enfin  les  cahiers  des  confessions  de  l'année  précédente. 
De  ces  documents  les  uns  ne  peuvent  servir  qu'à  établir  le  chiffre 
total  de  la  population  (noms  des  habitants  et  confessions),  les 
autres  sont  un  élément  d'appréciation  delà  fortune  des  ménages, 
appréciation  basée  sur  l'allivrement  individuel.  Or,  dans  ce  der- 
nier calcul,  il  est  tenu  compte  de  toutes  les  ressources,  quelle  que 
soit  leur  nature,  et,  par  suite,  dans  la  réparation  des  feux,  la 
propriété  foncière  ne  joue  pas  un  rôle  exclusif.  Mais  ceci  n'est 
qu'une  digression.  Le  juge  d'Albigeois,  après  enquête  et  consul- 
tation de  titres,  conclut  que  le  nombre  des  feux  de  Cordes  est  égal 
à  309.  Les  jours  suivants,  ces  opérations  continuent  pour  les 
vingt-huit  villages  composant  le  consulat  dont  l'ensemble  est  dit 


1.  Moreau  de  Beaumont,  cité  par  M.  Spont,  loc.  cit. 

1.  Ordonnances,  IV,  181  :  Ordonnance  de  1356,  entre  autres.  —  Le  a  moble,  » 
dans  les  plus  anciens  livres  d'eslinic,  figure  ordinairement  à  la  suite  du  «  pos- 
sessori  »  (Albi,  CC.  2)  ;  il  en  est  parfois  de  mCme  dans  les  compoix  (arch.  du 
Tarn,  E.  3563). 

3.  En  vertu  d'une  ordonnance  du  roi  Charles  V  (Senlis,  23  juin  1366),  man- 
datée par  le  duc  d'Anjou,  son  lieutenant  en  Languedoc,  et  vidimée,  avec  les 
instructions  du  roi  Jean,  par  le  juge  d'Albigeois  (28  août.  Cordes,  CC.  35). 


SUR   CORDES    (tARN).  ^35 

représenter  419  feux.  Après  l'énumération  de  ceux-ci,  on  trouve 
1181  autres  noms,  dont  612  pour  la  ville  de  Cordes;  ces  derniers, 
correspondant  à  des  revenus  inférieurs  à  10  livres,  ne  sont  plus 
considérés  comme  des  feux  et  ne  participent  pas  au  calcul  du 
coeflficient  d'imposition,  bien  que,  dans  les  sous-réparations 
locales,  il  soit  d'usage  d'en  «  tirer  ce  que  l'on  peut  pour  le  dégrè- 
vement des  premiers*.  »  On  taxe  alors,  en  effet,  tout  le  monde 
«  omnes  et  singulos  domicilium  et  focum  tenentes,  »  disent  les 
instructions  du  roi  Jean,  selon  ses  biens  quels  qu'ils  soient.  De  là, 
sans  doute,  ces  moitiés  et  ces  quarts  de  feu  qui,  une  fois  adoptés 
dans  des  répartitions  de  ce  genre,  ont  dû  être  admis  par  les  offi- 
ciers royaux  et  reproduits  dans  des  réparations  ultérieures. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  consulat  de  Cordes  (29  localités)  est 
censé  représenter  100  feux  en  1319,  419  en  1366  (après 
la  fameuse  épidémie  du  milieu  de  ce  siècle),  53  en  1389  et 
en  1412^.  De  telles  données  sont  donc,  d'une  façon  générale, 
insuffisantes  pour  apprécier  la  densité  d'une  population,  et,  par 
quelque  coefficient  qu'on  multiplie  la  plupart  de  ces  chiffi'es  on 
peut  être  certain  d'obtenir  un  résultat  inexact.  Un  seul  cas  fera 
exception,  celui  du  dénombrement  de  1366,  qui  donne  le  chiffre 
approximatif  des  ménages  :  les  riches  (les  feux,  au  sens  fiscal  du 
mot)  sont  au  nombre  de  309,  les  pauvres  de  620,  au  total  929 
pour  la  ville.  Si  la  première  de  ces  listes  a  été,  selon  toute  vrai- 
semblance, un  peu  ou  beaucoup  trop  allongée  par  des  agents  sou- 
cieux de  faire  rendre  à  l'impôt  tout  ce  qu'il  pouvait  donner,  sinon 
plus,  cette  majoration  n'aura  pa  être  faite  qu'au  détriment  de  la 
seconde  énumération  qu'il  n'y  avait  pas  intérêt  à  abréger,  et  par 
suite  le  total  restera  constant.  Il  faut  considérer,  d'autre  part, 
que,  dans  une  région  où  la  taille  est  surtout  réelle,  les  détenteurs 
de  terres  privilégiées  possèdent  aussi,  le  plus  souvent,  des  fonds 
roturiers  et  figurent  de  ce  chef  parmi  les  taillables.  Enfin,  dans 
une  petite  ville,  les  indigents  ne  sauraient  être  bien  nombreux. 
Pour  ces  raisons,  le  chiffre  de  929  ménages  paraît  admissible. 

Pour  connaître  celui  de  la  population,  on  multiplie  d'ordinaire 
un  tel  chiffre  par  5  ou  par  4  et  demi,  en  augmentant  le  produit 
de  un  dixième  représentant  les  privilégiés  et  les  indigents ,  ou 

1.  «  ...  ab  ipsis  habere  quod  possunt  (consules)  pro  relevamine  aliorum.  » 
(CC.  35.) 

2.  CC.  28,  35,  38  et  40. 


136  ESSAI   d'étude   DEMOGRAPHIQUE 

même  par  5  et  demi,  en  ajoutant  l'évaluation  des  individus  non 
compris  dans  le  calcul.  Le  coefficient  5  offre  l'avantage  de  sup- 
primer des  appréciations  très  problématiques  et  de  n'être  pas  exa- 
géré. On  aura  donc  929  X  5  =  4645  habitants  pour  la  popula- 
tion de  Cordes  en  1366.  Ce  nombre,  loin  d'être  invraisemblable, 
est  celui  que  d'autres  considérations  permettraient  de  supposer. 
Ainsi,  en  1416,  il  fut  fait  une  enquête  en  vue  d'obtenir,  pour  la 
ville,  une  dispense  de  contribution  aux  tailles  et  subsides*;  les 
témoins  affirment  que  la  place  est  de  première  importance,  d'où 
il  suit  que  le  roi  a  tout  intérêt  à  favoriser  sa  prospérité.  Ils 
décrivent  sommairement  ses  fortifications  et,  dans  leur  patrio- 
tisme local,  vont  jusqu'à  les  comparer  à  celles  de  la  cité  de  Car- 
cassonne;  «  on  y  pourrait  loger,  disent-ils,  6000  gens  d'armes;  » 
l'un  d'eux  dit  même  7000.  Sans  doute,  il  faut  tenir  compte  de 
l'exagération  intéressée  des  déposants,  et  l'on  peut  rabattre 
quelque  chose  du  nombre  indiqué  par  la  plupart  d'entre  eux.  Or, 
une  population  de  5000  à  5500  âmes  est  bien  celle  qu'a  dû  ren- 
fermer la  ville  au  temps  le  plus  heureux  de  son  histoire,  c'est-à- 
dire  à  la  fin  du  xiii''  siècle  et  avant  la  peste  de  1348.  Cette  époque 
a  été  marquée  par  une  aisance  générale  en  France  et  particuliè- 
rement à  Cordes  :  alors  ont  été  construites  ces  belles  et  riches 
maisons  en  grès  dont  la  décoration  extérieure  dénote  presque 
toujours  un  certain  luxe.  Il  en  reste  aujourd'hui  encore  un  assez 
grand  nombre  pour  pouvoir  retracer  sans  difficulté  le  périmètre 
du  «  château  »  vers  les  années  1290  à  1340.  Les  habitations 
englobées  dans  cette  ligne  seraient  suffisantes  et  nécessaires  à 
une  population  de  5500  âmes  environ,  et,  si  les  derniers  recen- 
sements ne  portent  qu'un  chiffre  inférieur  à  celui-là,  c'est  parce 
que  les  logements  sont  inoccupés  dans  la  même  proportion. 
D'autre  part,  si  l'on  admet  que  la  peste  de  1348  a  réduit  le 
chiffre  de  la  population  d'un  quart  ou  d'un  cinquième,  le  nombre 
proposé  pour  1366  augmenté  de  un  cinquième  concordera  avec 
la  précédente  évaluation  :  4640  +  928  =  5568. 

IL 

On  a  vu  qu'en  1412  l'imposition  par  feux  était  encore  en  usage. 
Toutefois,  dès  le  dernier  quart  du  xiv"  siècle,  à  cette  pratique 

1.  ce.  41. 


SUR   CORDES   (tARN).  ^37 

tendait  à  se  substituer  un  mode  nouveau  de  répartition  par  dio- 
cèse et  suivant  un  tarif.  Les  archives  de  Cordes  et  d'Albi  four- 
nissent sur  ce  sujet  des  renseignements  qui  n'ont  pas  encore  été 
utilisés.  Elles  permettent  de  reporter  à  l'année  1391 ,  au  plus  tard, 
l'existence  du  diocèse  civil  d'Albi^;  elles  nous  donnent,  pour  la 
fin  de  l'année  1404  et  les  premiers  mois  de  1405,  le  compte  des 
recettes  effectuées  dans  la  jugerie  d'Albigeois  et  la  partie  du  comté 
de  Castres  englobée  dans  le  diocèse  dont  il  s'agit 2;  enfin,  elles 
indiquent  que  la  formation  de  cette  circonscription  financière 
était  déjà  ébauchée  dès  1380,  époque  où  l'évêque  «  mandet  los 
comus  d'Albeges,  et  de  la  vigaria  [d'Alby],  e  del  comtat  de  Cas- 
tras »  pour  voter  les  fonds  nécessaires  à  la  continuation  du  siège 
du  château  de  Thuriès^  occupé  par  les  Anglais.  Les  consuls  de 
Castres  refusèrent  leur  concours  et  le  subside  fut  accordé  par  le 
commun  de  la  jugerie  et  de  la  viguerie^.  A  quelle  époque  précise 
le  diocèse  eut-il  une  représentation  régulière  ?  On  l'ignore  ;  mais 
on  est  peut-être  fondé  à  supposer  que  les  deux  institutions  sont  à 
peu  près  contemporaines  l'une  de  l'autre,  vu  leur  corrélation 
même^. 

On  ne  sait  pas  davantage  comment  fut  établi  le  tarif  qui  prit 
la  place  des  feux.  L'alternance  des  deux  modes  de  répartition 


1.  ce.  38.  Mandement  des  généraux  sur  le  fait  des  aides  ordonnées  pour  la 
guerre,  en  Languedoc  et  Guienne,  aux  élus  du  diocèse  d'Albi  et  lettres  d'at- 
tache de  ces  derniers  adressées  au  baile  de  Cordes. 

•2.  ce.  40.  La  viguerie  d'Albi  et  la  Terre-Basse  d'Albigeois  sont  absentes,  par 
suite  de  lacérations  du  document. 

3.  Thuriès,  château  aujourd'hui  ruiné,  sur  les  bords  du  Viaur,  près  Pampe- 
lonne,  arr.  d'Albi. 

4.  Albi,  ce.  155,  fol.  85. 

5.  Toutefois  il  faut  provisoirement  se  garder  de  prendre  cette  hypothèse  pour 
une  certitude.  Si  l'on  a  convoqué  à  l'Assiette  diocésaine  de  1505  «  ceux  qui  ont 
coutume  d'y  être  appelés  »  (Arch.  du  Tarn,  C.  223),  d'autre  part,  une  aide 
de  42,000  fr.,  imposée  par  le  roi  sur  le  Languedoc  (31  août  et  16  septembre 
1406  (Cordes,  CC.  40),  fut  répartie  par  les  élus,  dans  le  diocèse  d'Albi.  Ceux-ci 
durent  sans  doute  s'adjoindre  quelques  notables,  comme  cela  se  pratiqua  en 
1424  (id.,  CC.  43  «  ...  laquelle  somme  fut  partie  et  divisée  par  les  consuls  d'Alby 
sur  les  lieux  et  paroisses  dudit  diocèse...  »).  Durant  cet  intervalle,  il  n'est 
nullement  question  d'assemblées,  et,  si  l'on  ne  peut  pas  affirmer  qu'il  ne  s'en 
soit  pas  tenu,  on  n'est  pas  fondé  à  admettre  leur  convocation  et  leur  organisa- 
lion  régulières,  dans  le  premier  tiers  au  moins  du  xv"  siècle.  —  Cf.  Hist.  de 
Languedoc,  XII,  p.  322  et  p.  349,  note  de  M.  Aug.  Molinier,  et /es  Petits  États 
d'Albigeois,  par  M.  Rossignol. 


^38  ESSAI  d'étude  démographique 

jusqu'en  1412  ferait  croire  que  le  nouveau  a  été  primitivement 
une  sorte  de  traduction  en  deniers  du  coefficient  que  représentait 
le  précédent. 

Quoi  qu'il  en  soit  de  ces  questions  d'origine,  l'évolution 
de  la  manière  d'attribuer  à  chaque  localité  la  part  d'impôt 
direct  lui  incombant  eut  pour  conséquence  immédiate  la  con- 
fection de  livres  terriers  ou  terriers  et  cabalistes  à  la  fois.  Les 
livres  d'estime  devinrent  des  compoiœ  où  la  fortune  immobi- 
lière fut  déterminée  avec  plus  de  soin  ;  la  somme  des  allivrements 
servit  à  apprécier  l'importance  relative  des  localités  et  à  taxer 
chacune  d'elles  en  proportion  de  ses  facultés.  Cordes  dut  avoir  un 
compoix  dès  1475  au  plus  tard  ;  on  y  trouvait  énumérés  les  fonds 
de  terre,  les  propriétés  bâties,  le  mobilier,  les  cabaux  et  les  mar- 
chandises ^ 

Il  résulte  de  la  nature  même  de  ces  registres  qu'on  y  doit  pou- 
voir puiser  les  éléments  d'une  statistique  de  la  population,  puisque 
tout  possesseur  d'un  bien  roturier,  c'est-à-dire  taillable,  y  est  men- 
tionné et  que  la  plupart  des  personnes  ayant  des  terres  ou  rentes 
nobles  en  détiennent  ordinairement  de  non  nobles.  Si  bien  que  les 
compoix  présentent,  par  rapport  aux  listes  de  feux  riches  ou 
pauvres,  cet  avantage  de  fournir  (dans  le  Midi)  les  noms  de  la  plu- 
part des  privilégiés,  sinon  tous.  On  pourra  donc,  connaissant  le 
nombre  des  contribuables,  supputer  celui  des  habitants. 

En  1511,  le  conseil  communal  de  Cordes  fit  dresser  un  com- 
poix (le  second,  sans  doute)  qui  contient  les  noms  d'environ 
660  chefs  de  ménage.  Une  trentaine  d'années  plus  tard,  il  fut 
nécessaire  d'avoir  un  registre  de  mutations,  et  644  noms  furent 
inscrits  en  tête  de  paragraphes  qui  devaient  être  remplis  par  l'in- 
dication des  aliénations  et  des  acquisitions  à  partir  de  1545. 
En  1606,  nouveau  compoix,  avec  467  noms^  Puis,  tous  les  vingt- 
cinq  ou  trente  ans  on  commence  un  registre  de  mutations  ;  les 
surcharges  et  les  ratures  y  sont  tellement  abondantes  qu'il  est  à 
peu  près  impossible  d'en  tirer  parti.  Les  premiers  seront  donc 
seuls  utilisés  et  donneront  : 

Pour  1511,  une  population  de  660  X  4,5   =    2970  habitants. 
~     1545,  —  644  X  4,5   =    2898        — 

—     1606,  —  467  X  4,5   =    2101        — 

1.  II  n'en  subsiste  que  le  préambule.  CC.  51. 

2.  CC.  2,  3  et  14. 


SOR  CORDES  (tarn).  439 

Nous  adoptons  ici  le  coeiScient  4,5,  au  lieu  de  5,  à  cause  des 
nombreuses  mentions  de  privilégiés  possesseurs  de  terres  rotu- 
rières, contenues  dans  les  compoix^  On  remarquera  combien  le 
chiffre  de  la  population  a  diminué  depuis  la  première  moitié  du 
XIV®  siècle,  époque  de  prospérité  :  cela  est  dû  d'abord  à  la  guerre 
de  Cent  ans,  qui  a  engendré  la  misère  dans  les  campagnes  en 
enlevant  toute  sécurité  au  laboureur,  paralysant  l'industrie  et 
interrompant  le  commerce.  Les  agglomérations  importantes  ont 
ensuite  reconquis  le  bien-être,  mais  aux  dépens  des  petites  loca- 
lités, dont  plusieurs  avaient  été  ruinées  à  jamais.  Des  impôts  plus 
nombreux  et  plus  lourds  ont  été  exigés,  dans  l'intervalle,  de  villes 
comme  Cordes,  qui  auparavant  jouissaient  d'exemptions  effec- 
tives, privilèges  que  le  fisc  besogneux  a  battus  en  brèche,  discu- 
tant sans  cesse  leur  authenticité,  et  qu'il  a  en  fait  supprimés  sou- 
vent en  imposant,  par  py^omsion,  les  taxes  contestées.  Dès  lors, 
il  n'y  a  plus  eu  aucun  avantage  réel  à  résider  dans  cette  petite 
ville,  et  les  cités  voisines,  qui  offraient  plus  de  ressources,  se  sont 
accrues  à  ses  dépens. 

m. 

La  dépopulation  de  Cordes  est  constante  durant  le  xvif  siècle. 
La  peste  de  1631-1632  chassa  de  la  ville  les  habitants  qu'elle 
épargna  ;  quiconque  eut  la  ressource  de  «  se  retirer  aux  champs  » 
abandonna  sa  maison.  Les  délibérations  communales  ne  laissent 
aucun  doute  à  cet  égard  ;  les  murailles  des  diverses  enceintes 
tombaient  en  ruines,  et  leur  chute  entraînait  celle  des  habitations 
désertées,  pillées  par  les  maraudeurs.  Si  les  guerres  de  religion 
et  la  révocation  de  l'Edit  de  Nantes  n'ont  pas  eu,  dans  cette  par- 
tie de  l'Albigeois,  les  conséquences  désastreuses  que  l'on  constate 
ailleurs,  elles  n'en  ont  pas  moins  créé  des  charges  nouvelles, 
aggravé  et  hâté  la  décadence  d'une  petite  ville  déjà  si  peu  pros- 
père. Enfin  l'extraordinaire  mortalité  de  1693-1694  a  abaissé 
encore  le  chiffre  de  la  population.  Les  registres  paroissiaux'  en 

1.  L'intendant  Bàville  donne  en  1698  les  chiffres  des  familles  et  de  la  popu- 
lation totale  du  Languedoc;  il  en  résulte  que  chaque  ménage  représente  un  peu 
plus  que  quatre  personnes  et  demie,  exactement  4,56...  {Mémoires  pour  servir 
à  l'hist.  de  Languedoc^  1734,  p.  39). 

2.  GG.  1. 


^40  ESSAI  d'étude  démographique 

fournissent  un    témoignage   certain   et  montrent  dans  quelle 
mesure  l'épidémie  fut  meurtrière'  : 

En  1692,  on  compte  85  naissances  et  84  sépultures. 
En  1693,        —       60         —        218       — 
En  1694,        —        60  —        124        — 

Mais  ce  n'est  pas  là  la  seule  utilité  que  présentent  ces  docu- 
ments. On  sait  qu'il  fut  fait  un  relevé  des  naissances  et  des 
mariages  pendant  les  années  1770,  1771  et  1772  et  que  la 
moyenne  des  naissances  fut  multipliée  par  25  1/4  pour  évaluer 
la  population  de  la  France.  Parmi  les  divers  économistes  qui  ont 
émis  une  opinion  sur  ce  calcul,  on  doit  citer  particulièrement 
Necker^.  Hésitant  entre  25  1/2  et  26,  il  adopte  le  multiplicateur 
intermédiaire  25  3/4.  Or,  les  habitants  de  Cordes  étaient  au 
nombre  de  :  2347  en  1791 ,  2284  en  germinal  an  IP,  et  la 
moyenne  des  naissances  de  1785  à  1790  =  90,  ou,  si  on  ajoute 
la  natalité  de  1791  et  1792,  =  92.  Il  en  résulte  une  naissance 
pour  26  ou  pour  24,  8  personnes.  Le  calcul  de  Necker  se  rappro- 
chait donc  un  peu  plus  de  l'exactitude  que  le  calcul  officiel,  et  l'on 
peut  considérer  comme  suffisamment  approximatif  le  multiplica- 
teur 25  1/2  dont  il  va  être  fait  usage.  Toutefois,  il  faut  prendre 
en  considération  la  critique  que  Jean-Baptiste  Say^  a  faite  de  ce 
procédé  d'évaluation.  Etablissant  que  les  naissances  sont  plus 
nombreuses  lorsque  la  production  des  richesses  augmente  que 
lorsqu'elle  diminue,  cet  auteur  conclut,  avec  raison,  qu'un  même 
total  de  naissances  peut  correspondre  à  des  chiffres  différents  de 
population.  Cette  remarque  n'a  pas  ici  la  valeur  d'une  objection, 
car,  si  l'on  tient  compte,  en  outre  des  naissances,  des  mariages  et 
des  sépultures,  on  constate  que  ces  trois  données  varient  dans  un 
rapjiort  proportionnel,  abstraction  faite,  bien  entendu,  des  années 
d'épidémie. 

Pour  la  fin  du  xvii"  siècle  et  le  commencement  du  xviii*  (1692- 
1704)^,  la  moyenne  des  naissances  est  égale  à  76,  d'où  76  X  25,5 
=  1938  habitants.  Ce  résultat  surprendra  peu  si  l'on  parcourt 

1.  Cf.  de  Boislisie,  Mémoires  des  intendants  sur  l'état  des  généralités.  Géné- 
ralité de  Paris,  p.  150. 

2.  Neciier,  De  l'administration  des  finances,  1785,  p.  160. 

3.  Archives  du  Tarn.  L.  Clergé  et  District  de  Gailiac. 

4.  J.-B.  Say,  Traité  d'économie  politique,  4°  éd  ,  II,  195. 

5.  Sauf  les  années  1695,  1097  à  1699  et  1703,  dont  les  cahiers  sont  égarés. 


SDR   CORDES    (tARN).  ^4-^ 

les  délibérations  communales  de  cette  époque  où  Cordes  n'était 
(en  1693)  qu'une  «  fort  petite  ville  composée  d'environ  trois  cens 
maisons  habitées  ^  »  Un  État  de  la  paroisse,  dressé  en  1752, 
indique  une  population  d'environ  2450  personnes  S  et,  pour  les 
années  1758-17593,  la  moyenne  des  naissances  est  de  99,  don- 
nant un  chiffre  de  2524  individus,  selon  le  système  d'évaluation 
précédent. 

Dans  le  dernier  tiers  du  xviii^  siècle,  une  prospérité  relative 
fait  place,  un  peu  partout,  à  la  profonde  misère  du  début.  La  série 
des  registres  paroissiaux  recommence  avec  l'année  1775  et 
donne  : 

Pour  1775-1784,  2193  habitants  (86  X  25,5). 
—    1785-1790,  2346       —       (92  X  25,5). 

En  germinal  an  II,  on  compte  2284  habitants.  Cette  diminu- 
tion légère  doit  résulter,  au  moins  en  partie,  de  l'application  des 
lois  révolutionnaires,  de  l'émigration  de  quelques  familles  nobles 
et  de  prêtres  réfractaires. 

Après  la  période  troublée,  on  retrouve  le  même  chiffre  de  popu- 
lation qu'au  début  de  la  Révolution,  2330  habitants,  en  1801. 
Puis  l'accroissement  ne  cesse  pas  jusqu'en  1856  ;  à  cette  date, 
Cordes  contient  2859  âmes,  nombre  qui  diminue,  dès  lors,  à 
chaque  recensement.  Il  n'est  plus  égal  qu'à  1995  en  1891  ;  c'est 
à  fort  peu  de  chose  près  la  population  de  la  fin  du  règne  de 
Louis  XIV. 

L'opinion  de  Bureau  de  la  Malle,  d'après  laquelle  la  France 
aurait  été  plus  peuplée  au  xiv''  siècle  que  de  nos  jours,  a  été 
depuis  longtemps  réfutée;  d'ailleurs  les  constatations  et  hypo- 
thèses qui  précèdent  ne  seraient  pas  de  nature  à  autoriser  une 
conclusion  d'une  portée  aussi  générale.  Des  documents  qui  n'in- 
téressent qu'une  localité  ne  peuvent  servir  qu'à  noter  les  fluctua- 
tions de  la  fortune  locale;  mais,  comme  le  sort  de  Cordes  a  été 

1.  BB.  77.  La  délibération  dont  il  s'agit  a  pour  but  de  faire  alléger  les  charges 
de  la  communauté;  par  suite,  on  a  pu  indiquer  un  chiffre  inférieur  à  la  réalité. 
Soit  350,  au  lieu  de  300,  le  nombre  des  maisons  habitées  par  ces  1,938  per- 
sonnes :  chaque  maison  abritera  5  à  6  individus,  ce  qui  paraît  très  admissible. 

2.  Soit  1,379  communiants,  500  ou  600  enfants  (au  lieu  de  3,000  !),  3  nobles, 
50  laboureurs,  400  ou  500  manouvriers,  12  à  15  avocats,  4  procureurs  et 
4  notaires  (GG.  58). 

3.  GG.  43.  Simple  nomenclature  des  baptisés. 


142  ESSAI  d'Étude  de'mographique  sor  cordes  (tarn). 

celui  de  bien  d'autres  petites  villes  jadis  plus  ou  moins  impor- 
tantes dans  telle  ou  telle  région,  il  n'est  pas  indifférent  de  suivre 
de  siècle  en  siècle  les  phases  de  cette  décadence.  Peut-être  même 
d'autres  études  de  ce  genre  pèrraettraient-elles  de  déterminer  avec 
plus  de  précision  qu'on  ne  l'a  fait  jusqu'ici  les  causes  anciennes  de 
l'amoindrissement  constant  des  petites  cités  au  profit  des  grandes 
et  l'époque  précise  à  partir  de  laquelle  cette  évolution  a  com- 
mencé. 

Ces  recherches  n'auront  quelque  chance  d' aboutir  à  un  résul- 
tat que  si  l'on  consulte,  non  pas  seulement  les  ouvrages  d'histo- 
riens et  de  littérateurs  qui  ont  écrit  à  une  époque  où,  de  l'avis 
même  de  Necker,  un  recensement  sérieux  était  impossible,  mais 
surtout  les  fonds  d'archives.  Outre  les  dénombrements  de  feux 
(  dans  certains  cas  ) ,  les  cadastres ,  les  registres  paroissiaux 
peuvent  fournir  des  données  précieuses.  Ces  documents  ne  sau- 
raient servir  de  base  à  des  preuves  certaines  et  indiscutables  et 
néanmoins  on  arrivera,  en  les  utilisant,  à  des  probabilités  très 
vraisemblables.  Aussi  paraîtrait -il  bon  que,  dans  les  inventaires 
sommaires  d'archives,  le  nombre  des  contribuables  fût  indiqué  à 
la  suite  de  la  mention  d'un  cadastre  et  que  les  renseignements 
généalogiques,  recueillis  dans  les  registres  paroissiaux,  fussent 
complétés  par  un  exposé  du  mouvement  de  la  population,  année 
par  année. 

Ch.  Port  AL. 


LETTRE  DE  CHARLES  VIII 

CONCERNANT  LA  VICTOIRE  DE  RAPALLO 

(10  septembre  1494). 


»    '<jS>    ♦ 


Pendant  l'expédition  de  Charles  VIII  en  Italie,  on  eut  recours 
h  l'imprimerie  pour  répandre  rapidement  dans  le  public  les  nou- 
velles apportées  du  théâtre  de  la  guerre.  Les  lettres  que  le  roi 
adressait  à  Pierre  de  Bourbon,  lieutenant  général  du  royaume, 
étaient  imprimées  et  envoyées  sous  forme  de  circulaires  aux  prin- 
cipaux corps  de  l'Etat.  Une  intéressante  série  de  ces  «  bulletins  » 
a  été  publiée,  en  1866,  par  J.  delà  Pilorgerie,  mais  le  début  de 
la  campagne  ne  se  trouve  pas  représenté  dans  ce  recueil,  dont  la 
pièce  la  plus  ancienne  est  du  mois  de  novembre  1494.  La  lettre 
que  nous  reproduisons  ici  comble  cette  lacune,  puisqu'elle  a  été 
écrite  par  le  roi  quelques  jours  seulement  après  son  entrée  en 
Italie,  le  surlendemain  de  la  bataille  de  Rapallo. 

La  Bibliothèque  nationale  ne  possède  pas  ce  document,  dont 
le  texte  ne  figure  pas  non  plus  dans  la  collection  des  lettres 
écrites  au  Parlement  ;  mais  deux  exemplaires  de  cet  incunable  se 
sont  trouvés  conservés  dans  la  reliure  d'un  registre  des  Assises 
royaulœ  du  Mans,  placé  aux  Archives  nationales  sous  la  cote 
ZM301  (xvi''  siècle)  ^  Semblable  aux  plaquettes  du  même  genre 
réunies  dans  un  recueil  de  la  Bibliothèque  nationale  (Réserve, 
Lb^*  1),  cette  pièce  est  un  petit  in-4°  de  4  pages  non  numérotées, 
imprimé  en  caractères  gothiques,  sans  aucune  mention  de  date, 
de  lieu,  ni  de  nom  d'imprimeur.  La  première  page  est  occupée 
parle  titre,  au-dessus  duquel  se  voit  une  vignette,  qui  représente 

1.  Ces  deux  exemplaires,  dont  l'un  est  fort  endommagé,  sont  déposés  aujour- 
d'hui à  la  bibliothèque  des  Archives. 


HÂ  LETTRE   DE   CHARLES   VIII 

le  roi  assis  sur  un  trône  et  entouré  de  six  personnages.  Les  trois 
autres  pages  renferment  le  récit  de  la  bataille  de  Rapallo  et  de  la 
réception  de  Ciiarles  VIII  à  la  cour  de  Savoie. 

La  relation  de  la  victoire  du  duc  d'Orléans  confirme  l'exacti- 
tude des  autres  narrations  contemporaines  '  et  apporte  quelques 
détails  plus  précis,  notamment  sur  la  phase  de  l'action  qui  suivit 
la  prise  du  pont  de  Rapallo.  Quant  au  passage  de  la  lettre  qui 
concerne  l'entrée  du  roi  en  Piémont,  on  y  trouve  l'écho  de  l'en- 
thousiasme avec  lequel  les  Français  furent  reçus  dans  ce  pays. 
Charles  VIII  se  montre  charmé  de  cet  accueil  et  raconte  même 
que  le  jeune  duc  de  Savoie  et  sa  sœur  lui  ont  paru  si  «  beaux 
enfants  »  qu'il  a  fait  faire  leur  portrait. 

Après  la  reproduction  de  la  missive  du  roi,  la  plaquette  se  ter- 
mine par  quelques  lignes  destinées  à  rappeler  les  cérémonies  qui 
furent  célébrées  à  Paris  à  l'occasion  de  la  victoire  de  Rapallo. 
Le  18  septembre^,  en  effet,  les  chanoines  de  la  Sainte-Chapelle 
avaient  sollicité  et  obtenu  du  chapitre  de  Notre-Dame  l'autorisa- 
tion de  se  rendre  processionnellement  à  la  cathédrale  et  d'y  chan- 
ter la  messe  au  grand  autel.  Le  lendemain^,  vendredi,  les  gens 
du  Parlement,  delà  Chambre  des  comptes,  de  la  Ville,  de  la  Chan- 
cellerie, du  Châtelet  et  les  généraux  des  finances  se  réunirent  au 
Palais.  De  là  le  cortège  se  mit  en  marche,  portant  la  «  croix  de  vic- 
toire, »  c'est-à-dire  le  précieux  reliquaire  contenant  un  fragment 
de  la  vraie  croix  ;  on  traversa  le  Pont-au-Change  et  on  gagna 
Notre-Dame,  où  la  messe  fut  célébrée. 

Le  même  jour^  19  septembre,  les  chanoines  de  Notre-Dame, 

1.  Voyez  H. -F.  Delaborde,  l'Expédilion  de  Charles  VIII  en  Italie. 

2.  Arcli.  nat.,  registres  capilulaires,  LL  126,  p.  116  ;  «  Jovis  xviiia  septem- 
bris,  anno  predicto  nonagesimo  quarto,  Doniini  supra  cupam  congregati,  audita 
suplicatione  ex  parte  thesaurarii  et  canonicorum  sacre  Capellc  regalis  Parisius 
et  aliorum  dominorum  ville  Parisiensis  eisdem  dorninis  facta,  permissum  fuit, 
de  gralia  spcciali,  in  favorem  dornini  nostri  régis,  quod  processio  dicte  sacre 
Capelle  die  craslinaad  ecclesiara  Parisiensem  accédât,  missaque  in  choro  ejus- 
dem  alta  voce  ad  majus  altare  celebretur.  » 

3.  Arcli.  nat.,  LL  630  {Mémoires  pour  servir  à  l'histoire  de  la  Sainte-Cha- 
pelle, par  Gille  Dongois),  p.  384  :  «  En  l'année  1494,  on  lit  six  processions  : 
...  la  seconde  le  19  septembre  à  Notre-Dame  de  Paris  pour  la  prospérité  du  roy 
et  pour  avoir  victoire  sur  ses  ennemis.  On  y  porta  la  vraye  croix  que  l'on  garde 
dans  la  sacristie,  couverte  de  pierreries.  La  messe  y  fut  chantée  par  un  prélat. 
On  passa  sur  le  pont  aux  Changeurs  ;  le  Parlement,  la  Chambre  des  comptes, 
la  Ville,  la  Chancellerie,  le  Châtelet  et  les  généraux  y  assistèrent.  » 

4.  Arch.  nat.,  LL  126,  p.  117  :  a  Anno  M  CCCG  nonagesimo  quarto,  veneris 


CONCERNANT  LA  VICTOIRE  DE  RAPALLO.  145 

réunis  dans  la  sacristie,  reçurent  la  notification  officielle  de  la 
lettre  royale  annonçant  la  victoire  et  décidèrent  que,  le  dimanche 
21  septembre,  une  procession  générale  se  rendrait  à  l'église  des 
Frères  Prêcheurs  pour  rendre  grâces  à  Dieu. 

Léon  Le  Grand. 


Les  lettres  envoyées  du  rot  nostre  sire  a  nosseigneurs  de  parle- 
ment, DES  COMPTES  ET  DE  l'hOSTEL  DE  LA  VILLE  DE  PaRIS,  DATÉES  DU 
.X.  JOUR  DE  SEPTEMBRE  [l^AN]  DE  GRACE  MIL  CCCC  IIII  VINGTZ  ET 
QUATORZE. 

Mon  frère  \  présentement  ay  esté  adverty  que^  le  seigneur  de  The- 
nay^  que  mon  frère  le  duc  d'Orléans  m'a  envoyé  à  diligence  pour 
me  compter  au  vray  la  victoire  qu'il  a  pieu  à  Dieu  me  donner  contre 
le  prince  de  Tharente^  avoit^  au  gouffre  de  Rapello,  qui  estoyent  de 
six  à  sept  mille  hommes  logiez  et  fortifiez  dedenz  le  bourg  dudit 
lieu.  Et,  après  que  mondit  frère  eut  donné  la  chasse  audit  prince  par 
mer,  s'en  vint  rentrer  dedens  ledit  gouffre  avec  toutes  ses  dicts  navires 
et  gallées,  et  se  logier  audit  gouffre,  le  plus  près  de  terre  qu'il  peut, 

xixa  septembris.  —  Hodie  immédiate  post  capitulum  comparuerunt  in  reves- 
liario  ecclesie  domini  Decanus,  Caiitor,  Ceusay,  Samxoii,  Chasteaupers,  Louet, 
Haqueville,  Legay,  Michel,  Poncher  et  plures  alii,  quibus  presentate  fuerunt, 
per  quemdam  nuntium  vocatum  Forest  Le  Hérault,  littere  missive  domini  ducis 
de  Borbonio  cum  quadam  copia  litterarum  missivarnra  per  dominum  nostrum 
regem  dicto  domino  de  Borbonio  nuper  transmissarum  in  litteris  ejusdem  domini 
de  Borbonio  inlerclusa,  que  mencionem  faciebat  de  certa  Victoria  per  dictum 
dominum  nostrum  regem  et  ejus  exercitum  contra  principem  de  Tarente  habita. 
Quibusquidem  litteris  visis  et  lectis  ordinatura  fuit  prout  alias  quod  dominica 
proxima  fient  processiones  générales  ad  ecclesiam  Fratrura  Predicatorum  Pari- 
sius,  ad  exorandum  Altissimum  pro  eodem  domino  nostro  regeetejus  consilio, 
necnon  ad  gratias  reddendum  Deo  de  hujusraodi  Victoria,  et  ulterius  quod 
preces  continuarentur  in  ecclesia  Parisiens!  pro  eodem  domino  nostro  rege. 

«  Item  ordinatura  est  tradi  dicto  nuncio  duo  scula  auri,  que  de  mandato  dic- 
torura  dominorum  eidem  tradita  fuerunt  per  me  notarium  de  peccuniis  hodie 
per  magistrum  Cosmam  Guymier  in  capitulo  traditis.  » 

1.  Pierre  de  Bourbon,  mari  d'Anne  de  France,  lieutenant  général  du  royaume 
pendant  l'expédition  de  Charles  VIII. 

2.  Il  y  a  évidemment  là  une  faute  d'impression  ;  le  sens  demande  par. 

3.  Jean  de  Tenay. 

4.  Frédéric  d'Aragon,  prince  de  Tarente. 

5.  L'imprimeur  a  dû  oublier  quelques  mots;  la  copie  portait  sans  doute  une 
phrase  dans  le  genre  de  celle-ci  :  «  ...  contre  les  gens  que  le  prince  de  Tarente 
avoit,  etc.  » 

>I894  <0 


-146  LETTRE   DE   CHARLES   VIII 

et  ce  pour  plus  aiséement  faire  sa  descente  en  attendant  le  seigneur 
de  Piennes'  et  le  baillif  de  Digon^,  qui  marchèrent  par  terre  avec 
les  Suysses.  Et,  incontinent  qu'ilz  furent  approuciiiez  dudit  lieu  de 
RapelJo  et  que  mondit  frère  eust  de  leurs  nouvelles,  fist  à  encomraen- 
cer  à  faire  descendre  les  gens  desdits  navires  et  galées,  et  fut  alors 
commencée  l'escarmouche  par  laquays  et  aucuns  Suysses  qui  estoient 
marchez  devant  pour  gaignier  ung  pont  que  les  ennemys  avoyent 
fortifié  et  guidoient^,  et  pour  gaignier  icellui  pont  fut  l'escarmouche 
fort  belle  et  renfforcée  de  tous  coustez,  et  gaignié  ledit  pont,  et  perdu, 
d'un  costé  et  d'autre,  et  beaucop  de  tuez.  Et  à  la  fin  y  demoura  mon- 
dit frère  victorieux.  Et  furent  lesd.  ennemys  repuisez  dedens  ledit 
village  de  Rapello  en  leur  fort.  Et  en  ce  faisant  en  y  eut  beaucop  de 
bleciez  et  de  tuez  entre  ledit  villaige  et  le  pont,  et  en  une  praerie  où 
en  ung  coing  d'icelle  y  avoit  une  grosse  flote^  de  dix-huyl  cens  à  deux 
mille  hommes,  dont  messire  Biote^  et  le  fîlz  du  cardinal  de  Fré- 
gonce^  estoient  chiefz.  Et  en  laquelle  praerie  se  leva  Tescarmouche 
plus  grande  que  elle  n'avoit  esté  audit  pont  et  renforcée  de  tous  cos- 
tez.  Et  alors  ledit  seigneur  de  Piennes  et  ledit  seigneur  de  Digon,  qui 
avoient  la  grosse  flote  des  Suysses,  marchèrent  pour  passer  le  pont  et 
gaignèrent  la  praerie;  et  mondit  frère,  qui  pareillement  fist  marcher 
les  gens  lesquelz  il  avoit  fait  getter  à  terre,  pour  d'un  costé  et  d'autre 
donner  sur  ladicle  flote,  qui  avoient  semblablement  grant  quantité 
de  gens,  parmy  le  bois  et  les  montaignes.  Lesquelz  ennemys,  quant 
ilz  veirent  marcher  vers  eulx,  firent  semblablement  marcher  à  ren- 
contre et  tindrent  bonne  contenance  jusques  à  l'approuchier.  Mais 
tout  à  coup  tournèrent  en  fuyte  lesditz  ennemys,  pour  gaigner  les 
montaignes  de  tous  coustez.  Et  là,  en  fuyant,  furent  prins  et  tuez  de 
leur  cousté  de  sept  à  huyt  cens.  Entre  lesquelz  fut  prins  le  filz  du 
cardinal  et  ung  autre  capitaine,  filz  de  Biote,  et  autres  capitaines 
dont  on  ne  scet  encores  les  noms.  Et,  ce  fait,  mondit  frère  se  retira 
et  logea  la  nuyt  dedens  le  villaige,  qui  esloit  fourny  de  vivres  et  de 
bons  vins.  Et  y  fut  l'armée  bientost  rafreschie.  Et  le  lendemain  au 
matin,  qui  fut  le  ix.  jour  de  septembre,  mondit  frère  fist  retirer  ses 

1.  Louis  de  Ilalwin. 

2.  Antoine  de  Bessey,  bailli  de  Dijon. 

3.  Il  faut  probablement  lire  gardaient. 

4.  Ce  mot  est  pris  ici  dans  son  acception  primitive  :  troupe  nombreuse, 
agglomération. 

5.  Obietto  de  Fiesque. 

6.  Fregosino,  (ils  naturel  du  cardinal  Campo-Fregoso. 


CONCERNANT   LA   VICTOIRE   DE   EAPALLO.  -147 

gens  dedens  les  navires  et  galées  et  faire  voile  affm  de  garder  et 
empeschier  que  ledit  prince  de  Tharante  ne  peust  recueillir  aucuns  de 
ses  gens  le  long  de  la  coste.  Car  ilz  esloient  en  fuytte,  et  aussi  pour 
essayer  s'il  les  pourra  enclorre.  Et,  ce  fait,  mondit  frère  s'en  doit 
retourner  à  Gennes. 

S'enswjt  la  rescription  du  roy. 

En  passant  par  Thourin,  j'ay  veu  mon  cousin  \  et  ma  cousine  la 
duchesse  de  Savoye^,  et  sa  seur^;  et  vous  asseure  qu'il  m'est  advis 
que  je  pense  estre  encore  en  France,  veu  la  bonne  chière  que  l'en  me 
fait,  car  jamais  je  ne  fus  en  pays  où  je  fusse  mieulx  recueilly  et  tout 
plain  de  gens  de  bien  venir  au-devant  de  moy,  clefz  me  présenter  et 
joyaulx,  les  rues  tendues.  Et  en  effect  on  me  fait  ce  que  l'en  sçauroit 
faire,  et  si  vous  asseure  que  mondit  cousin  et  sa  seur  sont  très 
beaulx  enfans  :  je  les  ay  fait  paindre  et  les  vous  envoyé.  Et  adieu, 
mon  frère,  qui  vous  ait  en  sa  garde.  Escript  à  Ast,  le  .x.  jour  de 
septembre,  par  le  tout  vostre, 

Charles. 
Ainsi  signé  :  Do  Bois. 

Et  à  Toccasion  des  choses  dessusdictes  furent  faictes  processions 
en  la  ville  de  Paris  le  vendredi  xix.  jour  de  septembre.  Et  fut  la  croix 
de  victoire  de  la  Saincte- Chapelle  descendue  et  portée  à  grant  soUen- 
nité  à  Nostre-Dame  de  Paris. 

Et  de  rechief  processions  généralles  le  dimenche  ensuivant  pour 
remercier  Dieu  de  ladicte  victoire.  Priez  Dieu  pour  le  roy,  la  royne, 
monseigneur  le  daulphin,  les  seigneurs  de  son  sang  et  de  son 
royaume. 

1.  Charles-Jean-Amédée,  duc  de  Savoie,  né  en  1488. 

2.  Blanche  de  Montferrat,  veuve  de  Charles,  duc  de  Savoie. 

3.  Yolande,  sœur  de  Charles-Jean-Amédée,  née  en  1487. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Les  Premiers  habitants  de  l'Europe  d'après  les  écrivains  de  Vanti- 
quité  et  les  travaux  des  linguistes,  par  H.  d'Arbois  de  Jdbainville, 
membre  de  l'Institut.  Seconde  édition,  corrigée  et  considérable- 
ment augmentée  par  l'auteur.  Tome  II  :  les  Indo-Européens,  suite 
[Ligures,  Hellènes,  Italiotes,  Celtes).  Paris,  Thorin  et  fds,  4894. 
In-S**,  xxvi-426  pages. 

Le  courage  et  la  sincérité  sont  parmi  les  qualités  qui  distinguent  les 
travaux  de  M.  d'Arbois  de  Jubainville.  L'auteur  ne  cherche  point  à 
dissimuler  ses  opinions  sous  des  réticences  savamment  calculées  et 
pousse  ses  théories  jusqu'au  bout.  Si  cette  robuste  franchise  mérite  notre 
estime  et  notre  respect,  elle  appelle  aussi  de  notre  part  une  appréciation 
sincère. 

Nous  n'insisterons  point  sur  les  chapitres  qui  traitent  des  Hellènes 
et  des  Italiotes.  Ils  sont,  à  peu  de  choses  près,  la  reproduction  de  la 
première  édition  (1877).  Nous  admirons,  sans  la  partager,  la  confiance 
qu'inspirent  à  l'auteur  les  fabrications  ethnologiques  et  chronologiques 
des  Anciens.  Il  est  persuadé  que  les  Ombro-Latins  sont  arrivés  en  Ita- 
lie au  xiie  siècle  avant  notre  ère,  parce  que,  selon  un  fragment  de  Gaton 
l'Ancien  conservé  par  Pline  l'Ancien,  les  Ombriens  ont  fondé  la  ville 
d'Ameria  964  ans  avant  la  guerre  contre  Persée  ;  or,  celle-ci  a  com- 
mencé en  171.  La  fondation  d'Ameria  remonte  donc  à  1135  avant  J.-C, 
et  l'arrivée  des  Ombro-Latins  en  Italie  au  xn^  siècle.  Toute  la  chrono- 
logie de  M.  d'A.  de  J.  se  base  sur  deux  ou  trois  autres  synchronismes 
aussi  curieux.  Ce  serait  vers  l'an  1330  av.  J.-C,  selon  la  chronique 
d'Eusèbe  (mort  au  iv^  siècle  ap.  J.-C),  que  lôn,  petit-fils  d'Hellên,  se 
serait  établi  en  Attique  (voy.  p.  252).  Quant  à  l'arrivée  des  Étrusques 
en  Italie,  elle  eut  lieu  entre  972  et  949  avant  notre  ère.  Les  arguments 
sont  empruntés  à  la  durée  donnée  au  siècle  étrusque  par  Dion  Gassius 
et  Plutarque  (cf.  t.  I,  p.  xvni  et  150).  On  frémit  en  songeant  que  des 
esprits  sceptiques  pourraient  n'avoir  pas  foi  dans  les  chiffres  fournis 
par  Gaton,  Eusèbe,  etc.,  car  toute  la  chronologie  de  l'ouvrage  croule- 
rait du  coup. 

Abordons  la  partie  la  plus  neuve  et  la  plus  originale  du  livre,  celle 
qui  concerne  les  Ligures  et  les  Celtes.  La  thèse  fondamentale  de  M.  d'A. 
de  J.  est  que  la  valeur  de  l'élément  gaulois  dans  la  formation  de  la  race 


BIBLIOGRAPHIE.  H9 

française  a  été  inQniment  exagérée.  Avant  l'arrivée  dos  Celtes,  il  a 
existé  une  période  où  les  Ligures  ont  couvert  toute  l'Europe  occidentale, 
aussi  bien  l'Espagne,  la  Gaule,  la  Grande-Bretagne  que  la  Suisse  et 
l'Italie.  Ces  idées  étaient  déjà  exprimées  dans  un  article  de  la  Revue 
celtique  (1893,  p.  1-21)  sous  le  titre  :  wi  Préjugé.  Voilà  une  théorie  hardie, 
intéressante,  séduisante  par  certains  côtés.  Mais,  à  l'examiner  de  près, 
on  s'aperçoit  qu'elle  repose  sur  les  bases  les  plus  fragiles. 

Je  résume  la  série  de  raisonnements  par  lesquels  M.  d'A.  de  J.  arrive 
à  conclure  (p.  xvii)  que  «  les  Gaulois  ne  peuvent  pas  probablement 
compter  même  pour  un  vingtième  parmi  les  facteurs  physiques  aux- 
quels nous  devons  la  vie  matérielle.  »  César  nous  apprend  qu'il  n'y 
avait  en  Gaule  que  deux  classes  d'hommes  qui  comptaient,  les  druides 
et  les  chevaliers.  La  plèbe  était  réduite  à  une  condition  presque  ser- 
vile.  Si  les  chevaliers  étaient  une  aristocratie  et  traitaient  si  durement 
la  plèbe,  c'est  qu'ils  étaient  une  race  conquérante.  Ils  n'étaient  point 
très  nombreux  :  lors  de  la  grande  insurrection  Vercingétorix  évalua 
les  cavaliers  à  15,000,  ce  qui,  en  y  joignant  les  femmes,  enfants  et 
vieillards,  constituerait  une  aristocratie  de  60,000  personnes.  Que  la 
population  de  la  Gaule  fût  de  trois  ou  de  six  millions  d'habitants,  selon 
les  évaluations,  cette  aristocratie  ne  constituait  qu'une  petite  minorité. 
Ces  chevaliers,  ce  sont  les  Gaulois  conquérants;  nous  descendons,  nous 
Français,  de  la  plèbe  assujettie  et  sommes  d'une  autre  race.  En  effet, 
la  majorité  des  Français  est  brune  et  de  taille  moyenne.  Les  Gaulois 
étaient  grands  et  blonds  ou  roux.  Ils  ont  du  reste  été  exterminés  pour 
la  plus  grande  partie  dans  la  guerre  des  Gaules.  Quand  Caligula,  vou- 
lant triompher  des  Germains,  qu'il  n'avait  pas  vaincus,  fit  choisir  des 
Gaulois  de  grande  taille  pour  figurer  des  Germains,  il  leur  fit  teindre 
les  cheveux  en  rouge,  selon  Suétone.  Les  habitants  de  la  Gaule  n'avaient 
donc  plus  alors  les  cheveux  de  cette  couleur. 

On  se  rend  compte  facilement  que  le  point  de  départ  de  ce  raisonne- 
ment n'est  qu'une  pure  hypothèse.  Rien  absolument  ne  nous  autorise 
à  croire  que  la  plèbe  était  d'une  autre  race  que  les  chevaliers.  César  ne 
dit  rien  de  pareil.  L'explication  qu'il  donne  de  son  triste  état  écarte  môme 
cette  hypothèse  (VI,  13)  :  Plerique,  cum  aul  acre  alieno  aut  magnitu- 
dine  tributorum,  aut  injuria  potentiorum  premuntur,  sese  in  servitutem 
dicant  nobilibus.  Si  les  hommes  libres  deviennent  ainsi  clients  des 
nobles,  ce  n'est  point  parce  qu'ils  sont  d'une  autre  race,  c'est  parce 
qu'ils  sont  réduits  à  l'indigence  par  leurs  dettes,  les  impôts  ou  la  vio- 
lence. Au  livre  I  (chap.  iv),  César  nous  montre  Orgétorix  usurpant  un 
pouvoir  tyrannique  chez  les  Helvètes  grâce  à  sa  clientèle  de  débiteurs. 
Il  y  a  là  un  fait  social  qui  s'est  reproduit  à  Rome  et  dans  la  monarchie 
franque,  et  partout  où  l'État  est  troublé  et  impuissant  à  protéger  l'indi- 
vidu contre  la  tyrannie  d'une  aristocratie.  Le  Franc  qui  se  commende 
au  vir  polens  et  devient  son  gazindus,  plus  tard  son  vassal,  ne  diffère 


450  BIBLIOGRAPHIE. 

point  de  race  avec  son  seigneur.  Il  est  pauvre,  ou  même  simplement 
recherche  un  protecteur.  Remarquons,  en  outre,  que,  les  Gaulois  étant 
installés  entre  la  Garonne  et  le  Rhin  déjà  depuis  plusieurs  siècles 
avant  la  conquête  de  César,  il  est  impossible  de  comprendre  comment 
ils  auraient  pu  conserver  un  type  physique  aussi  distinct  au  milieu  de 
la  population  vaincue.  Ce  serait  un  phénomène  unique  dans  l'histoire. 
Il  faudrait  supposer  qu'ils  formaient  des  castes,  et  encore  cette  explica- 
tion serait-elle  à  peine  suffisante.  Pourquoi  se  lancer  à  corps  perdus 
dans  un  océan  d'hypothèses?  Il  est  si  simple  de  s'en  tenir  aux  textes. 

Les  déductions  tirées  du  chiffre  de  la  cavalerie  de  Vercingétorix  sont 
aussi  peu  fondées.  M.  d'A.  de  J.  interprète  mal  le  passage  de  César 
(liv.  "VII,  chap.  Lxiv).  Vercingétorix  décide  de  ne  pas  livrer  de  bataille 
rangée  aux  Romains.  Il  déclare  inutile  de  lever  de  nouvelles  troupes 
d'infanterie,  mais  garde  toute  sa  cavalerie,  15,000  hommes,  pour  har- 
celer l'ennemi  et  l'empêcher  de  faire  du  fourrage  et  d'enlever  les 
récoltes  :  quoniam  abundet  equitatu  perfacile  esse  factu  frumentationi- 
bus  pabulationibusquc  Romanos  [se]  prohibere.  Cela  ne  signifie  pas  qu'il 
n'y  a  que  15,000  cavaliers  en  Gaule  et  que  ces  cavaliers  sont  des  che- 
valiers. Cette  assimilation  que  fait  M.  d'A.  de  J.  n'est  pas  justifiée. 
Certains  peuples,  tels  les  Nerviens,  qui  ont  une  aristocratie,  n'ont  pas 
de  cavalerie.  Chez  d'autres,  un  seigneur  riche,  tel  l'Éduen  Dumnorix 
(I,  18),  entretenait  des  cavaliers  :  magnum  mimerum  equitatus  suo 
sumptu  semper  alere  et  circum  se  habere.  Ces  cavaliers  sont  évidemment 
de  petites  gens,  les  clients  et  vassaux  de  Dumnorix,  et  non  des  cheva- 
liers. Ceux-ci  étaient  de  grands  personnages,  et  on  n'en  aurait  peut-être 
pas  trouvé  15,000  en  Gaule.  Au  reste,  comment  peut-on  s'imaginer 
que  l'armée  gauloise  de  Vercingétorix  fût  ainsi  composée  :  d'un  côté 
tous  les  nobles  gaulois  groupés  en  un  seul  corps  de  15,000  cavaliers,  de 
l'autre  des  hordes  innombrables  de  fantassins  formés  unicjuement  des 
populations  vaincues  par  les  Gaulois?  Cela  ne  se  comprend  pas. 

Il  est  facile  de  dire  que  la  noblesse  gauloise  a  été  à  peu  près  exter- 
minée dans  la  lutte.  On  cite  l'exemple  des  Nerviens  et  des  Vénètes, 
mais  on  oublie  que  César  a  toujours  favorisé  l'aristocratie  d'un  nombre 
de  peuples  beaucoup  plus  important,  les  Rèmes,  les  Éduens,  les 
Séquanes,  les  Arvernes,  les  Lingons.  Même  après  Alésia,  il  rend 
20,000  captifs  aux  Éduens  et  aux  Arvernes  (VII,  xc).  Ce  qu'il  a 
exterminé,  c'est  le  pauvre  bétail  humain  composant  l'infanterie  des 
armées  Helvètes,  des  Germains  (Usipètes  et  Tenctères),  etc.  Quant  à 
l'aristocratie,  il  l'a  toujours  ménagée. 

Venons-en  au  fameux  argument  sur  la  grandeur  et  la  couleur  des 
cheveux.  Les  Gaulois,  dit-on,  étaient  grands  et  blonds.  Pour  grands,  il 
faut  s'entendre.  Ils  étaient  grands  comparés  aux  Italiens  du  Sud.  Les 
Français  sont  petits  par  rapport  aux  Anglais  et  aux  Allemands.  Le 
point  de  comparaison  des  Anciens  étant  différent,  on  ne  peut  rien 


1 


BIBLIOGRAPHIE.  i^i 

tirer  de  là.  Les  Gaulois  étaient  blonds?  Qu'en  savons-nous?  M.  d'A. 
de  J.  cite  à  l'appui  deux  passages,  l'un  de  Virgile,  qui,  parlant  des 
Gaulois,  dit  que  leur  chevelure  est  dorée  (Enéide,  VIII,  658,  aurea 
cxsaries),  l'autre  de  Silius  Italiens  (IV,  v.  200,  201,  flavam...  cxsa- 
riem).  C'est  là  une  épithète  banale,  exigée  peut-être  pour  la  mesure, 
et  qui  ne  prouve  rien.  Les  Anciens  (surtout  les  poètes)  distinguaient 
peu  ou  pas  les  Gaulois  et  les  Germains;  toutes  leurs  descriptions 
des  barbares  se  ressemblent,  et  ils  ne  recherchent  point  une  exacti- 
tude rigoureuse.  La  vérité,  c'est  que  les  Gaulois  étaient  en  majorité 
comme  les  Français  modernes,  les  cheveux  châtains.  En  la  lavant 
avec  du  lait  de  chaux,  ils  donnaient  à  leur  chevelure  une  teinte  de 
roux  ardent.  Poseidonios,  qui  visita  la  Gaule  vers  l'an  100  avant  J.-G., 
nous  rapporte  ce  procédé,  et  ce  passage  est  conservé  par  Diodore  de 
Sicile  (liv.  V,  chap.  xxviii,  §  1)  :  Taîç  8k  x6[i,atç;  où  [aovov  Êx  cpOaewç  |av9o\, 
à>,>^à  xa\  8ià  xyi;  xaTaaxeuriç,  etc.  Il  est  évident  que  les  Gaulois,  tout  en 
étant  ?av9oî  par  rapport  aux  Italiens  et  aux  Grecs,  qui  ont  les  cheveux 
noirs,  n'étaient  pourtant  ni  blonds  ni  roux  naturellement,  car  ils  n'au- 
raient pas  eu  besoin  d'employer  le  lait  de  chaux  pour  obtenir  cette 
nuance  artificiellement.  De  même,  Tite-Live  dit,  en  parlant  de  la  che- 
velure gauloise,  rutilatse  comx  (liv.  XXXVIII,  cap.  xvn),  «  cheveux 
rougis,  »  et  non  rutilx  cornm  (la  remarque  est  de  M.  d'A.  de  J.  lui- 
même,  page  6,  note  3).  On  a  vu  plus  haut  qu'en  l'an  40  de  notre  ère 
Caligula  déguisa  un  certain  nombre  de  Gaulois  en  Germains.  Pour  cela, 
il  fit  chercher  en  Gaule  les  hommes  les  plus  grands  «  coegitque  ruti- 
lare  et  submittere  comam  »  (Suétone,  Catilina,  c.  XLvn).  C'est  le  même 
procédé  qu'employaient  les  Gaulois,  mais  librement,  un  siècle  aupara- 
vant. En  réalité,  le  «  préjugé,  »  c'est  de  se  représenter  les  Gaulois 
comme  très  grands  et  naturellement  blonds.  Cette  idée  fausse  a  égaré 
la  plupart  des  archéologues  et  des  anthropologistes  et  suscité  les  théo- 
ries les  plus  bizarres.  On  a  même  avancé  que  les  Celtes  étaient  diffé- 
rents des  Gaulois,  ce  qui  reviendrait  à  dire  que  les  Deutschen  sont  diffé- 
rents des  Allemands,  parce  que  deux  mots  aussi  dissemblables  ne 
peuvent  désigner  un  même  peuple.  Une  autre  idée  fausse,  pour  le  dire 
en  passant,  c'est  de  croire  que  les  Celtes  formaient  une  race  unique. 
Actuellement,  on  sait  qu'aucune  nation  de  l'Europe  n'a  d'unité  de  race, 
mais  nous  aimons  à  nous  imaginer  qu'il  n'en  était  pas  ainsi  dans  l'an- 
tiquité. C'est  là  une  erreur  de  perspective.  Quand  les  Celtes  apparaissent 
dans  l'histoire,  vers  le  vi«  siècle  avant  notre  ère,  l'humanité  était  déjà 
bien  vieille,  et  les  tribus  celtiques,  pour  avoir  l'unité  de  langue  et  sans 
doute  de  mœurs,  n'en  étaient  pas  moins  la  fusion  de  bien  des  races 
préexistantes  à  jamais  indiscernables. 

M.  d'A.  de  J.,  qui  supprime,  ou  à  peu  près,  les  Gaulois  de  nos 
ancêtres,  les  remplace  par  les  Ligures.  Ce  peuple  aurait,  selon  lui,  cou- 
vert  l'Europe  occidentale  avant  la  venue  des  Celtes  et  des  Ombro-La- 


^52  BIBLIOGRAPHIE. 

tins.  Ses  arguments  sont  à  la  fois  historiques  et  linguistiques.  Nous 
n'insisterons  pas  sur  les  premiers.  L'auteur  ne  donne  pas  une  preuve 
positive  dans  son  second  volume.  Dans  le  premier,  pour  arriver  à  éta- 
blir que  les  Ligures  sont  arrivés  dans  l'Europe  occidentale  vingt  siècles  (1) 
avant  J.-C,  l'auteur  est  obligé  de  proposer  une  série  d'hypothèses  qui 
nous  paraissent  singulièrement  fragiles.  Arrivons  aux  arguments  philo- 
logiques, qui  sont  le  grand  intérêt  du  livre. 

L'examen  de  la  toponomastique  des  contrées  certainement  ligures 
nous  révèle  un  suffixe  -se-  dans  les  noms  de  lieux,  qui  apparaît  sous  les 
formes  -asco,  -asca,  -usco,  -osco.  Ces  noms  existent  non  seulement  dans 
la  Ligurie  classique  (la  IX^  régfon  d'Auguste),  c'est-à-dire  le  pays  com- 
pris entre  le  Pô  et  la  Méditerranée,  allant  de  Nice  à  Pise  environ,  de 
l'ouest  à  l'est;  ils  se  retrouvent  en  nombre  considérable  dans  toute  l'Ita- 
lie du  Nord.  C'est  ainsi  que,  sur  271  noms  terminés  en  -asca,  -asco,  90 
seulement  appartiennent  à  la  Ligurie  d'Auguste,  181,  c'est-à-dire  les 
deux  tiers,  sont  en  dehors  (Piémont,  Lombardie,  Plaisance,  Emilie, 
etc.;  voy.  p.  60).  On  les  retrouve  également  en  grand  nombre  en 
Corse  et  en  Suisse.  La  France  continentale  en  offre  70  exemples,  presque 
tous  compris  dans  les  régions  occupées  certainement  par  les  Ligures 
entre  le  Rhône  et  les  Alpes;  quelques-uns  atteignent  au  nord  la  Marne 
(voy.  p.  115).  Enfin  l'Espagne  en  offre  une  vingtaine  d'exemples  dissé- 
minés au  nord  et  au  centre. 

Jusqu'ici  rien  de  mieux.  M.  d'A.  de  J.  a  considérablement  complété 
et  amélioré  le  travail  de  M.  Flechia  paru,  il  y  a  plus  de  vingt  ans,  dans 
les  Mémoires  de  l'Académie  de  Turin,  et  sa  thèse,  en  son  ensemble, 
serait  séduisante  et  très  acceptable.  Pourquoi  faut-il  qu'il  ait  cédé  à 
l'esprit  de  système?  Les  noms  de  lieux  énumérés  de  la  page  124  à  la 
page  205  sont  rangés  dans  la  catégorie  des  mots  ligures  de  la  façon 
la  plus  arbitraire  et  expliqués  au  moyen  des  étymologies  les  plus  con- 
testables. Nous  ne  pouvons  naturellement  songer  à  les  discuter  tous. 
Deux  exemples  suffiront  :  l'Isère  [Islira)  coule  dans  une  région  occupée 
il  est  vrai  par  les  Gaulois,  mais  où  l'on  trouve  des  noms  en  -osco.  L'au- 
teur swppose  que  ce  mot  est  ligure,  et,  comme  il  se  termine  en  -ra,  il 
induit  de  là  qu'une  foule  de  mots  terminés  de  même  sont  ligures,  tels 
Oscara,  Avara,  Sevara,  Jura,  etc.,  etc.  On  croit  retrouver  le  thème  alisa 
dans  un  grand  nombre  de  noms  de  rivières  de  France,  Allemagne, 
Italie.  Ce  thème  est  ligure,  car  l'aune  s'appelait  en  gaulois  vernos,  et 
l'auteur  suppose  que  alisa  veut  dire  «  aune  »  en  ligure,  et  «  ces  rivières 
semblent  tirer  leurs  noms  des  aunes  qui  croissaient  sur  leurs  bords  » 
(p.  201-205).  —  En  se  laissant  ainsi  entraîner,  on  peut  aller  loin,  et 
M.  d'A.  de  J.  retrouve  les  Ligures  jusque  dans  le  Schleswig-IIolstein 
(p.  145)  et  l'Ecosse  (p.  200). 

Ces  exagérations  ne  peuvent  que  compromettre  sa  thèse  et  pro- 
voquent les  contradictions.  On  se  demande  si  nous  avons  un  critérium 


BIBLIOGRAPHIE.  ^53 

bien  sûr  pour  distinguer  les  mots  ligures  des  mots  gaulois.  M.  Alfred 
Maury,  en  1878,  avait  pris  le  contre-pied  de  la  thèse  de  M.  d'A.  de  J. 
et  soutenu  que  le  ligure  était  une  langue  celtique  (voy.  Mélanges  de 
l'École  des  hautes-études  pour  le  dixième  anniversaire  de  sa  fondation). 
En  tout  cas,  il  semble  bien  qu'il  y  ait  une  étroite  parenté  entre  ces 
langues.  En  Corse,  oii  les  Gaulois  ne  paraissent  pas  avoir  pénétré,  on 
retrouve  des  noms  terminés  par  le  suffixe  celtique  -aco.  L'auteur  est 
obligé  alors  de  déclarer  (p.  98)  que  ce  suffixe  est  à  la  fois  ligure  et  gau- 
lois. Gela  ne  laisse  pas  d'être  inquiétant;  on  se  demande  si,  récipro- 
quement, les  suffixes  en  -sca,  -sco  ne  seraient  pas,  eux,  aussi  bien  gau- 
lois que  ligures?  On  le  retrouve  à  coup  sûr  dans  le  nom  d'un  peuple 
gaulois  de  la  vallée  du  Danube,  les  Scordisci,  et  l'auteur  est  obligé  de 
reconnaître  (p.  113)  que  plusieurs  des  noms  de  lieux  terminés  en-oscu5 
dérivent  de  noms  d'hommes  gaulois,  tels  Branoscus,  Camaloscus,  Cam- 
boscus,  Camuloscus.  Il  suppose  alors  que  ces  noms  de  lieux  remontent 
à  une  époque  où  l'on  parlait  à  la  fois  ligure  et  gaulois  :  mais  cette 
explication  est  visiblement  donnée  en  désespoir  de  cause. 

En  outre,  l'auteur  se  voit  obligé  de  reconnaître  que  bien  des  mots 
qu'il  donne  comme  ligures  sont  certainement  gaulois  ;  tels  eburos,  ron- 
dos, multos  (p.  198-199),  lemos  (p.  188);  le  suffixe  ligure  -ati  se 
retrouve  en  latin  et  en  gaulois  (p.  188);  la  racine  kar  serait  à  la  fois 
gauloise  et  ligure  (p.  196).  Le  mot  ligure  qui  signifie  «  seigle,  »  sasia, 
représente  exactement  le  mot  primitif  gallois  désignant  le  seigle.  M.  d'A. 
de  J.  suppose,  après  K.  MùUenhoff,  que  Kebenna,  «  les  Cévennes,  » 
serait  gaulois  et  aurait  remplacé  Kemnienon  (graphie  de  Strabon),  qui 
serait  ligure.  Il  paraît  bien  difficile  de  ne  pas  admettre  l'identité  de  ces 
deux  mots.  Quant  à  décider  quelle  est  la  vraie  forme,  c'est  assez  embar- 
rassant, le  moyen-gallois  cefyn,  «  dos,  »  représentant  aussi  bien  un 
vieux-gallois  Kebyn  que  Kemyn.  En  ce  dernier  cas,  cependant,  il  fau- 
drait admettre  que  la  graphie  de  Strabon  est  fautive.  Le  mot  aurait  dû 
être  écrit  par  un  seul  m  ;  Kemenon. 

Le  chapitre  intitulé  la  Nation  celtique  (m  du  liv.  III)  est  allongé  déme- 
surément par  des  explications  de  philologie  celtique  et  de  grammaire 
comparée.  Elles  sont  trop  longues  pour  les  spécialistes  et,  quoi  que  fasse 
l'auteur,  trop  incomplètes  et  forcément  obscures  pour  le  reste  des  lec- 
teurs. Faute  d'une  grammaire  celtique  en  français,  l'auteur  est  obligé 
de  répéter  ces  explications  dans  chacun  de  ses  ouvrages.  Cela  ne  sup- 
plée point  à  la  grammaire  celtique  qu'il  nous  doit  depuis  longtemps. 
—  Le  paragraphe  sur  l'empire  celtique  et  le  roi  Ambicatos  (p.  297-305) 
est  la  reproduction  d'une  idée  chère  à  l'auteur  et  qu'il  a  émise  déjà  il  y 
a  une  dizaine  d'années.  Il  croit  que  les  Celtes  possédaient,  aux  v«  et 
vi«  siècles,  une  sorte  d'unité  politique  et  que  l'empire  sur  lequel  régnait 
Ambicatos  vers  l'an  400  avant  J.-G.  comprenait  la  plus  grande  partie  de 
la  Germanie,  de  la  Gaule  et  de  l'Espagne  (p.  303).  Cette  unité  se  serait 


-154  BIBLIOGRAPHIE. 

brisée  au  iii«  siècle.  Les  Celtes  fournissent  alors  des  mercenaires  aux 
Carthaginois,  ce  qui  est  «  antipatriotique;  »  ils  font  trembler  la  Grèce 
et  fondent  un  royaume  en  Asie-Mineure,  ce  qui  est,  selon  l'auteur, 
«  un  acte  insensé.  »  En  conséquence,  «  le  troisième  siècle  est  pour  les 
Celtes,  une  époque  de  confusion,  d'extravagance  et  de  honte  où  les 
grandes  traditions  politiques  des  siècles  précédents  sont  abandonnées.  » 
Voilà  des  affirmations  bien  graves.  Nous  voudrions  savoir  sur  quoi  l'au- 
teur les  appuie.  Sur  le  texte  suivant  de  Tite-Live  (liv.  V,  chap.  xxxiv, 
§  1-2)  :  «  Prisco  Tarquinio  régnante,  Geltarum,  quse  pars  Gallise  tertia 
est,  pênes  Bituriges  summa  imperii  fuit,  ii  regem  Geltico  dabant. 
Ambigatus  is  fuit.  »  Gela  ne  concorde  point  du  tout.  Mais,  selon  M.  d'A. 
de  J.,  il  y  a  dans  ce  texte  deux  erreurs  évidentes  :  1°  synchronisme 
avec  le  règne  de  Tarquin  l'Ancien  ;  2°  identification  de  la  Celtique 
d'Ambicatus  avec  celle  de  César  (p.  303,  note  2).  Soit!  mais  j'admire 
comment  on  peut  tirer  tant  de  choses  d'un  texte  de  deux  lignes  dont 
la  moitié  serait  erronée.  Voilà  un  latin  qui  ressemble  trop  au  turc  de 
M.  Jourdain,  qui  disait  beaucoup  en  peu  de  mots. 

Une  autre  idée  chère  à  l'auteur  et  qui  découle  de  la  précédente,  c'est 
que  les  Germains  ont  vécu  plusieurs  siècles  sous  la  domination  des 
Gaulois.  Les  arguments  à  l'appui  sont  uniquement  philologiques.  Ils 
portent  sur  seize  mots  qui  seraient  communs  aux  langues  celtiques  et 
germaniques  et  empruntés  par  celles-ci  aux  premières.  Nous  ne  pou- 
vons songera  discuter  chacun  d'eux  faute  de  place.  Qu'il  suffise  de  dire 
que  nous  n'admettons  comme  vraisemblable  que  l'emprunt  parles  Ger- 
mains des  trois  mots  celtiques  r^îx,  «  roi,  »  r'igion,  «  royauté,  w  lêgis, 
«  médecin.  »  Pour  les  autres,  la  phonétique  des  langues  germaniques 
nous  forcerait  à  admettre  qu'ils  ont  été  empruntés  à  une  époque  extrê- 
mement ancienne,  au  moins  dix  siècles  avant  notre  ère,  lorsque  le  p 
initial  existait  encore  en  celtique,  ainsi  que  r  et  Z  voyelles,  que  ei  indo- 
européen n'était  pas  encore  devenu  ë  en  celtique,  ni  les  aspirées  sonores 
changées  en  b,  d,  g,  etc.,  en  un  mot,  lorsque  le  celtique  n'avait  pas  les 
caractéristiques  qui  le  distinguent  des  autres  langues  indo-européennes. 
Cela  revient  à  dire  que  le  germanique  a  fait  des  emprunts  au  celte  à  une 
époque  où  il  n'y  avait  ni  celtique  ni  germanique.  Au  reste,  le  système 
inverse  aurait  autant  de  valeur  au  point  de  vue  phonétique,  et  ces  mots 
pourraient  s'expliquer  aussi  bien  et  mieux  par  un  emprunt  des  Celtes 
aux  Germains,  du  moins  avant  la  Lautverscliïebung.  Cette  explication 
est  du  reste  inutile  ;  les  mots  en  question  remontent  simplement  à 
l'unité  indo-européenne. 

Si  les  Germains  avaient  été  pendant  tant  de  siècles  soumis  aux  Gau- 
lois, on  s'expliquerait  difficilement  qu'ils  n'aient  point  été  absorbés  par 
ces  derniers.  M.  d'A.  de  J.  suppose  donc  (p.  373  et  suiv.)  qu'une  oppo- 
sition religieuse  a  sauvegardé  leur  autonomie.  Comme  nous  n'admet- 
tons pas  le  premier  point,  nous  ne  pouvons  accepter  cette  hypothèse. 


BIBLIOGRAPHIE.  4  55 

Les  raisonnements  (p.  388  et  suiv.)  pour  expliquer  chez  les  Celtes  du 
continent  une  soi-disant  unité  dialectale,  dont  nous  n'avons  aucune 
preuve  certaine,  sont  également  dépourvus  de  solidité. 

L'ouvrage  se  termine  par  un  examen  de  l'emploi  des  mots  qui  ont 
désigné  les  diverses  branches  de  la  race  celtique,  Keltos,  Galatès,  Gal- 
lus,  Gallia,  Walah.  L'auteur  y  déploie  un  sens  historique  et  critique 
très  fin. 

En  réfléchissant  à  la  somme  de  travail  et  d'érudition  dépensée  dans 
ces  deux  importants  volumes,  on  ne  peut  s'empêcher  d'admirer  chez 
l'auteur  une  connaissance  des  sources  antiques  extrêmement  rare  et 
précieuse,  une  attention  toujours  en  éveil  des  moindres  progrès  de  la 
grammaire  comparée,  une  ingéniosité  infatigable.  Je  ne  crois  pas  cepen- 
dant, je  le  dis  franchement,  que  son  livre  puisse  entraîner  la  convic- 
tion sur  aucun  point.  Pour  résoudre  ces  difficiles  problèmes  d'origine, 
ce  n'est  pas  trop  des  secours  combinés  des  textes  historiques,  de  la  lin- 
guistique, de  l'archéologie  et  de  l'anthropologie.  Pour  ces  deux  dernières 
sciences,  l'auteur  se  récuse.  Leur  témoignage  est  pourtant  capital,  et 
on  ne  doit  pas  se  dissimuler  que,  sans  elles,  on  n'arrivera  qu'à  pro- 
duire des  hypothèses  inconsistantes,  changeant  perpétuellement,  selon 
les  interprétations  que  tirent  les  érudits  des  fragments  de  textes  légen- 
daires et  contradictoires  que  nous  a  laissés  l'antiquité.  C'est  l'anthro- 
pologie qui  devrait  avoir  le  dernier  mot.  Jusqu'ici,  malheureusement, 
les  travaux  ont  été  conduits,  du  moins  chez  nous,  sans  méthode  cri- 
tique et  sous  l'empire  d'idées  préconçues.  Tout  est  à  refaire.  Du  train 
dont  vont  les  choses  en  France,  il  est  à  craindre  qu'on  ne  s'y  mette  pas 
sérieusement  avant  le  xxi^  siècle. 

Ferdinand  Lot, 

Atlas  de  monnaies  gauloises,  préparé  par  la  Commission  de  topogra- 
phie des  Gaules  et  publié  sous  les  auspices  du  Ministère  de  l'ins- 
truction publique  par  Henri  de  la  Tour,  sous-bibliothécaire  au 
département  des  médailles  et  antiques  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale. Paris,  Pion,  Nourrit  et  G*%  i  892.  In-fol. ,  iv-i  2  pages  et  55  pi. 

Ce  recueil  est  le  complément  d'un  volume  de  texte  édité  en  1889 
sous  le  titre  de  Catalogue  des  médailles  gauloises  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale. M.  de  la  Tour  avait  été  chargé  de  faire  la  table  de  ce  livre,  et  il 
s'était  acquitté  de  cette  mission  difficile  avec  un  plein  succès. 

On  lui  doit  de  nouveau  une  grande  reconnaissance  pour  n'avoir  pas 
reculé  devant  le  rude  travail  qui  consistait  à  fournir  aux  numisma- 
tistes  un  fil  conducteur  dans  l'Atlas,  ouvrage  très  curieux,  très  utile, 
mais  établi  sans  plan  arrêté  et  sans  méthode  ;  il  s'agissait  de  guider  les 
lecteurs  et  de  leur  permettre  de  recourir  de  VAtlas  au  Catalogue.  Ce 
désordre  est  expliqué  par  l'histoire  même  du  livre  ;  ceux  qui  y  ont  tra- 


^56  BIBLIOGRAPHIE. 

vaille  ne  soat  guère  coupables.  Chacun  a  fait  de  son  mieux,  travaillant 
isolément;  la  direction  a  fait  défaut. 

En  1876,  le  ministre  de  l'Instruction  publique  décida  d'entreprendre 
un  catalogue  général  des  monnaies  gauloises.  A  ce  moment,  on  vou- 
lait réunir  en  un  Corpus  la  description  de  toutes  les  pièces  de  cette 
série  conservées  dans  les  musées  publics  et  dans  les  collections  parti- 
culières; le  texte  devait  être  accompagné  d'un  atlas.  Il  était  tout  natu- 
rel de  commencer  par  mettre  à  contribution  le  Cabinet  de  France,  le 
plus  riche  en  monnaies  gauloises. 

La  Commission  de  topographie  des  Gaules,  qui  comptait  parmi  ses 
membres  Saulcy  et  Ch.  Robert,  les  deux  savants  les  plus  versés  dans 
l'étude  de  la  numismatique  gauloise,  fut  chargée  de  mènera  bien  cette 
œuvre;  elle  désira  avoir  pour  collaborateurs  MM.  Chabouillet  et  Muret, 
du  Cabinet  de  France. 

On  commença  aussitôt  à  réunir  les  documents  nécessaires  et  à  faire 
exécuter  par  Dardel  de  superbes  planches,  au  nombre  de  quarante-cinq, 
qui  furent  payées  sur  les  fonds  alloués  à  la  Commission  pour  les 
recherches  d'antiquités  nationales.  Ce  plan  primitif  eut  pour  résultat 
de  réunir,  dans  les  planches,  un  très  grand  nombre  de  pièces  étran- 
gères au  Cabinet  de  France.  Les  monnaies  de  la  Bretagne  insulaire 
sont,  en  grande  partie,  empruntées  au  bel  ouvrage  de  sir  John  Evans; 
les  collections  du  Musée  de  Saint-Germain,  de  Ch.  Robert,  de  Dani- 
court,  la  découverte  de  Jersey,  etc.,  furent  mises  à  contribution. 

En  1883,  par  suite  de  la  dissolution  de  la  Commission  de  topographie 
des  Gaules,  ses  membres  cessèrent  de  s'occuper  du  Catalogue  et  de 
l'Atlas.  MM.  Chabouillet  et  Muret  en  restèrent  exclusivement  chargés 
et  purent  réaliser  une  idée  déjà  soumise  à  leurs  collègues  qu'ils  n'avaient 
pu  convaincre;  le  Catalogue  général  des  monnaies  gauloises  devint  le 
Catalogue  des  monnaies  gauloises  de  la  Bibliothèque  nationale;  on  laissa 
de  côté  V Atlas,  qui  ne  concordait  plus  avec  le  nouveau  plan  ;  on  décida 
que,  lorsque  ce  serait  possible,  on  publierait  un  second  volume  de  cata- 
logue consacré  aux  pièces  étrangères  au  Cabinet  de  France.  Ce  projet 
risque  fort,  faute  de  travailleurs  de  bonne  volonté,  de  ne  pas  être  réa- 
lisé de  longtemps. 

En  résumé,  le  Cabinet  des  médailles  de  France  y  a  gagné  d'avoir  un 
Catalogue  de  ses  richesses,  augmenté  de  nombreuses  pièces  qui  ne  font 
pas  partie  de  ses  collections,  et  cela  sans  qu'il  lui  coûtât  de  sacrifices 
pécuniaires.  Ensuite,  il  fut  reconnu  que  l'Atlas  était  le  complément 
nécessaire  du  Catalogue,  et  on  se  décida  à  le  mettre  à  la  disposition  du 
public,  qui  peut  ainsi  se  servir  d'un  ensemble  de  planches  telles  qu'il 
n'en  avait  pas  rêvé  jusqu'à  ce  jour. 

Il  n'était  pas  inutile,  je  crois,  de  faire  l'histoire  de  cet  ouvrage,  si 
facile  à  consulter  aujourd'hui  grâce  à  M.  de  la  Tour,  et  d'expliquer 
l'incohérence  qu'il  présente  et  à  laquelle  il   fallait    apporter  remède. 


BIBLIOGRAPHIE.  ^57 

Je  m'empresse  de  reconnaître  que  M.  de  la  Tour  a  réussi  au  delà  de 
toute  espérance. 

Muret,  qui  connaissait  mieux  que  personne,  par  suite  d'une  longue 
pratique,  la  numismatique  ancienne,  manquait  de  l'expérience  néces- 
saire pour  rétablissement  d'un  livre.  Dans  le  Catalogue  comme  dans 
V Atlas,  les  divisions  et  les  subdivisions  manquent  de  méthode;  les  titres 
des  chapitres  et  leur  distribution  laissent  le  lecteur  dans  un  vague 
regrettable  ;  l'ordre  même  des  matières  est  absent  ;  on  n'a  suivi  ni  un 
plan  historique  ni  un  plan  géographique.  Il  semble  que,  cédant  à  une 
illusion  qui  égarait  les  curieux  il  y  a  quelques  années,  on  ait  tenu  à 
attribuer  toutes  les  monnaies  connues  à  chacun  des  peuples  cités  par 
les  textes.  Hélas!  à  cette  heure  encore,  nous  ne  devons  pas  tenter  une 
pareille  tâche.  Quelque  nombreuse  que  soit  l'énumération  des  peuples 
gaulois  mentionnés  par  les  historiens  et  par  les  géographes,  nous  sommes 
loin  de  les  connaître  tous,  et,  si  nous  savions  leurs  noms,  il  faudrait, 
au  préalable,  écarter  ceux  qui  avaient  disparu  lorsque  l'usage  de  la 
monnaie  s'établit  en  Gaule.  Entre  le  Rhin,  l'Océan  et  les  Pyrénées,  il 
y  eut,  pendant  plusieurs  siècles,  un  mouvement  de  peuples  et  de  tri- 
bus comparable  aux  vagues  de  la  marée  montante;  je  crains  fort  que 
parmi  toutes  ces  attributions  il  n'y  en  ait  plus  d'une  qui  soit  proposée 
en  faveur  de  peuplades  qui,  ayant  depuis  longtemps  reculé  devant  l'in- 
vasion, étaient  disparues  ou  absorbées  par  les  nouveaux  venus  lorsque 
le  monnayage  apparut. 

J'ai  insisté  sur  les  critiques  à  faire  au  Catalogue  et  à  l'Atlas  des  mon- 
naies gauloises  afin  de  prémunir  le  lecteur  à  l'occasion  de  certains 
détails  qui  pourraient  lui  faire  oublier  que  ce  recueil  a  une  grande 
valeur  scientifique  comme  instrument  de  travail,  surtout  depuis  que 
M.  de  la  Tour  a  fourni  les  moyens  de  le  consulter  utilement. 

A.  DE  Barthélémy. 

BcEHMER.  Regesta  imperii.  II.  Die  Regesten  des  Kaiserreichs  unter 
den  Herrschern  aus  dem  sxchsischen  Hause  (9l9-i02iJ,  nach 
Johann  Friedrich  Bœhmer,  neu  bearbeitet  von  Emil  von  Otten- 
THAL.  Erste  Lieferung.  Innsbruck,  Wagner,  4  893.  In-/*",  252  pages. 

Le  fascicule  des  Regesta  publié  par  M.  E.  von  Ottenthal  comprend  les 
règnes  de  Henri  I"  (919-936)  et  d'Otton  I"  (936-973).  Il  suffit  de  l'an- 
noncer, car  les  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  con- 
naissent le  plan  de  la  nouvelle  édition  des  Regesta,  à  la  fois  catalogue 
d'actes  et  itinéraire  annalistique  des  empereurs.il  est  superflu  de  démon- 
trer l'utilité  de  pareilles  publications,  ce  serait  prêcher  des  convertis. 
Nous  ferons  cependant  remarquer  que,  tandis  que  ce  fascicule  com- 
prend 252  pages,  la  partie  correspondante  de  la  première  édition,  don- 
née en  1831,  n'en  comptait  que  19  :  c'est  marquer  l'importance  de 


•158  BIBLIOGRAPHIE. 

l'œuvre  de  M.  E.  von  Ottenthal.  On  ne  diminuera  pas  son  mérite  en 
constatant  le  puissant  secours  qu'il  a  reçu  de  la  publication,  dans  les 
Monumenla,  des  diplômes  d'Otton  I^"",  car  lui-même  a  collaboré  à  cette 
publication.  Même  pour  ceux  qui  limitent  leurs  recherches  à  l'histoire 
de  France,  ce  fascicule  des  Regesta  sera  un  instrument  indispensable  : 
un  grand  nombre  de  paragraphes  sont  relatifs  à  la  Lorraine,  sans 
compter  qu'au  x«  siècle  les  nationalités  française  et  germanique  s'étaient 
trop  récemment  dégagées  de  l'unité  de  l'empire  franc  pour  que  les  rela- 
tions entre  elles  ne  fussent  pas  étroites  et  continuelles,  si  bien  qu'au 
regard  des  événements  politiques  comme  au  regard  des  institutions 
l'on  ne  saurait  séparer  l'histoire  des  derniers  Carolingiens  de  celle  des 
princes  de  la  maison  de  Saxe.  M.  E.  von  Ottenthal  et  M.  Ferdinand 
Lot  se  sont  donc  rencontrés  à  plusieurs  reprises  sur  le  même  terrain. 
Et,  comme  le  livre  de  notre  confrère,  les  Derniers  Carolingiens,  est  le 
résultat  d'une  étude  approfondie  et  critique  des  documents,  nous 
n'avons  pas  été  surpris  de  voir  le  savant  allemand  adopter  la  plupart 
de  ses  conclusions,  j'entends  celles  qui  sont  relatives  à  la  chronologie, 
car,  juger  les  hommes  et  les  choses,  l'auteur  des  Begesla  n'avait  point  à 
le  faire.  Comparez  §  274  des  Regesta  et  Lot,  p.  26  ;  §  289  d.  et  p.  31  ; 
§  317  et  p.  39,  etc.  Maurice  Prou. 

Le  Compte  du  clos  des  galées  de  Rouen  au  XfV^  siècle  (1382-1384), 
recueilli  par  René  Le  Bodrdellès,  docteur  en  droit,  procureur  de 
la  République  à  Redon,  publié  et  annoté  par  Charles  Bréard. 
Rouen,  Gagniard,  -1893.  In-8°,  U9  pages.  (Extrait  de  la  deuxième 
série  des  Mélanges,  publiés  par  la  Société  de  l'histoire  de  Nor- 
mandie; Rouen,  ^893.  In-S",  403  pages.) 

Au  commencement  de  l'année  dernière,  M.  Le  Bourdellès  avait  la 
bonne  fortune  de  découvrir  au  greffe  du  tribunal  civil  de  Redon  et  dans 
diverses  mairies  de  l'arrondissement,  entre  autres  pièces  d'archives 
anciennes,  16  feuillets  de  parchemin,  qui  servaient  de  couvertures  à 
des  cahiers  d'état  civil  de  l'an  III  et  dont  il  eut  vite  fait  de  reconnaître 
l'importance  historique  exceptionnelle.  Ces  feuillets  renfermaient,  en 
effet,  un  compte  du  «  clos  des  galées  du  Roy  lez  Rouen,  »  rendu  par  le 
maître  et  gouverneur  dudit  clos,  Jehan  Champenois,  de  1382  à  1384. 
C'est  ce  document  que  vient  de  publier  M.  Charles  Bréard,  avec  la 
science  d'un  érudit  et  la  compétence  d'un  spécialiste. 

Une  excellente  introduction  de  M.  Bréard  résume  avec  clarté  et  met 
bien  en  relief  les  principaux  points  du  compte,  lequel  comprend  deux 
parties  :  1'  les  recettes  et  dépenses,  de  1382  à  1384;  2°  une  suite  d'in- 
ventaires, faisant  mention  des  navires  et  des  approvisionnements  qui 
se  trouvaient  réunis  à  Rouen,  à  Ilarfleur  et  à  Honfleur,  en  1384,  lors 
de  la  clôture  de  la  gestion  de  Jehan  Champenois. 


BIBLIOG&APHIE.  -159 

«  Cette  seconde  partie,  dit  M.  Bréard,  offrira  des  renseignements 
nouveaux  sur  le  personnel  et  l'organisation  des  services  de  l'arsenal  de 
Rouen,  sur  son  chantier  de  constructions  navales,  sur  la  voilure,  la 
mâture,  les  agrès,  les  manœuvres  de  toute  espèce  qui  servaient  aux 
galères  et  aux  barges,  sur  les  bois,  les  mâts,  fers,  toiles,  cordages, 
engins,  munitions  que  les  navires  y  recevaient  des  magasins  du  roi, 
sur  les  armes  de  jet  (arbalètes)  destinées  aux  équipages  et  sur  les  traits 
(viretons)  employés  pour  ces  armes,  en  un  mot  sur  les  ressources  du 
clos  des  galées  pour  construire,  caréner,  radouber,  armer  et  équiper 
une  division  navale  composée  de  bâtiments  de  guerre,  de  bâtiments  de 
transport  et  de  barques  légères  chargées  de  la  police  du  littoral.  » 

Grâce  au  dépôt  que  M.  Le  Bourdellès  a  bien  voulu  faire  de  sa  précieuse 
trouvaille  aux  Archives  départementales  d'Ille-et- Vilaine,  nous  avons 
pu  collationner  la  copie  de  M.  Bréard  avec  les  feuillets  originaux,  et 
nous  nous  plaisons  à  reconnaître  que  la  lecture  en  a  été  généralement 
très  bonne.  La  sagacité  de  l'éditeur  a  su  rétablir  nombre  de  mots  quasi- 
effacés  ou  rognés  par  la  main  barbare  du  relieur  et  corriger  plus  d'une 
bévue  échappée  au  rédacteur  du  compte. 

Après  un  examen  minutieux,  nous  proposerions  les  quelques  recti- 
fications suivantes  : 

Page  17,  note  1,  au  lieu  de  curate  apporlata,  lire  curie  apportata, 
comme  à  la  page  43. 

Page  20,  ligne  5,  au  lieu  de  fourny,  lire  fouy.  Il  s'agit  d'un  pionnier 
qui  creuse  un  siège  pour  une  barge. 

Page  50,  ligne  6  (bas),  au  lieu  de  madrets,  lire  madiers,  nom  ancien 
des  varangues  (Jal,  Glossaire  nautique). 

Page  59,  ligne  10,  au  lieu  de  pentons  à  poullies,  lire  pentoirs  à  poullies. 

Page  63,  ligne  5  (bas),  au  lieu  de  pies  de  chienne  de  fer,  lire  pies  de 
chièvre  de  fer,  comme  à  la  page  100. 

Page  67,  ligne  7,  au  lieu  de  bones  tarelles,  lire  loncs  tarelles,  par  oppo- 
sition aux  petites  tarelles  mentionnées  immédiatement  après. 

Page  75,  ligne  4  (bas),  au  lieu  de  pouques  de  la  calengue,  lire  porques 
de  la  calengue. 

Page  82,  ligne  10  (bas)  et  page  84,  ligne  6  (bas),  au  lieu  de  coites, 
lire  coués,  sans  doute  pour  couets,  escouets  (amures). 

Pages  97,  98,  100,  notes,  au  lieu  de  Jehennequus,  lire  Jehennequinus; 
forme  latine  du  prénom  de  J.  Champenois. 

Plusieurs  autres  mots  nous  semblent  douteux  :  guches  (p.  96),  caril- 
lons (p.  100),  abomrée  (p.  106),  etc.? 

Enfin,  soit  oubli,  soit  système,  l'apostrophe  et  l'accent  aigu  ont  été 
omis  plusieurs  fois,  ce  qui  pourrait  donner  lieu  à  fausse  interprétation  : 
Taîine  sur  Carente,  pour  Tanné  ou  Tonnay  (p.  38),  darain  pour  d'arain 
(p.  62),  tambres  pour  tambrés  ou  étambrais  (p.  76),  etc. 

Ces  légères  imperfections,  hâtons-nous  de  le  dire,  n'enlèvent  rien  au 


460  BIBLIOGRAPHIE. 

mérite  et  à  l'intérêt  d'une  publication  qui  fait  grand  honneur  à  M.  Le 
Bourdellès  et  à  M.  Bréard.  Un  appendice  de  32  pièces  inédites,  tirées 
de  la  Bibliothèque  nationale,  complète  heureusement  le  compte  du 
clos  des  galées.  Mais  on  nous  permettra  de  regretter  l'absence  d'un 
glossaire,  qui  eût  singulièrement  facilité  l'intelligence  d'une  foule  de 
termes  de  la  vieille  langue  nautique,  à  physionomie  souvent  normande, 
dont  ce  texte  est  rempli. 

Paul  Parfouru. 

V Armée  anglaise  vaincue  par  Jeanne  (VArc  sous  les  murs  cTOrléans^ 
par  M.  Boucher  de  Molandox  et  le  baron  Adalbert  de  Beadcorps. 
Orléans,  H.  Herluison;  Paris,  L.  Baudoin,  4  892.  In-S^SU  pages. 
(Extrait  des  Mémoires  de  la  Société  archéologique  et  historique 
de  l'Orléanais,  t.  XXIII.) 

L'œuvre  que  M.  Boucher  de  Molandon,  avec  l'association  dévouée 
de  M.  Adalbert  de  Beaucorps,  a  pu  voir  achevée  avant  la  fin  d'une  car- 
rière vouée  au  culte  du  plus  haut  épisode  de  l'histoire  ancienne  de  la 
France',  est  le  résultat  de  patientes  recherches,  entreprises  de  longue 
date  et  depuis  lors  toujours  poursuivies  sans  relâche.  Les  documents 
édités  dans  ce  recueil  étaient  déjà  réunis  dès  1876  et  communiqués  à  la 
Société  dont  ils  composent  aujourd'hui  une  des  plus  importantes  publi- 
cations2;  l'étude  qui  les  précède  faisait  dès  1878  l'objet  d'une  lecture 
au  congrès  annuel  des  Sociétés  savantes  3.  Des  scrupules  aussi  hono- 
rables que  peut-être  excessifs  en  avaient  seuls  retardé  jusqu'ici  la  mise 
au  point  définitive.  Tout  désignait  cependant  l'érudit  historien  Orléa- 
nais pour  l'exécution  intégrale  d'une  œuvre  devenue  sienne. 

Le  blocus  d'Orléans,  —  ou,  pour  parler  plus  exactement,  les  opéra- 
tions engagées  autour  d'Orléans,  —  d'octobre  1428  à  mai  1429,  offrent 
une  de  ces  importances  qu'il  serait  oiseux  de  définir.  L'organisation  de 
l'armée  assiégeante  en  représente  un  des  sujets  d'étude  les  plus  essen- 
tiels et  l'un  de  ceux  autour  desquels  la  critique  s'est  depuis  le  plus 

1.  La  dernière  publicatioo  de  M.  Boucher  de  Molandon  était  encore  consa- 
crée à  un  point  de  l'histoire  de  la  délivrance  d'Orléans.  {Inauguration  d'une 
croix  commémorative  du  passage  et  du  séjour  de  Jeanne  d'Arc  à  Chécy, 
24  avril  1892. —  Bulletin  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléa- 
nais, t.  X,  n°  148,  2=  trim.  de  1892,  p.  203-207.) 

2.  Séance  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléanais  du  24  no- 
vembre 1876.  {Bulletin  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléanais, 
t.  VI,  n"  91,  4=  trim.  de  1876,  p.  364.) 

3.  Seizième  réunion  des  délégués  des  Sociétés  savantes  à  la  Sorbonne,  séance 
du  27  avril  1878,  compte-rendu  des  lectures  faites  à  la  section  d'histoire  et  de 
philologie  dans  sa  séance  du  26  avril.  {Revue  des  Sociétés  savantes  des  dépar- 
tements, 6'  série,  t.  VU,  l"  sem.  de  1878,  p.  227-229.) 


BIBLIOGRAPHIE.  •(6'i 

longtemps  exercée.  C'est  à  dégager  ce  point  que  se  sont  attachés  les 
auteurs,  sans  entrer  dans  le  détail  d'opérations  connues  sur  lesquelles 
bien  peu  de  faits  nouveaux  semblent  encore  à  découvrir.  Le  corps  de 
documents  qu'ils  présentent  aujourd'hui  au  public,  avec  l'étude  qui  le 
résume  et  l'éclairé,  contient  certainement  tous  les  renseignements  et  tous 
les  résultats  dont  puisse  s'enrichir  l'histoire  sur  ce  complexe  et  capti- 
vant chapitre. 

Les  cent  quatorze  documents  publiés  par  MM.  de  Molandon  et  de 
Beaucorps  (p.  209-301)  sont  tirés  presque  en  entier  de  ces  anciennes 
archives  de  la  Chambre  des  comptes,  dont  les  épaves,  actuellement 
disséminées  parmi  tant  de  classements  divers  de  nos  grands  dépôts 
pubUcs,  composent  encore  le  principal  aliment  des  ventes  et  des  trou- 
vailles particulières.  Les  dépôts  d'Angleterre  en  ont  ainsi  recueilli  une 
certaine  quantité,  directement  ou  par  la  voie  des  collections  dont  ils  se 
sont  enrichis.  Il  convient  toutefois  de  ne  s'en  exagérer  ni  le  nombre  ni 
la  valeur.  Loin  d'avoir  conservé,  par  voie  de  versements  administratifs 
remontant  à  l'époque  de  la  conquête  ou  de  l'expulsion,  la  masse  princi- 
pale des  pièces  composant  la  comptabilité  officielle  de  l'époque, — comme 
le  veut  encore  de  nos  jours  la  légende  persistante  en  tant  de  villes  de  nos 
provinces  françaises,  où  la  mystérieuse  Tour  de  Londres  passe  généra- 
lement pour  receler  tous  les  documents  relatifs  à  l'occupation,  —  les 
archives   anglaises   n'en   détiennent   qu'une   proportion   relativement 
faible,  réunie  au  hasard  des  acquisitions  partielles  ou  des  accroisse- 
ments provenant  de  l'assimilation  de  certaines  grandes  collections  pri- 
vées. M.  Baguenault  de  Puchesse  avait  récemment  signalé  une  quinzaine 
d'actes  de  ce  genre  se  rapportant  aux  événements  d'Orléans,  contenus 
dans  divers  fonds  du  British  Muséum  ^.  Les  auteurs  du  présent  ouvrage 
(voy.  pièce  7,  p.  220,  n.  1)  en  ont,  en  outre,  recueilli  plusieurs  autres. 
Leur  total  équivaut  à  peine  au  nombre  des  pièces  tirées  de  la  collection 
personnelle  de  M.  de  Molandon.  Quoi  qu'il  en  soit  d'ailleurs,  et  quelle 
qu'ait  été  leur  provenance  actuelle,  les  documents  qui  font  l'objet  de 
cette  publication  sortent  tous  du  même  groupement  initial,  qui,  jadis,  en 
eût  si  singulièrement  facilité  la  consultation,  devenue  actuellement 
œuvre  de  pénibles  recherches  et  de  spéciale  patience. 

Ils  consistent  en  montres  d'armes,  contrôles,  quittances,  endentures, 
lettres  de  garant,  identiques  aux  documents  publiés  en  corps  par 
M.  Siméon  Luce  sur  l'invasion  étrangère  en  basse  Normandie,  et  dont 
il  n'est  pas  un,  ainsi  que  le  formulait  si  exactement  la  préface  de  la 
Chronique  du  Mont-Saint-Michel,  «  qui  n'apporte  quelque  fait  nouveau 
ou  ne  rectifie  quelque  erreur  accréditée  ».  La  plupart  se  rapportent  aux 
événements  d'Orléans  même,  et  représentent  le  contrôle  permanent, 

1.  Bulletin  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  l'Orléanais,  t.  IX, 
n"  137,  3"  et  4«  trim.  de  1888,  p.  307-308. 

4894  44 


^&2  BIBLIOGRAPHIE. 

le  commentaire  détaillé  du  chapitre  spécialement  consacré  au  siège 
dans  le  compte  septième  de  Pierre  Surreau,  receveur  général  des 
finances  de  Normandie,  compte  conservé  comme  l'on  sait  et  savamment 
analysé  par  M.  Gti.  de  Beaurepaire,  dans  son  étude  de  l'Administration 
de  la  Normandie  sous  la  domination  anglaise  aux  années  ik2k,  ik2o  et 
1^29.  Un  certain  nombre  d'autres  pièces  ont  trait  à  l'organisation  géné- 
rale de  l'armée  et  de  l'administration  civile  dans  le  pays  conquis.  Je 
veux  bien  que  ces  dernières  soient  choisies  comme  type;  mais  devaient- 
elles  figurer  dans  une  publication  exclusivement  consacrée  à  l'histoire 
orléanaise?  Est-ce  avec  quelques  actes  détachés  qu'on  peut  espérer 
tracer  un  tableau  complet  de  ce  que  fut  l'occupation  anglo-saxonne  en 
Normandie?  On  serait  donc  en  droit  d'estimer,  sous  ce  rapport,  que  c'est 
trop  ou  trop  peu.  Quant  aux  documents  uniquement  relatifs  aux  opé- 
rations engagées  sous  Orléans,  le  fait  d'avoir  réussi  à  les  grouper  presque 
tous  donne  à  chacun  d'eux  un  intérêt  extrême.  Chaque  corps  de  troupe 
est  ainsi  suivi  pas  à  pas,  avec  ses  diminutions  et  ses  accroissements 
d'effectif,  ses  mutations  dans  le  commandement  et  dans  les  cadres.  L'ori- 
gine de  chaque  détachement  est  exactement  établie,  et  l'enverra  tout  à 
l'heure  quelle  curieuse  observation  il  y  a  lieu  d'en  tirer.  Une  somme 
considérable  de  notions  précises  et  indiscutables  est  acquise  sur  tous 
les  capitaines  de  cette  armée  si  bizarrement  morcelée.  Enfin,  il  est 
vraiment  émouvant  de  trouver  ainsi  recueillis  en  bloc,  en  dépit  de  leur 
sécheresse,  de  leur  style  administratif  et  de  leur  technique  financière, 
les  actes  et  les  pièces  dont  la  teneur  fit  agir  et  se  mouvoir  une  armée 
«  historique  »  entre  toutes,  et  sur  laquelle  les  conditions  de  sa  défaite 
doivent  attirer  plus  spécialement  l'observation  et  l'analyse. 

L'étude  à  laquelle  ces  documents  servent  de  base  (p.  1-208)  comprend 
une  introduction  (p.  3-19)  et  sept  chapitres. 

Le  premier  {État  général  des  forces  atiglaises),  et  le  septième  {Finances 
et  administration)^  qui  pourraient  plutôt  se  faire  suite,  sont  consacrés  à 
l'examen  de  l'organisation  implantée  par  le  gouvernement  anglais  dans 
le  pays  occupé. 

MM.  de  Molandon  et  de  Beaucorps  en  relèvent  les  principaux  traits, 
qui  se  rapportent  à  l'administration  militaire,  à  la  levée  et  à  l'entretien 
des  troupes.  Ils  signalent  l'incroyable  instabilité  du  commandement 
supérieur,  je  ne  veux  pas  parler  du  commandement  des  places,  où  la 
fixité  est  au  contraire  beaucoup  plus  exactement  observée.  Une  autre 
très  juste  observation  porte  sur  cet  étonnant  cumul  des  fonctions  rélri- 
buables,  qui  fait  qu'  «  un  Anglais  de  marque  semble  partout  à  la  fois  » 
(p.  35),  capitaine  d'une  grande  ville,  de  quatre  ou  cinq  forteresses  de 
moindre  importance,  membre  du  Grand  Conseil  ou  du  Conseil  de  Nor- 
mandie, pourvu  de  charges  auprès  du  roi  ou  du  régent,  investi  par-dessus 
le  tout  de  quelque  grand  commandement  régional.  Un  commentaire 
judicieux  est  également  consacré  à  la  proportion  relative  des  hommes 


BIBLIOGRAPHIE.  -163 

d'armes,  montés  ou  à  pied,  et  des  archers,  presque  toujours  employés 
dans  le  rapport  de  1  à  3.  Il  est  absolument  exact  que  l'expression  cons- 
tamment usitée  dans  les  documents  anglais  :  «  et  les  archers  »,  ou  bien 
encore  :  «  les  archers  à  l'afférent  »,  désigne,  sans  besoin  d'autre  indica- 
tion complémentaire,  le  nombre  de  trois  archers  pour  un  homme  d'armes. 
Quant  à  la  composition  de  la  lance,  au  moins  dans  la  troupe  anglaise, 
les  auteurs  auraient  pu  se  montrer  plus  affirmatifs  encore.  Il  ressort 
évidemment  de  l'alinéa  intitulé  :  «  Composition  de  la  lance  et  de  l'ar- 
cher étoffé  »  (§  4  du  chap.  i),  que  l'homme  d'armes  d'outre-Manche 
n'entretenait  pas  «  d'autre  auxiliaire  qu'un  page  »,  qu'il  faut  d'ailleurs 
considérer  comme  un  non-combattant.  Mais  l'occasion  était  bonne  pour 
poser  définitivement  en  principe  que  le  mot  lance,  à  cheval  ou  à  pied, 
dans  la  troupe  anglaise,  signifie  simplement  un  individu,  une  unité 
humaine  de  combat,  et  qu'en  employant  par  exemple  l'expression  de 
cent  lances,  les  contemporains  entendent  signifier  cent  hommes,  tous 
armés  d'une  lance,  quantité  valide  et  effective,  au  sens  où  l'on  dirait 
aujourd'hui  cent  sabres  ou  cent  fusils.  Les  dénombrements  plus  ou 
moins  fantastiques  auxquels  a  pu  prêter  une  certaine  confusion  qui 
semble  inhérente  à  cette  question,  —  dénombrements  auxquels  MM,  de 
Molandon  et  de  Beaucorps  ne  se  sont,  il  faut  le  reconnaître,  nullement 
prêtés,  —  ont  fait  leur  temps.  Et  même  dans  la  troupe  française,  jus- 
qu'à l'époque  de  l'application  des  ordonnances  de  1439  et  de  1446,  nous 
permettra-t-on  le  plus  extrême  scepticisme  sur  le  chiffre  des  servants 
effectifs  de  la  légendaire  la?ice  fournie. 

Les  chapitres  ii  à  v  sont  consacrés  à  la  discussion  de  la  composition 
et  de  l'effectif  total  de  l'armée  dirigée  contre  Orléans.  [Armée  de  Salis- 
bury;  Première  phase  du  siège  d'Orléans;  Deuxième  phase  du  siège  d'Or- 
léans; Détachements  et  contingents  féodaux  tirés  de  la  Normandie  et  du 
pays  de  conquête.) 

La  base  de  cette  armée  était  constituée  par  le  corps  de  troupes  amené 
d'Angleterre  sous  la  conduite  du  comte  de  Salisbury,  lequel  devait 
comprendre,  en  principe,  600  hommes  d'armes  et  1,800  archers,  avec 
faculté  de  remplacer,  jusqu'à  concurrence  de  200  hommes  d'armes,  un 
de  ces  derniers  par  trois  archers,  ce  qui,  en  réalité,  en  amena  l'effectif 
combattant  au  chiffre  de  450  lances  et  2,250  archers.  Vendenture  rela- 
tive au  rassemblement  de  ces  troupes,  connue  depuis  longtemps  par 
Rymer  et  rééditée  par  Stevenson,  est  datée  du  24  mars  1428,  et  l'em- 
barquement de  ce  premier  corps  d'armée,  le  30  juin,  auprès  de  Douvres, 
ne  prête  à  aucune  discussion.  A  ce  fond  primitif  vient  s'ajouter,  en 
exécution  de  lettres  au  nom  de  Henry  YI,  en  date  du  24  juin,  un  autre 
corps  de  400  lances  et  de  1,200  archers  correspondants,  rassemblement 
important,  dont  les  travaux  de  M.  Gh.  de  Beaurepaire,  toujours  exacte- 
ment consultés  par  les  auteurs,  ont  vérifié  l'existence.  MM.  de  Molan- 


164  BIBLIOGRAPHIE. 

don  et  de  Beaucorps  caractérisent  avec  raison  cette  seconde  armée,  en 
remarquant  qu'elle  ne  consistait  point  en  «  une  grosse  unité  »,  mais 
en  «  plusieurs  corps  avec  divers  capitaines  n'ayant  d'autre  lien  que 
d'être  ensemble  sous  le  commandement  supérieur  de  Salisbury  »  (p.  54)« 
Un  des  documents  les  plus  intéressants  de  la  publication  est  celui 
(Pièces  justif.,  n°  3)  qui  contient  le  texte  même  des  lettres  de  Henry  VI, 
relatives  à  la  formation  de  cette  colonne,  et  dont  moitié  devait  être 
payée  sur  les  finances  de  Normandie,  moitié  sur  celles  de  France.  Ce 
second  corps  de  troupes,  passé  en  revue,  selon  la  provenance  de  ses 
contingents,  à  Yernon  et  à  Poissy,  le  15  juillet,  prit  part,  avec  les 
levées  amenées  d'Angleterre  par  le  comte  de  Salisbury,  à  toutes  les 
premières  opérations  de  la  campagne.  L'armée  d'invasion  qui  se  mit 
en  marche  vers  la  Loire,  en  août  1428,  comptait  donc  sur  le  papier,  en 
tenant  compte  des  interversions  facultatives  opérées  par  Salisbury, 
850  lances  et  3,450  archers,  en  tout  4,300  combattants. 

Je  ne  pense  pas  qu'il  faille  ajouter  à  ce  chiffre  les  petits  détachements 
tirés  des  places  de  Normandie,  qu'on  voit  apparaître,  vers  novembre 
ou  décembre  seulement,  dans  les  rangs  de  l'armée  assiégeante  (Pièces 
justif.,  nos  19  à  24,  56  à  59,  64,  66,  82).  MM.  de  Molandon  et  de  Beau- 
corps  estiment  qu'ils  ne  servirent  qu'à  convoyer  les  vivres,  les  finances 
et  les  munitions  (p.  94-96,  107-110,  131-132),  si  ce  n'est  à  combler  les 
vides,  hypothèse  qui  justifierait  amplement  leur  présence  sous  les  murs 
d'Orléans.  Ces  détachements  isolés,  dont  les  documents  publiés  par  les 
auteurs  établissent  avec  précision  l'origine,  tirés,  entre  bien  d'autres, 
de  Rouen,  Château-Gaillard,  Pont-de-l'Arche,  Pontorson,  Saint-Lô, 
Coutances,  comptant  depuis  un  homme  d'armes  et  trois  archers  jusqu'à 
vingt  hommes  d'armes  et  soixante  archers,  représentent  autant  de  pré- 
lèvements opérés  sur  les  garnisons  anglaises.  Sur  celle  de  Pontorson, 
par  exemple,  place  démolie,  il  est  vrai,  quelques  mois  plus  tard,  en  juil- 
let 1429,  et  peut-être  déjà  moins  bien  gardée,  cette  formation  de  marche 
(Pièces  justif.,  n»  82,  20  hommes  d'armes  et  les  archers)  atteint  jusqu'au 
quart  de  la  garnison  normale  (80  hommes  d'armes  et  les  archers^).  Ce 
qu'il  faut  remarquer  en  outre,  c'est  que  ce  système  des  «  petits  paquets  », 
comme  on  le  définirait  de  nos  jours,  ne  fut  pas  une  exception  réservée 
au  siège  d'Orléans.  Le  procédé  paraît  au  contraire  avoir  été  d'emploi 
méthodique  et  courant  dans  la  tactique  anglaise,  non  seulement  pour 
les  entreprises  de  quelque  durée  et  de  quelque  importance,  comme  le 
siège  de  Pontorson  en  1427,  de  Ghàteau-Gaillard  en  1430,  de  Louviers 
en  1431,  de  Saint-Denis  en  1435,  mais  encore  pour  des  opérations  de 
bien  moindre  intérêt,  dont  les  chroniques  ont  à  peine  conservé  trace  : 

1.  Siméoa  Luce,  Chronique  du  Mont-Saint- Michel,  t.  1,  p.  283-284,  Pièces 
juslif.,  n°  105. 


BIBLIOGRAPHIE.  ^65 

tel ,  entre  autres ,  ce  siège  de  la  bicoque  de  Farcheville  auprès 
d'Étampes^,  en  janvier  1428,  auquel  figurent  des  détachements  tirés  des 
garnisons  de  Vire  et  de  Falaise  2. 

S'il  ne  convient  pas  de  faire  entrer  en  ligne  de  compte  ces  groupements 
singuliers,  il  y  a  lieu  toutefois  de  joindre  aux  4,300  combattants  qui 
viennent  d'être  spécifiés  le  montant  d'un  renfort  spécial,  qui,  sur  la 
durée  de  près  d'un  mois  de  service,  en  avril  1429,  rallia  quelque  temps 
les  bords  de  la  Loire.  Il  se  composait  des  contingents  féodaux  du  duché 
de  Normandie  et  du  pays  de  conquête,  convoqués  à  Vernon,  le  29  mars 
1429  :  ce  corps,  dont  les  études  de  M.  Gh.  de  Beaurepaire  ont  reconnu 
l'identité,  et  sur  lequel  les  auteurs  publient  d'intéressants  documents 
(Pièces  justif.,  no^98  à  104),  put  s'élever  jusqu'à  200  lances  et  600  archers. 

Resterait  à  déterminer  le  contingent  fourni  par  le  duc  de  Bourgogne, 
signalé  et  évalué,  seulement  à  l'occasion  du  départ  de  ces  troupes,  par 
le  Journal  du  siège  :  ce  dernier  texte  mentionne,  à  la  date  du  17  avril 
1429,  la  retraite  d'environ  1,500  Bourguignons,  dont  l'absence  affaiblit 
d'autant  l'armée  assiégeante.  Cet  effectif  n'étant  pas  spécifié  plus  exac- 
tement, on  se  voit  obligé  de  s'en  tenir  à  cette  appréciation  assez  vague. 

Le  total  de  tous  ces  corps  de  troupes  réunis  porte  le  nombre  des  sol- 
dats expédiés  par  le  gouvernement  anglais  vers  les  rives  de  la  Loire, 
au  plus  fort  des  opérations  sous  Orléans,  à  6,600  hommes  environ,  en 
compensant  les  morts  et  les  blessés  par  les  renforts  dont  l'origine  vient 
d'être  établie,  et  dans  la  catégorie  desquels  il  faut  comprendre  cette 
colonne  de  500  Anglais  formant  l'escorte  du  célèbre  convoi  des  Harengs, 
qui  vint  s'encadrer  dans  les  rangs  de  l'armée  assiégeante,  au  témoi- 
gnage combiné  de  Monstrelet  et  du  Bourgeois  de  Paris.  Des  considéra- 
tions techniques  amènent  les  auteurs  à  penser  que  la  simple  garde  des 
bastilles  comportait  au  moins  5,000  hommes.  Après  le  départ  des  Bour- 
guignons, l'armée  d'investissement  ne  compta  guère  davantage. 

On  se  trouve  ainsi  loin  des  évaluations  auxquelles  avait  prêté  la  Chro- 
nique de  la  Pucelle,  demeurée  si  longtemps  le  principal  élément  d'appré- 
ciation connu,  et  qui  portait  la  force  de  l'armée  anglaise  à  10,000  hommes 
à  la  fin  de  l'année  1428.  Sans  se  fier  à  cette  affirmation,  des  supputations 
ingénieuses  avaient  déjà  plus  d'une  fois  essayé  de  reconstituer  l'effectif 
réel  des  troupes  assiégeantes.  Le  premier  historien  critique  du  Siège, 
Jollois,  dont  les  sagaces  conclusions  ont  fixé  tant  de  points  douteux  de 
cette  campagne  décisive  3,  avait  ainsi  relevé  les  arrivées  successives  de 


1.  Farcheville,  sur  le  plateau  entre  l'Essonne  et  la  Juine,  sur  le  territoire  de 
la  commune  de  Bouville,  Seine  et-Oise,  cant.  d'Élampes. 

2.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  25768,  n»'  269  et  270. 

3.  Histoire  du  siège  d'Orléans,  1833.  —  Lettre  à  MM.  les  membres  de  la 
Société  des  Antiquaires  de  France  sur  l'emplacement  du  fort  des  Tourelles  de 
l'ancien  pont  d'Orléans,  1834. 


^66  BIBLIOGRAPHIE. 

colonnes  anglaises  signalées  par  le  Journal,  et,  le  contingent  bourgui- 
gnon mis  à  part,  était  parvenu  au  chiffre  de  9,440  combattants *,  qu'a 
depuis  adopté  M.  Wallon,  dans  son  Histoire  de  Jeanne  d'Arc^. 

Dans  un  mémoire  plus  récent,  M.  Vergnaud-Romagnesi^,  partant 
d'un  mode  d'évaluation  différent,  celui  des  pertes  subies  par  les  assié- 
geants, arrivait  à  réduire  le  total  du  corps  de  blocus  à  4,000  hommes, 
au  moment  de  l'apparition  de  Jeanne  d'Arc*.  Depuis,  dans  une  autre 
étude,  M.  Mantellier^  a  le  premier  reconnu  et  publié  des  pièces  origi- 
nales relatives  aux  contingents  expédiés  devant  Orléans,  qui  mettaient 
sur  la  voie  de  tout  un  travail  nouveau  à  établir  sur  ces  bases  ^.  Il  sera 
désormais  établi  que  l'armée  anglaise,  au  fort  des  opérations,  ne  compta 
pas  plus  de  6  à  7,000  combattants  effectifs  présents  sous  les  murs 
d'Orléans. 

Après  avoir  relevé  que  le  choix  primitif  d'Angers  comme  point  d'at- 
taque de  la  ligne  de  la  Loire,  et  l'abandon  de  ce  projet,  resteront  toujours 
sans  doute  énigmatiques  (p.  25,  50,  55,  59  et  62),  MM.  de  Molandon  et 
de  Beaucorps  relatent  sommairement  la  marche  enveloppante  de  Salis- 
bury  et  les  événements  principaux  du  siège  :  les  combats  d'artillerie, 
les  effets  du  tir  anglais,  les  travaux  de  mine,  sont  l'objet  d'un  commen- 
taire approfondi  auquel  la  compétence  technique  de  l'un  des  collabora- 
teurs ajoute  un  indiscutable  intérêt.  Ajoutons  que  la  question  contro- 
versée du  commandement  supérieur  des  opérations  du  siège  après  la 
mort  de  Salisbury,  le  23  octobre,  est  définitivement  tranchée  (chap.  iv, 
§  2,  p.  111-116).  11  résulte  absolument  de  deux  des  documents  publiés 
(Pièces  justif.,  n°s  60  et  61)  que  cette  direction  suprême  fut  exercée 
simultanément  par  Suffolk,  Talbot  et  Scales.  Jeanne  d'Arc  avait  donc 
une  raison  péremptoire  de  leur  adresser  spécialement,  à  tous  trois,  l'in- 
jonction finale  de  la  célèbre  lettre  par  laquelle  elle  sommait  les  envahis- 
seurs d'avoir  à  vider  la  terre  de  France. 

Le  chapitre  vi  (Dépenses  pour  le  siège  d'Orléans)  est  un  court  exposé 
des  frais  nécessités  par  la  levée  de  l'armée  du  siège,  d'après  les  chiffres 
indiqués  dans  le  compte  analysé  par  M.  de  Beaurepaire,  ainsi  que  des 
expédients  financiers  du  gouvernement  anglais,  obligé  de  retenir  un 
trimestre  du  traitement  de  tous  ses  fonctionnaires  pour  en  affecter  le 

1.  Jollois,  Histoire  du  siège  d'Orléans,  chap.  i,  par.  vi,  p.  41-46.  Des  forces 
relatives  des  assiégés  et  des  assiégeants. 

2.  Jeanne  d'Arc,  t.  I,  livre  II,  \y.\xi.  ni,  p.  173,  et  App.  XXII,  p.  399-400. 

3.  Siège  d'Orléans  de  1429.  Mémoire  sur  les  dépenses  faites  par  les  Orléa- 
nais en  prévision  du  siège  et  pendant  sa  durée,  1861.  (Extrait  du  Bulletin  du 
Bouquiniste,  n"  96,  98,  99,  t.  VIII  et  IX,  déc.  1860  à  févr.  1861.) 

4.  Vergnaud-Romagnesi,  Mémoire  sur  les  dépenses...,  p.  12. 

5.  Histoire  du  siège  d'Orléans,  1867. 

6.  Mantellier,  Histoire  du  siège  d'Orléans,  p.  218-240,  Pièces  justif.,  n"  7, 

8,  n. 


BIBLIOGRAPHIE.  ^  67 

montant  au  budget  militaire  de  l'année.  A  cette  occasion  sont  publiés 
quelques  curieux  exemplaires  de  ces  mandements  individuels  de  rete- 
nue (Pièces  justif.,  n°^  105  et  106). 

Il  serait  improbable  qu'au  cours  d'une  étude  aussi  complexe  et  tou- 
chant à  tant  de  détails  et  d'individualités,  il  ne  se  rencontrât  ni  erreurs 
ni  inexactitudes. 

D'abord  MM.  de  Molandon  et  de  Beaucorps  sont-ils  bien  certains  que 
les  documents  qu'ils  publient,  avant  d'avoir  été  versés  à  la  Chambre  des 
comptes  de  Paris,  aient  jamais  passé  par  celle  de  Rouen,  que  ce  soit  en 
1762  seulement,  à  la  suppression  de  cette  dernière,  qu'ait  eu  lieu  ce 
versement,  et  que  ce  ne  soit  pas  l'incendie  trop  célèbre  de  1737,  mais 
un  triage  méthodique  exécuté  en  1776,  qui  ait  amené  la  dilapidation  de 
ces  précieuses  collections  (Introd.,  §  1,  p.  5-7)  ?  Mais,  après  la  suppres- 
sion de  la  Chambre  des  comptes  éphémère  de  Caen,  le  15  juillet  1424, 
et  à  la  suite  de  l'absorption  de  cette  juridiction  par  celle  de  Paris,  — 
ordonnance  dont  les  auteurs  citent  cependant  le  texte  original  (p.  183), 
—  n'est-ce  pas  de  la  Chambre  de  Paris  que  relèvent  tous  les  comptes 
du  gouvernement  anglais,  comme  celui  de  Pierre  Surreau,  et  toutes  les 
pièces  comptables,  comme  celles  qui  font  l'objet  de  cette  publication 
méme^?  Il  ne  peut  y  avoir  sur  ce  point  de  doute  ni  de  contestation  pos- 
sible. Après  la  reprise  de  Paris  et  jusqu'à  l'expulsion  définitive  des 
Anglais,  il  se  peut  qu'il  leur  ait  fallu  une  Chambre  des  comptes  pour 
leurs  possessions  de  Normandie,  besoin  auquel  répondait  celle  instituée 
à  Caen  au  début  de  la  conquête;  mais,  en  tout  cas,  les  pièces  qui  eussent 
été  de  son  ressort  se  rapporteraient  seulement  à  l'époque  comprise  entre 
1436  et  1449,  et  il  est  évident  qu'elles  durent  ensuite  se  trouver  reversées 
dans  le  cadre  des  classements  de  Paris.  La  fondation  d'une  Chambre  des 
comptes  spéciale  à  Rouen  ne  remonte  qu'à  1580,  et,  quant  à  sa  suppres- 
sion, ce  n'est  pas  en  1762  qu'elle  fut  prononcée,  mais  à  la  suite  des  évé- 
nements qui  amenèrent  la  création  du  parlement  Maupeou,  en  1771. 
Cette  fusion  ne  dura  du  reste  que  trois  ans,  et  les  quatre  dépôts  qui 
constituaient  les  archives  de  cette  cour,  expédiés  à  Paris,  se  trouvèrent 
retransportés  en  Normandie.  Ils  n'auraient  donc  pu  se  trouver  exposés 
à  la  dilapidation  méthodique  indiquée  par  les  auteurs  comme  ayant  eu 
lieu  à  partir  de  1776,  dilapidation  qui  en  réalité  s'exerçait,  depuis  l'édit 
de  1741,  sur  tous  ces  titres  échappés  à  l'incendie  de  1737,  véritable  et 
unique  destructeur  des  collections  où  sont  compris  tous  les  documents 
édités  dans  l'œuvre  de  MM.  de  Molandon  et  de  Beaucorps^. 

1.  Voir  le  texte  même  de  cette  ordonnance,  en  se  référant  au  passage  cité 
(p.  183).  Cf.  Ch.  de  Beaurepaire,  De  l'administration  de  la  Normandie, 
p.  14-15. 

2.  De  Boislisle,  Histoire  de  la  maison  de  Nicolay,  t.  II,  Pièces  justif.,  Notice 
préliminaire  sur  la  Chambre  des  comptes  de  Paris,  p.  xxni-xxv,  cxi-cxii, 
cxxvii-cxxvin. 


^68  BIBLIOGRAPHIE. 

On  ne  voit  pas,  en  outre,  que  les  auteurs  aient  suffisamment  utilisé 
les  travaux  de  M.  Longnon  sur  l'étendue  de  la  domination  anglaise  à 
l'époque  de  l'apparition  de  Jeanne  d'Arc,  qui  contiennent  cependant,  et 
avec  quelle  richesse  !  les  renseignements  de  la  valeur  que  l'on  sait,  et 
notamment  l'identification  lumineuse  de  presque  toutes  les  quarante 
places  fortes  enlevées  par  Salisbury  dans  sa  campagne  d'approche  de  la 
Loiret  villes  et  châteaux  dont  la  plupart  des  noms  relevaient  jusqu'a- 
lors de  la  plus  pure  fantaisie  2.  On  ne  voit  pas  non  plus  qu'ils  aient  pris 
connaissance  de  l'étude  de  M.  Robert  Triger  sur  l'invasion  du  Maine,  ovi 
sont  pourtant  dressées  des  notices  inédites  et  documentées  sur  maint 
capitaine  anglais  ayant  pris  part  à  la  campagne  de  la  Loire,  entre 
autres  sur  Nicolas  Burdett,  William  Glasdali,  Robert  Harling,  Richard 
Wideville,  qui  eussent  été  dans  l'espèce  d'une  précieuse  consultation'. 

Un  reproche  général  qu'on  serait  en  droit  d'adresser  au  corps  de  la 
publication  porterait  certainement  sur  la  façon  dont  les  noms  de  person- 
nages anglais  se  trouvent  relevés.  Ainsi  pourquoi  ces  formes  compliquées 
ou  incorrectes,  comme  Standyssh  (p.  54),  Nessefied  (p.  41),  Ouverton 
(p.  121),  Kyrell  (p.  54),  Goghe  (p.  129),  etc.,  etc.?  Quelques-unes  en 
deviennent  inexactes,  comme  Scrocher  pour  Strother  (p.  125),  Wivre 
pour  Wever  (p.  126).  En  outre,  s'il  est  délicat  de  se  fixer  une  méthode 
de  notation  pour  les  noms  de  famille  de  souche  normande  déformés  en 
Angleterre,  au  moins  est-il  nécessaire  d'en  adopter  une  et  de  choisir, 
par  exemple,  entre  Bourdct  et  Burdett,  Neville,  Neufville  ou  Nevil. 
En  revanche,  ce  dont  il  faut  être  reconnaissant  aux  auteurs,  c'est  d'avoir 
presque  partout  rompu  avec  la  déplorable  tradition  qui  consiste  à  affu- 
bler de  particules  françaises  les  noms  propres  anglais,  et  souvent  les 
plus  rebelles  à  ce  genre  d'adaptation.  Il  y  a  vraiment  plaisir  à  lire,  par 
exemple,  Robert  Hungerford,  Richard  Grey,  William  Pôle,  comte  de 
Suffolk,  et  à  ne  plus  entendre  parler  du  seigneur  de  Talbot. 

Dans  le  détail,  un  certain  nombre  d'inexactitudes  seraient  à  relever.  — 
Ainsi  Jacques  do  Ûynen  (p.  206)  est  simplement  Jacques  de  Dinan,  sire 
de  Beaumanoir.  —  C'est  Auvillars,  dans  le  pays  d'Auge  '',  et  non  une  loca- 
lité quelconque  du  nom  de  Villers  (p.  106),  qui  représente  la  seigneurie 
échue  au  capitaine  danois  Andrew  Ogard,  au  service  de  l'Angleterre. 
—  Pourquoi  identifier  Eustache  Gandin  (p.  130),  le  chef  de  corps  bour- 

1 .  Les  Limites  de  la  France  et  l'étendue  de  la  domination  anglaise  à  l'époque 
de  la  mission  de  Jeanne  d'Arc.  {Revue  des  Questions  historiques,  t.  XVIII, 
ocl.  1875.) 

2.  Découverte  aux  archives  de  Guildhall  et  publiée  pour  la  première  fois  par 
M.  Jules  Deli)it,  Documents  français  en  Angleterre,  n°  376,  p.  236-237. 

3.  Une  Forteresse  du  Maine  pendant  l'occupation  anglaise.  Fresnay-le- 
Vicomte  de  1417  à  1450.  {Revue  historique  et  archéologique  du  Maine,  t.  XX, 
1"  sem.  de  1886.) 

4.  Auvillars,  Calvados,  canl.  de  Cambremer. 


BIBLIOGRAPHIE.  469 

guignon  dont  les  chroniques  signalent  la  présence  devant  Orléans,  et 
dont  les  documents  récemment  découverts  à  Vienne  par  M.  Bougenot^ 
semblent  mentionner  la  mort  à  Patay^,  le  18  juin,  avec  cet  autre  offi- 
cier danois  «  Eustache  de  Grandyn  »,  signalé  sous  cette  forme  par  Ste- 
venson comme  servant  dans  l'armée  anglaise  ?  —  La  place  de  Béthencourt 
(p.  64),  enlevée  par  Salisbury  en  approchant  d'Orléans,  dans  l'été  de 
1428,  est  Bretencourt,  à  la  naissance  du  plateau  de  Beauce,  aux  sources 
de  l'Orge,  lieu  fort  dont  M.  Longnon  a  fixé  l'identification  3.  —  Le  bailli 
de  Rouen  qui  présida  au  supplice  de  Jeanne  d'Arc  n'était  pas  ce  John 
Salvayn  qui  parut  devant  Orléans  (p.  204).  Celui-là  était  Raoul  Bou- 
teiller,  dont  la  nationalité  demanderait  à  être  éclaircie,  et  qui  remplit 
à  Rouen  l'intérim  de  Salvayn  pendant  le  séjour  de  Henry  VI,  d'oc- 
tobre 1430  jusque  vers  la  fin  de  1431. 

Quant  au  bailli  d'Évreux  présent  au  siège,  et  sur  son  rôle  (p.  57- 
58,  90,  129),  MM.  de  Molandon  et  de  Beaucorps  ont  absolument 
raison  (p.  129)  d'émettre  des  doutes,  qu'ils  auraient  pu  même 
changer  en  affirmations  plus  positives.  En  effet,  le  bailli  d'Évreux, 
on  peut  considérer  le  fait  comme  acquis,  arrive  le  12  octobre  avec 
Salisbury  sous  les  murs  d'Orléans  et  sert  pendant  la  durée  du  siège  : 
en  outre,  Monstrelet,  à  tort  certainement,  le  désignant  seulement  par 
son  titre,  sans  mentionner  son  nom,  le  fait  périr  à  la  défense  des  Tou- 
relles, aux  côtés  de  Glasdall,  le  7  mai''.  D'après  les  notes  du  fragment 
de  Perceval  de  Cagny  et  du  texte  du  Journal  du  siège  publiées  dans  le 
Procès^,  ce  personnage  a  souvent  été  identifié  avec  l'officier  gallois 
Richard  Gethyn,  qui  exerça  incontestablement,  quant  à  lui,  les  fonc- 
tions de  commandant  de  Beaugency,  place  qu'il  rendit  lui-même  à 
Jeanne  d'Arc  le  15  juin.  Or,  en  fait,  Richard  Gethyn,  —  qui  d'ail- 
leurs survécut  après  l'événement  du  7  mai,  ce  qui  ne  permet  pas  de  le 
faire  périr  aux  Tourelles,  —  ne  paraît  jamais  avoir  figuré  parmi  les 
baillis  d'Évreux,  dont  nous  avons  eu  occasion  de  dresser  la  liste.  Il 
n'exerce  les  fonctions  de  bailli  qu'à  Mantes,  oii  il  était  déjà  commandant 
de  la  place,  de  1433  jusqu'au  commencement  de  1437.  Le  bailli  d'Évreux, 
alors  effectivement  en  exercice,  est  en  réalité  Richard  Wallcr,  en  charge 
depuis  1426,  et  qu'on  retrouve  en  fonctions,  de  retour  à  son  poste,  à  la 

1.  Notices  et  extraits  de  manuscrits  intéressant  l'histoire  de  France  conser- 
vés à  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne.  (Bulletin  du  Comité  des  travaux 
historiques  et  scientifiques,  section  d'histoire  et  de  philologie,  année  1892.) 

2.  Lettre  de  Jacques  de  Bourbon,  comte  de  la  Marche,  à  Guillaume  de  Cham- 
peaux,  évêque  de  Laon,  du  24  juillet  1429  (Ibid.,  toc.  cit.). 

3.  Fraction  de  la  commune  de  Saint-Martin- de-Brétencourt,  Seine-et-Oise, 
cant.  de  Dourdan. 

4.  Monstrelet,  livre  II,  chap.  lix,  édit.  Douët-d'Arcq,  t.  IV,  p.  321. 

5.  Procès,  t.  IV,  p.  14,  n.  1,  et  p.  97,  n.  2. 


i70  BIBLIOGRAPHIE. 

date  du  16  juin,  où  le  document  qui  le  mentionne  signale  sa  participa- 
tion récente  et  déjà  passée  à  la  campagne  de  la  Loire,  à  la  suite  de 
laquelle,  soit  dans  le  dernier  mois  de  1429,  soit  dans  le  courant  de  1430, 
on  le  voit  passer  bailli  de  Caen.  Si  donc  les  indications  concernant  le  baillî 
d'Évreux  présent  au  siège  doivent  certainement  se  rapporter  à  ce  per- 
sonnage, on  ne  peut  néanmoins  pas  encore  lui  appliquer  le  récit  de 
Monstrelet.  Mais  pourquoi  n'inclinerait-on  pas  à  croire  que  le  capitaine 
anglais,  --  demeuré  inconnu,  qui  trouva  la  mort  aux  Tourelles,  et  que 
Monstrelet  désigne  seulement  sous  son  titre  de  bailli  d'Évreux,  —  ne 
fait  qu'un  avec  celui  que  le  Journal  du  siège  mentionne  sous  le  nom  du 
bailli  de  Mantes,  et  que  ce  dernier  texte,  sans  parler  cette  fois  du  bailli 
d'Évreux,  signale  comme  ayant  péri  dans  ce  même  assaut  ^?  En  admet- 
tant une  confusion  bien  aisément  compréhensible  commise  par  Mons- 
trelet, il  resterait  avéré  que  le  bailli  d'Évreux,  Richard  Waller,  arrivé 
devant  Orléans  avec  Salisbury,  fit  toute  la  campagne  et  revint  à  son 
poste,  et  que  ce  fut  uniquement  le  bailli  de  Mantes  qui  perdit  la  vie 
sur  la  brèche  des  Tourelles,  dans  les  conditions  qui  viennent  d'être 
rappelées.  Ce  bailli  de  Mantes  serait  alors  Thomas  Giffart,  que  l'on  sait 
avoir  occupé  ces  fonctions  au  moins  depuis  1428,  qui  les  exerce  au  cours 
du  siège  et  dont  on  ne  rencontre  plus  trace  depuis.  MM.  de  Molandon 
et  de  Beaucorps  le  mentionnent  d'ailleurs  sous  son  nom  comme  présent 
devant  Orléans  et  commandant  aux  Tourelles  (p.  40,  55,  98,  118),  et 
l'identifient,  non  sans  raison  (p.  98),  avec  le  bailli  non  désigné  de 
Mantes  dont  le  Journal  du  siège  signale  la  mort  aux  Tourelles.  Les 
auteurs  avaient  donc  entre  les  mains  les  moyens  suffisants  pour  éclair- 
cir  cette  triple  incarnation  de  l'anonyme  bailli  d'Évreux,  que  les 
remarques  formulées  ici  nous  semblent  à  présent  dégager  de  toute 
incertitude. 

Ces  quelques  imperfections  de  forme  et  de  détail  n'enlèvent  rien, 
comme  il  est  aisé  de  s'en  rendre  compte,  à  la  valeur  fondamentale  de 
l'œuvre  de  MM.  de  Molandon  et  de  Beaucorps.  Le  nombre  et  l'impor- 
tance des  documents  qu'elle  révèle,  les  résultats  qu'elle  fixe,  les  conclu- 
sions qu'elle  permet  de  poser  sur  l'événement  capital  qui  marque  le 
tournant  le  plus  critique  de  notre  histoire  nationale,  en  font  un  élément 
indispensable  de  tout  essai  de  connaissance  de  cette  époque  sinistre 
et  grandiose,  dont  il  semble  que  tout  soit  dit  et  autour  de  laquelle  il 
reste  encore  tant  à  faire.  MM.  de  Molandon  et  de  Beaucorps  en  auront, 
en  tout  cas,  définitivement  élucidé  l'une  des  questions  les  plus  passion- 
nantes et  les  plus  controversées. 

Germain  Lefèvre-Pontalis. 

1.  Journal  du  siège,  dans  Procès,  i.  IV,  p.  162. 


BIBLIOGRAPHIE.  -171 

Campagnes  des  Anglais  dans  V Orléanais,  la  Beauce  chartraine  et  le 
Gâtinais  (^42^•^428).  V Armée  sous  Wanvick  et  Suffolk  au  siège 
de  Montargis.  Campagnes  de  Jeanne  d'Arc  sur  la  Loire  posté- 
rieures au  siège  d'Orléans,  par  AmicieDE  Villaret.  Orléans,  -1893. 
In- 8°,  v-l  68  pages, 

M""  A.  de  Villaret,  qui  est  l'auteur  de  plusieurs  livres  remarquables 
sur  l'histoire  d'Orléans  %  aurait  failli  à  son  devoir  de  bonne  Orléanaise 
si  elle  n'avait  consacré  une  partie  de  son  activité  scientifique  à  la  libé- 
ratrice d'Orléans.  Déjà  elle  avait  écrit  un  intéressant  mémoire  sur  le 
page  de  Jeanne  d'Arc^.  Cette  fois,  elle  a  choisi  un  sujet  d'un  plus  haut 
intérêt.  Il  s'agit  des  opérations  militaires  qui  précédèrent  le  siège  d'Or- 
léans et  de  celles  qui  le  suivirent.  Sur  le  siège  même  d'Orléans,  il  res- 
tait peu  de  choses  à  dire.  La  marche  envahissante  des  Anglais,  resser- 
rant toujours  leurs  lignes  jusqu'à  envelopper  complètement  le  cœur  de 
la  France,  n'était  pas  moins  connue,  surtout  depuis  les  remarquables 
travaux  de  Siméon  Luce  et  de  M.  Longnon.  Mais  il  restait  à  préciser 
les  efforts  faits  par  les  Anglais  pour  se  créer  dans  la  Beauce  et  l'Orléa- 
nais une  nouvelle  base  d'opérations.  M'ie  de  Villaret  a  mis  en  lumière 
les  entreprises  de  l'ennemi  contre  Vendôme,  qui  probablement  ne 
furent  pas  couronnées  de  succès;  elle  a  raconté  le  siège  de  Montargis, 
prélude  de  celui  d'Orléans,  et  la  campagne  courte,  mais  méthodique, 
qui  amena  Salisbury  sous  les  murs  de  cette  dernière  ville.  Par  l'étude 
critique  des  documents,  spécialement  des  pièces  de  comptabilité,  elle 
rétablit  dans  leur  exactitude  les  faits  souvent  altérés  par  les  chroni- 
queurs contemporains,  et  détermine  l'effectif  réel  des  troupes.  Enfin,  la 
participation  des  Orléanais  aux  campagnes  de  Jeanne  d'Arc  sur  la 
Loire,  après  la  levée  du  siège,  n'avait  jamais  été  indiquée  avec  autant 
de  précision.  Les  pièces  justificatives  imprimées  à  la  fin  du  volume 
sont  pour  la  plupart  extraites  du  compte  d'André  d'Épernon,  trésorier 
des  guerres,  déjà  utihsé  par  Siméon  Luce,  et  aussi  des  comptes  com- 
munaux d'Orléans.  Parmi  ces  pièces,  il  en  est  une  que  je  veux  citer, 
éloquente  dans  son  laconisme  administratif,  et  qu'on  ne  lira  pas  sans 
émotion  :  «  Recepte  faicte  par  Michelet  Filleul,  commis  et  ordonné  en 
la  Chambre  de  la  ville  d'Orléans  par  les  devant  diz  procureurs  à  rece- 
voir certains  emprumpz  et  aides  mis  sus  en  ladicte  ville  d'Orléans  pour 
convertir  à  la  deffense  d'icelle  ville  à  rencontre  des  Angloys,  et  aussi 
de  certains  dons  faiz  à  ladicte  ville,  desquelx  cy-après  sera  faicte  men- 
cion,  commençant  icelle  recepte  le  ix^  jour  du  moys  de  septembre,  l'an 
mil  lUIc  vint  et  huit.  Et  premièrement,  recepte  d'argent  blanc  :  de 

1.  Entre  autres  les  Antiquités  de  Saint-Paul  d'Orléans  (cf.  Bibl.  de  l'École 
des  cfiartes,  t.  XLV  [1884],  p.  550). 

2.  Louis  de  Coules,  page  de  Jeanne  d'Arc.  Orléans,  1890,  in-8°. 


172  BIBLIOGRAPHIE. 

Jehan  Mahy,  tenneur,  une  tasse  d'argent,  pesant  vi  onces  d'argent, 

signée  du  poinçon  de  Paris,  et  toute  neufve...  »  A  la  suite  de  Jean 

Mahy  défilent  un  certain  nombre  de  ses  concitoyens  apportant  leur 

vaisselle  d'argent  à  la  fonte  et  sacrifiant  leur  luxe  à  la  défense  de  la 

patrie. 

Maurice  Pbou. 


N.-E.  DroNNE.  Jacques  Cartier.  Québec,  impr.  L.  Brousseau,  ^889. 
In-'i2,  xii-332  pages. 

Jacques  Cartier,  his  life  and  voyages^  by  Joseph  Pope.  Ottawa,  impr. 
Woodburn,  ^889.  In-8°,  -168  pages. 

N.-E.  DioxNE.  La  Nouvelle-France,  de  Cartier  à  Champlain,  -1540- 
4  603.  Québec,  typ.  G.  Darveau,  ■1891.  In-8o,  396  pages. 

Samuel  Champlain,  fondateur  de  Québec  et  père  de  la  Nouvelle- 
France.  Histoire  de  sa  vie  et  de  ses  voyages,  par  N.-E.  Dioxne. 
Tome  I.  Québec,  A.  Côté,  ^891.  In-8°,  xvin-430  pages. 

Les  ouvrages  dont  nous  offrons  le  compte-rendu  peuvent  donner  une 
excellente  idée  du  mouvement  bibliographique  et  littéraire  dans  le 
Canada  français,  ce  pays  trois  fois  grand  comme  la  France  et  dont  les 
productions  intellectuelles,  déjà  nombreuses,  ont  gardé  toute  la  saveur 
de  l'ancienne  littérature  française. 

Jacques  Cartier,  le  «  Découvreur,  »  comme  se  plaisent  à  l'appeler  les 
écrivains  canadiens,  a  déjà  été  l'objet  de  différents  travaux  ^  Pendant 
toute  la  seconde  moitié  du  xvi«  siècle,  les  expéditions  françaises  au 
Canada  furent  nombreuses;  elles  font  l'objet  de  la  Nouvelle-France  de 

1.  Les  recherches  provoquées  parles  Sociétés  savantes  du  Canada  donnèrent 
lieu  aux  publications  suivantes  :  Documents  sur  Jacques  Cartier,  publiés  par 
C.  Desraazières  de  Séchelles  dans  les  Transactions  de  la  Société  historique  et 
littéraire  de  Québec,  t.  V,  p.  81-146;  —  Harvut  (H"),  Jacques  Cartier,  recherches 
sur  sa  personne  et  sur  sa  famille.  Nantes,  impr.  Forest  et  Grirnaud,  1884,  in-8% 
14  p.  (Extrait  de  la  Revue  de  Bretagne  et  de  Vendée).  —  Rappelons  ici  que 
plusieurs  de  nos  confrères  ont  contribué  par  quelques  appoints  à  l'histoire  des 
origines  du  Canada  :  Joùon  des  Longrais  (F.),  Jacques  Cartier,  documents 
nouveaux.  Paris,  A.  Picard,  1888,  in-8»,  222  p.;  —  Documents  inédits  sur 
Samuel  de  Champlain,  fondateur  de  Québec,  publiés  par  Etienne  Charavay. 
Paris,  Charavay,  1875,  1  vol.  in-S";  —  Histoire  des  relations  des  Hurons  et  des 
Abnaquis  du  Canada  avec  Notre-Dame  de  Chartres,  par  M.  Merlet.  Chartres, 
1858,  in-8°;  faisant  suite  à  la  publication  de  M.  Doublet  de  Boistbibault,  les 
Vœux  des  /Jurons  et  des  Abnaquis  à  Notre-Dame  de  Chartres  publiés  pour  fa 
première  fois.  Chartres,  1857,  in-8°.  —  Jaccjues  Cartier  a  été  encore  l'objet 
d'une  autre  publication  anglaise,  que  nous  n'avons  pas  eue  entre  les  mains  pour 
l'examiner  :  Stephens,  Jacques  Cartier  and  his  four  voyages  to  Canada. 
Montréal,  1889,  in-8«. 


BIBLIOGRAPHIE.  'i  73 

M.  Dionne.  Ghamplain  fut  le  véritable  organisateur  de  la  colonie  : 
M.  Dionne  lui  consacrera  trois  volumes  (Samuel  Ghamplain,  Introd., 
p.  xvi).  Les  explorations  et  la  colonisation  de  l'Amérique  étaient  suivies 
avec  autant  d'intérêt,  au  xvi«  et  au  xvn«  siècle,  que  celles  de  l'Afrique 
de  nos  jours.  La  cause  première  du  courant  qui  porta  les  Européens 
vers  l'Amérique  septentrionale,  la  partie  la  moins  productive  du  Nou- 
veau-Monde, ce  fut  la  pêche  «  aux  terres  neuves  »  [Nouvelle- France, 
ch.  vm),  puis  le  commerce  des  fourrures  sur  le  continent  américain 
[Ibid.,  ch.  xiii).  En  abordant  à  l'ile  de  Terre-Neuve,  la  première  impres- 
sion de  Jacques  Cartier,  qui  avait  été  au  Brésil,  fut  que  «  c'est  la 
terre  que  Dieu  donna  à  Gayn^  »  Aussi  les  quatre  voyages  de  Jacques 
Cartier,  pas  plus  que  ceux  de  ses  prédécesseurs  Sébastien  Cabot,  Jean 
de  Léry,  etc.,  ne  furent-ils  suivis  d'aucun  essai  de  colonisation  immé- 
diat. Cartier  ne  remonta  le  Saint -Laurent  que  jusqu'à  Hochelaga 
(Montréal)  et  ramena  quelques  Indiens  pour  les  montrer  au  roi  de 
France.  Jean-François  de  la  Roque,  sieur  de  Roberval,  gentilhomme 
picard,  succéda  à  Jacques  Cartier  en  1540  et  donna  plus  d'extension  à 
l'exploration  continentale^.  C'est  Roberval  qui  fit  déposer  sa  propre 
nièce  dans  l'île  déserte  de  la  «  Demoiselle  Marguerite  »  avec  son  amant 
et  une  duègne^.  Jehan  Alfonce,  Saintongeois ,  pilote  de  Roberval, 
s'avança  dans  les  régions  arctiques  (1542).  Il  faut  aller  ensuite  jusqu'à 
la  fin  du  xvi«  siècle,  avec  Troïlus  du  Mesgouez,  marquis  de  la  Roche, 
Breton  (1598),  et  Pierre  de  Chauvin,  sieur  de  Tontuit,  marchand  de 
Ronfleur  (1600),  précurseurs  immédiats  de  Champlain,  pour  voir  la 
colonisation  reprendre  et  faire  quelques  progrès.  Champlain,  né  à 
Brouage  vers  1570,  se  prépara,  par  de  nombreux  voyages  en  Espagne, 
aux  îles  Canaries,  au  Mexique,  aux  Antilles  et  sur  les  côtes  du  nord  du 
Brésil,  à  l'exploration  du  Canada,  qu'il  commença  en  1603.  Québec  fut 
fondé  sur  un  rocher  escarpé  du  Saint-Laurent,  en  1608,  et  les  mission- 
naires récollets  arrivèrent  en  1614. 

M.  Dionne,  qui  a  été  pendant  dix  années  directeur  d'un  des  princi- 
paux journaux  du  Canada,  a  donné  à  ses  livres  une  forme  très  attrayante, 
d'autant  plus  que  l'auteur,  comme  tous  ses  compatriotes  canadiens, 
manie  remarquablement  la  langue  française.  Il  s'est  tenu  également  au 
courant  des  derniers  travaux  sur  la  matière.  Gomme  l'avait  indiqué 

1.  Relation  originale...  publiée  par  Michelant  et  Ramé.  Paris,  1867,  p.  11. 

2.  Suivant  une  communication  qui  nous  a  été  faite,  la  découverte  récente  de 
cinq  estocs  ou  grandes  épées  du  xv°  ou  xvi°  siècle  dans  le  lac  Saint-Jean,  au 
nord  de  Québec  (appartenant  à  la  collection  de  M.  Faucher  de  Saint-Maurice  à 
Québec),  donnerait  une  nouvelle  trace  du  passage  de  Roberval  dans  cette 
région. 

3.  Anecdote  qui  a  été  reproduite  dans  VHeptaméron  de  la  reine  de  Navarre, 
publié  en  1559  (lxvii°  nouvelle),  et  qui  figure  dans  les  pièces  justificatives  de  la 
Nouvelle-France  de  M.  Dionne. 


-174  BIBLIOGRAPHIE. 

M.  Joûon  des  Loiigrais%  il  a  placé  la  date  de  la  naissance  de  Jacques 
Cartier  entre  le  6  juin  et  le  23  décembre  1491,  puisqu'on  lui  donne 
l'âge  de  soixante-quatre  ans  dans  des  pièces  de  procédure  de  1556, 
tandis  que,  par  suite  d'une  fausse  interprétation  d'un  nom  trouvé  dans 
les  registres  d'état  civil  de  Saint- Malo,  on  l'avait  d'abord  placée  en  1494. 
M.  Joiion  des  Longrais  a  proposé  un  certain  nombre  de  corrections 
très  vraisemblables  aux  noms  de  la  liste  d'équipage  de  Jacques  Cartier 
conservée  aux  archives  de  Saint-Malo.  M.  Dionne,  qui  n'a  pu  corriger 
cette  liste  que  sur  un  fac-similé  lithographique  très  défectueux,  publié 
par  l'abbé  Laverdière  en  1859,  a  proposé  quelques  nouvelles  correc- 
tions (Jacques  Cartier,  p.  126).  Il  s'est  montré  là  paléographe  assez 
exercé  dans  les  écritures  du  xvi^  et  du  xvn^  siècle.  Il  a  dressé  une  inté- 
ressante bibliographie  des  cartes  géographiques  du  xvi=  siècle  faisant 
mention  du  Canada,  depuis  la  carte  de  Juan  de  la  Gosa  en  1500  (Nou- 
velle-France, p.  213-255).  Beaucoup  de  notes  explicatives  accom- 
pagnent chacun  des  ouvrages  de  M.  Dionne.  Un  certain  nombre  de 
documents  des  archives  de  Honfleur  lui  ont  été  fournis  par  M.  Bréard. 
M.  Dionne  nous  renseigne  sur  l'étymologie  de  Canada,  qui  n'est  pas 
l'espagnol  aca  nada  (rien  ici)  ou  capo  de  nada,  mais  le  mot  huron  ka7i- 
nata,  qui  signifie  une  ville  [Jacques  Cartier,  p.  237). 

L'ouvrage  de  M.  Pope  sur  Jacques  Cartier,  sans  présenter  autant  de 
recherches  d'érudition  que  les  ouvrages  de  M.  Dionne,  est  un  résumé 
très  exact  et  très  attachant. 

Un  certain  nombre  de  questions  relatives  à  Jacques  Cartier  ont  donné 
lieu  à  plusieurs  publications  d'autres  érudits  canadiens.  Nous  n'avons 
pas  de  compétence  pour  nous  prononcer  sur  l'itinéraire  de  Jacques  Car- 
tier de  Terre-Neuve  à  Québec,  sur  la  durée  de  son  quatrième  voyage, 
etc.,  et  nous  nous  bornons  à  mentionner  ces  quelques  travaux  à  titre 
de  curiosité  2. 

1.  Jacques  Cartier,  documents  nouveaux,  p.  5-7. 

2.  Voici  les  principales  publications  canadiennes  relatives  à  la  polémique  sur 
Jacques  Cartier  :  De  Gazes  (Paul),  Deux  points  d'histoire  [Quatrième  voyage 
de  Jacques  Cartier  ;  —  Expédition  du  marquis  de  la  Roche],  dans  les  Mémoires 
de  la  Société  royale  du  Canada,  1884,  in-4'',  sect.  I,  p.  1-6.  Le  quatrième 
voyage  de  Jacques  Cartier  aurait  eu  lieu  du  printemps  à  l'automne  de  l'année 
1543  et  non  de  l'auloinnc  de  1543  au  printemps  de  1544  ;  —  De  Gazes  (Paul),  les 
Points  obscurs  des  voyages  de  Jacques  Cartier,  dans  les  Mémoires  de  la  Société 
royale  du  Canada,  1890,  10-4°,  sect.  I,  p.  25-34.  La  question  de  l'itinéraire  dans 
les  voyages  de  Jacques  Carller  avait  déjà  été  l'objet  d'un  mémoire  de  M.  Ganong, 
en  1887,  tlansle.SiVeHioi;es  de  la  même  Société  (secl.  II,  p.  121);  — Dionne (N.-E.), 
Etude  archéologique.  Le  Fort  Jacques-Cartier  et  la  «  Petite-Hermine  ».  Mont- 
réal, 1891,  in-8',  34  p.  Lieu  d'hivernage  de  Jacques  Cartier  dans  ses  premiers 
voyages  et  dccouverle  des  débris  d'un  de  ses  trois  navires,  dont  une  partie  fut 
envoyée  en  France  au  musée  de  Saiul-Malo;  —  De  Gazes  (Paul),  Observations  sur 


BIBLIOGRAPHIE.  ^75 

Jacques  Cartier  et  Ghamplain  ont  laissé  le  récit  de  leurs  voyages. 
Jacques  Cartier  a  fait  quatre  voyages  au  Canada  (1534,  1535-36, 
1541-42,  1543),  dont  nous  nous  permettons  de  donner  en  détail  dans 
la  note  suivante  la  bibliographie   assez   compliquée  ^  Les  relations 

l Étude  archéologique  du  D'  Dionne.  Montréal,  impr.  de  «  FÉtendard,  »  1891, 
in-8'',8  p.  — Citons  encore  quelques  études  du  domaine  de  la  littérature  pure  : 
Myrand  (Ernest),  Une  Fête  de  Noël  sous  Jacques  Cartier,  2"  édit.  Québec,  irapr. 
Deniers,  1890,  in-8°,  296  p.;  —  Œuvre  du  monument  Jacques-Cartier.  Québec, 
lyp.  Léger  Brousseau,  1888,  in-8°,  74  p.;  —  Chauveau,  Discours  prononcés 
lors  de  l'inauguration  du  monument  Cartier-Brébeuf,  24  juin  1889.  Montréal, 
1889,  in-8'',  26  p.  Monument  élevé  à  Jacques  Cartier  et  au  jésuite  missionnaire 
Brébeuf,  qui  vivait  au  commencement  du  xvii'  siècle. 

1.  La  première  édition  complète  des  voyages  de  Jacques  Cartier  est  due  au 
Canada  :  Voyages  de  découverte  au  Canada,  entre  les  années  1534  et  1542, 
par  Jacques  Quartier,  le  sieur  de  Roberval,  Jean  Alphonse  de  Xanctoigne, 
etc.,  suivis  de  la  description  de  Québec  et  de  ses  environs  en  1608  et  de  divers 
extraits  relativement  au  lieu  de  l'hivernement  de  Jacques  Quartier  en  1535- 
1536  (avec  gravures,  fac-similés),  réimprimés  sur  d'anciennes  relations  et 
publiés  sous  la  direction  de  la  Société  littéraire  et  historique  de  Québec. 
Québec,  impr.  W.  Cowan  et  fils,  1843,  in-8'',  iv-130  p.  Réimpression  de  l'édit. 
de  1598,  pour  le  premier  voyage  de  Jacques  Cartier,  p.  1-23;  texte  du  manus- 
crit de  la  Bibliothèque  nationale  5644,  coUalionné  avec  les  manuscrits  5589 
et  5653,  pour  le  deuxième  voyage  de  Jacques  Cartier,  p.  24-69;  traduction  du 
texte  anglais  fragmentaire  de  la  collection  Hackluyt  [Collection  of  early 
voyages,  Londres,  1810),  pour  le  troisième  voyage  de  Jacques  Cartier,  p.  70-78; 
Routier  de  Jean  Alphonse,  traduit  de  la  même  collection,  p.  79-88  ;  Voyage  du 
sieur  de  Roberval,  traduit  de  la  même  collection,  p.  89-96;  deux  lettres  de 
Jacques  Noël,  de  Saint-Malo,  sur  la  découverte  des  Saults  (rapides  ou  chutes) 
du  Saint-Laurent,  en  Canada  (1587),  traduites  de  la  même  collection,  p.  97-101). 
—  La  réimpression  de  l'édition  de  1598  contient  un  certain  nombre  d'inexacti- 
tudes de  transcription  :  équipâmes,  appareillâmes  (p.  1),  au  lieu  de  équipasmes, 
appareillasmes,  etc.  L'orthographe  Quartier  provenait  de  la  fausse  identifica- 
tion du  nom  donnée  dans  les  registres  d'état  civil  de  Saint-Malo  et  rectifiée  par 
M.  Jouon  des  Longrais. 

Premier  voyage  de  Jacques  Cartier  :  Relation  originale  du  voyage  de  Jacques 
Cartier  au  Canada  en  1534.  Documents  inédits  sur  Jacques  Cartier  et  le 
Canada  (nouv.  série),  publiés  par  H.  Michelant  et  A.  Ramé...  Paris,  Tross, 
1867,  in-8°,  vin-76  et  54  p.  Texle  du  ms.  du  milieu  du  xvi^  siècle  contenu  dans 
la  collection  Fontetle,  portefeuille  LVII,  n°  5,  à  la  Bibliothèque  nationale,  décou- 
vert par  M.  Michelant  après  sa  publication  du  texte  de  l'édit.  de  1598,  men- 
tionnée ci-après.  —  Voyage  de  Jaques  Cartier  au  Canada  en  1534.  Nouv.  édit., 
publiée,  d'après  l'édit.  de  1598  et  d'après  Ramusio,  par  M.  H.  Michelant,  avec 
deux  cartes.  Documents  inédits  sur  Jacques  Cartier  et  le  Canada,  communiqués 
par  M.  Alfred  Ramé.  Paris,  Tross,  1865,  in-8°,  vin-72  et  iv-54  p.  Réimpression 
de  l'édit.  de  Rouen,  par  Raphaël  du  Petit- Val,  1598,  in-8'',  dont  il  n'existe  qu'un 
seul  exemplaire  conservé  à  la  Bibliothèque  nationale.  Deux  traductions  du 
premier  voyage  de  Jacques  Cartier  ont  été  faites  au  xvi"  siècle,  en  italien,  dans 


^76  BIBLIOGEAPfllE. 

de  Jacques  Cartier  sont  très  courtes  et  lui  avaient  été  demandées  offi- 
ciellement par  le  roi  de  France.  Champlain  a  écrit  des  récits  de  voyage 
beaucoup  plus  étendus,  depuis  son  voyage  aux  Indes  occidentales  (dont 
le  manuscrit  est  aujourd'hui  à  la  bibliothèque  de  Dieppe)  jusqu'à  ses 
ouvrages  sur  le  Canada.  Ils  ont  été  publiés  par  l'abbé  Laverdière 
en  1870 *.  —  Le  style  de  Jacques  Cartier  est  beaucoup  plus  archaïque 
que  celui  de  Champlain.  Cartier  emploie  couramment  la  préposition  o 
(avec),  liucher  (crier),  byevre  (castor),  esme  (estime),  leise  (large),  orée 
(rivage),  à  no  (à  la  nage),  etc.  Le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale (publié  par  Michelant  en  1867)  contient  un  certain  nombre  de  par- 
ticularités graphiques,  intéressantes  pour  la  prononciation  du  xvi«  siècle  : 
Ouaist,  Surrouaist,  Norouaist  (O.,  S.-O.,  N.-O.,  p.  2,  10,  17,  etc.), 
aesles  pour  ailes  (p.  3),  ouaiseaulx  pour  oiseaux  (p.  3),  poiiair  pour 
pouvoir  (p.  5),  boays  ou  bouays  (bois),  ouays  (oies),  sollail  (soleil)  2. 

Après  la  part  des  éloges,  il  faut  bien  donner  quelque  place  à  la  cri- 
tique. Le  grand  reproche  à  faire  aux  écrivains  canadiens  en  général, 

la  collection  de  Ramusio  (1556  et  édit.  ultérieures),  et  en  anglais,  dans  celle  de 
Ilackluyt  (1600).  Le  premier  voyage  de  Jacques  Cartier  a  été  également  publié 
par  Ternaux-Compans  {Archives  des  voyages,  1840)  et  par  Pinkerton  {Voyages 
and  Travels).  —  Premier  voyage  de  Jacques  Cartier  au  Canada.  Édit.  cana- 
dienne du  «  Discours  du  voyage  fait  par  le  capitaine  Jacques  Cartier,  »  publiée 
par  Uaoul  de  Tilly.  Lévis  [Québec),  impr.  du  Travailleur  de  Lévis,  1890,  viii- 
11-72  p.  Nouv.  réimpr.  de  l'édit.  de  1598. 

Deuxième  voyage  de  Jacques  Cartier  :  Bref  récit  et  succincte  narration  de  la 
navigation  faite  en  MDXXXV  et  MDXXXVI  par  le  capitaine  Jacques  Car- 
tier aux  des  de  Canada,  Hochelaga,  Saguenay  et  autres.  Réimpr.  figurée  de 
l'édit.  orig.  rarissime  de  MDXL  V  avec  les  variantes  des  manuscrits  de  la  Biblio- 
thèque impériale,  précédée  d'une  brève  et  succincte  introduction  historique, 
par  M.  d'Avezac.  Paris,  Tross,  1863,  in-8",  vi-68  feuillets.  Réimpr.  page  pour 
page  de  ledit,  de  Paris,  par  Ponce  Roflet,  dict  Faucheur,  et  Anthoine  le  Clerc 
frères,  1545,  petit  in-S",  dont  un  exemplaire  unique  est  conservé  au  British 
Muséum. 

1.  Une  bibliographie  détaillée  des  cinq  éditions  de  Champlain  (trois  de  1632, 
1640,  1870)  se  trouve  dans  Pilling,  Bibliography  of  the  Algonquian  languages 
(Washington,  1891,  in-8%  x-614  p.,  publication  de  la  Smithsonian  Institution), 
p.  79-81. 

2.  Le  manuscrit  de  la  Bibliothèque  nationale  (coll.  Fontette,  portef.  LVII, 
n'  5)  présente  des  traces  de  graphie  italienne  ou  méridionale  :  faczon  (édit. 
Michelant,  p.  12),  commanczames  (p.  24),  danczoint  (p.  33),  alla  pour  à  la 
(p.  23),  alleur  pour  à  leur  (p.  31);  on  y  trouve  presque  toujours,  pour  la  dési- 
nence oient,  la  forme  oint  [estoint,  venoint,  fessoint  pour  faisoient,  abooint 
pour  avoient),  que  je  suis  d'autant  plus  porté  à  considérer  comme  une  parti- 
cularité de  graphie  méridionale  ({ue  je  l'ai  retrouvée,  à  une  date  plus  moderne, 
mais  d'une  façon  courante,  dans  des  documents  de  Montpellier  de  l'époque  de 
la  Révolution  (voir  Lettres  de  Cambon,  publiées  par  E.-D.  Grand  et  L,  de  la 
Pijardière.  Montpellier,  1889,  in-S",  p.  23,  n.  2). 


BiBLIOGIlAPflIfi.  \71 

c'est  une  ignorance  ou  une  inexpérience  trop  souvent  complète  des  pro- 
cédés de  l'érudition  moderne  et  en  particulier  de  la  bibliographie.  Les 
Canadiens  anglais  encourent  peut-être  un  peu  moins  ce  reproche  : 
M.  Pope  a  donné  dans  ses  notes  quelques  spécimens  bibliographiques 
très  corrects.  Les  excellents  modèles  bibliographiques  qu'offrent  les 
bib'iographes  américains,  et  oii  ils  atteignent  quelquefois  presque  à  la 
perfection,  comme  M.  Harrisse,  devraient  être  imités  davantage  au 
Canada.  M.  Dionne  ne  nous  indique  pas  spécialement,  ce  qui  aurait 
intéressé  et  instruit  particulièrement  le  lecteur  français,  les  grandes 
publications  officielles  de  documents  sur  les  origines  de  l'histoire  du 
Canada  ^.  Il  ne  nous  donne,  à  part  quelques  notes  sur  les  diverses  édi- 
tions de  Cartier  et  de  Champlain,  aucune  bibliographie  d'ensemble  de 
son  sujet.  Outre  la  bibliographie  méthodique  des  travaux  relatifs  à 
Jacques  Cartier,  dont  nous  avons  indiqué  quelques-uns  ci-dessus^,  il 
aurait  fallu  relever  tous  les  ouvrages  d'histoire  canadienne  faisant  men- 
tion du  xvie  et  du  xvii®  siècle  3,  sans  oublier  non  plus  les  ouvrages  pure- 
ment littéraires  et  romanesques  qui  ont  pris  souvent  comme  matière 


1.  Ces  recueils  de  documents  sont,  pour  la  période  de  Jacques  Cartier  et  du 
xvi"  siècle  :  Collection  de  documents  relatifs  à  l'histoire  de  la  Nouvelle- 
France.  Québec,  1883-1885,  4  vol.  in-4°  (1492-1789);  —  et,  pour  la  période  de 
Champlain  :  Eclations  des  Jésuites  (Québec,  1858,  3  vol.  in-8"  à  2  col.). 

2.  Il  faut  y  joindre  l'ouvrage  fondamental  de  l'érudil  américain  Parkman, 
France  and  England  in  North  America,  a  séries  of  historical  narratives 
(Boston,  1865-1884,  9  vol.  in-S"),  dont  la  première  partie  est  intitulée  :  The 
pioneers  of  France  in  the  Neiv  World. 

3.  On  nous  pardonnera  peut-être  de  donner,  à  ce  propos,  une  courte  liste  des 
principaux  ouvrages  sur  l'histoire  du  Canada  :  Lescarbot,  Hist.  de  la  Nouvelle' 
France,  1612,  publiée  par  Tross.  Paris,  1866,  3  vol.  in-8°;  —  Creuxius  [Du 
Creux],  Historias  Canadensis  seu  Novx  Francise  libri  decem.  Paris,  1664,  in-4'' 

—  Sagard  Théodat,  Hist.  du  Canada,  publiée  par  Tross.  Paris,  1866,  4  vol 
in-8»;  —  Charlevoix,  Hist.  et  descr.  générale  de  la  Nouvelle-France.  Paris. 
1744,  6  vol.  in-12  ou  3  vol.  in-4'  ;  —  Brasseur  de  Bourbourg,  Hist.  du  Canada 
Paris,  1852,  2  vol.  in-8°  ;  —  Garneau,  Hist.  du  Canada.  Québec,  1859,  4  vol 
in-4°;  —  Ferland,  Cours  d'histoire  du  Canada.  Québec,  1861-1865,  2  vol.  in-8° 

—  Suite,  Hist.  des  Canadiens  français,  1608-1880,  Montréal,  1882-1884,  8  vol 
in-4°  ;  —  De  Gourmont,  les  Français  au  Canada  et  en  Acadie.  Paris,  1889 
in-S».  —  Parmi  les  écrivains  anglais  :  Andrew  Bell,  Hist.  of  Canada.  Montréal 
1862,  2  vol.  in-8°;  —  Miles,  Hist.  of  Canada.  Montréal,  1872;  —  Tuttle,  The 
comprehensive  history   of  the  Dominion  of  Canada.   Montréal,   1877-1879 
2  vol.  in-4'>;  —  Withrow,  Popular  hist.  of  the  Dominion  of  Canada.  Toronto 
1885;  —  Kingsford,  Hist.  of  Canada.  Toronto,  1887-1893,  6  vol.  in-8' ;  —Mer 
cier  Mac  Mullen,  Hist.  of  Canada.  Brockville,  1892,  2  vol.  in-S"  ;  —  ainsi  que 
les  dictionnaires  biographiques  :  Bibaud,  Dict.  hist.  des  hommes  illustres  du 
Canada.  Montréal,  1857,  in-S",  et  les  autres  dictionnaires  de  biographie  cana- 
dienne, Men  of  Canada,  etc. 

1894  42 


^78  BIBLIOGRAPHIE. 

les  origines  du  Canada  <•  Dans  les  documents  des  pièces  justificatives, 
l'indication  des  sources  devrait  suivre  chaque  document  séparément. 
Les  fac-similés,  réduits  dans  les  ouvrages  de  M.  Dionne  à  quelques 
signatures,  auraient  pu  être  plus  nombreux.  M.  Pope  (p.  80)  a  repror 
duit  une  vue  d'Hochelaga  d'après  Ramusio.  Il  n'y  a  que  peu  de  fautes 
d'impression  à  relever.  Fijac  [Jacques  Cartier,  p.  278)  est  Figeac.  Les 
écrivains  du  Canada  sont  évidemment  moins  à  l'aise  dans  les  choses 
du  domaine  historique  que  dans  les  ouvrages  nombreux  et  variés  de 
description  ou  de  sport  où  ils  excellent  à  décrire  leur  vaste  et  beau  pays. 
Une  dernière  critique  à  faire  aux  publications  de  M.  Dionne,  mais 
dont  il  parait  qu'il  ne  peut  pas  être  rendu  responsable,  concerne  le  papier 
d'impression  et  les  caractères  d'imprimerie,  qui  sont  de  condition  et 
qualité  très  inférieures,  mais  qui  semblent  imposés  sans  exception  à 
tous  les  auteurs  qui  sont  publiés  au  Canada.  Le  contraste  est  particu- 
lièrement choquant  pour  la  réimpression  de  Jacques  Cartier  faite  par 
M.  Raoul  de  Tilly,  lorsqu'elle  est  placée  à  côté  des  jolies  éditions  de 
d'Avezac  et  de  Michelant.  Dans  le  livre  de  M.  Pope,  comme  dans  les 
publications  du  Canada  anglais  en  général,  le  papier  et  les  caractères 
sont  bien  meilleurs. 

E. -Daniel  Grand. 

Description  analytique  du  Cartulaire  du  chapitre  de  Saint-Maurice 
de  Vienne,  suivie  d'un  appendice  de  chartes,  et  Chronique  inédite 
des  évêques  de  Valence  et  de  Die,  publiées  par  le  chanoine  Ulysse 
Chevalier,  correspondant  de  l'Instilut.  Valence,  J.  Géas,  ■^89^. 
In-8°,  88  pages.  [Collection  de  cartulaires  dauphinois,  tome  II, 
2*  livraison.) 

Au  milieu  de  ses  beaux  travaux  de  bibliographie,  M.  le  chanoine 
Chevalier  trouve  encore  le  temps  de  continuer  la  série  de  ses  cartu- 
laires dauphinois,  commencée  dès  1869  par  celui  de  Saint- André-le- 
Bas.  Nous  avons  à  faire  connaître  aujourd'hui  à  nos  lecteurs  les  deux 
derniers  qui  ont  paru.  La  première  livraison  du  tome  II  comprenait 
les  Actes  capitulaires  de  l'église  de  Saint- Maurice  de  Vienne;  la  deuxième, 
dont  nous  annonçons  la  publication,  renferme  l'analyse  détaillée  du 
cartulaire  du  même  chapitre,  l'original  de  ce  précieux  document  ayant 
disparu.  Dans  son  introduction  (pages  1-10),  l'éditeur,  passant  en  revue 
les  sources  dont  se  sont  servis  les  historiens  du  Dauphiné,  Chorier, 
Valbonnais  et  autres,  dresse  une  liste  de  81  numéros,  dont  4  ont  été 
publiés  avant  la  Révolution  et  19  depuis.  Les  n^^  21-47  de  cette  liste 
sont  ainsi  désignés  :  «  Chartularium  Sancti  Mauritii  Viennensis  scrip- 

1.  Ouvrages  tels  que  Chevalier  (Emile),  les  Grands  coureurs  d'aventures. 
Jacques  Cartier.  Paris,  Lebigre-Duquesae,  18G8,  in-8°. 


BIBLIOGRAPHIE.  179 

tum  sœculo  xi  exeunte,  cui  recentiores  aliquot  chartat?  secunda  manu 
subjunctœ  sunt  »  (p.  3).  Ce  cartulaire  n'est  pas  resté  inconnu  ;  Du  Bou- 
chet  en  a  transcrit  48  pièces  ;  la  Bibliothèque  nationale  possède  deux 
volumes  d'extraits  de  ce  manuscrit;  le  premier  renferme  46  chartes,  le 
second  70  (mss.  lat.  5214  et  11743).  Ce  dernier  provient  de  Saint-Ger- 
main-des-Prés.  Différents  auteurs  ont  publié  ou  fait  copier  des  chartes 
de  ce  cartulaire;  tels  sont  :  Chorier,  Baluze,  Jacques  Petit  en  son 
Theodori  pœnitentiale,  Du  Gange,  Gaignières,  Bouquet,  Charvet  et  Pierre 
de  Rivaz,  l'érudit  valaisan. 

En  vertu  d'un  arrêt  de  la  Chambre  des  comptes  de  Dauphiné,  le 
manuscrit  avait  été  reporté  à  Grenoble  à  la  fin  de  1770.  C'est  là  que 
l'expert  Molinet  le  vit  et  en  fit  une  description  en  21  feuillets,  qui  fut 
achetée  en  1845  par  M.  P.-E.  Giraud  et  confiée  par  lui  à  M.  le  cha- 
noine Chevalier,  avec  autorisation  de  la  publier. 

D'après  Molinet,  c'était  un  «  registre  ou  cartulaire  in-folio  carta 
major,  écrit  sur  parchemin,  en  deux  colonnes,  couvert  de  basane  jaune 
sur  bois,  contenant  90  feuillets,  »  paginé  en  chiffres  romains  jusqu'au 
folio  70,  et  en  chiffres  arabes  du  folio  71  au  folio  90.  L'expert  décrit 
avec  soin  chaque  acte,  indique  le  numéro,  le  folio,  la  colonne,  toutes 
les  notes  et  signes  quelconques  se  trouvant  en  marge,  les  notes  tiro- 
niennes,  le  titre  de  l'acte,  sa  date.  Souvent  il  donne  in  extenso  les  der- 
nières lignes  de  l'acte.  Toujours  il  en  fait  connaître  l'objet.  A  ces  ren- 
seignements, le  chanoine  Chevalier  a  ajouté  pour  chaque  acte  la  date 
en  chiffres  arabes  et  en  style  moderne  et,  quand  il  a  été  publié,  la 
principale  source  ou  la  plus  accessible  et  le  renvoi  aux  régestes  (Bôh- 
mer-Mulhbacher,  Bréquigny  et  de  Rivaz)  qui  indiquent  les  autres. 
D'après  l'expert,  dont  l'opinion  diffère  de  celle  de  Du  Cange  indiquée 
ci-dessus,  le  ms.  original  était  du  xiii^  siècle,  sauf  quelques  feuillets 
dont  un  côté  seulement  était  du  xiv^  siècle.  Les  actes,  dans  lesquels 
l'ordre  des  dates  n'est  pas  suivi,  ne  sont  guère  que  des  notes,  sauf  les 
bulles  (lisez  diplômes)  et  quelques  autres  pièces  qui  sont  transcrites 
tout  au  long.  L'éditeur  a  ajouté  en  appendice  quatorze  actes  ou  frag- 
ments d'actes  du  cartulaire  des  années  880  à  1059,  dont  cinq  tirés  de 
Chorier,  Miscellanea,  et  neuf  de  Chifflet,  Collectanea  Burgundica.  Il  a 
joint  à  ces  documents  sur  Saint-Maurice  de  Vienne  une  Chronique 
inédite  des  évêques  de  Valence  et  de  Die.  Ce  document,  tiré  du  ms.  502 
du  cabinet  de  Peiresc  (aujourd'hui  à  la  bibliothèque  de  Carpentras, 
ms.  XLiv,  t.  n,  18  feuillets),  porte  à  la  fin  le  titre  général  de  :  Mémoire 
des  évêchés  de  Valence  et  de  Die.  Cette  chronique  renferme  à  peu  près 
exclusivement  le  récit  des  vicissitudes  du  domaine  temporel  des  évoques 
de  Valence  et  de  Die  après  leur  réunion.  La  rareté  des  documents  qui 
concernent  ces  évêques  était  un  motif  suffisant  de  publier  un  récit  qui 
s'appuie  fréquemment  sur  les  chartes  de  l'évêché  de  Valence. 

Enfin,  le  volume  se  termine  par  un  document,  en  date  du  15  juillet 


^80  BIBLIOGRAPHIE. 

1306,  provenant  du  cabinet  de  M.  de  Bouffier,  et  qui  n'est  autre  que  la 
charte  des  usages  et  coutumes  que  le  chapelain  de  Saint-Pierre  inter 
Judeos  promettait  au  seigneur-abbé  de  Saint-André  de  Vienne  d'obser- 
ver quand  il  prenait  possession  de  la  cure  de  ladite  église. 

A.  Bruel. 


Codex  diplomaticus  ordinis  Sancti  Bufi  Valentix,  publié,  d'après  les 
chartes  originales  conservées  aux  Archives  départementales  de  la 
Drôme  et  divers  recueils  manuscrits,  par  le  chanoine  Ulysse 
Chevalier.  Valence,  J.  Géas,  MDGCG  XGI.  In-S",  ^128  pages. 

Sous  ce  titre,  l'éditeur  a  réuni  dans  l'ordre  chronologique  cent  sept 
chartes  de  l'année  1039  à  l'année  1220.  On  sait  que  la  congrégation  des 
chanoines  réguliers  de  Saint-Ruf,  de  l'ordre  de  Saint-Augustin,  fut 
fondée  en  1039.  et  avait  pour  chef  d'ordre  une  abbaye  située  près 
d'Avignon.  Cette  abbaye  ayant  été  détruite  au  milieu  du  xii«  siècle,  le 
chef-lieu  fut  transféré  en  l'île  d'Éparvière,  en  face  de  Valence,  aujour- 
d'hui les  Iles,  commune  de  Valence  (Drôme).  Ce  fut  Eudes,  évèque  de 
cette  ville  (et  non  pas  Falque,  comme  l'avance  M.  Brun-Durand  dans 
son  Dict.  topogr.  de  la  Drôme,  v'^  les  lies  et  Saint-Ruf)^  qui,  ayant 
«  cédé  en  1158  ce  quartier  à  la  congrégation  de  Saint-Ruf,  celle-ci  y 
établit  l'abbaye  de  son  nom,  qui,  ruinée  en  1562,  fut  rétablie  dans 
Valence  trente  ans  après  et  supprimée  définitivement  en  1771.  »  Le 
Codex  diplomaticus  renferme,  en  effet,  l'acte  de  vente  par  Eudes,  évêque 
de  Valence,  à  l'ordre  de  Saint-Ruf,  de  l'ile  d'Esparvière,  pour  200  marcs 
d'argent  fin  (n°  32)  ;  cette  vente  fut  confirmée  par  privilège  du  pape 
Adrien  IV  le  14  mars  1159  (n*»  35)  et  encore  par  l'empereur  Frédéric  I" 
la  même  année  (n^  36).  C'est  seulement  en  1190  que  Falco  ou  Falque 
abandonna  à  son  tour  à  l'ordre  de  Saint-Ruf  tout  le  droit  qu'il  pouvait 
avoir  sur  l'île  d'Éparvière  et  sur  la  pêche  dans  le  Rhône  (n»  65). 

Le  Codex  diplomaticus  n'étant  accompagné  jusqu'à  présent  ni  d'intro- 
duction ni  de  table,  nous  devons  nous  borner  ici  à  quelques  indica- 
tions. Les  actes  réunis  sont,  comme  nous  l'avons  dit,  au  nombre  de  107, 
dont  48  sont  tirés  directement  des  originaux.  Les  sources  de  ce  recueil 
sont,  outre  les  archives  de  la  Drôme,  celles  du  Rhône  (fonds  de  la  Pla- 
tière),  les  mss.  d'Estiennot,  de  Peiresc,  de  Baluze,  d'OUivier  (cartu- 
laire  de  Saint-Ruf  à  la  bibliothèque  de  Grenoble),  les  Archives  histo- 
riques du  Dauphiné,  tome  XV,  les  mss.  de  Fontanieu,  de  Doat,  etc., 
Eusebi  de  Sospello,  Repertorium  et  summarium  (aux  archives  de  la 
Drôme),  etc.  L'éditeur  a  publié  ces  textes  avec  l'exactitude  et  la  science 
qu'il  met  dans  tous  ses  travaux  et  a  relevé  avec  soin  les  variantes  des 
divers  textes.  Qu'il  nous  permette  cependant  d'ajouter  au  n°  15,  «  Bulla 
Calixli  secundi  in  favorera  ordinis  S.  Rufi,  »  la  mention  suivante  : 


BIBLIOGRAPHIE,  i8\ 

Imprimé  dans  U.  Robert,  Bullaire  du  pape  Calixte  77.  Paris,  1891,  n"  402 
(t.  II,  p.  200).  Analysé  dans  Gallia  christ.,  t.  XVI,  c.  359. 

A.  Bruel. 


L'Union  historique  et  littéraire  du  Maine,  recueil  mensuel,  sous  la 
direction  des  abbés  A.  Ledru,  Ern.-L.  Ddbois  et  H.  Brdneau;  t.  I. 
Le  Mans,  -1893.  In-8°,  4-12  pages,  orné  de  ^2  planches  et  de 
•12  vignettes. 

Le  Maine  vient  de  donner  un  exemple  qu'il  n'est  pas  sans  utilité  de 
signaler  aux  autres  provinces  :  les  trois  savants  ecclésiastiques,  dont  les 
noms  ont  été  transcrits  plus  haut,  ont  eu  la  hardiesse  de  transformer 
l'organe  d'un  patronage  en  un  recueil  mensuel  dans  lequel,  à  côté  du 
Bulletin  littéraire  de  l'œuvre,  ils  ne  donnent  place  qu'aux  notices  basées 
sur  des  monuments  nouveaux  et  qui,  soit  en  les  publiant  in  extenso, 
soit  en  les  analysant  seulement,  sont  susceptibles  de  faire  faire  un  pro- 
grès aux  sciences  historiques.  Le  succès  est  venu  couronner  leurs  efforts, 
et  le  tome  !«•'  de  l'Union  fait  grand  honneur  à  l'érudition  locale. 

Nous  nous  bornerons  à  indiquer  les  travaux  suivants  : 

Inventaire  de  la  sacristie  de  la  cathédrale  du  Mans  au  xv^  siècle. 

Le  cordelier  Olivier  Maillard  au  Mans  et  à  Laval  (1490). 

Une  journée  du  sergent  d'Anthenaise  (lor  octobre  1499). 

Jacques  de  la  Mothe  et  Luc  Monchastre,  valets  de  chambre  des  rois 
depuis  François  I^'  jusqu'à  Henri  IV. 

Une  émeute  au  Mans  en  1659. 

Le  grand  doyen  du  Mans  et  le  seigneur  des  Ecotais  (1709). 

L'assassinat  du  gouverneur  du  Mont- Saint-Michel  par  Le  Mocqueur 
(22  mai  1596). 

Un  bronze  du  xv*  siècle  au  château  du  Lude. 

Gilles  de  Retz,  sa  jeunesse  (1404-1424). 

Les  empoisonneurs  de  fontaines  en  1390. 

Lettre  du  futur  cardinal  de  Cheverus  (1802). 

Assassinat  d'un  prieur  de  Notre-Dame-des-Bois,  près  de  la  Suze  (1393). 

Philippe  VI  de  Valois  dans  le  Maine  (1293-1350). 

La  paroisse  de  Gourgains  d'après  ses  comptes  de  fabrique  (1417-1426). 

Parmi  les  planches,  nous  citerons  : 

Sceau  de  Martin  Berruyer. 

Gharte  de  l'abbaye  de  Champagne,  de  1244. 

Ange  en  bronze  du  Lude. 

Nul  ne  peut  plus  s'occuper  de  l'histoire  du  Maine  sans  recourir  à  ce 
livre,  dont  la  possession  est  d'autant  plus  indispensable  que  la  plu- 
part dos  articles  qu'il  renferme  n'ont  été  l'objet  d'aucun  tirage  à  part. 
Ajoutons  qu'il  est  couronné  par  une  bonne  table  où  figurent  tous  les 
noms  de  personnes  et  de  lieux  contenus  dans  le  volume. 

Bertrand  de  Broussillon. 


-182  BIBLIOGRAPHIE. 


Archives  historiques  du  Poitou;  t.  XXIII.  Poitiers,  •ISOS.  \  vol. 
in-8°.  [Maintenues  de  noblesse  prononcées  par  MM.  Quentin  de 
Richebourg  et  Desgalois  de  Latour,  intendants  de  la  généralité  de 
Poitiers,  -^7^4-l7^8,  publiées  par  M.  A.  de  la  Bouralière,  t.  II.) 

Nous  avons  signalé  ici,  quand  il  a  paru,  le  premier  tome  de  cette 
intéressante  publication  ;  nous  en  avons  indiqué  le  plan,  les  sources  et 
l'intérêt.  Il  ne  nous  reste  donc  qu'à  en  annoncer  l'achèvement  et  à  louer 
une  fois  de  plus  l'éditeur  du  soin  et  de  la  peine  qu'il  a  pris  d'en  rendre 
l'usage  facile  aux  chercheurs. 

Ce  copieux  volume  comprend  d'abord  la  fin  du  texte  des  Maintenues 
(Lettres  H-V),  puis  diverses  pièces  annexes  :  les  «  rôles  de  tous  les 
nobles  réservés  en  la  généralité  de  Poitou  »  avec  leurs  blasons  (liste  de 
Pierre  de  Sauzay),  qui  complètent  le  catalogue  des  Maintenues;  l'état 
alphabétique  des  condamnations  d'amende  rendues  par  Barentin. . . 
Enfin,  deux  bonnes  tables  complètent  cet  ensemble  :  celle  des  noms 
de  famille  compris  dans  les  deux  volumes,  et  celle  des  noms  de  lieux. 
Elles  sont  appelées  à  rendre  de  fréquents  services  à  tous  ceux  qui  s'in- 
téressent à  l'histoire  du  Poitou. 

H.    DE   G. 


Une  Saisie  de  navires  marchands  anglais  à  Nantes  en  1587,  docu- 
ments inédits  pul)liés  par  Paul  Parfourd,  archiviste  du  départe- 
ment d'IUe-et-Vilaine.  Rennes,  Oberthur,  ^893.  In-S»,  48  pages. 
(Extrait  des  Annales  de  Bretagne.) 

Les  documents  publiés  par  M.  Parfouru,  avec  introduction  analy- 
tique, permettent  de  retracer  complètement  une  saisie  de  navires  étran- 
gers en  Bretagne  :  ordre  de  saisie  délivré  sur  exprès  commandement 
du  roi  par  le  gouverneur  de  Bretagne  et  signifié  au  capitaine  du  châ- 
teau de  Nantes,  procès-verbaux  de  séquestre,  requêtes  des  parties  inté- 
ressées, des  victimes  ou  des  détenteurs  de  lettres  de  représailles, 
enquête  du  parlement  de  Rennes.  Dans  toute  cette  affaire,  on  est  étonné 
de  ne  voir  agir  que  le  gouverneur  de  la  province,  le  duc  de  Mercœur  : 
lui  seul  donne  des  ordres,  lui  seul  reçoit  les  réclamations.  C'est  qu'il 
tenait  pour  lettre  morte  le  traité  passé  le  5  avril  1584  avec  l'amiral  de 
France  et  de  Bretagne,  Anne  de  Joyeuse ^  Déjà  nous  savions  que 
Mercœur  s'occupait  de  l'armement  des  vaisseaux  de  guerre  bretons 
(mars  1586)2;  igg  présents  documents  prouvent  qu'il  faisait  aussi  exé- 

1.  Mémoires  pour  servir  de  preuves  à  l'histoire  de  Bretagne,  par  Dom  Morice, 
t.  III,  col.  Ii77-l/i79. 

2.  Parfouru,  une  Saisie  de  navires...,  p.  4. 


BJBLIOGRÂPeiE.  483 

cuter  les  lettres  de  représailles,  au  détriment  de  l'amiral*.  En  attri- 
buant les  droits  de  l'amirauté  de  Bretagne  à  Mercœur  (17  août  1588), 
Henri  III  ne  faisait  donc  que  consacrer  un  fait  accompli2. 

L'un  des  vaisseaux  séquestrés,  le  Don-Dieu  de  Londres,  était  aussi 
appelé  le  Feiibot.  Felibot  n'est  pas  un  nom  propre,  mais  un  terme  géné- 
rique. Les  fly-boat  (bateaux-mouches)  étaient  de  petites  flûtes  jaugeant 
moins  de  cent  tonneaux,  selon  Guillet^.  Le  Don-Dieu  devait  être  un 
géant  dans  cette  famille  de  vaisseaux,  car  il  jaugeait  cent  soixante-deux 
tonneaux  et  il  fut  armé  en  guerre  par  des  corsaires  nantais. 

Je  relève,  en  terminant,  cette  phrase  fort  intéressante  pour  l'histoire 
du  commerce  au  xvi'  siècle  (p.  47)  :  «  Le  traficq  qui  se  faisoict  avecq 
les  Anglois  aportoict  des  grands  profitz  aux  marchans  qui  traficquoient 
avecq  eulx;  lesquelz  Anglois  venoint  ordinairement  chargez  de  plomb, 
d'estain,  draps  de  laynes,  haran  et  aultre  poisson.  » 

Gh.    DE   LA   RONGIÈRE. 

N.  JoRGA.  Tho7nas  III,  marquis  de  Saluées.  Étude  historique  et  lit- 
téraire. Thèse  présentée  à  V  Université  de  Leipzig.  Saint-Denis, 
impr.  Bouillant,  ^893.  In-8%  vIII-22^  pages. 

Comme  l'indique  le  sous-titre,  la  thèse  de  M.  Jorga  est  à  la  fois  une 
étude  historique  sur  Thomas  III,  marquis  de  Saluées  de  1394  à  1416, 
et  sur  ses  prédécesseurs,  et  une  étude  littéraire  sur  le  Chevalier  Errant, 
œuvre  de  ce  prince.  La  meilleure  des  deux  nous  paraît  être  la  partie 
littéraire  contenue  dans  le  chapitre  iv;  elle  a  été  placée  à  l'ordre  chro- 
nologique de  composition  du  roman,  le  chapitre  m  se  terminant,  en 
mai  1396,  avec  la  captivité  dont  le  marquis  avait  charmé  l'ennui  en 
écrivant  le  Chevalier  Errant.  M.  Jorga  a  exposé  la  substance  de  l'œuvre 
dans  un  style  assez  vif,  entremêlant  son  récit  d'un  nombre  modéré  de 
citations  et  l'annotant,  sauf  de  rares  exceptions^,  avec  exactitude.  La 
conclusion  de  l'auteur  paraît  mériter  l'adhésion  :  «  Tel  est  ce  livre, 
souvent  ennuyeux,  toujours  mal  ordonné,  comme  d'habitude  au  moyen 

1.  Cf.,  sur  les  droits  de  l'amiral  en  matière  de  représailles,  René  de  Mas- 
Latrie,  du  Droit  de  marque  ou  droit  de  représailles  au  moyen  âge,  dans  la 
Bibliothèque  de  VÉcole  des  chartes,  t.  XXVIl,  p.  556;  et  le  traité  de  l'Anglais 
Nicolas  Upton,  fol.  31,  Quo  ordine  conceduntur  represalie  (ms.  de  la  bibl.  Vat., 
Regin.  1528,  xv^  siècle). 

2.  Mémoires...  de  Bretagne,  t.  III,  col.  1487. 

3.  Guiliet  de  Saint-Georges,  les  Arts  de  l'homme  d'épée.  Paris,  1670,  in-12. 

4.  Pourquoi,  p.  117  par  exemple,  M.  Jorga  rejelte-t-il  le  nom  donné  par  son 
auteur,  qui  semble  généralement  exact  à  ce  point  de  vue?  «  Le  dernier  duc 
d'Orléans,  qui  laissa  son  héritage  au  roi  de  France,  »  est  bien  Philippe  P"", 
duc  d'Orléans,  frère  du  roi  Jean,  mort  le  1"  septembre  1375.  Son  apanage 
revint  à  la  couronne  par  défaut  d'hoir.  Il  était  le  dernier  due  par  rapport  à 
Louis  P',  frère  de  Charles  VI,  alors  vivant. 


^84  BIBLIOGRAPHIE. 

âge.  En  dehors  des  inutiles  récits  romanesques,  on  y  trouve  cependant 
une  œuvre  originale,  qui  consiste  dans  les  descriptions  historiques  et 
les  parties  purement  poétiques  de  l'ouvrage;  or,  cette  partie  est  assez 
importante  pour  fixer  à  son  auteur  un  rang  honorable  parmi  les  écri-- 
vains  français  de  cette  époque  »  (p.  132).  A  la  fin  du  volume,  un  appen- 
dice offre  trente-deux  passages  saillants  du  Chevalier  Errant. 

La  partie  historique  présente  quelques  défauts.  On  peut  se  demander 
pourquoi,  dans  «  l'impossibilité  »  alléguée  par  lui  à  la  page  vi  de  con- 
sulter les  sources  originales  qu'il  savait  exister  à  Grenoble  et  à  Turin, 
M.  Jorga,  non  content  de  donner,  avec  les  matériaux  dont  il  disposait, 
la  biographie  de  l'auteur  du  Chevalier  Errant,  a  voulu  élargir  son  cadre 
et  écrire  sur  les  prédécesseurs  de  Thomas  III  des  pages  trop  nombreuses 
et  trop  détaillées  pour  un  précis  historique,  trop  peu  solidement  étayées 
pour  une  étude  critique.  En  consultant  seulement  l'excellent  volume 
de  M.  Blanchi  sur  le  Materie  politiche  relative  alV  estera  degli  archivi  di 
stato  piemontesi  (Turin,  1876,  gr.  in-S»),  par  exemple  aux  catégories 
Satuzzo,  Protocolli  et  autres,  et  en  faisant  appel  à  l'inépuisable  obli- 
geance de  M.  le  baron  de  Saint-Pierre,  surintendant  des  Archives  Pié- 
montaises,  M.  Jorga  aurait  pu  compléter  ou  rectifier  bien  des  choses, 
donner,  par  exemple,  p.  79,  la  date  exacte  du  traité  d'Avigliana, 
importante  dans  la  vie  de  Thomas  de  Saluces  :  15  octobre  1395  <.  On 
s'étonne  davantage  encore  de  voir  M.  Jorga  prendre  parti  dans  des 
questions  aussi  délicates  que  l'authenticité  de  pièces  conservées  dans 
des  dépôts  aussi  respectables  que  les  Archives  de  Turin,  sans  avoir 
jamais  vu  l'original  de  ces  actes  (p.  12,  n.  13). 

Une  introduction  sur  les  origines  de  la  maison  de  Saluces,  ses  voisins 
et  sa  politique;  un  chapitre  i  sur  Thomas  II  et  Frédéric  de  Saluces; 
un  chapitre  ii  sur  la  jeunesse  de  Thomas  III;  un  chapitre  m  sur  l'in- 
fluence française  en  Italie,  plus  nettement  écrit  que  les  précédents,  et, 
après  le  chapitre  iv  consacré  à  l'étude  littéraire  du  Chevalier  Errant, 
un  chapitre  v  sur  le  règne  de  Thomas  III,  constituent  la  partie  histo- 
rique du  travail,  qui  se  termine  par  une  bonne  table  alphabétique  2. 

En  somme,  et  les  réserves  qui  précèdent  étant  faites,  la  partie  histo- 
rique de  la  thèse  de  M.  Jorga  a  droit  à  l'estime  due  à  un  bon  travail  de 
seconde  main  qui  met  en  œuvre  la  plupart  des  ouvrages  importants 
relatifs  à  son  sujet.  Jointe  à  l'étude  littéraire,  elle  forme  un  travail  très 
honorable,  qui  peut  servir  de  base  à  une  excellente  monographie  de 
Thomas  III,  à  la  condition  indispensable  de  mettre  ses  données  à 
l'épreuve  de  sources  originales,  en  somme  faciles  à  atteindre. 

E.  Jarry. 

1.  Archives  d'État  de  Turin.  Categoria  Saluzzo,  mazzo  V,  n°  26. 

2.  Mais  pourquoi,  dans  cette  table  composée  exclusivement  de  noms  français 
ou  italiens,  trouvons-nous  le  nom  latin  Arc/iia  pour  désigner  une  localité  depuis 
longtemps  française,  notre  commune  de  Larche,  dans  les  Basses-Alpes?  /  1 


BIBLIOGRAPHIE.  485 


Documents  inédits  pour  servir  à  Vhistoire  ecclésiastique  de  la  Bel~ 
gique,  publiés  par  le  R.  P.  dom  Ursmer  Berlière.  T.  I.  Maredsous, 
<894.  Gr.  in-80,  vii-325  pages. 

Les  Bénédictins  de  l'abbaye  de  Maredsous  au  diocèse  de  Namur  sont 
des  plus  actifs.  Ils  éditaient  déjà  la  Revue  bénédictine,  un  Monasticon 
belge  et  des  Anecdota  Maredsolana,  et  voici  qu'ils  entreprennent  encore 
une  autre  publication.  C'est  un  savant  distingué,  le  R.  P.  Berlière,  qui 
en  est  chargé,  en  même  temps  que  du  Monasticon  belge. 

Le  premier  volume  de  la  nouvelle  collection  bénédictine  contient  des 
chroniques  (de  Saint-Jacques  de  Liège  et  d'Éname),  des  chartes  (de  Flo- 
rennes,  de  Lobbes,  de  Brogne),  des  procès-verbaux  des  chapitres  géné- 
raux des  monastères  bénédictins  des  provinces  de  Reims  et  de  Sens, 
aux  xine  et  xiv^  siècles,  et  un  nécrologe  de  l'abbaye  de  Saint-Martin  de 
Tournai. 

Ce  dernier  document,  à  lui  tout  seul,  occupe  à  peu  près  la  moitié  du 
volume  que  nous  annonçons.  Cependant,  il  ne  présente  qu'un  intérêt 
très  mince,  et,  parmi  les  centaines  de  noms  qu'il  nous  livre,  il  n'en  est 
pas  vingt  peut-être  de  vraiment  utiles  à  l'histoire.  Ceux  des  évêques  de 
Tournai  sont  même  à  peu  près  les  seuls  intéressants.  Il  semble,  par 
conséquent,  que  dom  Berlière  aurait  dû  s'y  attacher  spécialement.  Pour- 
quoi donc  alors,  et  puisqu'il  consacrait  tant  de  notes  pleines  d'érudition 
à  des  personnages  insignifiants,  a-t-il  cru  pouvoir  négliger  d'en  consa- 
crer une  à  l'évêque  Radbod,  par  exemple  (p.  166)?  Et  pourquoi  a-t-il 
identifié  (p.  170)  l'évêque  Jean,  que  le  scribe  du  Nécrologe  a  pris  soin 
d'appeler  le  treizième  évêque  de  Tournai,  avec  Jean  Buchiau?  Le 
P.  Berlière  aurait  dû  remarquer  que  dans  le  Nécrologe  de  Saint-Martin 
les  évêques  de  Tournai  sont  numérotés  à  partir  de  la  séparation  du 
siège  d'avec  celui  de  Noyon  en  1146.  Il  se  serait  alors  aperçu  aisément 
que  le  treizième  évêque  de  Tournai  ce  n'est  pas  Jean  Buchiau  (1261- 
1266),  mais  bien  Jean  de  Yassoigne  (1292-1300).  Quant  au  onzième 
évêque,  dom  Berlière  l'appelle  encore  (p.  140)  Philippe  Mousket. 
Cependant,  tout  le  monde  doit  savoir  maintenant  que  le  ménestrel 
Ph,  Mousquet  n'a  jamais  été  évêque  de  Tournai. 

Nous  ne  voulons  pas  multiplier  les  observations  à  propos  des  évêques 
de  Tournai.  Mais,  dans  un  autre  ordre  d'idées,  on  nous  permettra  de 
remarquer  que  le  P.  Berlière  n'a  pas  réussi  à  identifier  le  nom  Fontis 
Somene.  A  la  page  136,  c'est  par  deux  fois  qu'il  imprime  ces  mots  en 
italiques.  L'endroit  pourtant  n'est  pas  du  tout  inconnu,  puisqu'il  s'agit 
de  Fontsomme,  autrement  dit  Fervacques,  important  monastère  de 
Cisterciennes  au  diocèse  de  Noyon.  Quant  au  prior  Hamaticus  de  la 
page  158,  ce  n'est  pas  le  prieur  d'Hamay,  mais  bien  le  prieur  d'Hamage, 
près  de  Marchiennes  (Nord). 


'1 86  BIBLIOGRAPHIE. 

Ces  légères  imperfections  proviennent  sans  aucun  doute  de  la  trop 
grande  hâte  avec  laquelle  a  travaillé  le  P.  Berlière.  Le  premier  volume 
des  Documents  inédits  'pour  servir  à  l'histoire  ecclésiastique  de  la  Belgique 
n'en  est  pas  moins  un  ouvrage  de  valeur,  appelé  à  rendre  des  services 
aux  érudits,  en  Belgique  et  dans  le  nord  de  la  France  surtout.  Nous 
espérons  que,  dans  les  futurs  volumes  de  la  collection  qu'il  vient  d'en- 
treprendre, dom  Berlière  saura  nous  donner  des  textes  plus  intéressants 
et  mieux  étudiés  encore  que  ceux  qu'il  vient  de  mettre  au  jour. 

Armand  d'Herbomez. 

Histoire  de  la  latinité  de  Constantinople^  par  M.  A.  Belix.  2«  édit., 
revue,  augmentée  et  continuée  jusqu'à  notre  temps  par  le  R.  P. 
Arsène  de  Ghatel,  Paris,  A.  Picard,  -1894.  In-8°,  547  pages,  figures 
et  plans. 

L'Histoire  de  l'Église  latine  à  Constantinople,  de  M.  Belin,  consul 
général  de  France  à  Constantinople,  publiée  d'abord  sous  forme  d'ar- 
ticles parus  dans  le  Contemporain,  puis  réunis  en  brochure  en  1872  avec 
de  nombreuses  notes  complémentaires,  était  depuis  longtemps  épuisée; 
elle  reparaît  aujourd'hui,  mise  à  jour  par  le  R.  P.  Arsène  de  Ghâtel  et 
considérablement  augmentée,  sous  la  forme  d'un  gros  volume  in-8°  de 
plus  de  500  pages,  accompagnée  de  deux  plans  anciens  de  Constanti- 
nople et  de  plusieurs  reproductions  en  phototypie  de  monuments  et 
d'inscriptions  de  la  même  ville. 

Après  un  rapide  exposé  de  l'histoire  de  la  communauté  latine  de 
Constantinople  au  moyen  âge,  sous  le  règne  des  empereurs  byzantins 
et  pendant  la  domination  franque,  c'est  l'histoire  de  l'influence  française 
à  Constantinople  qu'on  trouvera  dans  ce  livre,  la  longue  énumération 
des  églises,  des  communautés  religieuses,  des  confréries,  des  écoles,  des 
hôpitaux,  des  œuvres  charitables  de  tout  genre  que  la  France  y  a  fondées 
et  n'a  cessé  d'y  entretenir  et  d'y  protéger  depuis  le  xvii'  siècle.  L'his- 
toire de  l'Église  latine  à  Constantinople  et  celle  de  l'influence  française 
en  Orient  sont  en  effet  intimement  liées,  et  le  nouveau  livre  du  R.  P. 
Arsène  de  Châtel  est  à  la  fois  l'œuvre  d'un  savant  religieux  et  d'un 
ardent  patriote. 

H.  O. 

Anecdota  Maredsolana.  Vol.  //.  Sancti  démentis  Romani  ad  Corin- 
thios  epistulœ  versio  latina  anliquissima.  Edidit  D.  Germanus 
MoRiN.  Maredsoli,  apud  edilorem;  Oxoniae,  apud  J.  Parker,  ^894. 
In-4°,  XVII  et  75  pages. 

La  série  bénédictine  des  Anecdota  va  s'enrichir  d'une  collection  nou- 
velle, qui,  sous  le  titre  de  Anecdota  Maredsolana,  est  appelée  à  prendre 
une  place  très  honorable  à  la  suite  des  célèbres  recueils  inaugurés  au 


BIBLIOGRAPHIE.  ^87 

xviie  siècle  par  d'Achcry  et  par  Mabillon.  Elle  est  due  à  un  religieux  de 
l'abbaye  de  Maredsous  en  Belgique,  dom  Germain  Morin,  dont  nos  lec- 
teurs connaissent  déjà  plusieurs  découvertes  très  intéressantes  dans  le 
domaine  de  la  littérature  ecclésiastique. 

Le  premier  volume  des  Anecdota  MaredsoJana,  paru  en  1893,  était 
consacré  à  la  reproduction  d'un  texte  liturgique  que  la  Bibliothèque 
nationale  a  recueilli  dans  les  débris  de  la  bibliothèque  de  l'abbaye  de 
Silos  :  Liber  comicus  sive  Lectionarius  Misses  quo  Toletana  ecclesia  ante 
annos  7niUe  et  ducentos  utehatur.  Les  juges  les  plus  autorisés  ont  reconnu 
l'importance  du  document  et  le  mérite  de  l'édition. 

Le  second  volume  de  la  collection  n'aura  pas  un  moindre  succès.  II 
met  sous  nos  yeux  un  monument  de  la  plus  vénérable  antiquité,  dont 
l'existence  même  pouvait  jusqu'ici  être  révoquée  en  doute.  On  connais- 
sait depuis  le  xvn«  siècle,  d'après  un  manuscrit  défectueux,  le  texte  grec 
d'une  lettre  adressée  par  saint  Clément  à  l'église  de  Gorinthe.  De  nos 
jours,  on  a  découvert  une  copie  plus  complète  du  texte  grec  et  un 
exemplaire  d'une  version  syriaque.  Mais  on  ignorait  qu'il  en  existât  ou 
qu'il  en  eût  existé  une  ancienne  version  latine. 

Dom  Germain  Morin  a  eu  la  bonne  fortune  de  rencontrer  la  version 
latine  de  la  lettre  de  saint  Clément  aux  Corinthiens  dans  un  manuscrit 
du  xi«  ou  du  commencement  du  xn^  siècle,  qui,  jadis  conservé  à  l'ab- 
baye de  Florennes,  appartient  aujourd'hui  au  grand  séminaire  de 
Namur.  La  version  paraît  dater  des  premiers  siècles  de  l'Église  ;  elle 
dérive  d'un  texte  grec  appartenant  à  une  autre  famille  que  les  deux 
manuscrits  jusqu'ici  connus.  L'éditeur  a  fidèlement  reproduit  l'exem- 
plaire de  Namur;  mais  il  a  eu  grand  soin  d'en  comparer  les  leçons  aux 
passages  correspondants  du  texte  grec  et  du  texte  syriaque.  Il  a  terminé 
sa  publication  par  un  relevé  de  toutes  les  particularités  orthographiques, 
lexicographiques  et  grammaticales. 

Le  fac-similé  phototypique  d'une  page  du  manuscrit  de  Namur  est 
joint  à  la  préface,  dans  laquelle  dom  Germain  Morin  a  très  convenable- 
ment exposé  la  nature  et  la  portée  de  sa  découverte. 

L.  Delisle. 

Xenia  Bernardina.  Sancti  Bernardi,  prîmi  abbatis  Claravallensis, 
octavos  natales  sœculares  pia  mente  célébrantes,  ediderunt  anti' 
stites  et  conventus  Cistercienses  provinciœ  Austriaco-Hungaricœ . 
Vindobonae,  A.  Hôlder,  ^89^.  6  vol.  in-S". 

Les  religieux  cisterciens  de  l'Autriche  et  de  la  Hongrie  ont  célébré 
le  huitième  centenaire  de  la  naissance  de  saint  Bernard  par  une  publi- 
cation qui  mérite  d'être  signalée  et  qui  sera  consultée  pour  différents 
genres  d'études.  Les  Xenia  Bernardina,  dont  l'édition  a  été  dirigée  par 
deux  moines  cisterciens,  le  docteur  Benoît  Gsell  et  le  docteur  Léopold 


i88  BIBLIOGRAPHIE. 

Janauschek,  sont  divisés  en  quatre  parties  et  se  composent  de  six 
volumes. 

La  première  partie,  qui  est  peut-être  la  moins  importante,  est  une 
réimpression  des  sermons  de  saint  Bernard,  tels  que  Mabillon  les  a 
publiés  dans  sa  troisième  édition  des  œuvres  de  saint  Bernard.  On  s'est 
contenté  d'y  ajouter  le  résultat  de  la  collation  de  vingt-quatre  manus- 
crits conservés  dans  les  monastères  cisterciens  de  Heiligenkreuz,  de 
Hohenfurt,  de  Lilienfeld,  d'Ossegg,  de  Reun,  de  Wilhering  et  de  Zwettl. 

La  seconde  partie  consiste  en  deux  volumes  intitulés  :  Die  Handschrif- 
ten-Verzeichnisse  cler  Cistercienser-Stifte  :  Reun  in  Steiermark ;  Heiligen- 
kreuz-, NeuMoster,  Zwettl,  Lilienfeld  in  Nieder-[Oester?'eich]  ;  Wilhering 
und  Schlierhach  in  Ober-Oesterreich;  Ossegg  und  Hohenfurt  in  Boehmen; 
Stams  in  Tirol.  On  y  trouve  la  notice  d'environ  3,200  manuscrits  con- 
servés dans  les  bibliothèques  de  ces  dix  abbayes.  Les  descriptions  sont 
assez  détaillées  pour  permettre  d'identifier  les  textes  du  moyen  âge. 
Nous  regrettons  l'absence  d'une  table  générale  ;  mais  on  a  cru  devoir 
former  des  manuscrits  de  chaque  abbaye  un  groupe  indépendant,  avec 
des  préfaces  et  des  tables  particulières  dont  le  plan  rappelle  à  certains 
égards  celui  qu'ont  adopté  les  rédacteurs  du  dernier  catalogue  des 
manuscrits  de  la  Bibliothèque  impériale  de  Vienne. 

Il  ne  faut  pas  s'attendre  à  rencontrer  dans  des  bibliothèques  cister- 
ciennes beaucoup  de  textes  copiés  avant  le  xn^  siècle,  mais  les  collec- 
tions que  nous  ont  fait  connaître  les  collaborateurs  du  docteur  Léopold 
Janauschek  sont  très  riches  en  livres  du  xii''  au  xv^  siècle.  Un  assez 
grand  nombre  renferment  des  œuvres  ihéologiques  d'écrivains  français. 
Le  n»  150  de  l'abbaye  de  Sainte-Croix  nous  offre  une  table  des  épîtres 
de  Sénèque  qui  fut  rédigée  à  Paris  au  mois  de  juillet  1358  pendant  que 
la  ville  était  assiégée  par  le  régent  :  «  Explicit  tabula  in  epistolas 
Senece  ad  Lucillum,  ordinata  tempore  obsessionis  Parisius,  anno  1358, 
die  15  julii,  in  Sancto  Bernardo.  »  Dans  le  même  volume  sont  deux 
autres  tables  dressées  par  Jean  de  Fait,  moine  de  Saint-Amand,  et  par 
Jean  Calderini. 

La  troisième  partie  (Beitraege  zur  Geschichte  der  Cistercienser-Stifte 
Reun,  Heiligenkreuz,  Neukloster,  Zwettl,  Lilienfeld,  Wilhering,  Schlier- 
hach, Ossegg,  Hohenfurt,  Mogila  bei  Krakau,  Szczyrzic  und  Stams,  und 
der  Cistercienserinnen-Abteien  Marienthal  und  Marienstern)  est  consa- 
crée à  l'histoire  des  quatorze  établissements  cisterciens  dont  les  noms 
viennent  d'être  transcrits.  Les  auteurs  des  notices  se  sont  principale- 
ment attachés  adonner  la  bibliographie  du  sujet,  le  catalogue  des  abbés 
ou  (les  abbesses  et  la  liste  des  religieux  qui  se  sont  fait  connaître  par 
des  travaux  littéraires  ou  artistiques.  Plusieurs  notices  renferment  le 
texte  d'anciens  catalogues  de  manuscrits  conservés  dans  les  monastères 
do  Heiligenkreuz,  de  Zwettl,  de  Lilienfeld  et  de  Hohenfurt. 

La  quatrième  et  dernière  partie,  Bibliographia  Bernardina,  comprend 


BIBLIOGRAPHIE.  ^  89 

la  notice  des  livres  imprimés  contenant,  soit  le  texte,  la  traduction  ou 
l'arrangement  des  écrits  authentiques  ou  supposés  de  saint  Bernard,  soit 
les  travaux  relatifs  à  la  vie  et  aux  ouvrages  du  célèbre  abbé  de  Glair- 
■vaux.  Les  uns  et  les  autres,  confondus  dans  une  série  unique,  sont 
enregistrés  suivant  l'ordre  chronologique  de  publication.  Les  éditions 
dépourvues  de  dates  n'ont  point  été  mises  à  part  et  ont  été  rangées  à 
une  date  hypothétiquement  déterminée.  11  n'y  a  pas  moins  de  2,761  nu- 
méros; mais  une  certaine  quantité  sont  de  simples  renvois  aux  articles 
consacrés  à  saint  Bernard  dans  des  livres  de  genres  divers  ou  dans  les 
grands  répertoires  de  biographie  et  de  bibliographie,  tels  que  ceux  de 
Brunet,  Fabricius,  Hain,  Moréri,  Michaud,  etc. 

L'usage  de  la  Bibliographia  Dernardina  aurait  été  beaucoup  plus  com- 
mode si  le  compilateur,  au  lieu  d'adopter  le  système  d'une  série  unique, 
avait  énuméré  d'abord  les  éditions  collectives  des  œuvres  de  saint  Ber- 
nard, puis  les  éditions  particulières  de  chacun  des  écrits  authentiques 
ou  supposés  du  même  auteur,  enfin  les  ouvrages  ou  les  articles  dont 
saint  Bernard  a  été  l'objet;  les  traductions  en  diverses  langues  auraient 
été  indiquées  à  la  suite  des  textes  originaux. 

Les  tables  ajoutées  à  la  fin  du  volume  corrigent  dans  une  certaine 

mesure  les  inconvénients  du  système  adopté  pour  le  rangement  des 

notices,  lesquelles  ont  été  le  plus  souvent  rédigées  sur  le  vu  des  volumes 

et  sont  généralement  très  exactes.  ^     ^ 

L.  Delisle. 

VInnomée,  par  M.  Anthïme  Sai.nt-Paul.  Gaen,  H.  Delesques,  1893. 
In-S",  2\  pages. 

M.  Anthyme  Saint-Paul  vient  de  publier  sous  ce  titre,  dans  le  Bulle- 
tin monumental,  un  article  qui  tend  à  faire  prévaloir  l'épithète  à.'ogivale 
ou  de  gallicane  sur  celle  de  gothique,  pour  désigner  l'architecture  en 
usage  du  xm^  au  xvi«  siècle.  Après  avoir  rappelé  la  définition  exacte 
du  mot  à^ogive,  qui  doit  s'appliquer  uniquement  aux  nervures  des 
Yoùtes,  comme  Lassus  et  Jules  Quicherat  l'avaient  déjà  démontré, 
il  en  conclut  que  le  terme  d'ogival  pourrait  remplacer  sans  inconvénient 
celui  de  gothique,  puisque  la  croisée  d'ogives  est  le  caractère  essentiel 
des  monuments  gothiques.  Il  suffirait  donc  de  faire  accepter  définitive- 
ment le  mot  A-'ogive  comme  synonyme  de  nervure  pour  que  l'expres- 
sion d'arc/uïeciwre  og^im^e  cesse  de  mériter  la  défaveur  des  archéologues. 

Telle  est  la  première  conclusion  de  l'article  de  M.  Anthyme  Saint- 
Paul,  qui  laisse  à  ses  lecteurs  le  choix  des  épithètes,  pourvu  que  le 
mot  de  gothique  soit  rayé  du  vocabulaire  archéologique.  Est-il  vrai  que 
ce  terme  prête  à  de  regrettables  confusions?  Personne  n'a  plus  cepen- 
dant l'idée  de  considérer  les  Goths  comme  les  inventeurs  de  l'art 
gothique.  Les  opinions  de  Millin,  de  Chateaubriand  et  de  l'abbé  Lécar- 
latte,  qui  faisait  remonter  la  découverte  de  l'architecture  gothique  à 


190  BIBLIOGRAPHIE. 

Bertrand  de  Goth,  élu  pape  sous  le  nom  de  Clément  V,  ne  peuvent 
plus  être  mentionnées  qu'à  titre  de  curiosité.  En  réalité,  cette  épithète 
n'est  ni  meilleure  ni  plus  mauvaise  qu'une  autre,  mais  elle  a  le  grand 
avantage  d'être  comprise  par  tous  les  archéologues  et  par  tous  ceux" 
qui  ne  possèdent  aucune  notion  sur  l'art  du  moyen  âge.  C'est  un  mot 
consacré  par  le  temps,  et,  si  l'étymologie  ne  suffit  pas  à  le  justifier,  il 
a  du  moins  un  sens  assez  large  qui  correspond  au  terme  à' archaïque 
dans  l'esprit  d'un  grand  nombre  de  personnes.  L'écriture  anguleuse 
qui  fut  adoptée  depuis  le  xm«  siècle  jusqu'au  xvi^  a  toujours  été  dési- 
gnée sous  le  nom  de  gothique.  Il  est  donc  tout  naturel  de  donner  une 
qualification  analogue  à  l'architecture  de  la  même  période. 

La  thèse  de  M.  Anthyme  Saint-Paul  soulève  de  nombreuses  objec- 
tions. Remarquons  d'abord  que  les  articles  si  judicieux  de  Jules  Qui- 
cherat  sur  le  sens  du  mot  ogive  n'ont  pas  suffi  à  en  faire  réserver 
l'usage  pour  désigner  les  nervures  d'une  voûte.  On  lit  encore  dans  des 
études  monumentales  très  récentes  les  expressions  «  fenêtre  en  ogive, 
portail  en  ogive,  »  ce  qui  prouve  bien  que  les  mots  à'ogive  et  d'arc 
brisé  sont  trop  souvent  regardés  comme  synonymes.  Si  l'épithète  à'ogi' 
vale  appliquée  à  l'architecture  gothique  finissait  par  s'imposer,  certains 
auteurs  continueraient  à  croire  que  l'arc  brisé  est  le  seul  caractère 
essentiel  du  style  gothique.  En  outre,  la  voûte  d'ogives  se  rencontre 
dans  certaines  églises  purement  romanes.  Peut-on  dire  que  le  porche 
de  Moissac  est  un  monument  ogival  parce  qu'il  est  recouvert  de  ner- 
vures entrecroisées?  Faudra-t-il  appliquer  la  même  épithète  à  toutes 
les  églises  romanes  de  la  Normandie  surmontées  de  voûtes  d'ogives 
primitives  ou  rajoutées  après  coup?  Ce  serait  une  source  de  malenten- 
dus. Si  la  présence  de  quelques  croisées  d'ogives  ne  suffit  pas  à  modi- 
fier l'aspect  d'un  édifice  roman,  pourquoi  supprimer  le  mot  de  gothique, 
qui  s'applique  à  des  églises  caractérisées  par  l'emploi  simultané  de  la 
nervure,  de  l'arc  brisé  et  de  l'arc-boutant?  C'est  la  fusion  de  ces  trois 
éléments  qui  constitue  le  style  gothique.  En  donnant  la  préférence  à 
l'arc  ogive  pour  qualifier  d'un  nouveau  nom  l'architecture  gothique,  on 
s'expose  à  des  critiques  d'autant  plus  justifiées  que  l'arc-boutant  pour- 
rait être  considéré  comme  un  caractère  aussi  essentiel  des  églises  bâties 
entre  le  xin^  et  le  xvi*  siècle. 

Après  avoir  reconnu  de  bonne  grâce  que  les  dénominations  d'archi- 
tecture française,  parisienne  ou  catholique  n'arriveraient  pas  à  rempla- 
cer le  nom  de  gothique,  M.  Anthyme  Saint-Paul  propose  l'épithète  de 
gallicane  pour  satisfaire  les  archéologues  qui  ne  voudraient  pas  se  ser- 
vir du  mot  iVogival.  11  fait  observer  que  les  expressions  de  clocher  gal- 
lican, à'égiise  gallicane  seraient  aussi  naturelles  que  celles  de  coupole 
byzantine  ou  d'église  syrienne.  Si  ce  langage  nouveau  passait  de  la  théo- 
rie dans  la  pratique,  les  moindres  inconvénients  qui  pourraient  en 
résulter  seraient  de  faire  naître  immédiatement  une  architecture  ita- 


BIBLIOGRAPHIE.  ^  9^ 

lienne,  allemande  ou  anglaise.  Tandis  que  les  archéologues  étrangers 
admettent  fort  bien  le  mot  de  gothique,  qui  ne  froisse  aucune  natio- 
nalité, ils  seraient  tentés  de  recommencer  la  discussion  sur  l'origine 
de  l'art  gothique  pour  revendiquer  le  droit  de  lui  donner  un  nouveau 
nom.  Or,  il  est  toujours  dangereux  de  faire  intervenir  le  patriotisme 
dans  les  questions  scientifiques,  et  le  principal  défaut  de  la  dénomina- 
tion proposée  par  M.  Anthyme  Saint-Paul  est  de  convenir  exclusive- 
ment à  des  archéologues  français.  Du  reste,  l'architecture  romane 
pourrait  aussi  bien  mériter  l'épithète  de  gallicane  que  l'auteur  entend, 
réserver  à  l'art  gothique.  Le  rôle  des  écoles  monumentales  de  la  France 
à  l'époque  romane  n'est  pas  moins  important  que  le  développement  de 
l'art  gothique  dans  notre  pays.  Les  constructeurs  français  produisirent 
des  œuvres  d'architecture  gallicane  au  xi^  siècle  de  même  qu'au  xni^  et 
au  XVII8  siècle.  Il  est  donc  inutile  d'affaiblir  au  profit  de  l'art  gothique 
l'originalité  nationale  de  l'art  roman  ou  de  l'architecture  du  siècle  de 
Louis  XIV. 

M.  Anthyme  Saint-Paul  avoue  lui-même  que  les  expressions  à''église 
française,  de  château  français  ne  sauraient  éveiller  l'idée  d'un  édifice 
bâti  dans  une  période  déterminée.  Pourquoi  les  mots  ([''église  gallicane 
et  de  château  gallican  auraient-ils  le  privilège  de  faire  deviner  à  tel  ou 
tel  archéologue  que  cette  épithète  désigne  un  monument  des  derniers 
siècles  du  moyen  âge  ?  Ce  mot  n'a  jamais  été  appliqué  à  l'histoire  de 
l'art,  et  il  serait  facile  de  lui  donner  un  sens  restreint  et  précis,  répond 
M.  Anthyme  Saint-Paul.  C'est  justement  parce  que  les  mots  de  con- 
vention prêtent  à  des  confusions  incessantes  qu'il  vaut  mieux  se  dis- 
penser de  les  employer.  Le  mot  de  gallican  servira  toujours  à  désigner 
l'esprit  d'indépendance  du  clergé  français  vis-à-vis  de  la  papauté. 
Faut-il  le  détourner  de  son  sens  classique  pour  le  faire  entrer  dans  le 
domaine  de  l'archéologie,  où  personne  ne  comprendra  sa  nouvelle 
signification?  Nous  n'en  saisissons  pas  l'utilité.  Si  le  mot  de  gothique 
est  médiocre,  celui  de  gallican  est  à  la  fois  obscur  et  inexact. 

Jules  Quicherat  ne  s'était  pas  mépris  sur  la  valeur  très  relative  du 
terme  de  gothique  appliqué  à  l'architecture  d'une  certaine  période  du 
moyen  âge,  mais  il  avait  démontré  que  l'emploi  d'une  autre  épithète 
entraînerait  de  fâcheuses  conséquences.  Il  a  réfuté  d'avance  en  quelque 
sorte  plusieurs  arguments  de  M.  Anthyme  Saint-Paul  dans  ses  deux 
études  sur  l'ogive  et  sur  l'âge  de  la  cathédrale  d'Embrun.  La  dénomi- 
nation d'architecture  gothique  a  pour  elle  la  force  de  l'usage  et  les 
avantages  de  la  clarté.  C'est  un  terme  qui  ne  prête  à  aucune  équivoque 
et  qui  ne  consacre  aucune  prétention  nationale.  La  nomenclature  archéo- 
logique n'a  pas  besoin  de  s'enrichir  d'un  mot  nouveau  qui  ne  fera 
jamais  partie  de  la  langue  usuelle,  et  l'article  de  M.  Anthyme  Saint- 
Paul  n'est  pas  de  nature  à  modifier  sur  ce  point  l'enseignement  tradi- 
tionnel de  l'École  des  chartes. 

Eugène  Lefèvre-Pontalis. 


192  BIBLIOGRAPHIE. 

Essai  sur  l'histoire  du  théâtre,  la  mise  en  scène,  le  décor,  le  cos- 
tume, l'architecture,  l'éclairage,  l'hygiène,  par  Germain  Bapst. 
Paris,  Hachette  et  G'%  -1893.  In-4°.  Ouvrage  orné  de  85  gravures. 

«  Ce  livre  est  le  rapport  officiel  du  jury  de  la  classe  des  Arts  décora- 
tifs sur  les  théâtres. 

«  Jusqu'à  présent,  aucun  rapport  sur  les  théâtres  n'a  été  présenté 
par  le  jury  d'examen  des  expositions  universelles.  Aussi  avons-nous 
cru  que  pour  faire  comprendre  l'état  matériel  du  théâtre  moderne  il 
convenait  d'exposer  au  public  l'histoire  de  l'architecture  théâtrale,  de 
la  décoration,  du  costume,  de  l'hygiène.  L'étude  de  ces  différentes 
branches  pourrait  seule  nous  amener  à  montrer  l'état  actuel  de  la  ques- 
tion et  les  progrès  qu'on  est  en  droit  d'exiger  en  matière  de  théâtre.  » 

Gomme  on  le  voit  par  cette  entrée  dans  le  sujet,  M.  Germain  Bapst 
s'est  réservé  de  l'embrasser  dans  toute  son  ampleur;  il  le  pouvait  mieux 
que  personne,  eu  égard  à  la  sagacité  vraiment  remarquable  employée 
par  lui  à  débrouiller  d'autres  écheveaux.  Son  ouvrage,  divisé  en  trois 
parties,  relève  de  notre  critique  au  moins  pour  la  première,  celle  rela- 
tive au  théâtre  du  moyen  âge.  Peut-être  n'est-elle  pas  la  plus  origi- 
nale; on  a  tant  écrit  sur  cette  question  qu'il  lui  eût  été  difficile  de 
noter  rien  de  très  particulier  ;  mais  il  a  su  grouper  excellemment  ses 
recherches,  coordonner  les  documents  et  tirer  d'eux  bien  des  choses 
que  l'on  n'y  avait  peut-être  pas  remarquées  dès  l'abord.  Une  qualité 
spéciale  de  l'auteur,  c'est  de  saisir  tout  aussi  bien  le  terme  original  et 
topique  d'un  texte  que  la  synthèse  graphique  d'une  miniature  ou  d'un 
dessin.  Sur  ce  point,  nombre  de  ses  prédécesseurs  ont  échoué,  lesquels 
ne  possédaient  très  bien  que  l'un  ou  l'autre  de  ces  deux  sens  essen- 
tiellement différents. 

M.  Germain  Bapst  a  une  façon  tout  à  fait  lumineuse  et  vulgarisa- 
trice de  rendre  claires  les  conceptions  alambiquées  et  frustes  rencon- 
trées chez  les  anciens  auteurs.  Il  a  le  bon  sens  qui  réduit  à  une  formule 
intelligible  les  descriptions  compliquées  et  leur  communique  une  allure 
contemporaine.  Il  résume  en  deux  pages  à  peine  la  matière  de  plusieurs 
livres,  et  il  en  exprime  les  notes  utiles.  Ses  comparaisons  même,  peu 
habituelles  en  érudition,  entre  les  gens  du  moyen  âge  et  nous  autres 
donnent  une  physionomie  palpable  et  coutumière  à  de  menus  faits, 
restés  nuageux  et  peu  compréhensibles  lorsqu'on  les  prend  à  leur  terme 
strict.  Qu'est  le  mystère  de  sainte  Agnès  ?  Un  peu  avec  ses  brutalités 
et  ses  réalismes  ce  que  sont  nos  drames  du  boulevard  ;  la  lettre  du 
drame  a  seule  varié,  le  public  est  resté  pareil.  Un  simple  mot  précise 
la  philosophie  et  la  portée  de  ces  représentations  d'autrefois  ;  décrites 
par  un  savant  moins  documenté  dans  le  sens  moderne,  ces  féeries  d'il 
y  a  six  ou  sept  siècles  fussent  restées  lettre  close  pour  le  plus  grand 
nombre  de  lecteurs  ;  les  voici  expliquées  à  tout  le  monde. 


BIBLIOGRAPHIE.  ^ 93 

Le  plus  grand  mérite  du  livre  de  M.  Germain  Bapst  est  d'avoir  établi 
l'origine  indiscutable  de  notre  théâtre  et  ses  transformations.  Ses  cha- 
pitres aident  merveilleusement  à  ses  déductions  logiques.  Il  prend  à 
travers  le  moyen  âge,  et  jusqu'à  la  fin  du  xvi«  siècle  successivement,  la 
disposition  du  théâtre,  la  scène,  la  machinerie  et  les  décors,  les  cos- 
tumes et  la  mise  en  scène,  les  femmes  au  théâtre,  la  peinture  décora- 
tive, les  pièces  religieuses  et  les  profanes,  les  mystères  mimés  aux 
entrées  de  souverains.  Chemin  faisant,  il  jette  çà  et  là  quelques  idées 
neuves  ou  rectifie  scientifiquement  des  erreurs  de  très  vieille  date.  Il  a 
été  surpris  de  rencontrer  aux  estampes  de  la  Bibliothèque  nationale 
une  entrée  à  Paris  non  citée  dans  les  ouvrages  de  bibliographie.  Patiem- 
ment, il  note  des  erreurs  et  des  inadvertances  et  conclut  à  une  imagerie 
faussée,  —  faussée  au  xvn°  siècle  par  Fevret  de  Fontette,  qui  n'y  avait 
point  cherché  malice  et  se  voulait  tout  bonnement  créer  je  ne  sais  quelle 
approximation  graphique  d'une  entrée  royale.  —  M.  Germain  Bapst  a 
prouvé  que  cette  prétendue  fête  en  l'honneur  du  roi  François  était  en 
réalité  celle  offerte  par  la  ville  de  Bruges  à  Charles-Quint.  Je  cite  ceci 
entre  autres  choses  pour  montrer  la  conscience  de  l'auteur  et  son  envie 
de  dire  le  vrai.  Il  met  d'ailleurs  en  ses  affirmations  la  plus  grande 
modestie,  citant  en  note  la  moindre  explication  fournie  par  un  confrère 
et  réservant  son  opinion  s'il  ne  la  peut  asseoir  sur  de  fortes  et  indiscu- 
tables preuves. 

Il  y  aurait  donc  mauvaise  foi  à  traiter  ce  livre  d'œuvre  de  vulgarisa- 
tion; on  aime  aujourd'hui  volontiers  à  lancer  ce  mot.  Lisible  certes, 
mais  est-ce  en  vérité  un  si  grand  défaut?  Toute  la  partie  moderne, 
qui  nous  intéresse  moins,  offre  le  tableau  le  plus  complet  et  le  plus 
fouillé  de  l'histoire  du  théâtre  sous  Louis  XIV,  au  xvni^  et  au 
xix«  siècle.  Le  grand  reproche,  le  seul  à  formuler,  c'est  l'insuffisance 
absolue  des  gravures.  M.  Germain  Bapst  base  certaines  théories 
sur  des  figurations  dessinées  que  le  lecteur  ne  voit  pas,  et  celles 
qu'on  voit  sont  en  majorité  de  qualité  médiocre  et  banale.  Une 
œuvre  de  cette  portée  eût  nécessité  la  documentation  graphique  la  plus 
soignée  et  la  plus  définitive.  Il  est  certain,  par  exemple,  que  la  femme 
de  Louis  XI  reproduite  à  la  page  49  comme  spécimen  du  costume 
«  que  revêtaient  les  saintes  femmes  dans  les  mystères  »  n'est  qu'une 
cheville  inutile  et  d'ailleurs  fort  mal  gravée.  La  maison  Hachette  eût 
dû  tenir  à  honneur  de  ne  pas  jeter  dans  la  librairie  un  travail  aussi 
remarquable  par  le  fond  que  naïf  et  enfantin  dans  l'illustration.  Mais 
cette  querelle  de  costume  n'empêchera  point  le  livre  de  faire  son  che- 
min ;  il  résume,  il  précise  et  il  détermine  tant  de  points  admis  et  obs- 
curs qu'on  ne  saurait  le  recommander  de  trop  à  ceux  qui,  tout  en  ché- 
rissant l'érudition,  admettent  chez  elle  un  côté  aimable. 

Henri  Bouchot. 
1894  i3 


'194  BIBLIOGRAPHIE. 

Galerie  illustrée  de  la  Compagnie  de  Jésus.  Album  de  400  portraits 
choisis  parmi  les  plus  beaux,  les  plus  rares  ou  les  plus  importants 
et  reproduits  en  héliogravure,  par  les  soins  el  sous  la  direction 
du  P.  Alfred  Hamy,  de  la  même  Compagnie.  Paris,  chez  l'auteur, 
H  bis,  rue  Lhomond,  -1893.  8  vol.  in-fol. 

Peut-être  ne  suis-je  point  le  critique  qu'il  faudrait  pour  vanter  à  sa 
valeur  la  grande  et  fort  ingrate  besogne  à  laquelle  le  R.  P.  Hamy  vient 
de  mettre  la  dernière  main.  La  plupart  des  hommes  dont  il  nous 
donne  les  traits  ont  joué  un  rôle  éminent.  Qu'on  les  juge  à  sa  façon, 
ils  ont  été,  ils  ont  vécu,  et  on  ne  les  empêchera  pas  d'avoir  vécu.  Que 
par  eux  la  France  et  l'Europe  aient  été  encombrées  d'un  art  lourd  et 
médiocre  extrêmement,  le  fait  n'est  plus  discutable.  Ni  l'architecture 
ni  l'Université  ne  se  sont  encore  débarrassées  de  leurs  théories,  mais 
que  nous  importe!  Bonnes  ou  mauvaises,  ils  ont  fait  beaucoup  de 
choses;  plusieurs  ont  laissé  un  nom,  et  les  adversaires  loyaux  ne  brû- 
leront pas  plus  leur  figure  que  les  gens  sages  ne  casseront  les  N  ou 
les  fleurs  de  lis  au  fronton  des  monuments. 

Ce  qu'a  cherché  avant  tout  le  P.  Hamy,  c'est  de  faire  œuvre  d'his- 
toire, abstraction  faite  des  esthétiques  et  des  arts.  Tout  portrait  de 
Jésuite  célèbre,  fût-ce  la  pire  horreur  du  monde,  a  été  pieusement 
recueilli  par  lui,  livré  à  un  photograveur  habile  et  inséré  dans  .son 
album.  C'est  donc  un  dictionnaire  biographique  spécial  qu'il  nous 
montre,  une  sorte  d'encyclopédie  figurée  de  la  célèbre  Compagnie  depuis 
son  origine  jusqu'à  ces  derniers  temps.  Les  ouvrages  de  ce  genre  sont 
rares;  ils  nécessitent  un  éveil  constant,  une  orientation  et  une  étude 
particulières,  une  connaissance  avisée  des  moindres  faits  pour  ne  laisser 
jamais  rien  échapper  d'essentiel.  Publiés,  ils  fournissent  aux  travail- 
leurs la  source  de  renseignements  la  plus  sûre  et  la  plus  épurée.  Et, 
comme  les  Pères  de  la  Compagnie  ont  toujours  été  de  près  ou  de  loin 
mêlés  à  toutes  les  affaires  politiques  de  trois  siècles,  le  livre  du  P.  Hamy 
devient  pour  l'historien  un  guide  nécessaire  et  indispensable. 

Sans  doute,  les  personnes  étrangères  aux  études  de  ce  genre,  et  seu- 
lement préoccupées  d'esthétique,  auront  une  surprise  en  ouvrant  le 
livre.  Si  l'on  en  juge  par  les  reproductions,  les  Pères  de  la  Compagnie 
ont  rarement  trouvé  l'artiste  courtisan  et  flatteur.  Sauf  de  rares,  de 
trop  rares  exceptions,  nous  les  voyons  livrés,  —  on  dirait  par  humilité 
chrétienne,  —  à  des  artistes  infimes  qui  se  sont  donné  la  tâche  de 
ridiculiser  ou  d'enlaidir  leurs  modèles.  Peut-être  d'ailleurs  le  P.  Hamy, 
surpris  par  sa  piété  filiale!  n'a-t-il  pas  cherché  à  éliminer  certaines 
ligures  dont  la  touche  un  peu  forcée  peut  nuire  à  l'ensemble.  En  rédui- 
sant à  400  le  nombre  de  ses  reproductions,  le  savant  auteur  se  réser- 
vait donc  un  choix  à  faire;  on  eût  souhaité  qu'il  le  fit  plus  radical. 
Bien  plus,  nous  le  voyons  parfois  dédaigner  une  portraiture  excellente 


BIBLIOGRAPHIE.  ^195 

comme  celle  de  Charles  de  Lorraine  (crayon  unique  conservé  au  Cabi- 
net des  Estampes)  pour  la  remplacer  par  des  tailles-douces  médiocres 
et  absolument  banales. 

Je  ne  m'étendrai  pas  outre  mesure  sur  ces  critiques  faciles  ;  ceux  qui 
ont  entrepris  de  semblables  travaux  savent  quelle  somme  de  difficultés 
ils  présentent,  combien  il  se  faut  abstraire  d'idées  préconçues  et  démo- 
lir de  sièges  tout  faits.  Il  ne  se  pouvait  pas  que  le  R.  P.  Hamy  admît 
dans  son  encyclopédie  certaines  pièces  satiriques  dont  peut-être  la  qua- 
lité eût  paru  supérieure  aux  profanes.  Même  il  s'est  ingénié  à  ne 
prendre  dans  nos  collections  publiques  que  les  portraits  rarissimes  ou 
tirés  à  petit  nombre.  Bon  nombre  de  ceux  qu'il  nous  présente  repro- 
duisent des  originaux  conservés  en  divers  lieux,  et  dont  les  clichés  lui  ont 
été  fournis  par  des  correspondants.  C'est  par  ce  côté  surtout  que  l'ico- 
nographie du  P.  Hamy  prend  un  bon  rang  parmi  les  œuvres  similaires; 
elle  devient  comme  un  recueil  de  documents  inédits,  et  je  n'en  fournirai 
pour  exemple  que  le  portrait  d'Ignace  de  Loyola  obtenu  directement 
d'après  le  tableau  de  Madrid,  avant  les  retouches  d'un  artiste  mal- 
habile. Sans  doute  on  ne  verra  point  dans  cette  tête  maladive  ce  que 
le  savant  auteur  y  rencontre,  mais  on  est  en  face  d'une  œuvre  sincère, 
naïve,  absolument  authentique  et  jusqu'à  ce  jour  ignorée  des  historiens 
sérieux. 

Le  P.  Hamy  a  joint  à  ses  portraits  une  suite  de  notices  classées  par 
ordre  alphabétique,  un  peu  volontairement  tenues  dans  les  termes 
vagues.  Il  est  certain  que  plusieurs  mentions  utiles  ont  été  écartées 
comme  il  convenait.  L'auteur,  qui  sait  quelle  respectueuse  considération 
nous  professons  à  l'égard  de  sa  personne  et  de  sa  merveilleuse  faculté 
de  travail,  nous  pardonnera  cette  nouvelle  critique;  il  passe  un  peu  vite 
sur  des  faits  connus. 

En  dépit  de  ces  petites  imperfections  de  détail,  sensibles  seulement 
pour  les  gens  du  siècle,  la  Galerie  illustrée  de  la  Compagnie  de  Jésus 
témoigne  d'un  considérable  effort  et  d'une  persévérance  jamais  lassée 
ni  rebutée.  Je  laisse  à  part  le  côté  technique  de  l'œuvre,  la  mise  en 
œuvre  de  ces  reproductions  soignées  également;  je  ne  garde  que  la 
partie  documentaire  et  historique,  la  seule  dont  je  puisse  parler  ici  en 
franchise.  Elle  est  digne  de  tout  intérêt.  Elle  va  se  joindre  tantôt  aux 
autres  travaux  du  P.  Hamy,  l'Essai  sur  l'iconographie  de  la  Compagnie 
de  Jésus,  les  Documents  pour  servir  à  Vhistoire  des  domiciles  de  la  Com- 
pagnie de  Jésus,  deux  livres  aujourd'hui  rares,  et  dont  le  dernier  surtout 
est  venu  combler  une  lacune  dans  la  terminologie  des  noms  de  lieux. 
La  Galerie  illustrée  est  comme  ces  livres  un  ouvrage  de  bibliothèque 
indispensable,  même  aux  historiens  les  moins  orientés  dans  le  sens  de 
ces  études. 

H.  BODCHOT. 


196  BIBLIOGRAPHIE. 


Les  Fables  de  Phèdre.  Édition  paléographique  publiée  d'après  le 
manuscrit  Rosanbo,  par  Ulysse  Robert.  Paris,  Imprimerie  natio- 
nale, ^893.  In-8°  de  XLVI-^88  pages,  avec  deux  planches. 

Le  manuscrit  d'après  lequel  Pierre  Pithou  fit  connaître  en  1596  les 
Fables  de  Phèdre  et  qui  appartient  aujourd'hui  à  M.  le  marquis  de 
Rosanbo  jouit  d'une  grande  et  légitime  réputation  depuis  trois  siècles. 
Quoiqu'il  eût  été  collationné  à  différentes  reprises,  il  était  loin  d'avoir 
fourni  tout  ce  qu'on  en  pouvait  tirer  pour  établir  le  texte  des  vers  du 
fabuliste  latin.  C'est  à  notre  confrère  M.  Ulysse  Robert  qu'est  échue 
l'honorable  tâche  de  le  mettre  en  pleine  lumière.  Il  s'en  est  acquitté 
avec  le  soin  et  la  critique  dont  il  avait  fait  preuve  en  1881  quand  il 
avait  eu  à  publier  l'antique  version  du  Pentateuque  conservée  dans  le 
célèbre  manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Lyon. 

La  publication  de  notre  confrère  contient  un  double  texte  des  Fables 
de  Phèdre  :  1°  un  texte  paléographique,  où  sont  reproduites  toutes  les 
particularités  du  manuscrit  :  les  signes  d'abréviation  et  de  ponctuation, 
la  disposition  des  rubriques  et  des  grandes  lettres,  la  coupure  des  pages 
et  des  lignes  ;  2°  un  texte  courant,  où  l'on  trouve  chaque  vers  mis  à  la 
ligne,  les  abréviations  remplies,  les  grandes  lettres  et  la  ponctuation 
marquées  d'une  façon  logique  et  régulière. 

Le  manuscrit  Pithou-Rosanbo  contient  à  la  suite  des  Fables  de  Phèdre 
un  traité  tératologique  qui  a  pu  être  intitulé  :  De  monstris,  belluis  et  ser- 
pentibus  liber.  M.  Ulysse  Robert  en  a  donné  une  édition  fidèle,  en  com- 
blant une  lacune  du  manuscrit  Pithou-Rosanbo  à  l'aide  d'un  manuscrit 
de  Wolfenbuttel. 

Le  volume  que  nous  annonçons  n'a  pas  seulement  le  mérite  de  repro- 
duire avec  la  plus  rigoureuse  et  la  plus  minutieuse  exactitude  des  textes 
précieux  à  plus  d'un  titre.  L'éditeur,  dans  la  préface  qu'il  a  mise  en 
tête  du  volume,  a  décrit  le  manuscrit  Pithou-Rosanbo  et  en  a  retracé 
les  vicissitudes.  Ce  n'est  pas  la  partie  la  moins  intéressante  du  livre,  et 
nous  recommandons  à  nos  lecteurs  les  pages  dans  lesquelles  est  dis- 
cutée la  question  de  l'origine  du  manuscrit. 

M.  Ulysse  Robert,  après  avoir  comparé  le  Phèdre  avec  beaucoup  de 
manuscrits  du  ix^  siècle,  a  cru  pouvoir  l'attribuer  à  un  scribe  de  la  ville 
ou  du  pays  de  Reims.  Au  cours  de  la  discussion,  il  a  insisté  sur  deux 
particularités  qu'il  considère  comme  signes  caractéristiques  des  manus- 
crits rémois  du  ix''  siècle  :  1°  l'emploi  d'un  i  allongé,  assez  semblable  à 
la  lettre  i,  au  commencement  des  mots  dans  le  cours  des  phrases; 
1"  l'usage  de  figurer  la  conjonction  que  par  un  q  suivi  d'un  seul  point. 
Si  cette  règle  était  bien  établie,  elle  nous  révélerait  l'origine,  jusqu'ici 
incertaine,  de  quelques-uns  des  plus  célèbres  manuscrits  carlovingiens. 
Ainsi,  nous  trouvons  dans  la  bible  de  Saint-Paul  hors  les  murs  les  ï 


I 


BIBLIOGRAPHIE.  197 

allongés  au  commencement  des  mots,  dans  le  corps  des  phrases,  et  la 
conjonction  que  figurée  par  un  q  suivi  d'un  seul  point. 

Le  travail  très  délicat  et  très  méritoire  auquel  s'est  livré  M.  Ulysse 
Robert  aura  des  conséquences  importantes.  II  a  servi  de  base  à  une  édi- 
tion critique  que  va  publier  M.  Louis  Havet  et  dans  laquelle  le  texte  de 
Phèdre  a  reçu  de  très  notables  améliorations,  comme  l'ont  fait  entrevoir 
des  communications  faites  à  l'Académie  des  inscriptions. 

L.  Delisle. 


LIVRES    NOUVEAUX. 

SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Généralités,  182,  232,  285. 

Sciences  auxiliaires.  —  Épigraphie,  142,  164,  185.  —  Paléographie, 
82.  —  Bibliographie,  12,  85,  194,  206,  215,  276;  bibliothèques,  71,  72, 
151,  207,  230;  manuscrits,  72,  151,  230;  imprimés,  typographie,  71, 
92,  157,  173,  207,  302. 

Sources,  41,  251,  282,  304.  —  Légendes,  Hl,  165.  —  Chroniques, 
89,  122,  216.  — Correspondances,  249.  —  Archives,  H,  14,  58,  94,  126, 
130,  136,  217,  235,  284.  —  Cartulaires,  buUaires,  etc.,  36,  62,  67,  69, 
84,  154,  198,  203,  223,  254,  283,  292-295.  —  Chartes,  40,  208,  281,  288. 
—  Régestes,  255,  256.  —  Comptes,  161.  —Inventaires,  80,  170, 171,  215. 

Biographie,  généalogie,  38.  —  Albert  V  d'Autriche,  53;  Anjou,  296; 
Anne  de  Russie,  65;  Ariscola,  236;  Arpades,  238;  Benoît  IX,  40;  Ben- 
venuto  da  Imola,  268;  Berchtold  de  Falkenstein,  60;  Bernard  (saint) 
de  Menthon,  109;  Berry,  171;  Boccace,  300;  Boucard  (Jean),  245;  Bou- 
tillier  (Jean),  8;  Casimir  III  de  Pologne,  70;  Catherine  (sainte)  d'Ale- 
xandrie, 111;  Cerchiari,  141  ;  Célestin  V,  269;  Chabannes,  75;  Charle- 
magne,  172;  Charles  IV,  empereur,  309;  Chartier  (Alain),  261;  Craon, 
36;  Gima,  49;  Colomb  (Christophe),  231;  Dante,  19,  186,  205,  250; 
Durer  (Albert),  110;  Dlugosz  (Jean),  42;  Edouard  I*""  d'Angleterre,  254  ; 
Eudes,  118;  Ferjeux  (saint),  229  ;  Ferréol  (saint),  229  ;  Flach,  276;  Fon- 
tay  (Jean  de),  261  ;  François  (saint)  d'Assise,  51, 169  ;  Grégoire  VII,  219  ; 
Grégoire  XI,  104;  Guglielmo  da  Saliceto,  6;  Hervé  (saint),  247;  Hohen- 
stauffen,  175  ;  Hupfuff,  276  ;  Hus,  291  ;  Jacques  I^^-  d'Aragon,  286  ;  Jeanne 
d'Arc,  98,  192,  220,228,  308  ; —des  Armoises,  191,  273;  — de  Flandre, 
93;  Langland,  180;  Louis  (saint)  IX,  196;  Louis  XH,  15,  201,  240; 
Lunaire  (saint),  270;  Lusignan,  66;  Martial  (saint),  278  ;  Mathieu  II  de 


n 


198  BIBLIOGRAPHIE. 

Lorraine,  198;  Mélaine  (saint),  103;  Mellerio,  214;  Min,  248;  OttonlII, 
292  ;  Pétrarque,  253  ;  Piacentino,  6;  Philibert  de  Savoie,  240;  Pliilippe 
le  Hardi,  196;  Pierre  (saint)  Damien,  13  ;  Richard  de  Gornouailles,  305  ; 
Rudel,  237;  Salisbury,  102  ;  Salvien,  244;  Savoie,  81;  Savonarole,  17, 
297  ;  Scala,  104  ;  Sforza,  34  ;  Théophile,  277  ;  Thomas  d'Aquin  (saint), 
222;  Thomas  III  de  Saluées,  177  ;  Visconti,  95;  Walfroy  (saint),  239; 
Walther  von  der  Vogelweide,  149. 

Droit,  73,  91,  99. 

Institutions  :  politiques  et  sociales,  5,  14,  67,  74,  84,  105,  128,  146, 
159,  168,  187,  267,  289,  291,  310;  provinciales,  10;  communales,  63, 
208,  281;  judiciaires,  28,  31,  167,  258;  financières,  274. 

Moeurs,  histoire  économique,  4,  58,  59,  64,  120,  123,  139,  150,  182, 
183,  212,  265,  280,  283. 

Enseignement,  3,  7,  70,  130,  257,  279. 

Sciences,  médecine,  123,  124,  144,  160,  193. 

Géographie,  39,  299. 

Religions,  221.  —  Catholicisme,  54,  97,  143;  lipsanographie,  20,  24, 
241;  ordres  religieux,  monastères,  2,  12,  69,  94, 121, 154,  163,  174,  272, 
290,  303,  306;  liturgie,  125. 

Archéologie,  10,  26,  29,  55,  80,  89,  96,  107,  108,  110,  113,  116,  131, 
197,  2H,  225,  226,  242,  261.  —  Architecture,  61,  79,  115,  134,  140, 
147,  148,  157,  158,  189,  202,  204,  262,  266,  303.  —  Sculpture,  178.  — 
Mosaïques,  83.  —  Émaillerie,  25.  —  Verrerie,  264.  —  Céramique,  47.  — 
Tapisserie,  119.  —  Musique,  78,  166.  —  Numismatique,  21,  23,  44,  90, 
114,  129,  133,  305.  —  Sigillographie,  46.  —  Héraldique,  260. 

Langues  et  littératures.  —  Hébreu,  155,  179,  259.  —  Latin,  68.  — 
Langues  romanes,  218;  français,  102,103,  111,  127,  277;  provençal,  57, 
227 ;  wallon,  307 ;  italien,  9,  78, 104,  243;  espagnol,  162, 195.  —  Langues 
germaniques  :  allemand,  43,  48,  68,  101;  anglais,  76,  165,  181.  — 
Langues  Scandinaves,  176,  233. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  5,  21,  29,  44,  63,  77,  105,  113,  120,  128,  147,  151,  153, 
158,  168,  175,  184,  185,  197,  224,  230,  234,  249,  251,  255,  256,  275,  276, 
280,  293,  294,  304. 

Autriche-Hongrie,  53,  138,  149,  163,  188,  238,  274. 

Belgique  et  Pays-Bas,  62,  73,  90,  136,  137,  161,  258,  298. 

Espagne,  50,  94,  271,  286. 

Frange,  142,  275,  298,  —  Angoumois,  134;  Anjou,  32,  36,  262;  Aqui- 
taine, 12,  39  ;  Beauce,  301  ;  Bretagne,  145  ;  Couserans,  288  ;  Flandre,  298; 


BIBLIOGRAPHIE.  •lOO 

Gâtinais,  301  ;  Guienne  et  Gascogne,  54,  58,  72;  Languedoc,  12;  Lor- 
raine, 198;  Maine,  32;  Marche,  287;  Normandie,  31,41,  89;  Orléanais, 
301;  Picardie,  290;  Provence,  2,  12,  72,  108;  Roussillon,  99;  Sain- 
tonge,  69;  Touraine,  47;  Valois,  65;   Vexin,  1;  Vivarais,  213.  — 
Aisne,  112,  131;  Alpes  (Basses-),  203;  Alpes  (Hautes-),  266;  Avey- 
ron,  50;  Bouches-du-Rhône,   116,   299;   Calvados,   119,  252,  263; 
Cher,  61  ;  Gôte-d'Or,  37  ;  Creuse,  287;  Doubs,  71, 126;  Eure,  107;  Eure- 
et-Loir,  87,  217;  Gard,  27,  208;  Garonne  (Haute-),  50;  Gironde,  58; 
Hérault,  57,  117;  llle-et- Vilaine,  204;  Indre-et-Loire,  140;  Loir-et- 
Cher,  69,  281;  Loire-Inférieure,  100;  Loiret,  102, 174, 199,284;  Manche, 
11  ;  Mayenne,  223;  Meurthe-et-Moselle,  96,  210;  Oise,  22,  226,  242 
Orne,  85;  Pas-de-Calais,  132;  Puy-de-Dôme,  79;  Pyrénées  (Basses-) 
189;  Rhône,  83;  Saône  (Haute-),  144;  Saône-et-Loire,  202;  Sarthe,  30 
86,  170;  Savoie,  59,  135,  206;  Seine,  14,  28,  52,  123,  164;  Seine-et 
Oise,   121;  Seine-Inférieure,  125,  209;  Var,  220;  Vendée,  56,  204 
Vienne,  13;  Vienne  (Haute-),  26;  Vosges,  146. 

Grande-Bretagne,  180,  254,  303,  310.  —  Grèce,  154. 

Italie,  18,  33,  35,  45,  74,  91,  95,  115,  122,  130,  133,  156,  167,  177, 
200,  201,  206,  225,  246. 

Pologne,  3,  257.  —  Suisse,  23,  88,  148,  295. 

Orient,  66,  97,  129,  190,  211,  248,  285.  —  Amérique,  106. 

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77.  Chronik  von  Sanct  Peter  zu  Erfurt,  1100-1215.  Uebersetzt  von 
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nozze  Arminio  Levi  —  Elisa  Ascoli.) 

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80.  Collection  de  documents  inédits  relatifs  à  la  ville  de  Troyes  et  à 
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Inventaires  des  principales  églises  de  Troyes,  par  M.  l'abbé  Charles 
Lalore.  Introduction  par  M.  l'abbé  Nioré.  "Troyes,  impr.  Dufour-Bou- 
quot,  1893.  In-S",  cgglix  et  400  p. 

81.  Colombo  (Elia).  lolanda  duchessa  di  Savoia  (1465-1478)  :  studio 
storico  corredato  di  documenti  inediti.  Torino,  G.-B.  Paravia,  1893. 
In-8°,  307  p.  (Extrait  de  la  Miscellanea  di  storia  italiana,  série  U, 
vol.  XVI.) 

82.  Commentarii  notarum  tironianarum  cum  prolegomenis,  adnota- 
tionibus  criticis   et  exegeticis  notarumque  indice  alphabetico  edidit 


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Weiland.  Hannoverae,  Hahn,  1893.  In-4°,  xxi-736  p.  (Monumenta  Ger- 
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von  Garl  Kraus.  Halle,  Max  Niemeyer,  1894.  In-8*,  x-284  p.  7  m. 

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Salisbury.  Publiées  par  L.  Jarry.  Orléans,  Herluison,  1894.  In-8%  14  p. 
(Extrait  des  Bulletins  de  la  Société  archéologique  et  historique  de  VOr- 
léanais.) 

103.  Deux  Vies  rhythmées  de  saint  Mélaine,  à  l'usage  de  l'église  de 
Laval.  Publiées  par  A.  Angot.  Mamers,  impr.  Fleury  et  Dangin,  1893. 
In-S",  15  p. 

104.  Dieci  sonetti  storici  fiorentini  :  a  Firenze;  il  diluvio  del 
M  CGC  XXXIII;  la  guerra  con  Mastino  délia  Scala  ;  la  guerra  con 
Gregorio  XL  (Publié  par  M.  Salomone  Morpurgo  per  le  nozze  di 
Edgardo  Morpurgo  con  Ada  Levi.)  Firenze,  tip.  G.  Garnesecchi  e  figli, 
1893.  In-16,  H-x  p. 

105.  DiEMAND  (Anton).  Das  Geremonieli  der  Kaiserkronungen  von 
Otto  I.  bis  Friedrich  IL  Miinchen,  H.  Liineburg,  1894.  In-8°,  151  p. 
(Historische  Abhandlungen.  Herausgegeben  von  Dr.  Th.  Heigel  und 
Dr.  H.  Grauert,  4.) 

106.  Documenta  selecta  e  tabulario  secreto  Vaticano  quae  Romano- 
rum  pontificum  erga  Americse  populos  curam  ac  studia  tum  ante  tum 
post  insulas  a  Ghristophoro  Golumbo  repertas  testantur  phototypia  des- 
cripta  (curante  J.  G.  Heywood).  (Romae,)  typis  Yaticanis,  1893.  In-fol., 
44  p.  et  45  pi. 

107.  Documents  et  bulles  d'indulgence  relatifs  aux  travaux  exécutés 
du  xm8  au  xvi^  siècle  à  la  cathédrale  d'Évreux,  publiés  par  M.  l'abbé 
Blanquart.  Rouen,  impr.  Gagniard,  1893.  In-8%  24  p. 

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1 10.  Durer's  schriftlicher  Nachlass  auf  Grund  der  Originalhandschrif- 
ten  und  theilweise  neu  entdeckter  alter  Abschriften  lierausgegeben  von 
Dr.  K.  Lange  und  Dr.  F.  Fuhse.  Halle,  M.  Niemeyer,  1893.  In-S», 
xxiv-420  p.,  1  pi.  en  phototypie  et  8  illustrations  dans  le  texte. 

m.  Dve  verse  starofrancouzské  legendy  o  sv.  Katerine  Alexan- 
drinské.  Vydal  Jan  Urban  Jarnik.  [Deux  versions  en  ancien  français 
de  la  légende  de  sainte  Gatherine  d'Alexandrie.]  V  Praze,  nâkl.  ceské 

V 

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291.  Uhlmann  (Paul).  Kônig  Sigmunds  Geleit  fur  Hus  und  das  Geleit 
im  Mittolalter.  Halle  a.  S.,  G. -A.  Kaemmerer,  1894.  In-8o,  88  p.  (Hal- 
lische  Beitràge  zur  Geschichtsforschung,  V.) 

292.  Urkunden  (die)  der  deutschen  Kônige  und  Kaiser.  Herausgege- 
ben  von  der  Gesellschaft  fiir  altère  deutsche  Geschicbtskunde.  II. 
Bandes  2.  Theil.  Die  Urkunden  Otto  des  III.  Hannover,  Hahn,  1893. 
In-4»,  p.  i-ix  et  385-995.  (Monumenta  Germaniae  historica.  Diplomatum 
regum  et  imperatorum  Germaniae,  11,2.)  20  m.,  en  grand  papier  30  m. 

293.  Urkundenbuch  der  Pfarrei  Bcrgheim  (Ober-Elsass),  herausge- 
geben  von  Pfarrer  Eug.  Hans.  Strassburg,  F.-X.  Le  Roux,  1894.  In-8'», 
vn-355  p.  (Quellenschriften  der  elsàssischen  Kirchengeschichte,  I.)  6  m. 

294.  Urkundenbuch  der  Stadt  Lûbeck.  Herausgegeben  von  dem 
Vereine  fiir  Lùbeckische  Geschichte,  IX.  13  (Schluss).  Liibeck, 
E.  Schmersahl,  1894.  In-4o,  p.  965-1,023.  4  m. 

295.  Urkundenbuch  der  Stadt  und  Landschaft  Ziirich.  Herausgege- 
ben von  einer  Commission  der  antiquar.  Gesellschaft  in  Ziirich.  Bear- 


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beitet  von  DD.  J.  Escher  und  P.  Schweizer.  III,  1.  Zurich,  Fâsi  und 
Béer,  1894.  In-4o,  200  p.  7  m. 

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Italie  (1382-1384).  Paris,  aux  bureaux  de  la  Revue,  5,  rue  Saint-Simon. 
In-S",  72  p.  (Extrait  de  la  Revue  des  Questions  historiques  du  l^*"  jan- 
vier 1894.) 

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Latil,  1893.  In-8'',  69  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  d'études  scien- 
tifiques et  archéologiques  de  la  ville  de  Draguignan.) 

300.  Veselovsku  (A.).  Bokkatchtchio,  ego  sredai  sverstniki.  I.  [Boc- 
cace,  son  milieu  et  ses  contemporains.]  Saint-Pétersbourg,  impr.  de 
l'Académie  des  sciences,  1893.  In-8o,  xv-545  p. 

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1893.  In-8o,  v-168  p. 

302.  Warnecke  (Friedr.).  Biicherzeichen  (ex-libris)  des  xv.  und 
XVI.  Jahrh.  von  Diirer,  Burgmair,  Beham,  Virgil  Solis,  Jost  Amman 
und  Anderen.  Berlin,  J.-A.  Stargardt,  1894.  In-4o,  8  p.  et  20  pi.  5  m. 

303.  Watson  (J.).  Jedburgh  abbey,  historical  and  descriptive.  Also 
the  abbeys  of  Teviotdale,  as  showing  the  development  of  Gothic  archi- 
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10  sh. 

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305.  Weber  (F.  P.).  Richard,  earl  of  Gornwall,  and  his  coins  as  king 
of  the  Romans  (1257-1271).  London,  1893.  In-8%  9  p.,grav.  (Extrait  de 
The  Numismatic  chronicle,  XIII,  3*  série.) 

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ter  bis  zur  gregorianisch-cluniacensischen  Zeit.  Basel,  1893.  In-8°, 
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Nouvelle  édition  par  G.  F.]  V  Praze,  I.-L.  Kober,  1894.  In-8%  308  p. 

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England.  Berlin,  A.  Hertz  und  H.  Siissenguth,  1894.  In-8o,  61  p. 
0  m.  80  pf. 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Dans  la  séance  du  26  avril  1894,  la  Société  de  l'École  des  chartes  a 
procédé  au  renouvellement  annuel  de  son  Conseil,  qui  se  trouve  ainsi 
constitué  pour  l'année  1894-1895  : 

Président  :  M.  Lemonnier. 

Vice-président  :  M.  Giry. 

Secrétaire  :  M.  Guilhiermoz. 

Secrétaire-adjoint  :  M.  Teulet. 

Commission  de  publication  :  membres  ordinaires,  MM.  Delisle,  de  Las- 
teyrie  et  Omont  ;  membres  suppléants,  MM.  Ledos  et  Valois. 

Commission  de  comptabilité  :  MM.  de  Barthélémy,  Bruel  et  Morel- 
Fatio. 

Archiviste-trésorier  :  M.  Eugène  Lefèvre-Pontalis. 

—  Les  thèses  des  élèves  de  l'École  des  chartes  ont  été  soutenues  le 
29  et  le  30  janvier  1894.  Voici  les  sujets  que  les  candidats  avaient 
traités  : 

Jules  Ghavanon  :  Renaud  VI,  sire  de  Pons,  lieutenant  du  roi  en 
Poitou,  Saintonge  et  Angoumois,  conservateur  des  trêves  de  Guyenne 
(1348?-1427). 

Alphonse  Dunoyer  :  un  Conseiller  de  Charles  VIII,  Guillaume  Bri- 
çonnet  (1445-1514). 

Albert  Gérard  :  Essai  sur  le  siège  de  Paris  par  Henri  IV. 

Octave  Join-Lambert  :  Étude  sur  l'architecture  religieuse  aux  xi«  et 
xu»  siècles  dans  l'ancien  diocèse  de  Meaux. 

Ernest  Laurain  :  Essai  sur  les  présidiaux  (1552-1790). 

Jean  Lemoine  :  les  Préliminaires  du  règne  de  Jean  IV,  duc  de  Bre- 
tagne (1338-1362). 

Abel  Maisonobe  :  Étude  sur  les  biens  nationaux  de  la  Haute-Garonne. 

Léon  Mirot  :  Essai  sur  la  crise  financière  de  1380-1383. 

Max  Prinet  :  Étude  historique  sur  l'industrie  du  sel  en  Franche- 
Comté. 

Henri  Vautier  :  Caen  et  l'état  du  bailliage  de  Gaen  sous  la  domina- 
tion anglaise  (1417-1450). 

Robert  Villepelet  :  Histoire  de  Périgueux  et  de  ses  institutions 
municipales  jusqu'en  1360. 

4894  45 


226  CHRONIQUE   ET   MÉLANGES. 

—  Par  arrêté  ministériel  du  7  février  1894,  ont  été  nommés  archivistes 
paléographes,  dans  l'ordre  de  mérite  suivant  : 

MM.  MiROT, 

Vautier, 
Join-Lambert, 

Laurain, 

DuNOYER, 
ViLLEPELET, 

Ghavanon. 

—  Ont  été  nommés  archivistes  paléographes  hors  rang,  comme  appar- 
tenant à  des  promotions  antérieures  : 

MM.  Gérard, 

Lemoine, 

Maisonobe, 

Prinet. 

—  Notre  confrère  M.  Paul  Bataillard,  archiviste  de  la  Faculté  de 
médecine  de  Paris,  est  décédé  à  Paris  le  i^"  mars  1894,  à  l'âge  de 
soixante-dix-huit  ans. 

Né  à  Paris  le  23  mars  1816,  Paul  Bataillard  était  entré  à  l'École  des 
chartes  en  1839  et  avait  obtenu  son  diplôme  d'archiviste  paléographe 
le  16  juillet  1841.  Il  a  publié  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes 
les  articles  suivants  : 

De  l'apparition  et  de  la  dispersion  des  Bohémiens  en  Europe  (l'^  série, 
t.  V,  p.  438-475  et  521-539). 

Nouvelles  recherches  sur  l'apparition  et  la  disparition  des  Bohémiens 
en  Europe  (3«  série,  t.  I,  p.  14-55). 

—  Par  arrêté  du  23  avril  1894,  nos  confrères  MM.  Enlart  et  E.  Lefèvre- 
Pontalis  ont  été  chargés,  pendant  le  second  semestre  de  l'année  scolaire 
1893-1894,  d'un  cours  d'archéologie  du  moyen  âge  à  l'École  des  chartes, 
pendant  l'absence  de  M.  de  Lasteyrie,  député. 

—  Par  arrêté  du  1"  mai  1894,  notre  confrère  M.  Alphonse  Dunoyer 
a  été  nommé  rédacteur  au  bureau  des  archives  du  ministère  de  l'ins- 
truction publique. 

—  Par  arrêté  du  14  février  1894,  notre  confrère  M.  Jules  Ghavanon 
a  été  nommé  attaché  non  rétribué  à  la  bibliothèque  de  l'Arsenal. 

—  Par  arrêté  du  5  avril  1894,  notre  confrère  M.  Jean  Passy  a  été 
nommé  archiviste  du  département  des  Basses-Pyrénées,  en  remplace- 
ment de  M.  Flourac,  admis  à  la  retraite. 

—  Par  arrêté  du  23  janvier  1894,  notre  confrère  M.  Marcel  Poète  a 
été  nommé  bibliothécaire  adjoint  de  la  ville  de  Besançon. 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  227 

—  Par  arrêté  du  30  mars  1894,  nos  confrères  MM.  Lex,  Loriquet  et 
Musset  ont  été  nommés  officiers  de  l'instruction  publique. 

—  L'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres,  dans  sa  séance  du 
21  mars  1894,  a  décerné  le  prix  de  numismatique  fondé  par  Duchalais 
à  notre  confrère  M.  Maurice  Prou,  pour  le  Catalogue  des  monnaies  méro- 
vingiennes de  la  Bibliothèque  nationale. 

—  L'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres,  dans  sa  séance  du 
27  avril  1894,  a  décerné  le  prix  de  La  Grange  à  notre  confrère  M.  Bon- 
nardot,  pour  le  Glossaire  des  Miracles  de  Notre-Dame,  publié  par  la 
Société  des  anciens  textes  français. 

—  L'Académie  des  sciences,  belles-lettres  et  arts  de  Rouen  décernera 
en  1896  le  prix  Bouctot  (500  fr.)  à  l'auteur  du  meilleur  travail  sur  le 
sujet  suivant  :  «  Étude  sur  Nicolas  Mesnager  et  sur  son  rôle  dans  les 
affaires  diplomatiques  ou  d'ordre  économique  auxquelles  il  a  pris  part, 
d'après  les  archives  publiques.  »  Les  ouvrages  adressés  au  concours 
devront  être  envoyés  francs  de  port  avant  le  l^r  mai  1896  (terme  de 
rigueur)  soit  à  M.  Barbier  de  la  Serre,  soit  à  M.  Pierre  Le  Bidier, 
secrétaires  de  l'Académie. 

—  Le  conseil  municipal  de  Paris,  à  la  date  du  26  décembre  1893,  a 
chargé  nos  confrères  MM.  Fr.  Funck-Brentano  et  Fernand  Bournon  de 
publier,  le  premier  un  volume  ayant  pour  titre  :  «  Documents  pour  servir 
à  l'histoire  des  lettres  de  cachet  à  Paris  au  xvii^  et  au  xvui^  siècle  ;  »  le 
second,  les  tomes  VII  et  VIII  de  la  Topographie  historique  du  vieux 
Paris,  consacrés  le  tome  VII  à  la  région  orientale  de  l'Université  et  le 
tome  VIII  aux  faubourgs  Saint-Marcel,  Saint- Victor  et  Saint-Jacques. 

—  Le  rapport  que  notre  confrère  M.  A.  Prudhomme  a  présenté  le 
10  juillet  1893  sur  les  archives  de  l'Isère  nous  apprend  que  M.  Henry 
Morin-Pons,  le  collectionneur  lyonnais  bien  connu,  a  partagé  entre  les 
archives  des  départements  dauphinois  et  la  bibliothèque  de  la  ville  de 
Lyon  les  séries  de  documents  historiques  qu'il  avait  formées  et  dont 
une  partie  a  été  l'objet  d'un  catalogue  publié  en  1878  par  MM.  Ulysse 
Chevalier  et  André  Lacroix. 

DOCUMENTS  BORDELAIS 

DE   LA   BIBLIOTHÈQUE   DE   SIR   THOMAS   PHILLIPPS'. 

Le  conseil  général  de  la  Gironde  fut  saisi,  en  1889,  par  M.  Dezeime- 

1.  La  note  qu'on  va  lire  nous  a  été  communiquée  par  notre  confrère  M.  Bru- 
tails,  qui  s'est  discrètement  abstenu  de  signaler  la  part  qui  lui  revient  dans  le 
succès  d'une  très  délicate  négociation. 


228  CHRONIQUE   ET   Me'LANGES. 

ris,  l'un  de  ses  membres,  correspondant  de  l'Académie  des  inscriptions, 
d'une  proposition  ayant  pour  objet  l'achat  des  documents  bordelais  de 
la  collection  formée  par  sir  Thomas  PbiUipps.  La  proposition,  soutenue 
avec  talent  et  autorité,  rallia  les  suffrages  de  l'assemblée  départemen- 
tale, qui  mit  généreusement  à  la  disposition  de  l'administration  les 
fonds  jugés  nécessaires  à  la  réalisation  de  ce  projet. 

De  premiers  pourparlers  échouèrent;  mais,  comme  les  crédits  ne  pou- 
vaient pas  être  indéfiniment  immobilisés  et  reconduits  sur  les  exercices 
ultérieurs,  on  a  repris  dernièrement  les  négociations,  qui  viennent 
d'aboutir.  Le  département  et,  pour  une  part,  la  ville  de  Bordeaux  ont 
donc  conclu  l'acquisition  de  28  registres  et  de  2,068  chartes. 

Ces  documents  ont  été  pour  la  plupart  la  propriété  d'A.  Monteil.  Ils 
proviennent,  les  chartes  détachées  surtout,  de  fonds  nombreux  :  arche- 
vêché, chapitre  métropolitain,  Saiut-Seurin  et  Saint-Pierre  de  Bor- 
deaux, abbaye  de  Sainte-Croix,  de  la  même  ville,  abbayes  de  La 
Sauve,  de  Bonlieu,  Dominicains,  Franciscains,  Glarisses,  hôpital  Saint- 
James  de  Bordeaux,  seigneurie  de  Castelnau-en-Médoc,  intendance,  etc. 
Il  convient  d'ajouter  que  les  archives  de  La  Sauve,  de  Saint-Seurin  et 
de  Saint-James  sont  celles  qui  ont  fourni  le  plus  de  documents. 

Ces  différentes  pièces  répondent  à  la  partie  bordelaise  du  catalogue 
que  M.  Omont  a  publié  en  1889,  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes.  Les  deux  articles  4069  et  4412  ont  toutefois  été  retenus  à 
Cheltenham. 

A^oici  des  principaux  volumes  un  tableau  sommaire,  où  ils  sont  grou- 
pés par  fonds.  Les  numéros  sont  ceux  qui  leur  étaient  attribués  à  Chel- 
tenham et  que  M.  Omont  a  conservés  dans  son  catalogue. 

Archevêché,  113.  Revenus  de  l'archevêché,  xni«  s. 
2855.  Idem. 

1314.  Terrier,  xv*  s. 

Chapitre  métropolitain,  82  et  16902.  Gensier,  obituaire  et  cartulaire, 
xme  s. 

3003.  Acquisition  de  dîmes  de  Montferrand,  xv  s. 

1316.  Terrier,  xv"  s. 
Saint-Seurin  de  Bordeaux,  71.  Cartulaire,  xh«-xiv®  s. 

1327.  Livre  des  statuts,  xiv^-xvii»  s. 

1315.  Terrier,  xv«  s. 
1315  bis.      Id. 
1340.  Id. 

1319.  Procès  entre  l'archevêque  de  Bordeaux  et  les  chapitres  de 

Saint- André  et  de  Saint-Seurin,  xv«  s. 
20290.  Recueil  factice  de  titres  de  la  confrérie  du  Saint-Esprit, 

xiir-xv"  s. 
3507.  Dons  faits  à  la  confrérie  du  Saint-Esprit,  xiv«-xv«  s. 
9718.  Terrier  de  ladite  confrérie,  xv*  s. 


CHRONIQUE   ET   MELANGES.  229 

Abbaye  de  La  Sauve,  69.  Petit  cartulaire,  xiii»  s. 
1069.  Recueil  de  seize  bulles,  xii*-xm'  s. 
1318.  Terrier,  xv'  s. 
1334.  Id. 

4364.  Id. 

2859.  Id. 

2857.  Terrier,  xv°-xvi«  s. 
Abbaye  de  Sainte-Croix,  4371.  Huit  premiers  feuillets  de  l'obituaire  de 
Sainte-Croix,  xiv*  s.  (Le  reste  de  l'obituaire,  qui  se  trouvait 
aux  archives  de  la  Gironde,  a  été  publié,  l'année  dernière, 
dans  le  tome  XXVII  des  Archives  historiques,  p.  293  et  suiv.) 
Dominicains  de  Bordeaux,  2854.  Terrier,  xvi«  s. 
1331.  Procès  avec  les  Franciscains,  xv"  s. 
Hôpital  Saint- Jaynes,  1341.  Terrier,  xv'-xvi"  s. 
Seigneurie  de  Castelnau,  2858.  Terrier,  xv^-xvi'  s. 

231.  Terrier,  xv*  s. 
Intendance,  6432.  Copie  de  lettres  reçues  de  la  cour  par  l'intendant 
Boutin. 

AUGUSTIN  CHASSAING. 

M.  Francisque  Mège,  dont  le  nom  est  connu  de  tous  ceux  qui  s'oc- 
cupent de  l'histoire  d'Auvergne,  a  consacré  à  notre  regretté  confrère 
quelques  pages  dans  le  Bulletin  historique  et  scientifique  de  l'Auvergne  : 
Augustin  Chassaing,  ancien  élève  de  VÉcole  des  chartes.  Notice  biogra- 
phique (tiré  à  part,  Clermont-Ferrand ,  Louis  Bellet,  1893,  in-S"  de 
23  p.).  Lié  pendant  cinquante  ans  avec  A.  Chassaing,  M.  Mège  se  trou- 
vait plus  à  même  que  beaucoup  de  retracer  la  vie  et  les  travaux  du 
consciencieux  érudit.  La  liste  chronologique  des  publications  de  notre 
confrère,  par  laquelle  se  termine  l'opuscule  de  M.  F.  Mège,  étant  infi- 
niment plus  complète  que  celle  qui  a  été  donnée  ici  (tome  LUI,  1892, 
page  315-316),  nous  la  reproduisons  : 

Liste  chronologique  des  publications  d'Augustin  Chassaing. 

1.  Notice  sur  un  tiers  de  sol  d'or  mérovingien  frappé  à  Anicium  (Le 
Puy).  [Annales  de  la  Société  d'agriculture,  sciences,  arts  et  commerce  du 
Puy,  tome  XXVI,  1863,  page  58-69.) 

2.  Rapport  lu  le  5  juillet  1866  sur  une  trouvaille  de  pièces  d'or  du 
xive  siècle  qui  avait  eu  lieu  près  du  Puy.  [Annales,  tome  XXVIII, 
1866-7,  page  112-114.) 

3.  Notice  sur  un  denier  carlovingien  frappé  au  Puy  et  portant  le 
nom  du  roi  Raoul.  Le  Puy,  Marchessou,  1868.  (Extrait  des  Annales, 
tome  XXVm,  1866-7,  p.  485-496.) 


230 


CHRONIQUE    ET   MELANGES. 


4.  Inventaire  du  mobilier  du  château  d'Espaly  dressé  après  le  décès 
de  Pierre  Gorgueil,  évêque  du  Puy  (février  1527).  —  Quittance  d'un 
trousseau  constitué  en  dot  à  une  fille  noble  (1377).  (Extrait  des  Annales 
de  la  Société,  etc.,  tome  XXVIII,  1866-7,  page  565-598.) 

5.  Lettre  de  rémission  du  roi  Charles  "VII  concernant  le  nommé 
Jehan  Baratier,  de  Chomélix,  faux  monnayeur  (1447).  (Annales  de  la 
Société,  etc.,  tome  XXIX,  1868,  page  12-22.) 

6.  Relation  lue  le  4  mars  1868  de  la  visite  faite  au  Puy  les  7  et  8  fé- 
vrier 1868,  par  le  R.  P.  Raphaël  Garrucci,  le  célèbre  archéologue  romain. 
{Annales,  etc.,  tome  XXIX,  1868,  page  48-54.) 

7.  Note  sur  les  billets  de  confiance  émis  en  1792  par  les  municipali- 
tés de  la  Haute-Loire.  {Annales,  etc.,  tome  XXIX,  1868,  p.  147-8.) 

8.  L'ex-voto  de  la  délivrance  de  la  peste  de  1629  à  la  cathédrale  du 
Puy.  (Annuaire  de  la  Haute-Loire,  1869,  2"  partie,  p.  59-68.) 

9.  Le  livre  de  Podio  ou  Chroniques  d'Etienne  Médicis,  bourgeois  du 
Puy.  Le  Puy,  Marchessou,  1869-1874,  2  vol.  in-4°,  lvi-564,  664  p. 

10.  Lettre  de  rémission  pour  Pierre  Mondonnier,  receveur  des  aides 
au  bas-pays  d'Auvergne.  (Annales,  etc.,  tome  XXX,  1869,  page  83-91.) 

11.  Inventaire  du  trésor  de  l'église  collégiale  et  paroissiale  de  Saint- 
Georges  du  Puy  (juillet  1352).  (Revue  des  sociétés  savantes,  1873,  II, 
p.  112-119.) 

12.  Notice  historique  sur  un  sceau  de  Jeanne  de  Jambes,  dame  du 
Luguet,  veuve  de  Jean  de  Polignac,  seigneur  de  Beaumont.  Le  Puy, 

1874.  (Annales,  etc.,  tome  XXXI,  1870-1871,  l'-e  partie,  page  265-273.) 

13.  Notes  sur  l'orfèvrerie  du  Puy  au  moyen  âge  et  à  la  Renaissance. 
Le  Puy,  1874.  (Annales,  etc.,  tome  XXXI,  2^  partie,  p.  41-58.) 

14.  Procès-verbal  de  l'élection  par  les  états  du  Velay  de  trois  députés 
aux  États  généraux  d'Orléans  (27  mars  1649).  (Annuaire  de  la  Haute" 
Loire,  1874,  p.  418-425.) 

15.  Procès -verbaux  des  élections  consulaires  de  la  ville  du  Puy 
en  1696,  1697  et  1698.  (Annuaire  de  la  Haute-Loire,  1875,  p.  451-464.) 

16.  Lettres  de  Louis  XI  portant  donation  à  Charles  des  Astars,  con- 
nétable de  Bordeaux  et  bailli  de  Vivarais,  de  la  seigneurie  de  Pierre- 
latte-en-Valentinois,  confisquée  sur  Gabriel  de  Bernes,  ancien  maître 
d'hôtel  du  roi  (21  juin  1461).  (Revue  des  sociétés  savantes,  1875.) 

17.  Mémoires  de  Jean  Burel,  bourgeois  du  Puy.  Le  Puy,  Marchessou, 

1875,  in-4",  xxxvi-584  p. 

18.  Rôle  du  reinage  de  la  confrérie  de  Saint-Jacques  des  villageois  de 
Vais,  près  le  Puy-en-Velay.  (Revue  des  sociétés  savantes,  1875,  I,  p.  557- 
560.) 

19.  Traité  passé  le  4  avril  1364  entre  les  états  d'Auvergne  et  Seguin 
de  Badefol  pour  l'évacuation  des  montagnes  d'Auvergne  et  du  Velay. 
(Revue  des  sociétés  savantes,  1876,  II,  p.  163-173.) 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  23^ 

20.  Ancien  catalogue  des  prieurs  de  la  chartreuse  du  Glandier,  au 
Bas-Limousin.  {Revue  des  sociétés  savantes,  1877,  p.  314-315.) 

21.  Inventaire  du  mobilier  du  château  d'Ozon-en-Vivarais  (juin-juil- 
let 1361).  {Revue  des  sociétés  savantes,  1880,  p.  163-168.) 

22.  Calendrier  de  l'église  du  Puy  au  moyen  âge.  Paris,  Champion, 
1882.  {Annales,  etc.,  tome  XXXIII,  2"  partie,  p.  265-293.) 

23.  Cartulaire  des  Templiers  du  Puy-en-Yelay.  Paris,  Champion, 
1882.  [Annales,  etc.,  tome  XXXIII,  2«  partie,  p.  139-263.) 

24.  Chartes  de  coutumes  seigneuriales  de  Chapteuil  et  de  Léotoing 
(Haute-Loire)  (1253-1264).  [Nouvelle  revue  historique  du  droit  français. 
Paris,  Larose  et  Forcel,  1882,  p.  76-88.) 

25.  Nécrologie.  Pierre-Marie- Henry  Vinay,  ancien  député  de  la  Haute- 
Loire.  Le  Puy,  Freydier,  1882,  in-8°. 

26.  Baux  à  ferme  de  la  monnaie  du  Puy,  par  les  évêques  du  Puy  à 
Raymond  Touchebœuf,  bourgeois  de  Montpellier  (2  décembre  1269),  et 
à  Guillaume  de  la  Ferté,  bourgeois  de  Saint-Pourçain  (11  août  1318). 
Paris,  Rollin  et  Feuardent,  1882.  [Mélanges  de  nuynismatique,  tome  III, 
p.  440-452.) 

27.  Association  monétaire  entre  Yves,  prieur  de  Souvigny,  et  Agnès, 
dame  de  Bourbon  (16  janvier  1272).  {Revue  numismatique,  1884,  p.  446- 
451.) 

28.  Ordonnances  de  Louis  XI  sanctionnant  des  articles  arrêtés  entre 
les  consuls  et  les  habitants  du  Puy  pour  l'administration  de  cette  ville 
(novembre  1469).  (Extrait  de  la  Nouvelle  revue  historique  du  droit  fran- 
çais et  étranger.  Paris,  Larose  et  Forcel,  1884,  p.  87-99.) 

29.  Trois  documents  historiques  relatifs  à  la  Haute-Loire  :  Cahier  du 
tiers  état  (1789);  Démarcation  et  division  du  département  (1790);  Déno- 
minations révolutionnaires  (1793).  Le  Puy,  Marchessou,  1884.  (Extrait 
de  VAnnuaire  de  la  Haute-Loire,  p.  431-459.) 

30.  Les  méreaux  de  la  collégiale  de  Langeac  (Haute-Loire)  (août  1375). 
[Revue  numismatique,  1885,  p.  179-182.) 

31.  Mémoires  d'Antoine  Jacmon,  bourgeois  du  Puy.  Le  Puy,  Mar- 
chessou, 1885,  in-4°,  xiv-xii-308  p. 

32.  Spicilegium  Brivatense,  recueil  de  documents  historiques  relatifs 
au  Brivadois  et  à  l'Auvergne.  Paris,  Imprimerie  nationale,  1886,  in-4', 
xvn-751  pages. 

33.  Cartulaire  des  hospitaliers  (ordre  de  Saint-Jean  de  Jérusalem)  du 
Velay.  Paris,  Picard,  1888,  grand  in-8°,  lxviii-278  p. 

34.  Inventaire  du  mobilier  de  la  maison  forte  de  Bonneville  dressé 
après  le  décès  de  Gonet  de  Chapteuil,  seigneur  de  Bonneville,  16  no- 
vembre, 11  et  16  décembre  1454.  Lille,  Desclée,  de  Brouwer  et  C'e,  1889. 

35.  Le  Velay  en  1771.  Remarques  sur  le  pays  du  Velay  par  M.  de 
Fages,  commissaire  principal  à  l'assiette  du  Puy,  tenue  le  17  avril  1771. 
Le  Puy,  Marchessou,  1890,  in-12. 


232 


CHRONIQUE   ET   MELANGES. 


36.  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  du  Puy.  (Extrait  du 
Catalogue  général  des  manuscrits  des  bibliothèques  publiques  de  France.) 
Paris,  Pion,  1890,  grand  in-8°,  20  pages. 

37.  Velay  et  Auvergne.  Sous  ce  titre  VAlmanach  de  la  Haute-Loire 
pour  1893  publie  six  pièces  historiques  recueillies  par  Augustin  Chas- 
saing,  savoir  :  Requête  de  M.  de  Saint- Vidal  aux  états  du  Velay  du 
23  janvier  1563.  —  Requête  de  l'abbé  du  grand  clocher  de  la  cathédrale 
du  Puy  aux  états  du  Velay  de  1570.  —  Prix  fait  du  pont  en  bois  de  la 
Voûte-sur- Loire,  7  février  1693.  —  Prix  fait  de  la  maçonnerie  du  pont 
de  la  Voùte-sur-Loire,  du  20  février  1693.  —  Prix  fait  de  la  reconstruc- 
tion de  l'abbaye  des  Ghazes,  du  30  septembre  1666.  —  Prix  fait  donné 
à  Gabriel  Grouzet,  sculpteur  au  Puy,  d'un  tabernacle  pour  le  maître- 
autel  de  Saint- Victor-Malescours,  du  1"  mai  1669. 


INSTRUCTIONS  DONNEES  A  UN  COPISTE  DU  X  V^  SIECLE. 

MM.  S.  Berger  et  P.  Durrieu  ont  signalé  récemment,  dans  un  très 
curieux  mémoire',  l'intérêt  que  présentaient  les  notes  mises  en  marge 
de  certains  manuscrits  pour  guider  l'enlumineur  dans  son  travail. 
Pareille  précaution  a  été  prise  quelquefois  pour  de  simples  copistes, 
même  lorsque  le  manuscrit  ne  devait  pas  être  l'objet  d'une  ornementa- 
tion luxueuse.  Ainsi,  on  trouve  une  note  de  ce  genre  dans  le  manus- 
crit 572  des  Nouvelles  acquisitions  latines  ^  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale acheté  récemment  à  la  vente  Le  Cavelier^.  Cette  note  nous  a  paru 
assez  intéressante  pour  mériter  d'être  reproduite  ici  : 

«  Explicit  tabula  brevis  hujus  operis  ;  sequitur  ordo  scribendi  hoc  opus 
sccundum  artem.  —  Ut  autem  clarius  innotescat  in  hoc  opère  ordo 
intelligendi,  talis  in  eo  scribendi  servetur  modus,  videlicet  quod  majo- 
ribus  litteris  rubeis  vel  azureis,  que  sunt  in  ipsorum  sermonum  exordio, 
proporcionaliter  detur  spacium  sex  linearum  ;  articulorum  vero  iniciis 
quatuor  liniarum  spacium  sufficiens  est;  capitulorum  vero  principiis 
due  Unie  sufficere  possunt.  Ex  tali  quidem  scribendi  ordine  atque  modo, 
distinctio  sermonum  ab  articulis  et  articulorum  a  capitulis  legentibus 
clarius  apparebit,  quemadmodum,  in  sequenti  opère,  exemple  et  expe- 
ricntia  patcre  potest.  » 

G.  G. 


1.  Les  notes  pour  Venlumineur  dans  les  mss.  du  moyen  âge.  Paris,  1893, 
in-8°.  Extrait  du  t.  LUI  des  Mémoires  de  la  Société  des  Antiquaires  de  France. 

2.  Fol.  1  V". 

3.  Première  partie,  26  février-9  mars  1894,  n°  67.  «  Tractatus  de  cbristiana 
rcligione  edilus  per  S.  Bernardinum  de  Senis.  » 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES.  233 


UNE  PRÉTENDUE  BIBLE  LYONNAISE  DE  L'ANNÉE  1500. 

M.  Gopinger,  sous  le  n»  122  de  sa  Bibliographie  des  Bibles  latines  du 
xv®  siècle,  intitulée  :  Incunabula  biblica,  enregistre,  dans  les  termes 
suivants,  une  édition  lyonnaise  de  la  Bible,  à  laquelle  il  assigne  la  date 
de  1500  : 

«  Biblia  latina,  cum  summariorum  apparatu  pleno  quadruplicique 
répertorie  insignita.  Lugduni,  in  officina  Jacobi  Saconi.  Quarto.  » 

Le  savant  bibliographe  anglais  n'avait  point  rencontré  d'exemplaire 
de  cette  bible  ;  il  l'a  citée  sur  la  foi  d'auteurs  qui  n'en  ont  jamais  donné 
une  description  détaillée  et  qui  l'indiquent  les  uns  comme  un  volume 
in-quarto,  les  autres  comme  un  volume  in-octavo. 

Un  exemplaire  de  cette  bible  a  récemment  figuré  sous  le  n»  3824 
dans  le  Catalogue  de  la  quatrième  partie  de  la  bibliothèque  de  M.  Ri- 
cardo  Heredia,  vendue  à  Paris,  du  12  avril  au  11  mai  1894.  Il  était  ainsi 
annoncé  :  «  Biblia  cum  summariorum,  etc.  Lugduni,  in  officina  Jacobi 
Saconi,  1500;  fort  volume  in-8o.  » 

Vérification  faite,  cette  bible,  aujourd'hui  classée  à  la  Bibliothèque 
nationale  sous  la  cote  A.  17960,  appartient  à  l'année  1515  et  non  point 
à  l'année  1500.  On  y  lit,  à  la  fin  de  l'Apocalypse  :  «  Explicit  Biblia...; 
Lugduni,  in  officina  Jacobi  Saconi,  anno  Domini  decimo  quinto  supra 
millesimum,  duodecimo  kalendas  octobris.  »  Il  est  évident  que  le  com- 
positeur a  omis  le  mot  quingentesimo  après  le  mot  Domini.  L'omission 
serait  évidente  lors  même  que  nous  n'aurions  pas  une  autre  bible  impri- 
mée par  le  même  Jacques  Sacon  en  1511,  avec  une  souscription  por- 
tant :  «  Impressa  per  magistrum  Jacobum  Sachon,  anno  Domini  quin- 
gentesimo undecimo  supra  millesimum,  die  xni  januarii.  »  (Bibl.  nat., 
A.  5650.) 

Il  est  assez  remarquable  que  le  mot  quingentesimo  ait  été  omis  dans 
la  souscription  d'une  autre  bible  lyonnaise  de  l'année  1514  :  «  ...  Lug- 
duni, in  officina  Jacobi  Mareschal,  anno  Domini  decimo  quarto  supra 
millesimum,  duodecimo  kalendas  aprilis.  »  (Bibl.  nat.,  A.  5652.) 

L'omission  du  mot  quingentesimo  a  trompé  les  bibliographes  et  leur 
a  fait  attribuer  à  l'année  1500  une  bible  dont  la  date  véritable  est  le 
20  septembre  1515.  La  bible  lyonnaise  de  1500  semble  donc  être  un 
livre  imaginaire,  comme  on  avait  pu  le  conjecturer  dans  le  Journal  des 
Savants  (1893,  p.  213),  même  avant  d'avoir  constaté  à  la  vente  de  la 
bibliothèque  de  M.  Heredia  que  la  bible  annoncée  comme  publiée  à 
Lyon  en  1500  portait  expressément  la  date  du  20  septembre  1515. 


234 


CHBONIQUE   ET   MELANGES. 


LE  CHANSONNIER  ALLEMAND  DE  LA  BIBLIOTHÈQUE 

D'IÉNA. 

Parmi  les  collections  de  poésies  des  Minnesânger,  il  en  est  peu  d'aussi 
célèbres  que  celle  que  nous  a  conservée  le  fameux  manuscrit  de  la 
bibliothèque  d'Heideiberg.  Ce  manuscrit  est  surtout  remarquable  par 
les  figures  qui  accompagnent  le  texte.  La  bibliothèque  universitaire 
d'Iéna  possède  actuellement  un  manuscrit  non  moins  intéressant,  jadis 
propriété  de  la  bibliothèque  électorale  de  Saxe  de  Wittenberg.  Ce 
manuscrit  se  distingue  parce  que  les  poésies  sont  accompagnées  de 
notations  musicales  ajoutées  par  une  main  contemporaine.  Il  offre  donc 
une  importance  capitale  pour  la  connaissance  de  la  musique  laïque  du 
moyen  âge.  M.  K.-K.  MûUer,  bibliothécaire  d'Iéna,  entreprend  aujour- 
d'hui la  publication  de  ce  manuscrit  en  une  reproduction  photogra- 
phique, accompagnée  d'une  transcription  et  de  renseignements  histo- 
riques. Nous  venons  un  peu  tard  pour  annoncer  la  souscription  ouverte 
seulement  jusqu'à  la  Pentecôte.  Quatre  éditions  différentes  en  seront 
données  :  la  première  se  composera  de  266  feuilles  anopistographes  ;  la 
deuxième  de  133  feuilles  imprimées  des  deux  côtés;  la  souscription  pour 
ces  deux  éditions  est  de  150  marks.  La  troisième  édition  (180  marks), 
imprimée  des  deux  côtés,  aura  une  reliure  ancienne  en  cuir  avec  fer- 
moirs gothiques;  la  quatrième  (200  marks),  une  reliure  ancienne  en 
véritable  peau  de  truie,  avec  fermoirs  gothiques.  La  publication  est  faite 
par  la  maison  Fr.  Strobel  à  léna. 

REVUE  NÉO-SCOLASTIQUE. 


Depuis  plusieurs  années  déjà  se  manifeste  chez  les  philosophes 
catholiques  un  retour  à  la  philosophie  scolastique,  adaptée  aux  idées 
modernes;  Léon  XIII,  en  conviant,  par  son  encyclique  Mterni  Patris, 
les  penseurs  à  l'étude  des  écrits  de  saint  Thomas  d'Aquin,  a  contribué 
puissamment  à  créer  et  à  développer  ce  mouvement.  Le  néo-thomisme 
a  trouvé  déjà  des  organes  :  en  Italie,  le  Divus  Thomas,  le  Vessillo  di 
santo  Tommaso,  la  Favilla  scolastica,  sans  compter  des  revues  d'un 
caractère  plus  général,  comme  la  Civiltà  catlolica;  en  Allemagne,  le 
Jahrbuch  fur  PIMosophie  und  spéculative  Théologie  et,  plus  récemment, 
le  Philosophisches  Jahrbuch,  édité  par  la  Gôrresgescllschaft ;  dans  la 
France,  qui  a  été  l'un  des  premiers  pays  à  se  mettre  à  la  tète  du  mou- 
vement, l'Académie  de  Saint-Thomas  de  Coutances,  les  Annales  de  phi- 
losophie chrétienne  et,  tout  récemment,  la  Revue  thomiste,  commune  à 
notre  pays  et  à  la  Suisse.  Bien  que  les  études  scolastiques  n'aient  point 
été  jusqu'ici  négligées  en  Belgique,  elles  n'y  avaient  aucun  organe  propre. 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  235 

La  Société  philosophique  de  Louvain,  présidée  par  Mgr  Mercier,  a  voulu 
combler  cette  lacune,  et  c'est  à  quoi  tend  la  Revue  néoscolastique  (Lou- 
vain, A.  Uystpruyst-Dieudonné  ;  Paris,  Félix  Alcan.  Trimestriel.  10  fr. 
par  an  pour  la  Belgique,  12  fr.  pour  l'étranger).  Cette  revue  aidera 
naturellement  à  la  connaissance  du  moyen  âge  par  des  articles  comme 
celui  où  M.  Forget,  l'éditeur  d'Avicenne,  donne  la  traduction  d'un  cha- 
pitre du  philosophe  arabe  sur  «  l'Ame  terrestre  et  l'âme  céleste,  »  ou 
comme  l'étude  de  M.  de  Wulf  sur  «  l'Exemplarisme  et  la  théorie  de 
l'illumination  spéciale  dans  la  philosophie  de  Henri  de  Gand,  »  que 
contient  le  premier  numéro  (janvier  1894). 


REGISTRE  DES  LETTRES  DU  ROI  DE  CHYPRE. 

Dans  une  des  notes  que  le  savant  éditeur  du  Liber  censuum  de  l'église 
romaine  a  données  sur  quelques  manuscrits  de  la  reine  de  Suède,  à  la  fin 
du  dernier  numéro  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  (novembre- 
décembre  1893,  p.  786),  il  exprime  le  regret  (p.  789)  d'avoir  vainement 
recherché  au  Vatican  le  volume  que  le  catalogue  de  Montfaucon  inti- 
tule :  Registre  des  lettres  du  roi  de  Chypre. 

J'ai  été  plus  heureux  que  M.  Fabre.  Après  l'avoir  cherché  longtemps, 
j'ai  fini  par  retrouver  ce  curieux  registre  parmi  les  manuscrits  du  Vati- 
can provenant  du  baron  Stosch.  C'est  un  petit  volume  in-4o,  en  papier 
oriental  gommé  et  satiné,  que  nous  ne  pouvons  plus  qualifier  de  papier 
de  coton,  puisqu'il  est  chimiquement  démontré  aujourd'hui  que  tous 
les  anciens  papiers  dits  papiers  de  coton  ont  été  fabriqués  avec  des  chif- 
fons, en  Orient  comme  en  Occident. 

Il  répond  bien  au  n"  509  de  Montfaucon  et  porte  le  n»  ccxxxi  (231) 
du  fonds  Ottoboni. 

Nous  avons  là  un  registre  original  de  la  Secrète  royale  de  Nicosie, 
renfermant,  en  cinq  livres  ou  chapitres  différents,  les  actes  royaux 
enregistrés  à  la  Secrète  pendant  l'année  financière  1468-1469,  du  mois 
de  mars  1468  à  la  fin  de  février  1469. 

J'en  ai  publié  la  plus  grande  partie  dans  le  tome  III  de  V Histoire  de 

Vile  de  Chypre  sous  le  règne  des  princes  de  la  maison  de  Lusignan, 

p.  189-309. 

L.  DE  Mas-Latrie. 

COMPTES  DE  TOURNAI  DU  XIII^  SIÈCLE. 

Notre  confrère  M.  Armand  d'Herbomez  vient  de  publier,  dans  le 
Compte-rendu  de  la  Commission  royale  d'histoire  de  Belgique  (5*  série, 
t.  III,  n°  5),  une  note  très  curieuse,  mais  malheureusement  trop  courte, 


236 


CHRONIQDE  ET   MELANGES. 


dans  laquelle  il  signale  l'existence  aux  archives  de  Tournai  de  comptes 
des  années  1240-1243  et  1276-1277. 

Parmi  les  articles  de  dépense  que  cite  notre  confrère,  on  remarque 
les  suivants  : 

En  1241  :  «  Famulo  régis  qui  adtulit  litteras  ut  essent  [Tornacenses] 
paraturi  ad  arma.  » 

En  1242,  au  commencement  de  l'année  :  «  Ad  viam  ad  regem  quando 
iverunt  redimere  trecentos  pedites,  viii  Ib.  et  mi  s.  »  —  Philippe  Mous- 
ket  a  mentionné  «  cil  de  Tournai,  li  trois  cens,  »  qui  prirent  part  à  la 
campagne  de  saint  Louis  contre  le  comte  de  la  Marche. 

En  mai  ou  juin  1242  :  «  Garconi  ballivi  qui  adtulit  litteras  quod  rex 
Francie  habebat  Touars,  n  solides.  » 


LA  MORT  DE  JEANNE  II, 

REINE   DE    JÉRUSALEM   ET   DE    SICILE,    EN    1382. 

Un  très  intéressant  travail  de  notre  confrère  M.  Noël  Valois  sur 
r Expédition  et  la  mort  de  Louis  /«■■  d'Anjou  en  Italie^  vient  d'attirer  de 
nouveau  l'attention  sur  la  triste  fin  de  Jeanne  U,  reine  de  Naples.  Les 
données  des  chroniques  sur  la  date  de  cet  événement  oscillent  entre  le 
12  mai  et  le  12  juillet  1382.  M.  Valois  lui-même  n'a  pas  osé  préciser; 
il  note  seulement  ce  fait  qu'un  service  commandé  par  Charles  de 
Durazzo  pour  le  repos  de  l'âme  de  la  reine  fut  célébré  le  31  juillet  dans 
l'église  de  Santa  Chiara. 

Le  document  inédit  que  nous  publions  ici,  tout  en  soulevant  plusieurs 
problèmes,  semblerait  fixer  la  date  exacte  de  la  mort  de  l'infortunée 
princesse  au  27  juillet  1382  :  date  qui  s'accorde  fort  bien  avec  la  célé- 
bration d'un  service  quatre  jours  plus  tard.  C'est  une  lettre  de  la  sei- 
gneurie de  Florence  à  Pietro  Gambacorti,  capitaine  général  de  Pise  et 
ami  des  Florentins.  Il  n'y  a  pas  lieu  de  douter  de  son  authenticité  : 
elle  est  copiée  dans  un  recueil  italien  de  la  fin  du  xiv  siècle  ou  du 
commencement  du  xv°  siècle^,  au  milieu  d'une  foule  d'autres  lettres 
émanées  de  la  chancellerie  florentine  et,  celles-ci,  d'une  authenticité 
prouvée.  En  voici  le  texte  : 

«  Idem  [Florentini]  ad  Petrum  de  Gambacurtis. 

«  Magnifico  domine,  amice  carissime.  Ex  instinctu  carnis  et  sanguinis 
quo  illustri  domine  Johanne,  Jérusalem  et  Gicilie  regine,  nos  natura 
conjunxit,  non  sine  mentis  amaricatione  referimus,  quod  ipsa,  divino 


1.  Revue  des  Questions  historiques,  t.  LV,  année  1894,  p.  84-153,  et  spécia- 
lement, pour  le  fait  qui  nous  occupe,  p.  119  et  120. 

2.  Bibl.  nat.,  nouv.  acq.  iat.  1151,  fol.  9. 


CHRONIQUE    ET   ME'lANGES.  237 

beneplacito,  quodam  gravi  morbo  depressa,  infirmitatis  sue  lectum 
pluribus  diebus  incoluit,  ac,  ex  divine  inspiratione  gratie  mentalibus 
oculis  ad  lucem  veritatis  appertis,  ad  cor  suum  reversa  cognoscensque 
se  falsis  sismaticorum  suggestionibus  fuisse  delusam,  assumpsit  peni- 
tudinis  spiritum,  verumque  pastorem  ecclesie  dominum  nostrum  Urba- 
num  papam  VI  ore  et  corde  in  confessione  et  contrictione  professa 
extitit.  Et  receptis  per  eam  sacrosanctis  ecclesiasticis  sacramentis,  die 
XXVII  julii  nuper  elapsi,  sicut  domino  placuit,  ab  hac  vita  decessit.  Et 
quanquam  ipsa  dicto  erroris  devio  fuisset  obducta,  speramus  tamen 
quod,  cum  lapsum  suum  ex  aliorum  sismatibus  cognovit  in  ultimis 
ipsaque  in  aliis  suis  catolice  et  exemplariter  vixit,  ad  eternam  gloriam 
Christi  domini  miseratione  migravit.  Gumque,  ex  amoris  zelo  et  devo- 
tionis  afîectu  quem  semper  gesistis  et  geritis  ad  regiam  domum,  vos 
presuponamus  de  ipsius  obitu  exinde  dolere,  nos,  vobiscum  perinde 
condolentes,  vobis  talia  significantes  providimus,  ut  de  ipsius  ab  hoc 
seculo  laudabilis  exitus  certes  vos  exinde  ad  consolationis  spiritum 
faciamus.  » 

On  s'étonnera,  en  premier  lieu,  qu'il  ne  soit  point  question  ici  de 
mort  violente.  Car,  si  l'on  hésite  sur  le  genre  de  supplice  infligé  à 
Jeanne  II,  jamais  on  n'a  mis  en  doute  qu'elle  n'ait  été  la  victime  de 
Charles  de  Durazzo.  Voici,  d'autre  part,  une  bien  singulière  nouvelle  : 
la  reine  de  Naples  aurait,  avant  d'expirer,  abjuré  l'obédience  de  Clé- 
ment VII  et  reconnu  la  légitimité  d'Urbain  VI.  Elle  ne  serait  donc  pas 
morte  impénitente  le  22  mai,  comme  le  rapporte  Raynaldi'. 

Une  abjuration  in  extremis  est  dans  les  choses  vraisemblables.  Entou- 
rée certainement  de  prêtres  urbanistes,  Jeanne  put  craindre  de  mourir 
privée  des  derniers  sacrements  si  elle  persistait  à  renier  Urbain  VI. 
On  peut  s'étonner,  il  est  vrai,  si  l'abjuration  eut  vraiment  lieu,  que  les 
urbanistes  n'aient  pas  exploité  cette  nouvelle  favorable  à  leur  cause. 

Mais  toute  cette  fin  est  enveloppée  de  mystères,  et  les  documents 
nous  manquent  pour  une  critique  approfondie  des  problèmes  que  sou- 
lève la  lettre  de  Florence  à  Gambacorti.  Nous  la  donnons  telle  qu'elle 
est,  n'ayant  aucune  raison  d'en  suspecter  l'authenticité.  Rappelons,  en 
terminant,  que  Florence  avait  partout,  au  xiv^  siècle,  des  agents  bien 

informés. 

E.  Jarry. 

POÈME  NÉERLANDAIS  SUR  LA  BATAILLE  DE  GUINEGATE 

OU  DE  TÉROUANNE. 

On  vient  de  retrouver  à  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Gœttingue, 
sur  un  feuillet  de  garde  d'un  Lactance  (imprimé  à  Bâle  en  1521),  un 

1.  Annales  Ecclesiastici  [Baronius],  année  1382,  g  1. 


238 


CHRONIQUE   ET   MELANGES. 


fragment  de  quatre-vingt-huit  vers  néerlandais.  Il  est  intitulé  :  Van 
den  Pransoysen  die  gefangen  j|  vnd  doit  sint  vmbtrent  Terewain.  Il  s'agit 
de  la  journée  des  Éperons,  ou  bataille  de  Guinegate  (16  août  1513). 

M.  Otto  Heinemann  a  édité  ce  texte  et  l'a  fait  suivre  d'une  traduction 
allemande  et  d'une  identification  des  seigneurs  français  qui  y  sont  men- 
tionnés, dans  la  Sammlung  bibliotliekswissenschaftlicher  Arbeiten\  diri- 
gée par  M.  Karl  Dziatzko,  professeur  de  bibliothéconomie  à  l'Univer- 
sité de  Gœttingue,  fascicule  6,  p.  74-85. 

F.  L. 


SERVICE  DES  PESTIFERES  A  SAINT-OMER  EN  1625. 

M.  Pagart  d'Hermansart  a  pensé  qu'il  était  intéressant  de  rechercher 
les  mesures  prises  autrefois  en  cas  de  peste.  Les  archives  communales 
lui  ont  fourni  quelques  renseignements  précis  sur  l'Organisation  du 
service  des  pestiférés  à  Saint-Omer  en  1625  (Saint-Omer,  impr.  H.  d'Ho- 
mont^  1893,  in-8°  de  22  p.  Extrait  du  Bulleti?i  historique  de  la  Société 
des  antiquaires  de  la  Morinie).  Il  a  pu  nous  faire  connaître  ainsi  les 
mesures  arrêtées  pour  le  transport  des  corps  morts,  dont  on  chargeait 
une  personne  spéciale;  les  précautions  prises  pour  empêcher  la  conta- 
gion du  mal;  l'organisation  du  service  médical  et  chirurgical  ;  les  saints 
invoqués  dans  le  nord  de  la  France  contre  le  fléau  (saint  Omer,  saint 
Bertin,  saint  Adrien,  Notre-Dame  des  Miracles). 


L'ARTILLERIE  DE  GRAY  EN  1638. 

Grâce  à  un  inventaire  dressé  en  1638  par  l'auditeur  des  comptes 
Daniel  Privé  et  conservé  aux  archives  du  Doubs,  notre  confrère  M.  Jules 
Gauthier  a  pu  reconstituer  l'Artillerie  de  la  place  de  Gray  pendant  les 
guerres  du  XVlh  siècle  (Vesoul,  impr.  A.  Suchaux,  in-8°  de  20  p.).  Les 
descriptions  de  Daniel  Privé  sont  si  précises  et  si  complètes  que 
M.  J.  Gauthier,  qui  a  servi  jadis  dans  l'artillerie,  est  parvenu  à  rendre 
par  le  dessin  quatre  des  soixante-quatorze  pièces  qui  servaient  à  la 
défense  de  la  forte  place  de  Gray  au  milieu  du  xvn^  siècle. 

LA  TROUVAILLE  DE  VALLEYRES. 

Une  découverte  de  pièces  anciennes,  la  première  de  ce  genre  dans  le 
district  d'Orbe  (canton  de  Vaud  en  Suisse),  a  été  faite  le  18  mars  1893 
en  pratiquant  un  minage  dans  une  vigne  au  lieu  dit  «  sur  le  Moulin,  » 


1.  Leipziji,  Spirgatis,  in-8« 


CHRONIQUE  ET  MELANGES.  239 

près  de  Valleyres.  M.  Maurice  Barbey,  qui  a  pu  réunir  cinquante-une 
de  ces  pièces  (50  de  levêciié  de  Lausanne,  dont  49  au  même  type,  et 
une  de  révêché  de  Saint-Maurice-d'Agaune  en  Ghablais),  en  donne  la 
description  dans  une  petite  brochure  portant  le  titre  ci-dessus  (Orbe, 
impr.  A.  BoUat,  1893,  in-8°  de  6  p.,  avec  une  planche). 


NOMS  VULGAIRES  D'OISEAUX  ET  DE  POISSONS 

AU  XVI«  SIÈCLE. 

Dans  la  Réserve  du  Département  des  imprimés  de  la  Bibliothèque 
nationale,  on  trouve,  sous  la  cote  Tc^^  8,  un  exemplaire  du  traité  inti- 
tulé :  Claudii  Galeni  Pergameni  de  alimentorum  facultatibus  libri  très 
(Paris,  Ghr.  Wechel,  1541,  in-folio),  à  la  suite  duquel  est  relié  un  com- 
mentaire manuscrit,  datant  évidemment  du  milieu  du  xvi'  siècle.  Ce 
commentaire  mérite  d'être  signalé,  en  raison  d'un  assez  grand  nombre 
de  noms  vulgaires  d'oiseaux  et  de  poissons  qu'il  renferme.  En  voici 
quelques  exemples  : 

Aves  aquaticsB. 

Ardeola,  les  Aigrettes,  quasi  Heronnettes. 

Platyramphoi,  les  Poches  ou  Trubletz. 

Ganzœ,  Oyes  petites  de  Hollande. 

Chenalopax,  des  Grevantz  Northmannis. 

Cheneros,  des  Beccanes  Northmannis. 

Tetrao,  des  Canes  d'Inde. 

Himantopodes,  des  Chevaliers  Northmannis. 

Porphyriones,  des  Flamans  Monpiessulanis. 

Onocrotali,  Cygnes  d'AUemaigne. 

GavisB,  des  Mauves  et  des  Gourmandz  Northmanis. 

Aves  terrestres. 

Ibis,  la  Gente. 

Numidaca  affricana,  la  Poulie  d'Inde. 

Perdix,  la  Perdrix  rouge  ;  altéra  rustica,  la  grise,  quod  ruri  in  sege- 
tibus  vivat. 

Huic  genus  finitimum  Galinula,  la  Gelinote  de  mons.  de  Sainct  Valier. 

Galgulus,  Glauge  Monpessulanis. 

Lagopus,  la  Gelinote  de  Savoye. 

Pluvius,  un  Piouvier  Northmannis. 

Pusillx,  des  Petites  Northmannis. 

Holitor,  Lugduni  un  Ortolan  ;  hune  putant  esse  Viridarios  Gallorum, 
les  Verdiers. 

Atricapilla,  la  Roussete  Northmanis. 

Rubellia,  la  Rouge  gorge  Northmanis. 


240 


CHRONIQUE   ET   MELANGES. 


Rostrata,  la  Bécasse,  Videcoq. 

Nucifrayus,  Cache  avellana  Gratianopolittanis. 

Regulus,  la  Rebette  Northmanis. 

Varia  piscium  nomma. 

Scarus,  une  sorte  de  Socquena  Monpessulanis. 

Mcrula,  Turdus,  Fuca,  Perça,  Julia  (?),  Saxahiles  pisces,  Pes  rochartz 
Monpessulanis,  Pavon,  Rossigneol,  Perrocquet,  Merle. 

Lupus,  Loup  Monpessulanis  ;  Dars  Northmannis. 

Sperlencus,  de  l'Espellenc  Northmannis. 

Squilla,  de  l'Esquille  Northmannis. 

Coracinus,  Pez  re  Monpessulanis;  de  la  Maigre,  Burdegals ;  Graculus 
Lalinis. 

Duri  [pisces]. 

Passer,  la  Plie  Northmannis;  la  Plane  Monpessulanis;  le  Carrelet, 
Lutetix. 
Acus,  les  Esguilles  Monpessulanis;  Orphis  Northmannis. 

Ohartilaginei. 
Rana,  un  Martin  pescheret  Monpessulanis. 


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594! 


NOUVELLES  ACQUISITIONS 

DU 

DÉPARTEMENT  DES  MANUSCRITS 

DE 

LA  BIBLIOTHÈQUE   NATIONALE 

PENDANT  LES  ANNÉES   1892-1893. 
(Suite  et  fin.) 


Très  grand  format. 

5934.  «  Catalogue  des  livres  imprimés  et  manuscrits  de  la  biblio- 
thèque publique  de  la  ville  d'Alençon.  » 

xix^  s,  Pap.  -i  09  feuillets. 

5935-5939.  «  Bibliothèque  de  Nantes.  I,  Belles -Lettres;  II, 
Sciences  et  Arts;  III,  Histoire;  IV,  Théologie;  Y,  Jurisprudence.  » 

xix^  s.  Pap.  ^00,  -103,  88,  99  et  39  feuillets. 

5940.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  SaHns  (Jura), 
4849.  )) 

xix«  s.  Pap.  20  feuillets. 

5941.  Aveu  et  dénombrement  du  sieur  de  Vielz-Maisons  au  sieur 
de  Louviers  pour  Vielz-Champaigne.  (4625.)  —  Incomplet  du  com- 
mencement et  de  la  fin. 

xvii«  s.  Parch.  8  feuillets.  (Don  de  M.  E.  Petit,  de  Vausse.) 

5942.  Recueil  de  chartes  et  pièces  originales  (4263-4695),  parmi 
lesquelles  on  remarque  une  charte  de  Jean,  sire  de  Joinville  (4  6  août 
4263);  —Quatre  mandements  de  Charles  VI  (4385  et  4442)-,  — 
«  Lettre  d'état  »  du  duc  Antoine  de  Lorraine,  confirmant  les  octrois 

4894  46 


242  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

faits  par  les  ducs  ses  prédécesseurs  (Nancy,  -I"  février  -^5^3);  — 
Lettres  d'anoblissement  du  même  duc  en  faveur  de  Louis  de  Lescut 
(^3'I7)•,  —  Quatre  lettres  concernant  différents  offices  du  duché  de 
Vendùmois  et  du  château  de  Blois  (4  529-'l695). 
xiii''-xvii^  s.  Parch.  U  feuillets. 


Moyen  format. 

6360-6363.  «  Mémoires  de  M''  le  prince  de  Talleyrand.  »  — 
Copie  de  M.  Ad.  de  Bacourt,  déposée  le  'H  avril  ^892  à  la  Biblio- 
thèque nationale  par  les  exécuteurs  testamentaires  du  prince,  MM.  le 
duc  de  Broglie  et  Châtelain. 

xixe  s.  Pap.  250,  238,  250  et  257  feuillets. 

6364.  Recueil  de  pièces  relatives  à  la  Bibliothèque  nationale 
(xyii^-xii*^  siècles). 

Quatre  contrats  de  vente  originaux  par  Nicolas  et  Louis  Colbert  à 
Ph.-J.  Mazarini-Mancini,  duc  de  Nivernois,  de  terrains  occupés 
aujourd'hui  par  la  Bibliothèque  nationale  (-1688  et  ^702)  (fol.  i).  — 
Estimation  des  manuscrits  de  Colbert  (fol.  40).  —  Arrêt  du  Conseil 
d'État  relatif  aux  estampes  du  Cabinet  du  Roi  détournées  par  l'abbé 
de  Chancey  (43  octobre  4736)  (fol.  42).  —  Lettre  de  Turlot  à  Real, 
directeur  général  de  la  police,  pour  réclamer  la  réintégration  à  la 
Bibhothèque  nationale  des  Mémoires  du  cardinal  de  Retz  (9  février 
4803)  (fol.  45). 

xvii<=-xix^  s.  Pap.  46  feuillets. 

6365.  Recueil  de  pièces  concernant  l'Artois,  la  Bretagne  et  la  Brie 
(4344-4542). 

«  Compotus  Johannis  le  Vaasseur,  baillivi  de  Bonnieres  «  (4342- 
434  3)  (fol.  4).  —  Rule  des  hommes  liges  ou  demi-liges  de  Sens, 
Beuvry,  Wiulennes  (vers  4324)  (fol.  3).  —  Compte  de  «  Jakemon 
Cornillc  »  pour  travaux  faits  à  Hesdin  (4324-4  322)  (fol.  5).  — 
«  Mymc  et  declaracion  des  heritaiges,  fiez,  rentes...  que  Pierre  de 
Villcl)lanche,...  curateur...  de  demoiselle  Katherine  du  Chastelier, 
tient  des  compte  et  contesse  de  Laval,...  en  la  parouesse  d'Evrac...  » 
(fol.  45).  —  a  Rolles  des  deffaulx,  amendes...  en  la  prevosté  de  la 
Grandie  en  Brie  »  (4540-4  544)  (fol.  22). 

xiv«-xvi«  s.  Parch.  27  feuillets. 

6366.  Cartulaire  du  comté  de  Réthel. 

Voy.  la  Notice  sur  le  cartulaire  du  comté  de  lîéthel,  publiée  par 


DU   DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  243 

M.  L.  Delisle  dans  V Annuaire-Bulletin  de  la  Société  de  Vhisioire  de 
France,  -1867,  2«  partie,  p.  ■l-'feo. 
xiv«-xviii''  s.  Parch.  ^86  feuillets. 

6367.  Valère  Maxime,  traduction  de  Simon  de  Hesdin;  fragments 
des  livres  I-III. 

xve  s.  Pap.  30  feuillets. 

6368.  «  Les  Merancolies  Jehan  Du  Pin  sur  les  condicions  de  cest 
monde.,.,  lequel  livre  il  mist  nom  Mandevie,  qui  vault  aultant  à 
dire,  comme  saige  de  bonne  vie.  »  —  Fol.  234  :  «  Blason  de  armes 
à  la  mode  de  Bretaigne.  » 

xv«  s.  Pap.  239  feuillets. 

6369.  «  Catalogue  des  livres  qui  composent  la  bibliothèque  de  la 
ville  d'Agen.  —  -1818.  » 

xix^  s.  Pap.  .50  et  \yA  pages. 

6370.  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  d'Ajaccio.  —  iSIT. 
xix^  s.  Pap.  292  pages. 

6371.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  centrale  d'Albi.  « 
xix«  s.  Pap.  XX  et  317  pages. 

6372.  «  Inventaire  des  livres  déposés  dans  une  des  salles  de 
l'hôtel  de  ville,  à  Arles.  —  Septembre  1816.  » 

xix<=  s.  Pap.  13  feuillets. 

6373.  «  Dépôt  littéraire  d'Arras.  Catalogue  des  livres  de  la  biblio- 
thèque d'Abraham,  condamné,  1806  »  (fol.  A).  —  «  Catalogue  des 
livres  de  la  bibliothèque  de  Bourel  de  Vitry,  émigré,  1806  »  (fol.  C). 
—  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Conzié,  évêque 
d'Arras,  émigré,  1806  »  (fol.  G).  —  «  Catalogue  d^une  partie  des 
livres  de  la  bibliothèque  du  séminaire  d'Arras,  trouvés  chez  M.  Le 
Garde,  chanoine  d'Arras,  1807  »  (fol.  A).  —  «  Catalogue  des  manus- 
crits sur  vélin,  sur  parchemin  et  sur  papier  du  dépôt  littéraire  de  la 
ville  d'Arras,  1806  »  (fol.  E). 

Bibliothèque  d'Arras.  Catalogue,  par  ordre  numérique,  des  manus- 
crits sur  vélin,  sur  parchemin  et  sur  papier  de  la  ville  d'Arras, 
1806  (fol.  A).  —  Catalogue,  par  ordre  alphabétique,  des  ouvrages  du 
xv«  siècle  qui  n'ont  point  été  repris  dans  le  catalogue  des  livres  de 
la  bibliothèque  d'Arras,  1806  (p.  67). 

xix«  s.  Pap.  40,  24  et  72  pages. 

6374.  «  Catalogue,  par  ordre  alphabétique,  des  livres  de  la  biblio- 
thèque des  ci-devant  religieux  de  Saint- Vaast  d'Arras.  » 

XIX'  s.  Pap.  387,  431  et  282  pages. 


244  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

6375.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  Baume. 
—  ^1806.  » 
xix'^  s.  Pap.  23  feuillets. 

6376-6377.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  Beaune 
(Côte-d'Or).  » 

6376.  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Beaune,  et  supplément. 

6377.  «  Bibliothèques  des  ci-devant  religieuses  Ursulines  de  Beaune  » 
(fol.  1);  —  des  Gordeliers  (fol.  86);  —  des  Dominicains  (fol.  160);  — 
des  rehgieuses  de  Sainte-Marie  (fol.  179);  — des  Capucins  (fol.  188); 
—  des  Chartreux  (fol.  210). 

xix''  s.  Pap.  469  et  264  feuillets. 

6378.  «  Département  du  Haut-Rhin...  Catalogue  des  ouvrages 
composant  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Belfort.  —  4822.  » 

xrx"  s.  Pap.  38  pages. 

6379.  «  État  sommaire  des  livres  contenus  dans  la  bibliothèque 
du  (Collège  de  Belley.  —  -IS'ie.  » 

XIX*  s.  Pap.  56  feuillets. 

6380.  c(  Catalogue  des  livres  appartenant  à  la  ville  de  Bergues  et 
déposés  en  la  bibliothèque  de  la  mairie  dudit  lieu.  —  -1817.  » 

xix^  s.  Pap.  -18  feuillets. 

6381.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  du  Collège  de  Bourmont 
(Haute-Marne).  » 

XIX*  s.  Pap.  8  feuillets. 

6382.  «  Catalogue  de  tous  les  livres  composant  la  bibliothèque 
de  la  ville  de  Brignoles.  —  4  819.  » 

xix^  s.  Pap.  6  feuillets. 

6383.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  du  ci-devant 
Collège  de  Brive-la-Gaillardc,  département  de  la  Corrèze.  — 4807.  « 

xix*  s.  Pap.  24  feuillets. 

6384.  a  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque  de  l'École 
centrale  de  la  Lys,  »  à  Bruges,  «  en  4  808.  » 

XIX*  s.  Pap.  27  feuillets. 

6385.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  Cahors.  » 
xix*^  s.  Pap.  82  feuillets. 

6386.  «  Inventaire  général  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la 
ville  de  Calais.  —  4  849.  » 

xix*  s.  Pap.  8  feuillets. 


DU   DEPARTEMENT    DES   MANUSCRITS.  243 

6387.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Ghâteaudun.  —  -1820.  » 

xix«  s.  Pap.  26  feuillets. 

6388.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Cor- 
beil,  dressé  en  l'an  VI,  avec  les  additions  et  changemens  survenus 
jusqu'à  ce  jour,  \2  nov.  -1820.  » 

xix«  s.  Pap.  J03  feuillets. 

6389.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  de  la 
ville  de  Crépy  (Oise).  » 

XIX*  s.  Pap.  -18  feuillets. 

6390.  «  Catalogue  des  livres  déposés  au  Collège  de  la  ville  de 
Dieppe.  —  18-17.  » 

XIX'  s.  Pap.  33  feuillets. 

6391.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  départementale  des  Basses- 
Alpes,  »  à  Digne. 

xix"  s.  Pap.  2-1  feuillets. 

6392.  a  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  communale  et 
publique  de  la  ville  de  Draguignan,  chef-lieu  du  département 
du  Var.  » 

xix*'  s.  Pap.  XII  et  428  pages. 

6393.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  d'Évreux  (Eure).  » 
XIX*  s.  Pap.  9  feuillets. 

6394.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Gap.  » 
xixe  s.  Pap.  1 8  feuillets. 

6395.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Gournay. 
—  \82h  » 

XIX*  s.  Pap.  8  feuillets. 

6396.  «  Catalogue  des  livres  qui  se  trouvent  à  la  bibliothèque  de 
Grasse  (Var).  —  -1819.  » 

xix«  s.  Pap,  3-1  feuillets. 

6397.  «  Premier  [et  deuxième]  catalogue  des  ouvrages  et  volumes 
que  contient  le  dépôt  littéraire  existant  au  chef-lieu  du  département 
de  la  Creuse.  —  Guéret,  30  prairial  an  X.  »  —  Cf.  le  n"  33-13. 

xrx*  s.  Pap.  39  feuillets. 

6398.  «  Cathalogue  des  livres  de  la  bibhothèque  de  la  ville  de 
Langres.  —  181 2-1 8-1 3.  » 

xixe  s.  Pap.  28  feuillets. 


246  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

6399.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Laon.  —  18i8.  » 
xix«  s.  Pap.  206,  'Id,  6,  69  et  20  pages. 

6400.  «  État  des  livres  de  la  bibliothèque  départementale  de  la 
Mayenne,  »  à  Laval.  —  «  -1820.  « 

xix'^  s.  Pap.  34  feuillets. 

6401.  «  Catalogue  des  livres  formant  le  dépôt  Uttéraire  de  la  ville 
de  Lavaur,  département  du  Tarn.  —  i  806-1 807,  « 

xix''  s.  Pap.  97  pages. 

6402.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de 
Libourne.  —  ^8•^7.  « 

xix«  s.  Pap.  42  pages. 

6403.  «  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  Mantes.  » 
xix*'  s.  Pap.  38  feuillets. 

6404-6416  ter.  Catalogue  de  la  bibholhèque  de  Marseille.  —  ^  8i  2. 

Les  n°'  0413  bis-êUn  ter  contiennent  la  Uste  des  livres  reçus  ou 
achetés  de  ^sn  à  1828. 

xix«  s.  Pap.  -lo  volumes.  ^195,  209,  207,  139,  205,  ^3^,  ^96,  ^86, 
127,  52,  6-1,  -106,  48,  37  et  42  feuillets. 

6417.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique  de  la 
ville  de  Meaux.  » 

XIX®  s.  Pap.  286  pages. 

6418.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de 
Melun,  département  de  Seine-et-Marne,  dressé  par  Claude  Simon, 
bibliothécaire.  —  i8i3.  » 

XIX®  s.  Pap.  i  72  pages. 

6419-6420.  «  Copie  du  catalogue  de  la  bibliothèque  de  Mclz,  » 
et  «  Catalogue  supplémentaire  contenant  les  acquisitions  faites  par 
la  bibliothèque  depuis  ^804.  —  Certifié  en  iSiS.  » 

xix'^  s.  Pap.  22^  et  203  feuillets. 

6421.  «  Bibliothèque  du  Collège  de  la  ville  de  Nantua.  —  -18^).  » 
XIX'  s.  Pap.  V)  feuillets. 

6422.  tt  Catalogue  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de  Nemours.  » 
xix'^  s.  Pap.  U  feuillets. 

6423.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliotlièque  de  la  ville  de 

Neufchâteau  (Vosges).  « 
xix"  s.  Pap.  -H6  feuillets. 


DU   DÉPARTEMENT    DES   MANUSCRITS.  247 

6424.  «  Catalogue  des  livres  qui  se  trouvent  à  la  sous-préfecture 
de  Neufchâtel.  »  —  Cf.  le  n°  5332. 

xix»  s.  Pap.  5  feuillets. 

6425.  «  Catalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  dont 
l'usage  a  été  provisoirement  cédé  à  la  ville  d'Ornans.  —  -1 807.  » 

xix«  s.  Pap.  97  feuillets. 

6426.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de 
Pont-de-Vaux.  —  48^6.  » 

xix«  s.  Pap.  i7  feuillets. 

6427.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  du  Collège  de  Saint- 
Flour.  —  4818.  J) 

xix«  s.  Pap.  8  feuillets. 

6428.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  commune 
de  Saint-Maximin  (Var).  —  48-19.  » 

XIX*  s.  Pap.  23  feuillets. 

6429.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de 
Saint-Omer.  » 

xix«  s.  Pap.  268  feuillets. 

6430.  «  Catalogue  des  ouvrages  qui  composent  la  bibliothèque  de 
Sedan,  dressé  par  M.  Cherest.  —  Octobre  4846.  » 

xix"  s.  Pap.  4  59  et  -19  pages. 

6431.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  de  la  ville  de 
Semur  (Côte-d'Or).  —  -18-17.  » 

xix^  s.  Pap.  4  32  pages. 

6432-6437.  «  Bibliothèque  centrale  de  Strasbourg.  »  Catalogue. 
—  4  806. 

Tome  I,  Histoire-,  tome  II,  Littérature  ;  tome III,  Sciences;  tome  IV, 
Théologie,  Jurisprudence,  Manuscrits.  —  Supplément,  tomes  I  et  II. 

xix«  s.  Pap.  326,  446,  280,  404  et  90,  660  et  345  pages. 

6438.  «  Catalogue  des  livres  contenus  dans  la  bibliothèque  des 
ci-devant  Doctrinaires,  Capucins,  etc.,  »  de  Tarascon.  —  4846. 

XIX*  s.  Pap.  26  feuillets. 

6439.  «  Bibliothèque  de  la  ville  de  Tarbes  (Hautes-Pyrénées).  » 
XIX*  s.  Pap.  298  feuillets. 

6440.  «  Ville  de  Trévoux.  Bibliothèque  de  la  mairie,  au  4"  fé- 
vrier 4  846.  » 

XIX*  s.  Pap.  2  feuillets. 


248  NOUVELLES   ACQUISITIOXS 

6441.  te  Organisation  de  la  bibliotiièque  de  l'École  centrale  du 
département  de  la  Corrèze,  à  Tulle,  selon  l'instruction  du  xv  floréal 
an  Â"  Rép.  »  (1796).  Catalogue. 

xviii^  s.  Pap.  32  pages. 

6442.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  accordée  par  le 
gouvernement  à  la  ville  de  Verdun.  » 

xix«  s.  Pap.  iS-l  feuillets. 

6443-6444.  «  Catalogue  des  livres  extraits  du  dépôt  littéraire  de 
Versailles  pour  la  bibliothèque  de  TÉcole  centrale  du  département 
de  Seine-et-Oise.  » 

xix«  s.  Pap.  ^83  feuillets  et  ^7^  pages. 

6445.  ('  Cathalogue  des  livres  composant  la  bibliothèque  du  Col- 
lège des  ci-devant  Pères  de  la  Doctrine  chrétienne  de  Villefranche 
d'Aveiron,  fait  par  le  s^  Fabri,...  terminé  le  20  août  iSiS.  »  — 
«  Cathalogue  des  livres  qui  ont  appartenu  aux  corporations  religieuses 
supprimées  dans  l'arrondissement  de  Villefranche  d'Aveiron,  »  par 
le  même,  HU  (fol.  ^9). 

xrx-^  s.  Pap.  60  feuillets. 

6446.  «  Catalogue  des  livres  de  la  bibliothèque  publique  de  la 
ville  de  Villeneuve-lez-Avignon  (Gard).  —  -18^8.  » 

xixe  s.  Pap.  -154  feuillets. 

6447-6448.  «  Travaux  de  M.  le  baron  de  Lamardelle,  commis- 
saire de  justice  à  la  Martinique,  sur  Porganisation  judiciaire  et  sur 
la  législation  propres  à  celte  colonie  et  à  celle  de  la  Guadeloupe,  » 

XIX*  s.  Pap.  784  et  9i5  pages. 

6449.  OEuvres  diverses  de  Charles  Pineau- Duclos.  Mémoires 
autographes  sur  sa  vie.  —  Mémoires  secrets  sur  le  règne  de  Louis  XIV. 
Histoire  des  causes  de  la  guerre  de  1756.  —  Mss.  autographes. 

XVIII*  s.  Pap.  32,  66  et  69  pages. 

6450.  a  Mémoires  de  messire  Louis-Henry  de  Loménie,  comte  de 
Briennc,  cy-devant  secrétaire  d'Estat  et  maintenant  prisonnier  à 
Saint-Lazare.  »  (^  643-'!  682.)  —  Cf.  le  n»  4698. 

Ms.  autographe  de  la  première  partie  de  ces  Mémoires,  «  contenant 
les  affaires  de  la  régence  d'Anne  d'Austriche,  mère  du  Roy.  » 
xvii«  s.  Pap.  359  feuillets. 

6451-6454.  Matériaux  de  l'édition  par  F.  Barrière  des  Mé?noircs 
précédents  (Paris,  1828,  2  vol.  in-8°). 

xix*^  s.  Pap.  361,  37!>,  202  et  217  feuillets. 


on   DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  249 

6455.  «  Inventaire  général  des  tiltres  et  papiers  de  la  chartreuse 
de  Lugny.  Second  cayet.  »  (^ -190- 174  2.) 

xviii«  s.  Pap.  48  feuillets.  (Don  de  M.  H.  Gaidoz.) 

6456.  Lettres  et  poésies  de  Pierre-François  Isnard,  officier  de  dra- 
gons en  retraite  à  Strasbourg  (-1 799-1 805). 

xviii«-xix^  s.  Pap.  80  feuillets. 

6457.  Recueil  de  pièces  concernant  la  Normandie  et  le  Poitou 
(^  364-^408). 

-i .  Don  d'une  rente  de  300  livres  par  Charles  V  à  «  Thiebaut  de 
La  Rivere,  »  qui  lui  avait  apporté  le  premier  la  nouvelle  de  la  victoire 
de  Gocherel  (22  mai  ^364  ;  copie  de  -1372).  —  2.  Don  par  Bertran  Du 
Guesclin  à  «  Perrot  Gedoin,  autrement  Barbaste,  »  après  la  prise  du 
«  Ghastel  d'Engle  d  (Vienne),  des  biens  de  «  Perrochon  Gouanne, 
autrement  Darnac,  demorent  en  Limozin,  et  Guillemette  Normende, 
demorant  à  Poitiers  »  (3-1  mai  -1372).  —  3.  Quittance  pour  des  tra- 
vaux faits  au  pont  et  à  la  poterne  du  château  de  Falaise  (-10  juin 
-1387).  —  4.  Acte  de  vente  aux  enchères  d'épaves  venues  à  la  côte 
de  Garteret  et  Avarreville  (-1"  mars  -1408  [-1409]). 

xiv^  et  xve  s.  Parch.  4  pièces. 

6458.  Ghristine  de  Pisan,  Épître  d'Othéa  à  Hector,  avec  un  pro- 
logue différent  de  celui  qu'on  rencontre  d'ordinaire;  incomplète  de 
la  fin.  —  Fol.  95.  Xénophon,  Dits  mémorables  de  Socrate;  incom- 
plets du  commencement  et  de  la  fin. 

xv^  s.  Pap.  106  feuillets.  (Don  de  M.  le  duc  de  la  Trémoille.) 

6459.  Lettres  de  Victor  Jacquemont  au  capitaine  de  vaisseau  de 
Mélay,  gouverneur  des  établissements  français  dans  l'Inde  (-1829- 
1832).  * 

Vingt-neuf  lettres  autographes,  publiées  par  P.  Mérimée  dans  son 
édition  de  la  Correspondance  de  V.  Jacquemont  (Paris,  -1867,  2  vol. 
in- 8"). 

xixe  S.  Pap.  \\\  feuillets.  (Legs  de  M.  Baudin.) 

6460-6461.  Sermons  de  Jean  de  Lingendes,  évêque  de  Sarlat  et 
deMàcon  (1643-1655). 

XVII'  s.  Pap.  394  feuillets  et  796  pages.  (Don  de  M.  Grellet-Bal- 
guerie.) 

6462.  Gomptes  de  Jehan  des  Gambres  pour  la  terre  d'Avesnes- 
sur-Helpe  et  du  Sart-du-Nouvion.  (Saint  Jean-Baptiste-Noël,  -1358.) 

xiv^  s.  Parch.  48  feuillets.  (Provient  de  la  «  Bibliothèque  de  Bois- 
Robin.  ))) 


250 


NOUVELLES   ACQUISITIONS 


6463.  Comptes -rendus  de  plusieurs  séances  de  l'Académie  des 
Inscriptions  (i  703-1 706)  adressés  par  Gros  de  Boze  à  l'abbé  Bignon  ; 
suivis  de  quelques  mémoires  adressés  à  la  même  Académie  par 
M.  Henrion,  en  nOT,  «  sur  la  livre  romaine,...  jusqu'à  l'an  UiS  de 
J.-C.  »  (fol.  67);  —  par  Fr.  Ficoroni,  en  17-14,  «  sur  les  marques 
d'honneur  accordées  aux  enfans  des  Romains  »  (fol.  85)  ;  —  par  Dom 
Bernard  de  Montfaucon,  en  1726,  «  sur  le  nimbus...  des  dieux  et  des 
empereurs  romains  »  (fol.  108)  ;  —  par  M.  l'abbé  de  Rothelin  «  sur 
quelques  anciens  monuments  que  l'on  a  découverts  en  creusant  la  fon- 
taine de  Nismes,  au  mois  d'août  1 738  »  (fol.  1 1 5)  -,  —  enfin  de  quelques 
lettres  (originaux  et  copies)  de  G.  Cuper,  Leibnitz,  Eccard,  l'abbé 
Bignon,  etc.,  la  plupart  à  de  Boze  (fol.  118).  —  Épitaphes  de  diffé- 
rents membres  de  la  famille  de  Beauvau  (fol.  135). 

xviii»  s.  Pap.  164  feuillets. 

6464-6497.  «  Histoire  de  la  participation  de  la  France  à  l'établis- 
sement des  États-Unis  de  l'iVmérique  septentrionale,  »  par  M.  H. 
Doniol  (1774-178.5). 

Copies  et  épreuves  de4'imprimé  (Paris,  Impr.  nationale,  1888-1892, 
5  vol.  in-4'>). 

I  (6464).  Affaires  étrangères,  Angleterre  (1774-1775).  238  feuillets. 

II  (6465).  Aff.  étrang.,  Angleterre  (1776,  janv.-mai).  307  ff. 

III  (6466).  Aff.  étrang.,  Angleterre  (1776,  juin-déc).  187  ff. 

IV  (6467).  Aff.  étrang.,  Angleterre  (1777).  294  ff. 

V  (6468).  Aff.  étrang.,  Angleterre  (1778-1781).  256  ff. 

VI  (6469).  Aff.  étrang.,  Angleterre  (1782-1783).  527  ff. 

VII  (0470).  Bibliothèques  et  Archives  anglaises  (1773-1782).  237  ff. 

VIII  (6471).  Affaires  étrangères,  États-Unis  (1773-1777).  134  ff. 

IX  (6472).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1778).  367  ff. 

X  (6473).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1779,  janv.-juin).  239  ff. 

XI  (6474).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1779,  juill.-déc).  362  ff. 

XII  (647;i).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1780,  janv.-juin).  241  ff. 

XIII  (6476).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1780,  juill.-déc).  311  ff. 

XIV  (6477).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1781,  janv.-mai).  243  ff. 

XV  (6478).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1781,  juin-déc).  302  ff. 

XVI  (6479).  Aff.  étrang.,  Étals-Unis  (1782).  378  fT. 

XVII  (6480).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (1783-1785).  341  ff. 

XVIII  (6481).  Aff.  étrang.,  États-Unis  (Suppl.,  1765-1789).  241  ff. 

XIX  (6482).  Affaires  étrangères,  Espagne  (1774-1775).  182  ff. 

XX  (6483).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1776).  307  ff. 


DIT   DÉPARTEMENT    DES   MANUSCRITS.  251 

XXI  (G484).  Aff.  étrang.,  Espagne  (^777,  janv.-juin).  231  ff. 

XXII  (6485).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1777,  juill.-déc).  282  ff. 

XXIII  (6486).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1778,  janv.-juin).  254  ff. 

XXIV  (6487).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1778,  juill.-déc).  245  ff. 

XXV  (6488).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1779,  janv.-juill.)  349  ff. 

XXVI  (6489).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1779,  août-déc).  231  ff. 

XXVII  (6490).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1780,  janv.-avril).  306  ff. 

XXVIII  (6491).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1780,  avril-déc).  401  ff. 

XXIX  (6492).  Aff.  étrang.,  Espagne  (1781-1782).  435  ff. 

XXX  (6493).  Affaires  étrangères,  Prusse,  Vienne,  Russie,  Hollande 
et  Suède  (1776-1782).  —  125  feuillets. 

XXXI  (6494).  Affaires  étrangères.  Archives  et  Bibliothèques  natio- 
nales, documents  divers  (1774-1795).  —  166  feuillets. 

XXXII  (6495).  Archives  de  la  Marine  (1776-1782).  —  503  feuillets. 
XXXIII-XXXIV  (6496-6497).  Archives  de  la  Guerre,  Correspon- 
dance de  Rochambeau  (1779-1781).  —  307  et  144  feuillets. 

xix"  s.  Pap.  34  volumes.  (Don  de  M.  H.  Doniol.) 

6498.  Recueil  de  lettres  et  billets  autographes  adressés  au  contrô- 
leur général  Bertin  (1760-1783),  par  M™«  Berryer  (fol.  2),  —  le  duc 
et  la  duchesse  de  Choiseul  (fol.  12),  —  la  duchesse  de  Grammont 
(fol.  67),  —  Joly  de  Fleury  (fol.  80),  —  le  marquis  de  La  Borde 
(fol.  85),  —  Gh.-G.  Lambert  (fol.  132),  —  Louis,  dauphin,  fils  de 
Louis  XV  (fol.  148),  —  Louise-Marie  de  France,  fille  de  Louis  XV 
(fol.  157),  —Marie-Adélaïde,  fille  de  Louis  XV  (fol.  178),  —  Sophie- 
Phihppine-Élisabeth-Justine,  fille  de  Louis  XV  (fol.  1 82),  —  Louis  XV 
(fol.  187),  —  Machaut  d'Arnouville  (fol.  194),  —  Maupeou  (fol.  203), 
—  Hue  de  Miromesnil  (fol.  208),  —  le  premier  président  Mole 
(fol.  219),  —  la  marquise  de  Pompadour  (fol.  224),  —  Louise  de 
Rohan  (fol.  277),  —  le  comte  de  Saint-Florentin  (fol.  281),  —  Stanis- 
las Leczinski,  roi  de  Pologne  (fol.  284),  —  Trudaine  (fol.  287),  —  le 
comte  de  Vergennes  (fol.  298). 

xviii«  s.  Pap.  303  feuifiets. 

6499.  Recueil  de  chartes  originales,  dont  quelques-unes  latines, 
relatives  à  Fhistoire  de  la  Franche-Comté  (1254-1315). 

xiii^-xiv"  s.  Parch.  53  pièces. 

6500.  Lettres  autographes  de  Gabriel  Naudé  àM.  de  Grémonville, 
ambassadeur  de  France  à  Venise  (1646-1647). 

xvii«  s.  Pap.  20  feuillets. 


252  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

6501.  «  Charlrier  de  Thouars.  Cartulaire  des  sires  de  Rays  » 
(^^6^^449).  —  Copie. 

XIX*  s.  Pap.  XXXVII  et  980  pages. 

6502-6503.  «  Papiers  géographiques  de  d'Anville.  »  Notes  et 
extraits  divers  relatifs  à  la  géographie  ancienne  et  moderne  de  l'Ar- 
ménie, de  la  Grèce,  de  la  Turquie  d'Europe  et  d'Asie  (Syrie,  Palestine 
et  Arabie),  de  l'Egypte  et  de  l'Ethiopie  (voyages  de  Granger  et  de  Le 
Noir  du  Roule;  extraits  de  mémoires  de  M.  de  Maillet).  —  Mesures 
itinéraires  des  Romains,  des  Chinois  et  des  Arméniens  (fol.  652) . 

xviii'^  s.  Pap.  672  feuillets.  (Don  de  M.  L.  Hachette.) 

6504.  Jacques  de  Voragine,  Légende  dorée,  traduction  en  proven- 
çal; incomplète  du  commencement.  —  A  la  suite  (fol.  ^180),  traités 
des  sept  péchés  mortels  et  des  dix  commandements  de  la  loi  et  de 
l'Église,  etc.;  incomplet  de  la  fin. 

XV*  s.  Pap.  226  feuillets. 

6505.  Pamphlet  contre  le  cardinal  de  Fleury,  sous  forme  de  con- 
seils posthumes  de  Louis  XIV  à  Louis  XV. 

xviii*  s.  Pap.  U  feuillets. 

6506.  Compte-rendu  des  receveurs  et  distributeurs  des  vivres  et 
munitions  de  l'armée  du  Roi,  commandée  par  le  maréchal  de  Damp- 
ville,  au  siège  de  Nîmes  (^573-^574).  —  Incomplet. 

XVI*  s.  Parch.  86  feuillets. 

6507.  Nécrologe  de  Saint-Maurice  de  Blandy,  en  Brie. 
XVI*  et  xviie  s.  Parch.  91  (96)  feuillets. 

6508.  «  Extrait  de  l'inventaire  des  meubles,  effets,  titres,  papiers 
et  documents  de  la  succession  de  Mgr.  Arman  de  Bourbon,  marquis 
de  Malause,  fait  en  -1744...  » 

XVIII*  s.  Pap.  -159  feuillets. 

6509.  Cérémonial  pour  les  prévôts  des  marchands  et  échevins  de 
Paris  dans  différentes  fêtes,  entrées,  publications  de  traités  de  paix, 
etc.;  copies  (4502-^739). 

xviii*  s.  Pap.  38  feuillets. 

6510.  Recueil  de  pièces  concernant  l'administration  des  Pays-Bas 
(^  543-^570). 

Copies  de  lettres  de  Philippe  II,  Emmanuel-Philibert,  duc  de  Savoie, 
Henri  II;  lettres  de  Marguerite  d'Autriche,  duchesse  de  Parme,  et  du 
duc  d'Albe,  gouverneur  des  Pays-Bas. 

XVI*  s.  Pap.  230  feuillets. 


DD   DÉPARTEMENT   DES   MANDSCRITS.  253 

6511.  «  Statuts  du  corps  des  maîtres  fourniers  et  boulangers 
d'Avignon.  4526.  »  —  4  778. 

xvi'^-xviii^  s.  Parch.  44  feuillets. 

6512.  Journal  d'un  voyage  à  Gonstantinople  et  en  Syrie  (4730- 
4735). 

xviii^  s.  Pap.  44  pages. 

6513.  Boccace,  Théséide,  traduction  en  vers  français  par  Anne  de 
Graville;  incomplet  de  la  fin. 

xvr«  s.  Pap.  48  feuillets. 

6514.  Moralité,  en  vers  ;  incomplète  du  commencement  et  de  la  fin. 
xv^  s.  Pap.  37  feuillets. 

6515.  «  Eclaircissement  pour  les  reflexions  en  forme  de  disserta- 
tion, imprimées  en  4763,  à  la  tête  des  Deux  livres  de  saint  Augus- 
tin,... pour  servir  de  réplique  à  la  Réponse  qu'y  a  faite  en  4765... 
Tauteur  d'un  écrit  de  4  5  pages  in-4°,  intitulé  :  Dissertation  où  l'on 
prouve  que  saint  Paul,  dans  le  7*  chapitre  de  la  P^  aux  Corinthiens., 
n'enseigne  pas  que  le  mariage  est  rompu  lorsque  Vune  des  parties 
embrasse  la  religion  chrétienne.  »  —  A  la  fin  (p.  69),  lettre  de  l'au- 
teur anonyme  à  «  Tabbé  Dinouart,  chanoine...  de  Saint-Benoît  à 
Paris  ))  (4774). 

xviii^  s.  Pap.  72  pages. 

6516.  Journal  de  l'abbé  Jourdain,  secrétaire  de  la  Bibliothèque 
du  roi  (474  8-4736). 

xviii^  s.  Pap.  60  feuillets. 

6517.  Fragments  de  l'histoire  des  comtes  de  Chalon-sur-Saône, 
par  le  P.  Louis-Jacob  de  Saint- Charles. 

xvip  s.  Pap.  70  feuillets.  (Don  du  R.  P.  C.  Sommervogel.) 

6518.  Lettres  de  J.-P.-Abel  Rémusat  à  François  Jeandet  (4806- 
4  828) .  —  On  a  relié  en  tête  deux  notices  nécrologiques  imprimées  sur 
leD'F.  Jeandet  (4  788-4860). 

XIX'  s.  Pap.  4  04  feuillets.  (Don  de  M.  Abel  Jeandet.) 

6519.  «  Recherches  sur  les  langues  tartares,  »  par  J.-P.-Abel 
Rémusat.  (Autographe.) 

XIX*  s.  Pap.  4  8  feuillets. 

6520.  Inventaire  des  titres  et  état  des  biens  du  collège  de  Bayeux, 
ou  de  AP  Gervais  Chrétien,  en  l'Université  de  Paris  (4  708). 

xviii"  s.  Pap.  230  feuillets.  (Don  de  M.  le  vicomte  de  Grouchy.) 


254  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

6521.  «  Catalogue  des  ouvrages  composant  la  bibliothèque  de 
M,  Lamblardie.  —  ^836.  » 

xix'^  s.  Pap.  25  feuillets.  (Provient  de  la  collection  Jullien.) 

6522.  Généalogie  des  seigneurs  de  Montmorin  ;  avec  blasons  des- 
sinés. 

xviii^  s.  Pap.  38  feuillets. 

6523.  Généalogie  de  la  maison  de  Parfaict. 
xvii*-xvrii^  s.  Pap.  -i  9  feuillets. 

6524.  Recueil  historique  et  littéraire. 

a  La  Mythologie,  en  vers  et  en  prose.  »  «  Dist  la  Fable  que  les  Iroix 
Déesses...  »  (fol.  2)-,  —  «  La  Pais  de  Gant,  »  ^453  (fol.  53);  —  «  Du 
Seigneur  et  de  ses  proprietez.  Aussi  comme  le  bœuf...  »  (fol.  64)  ;  — 
«  La  Vision  de  Tondal.  L'an  de  grâce  UA9...  »  (fol.  66);  —  Ordon- 
nance du  roi  Jean,  28  déc.  4355  (fol.  94)  ;  —  Mandement  du  duc  de 
Normandie,  depuis  Charles  V,  s.  d.  (fol.  U2);  —  «  Advis  et  prop- 
potz  pour  l'appaisement  de  ce  royaume  »  de  France  (fol.  426);  — 
(c  Traitié  de  Mgr.  le  Doffin  aveuc  le  roy  »  Charles  VII,  en  -1440 
(fol.  -1 28)  ;  —  «  Le  Pourparlé  de  pais  entre  lez  royaulmez  de  France 
et  d'Engleterre  en  la  ville  dWrras  [Tours],  »  en  •1444  (fol.  -134)  ;  — 
Documents  relatifs  au  traité  d'Arras  en  J435  (fol.  144);  —  Docu- 
ments relatifs  aux  conférences  de  Gravelines,  en  4439  (fol.  448);  — 
«  Le  Roman  du  Dict  du  Clievalier.  »  «  Pour  venir  à  moralité...  y> 
(fol.  4  53);  —  «  Les  Dix  commandemens  d'Amours.  Dix  commande- 
mens  fait  Amours...  »  (fol.  464)  ;  —  «  La  Pais  du  roy  [Charles  VII] 
et  de  Mgr.  de  Bourguongne,  faitte  en  la  ville  d'Arras,  l'an  [44]35  » 
(fol.  465);  —  «  L'Ennortement  des  gens  d'armes  à  la  prinse  de 
Luxembourg  [4  443].  Or  avant,  avant,  compaingnons...  »  (fol.  477). 

xv''  s.  Pap.  490  feuillets.  (Provient  de  Du  Gange.) 

6525.  Recueil  de  lettres  originales  de  rois,  princes  et  princesses 
des  XV"  et  xvi^  siècles. 

4.  Renouvellement  d'un  traité  entre  les  ducs  d'Orléans  et  de  Bre- 
tagne par  Valentinc  de  Milan,  duchesse  d'Orléans,  avec  confirmation 
de  Charles  d'Orléans  (47  mai  4408).  —  2.  Jeanne  de  France,  femme 
de  Jean  V,  duc  de  Bretagne  (9  sept.  4420).  —  3.  Jean,  bâtard  d'Or- 
léans, comte  de  Dunois  (26  août  4455).  —  4.  Lettre  de  Charles  VII 
à  Arthur,  duc  de  Bretagne  (2  juin  [4456]).  —  5.  Traité  d'alliance 
de  Jean,  duc  de  Calabre  et  de  Lorraine,  avec  François  II,  duc  de  Bre- 
tagne (34  déc.  4  464).  —  6.  Lettre  de  Louis  XI  à  François  II,  duc  de 
Bretagne  (6  avril  [4469]).  —  7.  Louis  de  Luxembourg,  comte  de 


DD   DEPARTEMENT  DES   MANDSCRITS.  255 

Sainl-Pol;  promesse  d'observer  le  traité  dePéronne  (9  mai  -1469).  — 
8.  Lettre  de  Marie,  duciiesse  de  Bourgogne,  à  François  II,  duc  de 
Bretagne  (^3  févr.  U80  [1481]).  —  9.  Lettre  de  Giiarles  VIII  à  Fran- 
çois II,  duc  de  Bretagne  (24  nov.  [1483]).  —  -10.  Manifeste  de  l'em- 
pereur Maximilien  à  François  II,  duc  de  Bretagne,  contre  le  gouver- 
nement d'Anne  de  Beaujeu  (43  juillet  4486).  —  M.  Lettre  d'Anne  de 
Beaujeu  à  Marguerite  d'Autriche,  duchesse  de  Savoie  (8  déc.  [4502]). 

—  42.  Lettre  de  Jacques  de  Willinger  à  Marguerite  d'Autriche 
(26  mars  4  509  [4  54  0]).  —  Cf.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes, 
4893,  p.  443-447. 

xv^-xvi®  s.  Parch.  et  pap.  42  pièces. 

6526.  «  Souvenirs,  remarques  et  objets  divers,  4828^  »  par  le 
conventionnel  Marc-Antoine  Baudot.  (Ms.  autographe.) 

xix^  s.  Pap.  238  feuillets.  (Don  de  M"""  veuve  Edgard  Quinet.) 

6527.  «  L'Instruction  d'ung  josne  prince  pour  se  bien  gouverner 
envers  Dieu  et  le  monde.  —  Prologue.  Pour  acquérir  honeur  et  bonne 
renommée...  » 

xv*"  s.  Pap.  22  feuillets. 

6528.  Dépositions  de  témoins  accusant  d'hérésie,  devant  le  Par- 
lement de  Paris,  Guillaume  Briçonnet,  évêque  de  Meaux  (24  juillet- 
4"  septembre  4525). 

xvi^  s.  Pap.  268  feuillets.  (Ex-libris  gravé  de  «  Charles  de  Baschi, 
marquis  d'Aubaïs,  »  et  de  Ph.-L.  de  Joubert.) 

OEUVRES  DE  VICTOR  HUGO. 

1.  Les  Orientales,  suivies  de  lettres  d'Ernest  Pouinet,  ayant  servi 
à  l'annotation  de  Nourmahal  la  Rousse  (fol.  82).  —  404  feuillets. 

2.  Les  Chants  du  Crépuscule.  —  435  feuillets. 

3.  Les  Voix  intérieures.  —  445  feuillets. 

4.  Les  Châtiments.  —  302  feuillets. 

5.  Les  Contemplations.  I,  Autrefois  (fol.  6);  II,  Aujourd'hui 
(fol.  237).  —  507  feuillets. 

6.  La  Légende  des  siècles.  —  545  feuillets. 

Qhis.  Le  Retour  de  V empereur  (partie  de  la  Légende  des  siècles). 

—  26  feuillets. 

7.  Chansons  des  rues  et  des  bois.  —  263  feuillets. 


256  NOUVELLES   ACQUISITIONS 

8.  L'Année  terrible.  —  372  feuillets. 

9.  VArt  d'être  grand-père, —La  Forêt  (fol.  255).  —  256  feuillets. 

10.  La  Pitié  suprême.  —  68  feuillets. 

11.  Religions  et  religion.  —  HS  feuillets. 

12.  VAne.  —  i25  feuillets. 

13.  William  Shakespeare.  —  394  feuillets. 

14.  Cromwell.  —  224  feuillets. 

15.  Marion  de  Lorme.  —  88  feuillets. 

16.  Le  Roi  s'amuse.  —  88  feuillets. 

17.  Lucrèce  Borgia.  —  94  feuillets. 

18.  Angelo.  —  -107  feuillets. 

19.  Ruy-Blas.  —  78  feuillets. 

20.  Les  Burgraves.  —  68  feuillets. 

21.  Bug-Jargal.  —  -104  feuillets. 

22.  Les  Derniers  jours  d'un  condamné.  —  60  feuillets, 

23.  Claude  Gueux.  —  38  feuillets. 

24.  Notre-Dame-de-Paris.  —  398  feuillets. 
25-26.  Les  Misérables. 

Tome  l:\.  Faniine  (fol.  4)  ;  —  2.  Cosette  (fol.  370)  ;  —  3.  Marins 
(fol.  667)  ;  —  Variantes  de  Cosette  (fol.  885).  —  945  feuillets. 

Tome  II  :  4.  V Idylle  rue  Plumet  et  V Épopée  rue  Saint-Denis 
(fol.  2)  ;  —  5.  Jean  Valjean  (fol.  329).  —  828  feuillets. 

27.  Les  Travailleurs  de  la  mer.  —  472  feuillets. 

28.  L'Homme  gui  rit.  —  Portrait  d'Eugène  Devéria  par  lui-même 
(fol.  ^85).  —  601  feuillets. 

29.  Quatre-vingt-treize.  —  4^6  feuillets. 

30.  Introduction  à  la  traduction  de  Shakespeare,  par  François- 
Victor  Hugo.  —  -15  feuillets. 

31.  Napoléon  le  Petit.  —  402  feuillets. 

32.  Mes  Fils.  —  24  feuillets. 

33.  Le  Théâtre  en  liberté  :  Prologue  (fol.  \)\  —  I.  La  Grand- 
raere  (fol.  7);  —  IL  L'Épée,  ou  Slagistri  (fol.  4  31);  — III.  Mangeront- 
ils?  (fol.  424);  —  IV.  Sur  la  lisière  d'un  bois  (fol.  242);  —  Être 
aimé  (fol.  229)  ;  —  La  Forêt  mouillée  (fol.  234).  —  253  feuillets. 

34.  La  Fin  de  Satan.  —  282  feuillets. 


DU    DÉPARTEMENT   DES   MANUSCRITS.  257 

COLLECTION  DE  BOURGOGNE. 

(Suite^.) 

112.  «  Délibérations  des  Estais  généraulx  de  la  Franche-Comté.  » 
(U84-i606.) 

xvii«  s.  Pap.  353  feuillets. 

113.  «  Notes  sur  la  Coutume  du  comté  de  Bourgogne,  par  Jobelot, 
premier  président  au  parlement  de  Besançon.  » 

XVIII''  s.  Pap.  84-^  pages. 

114.  «  Délibérations  et  règlements  intérieurs  du  palais  de  Besan- 
çon, par  ordre  alphabétique,  »  par  «  Poupon,  avocat  au  Parlement.  » 

XVIII*  s.  Pap.  206  feuillets. 

115.  «  Recueil  des  arrêts  de  M.  Terrier,  conseiller  au  parlement 
de  Dole,  es  années  -1639,  -1640,  'I64'l  et  suivantes.  » 

xvni«  s.  Pap.  203  feuillets. 

116.  «  Bibliothèque  de  la  Bourgogne  séquanoise,  par  dom  Basile 
Payen,  bénédictin.  » 

xvine  s.  Pap.  322  et  -16  pages. 

117.  Souverains  de  Bourgogne  et  de  Franche-Comté;  recueil  de 
pièces  originales  de  1403  à  -1664. 

xve-xvii®  s.  Parch.  45  feuillets. 

118.  Remontrances  du  parlement  de  Besançon  et  mémoire  sur  les 
impositions  de  Franche-Comté  (1782-1783). 

xviii*  s.  Pap.  99  feuillets. 

119.  Abbayes  et  prieurés  de  Franche  -  Comté  ;  recueil  de  pièces 
originales  concernant  les  abbayes  et  prieurés  d'Acey  (fol.  2),  —  Bel- 
levaux  (fol.  6),  —  Bonnevaux  (fol.  8),  —  Cherlieu  (fol.  40),  —  Migette 
(fol.  126),  —  Ounans  (fol.  225). 

xvi^-xvrii®  s.  Parch.  et  pap.  303  feuillets. 

1.  On  a  placé  à  la  suite  de  la  Collection  de  Bourgogne,  sous  les  n"'  112-129, 
une  série  de  dix-huit  volumes,  ofl'erts  par  M.  Bernard  Prosl,  sous-chef  du 
bureau  des  Archives  au  ministère  de  l'Instruction  publique.  —  Nous  rappelle- 
rons qu'un  inventaire  sommaire  de  la  Collection  de  Bourgogne  (n"'  1-111)  a  été 
publié  par  M.  L.  DelisJe  dans  la  Bibliothèque  de  l^ École  des  chartes,  t.  XXXII 
(1871),  p.  238-241,  et  tirage  à  part,  p.  2-5. 

4894  47 


258  NOUVELLES   ACQUISITIONS    DES   MANUSCRITS. 

120-124.  Localités  de  Franche-Comté;  recueil  de  pièces  originales. 

I  (^20).  Baignes-Dole.  —  67  feuillets. 

II  {V2\].  Foucherans  (^337-^523).  —  70  feuillets. 

III  (^22).  Foucherans  (i  528-^724).  —  99  feuillets. 

IV  (123).  Gray-SeUières.  —  \]3  feuillets. 

V  (124).  Servigney-Vesoul.  —  145  feuillets, 
xiv^-xvrii'  s.  Pap.  et  parch.  5  volumes. 

125-127.  Familles  de  Franche-Comté;  recueil  de  pièces  origi- 
nales. 

I  (125).  Achey-Palletans.  —  226  feuillets. 

II  (126).  Gauthiot  d'Ancier-Moussard.  —  146  feuillets. 

III  (127).  Petremand-Voisey.  —  236  feuillets. 
xv®-xviii^  s.  Parch.  et  pap.  3  volumes. 

128.  Papiers  de  l'abbé  Mermet. 
xix"  s.  Pap.  161  feuillets. 

129.  Papiers  de  Désiré  Monnier. 


xix^  s.  Pap.  269  feuillets. 


H.  Omont. 


11% 
feéres 


11.' 


EPISODES  DE  L'INVASION  ANGLAISE 


LA  GUERRE  DE  PARTISANS 

DANS 

LA  HAUTE  NORMANDIE. 

(1424-1429.) 

(  Suites  ) 

Le  Vexin.  Le  pays  de  Bray. 

De  l'autre  côté  de  la  Seine,  dans  la  direction  Picarde,  toute 
une  région  se  déploie,  qui  sert  d'abri,  de  réserve  et  de  réduit  à  des 
compagnies  dispersées,  irréductibles,  scellées  à  la  terre  où  elles 
germent  et  s'enracinent.  Là,  partant  du  niveau  même  du  fleuve, 
des  plans  montueux  vont  rejoindre  le  sauvage  massif  de  la  forêt 
de  Lyons,  d'où,  par  gradins  échelonnés,  une  chaîne  de  couverts 
naturels  conduit  à  la  vaste  étendue  des  bois  d'Eu.  Au  dedans  de  ces 
replis,  les  partisans  se  meuvent  et  circulent  invisibles.  Le  Vexin 
normand,  une  partie  du  Vexin  français,  le  pays  de  Bray  jusqu'aux 
lisières  de  Picardie  et  du  Beauvaisis,  toute  cette  contrée,  tantôt 
accidentée,  tantôt  revêtue  de  bois  épais,  que  strient  l'Andelle,  les 
rivières  qui  débouchent  dans  la  vallée  d'Arqués,  la  haute  Bresie, 
l'Epte  et  ses  affluents,  devient  en  ces  années  un  grand  refuge  tou- 
jours ouvert  aux  irréguliers  qui  cherchent  des  armes  et  veulent 
encore  des  combats  ^ 

1.  Voyez  le  volume  précédent,  p.  475. 

2.  La  plupart  des  documents  inédits  cités  au  cours  de  cette  étude  et  de  la 


260 


LA   GUERRE   DE   PARTISANS 


En  travers  du  pays,  et  le  taillant  en  écharpe,  s'espace  un 
alignement  rectiligne  de  places  fortes,  qui,  de  la  côte  normande 
jusqu'aux  approches  de  Paris,  gardent  le  grand  chemin  naturel  qui 
suit  l'orientation  des  vallées.  Dieppe  et  Arques  <,  formidablement 
défendues,  en  marquent  le  point  de  départ.  Les  bicoques  avoisi- 
nantes,  Pontrancard^  et  Hautot^,  paraissent  désemparées.  Puis, 
dans  l'intérieur  des  terres,  s'échelonnent  Torcy^  et  NeufchâteP, 
qui  observent  seuls,  depuis  le  désarmement  de  Bellencombre*',  le 
plateau  qui  s'étale  entre  la  rivière  d'Arqués  et  la  Béthune'.  Sur- 
gissent ensuite  Gournay,  Gisors,  qui  tiennent  le  haut  cours  de 


précédente  font  partie  des  Pièces  justificatives  de  l'ouvrage,  qui  seront  publiées 
en  leur  lieu. 

1.  Ces  deux  places  sont  constamment  mentionnées  dans  les  comptes  de  Nor- 
mandie. 

2.  Pontrancârd,  sur  l'Aulne,  vers  son  débouché  dans  la  plaine  d'Arqués 
(Seine-Inférieure,  cant.  de  Dieppe,  connu.  d'Ancourt).  Capitulation  le  10  février 
1419.  (Râles  norni.  et  franc.,  n"  1362;  cf.  n"  1217.)  Démolition  dans  l'été  de 
1433.  (De  Beaurepaire,  Recherches  sur  le  Procès  de  condamnation  de  Jeanne 
d'Arc,  p.  41,  n.  2.) 

3.  Haulot-sur-Mer,  sur  les  plateaux  qui  se  terminent  au  cap  d'Ailly  (Seine- 
Inférieure,  cant.  d'OlTranville).  Capitulation  le  3  février  1419.  (Rymer,  Fœdera, 
t.  IV,  part.  3,  p.  89.) 

4.  Le  château  de  Torcy  était  situé  dans  une  île  de  la  rivière  d'Arqués,  à  un 
peu  plus  de  deux  lieues  d'Arqués  (Seine-Inférieure,  cant.  de  Longueville,  comra. 
de  Torcy-le-Grand). 

5.  Neufchâtel  —  dont  le  commandement  est  joint  alors  à  celui  de  Torcy,  — 
Gournay,  Gisors  et  Pontoise,  sont  mentionnés  sans  interruption  dans  les  comptes 
de  Normandie  de  1424  à  1429. 

6.  Bellencoinbrc,  sur  l'Arques,  au  débouché  de  la  forêt  d'Eavy,  vers  la  direc- 
tion de  Rouen  (Seine-Inférieure,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Dieppe).  Le  château  est 
au  parti  d'Armagnac  en  1418.  (De  Beaurepaire,  Accord  conclu,  loc.  cit.)  Lors 
de  l'invasion,  c'est  évidemment  ce  lieu  fort  qui  ligure  dans  lénumération  de 
Monstrelet,  avec  Néville  en  Caux  (Seine-Inférieure,  cant.  de  Saint-Valery  en 
Caux),  place  qu'on  voit  mentionnée  aux  premiers  temps  de  la  conquête  [Rôles 
norm.  et  franc.,  n"  299,  994),  sous  le  nom  défiguré  de  Neufville-de-l'Encombre 
{Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  309).  Bellencombre  compte  alors  un 
commandant  anglais.  [Rôles  norm.  et  franc.,  n-  1359.) 

7.  Noter  qu'on  laisse  en  dehors  de  cette  étude  toute  la  région  du  pays 
de  Caux  en  deçà  de  la  ligne  de  l'Arques,  et  toute  la  contrée  avoisinant  Rouen 
entre  la  rivière  de  Cailly  et  l'Andelle.  Châteaux  et  places  y  étaient  nombreux 
au  temps  de  la  guerre  civile  et  de  l'invasion,  depuis  les  Loges,  auprès  d'Étre- 
tat,  jusqu'à  Logempré,  voisin  de  Fleury-sur-Andelle,  qui  appartint  à  Talbot. 
C'est  surtout  dans  cette  région  que  se  développe  le  grand  soulèvement  de  1435- 
143G,  où  les  Cauchois  enlèvent  une  à  une  et  «  remparent  »  toutes  ces  petites 
forteresses. 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE.'  261 

l'Epte,  jusqu'au  brusque  tournant  vers  le  sud  qui  l'infléchit  à 
angle  droit  vers  la  Seine.  Autour  de  Gisors,  Sérifontaine*,  Chau- 
mont-en-Vexin^  la  Villetertre^  disparaissent  depuis  l'invasion. 
Trie-Château,  nid  de  partisans,  qu'une  compagnie  aidera  sous  peu 
à  mettre  en  état  de  défense,  ne  semble  pas  alors  utilisé  comme  lieu 
fort^  Bouconvilliers^  commandait  naguères  la  haute  vallée  de  la 

1.  Sérifontaine,  sur  l'Epte,  entre  Gisors  et  Gournay  (Oise,  cant.  du  Coudray- 
Saint-Genner).  C'est  certainement  le  «  Ferry-Fontaines  »  de  l'énumération  de 
Monstrelet  (Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  309),  mentionné  comme  pris 
vers  février  1419.  Dans  les  premiers  jours  d'avril  1419  y  campait  un  corps  d'un 
millier  d'Anglais.  Les  capitaines  bourguignons  de  Pontoise,  de  la  ville  et  du 
château  de  Gisors,  le  sire  de  l'Isle-Adam,  Lionel  de  Bournonville  et  David 
de  Gouy,  pénétrant  de  nuit,  par  des  sentiers  détournés,  dans  les  rues  de  Séri- 
fontaine, y  exécutèrent  un  des  carnages  les  plus  sanglants  de  la  campagne. 
(Livre  des  trahisons,  éd.  K.  de  Lettenhove,  p.  141  ;  Pierre  de  Fenin,  éd.  de 
M"'  Dupont,  p.  106-107;  Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  315-316.) 

2.  Cliauraont-en-Vexin,  sur  la  Troësne,  affluent  de  l'Epte,  à  deux  lieues  de 
Gisors  (Oise,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Beauvais).  Capitulation  à  la  suite  de  la 
chute  de  Gisors  (Chron.  de  Norm.,  éd.  Hellot,  p.  55,  et  notes,  n.  155),  après  le 
17  septen\bre  1419  (voir  ci-dessous,  note  sur  Bouconvilliers).  Réoccupation  par  un 
parti  français  de  143-2  à  1433.  (Longnon,  les  Limites  de  la  France  et  l'étendue 
de  la  domination  anglaise  à  l'époque  de  la  mission  de  Jeanne  d'Arc,  p.  40, 
n.  2.  —  Revue  des  Questions  historiques,  octobre  1875.) 

3.  La  Villetertre,  sur  les  plateaux  entre  la  Troësne  et  la  Viosne  (Oise,  cant. 
de  Chaumont-en-Vexin).  C'est  certainement  la  «  Villeterre  »  de  Monstrelet, 
dont  la  prise  est  mentionnée  après  celle  des  places  de  la  ligne  de  l'Epte  (Mons- 
trelet, éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  309),  vers  février  1419.  Au  début  de  1419,  ou 
même  dès  septembre  1417,  la  place  était  au  parti  bourguignon,  sous  le  seigneur 
de  Cohem.  (Arch.  nat.,  JJ  171,  n"  501.) 

4.  Trie-Château,  à  la  jonction  de  l'Aunette,  venue  de  la  forêt  de  la  Thelle,  et 
de  la  Troësne,  à  une  lieue  de  Gisors  (Oise,  cant.  de  Chaumont-en-Vexin).  Lors 
de  la  marche  de  Henry  V  de  Pontoise  sur  Gisors,  mentionnée  dans  la  note 
sur  Bouconvilliers,  Trie  ne  paraît  pas  avoir  été  armé  ni  avoir  opposé  de 
défense.  Le  roi  dAngleterre  y  campe  au  moins  dès  le  3  septembre,  et  pro- 
bablement jusqu'à  la  chute  de  Gisors,  le  17.  {Chron.  de  Norm.,  éd.  Hellot, 
p.  54,  n.  155.)  On  voit  Trie  occupé  par  un  parti  français  qui  s'y  fortifie  au 
commencement  de  1432.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26055,  n"  1751.)  Les  partisans  (voir 
ci-dessous)  y  sont  maîtres  du  pays  en  1426. 

5.  Bouconvilliers,  sur  la  rive  droite  de  la  vallée  de  la  Viosne  (Oise,  cant.  de 
Chaumont-en-Vexin).  C'est  le  «  Vauconvillier-le-Chastel  »  des  Chroniques  de 
Normandie  (éd.  Hellot,  p.  55),  le  «  Bokonvelers  »  des  chroniques  anglaises 
(voir  ci-après),  le  «  Bosquenvillers  »,  le  «  Boscherville  »  près  Rouen,  «  Bosquen- 
tin  »,  en  lisière  de  la  forêt  de  Lyons,  «  Bouchevilliers  »,  plus  haut  sur  l'Epie, 
des  éditeurs  des  Rôles.  [Rôles  norm.  et  franc.,  \V'  1261,  69,  675,  983,  1014.)  — 
Mentionnée  en  1418  comme  important  lieu  fort  français  [Livre  des  trahisons, 
éd.  K.  de  Lettenhove,  p.  140),  la  place  capitule  pendant  la  marche  de  Henry  V 


262 


Li  GUERRE  DE  PARTISANS 


Viosne,  qui  descend  droit  à  l'Oise;  la  place  n'est  plus  armée 
maintenant.  A  Pontoise  seulement  stationne  une  garnison  de 
quelque  importance,  pour  surveiller  le  seul  point  de  contact  du 
pays  de  Caux  et  du  Vexin  avec  la  région  parisienne,  le  seul  pont 
de  la  route  directe  qui  joigne  Paris  à  Rouen.  Ainsi  se  trouve  sou- 
dée cette  longue  chaîne  parallèle  à  la  direction  de  la  Seine,  qui  se 
continue  de  la  mer  jusqu'à  l'Oise,  et  qui  a  fixé  un  par  un  les 
jalons  de  la  conquête  étrangère. 

Aux  deux  extrémités  de  cette  ligne,  le  long  de  la  Rresle  et  en 
bordure  de  la  basse  Epte,  se  groupent  des  postes,  plus  ou  moins 
gardés,  selon  l'heure  et  le  lieu. 

Le  long  de  la  Bresle,  Eu*  ne  possède  pas,  à  cette  époque  %  de  gar- 
de Pontoise  sur  Gisors,  entre  le  18  et  le  31  août  1419.  (Voir  sur  ce  point  :  Bcn- 
rici  Quinti  Angliae  régis  Gesta,  auctore  capellano  in  exercitu  regio,  1413- 
1422,  éd.  Benjamin  Williams,  dans  les  publications  de  YEnglish  historical 
Society.  Londres,  1850,  p.  131  ;  —  Elmham,  Vita  et  gesta  Henrici  Quinti  Anglo- 
rum  régis,  éd.  Ilearne,  Oxford,  1727,  chap.  lxxxi  et  lxxxii,  p.  232-235.  — 
Cf.  Rotes  norm.  et  franc.,  n°  1261,  69,  acte  daté  «  apud  castrum  de  Bosquen- 
villers  »,  le  28  août. )  Les  Chroniques  de  Normandie ,  pour  cette  marche, 
semblent  faire  partir  Henry  V  de  Mantes.  {Chron.  de  Norm.,  éd.  Hellot,  p.  54, 
et  notes,  n.  155.)  Cette  hypothèse  serait  très  compréhensible,  mais  se  trouve 
formellement  contredite  par  le  récit  très  serré  des  chroniques  anglaises  qui 
Tiennent  d'être  citées,  et  qui  font  séjourner  Henry  V  à  Pontoise,  après  la  sur- 
prise de  cette  place,  opérée  le  30  juillet,  sur  le  corps  bourguignon  commandé 
par  le  sire  de  l'Isle-Adam. 

1.  Eu,  vers  l'embouchure  de  la  Bresle,  et  alors  bien  moins  éloigné  de  la 
mer  qu'aujourd'hui  (Seine-Inférieure,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Dieppe). 

2.  La  ville  d'Eu  capitule  le  15  février  1419.  {Rôles  norm.  et  franc.,  n»  443.) 
En  1419,  la  place  est  relevée  comme  pourvue  d'un  commandant  anglais.  [Ibid., 
n"'  648,  675,  1457.  —  Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  337.)  En  avril 
1421,  octobre  1422,  de  même  encore.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  25766,  n"  799,  et  Cabi- 
net des  titres,  Pièces  orig.,  Bouteiller,  n"  102,  103.)  De  la  fin  de  1423  Jusqu'au 
terme  de  septembre  1429,  on  ne  semble  pas  trouver  mention  d'Eu  dans 
les  comptes  de  Normandie.  Dans  la  seconde  moitié  de  juin  1431,  Saintrailles, 
dans  une  brillante  expédition,  partie  sans  doute  de  la  région  de  Bcauvais, 
enlève  la  place,  mais  sans  s'y  maintenir.  (Chronique  de  la  maison  d'Eu,  Bibl. 
nat.,  coll.  Duchesne,  t.  48,  fol.  181,  citée  par  Vallct  de  Viriville.  Hist.  de 
Charles  VU  et  de  son  époque,  t.  II,  p.  246,  n.  1.  —  Mention  tirée  du  Livre 
Rouge,  aux  archives  municipales  de  la  ville  d'Eu  (communication  de  M.  de 
Kermaingant),  fol.  174  v°.)  C'est  sans  doute  à  la  suite  de  cette  entreprise  que 
fut  décidé,  au  moins  en  principe,  le  démantèlement  de  l'enceinte  en  même 
temps  que  celui  des  lieux  forts  voisins  de  Longroy,  en  Normandie,  et  de  Beau- 
champs,  en  Ponthieu.  (Document  en  date  du  7  juillet  1431,  Bibl.  nat.,  ms. 
fr.  20054,  n°  1612,  cité  par  M.  de  Beaiirc|iaire,  Recherches  sur  le  Procès,  p.  41, 
n.  2.)  Eu  reparait  définitivement  français  à  partir  du  printemps  de  1426. 
{Richemont,  éd.  Achille  Le  Vavasseur,  p.  125-126.) 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE.  263 

nison  domaniale.  Le  massif  de  Monchaux*,  Blangy^  Aumale^, 
qui,  avec  Gamaclles^  Rambures^  et  Beaucamps^  va  former'  un 
bloc  de  places^  si  furieusement  disputé  depuis  le  grand  entraî- 

1.  Monchaux,  sur  la  rive  gauche  de  la  Bresle,  entre  Eu  et  Blangy.  Dénomi- 
nation actuelle  :  Monchaux-Soreng  (Seine- Inférieure,  cant.  de  Blangy-sur- 
Bresle). 

2.  Blangy-sur-Bresle,  sur  la  rive  gauche  de  la  Bresle  (Seine-Inférieure,  ch.-l. 
de  cant.,  arr.  de  Neufchâtel). 

3.  Aumale,  sur  la  Bresle  (Seine-Inférieure,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Neuf- 
châtel). 

4.  Gamaches,  sur  la  rive  droite  de  la  Bresle,  en  Ponthieu,  entre  le  travers 
d'Eu  et  celui  de  Blangy  (Somme,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  d'Abbeville). 

5.  Rambures,  à  peu  de  distance  de  la  rive  droite  de  la  Bresle,  en  Ponthieu, 
à  la  hauteur  de  Blangy;  imposante  forteresse  qui  subsiste  encore  presque 
intacte  (Somme,  cant.  de  Gamaches). 

6.  On  a  beaucoup  discuté  sur  la  situation  exacte  de  ce  lieu  fort,  que  Pierre 
Cochon,  le  seul  chroniqueur  qui  semble  en  faire  mention,  désigne  sous  le  nom 
de  Baucent  ou  Baucen.  {Pierre  Cochon,  éd.  V.  de  Viriville,  p.  459,  et  éd.  de 
Beaurepaire,  p.  303.)  MM.  V.  de  Viriville  {loc.  cit.  et  Hist.  de  Charles  VII,  t.  II, 
p.  237),  et  de  Beaurepaire  {loc.  cit.  et  Recherches  sur  le  Procès,  p.  41,  n.  2),  l'ont 
identifié  avec  Beaucamps,  groupe  de  localités  (Beaucamp-le-Jeune  et  Beaucamp- 
le- Vieux)  situé  en  Ponthieu,  sur  les  plateaux  qui  dominent  la  rive  droite  de  la 
Bresle,  entre  le  travers  d'Aumale  et  celui  de  Sénarpont  (Somme,  cant.  d'Hor- 
noy).  M.  Longnon  {les  Limites  de  la  France,  p.  29,  n,  4)  croit  cependant  avec 
plus  de  raison  qu'il  s'agit  plutôt  de  Beauchamps,  également  en  Ponthieu,  sur 
la  rive  droite  de  la  Bresle,  mais  plus  près  de  la  côte,  entre  le  travers  de 
Gamaches  et  celui  d'Eu  (Somme,  cant.  de  Gamaches).  Le  document  en  date  du 
7  juillet  1431,  cité  par  M.  de  Beaurepaire  {Recherches  sur  le  Procès,  p.  41, 
n.  2),  et  qui  se  retrouve  dans  le  n"  1612  du  ms.  fr.  26054  de  la  Bibl.  nat., 
paraît  lui-même,  en  raison  des  places  qui  y  sont  citées  comme  immédiatement 
voisines  (Eu  et  Longroy),  désigner  assez  nettement  Beauchamps. 

7.  On  ne  rencontre  pas  dans  les  comptes  de  Normandie  ni  ailleurs  les  noms 
de  Longroy  ni  de  Sénarpont.  —  Longroy,  lieu  fort  du  territoire  normand,  se 
trouve  situé  sur  la  rive  gauche  de  la  Bresle,  un  peu  au-dessous  du  travers  de 
Gamaches  (Seine-Inférieure,  cant.  d'Eu).  On  ne  le  voit  guère  mentionner  qu'à 
l'occasion  de  la  démolition  de  la  place,  ordonnée  en  même  temps  que  celle 
d'Eu  et  de  Beauchamps,  en  juillet  1431.  (Document  en  date  du  7  juillet  1431, 
Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26054,  n*  1612,  cité  par  M.  de  Beaurepaire,  Recherches  sur 
le  Procès,  p.  41,  n.  2.)  —  Sénarpont,  au  confluent  du  Liger  et  de  la  Bresle, 
entre  Aumale  et  Blangy,  se  trouve  en  Ponthieu  (Somme,  cant.  d'Oisemont), 
La  forteresse  est  signalée  comme  remparée  par  un  parti  français  à  l'automne 
de  1433.  (Arch.  nat.,  JJ  175,  n"  276.) 

8.  Monchaux  a  capitulé  en  même  temps  qu'Eu,  le  15  février  1419.  (Ilellot, 
notes  des  Chron.  de  Norm.,  a.  131.)  La  place  est  citée  comme  pourvue  de 
garnison  en  1419  {Rôles  norm.  et  franc.,  n"  675,  1359),  et  signalée  comme 
jouant  un  rôle  au  début  de  l'invasion  {Monstrelef,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III, 
p.  309,  314,  317).  Prise  en  1432  par  les  Français  {Ibid.,  t.  V,  p.  35),  elle  fut 


264 


LA  GUERRE  DE  PiRTISAXS 


nement  de  1429*,  ne  paraît  pas  alors  armé  pour  l'offensive^. 

En  bordure  de  la  basse  Epte,  sur  l'ancienne  lisière  normande 

et  française  qui  scindait  autrefois  le  Vexin,  bien  peu  de  forteresses 

Neaufles- Saint -Martin^,  Dangu^  Saint- 


sont  restées  garnies 


rasée  en  1433,  de  commun  accord  (Ibid.,  t.  V,  p.  94).  On  ne  voit  signaler  le 
moustier  fortifié  de  Blangy  qu'en  1429.  {Pierre  Cochon,  éd.  de  Beaurepaire, 
p.  303.)  —  Aumale  avait  résisté  jusqu'aux  derniers  jours  de  1419,  une  des  der- 
nières places  de  Normandie.  {Chron.  de  Norm.,  éd.  Hellot,  p.  55,  n.  159.)  La 
place  est  pourvue  d'un  capitaine  au  début  de  la  conquête.  {Rôles  norm.  et 
franc.,  n°  1359.)  —  Gamaches,  Rambures,  Beaucharaps,  Sénarpont  se  trouvent, 
comme  on  vient  de  le  voir,  en  Ponthieu  ;  leur  histoire  se  rattache  étroitement 
à  la  défense  de  cette  région. 

1.  Entre  1429  et  1436,  ces  places,  dont  les  unes  (Aumale,  Blangy,  Beau- 
champs)  tombent  avec  Torcy,  pour  quelque  temps,  aux  mains  des  Français, 
dès  la  fin  de  1429  {Pieire  Cochon,  éd.  de  Beaurepaire,  p.  302-304,  307,  308;  — 
Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  IV,  p.  350  ;  —  De  Beaurepaire,  Recherches 
sur  le  Procès),  dont  les  autres  (Rambures,  Monchaux,  Gamaches)  ne  seront 
disputées  qu'un  peu  plus  tard  {Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  IV,  p.  433; 
t.  V,  p.  35-36,  71-72,  228;  —  Hellot,  notes  des  Chron.  de  Norm.,  n.  268),  sont 
l'objet  de  continuels  assauts.  M.  Hellot  a  parfaitement  démontré  le  rôle  capi- 
tal de  la  place  de  Rambures,  reprise  en  février  1432  par  Charles  Desmarets. 

2.  On  ne  voit  plus  depuis  le  début  de  l'invasion  mentionner  deux  places  de 
l'intérieur  du  Petit-Caux  :  Guilmécourt,  entre  l'Aulne  et  l'Yères  (cant.  d'En- 
verraeu),  et  Saint-Martin-le-Gailiard,  sur  l'Yères  (cant.  d'Eu).  Ces  deux  places 
avaient  été  comprises  dans  la  capitulation  d'Eu,  le  15  février  1419.  {Rôles 
norm.  et  franc.,  a"  443.)  On  a  vu  la  reprise  passagère  de  Saint-Martin  et  le 
combat  livré  sous  ces  murs,  en  août  1419.  Guilmécourt  est  peut-être  le  «  Galin- 
court  »  (Galnicourt)  mentionné  par  Monstrelet  au  milieu  d'autres  places  de  la 
région.  {Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  309.)  — Quelques  autres  places 
fermant  la  région  d'Eu  vers  le  sud,  entre  Aumale  et  JVeufchâtel,  et  disputées 
au  temps  de  la  guerre  civile,  ne  sont  plus  mentionnées  depuis.  Entre  autres 
Mortemer  et  Beaussault,  aux  sources  de  l'Aulne  et  de  la  Béthune  (cant.  de 
Neufchâtel  et  de  Forges),  qui  étaient,  en  1418,  aux  mains  du  parti  d'Armagnac. 
(De  Beaurepaire,  Accord  conclu,  loc.  cit.)  Beaussault  est  démoli  dans  l'hiver 
de  1433.  (De  Beaurepaire,  Recherches  sur  le  Procès,  p.  41,  n.  2.) 

3.  Neaufles-Saint-Marlin,  sur  la  rive  gauche  de  la  Levrière,  près  de  son  con- 
fluent avec  l'Epte,  entre  Gisors  et  Étrépagny  (Eure,  cant.  de  Gisors).  La  place, 
mentionnée!  par  Monstrelet  avec  les  autres  forteresses  de  la  ligne  de  l'Epte, 
capitule  cependant  le  23  février  1419.  {Rôles  norm.  et  franc.,  n°  307.  —  Cf. 
Chron.  de  Norm.,  éd.  Hellot,  p.  55,  et  notes,  n.  131,  155,  157.)  Comme  l'a  mar- 
qué l'éditeur,  le  texte  des  Chroniques  de  Normandie,  qui  fait  tomber  Neaudes 
à  la  suite  de  la  chute  de  Gisors,  en  septembre,  doit  être  corrigé  sur  ce  point. 
Neaulles  a  été  pourvu  d'un  commandant  anglais  en  août  et  octobre  de  celte 
année,  le  comte  de  Worcester.  {Ibid.,  n"»  648,  1359.) 

4.  Dangu,  sur  la  rive  gauche  de  l'Epte  (Eure,  cant.  de  Gisor.s).  Capitulation 
à  la  suite  de  la  chute  de  Gisors,  en  septembre  1419.  {Chron.  de  Norm.,  éd. 
Hellot,  p.  55,  et  notes,  n.  155.)  Cependant  la  terre  est  distribuée  dès  le  1""  fé- 


DANS  Li  HAUTE  NORMANDIE.  265 

Clair-sur-Epte  S  l'île  de  Bray^  la  tour  de  Baudemont^  ont  capi- 
tulé à  la  fin  de  l'invasion,  entraînées  parla  chute  de  Gisors,  mais 
n'ont  pas  gardé  de  soldats.  Au  centre  du  Vexin  normand,  Étré- 
pagny  seul  reste  en  état  de  défense  et  conserve  peut-être  quelques 
forces  mobiles  ^ 
Entre  les  mailles  lâches  de  ce  réseau,  des  compagnies  dissémi- 

vrier  1419.  (Rôles  norm.  et  franc.,  n'  281.)  Au  4  octobre  1419,  Dangu  compte 
un  commandant  anglais.  (Ibid.,  n°'  675,  1359.)  En  juillet  1425,  de  même.  (Arch. 
nat.,  JJ  173,  n°  193.)  Lors  de  la  reconquête,  Dangu  donne  lieu  à  une  capitu- 
lation dans  les  premiers  jours  d'août  1449.  (De  Beaucourt,  Bist.  de  Charles  VII, 
t.  V,  Pièces  justif.,  I.)  —  La  terre  de  Dangu,  confisquée  sur  Pierre  de  Bour- 
bon, appartenait,  en  même  temps  que  la  capitainerie  {Rôles,  n"  1359),  à  Richard 
Wideville  {Rôles,  n°*  281,  534),  le  grand  sénéchal  anglais  de  Normandie  qui 
épousa  plus  tard  Jacqueline  de  Luxembourg,  veuve  du  duc  de  Bedford,  et  joua 
un  si  grand  rôle  dans  la  guerre  des  Deux-Roses.  —  Sur  l'expédition  qui  aurait 
été  tentée,  en  août  1422,  par  les  capitaines  français  du  Maine  sous  Jean  d"Har- 
court,  comte  d'Aumale,  en  vue  de  débloquer  Dangu,  qu'il  faudrait  alors  sup- 
poser avoir  été  réoccupé  par  le  parti  national,  voir  ci-dessus,  Sur  la  Seine,  et 
ci-dessous,  Annexe  2. 

1.  Saint-Clair-sur-Epte,  sur  la  rive  droite  de  l'Epte  (Seine-et-Oise,  cant.  de 
Magny-en- Vexin),  en  face  Château-sur-Epte,  qui  commande  l'autre  bord  (Eure, 
cant.  d'Ecos),  au  point  de  passage  de  la  route  directe  de  Rouen  à  Pontoise. 
Saint-Clair  fut  pris  avec  les  autres  places  de  l'Epte,  vers  février  1419,  ou  à  la 
suite  de  la  chute  de  Gisors,  en  septembre,  mais  ne  figure  ni  dans  la  liste  de 
Monstrelet  ni  dans  celle  des  Chroniques  de  Normandie.  La  place  est  mention- 
née comme  armée  au  début  de  l'invasion,  ayant  pour  commandant  William 
Basset.  {Rôles  norm.  et  franc.,  n°  1359.)  Saint-Clair  fut  réoccupé  par  un  parti 
français  en  1432.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26055,  n"  1751.) 

2.  Bray,  dans  une  île  de  l'Epte  (actuellement  comm.  de  Bray-et-Lu,  Seine-et- 
Oise,  cant.  de  Magny-en- Vexin).  Cette  place  figure  sous  son  nom,  avec  d'autres 
de  la  région,  dans  l'énumération  de  Monstrelet  {Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq, 
t.  III,  p.  309),  comme  prise,  par  suite,  vers  février  1419. 

3.  Baudemont,  sur  la  rive  gauche  de  l'Epte  (actuellement  fraction  de  la  com- 
mune de  Bus-Saint-Rémy,  Eure,  cant.  d'Ecos).  Cette  position  inaccessible,  qui 
commande  si  fortement  la  vallée  de  l'Epte,  fut  attaquée  par  le  duc  de  Clarence, 
aussitôt  après  la  capitulation  de  Mantes,  le  5  février  1419.  (Durand  et  Grave,  la 
Chronique  de  Mantes,  p.  270.)  C'est  le  «  Bewmant  »,  le  «  Bawdemont  »,  des 
chroniques  anglaises,  qui  marquent  sur  cette  campagne  de  sièges  une  cer- 
taine précision.  {Henrici  Quinti  G  esta,  auctore  capellano,  éd.  Benjamin  Wil- 
liams, p.  129.  —  Elmham,  Vita  Henrici  Quinti,  éd.  Hearne,  chap.  lxxi,  p.  205.) 
Baudemont  figure  sous  son  nom  réel  dans  la  liste  de  Monstrelet  {Monstrelet, 
éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  309),  avec  les  autres  places  de  la  ligne  de  l'Epte 
prises  vers  cette  môme  époque.  En  1435-1436,  la  place  sera  vivement  disputée. 

4.  Étrépagny,  au  centre  des  routes  du  Vexin  normand.  La  place  avait  capi- 
tulé le  1"  février  1419.  (Rymer,  Fœdera,  t.  IV,  part.  3,  p.  87.)  Au  début  de 
l'invasion,  elle  a  un  capitaine  anglais  qui  porte  le  nom  de  Richard  Abraham 


266 


lA   GUERRE   DE  PARTISANS 


nées  circulent  à  couvert.  Elles  sont  moins  groupées,  moins  cohé- 
rentes que  dans  le  pays  d'Auge  et  le  Lieuvin,  mais  plus  insaisis- 
sables, plus  nuisibles  encore.  Entre  Rouen,  Yernon,  Gisors, 
Gournay,  Aumale,  les  représentants  du  gouvernement  anglais  ne 
communiquent  plus  sans  escortes  spéciales  ;  toute  administration 
est  entravée,  toute  vie  sociale  interrompue.  La  contrée  tout 
entière  apparaît  comme  un  réceptacle  inépuisable  d'ennemis, 
traîtres,  brigands,  réserve  sans  cesse  alimentée  à  des  sources 
nouvelles,  qui  ne  se  dépeuple  ni  ne  s'épuise,  malgré  la  surveil- 
lance, les  colonnes  volantes  qui  sillonnent  le  pays,  la  chasse  en 
règle  et  les  battues  à  l'homme. 

Dans  les  cantons  du  Petit-Caux,  entre  l'Aulne  et  la  Bresle,  sur 
ces  lisières  de  la  Picardie  maritime  où  vient  de  se  prolonger  si 
longtemps  la  défense  acharnée  de  Jacques  d'Harcourt^  les  par- 
tisans semblent  ne  rien  craindre ^  Près  d'Arqués,  en  1423,  ils 
attaquaient  des  traînards  anglais^.  En  1425,  on  constate  dans 
une  compagnie  la  présence  de  gens  de  Saint-Pierre-en-Val,  de 
Douvrend"*.  En  mars,  les  Anglais  d'Eu  en  prennent  quelques-uns. 


{Rôles  norm.  et  franc.,  n"  1359),  (jui  y  commande  encore  au  commencement 
de  1424  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26046,  n"  185).  Elle  ne  figure  pas  dans  les  comptes 
de  Normandie  analysés  par  M.  de  Beaurepaire,  mais  y  est  indiquée  comme 
recevant  un  détachement  de  «  crue  »  en  1429.  Entre  cette  date  et  1436,  Étré- 
pagny  fut  l'objet  de  nombreuses  surprises  et  conspirations.  (De  Beaurepaire, 
Recherches  sur  le  Procès,  Notices  sur  les  Juges  (II.  ce),  et  Note  sur  Jean  de 
Saini-Avit,  évêque  d'Avranches,  dans  le  Bulletin  de  la  Conwiission  des  anti- 
quités et  des  arts  de  la  Seine-Infërieure,  t,  IX,  années  1891-1893.) 

1.  Le  Crotoy,  dernière  position  française  de  la  baie  de  la  Somme,  capitule 
au  terme  du  1"  mars  1424.  Les  comptes  de  Normandie  ne  mentionnent  pas  cette 
place,  mais,  en  revanche,  signalent  celle  voisine  de  Rue  (Somme,  ch.-l.  de 
canl.  de  l'arr.  d'Abbeville),  comme  armée  jusqu'à  la  fin  de  1424. 

2.  Les  noms  de  lieu  cités  pour  cette  région  sont  tous  compris  dans  une 
région  contiguë  (Seine-Inférieure,  cant.  d'Eu  et  d'Envermeu,  dans  l'arr.  de 
Dieppe;  cant.  de  Londiniôres,  dans  l'arr.  de  Neufchâlel;  —  Somme,  cant.  de 
Gamaches  et  de  Moyenneville,  dans  l'arr.  d'Abbeville). 

3.  Regnault  Ilallcy,  de  Bacqueville-la-Martel  (Seine-Inférieure,  arr.  de  Dieppe); 
Jean  de  Saint-Pol,  dit  Lemaitre,  de  Harcourt  (Eure,  cant.  de  Brionne);  Tho- 
mas Houdet,  barbier,  de  Haucourt  (Seine-Inférieure,  cant.  de  Forges),  mis  à 
mort  sous  formes  diverses,  à  Arques,  pour  crime  de  lèse-majesté  et  meurtre 
d'un  Anglais  nommé  Bouteiller.  Mandement  de  taxation  de  Raoul  Bouteiller, 
chevalier,  bailli  de  Caux,  au  vicomte  d'Arqués  pour  frais  d'exécution,  en  date 
du  11  mars  1423.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26046,  n°  46. 

4.  Rémissions  pour  Jeannot  Louvel,  de  Sainl-Picrrc-cn-Val,  pour  Jean  Dela- 
mare,  de  Douvrend.  Doc.  en  date  d'août  1425  :  faits  récents.  Arch.  nat.,  JJ  173, 
n»'  328,  330,  334. 


DANS  lA  HAUTE  NORMANDIE,  267 

après  combat  en  vue  de  Bailly-en-Rivière*.  Aux  environs  de 
Garaaches,  dans  le  courant  de  mai,  la  compagnie  de  Fremiuofc 
Le  Vasseur  se  fait  ravitailler  par  des  paysans  de  Tilloy-sur-Ry  ; 
l'un  d'eux,  arrêté  et  emmené  par  les  Anglais  de  Gamaches,  est 
enlevé  par  un  groupe  de  partisans  qui  tend  à  l'escorte  une  embus- 
cade au  tournant  d'un  chemin,  près  du  village  de  Tours  ^. 

Une  autre  bande,  celle  de  Robin  Crevin,  se  signale  à  la  fin  de 
l'été  vers  Fresnoy^  Melleville,  Millebosc^  entre  la  Bresle  et 
l'Yères^.  Dans  les  premiers  jours  d'octobre,  des  compagnies  se 
montrent  en  force  entre  les  forêts  d'Eu  et  celles  de  Lyons  ;  leurs 
démonstrations  inquiètent  sérieusement  la  place  de  Rouen  ^.  Il 
faut  en  référer  au  duc  de  Bedford  jusqu'à  Paris,  où  le  régent  se 
voit  obligé  d'instituer  un  commissaire  spécial,  Raoul  Le  Sage, 
seigneur  de  Saint-Pierre,  l'un  des  conseillers  les  plus  écoutés  du 
gouvernement  anglais''',  qui  détient  la  seigneurie  de  Gamaches  et 
possède  la  connaissance  nécessaire  du  terrain*.  Les  trois  baillis 

1.  Mandement  de  taxation  du  bailli  de  Caux  au  vicomte  de  Neufchâtel  pour 
paiement  d'un  messager  porteur  de  lettres  relatives  à  ce  fait,  en  date  du 
2  mars  1425.  Bibl.  nat.,  Cab.  des  Titres,  P.  or.,  Maistresson,  n"  2. 

2.  Rémissions  pour  Fremin  Garet  aîné,  cultivateur,  de  Tilloy-sur-Ry;  Fre- 
min  Garet  cadet,  charpentier,  de  Gamaches;  Jean  de  Cahon,  apprenti  charpen- 
tier, pour  faits  de  participation.  Doc.  en  date  de  juillet  1425  :  faits  remon- 
tant à  deux  mois.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"'  322,  699. 

3.  Fresnoy-la- Campagne,  dénomination  actuelle  :  Fresnoy-Folny. 

4.  «  La  Ville  emmi  le  Bosc  »,  dénomination  actuelle  :  Millebosc. 

5.  Rémission  pour  Jean  Le  Cras,  de  «  Veilly  »  (Vesly  (?),  Eure,  cant.  de 
Gisors),  pour  fait  de  complicité,  de  concert  avec  Perrin  Alleaume  et  avec  Jean- 
not  Louvel,  de  Saint-Pierre-en-Val.  Doc.  en  date  de  janvier  1426  :  faits  remon- 
tant à  cinq  et  quatre  mois.  Arch.  nat.,  JJ  273,  n"  334  ;  cf.  n°  328. 

6.  Pour  ce  qui  suit  :  lettre  de  garant  du  duc  de  Bedford  à  Richard  Beau, 
commandant  de  Rue  en  Ponthieu,  en  date  de  Paris,  le  3  novembre  1425,  men- 
tionnant des  lettres  aux  baillis  de  Rouen,  Caux  et  Gisors,  et  au  seigneur  de 
Saint-Pierre,  et  faisant  allusion  à  des  faits  en  date  du  8  octobre.  Bibl.  nat., 
ms.  fr.  26048,  n"  501  ;  cf.  n°  507. 

7.  Trace  de  la  commission  donnée  en  charge  par  le  régent  au  seigneur  de 
Saint-Pierre  se  rencontre  dans  une  mention  de  comptes  du  salaire  payé  à  un 
messager,  le  30  octobre,  pour  avoir  apporté,  de  Paris  à  Gamaches,  où  se  trouve 
alors  Raoul  Le  Sage,  des  ordres  du  Conseil  du  roi.  Bibl.  nat.,  ms,  fr.  4491, 
fol.  35. 

8.  Raoul  Le  Sage,  l'un  des  plus  importants  personnages  du  gouvernement  de 
la  conquête.  Voir  sur  lui  les  renseignements  recueillis  dans  la  notice  biogra- 
phique (p.  16-24)  donnée  dans  l'élude  intitulée  :  Note  pour  servir  à  l'histoire 
de  la  famille  Saige  ou  Sage...  [par  M.  Gustave  Saige].  Paris,  1874,  in-4°. 

Il  sortait  d'une  race  normande  du  Cotenlin,  à  laquelle  appartenait  une  fraction 


268 


LA  GUERRE  DE  PARTISANS 


de  Rouen,  Caux,  Gisors*  reçoivent  l'ordre  de  se  mettre  à  sa  dis- 
position pour  les  mesures  à  prendre  contre  ces  «  brigands  » ,  qui 


de  la  seigneurie  de  Saint-Pierre-Église  (Manche,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Cher- 
bourg), et,  par  sa  mère,  issue  de  la  famille  cauchoise  de  Pelletot  (Seine-Infé- 
rieure, cant.  de  Longroy,  comm.  de  le  Catelier),  il  se  trouvait  possesseur  de  la 
seigneurie  de  Laviers,  en  Ponthieu,  dans  la  vallée  de  la  Somme  (Laviers-le- 
Grand,  Somme,  cant.  d'Abbeville).  Comme  Guy  Le  Bouteiller,  il  venait  aux 
Anglais  du  parti  bourguignon,  dont  il  suivait  la  fortune  depuis  les  événements 
de  1407.  A  l'heure  de  la  descente  de  Henry  V,  il  avait  fait  immédiatement, 
pour  ses  domaines  du  Cotentin,  sa  soumission  à  la  conquête,  mais  paraît  avoir 
attendu  le  traité  de  Troyes  pour  entrer  au  service  de  l'Angleterre,  où  il  devait 
faire  une  rapide  fortune  et  auquel  il  reste  attaché  jusqu'à  sa  fin,  vers  1438. 
Il  était  membre  du  Conseil  dès  1421.  Cette  même  année,  il  avait  reçu,  comme 
part  de  dépouille,  plusieurs  terres  autour  de  Lisieux.  {Rôles  norm.  et  franc., 
n"  1005,  1017.)  C'étaient  Livet-sur-Authou  (Eure,  cant.  de  Brionne),  dont  on  se 
rappelle  l'assaut  par  la  compagnie  de  Roger  Christophe;  l'Eau-Partie,  dans  le 
massif  accidenté  entre  Touques  et  Dives  (Calvados,  cant.  de  Cambremer);  la 
baronnie  de  Roncheville,  dans  la  vallée  de  la  Touques  (Calvados,  cant.  de  Pont- 
l'Évêque,  comm.  de  Saint-Martin-aux-Chartrains),  la  première  baronnie  de  Nor- 
mandie selon  certains  auteurs,  cette  dernière  confisquée  sur  Perrette  Bureau 
de  la  Rivière,  la  vaillante  héro'i'ne  de  la  défense  de  la  Roche-Guyon  (Siméon 
Luce,  Perrette  de  la  Rivière,  dame  de  la  Roche-Guyon,  p.  170,  dansZa  France 
pendant  la  guerre  de  Cent  ans,  1'  série).  Du  titre  de  Roncheville  dépendait 
un  hôtel  à  Honfleur  (Siméon  Luce,  Chron.  du  Mont-Saint-Michel,  t.  I,  p.  314, 
n.  1),  et  un  atterrage,  actuellement  disparu  et  curieux  à  signaler,  situé  à  Pen- 
nedepie  (Calvados,  cant.  de  Honfleur),  entre  les  repères  bien  connus  de  la 
Falaise-Basse  de  Honfleur  et  de  la  Fosse  de  Villerville  ;  c'est  là  que  vient 
débarquer  le  duc  d'York,  en  juin  1436,  pour  achever  la  réduction  de  la  grande 
insurrection  cauchoise  (De  Beaucourt,  Hist.  de  Charles  Vil,  t.  III,  p.  8,  n.  5). 
La  terre  de  Gamaches,  en  Ponthieu,  lui  était  échue  en  décembre  1424.  (Cf. 
Bibl.  nat.,  ms.  fr.  4485,  fol.  425.)  Dans  le  cours  de  cette  année  1425,  où  il 
avait  mission  de  diriger  les  opérations  contre  les  partisans,  on  l'y  trouve  pré- 
sent en  mai  et  en  octobre.  (Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  322,  et  Bibl.  nat.,  ms. 
fr.  4491,  fol.  35.) 

Il  est  spécialement  intéressant  de  le  voir  chargé  d'exterminer  les  partisans 
des  bois  d'Eu,  tandis  qu'un  chef  de  partisans  portant  le  même  nom,  Per- 
rot  Le  Saige,  resté  fidèle  à  la  cause  nationale,  combattait,  comme  il  a  été 
dit,  à  la  tête  d'une  compagnie  d'irréguliers,  sur  les  lisières  du  pays  d'Auge. 
C'est  lui  qu'on  a  vu  livrer  aux  Anglais  de  Bonsmoulins,  en  1424,  le  sanglant 
combat  de  Planches.  (Voir  ci-dessus,  le  Pays  d'Auge.) 

1.  A  cette  date,  le  bailliage  de  Gisors  (cf.  Rôles  norm.  et  franc.,  passim) 
était  encore  tlistinct.  Le  25  avril  1426,  on  voit  John  Salvayn,  bailli  de  Rouen, 
porter  le  titre  de  «  bailli  de  Rouen  et  de  Gisors  »,  ([u'il  gardera  sous  une 
forme  plus  ou  moins  diflérentc,  ainsi  que  ses  successeurs.  Bibl.  nat..  Cabinet 
des  litres,  Pièces  orig.,  Salvain,  n°  9.  A  la  date  du  25  novembre  précédent, 
il  porte  seulement  le  litre  de  bailli  de  Rouen  (Ibid.,  id.,  n"  8). 


DANS   LA   HAUTE   NORMANDIE.  269 

alignent  de  la  cavaleries  et  qui  circulent  sur  quinze  lieues  de 
pajs^ 

Aux  alentours  de  Gournay,  entre  la  forêt  de  Bray  et  la  forêt 
de  la  Thelle,  dans  les  hautes  vallées  de  l'Epte  et  du  Thérain,  sont 
cantonnées  d'autres  bandes  encore.  On  en  signale  en  1424,  aux 
environs  de  Fontenay^  vers  les  sources  du  Thérain,  où  les  par- 
tisans tiennent  la  campagne  depuis  longtemps  déjà^  On  les  revoit 
autour  de  Gerberoy^  en  1425,  dans  les  bois,  où  ils  embauchent 
des  recrues  et  d'où  ils  viennent  attaquer  la  ville,  devenue  presque 
inhabitable^.  A  Songeons',  en  1426,  la  garnison  de  Gournay 
leur  livre  un  combat  :  l'un  d'eux  tombe  sur  le  terrain,  et  son 
cadavre,  ramené  dans  la  place,  subit  au  lieu  de  justice  une  exé- 
cution posthume  destinée  à  servir  d'épouvantail  et  d'exemple*. 

Dans  cette  direction ,  ils  rayonnent  jusqu'aux  approches  de 
Beauvais.  Là,  depuis  longtemps,  au  pied  de  la  haute  falaise  du 
Bray,  des  groupes  d'irréguliers  survivent,  soutenus  naguères 
par  les  garnisons  françaises  de  la  Neuville-en-Hez  ^  et  des  bico- 

1.  «  Pour  ce  que  plusieurs  brigans,  ennemis  et  malveillans  de  mondit  sei- 
gneur le  roy  et  de  nous,  tant  à  pie  comme  à  cheval,  s'estoient,  dès  environ  le 
viii"  jour  du  mois  d'octobre  darrenement  passé,  venus  tenir  et  converser  es 
forests  d'Eu,  de  Lions  et  autres  circonvoisines.  »  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26048, 
n»  501. 

2.  Du  milieu  de  la  région  forestière  de  Lyons  jusqu'au  centre  de  la  contrée 
entourée  par  les  forêts  d'Eu,  on  compte  en  ligne  droite  au  moins  60  kilomètres. 

3.  «  Fontenay  près  Gerberoy.  »  Actuellement  fraction  principale  de  la  com- 
mune dénommée  Fontenay-Torcy  (Oise,  cant.  de  Songeons). 

4.  Rémission  pour  Guillot  Molain,  dit  Bourgain,  de  Fontenay,  pour  faits  de 
participation.  Doc.  en  date  de  novembre  1424  ;  faits  remontant  à  un  an,  habi- 
tuels encore.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n°  50. 

5.  Gerberoy,  dans  la  vallée  du  Thérain,  théâtre  de  la  rencontre  célèbre  de 
mai  1435,  où  périt  le  comte  d'Arundel  (Oise,  cant.  de  Songeons). 

6.  Rémission  pour  Willemot  Petrix,  de  Gerberoy,  partisan.  Doc.  en  date 
du  24  mars  1427  :  faits  remontant  à  deux  ans.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  671 
et  673. 

7.  Songeons,  dans  la  vallée  du  Thérain  (Oise,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Beau- 
vais). 

8.  Quittance  collective  de  soldats  de  Gournay,  pour  la  capture  de  Colin  Rose, 
partisan,  tué  dans  une  rencontre  en  date  du  9  mars  1426.  Bibl.  nat.,  ms. 
fr.  26049,  n"  558. 

9.  La  Neuville-en-Hez  (Oise,  cant.  de  Clermont),  sur  la  lisière  nord  des  pentes 
de  la  forêt  de  Hez,  plus  près  de  Clermont  que  de  Beauvais.  La  place,  occupée 
par  une  garnison  entreprenante  (Arch.  nat.,  JJ  173,  n"'  407,  454),  ne  capitule 
qu'au  terme  du  28  juin  1422,  en  même  temps  que  Compiègne  et  les  autres  for- 
teresses entre  l'Oise  et  la  Bresche,  à  la  suite  de  la  reddition  de  Meaux.  La  Neu- 


270  LA   GUERRE   DE   PARTISANS 

ques  avoisinantes,  qui  ont  tenu  bon  jusqu'à  la  reddition  de  Com- 
piègne,  dans  l'été  de  1422  ^  Le  chef  de  bandes  Jeannin  Galet^ 
supérieurement  retranché  dans  le  bois  du  Parc^,  entre  Beauvais 
et  Gournay,  pousse  des  courses  vers  Goincourt,  dans  la  direction 
de  l'abrupt  escarpement  du  Bray^  jusqu'à  Milly,  à  mi-chemin  de 
Beauvais  à  Songeons^.  Vide  ou  désarmée,  dans  le  voisinage,  est 
encore  la  forte  maison  de  Milly,  où  quelque  temps  plus  tard  se 
maintiendra  insaisissable  un  des  frères  de  LaHire,  Pierre-Renaud, 
bâtard  de  Vignoles,  qui  s'y  cantonnera  trois  années  entières  ^ 

ville- en-Hez  redevient  française,  avec  Beauvais,  en  août  1429.  [Monstrelet,  éd. 
Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  97  et  354.)  —  Le  lieu  fort  de  Bresles  (Oise,  cant.  de 
Nivillers),  sur  la  route  de  la  Neuville  à  Beauvais,  était  armé  en  1417  et  occupé 
par  un  parti  armagnac,  sous  Lestendard  de  Milly.  (Arch.  nat.,  JJ  173,  n'  454.) 
On  ne  le  voit  plus  signalé  depuis. 

1.  On  ne  voit  plus  alors  citer  Fontaines-Lavaganne,  un  peu  plus  à  l'ouest,  vers 
les  frontières  du  Bray  (Oise,  cant.  de  Marseille-le-Petit).  Ce  lieu  fort,  longtemps 
la  terreur  du  voisinage,  sous  le  commandement  du  Dauphinois  Guillaume  de 
Moussures  (Arch.  nat.,  JJ  171,  n°  295;  JJ  173,  n"  407,  454,  497,  498,  545),  avait 
été  pris  par  un  corps  anglais,  à  la  fin  de  1419,  et  démoli.  (Monstrelet,  éd.  Douët 
d'Arcq,  t.  III,  p.  372,  et  Chastellain,  éd.  K.  de  Lettenhovc,  t.  I,  p.  102.)  Ce 
fait  de  guerre  est  le  premier  accompli  de  concert  entre  Anglais  et  Bourgui- 
gnons, après  l'assassinat  de  Jean  Sans-Peur  et  avant  l'ouverture  des  négocia- 
tions de  Troyes.  —  On  n'entend  plus  non  plus  parler  de  Breteuil  ni  de  la  tour 
de  Vendeuil,  un  peu  plus  au  nord,  dans  la  direction  de  la  Picardie  (Oise,  ch.-l. 
de  cant.,  arr.  de  Clerraont,  et  Vendeuil-Caply,  cant.  de  Breteuil).  Ces  lieux 
forts,  bourguignons  depuis  longtemps,  avaient  été  saccagés  par  les  Anglais  de 
Gournay,  en  août  1419,  pendant  l'alliance  épliémère  des  Bourguignons  et  des 
Dauphinois  réunis  [Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  337),  et,  après  le 
traité  de  Troyes,  avaient  naturellement  passé,  en  1420,  à  la  coalition  anglo- 
bourguignonne.  Ces  deux  places  redeviennent  françaises  en  octobre  1430,  après 
la  levée  du  siège  de  Compiègne,  avec  celles  entre  l'Oise  et  la  Bresche.  {Ibid., 
t.  IV,  p.  419.) 

2.  Pour  ce  qui  suit.  Rémission  pour  Jean  Dorly,  du  pays  de  Brie,  verdier 
et  garde  des  bois  épiscopaux,  pour  faits  de  participation,  de  concert  avec  Jean 
Bailleul,  sergent  desdits  bois.  Doc.  en  date  de  décembre  1425  :  faits  se  con- 
tinuant depuis  quatre  ans.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n*  677. 

3.  Le  bois  du  Parc,  sur  le  plateau  triangulaire  séparant  les  vallées  du  Thé- 
rain  et  de  l'Avelon,  qui  se  réunissent  sous  Beauvais. 

4.  Goincourt,  sur  l'Avelon,  entre  Beauvais  et  Saint-Léger-en-Bray  (Oise, 
cant.  de  Beauvais). 

5.  Milly,  vers  la  jonction  du  Grand  et  du  Petit-Thérain  (Oise,  cant.  de  Mar- 
seille-le-Petit). Il  est  fait  mention  à  plusieurs  reprises  des  «  compaignons  de 
Milly  »,  dans  un  sens  évident  d'association  locale. 

G.  De  1440  ù  1443.  [Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  V,  p.  426-428,  et  t.  VI, 
p.  61-64.) 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE.  271 

avec  deux  cents  hommes  d'armes,  «  tous  forts  sacquemans,  raides 
et  vigoureux*.  »  Pour  rinstant,  Jeannin  Galet,  en  1425,  a  des 
intelligences  jusque  dans  la  cité  épiscopale  de  Cauchon^  dont  les 
sergents  et  verdiers  lui  servent  d'indicateurs  et  de  complices.  Pré- 
venus par  eux,  ses  hommes  vont  surprendre,  jusque  sur  le  chemin 
de  ronde  du  rempart  de  Beauvais,  un  des  guetteurs  bourguignons, 
un  bourgeois  apeuré  de  la  ville,  qui  porte  sur  lui  tout  son  bien, 
tellement  bardé  de  sacs  d'argent  sous  son  harnais  qu'il  ne  peut 
se  remuer  sans  sonner  comme  un  trésor 3.  Une  autre  fois,  ils 
attaquent  l'escorte  d'un  écuyer  anglo-normand^  qui  s'en  retourne 
dans  le  pays  de  Bray  :  le  petit  convoi,  assailli  en  chemin,  est 
vivement  enlevé^.  Jeannin  Galet  devient  l'autorité  de  la  région. 
On  lui  dépêche  des  négociateurs  dans  les  bois  ;  on  traite  de  pair 
avec  lui;  hors  des  murs  de  Beauvais,  il  est  seule  puissance  recon- 
nue, consultée,  agissante  et  obéie. 

Il  a  fait  école.  En  1425,  au  delà  de  Beauvais,  près  de  Saint- 
Just-en-Chaussée^,  le  paysan  Le  Roy,  de  Valescourt',  et  son 
lieutenant  Pierre  Vendôme  commandent  une  compagnie  nom- 
breuse ,  toute  formée  de  gens  des  villages  d'alentour.  Elle  a 
recueilli  des  débris  de  la  garnison  de  la  Neuville-en-Hez,  qui  sont 
entrés  dans  ses  rangs,  elle  fait  des  prisonniers,  possède  des  dépôts 
de  poudre,  compte  des  intelligences  dans  les  villages  et  jusque 
dans  Amiens^.  Plus  bas,  vers  l'Oise,  sur  les  limites  du  pays  de 

1. /ôtd.,  t.  VI,  p.  61. 

2.  Sur  les  intelligences  françaises  paraissant  avoir  été  nouées  à  Beauvais, 
notamment  au  couvent  des  Cordeliers,  voir  la  lettre  de  rémission  accordée  à 
Étiennot  Le  Flameng,  barbier  du  couvent,  en  juin  1427.  Arch.  nat.,  JJ  173, 
n»  691. 

3.  «  Quant  il  estoit  sur  les  murs  de  Beauvès,  où  il  faisoit  le  guet,  il  rompoit 
tout  le  doz  et  espaules  de  ses  compaignons  des  saches  et  bourses  plaines  d'es- 
cuz  qu'il  avoit.  »  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  677. 

4.  a  Le  bastard  de  Valans.  »  Ibid.,  id. 

5.  Noms  de  partisans  de  la  compagnie  :  Jean  Lebarbier,  le  grand  Hennequin, 
Henri,  Hue,  Douchet. 

6.  «  Saint-Just,  en  Beauvaisis.  »  Malgré  l'existence  du  village  de  Saint-Just- 
en-Marais  (Oise,  cant.  de  Beauvais),  à  une  demi-lieue  au  sud  de  Beauvais, 
dans  la  région  môme  où  viennent  d'être  signalés  les  faits  qui  précèdent,  il  faut 
reconnaître  dans  cette  localité  Saint-Just-en-Chaussée,  sur  la  route  de  Beau- 
vais à  Montdidier  (Oise,  ch.-l.  de  cant.  de  l'arr.  de  Clermout). 

7.  «  Balescourt.  »  Valescourt,  Oise,  cant.  de  Saint-Just-en-Chaussée. 

8.  Rémission  pour  Drouet  de  Duremort,  journalier,  marchand  de  mercerie  et 
de  poisson,  de  Saint-Just,  pour  faits  de  participation.  Doc.  en  date  d'août  1425  : 
faits  récents.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  203,  407. 


272 


LA   GUERRE   DE   PARTISANS 


la  Thelle,  qui  sert  de  lisière  au  Vexin,  des  partisans  sont  signa- 
lés, cette  même  année,  aux  Fontaines*,  entre  Clermont  et  CreiP, 
autour  de  Saint-Félix  ^  de  Mouchy-le-Châtel  ^  Là  aussi  se  sont 
réfugiés  d'anciens  combattants  de  la  Neuville,  qui  continuent  la 
guerre  pour  leur  compte  et  n'ont  pas  voulu  désarmer^.  En  ce  coin 
de  région,  presque  déjà  picard,  l'insurrection  atteint  vers  l'est 
l'extrémité  de  son  terrain  d'expansion.  Aussi  Lien  s'appuie-t-elle, 
en  arrière,  sur  de  solides  réserves,  comme  sur  une  région  qui  con- 
serve aux  partisans  encore  en  armes  de  toujours  vivaces  et  iné- 
puisables ressources. 

Les  voici  dans  le  Vexin. 

En  abordant  le  pays  par  la  lisière  de  la  Thelle,  on  les  rencontre 
aux  premiers  pas  dans  la  zone  indéfinie,  accidentée  et  difficile 
d'accès,  où  naissent  les  rivières  qui  tombent  dans  l'Epte,  aux 
environs  de  Gisors,  et  les  petits  affluents  de  la  droite  de  l'Oise, 
entre  Beaumont  et  Pontoise.  Dans  ce  petit  massif  des  Buttes  de 
Bonne,  bossue  de  collines,  strié  de  courts  vallons,  si  bien  cons- 
truit pour  la  guerre  individuelle,  ils  ont  des  abris  ménagés,  des 
retraites  sûres  au  fond  desquelles  ils  survivent.  La  petite  place  de 
Méru*'',  sur  la  bordure  de  la  Thelle  et  du  Vexin,  prise  et  reprise 
tant  de  fois,  les  a  soutenus  jusqu'au  milieu  de  1422'.  Méru  s'est 


1.  «  Auffontaines.  »  Les  Fontaines,  à  gauche  de  la  vallée  de  la  Bresche  (Oise, 
coram.  de  Clermont). 

2.  Rémission  pour  Pierre  Deleplanque,  vigneron  de  les  Fontaines.  Doc.  en 
date  du  16  novembre  1426  :  faits  récents.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n°  570. 

3.  Mouchy-le-Châtel,  Oise,  cant.  de  Noailles. 

4.  Saint-Félix,  Oise,  cant.  de  Mouy. 

5.  Meurtre  de  Jean  Mate,  partisan,  ancien  soldat  de  la  garnison  française  de 
la  Neuville-en-IIez.  Doc.  en  date  d'avril  1427  :  faits  remontant  aux  vendanges 
de  l'an  1425.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n°  633. 

6.  Méru,  souvent  appelé  alors  Méru-en-Thelle,  sur  l'Esches  (Oise,  ch.-l.  de 
cant.,  arr.  de  Bcauvais). 

7.  Méru,  sans  doute  enlevé  rapidement  par  Jean  Sans-Peur  dans  sa  marche 
sur  l'Oise  en  septembre  1417,  avait  été  presque  immédiatement  repris  par  le 
parti  d'Armagnac,  le  30  novembre.  {Religieux  de  Saint-Denis,  éd.  Bellaguet, 
t.  VI,  p.  154.)  A  la  fin  de  1418  ou  vers  le  début  de  1419,  Méru  est  aux  mains  du 
parti  bourguignon  :  David  de  Gouy  en  est  capitaine  en  même  temps  que  com- 
mandant du  château  de  Gisors.  {Livre  des  trahisons,  éd.  K.  de  Lettenhove, 
p.  141,  et  Arch.  nat.,  JJ  171,  n"  501.)  Méru,  encore  anglo-bourguignon  en  mars 
1421  (Arch.  nat.,  JJ  171%  n"  327),  appartient  aux  Français  dans  les  derniers 
jours  de  1421  et  est  encore  entre  leurs  mains  en  1422.  (Arch.  nat.,  JJ  171,  n°  501.) 
Un  document  en  date  de  juin  1426  parle  du  recouvrement  de  la  place  par  les 
Anglais  quatre  ans  auparavant,  vers  l'été  de  1422.  (Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  443.) 


DiNS  LA   HAUTE  NORMANDIE.  273 

quelque  temps  appuyé  sur  le  lieu  fort  voisin  de  Fresneaux*,  qu'on 
trouve  occupé  par  un  parti  français  en  février  1422^.  Ghambly^ 
plus  bas  dans  la  vallée  de  l'Esche,  l'ancien  quartier  général  de 
Jean  Sans-Peur,  lorsqu'il  épiait  les  ponts  de  l'Oise,  au  fort  de  la 
guerre  civile,  en  septembre  1417 ^  armé  peut-être  encore  en 
141 9  ^  Chambly,  qu'on  retrouve  occupé  par  un  poste  anglo- 
bourguignon  après  l'ébranlement  de  1429  ^  ne  paraît  pas  alors 
utilisé  comme  place  forte  convoitée  ou  à  défendre.  Plus  avant 
vers  le  Vexin,  Jouy-sous-Thelle',  MontchevreuiP,  Fresnes- 
l'Eguillon^  Jouy- le -Temple**^,  toutes  ces  fortes  maisons,  ces 
forteresses  improvisées  dans  les  églises,  que  le  soulèvement  natio- 
nal rendra  bientôt  l'objet  de  sanglants  combats,  ne  sont  encore 
ni  attaqués  ni  pourvus  de  forces  défensives".  Mais,  à  l'autre 
extrémité  du  canton *^  comment  expliquer  autrement  que  parle 

1.  Fresneaux,  vers  les  sources  de  la  Troësne,  actuellement  dénommé  Fres- 
neaux-Montchevreuil  (Oise,  cant.  de  Méru). 

2.  Arch.  nat.,  JJ  171,  n"  327. 

3.  Chambly,  souvent  appelé  alors  Chambly- le -Hauberger,  Oise,  cant.  de 
Neuilly-en-Thelle. 

4.  Monstrelei,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  210. 

5.  Arch.  nat.,  JJ  171,  n»  147. 

6.  Sous  le  sire  de  l'Isle-Adam,  cité  capitaine  du  lieu  à  la  fin  de  1432.  (Arch. 
nat.,  JJ  174,  n"  181,  182.) 

7.  Jouy-sous-Thelle,  Oise,  cant.  d'Auneuil. 

8.  Montchevreuil,  actuellement  fraction  de  la  commune  de  Fresneaux-Mont- 
chevreuil,  Oise,  cant.  de  Méru. 

9.  Fresnes-l'Éguillon,  Oise,  cant.  de  Chaumont-en- Vexin. 

10.  Jouy-le-Temple,  Oise,  cant.  de  Méru. 

11.  Les  lieux  forts  de  Jouy-sous-Thelle  et  de  Montchevreuil,  en  1432,  sont 
occupés  par  un  parti  français  qui  fortifie  en  même  temps  les  églises  de  Fresnes- 
l'Eguillon  et  d'Ivry-le-Temple.  (Longnon,  les  Limites  de  la  France,  p.  40,  n.  2, 
et  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26055,  n"  1751.)  Jouy-sous-Thelle  est  la  seule  de  ces  for- 
teresses non  classées  qui  soit  signalée  comme  armée  pendant  les  guerres  du 
siècle  précédent.  (Siméon  Luce,  Hist.  de  Bertrand  du  Guesclin,  tableau  des 
lieux  forts.)  Il  n'est  alors  question  ni  de  Montchevreuil  ni  des  clochers-tours 
de  Fresnes  et  d'Ivry.  Jouy-sous-Thelle,  pris  et  repris,  est  évidemment  le  même 
château  que  ce  «  fort  de  Joingny  séant  entre  Beauvais  et  Gisors  »,  dont  Tal- 
bot  fait  pendre  toute  la  garnison,  après  l'avoir  enlevé  sur  son  trajet,  dans  sa 
campagne  entre  Rouen  et  Paris,  en  mai  1434.  [Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq, 
t.  V,  p.  91,  dans  de  Beaucourt,  Hist.  de  Charles  Vil,  t.  II,  p.  49.)  Jouy-sous- 
Thelle  se  trouve,  en  effet,  à  peu  près  exactement  à  moitié  route  de  Beauvais 
à  Gisors,  à  quatre  lieues  environ  de  l'un  comme  de  l'autre. 

12.  Pour  les  autres  lieux  forts  de  ce  district,  notamment  la  Villetertre,  Chau- 
mont-en-Vexin,  Trie-Château,  voir  ci-dessus,  aux  notes  concernant  ces  places. 

4894  48 


274  LA   GUERRE   DE   PARTISANS 

fait  des  irréguliers  en  armes,  leur  concours  ou  leur  complicité, 
cette  passagère  et  extraordinaire  réoccupation  de  Bouconvilliers*, 
qu'il  faut  constater  avec  surprise  dans  les  premiers  mois  de  1422^?- 
Dans  le  cours  même  de  l'été  suivant,  Méru,  cependant,  s'est  rendu; 
les  débris  du  parti  vaincu  ont  suivi  l'exemple  des  combattants 
de  la  Neuville-en-Hez  ;  les  épaves  de  la  garnison  se  sont  dis- 
persées, et  les  gens  de  guerre,  de  soldats,  se  sont  faits  partisans. 

Dans  le  courant  de  1424,  une  compagnie  est  traquée  par  la 
troupe  anglaise  de  Pontoise  dans  les  bois  de  Neuvillebosc^,  aux 
sources  de  la  Troësne.  Des  gens  de  Neuvillebosc,  d'autres  encore, 
d' Ybouvillers  \  sachant  le  péril  des  «  brigands  »,  viennent  les  ravi- 
tailler en  secret  avec  des  ruses  ingénieuses.  Des  petits  engage- 
ments ont  lieu  entre  eux  et  les  Anglais  de  Pontoise,  occupés  à  de 
continuelles  et  stériles  sorties  contre  leurs  bandes,  qu'ils  pour- 
chassent en  vain  sans  les  pouvoir  exterminer  ni  réduire^. 

Dans  l'hiver  de  1426,  une  autre  compagnie,  peut-être  la  même, 
où  figurent  d'anciens  soldats  de  Méru,  est  cantonnée  dans  les 
environs  de  Monneville^,  où  son  installation  dans  les  bois  est 
présentée  comme  un  fait  datant  de  longue  main  et  de  notoriété 

1.  On  a  vu  (ci-dessus,  note  sur  la  place)  que  Bouconvilliers  apparaît  aux 
mains  d'un  parti  français  au  commencement  de  1422.  (Arch.  nat.,  JJ  173, 
n°  501.) 

2.  On  a  exposé  (ci-dessus,  note  sur  la  place)  les  raisons  pour  lesquelles  il 
est  impossible  de  croire,  vers  la  même  époque,  à  la  rentrée  des  Français 
dans  la  place  de  Dangu,  évidemment  confondue  avec  Dangeul,  place  forte  du 
Maine.  A  défaut  de  celte  démonstration,  comme  l'occupation  réelle  de  Bou- 
convilliers survient  à  peu  près  vers  la  même  époque  que  le  moment  attribué 
à  la  i»rétendue  occupation  de  Dangu,  on  eût  été  d'autant  plus  exposé  à  recon- 
naître dans  ces  deux  faits  de  guerre  l'œuvre  commune  des  partisans  de  la 
région,  et  à  tomber  ainsi  dans  une  regrettable  exagération. 

3.  «  Neuville  au  Dose.  »  Neuvillebosc,  Oise,  cant.  de  Méru. 

4.  Ybouvillers,  à  la  croisée  des  chemins  menant  de  Pontoise  à  Beauvais  et 
de  Méru  à  Jouy-en-Thelle,  actuellement  fraction  de  la  commune  de  Sainl-Cré- 
pin-Ybouvillers  (Oise,  cant.  de  Méru). 

5.  Rémissions  pour  Jean  Ilavcron,  journalier,  de  Neuvillebosc,  et  Pierre 
Molincl,  journalier,  d'Ybouvillers,  pour  faits  de  complicité.  Doc.  en  date  d'oc- 
tobre, novembre  1425  :  faits  remontant  à  dix-huit  mois.  Arch.  nat.,  JJ  173, 
n"  25G,  2G9. 

G.  «  Mongneville  »,  indiqué  dans  ce  document  comme  distant  de  trois  lieues 
de  Trie-Château.  Ce  ne  peut  être  que  Monneville,  sur  la  Troësne,  à  douze  kilo- 
mètres environ  de  Trie,  au  pied  d'abruptes  collines  recouvertes  de  bois  (Oise, 
cant.  de  Cliaumont-en-Vexin,  naguères  fraction  de  l'ancienne  commune  de  Mar- 
quemont). 


DA\S  LA  HAUTE  NORMANDIE.  275 

publique.  Elle  compte  de  nombreuses  intelligences  dans  le  district  ; 
à  Trie-Château*,  où  d'anciens  soldats  de  Méru,  rentrés  dans  leur 
village  et  revenus  au  travail  de  la  terre,  hébergent  et  cachent 
leurs  anciens  compagnons  d'armes;  àMonneville,  où  les  femmes 
du  pays  servent  d'espions  et  circulent  sans  éveiller  défiance  pour 
porter  les  messages;  au  hameau  des  Groux,  vers  Liancourt- 
Saint-Pierre^  où  les  cultivateurs  de  vignes,  en  lisière  des  taillis 
qui  couvrent  les  pentes,  en  travaillant  à  leurs  champs,  corres- 
pondent avec  les  brigands  voisins  2.  Le  partisan  qui  paraît  leur 
chef,  Raoulin  de  Bruneval"^,  vient  s'attabler  dans  le  bourg  de 
Trie,  chez  un  de  ses  anciens  compagnons  de  Méru,  et  y  prépare 
l'enlèvement  du  prévôt  de  Chaumont,  le  prochain  jour  d'audience 
où  il  se  rendra  de  Gisors  à  son  siège  pour  aller  tenir  les  plaids^. 
Rien  d'étonnant,  par  suite,  à  ce  que  l'élu  des  aides  de  Gisors 

1.  Trie-Château,  où  se  rejoignent  la  Troësne  et  l'Aunette,  venue  de  la  forêt 
de  la  Thelle  (Oise,  cant.  de  Chaumont-en-Vexin).  On  a  vu  (ci-dessus,  note  sur 
la  place)  que  Trie  fut  occupé  par  les  Français  au  commencement  de  1432. 
(Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26055,  n°  1751.) 

2.  «  La  ville  des  Grous  près  dudit  Mongneville.  »  Le  nom  de  «  les  Groues  », 
«  les  Groux  »,  est  assez  fréquemment  employé  dans  ce  district,  sur  divers 
terroirs,  pour  désigner  des  emplacements  en  friche.  Cette  dénomination  se 
rencontre  notamment  dans  les  environs  de  Monneville  et  de  Marquemont  (aujour- 
d'hui fraction  de  la  commune  actuelle  de  Monneville),  sur  le  plateau  que 
limitent  jusqu'à  Gisors  les  vallées  parallèles  de  la  Troësne  et  du  Réveillon. 
(Graves,  Précis  statistique  du  canton  de  Chaumont-en-Vexin,  dans  Annuaire 
du  département  de  l'Oise,  1827,  p.  309-311.  —  Graves,  Notice  archéologique 
sur  le  département  de  VOise,  dans  Annuaire  du  département  de  l'Oise,  1856, 
p.  129.)  La  désignation  de  «  la  ville  des  Grous  »,  qui  se  rencontre  dans  le  pré- 
sent texte,  ne  permet  d'identifier  ce  lieu  qu'avec  le  groupe  d'habitations  por- 
tant le  nom  de  Les  Groux,  au  bord  des  pentes  de  la  Troësne,  entre  Monne- 
ville et  Liancourt-Saint-Pierre,  sur  le  territoire  de  cette  dernière  commune 
(Oise,  cant.  de  Chaumont-en-Vexin),  dans  la  direction  de  Trie  et  de  Gisors. 

3.  «  Et  de  là  (de  Monneville)  s'en  ala  après  ladicte  damoiselle  (Jeanne  de 
Ver),  laquelle  il  trouva  avec  ledit  Henry  son  mari  (Henriet  Chouart),  qui  labou- 
roit  en  une  sienne  vigne  assise  au  terroir  de  la  ville  des  Grous,  près  dudit 
Mongneville  ;  lequel  Henry  laissa  sa  besongne  environ  l'anuytiée  et  mena  ledit 
Jehan  Pierre  en  son  hostel  audit  Mongneville  et  de  là  en  un  petit  bois  près 
d'ilec  où  ilz  trouvèrent  lesdis  brigans.  »  Arch.  nat.,  JJ  173,  n°  443. 

4.  Avec  ses  compagnons  Jean  Ladvisé,  Robin  Hostel,  Gautier  Fouasse,  anciens 
soldats  de  Méru,  renseignés  par  Henriet  Chouart,  de  Monneville,  et  demoiselle 
Jeanne  de  Ver  sa  femme. 

5.  Rémission  pour  Jean  Pierre,  cultivateur  de  Trie-Chàteau,  ancien  soldat 
de  Méru,  pour  faits  de  complicité.  Doc.  en  date  de  juin  1426  :  faits  remon- 
tant aux  premiers  jours  du  carême  (14  février).  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  443. 


276 


LA   GUERRE   DE    PARTISANS 


demande  et  obtienne  des  archers  d'escorte  pour  protéger  sa  per- 
sonne dans  ses  tournées,  «  pour  les  périls  des  brigands  qui  ont 
esté  et  sont  sur  les  chemins'  ».  En  effet,  le  secrétaire  de  l'arche- 
vêque de  Rouen  et  l'archidiacre  de  Châlons,  allant  de  compagnie 
de  Rouen  vers  Paris,  se  font  enlever  en  route-.  L'archevêque  de 
Rouen,  Jean  de  la  Rochetaillée,  toujours  en  mouvement,  s'est  fait 
fortement  escorter  pour  éviter  le  même  sort^.  Entre  Ecos  et  la 
forêt  de  Vernon,  dans  ce  même  été  de  1426,  une  compagnie  hante 
les  bois  et  donne  fort  à  faire  à  la  garnison  de  Vernon.  Au  hameau 
de  Goupigny^  elle  se  fait  ravitailler  par  les  cultivateurs,  qui 
gardent  la  nuit,  en  lisière  des  jeunes  tailles^,  leurs  moissons 
raiires  contre  les  dégâts  du  gibier,  et  rançonne  fortement  un 
notable  du  pays  qui  a  aidé  les  Anglais  à  les  traquer  sans  relâche^. 
De  l'autre  côté  de  la  Seine,  entre  Vernon  et  Mantes,  c'est  le  par- 
tisan Pierre  Le  Bascon,  Navarrais  d'origine,  qui  se  tient  vers 
Bréval"  et  Villiers-en-Désœuvre^.  Le  château  de  Rosny^,  der- 
rière les  murs  duquel,  comme  Perrette  de  la  Rivière  à  la  Roche- 
Guyon,  la  veuve  de  Jean  d'Ivry,  seigneur  du  lieu,  Ide  de  Sac- 
quenville***,  a  fait  une  courageuse  défense,  les  lieux  forts  voisins 
de  Blaru'  '  et  de  la  Villeneuve-en-Chevrie  *^  ont  capitulé  en  février 


1.  Lettres  de  garant  en  date  du  30  août  1425.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26048, 
n'  457. 

2.  Archives  de  ia  Seine-Inférieure.  (De  Beaurepaire,  Inventaire,  G  28.) 

3.  Ibid.  [Id.,  G  27.) 

4.  Coupigny,  fraction  de  la  commune  d'Heubécourt  (Eure,  cant.  d'Écos). 

5.  «  Ou  hamel  de  Coupigny,  assiz  près  des  bois  et  forests  dudit  lieu  ou  bail- 
liage de  Gisors,  en  un  hostel  et  manoir  à  lui  appartenant.  » 

6.  Rémission  pour  Jean  Mouchet,  cultivateur,  de  Coupigny,  «  en  la  paroisse 
d'IIaubercourt  »,  pour  faits  de  prétendue  complicité.  Doc.  en  date  d'août  142G  : 
faits  tout  récents.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  596. 

7.  Bréval,  sur  les  plateaux  entre  la  Seine  et  l'Eure  (Seine-et-Oise,  cant.  de 
Bonnières). 

8.  Villiers-en-Désœuvre,  sur  les  plateaux  qui  dominent  l'Eure  (Eure,  cant.  de 
Pacy-sur-Eure). 

9.  Rosny-sur-Seine,  sur  la  rive  gauche  de  la  Seine,  un  peu  au-dessous  de 
Mantes  {Seine-et-Oise,  canl.  de  Mantes). 

10.  Documents  en  date  de  la  (in  du  xv°  siècle,  dans  l'ouvrage  de  M.  l'abbé 
Thomas,  Rosny-sur-Seine.  Paris,  Pion,  1889,  in-8°  de  413  p.,  p.  23-24  et  73. 

11.  Blaru,  sur  un  petit  alllueat  de  la  Seine,  un  peu  au-dessus  de  Vernon 
(Seiiie-el-Oise,  canl.  de  Bonnières). 

12.  Les  Chroniques  de  Normandie  signalent  Rosny,  Blaru  «  et  autres  »  comme 
se  rendant  à  celte  époque.  [Cliron.  de  Nonn.,  éd.  Heilot,  p.  47.)  Les  Rôles 
normands  et  franiiais  mentionnent  la  Villeneuve-en-Chevrie  comme  forteresse, 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE.  277 

1419,  à  la  suite  de  la  reddition  de  Vernon*  et  de  Mantes ^  Pierre 
Le  Bascon,  dont  le  nom  et  l'origine  évoquent  d'une  façon  si  pré- 
cise le  souvenir  de  ce  redouté  Le  Bascon  de  Mareuil,  autrefois 
associé,  avec  la  race  des  Sacquenville,  dans  ce  pays  même,  à 
toutes  les  plus  coupables  entreprises  des  compagnies  navar- 
raises  à  la  solde  de  Charles  le  Mauvais^,  représente  seul  à  pré- 
sent dans  la  contrée,  à  sa  manière,  la  résistance  à  l'ennemi  natio- 
nal "*.  Sa  compagnie  est  maîtresse  des  cantons  entre  la  Seine  et 
l'Eure;  lui-même  a  galante  réputation  :  les  femmes  du  pays 
viennent  le  trouver  au  fond  des  bois  et  partager  sa  vie  d'aven- 
tures ;  il  est  devenu  célèbre  et  tient  tout  le  pays  sous  sa  coupe  ^. 
Dans  un  district  voisin,  entre  Vernon  etLouviers,  en  ce  même 
an  1426,  les  communications  apparaissent  comme  profondément 
troublées.  Un  commis  du  receveur  de  l'archevêché  de  Rouen  se 
rendant  de  Couches  à  Gaillon  est  enlevé  par  les  partisans  et  taxé 

avec  les  deux  précédentes,  en  1419.  —  Au  moment  du  soulèvement  de  1435- 
1436,  qui  eut  un  tel  contre-coup  dans  le  Vexin,  des  partis  français  venus  de 
Mantes  menacent  les  environs,  en  décembre  1436,  avec  l'intention  de  relever 
les  défenses  ruinées  du  château,  selon  la  tactique  alors  en  usage.  (Briefve  Chro- 
nique de  Saint-Wandrille,  dans  abbé  Thomas,  Rosny-sur-Seine,  p.  23-24,  73, 
95-97  et  271-273.)  —  Les  châteaux  de  Rosny  (appelé  dauli  ce  document  Boni), 
Blaru,  la  Villeneuve-en-Chevrie,  avec  les  terres  voisines  de  Rolleboise,  Apre- 
mont  (comm.  de  Perdreauville),  Buchelay  (Seine-et-Oise,  cant.  de  Bonnières  et 
de  Mantes),  confisquées  sur  divers  membres  des  familles  d'Ivry,  de  Sacquen- 
ville, Mauvoisin,  de  Trie  et  de  Corneuil,  furent  donnés  à  Philip  Branch, 
futur  bailli  anglais  de  Mantes,  par  lettres  de  Henry  V,  en  date  de  Vernon,  le 
22  avril  1419.  [Rôles  norm.  et  franc.,  n"  449.) 

t.  La  reddition  de  Vernon  a  lieu  le  3  février  1415.  (Ryraer,  Fœdera,  t.  IV, 
part.  3,  p.  88.) 

2.  La  reddition  de  Mantes,  dont  aucun  recueil  ne  donne  la  date,  a  lieu  le 
5  février  1419.  (E.  Grave  et  Alph.  Durand,  la  Chronique  de  Mantes.  Mantes, 
impr.  du  Petit- Mantais,  1883,  in-8''  de  596  p.,  p.  270.) 

3.  Siméon  Luce,  Hist.  de  Bertrand  du  Guesclin,  p.  276  et  suiv.,  298  et  suiv., 
435  et  suiv.  —  E.  Grave  et  Alph.  Durand,  la  Chronique  de  Mantes,  p.  234. 

4.  On  ne  voit  plus  mentionner  à  cette  époque  les  lieux  forts  de  Bréval,  de 
Rolleboise,  de  Vétheuil,  ce  dernier  sur  la  rive  droite  de  la  Seine,  au-dessous 
de  Rosny  (Seine-et-Oise,  cant.  de  Magny-en-Vexin),  si  violemment  disputés  au 
temps  de  la  Grande-Compagnie,  comme  Rosny  et  Blaru.  (Siméon  Luce,  Hist. 
de  Bertrand  du  Guesclin,  p.  410,  417-420,  427,  435,  et  Tableau  des  lieux  forts.) 

5.  Rémission  pour  Jean  Droulin,  cultivateur,  de  Bréval,  pour  meurtre  de  sa 
femme  Perrette,  âgée  de  dix-sept  ans,  demeurée  un  an  et  demi  avec  Pierre 
Le  Bascon,  «  du  pays  de  Navarre,  qui  est  un  brigant  et  espieur  de  chemins  et 
homme  de  très  mauvaise  vie  et  renommée.  »  Doc.  en  date  de  juin  1426  :  faits 
tout  récents.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n°  549. 


( 

278  LA   GUERRE    DE   PARTISANS  ' 

à  six  écus  d'or  ^  Un  autre,  parti  de  Louviers,  ne  peut  davantage  ' 
arriver  à  destination.  Quoique  bien  monté  sur  un  cheval  qui  vaut 
dix  livres,  il  est  arrêté  en  route,  retenu  captif  et  rançonné-.  Les 
geôles  de  Louviers,  où  l'on  essaye  d'enfermer  ceux  des  partisans 
qu'on  peut  saisir,  sont  d'ailleurs  trouées  de  brèches  propices  par 
où  les  prisonniers  s'évadent  à  plaisir^. 

Mais  la  forteresse  naturelle  des  partisans,  leur  terrain  préféré 
de  retraite,  reste  toujours  la  grande  forêt  de  Lyons,  qui  barre 
tout  le  Vexin,  de  l'Andelle  jusque  vers  l'Epte. 

Au  début  de  l'invasion,  elle  a  servi  d'abri  à  un  partisan  célèbre, 
le  seul  qui  ait  acquis  droit  de  mention  dans  les  chroniques  oflS- 
cielles,  ce  petit  boiteux  Tabary,  routier  d'instinct,  auquel  ne  man- 
qua peut-être  qu'une  heure  de  chance  pour  fournir  la  carrière 
d'un  des  grands  aventuriers  de  l'époque'^.  Sorti  de  quelque  village 
entre  l'Oise  et  l'Epte,  Bourguignon  passionné,  comme  toute  la 
population  du  pays,  il  s'est  tenu  dans  la  forêt  de  Lyons,  pendant 
tout  le  siège  de  Rouen  et  depuis  encore,  prêtant  son  concours  aux 
Bourguignons  de  Gisors  comme  aux  Armagnacs  de  Château- 
Gaillard,  et  exterminant  tout  ce  qu'il  peut  rencontrer  d'Anglais. 
Ses  courses  se  sont  étendues  plus  tard  jusqu'aux  bords  de  l'Oise, 
entre  Gisors,  Pontoise  et  l'Isle-Adam.  Après  le  drame  du  pont  de 
Montereau,  quand  Anglais  et  Bourguignons  ont  cessé  de  s'entre- 
tuer  sur  les  frontières  du  Vexin  et  du  Bray,  il  s'est  trouvé  à 
Crépy  en  Laonnais,  en  février  1420,  au  rendez-vous  des  forces 
bourguignonnes,  au  milieu  desquelles  il  a  déjà  combattu  avec  ses 
paysans  sous  les  murs  de  Senlis,  et  a  suivi  l'armée  de  Philippe  le 
Bon  en  marche  vers  Troyes.  Au  cours  de  cette  campagne, 
quelques  semaines  plus  tard,  il  est  tombé  mortellement  frappé,  le 
troisième  jour  de  l'assaut  de  Toucy  en  Auxerrois^.  Deux  chro- 

1.  Archives  de  la  Seine-Inférieure.  (De  Bcaurepaire,  Inventaire,  G  585.) 

2.  Ibid.  {Id.,  G  585.) 

3.  Ibid.  {Id.,  G  639,  30.) 

4.  Sur  Tabary  cl  son  extraordinaire  carrière,  «fu'on  voudrait  pouvoir  un  jour, 
avec  quelques  autres,  retracer  plus  au  long,  voir  Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq, 
t.  III,  p.  28-2-283,  376-377,  387  ;  —  Pierre  de  Fenin,  éd.  de  M"'  Dupont,  p.  87- 
88,  134;  —  Livre  des  trahisons,  éd.  K.  de  Lettenhove,  p.  140,  154;  —  Chas- 
tellain,  éd.  K.  de  Lettenhove,  t.  I,  p.  104,  128.  —  Malgré  lasserlion  du  savant 
éditeur  de  Chastellain  (p.  104,  n.  2),  aucun  texte  ne  signale  en  aucun  moment 
la  présence  de  Tabary  à  Paris,  pas  plus  que  la  grande  influence  qu'il  y  aurait 
exercée  sur  le  parti  bourguignon. 

5.  Toucy,  entre  l'Yonne  et  le  Loing  (Yonne,  ch.-l.  de  canl.,  arr.  d'Auxerre). 


DANS  LA  HADTE  NORMA.NDIE.  279 

niques  ont  laissé  de  pittoresques  portraits  de  ce  chef  de  bandes  et 
de  ses  troupes  improvisées.  «  Quarante  ou  cinquante  paysans  », 
les  peint  Monstrelet,  «  une  fois  plus,  une  autre  fois  moins,  armés 
et  habillés  de  vieux  haubergeons,  Jacques  vieilles,  haches  et  demi- 
lances  où  il  y  avait  massues  au  bout,  à  tout  lesquels  s'en  allaient, 
les  uns  sur  méchants  chevaux  ou  juments  et  les  autres  à  pied, 
embùcher  es  bois  où  se  tenaient  les  Anglais'  »;  «  là  »,  continue 
l'écuyer  de  fortune  qui  a  rédigé  le  Livre  des  trahisons  de  France, 
«  où  il  avait  ses  gens  tout  prêts  qui  leur  jouaient  de  couper  gorge, 
mais  tant  étaient  grand  nombre  qu'il  n'y  paraissait^.  » 

«  Ce  vaillant  chevalier^  »,  comme  l'appelle,  conquis  par  tant 
d'instinct  de  la  guerre,  Monstrelet  en  personne,  le  chroniqueur 
attitré  de  tous  les  blasons  de  Picardie,  si  dédaigneux  d'habitude 
pour  la  «  merdaille  »  paysanne,  a  laissé  dans  la  région  d'anciens 
combattants  de  ses  redoutables  bandes.  On  a  vu,  en  octobre  1425, 
d'inquiétants  rassemblements  de  partisans  se  mouvoir  entre  la 
forêt  de  Lyons  et  les  bois  d'Eu,  et  menacer  tout  le  pays  jusqu'à 
la  lisière  de  Picardie'^.  Cette  situation,  loin  de  disparaître,  se 
maintient  avec  persistance  et  continue  à  alarmer  gravement  l'oc- 
cupation étrangère. 

A  présent,  derrière  les  hautes  collines  boisées  dont  l'Andelle  et 
la  Lieure  creusent  les  fossés,  se  défend  avec  énergie  une  solide 
compagnie^.  Commandée  par  un  écuyer  du  pays,  Jeannequin  de 
Villers*^,  signalé  rebelle  dès  le  début  de  l'invasion",  on  la  voit 
tenir  la  campagne  au  moins  pendant  trois  ans,  de  la  tin  de  1426 
aux  derniers  mois  de  1429. 


1.  Monstrelet,  loc.  cit.,  p.  283. 

2.  Livre  des  trahisons,  loc.  cit.,  p.  140. 

3.  Monstrelet,  loc.  cit.,  p.  376-377. 

4.  Voir  ci-dessus,  au  début  de  ce  chapitre. 

5.  Pour  ce  qui  suit.  Rémission  pour  frère  Laurent  Anquetil,  religieux  de 
l'abbaye  de  Mortemer,  pour  faits  de  complicité.  Doc.  en  date  du  5  juin  1427  : 
faits  remontant  à  six  mois.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  692. 

G.  On  rencontre  dans  la  région  :  Villers-en-Vexin  (cant.  d'Étrépagny),  Villers 
(comm.  des  Andelys),  Villers-sur-le-RouIe  (cant.  do  Gaillon).  —  Villers-en-Vexin, 
entre  l'Epie  et  la  forêt  de  Lyons,  serait  le  plus  vraisemblable. 

7.  Par  lettres  de  Henry  V,  en  date  de  Vernon,  le  12  avril  1419,  Thomas  Mers- 
ton,  écuyer  anglais,  obtient  la  concession  de  tous  les  biens  ayant  appartenu  à 
Robert  de  Villers,  écuyer,  supposé  mort,  ainsi  qu'à  sa  femme,  et  revenant  à 
Jean  de  Villers,  son  fils,  et  aux  frères  de  celui-ci.  {Rôles  norm.  et  franc., 
n"  386.)  Fiefs  situés  en  diverses  localités  dans  lesquelles  on  peut  reconnaître  : 


280  LA  GUERRE  DE  PARTISANS 

De  cet  impénétrable  abri,  les  courses  des  partisans  s'étendent 
jusqu'aux  portes  de  Rouen.  Entre  Fleury-sur-Andelle  et  la  direc- 
tion du  faubourg  de  Martainville,  dans  l'été  de  1426,  le  pays 
tremble  devant  eux.  Le  nouveau  possesseur  de  la  terre  de  Fran- 
queville'  doit  solliciter  un  délai^  pour  l'aveu  et  dénombrement  de 
son  ûeP,  en  considération  de  ce  que  «  les  brigands  se  tiennent  et 
conversent  de  jour  en  jour  à  l'entour  et  à  l'environ^  ».  A  l'autre 
extrémité  de  la  forêt,  vers  le  Bray,  à  la  même  époque,  des  enga- 
gements ont  lieu  dans  les  cimetières  d'Argueil^  et  de  Brémontier^, 
à  la  suite  desquels  il  faut  procéder  à  la  purification  du  terrain 
consacré'^.  Dans  l'hiver  de  1426-1427,  la  compagnie  de  Jeanne- 
quin  de  Villers  livre  un  combat  en  forêt  ;  son  chef  y  est  grièvement 
blessé,  et  ses  compagnons  l'emportent  à  grand'peine.  En  retraite 
avec  son  page  et  une  douzaine  d'hommes  qui  ont  gardé  leurs 
armes,  il  est  recueilli  auprès  de  Lyons^,  dans  la  ferme  isolée  de 

Noyers-près-Vesly,  Forêt-Ia-Folie,  Hennezis,  Porfmort,  le  Buquet  (comm.  de 
Mézières),  dans  le  Vexin  (Eure,  canl.  de  Gisors,  Écos,  les  Andelys);  Bourg-Beau- 
doin,  de  l'autre  côté  de  l'Andelle  (Eure,  cant.  de  Fleury-sur-Andelle). 

1.  Saint-Pierre-de-Franqueville  et  Nolre-Dame-de-Franqueville,  sur  les  pla- 
teaux entre  l'Andelle,  la  Seine,  l'Aubette  et  le  Robec  (Seine-Inférieure,  cant. 
de  Boos). 

2.  Mandement  au  bailli  de  Rouen,  en  date  du  2  juillet  1426,  accordant  délai 
à  Jean  Vins,  écuyer,  pour  l'aveu  et  dénombrement  de  sa  terre  de  Franque- 
ville.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26049,  n"  594. 

3.  Les  actes  de  ce  genre,  qui  deviendront  si  nombreux,  presque  de  droit 
commun,  une  dizaine  d'années  plus  tard,  sont  encore  rares  à  celte  époque,  et 
leurs  termes  doivent  être  pris,  non  pas  dans  un  sens  de  formule,  mais  dans 
celui  de  leur  valeur  réelle.  Dans  un  très  grand  nombre  de  dossiers  des  Pièces 
originales,  où  il  s'en  rencontre  tant  à  partir  de  1435,  nous  croyons  n'en  avoir 
reconnu  qu'un  seul  donnant  comme  motif  un  fait  de  ce  genre,  pour  la  période 
antérieure  à  1429.  —  Mandement  aux  baillis  de  Rouen,  Caux  et  Cotentin,  accor- 
dant délai  à  Colin  de  la  Porte,  écuyer,  «  pour  ce  qu'il  n'a  encore  peu  avoir  la 
vraye  congnoissance  de  ses  dictes  terres  pour  les  brigans  et  ennemis  du  roy 
qui  souvent  sont  et  conversent  sur  icelles,  »  dans  un  vidimus  sous  le  sceau  de 
la  vicomte  de  Montivilliers,  en  date  du  14  janvier  1422.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26044, 
n°  5696. 

4.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26049,  n"  594. 

5.  Argucil,  dans  la  liante  vallée  de  l'Andelle,  entre  la  forêt  de  Lyons  et  celle 
de  Bray  (Seine-Inférieure,  arr.  de  Neufchâtel). 

6.  Brémonticr,  dans  un  district  accidenté  de  la  haute  vallée  de  l'Epte, 
acluelleincnl  dénommé  Bréinonlicr-Merval  (Seine-Inférieure,  cant.  de  Gournay). 

7.  Arch.  de  la  Seine-Inférieure.  (De  Bcaurepaire,  Inventaire,  G  251.) 

8.  Lyons-la-Forél,  sur  la  Lieure,  au  centre  de  la  région  boisée  du  même 
nom  (Eure,  arr.  des  Andelys). 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE.  281 

la  Lande*,  par  un  religieux  de  l'abbaye  voisine  de  Mortemer^. 
On  se  rappelle  le  récit  de  cette  scène,  où  le  dévouement  de  frère 
Laurent  Anquetil  présente,  en  son  genre,  un  héroïque  pen'dant  aux 
exploits  de  dom  Jean  de  Guiseville,  le  moine  légendaire  de  Préaulx^. 
Rerais  sur  pied,  en  état  de  combattre  encore,  Jeannequin  de 
Villers  a  repris  la  campagne.  L'an  suivant,  ces  parages  sont  tou- 
jours aussi  dangereux  et  inspirent  une  sorte  de  terreur  classique. 
Dans  le  cours  de  cette  année  1427,  un  sergent  de  la  châtellenie 
de  Lyons,  Robinet  Le  Doyen,  est  enlevé  dans  un  coup  de  main 
vivement  mené.  C'est  un  enfant  du  pays,  Bourguignon  militant, 
le  puîné  de  trois  frères,  dont  l'un  a  été  capitaine  dans  les  troupes  de 
Jean  Sans-Peur.  Lui-mêmevient  de  rentrerau  pays,  après  quelques 
années  de  campagne,  et  s'est  fait  pourvoir  de  ce  poste  lucratif. 
Prise  de  choix,  il  est  entraîné  bien  loin  de  la  région,  en  lieu  sûr, 
où  se  débat  sa  rançon^.  Vers  la  même  époque,  à  Fleury-sur- 
Andelle^  aux  Andelys,  à  Fresne-l' Archevêque  S  un  courrier  de 
l'archevêque  de  Rouen  est  également  enlevé  en  route'.  Ceux  qu'on 

1.  «  La  Lende  sur  Lions.  »  Les  écarts  et  hameaux  de  ce  nom  abondent  dans 
la  région  forestière  avoisinante  :  la  Lande,  les  Landes,  les  Hautes-Landes,  les. 
Basses-Landes,  le  Landel,  la  Lande-Pellerin,  la  Lande-Saint-Omer,  etc.,  etc. 
Il  peut  être  question  de  l'écart  de  la  Lande,  le  plus  rapproché  de  Lyons,  sur  le 
terroir  même  duquel  il  est  situé,  et  de  Mortemer,  à  gauche  du  chemin  actuel 
de  Lyons  à  la  Neuve-Grange.  En  voici  la  description  :  «  Un  hostel  avec  plu- 
sieurs terres  labourables  et  autres  choses,  nommé  icellui  hostel  la  Lende  sur 
Lions  ;  lequel  hostel  est  un  hostel  plat  assis  en  ladicte  forest  de  Lions,  séparé 
et  loing  de  toutes  autres  villes  et  hostels.  » 

2.  Mortemer,  abbaye  de  l'ordre  de  Cîteaux,  au  diocèse  de  Rouen,  aujour- 
d'hui ruinée,  située  sur  une  des  branches  de  la  Lieure,  dans  une  vallée  boisée 
profondément  encaissée,  l'une  des  plus  reculées  de  la  forêt  de  Lyons  (Eure, 
cant.  de  Lyons,  comm.  de  Lisors).  Les  Anglais  s'y  établissent  un  instant,  en 
juillet  1418,  après  avoir  exécuté  le  passage  de  la  Seine  devant  Pont-de-l'Arche. 
{Monsirelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  III,  p.  277.) 

3.  L'abbé  de  Mortemer  était  alors  Guillaume  d'Autun,  en  charge  depuis 
1405,  qui  quitta  la  direction  de  ce  monastère  pour  celle  bien  plus  importante 
de  Clairvaux,  après  le  5  mai  1428.  {Gall.  christ.,  t.  XI,  col.  310.)  Il  eut  pour 
successeur  Guillaume  Théroude,  l'un  des  juges  de  Jeanne  d'Arc  (De  Beaure- 
paire.  Notes  sur  les  Juges,  loc.  cit.),  qu'il  déclara  relapse,  en  se  rangeant  à 
l'avis  relativement  modéré  de  Gilles  de  Duremort,  abbé  de  Fécarap.  (Quicherat, 
Procès,  t.  I,  p.  463,  465.) 

4.  Arch.  nat.,  JJ  175,  n*  57.  Doc.  en  date  du  26  décembre  1431  :  faits  remon- 
tant au  courant  de  l'année  1427. 

5.  Fleury-sur-Andelle,  Eure,  ch.-I.  de  cant.,  arr.  des  Andelys. 

6.  Fresne-l'Archevêque,  Eure,  cant.  des  Andelys. 

7.  Arch.  de  la  Seine-Inférieure.  (De  Beaurepaire,  Inventaire,  G  29.) 


282  LA   GDERRE   DE   PiRTISAXS 

veut  faire  absolument  arriver  jusqu'à  Paris  doivent  être  escortés 
en  règle'.  Le  chancelier  du  chapitre,  devant  faire  cette  même 
route  à  son  tour,  fait  ses  conditions  pour  le  voyage  et,  par  acte 
officiel,  décline  toute  responsabilité  en  cas  de  rencontre  ^  L'état 
du  pays  est  presque  aussi  troublé  qu'on  le  verra  deux  ans  plus 
tard,  quand  l'archevêque  sera  obligé  de  transférer  de  Déville  à 
Rouen  même  le  siège  de  sa  juridiction,  par  crainte  des  partisans 
qui  tiennent  la  campagne  jusques  sous  les  murs  de  la  ville  3.  A  ce 
moment,  vers  la  fin  de  1429,  à  l'époque  du  grand  mouvement 
qui  ébranle  toute  la  Normandie,  à  l'heure  où  le  parti  français 
complote  encore  une  fois  de  surprendre  la  capitale  anglaise, 
Jeannequin  de  Villers  se  retrouvera  prisonnier  dans  les  cachots 
de  Rouen,  au  fond  desquels  un  mystère  plane  sur  sa  fîn^. 

Plus  avant  encore  dans  le  Vexin,  sous  la  forteresse  de  la 
Roche-Guyon,  se  passe  vers  mai  1428  un  singulier  fait  de  guerre^. 
Une  compagnie  française  serai -régulière,  sortie  des  places  du 
pays  chartrain,  vient  tenter  un  coup  de  main  bizarre  aux  appro- 
ches de  l'imprenable  rocher.  Elle  a  pour  guide  un  habitant  du 
village  voisin,  Sainte-Geneviève-lez-Gasny^,  ancien  valet  de 
Guillaume  Cailleau,  marchand  de  Paris,  revenu  depuis  peu  au 
pays.  La  bande  ne  compte  qu'une  dizaine  d'hommes,  dont  un 
autre  marchand  de  Paris,  Jean  Le  Chéron,  soldat  improvisé,  en 
fuite  depuis  un  an.  Mené  par  son  guide,  ce  parti  se  dissimule  sur 
la  rive  opposée,  sous  les  couverts  de  la  forêt  de  Moisson,  attend 
le  soir,  et,  la  nuit  tombée,  attaque  résolument  les  deux  embarca- 
tions chargées  d'Anglais  qui  se  tiennent  sur  la  rivière  et  gardent 
le  pied  de  l'escarpement.  Un  combat  a  lieu  dans  l'obscurité,  où 

1.  Arch.  (le  la  Seine-Inférieure.  (De  Beaurepaire,  Inventaire,  G  19.) 

2.  Ibid.  [Id.,  G  2125.) 

3.  De  Beaurepaire,  Recherches  sur  le  Procès. 

4.  Mandement  du  bailli  de  Rouen  au  vicomte  de  Rouen,  en  date  du  2  jan- 
vier 1430,  signalant,  à  cette  date,  «  Jeannequin  de  Villers  »  comme  prisonnier 
à  Rouen.  Document  faisant  partie  des  Pièces  justificatives  de  cette  étude.  Bibl. 
nat.,  ms.  fr.  26052,  n"  1222. 

5.  Pour  ce  qui  suit.  Rémission  pour  Perrin  Musart,  commis  de  marchand, 
de  Sainte-Gencviève-lez-Gasny,  pour  faits  de  participation,  relatant  l'afl'aire  de 
la  Roche-Guyon.  Doc.  en  date  du  31  octobre  1428  :  faits  remontant  aux  mois 
de  mai  ou  juin.  (Cf.  Rémission  pour  Jean  Le  Chéron,  marchand  de  Paris, 
de  même  date,  dans  Longnon,  Paris  sous  la  domination  anglaise,  n°  139.) 
Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  253. 

6.  «  Sainte  Geneviève.  »  Sainfe-Geneviève-lez-Gasny,  dans  la  vallée  de 
l'Epte,  derrière  la  Roche-Guyon  (Eure,  canl.  d'Écos). 


DANS  LA  HADTE  NORMANDIE.  283 

tombent  plusieurs  blessés.  Le  lendemain ,  le  gros  de  la  troupe, 
sans  être  poursuivi,  regagne  sa  garnison  après  cette  pointe  aven- 
tureuse. 

On  ne  voit  pas  que  les  irréguliers  de  la  région  aient  cette  fois 
entrepris  davantage  contre  le  donjon  célèbre,  tombé  depuis  la 
conquête  aux  mains  de  Guy  Le  Bouteiller;  il  faut  attendre  le 
contre-coup  du  grand  soulèvement  de  1435  pour  que  ce  comman- 
dement du  Vexin  devienne  l'objet  de  tentatives  inquiétantes'. 
L'inégal  combat,  le  hasardeux  assaut  des  partisans  de  1428, 
dont  les  péripéties  sont  ici  relatées,  demeure  isolé  dans  son  des- 
sein comme  dans  son  exécution.  Fait  qui  vaut  toutefois  d'être  tiré 
de  l'ombre,  trait  saillant  et  expressif  de  cette  guerre  sans  trêve  et 
sans  merci  qui  persiste  sur  toute  la  surface  du  territoire  envahi, 
ingénieuse,  infatigable,  sans  espoir  comme  sans  défaillances. 

Contre  cette  insurrection  partout  présente,  insaisissable  dans  sa 
dispersion  même,  le  gouvernement  de  la  conquête,  sur  toute  la 
superficie  du  pays  dont  les  limites  viennent  d'être  posées,  est 
obligé  d'entretenir  constamment  sur  le  pied  de  guerre  une  série 
de  petits  corps  mobiles,  chargés  spécialement  de  battre  les  routes 
et  les  bois,  de  traquer  les  partisans  dans  leurs  retraites  et  de  les 
traîner  captifs  aux  centres  de  justice  les  plus  proches.  Dans  le 
grand  carré  irrégulier  de  terrain  compris  entre  Rouen,  Vernon, 
Gisors  et  la  région  d'Eu,  ces  colonnes  volantes,  en  résidence  çà 
et  là,  en  bourg  ouvert  ou  en  château  fermé,  circulent  sans  cesse, 
sillonnant  la  contrée,  mais  ne  s'aventurant  guère  hors  des  routes, 
dans  les  enceintes  impraticables  où  se  maintiennent  leurs  adver- 
saires. L'ensemble  des  comptes  de  la  Normandie,  pour  les  trop 
rares  années  où  ils  se  trouvent  conservés  ^  représente  en  fait  la 
mesure  comme  localisée  dans  la  région  et  ne  s'appliquant  pas  à 
d'autres  districts  du  pays  conquis.  Dans  leCotentin,  par  exemple, 
le  Val  de  Saire^,  les  alentours  de  Carentan  et  de  Saint-LôS  où 

1.  Documents  en  date  de  1436  et  de  1438,  dans  Emile  Rousse,  la  Roche- 
Guyon,  châtelains,  château  et  bourg.  Paris,  Hachette,  1892,  in-l6  de  495  p., 
p.  82. 

2.  De  Beaurepaire,  De  Vadm.  de  la  Normandie.  Comme  il  a  déjà  été  dit, 
ces  comptes  comprennent  l'époque  comprise  entre  novembre  1423  et  sep- 
tembre 1425,  et  celle  qui  s'écoule  de  septembre  1428  à  septembre  1429.  L'exis- 
tence de  la  plupart  de  ces  détachements  s'y  trouve  constatée  pour  la  période 
qui  s'étend  du  28  septembre  1428  au  28  septembre  1429. 

3.  Siméon  Luce,  Philippe  Le  Cat,  loc.  cit. 

4.  Siméon  Luce,  Chron.  du  Mont-Saint-Michel,  Pièces  justif.,  t.  I,  p.  267,  n.  1. 


284  LA   GUERRE   DE   PARTISANS 

des  bandes  irrêgulières  ont  si  longtemps  bravé  l'invasion,  en 
paraissent  exempts  ;  de  même  aussi,  toute  la  contrée  sauvage  et 
protectrice  dont  Vire,  Mortain,  Falaise  et  Domfront  marquent 
les  angles,  terre  féconde  en  partisans  résolus,  où  l'esprit  de  résis- 
tance a  conservé  des  racines  toujours  prêtes  à  renaître*.  Il  faut 
estimer  que  les  abords  de  Rouen  se  trouvaient  autrement  mena- 
cés. A  de  certains  moments,  en  effet,  on  ne  compte  pas  moins  de 
six  corps  autonomes  comprenant  une  centaine  d'archers,  autant 
que  pour  toute  la  garnison  de  Rouen,  par  exemple,  en  l'an  1425^ 
ayant  chacun  leur  terrain  d'opérations  et  leur  zone  de  surveil- 
lance. De  quittance  en  mandat,  on  en  suit  la  création,  la  paye  et 
le  contrôle  jusqu'à  la  grande  transposition  de  1429,  où  les  forces 
neuves  qui  entrent  en  jeu  les  absorbent  et  les  rendent  illusoires. 

De  1423  à  1425,  ne  s'en  révèle  pas  encore  trace  5.  Une  sorte 
de  réserve  indépendante  existe  seulement,  sous  le  commandement 
de  Thomas  Scales,  avec  charge,  à  ce  qu'il  résulte  des  termes  de 
sa  commission,  de  renforcer,  selon  les  circonstances,  les  garni- 
sons des  places  de  la  Seine  entre  Rouen  et  Paris  ^  ;  un  de  ses  déta- 
chements, sous  l'écuyerWalterCharleton^  est  plus  particulière- 
ment affecté  à  la  surveillance  de  la  route  fluviale  aux  abords  de 
Rouent 

Mais,  dès  les  premiers  mois  de  1425,  sur  la  ligne  de  la  Rresle, 
il  devient  nécessaire  d'organiser  une  première  compagnie  mobile  ; 
elle  a  pour  commandant  l'écuyer  Thomas  Palmer  et  opère  dans 
la  direction  des  frontières  de  Picardie,  entre  Aumale  et  la  ville 

1.  Ibid.,  /d.,  n"  19,  24,  et  t.  I,  p.  230,  n.  1. 

2.  Sous  Robert  Willughby,  en  1425,  la  garnison  de  la  place,  du  château  et 
du  pont  de  Seine  de  Rouen  compte  90  archers  et  20  hommes  d'armes.  (De 
Beaurepaire,  loc.  cit.) 

3.  Voir  les  deux  premiers  comptes  cités  ci-dessus.  (De  Beaurepaire,  loc.  cit.) 

4.  Thomas  Scales,  seigneur  de  Nucelles,  futur  grand  sénéchal  de  Normandie, 
est  retenu  avec  20  hommes  d'armes  et  60  archers,  pour  six  mois,  du  l""^  no- 
vembre 1423  au  1"  mai  1424,  «  capitaine  et  garde  des  villes,  châteaux  et  forte- 
resses sur  la  rivière  de  Saine  et  à  l'environ  entre  Rouen  et  Paris.  »  Quittances 
en  date  du  11  janvier  et  du  7  septembre  1424.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26046,  n"  192, 
193,  310. 

5.  Waller  Charleton,  écuyer,  tué  à  Verneuil,  le  17  avril  1424.  {Wavrin,  éd. 
William  Hardy,  ad.  ann.  1424,  p.  116.) 

0.  Walter  Charleton,  écuyer,  est  retenu  avec  7  hommes  d'armes  et  21  archers, 
pour  le  mois  de  février  1424,  «  pour  la  garde  de  la  rivière  de  Seine  autour 
de  Rouen.  »  Lettres  de  garant,  en  date  du  30  janvier  1424.  Bibl.  nat.,  ms. 
fr.  26047,  n"  209. 


DANS   LA   HACTE   NORMANDIE.  283 

d'Eu*.  En  octobre,  à  la  suite  de  la  démonstration  inquiétante  des 
partisans  du  Vexin  et  du  Bray,  il  faut  la  reconstituer  au  plus 
vite.  Raoul  Le  Sage,  sire  de  Saint-Pierre,  commissaire  spécial, 
muni  de  pouvoirs  à  cet  effet^,  mande  à  Gamaches  Richard  Beau, 
le  capitaine  anglais  qui  commande  à  Rue,  de  l'autre  côté  de  la 
baie  de  Somme,  et  le  délègue  à  la  garde  du  pays^.  En  même 
temps,  le  bailli  de  Gaux,  Thomas  Maistresson ^  reçoit  aussi  la 
direction  d'une  colonne  volante  destinée  au  même  objet ^.  Les 
cadres  de  la  première  de  ces  troupes  paraissent  avoir  persisté  ; 
on  les  retrouve  presque  sans  modification,  sous  différents  com- 
mandements subalternes,  pendant  quatre  années  consécutives^. 
De  1426  à  1428,  dans  les  pièces  isolées  qui  représentent  seules, 

1.  Du  13  mars  au  13  avril  1425.  (De  Beaurepaire,  loc.  cit.) 

2.  Sur  cet  événement  et  ce  personnage,  voir  ci-dessus. 

3.  Richard  Beau,  commandant  anglais  de  Rue,  est  retenu  avec  une  lance  et 
15  archers,  pour  six  mois,  du  25  octobre  1425  au  25  avril  1426,  pour  servir 
«  es  forests  d'Eu,  de  Lions  et  autres  circonvoisines.  »  Lettres  de  garant  en 
date  du  3  novembre  1425.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26048,  n"  501  ;  cf.  n"  507. 

4.  «  Jorge  Cler  »,  écuyer,  est  employé,  sous  sa  direction,  avec  4  hommes 
d'armes  et  20  archers,  pour  dix  jours,  à  partir  du  15  octobre  1425,  «  pour  qué- 
rir et  prendre  plusieurs  brigans  et  autres  annemis  du  roi  vers  Eu,  Âumale 
et  le  pays  de  Viraeu.  »  Lettres  de  garant,  en  date  du  15  octobre  1415.  Bibl. 
nat.,  ms.  fr.  26048,  n»  480. 

5.  Ce  «  Jorge  Cler  »  paraît  pouvoir  facilement  s'identifler  avec  un  membre 
de  la  race  nornaande  des  barons  de  Clères  (Seine-Inférieure,  ch.-l.  de  cant., 
arr.  de  Rouen),  famille  où  le  prénom  de  Georges  est  à  cette  époque  hérédi- 
taire (Bibl.  nat.,  Cab.  des  Titres,  P.  or.,  Clère,  n"  7  à  21,  24  à  27,  30,  32 
à  36,  38  à  40;  —  Coll.  ClairambauU,  vol.  31,  p.  2415  à  2417,  n-  173  à  177). 
Serait-ce  Georges  de  Clère,  dit  Georget,  qui  semble  sortir  de  minorité  au 
commencement  de  1425  (P.  or.,  Clère,  n"  35  et  36),  et  qu'on  semble  retrouver 
rallié  à  la  cause  nationale  en  1448,  avant  la  fin  de  l'occupation  étrangère 
(Ibid.,  n"  29)? 

6.  William  Driby,  simple  lance  à  cheval,  est  retenu  avec  4  autres  hommes 
d'armes  à  cheval  et  10  archers,  pour  six  mois,  du  milieu  de  septembre  1426 
jusqu'au  milieu  de  mars  1427,  pour  garder  les  chemins  «  estans  depuis  le  pais 
de  Vymeu  en  la  forest  d'Eu  et  environ  jusques  vers  le  Neufchastel.  »  (Lettres 
de  garant  en  date  du  11  septembre  1426.  Arch.  nat.,  K  62,  n°'  29  et  29  bis.)  — 
Guillaume  de  la  Barre,  également  simple  lance  à  cheval,  paraît  dans  de  nom- 
breuses montres,  avec  11  archers,  du  24  octobre  1427  au  25  mai  1428,  «  lesdis 
archiers  garnis  souffisamment  d'ars,  trousses,  cappelaines  et  gros  pourpoins, 
qui  tous  ont  juré  faire  leur  devoir  de  quérir  et  prendre  les  brigans  en  la  forest 
d'Eu  et  environ.  »  (Montres  et  quittances  comprises  entre  ces  dates  :  Arch.  nat., 
K  62,  n"  38»,  39  bis,  38&;  —  Bibl.  nat.,  Cab.  des  Titres,  P.  or.,  de  la  Barre, 
n°'  10,  11;  ras.  fr.  25768,  n»  276;  —  Arch.  nat.,  K  62,  n""  38  i^  38*3;  k  63,- 
n»  1  2.) 


286  LA   GUERRE   DE   PAETISAIVS 

à  défaut  de  recueil  d'ensemble,  la  comptabilité  de  cette  période, 
on  constate  la  création  et  la  permanence  d'une  autre  compagnie 
sur  un  point  tout  différent.  Formée  dans  le  cours  de  1426  pour 
tenir  en  sûreté  les  chemins  de  terre  entre  Rouen,  Gisors,  Dangu 
et  Vernon,  elle  réside  habituellemeot  aux  Andelj^s,  au  pied  de 
Château-Gaillard,  d'où  elle  rayonne  par  les  routes  du  Vexin^ 
William  Appilby,  qui  va  commander  en  chef  toute  l'artillerie 
anglaise,  la  mène  jusqu'à  la  fin  de  1427^. 

A  cet  instant  lui  succède  l'écuyer  Thomas  Winstringhàm^, 
immigré  dont  les  confiscations  ont  implanté  la  famille  dans  le 
pays  *.  En  avril  suivant,  on  le  voit  requis  par  ordre  exprès  de  faire 
bonne  garde  contre  les  partisans  qui  veulent  franchir  la  Seine 
vers  l'embouchure  de  l'Eure^,  et  de  surveiller  la  rivière  jour  et 
nuit,  «  si  diligemment  qu'aucun  préjudice  n'en  advienne'^  ».  Dans 
l'été  de  1428,  il  est  encore  au  même  poste  et  garde  toujours 
«  l'eau  de  Seine  »,  sous  les  escarpements  de  Château-Gaillard'. 

Dès  le  début  de  la  campagne  de  la  Loire  et  du  blocus  d'Orléans, 
il  faut  augmenter  ces  forces  devenues  trop  faibles.  A  ce  moment, 
cinq  compagnies  sont  sur  pied,  de  quinze  à  vingt  archers  chacune 

1.  William  Appilby,  écuyer,  est  prolongé  dans  son  commandement  déjà  exis- 
tant, avec  16  archers,  pour  six  mois,  du  30  janvier  au  30  juin  1427,  «  pour 
tenir  en  seurté  le  chemin  par  terre  d'entre  Mante  et  Vernon  selon  la  rivière  de 
Seine,  deçà  lesdictes  villes,  à  l'encontre  des  briguans.  »  Lettres  de  garant  en 
date  du  30  janvier  1427.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26049,  n°  679. 

2.  On  le  voit  porter  ce  titre  à  la  date  du  6  juin  1428.  (Bibl.  nat.,  Cab.  des 
Titres,  P.  or.,  Appilbi/,  n»  2.) 

3.  Thomas  W'instringham,  écuyer,  est  retenu  avec  16  archers,  pour  six  mois, 
du  8  décembre  1427  au  8  juin  1428,  «  pour  la  garde  de  la  rivière  de  Seine 
entre  Rouen  et  Vernon  et  des  chemins  par  terre  entre  ladicte  ville  de  Rouen, 
Gisors  et  Vernon,  à  rencontre  des  brigans.  »  Lettres  de  garant  en  date  du 
8  décembre  1427,  visées  dans  une  de  ses  quittances  en  date  du  6  mars  1428. 
Bibl.  nal.,  Cab.  des  Titres,  P.  or.,  Winstringham,  n'  2. 

4.  Par  lettres  de  Henry  V,  en  date  de  Vernon,  le  12  avril  1419,  Robert  Wins- 
tringham, écuyer,  reçoit  les  biens  de  Léon  Boudart,  écuyer.  (Rôles  norm.  et 
franc.,  n°  383.)  Fiefs  dont  on  peut  reconnaître  la  situation  à  Verclives  et  au 
Mesnil,  vers  la  vallée  de  la  Lieure  (Eure,  cant.  de  Fleury-sur-Andelle,  comra. 
du  Mesnil-Verclivcs). 

5.  Sur  cet  événement,  voir  ci-dessus  :  Sur  la  Seine. 

6.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  2G050,  n*  893. 

7.  Il  (levait  avoir  été  prolongé  de  nouveau  pour  six  mois.  Quittances  de 
juin  et  septembre  1428  «  pour  la  garde  des  chemins  et  de  l'eaue  de  Seine 
entre  Rouen  et  Vernon  ».  Bibl.  nal.,  Cab.  des  Titres,  P.  or.,  Winstringham, 
n°  3,  et  coll.  Clairambault,  vol.  208,  p.  9033,  n-  16. 


DANS   LA    HAUTE    \OKMAXDIE.  287 

en  moyenne,  avec  un  nombre  variable  d'hommes  d'armes  mon- 
tés*. Celle  des  Andelys  se  dédouble  :  sous  Winstringham,  pour  le 
Vexin  normand,  entre  Gisors,  Dangu,  Rouen ^;  sous  l'écuyer 
Richard  Brinkley  ^,  pour  le  Vexin  français,  entre  Saint-Glair-sur- 
Epte,  Chaumont-en- Vexin  et  Pontoise^. 

Dans  le  Bray,  d'autres  colonnes  opèrent,  l'une  entre  Arques  et 
la  ville  d'Eu,  sous  l'écuyer  Maykyn  Saclier°,  en  1429^,  sous 
Guillaume  delà  Barre''',  toujours  au  même  poste;  l'autre  entre 

1.  L'existence  de  ces  cinq  compagnies  est  sommairement  mentionnée  dans 
les  comptes  de  1424-1429.  (De  Beaurepaire,  loc.  cit.) 

2.  Montre  d'armes,  une  lance  et  16  archers,  à  Gisors,  le  12  février  1429, 
«  pour  tenir  en  seurté  les  chemins  par  terre  d'entre  Rouen,  Gisors  et  Dangu  ». 
Bibl.  nat.,  ms.  fr.  2576,  n"  348. 

3.  On  trouve  dans  les  armées  anglaises,  en  ce  temps,  portant  le  nom  de 
Brinkley,  deux  personnages  diflérents,  semble-t-il.  L'un,  John  Brinkley,  écuyer, 
longtemps  lieutenant  du  commandant  de  Caen,  engagé  pour  le  siège  d'Orléans 
(L.  Jarry,  le  Compte  de  l'armée  anglaise,  art.  54),  qui  paraît  n'avoir  occupé 
de  postes  qu'en  basse  Normandie.  L'autre,  dont  on  ne  voit  pas  le  prénom,  se 
tient  dans  le  comté  d'Eu  :  en  1431,  il  est  capitaine  de  Monchaux  (Arch.  nat., 
JJ  175,  n"  40);  en  1432,  encore  (Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  V,  p.  35);  en 
1434,  il  commande  à  Eu  (Ibid.,  p.  93-94;  cf.  Arch.  nat.,  JJ  175,  n"  276).  Il  est 
vraisemblable  que  ce  dernier  est  le  même  que  Richard  Brinkley,  écuyer,  qu'on 
rencontre  ici,  en  Vexin  et  sur  les  routes  du  Bray,  en  1428  et  1429. 

4.  Montre  d'armes,  une  lance  et  18  archers,  sur  les  champs  entre  Gisors  et 
Dangu,  le  2  octobre  1428,  «  pour  extirpper  les  brigans  et  autres  noz  ennemis 
estans  et  fréquentans  de  jour  en  jour  en  plusieurs  lieux  es  parties  de  Norman- 
die et  environs,  iceulx  prendre  et  amener  à  justice...  pour  estre  à  Chaumont 
en  Veulquesin,  Sainl-Cler  et  environ.  »  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  25768,  n'  301  ;  cf. 
n"  304. 

5.  Ce  personnage,  dont  le  nom  est  souvent  reproduit  sous  des  formes 
diverses,  «  messire  Sachère  »  (Boucher  de  Molandon  et  de  Beaucorps,  V Armée 
anglaise,  Pièces  justif.,  n"  86),  «  Mayequin  Fleschier  »  (De  Beaurepaire,  De 
l'Administration  de  la  Normandie),  se  trouve  inscrit  sous  les  formes  :  «  Mes- 
quin Sachere  »  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  25768,  n"  407,  cité  dans  l'Armée  anglaise, 
loc.  cit.),  et  «  Maiequin  Chassiere  »  (Arch.  nat.,  K  62,  n"  182*).  Un  capitaine 
anglais  du  même  prénom,  Maykyn  of  Langworth,  figure  à  plusieurs  reprises 
parmi  les  assiégeants  du  Mont-Saint-Michel.  (Siméon  Luce,  Chron.  du  Mont- 
Saint-Michel.)  —  Maykyn  Sacher  commandait,  en  février  1426,  la  petite  place 
d'Hibouville  (Seine-Inférieure,  cant.  et  comm.  d'Envermeu),  près  d'Arqués,  et 
y  passait  en  revue  l'escorte  du  bailli  de  Caux.  (Arch.  nat.,  K  62,  18'-*.) 

G.  Montre  d'armes,  une  lance  et  16  archers,  à  Rouen,  le  1"  août  1429,  «  pour 
la  garde  des  chemins  et  quérir  les  brigands  en  la  forest  d'Eu  et  ou  païs  d'en- 
viron. »  Boucher  de  Molandon  et  de  Beaucorps,  l'Armée  anglaise,  chap.  y, 
part.  I,  et  Pièces  justif.,  n"  86. 

7.  De  Beaurepaire,  loc.  cit. 


288  LA  GUERRE  DE   PARTISANS 

Gournay,  Gaillefontaine  S  Neufchâtel,  la  forêt  d'Eavy,  sous 
William  Lynos^,  régulier  anglais  qui  revient  du  siège  de 
Guise  3.  Enfin,  depuis  trois  ans,  pour  escorter  les  marchands 
qui  se  rendent  au  Landit^  une  petite  division  de  quatre  lances 
et  vingt-six  archers  court  à  cheval  du  pays  de  Caux  jusqu'à 
l'Oise.  Le  bailli  de  Caux  en  a  eu  quelque  temps  la  charge^. 
Dans  l'été  de  1429^,  elle  est  conduite  par  un  Français  du  pays 
passé  depuis  longtemps  au  parti  de  la  conquête,  Guillaume  de 
Gaillarbois^  connu  sous  le  nom  de  Perce vaP,  qu'on  trouvera  l'an 

1.  Gaillefontaine,  aux  sources  de  la  Béthune,  entre  Neufchâtel  et  Gournay 
(Seine-Inférieure,  cant.  de  Forges-les-Eaux). 

2.  William  Lynos,  écuyer,  est  retenu,  avec  16  archers  à  cheval,  pour  un  an, 
du  16  septembre  1428  au  28  septembre  1429,  «  pour  tenir  en  sûreté  les  che- 
mins de  la  forest  d'Yomville  (Eavy)  et  les  chemins  tendans  vers  Gournay  on 
tirant  vers  le  chemin  d'Amiens.  »  (Lettres  de  retenue  en  date  du  16  septembre 
1428.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26051,  n"  945.)  —  Montre  d'armes  du  même,  le  l^""  dé- 
cembre 1428,  «  pour  tenir  en  seurté  le  pays  es  parties  de  Gueillefontaines.  b  (Bibl. 
nat.,  ms.  fr.  25768,  n'SlO.)  —  Quittances  et  montres  d'armes  du  même,  de  jan- 
vier et  juin  1429.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  25768,  n'-SSO,  331;  Boucher  de  Molandon 
et  de  Beaucorps,  l'Armée  anglaise,  loc.  cit.,  et  Pièces  justif.,  n°  85;  Bibl.  nat., 
ms.  fr.  25768,  n°  398.)  —  Montre  d'armes  et  mandement  de  taxation  relatif  au 
même,  en  1429,  «  pour  tenir  en  seureté  les  chemins  devant  le  Neufchastel  et 
Gournay  et  extirper  les  brigans  qui  y  fréquentent  ».  (Catalogue  des  livres  et 
documents  historiques  de  la  bibliothèque  de  M.  de  Courcellts.  Paris,  1834,  p.  95.) 

3.  William  Lynos  ligure  au  siège  de  Guise,  qui  dure  d'avril  à  septembre  1424. 
(Stevenson,  Letters  and  papers  illustrative  of  the  wars  of  the  English  in 
France  during  the  reigns  of  Henry  VI,  t.  II,  part.  2,  p,  395.)  En  1432,  on  le 
retrouve  encore  dans  les  mêmes  parages  du  Vexin.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26055, 
n"  1769.) 

4.  La  foire  célèbre  du  Landit  s'ouvrait  le  11  juin,  dans  la  plaine  Saint-Denis. 

5.  Thomas  Maistresson,  bailli  de  Caux,  est  retenu,  avec  une  lance  et  12  ar- 
chers à  cheval,  le  31  mars  1426,  «  pour  la  garde  des  chemins  du  Lendit.  » 
Lettres  de  retenue,  en  date  du  31  mars  1426,  visées  dans  un  mandement  de 
taxation  en  date  du  1"  juin  1426.  Bibl.  nat.,  Cab.  des  Titres,  P.  or.,  Maistres- 
son, n'  7. 

6.  Montre  d'armes  de  Perceval  de  Gaillarbois,  4  lances  et  26  archers,  le 
2  aoiit  1429,  rapprochée  d'une  mention  des  comptes  de  1424-1429.  De  Beaure- 
paire,  loc.  cit.;  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  257G8,  n»  408. 

7.  «  Gaillarbos,  Gaillardbosc.  »  Gaillarbois,  vers  la  vallée  de  la  Lieure,  actuel- 
lement dénommé  Gaillarbois-Cressenville  (Eure,  cant.  de  Fleury-sur-Andelie). 

8.  Par  lettres  de  Henry  V,  en  date  de  Rouen,  le  4  avril  1420,  Guillaume  de 
Gaillarbois,  dit  Perceval,  reçoit  les  biens  d'Hémon  de  Falaise,  dans  la  vicomte 
de  Falaise.  (Koles  norm.  et  franc.,  n'  802.)  Jacques  de  Gaillarbois,  signataire 
de  la  capitulation  de  Château- Gaillard,  est  confirmé  dans  la  possession  de  ses 
biens,  en  1420.  {Ibid.,  n»  776.)  Robert  de  Gaillarbois  est  l'objet  d'une  mesure 


DiNS   LA    HAUTE   NORMANDIE.  28i) 

suivant  sur  la  flottille  anglaise  armée  pour  la  reprise  de  Château- 
Gaillard*. 

C'est  par  des  mesures  de  cet  ordre,  insuffisants  palliatifs  à  l'état 
d'esprit  dont  les  profondes  racines  tiennent  au  sol  même,  que  le 
gouvernement  de  l'occupation  cherche  à  remédier  au  mal,  dont 
la  ténacité  vivace  est  bien  faite  pour  le  surprendre  autant  que 
pour  l'irriter.  Mais,  en  dépit  des  postes  et  des  colonnes,  des  exé- 
cutions et  des  battues,  l'esprit  de  combat  persiste,  sur  ce  coin  de 
terre,  avec  une  singulière  outrance.  Même  à  l'heure  triomphale 
de  la  domination  étrangère,  les  derniers  insurgés  du  Vexin  ne 
désarment  pas.  Ils  conduisent  toujours  la  lutte  sans  témoins, 
ignorée  des  chroniqueurs  officiels,  à  laquelle  ils  ont  voué  leur 
désespoir,  obscure  et  morne,  sourde  et  féroce,  sans  scrupules 
comme  sans  faiblesses,  aussi  furieuse  que  patiente. 

Les  partisans  et  les  lignes  françaises. 

Toutes  ces  précautions  demeurent  cependant  vaines  contre  un 
état  général  dont  les  indices  multipliés  se  révèlent  sur  tant 
de  points  à  la  fois.  Les  compagnies  de  partisans,  les  rassemble- 
ments d'irréguliers,  en  bataille  de  tous  les  jours  avec  les  gar- 
nisons ou  les  colonnes  anglaises,  du  pays  d'Auge  au  pays  de 
Bray,  ne  font  pas  seulement  la  guerre  de  buissons  sur  leur  propre 
terrain.  Entre  les  «  brigands  »  de  Normandie  et  la  lisière  chan- 
geante des  dernières  places  françaises,  il  existe  en  effet,  malgré 
la  distance  et  les  dangers,  un  incroyable  jeu  de  communications, 
d'allées  et  venues  réciproques,  d'intelligence  et  de  coopération 
occultes. 

Une  autre  partie  de  cet  aperçu  fera  connaître  tout  ce  que  l'in- 
génieuse hardiesse  d'un  groupe  de  Rouennais  saura  hasarder  de 
plans  fondés  sur  ces  transmissions  secrètes.  Il  suffit  de  constater 
pour  l'instant  que,  de  la  Picardie  à  la  Loire,  du  Pays  Chartrain 
à  la  mer,  les  partisans  circulent,  isolés  ou  par  groupes,  des  pri- 
sonniers s'expédient  sous  escorte,  des  messages  vont  et  viennent, 
toute  une  organisation  latente  agit  et  se  manifeste,  en  dépit  de 
l'occupation  étrangère,  de  ses  fonctionnaires  et  de  ses  soldats. 

analogue  en  1419.  {Ibid.,  n"  420.)  En  1430,  Jacques  de   Gaiilarbois,  écuyer, 
frère  de  Perceval,  passe  pour  deux  ans  au  parti  français.  (Arch.  nat.,  JJ  175, 
n«  160.) 
1.  Cette  curieuse  opération  de  guerre  fera  l'objet  d'une  prochaine  étude. 
-1894  \9 


290  LA   GUERRE    DE   PARTISANS 

Comment  admettre,  par  exemple,  qu'il  n'y  ait  ni  complicité  ni 
participation  des  partisans  du  Yexin  dans  l'enlèvement  du  châ- 
teau de  Gaillon  en  avril  1 424  ? 

Gaillon,  à  peu  de  distance  de  la  rive  normande  de  la  Seine, 
entre  Vernon  etLouviers,  est  surpris  et  escaladé,  le  16  avril,  par 
les  débris  de  la  garnison  française  qui  vient  de  capituler  dans 
Compiègne  * . 

Compiègne,  anglo-bourguignon  depuis  l'été  de  1422,  a  été 
«  pris  d'eschielle  »  par  une  troupe  française  agile  et  hardiment 
commandée^,  le  matin  du  2  janvier  1424,  entre  huit  et  neuf 
heures,  sous  un  de  ces  brouillards  opaques  et  glacés  qui  viennent 
murer  la  vallée  de  l'Oise.  Pendant  huit  semaines,  ce  petit  corps  a 
pu  tenir  contre  toutes  les  forces  anglaises  et  bourguignonnes, 
appuyées  par  les  gens  des  communes  d'alentour,  puis  a  dû  enfin 
capituler  à  terme,  avec  promesse  de  rendre  la  place  dans  le  délai 
d'un  mois 3.  Au  mardi  4  avril,  les  Français  n'ont  certainement 
pas  encore  évacué  Compiègne^.  Treize  jours  après,  le  dimanche 
des  Rameaux,  16  avril,  à  l'heure  de  la  grand'messe,  le  parti 
chassé  de  Compiègne  entre  d'assaut  dans  le  château  de  Gaillon ^ 

1.  Sur  Gaillon,  voir  ci-dessous,  Annexe  1. 

2.  Un  certain  nombre  de  chroniques  mentionnent,  vers  cette  époque,  l'oc- 
cupation passagère  de  Compiègne  par  un  parti  français.  La  date  exacte,  les 
détails  de  l'heure  et  du  temps  régnant  sont  donnés  par  la  seule  Chronique 
dite  des  Cordeliers.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  23018,  fol.  447.) 

3.  Sur  ce  siège  de  Compiègne,  conduit  en  chef,  successivement  par  le  sire  de 
risle-Adam  avec  les  bandes  indisciplinables  des  communes  des  environs,  puis 
par  Philippe  de  Saveuse  avec  des  contingents  anglais,  voir  Livre  des  trahisons, 
éd.  K.  de  Lettenhove,  p.  176;  —  Monstrelet,  éd.  Douët  d'Arcq,  t.  IV,  p.  174 
et  suiv.;  —  Pierre  de  Fenin,  éd.  de  M"°  Dupont,  p.  210;  —  Chronique  dite 
des  Cordeliers,  Bibi.  nat.,  ms.  fr.  23018,  fol.  447. 

4.  Au  moins,  à  ce  jour,  des  lettres  de  rémission,  en  date  du  4  avril  1424, 
sont-elles  octroyées  aux  habitants  de  Compiègne,  en  faisant  allusion  au  traité  de 
capitulation  conclu  avec  les  capitaines  français  «  estans  présentement  en  nostre 
ville  de  Compiengne  ».  Arch.  nat.,  JJ  172,  n"  448. 

5.  La  date  exacte  de  la  surprise  de  Gaillon  est  donnée  par  Pierre  Cochon  : 
ff  Et,  en  che  temps,  le  jour  de  Pasques  Hories  (Pilques,  le  23  avril  1424), 
pristrent  les  Franchois  le  chaslel  de  Gaillon.  »  {Pierre  Cochon,  éd.  de  Beau- 
repaire,  p.  293.)  L'heure,  indi(|uée  par  la  petite  Chronique  Rouennaise,  publiée 
à  la  suite  du  texte  de  Pierre  Cochon  :  «  Dimence  de  Pasques  flories,  à  heure 
de  la  grant  messe.  »  [Chronique  Rouennaise,  loc.  cit.,  p.  348.)  Le  nMe  joué 
par  la  garnison  expulsée  de  Compiègne,  quelques  jours  plus  lot,  dans  l'exéculion 
de  ce  coup  de  main,  est  signalé  par  la  seule  Chronique  dite  des  Cordeliers: 
«  El  quant  il  s'en  furent  partis  (de  Compiègne),  il  allèrent  prendre  de  fait  le 


DANS   LA   HAUTE  NORMANDIE.  29^ 

Il  a  dû  traverser  tout  le  bas  du  Beauvaisis,  errer  dans  la  Thelle 
et  le  Yexin,  passer  forcément  la  Seine,  comment,  par  quels 
moyens,  sinon  grâce  au  dévouement  des  irréguliers  qui  tiennent 
le  pays,  savent  les  passages  et  les  canots  cachés  sous  les  berges  *  ? 
Ainsi  secondée,  la  compagnie  de  Compiègne  est  entrée  dans  Gail- 
lon,  pointe  audacieuse  s'il  en  fut,  qui  la  jette  en  pleine  Norman- 
die anglaise,  comme  un  coin  menaçant-. 

Isolés  de  la  sorte,  exposés  sans  retraite,  le  fossé  de  la  Seine 
derrière  eux,  les  Français  de  Gaillon  ne  s'en  tiennent  pas  à  cet 
exploit.  Devant  leurs  sorties  et  leurs  courses,  toutes  les  places  en 
bordure  du  fleuve,  Pont-de-l' Arche  dans  la  direction  de  Rouen, 
Vernon,  Mantes,  Meulan,  Poissy,  sur  la  route  de  Paris,  sont 
obligés  de  se  garder  et  de  se  clore ^  Vers  les  derniers  jours  d'avril, 
au  retour  d'une  course  heureuse  dirigée  sur  Louviers,  ils  sont 
attaqués  par  la  garnison  anglaise,  sortie  précipitamment,  en 
désordre,  pour  reprendre  le  bétail  des  gens  de  la  ville,  qu'ils  ont 
capturé  dans  les  prés,  sous  les  remparts,  et  qu'ils  entraînent 
vivement.  Le  capitaine  anglais  Godfrey  Hatton ^  tombe  dans  une 
embuscade  et  se  fait  prendre  avec  presque  tous  ses  gens^  Quelques 
jours  durant,  Louviers  est  dégarni,  objet  de  convoitise  et  d'espé- 
rance ouverte^.  Le  chef  de  bandes  Pierre  LeBigourdais,  dans  le  voi- 
sinage, tient  les  bois  de  Saint-Dizier,  de  la  Saussaye,  entre  Elbeuf 
et  Louviers  ;  il  a  dans  Louviers  des  intelligences  à  l'épreuve  de  tous 
les  risques'.  Trace  d'aucun  essai  de  complot  ne  se  révèle  cepen- 

chastel  de  Gaillon  sur  Saine  sans  nulle  deffense.  »  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  23018, 
fol.  447.) 

1.  Sur  les  conjectures  touchant  ce  point  de  passage,  voir  ci-dessus  :  Sur  la 
Seine. 

2.  Sur  la  communication  hâtive  de  la  nouvelle  de  la  surprise  de  Louviers, 
voir  de  Beaurepaire,  De  l'Administraiion  de  la  Normandie,  p.  45-46,  et  Bibl. 
nat.,  ms.  fr.  4485,  fol.  400,  402-403. 

3.  Ordre  expédié  à  la  date  du  20  avril.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  4485,  fol.  403-404.) 

4.  Sur  Godfrey  Hatton,  voir  l'Annexe  1. 

5.  Le  fait  est  relaté  dans  l'étude  de  M.  de  Beaurepaire  {De  l'Administration 
de  la  Normandie,  p.  45-46),  d'après  le  compte  dont  le  détail  est  cité  ci-après. 
La  date  exacte  se  place  en  tout  cas  après  le  18  avril,  où  Hatton  est  encore 
cité  en  fonctions  et  délivre  comme  tel  des  quittances  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  4485, 
fol.  211),  et  un  ou  deux  jours  avant  le  30  avril,  où,  après  reçu  de  la  nouvelle, 
les  premiers  renforts  sont  expédiés  de  Rouen  à  Louviers.  (Ibid.,  fol.  429-430.) 

6.  «  Et  par  ce  ladicte  ville  demeurée  sans  capitaine  ne  gens  d'armes,  qui 
povoit  estre  la  perdicion  d'icelle.  »  (Ibid.,  fol.  429-430.) 

7.  Sur  Pierre  Le  Bigourdais,  voir  ci-dessus  :  Sur  la  Seine. 


292  LA   GUERRE   DE   PARTISA>fS 

dant.  Dès  le  30  avril,  Louviers,  gardé  quelques  jours  par  ses 
seuls  habitants,  est  muni  d'un  petit  poste  provisoire*,  et,  le  9  mai, 
le  nouveau  commandant  de  place,  l'anglo-gascon  Guillotin  de 
Lansac^,  garde  l'enceinte  contre  toute  surprise^.  Le  lendemain, 
c'est  le  réduit  de  Gaillon  qui  se  trouve  investi  à  son  tour^  Cette 
poignée  d'hommes  résolus  y  tient  encore  deux  mois,  jusqu'au 
8  juillet ^  obstinée  dans  sa  défense,  isolée  et  perdue  en  pays 
ennemi,  sans  faiblesse  comme  sans  espoir  de  survivre''. 

Sur  une  foule  d'autres  points  du  territoire  conquis,  dans  les  dis- 
tricts où  se  meuvent  les  compagnies  de  partisans,  on  peut  signaler 
des  faits  d'intelligence  secrète,  de  circulation  continue,  entre  les 
groupes  de  combattants  indigènes  et  les  troupes  régulières  des 
places  frontières,  des  tnarches,  dont  la  ligne  oscille  selon  l'heure 
et  le  temps,  mais  où  se  maintiennent  encore  les  débris  des  armées 
nationales. 

Vers  les  frontières  du  pays  de  Bray ,  à  Fontenay ',  près  de  Ger- 
beroy,  où  l'on  a  vu  les  partisans  fortement  établis  en  1424,  une 
compagnie  communique  avec  le  château  d'Ivry^,  réoccupé 
naguères  par  un  parti  gascon-français,  commandé  par  Géraud 
de  la  Pallière,  et  dont  le  siège,  comme  on  sait,  devient  l'oc- 
casion du  choc  de  VerneuiP.  Dans  les  rangs  de  la  garnison 
de  fortune  qui  tient  la  place,  il  se  trouve  des  partisans  du  pays 
de  Gaux,  un  journalier  de  Goderville*^  échoué  dans  la  contrée", 

1.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  4485,  fol.  429-430,  le  30  avril;  fol.  403,  le  2  mai. 

2.  Sur  Guillotin  de  Lansac,  voir  Y  Annexe  1. 

3.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  4485,  fol.  212. 

4.  Cette  date  du  10  mai  résulte  de  l'analyse  donnée  par  M.  de  Beaurepaire 
(De  l'Administration  de  la  Normandie,  p.  45-46). 

5.  La  date  exacte  de  la  reprise  de  Gaillon  est  donnée  par  Pierre  Cochon  : 
«  Et  le  tindrent  jusques  o  viii"  jour  de  jullct  CCCC  X.XIIII  ensuiant,  qu'i  le 
rendirent  audit  régent,  et  se  mistrenl  en  sa  grâce  et  merchy.  b  {Pierre  Cochon, 
éd.  de  Beaurepaire,  p.  293.) 

6.  La  Chronique  dite  des  Cordeliers,  dans  sa  sécheresse,  est  naïvement  élo- 
quente sur  ce  point.  Il  ne  faut  pas  oublier  que  la  garnison  était  composée  de 
réguliers  de  l'armée  nationale  française  :  «  Fu  Gaillon  reprin  de  Françoix  et 
d'Engloix  (d'Anglo-Courguignons),  et  furent  tous  mis  à  l'espée  ceulx  de  dedens 
en  grand  nombre.  »  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  23018,  fol.  448  v°.) 

7.  Fontenay-Torcy,  Oise,  cant.  de  Songeons. 

8.  Ivry-la-Bataille,  Eure,  cant.  de  Saint-André. 

9.  Sur  les  circonstances  de  la  reprise  d'Ivry,  voir  ci-dessous,  Annexe  4. 

10.  Goderville,  Seine-Inférieure,  ch.-I.  de  cant.,  arr.  du  Havre. 

11.  «  Voyant  aussi  que  audit  lieu  de  Goderville,  qui  n'est  que  un  simple  vil- 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE,  293 

d'irrégulier  passé  soldat,  qui  retourne  ensuite  à  son  labour  et  au 
travail  de  la  terre,  dans  son  village  ruiné  par  l'invasion  ^  Les  par- 
tisans des  bois  de  Fontenay,  malgré  la  distance  et  l'isolement, 
savent  l'enlèvement  d'Ivry  par  Géraud  de  la  Pallière.  Ils  ont  avec 
eux  un  prisonnier  dont  on  espère  une  rançon  de  choix.  Pour  s'as- 
surer la  conservation  de  ce  précieux  captif,  on  l'expédie  en  sûreté 
jusqu'au  château  qui  marque  le  point  le  plus  avancé  des  postes 
français.  De  Gerberoy  à  Ivry,  des  sources  du  Thérain  jusqu'à  la 
vallée  de  l'Eure,  la  troupe  qui  l'escorte  fait  ainsi  au  moins  une 
trentaine  de  Heues  de  pays,  à  couvert,  d'abri  en  abri,  jusqu'à  la 
place  fameuse,  dont  l'escalade  a  jeté  un  tel  désarroi  dans  le  camp  des 
envahisseurs,  qui  vient  de  repousser  un  premier  siège  et  qui  défie 
la  Normandie  2. 

Dans  le  pays  d'Auge,  pendant  la  préparation  du  grand  effort 
de  1424,  en  avril,  Robert  de  Carrouges  a  passé  sans  encombre, 
suivi  de  quelques  hommes  à  lui,  de  Fontaine-la-Soret^,  aux  envi- 
rons de  Serquigny,  jusqu'à  Montfarville^  à  l'extrémité  du  Coten- 
tin,  d'où  il  est  reparti  pour  gagner  par  Carrouges^  la  lisière  dis- 
putée du  Perche  et  les  places  françaises  du  Maine ^.  C'est  sur  le 
même  point  que  se  dirige  son  compagnon  d'armes,  Guillaume  de 
Brèvedent,  qui  vers  la  même  époque  manœuvre  avec  sa  compa- 
gnie autour  de  Lisieux.  Du  pays  entre  Touques  etDives,  du  Tor- 
quesne'^,  où  il  a  conduit  sa  dernière  opération,  il  passe  jusqu'au 
Mans,  emmenant  avec  lui  un  prisonnier  de  marque  et  livrant 
combat  tout  le  long  de  la  route  aux  Anglais  qui  le  j^oursuivent^ 

lage  et  où  il  n'y  a  que  xii  raesnages  ou  environ,  il  ne  povoit  bonnement  ne 
seurement  demourer.  » 

1.  Rémission  pour  Robin  Desioges,  journalier,  de  Goderville.  Doc.  en  date 
d'août  1425  :  faits  remontant  à  deux  ans.  Arcb.  nat.,  JJ  178,  n»  218. 

2.  Rémission  pour  Guillot  Molain,  dit  Bourgain,  de  Fontenay,  caution  de 
Willemot  de  la  Fontaine,  lequel  avait  été  emmené  prisonnier  à  Ivry  et  taxé  à 
deux  cents  écus  d'or.  Doc.  en  date  de  novembre  1424  :  faits  remontant  à  un  an. 
Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  50. 

3.  Fontaines-la-Sorel,  Eure,  cant.  de  Beaumont-le-Roger. 

4.  Montfarville,  Manche,  cant.  de  Quettehou. 

5.  Carrouges,  Orne,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  d'Alençon. 

6.  Rémissions  pour  Jean  Lemonnier,  clerc  de  procureur,  de  Serquigny  ;  Jean 
Lebret,  maréchal-ferrant,  de  Carsix,  pour  faits  de  participation.  Doc.  en  date  de 
novembre  1424  :  faits  remontant  à  Pâques  (23  avril),  puis  au  temps  compris 
entre  la  Trinité  et  la  Saint-Jean  (18-24  juin).  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  18,  30. 

7.  Le  Torquesne,  Calvados,  cant.  de  Blangy. 

8.  Rémissions  pour  Guillaume  Dunel  et  Pierre  Dunel,  cultivateurs,  du  Tor- 


294  LA   GDERRE   DE   PARTISANS 

Leur  tradition  survit.  C'est  un  de  leurs  émules,  ce  bâtard  de 
Douville\  prisonnier  à  la  Ferté-Fresnel  en  septembre  1436,  qu'on 
envoie  sous  escorte  jusqu'aux  geôles  de  Lisieux,  et  «  par  lequel 
pourraient  être  connues  »,  dit  la  quittance  qui  mentionne  le  fait,  i 
«  plusieurs  trahisons  et  ventes  faites  aux  brigands  par  plusieurs  I 
personnes,  leurs  réconforteurs^  ».  Un  de  leurs  héritiers  encore, 
cet  intrépide  Le  Borgne  de  Nocé^  le  redoutable  chef  de  partisans 
dont  les  incursions  jettent  la  terreur  de  Pont-Audemer  jusqu'à 
Caen.  Capturé  en  1438  par  l'écuyer  "William  Herdson,  sa  rançon 
se  marchande  jusqu'à  trois  mille  saluts  d'or,  une  fortune  de  sol- 
dat. Mais  la  hache  du  bourreau  termine  à  Lisieux  sa  carrière 
aventureuse  ^  qui  force  l'admiration  de  ses  ennemis  et  lui  con- 
quiert une  légende^. 

De  semblables  exemples  de  cheminements  secrets,  de  transports 
de  troupes  invisibles  à  de  longues  et  périlleuses  distances,  se  pro- 
duisent et  se  multiplient  vers  l'heure  même  où  va  se  livrer  le  choc 
décisif  de  Verneuil. 

Dans  le  pays  virois,  les  partisans  de  la  forêt  l'Evêque^  sont 
en  communication  avec  les  garnisons  françaises  du  Parc-l'Evêque, 
près  d'Avranches,  et  de  Mausson,  à  l'extrémité  du  Maine". 

quesne,  pour  faits  de  participation.  Doc.  en  date  de  mai  142G  :  faits  remon- 
tant à  deux  ans.  Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  520. 

1.  Douville,  Calvados,  cant.  de  Dozulé. 

2.  Quittance  des  frais  de  voyage  du  messager  ayant  porté  l'ordre  de  transfert, 
délivrée  par  le  vicomte  d'Auge,  en  date  du  25  septembre  143G.  Bibl.  nat.,  ms. 
fr.  26061,  n°  2941. 

3.  Noce,  Orne,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Morlagne. 

4.  Lettres  de  Henri  VI,  en  date  du  13  décembre  1438,  accordant  à  William 
Herdson,  écuyer,  600  livres  tournois  en  compensation  de  la  rançon,  non  touchée 
par  lui,  de  son  prisonnier,  «  Le  Borgne  de  Nossey  »,  jugé  et  exécuté  à  Lisieux 
par  ordre  supérieur  du  grand  séiiéclial  de  Normandie,  «  lequel  estoit  homme 
de  grant  entrcprinsc  et  couraige  et  qui  très  souvent  venoit  et  se  tenoit  k  grant 
compaignie  de  gens  en  plusieurs  parties  de  nostre  pais  de  Normendie  et  mes- 
mcment  es  vicontcz  d'Auge,  d'Orbcc,  de  Pont-Audemer,  Caen,  Falaise  ctArgcn- 
then.  »  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  2G0G5,  n"  3647. 

5.  L'existence  et  le  rolc  du  b;Uard  de  Douville  et  du  Borgne  de  Noce  en  1436 
et  1438  viennent  d'être  récemment  signalés  dans  une  étude  de  M.  le  vicomte 
Louis  Bioult  de  Neuville,  parue  au  cours  de  l'impression  de  ce  travail.  {De  la 
résistance  à  l'occupation  anglaise  dans  le  pays  de  Lisieux  de  1424  à  1444, 
p.  16  et  21.  —  Bulletin  de  la  Société  des  Ant.  de  Normandie,  t.  .\VI,  1893.) 

6.  La  fonU  rÉv<^([ue,  dont  la  superdcie  actuelle  ne  parait  pas  très  étendue, 
est  située  à  droite  de  la  Soulcuvrc,  alllucnl  de  la  Vire,  en  bordure  de  la  roule 
d'Avranches  à  Caen  jtar  Villedieu  et  Villers-Bocage. 

7.  Pour  les  faits  qui  suivent,  rémission  pour  Colin  Le  Vaillant,  écuyer,  de 


DANS  LA  DAUTE  NORMANDIE.  295 

Le  Parc*  est  cette  résidence  fortifiée  des  évêques  d'Avranches, 
sur  le  chemin  d'Avranches  à  Villedieu,  que  les  comptes  de  Nor- 
mandie mentionnent  pendant  une  certaine  période  comme  régu- 
lièrement armée,  et  qu'on  ne  voit  pas  sans  surprise,  à  ce  moment 
même,  entre  les  mains  d'un  parti  français  2.  Mausson^est  cette 
forteresse,  sentinelle  perdue  des  dernières  places  du  Maine,  près 
du  point  de  trisection  des  frontières  normandes,  bretonnes  et 
raancelles,  qui  marquera  bientôt  le  dernier  jalon  du  territoire 
national^.  Elle  se  plante  au  coin  le  plus  avancé  de  la  chaîne  de 
lieux  forts  :  Montaudin^  la  Gravelle^  et  Craon',  qui  garderont 
toujours,  tout  contre  les  marches  de  Bretagne,  une  mince  bande 
de  terre  française,  même  au  fort  de  l'invasion  du  Maine^,  et  dont 
elle  fixe  ainsi  l'échelon  extrême  et  le  plus  aventuré.  C'est  par 
cette  étroite  lisière,  long  chemin  couvert  abrité  du  côté  breton, 
que  les  hardis  commandants  des  dernières  places  du  Loir  et  de 
la  Sarthe  filent  avec  leur  cavalerie  vers  la  basse  marche  de  Nor- 
mandie, comme  on  le  constate  si  souvent  depuis  1428,  pour 
mener  ces  courses  aventureuses,  ces  raids  étonnants  d'audace 
poussés  jusque  sous  les  murs  d'Avranches  et  de  Saint-Lô^.  Maus- 

Ferrière  -  Hareng ,  pour  faits  de  complicité.  Doc.  en  date  de  mars  1425  : 
faits  remontant  à  l'époque  de  la  bataille  de  Verneuil  (17  août  1424).  Arch.  nat., 
JJ  173,  n»  115. 

1.  Le  Parc-I'Évêque,  sur  le  territoire  de  Sainte-Pience  (Manche,  cant.  de  la 
Haye-Pesnel). 

2.  Sur  le  Parc-l'Évêque,  voir  ci-dessous,  Annexe  3. 

3.  Mausson,  sur  la  Futaie,  branche  occidentale  de  l'Airon,  affluent  de  la 
Sélune,  très  près  de  la  lisière  de  Bretagne,  marquée  par  la  Glaine,  branche 
orientale  de  l'Airon,  et  de  celle  de  Normandie,  marquée  par  un  cours  d'eau, 
affluent  de  l'Airon,  qui  passe  près  de  l'abbaye  fortifiée  de  Savigny,  théâtre 
d'importants  faits  de  guerre  en  1434.  Le  lieu  où  s'élevait  Mausson,  encore  dési- 
gné sur  les  cartes  de  Cassini,  est  actuellement  compris  dans  le  territoire  com- 
munal de  Landivy  (Mayenne,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Mayenne).  Voir  Léon  Maître, 
Dictionnaire  topographique  du  département  de  la  Mayenne. 

4.  Sur  Mausson,  voir  Annexe  3. 

5.  Montaudin,  un  peu  plus  au  sud,  sur  la  route  de  Laval  par  Ercée  (Mayenne, 
cant.  de  Landivy). 

6.  La  Gravelle,  le  lieu  de  la  rencontre  célèbre  du  26  septembre  1423  (Mayenne, 
cant.  de  Loiron). 

7.  Craon,  sur  l'Oudon  (Mayenne,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Château-Gonlier). 

8.  Sur  ces  trois  places,  voir  Annexe  3. 

9.  Ch.  Le  Breton,  l'Avranchin  pendant  la  guerre  de  Cent  ans,  ch.  ix 
[Mém.  de  la  Soc.  des  Ant.  de  Normandie,  t.  XXX,  1880).  —  Annexe  3,  ci- 
dessous,  pour  la  reprise  du  Parc.  —  Siméon  Luce,  Cfiron.  du  Mont-Saint- 


296  LA   GUERRE   DE   PARTISANS 

son,  en  1424,  est  occupé  par  une  garnison  entreprenante.  Une 
centaine  d'hommes,  détachés  de  la  place  et  de  celle  du  Parc,  se 
trouvent  en  août,  au  moment  de  l'anxieuse  attente  de  la  rencontre 
qui  se  prépare  sur  la  lisière  du  Perche,  rassemblés  avec  les  par- 
tisans dans  la  forêt  l'Évêque,  exposés  en  pleine  Normandie  entre 
les  deux  villes  fortes  de  Vire  et  de  Bayeux^  On  les  voit  concer- 
ter avec  les  irréguliers  du  pays  l'escalade  prochaine  de  l'abbaye 
de  Torigny^,  sur  le  chemin  de  Saint-Lô^  Ils  ont  avec  eux  des 
échelles  de  siège  et  se  font  renseigner  par  un  vieux  gentilhomme 
du  pays,  du  village  voisin  de  Ferrière-Hareng^  sur  les  nouvelles 

Michel,  t.  I,  p.  272,  n.  1,  et  Pièces  justif.,  a"  94,  95,  175,  205.  -  Arch.  nat., 
JJ  173,  n»  695. 

1.  «  ...  Ainsi  que  sa  demeure  soit  et  habite  en  pays  et  contrée  de  bois  et 
forests,  comme  à  la  forest  l'Évesque  et  autres  bois  de  la  viconté  de  Bayeux, 
csquelz  bois  les  brigands  et  nos  ennemis  ont  fréquenté  souventes  fois,...  et  tant 
que  nagaires,  environ  le  temps  que  la  bataille  fut  falote  à  Verneuil,...  vlndrent  à 
son  hostel,  de  nuyt,  plusieurs  brigans  et  nos  ennemis  lesquels  par  contralncle 
le  menèrent  de  fait  en  un  bois  assez  près  de  sa  maison,  ouquel  avolt  de  lx  à 
iiii'^'^  hommes  armez  des  forteresses  du  Parc  et  de  Mauson  nos  adversaires,  et, 
luy  ylec  arrivé,...  le  firent  jurer  qu'il  dlroit  vérité  en  lui  demandant  s'il  savoit 
aucune  chose  de  nouvel,  qui  leur  dit  qu'il  avolt  oy  dire  que  nosdis  ennemis 
avoient  esté  desconfiz  à  Vernuel,  dont  ils  furent  très  courrouciez.  Et  après  ce 
sciournerent  longuement  esdls  bois,...  et  le  contraignirent  à  leur  montrer  le 
chemin  et  les  mener  à  Thorigny  et  tout  de  nuyt...  »  Arch.  nat.,  JJ  173,  n'  115. 

2.  Torigny-sur-Vire,  aux  deux  tiers  environ  de  la  route  de  Vire  à  Salnt-Lô 
(Manche,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Saint-Lô). 

3.  Torigny,  qui  en  1417  avait  donné  lieu  à  un  siège  (Arch.  nat.,  JJ  173,  n»  71), 
est  mentionné  comme  armé  en  octobre  1419.  (Rôles  nonn.  et  franc.,  n"  675, 
1359.)  On  voit  la  place  munie  d'une  garnison  française  en  septembre  1433. 
{Chron.  du  Mont-Haint-Michel,  t.  II,  n"  144.)  En  1437,  un  parti  français  entré 
par  l'Avranchin  enlève  les  halles  fortifiées  de  la  ville.  (Ibid.,  n°  202.)  Il  y  avait 
d'ailleurs  de  nombreux  partisans  dans  la  région,  à  cette  époque  même.  (Bibl. 
nat.,  ms.  fr.  26063,  n"  3326.)  Lors  de  la  reconquête,  Torigny  capitule  entre  le 
15  et  le  29  septembre  1449.  (Chron.  du  Mont-Saint-Michel,  éd.  Slméon  Luce, 
t.  I,  p.  49)  —  La  terre  de  Torigny,  confisquée  sur  Olivier  de  Mauny,  avait 
été  concédée,  par  lettres  du  5  mai  1418,  ;\  John  Popham,  premier  bailli  anglais 
de  Caen.  (Rôles  norm.  et  franc.,  n°'  132,  cf.  n"  804.)  —  L'abbaye  bénédictine 
de  Torigny,  au  diocèse  de  Bayeux,  était  alors  gouvernée  par  l'abbé  Nicolas, 
qu'on  voit  en  charge  en  1415  ft  en  1451,  et  sur  la  vie  duquel  on  ne  semble 
guère  connaître  de  détails.  (Gall.  christ.,  t.  XI,  col.  456-458.)  —  Torigny  est  sur 
le  chemin  de  Vire  à  Saint-Gilles,  le  célèbre  pèlerinage  voisin  de  Salnt-Lô 
(Manche,  cant.  de  Marigny),  fréquenté,  comme  l'on  sait,  par  Olivier  Bassclin, 
Jeun  Uoschicr  et  les  patriotes  du  Val-dc-Vire,  comme  un  moyen  d'incessantes 
relations  avec  la  foule.  C'est  cette  particularité  qui  a  engagé  à  réunir  ces  notes 
incomplètes  sur  ce  lieu. 

4.  Ferrière-IIareng,  Calvados,  cant.  de  Bény-Bocage. 


DANS   LA   HAUTE   NORMAiNDIE.  297 

de  l'armée.  Des  fuyards  ont  appris  que  le  grand  choc  est  déjà 
commencé,  que  la  bataille  qui  se  livre  à  vingt-cinq  lieues  de  là 
est  engagée  à  fond.  Mais  nul  n'en  sait  encore  l'issue,  et,  fiévreu- 
sement, soldats  et  partisans  en  attendent  le  résultat,  qui  va  vio- 
lemment annuler  leurs  plans  et  leur  espoir. 

On  se  souvient  de  l'heureux  coup  de  main  risqué  par  la  gar- 
nison française  de  Dreux,  en  1421,  contre  l'abbaye  fortifiée  du 
Bec-Hellouin.  Deux  ans  auparavant,  l'enlèvement  de  Saint-Mar- 
tin-le-Gaillard,  dans  le  pays  de  Caux,  dû  à  quelque  parti  sorti 
des  lisières  de  la  Picardie  et  du  pays  de  Bray,  avait  donné 
l'exemple.  Le  chef-d'œuvre  du  genre  aurait  été  certainement, 
s'il  fallait  adopter  la  version  acquise,  le  projet  de  marche  ima- 
giné sur  Dangu  par  les  capitaines  manceaux,  à  la  fin  de  1424. 
S'il  faut  désormais  rayer  de  la  réalité  cette  entreprise,  pourtant 
digne  de  leur  courage,  la  course  en  Normandie,  dirigée  en  août 
1422  par  Jean  d'Harcourt,  comte  d'Aumale,  parti  des  alentours  du 
Mans,  n'en  reste  pas  moins  le  type  de  ces  entreprises  audacieuses, 
où  des  corps  de  cavalerie  régulière,  passant  par  les  forêts  et  les 
chemins  détournés,  s'appuient  sur  les  partisans  qui  les  guident  et 
grossissent  leur  masse  au  passage.  Les  frontières  du  Maine  et  le 
Pays  Chartrain  ofirent  sous  ce  rapport  une  réserve  inépuisable 
d'initiatives  aventureuses  ^ 

La  compagnie  de  Jean  Havage,  qui  hante  en  1425  les  bois 
entre  Laigle  et  Verneuil,  vers  Dampierre-sur-Avre  ^  dispose  de 
moyens  suffisants  pour  faire  parvenir  jusqu'à  Fécamp  un  message 
de  reconnaissance,  peut-être  un  signe  conventionnel,  au  chirur- 
gien de  campagne  qui  a  guéri  son  chef  blessé  dans  un  combat^. 
Bien  plus  avant  encore  en  Normandie,  la  même  année,  Pierre 
LeBigourdais,  le  redoutable  compagnon  de  guerre  qui  tient  depuis 
sept  ans  les  bois  de  Saint-Didier'*,  près  d'EIbeuf,  relâché  après  cap- 
ture et  courant  en  liberté  la  campagne,  fait  aller  et  venir  des  émis- 
saires de  Louviers  à  Vendôme.  Dans  Vendôme,  à  plus  de  trente 
lieues  du  pays  ennemi,  le  chef  de  bandes  entretient  des  relations 
avec  les  Français  de  la  place^.  11  en  reçoit  des  communications, 

1.  On  ne  revient  pas  ici  sur  ces  faits,  qui  ont  été  exposés  ci-dessus. 

2.  Danipierre-sur-Avre,  Eure-et-Loir,  cant.  de  Brezolles. 

3.  Rémission  pour  Chardot  Honfroy,  cliirurgien-barbier,  de  Breteuii,  pour  faits 
de  complicité.  Doc.  en  date  de  juillet  1425  :  faits  remontant  à  Pâques  (8  avril). 
Arch.  nat.,  JJ  173,  n°  201. 

4.  Saint-Didicr-des-Bois,  Eure,  cant.  d'Amfrevillc-la-Campagne. 

5.  Vendôme,  avec  Châteaudun,  plus  avant  encore  dans  la  vallée  du  Loir, 


298  LA  GDERRE   DE   PARTISANS 

des  signaux,  de  l'argent,  qui  lui  parviennent  jusque  dans  sa 

demeura  toujours  ville  française.  Quelques  Parisiens  y  entretenaient  néanmoins 
des  relations.  (Arch.  nat.,  JJ  173,  n'  575.)  —  Vendôme  avait  été  l'objet  d'une 
démonstration  inquiétante  de  la  part  de  Henry  V  en  personne  vers  la  fln  d'août 
1421,  après  la  chute  de  Dreux  (Vallet  de  Virivilie,  Hist.  de  Charles  VII,  t.  I, 
p.  275-276),  et  depuis  avait  vu  reparaître,  en  1422,  une  armée  anglaise  comman- 
dée par  le  comte  de  Salisbury.  (Geste  des  nobles,  éd.  V.  de  Virivilie,  p.  190.) 
Coupée  d'Orléans  par  la  perle  de  Marcheuoir,  forteresse  enlevée  par  les  Anglo- 
Bourguignons  à  la  fin  de  1423  (voir  ci-dessous),  la  place  de  Vendôme  n'était  pas 
encore,  à  cette  époque  de  1425,  menacée  de  front  par  la  perte  de  la  Chartre-sur- 
Loir,  de  Saint-Calais  et  de  Savigny-sur-Braye,  conquis  par  l'armée  anglaise  du 
Maine  seulement  dans  l'hiver  de  1425-1426  {Raoulet,  éd.  V.  de  Virivilie,  t.  III, 
p.  190  ;  Grafton's  Chronicle,  éd.  Ellis,  Londres,  1809,  t.  I,  p.  559),  ni  presque 
complètement  cernée,  comme  elle  le  fut  depuis  la  prise  de  Montdoubleau,  effec- 
tuée en  septembre  1426  par  l'armée  anglaise  du  Vendômois,  encore  conduite 
par  Salisbury.  (Documents  cités  par  M.  de  Beaucourt,  Hist,  de  Charles  VII, 
t.  II,  p.  24,  n.  6.)  —  A  ce  moment,  pendant  un  an  (1426-1427),  Vendôme  ne 
communiquait  plus  qu'avec  Châteaudun,  qui,  par  les  bicoques  de  Beauce,  con- 
servait encore  sa  route  libre  vers  Orléans  et  la  ligne  de  la  Loire.  C'est  en  mai 
1427  que  se  prononça  la  plus  sérieuse  menace  dirigée  contre  la  place.  L'armée 
anglaise  des  comtes  de  Warwick  et  de  Suffolk,  qui  vint,  comme  on  sait,  assié- 
ger en  vain  Montargis,  était  en  effet  destinée  à  opérer  auparavant  contre  Ven- 
dôme. Mais  les  colonnes  d'invasion  ne  semblent  pas  s'être  montrées  en  vue  et 
paraissent  avoir  été  directement  dirigées  de  Verneuil,  où  avait  lieu  leur  con- 
centration, sur  Montargis  et  le  Câlinais,  où  elles  devaient  être  si  rudement  mal- 
traitées. La  date  du  26  mai,  souvent  assignée  comme  correspondant  au  siège  mis 
devant  Vendôme  (Longnon,  les  Limites  de  la  France,  p.  42  ;  —  de  Beaucourt, 
IHst.  de  Charles  VU,  t.  II,  p.  27;  —  L.  Jarry,  le  Compte  de  l'armée  anglaise, 
ch.  v),  ne  peut  s'appliquer  qu'à  l'ordre  de  préparation  d'un  convoi,  concentré 
à  Évreux  et  expédié  ensuite  jusqu'à  Verneuil  seulement,  lieu  qu'il  ne  dépasse 
pas.  En  tout  cas,  on  ne  peut  conclure  que  celte  démonstration  ait  amené  une 
occupation  même  temporaire  de  Vendôme  par  les  forces  anglaises.  (Voir  sur  la 
préparation  de  ce  siège  de  Vendôme  le  très  exact  chapitre  de  l'élude  récente  de 
M"'  Amicie  de  Villaret,  Campagnes  des  Anglais  dans  VOrléanais,  la  Beauce 
chartraine  et  le  Gâtinais  (1421-1428).  Orléans,  1893,  p.  7-8,  10-16,  22-23,  et 
Pièces  justif.,  n°'  1  et  4.)  —  En  juillet  1427,  les  abords  de  la  place  de  Vendôme 
étaient  d'ailleurs  entièrement  nettoyés,  et  la  garnison  française,  sous  Renaud- 
Guilhcm  de  Vignolcs,  l'un  des  frères  de  La  Ilire,  opérait  librement  des  courses 
contre  les  Anglais  de  la  Charlre-sur-Loir.  (Abbé  Bourrasse,  les  Miracles  de 
Madayne  sainte  Katherine  de  Fierboijs  en  Touraine,  p.  11-14.)  La  réoccupation 
passagère  de  Marchenoir  par  les  Français  (voir  ci-dessous),  et  la  reprise,  qui 
parait  définitive,  de  Montdoubleau,  o|)ôr6es  toutes  deux  dans  les  derniers  jours 
d'août  ou  l(ïs  premiers  de  septembre  (Documents  cités  par  M.  de  Beaucourt, 
Hist.  de  Charles  VII,  t.  II,  p.  291,  n.  2),  assurent  alors  pour  quelque  temps  le 
dégagement  de  Vendôme.  —  A  la  suite  de  la  campagne  préparatoire  au  siège 
d'Orléans,  menée  par  Salisbury  dans  l'été  de  1428,  Vendôme  se  trouve  plus 
élroilement  pressé  que  jamais  par  suite  de  la  perte  nouvelle  de  Marchenoir, 


DiNS  LA   HADTE   NORMANDIE.  299 

retraite,  presque  à  la  vue  des  remparts  convoités  de  Rouen*. 
De  la  forêt  de  Lyons ,  de  cette  région  légendaire  qui  sert  de 
forteresse  naturelle  aux  partisans  du  Yexin,  les  compagnies 
solides  et  bien  armées  qui  s'y  maintiennent,  avec  l'énergie  dont  on 
a  saisi  tant  de  preuves  sur  le  fait,  communiquent  avec  les  places 
françaises  des  bords  de  la  Loire.  Dans  le  cours  de  l'an  1427,  l'un 
de  ces  groupes  d'irréguliers  a  mis  la  main  sur  un  prisonnier  de 
marque.  C'est  un  sergent  de  la  châtellenie  de  Lyons  S  Robinet  Le 
Doyen,  dont  la  capture  a  été  relatée  en  son  lieu.  Sorte  d'otage 
fructueux  et  productif,  dont  Pierre  Le  Bigourdais  gardait  aussi 
précieusement  un  représentant  dans  les  bois  d'entre  Louviers  et 
Elbeuf,  comme  garantie  de  sa  tête  mise  à  prix  3.  Les  Vexinois, 
comme  leurs  compagnons  du  pays  de  Bray,  qu'on  vient  de  voir 
convoyer  leurs  captifs,  en  1424,  jusqu'au  château  d'Ivry,  tiennent 
à  préserver  soigneusement  ce  dépôt,  qui  vaut  une  fortune.  C'est 
à  Beaugency^  sur  la  Loire,  à  cinquante  lieues  des  bois  qui  leur 
servent  d'abri,  que  les  partisans  expédient  le  sergent  de  la  châ- 
tellenie de  Lyons.  Par  quelles  étapes,  par  quels  chemins  couverts 
gagnent-ils  ainsi  cette  place  du  val  de  Loire  qui  va  bientôt  tom- 
ber aux  mains  des  assiégeants  d'Orléans^?  Il  serait  aventuré  de 

conquise  avant  le  21  septembre  (voir  ci-dessous),  et  de  la  chute  de  Beaugency 
le  25  septembre  (voir  ci-dessous).  Deux  petites  places  situées  entre  Vendôme  et 
Châteaudun,  Montigny-le-Ganelon,  sur  le  Loir,  et  la  Ferté-Villeneuil,  sur  l'Aigre 
(Eure-et-Loir,  cant.  de  Cloyes),  encore  occupées  pair  des  combattants  français, 
sont  même  enlevées,  à  cette  époque,  par  des  colonnes  de  l'armée  de  Salisbury, 
avant  le  5  septembre.  (Jules  Delpit,  Documents  français  en  Angleterre,  p.  236- 
237,  rectifié  dans  Longnon,  les  Limites  de  la  France,  p.  44,  n.  1.)  Vendôme  et 
Châteaudun  sont  alors  entièrement  cernés  jusqu'aux  événements  de  mai  1429, 
qui  libèrent  définitivement  ces  deux  capitales  positions. 

1.  Rémission  pour  Guillaume  Ravenier,  cultivateur,  de  Louviers,  pour  faits  de 
complicité.  Doc.  en  date  de  février  1426  :  faits  remontant  à  la  rai-novembre.  Arch. 
nat.,  JJ  173,  n"  355. 

2.  Lyons-la-Forét,  Eure,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  des  Andelys. 

3.  Voir  ci-dessus  :  Sur  la  Seine. 

4.  Beaugency,  Loiret,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  d'Orléans. 

5.  Beaugency,  menacé,  ou  même  occupé  quelque  temps  par  Henri  V  après  la 
prise  de  Dreux,  en  septembre  1421,  et  redevenu  français  immédiatement  après 
(Vallet  de  Virivillc,  Hist.  de  Charles  VU,  t.  I,  p.  276),  capitule  le  25  septembre 
1428  entre  les  mains  de  Salisbury.  (Extrait  d'un  registre  des  minutes  de  Michel 
de  Berry,  à  la  suite  de  Chartier,  éd.  V.  de  Viriville,  t.  III,  p.  208-209.)  La  ville 
redevient  fran(;aise  dans  la  matinée  du  18  juin  1429,  quelques  heures  avant  la 
rencontre  de  Pafay.  (Wallon,  Jeanne  d'Arc,  t.  I,  p.  201,  et  de  Beaucourl,  Hist. 
de  Charles  VII,  t.  II,  p.  220.) 


300  LA   GUERRE   DE   PARTISANS 

vouloir  le  préjuger^  :  le  fait,  indéniable  dans  sa  réalité,  rencontré 
au  hasard  d'une  allusion  dans  un  texte  désintéressé,  sans  nulle 
prétention  de  chronique,  n'en  subsiste  pas  moins  avec  toutes 
ses  conséquences  et  dans  toute  sa  portée  ^ 

Un  regard  encore  sur  l'origine  du  rassemblement  de  partisans 
qui  prononce  sur  la  Roche-Guyon^,  en  mai  1428,  l'attaque 
désespérée  dont  on  a  suivi  le  récit.  Ce  petit  parti,  ainsi  aventuré 
au  pied  de  l'inaccessible  réduit,  a  pour  guide,  on  s'en  souvient, 
un  habitant  du  pays,  un  Parisien,  ancien  commis  de  marchand 
rentré  dans  son  village  natal,  à  Sainte-Geneviève-lez-Gasny, 
dans  la  vallée  de  l'Epte,  sur  le  revers  des  pentes  qui  portent 
la  forteresse^. 

Or,  la  troupe  qu'il  pilote  jusqu'à  la  berge  de  la  Seine,  sous 
les  escarpements  du  donjon,  sort  de  la  place  de  Nogent-le-Roi, 
dans  la  moyenne  vallée  de  l'Eure,  entre  Dreux  et  Chartres.  Ce 
point  précieux  du  passage  de  l'Eure  a  été  enlevé,  l'automne  pré- 

1.  A  partir  des  derniers  jours  d'août  ou  des  premiers  jours  de  septembre 
1427,  la  réoccupatioii  passagère  de  Marcheiioir,  place  située  entre  Beaugency  et 
Vendôme  (Loir-cl-Clier,  ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Blois),  enlevée  par  les  Français 
au  moment  de  la  délivrance  de  Monlargis  {Geste  des  nobles,  éd.  V.  de  Viriville, 
p.  202  ;  date  exacte  dans  de  Beaucourt,  Uist.  de  Charles  Vil,  t.  II,  p.  29,  a'  2), 
dégage  considérablement  les  approches  de  Beaugency  vers  le  Dunois  et  le  Pays 
Chartrain.  —  Marchenoir,  commandé  par  Pierre  de  Téligny  et  Jean  Roseilles, 
avait  été  conquis  pour  la  première  fois  par  les  Anglais  dans  les  dernières 
semaines  de  1423.  {Fragment  relatif  aux  dommages  causes  par  les  Bourgiù- 
gnons  sur  les  terres  du  duc  d'Orléans  en  1422  et  1423,  à  la  suite  de  la  Chron. 
de  la  Pucelle,  éd.  V.  de  Viriville,  p.  473.  —  Cf.  Arch,  nat.,  JJ  173,  n»'  69, 
132  :  la  place  anglo-bourguignonne  en  janvier-avril  1425,  sous  le  commandement 
de  Jean  des  Mazis,  personnage  marquant  du  parti  bourguignon  dans  la  région 
chartraine;  cf.  aussi  fragment  cité,  p.  472,  la  place  encore  anglaise  en  avril 
1426.)  —  Marchenoir,  après  avoir  été  réoccupé  quelques  mois  par  les  Français 
en  1427-1428,  comme  on  vient  de  le  voir,  fut  repris  par  Salisbury  dans  sa  cam- 
pagne d'ai)proche  d'Orléans  à  la  lin  de  l'été  de  1428,  un  peu  avant  Beaugency, 
et  au  moins  à  la  date  du  21  septembre.  {Chron.  de  la  Pucelle,  éd.  V.  de  Vi- 
riville, p.  258,  et  L.  Jarry,  le  Compte  de  l'armée  anglaise,  ch.  v,  p.  82.)  —  La 
place  redevient  définitivement  française  en  juin  1429,  quelques  jours  après  la 
rencontre  du  18  à  Patay.  {Chron.  de  la  Pucelle,  p.  309.) 

2.  Rémission  pour  Robinet  Le  Doyen,  natif  de  la  forêt  de  Lyons,  sergent  de 
la  chiltellenic  de  Lyons,  emmené  prisonnier  A  Beaugency  on  1427,  puis  délivré 
moyennant  rançon.  Doc.  en  date  du  2G  décembre  1431  :  faits  remontant  à  l'an- 
née 1427.  Arch.  nat.,  JJ  175,  n"  57. 

3.  La  Roclie-Guyon,  sur  la  rive  droite  de  la  Seine,  au  sommet  de  la  longue  boucle 
qui  s'étend  entre  Mantes  et  Vcrnon  (Scine-ct-Oise,  cant.  de  Magny-cn-Vexin). 

4.  Sainte-Geneviève-lez-Gasny,  Eure,  cant.  d'Ecos. 


DANS  LA  HAUTE  NORMANDIE.  301 

cèdent,  dans  le  retour  éphémère  de  fortune  qui  a  suivi  le  dèblo- 
quement  de  Montargis,  par  le  Français  Gèraud  de  la  Pallière, 
l'ancien  «  eschielleur  »  d'Ivry,  coureur  consommé  des  marches 
de  Beauce.  Nogent-le-Roi*  vient  de  tomber  entre  ses  mains, 
avec  Châteauneuf-en-Thimerais^  de  l'autre  côté  de  l'Eure,  sur 
la  route  de  Verneuil,  avec,  bien  plus  avant  vers  le  sud  de  Paris, 
Rochefort-en- Yveline ^  Bretencourt^  et  très  probablement  Ram- 
bouillet ^,  dans  ce  fugitif  et  décevant  rappel  de  chance  que  marque 
l'automne  de  1427,  à  l'heure  du  succès  sans  lendemain  remporté 
devant  les  fossés  de  Montargis  ^. 

De  Nogent-le-Roi  jusqu'à  la  Roche-Guyon,  l'entreprenante 
compagnie  se  dissimule  pendant  plus  de  quinze  lieues.  Elle  fait 
route  par  les  plateaux  déserts  que  raye  la  Vesgre,  par  les  bois  de 
Villiers-en-Désœuvre'  et  de  BrévaP  :  c'est  le  pays  où  règne 
Pierre  Le  Bascon,  le  partisan  qu'on  a  vu  à  l'œuvre  dans  ce  dis- 
trict peu  gardé^.  Un  des  hommes  déterminés  qui  la  composent, 
partisan  d'occasion,  marchand  à  Paris  de  son  métier,  sort  de  la 
garnison  de  Montpipeau*",  bicoque  orléanaise  voisine  de  Beau- 

1.  Nogent-le-Roi,  Eure-et-Loir,  ch.-I.  de  caat.,  arr.  de  Dreux. 

2.  Ciiàteauneuf-en-Thimerais,  au  centre  du  petit  pays  de  ce  nom,  lisière  étroite 
entre  les  vallées  parallèles  de  l'Avre  et  du  haut  cours  de  l'Eure  (Eure-et-Loir, 
ch.-l.  de  cant.,  arr.  de  Dreux). 

3.  Rochefort-en-Yveline,  sur  l'une  des  rivières  qui  vont  courir  à  l'Orge,  dans 
la  région  de  la  forêt  de  Rambouillet  (Seine-et-Oise,  cant.  de  Dourdan). 

4.  La  place  nommée  «  Béthencourt,  Berthencourt,  »  dans  les  deux  seules  chro- 
niques qui  la  mentionnent  {Geste  des  nobles,  Chron.  de  la  Pucelle,  éd.  V.  de 
Yiriville,  p.  202  et  256),  «  Brutecourt  »  dans  la  lettre  de  Salisbury  à  la  commune 
de  Londres  (Delpit,  Documents  français  en  Angleterre,  p.  237),  et  restée  long- 
temps inconnue,  est  en  réalité  Bretencourt,  aux  sources  de  l'Orge,  à  la  naissance 
du  plateau  de  Beauce  (actuellement  fraction  de  la  comm.  de  Saint-Martin-de- 
Bretencourt,  Seine-et-Oise,  cant.  de  Dourdan).  Cette  identification  a  été  déter- 
minée d'une  façon  détinitive  par  M.  Longnon  [les  Limites  de  la  France,  p.  43 
et  44).  Bretencourt  se  trouve  ainsi,  bien  plus  avant  que  Rochefort-en-Yveline, 
la  plus  exposée  des  positions  occupées  à  cet  instant  par  les  forces  françaises. 

5.  Rambouillet  se  trouve  en  somme  entre  Nogent-le-Roi  et  Rochefort-en- 
Yveline,  à  cinq  lieues  à  peine  de  la  ligne  de  lEure,  occupée,  comme  il  est 
hors  de  doute,  par  Géraud  de  la  Pallière. 

6.  Sur  ces  cinq  places,  Nogent,  Chàteauneuf,  Rochefort,  Bretencourt  et  Ram- 
bouillet, voir  ci-dessous,  Annexe  5. 

7.  Villiers-en-Désœuvre,  Eure,  cant.  de  Pacy-sur-Eure. 

8.  Bréval,  Seine-et-Oise,  cant.  de  Bonnières. 

9.  Voir  ci-dessus  :  le  Vexin. 

10.  Le  château  de  Montpipeau,  non  loin  de  la  Mauve,  petit  affluent  de  droite 
de  la  Loire,  au-dessous  d'Orléans  (Loiret,  cant.  de  Meung,  comm.  d'Huisseau- 
sur-Mauve). 


302  LA   GUERRE   DE   PARTISANS 

gency*.  La  surprise  reste  sans  effet,  comme  on  sait.  Mais  trois 
compagnons  de  guerre,  le  marchand  parisien,  le  guide  et  un  sol- 
dat gascon,  au  lieu  de  battre  en  retraite  vers  leur  point  de  départ, 
continuent  leur  marche  en  avant.  Ils  réussissent  à  passer  la  Seine, 
abordent  sous  la  falaise  abrupte  en  surplomb  de  la  rivière,  tra- 
versent en  armes  tout  le  Vexin,  toute  la  Picardie,  atteignent  les 
Flandres.  L'un  d'entre  eux,  au  moins,  parti  du  val  de  la  Loire, 
va  gagner  pour  un  temps  la  protection  lointaine  du  sûr  asile  de 
Bruges  2. 

Vers  la  même  époque,  les  partisans  qui  hantent  la  lisière  du 
Perche,  entre  Verneuil  et  Châteauneuf-en-Thimerais,  imaginent 
un  audacieux  projet,  qui  rappelle  étrangement  tel  épisode  de  plus 
modernes  guerres,  dont  un  des  conteurs  les  plus  puissants  et  les 
plus  originaux  de  notre  temps  a  gravé  dans  toute  mémoire  l'épique 
et  incomparable  récit  ^. 

Il  ne  s'agit  de  rien  moins  que  de  l'enlèvement  des  prisonniers 
français  de  la  prison  de  Verneuil  S  plan  concerté  entre  deux  chefs 
de  bandes  des  alentours  et  une  cinquantaine  d'hommes  appelés 
d'une  garnison  voisine,  très  probablement  Chàteauneuf,  pendant 
la  courte  occupation  de  cette  forteresse  qui  vient  d'être  signalée^ 

1.  Montpipeau,  français  jusque-là,  capitule  devant  Salisbury,  au  cours  de  la 
campagne  d'été  de  1429.  [Chron.  de  la  Pucelle,  éd.  V.  de  Viriville,  p.  257.) 

2.  Rémissions  pour  Jean  Le  Chéron,  marchand  de  Paris,  ayant  pris  du  service 
dans  la  troupe  française,  et  Perrin  Musart,  commis  de  marchand,  de  Sainte- 
Geneviève-lez-Gasny,  partisan.  Doc.  en  date  d'octobre  1428  :  faits  remontant  au 
mois  de  mai  ou  juin.  Longnon,  Paris  sous  la  domination  anglaise,  n"  139,  et 
Arch.  nat.,  JJ  173,  n"  253. 

3.  Sans  rechercher  en  rien,  au  cours  de  cette  étude,  de  trop  faciles  compa- 
raisons, il  est  impossible  de  ne  pas  être  vivement  frappé  des  analogies  que 
présente  cet  épisode,  —  l'échec  final  à  part,  —  avec  l'événement  qui  a  servi  de 
fonds  à  l'une  des  œuvres  les  plus  saisissantes  de  la  littérature  contemporaine. 
Tous  les  caractères  d'indiscutable  vérité  historique  du  récit  de  Barbey  d'Aure- 
villy, la  réalité  de  la  double  attaque  de  la  prison  d'Avranches,  puis  de  la  pri- 
son de  Coutances,  par  les  seize  compagnons  de  Jacques  Destouches  de  la  Fres- 
naye,  le  11  janvier  1799,  ont  été  définitivement  établis,  en  dernier  ressort, 
par  M.  de  la  Sicotière,  dans  sa  magistrale  étude  sur  les  Insurrections  nor- 
mandes (t.  II,  liv.  6,  p.  251-258). 

4.  Une  curieuse  description  de  la  prison  de  Verneuil  et  de  ses  défenses  à 
cette  époque  est  donnée  dans  un  texte  qui  relate  une  évasion  individuelle, 
accomplie  sans  secours  extérieur,  quoique  temps  auparavant.  (Abbé  Bourrasse, 
les  Miracles  de  M""  sainte  Katherine  de  Fierboys,  p.  7-8.) 

5.  Tous  les  détails  qui  suivent  sont  scrupuleusement  extraits  des  lettres  de 
rémission  délivrées  à  l'une  des  complices,  Jeanne,  femme  de  Godefroy  Deles- 
pine,  Agée  de  trente-cinq  ans,  de  Verneuil.  Doc.  en  date  du  17  janvier  1429  : 


DANS   LA    HAUTE    NORMANDIE.  303 

Verneuil  est  alors  commandé  par  John  Falstafff,  l'intrépide 
meneur  d'hommes,  le  conducteur  éprouvé  de  tant  de  campagnes, 
le  chef  de  guerre  aussi  vaillant  qu'avisé,  dont  une  légende  sans 
source  a  si  étrangement  dénaturé  la  figure,  la  plus  martiale,  avec 
celle  de  Talbot  son  rival,  que  puisse  alors  faire  surgir  l'Angle- 
terre. 

Présent  ou  absent,  Falstaff  a  dû  mettre  sa  marque  sur  l'orga- 
nisation du  service  de  garde,  et  le  château,  sous  sa  responsabilité, 
ne  peut  être  demeuré  qu'en  mains  sûres ^  Cependant,  un  complot 
s'ourdit,  de  concert  entre  quelques  habitants  de  Verneuil  et  les 
partisans  d'alentour,  que  n'effrayent  ni  les  dangers  ni  les  risques. 
L'époque  en  paraît  malheureusement  difficile  à  préciser,  mais 
semble  néanmoins  se  rapporter  au  milieu  de  l'an  1428,  à  l'instant 
où  les  places  de  la  Beauce  et  de  l'Orléanais  sont  toutes  intactes, 
où  les  forteresses  éparses,  enlevées  l'été  précédent  sur  les  lisières 
du  Perche  et  du  pays  chartrain,  se  trouvent  encore  aux  mains 
du  parti  français  3. 

Une  aventure  passionnelle  a  provoqué  la  périlleuse  entreprise. 
La  «  chambrière  »  du  geôlier  anglais  de  Verneuil,  Jeanne  Dela- 
mare,  Normande  des  environs  immédiats  de  Rouen  ^  aimait 

aucune  allusion  à  l'époque  récente  ou  ancienne  des  faits.  Arch.  nat.,  JJ  174, 
n°  262. 

1.  Falstaff  ne  se  rencontre  avec  certitude  absolue,  comme  capitaine  de  Ver- 
neuil, qu'à  partir  du  terme  du  28  septembre  1428  (De  Beaurepaire,  De  l'admi- 
nistration de  la  Normandie),  fonctions  qu'il  cumule  du  reste,  au  moins  pen- 
dant un  an,  avec  celles  de  commandant  de  Honfleur  et  d'Alençon,  (Ibid.)  Mais 
rien  n'empêche  (il  existe,  comme  on  sait,  une  lacune  dans  les  comptes  de  Nor- 
mandie entre  septembre  1425  et  septembre  1428)  qu'il  n'exerçât  le  comman- 
dement de  Verneuil  depuis  une  époque  antérieure.  Il  devait  occuper  encore 
cette  charge  au  28  novembre  1429.  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  26052,  n»  1134.) 

2.  Il  n'a  pas  été  possible  de  retrouver  l'identité  du  lieutenant  qu'on  voit  en 
charge  à  la  date  de  cet  événement. 

3.  Le  document  qui  sert  de  base  à  ce  récit,  daté,  comme  on  vient  de  le  voir, 
du  17  janvier  1429,  ne  contient  aucune  de  ces  indications,  généralement  cou- 
rantes dans  les  pièces  de  cette  nature,  qui  puisse  aider  à  attribuer  une  époque 
aux  faits  qu'il  contient.  L'intervention  des  habitants  de  Chàteauneuf,  qui 
semble  avoir  procuré,  au  moins  en  partie,  les  cinquante  hommes  nécessaires  à 
l'entreprise,  porterait  à  croire  que  l'événement  se  produisit  vers  la  période 
qu'on  croit  pouvoir  ici  lui  assigner.  Sur  les  prises  et  reprises  de  Chàteauneuf, 
voir  ci-dessus,  et  Annexe  5. 

4.  «  Saint-Martin-des-Autels  »,  lieu  que  le  document  signale  comme  tout 
voisin  de  Rouen.  Serait-ce  Saint-Martin-du- Vivier,  sur  le  Robec  (Seine-Infé- 
rieure, cant.  de  Darnétal)? 


304  LA    GUERRE   DE   PARTISANS 

un  des  prisonniers  français  captifs  au  château,  le  soldat  gascon 
Bertran,  avec  lequel  ses  fonctions  au  service  du  porte-clefs  lui 
facilitaient  sans  doute  plus  d'une  entrevue  dérobée.  Songeant  à  le 
faire  évader,  et  les  autres  avec  lui,  elle  s'en  ouvre  à  deux  femmes 
mariées  deVerneuil,  Agnès  Le  Prévost  et  Jeanne  Delespine,  toutes 
deux  de  plus  ou  moins  galant  renom,  chacune  pourvue  d'un 
amant,  et  disposées  à  la  comprendre.  Des  chefs  de  partisans 
rôdent  aux  alentours  :  Martin  Dubosc  et  son  compagnon  Frisot. 
On  va  leur  parler  au  bois.  On  s'entend  aussi  avec  des  gens  de 
Châteauneuf-en-Thimerais,  avec  la  femme  de  Jean  Trayneau, 
habitant  de  la  place.  Sans  qu'on  puisse  reconnaître  s'il  s'agit  de 
partisans  ou  de  réguliers,  on  convient  avec  Dubosc  et  Frisot  de 
grouper  cinquante  ou  soixante  hommes,  qui  au  jour  dit  se  tien- 
dront aux  abords  du  château,  prêts  à  tout,  l'œil  et  l'oreille  au 
guet,  tandis  que  la  chambrière,  avec  les  clefs  surprises  à  son 
maître,  aura  fait  évader  les  captifs. 

Un  bavardage  de  femme  fait  manquer  ce  premier  projet.  Agnès 
Le  Prévost  ayant  laissé  échapper  quelques  imprudents  propos, 
le  lieutenant  de  Falstaff,  qui  en  reçoit  avis,  retire  à  Tliomas  Près- 
tout,  le  trop  confiant  geôlier,  la  garde  des  clefs,  condition  pre- 
mière de  tout  le  complot,  anéanti  par  ce  brusque  éveil  d'un  soup- 
çon imprévu. 

Sans  se  décourager,  les  affidés  remanient  immédiatement  leur 
plan.  La  petite  troupe  se  retrouve  et  se  compte  à  nouveau.  Une 
attaque  de  vive  force,  qui  n'effraie  pas  cette  poignée  d'hommes 
résolus,  est  décidée  contre  l'enceinte.  Une  embuscade  doit  se  tapir 
près  de  la  chaussée  :  au  premier  matin,  vers  l'heure  des  allées  et 
venues  habituelles  du  personnel  servant  du  château,  on  attaquera 
le  pont  et  tentera  d'enlever  les  captifs.  Pour  signal,  un  sifflement 
convenu,  un  appel  sonore  envoyé  dans  le  creux  des  mains  ' ,  légen- 
daire et  traditionnel  ralliement,  qui  depuis,  presque  sur  le  même 
sol,  a  baptisé  d'autres  sanglants  combats^. 

1.  Le  texte  porte  que  les  affldés  aux  aguets  comptaient,  pour  signal  :  «  sif- 
fler en  la  paume  ».  11  n'est  pas  besoin  d'insister  sur  le  très  curieux  rapproche- 
ment que  ce  fait  autorise  ;\  exécuter,  pour  la  première  fois  à  ce  qu'il  semble. 

2.  La  question  du  surnom  générique,  historiquement  acquis  aux  insurgés  de 
l'Ouest  pendant  les  guerres  de  la  Révolution,  a  été  définitivement  traitée  par 
M.  de  la  Sicotière,  toc.  cit.,  t.  II,  liv.  10,  p.  578-579,  et  dans  l'étude  du  regretté 
Victor  Dudiemin,  publiée  par  M.  Robert  Triger,  les  Premiers  troubles  dans  la 
Mayenne,  cliap.  vi,  p.  190-193  {Revue  historique  et  archéologique  du  Maine, 
l.  XXll  et  XXIII,  années  1887,  2°  semestre,  et  1888,  1"  semestre). 


DANS   LA    HAUTE   NORMANDIE.  305 

Là  encore  le  courage  aventureux  des  conjurés  vint  échouer 
contre  quelque  hasard.  On  n'en  voit  pas  davantage  sur  cette 
entreprise  de  Verneuil,  qui  se  présentée  l'histoire  avec  on  ne  sait 
quoi  d'original  et  d'émouvant  dans  le  détail  qui  fait  un  instant 
oublier  la  dure  férocité  de  cette  guerre  sans  quartier.  On  revient 
vite  aux  visions  plus  sombres  avec  l'évocation  du  supplice  de 
Jeanne  Delamare,  arrêtée  sur  le  soupçon  de  son  rôle  et  qui  paya 
de  sa  vie  sa  vaillance  et  sa  tendresse.  Condamnée  à  mort,  elle  ne 
put  guère  périr,  selon  le  droit  commun,  autrement  qu'enfouie 
toute  vive,  au  pied  de  ce  gibet  de  Verneuil,  où,  par  une  posthume 
et  sauvage  représaille  des  vainqueurs,  s'était  naguère  balancé, 
quatre  ans  auparavant,  le  lendemain  de  la  suprême  défaite  fran- 
çaise, le  cadavre  dépecé  du  dernier  vicomte  de  Narbonne. 

Telles  sont  les  traces  qui  aient  pu  être  relevées  de  l'entente  des 
insurgés  en  armes  avec  les  derniers  débris  des  armées  régulières. 
Le  rôle  de  ces  obscurs,  simples  et  tenaces  combattants  de  l'indé- 
pendance ne  peut  s'en  trouver  qu'élargi,  transformé,  ennobli, 
haussé  jusqu'à  la  conception  du  sentiment  national  le  plus  pur  et 
le  plus  vrai. 

Faits  isolés  sans  doute,  et  n'impliquant,  par  eux-mêmes,  ni 
régularité  ni  permanence  de  ces  relations  hasardeuses  entre  régu- 
liers et  partisans.  Leur  examen  n'en  mérite  ni  moins  d'attention, 
ni  moins  d'intérêt.  De  leur  apparente  dispersion,  de  leurs  mani- 
festations d'abord  déconcertantes,  se  dégage  une  impression,  qui 
persiste,  d' œuvre  commune  et  d'occulte  coopération,  toujours 
prêtes  à  s'affirmer,  entre  les  deux  éléments  de  la  défense  du  sol. 
Ces  combattants  indigènes,  sans  forteresses  et  sans  abris,  qui 
courent  la  campagne  et  les  bois,  qui  s'y  dispersent  et  s'y  refor- 
ment, ces  dernières  compagnies  de  l'armée,  à  peine  mieux  enca- 
drées elles-mêmes,  qui  défendent  encore  les  enceintes  démantelées 
et  croulantes  des  frontières  intérieures,  se  pénètrent  mutuellement, 
communiquent,  savent  se  chercher  et  se  rejoindre.  L'esprit  natio- 
nal s'entretient  à  ce  contact,  et,  quand  le  grand  événement  que 
porte  en  elle  la  prodigieuse  année  1429  va  fondre  toutes  ces  éner- 
gies éparses  dans  une  irrésistible  poussée  d'espérance,  la  secousse 
les  trouvera  prêtes  à  l'action,  familières  du  sacrifice,  entraînées 
au  mépris  de  la  mort,  à  la  jouissance  du  péril,  à  la  haine  de 
l'étranger. 

Germain  Lefèvre-Pontalis. 

XH-CX 

^894  20 


QUESTIONS  MÉROVINGIENNES 


VII. 
LES  ACTES  DES  ÉVÊQUES  DU  MANS. 


APPENDICE. 


Les  documents  copiés  par  M.  Julien  Havet  et  destinés  à  figurer  dans 
l'Appendice  (Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  601)  n'étaient  pas  matériel- 
lement préparés  pour  l'impression.  Ils  ne  portaient  pas  de  numéros 
d'ordre  :  ceux  d'entre  eux  qui  forment  le  présent  article  sont  ceux 
dont  il  avait  fait  la  critique  dans  la  partie  rédigée  de  son  travail,  et  ils 
sont  rangés  ici  dans  l'ordre  où  il  en  a  parlé.  Les  variantes  des  diverses 
sources  avaient  été  indiquées  par  lui  au  moyen  d'une  disposition  inter- 
linéaire ;  elles  sont  réduites  ici  à  la  forme  d'un  apparat  critique,  avec 
renvois  par  des  lettrines  ;  le  choix  à  faire  entre  elles  est  rarement  indi- 
qué dans  les  copies  de  l'auteur,  et  il  a  fallu  interpréter  son  silence,  au 
risque  de  ne  pas  rencontrer  toujours  son  opinion.  —  Les  portions  de 
texte  que  l'auteur  considérait  comme  apocryphes  ou  suspectes  sont  en 
italiques  :  voir  p.  33. 

[CHARTE  DE  L'ÉVÊQUE  DOMNOLE.] 
572  mart.  0  domin. 

[Voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  634  et  suiv.,  1894,  p.  6.] 

Gesta  Aldrici,  p.  22.  [{A.)] 

Cod.  224,  fol.  32  in  Actis  Domnoli  (orthographica  non  euro).  (C.) 

Ibid.,  fol.  89  m  Actis  Aldrici.  (B.) 

Domino  venerabili  vcclesit,-  Cenomannicc  clero  Domnoius  episcopus. 
Gon^ruum  nobis  fuit  ul  volum  desidcrabile  in  caritalis  veslrç  noti- 


vu.    —   LES   ACTES   DES    ÉVÊQDES   DD   MAXS.  307 

ciam  poneremus,  quia  si  consensus  vester  desiderium  cordis  noslri 
décréta»  adneclerlt*  credimus  nullius  ullo  umquam  terapore  contra- 
rietate  a  nobis  pariter  firmata  posse  convelli.  Gum  pro  salulem'^  populi 
vel  cuslodiara'^  civitalis  reliquias  domini«  ac  venerabilis  sancti  Vin- 
centii  martiris  intercedente  presumpUone  ausi  fuerimus  déferre  cum 
Dei  adjutorio,  vel/'  vestro  eidem  loco^  dignitatis  ereximus  in  culmine, 
ita  petimus  ut  nostro''  pariter  ditetur  et  munere,  et  si  sensus'  vester 
in  nosi  contulerit  clarilatem,  banc  paginolam  donationes^'  vestro  que- 
sumus  ut  firmetur  robore'^"'.  Dono^  ergo  in»*  ipsius  domni  Vincentii 
honorem"  donatumque  esse  volumus  villa''  cognominante^  Tri- 
cione*?,  quem'"  Abundantius^  quondara  visus  est  tenuisse,  per  loca 
designata,  de  confluentes-*  usque  Brivas^*'  defluit  in  [Vijdua'*"  usque^' 
termino'^  Proliacense-^'y,  subjungenteadse  adjacentia  Saturniacinse^-, 
Inde  per  via**  Saturniacinse*  pervenit  ad  Wacta<^  usque  Campo<^ 
Daulfo«,  deinde  ad/  broialo  Censurio  usque  ad  domum  Mère,  inde 
adf^  carapum^  Locogiacinse*'  pervenit  ad  ipso-^  Tricione^-,  cum  id 
quicquid  Mallaricus  diaconus  noster  terapore  vitç  suç  usu  fructuario 
possidere  videtur,  cum  agris,  pratis,  pascuis,  silvis,  aquis  aqua- 
rumve  decursibus,  cum  mancipiis  his  nominibus,  Leudomado^  cum 
uxore"*  nomine  Leudomalla  et  infantulum",  Litomeri,  Leudulfo^, 

i.  Tresson  (Sarthe),  sur  l'Étangsort,  affluent  de  la  Veuve. 

2.  Brives  (Sarthe,  communes  de  Courdemanche  et  de  Saiat-Pierre-du-Lorouër), 
au  confluent  de  l'Étangsort  et  de  la  Veuve. 

3.  L'Étangsort,  cours  d'eau  qui  passe  à  Tresson  et  se  jette  dans  la  Veuve  à 
Brives. 

4.  La  Veuve,  affluent  du  Loir. 

5.  Pruillé-l'Éguillé  (Sarthe,  au  nord-ouest  de  Brives). 

6.  Lieu  inconnu,  ainsi  que  les  suivants. 

a.  décréta  A  et  décréta  B  et  décréta  nostra  C.      b.  adnecterit  AB  adnectere 
se  voluerit  C.       c.  sainte  C.       d.  custodia  C.       e.  domni  C.       f.  correction 
proposée  en  marge  :  u[t].    g.  eisdem  locum  C.    h.  vestro  C.    i.  consensus  C. 
j.  in  nos  AB  nobis  C.     k.  donationis  C  donaciones  corrigé  en  -nis  B.     k'.  sur 
cette  fin  de  phrase,  voir  Bibl.  de  l'École  des  chartes,  1893,  p.  643,  n.  2. 
l.  Damus  C.      m.  in  om.  C.      n.  honorem  AB  çcclesiç  C.      o.  villam  BC. 
p.  cognominatam  C.      q.  Tricionera  B  Tritionem  C.      r.  quam  C.      s.  abun- 
dancius  B  habundantius  C.    t.  de  continentes  AB  sicut  Tritio  C.    u.  bruias  B. 

V.  Indua  A  induam  B  uiduam  C.      ic.  usque  AB  :  et  usque  C.      x.  termino 
AB  terminum  B  corr.,  C.      y.  Proliacensem  B  corr.,  C.      s.  Saturniacense  C. 

ab.  viam  Saturniacensem  C.        c.  uuacta  B  uuaota  C.       de.  campum  daul- 
fum  C.      f.  a  C.     g.  i  C.      ht.  carapo  locogiacensi  C  campum  logiacinsc  B. 

jk.  ipsum  Tritionem  C.     l.  leudomadura  C     m.  uxore  AB  uxore  sua  C. 
n.  infantulam  Litomeri  {sans  pond,  intermédiaire)  C.      o.  leudulfum  C. 


308  QUESTIONS   MÉROVINGIENIVES. 

item  LeudulfoP,  Chariobaudi* ,  Vinoflede''  et  Mogiane,  gregi  equinos 
quem  Allomeris  intra  termino'  ipso"  commanens  custodire  \idetur5 
idemque"  et  villa'''  FraxenetO'^,  quem  bonç  memoriçv  Aper  presbiter 
tenuit,  cum  broialos  Mareelliacensis- ,  cum  viiieis,  silvis,  pralis, 
pascuis,  aquis  aquarumque»  decursibus,  cum  accolas*  X  commanen- 
tes<^  in  rem'^  ecclesiç'^,  Quicumque^'  oporluni  ad  domum  ipsam/^  fue- 
rint,  quos  per  adsignationes'  Leudorico''  defensorem^  ecclesiç^  perce- 
perit^"  possldendos^,  cum  mancipiis  bis  nominibus,  Launoveto'", 
Foedulo"  cum  uxore  Taligia,  Sesulfo^,  Gastino^  cum  uxore  Leudo- 
malla  et  filio,  Leudogbisilo  cum  filia  Ghildegunde? ,  Pupa  cum  filios'", 
Ppopulonio^  cum  porcus*,  Leudomado'%  Mundofçda"  et  Leudo- 
raanda*",  cum^^  libertos  omnes  prédictif  presbiteri;  pari  modo  et 
locello^  Ad  Bucus,  quem  de  Eutelio»  presbitero  accepimus,  cum 
mancipia*  qui  ibidem  excolere  videntur;  pratum  intra  vivario*^  supra 
ripa'^  Sartç  secum«,  quem  Abundantius/'  vel  auclores"  çcclesiç  visi 
sunt  tenuisse,  Ghyldigisilo''  puero'  cum  armenlum^  peccorum^"  quem 
ipse  custodire  videtur,  et  campo^  adjacentem  ad  raemorato'"  prato" 
quem  nostro  opère  fecimus,  Sescimundo^  cum  uxore  sua  Wiliare?. 
Hçc  omnia-/  quod''  per  banc  paginam  donationes%  quem'  Aunulfo 
diacono  prof."  unanimiter  rogavimus  conscribcnda",  constat'"  dele- 

1.  [L'origiaal  devait  porter  dignilate;  voir  Bibl.  de  l'École  des  chartes,  1893, 
p.  644,  n.  1.] 

p.  leudulfum  C.      g.  chariobaudum  C.      r.  uinofrede  C.      s.  gregi  equino  AB 
Damus  etiam  gregem  aequinum  C.       tu.   terminos  ipsos  C.      v.  ilemque  C. 

w.  villam  C.     x.  fraxnetum  C.     y.  menioriç  om.  B.     s.  raarcelliacenses  C. 

a.  aquarumue  C  h.  accolis  C.  c.  comraaneiites  ^46  ia  ea  coniinanentes  C. 
d.  in  rem  AB  Haec  oinnia  damus  in  rébus  C.  e.  çcclesiç  A  aecclesiç  B 
çcclesiç  et  usu  eoruin  C.  e  le  q  corr.  en  Q  dans  l'autographe  de  l'au- 
teur, f.  ipsara  AB  ipsam  seruiendum  C  ;  voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  chartes, 
1893,  p.  636,  n.  3.  g.  adsignacione  B  adsignationem  C.  h.  ieuderici  C. 
i.  defensoris  C.  j.  aecclesit^  B  uestr»;  ecclesiç  C.  kl.  perceperit  possiden- 
dos  AB  possidendos  precipimus  C.  m.  launoveco  B  iaunouethum  C.  n.  foe- 
dulum  C.      o.  sesulfum  C.     p.  cartinum  C.      q.  childegunda  C      r.  filiis  C. 

s.  po|)uloni()  B  pupilonio  G.  t.  porcus  AB  porcis  quos  custodit  C  ;  voir 
Bibl.  de  l'Éc.  des  chartes,  1893,  p.  63G,  n.  3.  w.  leudoniadum  C.  v.  mundo 
feda  B  mundofoedam  C.       w.  leudoniandam  C.      x.  corn  C.      y.  jamdicti  C. 

z.  locellum  C.       a.  eutlierio  C.       b.  mancipiis  C.       c.  uiuarium   C. 
d.  ripam  C.      e.  silum  C.      f.  habundantius  C.      g.  adores  C.      h.  childigi- 
silo  B  chiidigisilum  C.      i.  i)ucrulum  C.     j.  armento  C.      k.  pecorum  C. 
l.  campum  C.    mn.  memoratum  pratum  C.     0.  sesciraundum  G.    p.  uiuliare  B. 
qr.  omnia  quod  AB  coma'  C  (a  tilde).       s.  donaciones  B   donationis  C. 
t.  quam  C.       u.  prof.  A  p/'of  B  (pro  abrégé,  f  tildée)  om.  G  ;  voir  Bibl. 
de  l'Éc.  des  chartes,  1893,  p.  637,  n.  1.      v.  conscribendam  C. 


i 


VII.    —   LES   ACTES   DES   EVEQUES   DU  MANS. 


309 


gasse^,  nuncupata  basilica  habeat,  teneat,  possideal?/;  quicumque 
loci  ipsius  dignitatem^  perceperit,  jure  hereditario  perpetualiler  sibi- 
met  vindicet  possidendum.  Si"  ullo  umquam  tempore  aut  ponlifex 
civitatum'*  aut  quilibet*  persona  a  nobis  donata  vel  Iradila  de  domi- 
nationem'^  basilicç*^  ipsius^  abstrahere  voluerit',  indual/  maledicUo- 
nem  pro  benedictione  et  Domini  nostri  Ihesu  Xpisti  vel  omnium 
sanctorum  martirum  iiicurrat  offensa^,  et  voluntas  nostra  perpelim 
auxiliante  Domino  capiat  fîrmitatem  Ausuiliani^  legis'  indeta^  men- 
lione^. 

Actum  Genomannis  in^  civitate  anno  XI  régnante"*  domni  nostri 
Ghilperici  régis  pridie  nonas  marcias2. 


A:  B 


[7] 
[8] 

[9] 
[\0]  iO 


[^2]  i-2 
[^3]  'la 


G  :    f"  Domnolus  peccator  subscripsit. 

Germanus  peccator  rogante  clero  Genomannis  sub- 
scripsi. 

Dinamius  peccator  consensi*'  et  subscripsi. 

Drauscio?  presbiter  subscripsi. 

Injuriosus  pecë?  subscripsi. 

Meterius  presbiter  consensum''  nostrum  subscripsi. 
^o    Populonius  presbiter  consensi  et  subscripsi. 
i  6    AUoveus  presbiter  concensum*  nostrum  subscripsi. 
i  7    Setrius  peccator'  consensi  et  subscripsi. 
i  8    Leudoneus"  presbiter  subscripsi" . 
49    Dauvaredus*"   presbiter  concensum*  nostrum  sub- 
scripsi. 
om.  Prigimodusz'  presbiter. 

om.  Ursicinus"  diaconus  consensum  nostrum  subscripsi. 
7      Geusus*  diaconus  consensum*  nostrum  subscripsi. 


1.  [Sur  le  mètre  de  cette  fia  d'incise,  voir  Bibl.  de  VÉcole  des  chartes,  1893, 
p.  644,  n.  2.] 

2.  [Sur  la  place  de  la  date,  voir  Bibl.  de  l'École  des  chartes,  1893,  p.  638.1 

3.  [Sur  l'ordre  des  souscriptions,  voir  Bibl.  de  l'École  des  ch.,  1893,  p.  637.] 

wx.  constat  delegasse  AB  (voir  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  1893, 
p.  643,  n.  3)  volumus  ut  C.  y.  possideat  AB  possideat  et  C.  z.  Si  AB 
Si  vero  C.  a.  ciuitatis  C.  b.  quçlibet  C.  c.  dorainatione  C.  de.  basi- 
licç  ipsius  AC  ipsius  basilice  B.  f.  inducat  C.  g.  oft'ensa  A  offensam  C 
om.  B.  hijk.  ausiuliani  legis  indetam'  tion'  B  om.  C  ;  voir  Bibliothèque 
de  l'École  des  chartes,  1893,  p.  637,  n.  1.  l.  \n  om.  C.  m.  regni  C. 
n.  j  om.  C.  0.  concessi  B.  p.  drautio  C.  q.  pece'  A  pecem  B  pecca- 
tor C.  r.  concensum  B.  s.  consensum  C.  t.  peco'  B.  u.  leunoneus  B 
leudoueus  C.  v.  subscripsi  om.  C.  w.  dauuaredis  B  dauradus  C.  jc.  con- 
sensum C.    y.  frigimodis  £.    z.  ursicius  B.    a.  caeunus  C.     b.  concensum  B. 


3^o 


-15]  om. 

8 

;I6]  o?n. 

9 

[il]  -15 

^0 

[^8]  ^6 

U 

[om.][om.] 

V2 

[om.Jlom.] 

i3 

[om.][om.] 

14 

QUESTIONS  merovl\gie:xnes. 

Romolus  diaconns  consens!  et  subscripsi. 

Daddus*^  diaconus  consensu*^  noslrum  subscripsi. 

Noxus«  diaconus  subscripsi. 

Sennovechus  diaconus  consensi  et  subscripsi. 

Teodulfus  peccator  consensi  et  subscripsi. 

Affar  presbiler  consensi  et  subscripsi. 

Dorus  presbiler  consensum  noslrum  subscripsi. 


[IL] 


[CHARTE  DE  L'ÉVÊQUE  DOMNOLE.] 
581  sept,  h  fer.  V. 


[Voir  Bihl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  634  et  suiv.;  1894,  p.  6.] 
[Mômes  sources  que  pour  la  charte  précédente,  ci-dessus,  p.  306.  A  : 
Gesta  Aldrici,  p.  26.  B  :  cod.  224,  fol.  89  v».  G  :  cod.  224,  fol.  32.] 

Anno^  XX  regni  domini«  nostri  Ghiiperici*  gloriosissimi'^  régis, 
prid.'^  non.*?  seplbr./,  ego  Domnolus  in  Xpisli  nomine  episcopus 
cum  evocassem  domno;'  et  fralri^  meo''  Audoveoi  episcopo^"  Ande- 
cavç^  civilalis  visilarc  sanclis'"  liminibus"  patron!"  pecculiaris  mei 
Victor!?'  cpiscopi,  immo  et  sollempnilalem  ipsius  cçlebrassem?,  cum 
consensu  omnium  fralrum  meorum  presbilerorum,  quia  anle  tem- 
pus  testamentum  meum  condidi  et  in  ipsum  voiuntalem  meam  adbuc 
non  complevi,  quod  in  eum*"  conscriplum  videlur*'  volo'  in  omnibus 
conscrvelur  et  hçc  paginola  plenani  capiat"opto  robore".  Dono'"basi- 


1.  [Sur  la  place  de  la  date  Anno...  ego  Domnolus. 
des  chartes,  1893,  p.  638-639.] 


l'oir  BiOl.  de  l'École 


c.  daldus  C.      d.  consensum  C.      e.  nox'  B  nox  C. 

a.  dornni  C.  b.  Ililperici  C.  c.  gloriosi  C.  def.  pridic  nonas  seplembris 
B;  sur  le  membre  de  phrase  Anno...  septembr.  dans  les  Actus,  voir  Bibl.  de 
VÉc.  des  ch.,  1893,  p.  638,  n.  2.  g.  doinnura  C.  hijk.  fratrem  meum  Audo- 
ueuni  episcopum  C.      l.  andegaue  BC.     mn.  sancta  limina  C.     o.  patronis  C. 

p.  Vicloris  C.  q.  celebrarc  C  ;  sur  celebrasseni  {et  non  celebravisscin), 
voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  64i,  n.  3.  /•.  eo  C.  s.  vidclur  :  videlur 
bonum  C;  voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  636,  n.  3.      /.  volo  :  volo  ul  C. 

u.  accipiat  C.  ii.  roborem  C;  sur  celte  fin  de  phrase,  voir  Bibl.  de  l'Éc. 
des  ch.,  p.   643,  n.  2,  et  p.  644,  n.  4.      w.  Dono  :  Dono  igitur  C.      x.  salua- 


VII.    —   LES  ACTES    DES   ÉVKQUES   DU   MiNS.  3  H 

licç  sanctorum  Vincentii  et  Laurentii,  quem  meo  opère  construxi  et 
edificavi  pro  salvalionem*  civitatis  et  populi  conlocaviv,  coloneca- 
cognominante'»  Ganonno**,  cum  agris,  pralis«,  pascuis,  silvis'^,  aquis 
aquarumve  decursibus,  et  mancipiola^  duo/,  Waldardo^'  cum  uxore 
sua,  vel  infantibus  eorum,  qui  ibidem  nunc  commanere  videntur. 
Ab''  hodierno'  die  predictus^'  abba^'  antedicti  loci  ad  stipendia  fra- 
Irum  nuiieupante^  basilicç  faciat  revocare"*,  et»  tamen»  ut  post 
meumP,  quando  Deus  jusserit,  obitum,  qui  presens  fuerit?  ordina- 
tus  de'"  loco  prefato  commemorationem  meam  annis  singulis  adim- 
plere  procuret.  Ideo  tibi,  Niviarde  diacone  ac  defensor^  nostrç  çccle- 
siç,  indico  atque  jubeo  ut*  hoc  tua  traditione,  sicuti"  nunc  ab  ecclesia 
possidetur,  cum  omni  soliditate  vel  adjacentia  sua  Leuso  abbate" 
facias  consignari.  Hoc  vero  inserendum  rogavi  ut,  qui  voluntati  mee 
obvius  esse  voluerit,  maledictionem  illam  incurrat  quam  propheta 
in  psalmo  GVIIII"'  decantavit'^,  et  presens  pagina  maneat  inconvulsa, 
quam  pro  rei  firmita^  manu  propria  subscripsi  et  domnis  et  fratri- 
bus  meis  minuendam-  rogavi. 

-f  Domnolus  peccator  subscripsi. 

Audoveus  peccator  rogante  domno  Domnolo  episcopo  subscripsi. 

Teodulfus*  peccator  subscripsi. 

Aunulfus*  presbiter  subscripsi. 

Leudoricus  presbiter  scripsi*^  et  subscripsi^. 

1.  Coulongé  (Sarthe),  sur  le  ruisseau  de  Ciienon  (Cauvin,  p.  103). 

lione  C.      y.  conlocavi  :  pater  C.      s.  colonitam  C.     ab.  cognominatam  pon- 
tificini  canon  C.     cd.  pratis  pascuis  silvis  :  siivis  pratis  pascuis  C.     ef.  man- 
cipiola  duo  :  mancipiis  C.    g.  uuadardum  C.    h.  Ab  :  ut  ab  C.    i.  hodierna  C. 
j.  predictus  om.  C.       k.  abbas  C.       l.  nuncupate  C.       mno.  reuocare,  et 
lanaen  :  remplacé  dans  C  par  et  sub  jure  menioratÇ  cenomannensi  çcclesiae 
juste  et  légitime  esse  debere  censeo  {voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  637), 
et  pelo;   sur  la  fin  de  phrase  faciat  revocare,  voir  ibid.,  p.  644,  n.  5. 
pq.  raeum...  fuerit  :  remplace'  dans  C  par  obitum  meura  qui  abbas  fuerit. 
r.  de  :  in  C.      s.  defensore  C.      t.  ut  oin.  C.      u.  sicut  C.     v.  abbati  C. 
wx.  CVIIII  decantavit  :  remplacé  dans  C  par  CVIII  iude  cantavit  fiant  dies 
ejus  pauci  et  episcopatum  ejus  accipiat  alius  [voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893, 
p.  636,  n.  3,  et  p.  644,  n.  G),      y.  lirmitate  C.      s.  muniendam  C.     a.  Theo- 
dulfus  G.      b.  annulfus  C.     cd.  scripsit  et  subscripsit  B. 


3^2  QUESTIONS  MÉROVINGIENNES. 

[IIL] 

THEODEBERTI  PRO  S.  MARTINO. 

Genuinum.  Interpolatum. 
[Vendredi  8juin596<?] 

[Voir  ci-dessus,  p.  7  et  suiv.,  p.  15  et  suiv.] 
Cod.  Genom.  224,  fol.  33  v°. 

Theodebertus  rex  Prancorum  vir  inluster^. 

Si  petitionibus  ancillarum  Dei  vel  sacerdotibus,  in  quod  nostris 
auribus  fuerint  prolala  ad  affectum  perducimus,  hoc  nobis  ad 
aeternae  salute  vel  stabilitate  regni  nostri  in  Dei  nomen  pertinere 
confidimus.  Igitur  vir  inluster  Eoladius^  presbiler  et  Baudomalla 
Deo  devota  direcli  petitione  [cljementiae  ^  regni  nostri  detulerunl  in 
notitia  eo  quod  ante  hos  dies  in  area  ipsorum  infra  murania  Gçno- 
mannis  oratorio  in  honore  sancti  Martini  construxerunt,  et  loceila 
noncupantes  sitas  in  pago  Gaenomannico,  Moliniaco,  Villa,  Levaste, 
Popiliaco,  Aciaco,  Verriciaco,  Potius,  Gipidus^,  cum  omnes  adjacen- 
tias  earum  vel  appendiciis,  cum  omni  re  inexquisita  vel  ipso  orato- 
rio ad  çcclesiam  sancti  Gervasii  et  Prothasii  martijris  vel  domno 
Domnolo  episcopo  qui  ibidem  ad  presens  custos  preesse  videtur^ 
ipsas  res  per  eorum  strumenta  deiegaverunt.  Ideo  petierunt  celsi- 
tudinis  nostrae  ut  per  hoc  per  nostram  auctoritatem  plenius  confîr- 
mare  deberemus  cujus  petitione  gratanter  animo  prestitisse  et  in 
omnibus  confirmasse  cognoscitur,  precipientes  enim  ut  sicut  con- 
stat jamdictus  Eoladius  et  Baudomalla  ipsa  loca  Moliniaco,  Villa, 
Levaste,  Popiliaco,  Aciaco,  Vericiaco,  Potius,  Gipido^,  una  cum  ter- 

1.  |Sur  la  date,  voir  ci-dessus,  p.  18.J 

2.  [Dans  l'autographe  de  l'auteur,  corr.  au  crayon  is  :  lire  viris  inlttsiribus ; 
voir  ci-dessous,  p.  329,  n.  4.J 

3.  [Sur  Eoladius,  voir  ci-dessus,  p.  18. J 

4.  [En  note  :  denientiae  C] 

5.  [Dans  le  ms.  de  M.  Julien  Havet,  les  noms  latins  sont  accompagnés  de 
quelques  identifications,  peut-être  provisoires,  écrites  au  crayon.  Moliniaco  : 

Morignéï  Levaste  :  Livet  (M"").  Popiliaco  :  Poillé?  ou  Sainl-G (illisible  : 

peut-être  l'auteur  a-t-il  voulu  écrire  Saint-Gemmes  {Saint  ou  Sainte-Gemines- 
le-Robert,  Mayenne).  Aciaco  :  Assé-le-Bérenger.  Cipidus  :  Spay.] 

6.  [Sur  le  passage  en  italiques,  voir  ci-dessus,  p.  15.) 

7.  [Idenlilications  au  crayon,  comme  ci-dessus  :  Morigné,  Livel,  Poillé,  Assé- 
le-B",  Spay.] 


VII.    —   LES   ACTES   DES   e'VÊQUES   DU   MANS.  313 

ris,  domibus,  aedificiis,  mancipiis,  vineis,  silvis,  pralis,  pascuis, 
aquis  aquarumve  decursibus,  farinariis,  peculiis,  praesidiis,  mobili- 
bus  et  immobilibus  vel  reliquis  quibuscumque  benefîciis  ad  ipsa  casa 
Dei  per  eorum  instrumentum  juste  et  rationabiliter  delegassent, 
et  hoc  ad  presens  ibidem  recto  ordine  videtur  esse  possessum  vel 
dominatum,  ita  et  inantea  inspecta  ipsa  epistola  donationis  per  hoc 
preceptum  plenius  in  Dei  nomine  confirmatum,  ipsa  loca  superius 
nominata  cum  omni  integritate  earum  ad  ipsa  casa  sancti  Gervasii 
et  Prothasii  matris^  çcclesiae^  nostris  et  futuris  temporibus  jure 
firmissimum  proficiant  ad  augmentura.  Et  ut  haec  praeceptio 
firraior  habeatur  et  in  omnibus  conservetur,  manus  nostrae  sub- 
scriptionibus  eam  subter  decrevimus  roborare. 
Theodebertus  rex  Prancorum  subs. 

Adalgrimus  jussus  obtolus     Zz,  "T  ^~Z-> 

Data  dies  octo  quod  facit  presens  mense  junii  anno  VII  regni 
nostri  Gaptiniaco  in  Xpisti  nomine  féliciter  amen. 

[IV    ET    V.] 

[DONx\TION  D'HARÉGAIRE  ET  PRÉCAIRE  DE  TÉNESTINE.] 

[Vendredi  3  mai  51 3  et  samedi  27  avril  524  ^  ?] 
[Voir  ci-dessus,  p.  19  et  suiv.] 

[IV.] 

Dum  fragilitatis''  humani  generis  pertimescit  ultimum  vitae  tem- 
porel subitanea  transpositione  ventura,  oportet  ut  non  inveniat 
unumquemque  hominem  imparalum,  ne  sine  aliquo  boni  operis 
respectum  migrât  de  seculo^,  nisi,  dum  suo  jure  et  potestate 
consistit,  preparet  sibi  viam  salutis  per  quam  ad  çternam  valeat 
beatitudinem  pervenire.  Ideoque  ego  in  Dei  nomine  Haregarius 
et  conjux  mea  Truda  et  filia  nostra  Tenestina  Deo  sacrata  unanimi- 

1.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  martiris.\ 

2.  [Sur  les  mots  en  italiques,  voir  ci-dessus,  p.  18. J 

3.  [Sur  ces  dates,  voir  ci-dessus,  p.  33. J 

4.  [Lire  fragililas  :  ci-dessus,  p.  21,  n.  3.1 

5.  [Lire  uliima  vitae  tempora  :  ci-dessus,  ibid.] 

6.  [Lire  de  hoc  seculo  :  ci-dessus,  ibid.\ 


314  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

ter  consentientes  pertracLavimus  de  Dei  misericordia  pro  remedium 
animae  nostrae  et  remissionem  peccatorum  nostrorum,  ut  çternam^ 
in  futurum  apud  Dominum  consequi  mereamur,  ut^  aliqua  cel- 
lula  ac  raonasterium  in  terraturium  sanctae  Mariae  Dei^  genltricis 
et  •*  Domini  nostri  Ihesu  Xpisti  vel  sanctorum  apostolorum  Pétri  et 
Pauli  construereac  çdifîcare  deberemus,  quod  ila  et  fecimus^  :  quem 
apud  domno  ac  venerabile  sede  apostolico  Innocenti  Cçnojnannicç 
f^cclesiae  presule  deprecavimus  una  cum  sancta  congregatione  m  ipsa 
urbç  consistentes,  ut  per  beneficium,  nobis  concederet  de  rébus  san- 
ctae Mariae  vel  sanctorum  martyrum  Gervasii  et  Prothasii,  per 
licentiam  jamdicti  pontifias  construere  dcbeamus,  et*'  omnes  res 
nostras  atque  mancipia  quem  ex  légitima  successione  nobis  obvene- 
rint,  lotum  et  ad  integrum  ad  jamdictum  monasterium  per  hoc  testa- 
menlum  conditionis  tradidimus atque  confirmavimus,  et post  nostrum 
discessum  jamdiclu  aecclesia  sanctae  Mariae  et  sancti  Gervasii 
et  Prothasii  Cçnomannis  civitate  construcla  vel  ejusdem  pontifias 
heredes  instituimus  et  eos  appellare  volumus.  Cujus''  petitionis 
libenter  animo  suscepimus  et  concessimus  eis  per  nostrum  benefi,cium 
ipsam  aream  ad  ipsum  monasterium  fnciendum  et  de  rébus  sanctae 
Mariae  et  sancti  Gervasii  et  Prothasii  villas  duas  in  augmentum  ad 
ipsum  monasterium  construendum,  ut  melius  valeant  hanc  cellulam 
construere  ac  aedifi-care.  Et  dedimus  inter  nos  fidcjussores  Berhar- 
dum  episcopum.  et  Landoetmm  abbatem  et  Gundoinum  comitem  per 
libras  quingentas  de  auro  pensante,  et  si  aliquis  de  nos  de  hac  con- 
venientia  se  mulaverit  vel  retraxerit,  pari  suo  solvere  facial.  Ea 
scilicet  conditione  ut  cum  otnni  re  emeliorata  vel  supraposita  ad  ^ 
partibus  sanctae  Mariae  et  sanctorum  marttjrum  Gervasii  et  Pro- 
thasii Cenomannis  civitate  vel  ejusdem  pontificis  ipsum  monaste- 
rium cum  omnes  res  ad  se  pertinentes  vel  aspicientes.  tam  illas  quas 
nos  ad  ipsum  sanctum  locum  tradidimus  atque  confirmavimus  quam 
et  illas  quae  de  rébus  vestris  per  vestrum  beneficium  a  vobis  accepi- 
mus,  absque^  ullius  judicis  consignai ione  aut  heredum  nostrorum 

1.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  veniatti.  Voir  ci-dessus,  p.  21.] 

2.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  30-31.] 
3  et  4.  [Un  deleatur  interlinéaire.] 

5.  [Au-dessous  des  italiques  qui  suivent  :  «  emprunté  de  la  précaire  Pard.,  I, 
94.  »  Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  24  et  25.] 

6.  [Sur  le  morceau  suivant,  voir  ci-dessus,  p.  23.] 

7.  [Sur  ce  passage,  voir  ci-dessus,  p.  24-25.] 

8.  [Sur  le  morceau  suivant,  voir  ci-dessus,  p.  23-24.] 

9.  [En  marge  de  cette  phrase  :  «  Zeunier  138.  »] 


VII.    —  LES   ACTES   DES   EVÊQUES   DO   MANS.  345 

contradictione  cum  omni  iniegritaie  in  vestram  faciatis  revocare 
potestatem  vel  dominât ionetn.  Et  '  censivimus  annis  singulis  ad 
festivitatem  sancti  Gervasii  et  Prothasii,  quod  est  XIH  kl.  julias, 
de  argento  libra  I  transsolvere  faciamus,  et  ^  post  nostrum  Deo 
jîtbente  de  hac  luce  discessum,  sicut  superius  insertum  est,  vos  aut 
redores,  présides,  successoresque  vestros  in  vestram  faciatis  revocare 
potestatem  vel  dominationem,  ea^  scilicet  ratione  atqiie  preLexto  ut 
reiii[o]ta''  pontificis  simulque  çcclesiasticorum  omnium  ponlificalium 
seu  publicorum  omnium  potestate,  privandas  nullas  functiones 
vel  exactiones  neque  exquisita  et  lauda  convivia,  neque  graliosa 
vel  insidiosa  munuscula,  neque  etiam  caballomm  paslus  alque 
parvereda  vel  angaria,  aut  in  quodcumque  functiones  titulum  judi- 
ciaria  potestate  dici  potest  de  ipsa  facultale  penitus  non  requiratur, 
sed^  sub  intégra  emunitate  facultaticula  sicut  a  nobis  hucusque 
possessa  est,  in  jure  oratorio  sanctae  Mariae  et  predietorum  san- 
ctorum  apostolorum  sub  jure  et  potestate  et  dominatione  sanctae 
Mariae  matris  Domini  nostri  Ihesu  Xpisti  vel  sanctorum  martij- 
rum  Gervasii  et  Prothasii  et  eorum  rectoribus  atque  pontificis  debeat 
Deo  protegente  et  opilulante  consistere,  Licet  in  cessionibus  adnecti 
non  sit  necesse,  sed  nobis  pro  omni  firmitate  placuit  inserendum.  Si 
quis  vero,  quod  futurum  esse  non  credimus,  nos  ipsi,  quod  absit, 
aut  aliquis  de  heredibus  vel  proheredibus  nostris  seu  qualibet  per- 
sona  calliditate  commotus  aut  cupiditate  proventus,  uUo  um- 
quam  tempore  comprehensam  *'  epistolam  cessionis  nostrae,  quam 
propter  nomen  Domini  et  veneratione  ipsius  sancti  loci  spontanea 
voluntate  fieri  decrevimus,  venire  aut  aliquid  agere  voluerit  aut  ter- 
giversator  extiterit,  anathema  sit,  et  tam  qui  fecerit  quam  qui 
faciendo  consenserit  anathema  sit  et  cum  suprascriptos  sanctos  ante 
tribunal  Xpisti  deducat  rationes,  insuper  inférât  juxta  poenas 
secuii  cum  cogente  fisco  partibus  ipsius  çcclesiae  vel  eorum  rectori- 
bus auri  libras  quingentas,  argentum  pondéra  mille  transsolvere 
faciat,  et  quod  repetit  nuUatenus  valeat  vindicare,  sed  presens 
cessio  atque  volunlas  nostra  omni  tempore  inviolata  permaneat  cum 
stipulalione  subnixa.      Et^  ut  haec  cessio  firmior  habeatur  et  invio- 

1.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  26. J 

2.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  24.] 

3.  [Sur  le  passage  suivant,  voir  ci-dessus,  p.  22-23.] 

4.  [Correction  pour  rem  data.  Voir  ci-dessus,  p.  22. | 

5.  [Sur  le  passage  suivant,  voir  ci-dessus,  p.  24.] 

6.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  contra  presentem.] 

7.  [Sur  ce  passage,  voir  ci-dessus,  p.  31.] 


3^6 


QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 


labiliter  conservelur,  manus  nostras  subter  firmavimus^  et  alio- 
rum  bonorura  virorum  decrevimus  roborari. 

Actum  Genomannis  civitate  publica.  Data  V  non.  mai.  anno  II 
régnante  Childeberto  rege  ^. 

Signum  Haregarii. 

Signum  Trudane  uxore  ipsius. 

Signum  Tenestina  filia  ejus  Deo  sacrata,  unanimiter  consentientes, 
qui  hanc  cessionem  vel  donationem  a  nobis  facta  fieri  vel  roborari 
decrevimus. 

Ego  ^  Innocens  acsi  indignus  peccator  episcopus  a  me  facta  sub- 
scripsi. 

In  Xpisti  nomine  Landolenus  indignus  episcopus  subscripsi. 

Ego  Magnolenus  acsi  peccator  episcopus  subscripsi. 

Winimundus  licet  indignus  episcopus  subscripsi. 

Odolmarus  quamvis  indignus  episcopus  subscripsi. 

Abbo  misericordia  Xpisti  episcopus  subscripsi. 

In  nomine  Domini  Hildemannus  indignus  episcopus  subscripsi. 

Frotfridus  indignus  episcopus  subscripsi. 

Signum  Gundolini  comité. 

Signum  Ostremundi  comité. 

Signum  Winitmarci  comité. 

Signum  Gunduini  comité. 

In  Xpisti  nomine  Berhardus  indignus  episcopus  subscripsi. 

Ego  Landolenus  abbas  .subscripsi. 

Signum  Adalwini  vicecomite. 

Signum  Ostruini. 

Signum  Uilderici. 

Signum  liichardi. 

Signum  Emmoni. 

Herihardus  subscripsi. 

Signum  Inghilgarii. 

Signum  Winitmari. 

Ego  Winitmundus  scripsi  et  subscripsi^. 


â 


1.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  subscriptionibus  :  voir  ci-dessus, 
p.  31.1 

2.  [Sur  cette  date,  voir  ci-dessus,  p.  33.] 

3.  [Sur  cette  souscription  et  les  suivantes,  voir  ci-dessus,  p.  31-32.] 

4.  [Le  mol  subscripsi  est  figuré  par  la  dernière  note  tironiennc  dont  le  fac- 
similé  est  ci-dessus,  p.  313.] 


VII.    —   LES  ACTES  DES  ÉVÊQUES  DU  MANS.  347 

[V.] 

Domino^  sanctoac  venerabile  sede  apostolico  Innocente  Cenoman- 
nicç  aecclesiç  presule  una  cum  sancta  congregatione  ex  ipsa  urbe 
consistenles,  ego  ^  in  Dei  nomine  Tenestina  Deo  sacrata,  filia  quon- 
dam  Haregario  et  Trudanç,  p[re]catrix2  a  vobis  accedo.  Dum  et  mea 
fuit  petitio  et  vestra  deerevit  voluntas,  ut  illud  raonasteriolum 
quod  •*  aedificare  coeperat  pater  meus  et  mater  mea,  in  honore  san- 
ctae  Dei  genitricis  Mariae  et  sanctorum  apostolorum,  et  itnperfectum 
dimiserunt,  quod  est  situm  in  terraturio  sanctae  Mariae  vel  sancto- 
rum martyrum  Gervasii  et  Prothasii,  juxla  murum  Genomannis 
civilate,  supra  fluvium  Sartae,  quem  genitor  meus  apud  vos  et  ve- 
stram  congregationem  deprecatus  fuit  ut  eisper  beneficium  licentiam 
dédissent  in  ipsam  aream  monasterium  facere,  et  jamdictus  genitor 
meus  ipsam  de  rébus  suis  propriis  hereditariis  incipit  construere  vel 
aedificare,  vel  quantum  de  suis  propriis  rébus  habuit  totum  ad  jam- 
dictum  monasteriolum  per  strumenta  cartarum  legilms  confirmavit 
atque  delegavit,  sub  jure  et  potestateac  dominatione  sanctae  Mariae 
vel  sanctorum  martyrum  Gervasii  et  Prothasii,  vel  ejusdem  pre- 
suies  ut  quod  pontificis  instituit  atque  heredes  appellavit.  Et  pro 
hac  causa  ego  jamdictus  pontifex  una  cum  sancta  congregatione 
ibidem  consistenles^  per  hanc  prçcariam  tibi  ipsum  incçptwn  mona- 
steriolum una  cum  ipsas  res  ad  se  pertinentes  vel  aspicientes,  tam 
illas  quem  nos  de  rébus  sanctae  Mariae  vel  sancti  Gervasii  et  Pro- 
thasii in  augmentum  ad  presenti  loco  construendum  per  beneficium 
condonavimus,  que  et  illas  quem  genitor  vel  genitrix  mea  per  stru- 
menta cartarum  ibidem  legibus  tradidero  atque  confirma vero^,  tem- 
pore  vitae  meae  ad  usufructuario  ordine  per  vestrum  beneficium 
tenere  "^Qvmittimus.  Et^  censivimw^  vobis  annis  singulis  ad  festivi- 
tatem  sancti  Gervasii  et  Prothasii,  quod  est  xiii  kl.  julias,  vestitos 
duos  et  cappas  duas  episcopales  et  de  argento  libra  i  Iranssolvere 
facias,  et  si  negligens  aut  tarda  de  ipso  censo  apparuerw,  fidem 

1.  [Sur  les  premières  lignes,  voir  ci-dessus,  p.  25.] 

2.  [Sur  ego,  vos,  etc.,  dans  ce  morceau,  voir  ci-dessus,  p.  27.] 

3.  [Corr.  pour  peccatrix  :  voir  ci-dessus,  p.  25.] 

4.  [Sur  ce  passage,  voir  ci-dessus,  p.  29.] 

5.  [Sur  ce  passage,  et  sur  tradidero  atque  confirmavero,  voir  ci-dessus, 
p.  29.] 

6.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  26.] 


I 


3^8  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

exinde  facias  et  ipsum  incoeptum  monasteriolum  tempore  vitae  tuae 
perdere  non  debe«s.  Et  alicubi  nec  vendere  nec  donare  nec  alienare 
pontificium  non  habe«5,  nisi  sub  jure  et  potestate  ac  dominatione 
sanctae  Mariae  vel  sanctorum  martyrum  Gervasii  et  Prothasii  per- 
maneanl.  Et  post  iuum  quoque  Deo  jubente  de  hac  luce  discessum, 
absque  [ujllius^  judicis  consignatione  aut  heredum  nostrorum 
contradictione,  jamdictum  incoeptum  monasteriolum  cum  omni 
integritate  vel  res  ad  se  pertinentes  vel  aspicientes  in  vestram  facia- 
tis  revocare  potestatem  vel  dominationem.  Et^  ut  haec  precariç  uno 
tenore  conscripta,  una  que  in  thesauro  sancti  Gervasii  et  Prothasii 
recondita  sit  et  alia  quam  ego  Tenestina  Deo  sacrata  a  vobis  acce- 
pero,  firmam  obtineant  vigorem,  manus  nostras  proprias  subterfir- 
mavimus^  et  bonorum  virorurn  decrevimus  roborare. 

Actum  Genomannis  civitate  publica.  Data  v  kl.  mai[.]  anno  XIII 
régnante  Childeberto  rege''.  | 

Ego^  Innocens  episcopus  hanc  precariam  a  me  factam  subs.  'j- 

Hildemannus  abbas  subs.  I; 

Rotfredus  archipresbiter  subs.  '■ 

Elenus  indignus  presbiter  subs.  " 

Bodolenus  presbiter  subs. 

Haregaudus  diaconus  subs. 

Bernaricus  diac.  subs.  ^ 

Odilo  presbiter  subs. 

Atto  diaconus  subs. 

Godiscalcus  abbas  subs. 

Winitmundus  levita  subs. 

Ostremundus  presbiter  subs. 

Eurenus  subdiaconus  subs. 

Winegaudus  diaconus  subs. 

Berto  presbiter  subs. 

Signum  Haregaudo  advocato. 

Signum  Bernardo  vicecomite. 

Signum  Winetmarco. 

Signum  Ermuino. 

Signum  Jonam. 

1.  [Corr.  pour  illius.] 

2.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  31.] 

3.  [Corr.  indiquée  dans  i'iaterligae  :  subscripiionibus  /voir  ci-dessus,  p.  31.] 

4.  [Sur  ceUe  date,  voir  ci-dessus,  p.  33.] 

5.  [Sur  celte  souscription  et  les  suivantes,  voir  ci-dessus,  p.  31-32.] 


VII.  —   LES   ACTES   DES  ÉVÊQDES   DP   MANS.  3^9 

Signum  Turpingo. 
Signum  Ostrevini. 
Signum  Hagenoni. 
Signum  Gauzivinus. 
Serulus  presbiter  subs. 
Signum  Inghilmarus, 
Godalmandus  levita  subs. 

Ego  Ledevaldus  notarius  hanc  precariam  precipiente  InnocenU 
episcopo  scripsi  et  subscripsi''. 

[VI.] 

AIGLIBERTI  PBO  S.  3IAniA  DE  DECIMIS. 

Genuinum. 

692,  juin  9  feria  III. 

[Voir  ci-dessus,  p.  36.] 
God.  Genom.  224,  fol.  63  r». 

In  Dei  nomine  Aiglibertus  episcopus  in  Xpisto  sanctç  aecclesiç 
filiis  hominibus  agentibus  vel  missis  discurrentibus  de  villis  sanct§ 
aecclesiç  de  Media  Quinta,  Trition,  Alnetum,  Detas,  Longa  Aqua, 
Lucduno,  Geneda,  medietale  de  Tredente  et  Vithlena  et  Tauriniaco-. 
Gognoscalis  quod  nos  concessimus  monaslerlo  sanctç  Mariç,  ubi 
Deo  sacrata  Ada  abbatissa  preesse  videtur,  omnes  décimas  de  supra- 
scriptis  villulis,  lam  de  annonis  cum  agrario,  vinum,  fenum,  omnium 
pecuh"um  seu  furmatico  vel  undequç  décimas  redebetur  totum  et  ad 
integrum  ad  ipso  monasterio  censimus,  et  jubemus  ut  absque  ulla 
dilatione  ad  missos  ipsius  dare  faciatis,  et  ut  diximus  ipsam  deci- 
mam  omni  tempore  ipsi  monasterio  habeat  concessum,  et  ut  certius 
credalis  manu  nostra  subter  firmavimus.  Datum  dies  novem  quod 
fecit  mensis^  jul.  in  ann.  II  regni  domni  nostri  Ghlodovei  régis. 

In  Xpisli  nomine  Aiglibertus  acsi  peccator  episcopus  subscripsi. 

1.  [Dans  un  cartouche  :  not.  tir.] 

2.  [Identifications  ci-dessus,  p.  37.] 

3.  [Dans  l'interligne  :  ms\] 


320 


QUESTIONS  MEROVINGIENNES. 


[VII-VIIP.] 


AIGLIBERTI  PRO  S.  MARIA. 


[Voir  ci-dessus,  p.  36  et  suiv.] 


[VII.] 

700,  junio  [?  Voir  ci -dessus, 

p.  42-43.] 

God.  Cenom.  224,  fol.  61. 

In  nomine  domini  nostri  Ihe- 
su  Xpisti,  dilectissime  propinquç 
nostrç  Adrehilde  abbalisse,  Ai- 
gliberlus  Genomannice  urbis  acsi 
indignus  episcopus. 

Qui  pro  limore  alque  divine 
amore  seu  et  reverenlia  sancte 
Dei  genilricis  Marie,  una  cum 
clericis  fratribus  et  consacerdoti- 
bus  ac  sororibus  et  sanctimonia- 
libus  nostris  consensum  preben- 
tibus,  convenit  nobis  ut  in  basi- 
lica  sanetç  Dei  genitricis  Mariç, 
ubi  predictam  propinquam  no- 
slrarn  Adrehildam  abbatissam 
nostra  benivolenlia  et  largitione 
divina  et  virginali  sive  abbatis- 
sali  benedictione  consliluimus, 
et  cum  consensu  ut  diximus  aec- 
clesi<^  nostrc^  consacerdotum  ca- 
nonicorum  sancte  Dei  genitricis 
Marie,  et  sanctorum  martirum 
Gervasii  et  Prothasii,  ad  quo- 
rum aecclesiam  ipsa  cella  sanctç 
Marie  quç  est  construcla  intra 


[VIII.] 

6S3  junio. 
God.  Cenom.  224,  fol.  63  v. 

[I]n  nomine  domini  nostri  Ihe- 
su  Xpisti,  dilectissime  propinquç 
nostrç  Adrehilde  abbatisse,  Ai- 
glibertus  Genomannice  urbis  acsi 
indignus  episcopus. 

Qui  pro  timoré  atque  divino 
amore  seu  reverentia  sanctç  Dei 
genitricis  Marie,  una  cum  ceteris 
fratribus  et  consacerdotibus  ac 
sororibus  atque  sanctimonialibus 
nostris  consensum  prebentibus, 
convenit  nobis  in  basilica  sancte 
Dei  genitricis  Marie,  ubi  predi- 
ctam propinquam  nostram  Adre- 
hildam abbatissam  nostra  beni- 
volenlia et  largitione  atque  divina 
et  virginali  sive  abbatissali  bene- 
dictione cum  constituimus  cum 
consensu  ut  diximus  aecclesiç 
nostre  consacerdotum  canonico- 
rum  sanctç  Dei  genitricis  Marie 
atque  sanctorum  martirum  Ger- 
vasii et  Prothasii,  ad  quorum 
aecclesia  ipsa  cella  sanctç  Mariç 
quç  est  constructa  intra  fluvium 


1.  [Dans  le  manuscrit  de  M.  Julien  Havel,  les  deux  textes  ci-dessous  pré- 
sentent des  traits  et  crochets  au  crayon  encadrant  certains  i)assages  :  il  n'a  pas 
été  possible  de  tenir  compte  de  ces  signes,  qui  n'étaient  peut-être  que  des  points 
de  repère  pour  lui-même.] 


vil.    —   LES   ACTES   DES   EVEQUES   DU  MANS. 


32] 


fluvium  Sarle  eL  murum  civitatis 
reddi  debeanl  institula  servare, 
ut  dum  illius  sanctç  Dei  geni- 
tricis  Marie  sit  voluntas,  si  hu- 
miles   ac  dévoie  ibi   consistant 
sanclemoniales  sub  régula  de- 
gentes  quç  et  suam  prius  dirigant 
conscientiam  et  loci  illius  dele- 
ctabilem  facianthabitationem,  in 
quo  et  nostra  merces  communis 
adcrescat,      et  laus  Domini  de- 
vote  percurret.  Goncedimus  ergo 
hoc  in  presenti  inscriptione  ad 
sanctimoniales  spiritales  ad  père- 
grinas  seu  peregrinorum  ac  pau- 
perorum  usuni,  qui  propterDeum 
sua  dercliquçrunt  loca  vel  sub- 
stantiam,  ut  in  predicto  mona- 
sterio  sanctç  Dei  genitricis  Marie, 
quod  ad  amorem  aecclesiç  Geno- 
mannice   urbis   cui   preesse   ac 
prodesse  debeo  juste  et  legaliter 
pertinet,  et  sub  dominatione  pon- 
lificum  ac  ministrorum  suoruni, 
reddibitiones  et  censa  onerosa  ex 
ipso    monasterio    ad    predictam 
lïiatrem  aecclesiam  persolvuntur, 
sicut  ab  insli^'^toribus  2  et  ditato- 
ribus  ac  fundatoribus  ipsius  mo- 
nasterii    et    a    predecessoribus 
pontiflcibus  hujus  urbis  dudum 
constitulum  est,  actenus  persol- 
vuntur, leviora  et  faciliora  esse 
volumus,    in    qua    etiam    cella 
pdicta^  consanguineam  nostram 
Adrehildem  venerabilem   abba- 
tissam  constituimus  cum  consen- 


Sarte  et  murum  civitatis  reddit 
debeant  institula  servare  * ,  et  con- 
tidimus  ut  dum  illius  sancte  Dei 
genitricis  Marie  sit  voluntas,  si 
humiles  ac  dévote  ibi  consistant 
sanclemoniales   sub   régula  de- 
gentes  quç  et  suam  prius  diri- 
gant conscientiam  et  loci  illius 
delectabilcm    facianl    babitatio- 
nem,  in  quo  et  nostra  merces 
communis  adcrescat,  et  laus  Do- 
mini dévote  percurrat.  Goncedi- 
mus ergo  hoc  in  presenti  inscri- 
ptione ad  sanctimoniales  spi  ri  taies 
vel  peregrinas  seu  peregrinorum 
ac  pauperum  usum,  qui  propler 
Deum  dereliquçrunt  sua  loca  vel 
subslantiam,  ut  in  predicto  mo- 
nasterio   sanctç    Dei    genitricis 
Mariç,  quod  ad  matrem  aeccle- 
siam   Genomannice     urbis    cui 
preesse  ac  prodesse  debeo  juste 
et  legaliter  pertinet,  et  sub  domi- 
natione pontificum  ac  ministro- 
rum  suorum,   reddibitiones  et 
censa  onerosa  ex  ipso  monasterio 
ad  predictam  matrem  aecclesiam 
persolvuntur,  sicut  ab  insti'"to- 
ribus-  et  dictatoribus  ac  funda- 
toribus ipsius  monasterii  et  a 
predecessoribus  nostris  pontifici- 
bus  hujus  urbis  dudum  constitu- 
lum est,  actenus  persolvuntur, 
leviora  et  faciliora  esse  volumus, 
in  qua  etiam  cellam  predictam 
consanguineam   nostram    Adre- 
hildem venerabilem  abbatissam 
preesse  constituimus  cum  con- 


1.  ["instituta  seruare  "debeant,  avec  signes  d'interversion. 

2.  Sic  [dans  l'un  et  l'autre  document]. 

3.  Sic. 

^894 


24 


322 


QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 


SU  sacerdotum  nostrorum  ut  et 
ibi  in  Xpisti  nomine  predicta  ab- 
batissa  consanguinea  nostra  at- 
que  celere  sanclemoniales  tam 
infra  urbem  quam  et  secus  juxta 
ecclesiam  predictam  sanctç  Dei 
genitricis  Marie  secundum  regu- 
lam  et  nunc  quando  idem  vivere 
debeant,  et  quandocumque  eis 
abbatissa  predicta  sive  alia  de- 
functa  fuerit  cum  consensu  et 
institutione  jamdicte  urbis  epi- 
seopi  eligant  aliam  quam  utilio- 
rem  ex  semet  ipsis  ad  suas  ani- 
mandas  conservandas  et  regendas 
a  Deo  opitulante  salvandas  inve- 
nerint.  Et  ita  nunc  tam  eam  quam 
et  alias  quç  preesse  vise  fuerint 
seu  ipse  sanctimoniales  ibi  sub 
régula  degentes  commonemus  ut, 
sicut  reliqua  monasteria  régula 
quç  sub  ordine  régule  retins  de- 
gunt,  simili  ter  et  predictum  cc- 
nobium  sanctimonialium  sub  po- 
testate  et  regimine  prefate  urbis 
episcopi  degunt\  et  regulam  in 
eo  Omnipotens  conservet,  et  nos 
taliter  vos  vel  vestros  quicumque 
illius  aecclesit^  sint  exauctores 
omnino  commonemus  ut  non  a 
vobis  onerosa  aut  aliqua  gravia 
injuncta  a  prcfixo  locello  requi- 
rantur,  sed  opéra  vestimentorum 
atque  quç  ad  sanctimoniales  per- 
tinet  faciendum  vel  vestimenta 
aecclesiastica  aut  pontilîcialia  la- 
vanda  vel  restauranda  dcbent 
faccrc  studeant,  ut  régula  san- 


sensu  sacerdotum  nostrorum  ut 
et  ibi  in  Xpisti  nomine  predicta 
abbatissa  consanguinea  nostra 
atque  cetere  sanctemoniales  tam 
infra  urbem  quam  et  secus  juxta 
aecclesiam  predicte  sancte  Dei 
genitricis  Marie  secundum  regu- 
lam et  nunc  et  quandoquidem 
vivere  debeant,  et  quandocumque 
eis  abbatissa  predicta  sive  alia 
defuncta  fuerit  cum  consensu  et 
institutione  jamdicte  urbis  epi- 
scopi eligant  alteram  qualem  uti- 
liorem  ex  semet  ipsis  ad  suas 
animas  conservandas  et  regendas 
ac  Deo  opitulante  salvandas  in- 
venerint.  Et  ita  nunc  tam  eam 
quam  et  alias  quç  preesse  inse 
fuerint  seu  ipsas  sanctemoniales 
in  ibi  sub  régula  degentes  com- 
monemus ut,  sicut  reliqua  mo- 
nasteria quç  sub  ordine  régule 
rectius  degunt,  similiter  et  pre- 
dictum cenobium  sanctimonia- 
lium sub  potestate  et  regimine 
prefale  urbis  episcopi  degat<  et 
régula  in  eo  omni  tempore  con- 
servetur,  et  nos  taliter  vos  vel 
vestros  quicumque  ipsius  aeccle- 
siç  sint  cxactoris  omnino  com- 
monemus et  non  a  vobis  onerosa 
censa  aut  aliqua  gravia  injuncta 
a  prefixo  locello  requirantur,  sed 
opéra  vestimentorum  atque  alia 
quç  ad  sanctimoniales  pertinet 
faciendum  vel  vestimenta  aeccle- 
siastica sive  pontificalia  lavanda 
vel  restauranda  libenter  facere 
studeant,  ut  régula  sanctiraonia- 


1.  [Correction  clans  l'interligne,  applicable  aux  deux  textes,  qui  dans  le  manus- 
crit de  M.  Julien  Ilavet  sont  disposés  parallèlement  :  regant.] 


VII.    —    LES   ACTES    DES    EVEQDES    DU    MANS. 


323 


ctimonialium  propter  censa  vel 
exacta  gravia  pontificum  vel  mi- 
nistrorum  suorum  inibi  non 
negligetur,  sed  ut  a  nobis  con- 
slitutum  est,  ita  omni  tempore 
conservetur.  Et  posteros  nostros 
qui  in  ordine  pontificum  in  bac 
sede  futuri  sunt  bumiliter  postu- 
lamus  ut  quod  a  nobis  statutum 
est  ab  illis  non  violetur,  et  sicut 
institutiones  eorum  conservatas 
esse  voluerint,  ita  et  nostra  con- 
servent, ut  liceat  ibidem  consti- 
tutis  sanctimonialibus  sub  sancto 
ordine  et  sub  régula  conversare 

et  pro  nobis  vel  omni  populo 
Domini  misericordiam  exorare. 

Et  ut  hic  scriptus  ad  invicem 
privilegii  futuris  temporibus  ha- 
beatur,  Monemus  ut  sanctum  or- 
dinem  custodiant  et  omni  tem- 
pore sanctç  et  regulariter  in  Dei 
nomine  inibi  resideant  et  assidue 
lectionibus  vel  sanctis  meditatio- 
nibus  et  orationibus  vacent.  Ro- 
gamus  ^  ergo  ac  contestamus  co- 
ram  Deo  et  angelis  ejus  omnes 
reges,  principes,  potestates,  do- 
minationes,  consules,  proceres 
sive  comités  atque  cunctos  po- 
tentes  et  nobiles  seu  procurato- 
res  ut  hoc  privilegium  a  nobis 
consensura  per  eorum  ac  consa- 
cerdotum  nostrorum  factum  non 
frangant  neque  corrumpant  aut 
quomodo  violent  seu  deluterent 
aut  in  aliquo  modo  corrumpant, 
sed  ut  sanctemoniales  in  predi- 
cto  loco  seu  cenobio  in  amore  Do- 


lium  propter  censa  vel  exacla 
gravia  pontificum  vel  ministro- 
rum  suorum  inibi  non  neglegan- 
tur,  sed  ut  a  nobis  constitutum 
est,  ita  omni  tempore  conserve- 
tur. Et  posteros  nostros  qui  in 
ordine  pontificum  in  hac  sede 
futuri  sunt  bumiliter  postulamus 
ut  quod  a  nobis  statutum  est 
ab  illis  non  volvetur,  et  sicut 
institutiones  eorum  conservatas 
essç  voluerint,  ita  et  nostras 
conservent,  ut  liceat  ibidem 
constitutis  sanctimonialibus  sub 
sancto  ordine  et  sub  régula  con- 
versare et  pro  nobis  vel  omni 
populo  Domini  misericordiam 
exorare.  Et  ut  hic  scriptus  ad 
vicem  privilegii  futuris  tempori- 
bus habeatur,  monemus  ut  san- 
ctum ordinem  custodiant  et  omni 
tempore  sanctç  et  regulariter  in 
Dei  nomine  inibi  resideant  et 
assidue  lectionibus  vel  sanctis 
meditationibus  et  orationibus  va- 
cent. Rogamus^  ergo  ac  conte- 
stamus coram  Deo  et  angelis  ejus 
omnes  reges,  principes,  potesta- 
tes, dominationes,  consules,  pro- 
ceres sive  comités  atque  cunctos 
potentes  et  nobiles  seu  procura- 
tores  ut  hoc  privilegium  a  nobis 
per  consensura  episcoporum  ac 
consacerdotum  nostrorum  factum 
non  frangant  neque  corrum- 
pent  aut  quomodo  violent  seu 
deluderent  aut  in  aliquo  modo 
corrumpant,  sed  ut  sanctemo- 
niales in  predicto  loco  seu  ceno- 
bio in  amore  Domini  nostri  Ihesu 


1.  [Sur  celle  formule,  voir  ci-dessus,  p.  38,  n.  2.] 


324 


QUESTIONS  MEROVINGIENNES. 


mini  nostri  Ihesu  Xpisli  et  san-  XpisLi  et  sancte  Dei  genitricis 

de  Dei  genitricis  Marie  quiète  et  Marie  quiète  ac  regulariler  abs- 

regulariter  absque  ulla  vexatione  que  uUa  vexatione  aut  marri- 

aut  raarritione  securiter  sancte  tione  secure  et  sanctç  vivere  per- 

viverc  perraittanl.  mittant. 


Actum  Cenomannis  civitate  in 
mense  junio  ann.  VI  regni  do- 
mni  nostri  Hildeberti  gloriosissi- 
mi  régis. 

In  Xpisti  nomine  Aiglibertus 
acsi  peccator  episcopus  subscripsi. 

Thaiusius  abbas  subscripsi. 

Sarromalus  subscripsi. 

Ursus  nomine  non  opère  pre- 
sbiter  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Bertoaldus 
abbas  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Lundulfus 
archidiaconus  subscripsi. 

Demicione  diaconus  subscripsi. 

Maurentinus  jubenle  domino 
meo  subscripsi. 

Ego  Bertigeselus  peccator  ju- 
bente  domino  meo  scripsi  et  sub- 
scripsi. 


Unde<  domnorum  episcopo- 
rum  et  metropolitanorum  artium 
sedes  tenentium  sufTragia  possi- 
mus  ut  adhibeant  mercedem  et 
hoc  sanctum  privilegium  cum 
societate  beatitudinis  et  consen- 
tire  atque  adfirmare  una  nobis- 
cum  non  dedignentur. 

Iterum  vos  domnos  pontifîces 
humiiiter  dcprecor  ut  hoc  privi- 
legium a  me  factum  vestris  ma- 
nibus  roborare  et  subscribere 
caritatis  causa  atque  benivolen- 
tia  dignemini.  In  Xpisti  nomine 


1.  [Sur  celte  clause,  voir  ci-dessus,  p.  39. J 


VII.    —   LES   ACTES   DES   ÉVÊQUES   DU  MANS.  325 

Aiglibertus  acsi  peccator  episco- 
pus  hoc  privilegium  devoUssime 
a  me  factum  libenter  subscripsi. 

Hilbertus  '  etsi  peccator  episco- 
pus  hoc  privilegium  subscripsi. 

Landebertus  gratia  Dei  episco- 
pus  hoc  privilegium  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Landebertus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Blidramnus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium subscripsi. 

Gosenus  peccator  episcopus 
hoc  privilegium  subscripsi. 

In  Dei  nomine  Prothasius  acsi 
peccator  episcopus  hoc  privile- 
gium subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Datbertus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium subscripsi. 

Opidus  acsi  peccator  episcopus 
hoc  privilegium  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Herlingus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Berarius  acsi 
peccator  episcopus  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Aiglibertus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegio  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Aclaldus 
acsi  peccator  episcopus  sub- 
scripsi. 

Rigobertus  peccator  episcopus 
hoc  privilegium  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Adalbertus 
peccator  episcopus  hoc  privile- 
gium subscripsi. 

Abbo  misericordia  Dei  episco- 
pus subscripsi. 

1.  [Sur  celle  souscriplion  et  les  suivantes,  voir  ci-dessus,  p.  40.] 


326  QDESTIO-NS   MÉROVINGIENNES. 

In  Xpisti  nomine  Hermenarius 


13 


peccalor  episcopus  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Vindilianus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Burgoardus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium  subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  Aquilinus 
acsi  peccator  episcopus  hoc  pri- 
vilegium  subscripsi. 

Theodefredus  acsi  peccator 
episcopus  hoc  privilegium  sub- 
scripsi. 

In  Xpisti  nomine  Frambertus 
episcopus  hoc  privilegium  sub- 
scripsi. 
Ondingus  episcopus  subscripsi . 
Berulfus  episcopus  hoc  privi- 
legium subscripsi. 

Hadegarius  acsi  peccator  epi- 
scopus hoc  privilegium  sub- 
scripsi. 

Theodegarius  acsi  peccalor 
episcopus  hoc  privilegium  sub- 
scripsi. 

In  Xpisti  nomine  Autsmus^ 
acsi  peccator  episcopus  sub- 
scripsi. 

In  Xpisti  nomine  Erleharius 
acsi  peccator  episcopus  sub- 
scripsi. 

In  Dei  nomine  Havingis  acsi 
peccator  episcopus  hoc  privile- 
gium subscripsi. 

In  Xpisti  nomine  CIcmens  epi- 
scopus hoc  privilegium  sub- 
scripsi. 

In  Xpisti  nomine  Raganteus 
acsi  peccalor  episcopus  hoc  pri- 
vilegium subscripsi. 


[Dans  l'interligne  :  ou  Autsinus.  En  marge  :  mitsm^] 


vil.    —   LES  ACTES   DES   e'VÊQUES  DU   MANS.  327 

Hadoaldus  peccator  episcopus 
hoc  privilegium  subscripsi. 

In  Dei  nomine  Winichariis  ab- 
bas  subscripsi. 

In  Dei  nomine  Hadoindus  ar- 
chidiaconus  subscripsi. 

In  Dei  nomine  Sado  Xpisti  liu- 
milis  subscripsi. 

Actum  Genomannis  civitate  in 
mense  junio  anno  XI  régnante 
domno  Theodorico  gloriosissimo 
rege. 

Ego  Bodolenus  emmanuensis 
subscripsi. 

[IX.] 

THEODOmCI  PRO  AIGLIBERTO  DE  S.  MARIA. 

[Mercredi  5  mars  676.] 

[Voir  ci-dessus,  p.  44  et  suiv.] 
God.  Cenom.  224,  fol.  63  v». 

Theodericus  rex  Prancorum  vir  illuster<. 

Si^  peticionibus  sacerdotum,  quod  et  ad  eorum  oportunitatem 
perlinet,  libenter  prestamus  augmentum,  regiest^  in  hoc  exerce- 
mus  consuetudinem  et  hoc  nobis  ad  laudem  vel  ad  salutem  aeternam 
et  stabilitatem  regni  nostri  in  Dei  nomine  perlinere  confidimus. 
Igitur  apostolicus  vir  domnus  AigUbertus  Genomannice  urbis  episco- 
pus missa  peticione  démentie  regni  nostri  credidit  subgerendum 
ut  constitutionem  quam  propter  amorem  Dei  et  elemosinam  nosiram 
constituerai  per  consensum  conprovincialium  episcoporum  sive  con- 
sacerdotum  ac  canonicorum  suorum,  in^'  monasterio  sanctç  Dei geni- 
tricis  Marie  quod  est  constructum  intra  ftuvium  Sarte  et  murum 
civitatis,  tam  extra  murum  quam  et  infra  ipsius  civitatis  munitio- 
nem,  quod  ad  matrem  aecclesiç  sanctç  Mariç  et  sancti  Gervasii  et 

1.  [Lire  viris  inlusiribus  :  ci -dessus,  p.  45.] 

2.  (Sur  cet  exorde,  voir  ci-dessus,  p.  45.] 

3.  [L'autographe  de  M.  Julien  Havet  donne  regiest,  avec  s  formée  par  relouche, 
barré  et  suivi  d'un  regiest  très  lisible.] 

4.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  50.] 


328  QUESTIOJJS   MEROVINGIENNES. 

Prothasii ,  cui  preesse  videtur ,  jure  aecdesiastico  pertimt ,  et  per 
scriptionis  firmitatem  predecessorum  suorum  temporibus  sub  censu 
firmiter  et  legaliter  delegatum  esse  cognoscitur,  postulavii  ut  firmi- 
tatis  causa  nostra  regali  confirmetur  censura.  Cujus  peticioni  nos 
assensum  preberdes  et  eandem  suam  constitutionem  nostra  auctori~ 
tate  confirmantes  hoc  <  preceptum  fieri  jussimus,  et  per  hanc  aucto- 
rltalis  nostre  inscriptionem  percipimus  ut  sicut  a  predicto  venerabili 
et  apostolico  vira  Aigliberio  Cenomannice  urbis  episcopo  est  consti- 
tutum  vel  sicut  in  ejus  continetur  scriptatam'^,  deinceps  nostris  et 
futuris  temporibus  sub^  jure  et  dorninatione  prefate  Cenomannice 
senioris  urbis  aecclesi»^  sanctemonialibus  inibi  degentibus  et  paupe- 
ribus  ac  peregrinis  stipendiarie  ^,  dispo7iente  atque  ordinante  pre- 
fate urbis  episcopo  ac  deccssoribus  suis  et  abbatisse  quam  ipse  sive 
successores  sui  in  eodem  monasterio  constituerunt ,  sub^  régula  exi- 
stant ac  regulariter  vivant  et  plena  eis  régula  conservetur.  Et  res  ad 
predictum  m.onasterium  pertinentes  monemus  ut  ®  neque  nos  neque 
successores  nostri  aut  qualibet  expelentibus  vel  exactoribus  prefati 
regni  au  ferre  aut  alienare  a  jure  et  dorninatione  jamdicte  mairis 
Cenomannice  urbis  aecclesie  aut  propter  benivolentiam  vel  leviora- 
tionem  seu  servicii  p?-efratres  domini  et  apostolici  viri  Aiglibertus 
episcopus  aliqua  succédât  occasionem,  aut  qualiter'  caliditate  vel 
malo  injenio  machinetur,  ut  a  juga  prefate  aecclesie  ex  hac  nostra 
benivolentia  ipsum  monasteriolum  auferatur  vel  alienatur  sive  aliquo 
modo  subtrahatur,  sed  injure  et  potestate  sepedicte  matris  aecclesiç 
aut  pontificum  inibi  Deo  degentium  preseniibus  atque  futuris 
permaneat  temporibus  neque  aliquo  modo  quicquam  auf erre  vel  prê- 
ter ire  présumai^  sed  prefati  episcopi  constitutionem  sicut  ab  illo  con- 
stitulum  et  a  nobis  confirmatum  est  per  diulurna  tempora  inviolabi- 
liter  in  augmentum  sancte  Dei  aecclesie  et  inconvulse  omnes  reges 
et  principes  vel  exactores  regni  persistere  aut  permanaere  sive  perdu- 
rare  omni  tempore permaneat^ .  Et  uthçc  preceptio  firmior  habcalur 
vel  per  diulurna  lempora  a  nobis  vel  a  successoribus  nostris  in 
mclius  conservetur,      nostris  subscriptionibus  decrevimus  roborare. 

1.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  46.] 

2.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  script[o,  éjte.] 

3.  ['SiUT  sub  jure...  aecclesiç,  voir  ci-dessus,  p.  50.] 

4.  [Sur  stipendiarie^  voir  ci-dessus,  p.  47-49.] 

5.  [Sur  sub  régula...  conservetur,  voir  ci-dessus,  p.  50.] 

6.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  50.] 

7.  [Correction  indi(juée  dans  l'interligne  :  qualibet.] 

8.  [Sur  cette  fin  de  phrase,  voir  ci-dessus,  p.  49.] 


Vir.    —  LES   ACTES   DES   e'vÉQDES   DU   MANS.  329 

In  Xpisti  nomine  Theodericus  rex  félicitera 
Audofredus  jussu  subscripsi^. 

Datum  quod  fecit  mensis  mr.  v  ann.  regni  nostri  III  in  Conpendii 
palacio  noslro  hu  nomine^  féliciter. 

[X.] 
THEODORICI  PRO  AIGLIBERTO  DE  THUSPHIACO. 

Genuinum  (v.  K.  Pcrtz). 

[Jeudi  6  déc.  675.] 

[Voir  ci-dessus,  p.  51  et  suiv.] 
God.  Genom.  224,  fol.  62. 

Theodericus  rex  Francoriim  vir  illuster ''. 

In  hoc  semper  regalis  celsitudo  débet  prospicere  ut  quodcuraque 
contra  Dei  decretum  vel  instituta  patrum  fuit  actum,  debeat  esse 
reslauratum.  Ideoque  ad  aures  clementiç  nostrç  fuit  patefactum  eo 
quod  Ulphaldus  et  Ingobertus^  obtimates  nostri  illustri  Deo  sacrata 
Adidola  abbatissa  seu  et  génitrice  sua  Ingane,  quç  in  monasterio 
puellarum,  quod  in  honore  sanctç  Marie  vel  ceterorum  domnorum 
in  loco  nuncupante  [TJhusphiaco*'  constructum,  una  cum  turba  plu- 
rima  monacharum  sub  sancta  régula  conversare  videntur,  vel  ipsa 
congregatione ,  tale'^  testamentura  facere  coegisset,  ut  quod- 
cumque  predicti  viri  ad  ipsas  ancillas  Dei  facere  ordinabant,  aiiud 
nuUatenus  pontificium  faciendi  haberent,  nisi  presentaliter  in  per- 
petuum  ut  omni  terapore  jussionem  de  qualibet  causa  facere  et 
adimplere  deberent.  Etcontra  vero  asserebat  vir  apostolicus  Aigli- 
bertus  Genomannice  urbis  episcopus  quod  predictum  monasterium 
suç  sedis^  aecclesiç  esse  deberet,  et  Loppa  Deo  sacrata  relicta  vide- 
licet  Egigni  illud  ibidem  legibus  tradidisset,  oslendensque  nobis 
strumenta  cartarum,      quç  predicta  Loppa  de  jamdicto  monasterio 

t.  [Lire  subscripsi  :  ci-dessus,  p.  45.] 

2.  [Lire  jussus  optolit  :  ci-dessus,  p.  46.] 

3.  [Lire  in  Dei  nomine  :  ci-dessus,  p.  46.] 

h.  [M.  Julien  Havet  entendait  certainement   corriger   :    viris   inlustribua. 
Ci-dessus,  p.  45.] 

5.  [Sur  Ingobert,  voir  ci-dessus,  p.  54.] 

6.  chusphiaco  C.  [Voir  ci-dessus,  p.  5[.] 

7.  |Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  52.] 

8.  [Expression  suspecte  :  ci-dessus,  p.  54.] 


330  QUESTIOÎVS  MÉROVnGIEN^VES. 

Genomannice  malris  aecclesiç  perpetualiter  tenendum  et  aecclesia- 
stice  dominandum  ac  possidendum  fuerit^  quç  et  ante  nos  relicta-  et 
adprobala  a  memorato  Achilberto  et  a  suis  minisiris  sunt  legibus 
evindicata,  etiam  hoc  ab  eo  et  a  suis  ministris^  legibus  adprobatum, 
in  conspectu  nostro  et  procerum  ac  fidelium  nostrorum,  quod 
jamdictum  monasterium  in  jus  et  potestatem  suç  seclis''  aecclesiç 
presentibus  et  futuris  temporibus  juste  ac  legibus  debeat  perma- 
nere.  Quam  ob  causam"peciit  clementiam  nostram  memoratus  pon- 
tifex  ut  quod  tam  manifestis  indiciis  declaratur,  nostra  assensione 
immo  actoritate  rôboretur^,  cujus  peticionibus  pro  amore  Dei  et 
ejusdem  sancti  loci  aurera  accommodamus,  et  banc  preceptionem 
eis  suisque  per  tempora  successoribus ,  jamdicte  sanctç  congre- 
gationis  fieri  ac  dari  jussimus,  ut  firraius  futuris  temporibus  omni 
scilicet  remola  questione  tam  predictorum  virorum  quam  et  cujus- 
libet  persone  memorata  Cenomannica  înater  aecclesia  ^,  quç  est  con- 
structa  et  dedicata  in  honore  sancte  Marie  et  postea  inmajorata  in 
sanctorum  martirum  Gervasii  et  Prothasii'',  ejusque  pontifices  atque 
rectores,  sepedictmn^  monasterium  cum  otnnibus  ad  se  pertinentibus 
vel  aspitientibus  tenere  et  aecdesiastice  valeatper  tempora ^o55^■c?ewc?o 
gubernare.  Sed  dum  nosunacum  consensu  pontiflcum  vel  optima- 
tum  nostrorum,  quod  hçc  causa  vel  ipsa  caria  contra  Dei  decretum  vel 
institutapatrumaut  normam  régule  ferat  actum,  dum  sub  ditione  et 
regimine  predicti  pontificis^^  cui  jamdictum  monasterium  ut  pre- 
scriptum  est  et  suç  sedis^^  aecclesiç  legibus  pertinet,  quod  et  a  nobis 
enucleatum^^  est  perscrulandum^-^  et  préfixe  monache^^  quiète  in  ipso 
tnonasterio  vel  predicta  congregatione  sub  polestate  et  dominatione 
antedicti  pontificis^^  degere  debeant,  ideoque  presenti  preceptione 
decernimus,      et  omnino  jubemus,      ut  si  ullo  umquam  tempore 

1.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  \ec\.  C'est-à-dire  fecerit.] 

2.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  [e].  Relecta.] 

3.  [En  marge  :  «  et  suis  ministris  »  interpolationem  olet.j 

4.  [Ci-dessus,  p.  329,  n.  8.] 

5.  [Sur  cette  faute  de  prosodie,  voir  Bibl.  de  l'Éc.  des  ch.,  1893,  p.  643,  n.  2.] 

6.  [Expression  suspecte  :  ci-dessus,  p.  54.] 

7.  [Suspect  pour  le  fond  :  ci-dessus,  p.  54. J 

8.  [Expression  suspecte  :  ci-dessus,  p.  54.] 

9.  [Suspect  pour  le  fond  :  ci-dessus,  p.  54.  | 

10.  [Ci-dessus,  p.  329,  n,  8.] 

11.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  [i\.  Enucleatim.  Ci-dessus,  p.  54.] 

12.  [Lire  perscrutatum.  Ci-dessus,  p.  54.] 

13.  [Expression  suspecte  :  ci-dessus,  p.  53-54. J 

14.  [Suspect  pour  le  fond  :  ci-dessus,  p.  54. J 


Vir.    —  LES  ACTES   DES   e'VÊQUES   DD   MANS.  331 

ipsa  carta  aut  alius  qualiscunque  strumentus,  de  nomine  predi- 
clorum  viroriim,  contra  predictum  pontificem  vel  ejus  abbalissa 
nomine  Odilane  vel  génitrice  sua  Ingane  vel  [ipsara  congregationem 
predicti  monasterii  proferebantur,  vacuas  et  inanis  permanirent  et 
nullum  sortirentur  effecturn,  sed  predicta  abbatissa  veH]  ipsa 
congregatio  orani  tempore  absquecujuslibet  impedimento  vel  supra- 
dictorum  virorum ,  quietas  in  ipso  raonasterio  sito  in  pago  Genoman- 
nico  Chusphiaco^  constructo  debeant  residere,  vel  sub  sancta 
régula  ibidem  conversare,  et  pro  statu  aecclesiç  et  sainte  patrie 
seu  pro  stabilitate  regni  nostri  perhenniter  ibidem  debeant  exorare. 
Et  ut  hçc  auctoritas  firmior  habeatur,  et  in  omnibus  et  ab  omni- 
bus conservetur,  manus  nostre  subscriptionibus  subter  eam  decre- 
vimus  roborare. 

In  Xpisti  nomine  Theodericus  rex  subscripsi. 

Gundinus  jussus  obtulit  et  subscripsit^. 

Datum  quod  fecit  mense  decbr.  d.  vi  ann.  III  regni  nostri  Gom- 
pendio  in  palacio  nostro  in  Dei  nomine  féliciter  amen. 

[XL] 
BERARll  PRO  HËRLEMUNDO  DE  CALADUNNO\ 

Genuinum. 

740  octobr.  2\  fer.  III. 

[Voir  ci-dessus,  p.  54  et  suiv.] 
God.  Cenom.  224,  fol.  66  r. 

In  nomine  Patris  et  Filii  et  Spiritus  sancti. 

Cum  divinitate  propicia  dono  Dei  acsi  indignus  ego  Berarius  ^ 

1.  [Bourdon  du  copiste.  Sur  la  partie  de  texte  rétablie  entre  crochets,  voir 
ci-dessus,  p.  53.] 

2.  jLire  Thusphiaco  :  ci-dessus,  p.  51,  53.] 

3.  [Supprimer  et  subscripsit  :  ci-dessus,  p.  54.] 

4.  [Autre  tilre  rédigé  par  M.  Julien  Havet,  mais,  à  ce  qu'il  semble,  antérieu- 
rement :  Berarii  [episcopi  Redonensis]  pro  Chrodegario  et  Herlemundo  epi- 
scopo  de  Caladunno.  —  La  copie  de  cette  pièce  est  précédée  des  extraits  sui- 
vants :  «  224,  fol.  66  r°  :  Exemplar  testanienti  quod  Berarius  nobilis  Cenomannice 
urbis  episcopus  de  monasteriolo  Caledon  sancte  Cenomannice  matris  aecclesiç 
suo  in  tempore  fecit,  quod  ideo  in  bis  gestis  pontificalibus  inserere  placuit...  » 
«  224,  fol.  65  v°,  col.  2,  dernières  lignes  :  Amen.  In  fine  itaque  bujus  parve 
ejus  comraemorationis  id  est  Herlemundi  predicti  episcopi  in  comparatione 
magnorum  quÇ  egit.  (Aucun  signe  matériel  de  lacune.)  »] 

5.  [Sur  Berarius,  probablement  évéquc  de  Rennes,  voir  ci-dessus,  p.  55-57.] 


332  QUESTIONS  MEROVINGIENNES. 

vocor  episcopus,  deliberavi  ut  quicquid  michi  Deus  tam  de  propria 
parentum  substantia  quam  et  nostra  utiliter  conquirere  vel  attrahere 
usque  nunc  potuimus,  aut  inantea  auxiliante  Deo  attrahere  potueri- 
mus,  unde  testamentum  et^  Caladunno^  monasterio,  quod  nostro 
opère  aedificavimus ,  de  omnibus  rebus  nostris,  quod  est  in  pago 
Genomannico  consLruclum  in  condita  Diablentica  in  honore  sancte 
Marie  et  sancti  Pétri  constructum,  ubi  Gagliberta  abbatissa  preesse 
videtur,  prope^  illas  abbatias  vel  bénéficia  quç  de  ratione  sancti  Ger- 
vasii  in  beneficio  habeamus-',  hoc  sunt  Busogilo  monasterio  cura 
appendiciis  suis,  Prisco  Siccino  monasterio,  Diablentis^  illo  mona- 
sterio sancti  Martini,  et  cclla  sancti  Victuri^  quç  est  infra  murum 
Cenomannis  civitate  constructa,  hçc  loca  superius  nominata  cum 
omnibus  adjacentiis  vel  appendiciis  earura  et  aha  loca  quç  pro  bene- 
ficio aecclesie  tenemus,  Bisigario,  Patriniaco  et  Munto,  sicut  diximus, 
propter  ista  loca  que  ad  Galadunno  non  firmavimus,  nos  quoque 
omnibus  rebus  nostris  hoc  plena  et  intégra  voluntate  ad  monaste- 
rium  prefatum  ad  Galadunno  ejusque  congregationi  in  Dei  nomine 
consistent!  firmavi  et  firmatum  in  perpetuum  esse  volo,  undecumque 
nostrum  testamentum  loquitur  vel  nostra  videtur  esse  possessio, 
ad  prefatum  monasterium  ad  Galadunno  volo  esse  firmatum  alque 
concessum.  Ea  ratione  dum  cognitum  est  quod  vir  illuster  Grode- 
gario^  dux  de  inferendis  vel  undicunque  juvamen  nobis  pres^are^ 
non  cessât,  vel  adjutorium  tam  nobis  quam  ipsi  case  facit  et  in 
anlea  facere  disponit,  convenit  nobis  ut  fllia  sua  Godilde''  in  ipso 
monasterio  superius  nominato  pro  hujus  merito  post  discessum 
ipsius  Gagliberlene  instituere  vel  confirmare  deberemus  abbatissam, 
quod  et  ita  fecimus,  ut  tempore  vitç  su*^,  quamdiu  ei  Deus  spa- 
cium  dederit,  secundum  Deum  et  sanclam  regulam  tempore  vitç 
suç  in  ipso  monasterio  abbatissa  esse  debeat  et  sub  regimine  ipsius 
domni  Berarii  quamdiu  advivit  et  neque  nos  neque  successores  no- 
stri  nec  ullus  quislibel  quamdiu  ipsa  advivit  de  ipsa  abbatia  vel  de 
ipso  monasterio  nec  dismanandum  nec  distrabandum^*'  ad  hoc  facien- 

1.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  ad.] 

2.  [Sur  Chàlons,  voir  ci-dessus,  p.  57.] 

3.  [Dans  l'interligne  :  «  intell,  praeter.  »  Ci-dessus,  p.  58,  n.  1.] 

4.  [Sur  cette  phrase,  voir  ci-dessus,  p.  55.] 

5.  [Jublains  :  ci-dessus,  p.  55,  57.] 

6.  [Saint-Victur  au  Mans  :  ci-dessus,  p.  55.] 

7.  [Sur  Grodegario  ou  Crodegarius,  voir  ci-dessus,  p.  58.] 

8.  [La  leçon  du  manuscrit  est  indiquée  dans  l'interligne  :  pr'are.\ 

9.  IChrodéilde,  fille  de  Crodégaire  :  ci-dessus,  p.  58.] 
10.  \Sic  dans  l'autographe  de  l'auteur;  cf.  p.  333,  1.  15. | 


VII.   —   LES   ACTES   DES   e'vÊQUES   DD   MANS.  333 

dum  non  habeal  pontificium.  Et  convenit  nobis  ut  post  nostrum 
discessum  domnus  Herlemundus^  aut  alius  pontifex  Cenomannice 
ad  ipsum  monasterium  in  manu  regendum  vel  gubernandum  aut 
abbatissam  post  discessum  memorate  Ghrodeilde  intromiltendo,  ut 
in  finem  super  eorum  ordo  custodiatur  et  perhenniler  coiiserve- 
tur.  Quia  dum  cognitum  est  quod  domnus  Herlemundus  abba- 
tias  vel  benefîcialia  aecclesiastica  superius  nominale,  etlam  ad 
diem  presenlem  nobis  Canariago  ad  usum  benefîciorum  deditum- 
tanta  bénéficia  nobis  concessit,  pro  hujus  merito  convenit  nobis  sicut 
superius  nominatas^  diximusut  ipsum  monasterium  Galadunno  post 
nostrum  discessum  ipse  pontifex  aut  successores  sui  ad  regendum 
vel  gubernandum,  sicut  et  alia  monasteria  quç  dum  in  sua  parrochia 
habent  privilégia,  ita  et  in  ipso  habeat  pontificium,  ut  dum  advivimus 
ipsa  bénéficia  abbatissa'*  de  ipsum  monasterium^  in  altero  manus 
non  habeamus  pontificium  nec  distrahandum  nec  commendandum, 
nisi  sicut  diximus  semper  sub  regimen  sancti  Gervasii  ejusque  ponti- 
ficis  post  nostrum  discessum  esse  debeat,  ut  illa  bénéficia  superius 
nominata  quae  pro  beneficio  domno  Herlemundo  vel  aecclesiç  suç 
vel  aliorum  tenemus,  post  nostrum  discessum  cum  omni  re  imme- 
liorata  absque  uUius  segregatione  ipse  pontifex  aut  successores  sui  a 
partibus  aecclesiç  sancti  Gervasii  in  eorum  faciant  revocare  domina- 
tionem  vel  potestatem.  Et  convenit  nobis  ut  nullus  ex  nobis  de  bac 
convenientia  quod  superius  comprehensum  nullus  contra  pares  pro 
qualibet  ingeniositate  articulum  emutare  non  possit  ;  qui  hoc  fecerit 
aut  contra  parem  suum  calumpniator  adsisterit,  quantum  et  alia  tan- 
tum  quantum  res  ipsas  eo  tempore  immelioratas  vadere  videntur,  tam 
Çrodegarius  quam  et  domnus  Herlemundus  vel  domnus  Berarius,  qui 
contra  hoc  emutare  voluerit,  teneatur  obnoxius;,  et  quod  repetit 
nichil  vindicet  ;  sed  presentares  ^  epistolas  uno  tenore  conscriptas, 
una  quam  domnus  Herlemundus  in  archa  aecclesiç  suç  pro  se  retineat, 
et  alia  quam  domnus  Berarius  in  monasterio  suo  habeat,  et  ter- 
cia  quam  vir  illuster  Çrodegarius  ad  opus  filiç  suç  Grodehilde  habere 
debeat,  quam  vero  manus  eorum  inter  se  has  epistolas  tam  ipsi  vel 
eoncivibus  suis  visi  fuimus  confirmasse. 

1.  [Herlemundus,  évêque  du  Mans  :  ci-dessus,  p.  55,  57.J 

2.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  dédit  vel.\ 

3.  [Au-dessous  de  nominatas,  des  parenthèses  destinées  à  enfermer  une  anno- 
tation qui  n'a  pas  été  écrite.) 

4.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  abbaiiasque.] 

5.  [Ipsum  monasterium.  Sous  chacun  de  ces  deux  mots  :  «  corrigé  en  o.  »] 

6.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  [ter  très],  c'est-à-dire  T^resen/er  ires.] 


334  QUESTIONS   MÉROVINGIENNES. 

Aclum  Marogilo  villa  ^  in  anno  XVI  régnante  domino  Ghildeberto 
rege  nostro,  xii  kl.  novb. 

In  Xpisti  nomine  Berarius  episcopus  hanc  epistolam  a  me  factam 
subscripsi. 

[XII.] 

HERLEMUNDI  PRO  S.  AUDOENO. 

Genuinum. 
?7i3jan.  \  (?) 

[Voir  ci-dessus,  p.  58  et  siiiv.] 

God.  Genom.  224,  fol.  67  v  :  «  Sequitur  exemplar  testamenti  ejus- 
dem  domni  Herlemundi  quod  fecit  sinadochio  sancti  Audoenijuxta 
urbem  quod  a  novo  fundavit  et  ex  quibus  rébus  illud  dotavit,  et 
qualiter  monachos  inibi  instituit,  sicut  in  eo  habetur  insertum, 
quod  supradicto  pretextu  et  hic  insérera  libuit. 

Dagobertus^  rex  Francorum  vir  illuster^. 

Pipinus  major  domus. 

In  Dei  nomine  Herlemundus''  acsi  peccator  episcopus  dominum 
ut  precor  et  supplico  gratiam  vestram^\  Dura  ego  oratorium  in 
honore  sancti  Audoeni^  episcopi  et  confessons  prope  de  muro  Ceno- 
mannis  civitate  construximus,  et  ibidem  Seufredum  presbiterum 
instituimus  esse  rectorem,  et  monacolos'^  sub  sancto  ordine  con- 
sistentes  constituimus,  et  pauperes  vel  hospites  et  peregrinos  omni 
tempore  pro  mercede  nostra  communi  supervenientes  suscipere  eis 
juxta  possibilitatem  ipsius  loci  precepimus,  sed  dum  anle  dies  ali- 
quid  de  rébus  nostris  quas  nobis  Deus  dédit,  etiam  et  de  rébus  aeccle- 
siç  sancti  Gervasii  ad  ipsum  oratorium  concessimus  et  adfirmavimu^, 
et  ad  prescns  oportebat  ut  ipsi  monacoli,  vel  pauperes  ibidem  con- 
versantes, substantiam  minime  habebant  unde  expleto  alimenta 
vel  vestimenta  habere  deberent  :  ideo  nos  pro  Dei  instuitu  pertra- 
etantes,  una  cum  conscnsu  confratrum  vel  concivium  nostrorum 
seu  et  fidelium  laicorum,     convenlt  nobis  ut  vico^  aliquo  qui  vocatur 

1.  [Mareil-en-Champagne  (Sarlhe)  ?  Ci-dessus,  p.  54.] 

2.  [Sur  la  suscription,  voir  ci-dessus,  p.  59  :  les  mentions  de  Dagobert  et  de 
Pépin  sont  suspectes. | 

3.  [Sur  vir  llluster,  voir  ci-dessus,  p.  329,  n.  4.] 

4.  [Sur  Herlemond,  évéque  du  Mans,  voir  ci-dessus,  p.  55,  57.] 

5.  [Sur  ces  mots,  voir  ci-dessus,  p.  59,  n.  2.] 

6.  |Saint-Ouen  du  Mans  :  ci-dessus,  p.  58.] 

7.  monacVos  codex. 

8.  [Sur  ce  qui  suit,  voir  ci-dessus,  p.  57.] 


VII.  —  LES  ACTES  DES  EVEQOES  DU  MANS.  335 

Artinis  super  alveum  Liddo  constructum  et  villa  nuncupante  Pro- 
liaco  seu  et  Pensire  in  pago  Cenomannico,  quem  Bertocarius  sacer- 
dos  usque  nunc  tempore  per  nostrum  benefîcium  tenuit,  cum 
omni  integritate  ad  ipsum  vicum  pertinentem  vel  aspicientem,  hoc 
est  tam  terris,  mansis,  oasis,  aedificiis,  accolabus,  mancipiis,  lidis, 
ministeriales,  vineis,  silvis,  pratis  et  pascuis,  aquis  aquarumve  dis- 
cursibus,  raobilibus  et  immobilibus,  peccuniis,  peculiis  utriusque 
sexus,  quadrupedum  presidium  vel  omni  suppellectili  quod  ars 
humana  dicit  aut  nominare  potest,  omnia  inexquisita  a  die  présent! 
ad  sacrum  predictum  oratorium  seu  ad  luminaria  ipsius  loci  jam- 
dicti  vel  ministris  a  nobis  constitutis  atque  monacolis  ibidem  sub 
sancta  régula  consistentibus  plena  gratia  concedere  deberemus; 
quod  annuente  domino  et  seniore  nostroPipino  majore  domus  fecisse 
non  dubium  est.  Ita  ut  dum  et  nos  perpensamus  quod  in  supra 
memorato  vico  Artinis  nec  monachi  nec  pauperes  seu  hospites  ad 
consolationem  preparandum  non  habebant,  ita  et  admodum  sicut 
jam  supradictum  est  ipsum  vicum  Artinis  cum  omni  integritate  vel 
loca  ibidem  aspiciente  vel  pertinente  ad  ipsum  oratorium  sancti 
Audoeni  vel  ipsis  fratribus  consolandis,  seu  lumen  ipsorum  san- 
ctorum  procurandis  volumus  esse  concessum  atque  indultum,  ut 
rectores  seu  congregacio  ipsius  monasterii  vel  pauperum  pro  nobis 
pio^  Domino  oblaciones  et  liostias  ac  precces  quam  pro  me  quam 
principe  nostro  Pipino  seu  et  pro  stabilitate  regum  et  prolis  eorum 
fungant  oraculis,  ut  diximus,  tempore  vitç  nostre  seuque  suc- 
cessorum  nostrorum  prefatus  viens  Artinus  ad  supra  scriptum 
oratorium  sancti  Audoeni  ad  luminaria  vel  stipendia  ipsorum 
monachorum  vel  pauperum  absque  ullius  obstaculis  perannis^ 
temporibus  proficiat  in  augmentum,  ut  ab  hodierna  die  res 
superius  nominate  nullo  alio  loco  impendant  servitium,  nisi  par- 
tibus  predicti  oratorii  sancti  Audoeni  ejusque  monasterii^  seu  recto- 
ribus  ibidem  consistentibus,  sub  jure  ac  potesiate  sanctorum 
martirum  Gervasii  et  Proi/iasii\  diurno^  tempore  valeant  perdu- 
rare.  Nos  vero  humiliter  deprecantes,  successoribus  vel  patri- 
bus  nostris  qui  post  nos  venturi  erunt  flebili  voce  et  cum  jureju- 
rando  dicimus  et  per  Trinitatem  inseparabilem  conjurare  presumimus, 

1.  Sic. 

2.  Corr.  en  per  annos. 

3.  (Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  [colis].  C'est-à-dire  :  monacolis.] 

4.  [Sur  cette  incise  suspecte,  voir  ci-dessus,  p.  58.] 

5.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  [tu].  C'est-à-dire  :  diuturno.] 


336  QUESTIONS   MEROVINGIENNES. 

ut  haec  voluntas  et  facta  nostra  ab  ipsis  inviolabiliter  ejus^  tem- 
poribus  conservelur,  et  semper  consolationem  vel  juvamen  pro- 
cerum^  mercede  ad  ipsum  sancLum  locum  propter  Deum  et  reveren- 
tiam  ipsius  sancli  sanctorLim  monaeholis  vel  pauperibus  pretendere 
debeant,  et  de  suprascripto  vico  jamdicto  oratori^  ejusque  mini- 
stris  expoliare  non  debeant.  Illud  nobis  plaçait  inserere  quod  futurum 
esse  non  arbitrer,  si  que  ulla  de  parte  aecclesiç  nostre  sancti  Ger- 
vasii  et  Prothasii  Genomannice  vel  quçlibet  persona  qui  contra  hanc 
concessionem  venire,  impulsare  aut  irrumpere  temptaverit  et  sese 
non  corrigerit,  primitus  iram  Dei  incurrat  et  a  liminibus  omnium 
aecclesiarum  sancLarum  efficiatur  extraneus ,  et  hçc  voluntas  in 
perpetuum  valeat  permanere  illesa.  Quam  vero  concessionem  ut 
firmiorem  obtineat  vigorem,  manu  propria  subter  firmavimus  et 
fratrum  nostrorum  roborare  rogavimus. 

In  Xpisti  nomine  Herlemundus  acsi  peccator  episcopus  hanc  con- 
cessionem a  me  factam  subscripsi. 

Tharmerus  archidiaconus  subscripsi. 

Landrobertus  subscripsi. 

Signum  Ursino. 

Warnobertus  subscripsi. 

Dido  subscripsi. 

Leodio  subscripsi. 

Garothgisus  subscripsi. 

In  Dei  nomen  Ghaldricus  a.hhas  subscripsi. 

Signum  Baldefredi. 

Teodobaldus  subscripsi. 

Bertholacus  presbiter  subscripsi. 

In  Dei  nomen  Giso  subscripsi. 

Landiens  scripsi  et  subscripsi. 

Data'''  die  jovis^  kl.  januarias  anno  II  regni  nostri  Lupila*^  in  Dei 
nomen. 

Julien  Havet. 

1.  [Correction  indiquée  dans  l'interligne  :  evis.  Ci-dessus,  p.  59.] 

2.  [Correction  indiquée  dans  Tinterligae  :  [eo].  C'est-à-dire  :  pro  eorum.] 

3.  Corr.  en  -rio. 

4.  [Sur  la  date,  voir  ci-dessus,  p.  59.] 

5.  [Diejovis  est  suspect  :  ci-dessus,  p.  60. J 
G.  [Sur  Lupila,  voir  ci-dessus,  p.  60.] 

^.g 


UN  FEUILLET  DES  HEURES 


DE 


CHARLES  FRÈRE  DE  LOUIS  XI 


-^<>f<X- 


Lettre  à  M.  Chabouillet,  conservateur  honoraire  du 
Département  des  médailles  de  la  Bibliothèque  natio- 
nale. 


Mon  cher  ami, 

Vous  avez  bien  voulu  me  communiquer,  de  la  part  de  M.  le 
docteur  Margery,  une  jolie  miniature  du  xv°  siècle,  en  me  priant 
de  vous  renseigner,  s'il  y  avait  moyen,  sur  l'origine  et  la  valeur 
de  cette  peinture. 

Je  crois  être  en  mesure  de  satisfaire  votre  curiosité  et  celle  du 
possesseur  de  la  miniature;  mais,  pour  le  faire,  il  est  indispen- 
sable de  vous  rappeler  en  peu  de  mots  ce  qui  se  voit  sur  les  deux 
pages  du  feuillet  de  parchemin  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de 
laisser  entre  mes  mains. 

Ce  feuillet  mesure  158  millimètres  de  hauteur  et  110  de  lar- 
geur. La  miniature  qui  couvre  à  peu  près  en  entier  le  recto  (elle 
est  haute  de  145  millimètres  et  large  de  98)  représente  le  voyage 
de  la  sainte  Vierge  et  de  saint  Joseph  se  rendant  à  Bethléem  pour 
obéir  à  l'édit  de  l'empereur  ;  ils  cheminent  accompagnés  d'un 
âne,  d'un  bœuf  et  d'un  chien.  Dans  le  lointain  se  dressent  les 
murailles,  les  tours  et  les  maisons  d'une  ville  assise  près  d'une 
espèce  de  lac.  De  nombreux  cavaliers  se  dirigent  vers  les  entrées 
de  la  ville.  Un  moulin  à  vent  couronne  une  colline  à  l'horizon. 
Au  premier  plan,  un  arbre  chargé  de  petits  oiseaux.  Les  têtes  de 
la  sainte  Vierge  et  de  saint  Joseph  manquent  d'expression  et 
n'ont  pas  été  traitées  avec  beaucoup  de  finesse  ;  mais  l'ensemble 
de  la  composition  est  plein  de  charme.  C'est  une  bonne  miniature 
1894  22 


338  UN   FEUILLET   DES   HEURES 

française  de  la  seconde  moitié  du  xv®  siècle.  Elle  est  surtout 
remarquable  par  un  encadrement,  dans  lequel  le  chiffre  AE  alterne 
avec  un  écartelé  :  au  1  et  4  de  France,  à  la  bordure  engrêlée 
d'or;  au  2  et  3  de  gueules  à  deux  léopards  d'or.  Cet  écartelé  est 
quatorze  fois  répété,  et  le  chiffre  composé  des  lettres  A  et  E  ne 
revient  pas  moins  de  douze  fois.  Quatre  des  écussons  se  pré- 
sentent sous  la  forme  de  bannières  que  soutiennent  quatre  hommes 
d'armes,  de  très  haute  stature,  bardés  de  fer. 

Au  verso  se  lit  un  texte  de  quatorze  lignes,  occupant  un  cadre 
haut  de  74  millimètres  et  large  de  48.  C'est  un  morceau  d'office, 
qu'il  n'est  pas  inutile  de  transcrire  ici  : 

Deus  in  ||  adjutoUrium  [|  meum  ||  intende  0  Do||mine  ad  adjuvan- 
dum  me  I|  festina.  j|  Gloria  patri  et  fiho.  Antiphona.  ||  Benedicta  tu. 
Psalmus  David.  \\  Dominus  regnallvit,  decorem  inlldutus  est,  indu- 
tus  est  DoBminus  fortitudinem,  et. 

Le  premier  D  de  cette  page,  tracé  en  rouge  avec  rinceaux  d'or, 
remplit  un  rectangle  de  35  millimètres  de  largeur  et  de  32  de 
hauteur.  Le  champ  du  rectangle  compris  entre  le  cadre  et  le 
contour  extérieur  de  la  lettre  est  orné  de  rinceaux  d'or  sur  fond 
d'azur.  L'intérieur  de  la  lettre  est  resté  en  blanc,  sans  aucun 
ornement,  ce  qui  contraste  avec  le  soin  qu'on  a  pris  de  couvrir 
de  rouge,  de  bleu  et  d'or  l'intérieur  des  autres  initiales  de  la  page, 
comme  aussi  l'espace  laissé  sans  écriture  à  la  fin  de  la  huitième 
ligne.  Evidemment  cet  intérieur  de  lettre  devait  recevoir  une 
décoration  qu'une  circonstance  quelconque  aura  empêché  d'exé- 
cuter. 

D'après  ce  que  nous  venons  de  constater,  la  nature  du  livre 
auquel  le  feuillet  a  appartenu  est  facile  à  déterminer.  Nous 
sommes  en  présence  d'un  feuillet  de  livre  d'heures,  qui  contient 
le  commencement  des  laudes  de  l'office  de  Notre-Dame.  Le  feuil- 
let après  lequel  il  était  placé  devait  se  terminer  par  une  rubrique 
annonçant  l'office  des  laudes  :  In  laudibus  béate  Marie,  et  il 
devait  être  suivi  d'un  feuillet  débutant  par  les  derniers  mots  du 
premier  verset  du  psaume  XCII,  c'est-à-dire  ^jrecinœit  se,  de 
façon  à  laisser  lire,  d'une  part,  au  bas  d'un  verso  :  Dominus 
regnavit,  decorem  indutus  est,  indutus  est  Dominus  forti- 
tudinem, et,  —  et,  d'autre  part,  au  haut  du  recto  faisant  face 
à  ce  verso  :  precinxit  se. 


DE  CHARLES  FRERE  DE  LOUIS  XI.  339 

Voilà  un  premier  point  de  repère  très  solidement  établi,  auquel 
nous  reviendrons  tout  à  l'heure. 

Nous  en  avons  un  second  dans  les  ornements  qui  couvrent  les 
marges  de  la  miniature.  J'avoue  ne  pas  pouvoir  expliquer  le 
chiffre  AE,  qui  est  répété  douze  fois  dans  l'encadrement;  mais 
l'attribution  des  armes  ne  souJGfre  pas  la  moindre  difficulté.  Ce 
sont  celles  de  Charles  de  France,  frère  du  roi  Louis  XI  :  en  tant 
que  prince  du  sang,  il  portait  les  armes  de  France,  avec  une 
bordure  engrêlée  d'or  ;  comme  duc  de  Normandie,  il  avait  pris 
les  armes  du  duché,  deux  léopards  d'or  sur  un  fond  de  gueules'. 

Le  feuillet  dont  nous  nous  occupons  vient  donc  d'un  livre 
d'heures  qui  avait  été  fait  pour  Charles,  frère  de  Louis  XI,  pen- 
dant que  ce  prince  possédait  en  apanage  le  duché  de  Normandie, 
c'est-à-dire,  comme  vous  le  verrez  un  peu  plus  loin,  entre  les 
années  1465  et  1469. 

Or,  on  connaît  depuis  longtemps  un  livre  d'heures  qui  a  été 
copié  pour  Charles  de  France,  duc  de  Normandie.  Il  portait  jadis 
le  n°  813  à  la  bibliothèque  Mazarine,  où  il  a  pris  le  n°  473  depuis 
la  publication  du  Catalogue  de  M.  Molinier. 

Les  feuillets  du  ms.  473  de  la  Mazarine  mesurent  181  milli- 
mètres de  hauteur  sur  132  de  largeur,  dimensions  notablement 
supérieures  à  celles  du  feuillet  que  vous  m'avez  communiqué, 
et  dont  les  bords  ont  dû  être  plus  ou  moins  rognés;  mais  le 
cadre  occupé  par  l'écriture  est  de  74  millimètres  sur  48,  ce  qui 
est  exactement  la  justification  de  votre  feuillet.  On  y  compte 
quatorze  lignes  à  la  page,  absolument  comme  sur  le  verso  de 
votre  feuillet.  A  plusieurs  endroits  (fol.  86,  93,  108  v%  127, 
131  v°  et  154  vo),  il  y  a  de  grands  D  hauts  de  32  millimètres  et 
larges  de  35,  tracés  et  peints  comme  le  grand  D  signalé  un  peu 
plus  haut,  et  dont  l'intérieur  a  été,  comme  celui  de  ce  même  D, 
laissé  en  blanc.  Notons  en  passant  qu'au  fol.  122  v°  du  manus- 
crit se  remarque  un  grand  D  dont  la  décoration  a  été  achevée  : 
on  y  a  peint,  dans  la  panse,  les  armes  du  frère  de  Louis  XI  :  de 
•France  à  la  bordure  engrêlée  de  gueules.  Au  haut  et  au  bas  du 
fol.  86  v°,  nous  retrouvons  les  armes  écartelées  telles  que  nous 
les  avons  vues  sur  la  miniature  du  docteur  Margery. 

1.  Suivant  le  héraut  Berry,  qui  écrivait  à  la  fin  du  règne  de  Charles  VII, 
les  armes  du  duc  de  Normandie  étaient  de  gueules  à  deux  léopards  d'or  ;  celles 
du  duc  de  Guyenne,  de  gueules  à  un  léopard  d'or.  Armoriai  composé  vers  1450 
■par  Gilles  Le  Bouvier,  dit  Berry,  éd.  Vallet  de  Viriville,  p.  66. 


340  DN   FEUILLET  DES   HEURES 

Ajoutons  encore  que  l'écriture  du  feuillet  que  nous  étudions 
est  identique  à  l'écriture  du  ms.  473  de  la  Mazarine. 

Voilà  de  bien  fortes  présomptions  pour  nous  autoriser  à  attri- 
buer une  origine  commune  à  votre  feuillet  et  au  ms.  473  de  la 
Mazarine. 

Mais  ce  n'est  pas  tout.  Le  ms.  473  présente  des  lacunes  S 
notamment  après  les  feuillets  qui  portent  aujourd'hui  les  n°^  26, 
42, 62, 68, 70, 72.  Au  fol.  69  commence  un  cahier  de  huit  feuillets, 
dont  il  ne  subsiste  plus  que  les  feuillets  1 ,  2,  4,  5,  7  et  8  ;  il  y 
manque  les  feuillets  3  et  6.  Le  feuillet  5,  aujourd'hui  coté  72,  se 
termine  au  verso  par  la  rubrique  In  Laudibus  heate  Marie,  et 
Je  feuillet  7,  aujourd'hui  coté  73,  commence  au  recto  par  les  mots 
precinxit  se.  Or,  avant  d'avoir  ouvert  le  manuscrit  de  la  Maza- 
rine, j'avais  annoncé  que  le  feuillet  du  docteur  Margery  venait 
d'un  livre  d'heures,  où  il  se  trouvait  entre  une  page  finissant  par 
la  rubrique  In  laudibus  béate  Ma^He  et  une  page  commençant 
par  les  mots  precinxit  se. 

Il  me  semble  donc  démontré  jusqu'à  l'évidence  que  le  feuillet 
dont  nous  recherchons  l'état  civil  est  un  morceau  du  ms.  473  de 
la  Mazarine.  Comment,  en  effet,  pourrait-on  supposer  :  1°  qu'un 
même  scribe  aurait  copié  pour  Charles,  frère  de  Louis  XI,  deux 
livres  d'heures  de  la  même  justification  ;  2°  que  les  grandes  ini- 
tiales de  ces  deux  livres  auraient  eu  les  mêmes  dimensions  et 
auraient  été  tracées  et  peintes  d'après  un  même  modèle  ;  3"  que, 
dans  l'un  et  dans  l'autre,  la  décoration  intérieure  de  ces  mêmes 
initiales  serait  restée  en  souffrance  ;  4°  que  chacun  de  ces  deux 
livres  aurait  renfermé  une  page  de  quatorze  lignes  commençant 
par  Deus  in  adjutoriiCm  et  finissant  par  Dominus  fortitudi- 
nem,  et  ;  et  surtout  5°  que  le  feuillet  contenant  cette  page  au 
verso  aurait  été  enlevé  dans  chacun  des  deux  volumes? 

Je  n'hésite  donc  pas  à  affirmer  que  le  feuillet  si  heureusement 
recueilli  par  le  docteur  Margery  appartient  au  livre  d'heures  de 
Charles,  frère  de  Louis  XI,  conservé  à  la  Mazarine  sous  le  n°  473. 

Il  n'est  pas  besoin  de  décrire  ici  ce  livre  d'heures,  auquel  une 
notice  a  été  consacrée  dans  le  Catalogue  des  manuscrits  de  la 
Mazarme^.  Je  ferai  seulement  observer  que  l'exécution  de  ce 


1.  Ces  lacunes  datent  d'une  époque  ancienne;  une  seule  est  indiquée  dans 
le  catalogue  imprimé  des  manuscrits  de  la  Mazarine. 

2.  Tome  I,  p.  182  et  183. 


DE  CHARLES  FRERE  DE  LOUIS  XI.  34^ 

volume  doit,  selon  toute  apparence,  se  placer  entre  les  années 
1465  et  1469.  En  effet,  à  partir  de  l'année  1469,  Charles  de 
France  remplaça,  au  deuxième  et  au  troisième  quartier  de  ses 
armes,  les  deux  léopards  de  Normandie  par  le  léopard  unique  de 
Guyenne.  C'est  ainsi  que  les  armes  de  ce  prince  sont  figurées  en 
tête  du  bel  exemplaire  des  Statuts  de  l'ordre  de  Saint-Michel,  qui 
lui  fut  remis  lors  de  l'institution  de  l'ordre  ^ 

Je  dois  encore  faire  une  remarque  sur  les  Heures  de  Charles 
de  France.  C'est  que  la  décoration  n'en  a  jamais  été  achevée.  Le 
manuscrit,  tel  qu'il  est  conservé  à  la  bibliothèque  Mazariiie,  ne 
renferme  que  deux  tableaux  terminés  :  au  fol.  13  la  Trahison  de 
Judas,  et  au  fol.  85  v°  l'Adoration  des  bergers.  Tous  les  autres 
ne  sont  qu'esquissés  ou  ébauchés.  Les  deux  tableaux  terminés  ne 
me  semblent  pas  être  de  la  même  main.  Le  premier,  dont  la  com- 
position et  le  coloris  sont  vraiment  remarquables,  rappelle  assez 
bien,  par  certains  détails  et  notamment  par  l'emploi  des  hachures 
d'or,  les  procédés  de  l'école  de  Jean  Foucquet^;  le  second,  d'une 
exécution  moins  savante  et  moins  soignée,  doit  être  de  la  même 
main  que  la  miniature  du  docteur  Margery.  Suivant  un  usage 
dont  beaucoup  d'exemples  ont  été  signalés,  la  décoration  des 
Heures  de  Charles  de  France  avait  dû  être  confiée  à  plusieurs 
enlumineurs. 

Vous  savez,  mon  cher  ami,  combien  il  est  délicat  de  mettre 
des  miniatures  du  xv®  siècle  sous  le  nom  d'un  artiste  déterminé. 
Je  me  garderai  donc  bien  d'émettre  aucune  conjecture  sur  l'auteur 
de  la  page  que  vous  m'avez  donné  l'occasion  d'étudier  et  qui,  je 
crois,  restera,  jusqu'à  nouvel  ordre,  dans  la  catégorie  des  œuvres 
anonymes  de  la  peinture  française  de  la  seconde  moitié  du  xv°  siècle . 
Je  vous  dirai  cependant,  sans  vouloir  en  tirer  aucune  consé- 
quence, que  nous  connaissons  les  noms  de  deux  peintres  qui  ont 
été  employés  par  Charles,  duc  de  Normandie  :  Jean  Gillemer  et 
Jean  de  Laval. 


1.  Cet  exemplaire  a  été  inséré  dans  un  des  recueils  de  Clairarnbault,  vol.  1242, 
p.  1421  et  suiv.  M.  Paul  Durrieu  s'en  est  incidemment  occupé  dans  le  mémoire 
intitulé  :  Une  Peinture  historique  de  Jean  Foucquet  :  le  roi  Louis  XI  tenant 
un  chapitre  de  l'ordre  de  Saint-Michel,  mémoire  qui  a  paru  dans  la  Gazette 
archéologique  de  1890. 

2.  Voyez  la  notice  que  M.  Vallet  de  Viriville  a  consacrée  à  Jean  Fouc(jucl, 
dans  la  Revue  de  Paris,  année  1857,  et  dans  l'Appendice  des  Évangiles  de  Cur- 
mer,  p.  117. 


342   UN  FEUILLET  DES  HEDRES  DE  CHARLES  FRERE  DE  LOUIS  XI. 

Le  premier,  Jean  Gillemer,  fut  soupçonné  d'avoir  servi  d'es- 
pion au  prince  Charles.  Les  poursuites  rigoureuses  dont  il  fut 
l'objet  et  que  dirigea  le  terrible  Tristan  l'Ermite  ont  été  racontées 
dans  les  moindres  détails  par  M.  Lecoy  de  la  Marche*. 

Ce  que  nous  savons  du  second  se  réduit  à  deux  articles  de  rôles 
de  dépenses  de  la  maison  du  duc  de  Normandie  pour  les  années 
1467  et  1468  \ 

A  Jehan  de  Laval,  painctre  de  mon  dit  seigneur,  pour  pareille 
cause  [pour  ayder  à  soy  entretenir  à  son  service],  la  somme  de  cent 
solz  tournois,  pour  ce,  c  s.  t.  (Rôle  du  mois  de  mars  -1467,  n.  st.) 

A  Jehan  de  Laval,  painctre,  xii  livres.  (Rôle  des  mois  d'avril-sep- 
lembre'1468.) 

Je  n'ai  plus,  mon  cher  ami,  qu'à  vous  remercier  de  votre 
communication  et  à  vous  prier  de  transmettre  mes  félicitations  à 
M.  le  docteur  Margery  pour  la  clairvoyance  et  le  goût  dont  il  a 
fait  preuve.  Le  feuillet  qu'il  a  découvert,  et  dont  il  a  du  premier 
coup  reconnu  l'intérêt,  méritait  les  soins  dont  il  l'entoure  et  qui 
en  assureront  la  conservation. 

Votre  dévoué  collègue, 

L.  Delisle. 

1.  Le  travail  de  M.  Lecoy  de  la  Marche  a  été  communiqué  en  1892  à  l'Acadé- 
mie des  inscriptions  et  belles-lettres;  voyez  les  Comptes-rendus  des  séances, 
année  1892,  p.  153  et  154. 

2.  Bibl.  nat.,  ms.  fr.  21477,  fol.  28  et  47. 


LA  TRADUCTION 

DES 

COMMENTAIRES  DE  CÉSAR 

PAR  PIER  CANDIDO  DEGEMBRI. 


Dans  son  intéressante  étude  sur  Pier  Candido  Decembri  et 
l'humanisme  en  Lombardie,  publiée  dans  YArchivio  storico  lom- 
bardo^,  M.  Mario  Borsa  a  été  amené  à  parler  des  volgarizza- 
menti  d'auteurs  anciens  dus  à  l'humaniste  lombard  dont  ne  nous 
aurait  été  conservé  que  le  seul  Quinte-Gurce  :  «  Questi  [Decem- 
bri] aveva  volto  in  italiano  per  il  Principe  [Filippo  Maria  Vis- 
conti]  le  Storie  di  Quinto  Gurzio,  i  Gommentari  di  Giulio  Gesare, 
il  De  bello  punico  di  Polibio  e  le  opère  di  Golumella  e  di  Apuleio. . . 
Ma  délie  scritture  in  volgare  del  Decembri  a  noi  non  è  giunta  se 
non  la  versione  di  Gurzio,  la  quale  ebbe  anche  gli  onori  délia 
stampa^.  »  M.  Borsa  s'est  trompé  en  ce  qui  concerne  la  traduc- 
tion des  Commentaires  de  Gésar  ;  celle-ci  a  été  signalée  au  siècle 
dernier  dans  un  manuscrit  de  la  bibliothèque  Ghigienne  par 
Angelo  Teodoro  Villa,  et  nous  en  possédons  une  partie,  le  De 
bello  g  allie  0,  dans  un  volume  du  fonds  italien  de  la  Bibliothèque 
nationale.  Villa  donne  sur  le  manuscrit  Ghigi  les  renseignements 
suivants  : 

Commentari  di  Gaio  Julio  Cesare.  Al  Serenissimo  Principe  et 
excellentissimo  Signor  Filippo  Maria  Diica  di  Milano,  e  d'Angkiera 
Comte,  e  di  Genova  Signore.  Stà  manoscritta  questa  Versione  nella 
Libreria  Ghisiana.  God.  fol.  in  pergameno  Banco  E.  num.  -1059,  come 
gentilmenLe  ne  avvisa  l'eruditissimo  Amico  nostro  Ab  Pieranlonio 

1.  Année  XX,  p.  1  à  75  et  358  à  441. 

2.  Archivio  storico  lombardo,  année  XX,  p.  24-25. 


344  LA   TRADUCTION 

Serassi,  Segretario  ora  dell'  Eminentissimo  Furietti.  In  principio  del 
Codice  si  legge  :  Incomincia  l'istoria  di  Gaio  Julio  Cesare  Imperatore 
Maximo  continuo  consulo,  e  perpétua  ditatore  de  le  Bat  agite  di 
Gallia  da  lui  proprio  descripte.  Ed  in  fine  :  Finisce  il  septimo  libro 
de  l'istoria  di  C.  Julio  Cesare  Imperatore  maxi7no,  etc.,  traducte  in 
vulgare  da  P.  Candido  felicemente.  Havvi  altresi  il  Prologo  de 
P.  Candido  sopra  H  Cotnentari  de  Gaio  Julio  Cesare  incominciando 
dal  Suplemento  de  Hircio  Consulare  fin  air  ultimo  délia  guerra 
civile  traducti  in  vnlgare  al  Magnifîco  Cavalière  Ignigo  de  Canalos  ^ 
Ducale  Cav.^. 

Il  me  paraît  assez  probable  qu'outre  cet  exemplaire  de  la  biblio- 
thèque Ghigienne,  qui  existe  sans  doute  encore  à  Rome,  on  en 
pourrait  trouver  d'autres  en  Italie  même;  en  tout  cas,  celui  de 
la  Bibliothèque  nationale  suffit  à  montrer  qu'au  moins  le  De  bello 
gallico  de  Decembri  ne  s'est  pas  perdu,  comme  on  l'a  cru. 

Classé  actuellement  sous  le  n"  124  du  fonds  italien,  après  avoir 
porté  le  n"  7725  de  l'ancien  fonds,  ce  manuscrit  du  xv«  siècle,  en 
papier  et  très  pauvrement  décoré,  figure  dans  l'inventaire  de  la 
librairie  de  Blois,  rédigé  lors  de  son  transfert  à  Fontainebleau  : 
«  N°  1675^.  Ung  autre  livre  escript  à  la  main,  en  papier,  inti- 
tullé  :  Commentaria  Caesaris,  cuir  tanné'*.  »  Il  provient  évi- 
demment de  la  librairie  du  château  de  Pavie,  et  la  traduction 
qu'il  renferme  n'a  pas  été  faite,  comme  le  suppose  M.  Mazzatinti^, 
pour  François  Sforza,  elle  a  été  faite,  on  va  le  voir,  pour  Phi- 
lippe-Marie Visconti.  A  la  vérité,  le  prologue  du  volgarizza- 
meyito  de  César,  tel  qu'il  se  lit  dans  le  ms.  124  du  fonds  italien, 
ne  désigne  pas  ce  prince  par  son  nom,  —  et  c'est  pourquoi  Mar- 
sand  n'avait  pas  reconnu  l'auteur  de  la  version^,  —  mais,  sans 
compter  que  ce  prologue  trahit  le  style  de  Decembri,  il  résulte 

1.  Est-ce  Avalos  ? 

2.  Addizioni  e  correzioni  di  Angelo  Teodoro  Villa,  milanese,  alla  Biblio- 
teca  degli  volgarizzatori  del  segretario  Filippo  Argelaii,  bolognese,  t.  V  (Milan, 
1767),  1).  447,  et  cf.  p.  730. 

3.  El  non  pas  1667,  comme  le  dit  M.  Mazzatinli,  Manoscritti  italiani  délie 
Biblioteche  di  Francia,  t.  1,  p.  xciv. 

4.  Bibl.  nat.  Fonds  français  5660,  fol.  110  v.  Je  dois  le  renseignement  à 
notre  confrère  M.  Omont,  qui  a  bien  voulu  relire  pour  moi  cet  inventaire. 

5.  Manoscritti  italiani,  t.  1,  p.  xciv. 

6.  11  proposait  soit  Dante  Popoleschi,  soit  Francesco  Baldelli  (/  manoscritti 
italiani  delta  regia  biblioteca  parigina,  Paris,  1835,  t.  I,  p.  71). 


DES   COMMENTAIRES   DE   CÉSAR.  345 

de  l'examen  d'un  autre  manuscrit,  contenant  une  version  castil- 
lane du  volgarizzamento,  que  l'attribution  du  César  italien  à 
l'humaniste  lombard  ne  saurait  être  contestée.  Voici  d'abord  le 
prologue  du  manuscrit  de  Paris  : 

Incomincia  lo  prologo  in  li  commentari  di  Gesare  tradueti  in 
volgari. 

Molli  sono  gia  stati,  Serendissimo^  Prencipe,  li  quali,  o  per  poca 
notitia  de  glistorie  antique,  o  per  difecto  de  litteratura,  hanno  creduto 
che  quisti  libri  che  de  présente  traduco  in  vulgare  a  la  Vostra  Excel- 
lentia,  non  da  Gaio  Iulio  Gesare,  ma  dalcuno  altro  litterato  auclore  al 
suo  nome  discripti  fussero.  Donde  e  proceduto  non  minimo  errore  : 
che  alchuni  dessi  questi  libri  ad  Suetonio  Tranquillo,  alchuni  ad  Iulio 
Ceiso  hanno  intitulali,  liquali  sarebeno  da  essere  piu  tosto  excusati  da 
mi  cha  reprisi,  si  la  ignorantia  excusatione  alchuna  mirilar  potesse. 
Ma,  considerato  che  la  ueritate  in  ognie  locho  e  da  esser  lodata  e  pre- 
ponutaalamicitia  e  che  débite  e  che  glioperatione  de  li  notabili  homini 
ala  gloria  sua  referite  siano,  harando  patientia  quelli  de  glistorie  non 
bene  eruditi,  sintenderando  el  proprio  vero  a  la  Vostra  Excellentia 
da  mi  esse  discripto,  poi  che  loro  non  piu  de  me  foreno  présent!  ad 
quilli  tempi,  ma  tuclo  ne  la  fede  e  lauctoritote  de  notabili  aucturi 
referito  sia.  Per  tanto  non  se  marauegliano  li  dicti  libri  essere  des- 
cripti  da  Gesare,  el  quale  in  maiore  cose  de  queslo  ha  lassato  memoria 
e  nome  del  intellecto  suo. 

Ne  credano  egli  perche  facesse  facti  d'arme  non  sapesse  pero  lit- 
tera;  per  che,  se  riuolgerano  ne  la  mente  sua  li  famosi  imparaturi  et 
illustri  capitanii  passati,  ritrouerando  tucti  quelh,  exceptopochi,  non 
solamente  in  littere  latine,  ma  ne  le  greche  ancora  essere  stati  docti 
et  eruditi,  el  nome  de  li  quah,  perche  sarebbe  longo  a  referire  e  super- 
uacuo  a  la  Vostra  Excellentia,  lassero  a  lo  présente,  solamente  arre- 
cordando,  non  tanto  Iulio  Gesare,  ma  Octauiano,  Tiberio,  Germanico, 
Galligula,  Claudio  et  Nerone,  tucti  duna  prosapia  descenduli,  equal- 
mente  essere  stati  litterati  et  moite  testimoniance  del  eruditione  sua 
a  la  posteritate  hauer  lassate.  Ma  per  ritornare  a  Gesare,  primo  impe- 
ralore,  de  che  al  présente  summamente  e  arrecordato  el  nome  e  la 
gloria,  essendo  lui  da  li  Romani  electo  perche  la  prouincia  de  Gallia 
ordinasse,  che  da  nui  la  Francia  sappella,  e  data  quella  ordinatione 

1.  Sur  cette  forme  Serendissimo,  où  le  groupe  nn  est  représenté  par  nd  (cf. 
plus  bas  aussi  harando,  sintenderando,  ritrouerando  pour  haranno,  s'inten- 
deranno,  ritroueranno),  voy.  W.  Meyer-Lûhke,  Italienische  Grammatik,  g  229. 


346  LA   TRADUCTION 

in  cinque  anni,  poi  confirmata  in  altre  tanto  tempo  per  lo  senato  e 
populo  de  Roma,  quelle  facende  che  per  lui  in  quislo  spatio  di  dece 
anni  ordinale  fuoreno,  tucti  distintamente  in  septe  libri  li  ricolse,  a 
le  quale  non  essendo  data  compila  descriptione,  si  come  chiaramente 
se  uede,  uno  de  li  suoi  capitanii  multo  famoso  in  facti  darme,  dicto 
Aulo  Hircio  per  nome,  loctauo  libro  acquelli  agionse.  Dopoi  essendo 
da  Cesare  in  tre  libri  descripte  tutte  le  bactaglie  cidatine,  state  fra 
lui  e  Pompeio  in  diuersi  lochi,  che  da  Lucano  poi  in  uersi  piu  poeti- 
camente  ca  uere  descripte  foreno,  Hircio  predicto,  per  compire  la 
prima  e  la  secunda  historia,  Lre  libri  similmente  acquelli  adionse  in 
che  le  bactaglie  da  Lexandria,  Dafrica  e  Dispagna  se  conteneno, 
secundo  che  in  quisto  vulume  in  vulgare  se  ritrarano.  E  si  de  queste 
ragioni  alcuno  da  me  la  fede  rechiedesse,  uada  li  libri  di  Suetonio,  de 
Hircio  e  de  Tulio,  che  de  tal  Iode  da  me  contati  e  de  raaiorl  anchora 
pienissima  auctoritate,  notitia  e  fede  allui  daranno. 

Je  donne  maintenant  la  version  castillane  faite  sur  l'italien  et 
que  j'emprunte  à  un  manuscrit  de  la  bibliothèque  d'OsunaS  où 
sont  expressément  nommés  et  le  prince  auquel  a  été  adressée  la 
traduction  des  Commentaires  et  l'auteur  qui  l'a  exécutée  : 

Al  serenissimo  principe  e  rauy  excelente  sefior  Filippo  Maria 
duque  de  Milan,  conde  de  Pavia  e  de  Anguera  e  seilor  de  Genova, 
comienza  el  prologo  de  Pedro  Gandido  sobre  la  ystoria  de  Gayo  Jullio 
César. 

Muchos  han  ya  seydo,  ilustrisimo  principe,  los  quales,  o  por  poca 
noticia  de  las  ystorias  antiquas,  o  por  defecto  de  lelras,  creyeron  que 
eslos  libres  que  yo  al  présente  trayo  en  vulgar  a  la  vuestra  excelen- 
cia,  no  de  Gayo  Julio  César,  mas  de  algun  otro  letrado  aclor  al  su 
nombre  fuesen  descritos.  De  donde  ha  procedido  no  minime  error  : 
ca  algunos  delios  a  Suetonio  Tranquilo  e  otros  a  Julio  Gelso  estes 
libres  han  intitulado,  los  quales  antes  debrian  ser  escusados  e  [sic, 
pour  que)  reprehendidos  de  mi,  si  la  ignorancia  escusacion  alguna 
pudiese  merescer.  Mas,  considerado  que  la  verdad  en  toda  parte  deve 
ser  loada  e  anlepuesta  a  la  amislad  e  que  dévida  cosa  es  que  las 

1.  Voy.  J.-M.  Rocamora,  Catâlogo  abreviado  de  los  manuscritos  del  duque 
de  Osuna,  Madrid,  1882,  n°  49.  Aujourd'hui  conservé  à  la  Bibliothèque  nationale 
de  Madrid  sous  la  cote  11-37,  ce  manuscrit  a  sans  doute  été  copié  pour  le  mar- 
quis de  Santillane,  dont  l'érudition  classique  procède  essentiellement  de  Boc- 
cacc  et  des  traductions  latines  ou  italiennes  de  Leonardo  Bruni  et  de  Gandido 
Decembri. 


DES   COMMENTAIRES  DE   CESAR.  347 

obras  de  los  notables  hombres  a  gloria  de  aquellos  sean  referidas, 
abran  paciencia  aquellos  que  de  las  istorias  no  son  bien  ensenados, 
si  entenderan  la  propria  verdad  a  la  vuestra  excelencia  de  mi  ser 
scripta,  pues  que  ellos  no  mas  que  yo  fueron  présentes  a  aquellos 
tiempos,  e  todo  en  la  fe  e  actoridad  de  los  notables  escriptores  sea 
referido  o  dexado.  Por  tanto  non  se  maravillen  los  dichos  libros  ser 
descriptos  de  Gesar,  el  quai  en  mayores  cosas  de  aquestas  de  su  intel- 
lecto  ha  dexado  nombre  e  memoria. 

Nin  crean  ellos  por  que  fîciese  fechos  darmas  dexase  por  eso  de 
saber  letras  ;  e  si  en  la  mente  e  animo  suyo  revolveran  los  famosos 
emperadores  e  illustres  capitanes  pasados,  fallaran  todos  aquellos, 
bien  pocos  exçebtos,  no  solamente  en  letras  latinas,  mas  en  las  grie- 
gas,  aun  aber  seido  doctos  e  muy  ensenados,  los  nombres  de  los 
quales,  porque  séria  largo  e  aun  supervacuo  referir  a  la  vostra  exce- 
lencia, quiero  dexar  al  présente,  solamente  recordando,  no  tanto  a 
Julio  César,  mas  Octaviano,  Tiberio,  Germanico,  Galicula,  Claudio  e 
Néron,  todos  de  una  prosapia  e  linage  descendidos,  egualmente  aver 
seido  letrados  e  muchos  testimonios  de  su  ensenamiento  aver  dexado 
a  la  posteridad.  Mas  por  tornar  agora  a  Gesar,  primero  emperador, 
de  quien  al  présente  (e)  sumamente  es  recordado  este  nombre  e  la 
gloria,  e  seyendo  el  elegido  por  los  Romanos  para  que  la  provincia 
de  Galia  ordenase,  la  quai  de  nosotros  se  llama  Francia,  e  dada 
aquella  orden  en  cinco  anos,  despues  confirmada  en  otro  tanto 
tiempo  por  el  Senado  e  pueblo  de  Roma,  aquellas  cosas  que  por  el 
en  este  espacio  de  diez  anos  fueron  ordenadas  e  fechas,  todas  las 
recogio  en  siete  libros,  a  las  quales  non  seyendo  dada  complida  des- 
cripcion,  asi  como  claramente  se  ve,  uno  de  sus  capitanes  mucho 
famoso  en  los  fechos  de  armas,  Aulo  Hircio  llamado  por  nombre, 
anadio  a  aquellos  el  octavo  libro.  Despues  seyendo  de  Gesar  en  très 
libros  descriptas  las  batallas  cibdadanas  que  fueron  entre  el  e  Pompeo 
en  diversos  lugares,  las  quales  de  Lucano  despues  en  uersos  mas  poe- 
licamente  que  verdaderas  fueron  escriptas,  el  ya  nombrado  Hircio, 
por  complir  la  primera  e  la  segunda  historia,  très  libros  por  semejant 
a  aquella  ayunto,  en  los  quales  las  batallas  de  Alexandria,  de  Africa 
e  de  Espaiîa  se  contienen,  segun  que  en  este  volume  en  vulgar  se  tra- 
duciran^  E  si  de  estas  razones  alguno  de  mi  la  fe  demandase,  vea 


1.  Decembri  avait  donc  divisé  son  ouvrage  en  deux  parties  :  1"  les  sept  pre- 
miers livres  du  De  bello  gallico  ;  2°  le  huitième  livre  du  De  bello  gallico  de 
Hirtius,  les  trois  livres  du  De  bello  civili,  plus  le  Bellum  Alexandrinum,  Afri- 


348 


LA   TRADDCTÎON   DES   COMMENTAIRES  DE   Ce'SAR. 


los  libros  de  Suetonio,  de  Hircio  e  de  Tulio,  los  cuales  de  los  loores 
de  mi  conlados  e  aun  de  mayores  muy  entera  autoridad  noticia  e  fê 
le  dara. 

Ainsi  qu'on  peut  s'en  rendre  compte,  cette  version  castillane 
suit  mot  à  mot  le  texte  italien  ;  elle  est  un  véritable  calque,  comme 
le  sont  d'ailleurs  toutes  les  versions  commandées  par  le  marquis 
de  Santillane  aux  manœuvres  qu'il  faisait  travailler  pour  lui  en 
Italie  ou  en  Espagne.  Néanmoins,  ces  versions  ne  méritent  pas 
toujours  d'être  absolument  dédaignées  :  il  arrive,  et  le  cas  présent 
le  montre,  que  telles  de  ces  copies  ont  conservé  quelque  marque 
d'origine,  quelque  trait  historique  de  nature  à  nous  renseigner 
sur  les  travaux  des  humanistes  italiens  dont  elles  procèdent. 

Alfred  Morel-Fatio. 


canum  et  Uispaniense,  qu'il  attribue  à  Hirtius.  Le  manuscrit  de  Paris,  et  je 
crois  bien  aussi  le  manuscrit  de  la  version  castillane,  ne  contiennent  que  les 
sept  livres  du  De  bello  gallico. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Geschichte  der  Paepste  seit  dem  Ausgang  des  Mittelalters...  von 
D""  Ludwig  Pastor,  ordentl.  Professer  der  Geschichte  an  der  Uni- 
versilaet  zu  Innsbruck.  —  Erster  Band.  Geschichte  der  Paepste 
im  Zeitalter  der  Renaissance  bis  zur  Wahl  Pius  II;  zweite 
Auflage.  Preiburg  im  Breisgau,  Herder,  '^89^ .  In-8%  lii-77-I  pages. 

Ce  Uvre  a  paru  en  1886,  mais,  comme  la  Bibliothèque  de  l'École  des 
chartes  n'en  a  pas  encore  donné  de  compte -rendu,  il  est  à  propos, 
avant  d'examiner  la  seconde  édition,  de  dire  quelques  mots  de  la  pre- 
mière. 

Une  histoire  des  papes,  utilisant  les  nombreux  travaux  parus  depuis 
cinquante  ans  et  les  archives  précieuses  mises  récemment  à  la  dispo- 
sition des  chercheurs,  manquait  jusqu'au  jour  où  M.  Pastor  s'est  mis 
à  l'œuvre.  L'apparition  de  son  premier  volume  lui  a  mérité  des  éloges 
unanimes  ^  ;  à  une  sûreté  d'érudition  remarquable,  l'auteur  avait  joint 
en  effet  une  rigoureuse  méthode  scientifique  ;  il  avait  fouillé  de  nom- 
breux dépôts  d'archives  en  Angleterre,  en  Allemagne,  en  France  et 
surtout  en  Italie,  où,  le  premier,  il  profitait  pour  une  histoire  de  ce 
genre  de  la  grande  libéralité  de  Léon  XIII;  sa  bibliographie,  par  son 
étendue,  fait  entrevoir  un  travail  énorme  :  elle  comprend  plus  de  sept 
cents  volumes  !  La  mise  en  œuvre  de  ces  sources,  tant  imprimées  que 
manuscrites,  est  des  plus  heureuses  ;  l'auteur  a  su  éviter  la  confusion 
qui  pouvait  naître  facilement  d'une  telle  abondance  de  documents  ;  il 
ne  se  perd  pas  dans  les  détails;  tous  ses  développements  se  groupent 
autour  d'idées  générales,  la  plupart  du  temps  très  neuves.  Il  expose, 
dans  ce  premier  volume,  l'histoire  des  papes  depuis  la  fin  du  moyen 
âge  jusqu'à  l'élection  de  Pie  II.  Après  une  longue  introduction  sur  la 
renaissance  littéraire  en  Italie  et  sur  l'Église,  l'ouvrage  débute  (liv.  I) 
par  un  coup  d'œil  rétrospectif  sur  l'histoire  des  papes  de  1305  à  1417, 
c'est-à-dire  depuis  l'exil  d'Avignon  jusqu'à  la  fin  du  grand  schisme. 
M.  P.  entre  complètement  dans  son  sujet  avec  le  livre  second,  où  il 
nous  fait  assister  à  la  restauration  de  la  puissance  pontificale,  à  la  lutte 

1.  Voir,  entre  autres  :  Revue  critique,  1889,  1,  211;  Revue  historique,  1891, 
t.  XLV,  p.  411  ;  Revue  des  Questions  historiques,  1887,  I,  197,  et  Polybiblion, 
1886,  p.  440. 


3o0  BIBLIOGRAPHIE. 

de  ce  pouvoir  contre  ropposition  conciliaire,  enGn  aux  origines  de  la 
Renaissance  à  Rome.  Les  deux  derniers  livres  sont  de  véritables  mono- 
graphies de  Nicolas  V,  «  le  fondateur  du  mécénat  pontifical,  »  et  de 
Calixte  III,  a  le  champion  de  la  chrétienté  contre  l'islamisme.  » 

Tel  est  le  plan  général  de  l'œuvre  ;  ajoutons  que  le  récit  est  heureu- 
sement entremêlé  d'épisodes,  de  portraits,  qui  ne  ralentissent  jamais 
l'action  et  n'obscurcissent  jamais  les  idées  de  l'auteur. 

Malgré  ces  qualités  si  remarquables,  la  première  édition  présentait 
un  certain  nombre  de  défauts  que  M.  P.  s'est  attaché  à  faire  dispa- 
raître de  la  seconde,  et  nous  pouvons  dire  qu'il  a  presque  toujours 
atteint  son  but. 

Plusieurs  publications,  parues  trop  tard  pour  être  mises  à  profit  en 
1886,  ont  été,  cette  fois,  utilisées.  Citons  entre  autres  MM.  Faucon 
(la  Librairie  des  papes  (î Avignon),  Miintz  et  Favre  (la  Bibliothèque  du 
Vatican  au  17«  siècle).  Les  quelques  pages  que  M.  P.  consacre  à  Nico- 
las V,  considéré  comme  fondateur  de  la  bibliothèque  du  Vatican  ^  se 
sont,  par  là  même,  augmentées  d'une  foule  de  renseignements  inté- 
ressants. 

Quelques  erreurs  s'étaient  glissées  dans  le  texte;  elles  ont  disparu. 
Le  nom  de  Mourad  II,  par  exemple,  remplace  k  juste  titre  celui  de 
Mahomet  II  comme  vainqueur  des  chrétiens  à  Kossowo  (1448).  Signa- 
lons encore  une  autre  amélioration;  des  faits  trop  peu  prouvés,  —  et 
ils  étaient  en  petit  nombre,  —  ont  reçu  dans  la  seconde  édition  l'ap- 
point de  nouveaux  arguments  et  de  nouvelles  preuves 2  ;  d'autres,  inexacts 
ou  incomplets,  ont  été  revisés  avec  soin  :  telle  l'histoire  du  synode 
de  Pise. 

Ce  n'étaient  là,  à  vrai  dire,  que  fautes  de  détail  ou  omissions  légères, 
mais  la  dernière  édition  marque  un  progrès  d'une  bien  plus  grande 
importance.  On  avait  reproché  à  M.  P.,  —  et  avec  raison  d'ailleurs,  — 
de  considérer  trop  souvent  la  France  «  comme  une  quantité  négligeable.  » 
Sans  doute,  il  était  impossible  d'attaquer  l'impartialité  de  l'auteur  dans 
ses  jugements  sur  nos  compatriotes 3.  Comment  expliquer  néanmoins 
cette  sorte  de  parti  pris  qui  lui  faisait  consacrer,  —  pour  des  faits  de  même 
nature  et  d'égale  importance,  —  quelques  lignes  à  la  France  et  plusieurs 
pages  à  l'Allemagne?  Ce  grave  défaut  engendrait,  en  certains  endroits, 
un  manque  de  proportion  fort  regrettable.  M.  P.  s'est  efforcé  d'échap- 
per à  ce  reproche,  et  il  y  a  généralement  réussi.  En  veut-on  une  preuve? 
Qu'on  se  reporte  au  passage  qui  a  trait  à  la  légation  du  cardinal  d'Es- 
touteville  en  France  (1451);  on  en  trouvera,  dans  la  première  édition, 

1.  Voir  à  ce  sujet  Centralblalt  fur  Bibliothekwesen,  février  1887,  p.  88. 

2.  Cf.  entre  autres  page  149,  note  2,  relative  au  martyre  de  saint  Pierre  à 
Rorne. 

3.  Par  exemple  sur  les  papes  français. 


BIBLIOGRAPHIE.  354 

un  résumé  des  plus  incomplets  en  dix  lignes,  tandis  que  quinze  pages 
donnent  d'amples  détails  sur  la  mission  de  Nicolas  de  Gusa  en  Alle- 
magne. Tous  deux,  cependant,  avaient  charge  d'opérer  dans  ces  pays 
une  réforme  des  collégiales,  des  écoles  et  des  universités  et  de  rétablir 
la  paix  entre  le  roi  de  France  Charles  VII  et  Henri  VI  d'Angleterre. 
M.  P.  a  atténué  cette  disproportion  choquante  en  utilisant  longuement 
le  chapitre  que  M.  de  Beaucourt  a  consacré  lui-même  à  cet  épisode 
dans  son  Histoire  de  Charles  VII K  La  même  préoccupation  apparaît 
lorsque  l'auteur  traite  du  rôle  de  l'Université  de  Paris  dans  le  synode 
de  Pise,  qui,  à  peine  esquissé  dans  la  première  édition,  est  beaucoup 
plus  nettement  dessiné.  Cette  partie,  d'ailleurs,  principalement  en  ce 
qui  concerne  la  renonciation  de  Grégoire  XII  à  Constance,  a  été  com- 
plètement remaniée. 

On  le  voit,  la  nouvelle  édition  réalise  de  notables  progrès  sur  la  pre- 
mière ;  elle  en  conserve  le  caractère  en  l'améliorant. 

Peut-être  certains  critiques  pourraient-ils  reprocher  à  M.  P.  d'avoir 
laissé  subsister  quelques  jugements  trop  sévères,  —  à  l'égard  de  Pétrarque 
ou  de  l'antipape  Benoît  XIII  par  exemple,  —  mais  on  ne  doit  pas  s'en 
étonner,  car,  comme  on  l'a  dit  excellemment,  «  il  est  très  heureux 
qu'un  pareil  travail,  après  avoir  été  tenté  dans  le  sentiment  protestant, 
l'ait  été  par  un  catholique  romain,  seul  capable  de  se  pénétrer  du  carac- 
tère universel  de  la  papauté  et  de  comprendre  l'importance  de  sa  mis- 
sion historique.  » 

Henri  Forgeot. 

Les  Archives  de  l'histoire  de  France,  par  Ch.-V.  Langlois  et  H.  Stein. 
Paris,  Alphonse  Picard  et  fils,  ^89i-i  893.  Trois  fascicules  formant 
un  volume  de  xvii-'l  000  pages.  (Manuels  de  bibliographie  histo- 
rique, I.) 

Si  un  érudit  avait  formulé,  il  y  a  quelques  années,  le  souhait  d'avoir 
un  jour  à  portée  de  sa  main  un  ouvrage  clair  et  substantiel  où  seraient 
indiqués  les  différents  dépôts  d'archives  publics  ou  privés  qui,  dans 
notre  pays  ou  à  l'étranger,  peuvent  renfermer  des  renseignements  sur 
l'histoire  de  France,  un  manuel  qui  lui  servirait  de  guide  à  travers  le 
labyrinthe  que  forment  les  catalogues  imprimés  ou  manuscrits  de  ces 
innombrables  chartriers,  une  bibliographie  qui  mentionnerait  les  tra- 
vaux les  plus  utiles  à  consulter  avant  de  puiser  à  chacune  de  ces  sources 
historiques,  on  aurait  certainement  traité  ce  souhait  de  rêve  irréali- 
sable, d'espérance  chimérique.  Et  cependant,  aujourd'hui,  ce  rêve  a 
pris  corps  et  est  devenu  une  réalité.  MM.  Langlois  et  Stein  n'ont  pas 
craint  d'entreprendre  l'exécution  de  ce  programme  immense,  et,  en  trois 

1.  Histoire  de  Charles  VII,  t.  V,  p.  190  et  suiv. 


352  BIBLIOGRAPHIE. 

ans,  ils  ont  su  mener  leur  œuvre  à  bonne  fin  et  doter  l'érudition  fran- 
çaise de  ce  merveilleux  instrument  de  travail. 

Nous  voudrions  faire  ressortir  en  quelques  mots  l'utilité  qu'on  peut 
retirer  de  ce  livre.  Il  nous  suffira  pour  cela  d'exposer  rapidement  la 
méthode  que  les  auteurs  ont  employée  pour  développer  chacune  des 
parties  du  plan  que  nous  venons  d'indiquer. 

Après  une  intéressante  introduction,  où  M.  Langlois  résume  l'his- 
toire des  tentatives  faites  jusqu'ici  pour  centraliser  les  renseignements 
relatifs  à  l'histoire  de  France,  le  manuel  s'ouvre  par  la  description  des 
archives  publiques.  On  pourrait  s'attendre  à  ne  trouver  dans  l'article 
relatif  aux  Archives  nationales  que  quelques  indications  très  générales 
sur  la  nature  des  fonds  qu'elles  renferment;  mais,  au  lieu  de  repro- 
duire une  sorte  de  résumé  de  VÉtai  sommaire,  les  auteurs  ont  su  don- 
ner à  cette  partie  de  leur  travail  un  caractère  tout  nouveau  en  indi- 
quant les  principaux  inventaires  manuscrits  qui  existent  pour  les 
différentes  séries,  et  qui,  en  raison  de  leur  maniement  compliqué  ou 
de  leur  disposition  sur  fiches,  ne  peuvent  pas  être  mis  entre  les  mains 
du  public.  Les  travailleurs  connaissent  ainsi  les  moyens  de  recherche 
propres  à  épargner  de  longs  dépouillements,  et  ils  sont  à  même  de 
demander  aux  archivistes  de  diriger  pour  eux  des  investigations  dans 
tel  ou  tel  sens  à  l'aide  de  ces  inventaires. 

Non  moins  utiles  sont  les  notices  consacrées  aux  collections  des  dif- 
férents ministères  :  entre  autres  renseignements  précieux,  nous  y  signa- 
lerons la  reproduction  du  cadre  de  classement  des  riches  archives  du 
ministère  de  la  Guerre. 

On  sait  la  place  considérable  que  les  dépôts  des  chefs-lieux  de  dépar- 
teinents  occupent  dans  l'économie  des  archives  françaises.  C'est  donc 
aux  archives  départementales  que  devait  être  réservé  un  des  chapitres 
les  plus  importants  du  livre  qui  nous  occupe.  Avant  d'en  commencer 
l'étude,  nous  voulons  appeler  l'attention  sur  un  certain  nombre  de 
tableaux  que  MM.  Stcin  et  Langlois  ont  placés  en  tête  de  ce  chapitre 
et  qui  sont  d'un  emploi  fort  commode  :  ce  sont  les  listes  des  archevê- 
chés et  évêchés,  intendances  et  généralités,  parlements,  chambres  des 
comptes,  cours  des  aides  et  universités  qui  existaient  en  France  avant 
1780,  avec  l'indication  du  dépôt  où  est  conservé  aujourd'lmi  l'ensemble 
de  leurs  archives.  Le  tableau  des  archevêchés  et  évêchés  est  particu- 
lièrement utile,  grâce  à  l'ingénieuse  idée  qu'on  a  eue  d'y  ajouter  la 
mention  du  tome  de  la  Gallia  christiana  où  se  trouve  la  notice  consa- 
crée à  chaque  diocèse.  Qui  de  nous  n'a  souvent  ressenti  un  mouvement 
de  mauvaise  humeur  en  se  voyant  obligé  de  feuilleter  plusieurs  des 
gros  volumes  de  cette  collection  avant  de  rencontrer  celui  où  se  trou- 
vait l'évêché  qu'il  cherchait?  A  présent  on  n'a  qu'à  ouvrir  les  Archives 
de  l'histoire  de  France  pour  s'épargner  ces  fastidieux  tâtonnements. 

En  abordant  l'étude  des  archives  départementales,  les  auteurs  du 


BIBLIOGRAPHIE.  353 

manuel  se  sont  heurtés  à  une  grave  difficulté.  Fallait-il  énumérer  som- 
mairement les  différents  fonds  que  renferment  ces  archives,  ou  bien 
devait- on  simplement  renvoyer  pour  cette  énumération  au  Tableau 
général  publié  en  1848  par  l'ancienne  Commission  des  archives,  en  se 
contentant  d'indiquer  les  dons  ou  réintégrations  survenus  depuis  cette 
date?  Le  premier  système  était  évidemment  plus  satisfaisant  en  théo- 
rie, mais  il  entraînait  MM.  Langlois  et  Stein  à  donner  à  cette  partie  de 
leur  livre  un  développement  considérable  devant  lequel  ils  ont  reculé. 
On  peut  se  demander  s'il  n'aurait  pas  été  possible  de  remédier  en  par- 
tie à  cet  inconvénient  d'un  accroissement  disproportionné  en  indiquant 
d'une  façon  plus  brève  les  réintégrations  survenues  depuis  1848  et  les 
fondant  sous  forme  de  listes  avec  les  renseignements  fournis  par  le 
Tableau  général.  Peut-être  le  succès  qui  a  couronné  leur  œuvre  per- 
mettra-t-il  aux  auteurs  d'apporter  une  modification  de  ce  genre  dans  la 
seconde  édition. 

Après  avoir  énuméré,  d'après  les  rapports  des  préfets  ou  des  archi- 
vistes, les  documents  dont  le  dépôt  s'est  enrichi  postérieurement  à 
1848,  la  notice  consacrée  à  chaque  département  passe  en  revue  les 
inventaires  imprimés  ou  manuscrits.  On  possède  ainsi,  en  ayant  soin 
de  consulter  le  supplément  placé  à  la  fin  du  troisième  fascicule,  l'état 
absolument  complet,  à  la  date  de  1893,  de  la  collection  imprimée  sous 
la  direction  du  ministère  de  l'Instruction  publique.  Il  suffit  ensuite  d'un 
rapide  coup  d'oeil  pour  se  rendre  compte  des  ressources  qu'offrent  les 
inventaires  manuscrits,  anciens  ou  modernes,  conservés  dans  les  dépar- 
tements ou  déposés  aux  Archives  nationales.  A  propos  de  ces  inven- 
taires manuscrits,  signalons  un  article  récent  de  M.  Marichal  qui  rec- 
tifie une  erreur  commise  par  M.  Lepage  dans  son  étude  sur  le  Trésor 
des  chartes  de  Lorraine,  dont  les  conclusions  ont  été  reproduites  par  le 
manuel  de  M.  Stein  :  l'excellent  inventaire  de  ce  fonds  important,  qui 
avait  été  rédigé  par  Dufourny  au  xvu^  siècle,  ne  nous  est  point  par- 
venu incomplet  comme  on  l'avait  cru.  L'exemplaire  conservé  aux 
Archives  nationales  (KK  1116-1128)  donne  dans  son  entier  cet  utile 
travail.  M.  Marichal  a  publié  une  concordance  très  commode  qui  per- 
met de  savoir  où  se  trouvent  aujourd'hui  les  layettes  que  Dufourny  a 
analysées  et  qui  sont,  les  unes  conservées  à  Nancy,  les  autres  déposées 
à  la  Bibliothèque  nationale  dans  la  collection  de  Lorraine. 

Après  les  archives  départementales,  les  archives  municipales  et  hos- 
pitalières, présentées  les  unes  et  les  autres  dans  l'ordre  des  départe- 
ments, sont  étudiées  d'après  le  même  plan  :  indication  des  fonds  les 
plus  importants,  exposé  des  inventaires  et  bibliographie  sommaire  des 
principaux  ouvrages  composés  à  l'aide  des  documents  renfermés  dans 
chacun  de  ces  dépôts. 

Ce  qu'il  y  a  de  plus  nouveau  ici  nous  paraît  être  l'utilisation  de  la 
riche  collection  d'inventaires  manuscrits  déposée  aux  Archives  natio- 
1 894  23 


354  BIBLIOGRAPHIE. 

nales  par  le  ministère  de  l'Instruction  publique.  On  avait  rarement  con- 
sulté jusqu'à  présent  ce  fonds  important,  dont  on  possède  aujourd'hui, 
grâce  à  MM.  Stein  et  Langlois,  un  catalogue  fort  commode. 

La  partie  de  l'ouvrage  à  laquelle  nous  arrivons  maintenant  est  peut- 
être  celle  où  les  difficultés  à  vaincre  étaient  les  plus  grandes.  Dans  ce 
chapitre,  intitulé  Archives  diverses,  les  guides  offerts  par  les  inventaires 
officiels  faisaient  défaut  ;  le  seul  moyen  pour  arriver  au  but  était  de  se 
livrer  à  une  longue  et  minutieuse  enquête  personnelle.  Nous  ne  croyons 
pas  nous  éloigner  de  la  vérité  en  affirmant  que  seul  M.  Stein,  grâce  à 
la  variété  de  ses  connaissances  bibliographiques,  grâce  aux  innom- 
brables relations  que  lui  a  ménagées  une  complaisance  à  toute  épreuve, 
était  capable  de  réunir  la  somme  immense  de  renseignements  qu'il  a 
versée  dans  les  cent  trente  pages  consacrées  à  cette  matière.  Par  sa 
nature  même,  ce  chapitre  échappe  à  l'analyse  :  archives  des  greffes,  des 
paroisses,  des  facultés,  des  associations  de  toutes  sortes,  minutes  de 
notaires,  chartriers  privés,  tout  y  est  passé  en  revue,  et  les  révélations 
de  sources  ignorées  ou  peu  connues  se  succèdent  sans  relâche.  Parmi 
tant  de  notices  intéressantes,  on  peut  signaler  comme  particulièrement 
instructive  celle  qui  est  réservée  au  département  de  la  Seine. 

A  propos  de  ce  chapitre  si  varié,  nous  croyons  bon  de  placer  ici  une 
remarque  qui  se  peut  appliquer  au  livre  tout  entier  et  de  faire  observer 
qu'il  était  impossible  qu'un  ouvrage  conçu  sur  un  plan  aussi  vaste  ne 
présentât  pas  des  lacunes  ou  des  inexactitudes.  C'est  le  sort  de  toute 
bibliographie  de  laisser  passer  à  travers  ses  mailles  un  certain  nombre 
des  indications  qu'elle  aurait  dû  y  emprisonner;  mais,  dans  le  présent 
livre  comme  dans  les  œuvres  analogues,  c'est  l'ensemble  qu'il  faut  con- 
sidérer, et  nul  n'est  en  droit  de  se  scandaliser  de  ces  imperfections  de 
détail  inhérentes  au  genre  même  du  travail. 

Nous  disions  tout  à  l'heure  quel  mérite  s'attache  au  chapitre  sur  les 
archives  diverses  :  la  deuxième  partie  de  l'ouvrage,  occupée  par  la  des- 
cription des  archives  étrangères,  ne  lui  cède  nullement  en  intérêt  et  en 
nouveauté.  C'est  un  véritable  guide  que  l'érudit  devra  emporter  dans 
ses  voyages  au  môme  titre  que  le  Baedeker  ou  le  Joanne.  Ici  encore  il 
est  impossible  de  tenter  une  analyse,  et  il  faut  se  contenter  de  signaler 
au  lecteur  ces  substantielles  notices  dont  les  plus  remarquables  et  les 
plus  approfondies  nous  paraissent  être  celles  de  l'Angleterre,  de  la  Bel- 
gique, de  la  Suisse  et  de  Rome. 

Restait  une  dernière  mine  à  exploiter.  Les  bibliothèques,  en  effet, 
renferment  souvent  des  pièces  d'archives  à  côté  de  documents  littéraires, 
surtout  en  notre  pays  où  la  Révolution  a  jeté  un  tel  bouleversement 
dans  les  chartriers  de  toute  nature.  MM.  Langlois  et  Stein  devaient 
donc  s'en  occuper  dans  une  dernière  partie  qui  n'est  pas  la  moins  utile 
de  leur  ouvrage.  Il  suffit  de  parcourir  les  articles  consacrés  à  la  Biblio- 
thèque nationale  et  au  British  Muséum  pour  juger  de  l'abondance  et 


BIBLIOGRAPHIE.  355 

de  la  précision  des  détails  que  ces  derniers  chapitres  fournissent  sur  la 
richesse  des  diverses  bibliothèques  et  sur  l'état  de  leurs  catalogues. 

Après  avoir  rappelé  qu'un  index  alphabétique  des  noms  de  lieux  et 
de  personnes  met  en  valeur  les  innombrables  renseignements  renfer- 
més dans  ce  livre,  nous  nous  permettrons,  en  terminant,  de  chercher 
dans  le  témoignage  de  notre  expérience  personnelle  une  preuve  des 
innombrables  services  qu'est  appelée  à  rendre  l'œuvre  de  MM.  Stein  et 
Langlois.  II  ne  se  passe  guère  de  jour  où,  à  la  salle  de  travail  des 
Archives  nationales,  nous  n'ayons  l'occasion  de  recourir  à  ce  livre  pour 
résoudre  quelque  question  qu'on  nous  pose,  et  presque  chaque  fois  le 
travailleur  à  qui  nous  l'avons  indiqué,  après  y  avoir  trouvé  la  solution 
qu'il  cherchait,  nous  manifeste  son  admiration  pour  un  ouvrage  si 
utile  et  se  promet  de  le  consulter  souvent.  Nous  ne  saurions  mieux 
faire  que  de  nous  associer  ici  aux  éloges  qu'il  nous  est  ainsi  donné 
d'entendre  si  fréquemment  prononcer. 

Léon  Le  Grand. 

Lamperti  monachi  Hersfeldensis  opéra,  recognovit  Oswaldus  Hol- 
der-Egger.  Accedunt  Annales  Weissenburgenses.  Hannoverse  et 
Lipsiœ,  Hahn,  -1894.  In-8°,  lxviii-490  pages  et  une  planche.  {Scrip- 
tores  rerum  Germanicarum  in  usum  scholarum  ex  Monumentis 
Germanise  historicis  recusi.) 

Cette  nouvelle  édition  des  Annales  de  Lambert  de  Hersfeld  n'est 
point  une  simple  réimpression  des  deux  premières  éditions  données 
par  G.-H.  Pertz  en  1839  et  1874.  On  doit  à  M.  Holder-Egger  un  texte 
nouveau,  dressé  à  l'aide  de  tous  les  manuscrits  aujourd'hui  connus,  de 
ces  Annales,  qui  s'arrêtent  à  l'année  1077.  A  la  suite  sont  publiées  deux 
autres  œuvres  de  Lambert  :  la  Vita  Lulli,  archiepiscopi  Mogontiacensis 
(f  786),  et  les  fragments  conservés  de  son  Libellus  de  institutione  Her- 
veldensis  ecclesix.  Un  «  Index  nominum  et  rerum,  »  un  copieux  «  Index 
locutionum,  »  qui  montre  quels  auteurs  anciens  Lambert  a  connus  et 
imités,  enhn  une  longue  et  savante  préface,  qui  complète  et  résume 
les  études  précédemment  publiées  par  M.  Holder-Egger  dans  le  Neues 
Archiv,  font  de  ce  volume  une  édition  définitive, 

H.  O. 

Eudes,  comte  de  Paris  et  roi  de  France  (882-898),  par  Edouard 
Favre.  Paris,  E.  Bouillon,  -1893.  In-8°.  (99«  fascicule  de  la  Biblio- 
thèque de  l'École  des  hautes-études.) 

C'est  à  l'enseignement  si  fécond  de  MM.  Monod  et  Giry  que  nous 
devons  le  beau  volume  de  M.  E.  Favre  sur  Eudes,  comte  de  Paris  et 
roi  de  France.  Entrepris  en  1879,  ce  travail  a  été  poursuivi  par  son 
auteur  à  travers  tant  d'obstacles  et  de  retards  qu'il  a  pu  prendre  place 


356  BIBLIOGEAPHIE. 

dans  une  série  d'études  consacrées  à  l'époque  carolingienne  dont  le 
projet  a  été  élaboré  en  4888  par  les  membres  de  l'une  des  conférences 
d'histoire  de  l'École  des  hautes-études*. 

Le  règne  d'Eudes  n'est,  comme  le  dit  M.  Favre,  qu'un  épisode  de 
la  décadence  carolingienne.  Durant  ces  dix  années  (888-898),  rien  n'a 
été  créé  au  point  de  vue  des  institutions.  Au  point  de  vue  dynastique, 
c'est  autre  chose  :  le  prestige  et  l'inviolabilité  de  la  royauté  sont  mor- 
tellement atteints.  L'empire  d'Occident  a  été  démembré.  Un  homme 
nouveau  est  monté  sur  le  trône;  il  a  créé  ainsi  un  précédent  ;  il  a  donné 
une  forme  précise  à  un  pouvoir  encore  vague  avant  lui,  celui  de  duc 
des  Francs,  et  il  a  fixé  ce  pouvoir  dans  sa  famille. 

La  nationalité  de  M.  Favre  lui  assurait  toute  l'impartialité  désirable 
pour  bien  traiter  la  question  de  l'extraction  des  Robertiens.  C'est  par 
là  que  commence  son  livre  (p.  3)  et  c'est  aussi  par  là  qu'il  finit  (appen- 
dices I  et  IV).  L'auteur  combat  les  diverses  hypothèses  par  lesquelles 
on  a  tenté  de  remplacer  le  témoignage  de  Richer  appuyé  de  celui  d'Ai- 
moin,  et  il  fortifie  la  probabilité  de  l'origine  saxonne  de  Robert  le  Fort 
par  un  argument  nouveau  tiré  du  refus  de  ce  dernier  de  participer  à 
l'amnistie  de  Goblentz  signée,  grâce  à  la  médiation  de  Lothaire,  par 
Charles  le  Chauve  et  Louis  le  Germanique,  en  860. 

M.  Favre  nous  paraît  de  même  avoir  dégagé  nettement  (p.  11  et 
appendice  III)  la  genèse  du  pouvoir  du  dux  Francorum,  ou  plutôt,  car 
cette  appellation  ne  se  prenait  pas  encore,  du  titulaire  du  ducatus  rcgni, 
c'est-à-dire  d'un  «  rectorat,  »  d'une  «  gérance,  »  dont  le  détenteur  était 
le  premier  du  royaume  après  le  souverain,  un  régent,  un  gouverneur 
aux  lieu  et  place  du  prince  mineur,  incapable  ou  absent.  Il  n'y  a  pas 
eu  de  «  duché  de  France,  »  circonscription  territoriale  ;  il  y  a  eu  un 
a  duc  des  Francs  »  (la  dénomination  de  dux  Francorum  apparaît  en  892) 
dont  l'autorité  s'exerçait  sur  la  Francia  et  la  Neustria,  parfois  aussi  sur 
la  Burgundia  et  VAquitania. 

Les  principaux  événements  du  règne  au  sujet  desquels  il  a  été  donné 
à  M.  Favre  de  faire  preuve  d'originalité  sont  les  invasions  des  Nor- 
mands, les  relations  d'Eudes  avec  ses  différents  compétiteurs  et  sa  lutte 
contre  Charles  le  Simple. 

Depuis  le  commencement  du  siècle,  les  Normands  brûlaient  nos 
villes  et  ravageaient  nos  campagnes  :  ils  avaient  tué  Robert  le  Fort 
dans  une  expédition  (866)  2.  Aussi  la  place  qu'ils  occupent  dans  notre 
histoire  à  cette  époque  est-elle  des  plus  considérables.  M.  Favre  l'a 
compris,  et,  mettant  à  profit  sa  connaissance  approfondie  de  la  langue 

1.  Cf.  dans  F.  Lot,  les  Derniers  Carolingiens  (Paris,  E.  Bouillon,  1893,  in-8*), 
la  préface  de  M.  A.  Giry. 

2.  La  bataille  de  Rrissarthe,  qui  est  datée  de  866  (p.  6),  l'est  ensuite,  par 
erreur,  de  8G7  (p.  121). 


BIBLIOGRAPHIE.  357 

danoise,  il  a  peint  de  main  de  maître  (appendice  II),  et  d'après  les  his- 
toriens du  pays,  Worsaae,  Steenstrup,  Storm  et  Nicolaysen,  un  tableau 
richement  coloré  des  royaumes  et  des  peuples  Scandinaves.  Il  a  retracé 
aussi  à  grands  traits  la  série  ininterrompue  des  audacieuses  incursions 
de  ces  Yikings  qui  provoquaient  l'admiration  des  Francs  et  causaient 
en  même  temps  leur  terreur.  Son  récit  du  siège  de  Paris  y  gagne  en 
vie,  en  mouvement;  il  est,  en  outre,  plus  complet  et  plus  détaillé 
qu'aucun  autre.  Mais  l'étude  du  siège  de  Sens  avait  été  faite  plus 
minutieusement  encore,  s'il  est  possible,  dans  un  article  de  revue  qui 
certainement  a  échappé  à  l'attention  de  M.  Favre  et  que  nous  nous 
permettons  de  lui  signaler  ^. 

Examinant  les  phases  diverses  de  l'opposition  faite  à  l'avènement 
d'Eudes  par  Foulques,  archevêque  de  Reims,  parent  du  principal  et 
premier  de  ses  compétiteurs,  Gui  de  Spolète,  M.  Favre  a  su  trouver  le 
mobile  essentiel  de  cette  opposition,  savoir  la  détention  illégale  par  le 
roi  éventuel  de  riches  abbayes  telles  que  Saint-Martin  de  Tours  (p.  100). 
Avec  Arnoul,  roi  de  Germanie,  dont  il  soutint  ensuite  les  prétentions, 
l'archevêque  ne  pouvait  que  gagner  :  le  fait  de  la  séparation  des  deux 
royaumes  francs,  celui  de  l'Est  et  celui  de  l'Ouest,  livrait,  en  effet,  à 
des  déprédations  continuelles  les  nombreux  domaines  que  l'église  de 
Reims  possédait  dans  le  diocèse  de  Cologne  et  ailleurs  (p.  102). 

Le  caractère  des  rapports  qui  s'établirent  par  après  entre  Eudes  et 
Arnoul  n'avait  jamais  été  si  nettement  défini.  Eudes,  M.  Favre  l'éta- 
blit, n'a  pas  été,  comme  l'ont  supposé  les  historiens  allemands,  le 
«  vassal  »  d' Arnoul.  Mais,  bien  que  leurs  rapports  fussent  ceux  «  de 
souverain  à  souverain 2,  »  Arnoul  exerça  sur  Eudes  une  sorte  de  «  sénio- 
rat  moral  »  (p.  115)  dont  les  obligations  étaient  vagues  et  indétermi- 
nées, sauf  une,  celle  de  relations  pacifiques  et  amicales. 

Les  négociations  par  lesquelles  se  termina  la  lutte  engagée  entre 
Eudes  et  Charles  le  Simple  constituent  peut-être  la  partie  la  plus  neuve 
des  recherches  de  M.  Favre  (p.  183),  qui  a  délimité  d'une  façon  nette 
et  précise  le  territoire  du  pays  de  Laon  donné  pour  locus  refugii  à  l'hé- 
ritier des  Carolingiens  (p.  190).  Mais  l'auteur  est  moins  sur  quand  il 
énumère  les  possessions  d'Eudes.  Ainsi,  et  pour  ne  citer  qu'un  exemple, 
il  dit  que  la  frontière  du  royaume  franc  contournait,  à  l'est,  le  pays  de 
Chalon  et  de  Màcon  (p.  94).  Or,  Guillaume  le  Pieux,  duc  d'Aquitaine, 
et  son   beau -père,  Boson,  roi  de  Provence,  tinrent  successivement 


1.  Siège  de  Sens  par  les  Normands  (886-887),  par  M.  Prou,  dans  l'Icauna, 
revue,  t.  I,  1881,  in-8%  p.  88. 

2.  Cela  n'empêche  pas  M.  Favre  de  reprocher  phis  loin  (p.  167)  à  Arnoul 
d'avoir  «  trahi  »  Eudes,  d'avoir  «  manqué  à  son  premier  devoir  de  seigneur  à 
son  égard,  celui  de  le  défendre.  » 


358  BIBLIOGRAPHIE. 

deux  mais  à  Mâcon,  aux  mois  de  février  et  de  mars  887^ .  En  l'an  900 
encore,  Louis  l'Aveugle  donna  au  comte  Hugues,  fils  du  comte  Richard, 
des  biens  qu'il  avait  dans  le  comté  de  Màcon^.  Enfin,  un  acte  passé  à 
Mâcon,  devant  le  comte  Lieutaud,  le  2  novembre  905,  est  daté  du  règne 
de  Louis  l'Aveugle,  fils  de  Boson  ^.  De  ces  documents,  que  M.  Favre 
aurait  pu  citer  et  dont  il  aurait  dû  discuter  la  portée,  il  semble  résulter 
que,  sous  le  règne  d'Eudes,  le  Maçonnais,  en  partie  sinon  en  totalité, 
appartenait  aux  rois  de  Provence. 

Conformément  au  plan  adopté  par  les  membres  de  la  conférence 
d'histoire  de  l'École  des  hautes-études  qui  ont  entrepris  la  rédaction 
des  Annales  de  l'histoire  de  France  à  l'époque  carolingienne,  M.  Favre  a 
réservé  pour  une  autre  série  de  publications  le  catalogue  descriptif  et 
critique  des  actes  du  comte  et  roi  Eudes.  Il  n'a  cependant  pas  renvoyé 
à  ce  volume  à  venir,  et  nous  lui  en  savons  le  plus  grand  gré,  les  cinq 
chartes  inédites  qu'il  a  eu  l'heur  de  découvrir.  Mais  nous  avons  le  droit 
de  nous  étonner  de  l'absence,  dans  son  livre,  d'une  étude  numisma- 
tique :  on  sait  en  effet  combien  est  vif  l'intérêt  qu'offrent  les  monnaies 
d'Eudes,  les  seules  de  toute  la  série  carolingienne  qui  soient  datables, 
puisque  ce  souverain  a  été  l'unique  de  son  nom. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  volume  de  M.  Favre  mérite  les  plus  grands 

éloges  ;  les  solutions  atteintes  ou  proposées  par  l'auteur  augmentent  et 

de  beaucoup  le  patrimoine  de  nos  connaissances  historiques.  Ce  n'est 

plus   Mourin   ni  Kalckstein  que  l'on  consultera  désormais  au  sujet 

d'Eudes  et  de  son  temps,  ce  sera  M.  Favre. 

L.  Lex. 

Istoria  del  re  Giannino  di  Francia,  a  cura  di  Latino  Maccari.  Siena, 
lip.  Garlo  Nava,  J893.  In-8%  Lx-20^  pages.  4  1. 

Sous  le  règne  de  Jean  le  Bon,  le  fils  d'un  marchand  siennois,  Giannino 
di  Guccio  Baglioni,  revendiqua  la  couronne  de  France  comme  étant  le 
fils  et  l'héritier  légitime  de  Louis  X  et  de  Clémence  de  Hongrie  ;  on 
aurait  substitué  au  fils  posthume  de  Louis  le  Hutin  l'enfant  du  mar- 
chand de  Sienne,  et  le  prince  royal  aurait  été  élevé  à  Sienne.  Quelques 
lignes  de  Villani,  une  lettre  du  pape  Innocent  VI,  publiée  par  Baluze 
dans  ses  Vitee  paparum  Avenionensium,  mentionnent  le  fait;  au  siècle 
dernier,  un  littérateur  italien,  Girolamo  Gigli,  annonça  la  publication 
des  mémoires  autobiographiques  de  ce  prince  ou  de  cet  aventurier  ;  sou 

1.  Cartulaire  de  Saint-Vincent  de  Mâcon,  publié  par  M.-C.  Ragut.  Mâcon, 
1864,  in-4'>,  charte  CLII. 

2.  Dorn  Bouquet,  Recueil  des  historiens  des  Gaules,  t.  IX,  p.  680. 

3.  Recueil  des  chartes  de  l'abbaye  de  Clunij,  formé  par  A.  Bernard  et  publié 
par  A.  Bruel,  t.  I  (Paris,  1876,  in-4°),  charte  XC. 


BIBLIOGRAPHIE.  359 

manuscrit,  préparé  pour  l'impression  et  dont  une  copie  se  trouve  à  la 
Bibliothèque  nationale  dans  les  papiers  de  Laporte  du  Theil,  est  resté 
inédit. 

C'est  ce  document  que  publie  M.  Maccari.  Nous  nous  contenterons 
aujourd'hui  de  l'annoncer,  sans  entreprendre  la  discussion  des  questions 
que  soulève  ce  texte.  Il  doit  en  paraître,  —  bientôt  sans  doute,  —  une 
autre  édition  par  M.  Curzio  Masi,  et  qui  est  annoncée  depuis  déjà  un 
certain  temps.  Sans  prendre  part  dans  la  querelle  qui  divise  ces  deux 
érudits,  l'on  peut  dire  qu'il  semble  que  M.  Curzio  Masi,  —  à  n'en  juger 
même  que  par  la  critique,  un  peu  acerbe,  qu'il  a  donnée  du  travail  de 
son  concurrent  dans  le  Giornale  storico  délia  letteratura  italiana  (l^r  fasc. 
de  1894),  — soit  mieux  préparé  à  cette  publication.  Je  crois  donc  devoir 
attendre  son  volume  pour  discuter  tout  ensemble,  et  ses  conclusions  et 
celles  de  M.  Maccari,  et  la  valeur  de  leurs  publications  respectives. 

E.-G.  Ledos. 

Emile  BuRGAUD  et  commandant  Bazeries.  Le  Masque  de  fer,  révéla- 
tion de  la  correspondance  chiffrée  de  Louis  XIV.  Étude  appuyée 
de  documents  inédits  des  Archives  du  dépôt  de  la  guerre.  Paris, 
Firmin  Didot,  -1893.  In-^8,  302  pages. 

Dans  une  dépêche  chiffrée  envoyée  par  Louvois  à  Catinat  en  Italie, 
le  8  juillet  1691,  les  auteurs  du  présent  livre  ont  lu  :  «  [Sa  Majesté] 
désire  que  vous  fassiez  arrester  monsieur  de  Bulonde  et  le  fassiez  con- 
duire à  la  citadelle  de  Pignerol,  où  Sa  Majesté  veut  qu'il  soit  gardé 
enfermé  pendant  la  nuit  dans  une  chambre  de  laditte  citadelle,  et,  le 
jour,  ayant  la  liberté  de  se  promener  sur  les  remparts  avec...,  a  et  ici 
le  chiffre  330,  qui  ne  se  retrouve  nulle  part  ailleurs,  et  dont  on  ne  peut 
imaginer  le  sens  que  par  hypothèse.  M.  Burgaud  a  voulu  lire  «  avec 
un  masque;  »  un  autre  lirait  avec  autant  d'autorité  toute  autre  chose  et 
voilà  la  base  sur  laquelle  MM.  Burgaud  et  Bazeries  ont  fait  reposer  leur 
thèse  que  le  fameux  masque  de  fer  serait  Vivien  Labbé,  seigneur  de 
Bulonde,  lieutenant  général  des  armées  du  roi,  incarcéré  pour  avoir 
levé  précipitamment  le  siège  de  Coni.  Ils  n'ont  pas  d'autre  preuve. 

La  lecture  du  livre  n'entraîne  pas  la  conviction.  On  ne  s'explique  pas 
pourquoi  l'identité  d'un  personnage  peu  important,  à  peine  connu  des 
contemporains,  et  dont  la  disparition  n'a  produit  aucune  sensible  émo- 
tion, aurait  été  entourée  de  tant  de  mystères. 

D'ailleurs,  non  seulement  la  thèse  de  M.  Burgaud  est  invraisem- 
blable, mais  on  peut  encore  prouver  qu'elle  est  complètement  erronée. 
Il  faut,  pour  que  Bulonde  soit  le  masque  de  fer,  qu'il  meure  le  19  no- 
vembre 1703.  C'est  ce  qu'affirment  les  auteurs.  Ils  n'ont  pas  consulté  le 
dossier  Labbé  de  Bulonde  du  Cabinet  des  titres  de  la  Bibliothèque 
nationale.  Ils  y  auraient  vu  au  tome  1612  des  pièces  originales,  dos- 


360  BIBLIOGRAPHIE. 

sier  37417,  numéro  22,  une  quittance  de  ce  personnage  datée  du  28  no- 
vembre 1705,  et  au  numéro  10  une  note  portant  que  Bulonde  est  mort 
en  1709.  Il  n'y  a  pas  lieu  d'insister.  Bulonde  ne  peut  pas  être  le  masque 
de  fer^. 

Signalons  dans  cet  ouvrage  comme  intéressante  la  publication  de 
documents  tirés  du  dépôt  de  la  guerre,  contenant  la  correspondance 
qui  a  trait  aux  événements  militaires  de  cette  époque  en  Italie,  et  le 

déchiffrement  des  dépêches  du  gouvernement. 

Louis  Batiffol. 


La  Faculté  de  théologie  de  Paris  et  ses  docteurs  les  plus  célèbres, 
par  l'abbé  P.  Féret.  Moyen  âge.  Tome  I".  Paris,  A.  Picard  et  fils, 
1894.  In-8%  LXiv-367  pages. 

Voilà  un  sujet  d'étude  assurément  très  intéressant,  mais  peut-être 
M.  l'abbé  Féret,  tout  érudit  qu'il  soit,  a-t-il  été  bien  ambitieux  en  vou- 
lant l'aborder.  S'il  est  des  ouvrages  desquels  on  dit  qu'ils  sont  défini- 
tifs, tel  n'est  pas  à  notre  sens  le  cas  de  celui-ci. 

Avec  l'introduction,  nous  assistons  aux  origines  de  l'Université  de 
Paris  et  à  son  organisation  aux  xii«  et  xni"  siècles,  mais  le  récit  manque 
de  clarté  et  de  précision.  Il  n'y  a  rien  que  de  vague  dans  cette  histoire 
de  la  pré-Université,  de  l'école  palatine  plus  fameuse  par  le  renom  que 
par  ce  qu'on  en  sait,  des  écoles  de  Notre-Dame  et  de  Sainte-Geneviève. 
Quand  M.  l'abbé  Féret  inaugure  le  mot  Université,  c'est,  croyons-nous, 
sans  l'avoir  amené  d'une  façon  suffisante,  et  cela  parce  que  l'auteur  n'a 
pas  su  faire  jaillir  la  clarté,  même  pour  lui,  de  tous  les  nombreux  textes 
qu'il  a  parcourus.  Sans  doute  on  comprend,  au  milieu  de  la  profusion 
du  récit  quelque  peu  délayé,  que  Philippe-Auguste  eut  l'idée  de  consti- 
tuer les  nombreuses  écoles  de  sa  capitale  en  une  corporation  qu'il  dota 
de  privilèges,  que  Robert  de  Gourçon  rédigea  les  statuts  de  l'Université 
naissante  (1215),  et  que  nul  ne  put  désormais  enseigner  à  moins  d'être 
licencié,  mais  encore  faudrait-il  répéter  des  choses  connues,  avec  plus 
de  vigueur  et  de  netteté. 

Ge  n'est  donc  pas  sans  quelque  illusion,  toujours  à  notre  avis,  que 
l'auteur  dit  (p.  xlii)  :  «  Nous  venons  de  décrire  les  origines  et  les  déve- 
loppements de  l'Université  de  Paris...  » 

Si  l'introduction  manque  un  peu  de  précision,  l'histoire  de  la  Faculté 
de  théologie  n'est  guère  plus  lumineuse.  C'est  moins  l'histoire  de  la 
Faculté  que  celle  de  ses  principaux  maîtres,  tâche  des  plus  difficiles. 
Toutes  ces  biographies,  malgré  l'intérêt  qu'elles  peuvent  offrir,  sont-elles 
bien  ce  qu'elles  devraient  être?  Si  nous  ne  craignions  d'attrister  M.  l'abbé 

1.  M.  Gcofl'roy  de  Giandmaison  a  déjà  signalé  ces  documents  dans  un  article 
de  l'Univers  du  9  janvier  1894. 


BIBLIOGRAPHIE.  36^ 

Féret,  nous  répondrions  peut-être  par  —  non.  Pour  être  juste,  nous 
ajouterons  que,  si  l'étude  des  grands  docteurs  du  moyen  âge  peut  réussir 
avec  un  raaitre  comme  M.  Hauréau,  que  l'auteur  a  cité  fréquemment 
dans  son  livre,  il  ne  s'ensuit  pas  que  d'autres  indistinctement  puissent 
le  faire  avec  le  même  bonheur. 

Pourquoi  aussi  M.  l'abbé  Féret  a-t-il  cru  devoir  scinder  certaines  de 
ses  biographies?  Si  nous  prenons  un  instant  contact  avec  Hugues  de 
Saint- Victor  au  chap.  idu  livre  I,  nous  ne  le  retrouvons  qu'au  chap.  iv 
du  même  livre  ;  de  même  pour  Pierre  Lombard,  dont  la  biographie  se 
trouve  répartie  entre  les  chap.  i  et  ni  du  liv.  I  et  le  chap.  m  du  liv.  II. 
On  pourrait  en  dire  autant  de  la  notice  relative  à  Abélard.  D'une  manière 
générale,  le  livre  I  est  consacré  aux  biographies  des  maîtres  en  théolo- 
gie aux  xi^  et  xn«  siècles  (Hugues  de  Saint- Victor,  Pierre  Lombard, 
Pierre  Gomestor,  Joscelin,  Guillaume  de  Ghampeaux,  etc.)  ;  le  livre  II 
aux  collèges  théologiques  de  la  première  moitié  du  xni^  siècle  (collèges 
réguliers  et  séculiers),  et  le  livre  III  aux  divers  docteurs  de  la  Faculté 
de  théologie  pour  cette  même  époque  :  docteurs  séculiers  français  et 
anglais  (Jacques  de  Vitry,  Jacques  Pantaléon  ou  Urbain  IV,  Alexandre 
Neckam,  Etienne  Langlon,  Jean  Blond  ou  Blount,  etc.),  docteurs  fran- 
ciscains (Haymon  de  Feversham,  Alexandre  de  Halès),  docteurs  domi- 
nicains (Roland  de  Crémone,  Hugues  de  Saint-Cher),  et  les  maîtres  ou 
docteurs  des  autres  ordres  religieux. 

C'est  donc  surtout  un  volume  de  biographies,  composées  à  l'aide  de 
notes  nombreuses  et  consciencieuses,  assez  bien  reliées  entre  elles,  mais 
pas  toujours  cependant.  Il  est  des  cas  où  la  juxtaposition  apparaît  trop 
et  où  l'auteur,  négligeant  les  transitions,  n'a  pas  su  rendre  invisible  le 
fil  qui  les  rattachait. 

II  y  avait  cependant  à  traiter  dans  ce  livre  de  figures  peu  vulgaires  ; 
quelques-unes  même,  pour  être  mieux  connues  en  apparence,  pouvaient 
donner  matière  à  réflexions,  ne  serait-ce  que  sur  la  vie  et  les  mœurs 
religieuses  au  xn^  siècle.  Par  exemple,  s'il  s'agit  de  nous  faire  connaître 
la  figure  inquiète  d'Abélard,  il  ne  suffira  pas  de  le  faire  comme  M.  l'abbé 
Féret,  assez  sèchement,  en  annaliste;  il  y  a,  semble- t-il,  mieux  à  faire. 

A.  T.  0. 

La  Bastille,  histoire  et  description  des  bâtiments,  administration, 
régime  de  la  prison,  événements  historiques,  parFernandBouRNOiv. 
Paris,  Imprimerie  nationale,  -1893.  \  vol.  gr.  in-4°.  (Collection  de 
l'Histoire  générale  de  Paris.) 

La  série  nombreuse  de  publications  dont  la  Bastille  a  été  l'objet 
depuis  1889  vient  d'être  close  par  l'important  ouvrage  de  M.  Fernand 
Bournon,  où  l'on  trouvera  l'histoire  définitive,  et  il  est  presque  permis 
de  dire,  —  puisque  le  livre  est  imprimé  par  la  municipalité  parisienne, 


362  BIBLIOGRAPHIE. 

—  officielle,  de  la  célèbre  forteresse  dont  le  rôle,  puis  la  chute  ont 
été  l'objet  de  tant  de  discussions.  L'œuvre  de  M.  Bournon  est  ce  qu'on 
devait  attendre  d'un  érudit,  ancien  élève  de  l'École  des  chartes,  rompu 
aux  travaux  historiques  ;  elle  est  forte  et  impartiale. 

Dans  l'introduction,  l'auteur  passe  en  revue  les  divers  travaux  qui  ont 
été  consacrés  avant  lui  à  l'histoire  de  la  Bastille  et  justifie  aisément  le 
plan  de  son  ouvrage.  Nous  y  trouvons  occasion  de  faire  une  réserve  ; 
c'est  d'ailleurs  la  seule  que  nous  aurons  à  formuler.  M.  Bournon  dit 
qu'il  n'a  pas  jugé  utile  de  dresser  une  liste  complète  des  prisonniers 
ayant  séjourné  à  la  Bastille.  Nous  croyons  au  contraire  que  cette  liste 
aurait  rendu  les  plus  grands  services.  Il  eût  d'ailleurs  été  facile  de  la 
disposer  en  tableaux  comprenant  les  nom  et  prénoms,  dates  d'entrée  et 
de  sortie,  et  motifs  de  la  détention  de  chaque  prisonnier,  avec  l'indica- 
tion des  ministres  ayant  contresigné  les  lettres  de  cachet.  L'absence  de 
cette  liste  est,  à  nos  yeux,  la  seule  lacune  que  présente  l'ouvrage  de 
notre  savant  confrère. 

La  première  partie  du  volume  est  consacrée  à  l'histoire  et  description 
des  bâtiments  de  la  «  Bastille-Saint-Antoine  »  depuis  le  22  avril  1370, 
date  où  le  prévôt  Hugues  Aubriot  en  posa  la  première  pierre,  jusqu'à  la 
veille  de  la  prise  de  la  forteresse  par  les  Parisiens.  Le  texte,  solidement 
étayé  de  pièces  d'archives,  est  illustré  par  divers  plans,  dus  aux  archi- 
tectes des  xvip  et  xv!!!**  siècles,  qui  ont  été  admirablement  reproduits  à 
l'héliogravure  par  M.  Dujardin. 

La  deuxième  partie  contient  l'histoire  de  l'administration  de  la  Bas- 
tille, budgets  et  fonctions  de  la  garnison  et  du  personnel  depuis  le  capi- 
taine-gouverneur jusqu'aux  humbles  porte-clés.  On  y  rencontre  (p.  76-95) 
une  liste,  accompagnée  de  notices  sommaires,  des  capitaines-gouverneurs 
du  château  depuis  le  premier  en  date,  Jean  La  Personne,  vicomte 
d'Acy,  jusqu'à  l'infortuné  Jourdan  de  Launey,  massacré  par  les  Pari- 
siens, le  14  juillet  1789.  Cette  liste  était  très  difficile  à  établir,  surtout 
pour  les  années  précédant  1659,  date  des  plus  anciennes  pièces  conser- 
vées aux  archives  de  la  Bastille.  Aussi  bien  n'est-il  pas  surprenant 
qu'elle  renferme  quelques  lacunes.  Joachim  de  Chàteauvieux  ne  succéda 
pas  à  Sully  dans  la  charge  de  gouverneur  de  la  Bastille  ;  Sully  s'en  était 
dessaisi  en  faveur  d'un  gentilhomme  huguenot  de  ses  amis,  Daniel  de 
Massue,  seigneur  de  Ruvigny.  M.  Galtier  de  la  Roque,  à  qui  nous 
empruntons  ce  détail  {le  Marquis  de  Ruvigny,  p.  32),  ajoute  :  «  Cette 
charge  était  d'ailleurs  une  sinécure,  car  ces  murs  célèbres  enfermèrent 
à  peine  deux  ou  trois  prisonniers  durant  tout  le  règne  de  Henri  IV.  » 

—  «  Henri  IV,  dit  M.  Bournon,  avait  eu  de  la  forteresse  une  autre  con- 
ception, et  ce  fut  l'épargne  du  trésor  royal  qu'il  mit  à  l'abri  de  ces 
épaisses  murailles.  » 

Cette  observation  nous  amène  à  la  troisième  partie  de  l'ouvrage  :  le 
régime  de  la  prison.  C'est  la  moins  neuve;  il  ne  pouvait  en  être  autre- 


BIBLIOGRAPHIE.  363 

ment  à  cause  des  nombreuses  investigations  dont  le  régime  de  la  Bas- 
tille a  été  l'objet,  parmi  lesquelles  il  faut  placer  en  première  ligne  la 
magistrale  introduction  mise  par  François  Ravaisson  en  tête  de  ses 
Archives  de  la  Bastille.  M.  Bournon  dit  avec  raison  :  «  L'histoire  des 
prisonniers  n'a  plus  guère  de  secret,  sauf  pour  les  écrivains  qui  n'ont 
pas  voulu  l'étudier  dans  les  documents  ou  pour  ceux  qui,  malgré  tout, 
ont  apporté  dans  cette  étude  des  idées  préconçues.  »  Néanmoins,  dans 
cette  partie  même,  l'auteur  produit  des  textes  importants  qui  étaient 
demeurés  inconnus  avant  lui,  tel  ce  précieux  «  Estât  des  prisonniers  qui 
sont  au  chasteau  de  la  Bastille  »  du  temps  de  Richelieu,  état  qui  con- 
tient non  seulement  les  noms  des  prisonniers,  mais  les  motifs  de  la 
détention,  et  que  M.  Bournon  a  eu  la  bonne  fortune  de  retrouver  dans 
les  Archives  du  ministère  des  Affaires  étrangères. 

Page  119,  M.  Bournon  écrit  :  «  Le  nombre  de  protestants  que  reçut 
la  Bastille  entre  1685  et  1700  est  incroyable  et  même  ne  sera  jamais 
exactement  connu.  »  Ce  nombre  n'est  pas  aussi  considérable  que  notre 
confrère  imagine,  et  il  peut  être  connu  à  une  unité  près.  En  1691,  par 
exemple,  la  Bastille  reçut,  en  tout  et  pour  tout,  vingt-quatre  prisonniers; 
en  1692,  vingt-six;  en  1693,  vingt;  en  1694,  vingt-six;  en  1695,  neuf; 
en  1696,  neuf;  en  1697,  sept;  en  1698,  sept;  en  1699,  vingt-neuf,  et  en 
1700,  vingt-huit;  et,  sur  ces  chiffres,  celui  des  protestants  ne  s'élève  pas 
au  tiers.  Voici  un  cas,  entre  autres,  où  apparaît  l'utilité  de  ces  listes 
de  prisonniers  dont,  au  cours  de  son  introduction,  notre  confrère  fait  fi. 

Dans  ce  même  passage,  M.  Bournon  écrit  :  «  Le  4  août  1690,  Gardel, 
ministre  de  la  religion  réformée,  entra  à  la  Bastille  et  y  resta  jusqu'à  sa 
mort,  le  13  juin  1715,  c'est-à-dire  vingt-cinq  ans.  Sa  détention  était 
donc  perpétuelle,  et  son  seul  crime,  d'après  l'observation  mise  par  Che- 
valier en  face  de  son  nom,  est  qu'  «  il  estoit  de  la  religion.  »  Gardel, 
n'avait  pas  seulement  été  arrêté  et  écroué  pour  cause  de  «  R.  P.  R.  » 
comme  disent  les  textes,  mais  pour  des  motifs  plus  graves;  de  plus, 
à  la  Bastille,  Gardel  avait  assassiné  un  de  ses  gardiens,  ou  bien  l'un 
de  ses  compagnons  de  captivité  ;  notre  mémoire  n'est  plus  en  ce 
moment  fixée  sur  ce  point,  mais  c'est  certainement  l'un  ou  l'autre  ^. 

Ces  réserves,  portant  sur  des  détails  infimes,  n'atténuent  en  rien  l'ap- 
probation que  nous  devons  à  la  manière  vive  et  précise  dont  M.  Bournon 
a  traité  du  «  régime  de  la  Bastille,  »  d'après  les  meilleures  sources 
consciencieusement  compulsées.  Celles-ci  corroborent  les  conclusions 
qui  avaient  été  posées  peu  de  temps  auparavant  et  qui  peuvent  être 
résumées  dans  deux  citations  que  nous  tirons,  la  première  d'une  lettre, 

1.  Cf.  les  mémoires  de  Constantin  de  Renneville.  J.  Cardel  était  devenu  fou 
furieux.  Voy.  à  ce  sujet  et  sur  les  motifs  de  son  arrestation  une  note  de  d'Ar- 
genson  conservée  aux  Archives  de  la  Bastille,  Bibl.  de  l'Arsenal,  ras.  10,489. 


364  BIBLIOGRAPHIE. 

en  date  du  19  février  1713,  de  Voysin  à  d'Argenson',  la  seconde  d'un 
rapport  sur  la  Bastille  adressé  à  Louis  XIV  vers  1694  2. 

«  Beaumanielle,  écrit  Voysin,  ne  mérite  pas  assez  de  ménagement 
pour  être  tiré  du  Ghâtelet  et  mis  à  la  Bastille.  »  —  Nous  lisons  dans  le 
rapport  à  Louis  XIV  :  «  Porcelet  estoit  allé  en  Italie  disant  estre  chargé 
par  M.  de  Pontchartrain  de  négocier  la  paix...;  on  peut  l'envoyer  dans 
un  chasteau  pour  y  estre  nourri  à  meilleur  marché  qu'à  la  Bastille.  » 

La  quatrième  et  dernière  partie  est  consacrée  aux  «  événements  his- 
toriques »;  on  la  jugera  peut-être  la  plus  remarquable  du  livre.  Elle  est 
couronnée  par  un  récit  de  la  prise  de  la  Bastille,  le  14  juillet,  véritable- 
ment digne  de  l'histoire  impartiale  et  dégagé  de  toutes  préoccupations  ou 
passions  personnelles,  accompagné  en  outre  de  pièces  justificatives  d'un 
réel  intérêt  et  nouvelles,  ce  qui  ne  laissera  pas  d'être  un  sujet  d'éton- 
nement  pour  tous  ccu.x  qui  se  sont  occupés  de  cette  journée  célèbre,  sur 
laquelle  on  a  tant  écrit  et  tant  publié. 

Nous  souhaitons  d'avoir  montré  l'importance  du  beau  livre  de  M.  Fer- 
nand  Bournon,  livre  bien  ordonné,  solidement  et  richement  documenté, 
impartial  dans  ses  appréciations  et  écrit  d'un  style  limpide  et  rapide 
qui  a  su  charmer  l'Académie  française  elle-même^. 

Frantz  Funck-Brentano. 


La  Tunique  sans  couture  de  Notre-Seigneur  Jésus-Christ  conservée 
dans  V église  d^Argenteuil.  Essai  critique  et  historique  publié... 
par  TabBé  A.  Jacqukmot.  Lille,  Société  de  Saint-Augustin,  Desclée, 
de  Brouwer  et  G'%  ■1894.  In- 16,  300  pages. 

Nous  ne  dirons  rien  de  cet  Essai  au  point  de  vue  de  la  croyance  à 
apportera  la  relique.  Relique  ou  non,  l'autour  do  ce  livre  se  trouvait  en 
présence  d'un  fait  palpable,  l'existence  d'une  tunique  conservée  précieu- 
sement à  Argenteuil  et  qui  déjà  au  xii'=  siècle  était  considérée  comme 
ayant  appartenu  au  Christ. 

La  ville  de  Trêves  possède  aussi,  il  est  vrai,  un  vêtement  de  même 
provenance  et  dont  l'histoire  est  peut-être  mieux  établie.  Cette  dualité 
n'a  en  soi  rien  qui  puisse  infirmer  leur  origine  présumée;  car,  en 
admettant  leur  égale  antiquité,  il  est  permis  de  penser  que  Jésus, 
quoique  pauvre  quant  aux  biens  de  ce  monde,  a  pu  avoir  néanmoins 
deux  robes,  l'une  de  dessous,  l'autre  de  dessus. 

Bien  avant  M.  l'abbé  Jacquemot,  cette  tunique  avait  été  l'objet 
d'études  sérieuses;  nous  citerons  entre  autres  celle  d'un  religieux  de 

1.  Piibl.  par  Ravaisson,  Archives  de  la  Bastille,  XIII,  69. 

2.  Bibl.  nat.,  fonds  Ciairambault,  283,  fol.  345. 

3.  On  sait  que  rAcadémie  française  a  décerné  à  Fern.  Rournon  une  fraction 
importante  du  prix  Thérouanne. 


BIBLIOGRAPHIE,  365 

Saint-Maur,  dom  Gerberon,  de  qui  on  a  une  Histoire  de  la  robe  sans 
coulure  de  N.-S.,  conservée  à  Argentcuil.  En  dehors  des  incidents  qui 
ont  pu  surgir  depuis,  M.  l'abbé  Jacquemot  ne  pouvait  guère  que  reprendre 
le  travail  de  son  devancier,  tout  en  y  ajoutant  des  détails  nouveaux  et 
en  soumettant  les  quelques  documents  épars  intéressant  son  sujet  à 
l'autorité  d'une  critique  moderne  mieux  entendue. 

Il  y  a  de  plus  un  côté  absolument  inédit  dans  ce  livre,  et  non  à 
dédaigner,  c'est  l'étude  objective  de  la  tunique.  Des  chimistes  distin- 
gués, après  avoir  examiné  un  fragment  du  vêtement  d'Argenteuil,  n'ont 
pu  en  effet  que  confirmer  la  tradition  établie  en  venant  conclure  certai- 
nement à  la  haute  antiquité  du  tissu,  en  tout  analogue  à  ceux  que  l'on 
a  tissés  dans  les  deux  premiers  siècles  de  l'ère  chrétienne. 

Or,  que  dit  la  tradition  ou,  si  vous  préférez,  que  lui  fait-on  dire?  Que 
Constantin,  fils  de  l'impératrice  Irène,  aurait  fait  présent  de  la  sainte 
robe  à  Gharlemagne,  et  que  celui-ci  la  fit  apporter  à  Argenteuil  sur  les 
une  heure  de  l'après-midi,  pour  la  confier  à  l'abbaye  où  était  sa  fille 
Théodrade.  Il  est  bien  entendu  que  pour  toute  cette  période  il  n'existe 
ou  ne  subsiste  aucun  document  écrit. 

Viennent  les  invasions  des  Normands,  et  la  relique  est  cachée,  puis 
oubliée.  Ce  n'est  qu'en  1156  qu'elle  est  retrouvée;  cependant  on  sait  que 
l'empereur  Charles  le  Chauve  donna  une  parcelle  de  la  tunique  sans 
couture  au  roi  anglo-saxon  Ethelwulf,  et  M.  l'abbé  Jacquemot  pense, 
non  sans  quelque  raison,  que  la  parcelle  en  question  devait  provenir 
de  la  tunique  d'Argenteuil. 

De  l'époque  carolingienne  au  xn"  siècle,  la  tunique  passe  donc  ina- 
perçue, jusqu'au  jour  où  Hugues,  archevêque  de  Rouen,  assisté  de  nom- 
breux prélats  et  en  présence  du  roi  de  France,  en  fait  une  ostension 
solennelle  (1156).  Ce  dernier  fait  est  indéniable;  il  se  trouve  en  effet 
consigné  dans  une  notice  de  peu  postérieure  à  l'année  1156,  absolument 
authentique  et  dont  on  trouvera  un  fac-similé  dans  l'ouvrage. 

A  dater  de  cette  époque,  il  n'est  pas  de  siècle  où  il  ne  soit  fait  quelque 
mention  de  la  robe  d'Argenteuil,  de  «  l'habillement  »  comme  l'appelle 
un  chroniqueur  du  xv^  siècle.  M.  l'abbé  Jacquemot  a  conté  d'ailleurs 
tous  les  faits  qu'il  a  pu  recueillir  en  un  style  clair  et  précis  ;  on  pourra 
peut-être  mettre  en  doute  que  la  tunique  d'Argenteuil,  même  en  remon- 
tant aux  débuts  de  l'ère  chrétienne  (ce  qui  ne  paraît  pas  douteux  après 
l'analyse  des  chimistes),  soit  précisément  l'une  de  celles  que  portait  le 
Christ  lorsque  sa  dépouille  eut  été  mise  au  sort;  l'intéressante  étude 
de  M.  l'abbé  Jacquemot  n'en  était  pas  moins  à  signaler. 

A.  Trudon  des  Ormes. 

Les  Jurades  de  la  ville  de  Bergerac,  tirées  des  registres  de  Vhôtel 
de  ville,  par  G.  Charrier.  Bergerac,  •^892-^893.  2  vol. 

La  publication  des  documents  relatifs  à  l'histoire  municipale  du  Sud- 


366  BIBLIOGRAPHIE. 

Ouest  se  développe,  pour  le  plus  grand  profit  de  la  science.  On  a  imprimé 
nombre  de  chartes  de  coutumes,  et  c'est  une  source  précieuse  d'infor- 
mations; mais  il  me  paraît  que  les  registres  de  comptes  et  de  délibé- 
rations sont  plus  intéressants  encore.  Il  faut  reconnaître,  en  effet,  que 
les  textes  de  coutumes  sont  généralement  copiés  les  uns  sur  les  autres; 
chacun  d'eux  ne  présente  qu'un  petit  nombre  de  dispositions  spéciales, 
de  telle  sorte  qu'il  n'existe  pas  de  proportion  entre  l'effort  que  demande 
la  publication  et  l'apport  de  notions  nouvelles,  qui  se  réduit  ordinaire- 
ment à  peu  de  chose.  D'autre  part,  les  coutumes  municipales,  comm.e 
tous  les  textes  législatifs,  représentent-elles  bien  exactement  le  droit 
vrai,  tel  qu'il  était  pratiqué?  N'était-ce  pas  plutôt,  sur  bien  des  points, 
un  droit  théorique  et  scientifique,  à  côté  duquel  coexistaient  des  usages 
quotidiennement  suivis  ?  Dans  l'étude  des  registres  de  délibérations,  ces 
objections  préliminaires  ne  se  présentent  pas.  Incontestablement,  ces 
registres  nous  permettent  de  saisir  sur  le  vif  l'organisation  véritable,  le 
fonctionnement  réel  des  communes.  Ce  ne  sont  pas  des  codifications 
savantes  formées  par  des  juristes  trop  érudits  ;  ce  sont  des  faits  con- 
crets, c'est  la  vie  même  de  la  cité,  enregistrée  au  jour  le  jour.  Aussi 
faut-il  savoir  gré  à  M.  Charrier  de  l'idée  qu'il  a  eue  de  donner  au  public 
ces  Jurades. 

Peut-être  la  réalisation  de  cette  idée  donne-t-elie  lieu  à  des  réserves. 
Le  format  du  petit  in-S"  carré  à  grandes  marges  ne  se  prête  guère  à  un 
travail  de  ce  genre.  De  plus,  les  érudits  regretteront  que  l'éditeur  n'ait 
pas  donné  le  texte  intégral  des  registres  :  tel  passage,  que  M.  Charrier 
a  négligé,  aurait  été  précieux  pour  un  autre  travailleur.  Enfin  l'inser- 
tion de  notes  explicatives  dans  le  texte,  entre  parenthèses  et  sans  carac- 
tère typographique  spécial,  est  une  disposition  malheureuse.  Voici,  par 
exemple,  le  début  de  la  première  délibération  :  1352,  27  juillet.  «  De 
voluntat  e  de  cossentamen  dels  juratz  dejus  escritz,  es  ordenat  que  totz 
los  mazelicrs  (les  marchands  qui  vendaient  aux  Mazeaux)  de  la  vila  de 
Bragayrac,  paguen  c  sian  tengutz  de  paguar  als  senhors  cossols  (con- 
suls ,  aujourd'hui  conseillers  municipaux)  de  l'an  presen,  vi  deniers 
per  Ihioras  (par  livre)  de  totas  las  carns,  »  etc. 

L'inconvénient  de  ces  notes  entre  parenthèses  s'accentue  lorsque  les 
notes  ainsi  placées  au  milieu  d'une  phrase  prennent  une  certaine 
dimension,  lorsque,  par  exemple,  M.  Charrier  y  a  fait  entrer  la  biogra- 
phie des  personnages  cités  dans  le  texte. 

Voilà  pour  l'ensemble.  Dans  les  détails,  on  pourrait  aussi  relever 
bien  des  négligences,  des  erreurs  trop  nombreuses  de  lecture  ou  de 
traduction.  Dans  le  passage  que  j'ai  cité,  mazclier  a.  un  sens  bien  connu  : 
ce  terme  désigne  le  boucher.  Page  19  :  les  jurats  font  un  don  à  un  frère 
mineur  «  per  adjuda  de  sustantat  et  de  tener  son  estament  (testament),  » 
Ce  dernier  mot  est  de  trop  :  les  jurats  voulaient  aider  le  donataire  à 
tenir  son  état,  à  tenir  son  rang.  Page  27  :  «  Los  cossols...  requereguen 


BIBLIOGRAPHIE,  367 

mestre  Hel.  Ayquen  e  Ger.  Belenbaut,  coma  franssas  (français),  que 
eran  de  Hel.  de  Querci,  que  compliscan  e  fassan  complir  las  covenens- 
sas  que  ilh  avian  fach  als  dichs  cossols,  per  nom  del  dich  Hel.  de 
Querci.  »  Il  faut  lire  évidemment  «  com  a  fermanssas,  «  comme  cau- 
tions. Page  87,  M.  Charrier  a  donné  un  fac-similé  d'une  page  du 
registre;  il  est  plusieurs  mots  que  je  lirais  autrement  qu'il  ne  l'a  fait  : 
Peyrinh  et  non  Peyrulh,  Faure  alias  Bossa  et  non  Faure  at  Bossa,  Ramon 
et  non  Ramo,  etc. 

Ces  imperfections  n'empêchent  pas  que  les  deux  volumes  dont  je 
rends  compte  soient  d'un  haut  intérêt.  Sans  parler  des  renseignements 
que  l'on  y  trouve  en  abondance  pour  l'histoire  locale,  on  y  rencontre 
à  chaque  instant  des  noms  de  personnages  connus  ;  les  routiers  du 
xiv«  siècle  notamment  y  occupent  une  large  place,  trop  large  sans  doute 
au  gré  des  populations  de  cette  époque.  On  peut  même  voir  (t.  I,  p.  34) 
une  lettre  de  Duguesclin  du  12  mars  1376  (n.  st.). 

Nulle  part  peut-être  on  ne  se  rend  aussi  clairement  compte  du  sys- 
tème de  brigandages  qui  était  organisé  par  les  Compagnies.  Un  capi- 
taine s'installait-il  dans  une  place  des  environs,  il  exigeait  des  jurais 
de  Bergerac  une  rançon  dont  il  fixait  le  chiffre,  ajoutant  que,  si  ces 
conditions  étaient  rejetées  par  la  ville,  il  lui  ferait  le  plus  de  mal  pos- 
sible. Ces  menaces,  que  notre  Code  pénal  prévoit,  étaient  entourées 
d'une  certaine  solennité  :  par  une  odieuse  parodie  de  la  justice,  les 
routiers,  donnant  à  leurs  déprédations  une  forme  légale,  allaient  jus- 
qu'à exiger  le  droit  de  sceau  pour  le  paii,  la  convention  qu'ils  extor- 
quaient ainsi. 

Bien  d'autres  indications  sont  renfermées  dans  ces  livres,  qui  pour- 
ront être  utilisées  pour  l'histoire  économique  et  sociale  de  nos  contrées 
durant  les  xiv^,  xv«  et  xvi^  siècles  ;  sur  la  valeur  de  l'argent,  sur  l'or- 
ganisation du  consulat  et  l'étendue  de  ses  attributions,  sur  les  tendances 
des  municipalités,  sur  leur  socialisme  bourgeois  qui  les  portait  à  inter- 
venir à  tout  propos  dans  les  relations  entre  particuliers  et  à  fixer  le 
tarif  maximum  des  salaires,  etc.,  etc.  Je  crois  en  avoir  dit  assez  pour 
faire  pressentir  le  très  grand  intérêt  que  présentent  les  Jurades  de  la 
ville  de  Bergerac. 

Jean-Aug.  Brutails. 

Auxi-le-Château.  Histoire  et  description,  par  M.  l'abbé  Vitasse. 
Lille,  impr.  de  L.  Danel,  -1894.  In-8o,  400  pages  et  planches. 

Auxi-le-Ghâteau  est  actuellement  un  chef-lieu  de  canton  du  départe- 
ment du  Pas-de-Calais,  arrondissement  de  Saint-Pol.  Tant  par  son 
passé  que  par  ses  seigneurs,  cette  petite  ville  méritait  d'attirer  l'atten- 
tion de  quelque  érudit.  M,  l'abbé  Vitasse,  curé  actuel  de  cette  localité, 


368  BIBLIOGRAPHIE. 

a  voulu  se  charger  d'en  retracer  l'histoire,  et  il  l'a  fait  avec  un  soin  dont 
on  ne  peut  que  le  féliciter. 

Dans  un  gros  volume  orné  de  plusieurs  gravures  et  d'un  plan,  il 
esquisse  d'abord  la  situation  topographique  d'Auxi,  puis  consacre  les 
trois  livres  de  son  ouvrage  à  la  paroisse,  à  la  seigneurie  et,  enfin,  à  la 
commune.  Les  trois  chapitres  du  livre  premier  sont  réservés  aux  curés, 
à  l'église  et  aux  communautés  religieuses  qui  se  fixèrent  sur  le  terri- 
toire d'Auxi.  L'église,  monument  du  xvi^  siècle,  est  étudiée  tant  au 
point  de  vue  archéologique  qu'au  point  de  vue  du  temporel  qui  assurait 
son  entretien  et  celui  du  culte. 

Dans  le  livre  deuxième,  M.  l'abbé  Vitasse  fait  connaître  les  diffé- 
rentes familles  des  seigneurs  d'Auxi,  principalement  les  d'Egmont  et  les 
Lannoy;  il  énumère  leurs  droits  de  justice  ou  autres,  leurs  revenus, 
leurs  propriétés,  retrace  l'histoire  du  château  et  donne  également  le 
texte  de  la  coutume  d'Auxi. 

Le  dernier  livre  enfin  offre  le  tableau  de  la  vie  communale  tant  avant 
qu'après  1789.  Les  institutions  de  bienfaisance,  l'enseignement,  les 
œuvres,  les  familles,  les  jeux,  les  coutumes,  le  commerce,  l'industrie, 
l'agriculture,  tout  enfin  ce  qui  peut  intéresser  dans  l'histoire  de  ce  bourg 
est  successivement  passé  en  revue.  On  a  donc  dans  ce  volume  une 
monographie  bien  complète  accompagnée  de  vingt-sept  pièces  justifi- 
catives, sept  gravures  et  un  plan.  Les  quelques  défauts  qu'on  pourrait 
y  relever,  tels  que  l'omission  de  références  bien  précises  pour  certaines 
assertions  ou  même  pour  des  pièces  justificatives,  n'enlèvent  rien  à  la 
valeur  de  l'ouvrage,  fait  consciencieusement  et  pour  lequel  l'auteur  a 
puisé  dans  tous  les  dépôts  d'archives  susceptibles  de  lui  fournir  des 
renseignements. 

Jules  "VlARD. 


Un  Picard  :  Antoine  Erlault,  confesseur  de  Catherine  de  Médicis, 
évalue  de  Chalon-sur-Saône,  par  le  baron  de  Boxivault  d'Houet. 
Compiègne,  H.  Lefebvre,  -1894.  In-8%  48  pages.  (Extrait  du  t.  VIII 
du  Bulletin  de  la  Société  historique  de  Compiègne.) 

Notre  confrère  a  eu  l'excellente  idée  de  faire  revivre  une  figure  que 
l'on  avait  parfaitement  oubliée  jusqu'ici,  et  qui  eut  pourtant  assez  de 
relief  au  xvi'=  siècle.  Antoine  Erlault,  fils  de  paysans  de  Mareuil-Lamotte 
(environs  de  Compiègne),  après  avoir  été  boursier  dans  un  collège  de 
Paris,  on  ne  sait  lequel,  arriva  à  être  prieur  de  la  Sorbonne  et  rec- 
teur de  l'Université  ;  il  se  distingua  assez  pour  devenir  confesseur  de 
la  reine  Catherine  de  Médicis ,  qui  le  fit  créer  évêque  de  Chalon- 
sur-Saône.  En  cette  qualité  il  assista  au  colloque  de  Poissy,  où  il  joua 
un  certain  rôle,  on  sauvegardant  les  intérêts  de  la  foi  catholique,  que 
certains  prélats  semblaient  vouloir  compromettre.  Cette  biographie  est 


BIBLIOGRAPHIE.  369 

extrêmement  intéressante,  surtout  parce  que  l'auteur  a  su  éclairer  les 
milieux,  où  les  différentes  situations  de  son  personnage  l'ont  placé. 
C'est  ainsi  qu'il  a  pris  occasion  de  nous  rappeler  les  nombreuses  fon- 
dations, qui  avaient  pour  objet  l'entretien  dans  les  collèges  de  Paris  de 
boursiers  des  diocèses  de  Beauvais,  Noyon,  Soissons,  etc.;  qu'il  a  décrit 
le  régime  suivi  à  l'intérieur  de  l'antique  Sorbonne;  raconté  les  détails 
de  l'élection  du  recteur  de  l'Université;  fait  un  historique  très  docu- 
menté du  colloque  de  Poissy,  dont  il  a  très  bien  montré  la  physiono- 
mie; et  enfin  exposé  les  malheurs  de  l'évêché  de  Ghalon  pendant 
l'épiscopat  d'Erlault,  les  attentats  commis  par  les  protestants,  qui  réus- 
sirent à  faire  de  celui-ci  leur  prisonnier,  etc.  En  résumé,  c'est  un 
ouvrage  qui  dépasse  de  beaucoup  les  limites  d'une  monographie  ordi- 
naire; il  sera  utile  à  consulter  par  les  érudits,  qui  y  trouveront  de 
curieux  renseignements,  dont  ce  compte  rendu  a  essayé  de  donner  un 
aperçu. 

L.-H,  Labande. 


Cartulaire  de  l'église  collégiale  de  Saint-Pierre  de  Lille,  publié  par 
E.  HACTcœuR,  prélat  de  la  maison  de  Sa  Sainteté,  chancelier  des 
Facultés  catholiques  de  Lille.  Lille,  L.  Quarré;  Paris,  A.  Picard, 
4894.  2  vol.  in-8°,  xxvii-^2^0  pages. 

Fondée  en  1055  par  Baudouin  IV,  comte  de  Flandre,  la  collégiale  de 
Saint-Pierre  remonte,  sinon  à  l'origine,  au  moins  au  premier  dévelop- 
pement de  l'agglomération  lilloise.  Elle  en  fut  le  centre;  elle  lui  donna 
l'impulsion  et  la  vie,  et  l'on  sait  avec  quelle  rapidité  la  bourgade  assise 
auprès  du  château  du  Bue  devint  une  des  villes  les  plus  importantes 
du  comté  de  Flandre  :  «  Le  chapitre  de  Saint-Pierre  possédait  les  droits 
de  seigneurie  sur  une  portion  notable  du  territoire  ;  il  avait  le  patronat 
ecclésiastique  de  toutes  les  paroisses  de  la  ville.  A  ces  divers  titres,  les 
chartes  de  Saint-Pierre  sont,  pour  l'histoire  de  Lille  dans  la  première 
période  de  son  existence,  une  source  d'autant  plus  précieuse  qu'elle  est 
à  peu  près  la  seule  jusque  bien  avant  dans  le  xm^  siècle.  » 

Ceci  dit  assez  quel  intérêt  pouvait  présenter  un  recueil  des  chartes 
de  la  vieille  collégiale  et  combien  Mgr  Hautcœur  avait  raison  d'entre- 
prendre ce  travail.  Il  existe  aux  archives  du  Nord  deux  anciens  cartu- 
laires  :  l'un,  dit  le  Decanus,  parce  qu'il  était  à  l'usage  du  doyen,  achevé 
vers  1295,  contient  375  pièces;  l'autre,  le  Liber  catenatus,  ainsi  nommé 
de  la  chaîne  qui  le  retenait  attaché  à  un  pupitre,  terminé  en  1316,  reçut 
des  adjonctions  successives  jusqu'en  1500;  il  contient  616  pièces  pour 
la  période  antérieure  à  1300. 

L'éditeur  donne  une  description  de  ces  précieux  cartulaires  ;  il  énu- 
mère  ensuite  et  décrit  les  autres  manuscrits,  au  nombre  de  dix,  qu'il  a 
employés  :  Répertoire  du  chanoine  Le  Bon  (2  vol.  in-fol.,  xvni"  siècle), 
] 894  24 


370  BIBLIOGRAPHIE. 

Livre  des  Serments  (xvi^  siècle),  Cartulaire  des  Frères  prêcheurs  de  Lille, 
Annales  de  l'église  collégiale  de  Lille,  depuis  sa  fondation  jusqu'en  13Sk, 
etc.  Outre  ces  recueils,  les  archives  de  la  collégiale  existent  encore  au 
dépôt  du  Nord,  conservées  pour  leur  plus  grande  partie;  elles  y  sont 
représentées  par  46  cartons  abritant  de  80  à  100  pièces,  originaux,  vidi- 
mus  ou  copies,  par  26  portefeuilles  et  28  liasses  contenant  les  documents 
de  moindre  importance,  par  250  registres  ou  volumes  renfermant  les 
comptes  réunis  et  groupés  par  séries;  en  outre,  des  briefs  de  rente,  des 
terriers,  de  petits  cartulaires,  etc. 

Quelques  pièces  et  quelques  volumes  ont  été  distraits  de  cette  collec- 
tion et  se  retrouvent,  soit  dans  d'autres  fonds  des  archives  départemen- 
tales, soit  à  la  bibliothèque  de  Lille,  soit  ailleurs.  Avec  les  cliartes  ori- 
ginales, fort  nombreuses,  il  faut  signaler  une  série  de  comptes  qui, 
malgré  ses  lacunes,  remonte  au  xm«  siècle;  nul  doute  que  Mgr  Haut- 
cœur  n'en  tire  un  excellent  parti  pour  l'histoire  qu'il  prépare  de  la  col- 
légiale de  Saint-Pierre. 

La  description  de  ces  sources  manuscrites  est  suivie  de  la  liste  des 
ouvrages  imprimés  auxquels  l'éditeur  a  emprunté  des  extraits  ou  des 
citations. 

Les  recherches  faites  dans  ces  collections  et  ces  recueils  lui  ont  per- 
mis de  publier  in  extenso  ou  par  analyse  et  extraits  1,554  pièces,  sans 
compter  les  appendices,  du  xi^  siècle  à  la  fin  du  xv^  ;  sur  ce  nombre, 
810  sont  antérieures  au  xiv«  siècle.  Ces  documents  sont  rangés  dans 
l'ordre  chronologique,  transcrits  avec  le  plus  grand  soin  d'après  les  ori- 
ginaux toutes  les  fois  que  l'éditeur  a  pu  les  retrouver,  précédés  de  la 
date,  ramenée  au  calendrier  usuel,  et  d'une  brève  analyse  de  la  pièce, 
suivis  de  l'indication  des  sceaux,  des  sources,  des  vidimus  s'il  y  a  lieu, 
des  ouvrages  où  la  pièce  est  imprimée  en  tout  ou  en  partie;  çà  et  là 
quelques  notes  fournissent  des  éclaircissements  sur  les  personnages 
mentionnés,  sur  certains  faits  ou  sur  les  noms  de  lieux  <.  Lorsque  le 
document  n'est  pas  transcrit  intégralement,  l'analyse,  beaucoup  plus 
longue,  contient  la  citation  des  passages  les  plus  importants,  les  noms 
de  lieux  et  de  personnes  sous  la  forme  fournie  par  la  pièce  elle-même, 
et  toujours  la  formule  de  datation,  qui  permet  au  lecteur  de  contrôler 
la  date  adoptée  par  l'éditeur.  Il  faut  remarquer  avec  lui  que ,  dans 
quelques  actes,  notamment  dans  les  deux  chartes  (n"'  VI  et  VII)  de 
Ratbode,  évoque  de  Noyon  et  Tournai,  l'année  ne  commence  pas  à 
Pâques. 

Il  serait  fort  difficile,  et  peut-être  inutile,  de  faire  un  choix  parmi 
des  documents  aussi  nombreux  pour  signaler  ici  ceux  qui  paraîtraient 
être  les  plus  rares  ou  les  plus  intéressants.  A  quelque  point  de  vue 

1.  Quelques-unes  de  ces  notes  sont  d'érudites  dissertations,  comme  celles 
qui  sont  consacrées  à  l'explication  du  mot  bodium,  p.  4  et  139. 


BIBLIOGRAPHIE.  37-1 

qu'on  se  place,  on  y  trouvera  à  glaner,  et  beaucoup,  particulièrement 
pour  l'histoire  religieuse,  pour  l'étude  de  la  société,  des  mœurs,  des 
coutumes  de  Lille  et  de  cette  région.  Le  plus  ancien  document  français 
y  est  daté  de  1240  ;  c'est  la  curieuse  loi  octroyée  par  Bertoul,  sire  de 
Bailleul,  à  ses  hommes  de  Piettre  (dépendance  de  la  commune  d'Au- 
bers,  dép.  du  Nord).  Les  appendices  se  rapportent  à  l'exploitation  du 
domaine  agricole  d'Arleux  au  xiii«  siècle,  aux  serments  prêtés  par  les 
officiers  de  la  collégiale,  du  comte  de  Flandre,  etc.,  aux  bénéfices  et 
dîmes. 

Trois  longues  et  bonnes  tables  terminent  le  second  volume,  tables 
des  noms  do  personnes,  des  noms  de  lieux,  des  matières.  Les  deux  pre- 
mières donnent  l'identification  de  tous  les  noms  propres  avec  leur  forme 
moderne  et  les  formes  anciennes  fournies  par  les  pièces  du  cartulaire  ; 
à  la  suite  d'un  nom  moderne  de  commune  sont  reproduits,  non  seule- 
ment ses  noms  anciens,  mais  ceux  des  lieux-dits  situés  sur  son  terri- 
toire, et  même  des  personnages  désignés  par  les  chartes  et  se  rattachant 
à  cette  localité,  curés,  seigneurs,  prévôts,  etc.  La  table  des  matières  est 
également  très  détaillée,  et  l'on  voit  que  l'éditeur  n'a  pas  craint  sa  peine 
pour  rendre  son  recueil  facilement  accessible  aux  chercheurs  ;  ils  devront 
lui  en  être  reconnaissants.  On  regretterait  l'absence  d'une  introduction 
sur  l'histoire,  l'administration,  l'influence  de  cette  importante  collégiale, 
si  l'on  ne  savait  que  Mgr  Hautcœur  prépare  cette  histoire  en  deux 
volumes,  vivement  attendus  du  public;  nul  doute  qu'ils  ne  soient  dignes 
de  prendre  place  à  côté  du  Cartulaire  et  de  l'Histoire  de  l'abbaye  de 
Flirtes,  publiés  il  y  a  une  quinzaine  d'années  et  qui  sont  loin  d'être 

oubliés. 

J.-M.  Richard. 

Les  Procureurs  de  ville  à  Saint-Omer,  i 30%  17 90,  par  M.  Pagart 
d'Hermansart.  (Extrait  du  tome  XXIII  des  Mémoires  de  la  Société 
des  antiquaires  de  la  Morinie.)  Saint-Omer,  H.  d'Homont,  -1894. 
In-S",  -123  pages. 

Cet  ouvrage  donne  la  suite  des  études  de  M.  Pagart  d'Hermansart  sur 
les  fonctionnaires  municipaux  de  la  ville  de  Saint-Omer.  Il  y  a  deux 
ans,  il  avait  publié  l'histoire  des  Conseillers  pensionnaires;  aujourd'hui, 
ce  sont  les  Procureurs  de  ville  qui  lui  ont  fourni  la  matière  d'un  mémoire 
bien  complet  et  bien  présenté.  11  n'arrive  pas  toujours  à  éclaircir  les 
origines;  mais  qui  pourrait  se  flatter,  dans  ces  questions  si  délicates 
d'institutions,  d'arriver  sur  tous  les  points  à  une  certitude  absolue?  Du 
moins,  l'on  peut,  au  moyen  de  comparaisons  avec  ce  qui  se  passait  dans 
les  villes  voisines  soumises  à  un  régime  identique,  approcher  de  très 
près  la  vérité;  c'est  ce  que  n'a  pas  manqué  de  faire  M.  P.  d'H.,  et  c'est 
ce  dont  il  faut  le  féliciter. 

En  1302,  apparaît  pour  la  première  fois  à  Saint-Omer  le  nom  du  pro- 


372  BIBLIOGRAPHIE. 

cureur  de  ville,  qui  dès  1399  porta  le  titre  de  procureur  général.  D'abord 
révocable  à  volonté,  puis  beaucoup  plus  lard  nommé  à  vie  et  inamovible, 
il  recevait  des  gages  assez  élevés  pour  l'exercice  de  ses  fonctions.  Il  est 
vrai  qu'on  lui  demandait  une  certaine  connaissance  des  affaires  et  qu'il 
ne  devait  épargner  ni  son  temps  ni  sa  peine  pour  le  service  de  la  com- 
munauté. Ses  occupations  étaient  multiples  :  il  lui  fallait  défendre  les 
privilèges  des  bourgeois  devant  toute  espèce  de  tribunaux,  surveiller  et 
gérer  le  domaine  communal,  assister  à  l'audition  des  comptes  des  rece- 
veurs de  la  ville,  des  administrateurs  des  tables  des  pauvres  annexées  à 
chaque  paroisse,  des  recteurs  des  hôpitaux  gouvernés  au  nom  de  l'éche- 
vinage  et  de  la  Chambre  des  orphelins,  provoquer  les  règlements  inté- 
rieurs de  police,  intervenir  dans  toutes  les  questions  de  statuts  des 
corporations,  remplir  au  dehors  les  missions  que  lui  confiait  la  munici- 
palité, etc.  Cet  exposé  a  été  très  clairement  fait  par  M.  P.  d'H.,  qui  a 
ajouté  comme  appendices  à  son  travail  :  1"  une  note  intéressante  sur  les 
procureurs  de  la  commune  et  les  procureurs  syndics  sous  la  Révolution; 
2*»  la  liste  de  ces  fonctionnaires  depuis  1302  jusqu'en  1794.  Enfin,  dix 
pièces  justificatives,  entre  autres  six  règlements,  dont  les  dates  sont 
comprises  entre  les  années  1415  et  1766,  complètent  cette  étude  d'une 
façon  très  heureuse.  Dois-je  terminer  par  une  légère  critique?  Il  me 
semble  que  le  plan  de  l'auteur  souffre  un  peu  d'avoir  renvoyé  après  les 
attributions  des  procureurs  ce  qu'il  avait  à  dire  sur  leur  recrutement, 
leur  serment,  leurs  gages,  etc.  Il  aurait  été  plus  logique  d'intervertir 

cet  ordre.  ^ 

L.-H.  Labande. 


Les  États  de  la  vicomte  de  Turenne^  par  René  Fage.  Paris,  A,  Picard 
et  fils,  J894.  2  vol.  in-8°,  324  et  3^3  pages. 

Aucun  auteur  jusqu'ici  n'avait  traité  ce  sujet,  ni  Just  Paquet,  ni 
Laferrière,  ni  môme  M.  Antoine  Thomas  :  c'est  sans  doute  parce  que 
la  vicomte  de  Turenne  resta  jusqu'en  1738  absolument  indépendante  et 
en  dehors  de  toute  influence  du  royaume  français,  de  la  même  façon 
que  la  principauté  d'Orange,  par  exemple.  Il  y  avait  là  cependant  bien 
des  observations  à  relever;  elles  ont  permis  à  M.  René  Fage  d'écrire 
un  ouvrage  utile.  Le  manque  de  documents,  dit-il,  l'a  malheureuse- 
ment empêché  de  traiter  les  questions  d'origines,  et  c'est  regrettable. 
Gomment  a  été  constituée  la  vicomte  dans  les  premiers  temps  du 
moyen  âge,  par  suite  de  quels  événements  a-t-elle  réussi  à  conserver 
ses  privilèges,  c'est  ce  que  M.  F.  ne  nous  enseigne  pas;  il  se  contente 
d'affirmer  qu'il  serait  bien  difficile,  pour  ne  pas  dire  impossible,  de  faire 
mieux  que  le  généalogiste  Christophe  Justel,  qui  a  n'a  pu  émettre  que 
des  conjectures  sur  les  origines  de  la  vicomte  de  Turenne.  »  Je  me  per- 
mettrai cependant  de  faire  observer  que,  depuis  la  publication  en  1645 


BIBLIOGRAPHIE.  373 

de  Vllistoire  généalogique  de  la  maison  de  Turenne,  les  historiens  ne  sont 
pas  restés  inactifs  :  ils  ont  publié  un  nombre  infini  de  textes,  parmi 
lesquels  on  trouverait  certainement  des  éclaircissements  sur  ces 
fameuses  questions.  11  y  avait  donc  tout  au  moins  des  recherches  à 
faire  en  dehors  de  Justel.  Point  de  renseignements  non  plus  sur  les 
réunions  qui  ont  précédé  les  assemblées  des  États  du  xv  siècle  et  sur 
le  mode  de  perception  des  impôts.  Il  est  vrai  qu'ici  le  sujet  est  encore 
plus  délicat  et  qu'il  y  a  beaucoup  plus  de  chances  de  ne  posséder  qu'un 
nombre  très  restreint  de  documents;  aussi  l'auteur  se  borne-t-il  à 
quelques  suppositions,  qui  sont  loin  de  satisfaire  le  lecteur. 

Les  États  de  Turenne  sont,  d'après  M.  F.,  mentionnés  pour  la  pre- 
mière fois  en  1467,  dans  une  requête  adressée  au  roi  Louis  XI  par  le 
comte  de  Beaufort,  Anne  de  la  Tour.  A  cette  époque,  il  n'existait 
encore  qu'une  assemblée  unique,  où  étaient  représentés  la  noblesse  et 
le  clergé,  en  tant  que  seigneurs  terriens,  et  enfin  les  habitants  des  bourgs 
principaux  jouissant  d'une  certaine  autonomie  en  matière  d'adminis- 
tration. Mais  comme  la  vicomte  était  formée  de  villes  et  villages  situés 
dans  deux  provinces  différentes,  le  Limousin  et  le  Querci,  cette  assem- 
blée unique  se  scinda  bientôt  en  deux  corps  distincts,  un  pour  chaque 
province  ;  puis,  peu  à  peu,  le  clergé  faiblement  représenté  fut  complè- 
tement éliminé;  la  noblesse,  dont  les  membres  avaient  une  certaine 
prépondérance  portant  ombrage  au  vicomte  et  siégeaient  au  nom  des 
habitants  des  campagnes,  n'envoya  plus  qu'un  syndic  général,  qui 
reçut  un  mandat  à  vie.  Ce  furent  dès  lors  les  députés  des  sept  villes  de 
la  vicomte,  assistés  d'adjoints,  qui  formèrent  presque  à  eux  seuls  les 
États  :  ce  sont  eux  qui  firent  la  loi.  L'institution  ne  fut  donc  pas  com- 
plètement démocratisée,  commatle  veut  M.  F.;  il  aurait  fallu  pour  cela 
que  les  syndics  des  paroisses  rurales,  dont  l'assemblée  recevait  parfois 
les  doléances,  eussent  voix  délibérative.  Telle  fut  la  composition  des 
États  du  xvi°  au  xvm'  siècle;  ils  étaient  présidés  par  les  vicomtes  ou 
leurs  commissaires. 

Le  rôle  des  députés  était  surtout  le  vote  des  impôts  et  la  conser- 
vation des  privilèges  de  la  vicomte.  Par  bonheur,  M.  F.  a  retrouvé  les 
procès-verbaux  d'un  grand  nombre  de  sessions  depuis  1486,  qui  per- 
mettent de  suivre  pas  à  pas  la  progression  des  charges  qu'eut  à  suppor- 
ter le  pays.  Très  légères  d'abord,  elles  finirent  par  devenir  extrêmement 
lourdes,  surtout  à  cause  des  nombreux  dons  extraordinaires  qu'il  fal- 
lait continuellement  faire  aux  vicomtes,  toujours  à  court  d'argent;  à 
tel  point  qu'on  peut  à  bon  droit  se  demander  si,  à  l'époque  de  la  réu- 
nion au  domaine  de  la  couronne,  la  vicomte  de  Turenne  avait  encore 
des  avantages  réels  à  demeurer  indépendante.  Il  est  vrai  que  ses  villes 
avaient  le  droit  de  refuser  le  logement  aux  troupes  royales  de  passage  ; 
mais,  pour  le  faire  reconnaître,  comme  pour  obtenir  des  régiments 
d'aller  s'établir  ailleurs,  il  fallait  allouer  de  telles  sommes  que  ce  pri- 


374  BIBLIOGRAPHIE. 

vilège  devait  se  réduire  à  bien  peu  de  chose.  Les  vicomtins  ne  payaient 
pas  de  subsides  ni  d'impôts  au  roi  de  France  :  cela  n'empêchait  pas  les 
agents  royaux  de  taxer  à  une  somme  très  forte,  pour  la  capitation  par 
exemple,  le  duc  d'Albret,  vicomte  de  Turenne,  qui,  à  son  tour,  récla- 
mait un  don  extraordinaire  de  même  valeur  ;  c'était  le  vicomte  et  non 
ses  sujets  qui  était  soumis  à  l'impôt  du  roi,  mais  le  résultat  était  le 
même  pour  ces  derniers. 

Ces  quelques  lignes  n'ont  pas  la  prétention  de  résumer  l'œuvre  de 
M.  F.,  mais  elles  suffisent  pour  en  faire  apprécier  tout  l'intérêt.  En 
définitive,  sauf  les  réserves  indiquées  plus  haut,  c'est  un  bon  livre  d'his- 
toire d'institutions  locales.  Peut-être  l'auteur  aurait-il  pu  éviter  cer- 
taines répétitions  et  condenser  un  peu  plus  son  récit;  en  supprimant 
encore  quelques  mémoires  et  pièces  justificatives  sans  grande  portée, 
il  serait  arrivé  facilement  à  faire  entrer  dans  un  seul  la  matière  de  ses 
deux  volumes,  et  son  ouvrage  y  aurait  gagné. 

L.-H.  Labande. 

Joseph  du  Teil.  Le  Livre  de  raison  de  noble  Honoré  du  Teil  (I57i- 
4586),  publié  avec  des  documents  inédits  sur  la  Provence  et  pré- 
cédé d'une  notice  biographique.  Digne,  Chaspoul,  Gonstans  et 
V^^  Barbaroux,  ^894.  111-8°,  xv-35  pages.  (Extrait  du  Bulletin  de 
la  Société  scientifique  et  littéraire  des  Basses- Alpes.) 

Honoré  du  Teil,  né  à  Manosque  le  24  janvier  1541,  fut  jurisconsulte 
avant  de  suivre  la  carrière  des  armes.  Rentré  dans  la  vie  privée  dès 
1571,  il  fit  un  voyage  en  France  en  1573-1574,  oii  il  se  familiarisa  avec 
la  langue  de  Ronsard  et  apprit  l'art  de  faire  des  vers.  Puis,  il  se  trouva  en 
relations  suivies  avec  les  écrivains  et  savants  qui  habitaient  alors  Aix, 
ce  foyer  intellectuel  toujours  si  vif  de  la  Provence  :  il  connut  particu- 
lièrement Jean  de  Lacépède,  François  de  Malherbe,  Michel  Nostrada- 
mus.  Le  livre  de  raison  publié  par  son  descendant  n'aurait  par  lui- 
même  rien  de  bien  saillant  et  aurait  une  très  mince  valeur  même  pour 
l'histoire  locale,  si  l'éditeur  ne  l'avait  complété  par  de  nombreuses  notes 
et  par  quelques  documents,  extraits  de  la  Bibliothèque  nationale  en 
grande  partie,  qui  ont  plus  ou  moins  de  rapport  avec  la  biographie 
d'Honoré  du  Teil.  Je  signalerai  principalement  la  lettre  écrite  le 
20  novembre  1574  par  le  cardinal  de  Lorraine  à  la  duchesse  de  Nemours, 
relative  au  séjour  d'Henri  HI  à  Avignon  et  aux  affaires  de  Provence. 
Mais  pourquoi  avoir  intercalé  dans  le  livre  de  raison  ces  pièces  qui  ont 
ainsi  l'air  d'en  faire  partie?  A  la  liste  des  corrections  placée  à  la  fin  de 
l'ouvrage,  ajouter  celle-ci,  page  4,  ligne  16  :  «  Mais  led.  sieur  de  Vins 
luy  remonstre  que  le  roy  luy  vouloit  parler...  »,  au  lieu  de  «  luy  ren- 
constre...  » 

L.-H.  Labande. 


BIBLlOGUAPHIi:.  373 

Extraits  analytiques  des  registres  des  consaulx  de  la  ville  de  Tour- 
nai, -^43^-^476,  publiés  par  A.  de  la  Grange.  Tournai,  4893. 
In-8°,  H.  et  L,  Gaslerman,  viii-396  pages. 

M.  Van  den  Broeck  avait  publié  des  Extraits  analytiques  des  anciens 
registres  des  consaulx  de  Tournai,  de  1385  à  lk22  S' M.  Gaciiard,  des 
Extraits  de  ces  mêmes  registres,  de  1472  à  1490,  de  1559  à  1572  et 
de  1580  à  1581,  avec  la  Liste  des  prévôts  et  des  mayeurs  de  cette  ville 
depuis  1667  jusqu'à  179^^.  Aujourd'hui,  M.  de  la  Grange  se  propose 
«  de  combler  la  lacune  qui  séparait  les  travaux  de  l'ancien  archiviste 
de  Tournai  de  ceux  de  Gachard.  »  Il  suit,  d'ailleurs,  la  même  méthode 
que  ses  prédécesseurs,  ne  s'astreignant  pas  plus  qu'eux  à  tout  publier, 
mais  «  glanant  au  milieu  d'une  foule  de  délibérations  sans  intérêt  les 
faits  saillants  sur  lesquels  se  base  une  bonne  histoire.  »  La  période 
choisie  par  lui  n'est  pas  d'ailleurs  la  moins  intéressante  des  annales 
tournésiennes.  Tournai  a  toujours  été  français 3,  par  la  langue  comme 
par  les  mœurs;  pendant  de  longs  siècles,  il  a  fait  partie  intégrante 
de  notre  pays,  d'autant  plus  attachée  à  sa  nationalité  qu'il  était  tou- 
jours menacé  de  la  perdre  ;  il  a  protesté  longtemps  après  l'avoir  per- 
due. Au  xv«  siècle,  on  pouvait  se  demander  si  ce  moment  fatal  n'était 
pas  arrivé  et  si  Tournai  n'allait  pas  entrer  dans  ce  royaume,  que  la 
politique  bourguignonne  visait  à  constituer  entre  la  France  et  l'Alle- 
magne, et  dont  la  création  eût  sans  doute  changé  le  cours  de  la  poli- 
tique européenne.  Jugés  de  ce  point  de  vue,  nombre  de  menus  faits  de 
la  politique  municipale  de  Tournai,  relatés  au  jour  le  jour  dans  les 
registres  des  consaulx,  acquièrent  un  vif  intérêt  ;  ils  se  rattachent  direc- 
tement à  la  grande  lutte  engagée  alors  entre  les  rois  de  France  et  les 
ducs  de  Bourgogne.  Tournai  est  comme  un  champ  clos  entre  les  deux 
puissances  aux  prises.  Le  siège  épiscopal  vient-il  à  vaquer,  le  duc  de 
Bourgogne  prétend  y  exercer  le  droit  de  régale  à  l'exclusion  du  roi  ; 
les  bannis  étrangers  se  réfugient  sur  ce  territoire  français  enclavé  de 
toutes  parts  dans  les  possessions  bourguignonnes  ;  les  relations  com- 
merciales très  actives  entre  la  ville  et  les  populations  étrangères  qui 
l'environnent  sont  sous  la  menace  constante  d'hostilités  toujours  prêtes 
à  éclater  ;  la  navigation  de  l'Escaut,  la  fabrication  et  le  cours  des  mon- 
naies, la  fréquentation  des  foires  étrangères,  encore  autant  de  questions 
qui  ne  sont  pas  simplement  municipales.  Louis  XI,  tout  jaloux  qu'il 
soit  de  son  autorité,  est  même  obligé  de  laisser  Tournai,  à  raison  de 
cette  situation  exceptionnelle,  conclure  pour  son  propre  compte  un 

1.  Tournai,  1861,  2  vol.  in-S». 

2.  Bruxelles,  1846,  in-8'. 

3.  On  voit  Tournai  appelé  avec  Rouen,  Lyon  et  Montpellier  à  nommer  des 
délégués  chargés  d'étudier  cette  question  du  cours  des  monnaies  le  22  avril  1466. 


376  BIBLIOGRAPHIE. 

traité  avec  le  duc  de  Bourgogne  (28  janvier  1472).  Tournai  voit  passer 
dans  ses  murs  les  plus  hauts  personnages  :  Louis  XI,  d'abord,  qui  y 
reste  une  quinzaine  de  jours  en  février  1464;  Philippe  le  Bon  et  son 
fils,  le  comte  de  GharoUais,  le  roi  de  Jérusalem,  le  duc  d'Orléans  et 
bien  d'autres  seigneurs  de  moindre  importance,  entre  autres,  deux  Grecs 
illustres  échappés  au  désastre  de  Gonstantinople,  Georges  Paléologue 
et  Théodore  Lascaris  (2  janvier  1459).  Quand  les  rois  et  les  princes  ne 
viennent  pas,  ils  écrivent,  et,  dans  les  registres  analysés  par  M.  de  la 
Grange,  comme  dans  ceux  qui  l'avaient  été  par  MM.  Gachard  et  Van 
den  Broeck,  on  trouve  indiquées,  parfois  même  insérées  in  extenso, 
bon  nombre  de  lettres  missives  de  Charles  VII  et  de  Louis  XL  Un  fait 
à  signaler,  c'est  que  les  lettres  missives  de  ce  dernier  souverain  sont, 
pendant  la  période  étudiée  par  M.  de  la  Grange,  des  lettres  circulaires 
pour  la  plupart,  c'est-à-dire  des  lettres  que  le  roi  adressait  en  même 
temps  à  toutes  ses  bonnes  villes  pour  fixer  l'opinion  qu'il  voulait 
qu'elles  eussent  des  événements.  Dans  les  dernières  années  de  son 
règne,  au  contraire,  celles  qui  suivent  la  mort  de  Charles  le  Téméraire, 
et  que  M.  de  la  Grange  n'a  pas  abordées,  les  lettres  exclusivement 
adressées  aux  Tournésiens,  nous  l'avons  constaté  par  nous-même,  sont 
nombreuses.  Leur  ville,  à  ce  moment,  était  un  poste  d'une  importance 
extrême  pour  surveiller  ces  Pays-Bas  que  le  roi  aurait  voulu  et  dû 
annexer,  et  pour  y  faire  sentir  son  action. 

L'intérêt  politique  de  ces  délibérations  est  donc  grand;  ce  n'est  pas 
à  dire  qu'il  soit  le  seul.  Au  point  de  vue  de  l'histoire  locale  et  des  ins- 
titutions municipales  de  Tournai,  elles  sont  non  moins  curieuses  à 
lire.  On  y  voit  défiler  successivement  tous  les  officiers  et  magistrats 
municipaux  :  consaulx,  jurés,  mayeurs,  échevins,  eswardeurs,  etc., 
dont  M.  de  la  Grange,  soit  dit  en  passant,  eût  bien  dû  nous  définir  les 
fonctions.  A  côté  d'eux,  et  sous  leur  surveillance,  rangés  par  bannières 
et  par  corporations,  tous  les  métiers  d'une  grande  ville  industrielle, 
comme  Tournai  paraît  l'avoir  été  en  ce  temps-là  :  foulons,  drapiers, 
merciers,  tisserands,  tanneurs,  potiers,  o  kincailleurs,  »  orfèvres,  cou- 
teliers, chaudronniers,  «  banneleurs,  »  «  cordewaniers  et  chavetiers,  » 
a  teliers,  »  tainteniers  de  filets,  parmentiers,  «  eswilleteurs,  iiniers, 
vairiers,  moulequiniers,  roquetiers  et  tailleurs  de  pierre,  cartons,  » 
(charretiers),  «  navigeurs,  »  apothicaires,  barbiers,  exerçant  aussi 
le  métier  de  dentiste,  et  qui  protestent  contre  la  «  requeste  Willemmc 
Gasquignier,  pour  pooir  en  la  ville  user  de  tirer  dens,  »  bouchers,  tri- 
piers, brasseurs,  taverniers,  cervoisiers,  poissonniers,  fromagiers. 
Quelques-uns  de  ces  métiers  semldent  être  constitués  en  véritables 
corporations,  avec  leurs  doyens,  sous-doyens,  etc.;  d'autres  semblent 
former  des  groupes  beaucoup  moins  nombreux  et  bien  moins  impor- 
tants; là  encore  quelques  explications  n'eussent  pas  été  superflues. 

A  ces  éléments  locaux,  en  1462,  vient  s'adjoindre  un  élément  étranger, 


BIBLIOGRAPHIE.  377 

les  Lombards,  en  réalité  des  Piémontais,  Vincent  et  Martin  de  Ville, 
auxquels  Louis  XI  accorde  le  privilège  d'établir  à  Tournai  une  maison 
de  prêt  (13  septembre-9  novembre  1462). 

A  côté  des  corporations  ou  groupes  industriels,  nous  trouvons  natu- 
rellement à  Tournai,  comme  partout  ailleurs,  les  confréries  :  celles  de 
Saint-Maur  (10  juin  1449);  des  Dames  sœurs  (17  juin  1443);  de  Saint- 
Antoine  (15  janvier  1454);  de  Saint-Fiacre  (9  août  1457);  de  Sainte- 
Barbe  (4  février  1466);  les  ordres  religieux  :  ceux  des  Augustins,  des 
Frères  mineurs,  des  Croisiers,  des  Glarisses,  le  Tiers  ordre  de  Saint- 
François  ;  les  sœurs  des  Hauts  degrés,  les  religieuses  des  Gampeaux,  à 
Saint-Brixe,  les  Antonins,  qui,  à  Tournai  comme  dans  d'autres  villes, 
ont,  en  souvenir  de  leur  patron,  la  permission  de  laisser  vaguer  dans 
les  rues  des  troupeaux  de  pourceaux  (17  décembre  1476)  ;  dans  le  voi- 
sinage de  Tournai ,  et  en  rapports  fréquents  avec  la  ville  pour  lui 
demander,  comme  les  ordres'précités,  des  aumônes,  des  subventions  ou 
des  exemptions  de  taxes,  des  matériaux  de  construction,  on  trouve  les 
abbayes  de  Saint- Amand,  celles  de  Loos,  de  Saint- Amand,  des  Prés- 
Porchains,  du  Saulchoir. 

La  sécurité,  la  santé,  l'alimentation,  la  moralité  d'une  population 
aussi  nombreuse  et  aussi  mêlée,  réclamaient  naturellement  toute  l'at- 
tention des  consaulx;  la  plupart  de  leurs  délibérations  y  sont  consa- 
crées. Ils  pourvoient  à  la  propreté  et  à  la  salubrité  publiques  par  le 
nettoyage  des  rues,  le  ramonage,  l'interdiction  de  corrompre  les  eaux 
par  des  usages  industriels,  l'isolement  des  ladres,  les  mesures  contre 
la  «  pestilence  »  qui  sévit  dans  le  voisinage  ;  ils  payent  «  un  médechin 
pour  conseiller  et  aidier  les  cirurgiens  en  leurs  cures...  et  secourir  les 
babitans  en  leurs  maladies;  »  ils  réglementent  la  fabrication  du  pain, 
la  pêche,  les  poids  et  mesures;  ils  organisent  la  défense  contre  l'incen- 
die ;  dans  l'intérêt  de  la  religion  et  des  bonnes  mœurs,  ils  font  observer 
les  dimanches  et  les  fêtes,  répriment  le  blasphème,  et  aussi  les  «  balades 
et  canchons  diffamatoires  ;  »  ils  surveillent  certaines  sociétés  trop 
joyeuses,  et  dont  la  gaîté  devient  souvent  de  la  licence,  le  «  prince  et 
les  compagnons  de  la  Cour  d'Amour,  »  du  Puy  d'Amour,  les  «  Coers 
joyeux,  »  le  «  Couvent  des  endormis;  »  ils  interdisent  de  nommer  un 
«  evesque  des  fols,  »  de  «  conter  ne  lire  la  Passion  Nostre  Sauveur  Jhe- 
sus  Crispt,  ou  marchié  ne  ailleurs,  au  peuple  de  la  ville,  »  avec  invita- 
tion à  l'aller  «  oyr  preschier  es  églises  où  ladite  Passion  se  presche 
communément  par  notables  clercs  théologiens  et  aultres  fondez  en  la 
science  divine;  »  défense  est  faite  «  aux  estuveurs  et  estuveresses,  reven- 
deurs ne  revenderesses  de  cervoise  de  herberger  ne  laisser  coucher 
ensemble  de  nuit  en  leurs  maisons  hommes  et  femmes  ;  »  sont  prohibés 
les  jeux  de  dés,  de  la  «  haudute,  »  des  «  bourlettes,  »  de  1'  «  oire  ;  »  il 
est  interdit  aux  enfants,  sous  la  responsabilité  des  parents,  de  «  traire 
et  souffler  en  buseaux  de  bois,  aiguilles  et  aultres  choses  poingnans.  » 


378  BIBLIOGEAPHIE. 

Contre  les  ennemis  extérieurs,  comme  pour  assurer  l'ordre  à  l'inté- 
rieur de  la  cité,  Tournai  a  ses  canonniers,  ses  archers  et  ses  arbalé- 
triers du  grand  et  du  petit  serment,  avec  concours  de  tir  et  distributions 
de  prix  ;  ces  milices  sont  commandées  par  des  dizeniers  et  des  quarte- 
niers  ;  quelquefois,  sur  la  demande  du  roi,  la  ville  fournit  un  contin- 
gent employé  à  l'extérieur;  les  Tournésiens  participèrent  au  siège  de 
Pontoise  en  mai  1441,  et  la  ville  accorda  des  secours  aux  veuves  des 
arbalétriers  ainsi  envoyés  à  la  guerre,  et  qui  n'en  étaient  pas  revenus. 

La  population  a  des  solennités  très  nombreuses,  les  unes  religieuses, 
les  autres  patriotiques,  la  plupart  réunissant  ce  double  caractère;  tous 
les  épisodes  de  la  longue  lutte  soutenue  par  Charles  YII,  et  qui  eut  pour 
heureux  dénouement  l'expulsion  totale  des  Anglais,  donnent  lieu  à  des 
processions,  à  des  messes,  à  des  sermons  ;  les  entrées  de  rois  et  de 
princes  sont  l'occasion  de  véritables  fêtes;  on  chante  un  Te  Deum  pour 
la  naissance  d'un  fils  du  dauphin  Louis;  on  célèbre  un  service  funèbre 
à  la  mort  de  Charles  VII  ;  on  fait  une  procession  solennelle  pour  saluer 
l'avènement  de  son  successeur.  On  va  voir  les  «  esbatemens  des  com- 
paignons  esquiermisseux  de  l'espée  à  deux  mains.  »  Nous  avons  parlé 
déjà  des  concours  de  tir  des  archers  et  des  arbalétriers.  En  somme,  les 
occasions  de  se  distraire  ne  manquaient  pas  aux  Tournésiens.  Leur  vie 
se  reflète  très  exactement  dans  leurs  annales,  et  c'est  assurément  une 
œuvre  intéressante  que  de  nous  les  faire  connaître.  Peut-être  eût-il  été 
bon  pourtant  d'en  accompagner  le  texte  d'une  introduction  historique 
plus  développée  et  de  notes  explicatives.  D'autre  part,  M.  de  la  Grange 
nous  dit  avoir  tiré  ses  documents  de  deux  sources  :  les  délibérations 
des  consaulx  et  les  publications  du  magistrat  ;  il  eût  été  bon,  suivant 
nous,  de  mettre  en  manchettes  l'indication  des  registres  auxquels  il 
empruntait  ses  textes,  avec  celle  de  leur  date.  Cela  aurait  permis  de 
recourir  au  besoin  aux  originaux  des  archives  de  Tournai. 

J.  Vaesen. 

Œuvres  poétiques  d'Adam  de  Saint-Victor.  Texte  critique  par  Léon 
Gadtier.  Troisième  édilion.  Paris,  Alph.  Picard,  ^894.  In-'IO, 
xxii-337  pages. 

L'élégant  volume  que  vient  de  publier  notre  confrère  M.  Léon  Gau- 
tier sera  remarqué  parmi  les  nombreux  travaux  dont  l'hymnologic  du 
moyen  âge  est  actuellement  l'objet.  On  n'y  trouvera  pas  seulement  ce 
que  le  titre  promet,  un  texte  critique  des  œuvres  d'Adam  de  Saint- 
Victor,  c'est-à-dire  des  proses  qui  doivent  être  attribuées  à  ce  célèbre 
chanoine,  avec  tous  les  éclaircissements  qu'on  peut  désirer  avoir  sur 
l'attribution  et  les  sources  de  chaque  pièce,  sur  l'usage  qui  en  a  été  fait 
dans  nos  anciennes  liturgies  et  sur  la  méthode  suivie  pour  en  établir  le 
texte.  Des  notices  spéciales  ont  été  consacrées  à  chacune  des  proses 


t 


BIBLIOGRAPHIE.  379 

qu'on  a  attribuées  à  Adam,  mais  dont  l'attribution  est  contestable  ou 
fausse. 

Le  volume  se  termine  par  une  dissertation  d'une  quarantaine  de 
pages,  intitulée  :  «  Les  proses  avant  Adam  de  Saint- Victor.  »  C'est  un 
excellent  chapitre  de  l'histoire  de  la  poésie  liturgique,  sujet  que  l'au- 
teur étudie  avec  un  amour  passionné  et  une  patiente  sagacité  depuis 
près  de  quarante  ans  et  à  la  connaissance  duquel  il  a  largement  con- 
tribué. Ce  morceau  n'est  pas  seulement  un  résumé  de  tous  les  points 
actuellement  acquis  à  la  science,  il  renferme  aussi  des  vues  person- 
nelles que  l'auteur  n'avait  pas  encore  exposées  dans  ses  précédentes 
publications. 

L.  DeliSle. 

Un  Drame  religieux  du  moyen  âge.  Le  Bliracle  de  Théophile,  par 
Marius  Sepet.  Paris,  V.  Retaux  et  fils,  ^894.  In-8°,  33  p.  (Extrait 
de  la  Revue  historique  et  archéologique  du  Maine,  ^894,  q"  -109.) 

Comment  la  légende  du  moine  Théophile  d'Adana,  qui  vendit  son 
âme  au  diable  et  qui  fut  délivré  par  Notre-Dame,  a-t-elle  passé  dans  la 
littérature  dramatique  et  quelle  fortune  y  a-t-elle  obtenue  ?  Tel  est  le 
sujet  sur  lequel  M.  Marius  Sepet  nous  présente  d'intéressantes  consi- 
dérations dans  l'opuscule  que  nous  annonçons  ici.  L'histoire  qui,  à 
diverses  reprises,  a  inspiré  les  artistes  du  moyen  âge  (notamment  les 
verrières  du  xni«  siècle  à  la  cathédrale  du  Mans),  et  à  laquelle  des  poètes 
comme  Hroswitha  et  Marbode  ont  demandé  la  matière  de  leurs  ampli- 
fications poétiques,  s'était  introduite  dans  la  liturgie,  aux  offices  de  la 
sainte  Vierge,  et  c'est  par  là  qu'elle  a  dû  pénétrer  dans  la  littérature 
dramatique.  Les  mystères  français  de  Théophile,  dont  les  œuvres  de 
Rutebeuf  nous  ont  conservé  un  spécimen,  ont  dû  être  précédés  par  les 
drames  scolaires  rédigés  en  vers  latins.  Si  les  textes  épars  de  différents 
côtés  et  qu'il  groupe  ici  ont  permis  à  notre  confrère  de  constater  que, 
depuis  Rutebeuf,  le  miracle  de  Théophile  a  continué  à  défrayer  la  lit- 
térature dramatique,  la  perte  de  ces  œuvres  de  nos  anciens  poètes  l'a 
obligé,  pour  se  faire  une  idée  de  leur  travail,  de  recourir  à  l'examen 
des  compositions  similaires  conservées  à  l'étranger,  notamment  en 


Allemagne. 


E.-G.  Ledos. 


Le  Sonnet  dans  le  midi  de  la  France,  par  Alfred  de  Martonne.  Aix, 
4894.  In-8%  64  pages. 

D'habitude,  lorsqu'on  rend  compte  impartialement  d'un  livre,  on  en 
signale,  d'une  part,  les  défauts,  d'autre  part,  les  qualités.  Si  je  m'écarte 
ici  de  l'usage,  c'est  parce  que  je  n'ai  pu  découvrir  la  moindre  qualité 
dans  l'ouvrage,  pourtant  «  cinq  fois  refondu,  »  de  M.  de  Martonne.  En 


380  BIBLIOGRAPHIE. 

revanche,  les  défauts  y  sont  nombreux  et  graves.  D'abord,  il  est  d'une 
lecture  pénible,  l'auteur  écrivant  dans  une  langue  très  incorrecte,  par- 
fois inintelligible;  c'est  presque  au  hasard  que  je  cite  quelques-unes 
de  ses  expressions  choquantes  :  «  En  me  conservant  le  droit  de...  Ce  mor- 
ceau est  allusif  à...  Des  rectifications  de  textes  si  heureusement  menées 
par  M...  Il  n'administre  aucune  preuve  de  son  dire...  J'arrive  aux  jours 
modernes...  11  a  été  publié,  en  outre  de  Raynouard,  par  Bartsh  ^  {Chres- 
iomatltie,  p.  3H)  et  par  VArchiv  fur  (sic)  das  Studium  des  (sic)  rene- 
ren  (sic)  sprachen  (sic)  und  Litieraturen...  »  etc.,  etc.  M.  de  Martonne 
fait  le  mot  cantilène  du  masculin,  écrit  intimement  pour  intimement; 
dans  une  page  qu'il  cite  de  M.  Paul  Meyer,  il  écrit  six  fois  apocjryphe 
pour  apocryphe. 

Le  fond  vaut  encore  moins  que  la  forme.  M.  de  Martonne  croit  que 
«  la  langue  du  Midi  »  est  «  mère  de  l'italien  ;  »  que  le  latin  «  fut  jus- 
qu'au XIV»  siècle  la  langue  de  toute  la  littérature  européenne;  »  que  les 
troubadours  n'ont  pas  inventé  le  sonnet  parce  qu'ils  étaient  «  réfrac- 
taires  à  la  poésie  savante  ;  »  qu'  «  ils  ont  sans  doute  créé  le  français 
moderne  ;  »  que  «  ce  qu'on  trouve  principalement  chez  les  troubadours 
(et  non  chez  les  trouvères)  ce  sont  des  contredits,  les  poèmes  de  longue 
haleine,  les  fabliaux,  les  leys  d'amors  (lais  en  langue  d'oïl),  les  sirventes 
(satires),  enfin  des  compositions  plus  restreintes,  nommées  canso,  vire- 
lai, rondel,  ce  qui  est  la  même  chose  à  peu  près  que  rondeau  dans  le 
Nord  ;  »  enfin  qu'  «  il  se  peut  que  le  sonnet  méridional  (et  ce  mot  s'ex- 
pliquera [sic)  surtout  à  l'italien)  soit  un  souvenir  du  Ghazel  persan  ou 
de  la  Casside  arabe,  comme  le  dit  Ginguené.  » 

L'érudition  classique  de  l'auteur  est  au  niveau  de  ses  connaissances 
de  la  littérature  médiévale  ;  témoin  la  note  (p.  30)  où  il  avoue  n'avoir 
trouvé  dans  aucun  «  dictionnaire  de  langue  romane  »  le  sens  de  l'ex- 
pression «  herbe  d'Anticire.  » 

Les  lecteurs  de  la  Bibliothèque  me  pardonneront  de  leur  avoir  parlé 
d'une  publication  si  insignifiante  :  je  l'ai  fait  uniquement  pour  les 
avertir  qu'en  la  lisant  ils  perdraient  leur  temps  et  leur  peine.  '',\ 

Ernest  Langlois. 

Études  sur  la  saisie  privée.  Introduction.,  droit  romain  (legisactio 
per  pignoriscaptioiîcm) ,  chartes  et  coutumes  du  nord  de  la 
France,  par  Paul  Gollinet,  docteur  en  droit,  avocat  à  la  Cour 
d'appel.  Paris,  Larose,  1893.  ln-8<»,  ^84  pages. 

La  partie  principale  de  l'ouvrage  dont  nous  venons  de  transcrire  le 
titre  est  une  dissertation  très  soignée,  instructive  et  ingénieuse,  où 
l'auteur  étudie  dans  l'ancien  droit  coutumicr  français  le  rôle,  les  trans- 

I.  Ailleurs  Bastsh. 


BIBLIOGRAPHIE.  38^ 

formations,  la  décadence  et  les  survivances  d'une  des  institutions  les 
plus  intéressantes  léguées  au  moyen  âge  par  le  droit  primitif  :  la  saisie 
privée  ou  saisie  extrajudiciaire. 

M.  Gollinet  a  pris  comme  source  principale  les  chartes  de  franchises 
de  la  France  du  Nord,  et,  pour  compléter  les  renseignements  qu'elles 
lui  fournissaient,  il  s'est  uniquement  adressé  aux  coutumiers  des  xni^ 
et  xiv«  siècles.  Le  choix  qu'il  a  fait  d'une  hase  aussi  étroite  a  eu  une 
conséquence  importante  et  dont  il  ne  paraît  pas  s'être  rendu  très  hien 
compte,  c'est  que  son  exposé,  très  précieux  pour  l'histoire  de  la  saisie 
privée  à  l'usage  des  bourgeois,  ne  saurait  donner  qu'une  idée  extrême- 
ment incomplète  du  rôle  joué  par  cette  institution  dans  la  première 
période  du  droit  coutumier  français.  En  effet,  les  chartes  de  franchises 
servaient  à  émanciper  plus  ou  moins  complètement,  à  tel  ou  tel  point 
de  vue,  des  personnes  qui  primitivement  étaient  des  non-lihres,  par- 
tant des  incapables,  et  c'est  ainsi  notamment  que  les  dispositions  qu'elles 
renferment  relativement  à  la  saisie  privée  avaient  ordinairement  pour 
but  de  faire  jouir  de  ce  mode  d'exécution  des  personnes  à  qui  leur 
incapacité  juridique  en  interdisait  originairement  l'emploi,  surtout  vis- 
à-vis  des  personnes  complètement  libres.  Donc,  si  intéressants  que 
soient  ces  textes,  il  ne  faut  pas  oublier  qu'ils  nous  font  connaître  uni- 
quement l'histoire  bourgeoise  de  la  saisie  privée,  et  qu'ils  ne  nous 
apprennent  absolument  rien  sur  l'usage  qu'en  faisaient  entre  elles  les 
personnes  pleinement  libres. 

La  seconde  catégorie  de  documents  auxquels  s'est  adressé  M.  Golli- 
net, les  coutumiers  du  xin'  et  du  xiv^  siècle,  ne  pouvaient  pas  combler 
cette  lacune  :  ils  sont  trop  récents,  et  leurs  auteurs,  d'une  part,  sont 
très  défavorables  à  la  saisie  privée,  d'autre  part  considèrent  déjà  les 
bourgeois  et  les  vilains  comme  des  hommes  libres.  Toutefois,  l'un  des 
plus  anciens  de  ces  documents,  celui  dont  l'auteur  met  le  mieux  en 
lumière,  presque  à  son  insu  il  est  vrai,  les  traces  du  caractère  primiti- 
vement non-libre  des  bourgeois  et  des  vilains,  le  Conseil  de  Pierre  de 
Fontaines,  aurait  pu  mettre  M.  Gollinet  sur  la  voie  des  considérations 
que  nous  indiquons  ici  :  il  cite  (p.  134)  un  passage  où  P.  de  Fon- 
taines nous  dit  en  termes  formels  que  le  «  frans  hom  »  seul  peut  exer- 
cer librement  contre  un  autre  franc  homme  le  droit  de  saisie  privée, 
tandis  que  le  bourgeois  ne  peut  le  faire  que  s'il  y  est  autorisé  par  sa 
charte  de  franchises.  Et,  en  effet,  nous  voyons  de  nombreuses  chartes 
de  franchises  concéder  aux  bourgeois,  sous  certaines  conditions,  le  droit 
de  saisie  privée  contre  les  chevaliers,  dispositions  qui  ont  étonné 
M.  Gollinet  et  dont  il  n'a  pas  bien  saisi  le  sens  et  la  valeur  (p.  136-137). 

Le  travail  dont  nous  rendons  compte  est  une  thèse  de  doctorat  en 
droit,  et  l'auteur  a  fort  ingénieusement  profité  du  programme  qui  lui 
était  imposé  pour  placer  dans  son  vrai  cadre  historique  le  sujet  qu'il 
avait  très  heureusement  choisi,  c'est-à-dire  pour  en  faire  une  étude  de 


382  BIBLIOGRAPHIE. 

droit  comparé  :  la  legisactio  per  pignoriscaptionem  lui  a  fourni  la  dis- 
sertation de  droit  romain  dont  il  avait  besoin,  et  il  l'a  fait  précéder 
d'une  introduction  où  il  esquisse  le  rôle  de  la  saisie  privée  dans  les 
droits  orientaux,  dans  le  droit  germanique  et  dans  le  droit  irlandais. 

Nous  espérons  que  M.  Gollinet  n'abandonnera  pas  ces  belles  études, 
pour  lesquelles  il  se  montre  très  bien  préparé,  et  qu'il  nous  donnera 
quelque  jour  une  histoire  complète  de  la  saisie  privée  dans  le  droit 
français  du  moyen  âge,  histoire  dont  il  vient  d'écrire  un  fort  intéres- 
sant chapitre. 

P.    GUILHIERMOZ. 


Histoire  des  tribunaux  de  l'Inquisition  en  France,  par  L.  Tanon, 
président  à  la  Cour  de  cassation.  Paris,  Larose  et  Forcel,  ^893. 
In-S",  vi-567  pages. 

En  écrivant  ce  livre,  M.  Tanon  a  obéi  à  une  pensée  très  juste  et  qu'il 
a  très  heureusement  réalisée  :  étudier  en  juriste,  c'est-à-dire  avec  la 
précision  et  l'exactitude  techniques,  une  juridiction  dont  on  s'est  sur- 
tout occupé  jusqu'ici  au  point  de  vue  historique. 

Il  n'a  pas  cru  toutefois  pouvoir  borner  là  son  plan  :  il  a  jugé  néces- 
saire de  présenter  d'abord  au  lecteur  les  juges  et  les  justiciables  des 
tribunaux  de  l'inquisition,  et  il  s'est  trouvé  amené  à  consacrer  près  du 
quart  du  volume  à  un  aperçu  historique  de  l'hérésie  et  de  la  répression 
de  l'hérésie  en  France  pendant  le  moyen  âge.  Bien  que  fort  intéres- 
sants à  lire,  ces  chapitres,  n'apportant  pas  beaucoup  de  nouveau  et 
étant  naturellement  bien  brefs  pour  le  sujet,  sont  un  peu  un  hors-d'œuvre, 
et  la  partie  vraiment  capitale  du  livre,  celle  qui  en  fait  la  grande 
valeur,  est  la  seconde,  où  l'auteur,  poursuivant  son  véritable  but, 
expose,  avec  une  remarquable  clarté  et  une  très  exacte  précision,  l'or- 
ganisation, la  compétence,  la  procédure  et  la  pénalité  des  tribunaux  de 
l'Inquisition. 

Entre  beaucoup  de  chapitres  instructifs  et  nouveaux,  nous  signale- 
rons particulièrement  celui  où  M,  Tanon  traite  de  l'origine  de  la  peine 
de  mort,  qui  était,  comme  on  le  sait,  appliquée  aux  hérétiques  impé- 
nitents ou  relaps  abandonnés  par  l'Église  au  bras  séculier.  Il  y  a 
quelques  années,  M.  Ficker  a  soutenu  que  cette  pénalité  n'avait  été 
établie  légalement  que  par  les  célèbres  constitutions  de  Frédéric  II,  et 
que  les  exécutions  antérieures  d'hérétiques  dont  les  chroniques  nous 
ont  gardé  le  souvenir  n'avaient  été  que  des  mesures  arbitraires,  sans 
caractère  judiciaire  régulier.  Les  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  l'Ecole 
des  chartes  n'ont  pas  perdu  le  souvenir  du  savant  et  brillant  mémoire 
dans  lequel  Julien  Havet  appliqua  à  la  France  le  système  formulé  seu- 
lement pour  les  pays  d'Empire  par  M.  Ficker.  M.  Tanon,  au  contraire, 
se  refuse  formellement  à  admettre  cette  manière  de  voir  ;  il  soutient 


BIBLIOGRAPHIE.  383 

que,  depuis  les  constitutions  portées  contre  les  Manichéens  par  les 
empereurs  romains,  la  peine  de  mort  n'a  jamais  cessé  d'être  considérée 
comme  la  peine  légale  de  l'hérésie,  et  que,  si  après  une  longue  somno- 
lence dans  le  premier  moyen  âge,  motivée  par  l'absence  d'hérésies  dan- 
gereuses, elle  est  rentrée  en  activité  au  xi^  siècle,  avec  l'apparition  de 
la  redoutable  hérésie  des  Cathares,  l'application  qui  en  a  été  faite  dès 
lors  «  a  été  une  tradition  de  la  loi  romaine,  non  un  simple  produit  de 
la  coutume.  »  M.  Tanon  a  apporté  à  l'appui  de  cette  thèse  des  argu- 
ments qui  nous  paraissent  avoir  un  très  grand  poids. 

Nous  regrettons  que  l'auteur,  mieux  préparé  que  personne  pour  une 
semblable  étude,  n'ait  pas  abordé,  comme  conclusion  à  son  beau  tra- 
vail, l'examen  développé  d'une  question  fort  intéressante  qu'il  tranche 
très  rapidement,  en  tête  de  son  avant-propos,  dans  un  sens  qui  nous 
paraît  plus  que  douteux  :  celle  de  l'influence  qu'aurait  exercée  au  dehors 
la  procédure  suivie  dans  les  tribunaux  de  l'Inquisition.  «  Le  droit 
inquisitorial,  »  nous  dit-il,  «  a  laissé  des  traces  profondes  dans  le  droit 
criminel  de  la  France  et  de  la  plupart  des  autres  nations  de  l'Europe. 
Les  traits  les  plus  durs  de  la  procédure  criminelle  qui  est  devenue  la 
procédure  commune  au  moyen  âge  y  ont  trouvé,  sinon  toujours  leur 
première  ou  plus  forte  expression,  du  moins  leur  première  application 
systématique  et  collective.  »  C'est  là  une  assertion  que  l'histoire  de  la 
procédure  criminelle  en  France  ne  nous  paraît  pas  justifier.  Les  juges 
séculiers  français  de  la  fin  du  xiii^  siècle  et  ceux  du  xiv^  étaient  tout 
spontanément  portés  à  employer  les  moyens  d'instruction  les  plus  durs 
et  à  restreindre  le  plus  possible  la  liberté  de  la  défense;  ils  n'avaient 
en  cette  matière  de  leçons  à  prendre  de  personne.  Un  exemple  suffira 
à  montrer  combien  les  aggravations  apportées  par  le  Parlement  aux 
rigueurs  de  la  procédure  le  furent  indépendamment  de  toute  influence 
des  pratiques  inquisitoriales.  Parmi  les  atteintes  au  droit  commun  qui 
caractérisent  la  procédure  exceptionnelle  de  VInquisitio  hereticx  pravi- 
tatis,  la  suppression  de  la  publication  des  noms  des  témoins  est  une  de 
celles  que  M.  Tanon  juge  le  plus  sévèrement  et  qui  appelle  le  plus 
naturellement  une  comparaison  avec  une  mesure  restrictive  analogue 
introduite  dans  la  procédure  séculière.  Dans  la  procédure  canonique 
ordinaire,  aussi  bien  au  criminel  qu'au  civil,  d'une  part,  la  partie  contre 
laquelle  des  témoins  étaient  produits  devait  être  mise  à  même  de  les 
connaître,  afin  de  pouvoir  les  reprocher,  et,  d'autre  part,  elle  devait 
recevoir  communication  de  leurs  dépositions,  afin  de  pouvoir  y  oppo- 
ser des  contredits.  Mais  la  pratique  avait  montré  que,  dans  la  procé- 
dure contre  les  hérétiques,  ces  règles  libérales  exposaient  les  témoins  à 
de  redoutables  représailles  et,  par  suite,  les  intimidaient  grandement  ; 
aussi,  de  bonne  heure,  l'usage,  bientôt  confirmé  par  les  papes,  s'établit, 
en  communiquant  à  l'accusé  les  dépositions,  de  taire  les  noms  des 
témoins  qui  les  avaient  faites.  Mais,  il  importe  de  le  remarquer,  cette 


384  BIBLIOGRAPHIE. 

restriction  avait  simplement  pour  but  d'empêcJier  l'accusé  de  connaître 
le  nom  de  l'auteur  de  chaque  déposition  en  particulier,  et  la  règle  en 
vertu  de  laquelle  il  devait  être  mis  à  même  de  savoir  quels  témoins 
avaient  été  produits  contre  lui  subsistait  absolument;  c'est  bien  à  tort 
que  M.  Tanon  l'a  contesté;  il  énumère,  il  est  vrai,  d'après  Eymeric,  c'est- 
à-dire  d'après  un  auteur  de  la  seconde  moitié  du  xiv'=  siècle,  les  procé- 
dés plus  ou  moins  ingénieux  que  beaucoup  d'inquisiteurs  employaient 
alors  pour  rendre  cette  garantie  en  grande  partie  illusoire,  mais  cela 
seul  suffit  à  prouver  jusqu'à  l'évidence  l'existence  de  la  règle.  Nous 
pouvons  donc  conclure  en  toute  certitude  que,  malgré  la  restriction  en 
question,  dans  Vinquisilio  hereticse  pravitatis,  l'accusé  devait  savoir  : 
1°  quels  témoins  avaient  déposé  contre  lui;  2°  quelles  dépositions 
avaient  été  faites  contre  lui.  Or,  si  nous  recherchons  comment  le  Par- 
lement, pressé  du  même  besoin  de  rassurer  les  témoins,  s'y  prit  pour 
modifier  ces  mômes  règles  de  la  preuve  testimoniale  du  droit  canonique, 
introduites  par  saint  Louis  dans  la  procédure  des  cours  séculières,  nous 
voyons  qu'il  les  traita  avec  un  tout  autre  sans-gêne  que  l'autorité  ecclé- 
siastique. Ce  ne  fut  pas  dans  des  causes  présentant  une  difficulté  et  une 
gravité  exceptionnelles,  mais  bien  dans  toutes  les  causes,  à  la  fois  au 
civil  et  au  criminel,  que  le  Parlement,  sans  la  moindre  hésitation,  six 
ans  seulement  après  la  mort  de  saint  Louis,  supprima  purement  et 
simplement  la  publication  des  témoins,  c'est-à-dire  la  communication 
des  dépositions  :  dans  ce  système,  qui  devait  être  pratiqué  pendant  de 
longs  siècles,  on  était  jugé  sur  des  témoignages  dont  on  ignorait  le 
premier  mot  et  auxquels,  par  conséquent,  on  ne  pouvait  opposer  quoi 
que  ce  fût;  on  recevait  seulement  communication  des  noms  des  témoins, 
et  on  était  admis  à  les  reprocher.  C'est  donc  là  une  mesure  restrictive 
bien  différente  de  celle  apportée  dans  la  procédure  inquisitoriale,  et  qui 
dérive  d'une  manière  de  voir  opposée,  puisque  la  garantie  que  le  Parle- 
ment supprime  radicalement  est  précisément  celle  que  l'autorité  ecclé- 
siastique juge  la  plus  indispensable.  Il  nous  paraît  donc  peu  exact 
d'attribuer  les  iniquités  de  la  procédure  des  tribunaux  séculiers  à  l'in- 
fluence des  tribunaux  de  l'Inquisition,  et  nous  croyons  qu'un  parallèle 
entre  les  uns  et  les  autres  ne  tournerait  pas  toujours  à  l'avantage  des 
premiers,  bien  qu'ils  n'eussent  pas,  comme  les  seconds,  l'excuse  d'être 
des  tribunaux  d'exception. 

Nous  venons  de  dire  qu'Eymeric  cite  toute  une  série  de  moyens  ima- 
ginés par  les  inquisiteurs  pour  éluder  ou  atténuer  une  règle  de  procé- 
dure, la  communication  des  noms  des  témoins  ;  ceci  nous  amène  à 
repousser  dans  une  certaine  mesure  une  accusation  très  grave  portée 
par  M.  Tanon  contre  la  justice  inquisitoriale  :  celle  d'arbitraire,  A  peu 
près  tout,  suivant  lui,  dans  cette  procédure  était  facultatif  pour  le  juge; 
c'est  qu'en  effet,  dit-il,  le  principe  était  que  les  inquisiteurs  pouvaient 
procéder  de  piano,  sine  slrepiiu  et  fujura  judicii,  et  il  explique  la  valeur 


BIBLIOGRAPHIE.  383 

de  cette  formule  au  moyen  d'une  définition  donnée  par  Sinibaldo 
Fieschi  (Innocent  IV)  dans  son  célèbre  commentaire  sur  les  décrétales; 
mais  ce  passage  se  réfère  aux  matières  bénéficiaies,  dans  lesquelles 
l'insertion  de  la  formule  en  question,  faite  uniquement  dans  l'intérêt 
des  parties,  avait  un  tout  autre  but,  et  il  est  abusif  de  lui  donner  une 
portée  générale.  La  formule  de  piano,  etc.,  supprimait  bien  la  nécessité 
d'observer  les  délais  et  les  règles  de  forme,  mais  tout  le  savant  exposé 
que  nous  donne  M.  Tanon  de  la  procédure  suivie  par  les  inquisiteurs, 
et  en  particulier  le  récit  des  efforts  compliqués  qu'ils  faisaient  parfois 
pour  éluder  des  règles  jugées  dangereuses,  nous  prouve  surabondam- 
ment qu'ils  étaient  tenus  à  l'observation  de  toutes  les  règles  de  fond  de 
Vordojuris  auxquelles  il  n'avait  pas  été  dérogé  par  les  constitutions  des 
papes,  et  c'est  à  tort,  croyons-nous,  que  M.  Tanon  a  contesté  sur  ce 
point  l'affirmation  formelle  du  plus  ancien  manuel  inquisitorial  qui 
nous  ait  été  conservé. 

P.    GuiLHIERMOZ. 

Documents  pour  servir  à  l'histoire  des  domiciles  de  la  Compagnie  de 
Jésus  dans  le  monde  entier  de  ^540  à  4773,  par  le  P.  Alfred  Hamt, 
S.  J.  Paris,  Alph.  Picard,  s.  d.  (4892).  In-4o,  iv-97  pages. 

Très  utile  compilation  pour  tous  ceux  qui,  de  près  ou  de  loin,  peuvent 
avoir  intérêt  à  connaître  exactement  les  localités  où  les  Jésuites  ont  eu 
des  maisons  professes,  des  collèges,  des  missions  ou  simplement  des 
stations  ou  résidences.  Le  travail  comprend  :  l»  un  répertoire  qui  per- 
mettra de  trouver  sans  la  moindre  difficulté  si  la  Compagnie  de  Jésus 
a  eu  un  domicile  dans  un  lieu  déterminé,  à  condition  d'en  connaître  le 
nom  français  ou  le  nom  latin;  2o  l'indication  d'environ  1,500  vues  ou 
plans  de  ces  domiciles,  qui  n'ont  pas  été  consignés  dans  des  ouvrages 
précédents  ;  3°  la  liste  alphabétique  de  toutes  les  localités  desservies 
par  des  Jésuites  en  Angleterre,  de  1580  à  1773,  et,  en  Hollande, 
de  1592  à  1773  ;  4»  plusieurs  appendices. 

On  ne  peut  que  féliciter  les  auteurs  de  travaux  aussi  ingrats,  mais 
aussi  utiles,  lorsqu'ils  sont  surtout  d'un  intérêt  aussi  général  et  d'une 
facture  aussi  soignée  que  l'est  cette  publication  du  R.  P.  Hamy. 

H.  S. 

Nouvelles  Archives  des  fuissions  scientifiques  et  littéraires.  Choix  de 
rapports  et  instructions  publiés  sous  les  auspices  du  îninistère  de 
l'instruction  publique^  des  beaux-arts  et  des  cultes.  Tome  I-V. 
Paris,  E.  Leroux,  -1894-1893.  In-8°,  476  pages  et  7  planches; 
704  pages  et  4  9  planches-,  350  pages  el  49  planches;  436  pages  et 
24  planches;  386  pages,  23  planches  et  une  carte. 

C'est  à  l'année  1842  que  remonte  l'organisation  des  missions  scien- 
4  894  25 


386  BIBLIOGRAPHIE. 

tifiques  et  littéraires  comme  service  public  ;  c'est  huit  ans  après  que 
fut  publié  le  premier  volume  des  Archives  des  missions.  Cette  publica- 
tion qui  avait  compté  huit  volumes  de  1850  à  1859  subit  une  interrup- 
tion jusqu'en  1864  ;  une  nouvelle  série  ouverte  alors  donna  huit  volumes 
jusqu'en  1872,  point  de  départ  d'une  troisième  série  dont  les  quinze 
volumes  ont  été  terminés  en  1890  par  la  publication  d'une  table  géné- 
rale s'appliquant  aussi  bien  aux  deux  séries  antérieures  qu'à  la  dernière. 
En  inaugurant  la  suite,  dont  nous  annonçons  ici  les  cinq  premiers 
volumes,  l'on  a  cru  devoir  en  modifier  fort  légèrement  le  titre;  il  eût 
été  plus  commode  pour  les  citations  que  l'on  pourra  faire  de  ce  recueil 
de  maintenir  l'ancien. 

Les  missions  données  par  le  ministère  ayant  des  objets  fort  divers,  les 
rapports  auxquels  elles  donnent  lieu  ne  sauraient  naturellement  être 
tous  mentionnés  ici. 

Dans  le  premier  volume,  nous  ne  voyons  à  noter  que  le  rapport  de 
M.  Boissonnade  sur  les  Archives  de  Navarre  à  Pampelune  et  les  archives 
de  Castille  au  château  de  Simancas.  Le  tableau  général  de  classification 
que  M.  Boissonnade  donne  en  appendice  peut  être  de  quelque  utilité, 
bien  qu'il  soit  extrêmement  sommaire. 

Le  second  volume  s'ouvre  par  des  Notices  sommaires  des  manuscrits 
grecs  d'Espagne  et  de  Portugal,  rédigées  en  partie  par  feu  Charles  Graux, 
complétées  et  publiées  par  M.  Albert  Martin.  L'intérêt  d'un  pareil 
catalogue  n'a  pas  besoin  d'être  démontré;  les  notices  sont  généralement 
rédigées  avec  soin,  bien  que  de  ci  de  là  on  puisse  relever  quelques  négli- 
gences; par  exemple,  pages  7,  142,  156,  M.  Martin  parle  de  papier  de 
coton,  alors  que  des  expériences  qui  remontent  à  quelques  années  déjà 
ont  montré  qu'il  n'a  pas  existé  de  papier  de  coton;  p.  126,  décrire  des 
armes  qu'on  n'a  pu  identifier  en  termes  aussi  vagues  que  le  fait  ici 
M.  Martin   est   un   renseignement  parfaitement  inutile;  p.   130-131, 
M.  Martin  donne  sur  l'écriture  d'un  manuscrit  des  indications  qui  ne 
paraissent  pas  concorder  entre  elles;  p.  139,  le  commentaire  de  Théo- 
dore de  Gaza  par  Gérasime  de  Byzance  ou  Byzantios  a  été  publié  en 
1757,  comme  M.  Martin  aurait  pu  s'en  assurer  en  se  reportant  à  Papa- 
dopoulo  Vrétos  (NeoeXXovixy)  çiXoXoYia,  II,   112);  il  aurait  aussi  dans  cet 
ouvrage  trouvé  quelques  indications,  fort  maigres  il  est  vrai,  sur  cet 
écrivain.  Enfin,  je  ne  me  rends  pas  très  bien  compte  des  règles  suivies 
par  M.  Martin  dans  la  transcription  des  noms  propres.  Ce  sont  là  des 
critiques  de  détail,  qui  ne  m'empêchent  pas  de  reconnaître  le  mérite  du 
travail  de  MM.  Graux  et  Martin,  où   une  bonne   table   facilite   les 
recherches. 

Dans  le  même  volume,  on  trouvera  quelques  notes  à  glaner  dans  le 
rapport  de  M.  Boutroue  sur  une  mission  archéologique  en  Portugal  et 
dans  le  sud  de  l'Espagne,  et  dans  celui  où  M.  Adrien  Blanchet  résume 
ses  observations  sur  les  musées  d'Allemagne  et  d'Autriche,  qu'il  a 


BIBLIOGRAPHIE.  387 

particulièrement  examinés  au  point  de  vue  de  l'installation  des  col- 
lections. 

Je  ne  vois  rien  qui  doive  être  mentionné  ici  ni  dans  le  tome  III  ni 
dans  le  tome  V.  Par  contre,  plus  de  la  moitié  du  tome  IV  (p.  1-283)  est 
remplie  par  un  rapport  considérable  de  notre  confrère  M.  Delaville  Le 
Roulx  sur  les  Archives  de  l'ordre  de  l'Hôpital  de  la  péninsule  ibérique.  La 
première  partie  de  ce  mémoire  est  consacrée  aux  Dépôts  d'archives  de 
l'ordre.  C'est hV Archiva  gênerai  central,  dans  la  ville  d'Alcala  de  Hena- 
rès,  qu'ont  été  réunies  les  archives  aragonaises  de  l'Hôpital;  c'est-à-dire  : 
l"  le  fonds  de  la  chàtellenie  d'Amposte,  centre  et  siège  des  premiers 
établissements  en  Aragon,  composé  de  926  liasses,  de  13  cartulaires 
(siie-xiv«  siècles),  de  37  registres  capitulaires  (1337-1776),  et  de  17  manus- 
crits divers  (statuts,  histoire  de  l'ordre,  etc.);  2°  le  fonds  du  grand  prieuré 
de  Navarre,  comprenant  111  liasses  classées  à  la  suite  du  fonds  pré- 
cédent. 

Le  fonds  du  prieuré  de  Catalogne,  conservé  au  couvent  des  Dames 
hospitalières  de  San  Gervasio  de  Gassolas,  n'est  pas  accessible  au  public, 
et  le  manque  d'inventaires  rend  les  recherches  difficiles  dans  les  sections 
qui  le  constituent  :  commanderies  hospitalières,  commanderies  tem- 
plières,  bulles  pontificales  et  magistrales,  comuns  (pièces  se  rapportant 
aux  ordres  du  Temple  et  de  l'Hôpital  en  général),  privilèges.  Les  archives 
de  Gastille  se  trouvent  à  Alcala  de  Henarès  avec  une  classification  par- 
ticulière; elles  comprennent  175  liasses.  Le  prieuré  de  Portugal,  qui  ne 
formait  qu'une  langue  avec  celui  de  Gastille,  a  complètement  perdu  ses 
archives.  Les  hospitalières  de  Sigena  (à  dix  lieues  ouest  de  Lérida)  ont 
gardé  leurs  archives,  autrefois  classées  méthodiquement,  aujourd'hui  ran- 
gées dans  l'ordre  chronologique.  M.  Delaville  Le  Roulx  ne  s'est  pas  con- 
tenté de  dresser  des  tableaux  sommaires  de  chacun  de  ces  fonds.  Il  a 
encore  analysé  les  actes  les  plus  importants  et  il  en  a  tiré  de  précieuses 
considérations  sur  l'histoire  de  l'ordre  en  Espagne. 

Il  a  pensé  aussi  qu'il  y  avait  lieu  de  rechercher  dans  les  chancelleries 
royales  étrangères  à  l'ordre  les  documents  relatifs  à  son  histoire  ;  et  il  a 
consigné  le  résultat  de  ces  recherches  dans  la  seconde  partie  de  son  tra- 
vail :  chancellerie  des  rois  d'Aragon,  chancellerie  des  rois  de  Majorque, 
chancelleries  de  Gastille  et  Léon,  de  Valence,  de  Navarre  et  de  Portugal 
lui  ont  fourni  un  nombre  considérable  d'analyses.  Deux  appendices  ter- 
minent ce  rapport;  le  second  renferme  des  listes  des  dignitaires  espagnols 
de  l'ordre  de  l'Hôpital;  il  faut  y  rattacher  la  liste  des  prieures  de  Sigena 
donnée  par  l'auteur  au  cours  de  son  travail.  Le  premier  appendice  a  un 
intérêt  beaucoup  plus  général  :  M.  Delaville  Le  Roulx  y  consigne  le 
résultat  de  ses  observations  sur  la  diplomatique  des  chancelleries  royales 
de  Gastille  et  Léon,  d'Aragon  et  de  Navarre  ;  c'est  un  aperçu  sommaire, 
mais  qui  n'en  sera  pas  moins  bien  apprécié.  E.-G.  Ledos. 


388  BIBLIOGRAPHIE. 


LIVRES    NOUVEAUX. 

SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Généralités,  407,  451,  553. 

Sciences  auxiliaires.  —  Épigraphie,  406,  433,  513.  —  Paléographie, 
487.—  Diplomatique,  401,  487.  —  Bibliographie,  422,  509;  biblio- 
thèques, 360,  512;  manuscrits,  315,  353,  391,  454,  472;  imprimés,  368, 
421;  typographie,  432;  ex-libris,  345. 

Sources,  300,  527.  —  Chroniques,  450,  519,  521.  —  Correspondances, 
313,  352,  364,  457,  469.  —  Archives,  314,  331-332,  340,  353,  378,  453, 
462,467,  529.  —  Cartulaires,  etc.,  346-347,  349-350,  357,  365,  460,  506, 
559.  —  Regestes,  334,  388,  507.  —  Inventaires,  476.  —  Lois,  etc., 
352,  387,  446. 

Biographie  et  généalogie,  402,  514,  530.  —  Alfonse  de  Poitiers,  313; 
Avesnes,  380;  Baldinotti,  317;  Baldung,  542;  Baudouin  de  Trêves, 
503;  Beccadelli,  561;  Berry,  355;  Billy,  560;  Boccace,  555;  Bodel,  501; 
Boncompagno,  539;  Caffaro,  418;  Catherine,  518;  Célestin  V,  338; 
Charles  VII,  321;  Charles  VIII,  533;  Charles  le  Téméraire,  522; 
Colette  (sainte),  403;  Colomb,  363,  400;  Conrad  IV,  334;  Conradin, 
409;  Dampierre,  380;  Dante,  499,  524;  Edouard  El,  347;  François 
(saint)  d'Assise,  431;  Frédéric  II,  334;  Frédéric,  duc  d'Urbino,  521; 
Guillaume,  334;  Guillebon ,  397;  Henri  IV,  465;  Henri  V,  465; 
Henri  VII,  334;  Henri  de  Transtamare,  365;  Henri  Raspe,  334  ;  Ivan  III, 
541;  Jeanne  d'Arc,  316,  493;  Josse,  archevêque  de  Tours,  377;  Looz, 
320;  Louis  (saint),  328,  379;  Louis  de  Bavière,  503;  Mathias,  457; 
Mathieu,  547  ;  Maynier,  491  ;  Memling,  556 ;  Nie.  Oresme,  330  ;  Otton  IV, 
334;  Pétrarque,  499,  555;  Philippe  le  Bel,  338;  Philippe  de  Souabe, 
334;  Richard  de  Cornouailles,  334;  Savonarole,  317;  Scillacio,  363; 
Sixte  IV,  496;  Thomas  a  Kempis,  498;  Trissino,  474;  Trivulce,  492; 
Troussey,  458;  Villedieu  (Alexandre  de),  509;  Vincent  Ferrier  (saint), 
383;  Wulmer,  438. 

Droit,  311,  327,  358,  387,  426,  446,  448,  537,  540. 

Institutions  :  politiques  et  sociales,  314,  331,  366,  515,  533;  reli- 
gieuses, 323,  351,  441,  495;  municipales,  486,  510. 

McEURS,  histoire  économique,  333,  373,  476. 

Sciences,  etc.,  385,  398,  404,  449,  545,  562. 

Religions.  —  Judaïsme,  536.  —  Catholicisme,  526  ;  hagiographie  et 
lipsanographie,  379,  413,  420;  papauté,  546;  conciles,  352;  éghses 
nationales,  374;  ordres  religieux,  monastères,  etc.,  321,  322,  324,  348- 


BIBLIOGRAPHIE.  389 

350,  384,  390,  402,  428,  431,  464,  480-482,  506,  512,  531,  534,  543,  544; 
liturgie,  342,  416;  livres  saints,  343,  391.  —  Hétérodoxie,  447,  502. 
—  Superstitions,  405. 

Archéologie,  355,  361,  530,  535.  —  Architecture,  382,  435;  reli- 
gieuse, 344,  410,  439;  civile  et  militaire,  359,  386,  412.  —  Sculpture, 
520,  554.  —  Peinture,  325;  enluminure,  548;  verrerie,  362,  508.  — 
Costume,  470.  —  Armes,  341.  —  Numismatique,  320,  328-330,  354, 
367,  369,  370,  381,  485.  —  Sigillographie,  322,  417,  494,  500.  —  Héral- 
dique, 423,  514,  552. 

Langues  et  littératures,  525,  555.  —  Latin,  312,  416.  Langues 
romanes  :  français,  336,  415,  501,  547;  provençal,  445,  477;  italien, 
317,  396,  444,  463,  473,  474,  476,  499,  505,  549^  -  Langues  germa- 
niques :  allemand,  411,  430,  483,  538,  563;  anglo-saxon,  343,  532,  551; 
anglais,  424,  517.  —  Langues  Scandinaves,  425. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  318,  334,  366,  367,  408,  465,  516,  536.  —  Alsace,  412,  478. 
—  Provinces  baltiques,  460,  558.  —  Provinces  rhénanes,  361,  507.  — 
Prusse,  543.  —  Thuringe,  500.  —  Westphalie,  414,  417,  557,  559.  — 
Wurtemberg,  399. 

Autriche-Hongrie,  410,  449,  490,  520. 

Belgique  et  Pays-Bas,  311,  319,  320,  374,  380,  419,  426,  429, 456,  502, 
504,  529. 

Danemark,  388. 

Espagne,  365,  527. 

France,  366,  375.  —  Beauvaisis,  397;  Bourbonnais,  362;  Bourgogne, 
324;  Bretagne,  511;  Champagne,  395;  Foix,  372;  Lorraine,  453;  Maine, 
386;  Vendômois,  513;  Vermandois,  370.  —  Aisne,  348,  381,  439,  466, 
497  ;  Alpes-Maritimes,  331  ;  Ardèche,  459,  514  ;  Ariège,  372  ;  Aube,  493  ; 
Aude,  384;  Aveyron,  484;  Bouches-du-Rhône,  481;  Cher,  340;  Eure, 
468,  508;  Eure-et-Loir,  437,  462;  Gard,  332;  Garonne  (Haute-),  369; 
Gironde,  376;  Jura,  344;  Loire  (Haute-),  475;  Loire-Inférieure,  452; 
Lot-et-Garonne,  436;  Maine-et-Loire,  402;  Manche,  357;  Meuse,  335- 
337;  Morbihan,  358,  442;  Nord,  349;  Orne,  434;  Pas-de-Calais,  486; 
Saône  (Haute-),  339;  Saône-et-Loire,  467,  506;  Savoie,  403;  Seine,  314, 
413,  420;  Seine-et-Marne,  445;  Seine-Inférieure,  440;  Sèvres  (Deux-), 
371;  Somme,  378;  Tarn-et-Garonne,  394;  Vienne,  321,  389,  461; 
Vienne  (Haute-),  323;  Vosges,  390. 

Grande-Bretagne,  346,  350,  354,  447. 

Grèce  et  Turquie,  479,  482,  518,  531. 

Italie,  326,  375,  382,  392,  393,  450,  489,  496,  512,  515,  523,  534. 


390  BIBLIOGRAPHIE. 

Pologne,  364,  488,  545. 
Russie,  530,  552. 
Suisse,  428,  480,  535. 
Orient,  427,  433,  455,  516. 
Amérique,  550. 

311.  AcQUOY  (J.).  Rechtsgeschiedenis  van  den  adel  in  Nederland. 
1^  stuk.  Leiden,  S.  C.  Yan  Doesburgh,  1894.  In-S»,  vui-108  p.  1  fl.  40. 

312.  Adam  de  Saint- Victor.  Œuvres  poétiques.  Texte  critique  par 
Léon  Gautier.  3^  édition.  Paris,  Picard  et  fils,  1894.  In-16,  xxn-337  p. 

313.  Alfonse  de  Poitiers.  Correspondance  administrative,  publiée 
par  Auguste  Molinier.  Paris,  Hachette,  1894.  In-4%  Yni-798  p.  (Collec- 
tion de  documents  inédits  sur  l'histoire  de  France.) 

314.  Archives  de  l'Hôtel-Dieu  de  Paris  (1157-1300),  publiées  par 
Léon  Brièle.  Avec  notice,  appendice  et  table  par  Ernest  Coyecque. 
Paris,  Impr.  nationale,  1894.  In-4»,  lxi-633  p.  (Collection  de  documents 
inédits  sur  l'histoire  de  France.) 

315.  AuvRAY  (Lucien).  Note  sur  un  ancien  manuscrit  de  l'abbaye  de 
Saint-Denis  (Vatican.  Regin.  370).  Nogent-le-Rotrou,  impr.  Daupeley- 
Gouverneur,  s.  d.  In-8°,  6  p.  (Extrait  du  Bulleti7i  de  la  Société  de  l'his- 
toire de  Paris  et  de  V Ile-de-France,  mars-avril  1894.) 

316.  Ayroles  (le  P.  Jean-Baptiste-Joseph).  La  Vraie  Jeanne  d'Arc. 
IL  La  Paysanne  et  l'inspirée.  Paris,  Gaume,  1894.  In-4o,  567  p.  15  fr. 

317.  BACci(Peleo).  Notizia  délia  vita  e  délie  rime  inédite  di  Tommaso 
Baldinotti,  poeta  pistoiese  del  xv  secolo,  con  due  sonetti  di  lui  sopra 
frate  Girolamo  Savonarola.  Pistoia,  tip.  Costa  Reghini  e  Biagini,  1894. 
In-8»,  29  p.  (Nozze  Morici-Merlini.) 

318.  Bachmann  (Adolf).  Das  deutsche  Reich  am  Ausgange  des  Mittel- 
alters.  Die  Grùndung  der  Grossmacht  des  Hanses  Habsburg.  Leipzig, 
Veit,  1894.  In-8o,  xii-768  p. 

319.  Bamps  (C),  Geraets  (E.).  Hasselt  jadis.  Hasselt,  Klock,  1894. 
In-8%  127  p.,  grav.  2  fr.  50. 

320.  Bamps  (C).  Note  sur  un  denier  inédit  de  Louis  I*"*,  comte  do 
Looz  (1145-1171),  suivie  de  quelques  considérations  sur  les  monnaies 
lorraines  les  plus  anciennes  et  sur  l'origine  de  l'atelier  monétaire  de 
Hasselt.  Bruxelles,  J.  Goemaero,  1894.  In-S",  19  p.  (Extrait  de  la^  Revue 
belge  de  numismatique.)  1  fr. 

321.  Barbier  (A.).  Chroniques  châtelloraudaises.  Lettres  patentes  de 
Charles  VH  autorisant  l'abbessc  de  Sainte-Croix  de  Poitiers  à  fortifier 


BIBLIOGRAPHIE.  391 

son  «  moustier  »  de  Saint-Romain-sur- Vienne  (8  décembre  1439).  Poi- 
tiers, impr.  Biais,  Roy  et  G'^,  1894.  In-8°,  17  p.  (Extrait  du  Bulletin  de 
la  Société  des  antiquaires  de  l'Ouest,  l"""  semestre  1894.) 

322.  Bardier  de  Montault  (Mgr  X.).  Le  Sceau  aux  indulgences  de 
l'ordre  des  Trinitaires.  Poitiers,  impr.  Biais,  Roy  et  G»»,  s.  d.  In-8% 
14  p.  (Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  des  antiquaires  de  l'Ouest,  4®  tri- 
mestre 1893.) 

323.  Barbier  de  Montault  (Mgr  X.).  Le  Spolium  de  l'évêque  de 
Limoges  en  1390.  Limoges,  impr.  de  veuve  H.  Ducourtieux  (1894). 
In-80,  140  p. 

324.  Baumont  (H.).  De  Luxoviensium  abbatum  potestate  et  quomodo 
Luxoviensis  terra  comitatui  Burgundiae  adjuncta  fuerit.  Nancy,  impr. 
Berger-Levrault,  1894.  In-8%  x-117  p. 

325.  Bayle  (Gustave).  Étude  historique  sur  un  tableau  flamand  (iné- 
dit) du  xv«  siècle,  appartenant  aux  collections  de  M.  Paul  Arbaud,  à 
Aix.  Avignon,  impr.  Chapelle,  1894.  In-4o,  22  p. 

326.  Beltrami  (Luca).  Il  Castello  di  Milano  (castrum  portae  Jovis) 
sotto  il  dominio  dei  Visconti  e  degli  Sforza,  MCCCLXVIII-MDXXXV. 
Milano,  Ulrico  Hoepli,  1894.  In-8'>,  739  p.,  planches  et  figures.  22 1.  50. 

327.  Biblioteca  dei  glossatori  di  Giovan-Battista  Palmieri,  1, 2.  Bolo- 
gna,  Trêves,  1894.  In-8°,  p.  65-128.  2  1. 

328.  Blancard  (Louis).  La  Réforme  monétaire  de  saint  Louis.  Mar- 
seille, impr.  Barlatier  et  Barthelet,  s.  d.  In-8°,  8  p.  (Extrait  des  Mémoires 
de  l'Académie  des  sciences,  lettres  et  arts  de  Marseille.) 

329.  Blancard  (Louis).  Sur  la  taille  et  le  poids  du  denier  de  la  mon- 
naie bourgeoise.  Marseille,  impr.  Barlatier  et  Barthelet,  s.  d.  In-S",  4  p. 
(Extrait  des  Mémoires  de  V Académie  des  sciences,  lettres  et  arts  de  Mar- 
seille.) 

330.  Blancard  (Louis).  Sur  la  traduction  française  du  traité  des  mon- 
naies d'Oresmes.  Toulouse,  impr.  Barlatier  et  Barthelet,  s.  d.  In-8°, 
8  p.,  fig.  (Extrait  des  Mémoires  de  V Académie  des  sciences,  lettres  et  arts 
de  Marseille.) 

331.  Blanchi  (Alexandre),  Moris  (Henri).  Inventaire  sommaire  des 
archives  hospitalières  de  la  ville  de  Nice  antérieures  à  1792.  Nice,  impr. 
Gauthier,  1894.  In-4',  23  p. 

332.  Bligny-Bondurand.  Inventaire  sommaire  des  archives  départe- 
mentales antérieures  à  1790.  Gard.  Archives  civiles,  série  E.  Tome  I^""  : 
seigneuries,  familles,  notaires.  Nimes,  impr.  F.  Ghastanier,  1894.  In-4'', 
xi-460  p. 

333.  Bocquet  (Lucien).  Esquisse  historique  du  célibat  dans  l'antiquité. 


392  BIBLIOGRAPHIE. 

Étude  sur  le  célibat  ecclésiastique  jusqu'au  concile  de  Trente  (thèse). 
Paris,  Giard  et  Brière,  1894.  In-S",  275  p. 

334.  BÔHMER  (J.-F.).  Regesta  imperii.  V.  Die  Regesten  des  Kaiser- 
reichs  unter  Philipp,  Otto  IV,  Friedrich  II,  Heinrich  (Vil),  Conrad  IV, 
Heinrich  Raspe,  Wilhelm  und  Richard,  1198-1272.  Nach  der  Neubear- 
beitung  und  dem  Nachiass  Joh.-Friedr.  Bôhmer's  neu  herausgegeben 
und  ergànzt  von  Julius  Ficker  und  Eduard  Winkelmann.  IV,  2.  Inns- 
bruck,  Wagner,  1894.  In-4o,  p.  1773-2109.  12  m.  50. 

335.  BoNNABELLE  (C).  Notes  sur  Naives-devant-Bar  et  les  comtes  du 
Châtelet.  Bar-le-Duc,  impr.  Contant-Laguerre,  1894.  In-8%  16  p. 

336.  BoNNABELLE  (G.).  Notes  sur  Savonnières-en-Woëwre  et  les  sei- 
gneurs de  la  maison  de  la  Tour.  Bar-le-Duc,  impr.  Contant-Laguerre, 
1894.  In-8-,  24  p. 

337.  BONNABELLE  (C).  Notes  sur  SeigneuUes.  Bar-le-Duc,  impr.  Con- 
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561.  WoLFF  (Max  von).  Leben  und  Werke  des  Antonio  Beccadelli 
genannt  Panormita,  Leipzig,  E.-A.  Seemann,  1894.  In-8°,  vii-98  p. 

562.  ZiEQLER  (Ignaz).  Religiôse  Disputationen  im  Mittelalter.  Frank- 
furt  a.  M.,  J.  Kauffmann,  1894.  In-S",  48  p. 

563.  Zwei  altdeutsche  Rittermaeren  :  Moriz  von  Craon;  Peter  von 
Staufenberg,  neu  herausgegeben  von  Edward  Schrôder.  Berlin,  Weid- 
mann,  1894.  In-8%  ui-103  p. 


■<=- 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Les  examens  de  fin  d'année  de  l'École  des  chartes  ont  eu  lieu  du  2 
au  7  juillet  1894.  Ils  ont  porté  sur  les  textes  et  les  questions  qui  suivent  : 

Première  année. 
Épreuve  orale. 

1°  Paléographie  latine  :  Lecture  d'un  passage  du  manuscrit  de  la 
BibUothèque  nationale,  nouv.  acq.  lat.  274  (xm«  siècle). 

2°  Interrogations  sur  l'histoire  de  France. 

3°  Traduction  latine  :  Art.  52  des  Coutumes  de  Montpellier  de  1204 
(Layelles  du  Trésor  des  chartes,  t.  I,  p.  260). 

4°  Paléographie  française  :  Lecture  d'un  passage  du  registre  des 
Archives  nationales  LL  1212  (document  de  l'année  1435). 

5°  Philologie  romane  :  On  a  mis  sous  les  yeux  des  élèves  un  frag- 
ment d'un  sermon  de  Maurice  de  Sully  en  dialecte  poitevin.  Ils  ont  dû 
établir  la  provenance  de  ce  texte  d'après  ses  caractères  linguistiques. 

Épreuve  écrite. 

1°  Texte  latin  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n°  363  du  fonds  de 
l'École. 

2°  Texte  roman  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n"  356  du  fonds  de 
l'École. 

30  Le  texte  latin  imprimé  à  traduire  est  celui  qui  a  été  donné  aux 
examens  de  Pâques  1887. 

4°  Texte  à  traduire  en  dialecte  gascon.  Les  élèves  ont  eu  à  dire  dans 
quel  pays  ce  document  a  été  écrit  et  donner  les  motifs  de  l'attribution 
adoptée. 

5°  Bibliographie  : 

I.  Quelles  sont  les  différences  entre  les  xylographes  et  les  incunables? 

IL  Rédiger  les  fiches  de  catalogue  méthodique  et  alphabétique  d'un 
volume  incunable  contenant  plusieurs  opuscules  de  Jean  de  Gerson 
(Bibl.  nat.,D.  7834). 

Deuxième  année. 
Épreuve  orale. 

i°  Paléographie  :  Lecture  d'un  passage  du  manuscrit  de  la  Biblio- 
thèque nationale,  nouv.  acq.  lat.  274  (xin«  siècle). 


4^2  CHRONIQUE   ET   MELANGES. 

2°  Diplomatique  : 

I.  Expliquer  quelle  est  la  figure  dont  le  fac-similé  a  été  présenté  aux 
candidats  (rota  des  grandes  bulles  du  pape  Léon  IX).  A  quel  genre  de 
documents  cette  figure  a-t-elle  été  empruntée  ?  La  forme  en  a-t-elle  varié? 

n.  Qu'entend-on  par  lettres  de  reconnaissance  ?  Quelles  sont  les  prin- 
cipales espèces  d'actes  rédigés  sous  cette  forme  ? 

3°  Institutions  :  Indiquer  les  principales  divisions  administratives 
qui  ont  été  créées  en  France  de  Philippe-Auguste  au  Consulat. 

40  Sources  de  l'histoire  de  France  :  Les  Gesta  consulum  Andegaven- 
sium;  composition  et  valeur  de  cet  ouvrage. 

5°  Classement  d'archives  :  Des  circulaires  sur  les  archives  départe- 
mentales de  1839  et  1842. 

Épreuve  écrite. 

1"  Texte  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n»  367  du  fonds  de  l'École. 

2"  Texte  latin  à  traduire,  tiré  de  l'ouvrage  de  M.  Ed.  Favre,  Eudes, 
comte  de  Paris  et  roi  de  France,  p.  242. 

3"  Texte  latin  à  analyser,  tiré  de  l'ouvrage  de  M.  L.  Lex,  Eudes, 
comte  de  Blois,  p.  149. 

4"  Diplomatique  : 

I.  Déterminer,  avec  raisons  à  l'appui,  la  provenance  du  document 
suivant  : 

GARTA    HOMINUM    DE   ALLODIIS. 

«  Ph.  etc.  Noverint  etc.  quod  villam  et  terram  de  Allodiis  quam  dede- 
ramus  Petro  Malovicino  que  valebat  tantum  .xii.  libras  redditus  quam 
per  homines  ejusdem  ville  de  Allodiis  ad  nos  traximus  de  manu  nostra 
recedere  nunquam  dimittemus  sed  perpétue  régie  adherebit  corone.  Et 
ut  ita  remaneat  in  perpetuum  et  pro  redditibus  et  forisfactis  illius  ville 
usque  ad  .lx.  sol.  que  ipsis  concedimus  dicti  homines  dant  nobis  sin- 
guUs  annis  .xx.  Ib.  par.  Quod  ut  ratum  etc.  salvo  jure  alieno  confirma- 
mus.  Actum  Par.  anno  Domini  m»,  g»,  xc».  vu»,  regni  xvni».  Dat.  vacante 
canccllaria.  » 

II.  En  donner  la  transcription  complète,  en  en  restituant  autant  que 
possible  les  formules,  et  décrire  tous  les  caractères  qu'a  dû  avoir  l'ex- 
pédition originale. 

lU.  Indiquer  sous  quelle  forme  ce  document  aurait  pu  être  vidimé, 
1»  par  Philippe  le  Bel,  2"  par  le  prévôt  du  Châtelet  au  xiv*»  siècle. 

50  Institutions  :  Exposer  les  projets  de  réorganisation  de  l'adminis- 
tration provinciale  conçus  par  Turgot  et  Necker. 

Troisième  année. 

Épreuve  orale. 

1»  Paléographie  :  Lecture  d'un  passage  du  manuscrit  de  la  Biblio- 
thèque nationale,  nouv.  acq.  lat.  274  (xin«  siècle). 


CHRONIQUE    ET   ME'lANGES.  4^3 

2°  Droit  : 

I.  A  quelle  époque  vivait  Jean  Masuer  et  quelle  œuvre  lui  est  due? 

II.  A  quelles  écritures  anciennes  se  rattachent  les  actes  qu'on  appelle 
aujourd'hui  actes  de  l'état  civil?  Exposé  des  usages  et  de  la  législation 
avant  l'an  1600. 

3°  Archéologie  :  Que  savez-vous  de  l'église  abbatiale  de  Vézelay? 
Quand  a-t-elle  été  bâtie  ?  Quelles  particularités  remarquables  offre-t-elle 
en  pian  et  en  élévation  ? 

Épreuve  écrite. 

1°  Texte  à  transcrire  d'après  le  fac-similé  n»  371  du  fonds  de  l'École. 

2°  Droit  :  La  question  du  prêt  à  intérêt  jusqu'à  la  fin  du  xv«  siècle. 

3°  Archéologie  :  Décrire  les  monuments  qui  ont  servi  à  l'administra- 
tion du  sacrement  du  baptême  depuis  les  temps  les  plus  anciens  jus- 
qu'à la  fin  de  l'époque  romane. 

i°  Sources  de  l'histoire  de  France  :  Sources  narratives  de  l'histoire 
de  la  croisade  contre  les  Albigeois. 

A  la  suite  des  examens  et  par  arrêté  ministériel  du  17  juillet  1894, 
ont  été  admis  à  passer  en  deuxième  année  (ordre  de  mérite)  : 

MM.     1.  Gardère. 

2.  MOREL. 

3.  Lauer. 

4.  DUVAL. 

5.  Petit. 

6.  Caron. 

7.  Levillain. 

8.  Chassériaud. 

9.  Laghenaud. 

10.  Brandin. 

11.  Poux. 

12.  Dumoulin. 

13.  Grand. 

14.  Pagel. 

15.  Dacier. 

16.  Martin. 

17.  Palustre. 

18.  Nicolle. 

Ont  été  admis  à  passer  en  troisième  année  (ordre  de  mérite)  : 

MM.       1.   PiNET  DE  MaNTEYER. 

2.  Trouillard. 

3.  PouTE  de  Puybaudet. 

4.  TmOLLIER. 

5.  Demay. 


HÂ  CHRONIQUE   ET   MELANGES. 

6.  Mathorez. 

7.  D'Etghegoyen. 

8.  Maruéjouls. 

9.  Bonnet. 

Et  à  titre  étranger  M.  Schiff. 

Ont  été  admis  à  subir  l'épreuve  de  la  thèse  (ordre  alphabétique)  : 

MM.     1.  Bourde  de  la  Rogerie. 

2.  Dieudonné. 

3.  ESPINAS. 

4.  Hubert. 

5.  Jacob. 

6.  Le  Bègue  de  Germiny. 

7.  Lebel. 

8.  Legagheux. 

9.  Petit. 
10.  Riat. 

H.   RiGAULT. 

12.  Royet. 

13.  Saint-John  de  Crèvecoeur. 

—  Notre  confrère  M.  André  Réville  est  décédé,  après  une  courte 
maladie,  à  Lesmons-Neuville-lez-Dieppe,  le  22  juillet  1894,  dans  sa 
vingt-huitième  année.  Agrégé  d'histoire,  il  avait  été  dès  sa  sortie  de 
l'École  des  chartes,  en  1890,  nommé  professeur  de  l'enseignement  popu- 
laire de  la  ville  de  Paris. 

MM.  A.  Giry,  professeur  à  l'École  des  chartes,  et  H.  Lemonnicr, 
président  de  la  Société  des  anciens  élèves  de  l'École  des  chartes,  ont 
prononcé  sur  sa  tombe,  au  cimetière  Montparnasse,  avec  une  émotion 
partagée  par  tous  les  assistants,  les  paroles  suivantes  : 

« 

discours  de  m.  giry.  Vl 

«  J'ai  la  douloureuse  mission  d'apporter  à  André  Réville  le  suprême 
adieu  de  ses  confrères,  de  ses  maîtres,  de  ses  amis  de  l'École  des  chartes 
et  de  l'École  des  hautes-études;  mais  je  me  sens  impuissant  à  exprimer 
la  douleur  que  nous  avons  tous  ressentie  à  la  nouvelle  de  cette  mort 
imprévue  qui  a  frappé  soudainement  ce  jeune  homme  de  vingt-sept  ans, 
promis,  semblait-il,  à  un  long  et  glorieux  avenir.  Je  me  sens  impuis- 
sant surtout  à  mesurer  l'étendue  de  la  perte  que  nous  avons  faite. 
Depuis  une  année  la  mort  frappe  à  coups  redoubles  dans  nos  rangs  et 
semble  choisir  les  plus  jeunes  et  les  meilleurs  d'entre  nous.  Après 
Michel  Perret,  après  Jean  Kaulek,  après  notre  cher  Julien  Havet,  elle 
nous  ravit  aujounl'imi  l'un  ilt^  ceux  sur  lesquels  nous  fondions  le  plus 


CHRONFQDE    ET   MÉLANGES.  4^5 

d'espérances.  Après  ces  deuils  si  cruels,  ce  dernier  est  plus  cruel  encore 
et  nous  laisse  plus  troublés  et  comme  découragés. 

«  André  Réville  semblait  parmi  nous  un  de  ces  rares  privilégiés  pour 
qui  la  vie  n'a  que  des  sourires  et  des  promesses.  Héritier  d'un  nom 
illustre  et  vénéré,  il  joignait  aux  dons  naturels  les  plus  heureux  les 
qualités  d'âme  les  plus  nobles  qui  constituaient  en  quelque  sorte  son 
patrimoine  moral.  Il  avait  l'intelligence  ouverte  et  lucide,  l'avidité  de 
savoir  et  la  persévérance,  une  facilité  et  une  élégance  d'élocution  et  de 
style  que  maîtrisaient  l'horreur  de  la  déclamation,  le  goût  de  la  mesure 
et  la  plus  sincère  honnêteté  de  l'esprit  ;  il  avait  à  la  fois  la  réflexion  et 
l'enthousiasme,  la  fierté  et  la  modestie;  il  avait  la  beauté  virile  qui 
semblait  refléter  sa  parfaite  franchise  et  la  noblesse  de  son  caractère  si 
ferme  et  si  sur.  Et  tout  cela  harmonisé  en  un  admirable  équilibre. 

«  A  l'École  des  chartes,  à  la  Faculté  des  lettres,  à  l'École  des  hautes- 
études,  il  avait  exercé  sur  tous  ses  maîtres  une  véritable  attraction  ;  il 
avait  conquis  l'affection,  l'estime,  je  puis  dire  sans  exagérer  l'admira- 
tion de  tous  ses  camarades.  L'un  de  ceux  qui  l'ont  le  mieux  connu  et 
le  plus  aimé  me  disait  hier  l'austérité  de  sa  vie,  sa  pureté  morale,  sa 
sérénité  d'esprit,  sa  tendresse  de  cœur  et  résumait  toutes  ses  qualités 
en  ce  simple  mot  :  il  était  parfait. 

«  Entré  à  l'École  des  chartes  après  de  solides  études  en  1886,  André 
Réville  y  apportait  une  vocation  historique  déterminée.  Au  contact  des 
sévères  méthodes  de  l'érudition  et  de  la  critique,  il  donnait  à  son  esprit 
une  trempe  nouvelle  ;  il  y  acquérait  le  goût  de  l'information  complète, 
exacte  et  sûre,  la  précision  et  la  rigueur.  En  janvier  1890,  il  obtenait 
le  diplôme  d'archiviste  paléographe,  classé  troisième  d'une  promotion 
qui  compte  dans  les  fastes  de  l'École  parmi  les  plus  remarquables.  Au 
mois  d'août  de  la  même  année,  il  était  classé  second  au  concours 
d'agrégation  d'histoire,  dont  le  caractère  encyclopédique  et  la  lourde 
préparation  n'avaient  point  porté  préjudice  aux  études  plus  scienti- 
fiques qu'il  poursuivait  en  même  temps  à  l'École  des  hautes-études. 

«  Le  sujet  de  sa  thèse  de  l'École  des  chartes  avait  été  le  Soulèvement 
des  paysans  de  l'Angleterre  sous  le  règne  de  Richard  II.  Il  en  avait  recueilli 
les  matériaux  dans  les  archives  et  les  bibliothèques  de  la  Grande-Bre- 
tagne. Afin  de  poursuivre  ses  études  sur  ce  sujet,  pour  compléter, 
améliorer  et  étendre  son  travail,  il  obtint  de  retourner  en  Angleterre, 
où  il  passa  près  d'une  année.  Ce  fut  pendant  cette  période  de  libres 
recherches  que  s'affirma  de  plus  en  plus  le  goût  qu'il  avait  déjà  montré 
pour  l'histoire  des  classes  agricoles  et  industrielles  et  d'une  manière 
plus  générale  pour  les  études  économiques  et  sociales.  A  son  retour, 
cette  orientation  de  ses  travaux  le  désigna  au  choix  des  organisateurs 
de  l'enseignement  populaire  supérieur  de  la  ville  de  Paris  pour  la  chaire 
de  l'histoire  du  travail  nouvellement  créée. 

a  Ajournant  dès  lors  à  plus  tard  le  soin  de  mettre  en  œuvre  les  maté- 


446  CHRONIQUE  ET  MÉLANGES, 

riaux  qu'il  venait  d'accumuler  en  Angleterre,  André  Réville  se  consa- 
cra tout  entier  à  sa  tâche  nouvelle.  Passionnément  sincère,  animé  de 
la  plus  ardente  sympathie  pour  les  classes  de  travailleurs  dont  il  devait 
raconter  les  vicissitudes,  plein  de  foi  en  la  vertu  de  l'histoire,  il  se  mit 
au  travail  avec  la  belle  ardeur  qu'il  apportait  à  tous  ses  devoirs  et 
aborda  sa  chaire  avec  une  allégresse  vaillante  qui  lui  valut  le  succès. 
Ce  n'est  pas  ici  le  lieu  d'exposer  comment  il  avait  conçu  cette  œuvre  de 
haute  vulgarisation  et  ce  qu'il  en  attendait.  Il  suffira  de  dire  qu'il  se 
montra  professeur  accompli,  qu'il  excella  dans  l'art  difficile  de  raconter 
et  de  dépeindre  sans  fausses  couleurs,  que  sa  facilité  d'élocution  s'éleva 
naturellement  à  l'éloquence  quand  le  sujet  l'y  porta,  qu'il  ne  montra 
d'autres  passions  que  le  culte  de  la  vérité  et  l'amour  de  la  liberté  et  de 
la  patrie,  si  bien  que  son  impartialité  et  sa  sincérité  lui  valurent  les 
suffrages  de  ceux-là  même  dont  il  partageait  le  moins  les  tendances. 
Pendant  trois  années,  il  a  su  retenir  autour  de  sa  chaire  un  auditoire 
empressé  et  attentif,  et  il  trouva  un  succès  plus  grand  encore  lorsqu'il 
alla  récemment  à  Genève  faire  dans  la  grande  salle  de  l'Université  une 
série  de  conférences  publiques.  Ceux  qui  savent  par  quel  labeur  il  s'était 
préparé  à  cet  enseignement,  quelle  vaste  enquête  il  avait  ouverte  sur 
l'évolution  des  phénomènes  économiques  et  sociaux,  étaient  assurés  qu'il 
élaborait  ainsi  quelque  grande  œuvre  qui  marquerait  dans  la  science. 

«  Très  difficile  pour  lui-même,  dédaigneux  de  la  production  hâtive, 
il  n'avait  publié  jusqu'ici  que  peu  de  chose.  Un  article  de  la  Revue  his- 
torique sur  une  institution  anglaise  \  qui  fait  entrevoir  la  valeur  et  la 
nature  des  travaux  qu'il  avait  préparés  en  Angleterre;  un  compte-rendu 
développé  du  dernier  ouvrage  d'Alfred  Baudrillart  sur  les  populations 
agricoles  de  la  France  2,  compte-rendu  qui  témoigne  à  la  fois  de  la 
vigueur  de  sa  critique,  de  la  sûreté  de  sa  méthode  et  de  la  précision  de 
sou  esprit;  ce  sont  là  à  peu  près  ses  seules  reliques  scientifiques.  Il  y 
faut  joindre  deux  chapitres,  que  nous  fîmes  ensemble,  de  l'Histoire 
ginérale  publiée  sous  la  direction  de  MM.  Lavisse  et  Rambaud,  l'un 
sur  les  Communes,  l'autre  sur  l'Histoire  de  l'industrie  et  du  commerce 
au  moyen  âge.  L'aide  pour  laquelle  j'avais  fait  appel  à  son  amitié  était 
devenue  bientôt  une  intime  collaboration;  ce  fut  alors  surtout  qu'il  se 
révéla  à  moi  tout  entier,  et  ce  travail  en  commun  demeurera  pour  moi 
un  précieux  et  ineffaçable  souvenir. 

«  En  somme  tous  ses  travaux  n'étaient  qu'une  préparation  par  laquelle 
il  s'était  également  armé  pour  la  science  et  pour  l'action.  Entouré  de  la 
tendresse  d'une  famille  nombreuse,  il  avait  à  son  tour  fondé  une  nou- 
velle famille  en  se  choisissant  une  compagne;  un  fils,  gage  nouveau 

1.  L'AbJuratio  regni;  histoire  d'une  institution  anglaise,  dans  la  Jievue  his- 
torique, t.  L  (septembre  1892). 

2.  Dans  la  Revue  internationale  de  sociologie,  t.  II  (février  1894). 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  447 

d'espoir  et  de  bonheur,  venait  de  naître  de  cette  union.  Il  semblait 
ainsi  au  début  de  la  carrière  et  paraissait  n'avoir  fait  encore  qu'amasser 
des  forces  pour  la  parcourir.  Quelle  que  dût  être  l'œuvre,  il  semblait 
que  nous  pouvions  l'attendre  avec  confiance.  Mais,  hélas  !  nous  comp- 
tions sans  la  mort,  qui  est  venue  traîtreusement  décevoir  nos  légitimes 
espérances. 

«  Quelle  que  soit  cependant  notre  douleur,  il  faut  nous  ressaisir  et 
reprendre  confiance.  Il  faut  que  l'œuvre  inachevée  passe  aux  mains 
d'un  autre  travailleur.  Je  parlais  tout  à  l'heure  de  découragement,  c'est 
au  contraire  l'énergie  morale  et  la  vaillance  qu'il  faut  demander  à 
l'exemple  de  cette  belle  et  courte  vie.  » 

DISCOURS   DE   M.    LEMONNIER. 

«  Messieurs,  il  y  a  bien  peu  de  chose  à  ajouter  à  ce  que  vient  de  dire 
mon  collègue  et  ami  Giry,  et  cependant  je  remercie  M.  Paul  Meyer 
d'avoir  pensé  que  je  tiendrais  à  joindre  mon  témoignage  à  ceux  que  vous 
avez  entendus. 

«  J'ai  assez  connu  André  Réville  pour  pouvoir  le  faire  en  y  mettant 
quelque  chose  de  moi-même;  il  a  été  un  de  ceux  qui  ont  proclamé  avec 
le  plus  d'éclat  l'union  des  Hautes-études,  de  l'École  des  chartes  et  de  la 
Faculté  des  lettres;  je  veux  dire  en  le  pratiquant,  vous  savez  avec  quel 
succès.  Il  ne  nous  avait  pas  fallu  longtemps  pour  juger  ce  qu'il  valait, 
p  lur  apprécier  sa  sincérité,  son  intelligence,  sa  conscience.  Il  conqué- 
rait presque  sans  effort  l'autorité,  l'autorité  dans  la  parole  et,  ce  qui  vaut 
mieux,  l'autorité  dans  l'action;  il  l'exerçait,  sans  le  vouloir,  autour  de 
lui.  Enfin,  il  avait  pour  ses  professeurs  le  respect  et  l'affection,  senti- 
ments auxquels  nous  attachons  d'autant  plus  de  prix  que  nous  ne  les 
désirons  jamais  que  volontaires. 

«  Mais,  même  après  avoir  coimu  André  Réville,  il  me  restait  quelque 
chose  à  apprendre  sur  lui,  et  c'est  la  mort  qui  me  l'a  pleinement  révélé. 
J'aurais  voulu  que  vous  entendissiez  hier,  dans  l'intimité  de  notre  con- 
versation, son  ami  de  toutes  les  heures  et  son  maître,  qui  vient  de  par- 
ler ici  avec  une  éloquence  si  émue. 

«  Réville  m'est  alors  vraiment  apparu  avec  la  haute  fixité  morale  de 
sa  vie,  la  dignité  de  son  caractère,  la  bonté  si  simple  de  son  cœur, 
avec  tout  ce  qu'il  y  avait  d'élevé  dans  son  âme  autant  que  dans  son 
intelligence.  » 

«  Ce  sont  là  les  termes  qu'ils  employaient,  non  pas  pour  moi,  mais 
pour  eux-mêmes,  pour  se  donner,  pour  ainsi  dire,  la  douloureuse  con- 
solation de  le  regretter  davantage  en  se  le  rappelant  mieux. 

«  Vous  le  voyez.  Messieurs,  qu'il  s'agisse  de  ses  maîtres,  de  ses  amis 
ou  de  ses  camarades,  rarement  accord  plus  touchant  et  plus  complet 
s'est  produit  pour  déplorer  les  coups  cruels  de  la  destinée. 

0  Et,  puisque  je  dois  ici  parler  plus  spécialement  au  nom  de  notre 
>I894  27 


418  CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 

Société  de  l'Ecole  des  chartes,  prenez-moi,  je  vous  prie,  comme  l'inter- 
prète des  douleurs  qui  se  sont  exprimées  et  de  celles,  au  moins  aussi 
profondes  et  aussi  vives,  qui  se  taisent,  et  laissez-moi  unir  ici  les  noms 
de  nos  confrères  Meyer,  Giry,  Petit,  c'est-à-dire  de  toutes  les  généra- 
tions de  l'École,  pour  adresser  à  Réville  notre  suprême  adieu.  » 

—  Par  décret  en  date  du  30  mai  1894,  notre  confrère  M.  Hanotaux  a 
été  nommé  ministre  des  affaires  étrangères, 

—  Par  arrêté  du  22  mai  1894 ,  notre  confrère  M.  de  Roux  a  été 
nommé  stagiaire  au  Département  des  imprimés  de  la  Bibliothèque 
nationale. 

—  Notre  confrère  M.  Louis  de  Grandmaison  a  été  nommé  archiviste 
du  département  d'Indre-et-Loire,  en  remplacement  de  notre  confrère 
M.  Charles  de  Grandmaison,  nommé  archiviste  honoraire. 

—  Par  arrêté  du  30  mars  1894,  notre  confrère  M.  Goyecque  a  été 
nommé  officier  d'Académie. 

—  Par  arrêté  du  22  juin,  notre  confrère  M.  Goville  a  été  nommé  offi- 
cier de  l'Instruction  publique. 

—  Par  décret  en  date  du  30  juillet  1894,  ont  été  nommés  chevaliers 
de  la  Légion  d'honneur  nos  confrères  : 

M.  Deprez,  conservateur  des  manuscrits  à  la  Bibliothèque  nationale; 
M.  Tholin,  archiviste  du  département  de  Lot-et-Garonne. 

—  Notre  confrère  M.  Dumaine,  secrétaire  d'ambassade,  a  été  nommé 
chevalier  de  la  Légion  d'honneur. 

—  L'Académie  française,  dans  sa  séance  du  7  juin,  a  décerné  un  des 
prix  de  la  fondation  Marcelin  Guérin  à  notre  confrère  M.  Lemonnier 
pour  l'ouvrage  intitulé  l'Art  français  au  temps  de  Mazarin  et  de  Richelieu. 

—  L'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  a  décerné  le  premier 
prix  de  la  fondation  du  baron  Gobert  au  Manuel  de  diplomatique  de 
notre  confrère  M.  Giry. 

—  Trois  ouvrages  de  nos  confrères  ont  été  récompensés  cette  année 
par  la  môme  Académie  au  concours  des  Antiquités  nationales  : 

La  première  médaille  a  été  décernée  à  M.  Guilhiermoz,  auteur  du 
volume  intitulé  :  Enquêtes  et  procès.  Étude  sur  la  procédure  et  le  fonc- 
tionnement du  Parlement  au  XI V^  siècle.  Paris,  1892,  gr.  in-8°. 

La  troisième  médaille,  à  M.  René  Merlet  et  à  son  collaborateur 
M.  l'abbé  Glerval  pour  leur  publication  à.''Un  manuscrit  chartrain  du 
XI^  siècle  :  Fulbert,  cvéquc  de  Chartres.  Martyrologe  à  l'usage  de  l'église 
de  Chartres.  Fulbert  et  la  cathédrale.  Nécrologe  du  chapitre  Notre-Dame 
de  Chartres.  Chartes  et  pièces  liturgiques.  Chartres,  1893,  in-4°. 

La  troisième  mention  honorable,  à  M.  Bertrand  de  Broussillon,  auteur 


CHRONIQUE   ET   MELAMES.  419 

de  :  La  maison  de  Craon,  1050-lk80  ;  étude  historique  accompagnée  du 
Cartulaire  de  Craon,  illustrée  de  nombreux  sceaux...,  par  Paul  de  Farcy. 
Paris,  1893,  2  vol.  in-8°. 

—  La  même  Académie,  dans  sa  séance  du  8  juin,  a  décerné  un  des 
prix  de  la  fondation  Brunet  à  l'ouvrage  de  feu  notre  confrère  M.  Gastan  : 
Catalogue  des  incunables  de  la  bibliothèque  de  Besançon. 

—  La  Société  des  études  historiques  met  au  concours,  pour  les  années 
1895  et  1896,  les  deux  questions  suivantes  (prix  Raymond,  1,000  fr.)  : 

1°  «  Étudier  les  relations  des  villes  impériales  avec  l'empire  germa- 
nique aux  xvie  et  xvn^  siècles,  faire  ressortir  le  caractère  de  leur  auto- 
nomie. »  (Dépôt  des  mémoires  au  secrétariat,  6,  rue  Garancière,  à  Paris, 
le  31  décembre  1894.) 

2°  «  Étudier  l'état  et  le  fonctionnement  des  justices  seigneuriales  à  la 
veille  de  la  Révolution,  montrer  les  services  qu'elles  rendaient  encore, 
les  abus  qu'elles  engendraient.  »  (Dépôt  des  mémoires  le  31  décembre 
1895.) 

—  On  annonce  la  fondation  d'une  société  paléographique  qui  s'appel- 
lera The  Palxographical  Society  of  Australia  et  dont  le  siège  est  à  Syd- 
ney. Les  promoteurs  de  l'entreprise  sont  M.  le  D""  A.  GarroU  (Kogarah, 
Sydney,  Australia)  et  M.  Elsdon  Best  (Wellington,  New  Zealand). 

GONGOURS  POUR  LES  EMPLOIS  DE  BIBLIOTHÉCAIRES 

UNIVERSITAIRES. 

Nous  donnons  ci-dessous  le  nouveau  règlement  du  concours  pour  les 
bibliothèques  universitaires,  arrêté  par  M.  le  ministre  de  l'Instruction 
publique,  en  date  du  20  décembre  1893  : 

Le  ministre  de  l'Instruction  publique,  des  beaux-arts  et  des  cultes, 
Vu  l'arrêté  du  4  décembre  1882,  relatif  au  certiQcat  d'aptitude  pour 
les  fonctions  de  bibliothécaire  universitaire; 
La  commission  centrale  des  bibliothèques  universitaires  entendue, 
Arrête  : 

INSCRIPTIONS,  PIÈCES  A  PRODUIRE,  INFORMATIONS. 

Article  premier.  —  Les  candidats  au  certificat  d'aptitude  pour  les 
fonctions  de  bibliothécaire  universitaire  doivent  se  faire  inscrire  au 
secrétariat  de  l'Académie  dans  laquelle  ils  résident. 

L'inscription  n'est  pas  reçue  au  cas  oiî  le  candidat  aurait  plus  de 
trente-cinq  ans  ou  moins  de  vingt  et  un  ans  révolus  au  31  décembre  de 
l'année  qui  précède  l'inscription. 

Art.  2.  —  Ils  déposent  à  cet  effet  : 

1"  Leur  acte  de  naissance  ; 


420  CHEONIQUE  ET  MELANGES. 

2"  Le  diplôme  de  bachelier  es  lettres  ou  de  bachelier  de  l'enseigne- 
ment secondaire  classique  ; 

30  Un  certificat  constatant  que  le  candidat  a  fait  une  année  de  stage 
comme  surnuméraire  dans  une  bibliothèque  universitaire. 

La  durée  du  stage  est  réduite  à  six  mois  pour  les  licenciés  es  lettres 
ou  les  licenciés  es  sciences,  les  docteurs  en  droit  ou  en  médecine,  les 
archivistes  paléographes  et  les  élèves  diplômés  de  l'École  des  hautes- 
études. 

Sont  dispensés  de  la  condition  de  stage  les  fonctionnaires  des  biblio- 
thèques dépendant  de  l'État  ou  des  communes  pouvant  justifier  de  trois 
ans  de  service  actif; 

4°  Un  curriculum  vitsB  écrit  en  entier  et  signé  par  eux,  dans  lequel 
ils  font  connaître  les  situations  qu'ils  ont  occupées,  la  nature  de  leurs 
travaux  et  de  leurs  services,  les  divers  diplômes  et  brevets  de  capacité 
qu'ils  ont  obtenus  ; 

5"  Une  note  indicative  des  langues  anciennes  et  des  langues  vivantes 
qu'ils  déclarent  connaître  ; 

6°  Le  certificat  d'un  médecin  délégué  par  le  recteur  constatant  leur 
état  de  santé  et  leur  aptitude  physique. 

Art.  3.  —  Les  candidats  sont  informés  de  leur  admissibilité  aux  exa- 
mens quinze  jours  au  moins  avant  l'ouverture  des  épreuves. 

EXAMEN. 

Art.  4.  —  L'examen  comprend  deux  épreuves  :  l'une  écrite,  l'autre 
orale. 

Art.  5.  —  Épreuve  écrite.  —  L'épreuve  écrite  comprend  : 

1°  Une  composition  sur  une  question  de  bibliographie  générale  ou 
sur  une  question  d'administration  appliquée  au  service  d'une  biblio- 
thèque universitaire,  tirée  du  programme  ci-annexé  ; 

2°  Le  classement  de  quinze  ouvrages  traitant  de  matières  diverses  et 
appartenant  aux  différentes  époques  de  l'imprimerie.  Ce  travail  implique 
les  opérations  déterminées  par  l'instruction  générale  du  4  mai  1878, 
savoir  : 

Le  numérotage  ; 

L'inscription  au  registre  d'entrée-inventaire  ; 

L'inscription  au  catalogue  méthodique  ; 

L'inscription  au  catalogue  alphabétique. 

Le  candidat  devra  justifier  dans  ce  travail  d'une  écriture  serrée  et 
parfaitement  lisible. 

Art.  6.  —  Épreuve  orale.  —  L'épreuve  orale  se  compose  : 

1°  De  questions  sur  la  bibliographie  et  le  service  d'une  bibliothèque 
universitaire  ; 

2°  D'interrogations  sur  les  langues  vivantes  inscrites  à  la  note  indi- 
cative mentionnée  à  l'article  2. 


CHRONIQUE   ET   MELANGES.  421 

Le  candidat  devra  justifier,  en  tout  cas,  d'une  connaissance  suffisante 
de  la  langue  allemande,  par  l'explication,  à  livre  ouvert,  d'un  passage 
tiré  de  Graesel,  Grundzûge  der  Bibliothekslehre  (Leipzig,  Weber,  1890). 

JUGEMENT  DES  ÉPREUVES. 

Art.  7.  —  Les  épreuves  sont  subies  devant  la  commission  centrale 
des  bibliothèques  universitaires.  Pour  être  valable,  le  jugement  devra 
être  rendu  par  cinq  de  ses  membres  présents  à  toutes  les  opérations. 
Il  est  soumis  à  la  ratification  du  ministre,  qui  délivrera  un  certificat 
d'aptitude  aux  candidats  qui  en  seront  jugés  dignes. 

Le  résultat  de  l'examen  et  le  rapport  du  président  sont  consignés  au 
registre  des  procès- verbaux  de  la  commission  centrale  des  bibliothèques 
universitaires. 

SESSIONS  d'examen. 

Art.  8.  —  Les  sessions  d'examen  ont  lieu  à  Paris.  Elles  sont  ouvertes 
par  un  arrêté  du  ministre  qui  indiquera  les  dates  d'ouverture  et  de  clô- 
ture du  registre  d'inscription,  le  lieu,  le  jour  et  l'heure  des  épreuves. 

Art.  9.  —  Les  dispositions  contraires  au  présent  arrêté  sont  et 
demeurent  rapportées. 

Fait  à  Paris,  le  20  décembre  1893. 

E.  Spuller. 

PROGRAMME    DE    BIBLIOGRAPHIE    GÉNÉRALE 

ET  d'administration  DES  BIBLIOTHÈQUES  UNIVERSITAIRES, 
l^e  PARTIE.  —  BIBLIOGRAPmE  GÉNÉRALE. 

I.  —  Les  éléments  matériels  du  livre. 

1°  Le  papier  (matières  diverses;  fabrication  à  la  forme,  vergeures, 
pontuseaux,  filigranes  ou  marques  d'eau  ;  fabrication  mécanique  ;  papier 
vélin,  de  Chine,  du  Japon,  de  Hollande,  etc.); 

2°  Les  caractères  et  l'encre  d'imprimerie  (caractères  gothiques, 
romains,  de  civilité;  lettres  capitales,  chiffres  romains;  encres  noire  et 
de  couleur,  rubriques,  etc.)  ; 

3°  La  composition  typographique  (justification,  placards,  pages,  recto, 
verso,  colonnes;  marges,  gloses  marginales,  manchettes,  lettrines,  titre 
courant,  foliotage  et  pagination,  réglure,  etc.); 

4°  Le  pliement  et  l'assemblage  des  feuilles  (diverses  sortes  d'imposi- 
tions et  de  formats  ;  signatures,  réclames)  ; 

o»  Les  parties  accessoires  du  texte  (titre,  adresse  bibliographique, 
préface,  introduction,  notice,  notes,  appendice,  table,  index,  errata, 
privilège  ou  permission,  etc.); 

6°  Les  illustrations  (figures  dans  le  texte  et  hors  texte,  planches  en 
noir  et  en  couleurs;  capitales  ornées,  vignettes,  culs-de-lampe,  enca- 


422  CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 

drements;  frontispice,  titre  gravé,  marques  de  libraires,  portrait,  cartes, 
plans,  tableaux  graphiques,  airs  notés;  atlas  séparé  du  texte,  porte- 
feuille, etc.)  ; 

7°  La  forme  de  la  publication  (volume,  tome,  série,  collection,  pério- 
dique, ouvrage  en  cours  ;  fascicule,  livraison,  extrait  ou  tirage  à  part, 
tirage  à  petit  nombre,  plaquette,  etc.)  ; 

8°  La  reliure  (différentes  sortes  de  peaux  et  de  toiles  ;  cartonnage, 
emboîtage;  reliure  pleine,  demi -reliure,  reliure  sur  onglets;  titre, 
ornements  des  tranches,  du  dos  et  des  plats  ;  termes  techniques  de  la 
reliure)  ; 

9°  Les  particularités  distinctives  des  exemplaires  (ex-libris,  dédicace, 
notes  manuscrites;  papier  de  luxe,  reliure  aux  armes,  reliure  signée; 
carton;  détériorations  matérielles;  tables,  déchirures,  piqûres,  etc.). 

IL  —  L'histoire  du  livre. 

1"  Notions  générales  sur  les  origines  de  l'imprimerie,  sur  son  intro- 
duction et  son  développement  en  France  ; 

2°  Caractères  distinctifs  des  incunables  :  leurs  rapports  avec  les 
manuscrits  et  les  xylographes  ; 

3°  Impressions  des  Aide,  des  Estienne,  des  Plantin,  des  Elzevier,  des 
Didot,  etc.; 

4°  Caractères  du  livre  moderne  (confusion  des  formats,  nouveaux  pro- 
cédés d'illustration,  multiplication  des  périodiques  et  des  ouvrages 
d'érudition,  etc.). 

m.  —  Les  répertoires  bibliographiques. 

lo  Bibliographies  universelles,  telles  que  Brunet,  Manuel  du  libraire; 
Ebert,  Allgemeines  bibliographisches  Lexikon;  Graesse,  Trésor  des  livres 
rares  ; 

2°  Bibliographies  spéciales  à  la  France,  telles  que  Quérard,  la  France 
littéraire,  les  Supercheries  littéraires;  Barbier,  Dictionnaire  des  ano- 
nymes; Lorenz,  Catalogue  de  la  librairie  française;  le  Journal  général 
de  Vimprimerie  et  de  la  librairie;  —  répertoires  analogues  publiés  en 
Allemagne,  en  Angleterre,  en  Italie,  en  Espagne,  en  Portugal,  aux 
États-Unis  d'Amérique,  etc.; 

30  Bibliographies  spéciales  à  une  matière  déterminée,  par  exemple 
pour  l'histoire  du  moyen  âge  :  Potthast,  Bibliotheca  historica  medii  cBvi; 
Ul.  Chevalier,  Répertoire  des  sources  historiques  du  moyen  âge;  pour  la 
philologie  classique  :  Engelmann  et  Prouss,  Bibliotheca  scriptorum 
classicorum  ;  et  ainsi  de  suite  pour  les  principales  branches  de  l'his- 
toire, du  droit,  de  la  linguistique,  de  la  littérature,  des  sciences  mathé- 
matiques, physiques,  naturelles,  médicales,  etc. 

IV.  —  Bibliographie  appliquée  à  l'usage  des  bibliothèques. 

1»  Rédaction  des  titres  qui  doivent  figurer  dans  un  catalogue  de 


CHEOMQUE   ET   MELANGES.  423 

bibliothèque  :  règles  générales,  cas  particuliers  (anonymes,  pseudo- 
nymes, noms  composés,  etc.),  règles  spéciales  à  la  rédaction  des  titres 
d'incunables; 

2°  Classement  des  titres  suivant  la  nature  du  catalogue  où  ils  doivent 
figurer  : 

a)  Catalogue  alphabétique,  soit  des  noms  d'auteurs,  soit  des  titres 
anonymes  ;  règles  générales  du  classement  alphabétique  ; 

b)  Catalogue  méthodique;  différents  systèmes  de  classification;  avan- 
tages du  système  de  Brunet,  perfectionnements  dont  il  est  susceptible; 

c)  Catalogue  alphabétique  des  matières;  utilité  et  difficultés  particu- 
lières de  ce  répertoire  ; 

30  Disposition  matérielle  des  catalogues  :  registres,  cartes  ou  folios 
mobiles  ;  avantages  et  inconvénients  de  chaque  système. 

2«   PARTIE.    —   ADMINISTRATION   DES   BIBLIOTHÈQUES   UNIVERSITAIRES. 

I.  —  Le  personnel. 

Le  bibliothécaire,  les  sous-bibliothécaires,  les  garçons  de  salle  :  leurs 
attributions,  leurs  devoirs,  leur  responsabilité;  —  la  commission  de  la 
bibliothèque;  —  unité  administrative  du  dépôt  et  du  service,  malgré  la 
pluralité  des  sections. 

II.  —  Le  local. 

Application  aux  bibUothèques  universitaires  des  principes  généraux 
de  la  construction  et  de  l'aménagement  des  bibliothèques  publiques  : 
conditions  les  plus  favorables  à  la  préservation  des  livres  et  à  la  facilité 
du  service  ;  principales  dispositions  adoptées  en  France  et  à  l'étranger 
pour  le  chauffage,  l'aération,  l'éclairage,  l'aménagement  des  salles  de 
travail,  des  galeries  et  des  dépôts. 

m.  —  Le  mobilier. 

Étagères  en  bois  ou  en  métal,  travées,  rayons  fixes,  rayons  à  cré- 
maillères ou  à  clavettes  ;  armoires  pour  les  livres  de  réserve,  comptoirs 
pour  les  formats  atlantiques,  casiers  pour  les  périodiques  en  fascicules  ; 
boîtes  à  cartes,  meubles  pour  catalogues;  monte -charges,  échelles; 
tables  et  pupitres  de  travail;  portefeuilles,  cartons  pour  les  brochures, 
reliures  mobiles,  sangles  de  bureau,  fiches  de  déplacement,  planchettes 
indicatrices,  etc. 

IV.  —  Les  livres. 

1»  Provenance.  —  a)  Dons  de  l'État  et  des  particuliers; 

b]  Acquisitions  :  budget  de  la  bibliothèque,  registre  des  demandes 
d'acquisition,  part  respective  de  la  commission  de  la  bibliothèque  et  du 
bibliothécaire  dans  les  acquisitions  ;  usages  de  la  librairie  française  et 
de  la  librairie  étrangère,  prix  fort,  prix  net,  achat  de  livres  d'occasion 


424  CHRONIQUE   ET   MÉLANGES. 

OU  en  ventes  publiques,  abonnements  aux  périodiques,  souscription  aux 
ouvrages  en  cours,  achat  des  suites,  complément  des  collections;  véri- 
fication de  l'état  des  livres  achetés  ; 

c)  Échange  des  thèses  et  publications  académiques  entre  les  facultés 
françaises  et  avec  les  universités  étrangères  ;  formalités  prescrites  par 
les  circulaires  et  arrêtés  ministériels  ; 

2°  Classement.  —  a)  Principes  généraux  :  ordre  d'entrée  appliqué  au 
rangement  des  ouvrages  sur  les  rayons;  comparaison  avec  l'ordre  métho- 
dique et  le  système  d'intercalation  usités  dans  d'autres  bibliothèques  ; 
~-  série  unique  de  numéros,  divisée  en  trois  sections  correspondant  aux 
trois  principaux  formats;  —  numérotage  continu  dans  chaque  section; 

b)  Opérations  de  classement  prescrites  par  l'instruction  générale  du 
4  mai  1878  :  timbrage,  numérotage,  inscription  au  registre  d'entrée- 
inventaire,  inscription  au  catalogue  alphabétique,  inscription  au  cata- 
logue méthodique,  intercalation  des  cartes  à  leurs  catalogues  respectifs, 
placement  des  ouvrages  sur  les  rayons  ; 

c)  Cas  particuliers  :  classement  provisoire  et  inscription  sur  des 
registres  spéciaux  des  périodiques,  des  ouvrages  en  cours  de  publica- 
tion ou  provenant  des  échanges  universitaires  ;  traitement  des  bro- 
chures et  des  doubles  ;  constitution  d'une  réserve  pour  les  livres  pré- 
cieux ;  groupement  à  part  des  livres  usuels  et  des  volumes  de  très  grand 
format  ;  règles  spéciales  au  classement  des  manuscrits  ; 

3"  Mesures  de  conservation.  —  a)  Reliure  :  préparation  des  ouvrages 
et  des  périodiques  à  relier,  recueils  factices,  reliures  provisoires,  tenue 
du  registre  des  reliures,  vériûcation  des  volumes  reliés; 

b)  Réparation  des  volumes  tachés,  déchirés  ou  piqués  ; 

c)  Aération,  nettoyage  et  battage  des  volumes;  ' 
cl)  Récolement  annuel  :  formalités  prescrites  pour  l'appel  des  volumes 

et  la  constatation  des  absences;  —  récolcments  extraordinaires,  en  cas 
de  mutation  du  fonctionnaire  responsable. 

V.  —  Les  services  de  la  bibliothèque. 

l»  Service  à  l'intérieur.  —  Conditions  d'admission  dans  la  salle  de 
lecture,  bulletin  de  demande,  communication  des  livres,  surveillance, 
catalogues  et  livres  usuels  ; 

2»  Service  au  dehors.  —  Personnes  admises  à  emprunter,  livres  excep- 
tés du  prêt,  tenue  du  registre  de  prêt,  modes  de  réclamation,  responsa- 
bilité des  emprunteurs,  prêt  de  bibliothèque  à  bibliothèque. 

VI.  —  La  comptabilité  financière  et  administrative. 

1«  Tenue  des  comptes  de  libraires,  relieurs  et  autres  fournisseurs, 
préparation  des  factures,  règlement  des  comptes; 

2"  États  de  situation,  compte-rendu  des  dépenses  budgétaires,  procès- 
verbaux  de  récolement. 


1 


CHRONIQDE   ET   MELANGES.  425 

LE  MARTYROLOGE  DE  SAINT  JÉRÔME. 

Le  prochain  volume  des  Acta  sanctorum  des  Bollandistes  contiendra 
l'édition  du  Martyrologium  Hieronymianum  préparée  depuis  longues 
années  par  M.  le  commandeur  J.-B.  de  Rossi  et  par  M.  l'abbé  Duchesne. 
Il  en  a  été  fait  un  tirage  à  part  intitulé  :  Martyrologium  Hieronymia- 
num, ad  fidem  codicum,  adjectis  prolegomenis,  ediderunt  Joh.-Bapt.  de 
Bossi  et  Lud.  Duchesne  (Bruxellis,  typis  Polleunis  et  Ceuterick  [1894], 
in-fol.  de  Lxxxn  et  195  p.).  Un  exemplaire  en  a  été  offert  le  13  juillet 
1894  à  l'Académie  des  inscriptions.  Nous  reproduisons  la  note  que 
M.  l'abbé  Duchesne  avait  jointe  à  cet  exemplaire.  Quoiqu'elle  se  borne 
à  un  simple  exposé  des  origines  du  Martyrologe  et  de  l'état  dans  lequel 
il  nous  est  parvenu,  elle  laisse  entrevoir  la  difficulté  du  travail  auquel 
ont  dû  se  livrer  les  éditeurs  et  l'importance  des  résultats  auxquels  ils 
sont  arrivés. 

«  Le  Martyrologe  dit  de  saint  Jérôme  est,  dans  sa  première  forme, 
antérieur  à  cet  auteur.  Il  a  été  constitué  d'abord  à  Nicomédie,  vers  le 
milieu  du  iv°  siècle,  à  l'aide  des  écrits  d'Eusèbe,  de  calendriers  d'églises 
et  de  traditions  encore  fraîches  sur  les  persécutions.  Dans  la  première 
moitié  du  v^  siècle,  ce  premier  texte,  écrit  en  grec,  fut  traduit  en  latin 
par  un  clerc  de  la  haute  Italie  et  combiné  avec  des  documents  occiden- 
taux de  même  nature,  notamment  un  calendrier  romain  et  une  série 
de  listes  martyrologiques  provenant  d'Afrique.  C'est  alors  que,  pour  la 
mieux  recommander,  on  l'attribua  à  saint  Jérôme,  lequel,  du  reste, 
n'aurait  fait  ici  qu'un  travail  de  traducteur  et  d'abréviateur,  car  l'œuvre 
primitive  est  censée  remonter  à  Eusèbe. 

«  Vers  la  fin  du  vi«  siècle,  ce  texte  italien  parvint  à  Auxerre,  où  il 
fut  complété  par  l'accession  d'un  grand  nombre  de  saints  des  Gaules, 
martyrs  ou  autres.  C'est  de  cette  récension  d'Auxerre  que  dérivent  tous 
les  manuscrits  existants.  Ceux-ci  ne  sont  pas  moins  intéressants  par 
leurs  variantes,  où  l'on  peut  suivre  les  progrès  de  l'hagiographie  dans 
nos  contrées  depuis  le  temps  de  Grégoire  de  Tours,  que  par  les  rensei- 
gnements qu'ils  donnent  sur  le  texte  primitif. 

«  Restituer  ce  texte  primitif  n'est  pas  encore  possible,  vu  l'extrême 
corruption  qu'il  a  subie  et  dont  témoignent  les  manuscrits.  On  a  pu 
du  moins  distinguer  ceux-ci  en  familles,  publier  intégralement  les  plus 
anciens  et  noter  les  variantes  des  autres.  Il  est  résulté  de  là  une  édition 
en  trois  colonnes,  précédée  d'une  longue  introduction  où  se  trouvent 
exposées  l'histoire  du  texte  et  la  manière  de  l'étudier. 

«  Le  document  pseudo-hiéronymien  présente  un  double  intérêt  : 
d'abord  un  intérêt  universel,  puis  un  intérêt  spécialement  français.  La 
plupart  des  souvenirs  martyrologiques  importants  des  contrées  autrefois 
comprises  dans  l'empire  romain  y  ont  laissé  des  traces  anciennes  et 


426  CHRONIQUE  ET  ME'lANGES. 

authentiques.  D'autre  part,  dans  sa  récension  auxerroise,  il  nous  offre 
d'importants  renseignements  sur  les  saints  de  notre  pays.  C'est  le  livre 
fondamental  de  l'hagiographie  dans  son  ensemble  et  de  l'hagiographie 
gallicane  en  particulier.  » 

A  ce  résumé  si  clair  et  si  modeste,  ajoutons  une  observation  qui  ne 
pouvait  pas  être  faite  dans  une  compagnie  à  laquelle  appartiennent  les 
deux  éditeurs  :  c'est  que  le  programme  que  M.  de  Rossi  s'était  proposé 
il  y  a  près  de  quarante  ans  et  auquel  il  a  associé  M.  l'abbé  Duchesne, 
son  digne  disciple  et  collaborateur,  a  été  rempli  dans  les  moindres 
détails  avec  un  entier  succès.  Rien  n'est  plus  intéressant,  rien  n'est 
plus  instructif  que  les  lumineuses  discussions  qui  ont  abouti  à  une 
histoire  complètement  neuve  des  calendriers  ecclésiastiques  et  des  mar- 
tyrologes antérieurs  au  ix»  siècle.  A  elle  seule,  la  description  raisonnée 
des  manuscrits  qui  ont  servi  de  base  au  travail  constitue  une  œuvre 
d'érudition  très  remarquable.  L'édition  du  Martijrologium  Hieronijmia- 
num  occupera  une  place  d'honneur  dans  la  collection  des  Bollandistes. 
Nous  devons  féliciter  M.  le  commandeur  J.-B.  de  Rossi  et  M.  l'abbé 
Duchesne  d'avoir  mené  à  bonne  6n  une  entreprise  aussi  compliquée  et 
d'avoir  mis  en  pleine  lumière  des  textes  essentiels  pour  l'histoire  de 

toutes  les  anciennes  chrétientés. 

L.  Delisle. 

LA  STATUETTE  ÉQUESTRE  DE  CHARLEMAGNE. 

M.  G.  Wolfram,  dans  un  mémoire  intitulé  :  Die  Reiterstatuette  Karl's 
des  Grossen  (Zeitschrift  fur  Inldende  Kunst,  N.  F.  V,  H.  7,  p.  153-'162), 
s'est  attaché  à  déterminer  l'origine  de  la  statuette  équestre  de  Charle- 
magne,  conservée  au  Musée  municipal  de  la  ville  de  Paris.  Selon  lui, 
la  façon  dont  l'artiste  a  figuré  les  insignes  impériaux  ne  permet  pas  de 
faire  remonter  le  monument  à  l'époque  carlovingienne. 

M.  G.  Wolfram,  partant  de  cette  donnée  que  la  statuette  était  dans 
la  cathédrale  de  Metz  au  xvii^  et  au  xvni«  siècle,  soutient  avec  beaucoup 
de  vraisemblance  que  c'est  une  représentation  de  Charlemagne  dont 
le  chapitre  de  Metz  confia  l'exécution  en  1507  à  un  orfèvre  nommé 
François. 

D'après  cette  hypothèse,  on  devrait  rapporter  à  la  .statuette  les  deux 
articles  suivants,  qui  se  trouvent  sous  l'année  1507  dans  les  conclusions 
du  chapitre  de  Metz  : 

«  Item,  l'on  a  ordonné  à  ceux  qui  par  cy  devant  ont  eu  commission 
de  faire  faire  Charlemagne  qu'ilz  concordent  avec  Françoy  l'Orfèvre 
pour  la  façon  et  qu'il  soy  payé. 

«  Die  martis  septima  décima  ipsius  mensis  novcmbris,  on  a  conclu 
de  payer  à  François  l'Orfcvro  pour  la  façon  de  Charlemagne  et  que  l'on 
prcngne  l'argent  on  la  volte.  » 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  427 


LA  BIBLE  DE  PHILIPPE  LE  BEL. 

La  bible  de  Philippe  le  Bel  se  compose  de  deux  volumes  hauts  de 
188  millimètres  et  larges  de  125.  Il  y  a  545  feuillets  au  premier  volume 
et  529  au  second.  Le  parchemin  est  d'une  extrême  finesse.  L'écriture, 
disposée  sur  deux  colonnes,  est  d'une  régularité  et  d'une  élégance  qui  ne 
laissent  rien  à  désirer.  Une  petite  miniature  se  voit  en  tête  de  chacun 
des  livres  de  la  bible.  On  peut  citer  ce  manuscrit  comme  un  des  chefs- 
d'œuvre  de  la  calligraphie  et  de  l'enluminure  française  du  commence- 
ment du  xive  siècle.  Aussi  n'est-il  pas  étonnant  que  Jean,  duc  de  Berri, 
ait  tenu  à  lui  donner  place  dans  ses  merveilleuses  collections. 

Ce  prince  a  mis  son  nom  à  la  fin  de  chacun  des  volumes  : 
«  Geste  bible  est  au  duc  de  Berry. 
«  JEHAN.  » 

De  plus  il  a  fait  peindre  au  bas  du  premier  feuillet  de  l'un  et  de  l'autre 
ses  armes  (d'azur  à  trois  fleurs  de  lis  d'or,  à  la  bordure  engrêlée  d'or) 
supportées  par  deux  ours.  Les  mêmes  armes,  sans  les  supports,  sont 
peintes  trois  fois  sur  les  tranches  de  chaque  partie  de  la  bible. 

En  outre,  de  majestueux  ex-libris  ont  été  tracés  en  tête  des  deux 
volumes  par  Jean  Flamel. 

On  lit  sur  le  premier  : 

C'est  le  premier  volume  de  la  Bible 

en  latin  qui  fut  au  beau  roy  Phelippe 

et  à  présent  est  à  Jehan  filz  de 

roy  de  France,  duc  de  Berry  et 

d'Auvergne,  conte  de  Poitou,  d'Estampes, 

de  Bouloingne  et  d'Auvergne,  l'an 

mil  quatre  cens  et  trois. 

J.  FLAMEL. 
Et,  sur  le  second  : 

C'est  le  second  volume  de  la  Bible 

qui  fu  au  roy  Phelippe  le  Bel, 

et  à  présent  est  au  duc  de  Berry 

et  d'Auvergne,  conte  de  Poitou, 

d'Estampes,  de  Bouloingne  et  d'Auvergne, 

l'an  mil  quatre  cens  et  trois. 

J.  FLAMEL. 

La  bible  de  Philippe  le  Bel  ne  figure  pas  sur  les  inventaires  du  duc 
de  Berri,  et  tout  porte  à  croire  qu'il  en  avait  disposé  de  son  vivant.  On 
en  perd  la  trace  depuis  le  commencement  du  xV  siècle  jusqu'au  milieu 
du  xvn«.  Le  second  volume  en  fut  recueilli  dans  la  bibliothèque  de  Col- 


428  CHRONIQUE   ET   MÉLANGES. 

bert,  et  Baluze  l'a  enregistré  dans  les  termes  suivants,  sous  le  n«  5976 
de  la  Bibliotheca  Colbertina  : 

«  Volumen  secundum  sacrorum  bibliorum,  incipiens  a  prophetia 
Isaiœ.  Fuit  hic  codex  Philippi  Pulcri,  régis  Francorum,  deinde  vero 
Joannis  ducis  Bituricencis,  ut  iilic  annotatum  est  manu  Fiamelii, 
anno  M  CCCC III.  —  Interpretatio  nominum  hebraicorum.  » 

Après  la  mort  de  Colbert,  quand  on  procéda  à  la  prisée  du  mobilier 
du  grand  ministre,  trois  libraires  de  Paris,  Pierre  Aubouin,  Arnoul 
Seneuze  et  Jacques  Villery,  qui  avaient  cependant  sous  les  yeux  le 
catalogue  de  Baluze,  englobèrent  le  second  volume  de  la  bible  de  Phi- 
lippe le  Bel  dans  un  lot  de  cinq  manuscrits,  qu'ils  estimèrent  3  livres*. 
Ce  précieux  volume  arriva  en  1732  dans  la  Bibliothèque  du  roi,  où  il  a 
reçu  le  n»  248  du  fonds  latin. 

Le  premier  volume  était  passé  en  Angleterre  à  une  époque  qui  n'a 
pu  encore  être  déterminée.  La  présence  en  fut  signalée  en  1854  par  le 
docteur  Waagen^  dans  le  château  d'André  Fountaine,  àNarford.  Il  fut 
compris  dans  une  série  d'objets  d'art  et  de  curiosité  mise  en  vente  à 
Londres  le  6  juillet  1894  3.  La  Bibliothèque  nationale  s'en  est  rendue 
adjudicataire,  et  c'est  ainsi  que  se  trouve  aujourd'hui  rétabli  dans  son 
intégrité  primitive  un  des  plus  beaux  manuscrits  royaux  du  commen- 
cement du  xiv«  siècle,  un  de  ceux  qui  font  le  plus  d'honneur  aux  artistes 
français  de  cette  époque. 

Le  premier  volume  contient  les  livres  de  l'Ancien  Testament  depuis 
la  Genèse  jusqu'à  l'Ecclésiastique;  le  copiste  avait  même  commencé  à 
y  transcrire  le  livre  d'Isaïe.  Le  second  volume  est  rempli  par  les  derniers 
livres  de  l'Ancien  Testament  à  partir  d'Isaïe,  par  les  livres  du  Nouveau 
et  par  une  explication  des  noms  hébraïques,  qui  commence  ainsi 
(fol.  430)  :  «  Incipiunt  interpretationes  hebraicorum  nominum  incipien- 
tium  per  A  litteram.  Aaz,  appréhendons  vel  apprehensio.  Aaz,  testifi- 
cans  vel  testimonium...  » 

L'attribution  de  la  bible  à  Philippe  le  Bel  repose  uniquement  sur  la 
double  attestation  de  Jean  Flamel  qui  a  été  ci-dessus  rapportée.  Évi- 
demment la  tradition  s'était  établie  dans  la  maison  royale  que  telle  était 
l'origine  de  la  bible,  et,  à  l'appui  de  la  tradition,  on  peut  faire  valoir  que 

1.  «  Mss.  5976-5980.  Cinq  volumes  en  vélin  et  en  papier,  prisez  ensemble 
trois  livres,  cy  m  1.  »  Article  4617  de  la  prisée,  à  la  I3ibl.  nat.,  vol.  77  des 
Mélanges  de  Colbert,  fol.  875. 

2.  Treasures  of  art  in  Great  Dritain,  t.  III,  p.  432. 

3.  Catalogue  of  porcelain,  bronzes,  ivories,  miniatures...  illuminated  manus- 
cripts...,  from  tfie  celebrated  Fountaine  collection  removed  from  Narford  Hall, 
u'hich  u'ill  be  sdd  by  auction  by  Mess.  Christie,  Manson  and  Woods,  on  fri- 
day,  July  6,  1894,  in-8*. 


CHRONIQUE  ET  MELANGES.  429 

l'écriture  est  du  commencement  du  xiv^  siècle  et  que  le  fond  de  la 
miniature  peinte  au  commencement  des  Nombres  (tome  I,  fol.  101)  est 
un  losange  aux  armes  de  France  et  de  Navarre. 

MINIATURES  D'UN  MANUSCRIT 

DE    LA   BIBLIOTHÈQUE    DE   MAÇON. 

Le  procès  engagé  depuis  1889  entre  la  bibliothèque  de  Màcon,  d'une 
part,  un  antiquaire  de  la  même  ville  et  le  musée  de  Lyon,  d'autre  part, 
vient  de  se  terminer  à  l'avantage  de  la  première  des  parties.  On  sait 
qu'il  s'agissait  de  trois  des  neuf  miniatures  volées  anciennement  dans 
un  manuscrit  de  la  Cité  de  Dieu  de  saint  Augustin  (xv' siècle),  lequel  en 
contenait  primitivement  vingt-trois.  En  attendant  que  nous  publiions 
tous  les  textes  relatifs  à  cette  importante  affaire,  il  n'est  pas  inutile  de 
faire  connaître  le  dispositif  de  l'arrêt  de  la  cour  d'appel  de  Lyon  qui 
infirme  un  jugement  contraire  du  tribunal  de  première  instance  de 
cette  ville. 

La  Cour  a  décidé  :  1°  En  fait  :  a)  que  la  bibliothèque  de  Mâcon  était, 
antérieurement  au  vol,  une  bibliothèque  municipale;  b)  qu'antérieure- 
ment à  1845  le  livre  de  la  Cité  de  Dieu  était  intact;  c)  que  c'est  vers 
1850  que  le  vol  a  eu  lieu  ;  2°  E)i  droit  :  a)  que,  la  bibliothèque  de  Mâcon 
étant  municipale,  les  livres  qu'elle  contenait  étaient  frappés  de  doma- 
nialité  publique;  b)  que,  par  suite,  les  miniatures  volées  étant  hors  du 
commerce  n'ont  pu  être  valablement  acquises  ni  par  l'antiquaire  ni  par 
ses  vendeurs  ;  c)  qu'il  y  avait  donc  lieu  d'ordonner  qu'elles  seraient  res- 
tituées à  la  ville  de  Màcon.  En  conséquence  la  ville  de  Lyon  a  été  con- 
damnée à  opérer  cette  restitution,  et  l'antiquaire  condamné  en  tous  les 
dépens  de  première  instance  et  d'appel. 

L.  Lex. 

LIVRES  DE  HENRI  II  ET  DE  DIANE  DE  POITIERS 

CONSERVÉS   A   COPENHAGUE. 

M.  Garl  Elberling,  dans  une  notice  intitulée  Brev  fra  en  Bogelsker  om 
at  vaske  garnie  bôger  (Copenhague,  1894,  in-4o),  a  fait  connaître  la 
reliure  de  deux  livres  remarquables  de  la  bibliothèque  de  Copenhague. 

L'un  est  un  exemplaire  de  l'édition  d'Isocrate  publiée  à  Venise  en 
1534  par  les  héritiers  d'Aide  Manuce.  Ce  volume,  recouvert  d'une  très 
belle  reliure  aux  armes  et  au  chiffre  de  Henri  II,  porte  sur  le  plat  le 
titre  :  ISOKPATOYS  AO.  KAI  ||  TON  AAAÛN.  B.  ||  A.A.  Il  répond  certai- 
nement à  l'article  224  du  catalogue  des  livres  grecs  de  la  librairie  royale 
de  Fontainebleau  qui  fut  écrit  vers  1545  par  Ange  Vergèce  :  'IffoxpàTYi;, 


430  CHRONIQUE   ET   MÉLANGES. 

'AXxtôàfAaç,  Popyta;,  'Apicxeîôriç  xa\  'ApTtoxpaxîtdv  [Catal.  des  mss.  grecs  de 
Fontainebleau,  éd.  Omont,  p.  366). 

Le  second  livre  dont  s'est  occupé  M.  Elberling  est  un  manuscrit  sur 
papier,  du  fonds  de  Thott,  qui  contient  des  chants  royaux  en  l'honneur 
de  la  sainte  Vierge,  et  qui  a  été  décrit  par  Abrahams  dans  sa  Descrip- 
tion des  mss.  français  de  Copenhague,  p.  H 7.  La  reliure  est  aux  armes 
de  Diane  de  Poitiers,  pour  laquelle  le  volume  a  été  exécuté.  Ce  manus- 
crit, dont  la  première  pièce  est  intitulée  CHAMP  ROYAL,  est,  à  n'en 
pas  douter,  celui  qui  figure  sur  le  Catalogue  de  livres  manuscrits  très 
antiques  et  curieux  [en  vente  à  Lyon,  chez  le  portier  du  couvent  de  la 
Croix-Rousse],  en  compagnie  de  deux  autres  livres  de  la  bibliothèque 
de  Diane  de  Poitiers. 

La  notice  de  M.  Elberling  renferme  la  reproduction  de  la  reliure  des 
livres  de  Henri  H  et  de  Diane  de  Poitiers  que  la  bibliothèque  de 
Copenhague  est  Gère  à  bon  droit  de  posséder. 

LES  MANUSCRITS  DE  PIERRE  DUPUY  DE  SAINT-SERNIN. 

Dans  le  volume  L  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  année  1889, 
p.  158,  nous  avons  publié  le  catalogue  d'une  collection  de  manuscrits, 
rédigé  au  xvii«  siècle,  collection  dont  nous  n'avions  pu  déterminer  le 
caractère.  Des  recherches  de  M.  Edmond  Cabié ,  publiées  dans  les 
Annales  du  Midi  (VI,  364,  juillet  1894),  il  paraît  résulter  que  ces  manus- 
crits appartenaient  à  Pierre  Dupuy,  juge  royal  de  Saint -Sernin  en 
Rouergue. 

LA  BIBLIOTHÈQUE  DU  COMTE  DE  LIGNEROLLES. 

La  bibliothèque  de  M.  le  comte  de  Lignerolles,  dont  la  meilleure 
partie  a  été  vendue  aux  enchères  pendant  les  premiers  mois  de  l'année 
1894,  était  à  coup  sur  l'une  des  plus  remarquables  qui  aient  été  formées 
à  Paris  dans  la  seconde  moitié  du  xix«  siècle.  Elle  ne  se  recommandait 
pas  seulement  par  le  choix  des  exemplaires  et  par  la  splendeur  des 
reliures  anciennes  et  modernes  ;  on  y  voyait  plusieurs  manuscrits  ornés 
de  belles  peintures  et  un  grand  nombre  de  livres  et  livrets  du  xv«  et  du 
XVI*  siècle,  remplis  de  textes  utiles  pour  les  études  littéraires  et  histo- 
riques. La  plupart  de  ces  articles  étaient  d'une  insigne  rareté,  et  un 
assez  grand  nombre  pouvaient  être  considérés  comme  des  exemplaires 
uniques. 

Le  catalogue  que  M.  Porquet  avait  rédigé  pour  la  vente  mérite  d'être 
soigneusement  conservé  parmi  les  ouvrages  de  bibliographie.  Mais  de 
simples  descriptions  ne  suffisaient  pas  pour  faire  apprécier  à  leur  juste 
valeur  beaucoup  des  morceaux  que  M.  de  Lignerolles  avait  réunis  au 


CHRONIQUE   ET   Me'lANGES.  434 

prix  de  grands  sacrifices,  et  qui  attestaient  le  goût  et  la  curiosité  du 
collectionneur.  Heureusement,  M.  Porquet  a  eu  l'idée  de  joindre  au 
catalogue^  un  album  de  166  planches  petit  in-folio,  où  sont  reproduites 
en  phototypie  les  principales  miniatures,  les  plus  riches  reliures  et  les 
titres  ou  les  pages  caractéristiques  des  volumes  les  plus  remarqués  de 
cette  bibliothèque. 

Les  sujets  choisis  se  répartissent  de  la  façon  suivante  :  9  miniatures, 
25  reliures,  2  notes  autographes  et  144  titres  ou  pages  de  livres  impri- 
més. Pour  nous  borner  à  un  seul  exemple,  nous  citerons  les  deux 
miniatures  qui  ont  été  tirées  d'un  exemplaire  du  Chevalier  délibéré 
d'Olivier  de  la  Marche.  Ce  manuscrit,  exécuté  pour  Louis  Malet,  ami- 
ral de  France,  a  été  acquis  par  M.  le  duc  d'Aumale  pour  le  musée 
Gondé.  Le  frontispice,  qui  représente  une  grande  nef  pavoisée  aux  armes 
du  roi  et  de  l'amiral,  est  un  document  fort  important  pour  l'archéo- 
logie navale  2. 

La  publication  d'un  tel  album  était  le  meilleur  moyen  de  conserver 
le  souvenir  de  la  collection  qui  a  fait  tant  d'honneur  à  M.  de  Ligne- 
roUes.  Mais  on  se  tromperait  en  n'y  voyant  qu'un  hommage  rendu  à  la 
mémoire  de  cet  illustre  bibliophile.  Cet  album  est  en  même  temps  un 
répertoire  bibliographique  où  la  curiosité  tient  assurément  une  large 
place;  mais  les  bibliographes  de  profession  y  trouveront  beaucoup 
d'exemples  fort  instructifs  pour  la  connaissance  des  livres  français 
du  xv^  et  du  xvie  siècle.  Si  jamais  il  est  donné  une  nouvelle  édition  du 
Manuel  du  libraire,  les  continuateurs  de  Brunet  n'auront,  pour  beau- 
coup d'articles,  qu'à  se  référer  au  catalogue  et  à  l'album  dont  nous 
devons  la  publication  à  M.  Porquet. 

1.  Catalogue  des  livres  rares  et  précieux,  manuscrits  et  imprimés,  composant 
la  bibliothèque  de  feu  M.  le  comte  de  Lignerolles. 

1.  —  Première  partie  (n"»  1-675)  :  manuscrits,  théologie,  jurisprudence, 
sciences  et  arts. 

II.  —  Deuxième  partie  (n"  676-2160)  :  belles-lettres. 

III.  —  Troisième  partie  (n"  2161-3286)  :  histoire.  —  Paris,  Ch.  Porquet,  1894, 
3  vol.  in-8'. 

IV.  —  Table  alphabétique  générale  et  liste  des  prix  d'adjudication, 

V.  —  L'Album,  dont  les  planches  ne  sont  pas  numérotées,  mais  portent  un 
renvoi  aux  articles  du  catalogue,  s'ouvre  par  un  portrait  de  M.  de  Lignerolles. 

2.  Puisque  l'occasion  s'en  présente,  nous  indiquerons  une  autre  représenta- 
lion  de  nef  dans  un  manuscrit  français  du  xvi^  siècle  (jadis  n°  873  de  Meerman, 
aujourd'hui  à  la  Bibliothèque  royale  de  Berlin)  contenant  les  Triomphes  de 
Pétrarque.  Une  reproduction  de  celte  miniature  vient  d'être  donnée  par  M.  Her- 
mann  Varnhagen  dans  le  petit  volume  intitulé  :  Ueber  die  Miniaturen  in  vier 
franzôsischen  Handschriften  des  fiinfzehnten  und  sechszehnten  Jahrhunderis 
auf  den  Bibliotheken  in  Erlangen,  Maihingen  und  Berlin  {Zwei  Horarien, 
Fleur  des  vertus,  Petrarca).  Erlangen,  1894,  in-4°. 


432  CHRONIQUE  ET   MÉLANGES. 


LA  RETRAITE  DE  M.  FRUIN. 

M.  R.  Fruin,  l'éminent  professeur  d'histoire  à  l'Université  de  Leide, 
atteint  par  la  limite  d'âge  fixée  par  la  loi  néerlandaise,  vient  de  prendre 
congé  de  ses  élèves  par  un  discours  ému  {Afseheidsrede  bij  ket  nederleg- 
gen  van  het  hoogleeraarsambt  aan  de  Rijksuniversiteit  te  Leiden,  den  P^^ 
Juni  189k  uitgesproken  door  R.  Fruin,  La  Haye,  M.  Nijhoff),  dans  lequel 
il  rappelle  le  souvenir  de  ses  maîtres  et  prédécesseurs  et  jette  un 
coup  d'oeil  sur  le  progrès  des  sciences  historiques  en  Hollande,  depuis 
ses  débuts  dans  l'enseignement,  d'abord  comme  professeur  de  gym- 
nase, ensuite,  il  y  a  trente-quatre  ans,  comme  professeur  d'Université. 
Ce  que  M.  Fruin,  avec  sa  modestie  ordinaire,  ne  fait  peut-être  pas  assez 
ressortir,  c'est  l'influence  prépondérante  qu'il  a  exercée  lui-même  sur 
ces  progrès,  par  son  enseignement  et  surtout  par  ses  écrits,  qui 
embrassent  l'histoire  des  Pays-Bas  depuis  le  moyen  âge  jusqu'aux  pre- 
mières années  de  ce  siècle.  M.  Fruin  est  l'ami  des  travaux  de  détail,  et 
il  a  rappelé  lui-même  autrefois  la  parole  de  Guizot,  que  c'est  surtout 
par  des  monographies  qu'on  travaille  aux  progrès  des  sciences  histo- 
riques. Néanmoins  il  nous  fait  espérer,  si  les  années  et  la  santé  ne  lui 
font  pas  défaut,  comme  fruit  des  loisirs  que  lui  laissera  sa  retraite,  quelque 
travail  d'ensemble  sur  telle  époque  qu'il  a  plus  particulièrement  appro- 
fondie. En  attendant,  nous  croyons  qu'il  répondrait  aux  vœux  de  ses 
admirateurs  en  Hollande  et  à  l'étranger,  s'il  réunissait  (dùt-il  charger 
un  de  ses  anciens  élèves  du  travail  matériel),  dans  un  recueil  destiné  à 
la  fois  aux  érudits  et  au  grand  public,  un  choix  des  articles  qu'il  a 
placés  depuis  quarante  ans  dans  plusieurs  revues.  Ces  articles  sont  des 
modèles  de  science,  d'esprit  et  d'impartialité  philosophique;  réunis,  ils 
formeraient  un  véritable  cours  d'histoire  nationale.  Comme  ils  ont  été 
rédigés  d'après  la  méthode  critique  la  plus  sévère,  il  suffirait  d'ajouter 
çà  et  là  quelques  remarques  pour  les  mettre  au  courant  des  recherches 
ultérieures. 

Gédéon  Huet, 


— ^^^-^^         '"^^'^^"^"'^"'^^ 


MÉMOIRE 


SUR 


TAMERLAN  ET  SA  COUR 

PAR  UN  DOMINICAIN,  EN  1403. 


A  toute  époque,  les  rois  de  France  se  sont  montrés  particu- 
lièrement flattés  de  recevoir  des  ambassades  de  princes  asiatiques, 
et  l'histoire  a  soigneusement  enregistré  ces  hommages  rendus  à 
une  des  plus  puissantes  couronnes  de  la  chrétienté.  L'une  de  ces 
démarches  diplomatiques  qui  frappa  le  plus  l'imagination  des 
contemporains  est  assurément  celle  qui  eut  pour  objet  d'apporter 
une  lettre  de  Tamerlan  à  Charles  VI.  Non  seulement  le  Trésor 
des  chartes  recueillit  et  conserva  avec  soin  l'écrit  même  envoyé 
par  le  conquérant  mongol,  mais  le  plus  intéressant  des  chroni- 
queurs du  règne  de  Charles  VI  nous  a  transmis  la  mémoire  de 
l'événement.  Voici  son  récit  :  En  1403,  peu  avant  le  15  juin  \ 
arriva  à  Paris  un  évêque  d'Orient  de  l'ordre  des  Frères  Prê- 
cheurs, qui  apportait  au  roi  une  lettre  de  Tamerlan  ;  le  Tartare 
y  annonçait  entre  autres  choses  à  Charles  VI  la  victoire  d'Ancyre 
qu'il  venait  de  remporter  sur  Bajazet,  le  vainqueur  de  Nicopolis, 
nouvelle  qui  ne  pouvait  manquer  d'être  agréablement  reçue,  et  il 
ajoutait  qu'il  serait  reconnaissant  au  roi  de  traiter  avec  bienveil- 
lance les  marchands  tartares  qui  viendraient  en  France  - .  L'évêque 

1.  La  réponse  de  Charles  VI  à  Tamerlan  est  datée  du  15  juin  1403  (Silvestre 
de  Sacy,  Mémoire  sur  une  correspondance  inédite  de  Tamerlan  avec  Char- 
les VI,  Mémoires  de  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres,  année  1822, 
t.  VI,  p.  522). 

2.  V.-M.  Fontana,  dans  ses  Monmnenta  Dominicana  (1675,  in-fol.,  p.  271), 

1894  28 


434  MÉMOIRE   SDE   TAMERLAN   ET   SA    COUR. 

ambassadeur  insista  devant  le  roi  et  son  conseil  sur  les  avantages 
qu'il  y  aurait  à  donner  satisfaction  à  Tamerlan  sur  ce  point,  et 
n'eut  pas  de  peine  à  les  amener  à  sa  façon  de  voir  ;  ce  qui  se  tra- 
duisit par  une  lettre  où  Charles  VI,  reconnaissant  que  la  dif- 
férence de  langue  et  de  religion  n'était  pas  un  obstacle  aux 
relations  commerciales,  réclamait  en  échange  de  la  protection 
demandée  en  faveur  des  marchands  tar tares  la  réciprocité  pour 
les  commerçants  français  et  plus  généralement  pour  les  chrétiens  ^ . 

Une  autre  chronique,  latine  aussi,  ajoute  à  ce  récit  des  détails 
précieux ^  Au  mois  de  mai  1403,  suivant  elle,  un  Dominicain 
vint  à  Paris  chargé  d'une  ambassade  par  Tamerlan;  ses  lettres 
de  créance  étaient  écrites  à  l'encre  d'or  et  scellées  du  petit  sceau 
de  Tamerlan.  Ce  rehgieux,  bien  qu'il  se  dît  Italien,  portait  une 
grande  barbe  blanche  à  la  grecque,  se  donnait  comme  arche- 
vêque de  Sultanieh^,  ville  située,  selon  lui,  en  Perse,  et  pro- 
nonça dans  la  chapelle  de  l'hôtel  royal,  en  présence  du  roi,  des 
cinq  ducs  de  Berrj,  de  Bourgogne,  d'Orléans,  de  Bourbon,  de 
Bretagne  et  devant  beaucoup  d'autres  personnages,  tant  de  la 
cour  que  du  conseil,  un  discours  où  il  donna  deux  raisons  de  son 
voyage  :  la  première,  qu'il  était  venu  notifier  la  victoire  de 
Tamerlan  sur  Bajazet  et  la  captivité  de  ce  dernier;  que  Tamerlan 
avait  délivré  les  chrétiens  prisonniers  de  Bajazet  et  que,  s'il  en 
trouvait  d'autres,  il  leur  accorderait  pareillement  la  liberté. 

Il  ajouta,  comme  second  motif  de  sa  mission,  le  désir  de  voir  la 
majesté  du  trône  de  France  et  d'en  relater  l'éclat  à  Tamerlan. 
Son  ambassade  offrait,  disait-il,  deux  principaux  avantages  pour 
la  religion  chrétienne  :  d'abord,  elle  permettait  d'organiser  la 
liberté  de  commercer  pour  les  marchands  des  deux  religions; 
ensuite,  si  le  roi  et  les  ducs  y  consentaient,  cette  liberté  même 
pouvait  être  consacrée  par  un  accord  ou  un  traité. 

L'archevêque  de  Sultanieh  raconta  à  plusieurs  personnes  des 

a  dit  quelques  mots  de  cette  ambassade,  dont  il  signale,  lui  aussi,  le  but. 
D'après  Henri  de  Sonde,  il  raconte  que  Tamerlan  envoya  un  évêque  d'Orient  à 
Charles  VI  et  un  archevêque  des  mômes  régions  aux  Vénitiens,  aux  Génois  et 
au  duc  de  Milan. 

1.  Chronique  du  Heligieux  de  Saint-Denys,  éd.  Bellaguet,  t.  III,  p.  134. 

2.  Chro7W(j raphia  rcgum  Francorum,  t.  III,  ad  annum  1  'i03. 

3.  Ambroise  Conlareni,  qui,  quatre-vingts  ans  plus  tard,  passa  à  Sultanieh, 
y  remarqua  trois  portes  de  cuivre  travaillées  à  Damas;  il  ajoute  que  le  froid 
était  tellement  vif  à  Sultanieh  qu'en  hiver  les  habitants  abandonnaient  ceUc 
ville. 


MÉMOIRE   SDR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  435 

particularités  de  la  vie  de  Tamerlan,  et  même  il  en  forma  un 
opuscule  écrit  en  français  qu'il  distribua  autour  de  lui.  Le  chro- 
niqueur ajoute  qu'il  va  le  traduire  en  latin  et  en  donne  le 
texte  presque  intégrale 

Ainsi,  ce  mémoire  sur  Tamerlan  était  l'œuvre  d'un  contempo- 
rain, bien  plus,  d'une  sorte  d'ambassadeur  du  conquérant  tartare, 
que,  par  conséquent,  il  connaissait  personnellement.  L'intérêt  en 
était  donc  considérable,  et  il  n'était  pas  sans  utilité  d'en  recher- 
cher le  texte  original,  qui,  d'après  le  chroniqueur,  était  écrit  en 
français. 

J'ai  trouvé  à  la  Bibliothèque  nationale  deux  manuscrits  qui 
fournissent  cette  vie  de  Tamerlan^;  l'un  d'entre  eux  semble 
faire  de  ce  mémoire  un  appendice  à  la  Fleur  des  histoires 
d'Orient  de  l'Arménien  Hetoum,  prince  de  Gorigos  et  neveu 
d'Hetoum  V\  roi  de  la  petite  Arménie;  mais  P.  Paris  n'a  pas  eu 
de  peine  à  démontrer ^  l'impossibiUté  d'une  semblable  attribution 
puisque  Hetoum  mourut  au  commencement  du  xiv^  siècle  et  que 
la  vie  de  Tamerlan  raconte  la  bataille  d'Ancyre,  livrée  au  début 
du  xv^  siècle. 

Ce  ne  sont  pas  seulement  des  manuscrits  qui  ont  conservé  la 
biographie  de  Tamerlan  ;  peu  après  l'invention  de  l'imprimerie, 
on  avait  édité  la  Fleur  des  histoires  d'Orient  d'Hetoum^  et,  sans 
examiner  l'impossibilité  qu'il  y  avait  à  attribuer  la  vie  de  Tamer- 
lan à  l'auteur  arménien,  on  l'avait  imprimée  sous  son  nom  à  la 
suite  de  son  oeuvre^. 

Cette  édition  était,  même  en  ne  tenant  pas  compte  de  cette 
erreur  fondamentale,  une  œuvre  bien  médiocre  :  non  seulement 
elle  contenait  des  additions  d'une  valeur  contestable^,  mais  on 


1.  Cette  version  présente  peu  de  différences  avec  la  version  française;  on 
les  a  relevées  en  note  dans  la  publication  qui  suit. 

2.  Bibl.  nat.,  fonds  français  5624,  fol.  63  v»,  et  12201,  fol.  84  r°. 

3.  Histoire  littéraire,  t.  XXV,  p.  479. 

4.  Bibl.  nat.,  départ,  des  imprimés,  réserve  O'r  18. 

5.  ((  Et  incontinent  après  la  lin  de  ses  hystoires  nous  avons  trouvé  l'hystoire 
d'ung  Tartarin  qu'il  nomme  Themur  Bey...  »  Et  plus  loin  l'éditeur  ajoute  avec 
une  précision  fâcheuse  pour  sa  sagacité  :  a  Frère  Hayton  appelle  Tamburlan 
Themur  Bey  ;  c'est  un  proj)re  nom  qui  est  dit  de  Themyr,  qui  vault  autant  à 
dire  comme  seigneur...  »  (Bibl.  nat.,  départ,  des  imprimés,  réserve  O^r  18, 

fol.   LX  et  LXl). 

6.  Voici  la  plus  importante  de  ces  additions  ;  elle  permettra  de  juger  de  leur 
intérêt  :  «  Quant  Tamburlan  pensoit  prendre  quelque  cité,  avant  qu'il  fist  sem- 


436  MÉMOIRE   SDB   TAMERLAIV   ET   SA   COUR. 

avait  jugé  à  propos  de  compléter  et  de  continuer  la  biographie  de 
Tamerlan  jusqu'à  sa  mort,  et  Dieu  sait  avec  quel  souci  de  l'exac- 
titude! Ces  erreurs  du  reste  ne  sont  aujourd'hui  d'aucune  consé- 
quence, l'édition  étant  très  rare.  C'est  donc  aux  manuscrits, 
inutilisés  d'ailleurs,  qu'il  eût  fallu  s'en  tenir  jusqu'à  présent  pour 
avoir  un  texte  correct. 

Sans  chercher  à  justifier  l'édition  que  je  vais  donner  de  ce  texte, 
je  citerai  sur  la  même  matière,  après  l'excellent  livre  de  M.  Cor- 
dier\  les  ouvrages  de  deux  chrétiens  contemporains  dont  les 
témoignages  sur  Tamerlan  ont  un  intérêt  particulier.  En  première 
ligne  vient  le  récit  de  l'ambassade  dont  Henri  III,  roi  de  CastiUe, 
chargea,  en  mai  1 403,  Ruy  Gonçalez  de  Glavijo  auprès  de  Tamer- 
lan à  Samarcande^;  en  second  lieu,  il  faut  signaler  la  curieuse 
relation  d'un  Bavarois  fait  prisonnier  par  les  Turcs  à  Nicopolis^, 
et  qui,  s'il  ne  connut  pas  personnellement  Tamerlan,  du  moins 
put  être  fort  exactement  renseigné  sur  son  compte.  En  tout  cas, 

blant  de  tirer  celle  part,  il  interrogoit  si  en  ladicte  cité  avoit  beaucoup  d'or 
et  d'argent.  Et,  se  il  sçavoit  qu'il  y  en  eust  beaucoup,  il  envoyoit  des  raar- 
chans  devant  portans  fines  peaulx  et  pennes  et  aultres  précieuses  marchan- 
dises qu'on  ne  peult  musser  en  terre  qu'il  leur  livroit  et  leur  disoit  qu'ilz  en 
fissent  très  bon  marché.  Car  il  pensoit  que,  quant  il  auroit  l'or  et  l'argent  qu'on 
pouvoit  musser  en  terre,  il  recouvreroit  facillement  ces  peaulx  en  prenant  la 
ville.  Et  aussi  advenoit.  Car,  quant  les  marchans  avoient  vendu  ses  marchan- 
dises qu'il  leur  avoit  baillées  et  qu'ilz  luy  avoyent  baillé  tout  l'or  et  l'argent 
qu'on  leurs  avoit  baillé  pour  lesdictes  marchandises,  il  alloit  subiltement  assail- 
lir ladicte  cité  et  la  prenoit  et  pilloit.  Et  ainsi  il  avoit  tout  l'or  et  l'argent,  si 
avoil  toutes  ces  aultres  marchandises.  Les  principaulx  adversaires  que  Tam- 
burlan  avoit  en  Orient...  »  (fol.  lxviii  v°,  1"  col.). 

1.  Collection  de  l'École  des  langues  orientales  vivantes  ;  Bibliotheca  Sinica, 
t.  II.  Cf.,  dans  le  Recueil  des  Mémoires  de  la  Société  de  géographie,  t.  IV, 
p.  399,  la  Notice  sur  les  anciens  voyages  de  Tartarie,  en  général,  et  sur  celui 
de  Jean  du  Plan  de  Carpin  en  particulier,  par  M.  d'Avezac,  laquelle  contient 
une  bibliographie  très  complète.  M.  d'Avezac  cite  bien  l'œuvre  d'un  archevêque 
de  Suitanieh,  mais  c'est  au  livre  écrit  par  Jean  de  Cora,  à  la  requête  de 
Jean  XXH,  qu'il  fait  allusion. 

2.  lUsloria  del  gran  Tamerlan,  Bibliothèque  nationale,  départ,  des  impri- 
més, O^q  36.  —  Cheref-Eddin  mentionne  clairement,  sans  la  nommer,  l'ambas- 
sade du  roi  de  Castille  auprès  de  Tamerlan  en  140i  et  les  présents,  particu- 
lièrement les  tapisseries,  qu'elle  lui  apporta  (trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  IV, 
p.  178). 

3.  Reisen  des  Johannes  Schiltperger  aus  Miinchen  in  Europa,  Asia  und 
Afrika  von  1394  bis  1427,  herausgegcben  von  Karl  Friedrich  Neumann.  Miin- 
chen, 1859  (Bibl.  nat.,  départ,  des  imprimés,  G  28948). 


MÉMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  437 

les  détails  qu'il  donne,  notamment  sur  la  campagne  de  Tamer- 
lan  contre  Bajazet,  sont  intéressants. 

Mais  ces  deux  auteurs  n'ont  rien  transmis  d'analogue  à  l'opus- 
cule de  l'archevêque  de  Sultanieh;  celui-ci  laisse  à  plusieurs 
reprises  percer  son  désir  de  faire  une  sorte  de  livret  utile  à  ceux 
qui  voudraient  préparer  une  caravane  commerciale  auprès  de 
Tamerlan  ;  car  l'intérêt  mercantile  est  certainement  l'un  des 
principaux  aux  yeux  du  prélat  ;  d'abord  il  était  la  raison  de  sa 
mission,  et  puis  il  y  voyait  sans  doute  un  moyen  pour  les  mis- 
sionnaires de  pénétrer  plus  aisément  dans  ces  régions  peu  con- 
nues de  l'Occident.  Ceci  me  ramène  à  son  ambassade  et  à  ce  qui 
concerne  sa  personne. 

Silvestre  de  Sacy  a  longuement  et  rigoureusement  discuté 
toutes  les  questions  que  soulève  l'identité  de  Jean,  archevêque 
de  Sultanieh*;  il  est  arrivé  à  cette  conclusion  que  ce  person- 
nage avait  réellement  existé  dans  cette  dignité  et  que  c'était  bien 
lui  que  Tamerlan  avait  envoyé  en  Europe  pour  nouer  des  rela- 
tions commerciales  avec  Venise,  Gênes  et  la  France,  et  le  fait  a 
été  démontré  par  lui  de  façon  qu'il  n'y  a  plus  à  y  revenir.  Qu'il 
appartînt  à  l'ordre  des  Frères  Prêcheurs,  c'est  ce  qui  est  établi 
par  le  témoignage  concordant  des  chroniques  et  des  textes  ecclé- 
siastiques ;  mais  Silvestre  de  Sacy  n'avait  pu  déterminer  à  queUe 
nation  il  appartenait  :  la  chronique  qui  nous  fournit  le  plus  de 
renseignements  sur  son  compte,  et  dont  j'ai  reproduit  plus  haut  la 
relation,  le  dit  Italien. 

Rien  n'est  plus  vraisemblable  :  le  premier  archevêque  catho- 
lique de  Sultanieh  fut  un  certain  Francus  de  Perusino,  et  ce 
nom  indique  assez  son  origine  italienne  ;  j'ajouterai  que  le  siège 
de  Sultanieh  paraît  avoir  été  réservé  aux  religieux  de  l'ordre  de 
Saint-Dominique. 

Quant  à  la  mission  de  l'archevêque  Jean,  Silvestre  de  Sacy, 
après  l'étude  diplomatique  de  la  lettre  de  Tamerlan,  document 
dont  il  admet  sans  hésitation  l'authenticité,  a  relevé  ce  fait 
que  le  conquérant  tartare  avait  une  assez  faible  idée  du  roi  de 
France;  puis  il  a  montré  que  la  traduction  faite  en  1403  de  la 
lettre  du  Mongol,  traduction  présentée  à  Charles  VI  sans  doute 

1.  Jean  fut  promu  de  l'évéché  de  Nakhschiwan  au  siège  de  Sultanieh  eu 
1398.  Il  avait  eu  parmi  ses  prédécesseurs  à  ce  dernier  archevêché  Jean  de 
Cora,  mort  vers  1346,  qui,  sur  la  demande  de  Jean  XXII,  avait  écrit  une  rela- 
tion de  ce  qu'il  avait  vu  en  Chine. 


il 


438  MÉMOIRE   SUR  TAMERLAN   ET   SA   COUR. 

par  l'archevêque  même,  avait  prodigué  au  roi  de  France  des 
marques  de  considération  qui  ne  se  trouvaient  pas  dans  l'original 
et  avait  ajouté  des  détails  qu'on  n'y  rencontrait  pas. 

Silvestre  de  Sacy  n'a  pas  examiné  avec  moins  de  soin  la  date 
de  la  lettre  de  Tamerlan,  qui  est  du  l'^''  de  moharrem  805  de 
l'hégire,  soit  l'^'août  1402;  ce  qui  l'a  amené  à  rechercher  la  date 
précise  de  la  bataille  d'Ancyre,  puisqu'il  importe  de  savoir  si  la 
victoire  avait  été  remportée  au  moment  où  Tamerlan  faisait 
écrire  sa  lettre  à  Charles  VI.  Les  chroniqueurs  français  ne  nous 
disent  rien  de  précis  sur  cette  date;  Marino  Sanudo,  dans  ses 
Vite  de'  duchi  de  Venezia^,  cite  un  témoignage  très  catégo- 
rique qui  la  fixe  au  28  juillet  1402.  Chez  les  historiens  byzantins, 
on  trouve  davantage  :  l'un,  Leunclavius,  dit  que  la  bataille  fut 
livrée  un  vendredi;  un  autre,  Phrantzès,  affirme  que  ce  fut  le 
28  juillet  de  l'an  6190  (ou  1402);  et,  l'année  1402  ayant  pour 
lettre  dominicale  A,  le  28  juillet  tombe  précisément  un  ven- 
dredi, coïncidence  qui  ne  paraît  pas  avoir  suffisamment  frappé 
Silvestre  de  Sacy.  Les  Orientaux  citent  des  dates  difierentes. 
L'historien  arabe  de  Tamerlan,  Ahmed-ben-Arabschah,  donne 
bien  une  date  correspondant  au  28  juillet  1402,  mais  dit  par 
erreur  que  cette  date  tombe  un  mercredi.  Scheref-Eddin  propose 
une  date  correspondant  au  20  juillet  1402,  mais  donne  le  nom  du 
jour,  un  vendredi.  Or,  quel  que  soit  celui  des  deux  auteurs  dont 
on  suive  l'opinion,  le  quantième  ou  le  nom  du  jour  est  inexact  : 
le  28  juillet  1402  tomba  un  vendredi  et  non  un  mercredi,  et  le 
20  juillet  1402  un  jeudi  et  non  pas  un  vendredi. 

Silvestre  de  Sacy  avoue  que,  malgré  les  contradictions  de  ces 
témoignages,  on  pourrait  fixer  avec  vraisemblance  la  date  de  la 
bataille  d'Ancyre  au  vendredi  28  juillet  1402.  Mais  diverses  con- 
sidérations de  chronologie  musulmane  l'ont  fait  hésiter  et  finale- 
ment l'ont  décidé  en  faveur  du  vendredi  21  juillet  1402.  Ses  rai- 
sons, malgré  son  autorité,  ne  paraissent  pas  décisives,  et  il  ne 
semble  pas  bon  de  rejeter  ainsi  une  date  sur  laquelle  s'accordent 
des  annalistes  occidentaux,  grecs  et  orientaux.  Bien  mieux,  la 
date  du  vendredi  28  juillet  1402  est  confirmée  par  un  nouveau 
témoignage;  l'archevêque  de  Sultanieh,  racontant  dans  son 
opuscule  la  bataiUe  d'Ancyre,  en  fixe  le  jour  ainsi  :  «  à  un  ven- 
dredi xxviij*  jour  juillet.  » 

1.  Miiratori,  lierum  italicarum  scriptores,  t.  XXII,  col,  795. 


MÉMOIRE   SDR   TAMERLAN   ET   SA   COUR,  439 

Ce  dernier  témoignage  paraît  devoir  emporter  la  balance  en 
faveur  de  la  date  repoussée,  avec  quelque  scrupule  d'ailleurs,  par 
Silvestre  de  Sacy^ 

Or,  la  lettre  de  Tamerlan  à  Charles  VI  portant  une  date  cor- 
respondant au  1"  août  1402,  il  est  étonnant  qu'au  lieu  de  parler 
de  la  victoire  d'Ancyre,  Tamerlan  se  soit  borné  à  faire  écrire  à 
Cliarles  VI  en  visant  l'archevêque  Jean  :  «  Vobis  exponet  qu^- 
cumque  evenerunt,  »  suivant  la  traduction  de  Silvestre  de  Sacy. 
Mais  je  ne  vois  pas  que,  pour  expliquer  cette  difficulté,  il  soit 
nécessaire  d'imaginer  avec  Silvestre  de  Sacy  que  la  lettre  de 
Tamerlan  ait  été  antidatée.  Voici  comment  on  pourrait  résoudre 
ce  problème.  Une  distance  de  360  kilomètres  au  minimum  sépare 
en  ligne  droite  Ancyre  ou  Engurieh  de  Sivas  ou  Sébaste,  loca- 
lité d'où  le  traducteur  de  la  missive  de  Tamerlan  a  daté  cette 
lettre  ;  donc  il  est  impossible,  le  fait  n'a  pas  besoin  d'être  plus 
amplement  démontré,  que  Tamerlan  ait  pu  se  trouver  à  Sébaste 
quatre  jours  après  sa  victoire  d'Ancyre.  Comme,  d'autre  part, 
il  est  douteux  que  l'archevêque  se  soit  trompé  sur  le  nom  du 
lieu  où  la  lettre  lui  fut  remise,  il  faut  admettre  qu'elle  lui  fut 
délivrée  le  l^""  août  à  Sivas,  où  sans  doute  était  restée  ce  que  j'appel- 
lerai la  chancellerie  de  Tamerlan  2,  pendant  que  celui-ci  poussait 
jusqu'à  Ancyre  au-devant  de  Bajazet.  On  comprend  ainsi  que  le 
secrétaire  chargé  de  la  rédaction  de  la  lettre  n'ait  pu  parler  de 
la  bataille  d'Ancyre  et  se  soit  borné  à  écrire  :  «  Vobis  exponet 
qusecumque  evenerunt,  »  l'archevêque  se  chargeant  de  suppléer, 
dans  une  traduction  que  sans  doute  bien  peu  de  gens  pouvaient 
contrôler,  au  silence  et  au  défaut  de  renseignements  du  scribe. 

C'est  évidemment  dans  sa  route  vers  l'Occident  que  l'arche- 
vêque de  Sultanieh  apprit  les  détails  qu'il  inséra  avec  discré- 
tion dans  l'étrange  traduction  qu'il  fît  de  la  lettre  de  Tamerlan, 
et  avec  plus  de  développements  dans  son  mémoire.  Il  recueillit 
en  ejQfet  un  récit  de  la  bataille  d'Ancyre  et  la  nouvelle  du  traite- 
ment honorable  que  subissait  Bajazet  au  cours  de  sa  captivité  ; 
mais  il  s'étend  peu  sur  les  faits  qui  suivirent  la  victoire,  parle 

1.  Cf.  E.  de  Murait,  Essai  de  chronographie  byzantine,  t.  II,  p.  781,  qui 
adopte  la  date  du  vendredi  28  juillet  1402. 

2.  Tamerlan  avait  autour  de  lui  des  secrétaires  d'État,  debirs,  et  des  secré- 
taires ordinaires,  munchis  (Cheref-Eddin,  Histoire  de  Tinmr  Bec,  trad.  Petis 
de  la  Croix,  t.  I,  p.  436).  Le  plus  célèbre  d'entre  eux  était  Moulana  Cheik 
Mehenimed. 


440  MÉMOIRE    SUR    TAMERLAN   ET   SA   COUR. 

seulement  du  fils  de  Bajazet  qui  avaitéchappé  au  désastre,  et,  après 
avoir  dit  que  Tamerlan  le  faisait  poursuivre,  il  ajoute  :  «  Qui 
s'ensuivra  Dieu  le  sache.  »  Il  n'est  guère  surprenant  qu'il  ignore 
les  événements  postérieurs  à  la  seconde  moitié  de  l'année  1402, 
puisqu'il  faut  admettre  qu'il  quitta  l'Orient  vers  la  fin  de  1402. 

Quelle  était  maintenant  l'importance  et  la  portée  de  l'ambas- 
sade dont  était  chargé  l'archevêque  de  Sultanieh?  J'ai  dit  que 
Silvestre  de  Sacy  avait  fait  remarquer  que  Tamerlan  ne  mani- 
festait pas  dans  les  formules  de  sa  lettre  une  considération  très 
grande  pour  Charles  VI.  Il  fait  allusion  cependant  à  une  lettre 
que,  de  son  côté,  il  avait  reçue  de  ce  prince  par  les  mains  d'un 
Dominicain.  Des  relations  par  la  voie  des  missionnaires  ont  donc 
existé  antérieurement  au  mois  d'août  1403;  est-ce  Charles  VI 
qui  les  avait  provoquées?  est-ce  au  contraire  Tamerlan?  J'incli- 
nerais assez  à  supposer  que  Charles  VI,  mis  au  courant  des  bou- 
leversements causés  en  Asie  par  le  conquérant  mongol,  s'était 
avisé  que  tous  deux  ils  avaient  des  intérêts  communs  contre  les 
Turcs,  et,  en  prévision  d'un  conflit  presque  inévitable  entre  les 
Tartares  et  les  Turcs,  il  avait  cherché  à  entrer  en  relations  avec 
celui  qui  ne  pouvait  manquer  d'être  le  plus  acharné  ennemi  des 
vainqueurs  de  Nicopolis. 

La  lettre  de  Tamerlan  serait  donc  une  réponse  ;  elle  est  très 
froide  et  contraste  avec  les  égards  que  le  Mongol  témoigna  à 
Henri  III,  roi  de  Castille,  en  lui  envoyant  un  seigneur  que  Ruy 
Gonçalez  de  Clavijo  appelle  «  Mahomat  Aleagi,  »  chargé  de  lui 
porter  des  présents;  il  est  vrai  que,  lors  de  la  bataille  d'Ancyre, 
Tamerlan  avait  auprès  de  lui  deux  ambassadeurs  castillans,  Paye 
de  Soto-Mayor  et  Hernan  Sanchez  de  Paraçuelos,  et  il  est  natu- 
rel qu'il  ait  témoigné  plus  d'égards  à  un  prince  moins  puissant 
sans  doute  que  le  roi  de  France,  mais  dont  les  relations  avec  lui 
étaient  assez  étroites. 

Je  serais  assez  porté  à  admettre  avec  Silvestre  de  Sacy  que 
l'archevêque  de  Sultanieh  sollicita  sa  mission,  et  que  c'est  à  sa 
prière  que  Tamerlan  le  chargea  d'une  lettre  pour  Charles  VI, 
lettre  à  laquelle  le  conquérant  attachait  sans  doute  peu  d'im- 
portance et  qu'il  fit  écrire  en  même  temps  qu'une  lettre  circu- 
laire' demandant  en  bloc  à  tous  les  princes  européens  la  liberté 
pour  ses  sujets  de  commercer  en  Occident. 

1.  L'archevêque  de  Sullanieli  ne  fit  sans  doute  que  montrer  cette  seconde 


MÉMOIRE    SOR   TAMERLAN    ET   SA   CODR.  444 

Ainsi,  il  semble  que  c'est  moins  une  ambassade  que  Tamerlan 
envoya  à  Charles  VI  qu'une  sorte  de  mission  dont  se  chargea 
spontanément  l'archevêque  de  Sultanieh.  Convaincu  de  rutihté 
qu'il  y  aurait  au  point  de  vue  chrétien  à  établir  des  relations 
commerciales  suivies  entre  l'Orient  et  l'Occident  pour  facihter 
aux  missionnaires  l'accès  de  l'empire  mongol,  le  prélat,  désireux 
d'être  revêtu  d'un  caractère  presque  officiel  qui  ajouterait  de 
l'autorité  à  ses  propositions,  obtint  des  lettres  où  Tamerlan  et  le 
Mirza  Miranschah  offraient  d'organiser,  à  charge  de  réciprocité, 
la  protection  des  négociants  occidentaux  en  Orient.  Cette  inter- 
prétation diminue  évidemment  l'éclat  de  l'ambassade,  mais  est 
peut-être  plus  conforme  à  la  vérité.  Elle  explique  fort  bien  que 
l'archevêque  ait  désiré  laisser  à  ceux  qu'il  voyait  à  Paris  un  opus- 
cule où  il  relatait  les  particularités  de  la  vie  de  Tamerlan  jusqu'à 
la  fin  de  l'année  1402,  en  y  ajoutant  un  court  relevé  des  produits 
d'Occident  qui  avaient  le  plus  de  chances  d'être  accueillis  avec 
faveur  auprès  du  Mongol. 

C'est  cette  notice  que  j'imprime  ici  :  sa  date  et  la  quahté  de 
son  auteur  sont  la  garantie  de  son  exactitude. 

H.  MOR  AN  VILLE. 

I.  Cy  commence  la  dominacion  Ternir  Bey'^. 

Ce  seigneur  icy  si  fut  au  commencement  de  petite  condicion  et  de 
petite  renommée^,  ne  il  n'avoit  pas  dessoubz  soy  dix  hommes,  com- 
bien qu'il  soit  de  commune  bonne  ligniée.  Or,  est  il  ainsi  que  en  sa 
jeunesse,  par  sa  sagesse  et  sciense  malicieuse,  il  ot  avecques  soy  sept 
autres  jeunes  et  commença  à  venir  en  prospérité  par  manière  tyran- 
nique,  c'est  assavoir  par  larrecins^,  comme  en  robant  et  pillant 

lettre  à  Paris,  puisqu'elle  s'adressait  aux  souverains  d'Occident  en  général  et 
qu'il  en  avait  besoin  pour  être  accrédité  auprès  d'eux.  Elle  était  écrite  au  nom 
du  Mirza  Miranschah,  flls  de  Tamerlan,  et  le  Trésor  des  chartes  en  conserve 
la  traduction,  qui,  sans  doute,  est  aussi  peu  exacte  que  celle  de  la  missive  de 
Tamerlan. 

1.  C'est  cette  orthographe  qui  a  été  employée  par  le  traducteur  de  1403,  qui 
interpréta  Toriginal  de  la  lettre  adressée  à  Charles  VI  et  qui  fut  sans  doute 
l'archevêque  de  Sultanieh  lui-même  (cf.  Silvestre  de  Sacy,  op.  cit.,  p.  474). 

2.  Ruy  Gonçalez  de  Clavijo  écrit  que  Tamerlan  était  de  bonne  famille,  mais 
de  peut  état,  comme  il  est  dit  ici,  n'ayant  guère  autour  de  lui  que  qualre  ou 
cinq  cavaliers. 

3.  Ahmed-Ben-Arabschah  (trad.  de  P.  Valtier,  p.  6)  donne  la  même  origine 
à  la  fortune  de  Tamerlan. 


442  MEMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR. 

bestes  et  autres  choses,  par  quoy  il  se  multiplia  tant  qu'il  ot  avec 
soy  quarante  corapaignons,  et  ainssi  cloresenavant  il  commença  à 
rober  et  pillier  chevaulx^  bestes,  chasteaulx  et  terres  et  par  ceste 
manière  il  se  augmenta  très  fort  en  compaignie,  en  tant  qu'il  prist 
par  force  le  chastel  de  Refuge 2,  ouquel  il  mettoit  toutes  ses  proies  et 
ses  roberies-,  et  ainsi  chascunjour  il  augmentoit  et  croissoit  en  chas- 
teaulx, villes  et  terres^. 

Volant  cestui  Temir  Bey  que  le  grant  empereur  de  Tartarie  estoit 
indigné  contre  lui  pour  cause  de  ses  larrecins,  il  s'en  ala  droit  à 
l'empereur  de  Gathay,  lequel  estoit  crestien  delà  sainture''  et  qui  estoit 
adversaire  et  ennemy  de  l'empereur  de  Tartarie.  Si  fist  tant  Ternir 
Bey  à  cest  empereur  crestien  qu'il  ot  de  lui  grant  puissance  de  gens  ; 
par  quoy  il  conquist  moult  de  terres  sur  ledit  empereur  de  Tartarie  : 
et  par  especial  il  conquist  et  gaigna  la  cité  de  Semercant"^,  qui  est  es 

1.  Au  lieu  de  chevaux,  la  traduction  latine  de  la  Chronographia  regum  Fran- 
coruin  mentionne  «  camelos.  » 

2.  Sur  ce  nom,  voir  Ahmed- Ben-Arabschati  {l'Histoire  du  grand  Tamerlan, 
trad.  de  P.  Vattier). 

3.  On  retrouve  une  version  analogue  dans  la  relation  de  Ruy  Gonçalez  de 
Clavijo, 

4.  Ruy  Gonçalez  de  Clavijo  dit  aussi  que  les  ambassadeurs  de  Cathai  ou  de 
Chine  étaient  chrétiens  à  leur  manière.  Du  Cange  cite  au  mot  Christiani  de 
cinctura  l'extrait  suivant  :  «  In  ista  autem  Babylonia  habitant  multa  millia 
Saracenorum...  et  raultitudo  Christianorum,  qui  dicuntur  ccnlurini,  vel  de  cin- 
tura,  quia  cingulum  portant  latum  et  vestimenlum,  per  quod  recognoscuntur  ab 
aliis.  »  L'un  des  prédécesseurs  de  l'archevêque  Jean,  qui  s'appelait  Jean  de 
Cora,  et  qui  a  laissé  une  relation  de  «  Testât  et  de  la  gouvernance  du  grant 
kaan  de  Cathay,  »  c'est-à-dire  de  Chine,  raconte  que  «  en  laditte  cité  de  Cam- 
balcch  (ou  Pékin)  a  une  manière  de  Crestiens  scismas  que  on  dist  Nestorius  : 
ilz  tiennent  la  manière  et  la  guise  des  Grieux  et  point  ne  sont  obéissant  à  la 
Sainte  Eglise  de  Romme...  Ces  Nestorins  sont  plus  de  trente  mille  dcmourans 
oudit  empire  de  Cathay...  Ilz  ont  dudit  empereur  pluseurs  offices  et  de  lui  ont 
ilz  grandes  procuracions.  »  Il  y  avait,  au  milieu  du  xiv*  siècle,  un  archevêque 
catholique  ;\  Pékin;  il  appartenait  à  l'ordre  des  Frères  mineurs.  Suivant  Ber- 
geron  (Voyages  faits  principalement  en  Asie  dans  les  Xll",  XI 11',  XI V  et 
XV'  siècles,  t.  II,  p.  68),  «  les  Maronites  ou  Chrétiens  de  la  ceinture  (à  cause 
qu'ils  la  |)orlent  fort  grande)  suivent  l'erreur  des  Monothélites.  »  D'autres  sou- 
tiennent que  les  Maronites  n'étaient  jamais  tombés  dans  aucune  hérésie,  et  en 
particulier  Louis  de  Rochechouart,  dont  le  si  curieux  Journal  de  voyage  à 
Jérusalem  vient  d'être  publié  par  mon  confrère  M.  C.  Couderc  (Revue  de 
l'Orient  latin,  t.  I,  p.  89). 

5.  Samarcande  tomba  aux  mains  de  Tamerlan  en  1363,  à  la  suite  de  la  vic- 
toire de  Caba  Milan  remportée  par  Tamerlan  et  son  beau-frère  Hussein  sur 
Elias  Coja,  (ils  de  Togluc  Timur,  récemment  mort  (Histoire  de  Timur  Bec  de 
Cheref-Eddin,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  1,  p.  71  à  75). 


MÉMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  443 

parties  d'Orient,  et  estoit  dudit  empereur  de  Tartarie.  Et  adoncques 
il  renvoya  les  gens  dudit  empereur  crestien. 

Voiant  cecy,  l'empereur  des  Tartres,  qui  estoit  ainsi  assailli  et  des- 
toblé  par  ce  Ternir  Bey,  il  assamjjla  très  grant  force  de  gens  pour 
aler  contre  son  adversaire  Ternir  Bey  et  luy  envoya  ambaxiateurs 
pour  lui  dire  ou  que  il  se  appareillast  de  recevoir  la  bataille  ou  qu'il 
obeist  audit  empereur  de  Tartarie;  et  se  il  vouloit  obéir  à  lui  que  il 
le  feroit  très  grant  maistre. 

Quant  Ternir  Bey  vit  les  ambaxiateurs  venir  devers  soy,  il  com- 
mença à  soy  mettre  par  très  grant  malice  sur  son  lit  et  contrefit  le 
malade,  pour  ce  qu'il  doubtoit  la  puissance  dudit  empereur  :  si  se 
commença  à  pourpenser  comment  il  pourroit  décevoir  son  adversaire 
et  ses  ambaxiateurs.  Et,  quant  il  ot  bien  pensé,  il  se  fist  apporter  du 
sang  d'un  sanglier  et  le  but;  et,  tantost  qu'il  ot  beu  le  sang',  il  fist 
bastivement  appeller  les  ambaxiateurs  devant  lui,  pour  dire  leur 
ambaxiaterie  pour  quoy  ilz  estoient  venus.  Et  adoncques,  tantost  que 
les  ambaxiateurs  si  furent  entrez  dedens  sa  chambre,  il  se  fist  basti- 
vement apporter  un  bacin  et  en  la  présence  desdiz  ambaxiateurs  il 
commença  à  vomir  le  sang  qu'il  avoit  beu;  dont  ilz  cuiderentque  se 
feust  son  propre  sang.  Pour  quoy  il  leur  fut  advis  que  jamais  il  n'en 
devoit  eschapper  et  que  de  fait  il  estoit  mort  sans  nul  remède.  Si  fu 
adoncques  dit  aux  ambaxiateurs  qu'ilz  s'en  povoient  seurement  retour- 
ner et  qu'ilz  veoyent  bien  que  Temir  Bey  estoit  mort. 

Quant  Tempereur  otceoy,  si  fut  moult  liez  et  joyeux  etrenvoia  ses 
gens  et  leurs  femmes  et  leurs  enfans,  et  demoura  ledit  empereur 
avecques  petit  de  gens  et  s'en  ala  ebatre  et  ses  femmes  et  ses  enfans 
avecques  lui.  Et,  quant  Temir  Bey  vit  que  les  ambaxiateurs  s'en 
estoient  alez,  il  se  leva  soudainement  de  son  lit  et,  avecques  toute 
sa  puissance,  il  poursuy  ledit  empereur,  lequel  Temir  Bey  trouva 
avec  ses  femmes  et  ses  enfans  en  esbat,  comme  dit  est  et  avecques 
petit  de  gens^.  Temir  Bey  haussa  l'espée  et  occist  Fempereur  et  prist 
l'une  de  ses  femmes,  laquelle  estoit  de  la  ligniée  dudit  empereur,  et 
la  prist  à  femme  pour  soy,  et  toutes  les  filles  dudit  empereur  il  les 

1.  11  y  a  quelque  chose  devrai  dans  cette  histoire  :  Tamerlan,  neveu  d'Hadgi 
lîerlas,  convaincu  que  son  oncle  machinait  contre  lui  un  complot  avec  un  autre 
allié  de  Tamerlan,  Bayazid  Gelaïr,  et  en  ayant  acquis  la  certitude  un  jour 
qu'il  était  avec  eux,  sortit  aussitôt,  feignant  d'être  pris  d'un  saignement  de  nez 
(Cheref-Eddin,  Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  39). 

2.  Ahmed-Ben-Arabschach,  l'Histoire  du  grand  Tamerlan,  trad.  P.  Vattier, 
p.  15. 


444  MÉMOIRE   SUE  TAMERLAN   ET   SA   COUR. 

maria  à  ses  filz;  et  les  filz  maies,  il  les  fist  mourir,  excepté  un  qu'il 
retint  avecques  lui,  lequel  estoit  nommé  Soltamacuch',  dessoubz 
lequel  nom  Temir  Bey  se  domine  et  règne.  Et,  par  ceste  manière,  il 
print  toute  l'empire  de  Tartarie.  Quant  ces  choses  icy  furent  faittes, 
il  y  a  bien  xl  ans  ou  plus;  et  après  il  a  prins  moult  de  provinces 
vers  Oriant,  dont  l'une  est  appellée  Syraenana,  et  pluseurs  autres,  si 
comme  il  sera  dit  après. 

II.  De  Vinterpretacion  du  nom  d'iceUuy. 

C'est  doncques  le  nom  de  ce  seigneur  Tartre,  et  est  appelle  Temir 
Bey;  si  est  son  nom  ainsi  interprété  et  exposé  :  Temir  Bey  est  propre 
nom  et  est  dit  de  temir  qui  vault  autant  à  dire  comme  /er,  et  bey^  qui 
vault  autant  à  dire  comme  seigneur,  aussi  comme  se  l'en  disoit  sei- 
gneur de  fer-.  Les  autres  l'appellent  Tamurlan,  et  si  est  dit  de 
tamîr^  qui  vault  autant  à  dire  en  françois  boiteux^;  et  cecy  est  en 
son  opprobre.  Et  ceste  interpretacion  si  est  Tartarisque  et  de  Perse. 
Et  aussi  en  Perse  ilz  V SippeWeni  Miritabam^  qui  vault  à  dire  5e/j/»,eMr, 
et  Calan'*,  qui  vault  à  dire  chief  comme  chief  et  seigneur  des  sei- 
gneurs. 

III.  Du  filtre  de  Temir  Bey. 

Temir  Geracan'*  Sosmus^,  Temir,  c'est-à-dire /?/s  ou  hoird'empe- 

1.  C'est  Sultan  Mahmoud  Khan,  fils  de  Siorgatmich  Khan.  Mahmoud  Khan 
lui-même  mourut  à  la  lin  de  l'année  1402,  après  le  départ  de  l'archevêque  de 
Sultanieh,  qui  ignorait  cet  événement.  Cet  empereur  de  Tartarie,  comme  l'ap- 
pelle notre  auteur,  était  empereur  titulaire  de  Zagataï. 

2.  C'est  la  même  interprétation  qu'a  adoptée  Ruy  Gonçalez  de  Clavijo.  Cf. 
Silvestre  de  Sacy,  op.  cit.,  p.  475. 

3.  Ahmed-Ben-Arabschah,  l'Histoire  du  grand  Tamerlan,  trad.  de  P.  Vat- 
tier,  p.  3.  Bergeron  {Voyages  faits  principalement  en  Asie  dans  les  XII% 
XUI%  XIV  et  XV'  siècles,  t.  II,  p.  82)  dit  qu'on  l'appelait  Temircutlu,  c'est-à- 
dire  fer  heureux,  et  Demirlang,  c'est-à-dire  boiteux. 

4.  Caran,  ou  plutôt  Saheb  Kiran,  c'est-à-dire  maître  de  la  conjonction  [favo- 
rable des  planètes].  Il  obtint  ce  titre  soit  après  la  prise  de  Samarcande  (Che- 
ref-Eddin,  Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  79),  soit 
après  la  mort  de  Hussein,  son  beau-frère,  en  1369  [Ibid.,  p.  203). 

5.  Ou  plutôt  Courcan  ;  Abmed-Ben-Arabschah  explique  qu'en  raison  d'alliances 
qu'il  conclut  avec  des  lilles  des  rois  qu'il  épousa,  on  ajouta  aux  titres  de  Tamer- 
lan celui  de  Courcan,  qui,  en  mongol,  signifie  gendre  (l'Histoire  du  grand 
Tamerlan,  trad.  de  P.  Vattier,  p.  7). 

6.  Ou  Sosumus,  comme  il  est  écrit  dans  la  traduction  de  la  lettre  à  Char- 
les VI.  Ce  mol,  que  Silvestre  de  Sacy  aurait  renoncé  à  interpréter  s'il  n'avait 
trouvé   dans  les  voyages  de  Chardin  la  clef  de  cette  difficulté,  doit  être  lu 


MÉMOIRE    SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  445 

reur*,  et  Sostnus  vault  à  dire  parole  en  nostre  mandement;  ne  il  ne  se 
nomme  ne  roy,  ne  empereur,  ne  autre  seigneur.  Et  tout  quanqu'il 
commande  et  mande,  il  mande  soubz  le  nom  d'empereurs  et  le  visite 
une  foiz  l'an  en  lui  faisant  honneur;  et  puis,  après  ceste  honneur, 
il  tient  petit  de  conte  dudit  empereur,  fors  qu'il  le  fait  tenir  en  sa 
court  en  honnorable  estât.  Toutesfoys  Ternir  Bey  si  fait  toutes  ses 
choses  sans  le  sceu  de  l'empereur. 

IIII.  De  son  lignage. 

En  sa  lignée  il  est  Tartre  de  la  partie  d'Orient,  et  leur  nacion  si  est 
appellée  locate^,  et,  selon  aucuns,  des  parties  de  par  delà  sont  où 
furent  les  troiz  roys  qui  vindrent  aourer  Nostre  Seigneur  Jhesu  Grist  ; 
et  est  vers  les  parties  de  Inde  oultre  Perse  et  est  une  province  appellée 
Corasin-*  et  une  autre  province  appellée  Medie^  oultre  les  autres,  et 
oultre  la  cité  de  Suciz^,  qui  est  plus  loing  que  toutes  les  autres  et 
est  en  Perse,  loingtaine  de  la  cité  de  Seraercant,  qui  est  la  propre 
cité  de  Temir  Bey,  par  cent  journées,  et  est  oultre  le  fleuve  de  Gyon^. 

V.  De  la  lignie  et  des  noms  de  ses  filz. 

Temir  Bey  si  a  heu  plusieurs  filz,  et  maintenant  il  n'en  a  que  deux, 
dont  le  greigneur  si  est  appelle  Miranza^  et  est  en  l'aage  de  xl  ans  et 
plus;  le  plus  jeune  est  appelle  Sonharii^  et  en  l'aage  de  xxii  ans  ou 
environ.  Le  nom  du  premier  si  est  interprété  mir^  qui  vault  à  dire 

seuzumu::,  et  traduit  noire  parole,  ce  qui  est  très  exactement  la  traduction 
qu'en  donne  l'archevêque  de  Suitanieh. 

1.  C'est  Geracan  qu'il  faut  lire  au  lieu  de  Temir. 

2.  «  Et  tient  avec  lui  ledit  empereur  »  (Bibl.  nat.,  franc.  5624). 

3.  Djagataï,  ou  encore  Tchagatai,  du  nom  d'un  fils  de  Tchinguiz  Khan. 

4.  Chorasan. 

5.  Aderbeidschan. 

6.  Suse,  l'ancienne  ville  des  Perses,  dont  il  ne  reste  que  les  ruines,  dans  le 
Chusistan. 

7.  C'est  l'Amou-Daria. 

8.  Le  Mirza  Miranschah  était  né  en  1367,  d'après  Cheref-Eddin,  qui  lui  donne 
quatorze  ans  en  1380  {Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I, 
p.  312).  En  1402,  il  avait  donc  quarante-cinq  ans.  On  comprend  les  éloges  que 
lui  décerne  l'archevêque  de  Sullanieh,  puisque  le  Mirza  Miranschah  lui  avait 
confié  une  lettre. 

9.  Sans  doute  Scharok,  qui,  fils  de  la  première  femme  de  Taraerlan,  naquit 
en  1377  et  avait,  en  1402,  l'âge  de  vingt-cinq  ans  {Ibid.,  p.  290).  La  version 
latine  de  la  Chronographia  regum  Francorum  écrit  ce  nom  ainsi  :  Wharii  ou 
Whalrii. 


446  MÉMOIRE   SDR   TAMERLAN   ET   SA    CODE. 

seigneur^  et  za,  qui  vault  à  dire  roij;  c'est-à-dire  seigneur  roy.  Le 
nom  du  second  si  est  Soniiarii,  qui  vault  à  dire  en  françois  face  de 
roy.  Le  greigneur  filz  si  est  moult  grant,  libéral,  bon,  et  est  comme 
tout  christien  et  est  amé  de  tous  sens  nulle  differance  en  la  court  de 
son  père;  et  si  cuide  l'en  qu'il  doie  seigneurir  et  dominer  après  son 
père.  Gestui  si  ayme  très  parfaittement  les  Ghristiens  et  Frans,  c'est 
assavoir  tous  les  Latins;  cestui  cy  est  l'autre  Alixandre\  et  a  cestui 
filz  un  autres  filz  et  irii  femmes  :  la  plus  amée  si  est  du  sang  de  Fem- 
pereur  et  est  appellée  Gonzada^  et  fu  femme  de  son  frère  ainsné, 
lequel  est  mort.  Et  chascun  de  ses  filz  si  maine  grant  estât,  c'est 
assavoir  de  xx  à  xxx  mille  hommes,  et  tient  très  grant  court,  par 
especial  le  greigneur,  lequel  est  appelé  Abaciemeza^  qui  vault  à  dire 
cellui  qui  est  né  de  par  Dieu;  et  est  ledit  filz  très  expers  en  armes; 
l'autre  des  riii  filz  est  appelle  Omarisa  ^  et  est  lieutenant  de  Temir 
Bey  :  combien  qu'il  tiengne  très  grant  court,  toutesfoiz  il  n'est  pas 
saige,  mais  il  est  de  vile  condicion  et  malvaise-,  et  cestui  cy  a  ii  filz 
petis;  et  toutesfoiz  il  tient  très  grant  païz. 

VL  Du  nombre  de  ses  nepveux. 

Temir  Bey  sy  a  lx  et  x  nepveux  et  plus,  dont  le  premier  si  fu  filz 
de  son  frère  ayné,  et  est  de  par  la  mère  du  sang  de  l'empereur  et 
lient  grant  court,  aussi  comme  le  second  seigneur,  et  a  constitué  en 
pluseurs  parties  et  contrées  plusieurs  seigneurs  qui  tiennent  de  lui 
et  sont  avecques  lui;  et  est  appelle  Mamuzatain^. 

VIL  Des  femmes  Temir  Bey. 

Temir  Bey  si  a  quatre  femmes  espousées  légitimez  et  pluseurs 
concubines.  La  greigneur  femme  si  est  fille  d'empereur  qui  est 
appelle  Garon",  et  sa  delectacion  si  est  d'estre  tousjours  entre  les 

1.  Cette  comparaison  avec  Alexandre  se  trouve  chez  Cheref-Eddin  appliquée 
à  Tamerlan  {Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Pelis  de  la  Croix,  t.  II,  p.  427). 

2.  Canzadé  ou  plutôt  Sevin  Beï,  nièce  d'Ysouf  So(i,  princesse  du  Carezem, 
avait  épousé  auparavant  le  Mirza  Gehanghir.  Après  la  mort  de  celui-ci,  elle 
épousa  son  frère  le  Mirza  Miranscliah. 

3.  Peut-être  le  Mirza  Aboubecrc,  (ils  aîné  du  Mirza  Miranschah. 

4.  Sans  doute  le  Mirza  Omar,  âgé  de  vingt-deux  ans  en  1405. 

5.  Ne  faul-il  pas  reconnaître  dans  ce  nom  celui  du  Mirza  Sultan  Hussein,  (ils 
de  la  lille  de  Tamerlan  (Cheref-Eddin,  Uisloire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de 
la  Croix,  t.  IV,  p.  303),  et  auquel  les  ambassadeurs  castillans  furent  présentés, 
suivant  Ruy  Gonçalcz  de  Ciavijo  ? 

6.  Sans  doute  Serai  Mule  Canum,  lille  de  Cazan  Sultan  Khan,  dont  il  s'em- 


MÉMOIRE    SDR   TAMERLAN   ET   SA    CODR.  447 

femmes  et  n'a  point  de  delectacion  es  hommes  ;  et  par  force  de  medi- 
cines,  où  il  despent  chascun  jour  mile  ducas,  souvenlefoiz  il  a  com- 
paignie  de  femmes. 

VIII.  Comment  Temir  Berj  commença  à  seigneurir  au  premier. 

En  sa  jeunesse,  il  fut  d'assez  commune  generacion,  toutesfoiz 
estoit  il  tousjours  saiges  et  malicieux  et  s'il  tenoit  tousjours  com- 
paignie  aux  plus  vaillens  jeunes,  si  comme  il  tesmoigne  tousjours  es 
loenges  qu'il  fait  à  Dieu,  disant  que,  toutes  choses  qu'il  fait,  il  les 
fait  à  la  loenge  et  du  mandement  de  Dieu  et  dist  qu'il  est  filz  d'une 
mère  de  ville  condicion  et  qu'il  est  foible  et  povre  et  dit  que  quan- 
qu'il  a  et  il  fait,  qu'il  a  de  par  Dieu  et  que  Dieu  lui  a  donné  et  il  le  rent 
à  Dieu.  Et  dit  que  Dieu  lui  révèle  toutes  choses  par  Fange. 

Ne  il  ne  se  nomme  ne  roy  ne  empereur,  comme  dit  est,  mais  de 
présent  il  est  très  grant  seigneur  et  puissant,  car  oncques  mais  l'en 
ne  trouva  ne  vit  on  si  très  grant  ne  son  pareil  en  Oriant  comme  il 
est  et  a  esté  depuis  qu'il  print  la  cité  de  Semercant  et  l'empire  de 
Tartarie  :  car  il  s'estent  vers  Oriant  bien  par  l'espace  et  chemin  que 
l'en  mettroit  à  cheminer  continuelment  en  demi  an.  Et  a  prins  moult 
de  provinces,  citez,  chasteaulx,  terres,  et  mis  en  subjection  moult 
de  seigneuries.  Et  par  especial  il  a  pris  une  cité  qui  est  appellée  Dilli  ' 
es  parties  d'Inde,  et  le  roy  mis  en  subjection  et  depuis  s'en  est  retourné 
vers  Occidant,  où  il  a  pris  tout  jusques  en  Constanti noble. 

IX.  Des  provinces  et  des  terres  dont  Temir  Bey  est  seigneur. 

Premièrement,  il  a  de  Inde  jusques  à  Turquie  autant  que  un 
homme  mettroit  à  aler^  l'espace  d'un  an  ou  au  moins  que  l'en  met- 
troit à  chevauchier  continuelment  en  ix  mois^;  et  a  de  très  grandes 
provinces  dessoubz  soy  et  de  grans  royaulmes  ;  et  entre  les  autres  il 
a  es  parties  et  es  termes  de  sa  seigneurie  : 

Dilli,  qui  est  la  cité  principale'*. 

Symenan-',  qui  est  province. 

para  lors  du  partage  qu'il  fit  du  harem  de  son  beau- frère  Hussein  en  1379 
(Cheref-Eddin,  Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  1,  p.  193). 
Elle  fut  la  mère  de  Scharok,  l'un  des  fils  de  Tamerlan. 

1.  La  prise  de  Dehli  par  Tamerlan  est  du  4  janvier  1399. 

2.  Cheminer,  dans  le  ms.  franc.  5624. 

3.  X  mois,  dans  le  ms.  franc.  5624. 

4.  Dehli  était  en  effet  une  ville  immense. 

5.  Simnan,  dans  la  direction  du  Masen-Derau. 


448  MÉMOIRE   SOa   TAMEBLAN   ET   SA   COUR. 

Malastan',  province,  et  est  le  pais  où  croissent  les  balaiz. 

Ferinus^,  province  où  l'en  treuve  marguerites  précieuses  et  dont 
viennent  les  espices  de  Inde  ;  et  par  le  fleuve  de  Syon  ilz  descendent 
aux  autres  contrées. 

Organun,  province  qui  s'appelle  en  Perse  Gorasmos. 

Gin,  Machin,  qui  sont  provinces''  où  croist  reubarbes,  et  illecques 
on  treuve  les  belles  escueilles  que  on  apporte  à  Gennes,  et  se  garde 
la  terre  de  quoy  on  les  fait  xl  ans,  si  comme  l'en  dit. 

Bochara,  province  où  croist  l'or  très  convenable^. 

Gorosan^,  province  où  a  xxx  citez. 

Media ^,  très  granl  province. 

Spahan^,  province. 

Giras^,  province. 

Ghilan^*^,  cité  et  province,  près  de  la  mer  Gaspenne  ou  de  Bachin. 

Aran^',  très  grant  province. 

Porte  Ferrée  ^ 2^  très  grant  province,  et  est  la  cité  où  Alixandre  mina 

1.  Ou  plutôt  Badakschan,  région  montagneuse  des  sources  de  l'Amou-Daria. 
C'est  le  Balasiaa  de  Marco  Polo.  D'Herbelot  dit  en  effet  que  c'est  là  qu'on 
trouve  les  rubis. 

2.  Esferain  ou  Elmehredgan,  près  de  Nishapur  sur  l'Atrek,  paraît  répondre 
le  mieux  à  ce  que  vise  noire  texte.  C'est  à  tort  qu'il  fait  venir  les  épices  de 
l'Inde  par  le  Sihoun  ou  Syr-Daria.  Les  mines  de  turquoises  aux  environs  de 
Nishapur  sont  célèbres. 

3.  Carezem,  à  l'orient  de  la  mer  Caspienne  et  au  sud  de  la  mer  d'Aral  ; 
aujourd'hui  Kharism.  C'est  l'Organa  de  Marco  Polo  ou  bien  Urgenz  [Voyageurs 
anciens  et  modernes,  t.  II,  231,  note  3).  Kharism  ou  Kharesm  est,  d'après 
Arminius  Vambery,  le  nom  politique  ou  diplomatique  de  Chiva. 

4.  Il  n'est  pas  probable  que  ce  soit  Caschan,  au  nord  d'Ispahan,  entre  cette 
ville  et  Téhéran.  Cheref-Eddin  vante  ses  porcelaines  [Histoire  de  Tivmr  Bec, 
trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  323),  qui  ornaient  le  palais  élevé  par  Tamer- 
lan  à  Samarcande  dans  le  jardin  de  Baghi  Dilcucha  [Ihid.,  II,  p.  424).  Marco 
Polo  rapporte  que  la  rhubarbe  pousse  sur  les  massifs  montagneux  de  la  pro- 
vince qu'il  désigne  sous  le  nom  de  Suctuir  ou  So-Ceu  ;  et,  comme  Bergeron 
identifie  Chim  et  Macim  avec  la  Chine  [Voyages  faits  principalement  en  Asie 
dans  les  XI1%  Xni%  XI V"  et  XV'  siècles,  t.  II,  p.  85),  il  faut  en  conclure 
que  le  marché  européen  des  porcelaines  de  Chine  était  à  Gènes, 

5.  Ruchara. 

6.  Chorasan. 

7.  Ou  Aderbeidschan,  province  située  au  nord-ouest  de  la  Perse. 

8.  Ispahan.  C'est  à  la  prise  de  cette  ville  que  Tamerlan  fit  trancher,  dit-on, 
70,000  lôtes. 

9.  Chiraz. 

10.  Gilan,  sur  les  rives  sud-ouest  de  la  mer  Caspienne. 

11.  Arran,  au  sud  de  la  Géorgie  et  au  bord  de  la  Caspienne,  au  nord  de  Gilan. 

12.  Près  de  Derbcnt,  sur  la  rive  occidentale  de  la  mer  Caspienne,  au  nord  de 


MÉMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  449 

la  mer  jusquesà  la  montaigne  qui  est  appellée  Gaucasi.  En  ses  mon- 
tagnes y  a  moult  de  gens  de  diverses  langues,  desquelles  Temir  Bey 
en  a  prises  aucunes;  et  entre  les  autres  on  dit  qu'il  en  y  ot  aucunes 
gens  encloses  et  enfermées  dedens,  qui  s'appellent  Gog  et  Magog'. 

Géorgie,  royaulme  et  très  grant  province. 

Arménie  la  Grant,  où  est  la  montaigne  où  l'arche  Noël  est^. 

Gurdistan^,  très  grant  province. 

Caldée,  province. 

Astrie-*,  province. 

Rum^,  province. 

Turquie,  province^. 

Et  aussi  plusieurs  autres  provinces  et  cités  qui  sont  en  sa  seigneu- 
rie encores  cent  mile,  lesquelles  ne  se  nomment  pas  pour  cause  de 
briefté. 

X.  De  la  magnificence  et  puissance  Temir  Bey. 

Briefment  en  quelconques  lieu  qu'il  a  esté,  il  a  combatu  et  vaincu 
et  par  especial  le  grant  empereur  de  Tartarie,  et  moult  de  roys  et  de 
princes;  ne  nulle  cité  ne  chastel  n'ont  peu  résister  contre  lui;  il  a 

Baku.  La  Porte-de-Fer  mentionnée  par  Marco  Polo  est  appelée  par  les  Arabes 
Bab-al-Abuab  et  par  les  Turcs  Demir  Capou.  On  l'appelle  communément  Pas 
de  Derbent.  Cette  muraille,  que,  suivant  Bruce,  les  indigènes  croient  avoir  été 
bâtie  par  Alexandre  pour  protéger  la  Perse  contre  les  attaques  des  Scythes, 
fut  détruite  par  Tamerlan.  Les  ruines  de  ce  mur  s'appellent  Kizil-Alan.  Armi- 
nius  Vambery  raconte  qu'on  trouve  encore  dans  le  voisinage  de  Gurausch-Tepe 
un  certain  nombre  de  belles  briques  carrées  qui,  suivant  lui,  proviennent  des 
fortifications  élevées  par  Alexandre. 

1.  C'est  là  un  souvenir  de  la  Bible  qui  ici  ne  répond  à  rien.  D'après  Marco 
Polo,  Gogo  et  Magogo  seraient  en  Chine,  et  Sacy  a  pensé  que  le  rempart  de 
Gog  était  la  muraille  de  la  Chine.  Mais  notre  auteur,  avec  les  Arabes  et  les 
Persans,  désigne  sous  ces  noms  les  habitants  des  régions  montagneuses  situées 
au  nord-ouest  de  la  mer  Caspienne. 

2.  Le  mont  Ararat,  au  sommet  duquel,  suivant  Marco  Polo,  les  habitants  du 
pays  croyaient  distinguer  au  milieu  des  neiges  les  restes  de  l'arche  de  Noé. 

3.  Kurdistan. 

4.  Ou  Assyrie. 

5.  C'est  la  partie  de  la  Turquie  d'Asie  qui  borde  les  détroits. 

6.  A  cette  énumération,  la  version  latine  de  la  Chronographia  regum  Frari' 
corum  ajoute  :  «  Mesopotamia...,  Turquia  quippe  provincia  est  que  olim  Capa- 
docia  dicta  est,  et  non  solum  Capadocia  sed  et  Ysauria,  Asia  Minor  et  Bithinia 
et  plures  alie  provincie  modo  in  ejus  nomen  transierunt  et  Turquia  vulgaritcr 
moderno  lempore  dicte  sunt,  »  Je  suis  porté  à  croire  que  tout  ceci  est  une 
interpolation  de  l'auteur  de  la  Chronographia. 

4894  29 


450  MÉMOIRE  SDR  TAMERLAIV   ET   SA   COUR. 

prins  moult  de  citez  et  de  chasteaulx  sans  nombre  et  si  a  captivé  et 
a  prins  infinis  peuples  et  destruit  villes,  cités,  chasteaulx  ;  et  si  a  eu 
victoire  de  moult  de  batailles,  et  encores  de  présent  il  a  prins  le 
Grant  Turc  et  Turquie  et  la  tient;  et  a  avecques  soy  plusieurs  roys 
et  enfans  de  princes  et  de  grans  seigneurs. 

XI.  Du  grant  ost  Ternir  Beij  et  du  nombre  de  ses  gens. 

On  dit  en  beaucoup  de  manières,  toutesfoiz  delermineement  on  ne 
le  scet  :  aucuns  si  dient  qu'il  a  en  sa  compaignie  x  cens  mille  hommes 
ou  au  moins  vrir  cens  mille  chevaulx  ;  et  quant  est  des  chamelz  et 
autres  bestes,  il  n'y  a  point  de  nombre.  Il  a  aussi  xl  elephans^  pour 
combatre,  sur  lesquelx  les  gens  se  combatent;  et  a  avecques  lui 
princes  et  hommes  bellicieux  et  armereux  et  chevalereux,  qui  vont 
tousjours  armez  de  bacinez  et  garde  bras  sans  autres  armeures,  fors 
leurs  espées  et  leurs  arcs  qu'ilz  portent  en  leurs  mains,  et  en  espe- 
cial  ses  gens  qui  ont  esté  avecques  lui  bien  xxxvi  ans  et  qui  n'en- 
trèrent oncques  en  citez  ne  en  logiz,  maiz  toujours  sont  logiez  aux 
champs. 

XII.  Des  richesses  Ternir  Bey. 

Nulz  ne  scet  le  nombre,  ne  le  pois,  ne  la  mesure  qu'il  prent  des 
citez  et  de  toutes  ses  terres,  et  les  despoille  et  les  envoyé  en  sa  cité 
de  Semercant.  En  semblable  manière,  il  ly  envoyé  tout  ce  qu'il 
puet  lever  de  gabelles  de  toutes  ses  provinces;  et,  quant  est  des  choses 
précieuses,  je  le  croy  et  si  le  dit  on,  que  nul  seigneur,  tant  soit  grant, 
ne  tirant,  ne  autre,  ne  pourroient  finer  autant  comme  lui.  Et  encores 
plus  que  tous  les  trésors  qui  sont  mussiez  dessoubz  terre,  par  toutes 
ses  provinces,  il  a  fait  quérir  et  trouver  et  les  a  euz  ;  et,  l'an  qui  est 
passé,  on  dit  qu'il  trouva  un  balay  qui  poise  cent  et  xvii  saix,  dont 
les  vr  saix  font  une  once  de  cest  paiz  ^. 

Apres,  quant  il  ot  prins  la  cité  de  Baldach,  il  trouva  au  fons  du 
fleuve  de  Eufratc  une  nef  où  estoit  tout  le  trésor  et  les  joyaulx  de 

1.  La  version  latine  donnée  par  la  Ckronographia  regum  Francorum  ajoute 
au  nombre  des  éléphants  le  détail  suivant  :  «  xl^  elephanlibus  casteliis  ligneis, 
bclialdiibiis  gariiilis,  in  preiiis  porlantibus.  » 

2.  Pendant  que  Tainerlan  était  devant  Bagdad,  c'est-à-dire  en  1401,  soit  ua 
an  avant  le  voyage  de  l'archevj^que  do  Sullanich,  l'émir  Moussa  apporta  à 
Taraerlan,  d'après  Cheref-Eddin,  «  un  morceau  de  rubis  balai  du  poids  de  cent 
vingt  médicales,  tiré  de  la  mine  de  Bedakchan  »  [Vie  de  Timur  Bec,  Irad. 
Pelis  de  la  Croix,  l.  III,  p.  367). 


MÉMOIRE   SUR  TAMERLAN   ET   SA   COUR,  454 

tous  les  roys  de  Perse'  ;  et  y  trouva  un  arbre  d'or  très  pur  et  très 
fîn^,  et  avoit  en  ce  trésor  un  jardin  d'or  où  esloient  pierres  précieuses 
de  diverses  couleurs  et  de  divers  noms,  et  y  avoit  perles  fines  sans 
nombre  telles  que  oncques  on  ne  vit  meilleurs  ne  les  pareilles  qui 
feussent  de  si  très  grant  valeur  ne  de  si  grant  pris.  Et  toutes  ses 
choses  il  envoya  à  Semercant,  où  il  a  xvin  palaiz  très  grans^,  tous 
plains  de  trésors,  dont  nui  si  ne  pourroit  soufflsamment  parler. 

XIII.  De  la  bénignité  Ternir  Bey  et  sa  très  grant  cruaulté. 

Il  est  ainsi  que  quant  il  boit  du  vin  il  est  bénigne  et  libéral  ;  mais 
cecy  il  le  fait  à  tart,  c'est  assavoir  de  boire  vin;  toutesfoiz,  quant  il 
n'est  pas  cruel,  si  tient  il  justice,  et  pour  cause  de  sa  justice  est  il 
escript  en  son  seel  deux  foiz  :  «  Veritas  »  en  langaige  de  Perse ''.  Il 
est  aussi  avecques  ses  amis  et  ses  ambaxiateurs  assez  bénigne  et 
especialement  à  ceulx  qui  viennent  de  loingtain  pais;  aux  autres 
qui  feroient  aucune  chose  contre  lui  ou  qui  contrediroient  sa  vou- 
lenté  il  est  très  cruel  et  les  fait  mourir  de  cruelle  mort  et  leur  fait 
souffrir  divers  tourmens;  ne  il  ne  regarde  point  les  condicions  des 
personnes,  ne  leur  dignité,  ne  la  foy  et  par  especial  aux  Sarrazins; 
et,  comme  l'en  dit,  les  Sarrasins  si  ont  esté  par  lui  destruiz  bien 
jusques  à  la  quarte  partie  et  sont  mors  de  diverses  manières. 

1.  Cheref-Eddia  ne  dit  pas  que,  lors  du  premier  siège  de  Bagdad,  Tamerlan 
ait  découvert  le  trésor  du  sultan  Ahmed  Gelaïr  dans  le  Tigre  ou  dans  l'Euphrate  ; 
il  raconte  qu'il  en  trouva  une  partie  dans  le  palais  à  Bagdad  et  que  le  reste 
tomba  entre  ses  mains  avec  le  bagage  du  vaincu  au  bord  de  l'Euphrate  {His- 
toire de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  II,  p.  227  et  228).  Mais  il  est 
bien  possible  que,  lors  du  second  siège,  en  1401,  il  ait  trouvé  le  trésor  dans 
le  Tigre,  car  le  bateau  par  lequel  Ferudge,  le  gouverneur,  avait  essayé  de 
s'enfuir,  fit  naufrage  (Ibid.,  t.  III,  p.  370). 

2.  Cet  arbre  est  probablement  celui  que  Ruy  Gonçalez  de  Clavijo  vit  chez  la 
première  femme  de  Tamerlan. 

3.  Cheref-Eddin  parle  de  douze  jardins  que  Tamerlan  avait  hors  de  la  ville 
de  Samarcande  et  qu'il  réunit  en  un,  auquel  il  donna  le  nom  de  Baghi  Behich  ou 
jardin  du  Paradis  {Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  298). 

4.  Ahmed-ben-Arabschah  dit  que  la  légende  du  sceau  de  Tamerlan  porte  deux 
mots  :  Rasti,  resti,  qu'on  peut  interpréter  par  Veritas,  salus.  Cheref-Eddin  con- 
firme cette  assertion.  Sur  l'empreinte  du  sceau  appliqué  sur  la  lettre  remise  à 
Charles  VI,  Silvestre  de  Sacy  a  cru  reconnaître  un  signe  de  réduplication  de 
l'écriture  arabe;  peut-être  faut-il  expliquer  ainsi  la  répétition  du  mot  veritas 
que  l'on  trouve  ici,  à  moins  que  l'archevêque  de  Sultanieh,  trompé  par  la  res- 
semblance du  mot  resti  avec  rasti,  ne  l'ait  pas  distingué.  Ruy  Gonçalez  de 
Clavijo  dit  de  son  côté  que  la  légende  du  sceau  ne  comportait  que  le  mot 
veritas. 


452  MÉuoiaE  SDK  tâmerlân  et  sa  code. 

XIIII.  De  la  vie  Ternir  Bey  et  de  son  estât  et  de  tous  les  siens. 

Sa  vie  et  son  estât  si  est  qu'il  se  loge  tousjours  en  plains  champs 
en  tentes  de  fines  soies;  car  la  multitude  de  son  peuple  si  est  si  grant 
qu'ilz  ne  pevent  habiter  es  citez,  Toutesfoiz  toutes  choses  qui  leur 
sont  neccessaires  on  leur  apporte  et  si  achatent  et  vendent  aussi  comme 
font  les  marchans  es  citez  ;  et  en  y  a  un  très  grant  nombre  en  son 
ost  qui  font  apporter  les  vitailles  de  très  loingtain  païs  pour  vendre, 
et  mesmes  illec  ilz  achètent  les  hommes  et  despoilles  et  toutes  autres 
choses;  maiz  une  chose  y  a,  car  ilz  sont  vestus  de  très  beaux  draps 
de  soye  et  de  fins  draps  de  laine,  combien  qu'ilz  sont  chiers  ;  et  en 
leur  chief  ilz  portent  tiex  chappeaux  comme  faisoit  l'empereur  de 
Gonstantinoble^  excepté  quMlz  n'ont  point  pierres  précieuses  par 
dessus  s'ilz  ne  sont  grans  maistres  ;  et  si  portent  autres  chappeaux 
rons  fais  en  manière  de  coqullez^  de  Turquie.  Item  ilz  menguent  sus 
terre  sans  table  et  sans  touaille  et  sont  assez  ordement.  Toutesfoiz 
ilz  ont  grant  habondance  de  chars  et  de  ris,  et  les  Tartres  ne  menguent 
gueres  de  pain,  ne  ilz  ne  leur  en  chault,  mais  les  estrangers  en  pevent 
bien  mengier  s'ilz  veulent,  car  ilz  en  treuvent  en  habondance.  Et, 
quant  est  du  vin,  il  est  dcffendu  en  toute  sa  cour  que  nul  si  n'en 
boive,  fors  les  Ghristiens^,  qui  en  puent  boire  à  leur  disner  tant  seu- 
lement et  non  plus;  car,  après  le  disner,  s'ilz  ont  soif,  il  faut  qu'ilz 
boivent  de  l'eaue  ou  du  lait  de  jument,  confist  en  telle  manière  qu'il 
enyvre  comme  feroit  vin.  Et  si  ont  un  autre  buvrage  qui  font  de  mil 
et  est  fait  comme  servoise  et  enyvre  comme  feroit  vin. 

Il  est  aussi  deffendu  en  sa  court  que  nul  ne  tiengne  ne  sueffre 
femme  deshonneste,  et  a  chascun  sa  femme  et  son  estât  avecques  soy. 
Les  femmes  chevauchent  en  la  manière  des  hommes  et  si  ont  habis 
honnestes  et  en  chevauchant,  on  ne  leur  voit  fors  le  nefz  et  les  yeux  ; 
et  si  seroit  grant  honte  aux  femmes  se  ilz  ne  portoient  brayes.  Leurs 
visaiges  sont  gros  et  Tartaresques  et  vivent  communément  comme  les 
autres  et  sont  de  la  secte  des  Sarrazins. 

Or  Temir  Bey  si  mengue  tout  seul  en  vaisseaux  d'or  et  d'argent 
et  de  ses  viandes  il  en  fait  donner  à  ses  vassaulx,  ses  princes,  aux 

&■■ 

1.  «  Et  super  capita  sua  portant  capucia  qucmadmodum  iraperator  Constan- 
tinopolilanus  Parisius  ulliino  portabat,  »  dit  la  version  latine  donnée  par  la 
Chronographia  regum  Francorum. 

2.  Toquez,  dans  le  ins.  franc.  5624. 

3.  Ruy  Gonçalez  de  Clavijo  montre,  au  contraire,  que  toute  la  cour  se  gor- 
gcait  de  vin. 


MÉMOIRE  SUR  TAMERLAN   ET   SA   COUR.  453 

nobles  et  ambaxiateurs,  et  si  menguent  tous  à  terre  ne  nul  n'est  si 
hardi  de  aler  environ  lui  ne  près  de  luy  s'il  n'est  appelle.  Aussi  ses 
filz  et  les  barons  se  tirent  loing  de  lui  en  grant  paour  si  ne  les 
appelle,  ne  nul  ne  se  siet  près  de  luy. 

XV.  Comment  Ternir  Bey  traite  ceulz  qu'il  a  pris. 

Quant  il  veult  despoillier  une  terre,  il  fait  lever  une  baniere  noyre 
et  va  chascun  à  la  despoille  de  la  terre  et  tous  les  greigneurs  hommes 
et  femmes  de  la  terre,  ilz  les  tourmentent  de  divers  tourmens  pour 
avoir  les  rençons  et  les  biens  de  la  terre.  Les  petis  enfans  et  les 
femmes  ilz  les  prennent  ;  les  uns  les  vendent,  les  autres  les  tiennent 
esclaves  et  les  envoyent  en  leurs  citez.  Les  autres  ilz  mainent 
avecques  eulz  en  grant  misère  et  servitute  tous  nudz  et  tristes  et 
moult  en  y  a  qui  meurent  de  fain  et  de  froit.  Et  cecy  ilz  font  aux 
Crestiens  comme  aux  Sarrazins,  dont  cecy  est  bien  à  noter. 

XVL  Des  ordonnances  des  batailles  Ternir  Beij. 

Son  ordonnance  si  est  tele  que,  sans  parler,  mais  par  leurs  signes, 
chascun  scet  ce  qu'il  demande.  Il  a  aussi  ordonné  millions  et  cente- 
naires et  doyens  \  et  par  son  commandement,  sur  painne  de  la  teste, 
nul  si  ne  trespace  l'ordre  qui  lui  est  donnée.  Gest  icy  a  avecques  soy 
moult  de  chevalereux  hommes  et  hardis,  vaillans  en  armes,  lesquielx 
ont  esténourriz  de  leur  jeunesse  avecques  lui  et  ont  accoustumez  de 
toujours  logier  aux  champs  sans  entrer  dedens  les  citez  et  che- 
vauchent tousjours  :  ne  il  ne  leur  chault  ne  de  froit  ne  de  chaleur 
quelconques. 

Item,  il  est  de  teles  condicions  que  en  ses  batailles,  quant  aucun 
est  navré  par  devant,  il  lui  fait  grant  honneur,  et  cellui  qui  est  navré 
par  derrière  il  le  mesprise^.  Il  honneure  moult  les  preux  et  les  har- 
diz  et  leur  fait  de  grans  dons.  En  après,  en  ses  batailles  qu'il  fait 
contre  ses  anemis,  quant  il  voit  que  ses  anemis  sont  plus  fors  que 
lui,  il  se  musse  es  vallées  ne  il  ne  suefTre  que  nul  s'enfuie;  et,  quant 

1.  Tchinguiz-Khan  avait,  le  premier,  discipliné  ses  hordes  tartares  en  les 
divisant  en  corps  de  10,  de  1,000  et  de  10,000  hommes;  dans  l'armée  de  Tamer- 
lan,  on  appelait  celui  d'entre  eux  que  dix  hommes  désignaient  pour  leur  chef 
oun-bachi;  dix  oun-bachi  choisissaient  parmi  eux  un  euz-bachi,  et  dix  euz- 
buchi  un  minrj-bachi. 

2.  Un  de  ses  officiers,  ayant  fait  preuve  de  lâcheté  dans  un  comhat,  fut 
bâlonné,  comme  le  portait  une  loi  de  Tchinguiz-Khan,  puis  lié  à  la  queue  d'un 
âne  (Cheref-Eddin,  Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  1. 1,  p.  234). 


454  MÉMOIRE   SCR   TAMEELAN   ET   SA  COUR. 

il  voit  que  ses  anemis  ne  se  donnent  garde  de  luy,  adoncques  il 
enfondre  sur  eulx  soudainement  et  leur  queurt  seure.  Et  en  petit  de 
temps  il  fait  grant  chemin  et  en  peu  de  jours  et  a  de  grans  estudes 
et  très  grans  ordonnances  et  fait  aucunesfois  de  grans  déceptions 
pour  son  bien.  Et  briefment,  en  quelconques  lieu  qu'il  ait  esté 
jusques  à  présent,  il  a  tousjours  vaincu,  ne  nul  si  ne  lui  puet 
résister. 

Item  ledit  Ternir  Bey  ala  en  Sabastre  en  une  grosse  ville  qui  estoit 
au  Turc,  entre  Turquie  et  Arménie^;  il  demoura  xi  jours  devant 
ladicte  ville,  dont  il  fist  faire  en  v  jours  une  tour  près  des  murs,  par 
laquelle  il  veoit  par  toute  la  ville.  Et,  quant  ceulx  de  la  ville  virent 
qu'ilz  estoient  pcrduz,  ilz  se  rendirent  à  lui  par  tel  part  qu'il  leur 
promist  qu'il  ne  leur  feroit  point  de  sang;  et,  tantost  qu'il  futdedens 
la  ville  et  ot  pris  toutes  les  richesses,  il  prist  tous  les  hommes, 
femmes  et  enfans,  excepté  les  Grecs  ^,  et  les  fist  enfouir  tous  vifz, 
armez  et  vestus  ainsi  qu'ilz  estoient,  jusques  au  nombre  de  xxxvi  mile 
ou  environ. 

Et  de  là  se  parti  ledit  Ternir  Bey  et  s'en  ala  sur  la  rivière  d'Eu- 
frate,  qui  est  une  moult  grosse  rivière,  et  là  fist  faire  en  v  jours  tant 
de  vaisseaux  et  de  passaiges  ^  qu'il  passa  ses  gens  en  moins  de  deux 
jours  et  dgni,  qui  estoient  plus  de  million  et  demi'*.  El,  quant  il  fut 

1.  Tamerlan  entra  sur  le  territoire  de  Bajazet  le  1"  septembre  1400.  Cheref- 
Eddin  donne  sur  les  fortifications  de  Sebaste  ou  Sivas  des  détails  curieux.  Il 
ajoute,  comme  notre  texte,  que  les  assiégeants  élevèrent  une  plate-forme  plus 
haute  que  la  ville  {Histoire  de  Timur  Bec,  Irad.  Petis  de  la  Croix,  t.  III,  p.  266 
et  267).  D'après  l'historien  persan,  le  siège  dura  au  moins  dix-huit  jours.  Le 
Bavarois  Schillberger,  qui  avait  été  fait  i)risonnier  à  Nicopolis,  parle  en  ces 
termes  du  début  de  cette  guerre  :  «  Als  bald  das  der  Tiimerlin  vernara,  da 
nam  er  zu  im  zehenhuudert  luseiit  Man  und  zoch  in  das  Kiingreich  zu  Sebast 
und  legt  sich  fur  die  Hoptstat  und  lag  xxj  Tag  davuor...  »  {Reisen  des  Johan- 
nés  Schillberger  ans  Miinchen  in  Europa,  Asia  und  Afrika  von  1394  625  1427, 
herausgegeben  von  Karl  Friedrich  Neumann.  Miinchen,  1859,  p.  71). 

2.  Cheref-Eddin  prétend  au  contraire  que  Tamerlan  épargna  les  Mahométans; 
mais  les  Arméniens  qui  avaient  défondu  la  ville  contre  ses  troupes  furent  jetés 
dans  des  i)Hils  que  l'on  combla  aussilôl  {Ibid.,  p.  268).  Schillberger  confirme 
cette  version  :  a  Und  waren  doch  fiuifl'  lusent  Man  in  der  Slatt  die  der  Weyasit 
dahin  hett  geleit  raisigs  Volks.  Und  die  ^^'urden  ail  lebendig  begraben  »  (Rei- 
sen des  Johannes  Schillberger  ans  Miinchen  in  Europa,  Asia...,  herausgege- 
ben von  K.  F.  Neumann,  p.  71). 

3.  Le  ms.  fran(^.  5624  subsliluc  à  ces  deux  mots  ceux  de  barches  et  de  pus- 
sagiers. 

4.  Le  même  ms.  donne  la  leçon  incomplète  :  A'K". 


MÉMOIRE   SDR  TAMERLAN   ET   SA   COUR.  455 

passé,  il  s'en  ala  devant  Halep',  qui  est  une  moult  grosse  ville  et 
cité,  assise  sur  une  moult  haute  roche,  et  là  trouva  tout  le  povoir  du 
Soudan  qui  s'estoit  bouté  dedens  et  lui  sembla  qu'il  ne  povoit  prendre 
celle  ville  se  ce  n'estoit  par  grant  barat.  Si  demoura  Ternir  Bey 
III  jours  devant,  et  le  quart  jour  se  desloga  la  plus  grant  partie  de 
ses  gens  et  se  ala  mettre  derrière  une  grant  montaigne  à  deux  lieues 
de  Halep2  et  laissa  son  filz  à  tout  xxx  mile  hommes  devant  Halep, 
et  lui  commanda  que,  tanlost  que  la  puissance  du  Soudan  vendroit 
sur  lui,  qu'il  escarmouchast  un  pou  et  tantost  s'enfouyst.  Si  le  fîst  son 
dit  filz  par  l'espace  de  iti  jours,  que  tantost  que  la  puissance  du  sou- 
dan,  qui  estoit  grant,  venoit,  il  se  deffendoit  un  pou  et  puis  tantost 
s'enfuyoit;  et  le  quart  jour  fut  l'escarmouche  moult  grant  entre  eulz 
et  tantost  s'enfoy  plus  fort  quMl  n'avoit  acoustumé;  et  ceulx  du  sou- 
dan  le  chassèrent  si  loing  que  le  père  qui  estoit  en  aguet  derrière 
une  montaigne  les  vint  enclorre  entre  la  ville  et  son  filz^  et  là  furent 
mors  des  gens  du  Soudan  bien  environ  xiiii  mile,  et  puis  prist  la  ville 
à  son  plaisir  et  la  pilla,  et  roba  et  occist  la  plus  grant  partie  de  ceulx 
qui  y  estoient  demeurez. 

Item  s'en  ala  ledit  Temir  Bey  de  là  à  Damas  et  mist  le  siège  devant  la 
ville  et  y  demoura  xi  jours  et  mina  les  murs  de  la  ville  en  plusieurs 
lieux,  tant  que  ceulx  de  la  ville,  voians  qu'ilz  ne  se  povoient  plus 
tenir,  se  rendirent  à  lui,  et,  tantost  qu'ilz  se  furent  rendus,  il  flst  crier 
que  tous  les  prestres  de  la  loy  et  les  cadis  se  retraissent  en  la  mais- 
tresse  église  de  la  ville  ;  et  ce  ilz  le  firent  moult  volentiers,  comme 
ceulz  qui  cuidoient  estre  sauvez.  Et,  sitost  comme  il  fut  dedens  la  ville, 
il  fist  bouter  le  feu''  en  la  grant  église  et  ardoir  tous  lesdis  prestres  et 
les  cadis,  et  y  furent  ars  jusques  au  nombre  de  viii  à  ix  mile  per- 
sonnes, et  se  y  estoit  mis  pluseurs  autres  en  guise  de  cadis  pour 
cuidier  estre  sauvez,  qui  furent  tous  ars  comme  les  autres.  Et  dient 

1.  L'armée  de  Tamerlan  parut  devant  Alep  le  8  novembre  1400;  la  ville  était 
défendue  au  nom  du  sultan  d'Egypte  par  Temourlach  ;  elle  fut  enlevée  trois 
jours  après,  le  11  novembre. 

2.  «  Hallap,  »  écrit  Schiltberger,  «  die  vierbundert  tusent  Hiiser  betl...  » 
(Reisen  des  Johannes  Schiltberger,  p.  74). 

3.  Une  manœuvre  de  Tamerlan,  racontée  par  Cheref-Eddin  (Vie  de  Timur 
Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  III,  p.  293),  rendit  les  Syriens  très  imprudents. 
L'archevêque  de  Sultanieh  fait  probablement  ici  une  confusion,  car  la  sortie 
des  assiéj^és  qu'il  rapporte  se  fit  au  siège  de  Damas. 

4.  Le  feu  fut  mis  à  Damas  le  29  mars  1400,  après  un  pillage  épouvantable; 
la  mosquée  des  Oumiades  fut  entièrement  consumée.  C'est  à  cet  incendie  qu'il 
est  fait  allusion  ici. 


456  MEMOIRE  SUR  TAMERLAN   ET  SA  COUR. 

les  marchans  qui  estoient  avec  lui  qu'il  envoia  en  son  pais  viii  cens 
chameulx  chargiez  d'or  et  d'argent,  de  pierrerie  et  d'autres  bonnes 
bagues  <. 

Et  au  partir  de  là  s'en  ala  en  un  pais  qui  se  appelle  Baudach,  du 
grant  califfe  qui  est  en  Perse 2,  et  se  mist  devant  la  cité  de  Baudach 
et  y  demoura  lx  jours  :  car  la  cité  dure  deux  grans  journées  de  tour, 
et  le  tenoient  tousjours  en  traictié;  lequel  traictié  ilz  rompirent;  dont 
Ternir  Bey  en  fut  courroucié  et  fist  tant  qu'il  prist  la  ville  par  force 
et  fist  mourir  tous  les  gens  de  la  ville  sanz  en  eschapper  nul  qui 
venist  à  congnoissance  ;  et  puis  fist  crier  en  son  ost  que  toutes  les 
testes  feussent  apportées  en  une  grant  place  qui  est  ou  milieu  de  la 
ville  et  là  fist  faire  une  tour  desdictes  testes  de  plus  de  v  toises  en 
carreure  et  moult  haulte^;  et  estoient  lesdictes  testes  les  visaiges 
regardans  dehors  :  qui  fut  une  des  grans  cruaultez  dont  oncques 
hommes  oist  parler.  Et  là  trouva  tant  de  trésor  que  nul  ne  le  pour- 
roit  nombrer,  qu'il  envoia  en  son  païs. 

Item,  quant  ledit  Temir  Bey  est  venu  en  Burse  après  la  desconfî- 
ture  du  Turc,  aucuns  des  maistres  de  la  loy  des  Juifs  lui  vindrent 
audevant,  disans  qu'ilz  ne  creoient  fors  en  Dieu  le  grant  et  creoient 
telle  créance  comme  lui  meismes  avoit.  Et  il  leur  respondi  que  leur 
loy  estoit  bonne  et  leur  commanda  qu'ilz  s'en  allassent  mettre  en 
leur  maistresse  église  et  leurs  femmes  et  leurs  enfans  afin  que  on  ne 
leur  feist  nul  mal;  et  ainsi  le  firent  à  grant  joie  et  alerent  avec  eulx 
plusieurs  pour  cuidier  estre  sauvez  ;  et,  sitost  comme  il  fut  dedens  la 
ville,  il  fist  fermer  la  porte  des  Juifs  et  les  fist  tous  ardoir.  Et  maintes 
autres  enfances  a  faites  qui  seroient  trop  longues  à  raconter  et  dit 
en  ses  salvations  que  le  saint  prophète  lui  commande. 

1.  On  enleva  tant  de  richesses,  dit  Cheref-Eddin,  que  tous  les  chevaux, 
mulets  et  chameaux  qu'on  avait  assemblés  depuis  Sivas  jusqu'à  Damas  ne 
lurent  pas  suffisants  pour  les  porter  (  Vie  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix, 
t.  III,  p.  344). 

2.  Bagdad  appartenait  au  sultan  Ahmed  Gelaïr.  Tamerlan  s'était  une  première 
fois  mis  en  marche  contre  celte  ville  le  3  octobre  1393,  devant  laquelle  il  avait 
paru  le  10  octobre.  Il  s'empara  de  cette  ville  pour  la  seconde  fois  en  1401,  et 
c'est  de  ce  second  siège  que  parle  l'archevêque  de  Sultanieh,  qui  observe 
très  exactement  l'ordre  des  faits. 

3.  Cheref-Eddin  renonce  à  estimer  le  nombre  des  têtes  que  l'on  coupa  à  la 
prise  de  IJagdad  (23  juillet  1401.  —  Vie  de  Timur  Bec,  trad.  Pclis  de  la  Croix, 
t.  III,  j).  370).  Ahmed-Bcn-Arabschali  dit  (ju'on  en  trancha  'J0,000  et  qu'on  en 
éleva  des  tours  comme  on  l'avait  fait  à  Ispahan. 


I 


MÉMOIRE   SDR  TAMERLAN   ET   SA   CODR.  437 

XVII.  De  la  troinperie  que  Vempereur  nommé  Edigny 
fist  à  Ternir  Bey. 

Ilem,  Ternir  Bey  envoiadeux  ans  à,  ou  environ,  devers  un  empe- 
reur de  Tartarie,  nommé  Edigny,  ses  ambasseurs,  et  est  cest  empe- 
reur seigneur  des  Tartres  blans  et  a  nom  sa  maistresse  ville  Sorcale^, 
laquelle  est  à  xviii  mile  de  Gapha^;  et  puet  bien  mettre  sus  cent  et  cin- 
quante mille  hommes  à  cheval  et  demandèrent  lesdiz  ambasseurs  la 
fille  dudit  empereur  pour  le  fîlz  Temir  Bey  et  il  leur  accorda^;  maiz 
il  s'excusa  et  dit  qu'il  n'avoit  pas  assez  joiaux  ne  finance,  tant  comme 
il  appartenoit  à  femme  de  si  grant  seigneur  comme  le  filz  de  Temir 
Bey  et  leur  dist  qu'il  deissent  à  leur  seigneur  qu'il  envoiast  lesdiz 
joiaux  et  autres  choses  neccessaires  pour  la  mettre  en  grant  estât  et  des 
plus  notables  de  son  hostel  pour  la  venir  quérir  ;  lesquieulx  ambas- 
seurs firent  leur  rapport  comme  il  leur  estoit  enchargié.  Et,  quant  ilz 
orent  parlé  à  leur  maistre,  il  fut  bien  content  et  tantost  envola 
XXV  chameulx  chargiés  d'or,  d'argent,  de  joiaux  et  de  draps  de  soie 

1.  Probablement  Sudak  en  Crimée  et  sur  la  mer  Noire. 

2.  Kaifa,  sur  la  côte  méridionale  de  la  Crimée. 

3.  J'ignore  si  toute  cette  histoire  est  vraie,  car  Cheref-Eddin  n'en  dit  rien  ; 
mais  il  ne  faut  pas  oublier  que  l'auteur  persan  est  un  panégyriste  outré  de 
Tamerlan  :  or,  on  s'explique  qu'il  ait  évité  de  faire  allusion  à  un  épisode  où 
Tamerlan  est  parfaitement  ridicule.  J'ajouterai  que  l'exactitude  ordinaire  de 
l'archevêque  de  Sultanieh  et  la  précision  de  la  date  qu'il  donne  feraient  con- 
sidérer son  récit  comme  assez  vraisemblable;  Ruy  Gonçalez  de  Clavijo,  dans 
les  quelques  mots  qu'il  consacre  à  cette  affaire,  ne  dit  rien  d'incompatible  avec 
notre  récit.  L'empereur  Edigny  dont  il  est  ici  question  est  Idecou,  empereur 
de  Capchac;  ce  souverain,  en  1403,  envoya  bien  une  ambassade  à  Tamerlan; 
Cheref-Eddin  la  mentionne,  et  une  attention  de  ce  genre  peut  paraître  singu- 
lière si  l'on  songe  à  l'affront  infligé  si  récemment  par  l'empereur  de  Capchac  à 
son  redoutable  voisin.  Cheref-Eddin  ne  mentionne  qu'un  fait  qui  puisse  rap- 
peler celui  auquel  fait  allusion  notre  prélat.  Ysouf  Sofi,  souverain  de  Carezem, 
à  qui  Tamerlan  avait  fait  demander  sa  nièce  pour  un  de  ses  fils,  refusa  une 
première  fois  d'envoyer  la  princesse  :  elle  s'appelait  Sevin  Beï,  dite  Canzadé  ; 
mais  il  serait  faux  de  croire  qu'Ysouf  Sofi  ait  provoqué  de  la  part  de  Tamer- 
lan une  ambassade  spéciale  et  qu'il  l'ait  retenue  au  mépris  du  droit  des  gens; 
au  contraire,  le  mariage  de  Canzadé  avec  le  Mirza  Gehanghir  fut  célébré  en 
grande  pompe  en  1373  (Cheref-Eddin,  Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la 
Croix,  t.  I,  p.  239  à  251).  Il  est  nécessaire  d'ajouter  que,  malgré  cette  alliance 
de  famille,  Ysouf  Sofi  ravagea  le  pays  de  Buchara  et  mit  en  prison  deux  envoyés 
de  Tamerlan  {Ibid.,  p.  295).  Quant  à  Edigny  ou  Ediguy,  dont  Ruy  Gonçalez  de 
Clavijo  raconte  l'origine,  il  avait  renversé  Tocatmich  Aglen  du  trône  de  Capchac. 


438  MÉMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET  SA   COUR. 

moult  riches  et  aussi  viiH  des  plus  grans  barons  de  son  ost  qui 
menoient  grant  estât. 

Et,  quant  ilz  furent  devers  Tempereur  Edigny,  il  prist  l'or,  l'argent, 
joiaux  et  tout  ce  que  ilz  portoient  et  les  barons  aussi,  et  les  mist  en 
prison  et  en  ot  grant  argent  et  n'envoya  pas  sa  fille  à  Ternir  Bey, 
dont  il  fu  si  courroucié  que  plus  homme  ne  pourroit  estre,  disant 
que  oncques  mais  homme  ne  l'avoit  trompé  si  bien  que  cestui.  Et 
dist  en  son  langage  que  le  vulpe  a  engigné  la  vulpe  ^  et  que  oncques 
mais  n'avoit  esté  fol  que  à  celle  foiz  ;  et  dist  que  c'est  la  chose  du 
monde  qu'il  a  plus  à  cuer  et  que  jamais  il  ne  sera  liez  jusques  à  ce 
qu'il  s'en  soit  vengié. 

Et  feroit  ledit  Temir  Bey  moult  de  choses  plus  qu'il  ne  fait  main- 
tenant, maiz  il  n'ose  esloingnier  le  pais  de  Perse  pour  un  plus  grant 
seigneur  Tartre  que  lui,  qui  a  deux  foiz  plus  grant  puissance  que 
lui  ou  au  moins  tant  et  demie  et  se  nomme  Tamyrasac,  seigneur  de 
Balasan,  combien  que  ledit  Temir  Bey  en  son  tiltre  s'en  appelle 
seigneur  :  mais  Tamyrasac  en  occupe  la  seigneurie.  Et  dient  aucuns 
que,  s'ilz  esloient  d'accort,  ilz  seroient  assez  pour  confondre^  tout  le 
monde. 

XVIII.  Comment  Temir  Bey  descon/ist  et  prist  le  Grant  Turc. 

Pour  ce  qu'il  estoit  plus  puissant  en  nombre  et  en  prouesse  de  gens, 
voult  il  ordonner  rengés  de  batailles  et  tout  à  l'environ  des  mon- 
taignes  et  valées,  et  derrière  il  mist  sa  grosse  bataille  et  tout  son  ost. 
Le  Turc  qui  lui  cuidoit  résister  "*  si  ordena  de  ses  gens  iiii  batailles, 
et,  quant  fut  à  l'aprochier,  le  cappitaine  de  la  première  bataille  du 
Turc,  qui  ot  paour  du  peuple  qu'il  vit,  se  mist  tantost  à  la  fuite  avec 
toutes  ses  gens^  :  et,  quant  le  Turc  si  le  vit,  il  le  voult  faire  retour- 

1.  Le  ms.  franc.  5624  écrit  vint. 

2.  Cheref-Eddin  rapporte,  à  propos  d'un  complot  dont  Taraerlan  avait  été 
avisé  :  «  Un  renard  peut-il  bien  faire  sa  proye  d'un  lion?  »  (Histoire  de  Timur 
Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  173). 

3.  Le  ms.  franc.  5624  donne  le  root  combatre. 

4.  Le  Bavarois  Schillberger  estime  de  la  façon  suivante  le  nombre  des  troupes 
en  présence  de  part  et  d'autre  :  «  Und  da  derTanierlin  hort  das  im  der  Weya- 
sit  das  obgenant  Land  hetl  abgewunnen,  da  zoch  cr  uff  in  mit  sechtzehen 
hunderl  lusent  Manncn.  Und  do  das  der  Weyasit  borl,  da  zocli  er  im  engcgen 
mil  vicrtzehenbundert  tusen  Mannen.  Und  sie  kamen  zu  cinander  by  einer 
Slatt  gehaisen  Angury  »  {Reiscn  des  Johannes  Schillberger...,  p.  72  et  73). 

5.  «  Und  bclt  der  Weyasit  wol  dryssig  lusent  Man  von  den  wisen  Tararien 


MÉMOIRE   SOR   TAMERLAN   ET  SA  COUR.  459 

ner  ;  maiz  il  ne  lui  voult  obéir  et  s'enfouy  à  toute  sa  gent.  Si  fist 
adonc  le  Turc  aprocher  la  n^  bataille,  laquelle  se  corabali  moult  fort, 
mais  pour  la  force  des  gens  Ternir  Bey,  plusieurs  et  grant  foison  des 
Turcs  furent  mors,  et  fut  estimé  et  nombre  qu'il  en  morut  bien 
XV  mille  Turcs.  Vint  adonc  la  iii^  bataille  du  Turc,  en  laquelle  les 
fîlz  du  Turc  si  se  combatirent,  tant  que  plusieurs  en  moururent  et 
les  autres  s'enfouirent.  Voiant  cecy  le  Turc,  il  fist  venir  la  iiii^  bataille 
et  lui  en  propre  personne  ;  et,  quant  il  vit  sa  desconfîture,  il  voult 
fouir,  mais  il  ne  pot  parcequMl  estoit  tout  environné  de  ses  adver- 
saires. Et  ainsi  fut  il  prins  à  un  vendredi  xxviii^  jour  de  juillet^  à 
xxiiii  heures  ;  et  fu  estimé  et  nombre  que  d'une  partie  que  d'autre 
il  en  mourut  bien  xl  mille.  Toutesfoiz,  il  en  mourut  plus  de  Turcs 
que  des  autres.  Et  s'enfouirent  plusieurs  Turcs  et  en  especial  les 
II  fllz  du  Turc,  qui  s'enfouirent  tous  nuz  sanz  armeures  et  sans 
robes  tout  de  nuit;  et  tantost  Ternir  Bey  envola  grant  partie  de  ses 
gens  en  la  maistresse  ville  du  Turc,  c'est  assavoir  à  Burse.  Et,  quant 
il  ot  pris  le  chastel,  il  fist  prendre  tout  le  trésor  du  Turc  ^  qui  estoit 
adonc  malade^  et  envoia ledit  trésor  à  Semercant  avec  grant  proie  de 
serfs  et  d'esclaves.  Et  ainsi  commença  il  à  destruire  toute  la  Turquie 
senon  aucunes  contrées  qui  sont  demourées  à  aucuns  amis  feaulx  de 
Ternir  Bey  qui  avoient  esté  avec  lui.  Et  le  grant  filz  du  Turch  si  se 
passa  en  Grece^,  où  il  a  encore  grant  gent;  et  le  menour  filz  si  est 
encore  en  Turquie,  et  le  fait  poursuir  Temir  Bey.  Qui  s'ensuivra. 
Dieu  le  sache.  Aussi  fait  Temir  Bey  qui  tout  seul  scet  son  propos  et 
non  aultre  qui  vive. 

XIX.  Des  ordonnances  que  tient  Temir  Bey  en  ses  citez 
et  par  toute  sa  terre. 

11  prent  moult  de  exacions  et  de  tailles  sur  ses  gens  et  si  voit  vou- 
lentiers  les  estrangiers  marchans  et  leur  donne  faveur,  aide  et  seurté 

die  schuffe  er  vornen  an  den  Strit.  Die  schlugen  sich  zu  dem  Temerlin  »  {Ibid., 
p.  73). 

1.  28  juillet  1402.  La  bataille  commença  vers  dix  heures  du  malin;  Bajazet 
fut  pris  dans  la  nuit  par  le  sultan  Mahmoud  Khan. 

2.  Le  Mirza  Mehemmed  Sultan  fut  envoyé  par  Tamerlan  pour  s'emparer  de 
Brousse;  mais,  malgré  toute  la  diligence  qu'il  fit,  Musulman  Chelebi,  fils  de 
Bajazet,  avait  déjà  enlevé  une  partie  du  trésor  de  son  père.  Mehemmed  Sultan 
s'empara  du  reste  et  en  même  temps  de  la  fille  de  Ahmed  Gelaïr,  le  vaincu  de 
Bagdad. 

3.  En  effet,  Musulman  Chelebi  s'embarqua  à  Nicée. 


460  MÉMOIRE   SDR   TAMERLAN   ET   SA   COUR. 

par  tout  son  pais  et  en  especial  aux  Frans  et  Crestiens.  Et  en  moult 
de  lieux  où  souloient  courir  gabelles  et  maletoutes,  il  les  a  toutes 
destruites  et  quassées  et  a  fait  son  ordonnance  qu'elle  ne  soient  paiées 
senon  es  grans  citez;  et  a  ordonné  la  seurté  des  marchans  par  plus 
grant  cautelle  :  car,  se  aucun  marchant  estoit  desrobé  par  tout  son 
païs,  tous  ceulx  du  pais  où  le  marchant  seroit  desrobé  si  lui  ren- 
droient  au  double  et  l'amenderoient  à  Ternir  Bey  de  v  foiz  plus  que 
le  marchant  n'auroit  perdu. 

Cestui  cy  a  officiers  en  tous  lieux  et  tient  la  justice  estroitement' 
et  n'a  point  de  miséricorde  de  nul  qui  facent  ofTance,  et  pour  néant 
il  occist  aussitost  le  plus  grant  comme  le  mendre  de  ses  officiers-, 
quant  ilz  accusent  aucan,  ilz  sont  condempnez  à  très  grant  somme 
d'argent;  et,  quant  ses  officiers  sont  bien  riches  et  engressiz,  il  les 
fait  paier  très  grant  finance,  et  de  cest  argent  il  fait  chascun  an  une 
congregacion,  la  charge  de  bien  c  mullez^.  De  toutes  les  autres  villes 
et  terres  il  prent  toujours  le  x^,  et  le  quart  de  toutes  les  rentes  et, 
pour  ceste  cause,  il  a  avec  soy  les  gens  de  pié  et  les  archiers. 

Or  cestui  cy  en  especial  ne  fait  à  nul  injure,  et,  se  aucun  de  ses 
gens  le  faisoit,  il  le  pugnit  très  aigrement,  combien  que  en  son 
absence  l'en  face  moult  de  inconveniens.  Les  citez  et  les  terres  il  les 
a  laissiez  à  ses  filz,  à  ses  nepveux  et  à  ses  barons  ;  ne  il  n'a  pas  la 
manière  de  paier  ses  gens  en  monnoie^,  maiz  leur  donne  terres  et 
offices.  Maiz  toutesfoiz  veult  il  que  ses  commandemens  soient  tout 
partout  gardez,  et  si  est  plus  doublé  des  siens  que  des  estrangiers. 

XX.  De  plusieurs  grans  empereurs  adversaires  de  Ternir  Bey. 

Ternir  Bey  a  ses  adversaires  principaulx  en  la  partie  d'Orient  :  le 
grant  empereur  de  Gathay*,  Ghristien  de  la  sainture,  lequel  est  en 
puissance  égal  ou  greigneur  que  lui.  Secondement,  il  a  son  adver- 

1.  Sur  l'organisation  de  la  justice  par  Tamerlan,  voir  Clieref-Eddin  [Histoire 
de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t  IV,  p.  122  et  177). 

2.  Le  ms.  franc.  12201  donne  le  cMifre  de  mille  mules. 

3.  Le  ms.  franc.  12201  écrit,  au  lieu  du  mot  monnaie,  son  correspondant 
argent  pecuniel.  Cheref-Eddin  rapporte  que,  vers  l'année  1390,  Tamerlan  gros- 
sit ses  troupes  afin  d'augmenter  les  dépenses  des  commandants  et  de  diminuer 
leurs  richesses,  qui  pouvaient  les  détourner  de  leur  devoir  (Histoire  de  Timur 
Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  II,  p.  63). 

4.  L'empereur  de  Calai  ou  de  Chine  Ilung-Woo  ou  Tangouz  Khan  envoya, 
vers  1395,  des  ambassadeurs  à  Tamerlan.  Les  ambassadeurs  castillans  virent 
ceux  de  son  petit-fils  Keen-Wan  ou  Yung-La. 


MEMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  461 

saire  Tempereur  de  Perse,  lequel  s'en  est  foui  pour  lui,  passé  à  xv  ans, 
et  maintenant  se  tient  oultre  Badach  es  parties  de  Caldée^  Il  a  en 
Egipte  le  Soudan  2  et  es  parties  de  la  grant  Tartarie  son  adversaire 
Edigny^,  qui  est  son  très  grant  ennemy.  Et  ces  iir  derrains  si  sont 
de  la  secte  des  Sarrazins.  Il  a  aussi  pluseurs  seigneurs  deçà  et  delà 
qui  sont  ses  adversaires,  qui  le  furent  et  attendent  sa  mort.  Et  ont 
en  leurs  prophecies  qu'il  doit  fenir  et  mourir  au  Caire,  combien  que 
Ternir  Bey  dit  le  contraire  et  dit  qu'il  doit  encore  vivre  pluseurs  ans. 

XXI.  Quaus  roys  et  quaus  princes  Ternir  Bey  a  avecques  luy. 

Premièrement,  il  a  avec  lui  l'empereur  de  Tartarie,  dessoubz  lequel 
il  fait  toutes  choses;  il  a  le  royMalescan,  le  roy  Corsan,  seigneurs  et 
princes  de  moult  de  pais  et  de  terres  et  foison  de  petiz  rois.  11  a  le  roy 
Aldin*,  mais  il  s'en  est  fouy.  Il  a  les  11  fîlz  de  l'empereur  de  Perse.  Il  a 
aussi  le  roy  Bocaran,  frère  du  roy  de  Gorganie,  et  l'a  fait  chastrer.  Il 
a  de  toutes  les  provinces  et  terres  qui  sont  dessoubz  lui  tous  les  grei- 
gneurs  filz  et  maistres  de  toutes  ses  terres;  il  a  tous  les  plus  souffî- 
sans  en  science  et  en  especial  en  astrologie,  en  medicine  et  nigro- 
mance,  et  tous  ceulx  qui  sont  d'aucune  valeur  ou  d'aucune  bonne 
condicion  si  sont  avec  lui  moult  honnorez.  Et  se  delicte  moult  en 
argumens  et  questions.  Et  tous  les  seigneurs  dessusdiz  il  les  traite 
bien  et  honnorablement;  aussi  fait  il  aux  ambasseurs  quant  ilz 
viennent  de  loing  pais  ;  maiz  toutesfoiz  ilz  ne  sont  pas  en  toute  leur 
liberté  ne  en  leur  puissance  :  car  il  y  a  des  roys  et  des  seigneurs  qui 
amassent  mieulx  estre  hors  de  sa  compaignie  en  plus  grant  povreté, 
que  ilz  ne  sont  avec  luy  en  grans  richesses.  Il  a  aussi  avec  luy  le 
grant  Turcq  qu'il  a  tenu  moult  honnorablement.  Et,  quant  il  s'en 
voult  fouir,  il  le  fist  lier  de  chesnes  d'or  ;  et  se  gloriffloit  moult  et 

1 .  C'est  Ahmed  Gelaïr  dont  il  a  été  question  plus  Iiaut,  et  qui  effectivement, 
peu  avant  la  bataille  d'Ancyre,  quitta  Bajazet,  auprès  duquel  il  s'était  réfugié, 
«  et  alla  du  côté  de  Chaldée,  que  l'on  nomme  Irac-Arabi  »  (Cheref-Eddin,  Vie 
de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  III,  p.  387). 

2.  Le  sultan  Farrudge,  fils  de  Barcouc. 

3.  C'est  Idecou,  empereur  de  Capchac.  Voir  quatre  pages  plus  haut. 

4.  Le  ms.  franc.  5624  écrit  ainsi  ce  nom  :  Heldin.  Il  est  probable  que  ce 
nom  désigne  Tocatmich  Aglen,  descendant  de  Tchinguiz-Khan,  à  qui  Tamerlan 
donna  à  plusieurs  reprises  les  troupes  nécessaires  à  la  conquête  du  Capchac, 
mais  qui  depuis  se  révolta  contre  son  autorité,  puis  s'y  soumit  de  nouveau 
quand  il  eut  été  détrôné  par  Idecou. 


462  MÉMOIRE    SUR   TAMERLAN   ET   SA   CODR. 

esjoissoit  avec  lui.  Il  maine  ces  seigneurs  avec  lui  pour  monslrer  sa 
magnificence. 

XXII.  De  la  foy  et  devocion  Ternir  Bey  et  de  ses  visions. 

Ternir  Bey  en  sa  foy  est  Sarrazin  <  et  chastie  et  trouble  ceulx  qui 
ne  la  tiennent;  par  especial  il  pugnist  fort  les  Sarrazins  pour  cause 
du  pechié  de  sodomie  ^  ;  car  c'est  une  chose  entre  les  autres  que  plus 
il  het.  Il  a  en  grant  indignacion  et  grant  hayne  contre  les  Ghristiens 
et  maintenent,  pour  aucunes  raisons  qu'il  a  oyes  de  frère  Jehan, 
arcevesque  de  Soltanie  et  de  frère  François^,  de  l'ordre  des  Pres- 
cheurs,  lesquelles  raisons  touchoient  la  confirmacion  de  nostre  foy, 
il  est  assez  mué  de  sa  furosité  et  mauvaistié.  Il  voit  voulentiers  les 
Ghristiens  et  leur  fait  grâces,  ne  il  ne  fait  nul  violence  quant  aux  Gres- 
tiens  et  par  especial  aux  Frans,  c^est  assavoir  aux  Latins,  et  leur  a 
concédé  et  concède  d'estre  en  son  païs  plainement  et  libéralement  et 
les  seuffre  user  de  leurs  loys  et  qu'ilz  aient  églises  et  facent  leurs 
services  comme  ilz  feroient  en  la  Grestienté,  et  par  especial  aux 
marchans. 

En  sa  devocion  il  aoure  Dieu  v  foiz  le  jour,  en  quelque  lieu  qu'il 
se  treuve,  et  fait  toutes  les  serimonies  que  font  les  Sarrazins.  Il  het 
sur  toutes  générations  les  Juifs.  Et,  aucunesfoiz,  il  faint  qu'il  a  veu 
et  oy  visions  d'anges  et  qu'il  ne  fait  ne  ne  fist  oncques  ne  ne  veult 
faire,  sinon  de  Pespecial  commandement  de  Dieu.  Et  dit  qu'il  vit  une 
foiz  une  eschielle  qui  touchoit  de  terre  jusques  au  ciel  et  qu'il  oy 
l'ange  qui  Pappella  et  lui  dist  :  «  Lieve  toy  et  monte  en  ceste 
eschielle.  »  Et  doncques  il  y  monta  jusques  au  xl"'®  degré.  Et  adonc 
l'ange  lui  dist  :  «  Descens.  »  Et  ainsi  il  descendi  en  grant  difficulté. 
Si  demanda  adonc  Temir  Bey  l'exposicion  de  ce  fait  cy  et  dist  que 


1.  Cheref-Eddin  attribue  une  grande  iniluence  à  l'amitié  qui  liait  Tamerlan 
au  chérif  Seïde  Bereké,  (|ue  l'on  disait  parent  de  Mahomet  {Histoire  de  Timur 
Bec,  trad.  Petis  de  ia  Croix,  t.  I,  p.  182  et  183). 

2.  «  Et  maxime  acriter  corrigit  Christianos  propter  peccatum  sodomie  quod 
mirabiliter  odit  super  omnia  alia  peccata,  »  dit  la  version  latine  de  la  Chro- 
nographia  regum  Francorum. 

3.  Ce  frère  François,  que  cite  aussi  l'original  de  la  lettre  de  Tamerlan,  et  à 
qui  elle  rapporte  une  première  mission  de  Charles  VI  auprès  du  Tarlare,  est 
nommé  Franciscus  Ssathru  à  la  fois  dans  les  traductions  contemporaines  aussi 
bien  de  la  missive  de  Tamerlan  que  de  celle  de  son  fils  le  Mirza  Miranschah. 


MÉMOIRE   SUR   TAMERLAN   ET   SA   COUR.  463 

l'exposicion  esl  telle  que  il  doit  dominer  et  seigneurir  par  tout  le 
monde  l'espace  de  xl  ans  et  tousjours  en  prospérité. 

Il  dit  aussi  qu'il  scet  les  pensées  et  cogitacions  des  hommes  et 
qu^elles  lui  sont  révélées  par  l'ange;  et  pour  ce  nul  si  n'ose  faire 
conseil  encontre  luy,  car  il  le  saroit  tantost  :  et  en  ceste  manière  il 
en  fait  et  a  fait  mourir  plusieurs  de  sa  compaignie.  Il  porte  grant 
honneur  aux  anciens  hommes  et  anciennes  femmes  et  leur  fait  de 
grans  dons,  ne  nul  de  sa  court  n'ose  parler  contre  les  femmes,  en 
especial  contre  les  bonnes.  Et  si  a  de  bonnes  moralités,  car  les  estran- 
giers  il  les  honnore  chascun  selon  son  estât  et  degré. 

XXIII.  De  Vaage  et  de  la  forme  Ternir  Bey. 

Il  est  de  l'aage  de  lx  et  xv  ans  ou  environ  <  et  si  a  xxx  ans  qu'il 
tient  la  seigneurie.  Et  en  ce  temps  il  a  fait  moult  de  merveilles  qui 
bonnement  ne  se  pourroient  escripre.  11  est  de  stature  moyenne  et 
a  visaige  de  Tartre,  la  barbe  blanche  espaingnole,  sain  de  corps  ; 
toutesfoiz  il  a  la  main  senestre  et  le  pié  senestre  comme  impotent  et 
ne  s'en  puet  aidier,  car  il  a  les  nerfs  coppez^.  Du  temps  qu'il  estoit 
jeunes,  il  estoit  en  batailles  et  les  ensuivoit  :  ores  il  chevauche  bien, 
mais  aucunefoiz  il  va  en  litière  à  deux  chevaulx^,  et  si  est  gardé  et 
environné  que  nul  si  n'ose  approuchier  près  de  lui  s'il  n'est  appelle. 
Et  c'est  la  fin  de  l'ordonnance  Ternir  Bey. 

Des  choses  que  Ternir  Bey  aime  moult  sus  toutes  autres. 

Premièrement,  draps  fins  et  déliez  et  especialment  de  couleur  de 
fine  graine  et  cramoysis-,  item  couleur  de  rosée;  item  fin  blanc  et  fin 
vert;  item  teles  déliées  comme  elles  sont  à  Rains;  item  branches  de 
courail;  item  l'arbre  de  coral;  item  couppes  de  cristal  et  autres  vais- 

1.  Tamerlan  naquit  en  1335  suivant  Cheref-Eddin  {Histoire  de  Timur  Bec, 
trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  203). 

2.  Tamerlan  fut  blessé  à  la  main  dans  une  rencontre  que  relate  Cheref- 
Eddin  [Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix,  t.  I,  p.  55  et  381).  Il 
paraît  en  effet  que  cette  blessure,  dont  la  guérison  exigea  un  temps  assez  long, 
le  laissa  comme  paralysé  du  bras;  de  plus  il  était  boiteux.  Stella  (Georgius) 
dit  qu'il  était  «  infirmus,  ut  dicitur,  a  cingulo  infra  »  (Muratori,  Rerum  itali- 
carum  scriptores,  t.  XVII,  colonne  1194). 

3.  Dans  son  expédition  contre  Bagdad,  il  se  flt  porter  sur  un  brancard,  au 
témoignage  de  Cheref-Eddin  {Histoire  de  Timur  Bec,  trad.  Petis  de  la  Croix, 
t.  II,  p.  222). 


464  MÉMOIRE    SOR   TAMERLAN    ET   SA   COOR. 

seaulx  aournez  d'or  et  d'argent  ;  item  vaisseaulx  d'argent  adournez 
d'esraeraudes  polies  et  ordonnées  comme  elles  sont  en  France;  item 
de  bons  caraelos  de  Ghippre;  item  aucunes  dens  de  poisson  moult 
estranges  ;  ilem  de  banquiers  comme  en  France;  item  de  nobles  tapis- 
series comme  elles  sont  en  France  ;  item  de  très  fin  et  bon  saffran  -, 
item  chevaulx  grans  et  fors  des  parties  de  par  deçà;  item  de  grant 
chiens;  ilem  de  grans  mules  d'Espaigne;  et  de  toutes  ces  choses  cy 
il  est  bien  garny. 

EXPLICIT  LES  ORDONNANCES  TeMIR  Beï. 


L'HOTEL 


DB 


PHILIPPE  VI  DE  VALOIS 


M.  Douët  d'Arcq,  dans  la  notice  placée  en  tête  de  sa  publica- 
tion des  Comptes  de  l'hôtel,  étudie  cette  administration  princi- 
palement d'après  les  ordonnances  du  xiif  siècle.  Pour  ce  qui 
est  du  xrv^  siècle,  il  ne  s'occupe  que  de  celle  de  1316,  et 
encore  seulement  afin  d'exposer  le  montant  des  dépenses  occa- 
sionnées alors  par  ce  service  ;  le  reste  est  consacré  à  l'étude  des 
comptes  qui  s'échelonnent  entre  1380  et  1481.  On  a  donc  ainsi 
une  période  de  près  d'un  siècle  pendant  laquelle  on  ne  peut,  à 
l'aide  de  documents  publiés,  étudier  les  différentes  modifications 
qui  furent  apportées  dans  l'hôtel  de  nos  rois.  Nous  voudrions, 
avec  les  ordonnances  données  à  la  suite  de  cette  étude,  combler 
cette  lacune  et  exposer  en  même  temps  l'organisation  de  ce  ser- 
vice pendant  le  règne  de  Philippe  de  Valois. 

D'abord  cette  organisation  était-elle  bien  différente  de  ce  qu'elle 
fut  sous  ses  prédécesseurs  ou  ses  successeurs?  Les  pièces  que  nous 
avons  trouvées  ne  nous  permettent  pas  de  répondre  affirmative- 
ment; les  modifications  ne  portèrent  que  sur  les  détails.  L'hôtel 
est  en  effet  toujours  divisé  en  six  offices  ou  métiers  :  la  paneterie, 
l'échansonnerie,  la  cuisine,  la  fruiterie,  l'écurie  et  la  fourrière. 
Deux  des  ordonnances  que  nous  publions,  l'une  du  commencement 
du  règne  (5  juin  1328),  l'autre  de  la  fin  (28  mai  1350),  nous 
aideront  à  déterminer  le  nombre  et  les  attrilautions  du  personnel 
de  chaque  métier. 

En  1328,  nous  trouvons  dans  la  paneterie  cinq  panetiers,  dont 
trois  devront  toujours  être  à  la  cour,  «  ii  par  devers  le  commun  * 

1.  Par  le  commun,  on  entend  les  gens  de  l'hôlel. 

4894  30 


466  l'hôtel   de   PHILIPPE   n   DE   VALOIS. 

et  un  par-devers  la  bouche*.  »  Leur  rôle  est  d'acheter  et  de  faire 
venir  le  pain.  Dans  l'ordonnance  de  1350,  par  laquelle  le  roi  res- 
treint le  nombre  de  ses  officiers  et  où  il  ne  paraît  pas  s'occuper 
du  commun,  il  n'y  en  a  plus  qu'un.  Outre  les  panetiers,  on  a 
encore  les  clercs  de  la  paneterie,  les  portechapes,  les  sommeliers, 
les  aides,  un  oublier  «  qui  fera  le  pain  de  bouche  et  les  oblêes,  » 
une  lavandière,  un  charretier  «  du  chariot  de  la  panneterie  des 
nappes,  »  un  garde-chambre. 

Dans  réchansonnerie,  en  1328,  il  y  a  cinq  échansons,  dont 
trois  devront  toujours  être  à  la  cour  2,  «  l'un  pour  la  bouche  et 
les  II  autres  pour  le  commun  servir.  »  Ce  sont  eux  qui  sont  spé- 
cialement chargés  d'acheter  le  vin.  En  1350,  nous  n'en  trouvons 
plus  qu'un.  Avec  eux  sont  encore  les  barilliers,  les  sommeliers, 
un  garde-huche,  des  aides,  un  clerc  «  qui  prenra  garde  de  la 
despense  du  vin,  »  un  «  pourveeur  de  vins  qui  ira  devant  pour 
la  pourveance  et  portera  aux  eschançons  ce  qu'il  trouverra,  et  li 
eschançons  achateront,  »  quatre  «  boutiers,  »  deux  «  portebouz,  » 
un  garde  du  vin  et  des  «  vesseaus  du  commun,  »  un  potier,  un 
madalenier,  un  valet  pour  chercher  les  voitures. 

La  cuisine  est  divisée  en  1328  en  cuisine  de  bouche  et  cuisine 
pour  le  commun,  division  qui  n'est  plus  mentionnée  dans  l'ordon- 
nance de  1350.  Quelques  offices  sont  communs  à  ces  deux  cui- 
sines et  remplis  par  les  mêmes  officiers,  tandis  que  d'autres  sont 
distincts,  et  les  officiers  sont  différents  selon  que  c'est  pour  la 
bouche  ou  pour  le  commun.  Parmi  les  officiers  qui  doivent  servir 
dans  la  cuisine  de  la  bouche  et  dans  ceUe  du  commun  sont  quatre 
écuyers,  dont  trois  devront  toujours  être  à  la  cour,  un  près  de  la 
bouche  et  deux  «  par  devers  le  commun  en  salle  pour  servir  che- 
valiers, chapelains  et  sergens  d'armes  ;  »  quatre  «  queux,  »  dont 
trois  seront  toujours  à  la  cour,  un  près  de  la  bouche,  les  deux 
autres  vers  le  commun.  En  1350,  on  ne  fait  mention  que  d'un 
écuyer  et  d'un  queux.  Après  ces  officiers,  il  y  a  un  clerc,  deux 
aides  pour  la  bouche  et  quatre  pour  le  commun,  deux  has- 
teurs  pour  la  bouche  et  trois  pour  le  commun,  deux  enfants 
pour  la  cour  et  quatre  pour  le  commun,  un  pâtissier  pour  la 
bouche,  deux  souffleurs  pour  le  commun,  un  huissier  pour  la  cui- 

1.  La  bouche  désigne  le  service  du  roi. 

2.  D'après  l'ordonnance  de  1328,  les  échansons  ne  peuvent  quitter  la  cour 
sans  l'autorisation  des  maîtres. 


l'hôtel    de    PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  467 

sine  de  la  bouche  et  un  pour  celle  du  commun,  un  saucier  pour 
la  bouche  avec  deux  aides  de  sausserie.  En  1350,  la  sausserie  se 
compose  d'un  saussier,  deux  valets  de  sausserie,  un  aide  et  un 
garde  de  sausserie.  Enfin,  outre  ces  différents  officiers  de  la  cui- 
sine, on  a  encore  un  hébergeur,  un  maignien,  deux  charretiers. 

Vient  ensuite  la  fruiterie,  dans  laquelle  en  1328  nous  trouvons 
trois  fruitiers,  tandis  qu'en  1350  il  n'y  en  a  plus  qu'un.  Avec  ces 
officiers  sont  des  sommeliers  qui  «  menront  ii  sommiers,  l'un 
du  fruit  et  l'autre  des  chandelles,  »  et  aideront  à  faire  le  ser- 
vice dans  la  salle;  des  valets,  un  chauffecire  et  enfin  un  charre- 
tier. En  1350,  on  mentionne  deux  aides  que  l'on  ne  trouve  pas 
en  1328. 

Dans  l'écurie,  il  y  a  en  1328  six  écuyers  «  maistres  d'escurie,  » 
dont  quatre  seront  toujours  à  la  cour,  deux  pour  le  corps  et  deux 
pour  le  commun.  Leur  rôle  est  bien  déterminé  dans  cette  ordon- 
nance. Les  écuyers  ne  se  coucheront  pas  avant  d'avoir  vu  tous 
les  chevaux  du  roi,  «  et  saura  celuy  du  commun  de  qui  l'avoine 
et  le  fein  seront  achetez  et  combien  ils  auront  cousté  et  sera  au 
livrer  l'avoine.  »  En  1350,  nous  ne  trouvons  plus  que  deux 
écuyers.  On  a  ensuite  des  maréchaux,  un  clerc,  un  valet  de  pale- 
frois, un  valet  de  coursiers,  des  valets  de  forge,  un  aide  de  pied, 
un  maréchal  pour  les  sergents  d'armes.  Contre  l'ordinaire,  une 
certaine  catégorie  de  valets  dans  cet  office  s'est  accrue  considéra- 
blement en  1350.  Ainsi  nous  trouvons  alors  trente-neuf  valets 
pour  garderies  palefrois,  coursiers,  sommiers,  tandis  qu'en  1328 
il  n'y  a  que  dix  valets  d'étable  et  chevaucheurs,  parmi  lesquels 
six  seront  toujours  à  la  cour  pour  faire  l'office  de  l'écurie,  et  les 
quatre  autres  seront  pour  aller  porter  les  lettres  dehors  ;  mais 
aussi,  d'un  autre  côté,  les  valets  porteurs  et  mesureurs  d'avoine 
de  dix  sont  ramenés  à  trois  ;  on  donne  congé  aux  autres.  L'or- 
donnance de  1328  prescrit  encore  de  n'acheter  aucun  cheval  sans 
le  commandement  du  roi  ou  des  maîtres  d'hôtel. 

L'office  désigné  en  dernier  lieu  dans  les  deux  ordonnances  est 
celui  de  la  fourrière.  Il  y  a  en  1328  trois  fourriers,  tandis  que  l'on 
n'en  trouve  plus  qu'un  en  1350.  Viennent  après  un  clerc,  des 
valets,  onze  aides  en  1328,  qui  sont  chargés  de  porter  «  le  fuerre, 
les  coustes  et  la  busche  par  les  chambres  le  roy.  »  En  1350,  il 
n'y  a  plus  que  quatre  aides  et  trois  sous-aides;  enfin,  un  sert  de 
l'eau. 

Tels  sont  les  six  offices  ou  «  mestiers  »  de  l'hôtel  du  roi  et  les 


468  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

divers  officiers  qui  y  remplissent  des  fonctions.  Mais  eux  seuls  ne 
forment  pas  tout  l'hôtel,  et  soit  au-dessus  d'eux,  soit  occupant  le 
même  rang  ou  un  rang  inférieur,  il  y  en  a  encore  un  grand 
nombre  que  nous  allons  passer  rapidement  en  revue. 

Et  d'abord,  à  la  tête  de  tous  les  officiers,  est  le  grand  maître 
d'hôtel  ;  c'est  à  lui  qu'incombe  l'administration  générale  de  tout 
ce  nombreux  personnel  et  qui,  souvent  aussi,  remplit  des  fonc- 
tions publiques.  Après  sont  les  simples  maîtres  d'hôtel  et  les 
chambellans,  les  veneurs,  avec  lesquels  sont  compris  le  maître 
veneur,  les  valets  de  chiens,  les  pages  de  chiens,  le  maître  fau- 
connier et  les  fauconniers,  le  confesseur,  le  personnel  de  l'aumô- 
nerie,  aumônier  et  clercs  de  l'aumône,  un  «  phisicien,  »  un  chirur- 
gien, des  chapelains,  des  clercs  de  chapelle,  des  notaires.  Enfin, 
dans  les  derniers  rangs,  tout  un  monde  de  portiers,  d'huissiers, 
de  valets,  de  charretiers,  de  sommeliers,  d'arbalétriers,  de  gens 
de  métiers,  tels  que  le  tailleur,  le  cordonnier,  le  charpentier,  etc. 
Si  l'on  ajoute  qu'un  certain  nombre  de  ces  officiers  ou  de  ceux 
qui  sont  employés  dans  les  «  mestiers  »  de  l'hôtel  ont  un  ou  plu- 
sieurs valets  recevant  des  gages  ou  des  livraisons  du  roi,  on  se 
figurera  les  dépenses  que  devait  occasionner  l'entretien  de  tout  ce 
personnel.  Et  jusqu'ici  encore  nous  n'avons  parlé  que  de  l'hôtel 
du  roi  proprement  dit,  mais  il  faut  savoir  que  la  reine  et  les 
enfants  de  France  avaient  leur  hôtels  et  dans  chacun  de  ces 
hôtels  un  nombreux  personnel  était  également  employé.  Ce  rapide 
aperçu  suffit  pour  nous  montrer  que  l'hôtel  de  Phihppe  VI  ne  le 
cédait  en  rien  pour  le  nombre  de  ses  officiers  à  celui  de  ses  pré- 
décesseurs 2. 

Si  l'on  se  reporte  au  tarif  des  traitements  des  officiers  de  l'hôtel 
du  roi  de  1329  et  du  1"  janvier  1332  (n.  st.),  on  verra  que  les 
gages  de  la  plupart  sont  en  argent  et  fixés  à  tant  par  jour,  mais 
on  peut  compléter  ces  renseignements  par  les  ordonnances  de 
1328  et  de  1350,  qui  nous  apprennent  que  certains  reçoivent  leur 
salaire  en  nature  seulement,  et  d'autres,  partie  en  argent,  partie 
en  nature. 

En  1328,  les  panetiers  ont,  ceux  qui  resteront  à  la  cour,  «  pro- 

1.  30  décembre  1336;  règlement  pour  les  officiers  de  la  maison  du  roi  et  de 
celle  de  Jean  de  France,  duc  de  Normandie  (Blanchard,  Compilation  chrono- 
logique, col.  90). 

2.  Douël  d'Arcq,  Comptes  de  l'hôtel  des  rois  de  France,  notice,  p.  x. 


l'hôtel  de    PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  469 

vendes  d'avoine,  et  leurs  chevaux  seignez,  et  forge  et  vin  de 
couchier  chascun  une  quarte,  et  chandeles  un  quaier  et  xii  menues 
chandelles  :  et  si  aura  chascun  pour  ii  valiez  livroison,  qui  ne 
mengeront  point  à  court,  et  pour  toutes  autres  choses  n  sous 
parisis  de  gaiges  par  jour.  »  Dans  chacun  des  autres  offices, 
les  traitements  étant  analogues,  nous  n'en  examinerons  que 
quelques-uns  de  la  paneterie ,  comme  exemple.  Le  clerc  de  la 
paneterie  des  nappes,  qui  sera  à  cheval,  aura  «  une  provende 
d'avoine,  forge  et  xiii  deniers  de  gaiges  et  cent  sols  pour  robe 
par  an,  et  comme  li  autre  clerc  en  la  fourrière,  lit  et  ii  bottes  de 
feurre,  un  quaier  et  viii  chandelles.  »  Les  portechapes  qui  man- 
geront à  la  cour  auront  chacun  4  deniers  de  gages  par  jour  pour 
tout  et  30  sous  pour  robe  par  an.  Les  sommeliers  ont  un  traite- 
ment analogue,  et  en  plus  «  une  couste  et  une  botte  de  feurre  à 
chascun.  »  La  lavandière  est  payée  selon  son  travail;  elle  a 
5  sous  pour  le  cent  de  nappes.  Tels  sont  les  divers  gages  que  l'on 
donnait  au  personnel  de  l'hôtel  en  1328  et  en  1350. 

Quant  à  ceux  qui  étaient  employés  en  dehors  des  six  «  mes- 
tiers,  »  les  gages  qu'ils  touchaient  étaient  en  général  en  argent, 
et  leurs  robes  et  les  allocations  fournies  pour  leurs  chevaux  étaient 
également  évaluées  en  argent.  On  mentionne  cependant  au  5  juin 
1328  quelques-uns  de  ces  officiers,  huissiers  de  salle,  portiers, 
veneurs,  archers,  qui  avec  leurs  gages  ont  aussi  des  livraisons 
en  nature.  En  1350,  la  plupart  de  ces  officiers  ont  leur  traitement 
en  argent;  mais  en  outre,  bon  nombre  d'entre  eux  qui  sont  dési- 
gnés dans  l'ordonnance  mangent  à  la  cour.  Le  nombre  des  per- 
sonnes qui  jouissent  de  cette  faveur  s'élève  à  soixante-deux  pour 
l'hôtel  du  roi. 

Pour  compléter  ce  que  nous  venons  de  dire  sur  les  dépenses 
de  l'hôtel,  il  nous  reste  encore  à  parler  de  l'argentier  et  de  son 
office.  Selon  M.  Douët  d'Arcq,  c'est  à  partir  du  xiv"  siècle  qu'on 
voit  apparaître  cet  officier,  qui  «  était  chargé  spécialement  de  tout 
ce  qui  regardait  l'habillement  et  les  meubles  à  l'usage  du  roi  et 
du  reste  de  sa  maison.  »  C'était  donc  lui  qui  devait,  sous  la  direc- 
tion et  la  surveillance  des  maîtres  d'hôtel  et  des  chambellans, 
choisir  les  étoffes,  calculer  la  quantité  qu'il  en  fallait  et  convenir 
des  prix  avec  les  marchands  *.  Il  était  encore  chargé  de  payer  les 

1.  Douët  d'Arcq,  Comptes  de  Vargenterie  des  rois  de  France  au  XIV^  siècle, 
notice,  p.  i  et  iv. 


470  l'hôtel    de   PHILIPPE  VI   DE  VALOIS. 

tailleurs,  les  bijoutiers,  les  orfèvres,  etc.  C'était  lui  qui  devait 
aussi  faire  graver  et  façonner  les  sceaux  royaux  ^  Tout  cela 
l'obligeait  à  faire  de  fréquents  déplacements,  «  tantôt  pour  faire 
ses  achats  dans  les  foires  et  les  marchés  célèbres,  tantôt  pour 
précéder  ou  suivre  le  roi  dans  ses  différentes  résidences,  ou  encore 
pour  aller  chercher  dans  les  châteaux  royaux  de  la  vaisselle  d'or 
et  d'argent,  des  joyaux,  des  étoffes  précieuses,  etc. 2.  » 

Par  l'ordonnance  du  22  décembre  1323,  l'argentier  seul  devait 
s'occuper  de  son  office;  cependant,  il  ne  pouvait  rien  faire  ni  rien 
acheter  sans  que  les  trésoriers  ne  vissent  et  ne  connussent  ce  qu'il 
voulait  prendre,  et  c'étaient  eux  qui  payaient  ce  qu'il  avait 
acheté  3.  Il  semble  que  cette  prescription  n'ait  pas  été  observée 
sous  le  règne  de  Phihppe  VI.  En  effet,  dans  un  compte  de  drap 
d'or  et  de  soie,  de  velours,  perles,  etc.,  rendu  en  1342  par 
Edouard  Tadelin  de  Lucques,  mercier  du  roi,  par  le  commande- 
ment de  Guillaume  deMontreuil,  argentier,  Edouard  traite  direc- 
tement avec  Guillaume  sans  que  l'on  remarque  l'intervention  des 
trésoriers ^ 

Dès  l'origine,  un  clerc  fut  attaché  à  l'argentier  pour  l'aider 
dans  ses  fonctions  ;  ce  clerc,  qu'il  ne  faut  pas  confondre  avec  les 
autres  clercs,  qui  n'étaient  que  les  commis  de  l'argentier,  devint 
dans  la  suite  le  contrôleur  de  l'argenterie.  Les  comptes  de  l'ar- 
genterie étaient  présentés  à  la  Chambre  des  comptes  à  des  époques 
qui  n'étaient  pas  bien  fixées.  Pour  nous  faire  connaître  la  nature 
des  recettes  et  des  dépenses  de  cet  office,  nous  n'avons  de  1328  à 
1350  que  de  courts  fragments  de  comptes  et  des  mentions  qui  le 
concernent  dispersées  dans  le  Journal  du  trésor.  Le  produit  de 
certaines  recettes  était  affecté  à  l'argenterie  pour  couvrir  ses 
dépens.  Ainsi,  le  compte  d'Etienne  de  la  Fontaine,  du  1"  janvier 

1.  On  trouvera  dans  les  Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  dont  nous  pré- 
parons la  publication  pour  la  collection  des  Documents  inédits,  plusieurs  men- 
tions qui  se  rapportent  à  l'argentier  et  font  bien  comprendre  le  caractère  de 
son  office.  Voir  notamment  les  n"'  316,  1122,  2359,  4658  et  4720. 

2.  Douiit  d'Arcq,  Comptes  de  l'argenterie  des  rois  de  France  au  XIV  siècle, 
notice,  p.  vu. 

3.  Douët  d'Arcq,  op.  cit.,  p.  m. 

4.  Douët  d'Arcq,  Nouveau  recueil  des  comptes  de  l'argenterie,  p.  20  à  36. 
Ce  compte  se  termine  ainsi  :  «  Demeure  que  l'en  doit  au  dit  Édoart  vi""  vi^ 
Lxni  1.  XIII  s.  Il  d.  p.,  dont  le  dit  Édoart  a  cedule  'de  l'argentier  seellée  de 
son  seel,  faite  le  jour  de  la  date  de  ce  compte,  qui  se  tist  et  clost  entre  les 
dessus  diz  argentier  et  Édoart,  i)reniier  jour  d'aoust  l'an  mil  CGC  XLII.  » 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  474 

au  26  avril  1350,  nous  apprend  qu'une  partie  des  amendes  du 
Parlement,  prononcées  depuis  la  Saint-Martin  d'hiver  1349  jus- 
qu'au 16  avril  1350,  lui  fut  assignée*.  Ces  comptes  étaient  divi- 
sés en  plusieurs  chapitres.  En  premier  lieu  était  faite  l'énuméra- 
tion  des  recettes,  puis  venaient  les  comptes  des  dépens  ordinaires 
et  ceux  des  dépens  extraordinaires.  Ces  derniers  comprenaient  ce 
qui  avait  été  déboursé  pour  les  sacres,  les  mariages,  les  réjouis- 
sances, les  obsèques,  etc. 2. 

L'hôtel  avait  son  administration  financière  particulière,  sa 
caisse,  sa  comptabihté,  qui  formaient  la  Chambre  aux  deniers. 
A  la  tête  de  cette  chambre  était  un  maître,  Pierre  de  Berne^, 
dans  les  années  1349  et  1350,  et  avec  lui  un  contrôleur  de  la 
chambre;  ils  touchaient  chacun  vingt  sous  par  jour.  Au-dessous, 
le  clerc  de  la  Chambre  aux  deniers  n'avait  que  cinq  sous  tournois 
par  jour.  Le  maître  de  la  Chambre  aux  deniers  prenait  l'argent 
qui  lui  était  nécessaire  directement  au  trésor,  comme  le  prouvent 
de  nombreuses  mentions  du  Journal.  De  cet  argent  il  payait  tout 
le  personnel  de  l'hôtel  du  roi.  Cependant,  quelques  officiers  de 
l'hôtel,  au  lieu  de  recevoir  leurs  gages  des  mains  du  maître  de  la 
Chambre  aux  deniers,  les  prenaient  directement  au  trésor,  ou  bien 
encore  les  maîtres  des  métiers  en  recevaient  l'argent  nécessaire 
pour  payer  leurs  subordonnés^. 

Le  22  février  1334  S  quand  le  roi  retira  aux  gens  de  son  hôtel 
tous  les  droits  qu'ils  prenaient  et  les  réduisit  à  leurs  seuls  gages, 
il  ordonna  aux  clercs  de  chaque  office  de  présenter  leurs  comptes 
deux  fois  par  an  au  maître  de  la  Chambre  aux  deniers,  qui  lui- 
même  devait  présenter  aussi  les  siens  chaque  année  aux  gens  des 
Comptes.  C'est  ce  qui  forme  les  comptes  de  l'hôtel.  Un  certain 
nombre  d'officiers,  de  notaires,  de  sergents,  etc.,  au  lieu  de 
prendre  leurs  gages  à  l'hôtel,  les  prenaient  en  dehors  ou  les  rece- 
vaient des  mains  des  receveurs.  De  là,  des  abus  se  produisaient, 
et  le  roi,  le  18  juin  1339,  se  plaignit  que,  malgré  l'argent  qu'ils 
recevaient  ailleurs,  ces  officiers  lui  coûtaient  encore  très  cher 

1.  Bibl.  nat.,  Fonianieu,  portefeuille  77  (non  folioté). 

2.  Voir  Archives  historiques,  artistiques  et  littéraires,  t.  II,  p.  49  (Compte  des 
obsèques  de  Philippe  VI). 

3.  Voir  les  Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  dans  la  collection  des  Docu- 
ments inédits,  la  table,  à  ce  nom. 

4.  Voir  les  Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  n"  369,  532,  600,  etc. 

5.  Ord.,  t.  II,  p.  97. 


472  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

dans  son  hôtel.  Il  leur  retira  donc  ce  privilège  et  ordonna  aux 
gens  des  Comptes  d'envoyer  leurs  lettres  au  maître  de  la  Chambre 
aux  deniers,  afin  qu'à  l'avenir  il  leur  payât  leurs  gages,  robes  ou 
manteaux,  mais  seulement  «  pour  les  jours  qu'ils  seront  et  auront 
esté  en  nostre  hostel  et  fait  leur  office  en  la  manière  accoustu- 

mée^  » 

Outre  l'hôtel  du  roi,  comprenant  tous  les  offices  et  employant 
tout  le  personnel  que  nous  avons  énumérés,  il  y  avait  encore 
l'hôtel  de  la  reine  et  un  hôtel  pour  chacun  de  leurs  enfants,  tous 
calqués  sur  celui  du  roi  et  ayant  les  mêmes  offices,  la  même 
administration ^  Mais,  comme  nous  le  prouve  la  différence  des 
dépenses  faites  dans  l'hôtel  du  roi  et  dans  celui  de  la  reine,  le  per- 
sonnel devait  être  sensiblement  moins  nombreux  dans  ces  derniers 
que  dans  le  premier. 

Aux  dépenses  ordinaires  de  ces  hôtels,  il  faut  encore  ajouter  les 
pensions,  les  aumônes  et  les  bonnes  œuvres,  qui  entraient  pour 
une  somme  assez  considérable  dans  leur  budget.  Une  aumône, 
dont  nous  pouvons  citer  plusieurs  exemples,  consistait,  lorsque 
le  roi,  la  reine  et  leurs  enfants  allaient  dans  une  localité,  à  aban- 
donner à  l'hôpital  ou  aux  pauvres,  ou  à  l'abbaye  de  cette  localité, 
le  dixième  de  tout  ce  qui  avait  été  dépensé  dans  les  hôtels  du  roi 
et  de  sa  famille  ou  seulement  le  dixième  du  pain  et  du  vin.  Les 
vases  dont  s'était  servie  la  famille  royale  étaient  aussi  quelquefois 
abandonnés,  comme  cela  se  pratiquait  en  faveur  des  malades  de 
CorbeiP. 

Maintenant  que  nous  avons  fait  connaître  l'organisation  de 
l'hôtel  et  de  son  personnel,  nous  allons  à  l'aide  de  quelques  docu- 
ments indiquer  le  montant  des  dépenses  qui  y  furent  effectuées  en 
1330  et  aux  environs  de  1335.  On  pourra  voir  par  le  résultat  de 
ces  deux  années  ce  qu'en  moyenne  il  fallait  à  Philippe  VI  pour 

1.  Ord.,  l.  II,  p.  174. 

2.  Voir,  dans  les  Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  les  nombreuses  men- 
tions qui  concernent  les  hôtels  de  la  reine  et  des  princes. 

3.  Philippe  VI,  en  février  1333  (n.  st.),  accorde  aux  malades  et  aux  lépreux 
de  Corbcil  le  dixième  du  pain  et  du  vin  dépensés  dans  son  hôtel,  celui  de  la 
reine  et  de  ses  enfants,  ainsi  que  les  vases  dont  ils  auront  fait  usage  lorsqu'ils 
viendront  dans  celte  localité  (Bibl.  nal  ,  Fontanieu,  portefeuille  71,  fol.  208). 
—  En  décembre  1331,  il  avait  accordé  aux  lépreux  de  Saniois  la  moitié  du 
dixième  du  pain  et  du  vin  de  son  hôtel,  de  celui  de  la  reine  et  de  ses  enfants, 
lorsqu'ils  viendront  à  Samois,  à  Fontainebleau  ou  à  Moret  (Arch.  nat.,  JJ  66, 
fol.  372  V,  n°  906). 


l'hôtel   de   PHILIPPE  VI  DE  VALOIS.  473 

faire  face  à  tous  ces  frais.  Pour  l'année  1330,  les  dépenses  de 
l'hôtel  du  roi,  sans  compter  l'argenterie  et  l'écurie,  montèrent  à 
140,780  livres  32  sous  6  deniers  parisis.  Les  dépenses  pour  l'écurie 
seule  montèrent  à  30,234  sous  9  deniers  parisis  ;  celles  de  l'argen- 
terie du  roi,  de  la  reine  et  de  leurs  enfants  à  35,810  livres  17  sous 
3  deniers  parisis.  Les  dépenses  de  l'hôtel  de  la  reine  seule  s'éle- 
vèrent à  79,079  livres  9  deniers.  Le  total  de  toutes  les  dépenses 
des  hôtels  du  roi  et  de  la  reine  fut  donc  de  265,873  livres  5  sous 
3  deniers  parisis,  «  sans  les  gros  dons  et  les  grosses  messageries 
que  li  roys  paie  hors  lesdis  comptes  des  hostiex  et  de  l'escurie  et 
de  l'argenterie'.  »  Vers  1335,  la  dépense  de  l'hôtel  du  roi  s'éleva 
à  116,699  livres  parisis  et  celle  de  l'hôtel  de  la  reine  à  77,433  livres 
parisis,  toujours  sans  compter  l'argenterie  ni  l'écurie,  et  la 
dépense  totale  fut  de  271,933  livres  parisis  ^  Ainsi,  pour  cette 
année,  l'hôtel  prit  à  lui  seul  plus  du  tiers  de  la  recette  ordinaire 
du  royaume,  puisqu'elle  fut,  selon  le  rapport  publié  par  M.  de 
Boislisle,  de  656,247  livres  17  sous  3  deniers  oboles  parisis. 

Pour  terminer  ce  travail,  il  nous  resté  encore  à  faire  connaître 
l'état  dans  lequel  sont  parvenues  les  ordonnances  qui  ont  servi  à 
retracer  l'histoire  de  l'hôtel  de  Philippe  de  Valois.  Le  texte  que 
nous  en  donnons  n'est  pas,  malheureusement,  pris  sur  les  origi- 
naux. L'incendie  de  1737  les  a  sans  doute  anéantis,  et  nous  n'en 
avons  pu  retrouver  que  des  copies,  tant  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale qu'aux  Archives  nationales.  Ces  différentes  copies,  bien  que 
défectueuses,  n'en  sont  pas  moins  très  précieuses  ;  elles  nous  ont 
permis  d'apporter  dans  cette  étude  autant  de  précision  qu'il  était 
possible.  De  nombreuses  et  souvent  de  grossières  fautes  les 
déparent,  il  est  vrai,  mais  nous  avons  pu,  nous  l'espérons,  les 
corriger  en  grande  partie. 

Ces  ordonnances  sont  comprises  dans  les  manuscrits  suivants 
de  la  Bibliothèque  nationale  :  Clairambault  833,  pages  1013  à 
1047,  977  à  1010  et  1053  à  1092  ;  Manuscrit  français  n°  7855, 
pages  433  k  445,  417  à  429,  449  à  461  et  465  à  466.  Ce  manus- 
crit semble,  au  reste,  n'être  qu'une  copie  plus  ou  moins  fidèle  du 
précédent.  La  dernière  ordonnance,  du  28  mai  1350,  est  en  outre 

1.  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  1887,  p.  384  el  385  (Rapports  à  Phi- 
lippe VI  sur  l'état  de  ses  finances,  publiés  par  M.  Moianvillé). 

2.  Annuaire-Bulletin  de  la  Société  de  l'histoire  de  France,  1875,  p.  91-94 
(Rapport  à  Philippe  VI  sur  ses  finances,  publié  par  M.  de  Boislisle). 


»     * 


474  L  HOTEL   DE   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

également  comprise  dans  le  registre  des  Archives  nationales 
P  2292,  pages  223  à  241. 

Jules  VlARD. 


OftDOi^.XANCE  DE  l'hOSTEL  DD   Roy  PhILIPES  VI,  DIT  DE  VlLGIS,  EXTRAITE 

d'dn  roclead  EN  PARCHEMIN  QUI  A  POUR  TITRE  :  VOrdounance  du  Roy 
Philipes,  qui  fut  comte  de  Valois. 

C'est  Vordenance  de  l'hostel  le  Boy. 
Sus  la  Panneterie  : 

C'est  assavoir  cinq  pannetiers  : 

HueL  de  Riliy,  Guillaume  de  La  Lande,  Mahieu  Ravenel,  Jehan  de 
Noisy,  Adenet  de  Igny,  desquiex  il  aura  tousjours  m  à  court,  ii  par 
devers  le  commun  et  un  par  devers  la  bouche,  et  les  autres  ii,  l'un 
par  devers  le  commun  aus  premiers  et  l'autre  aus  derniers;  et  chas- 
cun  des  m  qui  demourront  à  court  aura  ii  provendes  d'avoine  et 
leurs  chevaus  seignez,  et  forge,  et  vin  de  couchier  chascun  une 
quarte,  et  chandeles  un  quaïer  et  xri  menues  chandelles  :  et  si  aura 
chascun  pour  ii  valiez  livroison,  qui  ne  mengeront  point  à  court,  et 
pour  toutes  autres  choses  ii  s.  parisis  de  gaiges  par  jour.  Et  doivent 
les  pannetiers  achater  le  pain  et  faire  venir  par  compte;  et  quant  le 
Roy  sera  de  séjour,  il  achateront  du  blé  pour  savoir  se  il  auront  bon 
marché  de  pain,  et  feront  venir  le  pain  et  le  compteront  par  douzaine 
à  mettre  en  la  panneterie,  et  feront  porter  en  salle,  et  ce  qui  en  sera 
demourant  de  la  journée  ne  sera  pas  compté  devant  lendemain,  et 
saront  combien. 

Item,  Regnaud,  clerc  de  la  panneterie  des  nappes,  sera  à  cheval  et 
fera  le  siège  et  le  petit  disner  en  bois,  et  aura  une  provende  d'avoine, 
forge,  et  xiii  d.  de  gaiges,  et  cent  sols  pour  robe  par  an,  et  comme  U 
autre  clerc  en  la  fourrière,  lit  et  ii  bottes  de  feurre,  un  quaier  et 
VIII  chandelles. 

Item,  Pierre  d'Atechy,  clerc  de  la  panneterie  du  commun,  a  une 
provende  d'avoine,  forge,  et  xii  d.  de  gaiges  pour  son  vallet  qui  ne 
mengera  pas  à  court,  cent  sols  pour  robe  et  pour  autres  choses, 
vin  petites  chandelles  et  i  quaier;  en  la  fourrière,  un  lit  et  ii  bottes 
de  feurre.  Et,  se  il  y  a  deffault  de  pannetiers,  qu'il  face  le  service  en 
salle. 

Item,  Jehan  Thoreau,  Jehannin  le  Truant,  et  un  vallet  qui  a  nom 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  475 

Perrot  de  li  Brueil,  tous  porte  chapes,  qui  mengeront  à  court  et 
auront  chascun  un  d.  de  gaiges  par  jour  pour  toutes  choses,  et  chas- 
cun  XXX  s.  pour  robe  par  an. 

Item,  Hemery  et  Simonet  de  Maillé  seront  sommeliers  et  menge- 
ront en  salle,  et  aura  chascun  ii  d.  de  gaiges  par  jour  pour  toutes 
choses,  et  lx  s.  pour  robe  par  an,  et  une  couste  et  une  botte  de  feurre 
à  chascun. 

Item,  Jehan  Lormiau  et  Regnaud,  qui  seront  aydes  et  mengeront 
à  court  et  n'auront  riens  plus,  et  prenront  pour  la  panneterie  xii  chan- 
delles menues  de  livroison. 

Item,  la  chambre  des  nappes,  autant. 

Item,  Gringoire  l'oubloier,  qui  fera  le  pain  de  bouche  et  les  oblées, 
et  fera  l'en  marchié  à  luy  de  tout,  et  ne  fera  quexx^  soudées  de  pain 
de  bouche  et  xii  denrées  d'oublées  le  jour,  et  prenra  une  provende 
d'avoine,  forge  et  vi  courtes  chandelles  et  livroison,  et  xiii  d.  de  gaiges 
pour  son  vallet  qui  ne  mengera  point  à  court,  et  pour  toutes  autres 
choses  cent  sols  par  an  pour  robe. 

Item,  Jehanne  la  lavandière  aura  pour  le  cent  de  napes  v  s.  et  les 
touailles  davantage. 

Item,  Thevenin,  charetier  du  chariot  de  la  panneterie  des  nappes, 
aura  chevaus  du  Roy  et  iiii  s.  de  gaiges  par  jour,  et  un  1.  pour  robe 
et  harnois  par  an. 

C'est  l'ordonnance  de  Vhostel  le  Roij. 
Sus  V Eschançonnerie  : 

C'est  assavoir  cinq  eschançons  : 

Thomas  des  Orges,  Robert  de  Boutervillier,  Tevenot  de  Jauney, 
Jehan  d'Argentueil  et  Oudinet  de  Noe,  desquiex  il  y  aura  tousjours 
à  court,  sans  failhr,  m,  l'un  pour  la  bouche  et  les  ii  pour  le  commun 
servir,  l'un  aus  premiers  et  l'autre  aus  derreniers,  et  prenront  chas- 
cun II  provendes  d'avoine,  un  quayer  et  xir  menues  chandelles,  et 
II  s.  parisis  chascun  pour  gaiges,  et  pour  ii  valiez  qui  ne  mengeront 
pas  à  court,  livroison  ;  et  celuy  de  la  bouche  n"'aura  point  de  vin 
devers  le  commun.  Et  doivent  prendre  garde  li  eschançon  du  com- 
mun que  les  bouz  soient  souffisament  emplis  de  droite  moison  ;  et 
ne  feront  livroison  ne  délivrance  de  vin  fors  aus  bouz  hors  salle,  et 

1.  XII  (Clair.  833). 


476  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

la  livroison  de  vin  de  couschier  sera  faite  à  droite  heure  ordenée,  et 
qui  ne  vendra  il  perdra  sa  livroison-,  et  doivent  li  eschançons  achà- 
ter  le  vin,  et  non  autre. 

Item,  Henaery,  Jehan  de  Saint  Denis  et  Gobin,  barilliers,  qui  men- 
geront  à  court,  et  aura  chascun  m  d.  de  gaiges  par  jour  et  xxx  s. 
pour  robe  par  an,  et  auront  chascun  une  couste  et  ii  bottes  de  feurre. 

Item,  Ferry,  Bernardin,  Guillerain,  Apelo,  de  par  le  Roy  somme- 
liers pour  la  bouche,  à  cheval,  dont  chascun  aura  une  provende 
d'avoine,  xiii*  d.  par  jour  pour  leurs  valiez  qui  ne  mengeront  point 
à  court,  et  cent  sols  chascun  pour  robe  par  an. 

Item,  Jehannot  Horace,  garde  huche  devers  la  bouche,  qui  demourra 
tousjours  en  l'eschançonnerie,  qui  mengera  à  court  et  n'aura  pour 
toutes  choses  mais  qu'il  aura  une  couste  et  une  botte  de  feurre  en 
la  fourrière. 

Billetot,  ayde,  et  menra  un  sommier  des  coffinaux,  mengeant  à 
court  et  n'aura  riens  plus. 

Item,  Robert,  clerc  de  Teschançonnerie,  qui  prenra  garde  de  la 
despense  du  vin,  mengera  à  court  et  aura  une  provende  d'avoine, 
forge  et  viii  courtes  chandelles,  un  quaier,  et  xiii  d.  pour  son  vallet 
qui  ne  mengera  pas  à  court,  et  c  s.  pour  robe,  et  servira  en  salle  se 
il  y  a  deffauUe  d'eschançons  et  fera  les  escroûes,  et  non  autre,  et  les 
tailles. 

Perrot  de  Cambret,  pourveeur  de  vins,  qui  ira  devant  pour  la 
pourveance  et  portera  aus  eschançons  ce  qu'il  trouverra,  et  li  eschan- 
çons achateront,  et  aura  pour  Uvroison  une  provende  d'avoine,  xiiid. 
de  gaiges  ou  l'ordenance  des  maistres. 

Item,  un  boutiers;  c'est  assavoir  :  Jehan  le  Routier,  Perrot  de 
Mente,  Perrot  de  Gorbie  et  Foulebœuf,  de  par  le  Roy,  qui  mengeront 
en  salle,  et  aura  chascun  iri  d.  de  gaiges  pour  toutes  choses  et  xxx  s. 
pour  robe  par  an. 

Item,  portebouz;  c'est  assavoir  :  Le  Camus  et  Oudinct,  qui  ne  men- 
geront point  à  court,  et  auront  viii  d.  de  gaiges  pour  toutes  choses. 

Item,  Robinet,  qui  gardera  le  vin,  les  vesseaus  du  commun  et 
n'aura  riens,  fors  bouche  à  court. 

Item,  un  potier,  qui  mengera  à  court  et  servira  de  poz. 

Item,  un  madalenier,  qui  servira  de  hanas  et  voirrcs,  aus  gaiges 
accoustumez,  et  a  nom  Jehan  de  Mailly. 

Item,  une  charrette  à  m  chevaus,  qui  aura  v  s.  de  gaiges  par  jour 

1.  m  d.  (Clair.  833). 


l'hôtel   de   PHILIPPE  VI   DE    VALOIS.  477 

qui  maine  la  huche  et  ne  mengera  point  à  court,  mais  qu'il  aura  les 
V  s.  de  gaiges  pour  ses  m  chevaus  et  pour  luy. 

Il  est  assavoir  que  les  eschançons  ne  se  pourront  partir  de  court 
sans  le  congié  des  raaistres,  et  se  doivent  ordoner  en  telle  manière 
que  il  en  ait  tousjours  m  à  court. 

Cuisine  de  bouche. 

En  cuisines  de  bouche  et  de  commun  aura  un  escuyers,  c'est 
assavoir  : 

Guyot  de  Leuse,  Fagot,  Hervet  et  Guillaume  Hemon,  desquiex 
il  y  aura  tousjours  m  à  court,  l'un  devers  la  cuisine  de  bouche  et 
II  par  devers  le  commun,  et  mengeront  à  court  et  aura  chascun 
II  provendes  d'avoine,  forge  pour  ii  chevaus  et  livroison  de  chan- 
delle, un  quaier,  xii  menues  chandelles,  une  quarte  de  vin  de  cous- 
chier,  et  seront  leurs  chevaus  seignez,  et  l'un  sera  à  servir  par  devers 
la  bouche  et  les  autres  ii  par  devers  le  commun  en  salle  pour  servir 
chevaliers,  chapelains  et  sergens  d'armes,  et  aura  chascun  ii  s.  pari- 
sis  de  gaiges  par  jour,  fein,  hostelage  et  autres  chouses,  et  prendra 
chascun  livroison  à  court  pour  ii  valiez. 

Item,  11  y  aura  iiii  queux;  c'est  assavoir  :  Chicart  et  Thevenin 
pour  la  bouche,  Evrard  et  Champion  pour  le  commun,  dont  les  m 
seront  tousjours  à  court,  l'un  devers  la  bouche  et  les  autres  ii  devers 
le  commun,  et  mengeront  à  court,  et  aura  chascun  ii  provendes 
d'avoine,  forge  pour  ii  chevaus,  et  seront  seigné,  livroison  de  chan- 
delle, un  quaier,  xii  menues  chandelles,  une  quarte  de  vin  de  cous- 
chier.  Et  sera  l'un  des  m  qui  demourront  vers  la  bouche,  et  les  autres 
II  devers  le  commun  en  salle,  et  aura  chascun  ii  s.  parisis  de  gaiges 
par  jour  pour  fein,  hostelage  et  autres  chouses,  et  prendra  chascun 
livroison  à  court  pour  ii  valiez  qui  ne  mengeront  point  à  court. 

Item,  II  aydes  devers  la  bouche,  l'Arceprestre  et  Mallepiece,  dont 
il  y  aura  tousjours  un  qui  prendra  une  provende  d'avoine,  et  xiii  d. 
par  jour  pour  son  vallet  qui  ne  mengera  pas  à  court,  et  pour  toutes 
autres  chouses,  et  vi  cortes  chandelles  de  livroison. 

Item,  il  y  aura  ii  hasteurs  ;  c'est  assavoir  :  Anguillelte  et  Braquaire, 
et  seront  tousjours  à  court  sans  partir  et  mengeront  à  court,  et  n'au- 
ront nulle  autre  chouse  à  court  que  leurs  drois. 

Item,  il  y  aura  ii  pages  ;  c'est  assavoir  :  Michelet  et  Maçon,  tous- 
jours  mengeans  à  court,  qui  auront  chascun  m  d.  par  jour,  sans 
plus,  et  L  s.  pour  robe  par  an. 


478  l'hôtel    de   PHILIPPE    VI    DE   VALOIS. 

Item,  il  y  aura  n  enfans  mangeans  à  court,  et  auront  chascun 
mois  ir  s.  vi  d.  pour  soulliers  et  xxv  s.  pour  robe  chascun  an. 

Item,  Jehan  de  Vernon,  paticier  devers  la  bouche,  aura  xviii  d. 
parisis  pour  la  douzaine  de  pastez,  quieux  que  il  soient.  Item,  pour 
pastez  de  buef  et  pastez  norjois,  vr  d.  parisis  pour  la  douzaine. 

Item,  il  y  aura  un  huissier;  c'est  assavoir  :  Jehan  Noël,  qui  men- 
gera  à  court  et  aura  un  d.  de  gaiges  par  jour  et  riens  plus. 

Item,  un  saussier;  c'est  assavoir  :  Robin  le  Saussier,  qui  aura 
nu  d.  de  gaiges  par  jour  et  nii  1.  pour  robe  par  an,  et  aura  le  som- 
mier de  la  sausserie  et  gardera  les  espices  et  les  livrera  par  pois,  et 
sera  au  mortier  tant  que  elles  soient  broyées  et  aura  xii  chandelles 
courtes  pour  livroison  la  sausserie,  une  couste  et  une  botte  de  feurre. 

Item,  en  la  sausserie  aura  n  aydes;  c'est  assavoir  :  Bouchart  et 
Jehannot  de  Jay,  qui  ne  mengeront  point  à  court,  mais  il  auront  le 
pain  du  sel  devers  le  commun.  Et  avant  que  le  saussier  moille  les 
escuelles,  il  les  doit  oschier  et  compter  en  la  présence  d'un  des  queux 
ou  d'un  des  aydeurs  et  les  faire  recueillir  par  ses  valiez  en  salle,  et 
celles  qui  auront  esté  oschées  ne  doivent  pas  estre  comptées  le  len- 
demain ;  et  ne  mettront  li  saussier  que  ii  pains  à  table. 

Cuisine  pour  le  commun. 

En  la  cuisine  aura  un  clerc;  c'est  assavoir  : 

Guillemin  le  clerc,  qui  mengera  à  court  et  aura  une  provende 
d'avoine,  xni  d.  de  gaiges  par  jour  pour  son  vallet  qui  ne  mengera 
pas  à  court,  et  pour  toutes  autres  choses,  fer  et  clou,  et  c  s.  pour 
robe  par  an,  et  vni  courtes  chandelles,  un  quaier  de  livroison,  et  ne 
se  partira  nuls  de  court  sans  le  congié  des  maistres,  sus  la  peine 
contenue  en  la  panneterie  cy  dessus  ^. 

Item,  il  y  aura  nii  aydes  dessous  les  queux  ;  c'est  assavoir  :  Perrot 
le  Bouchier,  Baubigny,  Pontalié  et  Macé,  dont  il  y  en  aura  tousjours 
II  devers  le  commun,  et  prendront  chascun  une  provende  d'avoine  et 

1.  Cette  peine,  qui  n'est  pas  indiquée  à  l'article  consacré  à  la  paneterie,  dans 
celte  ordonnance,  nous  la  trouvons  dans  les  deux  ordonnances  de  l'Hôtel  de 
Philippe  le  Long,  de  131G  et  1317.  —  «  Item,  les  panetiers  ne  se  pourront  par- 
tir de  cour  sanz  prendre  congié  aus  mestres  de  l'ostel,  et,  s'il  le  font,  il  en  seront 
puniz  et  privez  hors  de  leurs  offices  par  les  mestres  de  l'ostel  ;  et  aussi  les 
autres  mestiers  et  officiaus  ci-dessouz  nommez  »  (Arch.  nat.,  JJ.  57,  fol.  60  v" 
et  79  r«). 


l'hôtel    de    PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  479 

XIII  d,  de  gaiges  pour  son  vallet  qui  ne  mengera  pas  à  court,  et 
pour  toutes  autres  choses,  et  vr  courtes  chandelles  de  llvroison. 

Item,  il  y  aura  m  hasteurs;  c'est  assavoir  :  Guillot  du  garde  men- 
gier,  Colet  et  Jacquemart;  et  seront  à  court  tousjours  sans  partir,  et 
mengeront  à  court,  et  n'auront  nulle  autre  chose  que  leurs  drois. 

Item,  il  y  aura  ii  souffleurs;  c'est  assavoir  :  Regnaudin  Dorin  et 
Raoulet  de  Saint  Clo,  qui  mengeront  à  court  et  n'auront  riens  plus 
que  leurs  drois. 

Item,  il  y  aura  m  pages;  c'est  assavoir  :  Chicaut  Cerpier,  Guillot 
de  la  Cuisine  et  Le  Camus,  qui  mengeront  à  court  et  auront  m  d.  de 
gaiges  chascun  par  jour  et  n'auront  riens  plus. 

Item,  il  y  aura  un  enfans;  c'est  assavoir  :  Thevenin  de  Bloies, 
Jehan  de  la  Veine,  Jehan  de  Laon  et  Bellebouche,  mengeront  à  court 
et  auront  chascun  ii  s.  vi  d.  le  mois  pour  souliers  et  robes,  comme 
les  autres  de  cuisine  de  bouche. 

Item,  un  saussier  ;  c'est  assavoir  :  Alois,  mengera  à  court  et  aura 
iiii  d.  de  gaiges  par  jour  et  iiii  1.  pour  robe  par  an,  et  menra  le  som- 
mier de  la  sausserie  et  des  espices,  et  aura  xii  menues  chandelles  et 
sera  au  mortier  tant  que  elles  soient  brayées. 

Item,  il  y  aura  un  valiez  de  sausserie-,  c'est  assavoir  :  Le  Barbier, 
Adenet  de  Saint  Germain,  Jacquin  de  Senlis  et  le  Picart,  qui  ne  men- 
geront point  à  court,  mais  il  auront  le  pain  du  sel,  comme  les  autres 
dessus.  Et  doit  le  saussier  faire  l'office  des  escuelles  en  la  présence 
de  l'un  des  queux,  comme  le  saussier  de  bouche. 

Item,  un  huissier  pour  la  cuisine  du  commun;  c'est  assavoir  : 
Jacquet  de  Bethisy,  mengera  à  court  et  aura  un  d.  de  gaiges  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Item,  un  herbergeur  pour  la  cuisine;  c'est  assavoir  :  Doûaust,  et 
fera  venir  la  bûche  et  le  charbon  pour  la  cuisine. 

Item,  un  maignen-,  c'est  assavoir ^  mengeant  à  court,  et  n'aura 

riens  plus. 

Item,  il  y  aura  ir  charretiers  de  grans  charrettes,  qui  auront  chas- 
cun V  s.  de  gaiges  par  jour  et  c  s.  pour  robe  et  harnois  par  an. 

Fruicterie. 

En  la  fruicterie  aura  m  fruictiers;  c'est  assavoir  : 

Jacquet,  Jehan  le  Lombardel  et  Jehan  de  Troies,  s'il  plaist  au  Roy, 

1.  Il  n'est  pas  désigné  dans  le  manuscrit. 


480  L  HOTEL    DE   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

dont  il  y  en  aura  tousjours  ii  à  court,  et  prendra  chascun  ri  provendes 
d'avoine  et  forge,  et  seront  leurs  chevaus  seigniez,  et  mengeront  à 
court  et  auront  livroison  de  chandelle,  chascun  un  quaier  etxii  menues 
chandelles,  une  quarte  devin  de  coucher,  et  aura  chascun  ir  s.  pari- 
sis  de  gaiges  pour  hostelaige  et  pour  toutes  autres  choses,  et  pren- 
dra chascun  livroison  pour  ii  valiez  qui  ne  mengeront  point  à  court. 

Item,  sommeliers  iir,  c'est  assavoir  :  Jehannin  le  Neveu,  Jehan 
de  Vernon  et  Huguelin  Dilles;  et  menront  ii  sommiers,  l'un  du  fruit 
et  l'autre  des  chandelles,  et  mengeront  à  court,  et  aura  chascun 
un  d.  de  gaiges  par  jour  et  lx  s.  pour  robe  par  an  pour  toutes 
chouses,  et  aideront  à  faire  le  service  en  la  salle  sans  nulle  autre  aide. 

Item,  iiii  valiez;  c'est  assavoir  :  Guillemin  de  Saint  Germain, 
Jehannin  Neveu,  Tassin  Toupet  et  Jehan  de  Joûy,  et  un  chaufecire, 
c'est  assavoir  Jehan  du  Val,  qui  mengeront  à  court,  et  auront  chas- 
cun de  eux  m  d.  de  gaiges  par  jour  et  riens  plus. 

Item,  en  la  fruicterie  aura  un  chariot  que  Fen  querra,  et  aura  le 
charretier  un  s.  de  gaiges  par  jour  et  nn  1.  pour  robe  par  an  et  har- 
nois,  et  ne  s'en  pourra  nul  partir  sans  le  congié  des  maistres,  sus  la 
peine  contenue  cy  dessus  en  la  panneterie. 

Escurie. 

En  l'escurie  aura  vi  escuyers  maistres  d'escurie  ;  sçavoir  : 
Philipot  des  Moustiers,  Guillaume  de  Soudoy,  Guiot  de  Veloir, 
Hardie,  Gille  de  Glamart'  et  Guerin  des  Gorones,  dont  il  y  en  aura 
tousjours  nri  à  court,  sçavoir  n  pour  le  cors  et  n  pour  le  commun, 
et  le  maistre  de  la  fouriere  ira  et  vendra  quant  il  voudra  ;  et  n'aura 
chascun  que  n  provendes  d'avoine,  fer  et  clou,  et  seront  leurs  che- 
vaus seigniez,  et  auront  livroison,  une  quarte  de  vin  de  couchier 
chascun,  et  chandelle  et  septain  pour  voir  les  chevaus,  et  chascun 
pour  soy  un  quaier  et  xn  menues  chandelles,  et  prendront  chascun 
livroison  pour  n  valiez,  et  ne  mengeront  point  à  court,  et  c  s.  pour 
robe  par  an  ;  et  ne  se  coucheront  point  li  escuyer  devant  que  il  auront 
veu  tous  les  chevaus  du  Roy,  et  saura  celuy  du  commun  de  qui 
l'avoine  et  le  fein  seront  achatez,  et  combien  il  auront  cousté,  et  sera 
au  livrer  l'avoine. 

1.  Ce  Gilles  de  Clamart  est  mentionné  dans  les  Journaux  du  trésor  de  Phi- 
lippe VI  comme  maître  d'écurie  les  29  mars  et  17  juillet  1328  (voir  l'édition 
des  Journaux  du  trésor  que  nous  préparons  pour  la  collection  des  Docu' 
menls  inédits,  aux  n"  17  et  48). 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  481 

Item,  mareschaiix  m;  c'est  assavoir  :  Guillemin  le  Mareschal, 
M*"  Guy  le  Mareschal  et  Audriet  fils  Homede,  mengeront  à  court,  et 
chascun  une  provende  d'avoine  et  chascun  vin  d.  de  gaiges  pour  son 
vallet  et  pour  toutes  autres  choses,  et  xii  courtes  chandelles  de  livroi- 
son  à  chascun,  et  prendra  chascun  c  s.  pour  robe  par  an  en  la  chambre 
aus  deniers  à  ii  termes,  et  sera  la  defferre  le  Roy. 

Item,  un  clerc;  c'est  assavoir  :  Perrot  le  Clerc,  qui  sera  à  livrer 
l'avoine  et  mengera  à  court,  et  aura  une  provende  d'aveine,  vi  d.  de 
gaiges  pour  son  vallet  et  pour  toutes  autres  chouses,  et  aura  viii  chan- 
delles courtes  et  une  couste  sans  feurre. 

Item,  un  vallet  des  pallefrois;  c'est  assavoir  :  Chatriot\  et  men- 
gera à  court  et  aura  lx  s.  pour  robe  par  an  et  riens  plus,  et  sera  son 
cheval  en  l'escuirie. 

Item,  un  vallet  des  coursiers;  c'est  assavoir  :  Testemolle,  qui  aura 
tout  autel  comme  Chatriot,  vallet  des  pallefrois,  et  tant  d'aydes  auront 
comme  les  escuyers  verront  qu'il  leur  faudra,  selon  les  chevaus  qu'il 
auront,  une  huere  plus,  une  autre  huere  moins. 

Item,  III  valiez  de  forge,  sommeliers;  c'est  assavoir  :  Philipot  le 
Normant,  Jehannin  Compère  et  Henriet  Lallement,  mengeront  à  court 
et  ne  prendront  nulle  autre  chouse;  mais  il  y  aura  ii  sommiers  de 
forge  que  les  ii  valiez  des  m  dessusdiz  menrront,  et  l'autre  ira  à 
pied,  et  aront  tous  m  par  an  chascun  lx  s.  pour  robe. 

Item,  un  aide  à  pié  que  Guillemin  le  Mareschal  prendra. 

Item,  Guillot  le  Mareschal,  pour  les  sergens  d'armes,  mengera  à 
court  et  aura  une  provende  d'avoine  et  fein,  vm  d.  de  gaiges  pour 
son  vallet  et  pour  toutes  autres  chouses,  xii  courtes  chandelles  de 
hvroison,  et  prendra  c  s.  pour  robe  par  an  en  la  chambre  aus  deniers 
à  II  termes,  et  sera  la  deflerre  le  Roy. 

Item,  valiez  d'estables  et  chevaucheurs  ;  c'est  assavoir  :  Guyot  des 
Henaz,  Robin  le  Ghevaucheur,  Girard  le  Grant,  Guillot  le  Breton, 
Jehan  de  Chevreuse,  Hervy  le  Queu,  Hannequin  le  Flamenc,  Feuchy, 
Hemery  Vallée,  Guillot  Quotin,  qui  mengeront  à  court  et  auront 
LX  s.  pour  robe  à  ir  termes  et  riens  plus,  et  les  vi  seront  tousjours  à 
court  pour  faire  l'office  de  l'escuirie,  et  les  autres  iiii  seront  pour 
aller  hors  porter  lettres,  et  les  chevaus  en  l'escurie. 

l.  En  mai  1341,  Philippe  VI  donna  à  Pierre  Chatriot,  son  palefrenier,  12  I.  p. 
de  rentes  qui  auparavant  avaient  été  données  à  vie  à  feu  Hennequin  Lalemaat, 
garde  des  grands  chevaux  du  roi.  —  Acte  vidiraé  en  août  1349  (Arch.  nat., 
JJ  78,  fol.  28,  n»  51). 

1894  34 


482  l'hôtel  de    PHILIPPE   Vr    DE   VALOIS. 

Item,  il  y  aura  une  charrette  à  m  chevaus  qui  seront  le  Roy,. et 
aura  iiii  s.  par  jour  pour  toutes  chouses. 

Item,  il  est  assavoir  que  nuls  chevaus  ne  seront  achatez  sans  le 
commendement  le  Roy  ou  des  maistres  de  l'ostel. 

Item,  que  toutefois  que  escuyers  voudront  compter  de  leurs  mis- 
sions il  appelleront  un  des  maistres  d'hostel. 

Item,  un  vallet  de  train;  c'est  assavoir  :  Audriet,  mengera  à  court 
et  prendra  ainssinc  comme  il  a  esté  accoustumé.  Et  ne  presteront  11 
escuyer  nus  chevaus  le  Roy  par  leur  serement,  se  ce  n'est  du  com- 
raendement  du  Roy  ou  par  le  congié  du  grant  maistre  de  Tostel,  et 
si  n'est  à  court  il  ne  le  feront  pas  sans  le  congié  des  autres  maistres 
d'ostel. 

C'est  Uordenance  de  l'hostel  le  Roy. 
Sus  la  Fourrière  : 

C'est  assavoir  iir  fourriers  : 

Golinet  le  Fourrier,  Estienne  le  Chien  et  Jacques  de  Chambly<, 
dont  li  II  seront  tousjours  à  court,  et  aura  chascun  ii  provendes 
d'avoine,  forge,  et  mengeront  à  court,  et  xix  d.  de  gaiges  pour  chas- 
cun et  c  s.  pour  robe  par  an,  pour  chascun  une  quarte  de  vin  de 
couchier. 

Item,  V  valiez  à  cheval;  c'est  assavoir  :  Thevenin  le  Chien,  Raou- 
let  le  Fumeur,  Piqueigny,  Thevenot  de  Viviers  et  Bertaut  Bourde, 
dont  il  y  en  aura  tousjours  ii  à  court,  et  aura  chascun  une  provende 
d'avoine  et  xiii  d.  de  gaiges  pour  toutes  chouses,  et  c  s.  pour  robe 
chascun  par  an,  et  feront  le  service  eus  mesmes,  ou  il  en  seront  pri- 
vez hors  par  les  maistres  d'ostel. 

Item,  il  y  aura  xi  aydes;  c'est  assavoir  :  Thevenot  Corme,  Jehan- 
not  Esculot,  Martinet  de  Navarre,  Guillot  de  Saint  Gosse,  Richard  de 
Saint  Martin,  Renaud  Escuelleit,  Jehan  de  Monlargis,  Jehannot 
Malet,  Simonet  de  Maante,  Perrot  de  la  Hache  et  Jehannot  Chaillouer; 
lesquiex  aydes  ne  mengeront  pas  à  court,  et  aura  chascun  viii  d.  de 
gaiges  pour  toutes  chouses,  et  porteront  le  fuerre,  les  coustes  et  la 
busche  par  les  chambres  le  Roy  sans  nulle  autre  aide  ;  et  ne  livrera 
l'en  riens  à  nulles  personnes,  fors  ans  vi  chambres,  si  com  il  est 
ordené. 

.   1.  Jacques  de  Chambly  était  encore  fourrier  du  roi  au  mois  d'août  1348 
[Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  n"  3161). 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  483 

Item,  il  y  aura  un  sert  de  l'eaue  qui  mengera  à  court  et  aura  m  d. 
de  gaiges  pour  toutes  cliouses,  et  xl  s.  pour  robe  par  an. 

Item,  Perrot  le  Seneschal,  clerc  de  la  fourrière,  qui  aidera  à  ce 
qui  sera  à  faire,  et  aura  une  provende  d'avoine  et  xiii  d.  de  gaiges, 
et  c  s.  pour  robe  par  an. 

Item,  la  fourrière  aura  pour  le  service  faire  xxx  menues  chandelles 
et  non  plus.  Et  est  ordené  que  li  fourriers  ne  pourront,  ne  mettre 
aide  en  la  fourrière,  ne  oster,  par  leur  serment,  sans  congié  des 
maistres  de  l'ostel. 

Huissiers  de  salle. 

C'est  assavoir  :  Raymondin  Desramé,  Geuffrin,  Olivier,  Jehan  de 
Leglone  et  Feliset,  desquiex  il  en  aura  un  devers  Madame  la  Royne, 
et  en  aura  tousjours  ii  à  court  et  se  ordonneront  à  servir  par  temps, 
et  aura  chascun  une  provende  d'avoine  et  xix  d.  de  gaiges  pour  toutes 
autres  chouses,  cent  sols  pour  robe,  un  quaier  de  chandelles  et 
VI  cortes;  et  sera  tousjours  à  court  Olivier  ou  Geuffrin. 

Portiers. 

Le  Gois,  Gautier  de  Reclouses  et  Thomas  Fauconnier,  dont  les 
Il  seront  tousjours  à  court,  et  aura  chascun  une  provende  d'avoine 
et  XIII  d.  de  gaiges  pour  toutes  chouses  ^  Et  auront  li  portier  un  cin- 
quain,  lequel  sera  pour  sercher  l'ostel  le  Roy,  un  quaier  et  xii  courtes 
chandelles,  et  chascun  portier  pour  soy  vi  courtes  chandelles^.  Et 
auront  pour  tous  demy  molle  de  bûche  en  hyver  à  la  porte,  et  chas- 
cun XL  s.  pour  robe  à  la  Toussains. 

Valiez  de  porte. 

C'est  assavoir  :  Guillot  le  Page  et  Philipot,  qui  mengeront  à  court 
et  n'auront  autres  chouses,  mais  que  eux  ii  auront  un  quaier  pour 
aller  esveillier,  et  chascun  une  couste  et  une  botte  de  fueure,  et  n'ont 
nus  gaiges,  mais  il  ont  chascun  cent  sols  pour  robe  par  an.  Et  aura 
Guillot  le  Page  une  provende  d'avoine,  tant  comme  il  plaira  au  Roy. 

1.  «  Et  G  s.  pour  robe  par  an,  »  au  lieu  de  «  pour  toutes  choses,  »  dans 
Clair.  833. 

1.  Celle  dernière  phrase  :  «  Et  chascun  portier  pour  soy,  vi  courtes  chan- 
delles, »  n'existe  pas  dans  Clair.  833. 


484  L*eÔTEL   DE    PHILIPPE    VI    DE   VALOIS. 

L'ordenance  faite  du  commendement  le  Roy  par  Monseigneur  Jehan 
de  Biaumont\  souverain  maistre  de  Vostel  le  Roy,  Monseigneur 
Pierre  de  Jauney,  Monseigneur  Herouart  de  Belleperche,  maistres 
d'ostel,  à  Espiers  en  Tardenois^,  dimanche  v  jours  de  juin,  l'an 
mil  trois  cens  vingt  huit;  et  la  correction  des  premières  orde- 
nances  des  chouses  obscures  contenues  en  icelleSj  esclarcies  en 
iceste. 

Premièrement,  les  m  chiez  des  offices  de  Panneterie,  d'Eschan- 
çonnerie  et  de  Cuisine  prendront  aussy,  comme  du  temps  du  Roy 
Giialles,  que  Diex  absoille,  c'est  assavoir  :  cliascun,  fein,  avoine,  fer 
et  clou  pour  m  chevaus,  livroison  accoustumée  pour  m  valiez  et 
xir  d.  pour  hostelage,  pour  chascun  jour  qu'il  seront  à  court,  se  il  le 
vuellent  prendre,  chandelles  et  vin  de  concilier  en  la  manière  que  il 
estoit  accoustumé  au  temps  du  Roy  Ghalles,  et  riens  plus. 

Les  autres  pannetiers,  eschançons,  escuyers  de  cuisine  et  queux 
prendront  chascun,  fein,  aveine,  fer  et  clou  pour  ii  chevaus,  livroison 
pour  II  valiez  accoustumée,  viii  d.  pour  hostelage,  chandelle  et  vin 
de  couchier  et  riens  plus. 

Le  clerc  de  la  Panneterie,  d'Eschançonnerie  et  de  Cuisine  pren- 
dront pour  II  chevaus,  fein,  avoine,  fer  et  clou,  et  livroison  pour 
Il  valiez,  VIII  d.  pour  hostelage  chascun,  se  il  le  veullent  prendre,  et 
chascun  cent  sols  pour  robe  par  an  à  ii  termes,  vin  de  couchier  et 
chandelles  en  la  manière  qu'il  a  esté  autrefois  accoustumé. 

Les  valiez  Iranchans  prendront  chascun,  fein,  avoine,  fer  et  clou 
pour  II  chevaus,  livroison  pour  ii  valiez,  viii  d.  pour  hostellage,  c  s. 
pour  robe  chascun  à  ii  termes,  chandelles  et  vin  de  couchier  en  la 
manière  qu'il  avoient  au  temps  du  Roy  Challes  ^. 

Les  fruictiers  et  fourriers  prendront  aussy  pour  ii  chevaus,  chas- 
cun fer  et  clou  et  xix  d.  de  gaiges,  et  des  autres  chouses,  en  la 
manière  accoustumée,  et  riens  plus. 

Le  clerc  de  l'escuirie  prendra  fein,  aveine,  fer  et  clou  pour  un 

1.  Jean  de  Beaumonl,  déjà  maître  d'hôtel  en  1321  sous  Philippe  le  Long, 
devint  souverain  maître  d'hôtel  sous  Philippe  de  Valois  et  resta  à  son  service 
jusqu'à  sa  mort  arrivée  le  2  avril  1338  (n.  st.)  (P.  Anselme,  Histoire  généalo- 
gique, t.  VIII,  p.  311). 

2.  Épicds  (Aisne),  cant.  de  Château-Thierry. 

3.  Le  valet  tranchant  qui  était  à  cour  sous  Charles  le  Bel  avait  «  xii  courtes 
chandelles  et  vin  de  couchier  une  quarte  »  (Bibl.  nat.,  ms.  fr.  7855,  p.  279). 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE  VALOIS.  485 

cheval  et  xii  d.  de  gaiges  pour  son  vallet,  jusques  à  tant  que  il  en 
ait  esté  autrement  ordené. 

Les  sommeliers  des  nappes  ne  prendront  que  ii  d.  chascun  de 
gaiges,  en  la  manière  qui  souUoit;  mais  l'en  leur  fera  grâce,  selon 
ce  que  l'en  verra  que  bon  sera. 

La  lavandière  du  chief  le  Roy  prendra  ii  provendes  d'avoine  et 
II  s.  de  gaiges,  c  s.  pour  robe  et  livroison  en  la  manière  qu'elle  fai- 
soit  au  temps  du  Roy  Ghalles  *. 

La  lavandière  des  nappes  aura  chascun  jour,  pour  nappes  et 
touailles  laver,  jusques  à  tant  qu'il  semblera  bon  aus  maistres  de 
l'ostel,  V  s.  parisis. 

Les  charretiers  des  offices,  c'est  assavoir  :  le  charretier  du  cherriot 
de  chambre  le  Roy,  le  cherretier  des  nappes  d'eschançonnerie,  de 
cuisine,  de  fruicterie  et  de  chambre  aus  deniers,  prendront  gaiges 
aussy  comme  il  faisoient  du  temps  du  Roy  Ghalles^. 

Charpentiers,  maçons  et  autres  maistres  prendront  en  la  manière 
accoustumée. 

Nicolas  de  Condé',  raaistre  de  la  chambre  aus  deniers,  prendra 
fein,  avoine,  fer  et  clou  pour  m  chevaus,  livroison  pour  m  valiez, 
tout  en  la  manière  que  IVP  Raoul  de  Paris  prenoit  au  temps  du  Roy 
Ghalles  \ 

1.  Voici  quelle  était  la  livraison  de  la  lavandière  sous  Charles  le  Bel  d'après 
une  ordonnance  de  janvier  1322  (n.  st.)  :  «  La  lavandière  dou  chief  le  Roy  aura 
livroison,  chascun  jour,  xn  denrées  de  pain  et  un  setier  de  vin,  ii  pièces  de 
char  et  une  poulie,  et  non  plus,  et  aura  une  pro vende  d'avoine  et  forge;  et 
pour  son  vallet  et  pour  toutes  autres  choses,  chascun  jour  xiii  d.  de  gaiges 
(Bibl.  nat.,  ms.  fr.  7855,  p.  270). 

2.  D'après  cette  ordonnance  de  1322  (n.  st.),  voici  quels  étaient  les  gages  de 
ces  charretiers  :  «  Item,  en  la  chambre  le  Roy  aura  un  chariot  à  v  chevaus  qui 
seront  le  Roy  et  seront  en  l'escurie,  et  aura  le  charretier  xii  d.  de  gaiges  par 
jour  et  Lx  s.  pour  robes,  pour  tout  l'an,  et  son  vallet  x  d.  de  gaiges  par  jour 
et  XL  s.  pour  robe,  et  ne  mengeront  point  à  court  »  (Bibl.  nat.,  ibid.,  p.  266). 
—  Pour  l'échansonnerie  :  «  Item,  il  y  aura  une  charrette  à  m  chevaus  qui  aura 
V  s.  de  gaiges  par  jour,  qui  menra  la  huche,  et  ne  mengera  point  le  charretier 
à  court,  mes  il  aura  v  s.  par  jour  pour  ses  m  chevaus  et  pour  li  »  (Ibid., 
p.  273).  —  Pour  la  fruiterie  :  «  Item,  en  la  fruicterie  aura  un  chariot  que  l'en 
querra  »  (Ibid.,  p.  276). 

3.  Ce  Nicolas  de  Condé  est  sans  doute  le  même  que  celui  qui  fut  nommé 
commissaire  pour  payer  les  legs  et  dettes  de  Charles  de  Valois,  père  de  Phi- 
lippe VI,  et  qui,  en  mars  1350  (n.  st  ),  était  chanoine  de  la  chapelle  royale  de 
Paris  {Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  n"  763  et  4664). 

4.  Raoul  de  Paris,  «  clerc,  maistre  de  la  chambre,  qui  fera  les  payemens  et 
aura  n  provendes  d'avoine  et  fer  et  clo,  et  mengera  à  court  et  aura  par  jour 


486  l'hôtel    de   PHILIPPE  VI   DE   VALOIS. 

Perrinet  de  Condé,  clerc  de  ladite  chambre,  prendra  foin,  avoine, 
fer  et  clou  pour  un  cheval,  livroison  pour  un  vallet  et  cent  sols  pour 
robe  par  an  à  ii  termes. 

Pierre  de  Rochefort^  clerc,  contrerouUeur  pour  le  Roy  en  la  dite 
chambre  aus  deniers,  prendra  foin,  avoine,  fer  et  clou  pour  ii  che- 
vaus,  livroison  pour  ii  valiez,  chevaus  du  Roy,  et  l  1.  par  an  de  pen- 
sion à  II  termes  pour  ses  nécessitez. 

Veneurs. 

Jehan  le  Veneur,  maistre  veneur,  est  asseuré  de  ses  gaiges,  hors. 

Raoullet  Goichel,  Henry  de  Meudon,  Perrot  le  Veneur,  Mahiet  le 
Veneur,  Guerinot  de  Filemain  et  Denisot  le  Sage,  tous  veneurs,  auront 
chascun  pour  ii  chevaus,  fer  et  clou  quant  il  seront  à  court,  et  chas- 
cun  V  s.  de  gaiges  hors  et  eus,  jusques  à  tant  que  il  semblera  bon 
et  temps,  et  la  monnoie  soient  amendez. 

Foucaut  Poumier,  ayde,  prendra  fer  et  clou  pour  un  cheval  à  court 
et  m  s.  de  gaiges  à  court  et  hors. 

Colinet  des  Perriers,  mulletier,  prendra  fer  et  clou  à  court  pour  un 
cheval  et  ii  s.  de  gaiges  à  court  et  hors. 

Sept  valiez  de  chiens  auront  chascun  xii  d.  par  jour  à  court  et  hors. 

Et  prendront  tous  ces  veneurs,  aydes,  mulietiers  et  les  valiez  de 
chiens  livroison  accoustumée  à  court  quant  il  seront  à  une  lieue  près 
de  la  court,  et  non  plus,  et  leurs  autres  chouses  accoustumées. 

Item,  iiii  pages  prendront  chascun  x  d.  de  gaiges  par  jour  et  ne 
mengeront  pas  à  court,  ne  ne  prendront  livroison  ne  autres  chouses, 
hors  ne  ens. 

Archers. 

Jehan  Dreue,  maistre  archer,  prendra  fer  et  clou  pour  ii  chevaus 
et  V  s.  de  gaiges  par  jour. 

Guillaume  Roignaut,  Guillaume  Harenc  et  Robin  Roignaut  pren- 
dront chascun  fer  et  clou  pour  ii  chevaus  à  court  et  m  s.  de  gaiges 
par  jour. 

pour  ses  valiez  qui  ne  mengeront  point  à  court  xvi  (1.  de  gaiges,  et  pour  foin  et 
autres  choses  xii  d.  par  jour-,  et  aura  un  cler  à  cheval  qui  aura  une  i)rovende 
d'avoine  el  xiu  d.  de  gaiges  pour  toutes  choses  »  (Bibl.  iiat.,  nis.  fr.  7855,  p.  269). 
1.  Pierre  de  Uochefort  devint  maître  de  la  Chambre  aux  deniers  avant  Pierre 
de  Berne,  qui  l'était  dans  les  dernières  années  du  règne  de  Philippe  VI  (voir 
Journaux  du  trésor  de  Philippe  VI,  la  table,  à  ce  nom). 


l'hôtel    de    PHILIPPE    VI    DE   VALOIS.  487 

Jehan  des  Bicchez,  aide,  ii  s.  par  jour. 

Trois  valiez  de  chiens,  Jehan  Hon,  valleL  des  ars,  eL  le  charretier 
de  la  charrette  de  bois,  chascun  xii  d.  par  jour,  ii  chevaus  de  la  dite 
charrette,  chascun  xx  d.  par  jour.  Tous  ceuz  dessus  prendront  hors 
et  ens,  et  tous  les  archers,  aides,  valiez  et  charretier  prendront  hvroi- 
son  accoustumée  dedans  la  lieue  près  de  la  court,  comme  les  veneurs. 

Item,  II  pages,  chascun  x  d.  par  jour,  et  ne  prendront  riens  plus 
à  court. 

(La  fin  au  prochain  numéro.) 


I 


ALEXANDRE  DE  VILLEDIEU 


ET 


GUILLAUME  LE  MOINE,   DE  VILLEDIEU 


En  ^893,  M.  le  docteur  Dietrich  Reichling,  professeur  au  gym- 
nase de  Heiligenstadt,  a  publié  une  longue  et  consciencieuse  étude 
sur  la  vie  et  les  œuvres  d'Alexandre  de  Villedieu,  avec  un  texte  du 
Doctrinal,  solidement  établi  et  savamment  commenté  :  le  tout  forme 
le  tome  XII  des  Monumenta  Germanix  pœdagogica  '.  L'auteur  en  a 
détaché  la  partie  bibliographique,  qui,  sous  le  titre  de  Alexandri 
de  Villa  Dei  Doctrinalis  codices  manu  scripti  et  lihri  typis  impressP, 
contient  la  description  de  250  manuscrits  et  de  296  éditions  du  Doc- 
trinal. C'est  là  un  travail  très  méritoire,  qui  sera  fort  utile  pour  l'étude 
de  différentes  questions  d'histoire  littéraire  ou  de  bibliographie,  et 
dont  les  bibliothécaires  pourront  en  toute  confiance  faire  usage  pour 
bien  distinguer  les  éditions  du  Doctrinal  :  un  renvoi  aux  numéros 
des  notices  de  M.  Reichling  suffira  désormais  pour  identifier  les 
exemplaires  qui  doivent  figurer  dans  les  catalogues.  J'en  ai  fait 
l'expérience  en  passant  en  revue  les  éditions  du  Doctrinal  que  pos- 
sède la  Bibliothèque  nationale  et  dont  le  catalogue  peut  s'établir 
comme  il  suit  : 

Catalogue  des  éditions  du  Doctrinal  conservées 
à  la  Bibliothèque  nationale. 

Sommaire. 
Éditions  sans  date  :  ^-7. 

1.  Das  Dnclrinale  des  Alexander  de  Villa  Dei.  KriUsch-exegetische  Ausgnbe 
mit  Einleitung.  Verzeichniss  der  Handschripen  und  Druche  nebst  Registeni. 
Berlin,  A.  Hofmann,  18'J3,  in-8"  de  xxiii,  cccix  et  211  p. 

2.  Berolini,  1894,  in-8'  de  vin  et  189  p. 


AlEXiNDEE  DE  VILLEDIEU  ET  GUILLAUME  LE  MOINE,  DE  VILLEDIEU.      489 

Éditions  datées,  rangées  chronologiquement  :  8-^9. 
Éditions  publiées  à  :  Berlin,  -19. 

Deventer,  45. 

Milan,  9. 

Nuremberg,  40. 

Paris,  2,  3,  46,  4  7,  48. 

Parme,  8. 

Rouen,  4. 

Tusculum,  5. 

Venise,  6,  7,  44,  42,  43. 
Éditions  dépourvues  de  commentaires  :  4,3,  6,  7,  8,  9. 
Éditions  avec  notes  ou  commentaires  de  : 

Ascensius  (Joscius  Badius),  45,  46,  47. 

Bernier  (Johannes),  4. 

Guaschis  (Ludovicus  de),  5,  40,  44,  42,  43. 

Gutterius  (Andréas),  2. 

Kempo  Tessaliensis,  2. 

Malleolus  (Paulus),  44. 

Monierus  (Foucaudus),  4. 

Reichling  (D.),  49. 

Susannœus  (Hubertus),  48. 

Tiberga  (Pacinus),  44. 

Torrentinus  (Hermannus),  2. 

Vaus  (Johannes),  46. 

1.  Alexandre  de  Villedied.  —  Fragments  d'une  ou  de  plu- 
sieurs éditions  du  Doctrinal,  appartenant  à  la  prototypographie 
néerlandaise  et  imprimées  avec  les  caractères  qui  ont  servi  pour 
le  «  Spéculum  humanae  salvationis.  » 

La  Bibliothèque  en  possède  8  feuillets  sur  vélin,  reliés  dans  les 
volumes  1046  et  1047  de  la  série  des  vélins,  savoir  : 

1°  (Fol.  2-5  du  volume  coté  Vélins  1047,  lequel  provient  de  la 
bibliothèque  de  Renouard.)  Fragment  contenant  presque  en  entier 
le  chapitre  relatif  à  la  troisième  déclinaison,  et  ce  qui  suit,  depuis 
le  vers  114  «  Quod  nomen  proprium  quod  non  ita  sit  tibi  notum,  » 
jusqu'au  vers  347  «  Is  vel  eos  tenet  im  quartus  reliquique  dabunt 
1.  »  —  29  lignes  à  la  page. 

2"  (Fol.  1  et  2  du  volume  coté  Vélins  1046.)  Fragment  relatif 
aux  trois  premières  conjugaisons,  depuis  levers  694  «  Ut  tibi  per 


490  ALEXAINDRE   DE   VILLEDIED 

metrum  formatio  preteritorura  »  jusqu'au  vers  809  «  Hinc  vinco 
vici  sunt  testes  crescoque  crevi.  »  —  29  lignes  à  la  page. 

3"  (Fol.  3  du  même  volume.)  Fragment  relatif  à  la  quantité 
des  premières  syllabes,  depuis  le  vers  1709  «  Ac  brevis  probat  hoc 
acer  arbor  acerbus  acesco^  ?>  jusqu'au  vers  1771  «  Fecis  securus 
fecundus  grecia  cecus.  »  —  Probablement  32  lignes  à  la  page. 
La  tête  de  ce  feuillet  a  été  enlevée. 

4°  (Fol.  4  du  même  volume.)  Autre  fragment  du  même  cha- 
pitre, depuis  le  vers  1899  «  Atque  logos  sermo...  »  jusqu'au  vers 
1961  «  Up  curtatur  sed  Jupiter  excipatur  {sic).  »  —  32  lignes  à 
la  page. 

2.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Doctrinale  totius  gramma- 
tices  artis  in  unum  compendiose  digestum  opus,  juxta  ipsius 
specierum  positive  dyasinthetice  prosodieque  calculationem,  ab 
eruditissimis  hujus  scientie  professoribus ,  diligenter  gnareque 
excusum  cum  familiari  vocabulorum  interpretatione  gallica 
adjuncta  teutonice. . .  Epitheta  auctorum  :  Hermannus  Torrenti- 
nus  in  primam  partem  Alexandri  ;  Rempo^  Tessaliensis  in  secun- 
dam  partem  ;  Andréas  Gutterius  Cerasianus^,  in  tertiam  partem  ; 
in^  Donatum  familiaris  commentarius  ;  Regularum  grammatica- 
lium  compendiura;  Gonstructiones  singularis  {sic);  Elegantie 
perquam  utiles;  Species  figurarum;  Modus  punctandi.  Marque 
de  Bernard  Aubri.  Veneunt  in  bibliopolio  Bernardi  Aubri,  sub 
Divi  Martini  stemmate,  in  vico  Jacobeo.  —  Paris,  s.  d.  In-4°. 
Gabiers  A,  B,  A-G  et  a-q.  Garactères  gothiques.  N°  208  de 
Reichling.  Réserve.  X.  1381. 

3.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Textus  Alexandri.  Marque 
de  Denis  Roce.  —  [Pa^'is,]  s.  d.  Petit  in-8°.  Gabiers  [a]-e. 
N°  202  de  Reichling.  Réserve.  X.  2581 . 

1.  Je  donne  ce  vers  par  conjecture,  la  tête  de  ce  feuillet  ayant  été  coupée 
par  le  relieur. 

2.  Le  titre  porte  bien  Rempo;  mais  il  s'agit  d'un  certain  «  Kempo  »  deTexel. 

3.  Les  bibliographes  normands  auront  à  vérifier  la  patrie  de  cet  André  Gout- 
tière, qui,  suivant  M.  Reichling  (p.  lxix),  aurait  été  originaire  «  aus  Cerisy, 
einem  Fleckcn  in  der  Normandie.  » 

4.  Sur  le  titre,  en  regard  de  ce  qui  suit  (In  Donatum  —  Modus  punctandi) 
se  lisent  les  mots  :  Donatus,  Remigius,  grammatici,  disposés  de  façon  à  domi- 
ner tout  le  passage. 


ET   GDILLAUME   LE   MOINE,    DE   VILLEDIEU.  49< 

4.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Focaudi  Monie  ||  ri  cum 
glosa  fa  II  miliarissima  super  Doctrina  ||  le  Alexandri  de  Villa- 
dei,  una  cum  additionibus  ||  magistri  Johannis  Bernier  recenter 
adje||ctis,  ut  legentibus  etiam  contenta  primis  in  ||  tuitibus 
pateant,  recenti  correctione  et  eraen  ||  datione  accuratissime  cas- 
tigata.  Marque  de  Thomas  Laisné.  —  (A  la  fin  :)  Doctrinale 
Alexandri,  una  cum  glosa  Focau  ||  di  Monieri  atque  nonnullis 
pluribus  in  locis  super  ||  additionibus,  per  magistrum  Johannem 
Bernier,  |j  appositis.  Impressum  Rothomagi,  in  officina  ||  Guil- 
lermi  Tuveel,  impenssis  honesti  viri  ||  Thome  Laisné.  —  Rouen, 
s.  d.  In-8°.  192  feuillets  non  chiffrés.  Cahiers  signés  [A]-&. 
Caractères  gothiques.  Réserve,  p.  X.  27. 

5.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Doctrinale.  Opus  Alexandri 
grammatici  pro  eruditione  puerorum.  —  (A  la  fin  :)  Tusculani, 
per  Alexandrum  de  Paganinis,  apud  lacum  Benacensem.  — 
Tusculum,  s.  d.  In-4°.  Cahiers  a-h.  Caractères  gothiques. 
N°  258  de  Reichling.  Réserve.  X.  815. 

(Avec  le  commentaire  de  «  Ludovicus  de  Guaschis.  ») 

6.  Alexandre  de  Villedieu.  —  [Doctrinale.]  Édition  en 
lettres  rondes,  sans  titre  initial  ou  final.  Première  ligne  de  la 
première  page  :  SCRIBERE  CLERICVLIS  Paro;  première  ligne 
de  la  dernière  page  :  Expectâdo  davit  expectâs  sic  geminavit. 

—  {'Venise,']  s.  d.  In-foL,  quoique  les  pontuseaux  soient  hori- 
zontaux. 46  feuillets  non  chiffrés,  formant  six  cahiers  non  signés. 
N°  1  de  Reichling,  qui  considère  cette  édition  comme  publiée  à 
Venise,  par  Vindelin  de  Spire,  vers  1470.      Réserve.  X.  1299. 

7.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Alexandri  grammatici  doc- 
tis  II  simi  opus  metrice  compositum  ||  féliciter  et  correctissimum. 

—  (A  la  fin  :)  M.  CCCC.  LXXIIII,  die  vero  xxv  maii.  ||  Vene- 
tiis.  —  Venise,  1474.  In-fol.  41  feuillets,  sans  signatures. 
Caractères  ronds.  N°  5  de  Reichling.  —  Reliure  en  mar.  r.  aux 
armes  du  roi.  Réserve.  X.  125. 

8.  Alexandre  de  Villedieu.  —  [Doctrinale.]  (A  la  fin  :) 
Impressum  Parmse,  M.  CCCC.  LXXVIII,  die  xvii  novembris. 

—  Parme,  1478.  In-4°.  Cahiers  a-f.  Caractères  ronds.  N°  8  de 
Reichling.  Réserve,  p.  X.  9. 


492  ALEXANDRE   DE   VILLEDIED 

9.  Alexandre  de  Villedieu.  —  [Doctrinale.]  (A  la  fin  :) 
Impressum  Mediolani,  per  Leonardum  Pachel  et  Ul  ||  dericum 
Sinezenzeller  teuthonicos.  M.  CCCC.  LXXXIIII,  ||  die  xvii  de- 
cembris.  —  Milan,  1484.  In-fol.  Cahiers  a-d.  Caractères 
gothiques.  N°  24  de  Reichling.  Manque  le  premier  feuillet,  qui 
contenait  peut-être  un  titre.  Réserve.  X.  454. 

10.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Incipit  Allexander  grama- 
ticus  II  cum  brevi  et  utili  expositione.  —  (A  la  fin  :)  Impressus 
Nurrnberge,  per  Fredericum  ||  Creusner,  anno  Domini  millesimo 
quadringentesimo  octua  ||  gesimo  septimo.  — Nuremberg,  1487. 
In-4^  Cahiers  a-v.  Caractères  gothiques.  N°  748  de  Hain,  37  de 
Reichling.  Réserve.  X.  1300. 

(Avec  le  commentaire  de  «  Ludovicus  de  Guascliis.  ») 

11.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Opus  Alexandri  gramma- 
tici  pro  eruditione  puero  ||  rum  utilissimum  incipit.  —  (A  la  fin  :) 
Alexandri  grammatici  opus  interpretatum  a  viro  ||  eruditissimo 
grammatico  domino  Ludo  ||  vico  de  Guascliis.  Impressum  Vene  || 
tiis,  per  Bernardinum  Bena  ||  lium  Bergomensem,  an  ||  nosalutis 
M.  CCCC.  LXXXVII,  die  vu  ||  mensis  ma  jj  dii.  —  Ve^iise, 
1487.  In-fol.  Cahiers  A-H.  N°  750  de  Hain  et  33  de  Reicliling. 

Réserve.  X.  124. 

12.  Alexandre  de  Villedieu.  — Doctrinale  ||  cum  comento. 

—  (A  la  fin  :)  Doctrinale  Alexandri  grammatici  pro  eruditione 
puerorum  féliciter  explicit.  Impressum  ||  Venetiis,  per  famosissi- 
mam  Liga  Bovariam,  anno  Domini  1491,  die  quinto  januarii. 

—  Venise,  1491.  In-4*'.  Cahiers  a-1.  Caractères  gothiques. 
N°  83  de  Reichling.  Réserve.  X.  1301. 

(Avec  le  commentaire  de  «  Ludovicus  de  Guaschis.  >) 

13.  Alexandre  de  Villedieu.  —  (Fol.  An  :)  Opus  Alexan- 
dri grammatici  pro  eruditione  puerorum  incipit.  —  (A  la  fin  :) 
Doctrinale  Alexandri  grammatici  pro  eruditione  puerorum  féli- 
citer explicit.  Impressum  ||  Venetiis,  per  Sjmonem  Papiensem 
alias  Bevilaqua,  anno  Domini  1492,  die  9  maii.  —  Ve^iise, 
149-4?.  ln-4°.  Cahiers  A-L.  Caractères  gothiques.  N°  95  de  Reich- 
ling. Réserve.  X.  1302. 

(Avec  le  commentaire  de  «  Ludovicus  de  Guaschis.  ») 


ET   GUILLAUME   LE   MOINE,    DE   VILLEDIEU.  493 

14.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Facini  Tibergae  in  [| 
Alexandrum  interpretatio.  Marque  de  B.  Rembolt.  —  (A  la  fin  :) 
Facini  Tibergae  in  Alexandrum  expositio,  a  Paulo  Mal  ||  leolo 
exacte  recognita,  per  industriosum  chalcographum  ||  lîertoldum 
Renbolt,  Parisiis,  in  vico  Sorbone,  impressa,  finem  ||  sortita  est 
fœlicem,  tertio  kalendas  junias,  anno  Christi  Mil  ||  lesimo  quin- 
gentesimo.  —  Paris,  1500.  In- 4°.  Cahiers  a-q.  Caractères 
gothiques.  N°  155  de  Reichling.  Réserve.  X.  1303. 

(Ce  volume  contient  le  texte  du  Doctrinal  avec  le  commentaire  de 
Facinus  Tiberga.) 

15.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Tercia  pars  Alexandri, 
simul  cum  quarta  parte  ejusdem,  cum  explanatione  Ascensiana 
in  multis  castigata;  cui  preterea  recens  addita  sunt  hec  rudi- 
menta  :  de  grecarum  dictionum  ad  nos  traductarum  ortographia  ; 
de  latinarum  dictionum  recta  scriptura  ;  de  accentuum  discre- 
tione  ex  Prisciano  ;  de  eorumdem  cognitione  ex  eodem  precepta 
yiginti;  de  jSguris  tabula  seu  index  alphabeticus.  —  (A  la  fin  :) 
Finis  Doctrinalis  Alexandri  diligentissime  ex  ||  planati  et  aucti, 
ut  in  frontibus  premissum  est.  Impressa  autem  est  hec  pars  opéra 
et  accuratione,  ||  anno  Domini  M.  CCCCC,  in  profesto  presenta- 
ti  Ij  onis  Marie.  —  Deventer,  1500.  In-4o.  Cahiers  A-0.  Carac- 
tères gothiques.  N°  133  de  Campbell,  149  de  Reichling. 

Réserve.  X.  1304. 

16.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Rudiraenta  Ascensiana, 
cum  prima  parte  Doctrinalis,  diligenter  recognita  et  explanata, 
cumque  syntaxi  penitus  per  eundem  reposita,  et  dictionariolo  in 
primam  partem  addendo.  Vaenundantur  Badio,  cum  gratia  et 
privilegioin  quadriennium,  1523.  — Paris,  1523.  In-4''.  Cahiers 
signés  A-D,  a-k,  Aa-Kk  et  aa-cc.  Edition  inconnue  de  Reichling. 

X.  2062. 

(Remaniement  des  deux  premières  parties  du  Doctrinal  avec  des 
commentaires  et  des  appendices,  par  Josse  Bade  et  par  l'écossais 
Jean  Vaus.  Au  verso  du  titre,  épitre  dédicatoire  adressée,  le 
28  août  1523,  par  Josse  Bade  à  «  Joannes  Bulutus,  grammati- 
corum  regalis  aliisque  nominibus  illustris  Navarrorum  coliegii 
magister.  ») 

17.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Tertia  pars  Doctrinalis 
Alexandrini,  in  qua  hsec  insunt  capita  :  de  arte  versificatoria, 


494 


ALEXANDRE    DE    VILLEDIED 


totius  operis  caput  x;  de  prosodiis  seu  accentibus  cap.  xi;  de 
ôguris  penitus  repositis  cap.  xii;  de  orthographia  superaddetur 
cap.  XIII.  Vsenundatur  Badio,  cum  gratia  et  privilegio  quibus 
partes  reliquse.  —  (A  la  fin,  fol.  cviii  :)  In  typographia  Ascen- 
siana,  postridie  natalis  divi  Baptistse,  anno  M.  D.  XXIIII.  — 
Paris,  1524.  In-4°.  108  feuUlets.  N°  258***  de  Reichling. 

X.  2062(2). 

{Suite  du  vohime  précédent.  Au  verso  du  titre,  dédicace  adressée 
par  Josse  Bade  à  Louis  Lassere,  proviseur  du  collège  de  Navarre, 
le  i^^  mai  1524.  A  la  fin,  deux  cahiers  complémentaires,  signés  pp 
et  a,  contenant  des  additions  et  un  petit  dictionnaire  de  noms 
propres.  A  la  fin  du  second  cahier  :  «  Finis,  nono  calendas  octobris 
M.  D.  XXV.  »  Ces  deux  cahiers  manquent  dans  l'exemplaire  décrit 
par  Reichling.) 

18.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Quanti tates  Alexandri 
Galli,  vulgo  de  Villadei,  correctione  adhibita  ab  Huberto  Sus- 
sanaeo,  locupletatae. . .  Accesserunt  Accentuum  regulae  omnium 
absolutissimae...,  coUectse  per  eundem  Sussanseum.  Additus  est 
Elegiarum  ejusdem  liber.  —  Parisiis,  apud  Simonem  Coli- 
nœum,  1542.  In-8°.  N°  262*  de  Reichling.  Page  351  de  la 
Bibliographie  de  S.  de  Colines,  par  Ph.  Renouard.       Yc.  4602. 

19.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Das  Doctrinale  des  Alexan- 
der  de  Villadei.  Kritisch-exegetische  Ausgabe...,  bearbeitet  von 
professor  D""  Dietrich  Reichling...  —  Berlin,  A.  Hofmann  und 
comp. ,  1893.  In-8°.  8°  R.  7971 . 

(Tome  XII  de  Monumenta  Germanias  Pzdagogica.) 

La  Bibliothèque  nationale  possède  donc  à  peine  la  seizième  partie 
des  éditions  connues  du  Doctrinal,  et,  parmi  celles  qui  lui  manquent, 
on  en  remarque  plusieurs  d'origine  française  dont  l'absence  est  fort 
regrettable.  Il  nous  manque  une  édition  de  Gaen\  une  de  Troyes^, 


1.  Volume  sans  date,  publié  par  Michel  Angier.  N»  225*  de  Reichling. 

2.  «  ...  Trecensi  impressum,  per  Johannem  Le  Coq,  anno  1506.  »  N"  198.  Ce 
livre,  décrit  d'après  un  exemjjlaire  de  la  bibliothèque  de  l'Université  de  Bâle, 
permet  de  faire  remonter  à  l'année  iôOG  l'exercice  de  l'imprimeur  Iroyen  Jean 
Lecoq  ;  le  premier  livre  de  lui  qui  ait  été  connu  de  M.  Corrard  de  Breban  et 
de  M.  Thierry-Poux  est  un  bréviaire  de  l'année  1509.  Voy.  Recherches  sur 
l'établissement  et  l'exercice  de  l'imprimerie  à  Troyes,  3"  édit.,  p.  92. 


ET   GDILLAOME    LE   MOENE,    DE   VILLEDIEU.  495 

deux  de  Lyon^  et  trois  de  Rouen  2.  Ce  qui  est  surtout  regrettable, 
c^est  que,  sur  les  vingt-deux  éditions  parisiennes  du  Doctrinale  que 
M.  Reichling  a  décrites,  nous  en  possédons  seulement  cinq. 

Parmi  celles  qui  ne  sont  pas  représentées  chez  nous,  cinq  sont 
dépourvues  de  date  :  elles  ont  été  publiées  par  ou  pour  Pierre  Le  Dru 
(201),  Jean  Petit  (208),  Jean  Gauthier  (2^6),  Geoffroi  Marnef  (217)  et 
Jean  Herouf  (24^). 

Voici  la  date  des  autres,  avec  les  noms  des  imprimeurs  ou  des  édi- 
teurs : 

4483.  UlricGering.  N°24. 

U89  et  UQO.  Pierre  Levet.  N"'  57  et  62. 

4492.  Michel  Le  Noir.  N°  99. 

-1495.  Aux  frais  de  Jean  Petit  et  de  Jean  Alexandre  d'Angers. 
NM24. 

1500.  André  Bocard.  N"  453. 

4504.  Jean  Petit.  NM84. 

4506-4  507.  Jean  Petit.  N°  204. 

4  508.  Gaspard  Philippe  pour  Ponset  Le  Preux  et  François  Regnault. 
No240. 

4540.  Jean  Petit  et  Josse  Bade.  N"  223. 

4522  et  4526.  Josse  Bade.  N°^  258**  et  260. 

L'une  des  plus  intéressantes  est  celle  que  M.  Reichling  a  décrite 
sous  le  n"  453,  en  combinant  deux  exemplaires  incomplets  qui  en 
sont  conservés,  l'un  à  la  bibliothèque  Mazarine^,  l'autre  à  la  biblio- 
thèque du  gymnase  de  Quedlinbourg.  Elle  renferme  le  texte  du  Doc- 
trinal et  les  commentaires  de  «  Johannes  Sinthenius,  »  revus  par 
Josse  Bade.  Le  volume  est  divisé  en  trois  parties.  L'impression  en 
a  été  faite  par  André  Bocard,  qui  a  ainsi  daté  les  deux  premières  par- 
ties :  L  «  Anno  MGGGGG,  ad  vi  calendas  novembris-,  »  IL  «  Hoc  jubi- 
leo  xxx"  adsextum  calendas  decembris''.  »  Nous  ignorons  la  date  de 

1.  0  Lugduni  per  Jo.  de  Prato,  a.  1488,  die  ultima  januarii.  »  N°  48.  — 
«  Lugduni  per  Jo.  de  Prato,  a.  1489,  die  15  augusti.  »  N»  56. 

2.  «  Rothoraagi,  in  officina  Richardi  Goupil,  irnpensis  Guillermi  Benard.  » 
N*  80.  —  «  Rothomagi,  in  offlcina  magistri  Pétri  Violette,  irnpensis  Pétri 
Regnault.  »  N°  81.  —  «  Rotomagi,  Rich.  Goupil,  irnpensis  Michaelis  Angier.  » 
—  N"  250****. 

3.  Voyez  les  notices  insérées  aux  p.  610  et  624  du  Catalogue  des  incunables 
de  la  Mazarine.  La  troisième  partie  de  cette  édition  du  Doctrinal  a  été  omise 
dans  le  catalogue  des  incunables  de  la  Mazarine. 

4.  C'est-à-dire  le  trentième  jubilé  =  1500. 


496  ALEXANDRE  DE  VILLEDIEU 

la  troisième  partie  :  l'exemplaire  unique  qui  en  est  connu  et  que  pos- 
sède la  bibliothèque  Mazarine  est  incomplet  des  derniers  feuillets. 

En  tête  de  la  première  partie  se  trouve  une  lettre  de  Josse  Bade, 
dont  je  donne  ici  les  premières  et  les  dernières  lignes  : 

Jodocus  Badius  Ascensius,  religiosis  admodum  et  cum  primis 
eruditis  patribus  Egidio  Ghiis  et  Andrée  Terreburgo,  scholasti- 
corum  domus  fratrum  Divi  Hieronymi  Gandavi  rectoribus  et  pre- 
ceptoribus  optimis,  ceterisque  ejusdem  domus  venerandis  columi- 
nibus,  salutem...  —  ...  Ex  officina  nostra  litteraria  Parrhisiis, 
ad  XV  calendas  septembris,  anno  M.  CCCCC*. 

L'exemplaire  de  Quedlinbourg  ne  contient  que  les  deux  premières 
parties  de  cette  édition,  auxquelles  on  a  annexé,  pour  le  compléter, 
la  troisième  partie  d'une  édition  de  la  même  année,  achevée  par 
André  Bocard  le  -1 3  juin  •1500  :  «  Ad  idus  junias  M.  CGGCG.  »  Cette 
édition,  soit  dit  entre  parenthèses,  aurait  pu  être  classée  sous  un 
numéro  distinct  dans  la  bibliographie  de  M.  Reichling.  Elle  renferme, 
au  commencement  de  la  troisième  partie,  une  lettre  de  Josse  Bade  : 

Jodocus  Badius  Ascensius,  Joanni  de  Thalaru  et  Antonio  Dars, 
canonico  Divi  Joannis  Lugdunensis...  —  ...  Ex  officina  nostra 
litteraria...  raillesimo  quingentesimo  primo ^. 

La  première  de  ces  lettres  de  Josse  Bade  est  à  retenir  pour  fixer 
nos  idées  sur  les  débuts  de  Josse  Bade  à  Paris.  Nous  savons,  par 
la  préface  d'une  édition  de  Perse^,  que  Josse  Bade  était  encore  à  Lyon 
le  27  janvier  •1499.  D'autre  part,  il  a  ainsi  daté  cinq  lettres  qui  se 
lisent  dans  les  cinq  parties  d'une  édition  des  poésies  de  Baptiste  le 
Mantouan,  imprimée  en  ^499  par  Thielman  Kerver  pour  Jean  Petit 
et  Jean  de  Goblentz  "  : 

1.  La  même  lettre,  avec  une  autre  date  (Ex  officina  nostra  litteraria  Parrhi- 
siis, ad  X  calendas  septembris,  anno  MDIIII),  se  trouve  dans  l'édition  du  Doc- 
trinal que  Jean  Petit  lit  paraître  en  1504. 

2.  Je  ne  m'explique  pas  bien  comment  une  lettre  de  l'année  1501  se  trouve 
dans  une  partie  de  volume  qui  semble  avoir  été  achevée  d'imprimer  le  13  juia 
1500. 

3.  «Ex  officina  nostra Lugdunensi, anno  a natali  Salvatoris  nostriMCCCCXCIX, 
ad  sextum  calendas  februarias.  »  Édition  de  Perse,  imprimée  à  Lyon  par  Nico- 
las Wolf  à  la  date  du  27  janvier  1499;  il  y  en  a  un  exemplaire  dans  la  Réserve 
de  la  Bibl.  nat.,  m.  Yc.  1003. 

4.  La  Bibl.  nat.,  Réserve,  m.  Yc.  212,  possède  un  bel  exemplaire  de  ce 
recueil.  Voyez  Hain,  n"  2369  et  2385. 


ET  GUILLAUME    LE   MOINE,    DE   VILLEDIEU.  497 

Ex  gymnasio  Parrhisiano,  ad  nonas  Augusti,  anno  Domini 
1499;  —  Ex  Lutecia  Parrhisiorum,  ad  quartum  idus  octobris, 
anno  1499;  —  Ex  gymnasio  Parrhisiensi ,  ad  idus  octobris, 
anno  1499;  —  Ex  officina  nostra  litteraria,  pridie  calendas 
decembris,  anno  1499. 

C'est  donc  entre  le  27  janvier  et  le  5  août  -1499  que  Josse  Bade  a 
quitté  Lyon  pour  s'établir  à  Paris  ;  mais  il  resta  dans  cette  dernière 
ville  un  certain  temps  avant  d'avoir  à  diriger  une  imprimerie  en  son 
propre  nom;  cela,  du  moins,  paraît  bien  résulter  des  lettres  dont  les 
dates  viennent  d'être  indiquées,  comme  aussi  de  la  lettre  du  1 8  août 
<500,  mise  en  tète  de  la  première  partie  du  Doctrinal,  qui  fut  achevée 
d'imprimer  par  André  Bocard  le  27  octobre  ^300. 

Une  autre  édition  parisienne  d'une  partie  du  Doctrinal  bien  digne 
d'être  remarquée  est  celle  que  M.  Reichling  a  décrite,  sous  le  n°258**, 
d'après  un  exemplaire  conservé  à  l'Université  d'Aberdeen  : 

In  primam  Doctrinalis  Alexandrini  de  nominum  ac  verborum 
declinationibus  atque  forma tionibus  partem,  ab  Jodoco  Badio 
Ascensio  recognitam,  magistri  Joannis  Vaus,  natione  Scoti  et 
percelebris  Abredonensium  academiae  grammatici,  commentarii, 
ab  eodem  Ascensio  ibidem  recogniti  atque  impressi.  —  (A  la  fin  :) 
Sub  prelo  Ascensiano,  ad  idus  martias  M.  D.  XXII. 

Ce  livre  renferme  trois  lettres  dont  M.  Reichling  nous  a  fait  con- 
naître de  trop  courts  passages  : 

Jodocus  Badius  Ascensius,  studiosis  Abredonensis  Academise 
philosopbis,  salutem.  (Fol.  1  v".) 

Joannes  Vaus,  artium  bonarura  professor,  studiosis  Abredo- 
nensium gymnasii,  nuper  féliciter  instituti,  scholasticis,  salu- 
tem... —  ...  Ex  inclyta  Parrhisiorum  Lutecia,  salutiferi  partus 
anno  XXII  supra  millesimum  et  quingentesimum,  mense  februa- 
rio.  (Fol.  2.) 

Robbertus  Grae  Aberdonensis,  studiosse  juventuti  inibi  com- 
moranti,  salutem...  —  ...  Valete.  Idibus  februarii,  ex  collegio 
Bonse  Gurise,  anno  1522.  (Fol.  95  v"  et  96.) 

On  entrevoit  l'intérêt  que  de  tels  documents  doivent  offrir  pour 
l'histoire  des  rapports  de  Josse  Bade  et  de  l'Université  de  Paris  avec 
la  jeunesse  de  l'Ecosse  au  commencement  du  xvi®  siècle. 

La  série  des  éditions  du  Doctrinal  que  possède  la  Bibliothèque 
4894  32 


498  ALEXANDRE   DE  VILLEDIEU 

nationale  fournit  à  peine  la  matière  de  trois  additions  à  la  liste  de 
M.  Reichling.  Ce  sont  les  articles  -1 , 4  et  i  6  du  catalogue  imprimé  un 
peu  plus  haut.  Encore  le  premier  de  ces  articles  ne  rentrait-il  pas 
dans  le  plan  que  l'auteur  s'était  proposé.  A  son  grand  regret,  il  n'a 
pas  eu  le  moyen  de  s'occuper  utilement  des  éditions  du  Doctrinal 
connues  seulement  par  des  fragments  retrouvés  dans  de  vieilles 
reliures  ou  sous  la  forme  de  couvertures  de  registres.  Il  a  laissé  à 
d'autres  le  soin  de  classer  ces  débris  épars  dans  beaucoup  de  biblio- 
thèques ou  d'archives  et  dont  il  apprécie  mieux  que  personne  Tim- 
portance  :  «  Nam  diligenlem  et  accuratam  ejusmodi  fragmentorum 
perscrutationem,  ad  controversiam  illam  de  vero  inventore  ejus  artis, 
quœjuredivina  dicitur,  dijudicandam  maximi  esse  momenti  quis  est 
qui  infitietur?  » 

M.  Reichling,  qui  s'est  passionné  pour  le  sujet  d'études  auquel  il 
a  consacré  plus  de  dix  années  de  travail,  ne  désespère  pas  de  recueil- 
lir les  matériaux  d'un  assez  notable  supplément,  et  il  a  fait  un  appel 
aux  bibliothécaires  pour  l'aider  à  en  réunir  les  éléments.  Espérons 
que  rappel  sera  entendu!  Il  reste  encore,  j'en  suis  persuadé,  beau- 
coup de  manuscrits  et  d'éditions  du  Doctrinal  à  signaler.  Voici,  par 
exemple,  une  édition  nouvelle  qui  a  bien  l'air  de  remonter  au 
xv«  siècle  -,  je  Tai  récemment  remarquée  dans  une  petite  bibliothèque 
de  province,  la  bibliothèque  de  Valognes,  où  d'ailleurs  les  vieux  livres 
sont  en  quantité  respectable  : 

Textus  Alexandri.  Au-dessous  de  ces  mots,  écusson  vide,  sup- 
porté par  deux  anges.  Au  verso  du  titre,  image  de  l'Annoncia- 
tion. —  (A  la  fin,  fol.  F  m  v°,  ligne  20  :)  Doctrinale  Dei  virtute 
juvante  peregi  ||  Grates  reddo  tibi  genitor  Deus  et  ti  ||  bi  Christel 
Nate  Dei  Deus  atque  tibi  Deus  alitus  aime  ||  Quos  très  personas 
in  idem  credo  deitatis.  ||  Finis.  —  S.  L,  s.  d.  In-8°  de  44  feuil- 
lets. Signatures  A-F.  Caractères  gothiques.  31  ou  32  lignes  à  la 
page. 

Points  de  repère  pour  reconnaître  cette  édition  :  Fol.  D  ii, 
ligne  21  :  «  Pandere  proposui  per  versus  syllaba  queque  » 
(vers  1550).  —  Fol.  E  vi,  ligne  1  :  «  Accentus  varias  decet 
hinc  distinguere  normas  »  (vers  2282).  —  Fol.  E  vu,  ligne  18  : 
«  Pluribus  est  membris  distincta  figura  loquele  »  (vers  2361). 


La  publication  de  M.  Reichling  m'ayant  fourni  l'occasion  de  parler 


ET   GUILLADME   LE   MOINE,    DE  VILLEDIEU.  499 

d'Alexandre  de  Villedieu ,  j'en  profiterai  pour  dire  quelques  mois 
d'un  de  ses  compatriotes,  originaire  comme  lui  de  Villedieu  en 
basse  Normandie,  comme  lui  grammairien,  dont  les  ouvrages,  pour 
n'avoir  jamais  eu  la  célébrité  du  Doctrinal,  n'en  méritent  pas  moins 
d'être  arrachés  de  l'oubli.  J'ai  en  vue  Guillaume  Le  Moine,  de  Ville- 
dieu,  qui  enseigna  avec  un  certain  éclat  dans  l'Université  de  Caen 
sous  le  règne  de  François  P""  et  qui  a  droit  à  une  place  modeste  dans 
la  galerie  des  premiers  humanistes  française  II  avait  prêté  serment 
en  <  514  pour  monter  dans  une  chaire  de  la  Faculté  des  arts. 

Guillaume  Le  Moine  est  aujourd'hui  fort  peu  connu.  On  cite  à 
peine  ^  son  Dictionnaire  latin-français  : 

Epithoma  vocabulorum  decerptum  ex  Calepino,  Hermolao 
Barbare,  Anthonio  Nebrissensi,  Erasme  Roterodarao,  Perotto, 
Angelo  Policiano,  Laurentio  Vallensi,  Anthonio  Codro,  Théo- 
dore Gaza,  Januensi,  Philippe  Berealde,  Cernucepia,  Baptista 
Pie,  Marco  Varrone,  et  plusculis  aliis,  qued  tandem  auctum  est 
et  correctum  a  Guillelrae  Monache  de  Villadei,  appesitis  item 
tum  neminum  tum  verberum  generibus,  cum  antea  deessent. 

Ce  Dictionnaire,  dont  on  pourrait,  je  crois,  tirer  parti  pour  l'his- 
toire de  certains  mots  français,  reçut  des  contemporains  un  accueil 
très  favorable,  attesté  par  trois  éditions  qui  se  succédèrent,  vers  l'an- 
née 4330,  à  des  intervalles  très  rapprochés  et  que  publièrent  les 
libraires  de  Caen  Michel  et  Girard  Angiers. 

Les  autres  productions  de  Guillaume  Le  Moine  sont  encore  moins 
connues  que  V Epithoma  vocabulorum.  M.  le  chanoine  Pigeon^  a 
mentionné  en  passant  des  pièces  rimées  par  Guillaume  Le  Moine,  qui 
se  lisent  en  tête  d'un  Missel  d'Avranches  publié  en  \  334  par  l'évêque 
Robert  Cenalis,  livre  très  rare,  dont  je  ne  connais  pas  d'autre  exem- 
plaire que  celui  de  M,  Pigeon. 

1.  J'ai  dit  quelques  mots  de  Guillaume  Le  Moine  dans  un  Essai  sur  l'impri- 
merie et  la  librairie  à  Caen  de  1480  à  1550,  p.  25-27.  (Extrait  du  Bulletin  de 
la  Société  des  antiquaires  de  Normandie,  t.  XV.) 

2.  Voyez  La  Croix  du  Maine,  éd.  Rigoley  de  Juvigny,  t.  I,  p.  334  ;  Frère, 
Manuel  du  bibliographe  normand,  t.  II,  p.  54  ;  Catalogue  des  livres  de  Fir- 
min-Didot,  vente  faite  en  juin  1884,  p.  129,  n°  285. 

3.  Deux  de  ces  éditions  sont  à  la  Bibl.  nat.,  Réserve,  X.  866  et  p.  X.  83.  J'ai 
vu  un  exemplaire  de  la  troisième  dans  la  bibliothèque  de  M.  Emile  Travers, 
à  Caen. 

4.  Vie  de  Robert  Goulet  de  Saint-Lô,  par  E.-A.  Pigeon  (Saint-Lô,  1892,  in-S"), 
p.  24. 


300  ALEXANDRE   DE   VILLEDIEU 

Guillaume  Le  Moine  fait  lui-même  allusion  à  des  morceaux  litur- 
giques quMl  avait  composés  et  fait  imprimer  : 

Nam  et  Monachus  etiam  orationes  quasdam  in  usum  novem 
ecclesiarum  scripsit,  quales  sunt  de  angelis,  de  patriarchis,  pro- 
phetis,  de  regibus,  de  apostolis,  de  martyribus,  de  confessoribus, 
de  virginibus,  opus  quidem  devotione  dignum,  et  quinquaginta 
itidem  antiphonas  e  novo  cum  oratione,  ad  laudem  plerorumque 
sanctorum,  scripsit  et  imprimi  eas  mandavit^ 

Ce  passage  est  extrait  d'un  livre  très  curieux,  sur  lequel  j'ai  tenu 
à  appeler  d'une  façon  particulière  l'attention  des  lecteurs  de  la  Biblio- 
thèque de  l'École  des  chartes.  L'existence  m'en  a  été  récemment  révé- 
lée par  un  assez  singulier  hasard.  J'avais  retiré  d'une  vieille  reliure 
trois  demi-feuillets  dont  les  versos  portaient  en  litre  courant  les  mots 
Gulielmi  Monachi  Villadii  de  fabulosis  themaiibus.  En  cherchant  à 
me  rendre  compte  de  Torigine  de  ces  fragments,  j'arrivai  à  constater 
qu'ils  avaient  fait  partie  d'un  volume  in-folio,  dont  un  bel  exemplaire, 
parfaitement  complet,  existe  à  la  Réserve  de  la  Bibliothèque  nationale 
sous  la  cote  Réserve,  R.  652  (2). 

GUILIELMI  MONACHI  VILLADII  OPERA. 

[1^.]  De  liber tate  explicandarum  sententiarum  liber  unus. 

[2.]  De  effatis  ypotheticis  liber  unus. 

[3.]  De  rejectione  pronominum  a  sententiis  liber  unus. 

[4.]  De  constitutione  significationis  liber  unus. 

[5.]  De  significationum  syntaxi  libri  quinque. 

[6.]  In  tabulam  confusionis  liber  unus.  ^j 

[7.]  De  explosione  ampliationum  a  cathegoricis  libri  ires. 

[8.]  In  buUam  appellationis  liber  unus. 

[9.]  Adversus  insolubilia  liber  unus. 

[10.]  De  ratione  afïirmationis  liber  unus. 

[11.]  r)e  ratione  cathegorematum  libri  duo. 

[12.]  De  ratione  negationis  libri  très. 

[13.]  De  ratione  distributionis  libri  sex. 

[14.]  De  fabulosis  thematibus  libri  très. 

1.  Guilielmi  Monachi  Villadii  Opéra,  fol.  cxix  v°. 

2.  Les  numéros  d'ordre  qui  sont  mis  ici  entre  crochets  n'existent  pas  sur  le 
litre  du  livre. 


1 


ET   GUILLAUME   LE   MOINE,    DE   VILLEDIEU.  SOI 

[15.]  De  virtutum  adsignationibus  libri  duo. 

[16.]  De  naturalium  rerum  indagationibus  libri  octo*. 

Il  ne  porte  aucune  adresse  bibliographique,  ni  nom  de  lieu,  ni  nom 
d'imprimeur,  ni  date.  Mais  je  crois  être  en  mesure  d'établir  qu'il  a 
été  publié  à  Gaen  vers  l'année  i  525  ou  -(  530  par  les  soins  de  Michel 
Angier  et  qu'il  a  été  exécuté  dans  le  même  atelier  que  les  deux  édi- 
tions de  VEpithoma  dont  il  y  a  des  exemplaires  à  la  Bibliothèque 
nationale.  C'est  là  une  question  que  je  discuterai  dans  une  étude  sur 
les  anciens  livres  publiés  à  Gaen. 

Les  quinze  traités  dont  les  titres  sont  énoncés  au  frontispice  de 
l'édition  des  Opéra  de  Guillaume  Le  Moine  se  réduisent  en  réalité  à 
cinq  ouvrages,  savoir  : 

I  (articles  1-9).  De  causis  corrdpte  logice.  Fol.  i-li  du 
volume,  non  compris  une  préface  de  six  pages,  imprimée  sur  un 
cahier  liminaire. 

II  (articles  10-13).  De  rationibus  anime.  Fol.  li-gxiii  du 
volume. 

III  (article  14).  De  fabulosis  thematibus.  Fol.  cxiii  v°- 
cxxxix. 

ly  (article  15).  De  virtutum  assignationibus.  Fol.  cxxxix- 
cu  v°. 
V  (article  16).  De  naturalium   rerum   indagationibus. 

Fol.  CLI-CLXXXIIII  Y°. 

Je  confesse  avoir  à  peine  jeté  les  yeux  sur  quatre  de  ces  ouvrages. 
Mais  le  titre  du  troisième  avait  piqué  ma  curiosité,  et  je  n'ai  pu  résis- 
ter au  désir  d'en  indiquer  ici  l'intérêt. 

Le  De  fabulosis  thematibus  est,  en  effet,  très  précieux  pour  l'his- 
toire des  superstitions  et  des  traditions  populaires  de  la  Normandie. 
C'est  un  recueil  de  récits  facétieux,  de  plaisanteries  enfantines  et  de 
contes  de  bonnes  femmes  ^.  En  le  rédigeant,  Guillaume  Le  Moine  a 
voulu  faciliter  aux  jeunes  gens  l'étude  du  latin,  rendre  hommage  à 
la  vertu  et  se  moquer  de  la  crédulité  des  Normands  et  en  parlicuher 
des  Normands  qui  habitent  sur  les  bords  de  l'Océan  ^.  Le  traité,  qui 

1.  Sans  lieu  ni  date.  In-folio,  192  feuillets  (4  liminaires,  184  numérotés  et 
4  complémentaires).  Cahiers  signés  -j-,  A-Z  et&.  Caractères  gothiques.  A  deux 
colonnes. 

2.  «  Thèses  fabulosas  nugasque  puériles  et  dicta  anilia.  »  Fol.  cxiii  v". 

3.  «  Superstitionem  presertim  Normannogalie  gentis,  et  potissimum  illius 


502  ALEXANDRE   DE   VILLEDIEU 

n'occupe  pas  moins  de  32  pages  in-folio,  d'une  justification  très  ser- 
rée, abonde  en  traits  plaisants  que  l'auteur  avait  recueillis  dans  sa 
province.  Plus  d'une  fois,  Guillaume  Le  Moine  s'y  met  en  scène,  lui 
et  les  membres  de  sa  famille  ^  Il  consacre  un  long  paragraphe  à  son 
père,  Guillaume  Le  Moine,  pauvre  avocat  de  Villedieu,  dont  le  désin- 
téressement était  proverbial  et  dont  la  nombreuse  famille  et  la  très 
médiocre  fortune  étaient  un  sujet  de  moquerie  pour  les  gens  de  loi; 
mais  le  peuple  l'appelait  «  le  pieux  avocat  de  Villedieu  ;  »  sa  maison 
fut  épargnée  par  un  incendie  qui  détruisit  toute  la  bourgade,  et  aucun 
des  siens  ne  fut  atteint  par  la  peste  qui  sévit  dans  la  localité  pendant 
quatre  ans  2. 

Parmi  les  innombrables  légendes  dont  l'ouvrage  est  farci,  je  citerai 
celle  qui  se  rapporte  au  blé  noir  appelé  sarrasin  en  Normandie  :  la 
sainte  Vierge,  disait-on,  avait  interdit  d'en  ensemencer  les  terres^. 
Il  est  probable  que  la  culture  de  cette  plante  était  encore  peu  répan- 
due au  temps  de  François  I".  La  plus  ancienne  mention  que  j'en  aie 
trouvée  dans  les  textes  normands  est  de  l'année  -1 460  ;  elle  se  rapporte 
à  l'Avranchin^.  M.  Charles  de  Beaurepaire,  dans  ses  dépouillements 
des  archives  de  la  haute  Normandie^,  a  vu  le  blé  sarrasin  cité  pour 
la  première  fois  dans  un  document  de  Tannée  -1  ^2i . 

Au  fol.  cxxvi  v°  du  De  fabulosis  thematibus  se  lisent  les  deux  lignes 
suivantes  : 

que  maritima  est  et  Oceaaam  extreraam  tangit,  accusare  et  certe  ri4ere.  » 
Fol.  cxni  v°. 

1.  «  Frater  meus  major  Pierius,  cum  aliquando  in  invia  silva  a  siccariis  cir- 
cumvenlus  esset...  —  Cum  genitrix  mea  Michaela  Galteria  quam  semper  placida 
esset  sueque  vicine  semper  litibus  ad  invicem  digladiarentur...  »  Fol.  cxxxii  v. 
—  Au  fol.  cxv  v°,  on  voit  que  Michelle  Gautier  avait  eu  neuf  enfants,  dont 
huit  garçons  :  le  dernier  était  Guillaume  le  grammairien,  et  le  septième  avait 
exercé  la  médecine. 

2.  a  Guilielmus  Monachus,  pater  meus,  aliquando  a  quodam  insimulatus  est 
coram  consistorio  omnium  et  causidicorum  et  judicum  quod  multos  haberet  libe- 
ros  et  paucam  fortunam...  —  Hune  vocant  pium  causidicuni  de  Villa  Dei  et 
putant  doctum  eum  omnes...  —  Cum  tota  Villa  Dei  flagrasset  a  principio  usque 
ad  finem...  —  Pestifera  autem  lues  cum  per  quadriennium  consummasset  Vil- 
lam  Dei...  »  Fol.  cxxx  v. 

3.  a  Alii  addunt  quod  virgo  Maria,  regina  reginarum,  apparuit  cuidam  et  jus- 
sit  ut  coloni  non  amplius  sererent  legumen  nigrum  triangulare  ;  hujus  culmus 
est  ruber  et  ramosus  et  (istulosus;  Norrnanni  vocant  sarrasinum.  »  Fol.  cxxxvi. 

4.  Voyez  mes  Études  sur  lu  condition  de  la  classe  agricole  en  Nonnandie, 
p.  323  et  324. 

5.  Notes  et  documents  concernant  l'état  des  campagnes  de  la  haute  Norman- 
die dans  les  derniers  temps  du  moyen  âge,  p.  43  et  44. 


i 


ET   GUILLAUME   LE   MOmE,    DE   VILLEDIEU.  303 

Ascendit  arborera  alicujus  aliquis  alius;  surripit  ova  pice; 
proprietarius  vocat  suum  quidquid  sit  in  suis  arboribus;  alius 
contra  vocat  ova  ferarum  avium  etiam  fera  esse  ;  vitilitigant  hinc 
Rothomageos  usque. 

C'est  là  évidemment  une  allusion  à  un  conte  populaire  où  l'on  se 
moquait  de  l'humeur  processive  des  Normands.  David  Ferrand^  s'en 
est  emparé  en  1 629  pour  composer  son  Chant  royal  sur  le  Grand 
proches  meu  por  un  nid  de  pie,  et  les  vers  de  Ferrand  ont  été  le 
thème  sur  lequel  Fioquet  a  brodé  l'une  de  ses  plus  jolies  Anecdotes 
normandes^. 

L'ouvrage  de  Guillaume  Le  Moine  n'offre  pas  seulement  de  l'intérêt 
pour  l'étude  de  la  littérature  populaire.  On  y  trouve  beaucoup  de 
détails  de  mœurs  et  de  renseignements  précieux  sur  l'état  politique 
et  économique  de  la  Normandie  au  commencement  du  xvi^  siècle.  Le 
chapitre  intitulé  </  De  vectigalibus  »  (fol.  cxvi-cxviii  v°)  est  à  cet  égard 
des  plus  instructifs. 

Gomme  exemple  de  ce  qu'on  y  peut  apprendre  pour  l'histoire  des 
méthodes  d'enseignement  suivies  dans  nos  anciennes  écoles,  je  rap- 
porterai tout  au  long  ce  que  l'auteur  dit  du  Doctrinal  de  son  com- 
patriote Alexandre  de  Villedieu^  : 

Itidem  tum  aller  Alexandrum  Theopoliten  accusavit  ob  hoc  certe 
quod  accentura  quadruplum  effecerit^.  At  altérait  nontumipsum 
proferendi  modum  sedcantandi  officium  attendisse,  ut  quidemsic 
acutus  sit  ubi  interrogans  punctum  fuerit  ;  gravis  vero  ubi  vocem 
quis  depresserit  ;  modéra  tus  vero  ubi  rectus  cantus  fuerit;  cir- 
cumflexus  vero  ubi  evangelium  finierit.  Nec  itidem  Ipsum  errasse 
in  his  :  legitur  Mattheura^  in  campo  curro^,  essendi  magistrum'; 
neque  semper  in  particula  que^  que  encletica  est  ;  neque  si  expres- 
serit  habitudines  spéciales  dictionis  regentis  ad  dictionem  rectam  ; 
neque  item  ubique  in  his  que  finita  sunt  in  abus^;  neque  item  car- 

1.  La  Muse  normande,  édit.  Héron,  t.  I,  p.  113. 

2.  2«  édit.,  p.  121-135. 

3.  Fol.  cxix. 

4.  Voyez  les  vers  2282  et  suiv.  du  Doctrinal. 

5.  «  Matthenm  legitur.  »  Vers  1264  du  Doctrinal. 

6.  «  In  campo  curro.  »  Vers  1529. 

7.  «  Essendi  regera...  »  Vers  1515. 

8.  «  Que  notans  et  erit  breviandum.  »  Vers  2214. 

9.  «  Femineis  abus...  »  Vers  42. 


304     ALEXANDRE  DE  VILLEDIED  ET  GDILLADME  LE  MOINE,  DE  VILLEDIED. 

pendus  est  si  carmina  quedam  absque  cesura  fecerit,  aut  si  item 
fecerit  ritmica,  ea  quidem  ut  médium  carminis  fini  esset  et  con- 
vium  et  consonum,  quando  tum  erat  id  genus  compositionis  in  pre- 
cio,  quare  patet  eos  qui  oflâcium  ecclesiasticum  digesserunt  et  Face- 
tum  et  Alanum,  authores  quidem  gravissimis  sententiis  exubé- 
rantes, et  qui  item  sacros  libros  in  carmen  transtulerunt,  et  item 
is  qui  ex  Mosis  Genesi  et  Ovidii  Metamorphosi  concinavit  librum 
quidem  peramenum  (Theodolum  hune  constat  ejusdem  fuisse  aut 
tempestatis  aut  littérature)  perutilem,  at  post  quem  nolim  ego 
dicere  :  victrici  populo,  nec  aliquarum  sillabarum  tempora  imitari, 
sed  nec  carminis  modum,  nec  dixerim  Pasiphe.  At  in  idolis*  erra- 
vit  Alexander,  quia  corripuerit.  Utinam  sustulisset  radicitus  et 
idolura  et  idoli  versum,  cum  aliquibus  syntaxeos  impedimentis  ! 
At  Alexandromastices  plures  nunc  sunt  quam  versus.  At  certe 
venustulum  ubique  se  prebuit,  quia  quod  turpe  sonaret,  ne  maie 
sonaret,  edidisse  noluit,  longe  profecto  pudicitius  quam  defiocula 
Fausti  Livia  dixisset.  Quo  tamen  fato  factum  sit  nescio  ut  Italias, 
Romam,  Hispanias,  Gerraanias,  Gallias,  Britanniam  inviserit  is 
liber  et  docuerit,  sed  et  nunc  quam  facilis  admodum  sit  et  brevis 
et  compositus  floret,  in  honore  est  et  precio,  nec  unquam  ejus  aut 
fama  aut  dignitas  aut  nomen  aut  carmen  aut  doctrinale  perire 
poterunt,  qui  per  tôt  climata,  per  tôt  secula,  vixisse  visus  sit. 
Porro  grammaticum  qui  esset  christianus  edocere  magis  curavit 
quam  paganum  poetam  efficere.  Quod  si  Ebrardus  voluisset  tam 
dici  Alexandrisequus  quam  Grecissequus,  Ebrardo  non  tantum 
accrevisset  dedecus;  utilis  tamen  plerisque  dépura tis  liber  est. 

II  convenait  de  terminer  par  cette  citation  une  note  que  je  voulais 
simplement  insérer  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  pour 
recommander  à  nos  lecteurs  les  très  savantes  et  très  exactes 
recherches  de  M.  le  docteur  Reichling  sur  le  Doctrinal  d'Alexandre 
de  Villedieu. 

L.  Delisle. 

1.  «  Idola  die  Longa,  tamea  inventes  idolâtra.  »  Vers  1845. 


-0-^30—0- 


NOTE  SUR  LES  ÉDITIONS  DU  DOCTRINAL 

RENFERMANT  LA  GLOSE  DE  FOUCAUD  MONIER. 


Ce  qui  a  été  dit  ci-dessus  (p.  488-498)  des  éditions  du  Doctrinal 
était  déjà  imprimé  quand  le  hasard  a  fait  sortir  d'une  vieille  reliure 
douze  feuillets  d'une  édition  du  même  ouvrage  qui  ne  me  semble  pas 
avoir  été  décrite.  Elle  prendra  place,  dans  les  termes  suivants,  sur 
le  catalogue  des  éditions  du  Doctrinal  que  possède  la  Bibliothèque 
nationale  : 

4^".  Alexandre  de  Yilledieu.  —  [Doctrinale,  cum  glosa 
Focaudi  Monieri  et  additionibus  magistri  Johannis  Bernier  recen- 
ter  adjectis,  una  cum  quotationibus  in  margine  appositis.]  — 
Roueyih..  In-S".  Caractères  gothiques.       Réserve,  p.  X.  154. 

De  cette  édition  nous  avons  les  feuillets  3  à  6  du  cahier  g  et 
les  8  feuillets  du  cahier  k,  contenant  les  vers  1123-1210  et  1703- 
1973  du  Doctrinal  avec  les  gloses. 

Points  de  repère  pour  distinguer  cette  édition  de  celles  qui 
peuvent  lui  ressembler  :  le  feuillet  g  m  commence  ainsi  :  «  vide- 
his  :  quia  neutrum  fere  semper  concipit  femininum  :  ut  celum  et 
terra  turbata  :  ||  idcirco  dicunt  nonnuUi  textum  Lucani  quem 
auctor  adducit  scriptorum  impe  ||  ritia  viciatum...  »  —  Les  pre- 
miers mots  du  cahier  k  sont  :  «  bus  ubique  prépondérantes  ubi 
enira...  » 

Ce  qui  permet  de  constater  au  premier  coup  d'œil  que  l'édition 
dont  il  s'agit  renferme  le  Doctrinal  avec  la  glose  de  Poucaud  Monier 
et  les  additions  de  Jean  Bernier,  ce  sont  les  notes  J.  Ber.  ou  Joan. 
Ber.,  imprimés  en  manchette  sur  les  feuillets  g  5,  g  5  v°,  g  6,  g  6  v», 
k  5  v°,  k  6  v°,  k  7  et  k  7  v". 

Foucaud  Monier  est  un  grammairien  qui  a  enseigné  avec  succès 
dans  les  écoles  de  l'ouest  de  la  France  et  dont  les  ouvrages  paraissent 
avoir  joui  d'une  grande  vogue  à  la  fm  du  xv^  siècle  et  au  commence- 


\ 


506  NOTE  SUR  LES  ÉDITIONS  DU  DOCTEINAL 

ment  du  xvi^K  II  n'est  pas  hors  de  propos  de  dresser  ici  la  liste  des 
éditions  connues  de  son  commentaire  sur  le  Doctrinal. 

M.  Reichling  a  indiqué  six  éditions  de  la  glose  de  Foucaud  Monier, 
savoir  : 

A. -66.  —  Doctrinale  Alexandri  de  Villa  ||  Dei  cum  glosa 
Focaudi  Mo  ||  nieri  et  additionibus  magistri  ||  Joannis  Bernier... 
—  S.  L,  s.  d.  In-4''  de  122  f.  Gothique.  —  Attribué  très  hypo- 
thétiquement  à  Paris.  —  Exemplaire  à  la  Bibliothèque  royale 
de  Munich. 

B.-80.  —  Glosa  Focaudi  Monieri  super  Doctrinale  Alexandri 
de  Villa  Dei,  cum  additionibus  magistri  Johannis  Bernier... 
Rothomagi,  in  officina  Richardi  Goupil,  impensis  Guillermi 
Benard.  —  S.  d.  In-4''  de  102  f.  Gothique.  —  Exemplaire  à  la 
bibliothèque  de  Rouen,  décrit  dans  le  Manuel  de  Frère,  1. 1,  p.  10. 

G.-81.  —  Doctrinale  Alexandri  de  ||  Villa  Dei,  cum  glosa 
Focaudi  Monieri  et  additionibus  ||  magistri  Johannis  Bernier 
recenter  adjectis  :  una  cum  ||  quotationibus  in  margine  appositis, 
ut  etiam  legentibus  ||  primis  intuitibus  contenta  pateant.  Impres- 
sum  Rothomagi  ||  in  officina  magistri  Pétri  Violette,  impensis 
honesti  viri  Pétri  Re  ||  gnault,  bibliopole  universitatis  Cadomen- 
sis.  —  S.  d.  In-4°.  Cahiers  A-S.  Gothique.  —  Exemplaire  pos- 
sédé par  M.  Claudin. 

D.-198.  —  (Titre  final  :)  Doctrinale  Alexandri,  cum  singulari 
et  utili  glosa  scientifici  Focaudi  Monieri  exactissime  emendatum 
et  in  textu  et  in  glosis. . .  Trecensi  impressum  per  Johannem  Lecoq.  '^ 
Finit  féliciter.  Anno  Domini  millesimo  quingentesimo  sexto.  —  £ 
In-4''  de  94  feuillets.  Cahiers  a-r.  Gothique.  Exemplaire  à  la  " 
bibliothèque  de  l'Université  de  Bâle;  il  y  manque  le  premier 
feuillet. 


E.-241.  —  Doctrinale  Alexandri  de  Villa  Dei,  cum  ||  glosa      '^ 
Focaudi  Monieri  et  additioni  ||  bus  magistri  Johannis  Bernier... 
Impressum  Parisii  per  Johannem  ||  Herouf.  —  In-4°de  122  feuil- 
lets. Cahiers  A-U.  Gothique.  —  Exemplaire  à  la  bibliothèque  de 
Troyes. 

1.  Voyez  ce  que  j'ai  dit  de  Foucaud  Monier  à  propos  des  premières  impres- 
sions d'Angoulêmc,  dans  mes  Mélanges  de  paléographie  et  de  bibliographie, 
p.  311-314. 


»  ■ 

I 


EENFERMANT   LA   GLOSE   DE  FODCACD   MONIER.  307 

F. -250****.  —  Focaudi  Monieri  ||  glosa  familiarissiraa  super 
Doctrina  ||  le  Alexandri  de  Vil  ||  la  Dei,  unacum  additionibus 
ma  II  gistri  Johannis  Bernier  recen  ||  ter  adjectis,  ut  legentibus 
etiam  ||  contenta  primis  intuitibus  pa  ||  teant,  recenti  correctione 
ete  II  mendatione  accuratissime  ca  ||  stigata.  ||  OnlesventàCaen, 
chieulx  Michel  An  ||  gier,  libraire  et  relieur  de  l'Université  du 
dit  II  lieu,  près  le  pont  Saint  Pierre.  —  (A  la  fin,  fol.  192  :)  Doc- 
trinale Alexandri,  una  cum  glosa  ||  Focaudi  Monieri  atque  non- 
nuUis  pluribus  ||  in  locis  superadditionibus  per  Magistrum  || 
Johannem  Bernier  appositis.  Impressum  ||  Rothomagi,  in  officina 
Richardi  Goupil.  ||  Anno  Domini  M.  CGGGG.  XVIII,  die  yero  || 
XXI  mensis  aprilis.  —  In-8°  de  192  feuillets.  Gabiers  signés  A-Z 
et&.  Les  signatures  sont  accompagnées,  à  gauche,  de  la  lettre  M, 
sans  doute  pour  rappeler  le  nom  du  glossateur  Monier.  Garactères 
gothiques.  —  Edition  simplement  mentionnée  par  M.  Reichling, 
décrite  ici  d'après  l'exemplaire  de  la  bibliothèque  de  Gaen. 

A  ces  six  éditions,  il  convient  d'en  ajouter  trois  autres  : 

G.  —  Focaudi  Monieri  ||  glosa  familiarissi  ||  ma  super  Doctri- 
na Il  le  Alexandri  de  Vil  ||  la  Dei,  una  cum  additionibus  ma  ||  gis- 
tri  Johannis  Bernier  recen  ||  ter  adjectis,  ut  legentibus  etiam 
contenta  primis  intuitibus  pa  ||  teant,  recenti  correctione  et  e  II  men- 
datione accuratissime  ca  ||  stigata.  ||  On  les  vent  au  Pont  Aude- 
mer,  par  Guil  ||  laume  Du  Val,  libraire,  demeurant  au  dit  lieu. 
(Titre  final  identique  à  celui  de  l'édition  F.)  —  In-8°  de  192  feuil- 
lets. Gabiers  signés  A-Z  et  &.  Gothique.  —  Exemplaire  possédé 
par  M.  Glaudin. 

Gette  édition  n'est  qu'un  tirage  particulier  de  l'édition  F.  Elle 
en  diffère  seulement  par  le  titre,  qui  donne  l'adresse  du  libraire 
de  Pont-Audemer,  au  lieu  de  l'adresse  du  libraire  de  Gaen. 

H.  —  Edition  sans  date,  imprimée  à  Rouen,  par  Guillaume 
Tuveel,  aux  frais  de  Thomas  Laisné,  décrite  ci-dessus,  p.  491. 

I.  —  Edition  dont  douze  feuillets  viennent  d'être  recueillis  à  la 
Bibliothèque  nationale  et  ont  fourni  l'occasion  de  publier  cette 
note  additionnelle. 

.Je  crois  bien  que  cette  dernière  édition  ne  fait  double  emploi  avec 
aucune  des  huit  autres  ci-dessus  énumérées  sous  les  signes  A-H,  J'ai 
sous  les  yeux  des  exemplaires  complets  des  éditions  C,  F,  G  et  H  : 
la  composition  typographique  en  est  tout  à  fait  différente.  Je  n'ai  pas 


508  NOTE   SUR  LES   e'dITIONS   DU   DOCTRINAL. 

pu  comparer  nos  fragments  avec  les  passages  correspondants  des 
éditions  A,  B,  D  el  E;  mais  ces  quatre  éditions  sont  annoncées  comme 
étant  de  format  in-quarto,  et  nos  fragments  appartiennent  à  une  édi- 
tion in-octavo.  Pour  permettre  de  constater  encore  plus  rigoureuse- 
ment que  nos  fragments  ne  sauraient  être  confondus  avec  les  édi- 
tions A,  B,  D  et  E,  je  reproduis  les  gloses  interlinéaires  se  rapportant 
aux  vers  -1875-1877  du  Doctrinal,  telles  qu'on  les  peut  lire  sur  le 
fol.  k  6  de  nos  fragments,  feuillet  en  tête  duquel  se  lit  au  recto  le 
titre  courant  De  primis  syllabis  et  dont  les  premiers  mots  sont  Hec 
ptisana  aqua  coda... 

Nitor^  dis  ditis'  clitellaque»  lis  quoque  litis^ 
Psitacus^  et  titan  ^  titillo'  sis  quoque  sitis» 
Italus^  et  phiton^o  glitis'^  pitismata*^  jungis. 

-1.  i.  conor.  7.  chatoiller. 

2.  dives  vel  plulo.  8.  i,  sitis  ex  sura  es. 

3.  bast  gai.  9.  nomë  gëtile. 

4.  lis  litis  noise.  -10.  nomë  serpëlis. 

5.  papegault.  W.  glis  gliris  [sic). 

6.  Sol.  -12.  hoc  pitisma  genusludi. 

Parmi  les  éditions  du  Doctrinal  qui  restent  à  signaler,  il  s'en  trou- 
vera, n'en  doutons  pas,  plusieurs  qui  devront  renfermer  la  glose  de 

Poucaud  Monier  avec  les  additions  de  Jean  Bernier. 

L.  D. 

P.-S.  Au  moment  de  donner  le  bon  à  tirer  de  celte  feuille,  je 
reçois  de  M.  Paul  Meyer,  qui  veut  bien  l'offrir  à  la  Bibliothèque 
nationale,  un  petit  volume  qui  porte  à  2\  le  nombre  des  éditions  du 
Doctrinal  enregistrées  sur  les  catalogues  du  Département  des  impri- 
més. En  voici  la  notice  : 

13^««.  Alexandre  de  Villedieu.  —  Doctrinale  cum  comento. 

(A  la  fin  :)  Doctrinale  Alexandri  grammatici  pro  eruditione 

puerorum  féliciter  explicit.  ||  Venetiis,  per  Alexaudrum  de  Bin- 
donis.  Il  M  CGGCG  XIX,  die  nu  maii.  —  Venise,  1519.  In-4°. 
Cahiers  A-H.  Réserve,  p.  X.  154. 

(Le  commentaire,  imprimé  en  caractères  gothiques,  est  celui  de 
«  Ludovicus  de  Guaschis.  ») 


-cC3E*0«aB»>- 


JOSSE  BADE 


ET   LES 


TRADUCTIONS   DE   CLAUDE  DE   SEYSSEL 


Parmi  les  hommes  qui  occupent  une  large  place  dans  l'histoire 
politique  et  littéraire  de  la  fin  du  xv^  siècle  et  du  commencement  du 
siècle  suivant,  il  convient  de  citer  Claude  de  Seyssel  :  professeur  de 
droit  à  Turin,  conseiller  de  Louis  XII,  chargé  par  le  roi  de  France 
de  missions  auprès  du  roi  d'Angleterre,  de  l'Empereur,  des  Suisses, 
du  Pape  et  du  duc  de  Savoie,  évêque  de  Marseille,  archevêque  de 
Turin,  théologien,  controversiste,  jurisconsulte,  économiste,  histo- 
rien, traducteur,  tel  fut,  on  le  sait  de  reste,  Claude  de  SeysseP. 

C'est  à  ce  dernier  titre  seulement  que  nous  nous  proposons  de 
retenir  un  instant  sur  Claude  de  Seyssel  l'attention  du  lecteur; 
encore  de  ses  traductions  négligerons-nous  celles  de  VAnahase  de 
Xénophon  et  de  VHistoire  d'Appien,  pour  ne  citer  que  les  quatre 
suivantes  : 

a  L'Histoire  de  Thucydide,  athénien...  »  Paris,  Josse  Bade, 
^  0  août  i  527,  in-fol. 

«  L'Histoire  des  successeurs  d'Alexandre  le  Grand,  extraicte  de 
Diodore  siciUen...  »  Paris,  Josse  Bade,  2  mai  -1530,  in-fol. 

«  L'Histoire  ecclésiastique  d'Eusèbe...  »  Paris,  Geoffroy  Tory, 
2^  octobre  1532,  in-fol. 

a  Les  Histoires  universelles  de  Trogue  Pompée,  abrégées  par  Jus- 
tin... »  Paris,  Vascosan,  1559,  in-fol. 

C'est  qu'il  nous  a  été  donné,  au  cours  du  dépouillement  de  la  liasse 

1.  Dufayard,  De  Claudii  Seisselii  vita  et  operibus,  thèse  de  doctorat  es 
lettres.  Paris,  1892,  in-S".  —  Brunot,  Un  projet  d'  «  enrichir,  magnifier  et 
publier  »  la  langue  française  en  1500,  dans  la  Revue  d'histoire  littéraire  de 
la  France,  n°  1,  p.  27-37. 


5^0  JOSSE    BADE 

cotée  par  nous  XIV,  du  minuLier  parisien  dont  nous  avons  entrepris 
l'inventaire  sommaire^  de  retrouver  un  contrat  relatif  à  un  projet 
d'impression,  réalisé  seulement  en  partie,  de  ces  quatre  traductions. 

Nous  allons  analyser  en  détail  ce  document  avant  d'en  présenter 
au  lecteur  le  texte  intégral. 

Nous  sommes  le  28  mars  \  328  ;  plus  de  sept  mois  se  sont  écoulés 
depuis  l'achèvement  du  Thucydide,  tiré  à  -1,225  exemplaires  sur 
papier;  l'éditeur,  l'humaniste  Jacques  Colin,  secrétaire  de  la  Chambre 
du  Roi  2,  s'était  engagé  à  avoir  entièrement  payé  l'imprimeur  pour 
le  jour  où  le  travail  serait  terminé;  mais  il  n'avait  pu  tenir  parole; 
sur  une  réclamation  de  Josse  Bade,  il  avait  autorisé  celui-ci  (ce  qui 
semble  montrer  que  sa  première  intention  avait  été  de  recourir  à 
l'intermédiaire  d'un  autre  libraire)  à  mettre  le  Thucydide  en  vente; 
mais  le  prix  trop  élevé  fixé  par  Jacques  Colin  n'avait  permis  la  vente 
que  de  96  exemplaires;  Josse  Bade  reste  aujourd'hui  créancier  d'une 
somme  de  220  1.  t.,  dont  208  1.  7  s.  t.  pour  le  papier  et  l'impression 
du  Thucydide  et  pour  la  refaçon  de  deux  feuilles  du  même  ouvrage, 
et  -H  1.  43  s.  t.  «  pour  l'escripture  d'une  coppie  de  correcta  de  ung 
livre  appelle  Diodore  »;  cette  situation  ne  laisse  pas  que  d'inquiéter 
Josse  Bade,  qui  n'entrevoit  que  très  vaguement  l'époque  à  laquelle  il 
sera,  parce  moyen,  entièrement  payé;  or,  Jacques  Colin  désire  lui 
faire  imprimer  successivement  la  Bibliothèque  de  Diodore  de  Sicile 
(livres  XVIII-XX),  V Histoire  ecclésiastique  d'Eusèbe  et  V Histoire  de 
Justin,  a  au  mesme  nombre,  papier,  lettre  et  volume  et  autant  de 
feuilles  que  contient  led.  Thucidides,  qui  est  de  cent  quarente  neuf 
feuilles  chascun  livre  ^  »  ;  Josse  Bade  subordonne  le  prêt  de  ses  ser- 
vices au  recouvrement  de  sa  créance;  un  arrangement  est  indispen- 
sable, il  intervient  :  le  prix  de  vente  du  Thucydide  est  abaissé 
à  20  s.  t.  l'exemplaire;  dès  que  l'imprimeur,  en  ayant  débité  220, 
sera  par  suite  désintéressé,  il  commencera  l'impression  du  Diodore; 
la  dépense  de  cet  ouvrage,  qui  s'élèvera,  à  raison  de  40  s.  t.  l'exem- 
plaire, à  642  1.  4  0  s.  t.,  sera  couverte  par  la  vente  de  643  Thucy- 
dide; ceux-ci  réalisés,  on  passera  à  VEusèbe^  dont  les  592  premiers 
volumes  seront  payés  par  la  vente  des  296  derniers  Thucydide  et  les 

1.  Bulletin  de  la  Société  de  l'Histoire  de  Paris  et  de  l'Ile-de-France,  1893, 
p.  40-58,  114-136;  1894,  39-57,  77-94. 

2.  Voir,  sur  ce  personnage,  VHistoire  du  Collège  de  France,  par  Lefranc, 
index  des  noms  cités. 

3.  Le  mot  «  feuille  »  désigne  ici  deux  feuillets,  le  Thucydide  comptant 
298  feuillets. 


ET   LES  TRADUCTIOIVS    DE  CLAUDE   DE  SEYSSEL. 


5H 


633  autres  par  celle  des  3^  7  premiers  Diodore  ;  de  même  la  vente 
de  6^3  Diodore  permettra  de  faire  face  aux  frais  du  Justin. 

En  fin  de  compte,  l'entreprise  devait  procurer  un  bénéfice  brut 
de  2,746  1.  ^0  s.  t.,  dont  295  1.  provenant  du  reliquat  du  Diodore 
et  2,450  1.  provenant  de  la  totalité  du  tirage  des  deux  ouvrages  ulté- 
rieurement publiés;  il  convient  toutefois  de  tenir  compte  de  la 
dépense  faite  parPéditeur  pour  l'achat  du  vélin  des  exemplaires  tirés 
sur  cette  matière,  dont  la  fourniture  restait  à  sa  chargea 

En  fait,  qu'advint-il  de  ce  contrat?  on  l'a  vu  plus  haut  :  Josse 
Bade  imprima  le  Diodore,  achevé  le  2  mai  ^  530,  mais  il  n'exécuta 
ni  VEusèbe  ni  le  Justin;  pour  quel  motif?  peut-être  en  raison  de  la 
mévente  du  Thucydide;  si  cette  hypothèse  était  fondée,  ce  serait 
sans  doute  pour  la  même  cause  que  Geoffroy  Tory,  ou  son  successeur, 
renonça,  après  avoir  fait  paraître  VEusèbe,  à  imprimer  le  Justin, 
désormais  condamné  à  attendre  pendant  près  de  trente  ans  les  hon- 
neurs de  la  presse^. 

Voici,  sous  forme  de  tableau,  le  compte  approximatif^  de  Jacques 
Colin,  tel  qu'il  ressort  du  contrat  de  \  528  : 


Thucijdide  :  -1,225  exemplaires, 
Vente  de  96  exemplaires, 

[30  s.  t.]  l'un.     .     . 
Payé  en  espèces .     .     . 
Gorrecta  du  Diodore.     .     .     . 
Vente  de  220  Thucydide, 
20  s.  t.  l'un    .     .     . 
Diodore  :  <,225  exemplaires, 
^0  s.  t.  l'un    .     .     . 
Vente  de  613  Thucydide, 
20  s.  t.  Tun    .     .     . 
Eusèbe  :  \ ,  225  exemplaires , 
-10  s.  t.  l'un    .     .     . 


à[^0s.  t.]run.  [6^2l. -JOs-t.] 


[UAL] 
[260  3  s.  t.] 


U     iB 


220 


6^2     iO 


6i3 


612     iO 


1.  Nous  ne  connaissons  que  deux  exemplaires  tirés  sur  vélin,  le  Thucydide 
de  la  Bibliothèque  nationale  (Vélins  699)  et  celui  de  la  bibliothèque  Mazarine 
(n«  5541  C2). 

2.  Il  convient  de  noter  qu'une  autre  traduction  de  Justin,  due  à  Guillaume 
Michel,  de  Tours,  avait  été  publiée  en  1538. 

3.  Nous  avons  placé  entre  [  ]  les  chiffres  qui  sont  de  notre  invention,  le  coût 
et  le  premier  prix  de  vente  du  Thucydide. 


51 2                                                        JOSSE 

BIDE 

Vente  de  296  Thucydide,  à 

20  s.  t.  l'un    .... 

296 

Vente  de  347  Diodore^  à 

20  s.  t.  l'un    .... 

347 

/«s^m;-!  ,225exemplalres,  à  1  Os.  t. 
l'un 

Vente  de  643  Diodore  ^  à 

20  s.  t.  Pun    .... 

643 

Vente  de  295  Diodore  .     . 

295 

Vente  de  \  ,225  Eusèbe.     . 

4,225 

Vente  de  \  ,225  Justin  .     . 

4,225 

642     40 


5,2081.    3s. t.      2,464  1.43s. t. 

Différence  en  plus 2,7461. 40s.  t. 

Ern.  GoYECQUE. 


I 


Furent  presens  en  leurs  personnes  honnorable  homme  et  saige 
maistre  Nicole  Rerault,  advocat  en  la  court  [de]  parlement,  ou 
nom  et  comme  procureur  de  noble  homme  et  saige  maistre 
Jaques  Colin,  secrétaire  de  la  Chambre  du  Roy  nostre  sire,  souf- 
fisanment  fondé  de  procuration,  desquelles  la  teneur  ensuit  et 
est  telle  : 

Noble  homme  et  saige,  etc.. . 

oud.  nom,  d'une  part; 

et  honnorable  homme  maistre  Josse  Badius,  marchant  libraire 
juré  en  l'Université  et  imprimeur  de  livres,  bourgois  de  Paris, 
pour  luy  et  en  son  nom,  d'autre  part; 

disans  lesd.  parties,  mesmement  led.  Badius,  que  despieca 
led.  Colin  luy  avoit  faict  imprimer  douze  cens  vingt  cinq  volumes 
d'un  livre  appelle  Thucidides,  pour  l'impression  et  papier  des- 
quelz  douze  cens  ung  quarteron  led.  Colin  de  voit  payer  led. 
Badieus  selon  le  pris  convenu  entre  eulx,  duquel  pris  n'en  auroit 
led.  Colin  faict  aucun  payement  ne  solucion  aud.  Badins,  à  tout 
le  moins  bien  peu,  tellement  qu'il  auroit  achevé  de  imprimer  lad. 
quantité  de  livres  sans  en  avoir  entier  payement  dud.  Colin,  h 
cause  de  quoy  estoit  deue  aud.  Badius  grosse  somme  de  deniers 
pour  lad.  impression  et  papier;  et  que,  pour  avoir  payement 


I 


ET   LES   TRADUCTIONS   DE   CLAUDE   DE   SETSSEL.  5^â 

d'icelle,  auroit  led.  Badius  mis  en  vente,  par  le  commandement 
dud.  Colin,  lesd.  livres;  desquelz  il  ne  povoit  avoir  délivrance 
ne  débit,  atendu  le  hault  pris  à  quoy  ilz  estoient,  mais  que 
neantmoins  il  en  avoit  venduz  aucuns,  tellement  que  de  lad. 
somme  à  luy  deue,  tant  pour  lad.  impression  et  papier  que  pour 
deux  feuillez  dud.  livre  qui  ont  esté  refaictes  et  pour  l'escripture 
d'une  coppie  de  correcta  de  ung  livre  appelle  Diodore,  pour 
laquelle  il  a  desbourcé  unze  livres  treize  solz  tournois,  luy  est 
encores  deue  la  somme  de  deux  cens  vingt  livres  tournois  ;  de 
laquelle  somme  de  deux  cens  vingt  livres  tournois  led.  Badius 
entendoit  avoir  payement  et  en  estre  payé  dud.  Colin,  parce  que 
au  moyen  du  hault  pris  à  quoy  led.  Colin  avoit  commendé  vendre 
lesd.  livres,  led.  Badius  eust  esté  longtemps  à  en  estre  remboursé, 
qui  seroit  au  grant  dommaige  d'icelluy  Badius,  ainsi  que  led. 
Badius  luy  avoit  faict  dire  et  remonstrer  ;  et  aussi  que  le  vouUoir 
et  intention  dud.  Colin  estoit  faire  imprimer  cy  après,  l'un  après 
l'autre,  led.  livre  de  Diodore  Secule,  avec  les  livres  de  Y  His- 
toire ecclesiasticque  et  Justin  ;  et  que  préalablement  que  iceulx 
commencer  à  imprimer,  il  vouUoit  estre  payé  de  lad.  somme  de 
deux  cens  vingt  livres  tournois  restant  comme  dit  est  ; 

ânablement  lesd.  Berault,  oud.  nom,  et  Badius,  pour  obvier 
aud.  dommaige  et  perte  d'icelluy  Badius,  et  affin  qu'il  puisse  estre 
plus  tost  remboursé  d'icelle  somme  de  deux  cens  vingt  livres  tour- 
nois, confessent  avoir  faict  entre  eulx  les  accords,  convenances, 
promesses,  obligacions  et  aultres  choses  qui  s'ensuivent,  c'est  assa- 
voir led.  maistre  Nicole  Berault,  oud.  nom,  avoir  voulu,  consenty 
et  accordé,  permis  et  permect  aud.  Badius  qu'il  puisse  et  luy 
loyse  doresenavant  vendre,  débiter  et  ademerer  chascun  livre 
dud.  Thucidides  pour  vingt  solz  tournois  pour  la  reste  qui  est  à 
vendre  d'iceulx,  montent  icelluy  reste  ensemble  mil  cent  vingt 
neuf  livres,  pour  le[s]  deniers  qui  viendront  de  la  vente  d'iceulx, 
estre  par  led.  Badius  receuz,  tant  pour  le  payement  desd.  deux 
cens  vingt  livres  tournois  que  pour  et  sur  l'impression  desd. 
livres  de  Diodore  Sicule,  Y  Histoire  ecclésiastique  et  Justin, 
que  led.  Colin  veult  et  entend  faire  imprimer  cy  après,  comme 
dict  est  ;  lesquelz  touteffoys  led.  Badius  ne  sera  tenu  commencer  à 
imprimer  sy  non  et  jusques  à  ce  qu'il  soit  entièrement  payé  et 
remboursé  desd.  deux  cens  vingt  livres  tournois,  aud.  pris  de 
vingt  solz  tournois  pour  chascun  livre  ;  et  sy  tost  qu'il  en  sera 
4894  33 


SI 4         lOSSE   BADE   ET   LES   TRADUCTIONS   DE   CLAUDE   DE   SETSSEL. 

remboursé,  sera  tenu  commencer  à  imprimer  ung  des  autres 
livres  dessusd.,  comme  led.  Thucidides,  au  mesme  nombre, 
papier,  lettre  et  volume  et  autant  de  feuilles  que  contient  led. 
Thucidides,  qui  est  de  cent  quarente  neuf  feuilles  chascun  livre, 
pour  dix  solz  tournois  chascun  volume,  pour  impression  et  papier, 
duquel  pris  il  en  sera  payé  sur  led.  Thucidides  ;  et  ne  sera  tenu 
led.  Badius  commencer  à  imprimer  ung  autre  livre  que  préala- 
blement il  ne  soyt  payé  et  satisfaict  de  celluy  qu'il  aura  imprimé, 
sur  lesd.  Thucidides,  qui  pour  ce  faire  luy  demeurent  entre  ses 
mains;  et  sy  tost  qu'il  en  sera  payé,  sera  tenu  led.  Badius  en 
commencer  à  imprimer  ung  autre  sur  lesd.  mil  cent  vingt  neuf 
livres  de  Thucidides  restans  desd.  douze  cens  ung  quarterons, 
sy  tant  ilz  y  peuvent  fournir;  pourlesquelz  livres  dessusd.  impri- 
mer sera  tenu  led.  Colin  fournir  des  coppies  correctes  à  ses  des- 
pens;  et  sy  il  en  voulloit  faire  faire  et  imprimer  em  perchemyn,  il 
sera  tenu  fournir  le  parchemyn  neccessaire  à  sesd.  despens,  sans 
ce  que  led.  Badius  soit  tenu  le  fournir;  et  pour  scavoir  par  led. 
Colin  si  lesd.  Thucidides  fourniront  à  lad.  impression  desd. 
livres,  sera  tenu  led.  Badius  sans  fraulde  ne  malice  luy  monstrer 
le  nombre  de  ceulx  qu'il  aura  venduz  et  débitez;  car  ainsi,  etc., 
promettant,  etc.,  obligeant  chascun  endroy  soy  ésd.  noms,  etc., 
renonçant,  etc. 

Faict  doubles  le  samedi  xxvm''  jour  de  mars  l'an  mil  cinq  cens 
vingt  sept,  avant  Pasques. 


UNE  ÉDITION 


DE 

L'  «  HISTOIRE  ECCLÉSIASTIQUE  DES  FRANCS  » 

DE  GRÉGOIRE  DE  TOURS, 
PRÉPARÉE  PAR  LE  P.  GILLES  BOUGHIER 

AU   XVII^    SIÈCLE. 


Un  jésuite  érudit,  le  P.  Gilles  Bouchier,  né  à  Arras  en  1576, 
qui  fut  successivement  recteur  à  Béthune,  puis  à  Liège,  et  mourut 
à  Tournay  en  1665*,  avait  projeté,  dans  la  première  moitié  du 
xvn^  siècle,  de  donner  une  édition  de  Y  Histoire  ecclésiastique 
des  Francs  de  Grégoire  de  Tours.  L'œuvre  de  Grégoire  de  Tours 
avait  paru  en  dernier  lieu  dans  le  Corpus  Francicœ  historiœ  de 
Marquardt  Freher,  publié  en  1613 -.  Le  P.  Bouchier  se  servit  du 
texte  donné  par  Freher  pour  préparer  sa  nouvelle  édition,  que  la 
mort  l'empêcha  peut-être  de  terminer  et  de  mettre  au  jour  3;  ses 
derniers  biographes  mentionnent  expressément  ce  projet,  mais 
les  matériaux  de  l'édition  préparée  par  le  P.  Bouchier  paraissaient 
perdus  depuis  la  fin  du  dernier  siècle  ^ 

t.  Voir  Bibliothèque  de  la  Compagnie  de  Jésus,  par  le  P.  C.  Sommervogel 
(1890,  in-4°),  t.  I,  col.  1866-1868. 

2.  Pars  II,  p.  1-244.  (Hanovise,  1613,  in-fol.) 

3.  Trente  ans  avant  la  mort  de  Gilles  Bouchier,  Duchesne  avait  publié  une 
nouvelle  édition  de  Grégoire  de  Tours,  revue  sur  les  manuscrits,  dans  ses  Histo- 
riie  Francorum  scripiores  cosetanei  (Paris,  1636,  in-fol,),  t.  I,  p.  251-459. 

4.  «  Gregorius  Turonensis  amplissimis  notis  illustratus.  —  Le  P.  Bouchier  se 
I proposait  de  donner  une  édition  de  cet  écrivain.  —  Ce  manuscrit  se  conser- 
vait aussi  dans  notre  bibliothèque  de  Tournai.  »  {Bibliothèque  de  la  Compa- 
gnie de  Jésus,  éd.  cit.,  t.  I,  col.  1868.) 


5<6  DNE  ÉDITION 

On  n'a  point  à  en  déplorer  la  perte  ;  ils  ont  été  recueillis,  avec 
beaucoup  d'autres  manuscrits  de  Tourna}',  dans  l'incomparable 
collection  formée  à  Middlehill,  puis  transportée  à  Cheltenham  par 
sir  Thomas  Pliillipps.  Le  catalogue  imprimé  en  1837  et  années 
suivantes  par  le  célèbre  baronnet  les  mentionne  en  ces  termes 
sous  le  n°  11917  :  «  Freheri,  corpus  Francicse  historiœ,  with 
innumerable  ms.  notes,  additions  and  emendations,  appended  to 
ihe  History  ofGregory  of  Tours,  by  Rev.  Gilles  Bouchier,  of 
Lille,  f.  ch.  s.  xvii.  »  Le  volume  porte  la  mention  manuscrite  : 
«  Collegii  Societatis  Jesu  Tornaci,  »  et  l'ex-libris  imprimé  de  son 
avant- dernier  possesseur  :  «  Ex  bibliotheca  G.  van  Bavière, 
Facult.  juris  Acad.  Bruxell.  a  secretis.  —  Franc  et  loyal.  » 

Le  trop  rapide  examen  que  j'ai  dû  faire  à  Gheltenham,  il  y  a 
quelques  années  déjà,  avec  mon  confrère  et  ami  M.  S.  Bougenot, 
de  l'édition  de  Grégoire  de  Tours,  préparée  par  le  P.  Gilles  Bou- 
chier, ne  me  permet  d'entrer  dans  aucun  détail  sur  l'état  et  la 
valeur  des  matériaux  laissés  par  le  savant  jésuite.  Je  me  conten- 
terai de  signaler  seulement  la  lettre  suivante,  insérée  entre  les 
pages  20-21  du  texte  de  Grégoire  de  Tours,  publié  par  Freher  ; 
elle  est  adressée  au  P.  Bouchier  par  un  de  ses  confrères,  le 
P.  Fronton  du  Duc,  alors  bibliothécaire  du  collège  de  Clermont 
à  Paris*.  On  verra  avec  quelle  netteté  Fronton  du  Duc  s'y  explique 
sur  la  question  de  saint  Deuys  l'Aréopagite  et  au  sujet  de  l'apos- 
tolicité  des  églises  de  France  ;  quelques  détails  accessoires  d'his- 
toire littéraire  donnés  dans  cette  même  lettre  paraîtront  peut-être 
mériter  de  retenir  encore  quelques  instants  l'attention  du  lecteur. 

H.  0. 

Mon  Révérend  Père, 

La  venue  et  la  veue  du  présent  porteur  nous  a  fort  resjoui,  tant 
pour  ses  bonnes  qualitez  el  mérites  que  pour  la  souvenance  du 
R.  P.  Flerontin-,  qu'il  nous  a  rafraischie,  et  pour  l'usufruicL  de  vos 
lettres.  Pour  response  desquelles  je  ne  vous  sçaurois  plus  asseuré- 
ment  informer  de  l'histoire  de  S.  Denys  que  par  le  tesmoignagc  du 
s»-  cardinal  Bellarmin,  lequel  estant,  l'an  J390,  en  nostre  librairie  de 

1.  Voir  Bibliothèque  de  la  Compagnie  de  Jésus,  éd.  cil.,  t.  III,  col.  233-249. 

2.  François  FlcroiUiiuis,  reclcur  de  Liège  en  1594  et  1612,  provincial  de  Bel- 
gique, mort  en  1015.  {Bibliothèque  de  la  Compagnie  de  Jésus,  éd.  cit.,  t.  II, 
col.  784-785.) 


DE   l'  «  HISTOIRE  ECCLÉSIASTIQUE   DES   FRANCS».  5^ 

S.  Louys\  en  ceste  ville,  respondit  au  P.  Gommolet^  qu'il  n'eslimoit 
pas  que  jamais  l'évesque  de  Paris  fust  venud  à  S.  Denis.  Et,  à  la 
vérité,  j'ay  toujours  estimé  qu'il  faut  plustost  croire  à  Grégoire  de 
Tours  et  à  Beda  qu'à  Hilduin.  Voyez  le  martyrologe,  et  vous  trouve- 
rez que  Beda  distingue  celuy  de  Paris  de  l'Aréopagite.  Aussi  Mas- 
son  ^  en  son  Hysloire  de  France,  met  en  avant  des  objections  que  le 
cardinal  Baronius  ne  peut  soudre  que  d'une  façon  qui  est  du  tout 
intolérable,  disant  qu'il  fault  mettre  Adrien  au  lieu  de  Domitien; 
car,  par  ce  moyen,  je  soudray  toutes  objections  prises  des  histoires. 
La  vie  de  S.  Saturnin,  qui  est  dans  Surius,  combat  Hilduin  et  fortifie 
Grégoire  de  Tours.  Autant  en  est-il  de  S.  Sixte  et  de  toutz  les  aultres 
premiers  évesques  des  églises  cathédrales  de  France  qu'on  y  main- 
tient avoir  esté  disciples  des  apostres,  et  puis  on  est  contraint  de 
laisser  un  interrègne  de  deux  centz  ans  sans  aucun  évesque  pour 
avoir  commencé  trop  hault. 

On  a  imprimé  en  Alemagne  Annales  Fuldenses,  ou  l'histoire  de 
Floard  mise  en  lumière  par  M.  Pithou^.  Il  trouvera  mon  jugement 
plus  entier  et  plus  ample.  Mons.  Savaron^  travaille  après  son  Gré- 
goire de  Tours,  l'histoire  duquel  a  esté  nagueres  mise  en  lumière  en 
ceste  ville  par  Laurent  Bocbel»,  advocat  au  Parlement,  l'un  de  nos 
sycophantes  et  calomniateurs  de  la  faction  de  Servin  et  de  l'Antico- 
ton^,  lequel  Dieu  a  tellement  puni  que  maintenant  il  est  fugitif,  xal 

1.  «  La  Maison  professe  de  Sainct  Loiiys  des  Pères  Jésuites  de  la  rue  S.  An- 
toine estoit  anciennement  l'hostel  d'Anville,  que  leur  achepta  M.  Charles, 
cardinal  de  Bourbon,  qui  leur  donna  aussi,  environ  l'an  1580,  sa  bibliothèque 
excellemment  reliée  en  maroquin.  »  {Traicté  des  plus  belles  bibliothèques,... 
par  le  P.  Louys  Jacob,  p.  520.) 

2.  Le  P.  Jacques  Commolet,  né  vers  1548,  préposé  à  la  maison  professe  de 
Paris,  mort  en  1621.  {Bibliothèque  de  la  Compagnie  de  Jésus,  éd.  cit.,  t.  II, 
col.  1351-1352.) 

3.  Papire  Masson,  Annalium  libri  IV,  quibus  res  gestx  Francorum  expli- 
cantur  a  Clodione  ad  Franciscum  I.  (Paris,  1577  et  1598,  in-4°.) 

4.  Annalium  et  historix  Francorum,  ab  anno  Christi  708  ad  annum  990 
scriptores  coetanxi  XII,  nunc  primum  in  lucem  editi,  ex  bibliotheca  P.  Pithœi. 
(Francofurti,  1594,  in-8°.) 

5.  Jean  Savaron,  lieutenant  général  de  la  sénéchaussée  d'Auvergne,  né  en 
1550  à  Clermont-Ferrand,  mort  en  1622.  Nicéron  {Mémoires  pour  servir  à  l'his- 
toire des  hommes  illustres,  t.  XVII,  p.  91)  cite  des  notes  et  remarques  de  lui 
sur  Grégoire  de  Tours. 

6.  Gregorii  Turonensis  episcopi  historix  Francorum  libri  decem...  Ex  biblio- 
theca Laur.  Bochelli.  (Paris,  1610,  in-8''.) 

7.  Louis  Servin,  avocat  général  au  Parlement  (1555-1626),  auteur  des  Vindi- 
cix  secundum  libertatem  Ecclesix  gallicanx.  (Tours  et  Genève,  1590  et  1593, 


5^8      UNE   ÉDITION  DE  l'  «  HISTOIRE   ECCLe'SUSTIQCE   DES  FRANCS  ». 

çeÛYst  Toùç  ^(dij.exàq^  ayant  esté  vendue  sa  librairie  sub  hast  a,  ut  bona 
Tarquinii.  De  mesrae  farine  est  un  nommé  de  St.  Denis  Heraldus*, 
qui  a  fait  ces  jours  passez  imprimer  un  commentaire  sur  V Apologé- 
tique de  Tertullien,  avec  beaucoup  de  traitz  qui  sentent  le  fagot  et 
le  levain  de  Genève.  Un  aultre  advocat  de  noz  amis  a  fait  imprimer 
Marculfi  Formulas^,  et  un  de  nos  Pères,  qui  régentea  la  première  à 
la  Flèche,  a  traduit  et  mis  en  lumière  les  œuvres  de  Thémistius^. 

Le  Saint  Augustin  s'achève  et  le  S'  Ghrysostome  latin  :  je  mettray 
dans  trois  ou  4  jours  deux  presses  après  le  mien  grec  et  latin,  et 
espère  de  l'avoir  achevé  dans  sept  ou  huit  mois,  tellement  qu'avec 
les  tomes  de  Commelin  ''  on  l'aura  tout  entier  en  grec  et  en  latin.  Je 
désirerois  fort  sçavoir  si  Kerbergius  l'imprime  en  Anvers  avec  mes 
corrections  et  traductions-,  j'en  ay  escrit  au  P.  Schottus^.  Je  vous 
prie  de  faire  diligences  à  me  respondre  et  m'obligerez  beaucoup.  Je 
me  recommande  humblement  au  R.  P.  ...  et  au  R.  P.  ... 

Vostre  humble  frère  et  serviteur  en  N.  S. 

Fronton  dd  Duc. 

De  Paris,  ce  23  décembre  ^6^2*'. 

in-8'.)  —  Sur  VAnticofon,  ou  réfutation  de  la  lettre  déclaratoire  du  P.  Coton, 
voy.  la  Bibliothèque  historique  du  P.  Lclong  (éd.  Fevret  de  FonleUe),  t.  I, 
p.  870,  n"  14258. 

1.  Q.  Septimii  Florentis  Tertulliani  Apologeticus,  ex  emendatione  et  cum 
commentario  Desiderii  Ileraldi.  (Luteliœ  Paris.,  1613,  ln-4".) 

2.  C'est  à  Jérôme  Bignon,  avocat  au  Parlement,  qu'on  doit  la  première  édi- 
tion des  Mai'culfi  monachi  formulx.  (Paris.,  1613,  in-8°.) 

3.  Themistii  Euphradx  orationes  XVI,  griBce  et  latine,...  interprète  Diony- 
sio  Pelavio  e  Societale  Jesu.  (Flexiae,  1613,  in-S".) 

4.  Jérôme  Commelin,  de  Douai,  mort  en  1598,  a  imprimé  de  très  nombreuses 
éditions  d'auteurs  grecs  et  latins  à  Ileidelberg. 

5.  Le  P.  André  Scliotl,  d'Anvers  (1552-1629). 

6.  Au  dos  se  lit  l'adresse  :  «  A  Révérend  Père,  le  P.  Gilles  Bouchier,  de  la 
Compagnie  de  Jésus,  à  Liège  ;  »  avec  le  cachet  :  «  Rectoris  CoUeg.  Paris,  Soc. 
Jesu.  »  La  lettre  est  écrite  sur  une  feuille  de  papier  in-folio. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Histoire  du  droit  et  des  institutions  de  la  France,  par  E.  Glasson, 
membre  de  l'Institut,  professeur  à  la  Faculté  de  droit  de  Paris; 
tome  V  :  la  Féodalité  (suite) ;  les  Communes  et  les  autres  villes; 
l'Église;  la  Rotjauié.  Paris,  F.  Pichon,  i 893.  In-8°,  Lxrii-548  pages. 

M.  Glasson  n'avait  pu,  malgré  l'ampleur  de  son  précédent  volume, 
terminer  l'histoire  du  droit  et  des  institutions  à  l'époque  féodale.  Quan- 
tité de  choses  restaient  à  dire,  et  ce  tome  V  est  encore  consacré  à  cette 
période  si  intéressante  mais  si  complexe. 

La  bibliographie  fournit  une  riche  énumération  des  publications 
relatives  aux  communes  et  aux  autres  villes,  à  l'histoire  de  l'Église  et 
de  la  royauté.  Elle  n'est  pas  absolument  complète  et  renferme  quelques 
ouvrages  sans  valeur,  mais  la  perfection  est  impossible  à  réaliser,  même 
en  bibliographie.  De  toutes  les  omissions,  une  surtout  est  regrettable  : 
celle  de  l'excellent  livre  de  M.  Elle  Berger  :  Saint  Louis  et  Innocent  IV. 
M.  Glasson  y  eût  trouvé  des  renseignements  très  précieux  sur  les  rap- 
ports de  la  papauté  et  de  l'épiscopat  avec  la  royauté.  Des  noms  cités 
au  cours  de  l'ouvrage  (L.  Gautier,  la  Chevalerie^  Lu  chaire,  Manuel  des 
institutions  françaises  ;  F.  Aubert,  le  Parlement  de  Paris)  sont  absents 
dans  cette  bibliographie;  d'autres  sont  défectueux  :  p.  xxxi,  Aubert  au 
lieu  de  Auber;  p.  xxxii,  Boutiet  au  lieu  de  Boutiot,  etc.  —  Une  remarque 
concernant  les  thèses  de  l'École  des  chartes  est  inexacte  :  «  Ces  thèses 
sont  de  simples  résumés,  »  écrit  le  savant  auteur.  Il  fallait  dire  les 
positions  de  thèses,  car  les  thèses  elles-mêmes  forment  souvent  de  gros 
mémoires. 

Avec  le  chapitre  iv  (le  premier  de  ce  nouveau  volume),  «  les  Com- 
munes et  les  autres  villes,  »  nous  entrons  en  matière.  M.  G.  résume 
les  divers  systèmes,  montre  ce  qu'ils  ont  d'excessif  ou  d'exclusif,  puis 
il  procède  par  analyse,  examine  «  les  diverses  espèces  de  villes.  »  A 
son  avis,  les  associations  de  paysans,  d'artisans  et  d'ouvriers  des  villes 
sont  restées  sans  influence  sur  le  régime  municipal,  tandis  que  les  asso- 
ciations de  marchands  «  ont  largement  contribué  à  la  formation  des 
communes.  »  Il  cherche  dans  les  institutions  antérieures  et  trouve 
comme  sources  du  régime  communal  le  scabinat  de  l'époque  carolin- 
gienne et  les  gildes  marchandes  (cf.  Pirenne,  l'Origine  des  constitutions 


520 


BIBLIOGRAPHIE. 


urbaines  au  moyen  âge.  Revue  historique,  1893,  t.  LUI,  p.  52  et  suiv.). 
«  La  coutume  fort  ancienne  des  confréries  et  des  corporations  »  semble 
aussi  être  une  des  origines,  mais  il  ne  faut  pas  exagérer  l'importance 
de  tel  élément  en  particulier. 

M.  G.  constate  avec  raison  que,  «  dans  le  Nord  comme  dans  le  Centre, 
certaines  chartes  de  communes  ou  de  bourgeoisies  furent  obtenues  à  la 
suite  de  concessions  librement  consenties  par  le  roi  ou  par  le  seigneur,  » 
et  que  c'est  une  erreur  d'affirmer  d'une  manière  générale  que  les  com- 
munes ont  été  fondées  en  haine  de  la  féodalité  et  par  esprit  de  réaction 
contre  elle.  «  On  peut,  dit-il,  caractériser  la  condition  des  villes  du 
Nord  en  disant  qu'elle  constitue  le  régime  communal  ;  celle  des  villes 
du  Centre,  en  appelant  leur  organisation  le  régime  de  communauté  ; 
enfin  les  villes  du  Midi  possèdent  le  régime  des  consulats.  »  Dans  les 
communes  du  Nord  et  de  l'Est  l'influence  franque  persiste  longtemps  ; 
mais  ces  caractères  généraux  ne  font  pas  oublier  à  l'auteur  les  particu- 
larités régionales  tant  au  Nord  et  à  l'Est  qu'au  Centre. 

Les  villes  royales  du  Centre  obtiennent  des  privilèges,  des  exemptions 
d'impôts.  «  A  la  différence  des  villes  du  Midi,  qui  possédaient  des  sta- 
tuts municipaux,  et  des  villes  du  Nord,  qui  étaient  dotées  de  chartes 
communales,  véritables  codes  locaux  consacrés  à  l'organisation  poli- 
tique, judiciaire,  administrative  de  la  ville  et  contenant  en  outre  des 
dispositions  de  diverses  sortes,  les  villes  royales  du  Centre  ne  peuvent 
invoquer  aucun  titre  d'une  nature  aussi  générale.  »  Elles  sont  sous  la 
surveillance  de  l'officier  du  roi  et  cependant  restent  libres,  mais  plus 
en  fait  qu'en  droit. 

Parlant  du  Midi,  M.  G.  maintient  justement  contre  les  exagérations 
actuelles  que  le  régime  municipal  très  fortement  organisé  remonte  plus 
haut  que  l'époque  féodale  et  que  l'influence  romaine  a  persisté,  modifiée 
ou  complétée  par  les  institutions  du  moyen  âge  et  l'exemple  des  répu- 
bliques italiennes. 

Ces  notions  générales  données,  l'auteur  nous  met  au  courant  des 
détails  :  qui  pouvait  constituer  une  commune  ou  une  ville  de  bour- 
geoisie; ce  que  renfermait  une  charte;  quels  étaient  les  fonctionnaires 
des  communes  ;  de  quelle  nature  étaient  leurs  attributions  et  cela  dans 
les  diverses  provinces.  Nous  sommes  renseignés  sur  les  recettes  et  les 
dépenses  ;  sur  la  condition  des  villes  de  bourgeoisie,  dont  deux  types 
sont  étudiés  à  part  :  Paris  et  Orléans. 

Les  travaux  de  MM.  Giry,  Luchaire,  Flammermont,  Prou,  Lefranc, 
Bonvalot,  etc.,  sont,  et  cela  se  comprend,  mis  souvent  à  contribution. 

L'étude  sur  la  ville  de  Paris  est  trop  rapide,  trop  superficielle. 

Les  recherches  sur  les  villes  de  consulat  fournissent  à  l'auteur  l'oc- 
casion d'insister  sur  la  persistance  des  institutions  municipales  d'ori- 
gine romaine,  en  tenant  compte  dos  modifications  inévitables.  Il  n'ad- 
met  pas  la  destruction   complèle  du  régime  municipal  romain  dès 


BIBLIOGRAPHIE.  521 

l'apparition  des  Francs.  En  effet,  cette  poignée  d'envahisseurs  n'a  pas 
eu  d'influence  sérieuse  sur  les  populations  entièrement  romanisées  du 
Midi.  Il  reconnaît  que  l'influence  des  républiques  italiennes  et  des  ins- 
titutions féodales  fut  plus  sérieuse.  Ses  arguments  ne  manquent  pas  de 
valeur,  car  dans  cette  question  il  ne  suffit  pas  d'être  un  érudit,  il  faut 
posséder  à  fond  la  connaissance  du  droit  romain.  Voici  ses  conclusions  : 
«  Des  vestiges  des  institutions  municipales  des  Romains  s'étaient  trans- 
mis au  travers  des  âges,  »  mais  «  ces  institutions  municipales  étaient 
surtout  devenues  civiles  et  avaient  perdu  à  peu  près  tout  caractère  poli- 
tique... C'est  surtout  dans  les  statuts  municipaux  que  se  fait  sentir 
l'esprit  du  droit  romain...  qui  n'avait  jamais  cessé  d'être  en  vigueur 
dans  le  midi  de  notre  pays.  Les  consulats  du  Midi  forment  donc  bien 
une  institution  nationale,  née  sur  notre  sol,  mais  dont  l'éclosion  et  le 
développement  ont  été  favorisés  par  des  causes  très  diverses,  intérieures 
ou  extérieures  :  la  richesse  commerciale,  la  bienveillance  des  seigneurs 
qui  ont  compris  les  intérêts  et  les  besoins  de  leurs  sujets,  les  rapports 
avec  l'Italie,  la  persistance  du  droit  romain.  » 

Cette  théorie  ne  sera  pas  en  faveur,  car  la  tendance  actuelle  est 
d'amoindrir  l'influence  si  profonde  du  droit  romain  pour  exagérer  celle 
des  usages  germaniques,  mais  des  idées  plus  justes  s'imposeront. 

Les  puissantes  cités  de  Montpellier,  de  Toulouse  et  de  Bordeaux  sont 
étudiées  avec  soin.  Enfin  le  chapitre  se  termine  par  quelques  considé- 
rations sur  les  agglomérations  de  paroisses,  de  villages  et  de  villes  qui 
n'avaient  pas  obtenu  de  chartes. 

Le  chapitre  cinquième  a  pour  titre  :  l'Église.  «  La  première  puis- 
sance au  début  du  moyen  âge,  celle  qui  l'a  dominé,  dirigé,  moralisé, 
c'est  l'Église.  »  M.  G.  explique  ce  rôle  prépondérant,  et,  comme  les  lois 
de  l'Église  ont  alors  une  importance  considérable,  il  donne  de  rapides 
indications  sur  les  sources  du  droit  canonique.  Au  sujet  de  la  Panor- 
mie  d'Yves  de  Chartres,  il  aurait  dû  citer  la  thèse  de  l'abbé  Menu. 
Vient  ensuite  l'étude  du  clergé  séculier,  de  la  hiérarchie,  des  circons- 
criptions ecclésiastiques,  de  la  création  des  nouveaux  diocèses,  des  pré- 
rogatives et  des  droits  des  évêques  et  de  leurs  agents,  des  chapitres, 
des  curés  et  des  desservants.  Le  clergé  régulier  le  retient  peu,  et,  après 
quelques  mots  seulement  sur  les  conciles,  il  arrive  aux  justices  d'Église. 
Ici  encore  l'auteur  résume  les  travaux  antérieurs  tout  en  émettant  des 
idées  personnelles.  Je  lui  reprocherais  de  ne  pas  assez  s'occuper  de 
l'action  des  conciles,  de  croire  encore  trop  aux  terreurs  de  l'an  mille. 

Les  revenus  et  charges  de  l'Église,  ses  privilèges,  font  l'objet  des 
pages  suivantes,  et  un  aper«îu  aussi  exact  que  remarquable  sur  l'in- 
fluence de  l'Église  sert  de  conclusion.  En  termes  élevés,  M.  G.  rend 
justice  à  la  grande  institutrice  des  nations.  Au  point  de  vue  politique 
et  administratif  comme  au  point  de  vue  social  les  services  sont  émi- 
nents.  «  Dans  les  diverses  branches  des  connaissances  humaines,  l'Église 


522  BIBLIOGRAPHIE. 

était  en  avance  sur  son  temps  ;  »  grâce  à  l'influence  du  droit  canonique, 
«  nos  coutumes  se  sont  imprégnées  d'un  véritable  esprit  de  justice  et 
d'équité,  en  même  temps  qu'elles  se  dégageaient  de  la  confusion  et  de 
l'obscurité.  »  L'Église  séculière  a  provoqué  et  prodigué  l'émancipation 
des  serfs;  quant  à  l'Église  régulière,  si  elle  la  pratique  moins,  c'est 
qu'elle  se  préoccupe  surtout  d'assurer  aux  serfs  la  sécurité  si  rare  à  ces 
époques  troublées,  et,  en  fait,  les  serfs  des  monastères  se  trouvaient 
dans  une  condition  meilleure  que  les  hommes  libres  de  la  basse  classe. 
Gomme  tous  les  moralistes,  il  proclame  que  dans  l'organisation  de  la 
famille  l'œuvre  de  l'Église  a  été  admirable.  Il  explique  comment,  pour 
éviter  ces  guerres  terribles  de  débiteurs  ruinés  à  créanciers  avides  et 
impitoyables  qui  ensanglantèrent  Rome  et  la  Grèce,  la  prohibition  du 
prêt  à  intérêt,  erreur  au  point  de  vue  économique,  fut  un  bienfait  social. 
Là  où  il  était  toléré,  il  devenait  monstrueux  ;  Bérenger,  comte  de  Pro- 
vence, autorisait  à  prêter  jusqu'à  80  °/o  par  an  !  Cette  considération  de 
l'éminent  professeur  ne  saurait  être  trop  remarquée.  Pour  toutes  ces 
raisons,  grâce  à  «  cet  esprit  de  justice  essentiellement  pratique,  sans 
aucune  violence,  du  consentement  unanime  de  tous,  »  l'Église  a  pu 
«  dominer,  diriger  et  gouverner  pendant  la  première  partie  du  moyen 
âge.  » 

Les  chapitres  suivants  traitent  de  la  Royauté,  des  assemblées  de 
l'administration  locale,  du  domaine  de  la  couronne  et  des  finances 
royales. 

Le  caractère  des  rois  capétiens  est  bien  esquissé. 

Les  traditions  de  la  monarchie  capétienne,  tout  ce  qui  a  trait  à  la 
transmission  de  la  couronne,  au  sacre,  aux  régences  et  à  la  famille 
royale;  aux  pouvoirs  du  roi,  à  ses  prérogatives  et  à  sa  justice;  à  sa 
cour,  aux  officiers  de  la  couronne,  aux  pairs  et  au  conseil,  tout  cela 
est  clairement  exposé,  mais  ce  chapitre  n'oûre  rien  d'original.  Quelques 
observations,  la  plupart  de  détail,  sont  à  faire.  Les  Lettres  de  Gerbcrt 
sont  citées  sans  qu'il  soit  parlé  de  l'excellente  édition  de  M.  Havet;  le 
De  ordine  palatii  de  Hincmar  est  un  texte  important  ;  l'auteur  l'a  con- 
sulté, mais  il  aurait  dû  recourir  à  l'édition  de  M.  Prou,  dont  l'annota- 
tion est  remarquable.  Les  Mandements  de  Charles  V  ont  été  publiés  par 
M.  Léopold  Delisle,  et  le  recueil  des  privilèges  accordés  à  la  couronne 
de  France  par  le  saint-siège  est  dû  à  M.  Adolphe  Tardif;  quand  il  s'agit 
de  recueils  de  textes,  le  nom  de  celui  qui  les  a  rassemblés  et  commen- 
tés est  très  important  à  signaler.  La  formule  Rex  Francorum  se  traduit 
par  «  roi  de  France  »  et  non  «  roi  des  Francs.  »  Dire  que  le  testament 
de  Charles  V  fut  cassé  par  le  Parlement  n'est  pas  exact.  Les  volontés  du 
roi  ne  furent  pas  respectées  par  le  conseil  de  régence,  mais  le  Parle- 
ment ne  joua  aucun  rôle  dans  cette  affaire.  Comme  M.  Valois,  M.  G. 
ne  croit  pas  que  le  conseil  du  roi  se  soit  réuni  au  Parlement,  et  il  répète 
que,  par  la  formule  :  «  par  le  conseil  estant  en  la  chambre  du  Parle- 


BIBLIOGRAPHIE.  523 

ment,  »  il  faut  entendre  qu'il  s'agit  du  Parlement  seulement.  Mes  études 
sur  le  Parlement  de  Paris  me  permettent  de  ne  pas  admettre  cette  inter- 
prétation exagérée.  Le  conseil  a  siégé  plusieurs  fois  avec  le  Parlement, 
et  plusieurs  fois  une  partie  considérable  du  Parlement  se  réunit  au 
conseil.  La  question  des  pairs  trouve  naturellement  sa  place,  mais  elle 
n'est  pas  définitivement  tranchée;  le  sera-t-elle  jamais?  Ce  n'est  pas 
François  I^i'qui  a  conféré  la  pairie  à  Engilbert  de  Glèves,  c'est  Louis  XII, 
en  mai  1505  (cf.  Arch.  nat.,  X<^  4846,  fol.  398  v"). 

Le  rôle  des  assemblées,  des  états  généraux  a  été  considérable,  mais 
je  crois,  avec  M.  G.,  qu'on  a  exagéré  les  services  qu'ils  ont  rendus; 
jusqu'au  xvi«  siècle,  par  leurs  demandes  intempestives  ou  excessives, 
ils  n'ont  pas  su  se  rendre  vraiment  utiles  ;  après  le  xvi«  siècle,  la  royauté 
était  trop  puissante  pour  tenir  compte  de  leurs  décisions.  «  Les  com- 
munes d'Angleterre  étaient  plus  habiles  ;  elles  ouvraient  largement  la 
bourse,  mais  elles  exigeaient  des  compensations  qui  ne  tardèrent  pas 
à  leur  procurer  de  précieuses  libertés  politiques.  »  Pendant  la  guerre 
de  Cent  ans,  les  états  généraux  «  firent  preuve  de  patriotisme,  mais  ils 
manquèrent  toujours  d'habileté  et  d'esprit  politique  :  ils  ne  comprirent 
pas  les  vrais  besoins  d'un  État  engagé  dans  une  guerre  où  il  y  allait 
de  son  existence,  et,  lorsque  à  la  suite  de  certaines  circonstances  la 
force  se  trouva  de  leur  côté,  ils  en  abusèrent  pour  usurper  tous  les  pou- 
voirs au  lieu  de  régler  avec  modération  leurs  droits  vis-à-vis  de  la 
royauté.  »  Ils  ne  comprirent  «  rien  à  leur  rôle  en  matière  d'impôts.  » 

Après  les  états  généraux,  M.  G.  résume  tout  ce  que  l'on  a  dit  sur  les 
assemblées  des  notables  et  les  états  provinciaux  ;  puis  il  étudie  l'admi- 
nistration locale,  explique  quels  agents  royaux  ont  remplacé  ceux  de 
l'époque  carolingienne,  s'étend  sur  la  nomination  et  les  fonctions  des 
prévôts,  des  baillis,  des  sénéchaux  et  des  principaux  fonctionnaires 
subalternes. 

Le  dernier  chapitre  de  ce  volume,  le  neuvième,  est  peu  considérable, 
et  dans  le  volume  suivant  M.  G.  le  complétera  sans  aucun  doute.  En 
effet,  le  domaine  de  la  couronne  et  surtout  les  finances  royales  demandent 
des  développements.  Le  savant  auteur  suit  année  par  année  la  consti- 
tution des  apanages,  expose  les  grands  inconvénients  et  les  rares  avan- 
tages de  cet  usage  ;  ensuite  il  étudie  avec  sagacité  la  formation  de  la 
notion  de  l'impôt  en  se  rendant  bien  compte  des  difficultés  à  surmon- 
ter, des  tâtonnements  inévitables  qui  se  traduisirent  souvent  en  mesures 
vexatoires,  mais  qu'il  faut  juger  d'après  l'esprit  du  temps  et  non  du 
nôtre  et  qui  continuent  jusqu'au  règne  de  Charles  VIL 

Il  reste  encore  beaucoup  de  choses  à  dire  sur  le  gouvernement  royal 
à  l'époque  féodale;  le  sixième  volume  les  contiendra.  L'éloge  du  grand 
ouvrage  de  M.  Glasson  n'est  plus  à  faire  ;  l'utilité  est  évidente,  et,  en 
résumant  tous  les  travaux  antérieurs,  en  tirant  des  conclusions  gêné- 


S24 


BIBLIOGRAPHIE. 


ralement  exactes  et  modérées,  le  savant  professeur  rend  aux  travailleurs 
un  service  signalé. 

Deux  petites  remarques  en  terminant  :  page  149,  il  y  a  une  confusion 
fâcheuse  entre  le  vainqueur  de  Muret  et  le  comte  de  Leicester.  Les 
dates  sont  toujours  celles  du  vieux  style,  ce  qu'il  faudrait  éviter. 

Félix   AUBERT. 

Inventaires  et  documents  publiés  par  l'administration  des  Archives 
nationales  :  Inventaire  des  arrêts  du  Conseil  d'État  (règne  de 
Henri  IV),  par  M.  Noël  Valois,  archiviste  aux  Archives  nalionales. 
Tome  II.  Paris,  Impr.  nationale,  ^893.  In-40,  843  pages. 

On  a  déjà  signalé  dans  ce  recueil  (t.  XLVII,  1886,  p.  682-689)  le  pre- 
mier volume  de  l'Inventaire  des  arrêts  du  Conseil  d'État  sous  le  règne 
de  Henri  IV,  que  M.  Noël  Valois  a  rédigé  pour  la  collection  des  Inven- 
taires des  Archives  nationales.  Le  second  et  dernier  volume  de  cet 
important  ouvrage  a  paru  récemment.  On  y  trouve  analysés  9,986  arrêts, 
qui  proviennent  en  très  grande  majorité  de  la  collection  des  minutes 
conservées  aux  Archives  ;  314  seulement  ont  été  tirés  des  registres  de 
la  Bibliothèque  nationale.  Tous  ces  arrêts  appartiennent  à  la  période 
qui  s'ouvre  en  l'an  1600  pour  se  terminer  avec  le  règne.  Il  serait 
superflu  de  répéter  ici  les  éloges  déjà  donnés  au  premier  volume;  qu'il 
suffise  de  dire  que  son  frère  cadet  les  mérite  tout  autant.  Les  documents 
qui  y  sont  cités  par  des  résumés  à  la  fois  clairs  et  sobres  montrent 
l'action  du  Conseil  sur  toutes  les  branches  du  gouvernement  royal  : 
affaires  étrangères,  guerre,  marine,  finances,  administration  pure, 
cultes,  travaux  publics.  Une  table  alphabétique  très  copieuse  facilite  les 
recherches.  On  trouve  aussi  à  la  fin  du  volume  (p.  729-732)  un  court 
supplément  contenant  des  arrêts  retrouvés  après  coup,  dont  plusieurs 
sont  datés  des  années  du  règne. 

P.    FOURNIER. 


A.  DE  GoAMPEAUx,  P.  Gauchery.  Les  Travaux  d'art  exécutés  pour  Jean 
de  France,  duc  de  Berry,  avec  une  étude  biographique  sur  les 
artistes  employés  par  ce  prince.  Paris,  Honoré  Champion,  -1894. 
In-4%  23^  pages  et  42  planches.  75  francs. 

La  première  partie  de  ce  volume  est  pour  nous  une  vieille  connais- 
sance :  il  y  a  quelques  années,  MM.  de  Champeaux  et  Gauchery  ont 
publié,  Adin?,\d.Gazette archéologique^ ,  les  résultats  de  leurs  recherches  sur 
les  travaux  d'architecture  et  de  sculpture  exécutés  pour  le  duc  de  Berry. 

1.  Année  1887,  p.  18-28,  64-71,  198-112;  année  1888,  p.  245-254. 


BIBLIOGRAPHIE.  325 

La  reproduction  de  ces  articles  occupe  les  48  premières  pages  du  présent 
volume.  Des  documents,  dont  les  auteurs  ont  eu  connaissance  trop  tard 
pour  les  utiliser  alors,  leur  ont  fourni  la  matière  d'un  appendice  presque 
aussi  considérable  que  leur  premier  ouvrage  (p.  49-72).  Ils  ont  ainsi 
complété  et  sur  un  certain  nombre  de  points  rectifié  ce  qu'ils  avaient 
d'abord  écrit.   Il  en   résulte   un    léger  désavantage   pour   le  lecteur, 
oblige  de  contrôler   sans   cesse  les    renseignements   de   la   première 
partie  par  ceux  de  la  seconde.  Mais  du  moins  MM.  de  Ghampeaux  et 
Gauchery  se  sont  trouvés  ainsi  en  mesure  de  nous  présenter  un  tableau 
plus  complet  et  plus  précis  des  travaux  exécutés  par  le  duc  de  Berry 
dans  toutes  les  parties  de  son  vaste  apanage  et  dans  tous  les  domaines 
qui  lui  appartenaient  :  en  Berry,  à  Mehun,  à  Concressault,  à  Bourges, 
à  Genouilly;  en  Auvergne,  à  Riom  et  à  Nonette;  en  Poitou,  à  Lusi- 
gnan  et  à  Poitiers;  à  Paris,  enfin,  aux  deux  Nesle  et  à  la  Grange-aux- 
Merciers;  en  complétant  l'étude  des  documents  écrits  par  celle  des 
restes  ou  des  ruines  et  des  anciens  plans  ou  vues,  ils  se  sont  efforcés  de 
reconstituer,  autant  que  faire  se  pouvait,  la  physionomie  de  ces  somp- 
tueuses demeures  ;  ils  ont  rehaussé  encore  la  valeur  de  leur  travail,  en 
mettant  sous  les  yeux  des  lecteurs  d'excellentes  gravures,  reproductions 
de  vues  et  de  plans  de  ces  constructions. 

Ce  n'est  d'ailleurs  pas  là  le  seul  intérêt  de  leur  publication.  Ils  ont 
eu  soin  de  consacrer  une  troisième  et  importante  partie  de  leur  volume 
(p.  73-198)  à  des  notices  biographiques  sur  les  artistes  employés  par  le 
duc  de  Berry  :  architectes,  sculpteurs,  peintres,  verriers,  enlumineurs, 
orfèvres,  joailliers,  graveurs,  tapissiers,  brodeurs,  tailleurs,  armuriers, 
menuisiers,  marqueteurs,  horlogers  et  musiciens.  Sans  doute  ces  notices 
ne  sont  pas  toujours  aussi  amples  que  celle  qui  est  consacrée  à  Jean 
d'Orléans;  quelques-unes  se  réduisent  à  de  brèves  mentions;  on  n'en  a 
pas  moins  là  un  ensemble  imposant  de  notes  pour  un  chapitre  consi- 
dérable de  l'histoire  de  l'art  et  de  l'industrie  artistique  à  la  fin  du 
xiv<=  siècle  et  au  début  du  xv«  ;  le  cadre  s'élargit  même  parfois,  et  les 
deux  auteurs  n'ont  pas  hésité  à  donner  à  l'occasion  les  indications  com- 
plémentaires sur  la  descendance  de  tel  ou  tel  artiste. 

Le  volume  se  termine,  sans  parler  des  tables,  par  huit  pages  d'Addi- 
tions et  corrections,  où  se  trouvent  consignés  les  renseignements  nou- 
veaux recueillis  pendant  l'impression  ;  cela  seul  montre  le  souci  qu'ont 
MM.  de  Ghampeaux  et  Gauchery  de  perfectionner  leur  œuvre.  Ils  n'ont 
malheureusement  pas  apporté  le  même  soin  à  la  correction  typogra- 
phique de  leur  volume  <.  Nous  ne  voulons  point  insister  sur  ce  reproche, 

1.  C'est  ainsi  que  notre  confrère  M.  Teiihard  de  Chardin  est  presque  cons- 
tamment appelé  Theillard  de  Chardin;  le  ms.  £r.  11488  de  la  Bibl.  nat.  est 
désigné  une  fois  (p.  74)  1148»  et  une  autre  fois  (p.  90)  II,  488;  p.  89,  le  nom 
du  tailleur  de  pierre  Claux  de  Mayence  est  transformé  en  Claux  de  Mabeuse 
(lire  Mahense),  faute  maintenue  à  la  table,  etc.,  etc. 


o26 


BIBLIOGRAPHIE. 


non  plus  que  sur  celui  d'avoir  trop  souvent  donné  des  références  vagues 
et  incomplètes  ^,  et  nous  aimons  mieux  terminer  en  remerciant  encore 
MM.  de  Champeaux  et  Gauchery  d'avoir  élevé  un  monument  considé- 
rable à  la  gloire  du  duc  de  Berry  et  de  notre  art  national. 

E.-G.  Ledos. 


Deux  mille  ans  d'histoire;  la  vallée  d'Aulnay,  Châtenay,  Sceaux, 
Fontenay^  Plessis- Piquet,  Bagneux,  etc.,  par  de  Launay,  membre 
de  la  Société  de  rHistoire  de  Paris  et  de  l'Ile-de-France.  Paris, 
E.  Flammarion.  In-lS,  354  pages. 

Cet  ouvrage  est  «  l'histoire  de  cette  région  où  la  Providence  a  placé, 
pendant  bien  des  siècles,  le  berceau  de  mes  aïeux,  n  nous  dit  l'auteur 
dans  son  avant-propos.  C'est  aussi  l'histoire  de  ces  aïeux  nés  à  Châte- 
nay ou  à  Fontenay  «  pendant  plus  de  trois  siècles,  sans  qu'un  seul  y 
ait  manqué,  »  et  qui,  de  1575  à  1800,  ont  contracté  des  unions  avec  des 
personnes  issues  de  la  localité.  M.  de  L.  retrouve  jusqu'au  xi«  siècle 
des  documents  sur  les  Aulnay,  et,  par  le  développement  qu'il  donne  à 
ses  recherches  tant  sur  sa  famille  que  sur  leurs  alliés,  il  arrive  à  ratta- 
cher cette  histoire  à  l'histoire  même  de  Paris,  ajoutons  à  l'histoire  de 
France. 

On  voit  tout  de  suite  que  la  trame  est  peu  serrée,  qu'il  y  a  trop  de 
digressions,  trop  d'histoire  générale.  Le  lecteur  s'y  perd  souvent.  Au 
lieu  d'une  monographie,  nous  avons  en  somme  deux  mille  ans  d'his- 
toire de  France.  L'auteur  a  le  style  facile,  brillant,  et  ne  sait  pas  tou- 
jours résistera  la  tentation  de  disserter  et  de  s'appesantir  sur  les  généa- 
logies des  Capétiens,  des  Montmorency,  des  Vernon  et  d'autres  familles 
célèbres  et  déjà  connues. 

Ce  défaut  eût  été  évité  si  M.  de  L.  avait  mis  en  note  tout  ce  qui  n'est 
pas  indispensable  à  sa  monographie.  Aussi  bien  ne  soyons  pas  trop 
sévère  pour  ses  débuts  dans  les  travaux  d'érudition.  Remercions-le 
plutôt  de  son  charme  de  narrateur,  de  ses  renseignements  curieux  et 
souvent  inédits  sur  tant  de  vieilles  et  illustres  familles  parisiennes, 
leurs  alliances,  leurs  industries  et  leurs  maisons  de  campagne.  Tous 
ceux  qui  s'intéressent  à  l'histoire  des  imprimeurs  parisiens  (voy.  ch.  v) 
et  aux  biographies  de  Scarron,  de  Colbert  et  d'autres  personnages  des 


1.  Je  cite  au  hasard,  p.  7,  n.  2  :  Titres  de  la  maison  ducale  de  Bourbon; 
p.  36,  II.  1  :  Blaacard,  Inventaire  des  archives  départementales  des  Bouches- 
du-Rhône;  p.  113,  n.  1  :  J.-M.  Richard,  Mahaut  (comtesse  d'Artois)  (sic).  — 
En  outre  de  ces  défauts  de  forme,  l'on  pourrait  relever  quelques  erreurs  de 
fond;  c'est  ainsi  que  MM.  de  Champeaux  et  Gauchery  ont  fait  une  étrange  con- 
fusion, que  rien  n'explique,  entre  Jean  de  Rupy,  dit  Cambray,  et  Jean  de  Roche- 
chouart  (de  Rupe  Cavardi)  (cf.  p.  202  notamment). 


BIBLIOGRAPHIE.  527 

deux  derniers  siècles,  seront  intéressés  par  les  trouvailles  de  M.  de  L.; 
ils  oublieront  ainsi  certaines  fautes  de  transcription  ou  de  traduction 
inévitables  pour  quiconque  n'a  pas  fait  une  étude  spéciale  de  paléo- 
graphie. 

Un  appendice  considérable  (100  pages)  contient  les  pièces  justifica- 
tives, des  notes,  des  fragments  et  des  analyses  de  chartes. 

Gomme  tous  ceux  qui  s'occupent  de  l'histoire  de  Paris,  M.  de  L.  a 
dû  consulter  le  grand  ouvrage  de  l'abbé  Lebeuf,  dont  il  a  dû  rectifier 
plus  d'un  passage. 

Félix   AuBERT, 

Docteur  Goutan.  Les  Principales  églises  de  V arrondissement  de  Dieppe. 
Le  Havre,  Lemale,  -1893.  In-foIio,  4^  pages.  (Extrait  de  la  Nor- 
mandie monumentale  et  pittoresque.) 

Le  Même.  Description  de  l'église  Notre-Dame  du  Bourg-Dun.  Rouen, 
Leprêtre,  -1894.  In-8°,  vi,  33  pages. 

C'est  un  très  beau  et  très  bon  travail  que  celui  de  M.  le  docteur  Gou- 
tan. L'auteur  a  su  allier  l'élégance  du  style  à  une  rigoureuse  méthode 
descriptive  et  à  une  consciencieuse  recherche  des  détails  précis. 

Chaque  notice  est  accompagnée  de  magnifiques  photogravures,  exécu- 
tées d'après  les  clichés  de  M.  Letellier,  et  d'une  série  de  bons  plans 
d'architectes,  où  des  teintes  diverses  et  bien  distinctes  et  des  légendes 
détaillées  indiquent  les  diverses  époques.  L'illustration  participe  donc 
des  qualités  du  texte  ;  l'ouvrage  sera  feuilleté  avec  intérêt  par  tous,  et 
c'est  avec  grand  profit  qu'il  sera  consulté  par  les  amateurs  d'art,  lu  et 
étudié  par  les  archéologues.  On  peut  seulement  regretter  que  toutes  les 
photogravures  soient  exclu  si vem.ent  des  vues  extérieures  et  tous  les 
dessins  des  plans  ;  les  élévations  intérieures  et  quelques  détails  auraient 
offert  au  moins  autant  d'intérêt.  On  peut  regretter  aussi  que  l'auteur 
emploie  un  peu  trop  volontiers  des  termes  de  manuel  et  surtout  intro- 
duise inutilement  et  arbitrairement  dans  son  français,  qui  est  bon,  les 
mots  anglais  clear  stonj  pour  désigner  les  fenêtres  du  vaisseau  central 
de  ses  églises. 

Les  notices  sont  consacrées  à  six  monuments,  spécimens  de  choix  de 
l'architecture  normande  du  xii^  au  xvi^  siècle  :  d'abord  la  belle  église 
Saint-Jacques  de  Dieppe,  avec  sa  nef  du  milieu  du  xni^  siècle,  terminée 
seulement  dans  le  cours  du  xiv^par  une  riche  façade  qu'une  belle  tour 
latérale  a  complétée  cent  ans  plus  tard.  C'est  du  xv^  et  du  xvi^  siècle 
que  date  la  refaçon  du  chœur,  avec  ses  charmantes  chapelles  de  la 
Renaissance  dues  à  la  munificence  et  au  goût  délicat  d'Ango.  Notons 
la  curieuse  mention  d'une  restauration  exécutée  en  1736  dans  le  style 
gothique  et  qu'il  est  intéressant  de  rapprocher  des  travaux  analogues 
faits  au  xvn^  siècle  à  Saint-Étienne  de  Caen. 


528 


BIBLIOGRAPHIE. 


Les  restes  de  l'ancienne  église  Saint-Remy  de  Dieppe  sont  ensuite 
étudiés.  On  regrette  de  ne  pas  trouver  quelques  lignes  sur  la  seconde 
église  de  la  même  ville,  qui,  si  elle  n'est  pas  très  belle,  est  au  moins 
curieuse  pour  l'étude  de  l'architecture  de  la  Renaissance. 

L'église  d'Arqués,  commencée  en  1515,  est  décrite  avec  tout  le  soin 
que  méritent  sa  gracieuse  façade  et  son  précieux  jubé.  L'auteur  ne  se 
prononce  pas  sur  la  question  de  savoir  si  Nicolas  Bédiou  (f  1572)  en  a 
été  l'unique  architecte. 

Puis  vient  Notre-Dame  du  Bourg-Dun;  l'auteur  attribue  au  xi«  siècle 
le  transept  de  cette  église,  morceau  mutilé  qui  pourrait  plutôt  ne  dater 
que  de  la  première  moitié  du  xn^.  C'est  du  dernier  quart  du  même 
siècle  que  datent  les  grandes  arcades  de  la  nef,  dont  la  partie  haute  est 
du  commencement  du  xm^.  Ce  style  gothique  primitif  est  très  rare  dans 
la  région  normande.  La  façade  est  cantonnée  de  tourelles  d'escaliers 
carrées  d'un  aspect  monumental,  comme  à  Saint-Georges  de  Boscher- 
ville  ;  elle  est  très  remaniée,  ainsi  que  le  chœur,  des  xn«et  xni^  siècles; 
la  tour  centrale  est  de  la  fin  du  xiii«. 

L'église  d'Auffay  a  de  même  un  transept  roman  ;  le  reste  de  l'édifice, 
rebâti  peu  après  1264,  a  été  restauré  à  la  fin  du  xv^  et  au  xvi^  siècle, 
puis  en  1867,  et  toujours  d'une  façon  de  plus  en  plus  fâcheuse,  mais  a 
cependant  conservé  une  rare  élégance. 

L'église  d'Eu,  à  laquelle  l'auteur  a  justement  consacré  sa  principale 
notice,  termine  ce  recueil.  Le  docteur  Coutan  ne  pense  pas  que  la  dis- 
position bizarre  de  la  nef  de  cette  église,  avec  ses  hauts  piliers  étrésil- 
lonnés  par  de  secondes  arcades  portant  de  fausses  baies  de  triforium, 
soit  autre  chose  qu'un  repentir  de  l'architecte.  1\  est  vrai  que  cette  dis- 
position n'a  pas  d'autre  cause  dans  la  cathédrale  de  Meaux,  mais  ici  ne 
serait-elle  pas  plutôt  inspirée  de  l'ordonnance  de  la  cathédrale  de  Rouen, 
ordonnance  procédant  elle-même  de  certains  exemples  de  l'école  romane 
de  Normandie?  A  l'époque  romane,  les  Normands  avaient  même  exporté 
cette  disposition  en  Angleterre  (abbatiale  de  Waltham)  et  en  Fouille 
(cathédrale  de  Barletta). 

Ce  n'est  pas  sans  hésitation  que  l'auteur  attribue  au  xn^  siècle,  sur 
la  foi  de  l'abbé  Cochet,  la  crypte  de  l'église  d'Eu,  à  laquelle  la  date  du 
xv«  siècle  avait  été  assignée  dans  les  Archives  de  la  Coinmission  des 
monuments  historiques.  La  crypte  n'a  cependant  rien  d'antérieur  à  cette 
époque,  comme  l'a  très  bien  démontré  M.  Anthyme  Saint-Paul,  Tan  der- 
nier, au  congrès  de  la  Société  française  d'archéologie.  Cette  méprise  de 
M.  leD""  Coutan  est,  on  peut  le  dire,  la  seule  erreur  de  quelque  impor- 
tance que  contienne  son  remarquable  travail. 

On  peut  regretter  encore  que  l'église  du  collège  d'Eu,  les  mausolées 
qu'elle  contient  (fin  du  xvi«  siècle),  et  surtout  ceux  que  renferme  la 
crypte  de  la  grande  église,  n'aient  pas  été  décrits,  mais  des  limites 
étroites  étaient  imposées  à  l'auteur. 


BIBLIOGRAPHIE.  ^20 

Celui-ci  vient  de  se  dédommager  en  publiant  une  monographie  éten- 
due de  Notre-Dame  du  Dourg-Dun  dans  une  brochure  spéciale,  illustrée 
de  quatre  phototypies,  qui  donnent,  cette  fois,  les  détails  intérieurs  et  ne 
répètent  pas  l'illustration  de  la  précédente  notice.  Cet  opuscule  intéres- 
sant se  distingue  par  les  mêmes  qualités  que  le  précédent  et  fournit  des 
renseignements  bien  plus  complets.  Il  a  pour  but  d'intéresser  le  public 
à  la  belle  église  du  Bourg-Dun,  dont  l'état  de  délabrement  exige  des 
réparations  auxquelles  les  ressources  locales  ne  peuvent  subvenir. 

Depuis  que  ces  lignes  ont  été  écrites,  nous  avons  pris  connaissance 
de  deux  autres  notices  du  D''  Coutan,  insérées  également  dans  la  Nor- 
mandie monumentale.  C'est  d'abord  le  château  de  Dieppe,  monument  qui 
rentre  plutôt  dans  le  domaine  du  paysage  que  dans  celui  de  l'archéo- 
logie, puis  la  curieuse  chapelle  Saint-Julien  au  Petit-Quevilly.  Celle-ci 
est  un  monument  de  1160  environ,  qui,  avec  certaines  parties  de  la 
cathédrale  de  Rouen  (salles  voûtées  de  la  tour  Saint-Romain),  peut 
permettre  d'affirmer  que  les  architectes  normands  ont  adopté  et  com- 
pris l'architecture  gothique  plus  tôt  qu'on  ne  le  croit  communément. 
La  chapelle  du  Petit-Quevilly  est  un  monument  de  transition,  dont  les 
voûtes  d'ogives  basses  et  lourdes  reposent  sur  de  beaux  chapiteaux  à 
amples  feuillages.  L'abside  a  quatre  fenêtres  séparées  par  une  retom- 
bée de  voûtes.  C'est  là  une  disposition  rare,  mais  qui,  à  l'époque  romane, 
semble  avoir  eu  des  analogues  en  Picardie.  (Les  églises  de  Voyennes 
et  de  Cizancourt,  près  Péronne,  ont  deux  fenêtres  au  chevet.)  On  peut 
et  on  doit  espérer  que  le  D--  Coutan  continuera  avec  la  même  activité 
ses  bonnes  et  intéressantes  études  sur  l'archéologie  normande. 

C.  Enlart. 

Recherches  historiques  sur  les  vingt  communes  du  canton  de  Saint- 
Pierre-Église;  antiquités,  églises,  châteaux,  succession  des  curés, 
généalogie  des  seigneurs,  guerres  civiles  et  religieuses,  écoles  et 
municipalités,  monastère  de  Notre-Dame,  par  Louis  Drouet. 
Cherbourg,  impr.  Saint-Joseph,  •ISOS.  In-8°,  vii-488  pages. 

On  ne  saurait  trop  louer  l'idée  qui  a  inspiré  l'auteur  du  livre  dont 
nous  venons  de  transcrire  le  titre  et,  en  même  temps,  la  conscience 
que  cet  auteur  a  apportée  à  rassembler  les  éléments  de  son  travail.  Il 
serait  à  désirer  qu'il  se  trouvât  dans  tous  nos  départements  des  cher- 
cheurs aussi  patients  qui  rassemblassent,  avant  qu'ils  ne  disparaissent, 
les  renseignements  si  variés  et  si  précieux  que  nous  trouvons  consi- 
gnés ici. 

En  dehors  des  archives  départementales  proprement  dites,  conservées 
au  chef-lieu,  ceux-là  seuls  qui  ont  eu  l'occasion  de  pénétrer  dans  les 
archives,  soit  des  notaires,  soit  des  propriétaires  de  châteaux,  soit  des 
^894  34 


530  BIBLIOGRAPHIE. 

paroisses,  savent  la  richesse  et  l'intérêt  des  notes  qu'on  y  peut  prendre. 
Nous  ne  parlons  pas  seulement  de  documents  intéressant  spécialement 
la  contrée  ou  les  familles  du  pays,  ni  même  de  ceux  qui  peuvent  ser- 
vir à  apprécier  l'état  économique  de  nos  provinces  aux  diverses  époques 
de  notre  histoire,  mais  encore  d'annotations  çà  et  là  relevées  qui 
apportent  d'utiles  contrihutions  à  l'histoire  générale. 

On  ne  saurait  donner  une  idée  de  la  variété  de  renseignements  de 
tout  ordre  qui  se  rencontrent  dans  le  livre  de  M.  Drouet.  M.  Drouet  a 
voulu  être  complet,  et,  de  fait,  aura-t-on  peut-être  quelque  peine  à  gla- 
ner après  lui  dans  le  canton  dont  il  vient  de  nous  donner  les  annales  ; 
il  a  poussé  le  souci  jusqu'à  insérer  les  statistiques  modernes  les  plus 
minutieuses;  ne  nous  plaignons  pas  trop  en  songeant  à  l'intérêt  qu'offri- 
raient de  semblables  tableaux  pour  des  époques  éloignées. 

Dans  une  reuvre  aussi  détaillée  et  aussi  longue,  il  serait  facile  de 
relever  un  petit  nombre  de  légères  inexactitudes,  ou  de  reprocher  à 
l'auteur  sa  foi  trop  grande  en  quelques  documents  suspects.  Nous 
aimons  mieux  rester  sur  la  bonne  impression  que  laisse  un  travail 
aussi  utile  et  fait  avec  autant  d'honnêteté  et  de  sérieux. 

Louis  Batiffol. 

Dufourny  et  Lancelot.  Notes  sur  les  anciens  inventaires  du  Trésor 
des  chartes  de  Lorraine,  par  Paul  Marichal.  Nancy,  G.  Grépin- 
Leblond,  -1894.  In-8°,  74  pages.  (Extrait  des  Mémoires  de  la  Société 
d'archéologie  lorraine,  année  -1894.) 

L'état  d'inachèvement  dans  lequel  se  trouve  l'inventaire  des  titres 
do  Lorraine  dressé  par  Dufourny  dans  l'exemplaire  de  la  bibliothèque 
publique  de  Nancy  avait  amené  Henri  Lepage  à  croire  et  à  écrire 
que  ce  travail  ne  nous  était  parvenu  qu'incomplet.  L'examen  de  la 
minute  originale  qui  se  trouve  à  la  Bibliothèque  nationale  et  de  la 
mise  au  net  officielle  que  conservent  les  Archives  nationales  a  mis 
M.  Marichal  en  mesure  de  rectifier  cette  assertion  inexacte,  puisque  ces 
deux  exemplaires  sont  achevés  et  sont  d'un  tiers  plus  considérables  que 
l'exemplaire  de  Nancy.  L'on  comprendra  l'importance  de  cette  décou- 
verte en  songeant  que,  pour  nombre  de  documents  aujourd'hui  perdus, 
il  ne  subsiste  que  les  analyses  détaillées  de  ces  inventaires.  M.  Mari- 
chal établit  encore  que  les  tables  conservées  aux  archives  de  Meurthe- 
et-Moselle,  sous  les  cotes  B  472-B  474,  sont  la  simple  copie  de  celles 
dont  Dufourny  a  fait  suivre  son  inventaire,  ce  qui  explique  pourquoi 
ces  tables  contiennent  des  renvois  aux  layettes  transportées  à  Paris  en 
1740  et  ne  renvoient  pas  par  contre  aux  layettes  conservées  dans  le 
Trésor  des  chartes  et  non  inventoriées  par  Dufourny.  Enfin,  M.  Mari- 
chal signale  des  tables  dressées  par  Michel  Chappotin,  sur  le  plan  de 
celles  de  Dufourny,  pour  l'inventaire  rédigé  par  Lancelot;  ces  tables 


BIBLIOGRAPHIE.  53^ 

étaient  peu  connues  et  peu  consultées  par  les  érudits  lorrains,  parce 
qu'il  n'en  existe  que  deux  exemplaires,  tous  deux  conservés  à  la  Biblio- 
thèque nationale. 

Notre  confrère  ne  s'est  pas  contenté  de  donner  au  public  érudit  ces 
indications  intéressantes  et  utiles  ;  il  a  fait  œuvre  plus  méritoire  encore 
en  publiant  en  appendice  :  1°  une  table  de  l'inventaire  de  Dufourny, 
dans  laquelle  se  trouve  établie  la  concordance  entre  les  feuillets  de 
l'inventaire  et  les  layettes  du  Trésor;  2°  un  état  des  additions  faites  par 
Lancelot  à  l'inventaire  de  Dufourny.  Cet  état  comprend,  sur  trois 
colonnes  :  a)  la  copie  de  l'état  sommaire  ;  b)  les  volumes  de  la  collec- 
tion de  Lorraine  où  se  trouve  la  mise  au  net  ou  la  minute  de  telle  ou 
telle  addition;  c)  enfin  la  cote  actuelle  aux  archives  de  Meurthe-et- 
Moselle  de  chaque  layette  d'additions. 

E.-G.  Ledos. 

Histoire  de  la  ville  d'Alais  de  4250  à  4340,  par  Achille  Bardoiv. 
Niraes,  impr.  Ghastanier,  ^894.  In-8o,  236  pages. 

M.  Bardon  a  entrepris  une  Histoire  de  la  ville  d'Alais  dont  la  valeur 
peut  déjà  être  appréciée  d'après  les  morceaux  qu'il  en  a  détachés.  Sous 
le  titre  de  Listes  chronologiques  pour  servir  à  l'histoire  de  la  ville  d'Alais, 
il  s'est  successivement  occupé  :  1°  des  consuls,  dont  il  a  relevé  tous 
les  noms  depuis  1253  jusqu'en  1789';  2°  des  dignitaires  du  clergé 
catholique  et  du  clergé  protestant  ^  (évêques  et  ministres  de  l'Église 
réformée);  3°  des  comtes-*;  4°  des  barons,  depuis  le  xm^  siècle  jus- 
qu'au xvmo''. 

Le  premier  de  ces  morceaux  n'est  qu'une  simple  nomenclature.  Dans 
le  second,  on  remarque  des  détails  nouveaux  sur  la  biographie  de  plu- 
sieurs ministres  protestants.  Le  troisième  doit  être  particulièrement 
recommandé  pour  l'emploi  judicieux  que  l'auteur  a  fait  de  documents 
importants  sur  les  rapports  de  la  grande  famille  des  Pelet  avec  les  rois 
de  France. 

C'est  pour  faire  suite  à  ce  dernier  mémoire  que  M.  Bardon  nous 
donne  aujourd'hui  un  volume  dans  lequel  il  passe  successivement  en 
revue  l'organisation  de  la  famille,  l'organisation  municipale,  l'organi- 
sation judiciaire,  l'impôt,  l'alimentation,  l'industrie,  le  commerce,  le 
clergé  et  le  culte,  l'enseignement  et  les  institutions  charitables.  L'au- 

1.  Liste  chronologique  des  consuls  de  la  ville  d'Alais,  dans  Mémoires  de 
l'Académie  de  Nimes,  1889  et  1891,  7=  série,  t.  XII,  p.  103-153,  et  t.  XIV, 
p.  161-173. 

2.  Ibid.,  p.  174-183. 

3.  Ibid.,  p.  184-190. 

4.  Les  Barons  d'Alais,  clans  Mémoires  de  l'Académie  de  Nimes,  1892,  7°  sé- 
rie, t.  XV,  p.  25-107. 


S32  BIBLIOGRAPHIE. 

teur  examine  à  fond  chacune  des  questions  sur  lesquelles  il  veut  jeter 
de  la  lumière.  Il  a  tiré  un  excellent  parti  des  archives  municipales, 
dont  il  nous  laisse  entrevoir  la  richesse,  et  il  a  trouvé  dans  les  archives 
notariales  un  supplément  d'informations  qui  n'est  pas  à  dédaigner. 
Dans  un  petit  nombre  de  cas,  il  a  eu  recours  aux  archives  de  Sauve, 
d'Anduze  et  de  Nimes. 

L'Histoire  d'Alais  sera  un  livre  original,  fort  utile  à  consulter  pour 
connaître  sous  toutes  ses  faces  la  vie  bourgeoise  et  ouvrière  dans  une 
ville  du  Midi  au  moyen  âge. 

L.  D. 


Les  La  Trémoille  pendant  cinq  siècles.  Tome  premier.  Guy  VI  et 
Georges.  -1 343-'! 446.  Nantes,  Emile  Grimaud,  4  890.  In-4",  vir- 
318  pages.  —  Tome  second.  Louis  I,  Louis  II,  Jean  et  Jacques. 
^43^-^525.  Nantes,  É.  Grimaud,  ^1892.  In-4°,  xvi-252  pages.  — 
Tome  troisième.  Charles.,  François  et  Louis  III.  \  483H  377.  Nantes, 
É.  Grimaud,  ^894.  In-4°,  x-266  pages. 

Nous  avons  eu  plusieurs  fois  à  annoncer  la  publication  des  beaux 
volumes  dans  lesquels  M.  le  duc  de  La  Trémoille  met  en  lumière,  pour 
le  plus  grand  profit  des  études  historiques,  un  choix  des  documents  ren- 
fermés dans  ses  incomparables  archives.  Nos  lecteurs  connaissent,  au 
moins  d'après  des  analyses  ou  des  mentions  sommaires,  les  ouvrages 
que  depuis  une  vingtaine  d'années  nous  avons  vus  se  succéder  sous  les 
titres  de  :  Correspondance  de  Charles  VIII  et  de  ses  conseillers  avec  Louis 
de  La  Trémoille  pendant  la  guerre  de  Bretagne  (1875,  in-8°)  ;  —  Char  trier  de 
Thouars.  Documents  historiques  et  généalogiques  (1877,  in-folio)  ;  —  Livre  de 
comptes,  1395-1406.  Guy  de  La  Trémoille  et  Marie  de  Sully  (1887,  in-4o); 
—  Inventaire  de  François  de  La  Trémoille  (1542)  et  comptes  d'Anne  de 
Laval  (1887,  in-4'')  ;  —  Archives  d'un  serviteur  de  Louis  XL  Documents  et 
lettres  (1888,  in-4o).  Mais  il  n'a  pas  encore  été  question,  dans  la  Biblio- 
thèque de  l'École  des  chartes,  d'une  nouvelle  série  inaugurée  en  1890 
et  dont  les  titres  des  trois  premiers  volumes  sont  transcrits  en  tête  de 
cet  article. 

L'auteur  a  exposé  comme  il  suit  le  programme  qu'il  s'est  tracé  :  «  Ce 
travail  a  pour  but  de  reconstituer,  d'après  la  Chambre  des  comptes  des 
La  Trémoille,  l'état  de  fortune  de  mes  ancêtres  du  xiv^  au  xvni»  siècle, 
en  donnant  pour  chaque  siècle  un  budget  qui  doit  montrer  leur  plus  ou 
moins  grande  prospérité  financière.  A  ces  budgets,  qui  sont  la  raison 
d'être  de  ma  publication,  j'ai  ajouté,  sous  les  titres  d'Extraits  des  comptes 
et  de  Pièces  justificatives ,  des  documents  ou  des  analyses  de  pièces 
éclairant  la  vie,  le  caractère,  les  habitudes  et  l'entourage  des  person- 
nages dont  je  m'occupe.  J'ai  donné  un  assez  grand  développement  à 
cette  partie  de  mon  étude,  afin  de  mettre  à  la  portée  de  tous  des  pièces 


BIBLIOGRAPHIE.  533 

historiques  du  chartrier  de  Thouars  qui,  sans  cette  occasion,  seraient 
restées  inédites.  » 

Nous  sommes  donc  en  présence  d'une  œuvre  qui  appartient  beaucoup 
moins  à  l'histoire  généalogique  qu'à  l'histoire  économique  et  dans 
laquelle  sont  entrées  beaucoup  de  pièces  fort  utiles  pour  l'histoire  géné- 
rale, telles  que  des  actes  émanés  de  la  chancellerie  royale  au  xv«  et  au 
xvi«  siècle. 

Les  trois  volumes  publiés  sont  remplis  de  données  précieuses  sur 
les  variations  subies  par  la  fortune  d'une  grande  famille  à  partir  du 
xiv^  siècle  et  sur  les  prix  des  travaux  et  des  produits  de  toute  nature, 
principalement  à  Paris  et  dans  les  provinces  de  l'Ouest.  Mais,  ce  qu'il 
faut  surtout  faire  remarquer  dans  le  recueil,  c'est  le  goût  dont  l'éditeur 
a  fait  preuve  en  choisissant  des  textes  qui,  tout  en  se  rattachant  étroi- 
tement à  son  sujet,  jettent  du  jour  sur  une  foule  de  questions  inci- 
dentes, offrant  toutes  un  véritable  intérêt  :  faits  de  guerre,  rançons  de 
prisonniers,  négociations  diplomatiques,  traités  d'alliance,  biographies 
de  princes  et  de  ministres,  état  de  l'agriculture,  de  l'industrie  et  du 
commerce,  exécution  d'oeuvres  d'art,  indications  topographiques  et 
détails  de  la  vie  privée. 

Je  prends  au  hasard  quelques  exemples. 

Voici  d'abord  plusieurs  pièces  relatives  à  la  marine  de  la  maison  de 
La  Trémoille,  du  xiv«  au  xvi^  siècle  : 

10  octobre  1386.  —  Quittance  de  la  somme  payée  pour  un  mois  de 
service  à  Guillaume  de  Pise,  maître  d'un  bargot  de  36  tonneaux,  appar- 
tenant à  G-ui  de  La  Trémoille,  pour  aller,  avec  d'autres  vaisseaux 
d'armée,  de  Harfleur  à  L'Écluse  en  Flandre,  et  ailleurs  où  il  plairait 
au  roi,  porter  vivres,  gens  d'armes,  arbalétriers  et  diverses  garnisons. 
(I,  109.) 

1492.  Somme  payée  «  au  cappitaine  Ghiroz  pour  le  sillaige  des  com- 
paignons  estans  en  la  nef  de  mons.  de  La  Trémoille,  »  —  Autre  dépense 
faite  par  le  receveur  d'Olonne  «  pour  mettre  la  dite  nef  hors  de  la  forme 
où  elle  estoit.  »  (II,  45.) 

1492.  Compte  détaillé  se  rapportant  à  la  réparation  et  à  l'armement 
de  la  nef  de  Madame  de  La  Trémoille,  à  Olonne.  —  Il  est  question  de 
la  vente  de  «  la  nef  de  la  prinse  d'Angleterre.  »  (II,  45-47.) 

1492.  Curieuse  enquête  sur  les  prises  qu'avait  faites  l'équipage  de  la 
nef  de  la  vicomtesse  de  Thouars  et  dont  une  partie  passait  pour  avoir 
été  détournée  par  Etienne  de  Chiros,  capitaine  de  la  dite  nef.  (II,  117-121.) 

1508-1510.  Compte  de  l'emploi  d'une  somme  de  18,082  1.  8  s.  8  d.  t. 
dépensée  pour  la  construction  à  Taillebourg  d'une  nef  de  1,200  tonneaux 
appartenant  à  Louis  de  La  Trémoille.  (II,  59-61.) 

1517.  Payement  de  200  1.  t.  à  Adam  Rondelyne,  patron  de  la  nef  de 
monseigneur,  «  pour  faire  la  myse  d'aller  en  Rhodes  quérir  la  dite  nef, 


534  BIBLIOGRAPHIE. 

OÙ  elle  est  demeurée  après  le  décès  de  feu  Perot  de  Peretz,  qui  en  estoit 
cappitaine.  »  (II,  78.) 

24  février  1526  (v.  st.).  Quittance  de  ce  qui  restait  en  souffrance  d'une 
somme  de  12,000  1.  due  par  le  roi  à  Louise  Borgia,  duchesse  de  Valen- 
tinois,  et  à  François  de  La  Trémoille,  vicomte  de  Thouars,  «  pour  les 
gaiges  et  souldes  de  cinq  moys,  restans  de  dix,  durant  lesquels  nostre 
nef  ou  carraque,  nommée  la  Katherine  de  La  Trémoille,  a  esté  au  ser- 
vice dudit  seigneur,  lorsque  l'armée  de  l'empereur  estoit  devant  Mar- 
seille en  Provence.  »  (II,  134.) 

9  avril  1528.  Ordre  de  faire  le  procès  à  un  corsaire  et  pirate  de  mer 
qui  était  détenu  au  château  de  Marans.  (III,  66.) 

C'est  à  chaque  page  qu'on  peut  relever  des  mentions  piquantes  et 
instructives,  telles  que  les  suivantes  : 

Au  sujet  de  la  terre  de  «  Berrie,  »  que  Louis  XI  venait  de  donner  à 
Philippes  de  Commynes,  Louis  de  La  Trémoille  écrit  à  maître  Jacques 
de  Thou,  avocat  du  roi  en  la  cour  des  généraux,  une  lettre  dans  laquelle 
se  lisent  ces  mots  :  «  Aucuns  de  mes  amis  m'ont  fait  savoir  que,  puis 
naguères,  le  roy  a  donné  à  ung  sien  mignon,  duquel  je  ne  sçay  le  nom, 
la  terre  et  seigneurie  de  Berye,  membre  de  la  viconté  de  Thouars,  et 
la  terre  et  seigneurie  de  Thalemond,  qui  est  du  mariage  de  feu  ma 
femme...  »  (11,23.) 

1511.  Devis  de  joyaux  commandés  par  Jacques  de  La  Trémoille,  sei- 
gneur de  Bommiers,  à  Charles  Faulcon,  maître  d'orfèvrerie  du  roi,  à 
Tours.  (II,  159-163.) 

Le  jeudi  19  août  1512,  gratification  de  10  s.  donnée  a  à  ung  passent, 
lequel  a  joué  un  mistère  devant  madame  la  princesse,  par  commande- 
ment de  madame  »  (de  La  Trémoille).  (II,  64.) 

Le  25  du  même  mois,  six  paires  de  lunettes  envoyées  à  Madame. 
(H,  65.) 

1514-1515.  Mémoire  des  dépenses  faites  par  Odo  Boillot,  régent  au 
collège  de  Navarre,  à  Paris,  pour  les  études  et  l'entretien  de  Jacques 
de  Monléon,  bâtard  de  Jacques  de  La  Trémoille.  (II,  163-165.) 

l'=»' janvier  1519  (n.  st.).  Compte  détaillé  du  grand  repas  que  Louis 
de  La  Trémoille  donna  le  dit  jour  aux  ambassadeurs  du  roi  d'Angle- 
terre dans  son  hôtel  des  Créneaux  à  Paris.  (II,  81-90.) 

Juin  1520.  Dépenses  faites  pour  le  tournoi  qui  eut  lieu  à  Ardres,  à 
l'occasion  de  l'entrevue  des  rois  François  I^""  et  Henri  VIII.  (II,  92.) 

1521.  Devis  fort  détaillé  du  monument  que  maître  Martin  Claustre, 
tailleur  d'images,  de  Grenoble,  demeurant  à  Blois,  devait  faire  sur  la 
sépulture  de  Louise  de  Valentinois,  femme  de  Louis,  seigneur  de  La 
Trémoille.  (Il,  94.)  —  Sur  la  part  ([ui  rovicnt  â  «  Martin  Cloistre»  dans 
l'exécution  du  tombeau  de  Guillaume  de  Montmorency,  voyez  un  article 
de  M.  de  Moulaiglun,  dans  la  lUbliotliéquc  de  l'École  des  cluirtes,  1851, 
3'  série,  t.  II,  p.  264. 


BIBLIOGRAPHIE.  535 

1562.  Inventaire  des  vêtements,  ornements  et  joyaux  de  feu  Frédéric, 
roi  de  Naples,  qui  furent  pillés  par  les  protestants  en  1562  dans  le  cou- 
vent des  Minimes  du  Plessis-lès-Tours.  (II,  235-238.) 

Deux  lettres  de  l'année  1533  (III,  77  et  78)  montrent  quel  soin  Fran- 
çois de  La  Trémoille  prenait  pour  faire  élever  et  instruire  ses  enfants 
à  l'Université  de  Paris.  Le  texte  mérite  d'en  être  inséré  ici. 

«  Aumosnier,  affin  que  nos  enffans  soient  bien  serviz,  ainsi  qu'il 
appartient,  et  qu'ilz  ne  perdent  temps,  vous  aurez  six  serviteurs  avecques 
vous,  telz  que  verrez  estre  gens  de  bien  et  sçavans,  assavoir  quatre,  qui 
auront  chacun  quinze  livres  par  an,  et  deux  aultres  pour  servir  à  la 
cuisine  et  pour  pancer  les  deulx  mulles,  auxquelz  l'on  donnera  à  chas- 
cun  cent  solz.  Et,  là  où  vous  congnoistrez  qu'ilz  ne  feront  leur  debvoir 
au  service  de  nos  dictz  enffans,  incontinant  les  satisferez  pro  rata  du 
temps  qu'ilz  auront  servy,  et  prendrez  d'autres  gens  sçavans  et  de  bonne 
vie,  et  satisferez  ceulx  qui  ont  servy  au  passé...  De  Thouars,  ce  x°  avril. 
—  DE  LA  TREMOILLE. 

«  J'ai  sceu  que  le  plus  souvent  les  serviteurs  ne  veullent  parler  latin 
en  la  chambre  de  nos  dictz  enffans,  ce  que  je  n'entends.  Et  veulx  que 
ordinairement  ils  parlent  latin,  affin  de  leur  continuer  de  mieulx  en 
mieulx  la  langue  latine.  » 

«  Aumosnier,  A  ceste  heure,  j'ay  receu  vostre  lettre  du  x*  de  ce  moys. 
Je  suis  bien  aise  de  la  santé  et  latin  qui  continue  en  mes  enffans.  Le 
plus  toust  entrer  au  collège  de  Navarre  sera  le  meilleur,  pour  l'usance 
des  princes  qui  s'i  tiennent,  mesmement  des  enfans  de  monsieur  de 
Guyse,  pour  satisfaire  à  plus  de  bien  et  bonne  volonté  de  monsieur  le 
cardinal  de  Bourbon,  qui  m'en  parla.  Ne  prenez  gens  que  de  service, 
et  sans  m'en  advertir  du  tout.  Je  vous  envoyé  trente  escuz  pour  le 
moys  commençant  le  ix"  may  Vc  XXXIII,  car  tout  est  payé  jusques 
à  là;  envoyez  m'en  vostre  récépissé  par  ce  porteur,  les  vous  recommen- 
dant  comme  moy  mesmes.  » 

En  1536,  ces  enfants  étaient  pensionnaires  au  collège  de  la  Petite- 
Sorbonne.  Les  chambres  qu'ilz  y  occupaient  leur  étaient  louées  sur  le 
pied  de  40  1.  t.  par  an,  comme  on  le  voit  par  une  quittance  du  princi- 
pal Pierre  Jacque,  en  date  du  29  mars  1537  (n.  st.). 

On  pourrait  multiplier  les  citations.  Ce  qui  précède  suffit  pour  don- 
ner une  idée  de  l'intérêt  que  présentent  les  recueils  de  M.  le  duc  de  La 
Trémoille.  Félicitons-le  de  nouveau  des  richesses  de  son  inépuisable 
chartrier,  et  remercions-le  des  services  qu'il  rend  aux  études  histo- 
riques en  ouvrant  libéralement  son  trésor  aux  travailleurs  et  en 
publiant  lui-même  une  collection  qui  tiendra  une  place  des  plus  hono- 
rables dans  la  série  des  comptes  français  du  moyen  âge  et  de  la  Renais- 
sance. 

L.  Delisle. 


336  BIBLIOGRAPHIE. 

Le  Mystère  de  la  Passion,  texte  du  manuscrit  697  de  la  bibliothèque 
d'Arras,  publié  par  Jules- Marie  Richard,  ancien  archiviste  du 
Pas-de-Calais.  Arras,  impr.  de  la  Société  du  Pas-de-Calais,  ^1893. 
ln-4'',  xxxvi-295  pages. 

Geschichte  des  neueren  Dramas,  von  Wilhelm  Creizenach,  Professer 
der  deutschen  Sprache  und  Litteratur  an  der  Universitât  Krakau. 
Erster  Band  :  Mittelalter  und  Fruhrenaissance.  Halle  a.  S. ,  Verlag 
von  Max  Niemeyer,  ^1893.  In-8°,  xv-d86  pages. 

Il  est  deux  genres  de  travaux  qui  peuvent  contribuer  beaucoup  au 
progrès  de  l'histoire  littéraire  du  moyen  âge  et  en  particulier  de  l'his- 
toire de  la  littérature  dramatique.  L'un  est  la  publication  de  textes  iné- 
dits. Nous  devons  des  remerciements  et  des  félicitations  à  notre  con- 
frère Jules-Marie  Richard,  ancien  archiviste  du  Pas-de-Calais,  pour  le 
texte  important  qu'il  vient  de  mettre  au  jour.  Le  Mystère  de  la  Passion 
contenu  dans  le  manuscrit  697  de  la  bibliothèque  d'Arras  est,  en  effet, 
l'un  des  degrés  nécessaires  à  bien  connaître  pour  établir  l'échelle  généa- 
logique des  versions  successives  et  variées  de  ce  grand  drame  religieux 
qui,  du  xni^  siècle  tout  au  moins  jusqu'au  milieu  du  xvi®,  n'a  cessé  de 
se  développer  en  se  transformant  pour  l'édification  et  l'amusement  de 
nos  ancêtres.  M.  Richard  a  entrepris  et  poursuivi  cette  publication 
dans  des  conditions  difficiles  de  durée  et  de  distance,  qui  en  aug- 
mentent le  mérite  et  qui  font,  en  même  temps,  le  plus  grand  honneur 
à  M.  P. -M.  Laroche,  directeur  de  l'imprimerie  de  la  Société  du  Pas- 
de-Calais,  qui  a  employé  à  ce  travail,  avec  un  parfait  désintéressement, 
les  heures  laissées  libres  dans  son  établissement  par  les  intervalles  des 
travaux  habituels  et  lucratifs.  Notre  confrère  a  placé  en  tête  du  volume 
une  introduction,  qui  est  un  très  bon  morceau  de  bibliographie  et  d'his- 
toire littéraire.  Il  en  résulte  que  le  texte  d'Arras  peut  être,  sinon  avec 
certitude,  du  moins  avec  vraisemblance,  attribué  à  Eustacbe  Mercadé, 
officiai  de  Corbie,  qui  vécut  dans  les  dernières  années  du  xiv«  siècle  et 
la  première  moitié  du  xv^.  Celui-ci  l'aurait  composé  avant  son  arrivée 
à  Corbie,  c'est-à-dire  avant  1414.  En  tout  cas,  le  mystère  d'Arras  paraît 
certainement  antérieur  à  la  célèbre  composition  d'Arnoul  Greban, 
publiée,  il  y  a  quelques  années,  par  nos  confrères  MM.  Gaston  Paris  et 
Gaston  Raynaud. 

L'autre  genre  de  travail,  dont  on  ne  peut  contester  l'utilité  pour  l'his- 
toire littéraire,  c'est  un  exposé  critique  des  notions  acquises  sur  un 
genre  ou  un  point  donné.  Tel  est  le  service  que  vient  de  rendre,  d'une 
façon  très  remarquable,  à  l'histoire  de  la  littérature  dramatique  M.  Wil- 
helm Creizenach,  professeur  à  l'Université  allemande  de  Cracovic.  Le 
premier  volume  de  la  vaste  Histoire  du  drame  moderne,  qu'il  a  courageu- 
sement entreprise,  est  consacré  au  moyen  âge  et  aux  débuts  de  la  Renais- 


BIBLIOGRAPHIE.  537 

sance.  Le  temps  nous  a  malheureusement  jusqu'ici  manqué  pour  en 
prendre  une  connaissance  suffisante.  Mais  nous  avons  pu  pourtant 
reconnaître,  en  le  feuilletant,  que  l'information  de  M.  Creizenach  était, 
là  où  nous  étions  en  mesure  de  la  contrôler,  exacte  et  complète,  ses 
exposés  et  ses  analyses  fidèles  et  judicieux.  Notre  impression  est  que 
ce  volume  forme  un  remarquable  compendium  du  sujet  qui  y  est  traité 
et  qu'il  mérite,  par  conséquent,  d'être  non  seulement  signalé,  mais 
recommandé  à  nos  lecteurs. 

M.  S. 


Catalogue  des  manuscrits  des  bibliothèques  publiques  de  France.  — 
Départements,  tomes  XIII-XXIII,  XXV,  ensemble  \2  volumes; 
—  Paris  :  Bibliothèque  de  V Arsenal,  tomes  VI  et  IX,  -l«''-2*  fasc.-. 
Bibliothèque  Mazarine.,  tome  IV,  et  Bibliothèque  Sainte-Gene- 
viève, tome  I;  Catalogue  des  manuscrits  conservés  aux  Archives 
nationales,  ensemble  6  volumes;  en  Lout,  ^18  volumes.  Paris, 
Pion,  'l  891-^894.  In-8°. 

En  parlant  des  premiers  volumes  de  cette  collection  {Bibliothèque  de 
r École  des  chartes,  t.  LT,  1891,  p.  669-674),  notre  regretté  confrère 
M.  Julien  Havet  en  a  fait  connaître  aux  lecteurs  de  notre  recueil  l'ori- 
gine et  le  plan,  et  il  en  a  justement  apprécié  les  qualités  générales. 
Nous  n'avons  donc  pas  à  revenir  ici  sur  ces  questions,  et  nous  nous 
contenterons  de  faire  connaître  les  progrès  de  la  publication  dans  ces 
quatre  dernières  années.  Les  douze  volumes  nouveaux  de  la  section 
des  départements  renferment  l'inventaire  des  manuscrits  des  biblio- 
thèques de  quatre-vingt-quinze  villes  ;  ce  sont  :  Aix  (t.  XVI),  Alais 
(XIII),  Alger  (XVIII),  Amiens  (XIX),  Angoulême(XX),  Annecy  (XXI), 
Annonay  (XIII),  Arbois  (XXI),  Arib:  (XX),  Avesnes  (XX),  Belfort 
(XIII),  Béziers  (XX),  Bordeaux  (XXIII),  Brest  (XXII),  Briançon  (XX), 
Gaen  (XIV),  Cambrai  (XVII),  Cannes  (XX),  Carcassonne  (XIII),  Cas- 
telnaudary  (XX),  Castres  (XX),  Cette  (XIII),  Cbambéry  (XXI),  Châ- 
teaudun  (XXI),  Château-Gontier  (XX),  Chaumont  (XXI),  Clermont 
(XIV),  Cognac (XXI),  Confolens(XXI),  Gonstantine  (XXI),  Dole  (XIII), 
Draguignan  (XIV),  Fougères  (XIII),  Fréjus  (XIV),  Grasse  (XIV),  Guin- 
gamp  (XX),  Langres  (XXI),  Lavaur  (XX),  Lectoure  (XIII),  Lons-le- 
Saunier  (XXI),  Louhans  (XXI),  Lunéville  (XXI),  Mamers  (XIII),  le 
Mans  (XX),  Mantes  (XX),  Marseille  (XV),  Mauriac  (XIII),  Moissac 
(XIII),  Montargis  (XX),  Montbéhard  (XIII),  Montbrison  (XXI),  Mor- 
laix  (XIII),  Nantes  (XXII),  Nice  (XIV),  Nogent-le-Rotrou  (XX), 
Nogent-sur-Seine  (XXI),  Oloron  (XIII),  Pamiers  (XXI),  Perpignan 
(XIII),  Pithiviers  (XIII),  Poitiers  (XXV),  Poligny  (XXI),  Pont-à- 
Mousson  (XIII),  le  Puy  (XIII),  Quimper  (XXII),  Rambouillet  (XIII), 
Remiremont  (XXI),  Roanne  (XXI),  la  Roche-sur- Yon  (XIII),  Roche- 


o38 


BIBLIOGRAPHIE. 


fort(XXI),  Saint-Bonnet-le-Château  (XXI),  Saint-Brieuc  (XIII),  Saint- 
Galais  (XX),  Saint -Ghamond  (XIII),  Saint -Claude  (XXI),  Saint- 
Étienne  (XXI),  Saint-Geniès  (XIII),  Saint-Malo  (XX),  Sainte-Mene- 
hould  (XXI),  Saintes  (XIII),  Saumur  (XX),  Sedan  (XIII),  Seilhac 
(XX),  Tarascon  (XIV),  Thiers  (XIH),  Toul  (XXI),  Toulon  (XIV), 
Tulle  (Xni),  Uzès  (XKI),  Valence  (XIII),  Valenciennes  (XXV), 
Vannes  (XX),  Vienne  (XXI),  Villefranche  (XX),  Vitry-le-François 
(Xni).  Il  est  vrai  que  quelques-unes  de  ces  bibliothèques  sont  fort 
pauvres,  étant  réduites  à  un  seul  manuscrit  :  telles  Briançon  et  Lavaur  ; 
mais  d'autres  sont  fort  considérables,  et  chacun  des  volumes  renferme 
la  notice  de  plus  de  1,000  manuscrits. 

La  section  de  Paris  s'est  enrichie  de  six  volumes.  Le  quatrième 
volume  du  catalogue  de  la  bibliothèque  Mazarine  renferme  les  tables 
qui  permettent  de  s'y  retrouver.  En  même  temps  que  son  sixième 
volume,  la  bibliothèque  de  l'Arsenal  a  publié  le  commencement  de  son 
tome  IX,  consacré  aux  archives  de  la  Bastille.  Ce  catalogue  est  dû  à 
notre  confrère  M.  Frantz  Funck-Brentano,  qui  a  déjà  tiré  parti  pour 
plusieurs  études  du  fonds  inventorié  par  lui  ;  les  deux  fascicules  parus 
jusqu'ici  du  tome  IX  contiennent,  outre  la  description  des  pièces  con- 
tenues dans  ce  fonds,  la  première  partie  (lettres  A-K)  d'une  copieuse 
table  alphabétique,  tant  des  noms  de  personnes  que  des  noms  de  matière 
(ceux-ci  en  italiques)  auxquels  se  rapportent  les  documents  catalogués 
dans  la  première  partie  du  volume.  M.  Funck-Brentano  a  donné  dans 
l'introduction  de  chacun  des  deux  fascicules  une  liste  des  ouvrages  où 
ce  fonds  a  été  utilisé. 

M.  Gh.  Kohler,  dans  son  Catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque 
Sainte-Geneviève,  dont  le  premier  volume  a  paru,  ne  s'est  pas  exacte- 
ment conformé  au  plan  suivi  dans  les  autres  volumes  de  la  collection. 
L'explication  de  cette  différence  est  que  M.  Kohler  avait  déjà  soumis 
son  projet  au  ministère  quand  furent  élaborées  les  instructions  sur  les- 
quelles se  règlent  les  rédacteurs  du  catalogue  général. 

Le  Catalogue  des  manuscrits  conservés  dans  les  dépôts  d'archives  dépar- 
tementales, communales  et  hospitalières ,  publié  en  1886,  appelait  un 
complément,  que  nous  trouvons  dans  le  Catalogue  des  manuscrits  con- 
servés aux  Archives  nationales  ;  manuscrits  presque  tous  récents  (les  plus 
anciens  ne  remontent  guère  qu'au  xiv^  siècle),  mais  dont  il  était  utile 
d'avoir  un  répertoire  spécial,  car  ils  auraient  été  à  peu  près  perdus  pour 
l'érudition  dans  les  inventaires  des  fonds  auxquels  ils  appartiennent. 

Si  l'on  voulait  descendre  pour  chaque  volume  dans  le  détail,  l'on 
pourrait  signaler  quelques  négligences  ',  quelques  identifications  incom- 


1.  Par  exemple,  dans  le  tome  .\V1,  consacré  à  AL\,  l'on  ne  voit  pas  la  rai- 
son qu'il  y  a  de  reproduire  à  la  page  33  la  prière  k  la  croix  déjà  donnée  à  la 
page  22. 


BIBLIOGRAPHIE.  339 

plètes  <  ;  c'est  trop  peu  de  chose  pour  que  nous  nous  y  arrêtions,  et  cela 
ne  saurait  diminuer  en  rien  les  éloges  et  la  reconnaissance  que  nous 
devons  aux  érudits  qui  dépensent  leur  peine  et  leur  temps  à  nous  mettre 
rapidement  entre  les  mains  de  précieux  instruments  de  travail. 

E.-G.  Ledos. 


Alphahetisches  Verzeichnis  der  franzoesischen  Litteratur  in  der 
Herzoglichen  BMiothek  zu  Wolfenbûttel.  Der  Buecher-Ver- 
zeichnisse  der  Herzoglichen  BMiothek  zu  Wolfenbûttel.  Ziveiter 
Band.  Wolfenbultel,  Julius  Zwissler,  1894.  In-4%  xv-o9o  pages. 

M.  Otto  van  Heinemann,  qui  dirige  depuis  vingt-cinq  ans  la  biblio- 
thèque ducale  de  Wolfenbiittel,  s'est  créé  des  droits  à  la  reconnais- 
sance des  savants  par  le  soin  qu'il  a  mis  à  faire  connaître  les  trésors 
confiés  à  sa  garde.  Nous  lui  devons,  outre  une  histoire  de  la  biblio- 
thèque ducale  qui  vient  de  paraître 2,  la  publication  de  quatre  beaux 
volumes  dans  lesquels  il  a  donné  la  description  détaillée,  avec  planches 
à  l'appui,  de  2,131  manuscrits,  savoir  :  des  1,-562  volumes  qui  forment 
le  fonds  de  Helmstedt^,  et  des  669  premiers  volumes  du  fonds  auquel 
le  duc  Auguste,  mort  en  1666,  a  donné  son  nom.  Les  collaborateurs  de 
M.  Otto  von  Heinemann,  stimulés  par  l'exemple  qui  leur  était  donné 
et  par  les  encouragements  qu'ils  recevaient,  ont  marché  sur  les  traces 
de  leur  directeur.  L'un  d'eux,  M.  le  D^  Emil  Vogel_,  a  décrit,  en  1890, 
les  989  manuscrits  qui  sont  compris  dans  la  série  musicale  de  Wolfen- 
biittel. Un  autre,  M.  le  D'  Milchsack,  qui  est  placé  à  la  tête  du  cata- 
logue général  des  Hvres  imprimés,  a  consacré  deux  publications  spé- 
ciales, l'une  aux  écrits  de  Lessing  que  possède  la  bibliothèque  ducale, 
l'autre  aux  ouvrages  de  littérature  française  qui  sont  dans  le  même  dépôt. 

C'est  de  la  seconde  des  publications  de  M.  Milchsack  que  je  dois 
entretenir  aujourd'hui  les  lecteurs  de  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes. 
Elle  nous  renseigne  très  exactement  sur  la  composition  d'une  des  plus 
considérables  et  des  plus  curieuses  collections  d'anciens  livres  français 
qui  existent  à  l'étranger.  L'auteur  explique  en  excellents  termes  par 
suite  de  quelles  circonstances  la   plupart  de  ces  livres  précieux  se 

1.  C'est  ainsi  que,  dans  le  tome  I  du  Catalogue  de  Sainte-Geneviève,  les  ini- 
tiales S.  V.,  n°  116,  désignent  Santeiil  (Santolius  Victorinus),  et  que  le  second 
texte  contenu  dans  le  ms.  n"  779  est  une  copie  d'ailleurs  fort  médiocre  du  fameux 
Diario  de  Stefano  Infessura. 

2.  Die  Herzogliche  BMiothek  zu  Wolfenbiittel.  Ein  Beitrag  zur  Geschichte 
deutscher  Bûcher  -  Sammlungen ,  von  O.  von  Heinemann.  —  WoKenbutlei, 
J.  Zwissler,  1894.  In-8^  de  vni-348  p.,  avec  planches. 

3.  Il  a  été  rendu  compte  du  premier  volume  de  ce  catalogue  dans  la  Biblio- 
thèque de  l'École  des  chartes,  année  1884,  t.  XLV,  p.  672. 


540  BIBLIOGRAPHIE. 

trouvent  aujourd'hui  réunis  dans  la  bibliothèque  ducale.  J'abrège  ce 
qu'il  dit  à  ce  sujet  dans  la  préface  du  Catalogue. 

A  l'aide  des  reliures,  des  notes  autographes  et  des  ex-libris,  il  est 
encore  facile  aujourd'hui  de  reconnaître  les  origines  de  la  partie  fran- 
çaise des  collections  formées  parles  princes  et  les  princesses  de  Bruns- 
wick. Ainsi,  le  fondateur  de  l'Université  de  Helmstedt,  le  duc  Jules, 
mort  en  1589,  qui,  dans  ses  séjours  à  Paris,  à  Bourges,  à  Orléans  et  à 
Lyon,  s'était  imprégné  de  la  culture  française,  a  mis  sa  devise  Aliis 
inserviendo  consumor  sur  les  plus  anciennes  éditions  de  textes  français  : 
Valentin  et  Orson,  Tristan,  les  Triomphes  de  la  noble  dame,  Doolin  de 
Mayence,  Pierre  de  Provence,  etc.,  etc.  Les  livres  du  duc  Auguste  se 
distinguent  par  le  caractère  des  cotes  et  par  des  reliures  en  parchemin 
blanc  ;  tout  en  s'intéressant  particulièrement  à  la  théologie,  ce  prince 
ne  négligea  pas  la  poésie  française,  qui  brillait  alors  d'un  si  vif  éclat  ; 
c'est  grâce  à  lui  que  l'on  trouve  à  Wolfenbùttel  Mélusine,  Tristan,  le 
saint  Graal,  les  Cent  nouvelles,  l'Heptaméron  de  Marguerite,  les  œuvres 
de  Clément  Marot,  les  Élégies  de  Louise  Labé,  etc.  Ces  goûts  littéraires 
et  cet  amour  des  livres  passèrent  aux  enfants  et  petits-enfants  d'Au- 
guste. Antoine -Ulrich  (mort  en  1714)  et  Ferdinand -Albert  (mort 
en  1686)  avaient  un  penchant  marqué  pour  la  littérature  française  ;  l'un 
préférait  les  romans,  l'autre  se  plaisait  à  réunir  des  pièces  de  théâtre. 
Le  fils  du  premier,  Louis-Rodolphe,  se  créa,  pendant  qu'il  résidait  à 
Blankenburg,  une  bibliothèque  considérable,  riche  en  pièces  rares.  Des 
princesses  qui  ont  contribué  à  l'accroissement  de  la  collection,  deux 
seulement  sont  l'objet  d'une  mention  particulière  :  Élisabeth-Sophie- 
Marie,  la  troisième  femme  d'Auguste-Guillaume,  renommée  pour  sa 
piété,  et  Philippine-Charlotte,  sœur  du  grand  Frédéric  et  femme  du 
duc  Charles,  qui  est  connue  pour  avoir  été  un  esprit  fort;  cette  der- 
nière s'était  procuré  les  principaux  écrits  philosophiques  du  xvni*  siècle; 
les  exemplaires  qu'elle  en  possédait  sont  ornés  de  belles  reliures  fran- 
çaises au  chiffre  de  la  princesse. 

Telles  sont  les  origines  d'une  notable  partie  des  5,158  ouvrages  fran- 
çais que  M,  Milchsack  a  décrits  avec  la  plus  rigoureuse  exactitude,  en  les 
rangeant  suivant  l'ordre  alphabétique  des  noms  d'auteurs  ou  des  pre- 
miers mots  des  titres.  Les  notices  sont  peu  développées  ;  mais  les  par- 
ties essentielles  des  titres  sont  littéralement  reproduites,  les  parties 
supprimées  sont  représentées  par  des  points,  et  toutes  les  particularités 
qui  peuvent  servir  à  déterminer  l'identité  des  exemplaires  sont  relevées 
de  façon  à  satisfaire  les  exigences  des  bibliographes  les  plus  difficiles. 

M.  Milchsack  s'est  attaché  à  présenter  sous  la  forme  correcte  et  com- 
plète les  noms  des  auteurs  dont  il  devait  enregistrer  les  écrits.  C'est 
ainsi  qu'ayant  â  cataloguer  dix  ouvrages  diflércnts  de  M"'"  de  Genlis, 
il  s'est  cru  obligé  de  répéter  dans  chacun  des  articles  consacrés  à  ces 
dix  ouvrages,  avant  le  nom  de  comtesse  de  Genlis,  la  mention  compié- 


BIBLIOGRAPHIE.  544 

mentaire  [Stéphanie-Félicité  du  Crest  de  Saint-Aubin,  marquise  de  SU- 
lery].  De  même  le  nom  de  Voltaire  est  toujours  complété  par  l'insertion, 
entre  crochets,  des  prénoms  et  du  nom  patronymique  [François-Marie 
Arouet].  Les  scrupules  auxquels  a  obéi  M.  Milclisack  sont  peut-être 
excessifs  ;  mais  il  faut  reconnaître  qu'il  est  parfaitement  au  courant  des 
ressources  que  nous  possédons  pour  dévoiler  les  anonymes  ou  les  pseu- 
donymes et  pour  établir  rigoureusement  la  personnalité  de  chaque 
auteur.  Je  ne  citerai  qu'un  cas  dans  lequel  n'a  pas  été  observée  la  règle 
consistant  à  mettre  en  un  seul  groupe  tous  les  ouvrages  d'un  même 
écrivain,  malgré  la  diversité  des  noms  que  cet  écrivain  a  pris  ou  que 
les  éditeurs  lui  ont  donnés.  C'est  au  mot  Du  Fail  (p.  168)  que  se  trouve 
classé  le  Discours  d'aucuns  propos  facécieux...  de  maistre  Léon  Ladulfi, 
tandis  que  les  Contes  et  discours  d'Eutrapel  sont  classés  au  mot  La  Héris- 
SAiE  (p.  285),  où  bien  peu  de  lecteurs  auront  la  pensée  d'aller  le  cher- 
cher. Je  regrette  aussi  le  mot  complémentaire  qui  a  été  ajouté  au  titre 
de  l'édition  du  Roman  de  Rou,  par  Andresen  (p.  591)  :  Maistre  [Robert] 
Wace's  roman  de  Rou...  hsg.  von  D'  Hugo  Andreseii...  Il  a  été  surabon- 
damment démontré  que  l'auteur  du  Roman  de  Rou  s'appelait  Maître 
Wace,  et  que  le  nom  de  Robert  lui  a  été  abusivement  donné  par  des  cri- 
tiques modernes. 

M.  Milchsack  ne  s'est  pas  contenté  de  relever  les  titres  des  ouvrages 
qu'il  avait  à  cataloguer;  il  a  examiné  l'intérieur  des  volumes,  et  il  a 
rencontré  çà  et  là  des  variantes  qui  lui  ont  fait  croire  à  l'existence  d'édi- 
tions non  encore  signalées  par  les  bibliographes.  C'est  ainsi  qu'il  sup- 
pose (p.  346)  que  Jean  de  Tournes  a  imprimé  en  1547  deux  éditions 
différentes  des  Marguerites  de  la  marguerite  des  princesses,  uniquement 
parce  que,  dans  un  exemplaire  de  ce  livre  (n»  3112),  on  lit  : 

profitable,  au  t.  I,  p.  260,  ligne  6  ; 

et  honnorable,  au  t.  Il,  p.  35,  ligne  13  ; 
tandis  qu'aux  mêmes  endroits  on  trouve  dans  un  second  exemplaire 
(no  3113)  : 

proufitahle, 

et  honorable. 

Dételles  variantes  ne  peuvent-elles  pas  venir  simplement  de  change- 
ments opérés  au  cours  du  tirage  ?  Je  pose  la  question  beaucoup  moins 
pour  adresser  une  critique  à  M.  Milchsack  que  pour  montrer  avec  quelle 
minutie  il  a  exécuté  son  travail. 

On  a  plaisir  à  voir  le  nombre  des  éditions  gothiques  des  livres  fran- 
çais qui  sont  rassemblées  à  Wolfenbùttel.  La  série  des  vieilles  impres- 
sions lyonnaises  y  est  surtout  remarquable.  Me  permettra-t-on  de  men- 
tionner une  lacune  que  j'ai  notée  dans  la  collection  des  incunables 
français  sans  pouvoir  m'en  expliquer  la  cause  ? 

A  la  p.  258,  je  vois  un  article  ainsi  conçu  :  o  Melusine  :  nouvelle- 
ment H  imprimée  à  Paris.  XXII.  [Par  Jehan  d'Arras]  llHolzschn.  [Am 


542 


BIBLIOGRAPHIE. 


Ende  :]  Cy  §  finist  [!]  Ihystoire  de  H  Melusiue.  Nouvellement  imprimée 
à  Paris  par  Alain  ||  Lotrian.  0.  J.  [1522?]  ||  4°  [8°].  —  N"  2326.  » 

J'ai  vainement  cherché  l'indication  d'une  autre  édition  du  Roman  de 
Mélusine,  et  cependant  un  bibliothécaire  de  Wolfenbiittel,  Schône- 
mann,  signalait  en  1849,  parmi  les  «  Cent  curiosités  de  la  bibliothèque 
ducale <,  »  un  exemplaire  du  Roman  de  Mélusine,  imprimé  à  Genève 
en  1478  par  Adam  Steinschaber,  et  il  ajoutait  qu'on  ne  connaissait  pas 
d'autre  exemplaire  complet  de  ce  livre,  considéré  comme  la  plus  ancienne 
impression  genevoise,  assertion  qui  a  été  répétée  par  Brunet  (III,  519) 
et  par  Graesse  (III,  455). 

Le  catalogue  rédigé  par  M.  Milchsack,  avec  la  collaboration  de 
M.  O.  Herzer,  ne  sera  pas  seulement  consulté  avec  profit  par  les  biblio- 
graphes de  profession.  Il  sera  lu  avec  un  vif  intérêt  par  tous  ceux  qui 
veulent  se  faire  une  idée  du  genre  des  productions  de  la  littérature  fran- 
çaise qui  étaient  le  plus  goûtées  dans  les  cours  d'Allemagne  pendant 

les  trois  derniers  siècles. 

L.  Delisle. 


-N^%/>/^^{f<«<iN/V%^» 


LIVRES    NOUVEAUX. 

SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Généralités,  622,  629. 

Sciences  auxiliaires.  —  Épigraphie,  614,  625.  —  Paléographie,  603. 
—  Bibliothèques,  577,  630,  686;  manuscrits,  592,  637,  643,  660;  impri- 
més, 599,  660;  typographie,  593. 

Sources,  672,  703.  —  Légendes,  570,  623.  —  Martyrologes,  vies  de 
saints,  564,  659.  —  Chronique,  609.  —  Mémoires,  701.  —  Correspon- 
dance, 647.  —  Archives,  566,  615,  631.  —  Gartulaires,  585,  586,  685; 
chartes,  572,  575,  695.  —  Regestes,  676.  —  Inventaires,  620,  675.  — 
Pouillé,  670. 

Biographie  et  généalogie.  —  Saint  Amand,  655  ;  saint  Amator,  664  ; 
Bayard,  626;  sainte  Catherine  de  Sienne,  654;  saint  Gésaire  d'Arles, 
571  ;  Charles  VI,  665;  —  VII,  584;  -  VIII,  656;  Dante,  657;  Dugues- 
clin,  591;Furlj,  621;  Geoffroy  la  Grand'Dent,  617;  Gerson,  649;  Guil- 
laume le  Maréchal,  634  ;  Guirand,  678  ;  Hartmann  von  Aue,  682;  Héra- 


1.  Hundert  Merlao'drdigkeilen  der  herzogliclieti  Bibliolhek  zu  Wolfenbiittel 
(Hannover,  1849,  in-8°),  p.  G9,  n»  89. 


BIBLIOGRAPHIE.  543 

clius,  606;  Innocent  VIII,  687;  Jean  Jouvenel,  578;  Jeanne  d'Arc,  601, 

639,  676;  Jeanne  de  Kent,  574  ;  Malombra,  579;  saint  Martin,  évêque 
de  Tours,  673;  Nennius,  609;  Perrinaïc,  693,  694;  Richemont,  595; 
saint  Sabbas,  659;  Saumaise,  607;  Schwarzenberg,  698;  saint  Seurin, 
655  ;  Sigismond,  701  ;  saint  Sousnyos,  570  ;  saint  Tërtag,  570  ;  saint  Val- 
lier,  610;  Vespucci,  635;  saint  Viator,  664  ;  Windeck,  701;  Zizim,  644. 

Droit,  572. 

Institutions  :  religieuses,  587,  638,  671;  politiques,  600,  699;  civiles, 

640,  652. 

Moeurs,  civilisation,  620,  632. 

Géographie,  661. 

Religions.  —  Catholicisme,  589;  liptanographie,  664;  églises  natio- 
nales, 571;  diocèses,  670,  696;  ordres  religieux,  etc.,  585,  586,  605, 
685;  théologie,  576,  637. 

Archéologie,  602,  662,  691,  700.  —  Architecture,  565,  688;  religieux, 
612,  613,  677,  680,  681;  civile,  568,  573;  militaire,  645.  —  Sculpture, 
689.  —  Peinture,  596,  658.  —  Carrelage,  650.  —  Cloches,  567.  —  Orfè- 
vrerie, 651.  —  Numismatique,  581,  597,  617.  —  Héraldique,  624, 
679,  692. 

Langues  et  littératures.  —  Latin,  604,  633,  700.  —  Langues  romanes, 
653;  français,  616,  683;  italien,  580.  — Langues  germaniques  :  alle- 
mand, 583;  anglais,  588.  —  Langues  slaves  :  659,  667,  684. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  576,  630,  636,  638,  646,  661,  672,  675,  688,  689,  692,  695. 

Autriche-Hongrie,  594,  703. 

France.  —  Béarn,  648;  Marche,  573;  Provence,  577;  Vendée,  680; 
Vendômois,  585.  —  Ardèche,  652,  679;  Aude,  618;  Bouches-du-Rhône, 
674;  Charente,  670;  Côte-d'Or,  610;  Doubs,  690;  Drôme,  619;  Eure- 
et-Loir,  598;  Finistère,  697;  Gers,  593;  Ille-et- Vilaine,  627;  Isère,  677; 
Loire,  611;  Loiret,  608;  Lozère,  568;  Maine-et-Loire,  628;  Manche, 
566,  616;  Marne,  669;  Haute-Marne,  696  ;  Oise,  666  ;  Pas-de-Calais,  626  ; 
Basses-Pyrénées,  686;  Vienne,  590;  Yonne,  614. 

Italie,  565,  612,  642,  681. 

Pays-Bas,  Belgique,  569,  575,  597,  668. 

Russie,  582,  605. 

Scandinavie,  613. 

564.  Acta  sanctorum  novembris  collecta,  digesta,  illustrata  a  Garolo 
De  Smedt,  Josepho  De  Backer,  Francisco  Van  Ortroy,  Josepho  Van 


544  BIBLIOGRAPHIE. 

den  Gheyn,  Hippolyto  Delehaye  et  Alberto  Poncelet,  S.  J.  presbyteris. 
Tomi  II  pars  prior,  qua  die  tertius  partira  et  quartus  continentur. 
Praemissum  est  martyrologium  Hieronymianum  edentibus  Johanne 
Baptista  De  Rossi  et  Ludovico  Duchesne.  Bruxellis,  apud  socios  Bol- 
laadianos,  1894.  la-fol.,  Lxxxii-200-62i  p.,  1  planche.  75  fr. 

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1894.  In-80,  4  p.,  fig.  (Extrait  du  Dulleiiîi  archéologique  du  Comité  des 
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breux documents  inédits.  Enghien,  A.  Spinet,  1894.  In-16,  266  p., 
1  pi.  1  fr. 

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de  l'Art  indépendant,  1894.  In-8%  42  p. 

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Padova,  consultore  di  stato  in  Venezia,  ricerche.  Venezia,  tip.  fratelli 
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Parte  III.  Gittà  di  Gastello,  S.  Lapi,  1893.  In-16,  116  p.  (CoUezione 
di  opuscoli  danteschi  inediti  o  rari.  III.)  80  cent. 

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Marseille,  impr.  Barlatier  et  Barthelet,  s.  d.  In-S-,  12  p.  (Extrait  des 
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les  frontières  slaves  au  milieu  du  vr  siècle.]  Posen,  druk.  Dziennika 
pozn.,  1894.  In-S",  17  p.  (Extrait  du  20^  Rocznik  towarzystwa  przyj. 
nauk  pozn.) 

583.  Bosa-Rimur  (die)  herausgegeben  von  Otto  L.  Giriczek.  Breslau, 
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publié  sous  les  auspices  de  la  Société  archéologique  du  Vendômois  par 
l'abbé  Ch.  Métais.  Tome  II.  Paris,  Picard  et  fils;  Vendôme,  Clovis 
Ripé,  1894.  In-S",  vn-519  p.,  planche. 

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Jérusalem  (1100-1310),  par  J.  Delaville  Le  Roulx.  Tome  pr  (1100-1200). 
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(Extrait  de  la  Bévue  de  numismatique.)  1  fr.  50. 

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le  commerce.) 

608.  Dubois  (abbé).  Histoire  du  siège  d'Orléans  (1428-1429).  Mémoire 
inédit  publié  par  M.  Paul  Charpentier,  précédé  d'une  notice  sur  l'auteur 
par  M.  Ch.  Cuissard.  Orléans,  Herluison,  1894.  In-8°,  xxxyiii-458  p., 
plan. 

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Durand,  s.  d.  In-8o,  24  p, 

610.  DuMAY  (Gabriel).  Origines  de  l'église  de  Talmay.  Dissertation 
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51  p.,  carte.  (Extrait  du  Bulletin  d'histoire  et  d'archéologie  religieuses  du 
diocèse  de  Dijon.) 

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(Extrait  du  Bulletin  archéologique  du  Comité  des  travaux  historiques, 
1893.) 

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et  le  chœur  de  leur  cathédrale,  et  autres  inscriptions  rencontrées  pen- 
dant les  travaux  exécutés  en  1887-1888.  (Épigraphie  senonaise.)  Textes 


348  BIBLIOGRAPHIE. 

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familles  dans  l'Avranchin,  par  un  membre  titulaire  de  la  Société  d'ar- 
chéologie, littérature,  sciences  et  arts  des  arrondissements  d'Avranches 
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des  travaux  historiques  et  scientifiques,  section  d'histoire  et  de  philologie, 
année  1893.) 

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Galeati  e  flglio,  1894.  In-8%  249  p. 

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goge.  Stuttgart,  P.  Neff,  1894.  In-8°,  vm-152  p.,  10  phototypies  et 
18  grav.  dans  le  texte. 

701.  Wyss  (Arthur).  Eberhard  Windecks  Buch  von  Kaiser  Siegmund 
und  seine  Ueberlieferung.  Leipzig,  0.  Harrassowitz,  1894.  In-8o,  51  p. 
(Extrait  du  Centralblatt  fur  Bibliothekswesen.) 

702.  Wyss  (Georg  von).  Geschichte  der  Historiographie  in  derSchweiz. 
Herausgegeben  durch  die  allgemeine  geschichtsforschende  Gesellschaft 
der  Schweiz.  1.  Zurich,  Fâsi  und  Béer,  1894.  In-S»,  80  p.  1  fr.  60. 

703.  ZscHOKKE  (Hermann).  Geschichte  des  Metropolitan-Capitels  zum 
heiligen  Stephan  in  Wien  (nach  Archivalien).  Wien,  G.  Konegen,  1895. 
In-S",  xn-428  p. 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


L'École  des  chartes  a  été  tout  récemment  gratifiée  d'une  donation 
importante,  que  notre  revue  est  tenue  de  signaler.  M^e  la  marquise 
Arconati-Visconti,  dont  les  musées  nationaux  ont  si  souvent  éprouvé 
la  libéralité,  vient  de  créer  deux  bourses,  de  600  francs  chacune,  desti- 
nées aux  nouveaux  archivistes  paléographes  non  encore  pourvus  d'em- 
plois rétribués.  Le  conseil  de  perfectionnement  devra  chaque  année 
attribuer  ces  pensions  à  deux  élèves  sortants,  en  tenant  compte,  dans 
la  mesure  du  possible,  à  la  fois  du  mérite  et  de  la  position  personnelle. 
j\jme  Arconati-Visconti  n'a  mis  qu'une  condition  à  cet  acte  de  géné- 
rosité :  cette  fondation  portera  le  nom  de  son  père,  M.  le  sénateur 
A.  Peyrat. 

—  Nous  relevons  dans  l'arrêté  ministériel  du  28  juillet  dernier,  relatif 
à  l'agrégation  d'histoire  et  de  géographie,  les  dispositions  suivantes  qui 
intéressent  nos  confrères  : 

«  Art.  !«■■.  Tout  candidat  à  l'agrégation  d'histoire  et  de  géographie 
produit  au  moment  de  son  inscription  :  1°  le  diplôme  de  licencié 
es  lettres;  2°  le  diplôme  d'études  supérieures  d'histoire  et  de  géogra- 
phie prévu  à  l'article  3  du  présent  arrêté  [diplôme  qui  est  délivré  soit 
par  les  Facultés  des  lettres,  soit  par  l'École  normale],  ou,  à  défaut,  soit 
le  diplôme  d'archiviste  paléographe,  soit  le  diplôme  de  l'École  des  hautes 
études  (section  d'histoire  et  de  philologie)  ;  3°  le  mémoire  historique  ou 
géographique  prévu  au  §  a  de  l'article  3  du  présent  arrêté,  ou,  à  défaut, 
sa  thèse  de  l'École  des  chartes  ou  sa  thèse  de  l'École  des  hautes  études.  » 

—  Par  décret  en  date  du  26  octobre  1894,  notre  confrère  M.  .41glave, 
professeur  à  la  Faculté  de  droit  de  Paris,  a  été  chargé  du  cours  de  droit 
commercial  au  Conservatoire  des  arts  et  métiers. 

—  Par  arrêté  du  3  octobre  1894,  nos  confrères  MM.  Mirot  et  Daumet 
ont  été  nommés  membres  de  l'École  française  de  Rome  pour  l'année 
1894-1895. 

—  Par  arrêté  en  date  du  31  juillet,  notre  confrère  M.  Glédat,  pro- 
fesseur à  la  Faculté  des  lettres  de  Lyon,  est  chargé  pour  l'année  1894- 
1895  du  cours  complémentaire  de  paléographie  à  la  môme  Faculté. 

—  Par  arrêté  en  date  du  5  septembre,  notre  confrère  M.  Petit-Dutaillis, 
professeur  d'histoire  à  l'École  Monge,  est  nommé  professeur  d'histoire 
au  lycée  de  Troyes. 


CHRONIQUE  ET  MELANGES.  5S7 

—  Par  arrêté  en  date  du  l^r  septembre,  notre  confrère  M.  Dupont- 
Ferrier  est  nommé  agrégé  des  lycées  pour  l'histoire  et  la  géographie. 

—  La  Faculté  de  philosophie  de  Halle  a  conféré  le  titre  de  docteur 
honoris  causa  à  notre  confrère  M.  Léopold  Delisle. 

—  La  Faculté  de  droit  de  la  même  Université  a  conféré  le  même  titre 
à  notre  confrère  M.  Paul  VioUet. 

—  Notre  confrère  M.  Louis  Batiffol  a  soutenu  le  mercredi  30  mai 
dernier  les  deux  thèses  suivantes  devant  la  Faculté  des  lettres  de  Paris  : 
De  Castelleto  Parisiensi ;  Jean  Jouvenel,  prévôt  des  marchands  de  la  ville 
de  Paris,  1360-lk31.  A  la  suite  de  cette  soutenance,  M.  Batiffol  a  été 
déclaré  docteur  es  lettres. 

UN  ARCHIVISTE  DÉPARTEMENTAL  PEUT  ÊTRE 
CONSEILLER  MUNICIPAL. 

—  Le  Conseil  d'État  a  décidé  que  les  fonctions  de  conseiller  munici- 
pal ne  sont  pas  incompatibles  avec  celles  d'archiviste  départemental. 
Voici  le  texte  de  la  décision  : 

«  La  section  du  contentieux  du  Conseil  d'État, 

«  Vu  la  requête  présentée  par  le  sieur  X...,  archiviste  du  département 
de...,  ladite  requête  déposée  au  secrétariat  de  la  préfecture  de..,,  le 
18  juin  1892,  et  tendant  à  ce  qu'il  plaise  au  Conseil  annuler  un  arrêté, 
en  date  du  7  juin  1892,  par  lequel  le  Conseil  de  préfecture  du  départe- 
ment de...,  statuant  sur  la  protestation  formée  par  les  sieurs  X.  X. 
contre  les  opérations  électorales  auxquelles  il  a  été  procédé,  le  8  mai 
1892,  dans  la  commune  de...,  pour  le  renouvellement  du  Conseil  muni- 
cipal, et  à  la  suite  desquelles  le  requérant  avait  été  proclamé  élu,  a 
annulé  son  élection; 

«  Ce  faisant,  attendu  que,  pour  prononcer  l'annulation  de  son  élec- 
tion, le  Conseil  de  préfecture  a  considéré  que  le  requérant  rentrait  dans 
la  catégorie  des  employés  de  la  préfecture,  mais  que  la  nomination,  le 
traitement,  les  fonctions  et  la  révocation  des  archivistes  départemen- 
taux sont  soumis  à  des  règles  différentes  de  celles  qui  concernent  les 
employés  précités;  qu'en  effet,  si  les  préfets  les  nomment,  ce  n'est  que 
par  une  délégation  spéciale  du  décret  du  4  février  1850;  qu'ils  ne  sont 
pas  payés  sur  les  fonds  d'abonnement  comme  les  employés  de  la  pré- 
fecture, mais  au  moyen  d'un  crédit  voté  par  le  Conseil  général;  que 
leur  révocation  ne  peut  être  prononcée  que  par  arrêté  préalablement 
soumis  à  la  signature  du  ministre,  tandis  que  le  préfet  peut  révoquer 
ses  employés  sans  aucune  formalité  ; 

«  Déclarer  son  élection  valable  ; 

«  Vu  l'arrêté  attaqué; 


558  CHRO!VIQUE    ET    MÉLANGES. 

«  Vu  la  protestation  des  sieurs  X.  X.  devant  le  Conseil  de  préfecture; 

«  Vu  la  défense  présentée  par  les  sieurs  X.  X.,  auteurs  de  la  protes- 
tation devant  le  Conseil  de  préfecture,  ladite  défense  déposée  au  secré- 
tariat de  la  préfecture  de...,  le  6  juillet  1892,  et  tendant  au  rejet  de  la 
requête  par  les  motifs  que  l'archiviste  départemental  est  un  véritable 
employé  de  la  préfecture;  qu'il  participe  à  la  caisse  de  retraite  de  ces 
employés;  qu'il  ne  peut  être  considéré  comme  un  chef  de  service, 
puisque  toutes  les  pièces  qu'il  délivre  doivent  être  signées  par  le  secré- 
taire général  de  la  préfecture  ; 

«  Vu  la  dépêche  par  laquelle  le  ministre  de  l'Intérieur  transmet  le 
dossier  avec  ses  observations,  lesdites  requête,  défense  et  observations 
enregistrées  au  secrétariat  du  contentieux  du  Conseil  d'État,  le  26  sep- 
tembre 1892; 

«  Vu  le  procès-verbal  des  opérations  électorales  auxquelles  il  a  été 
procédé  le  8  mai  1892  dans  la  commune  de...,  pour  le  renouvellement 
du  Conseil  municipal  ; 

a  Vu  les  autres  pièces  produites  et  jointes  au  dossier; 

«  Vu  la  loi  du  5  avril  1884;  vu  la  loi  du  10  août  1871,  article  45;  vu 
le  décret  du  4  février  1850; 

«  Ouï  M.  Lacroix,  auditeur,  en  son  rapport; 

«  Ouï  M.  Valabrégue,  maître  des  requêtes,  commissaire  du  gouver- 
nement, en  ses  conclusions; 

«  Considérant  que,  si  les  préfets  nomment  et  révoquent  les  archivistes 
départementaux,  ce  droit  est  soumis  à  certaines  règles  et  instructions 
particulières;  qu'en  outre  ces  agents  ne  sont  pas  rétribués  comme  les 
employés  de  préfecture  sur  les  fonds  dits  «  d'abonnement,  »  faisant  par- 
tie des  crédits  portés  au  budget  de  l'État  et  mis  à  la  disposition  des 
préfets,  mais  au  moyen  d'un  crédit  spécial  voté  annuellement  par  le 
Conseil  général; 

«  Considérant  qu'il  suit  de  là  que  les  archivistes  départementaux  ne 
rentrent  pas  dans  la  catégorie  des  employés  de  préfecture  que  l'article  33, 
paragraphe  7,  de  la  loi  du  5  avril  1884  a  déclarés  inéligibles;  qu'ainsi 
c'est  à  tort  que  le  Conseil  de  préfecture  du  département  de...  a,  par 
l'arrêté  attaqué,  annulé  l'élection  du  sieur  X...; 

«  Décide  : 

«  Art.  l®'".  —  L'arrêté  sus-visé  du  Conseil  de  préfecture  du  dépar- 
tement de...,  en  date  du  17  juin  1892,  est  annulé. 

«  Art.  2.  —  L'élection  du  sieur  X.,.,  en  qualité  de  conseiller  muni- 
cipal de  la  commune  de...,  est  déclarée  valable. 

«  Art.  3.  —  Expédition  de  la  présente  décision  sera  transmise  au 
ministre  de  l'Intérieur. 

«  Délibéré  dans  la  séance  du  26  novembre  1892. 

«  Lu  en  séance  publique  le  3  décembre  1892.  » 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  559 

L'ÉCOLE  DES  CHARTES  PRUSSIENNE. 

Le  ministre  de  l'Instruction  publique  en  Prusse,  M.  Bosse,  a  publié, 
le  6  avril  dernier,  un  décret  concernant  les  aspirants  archivistes.  Nous 
croyons  intéressant  d'en  faire  connaître  les  principales  dispositions  à 
nos  lecteurs.  Les  candidats  aux  fonctions  d'archivistes  sont  soumis  à 
un  examen  devant  une  commission  dont  le  siège  est  à  Marbourg.  L'on 
exige  d'eux  :  1°  un  certificat  d'études  dans  un  gymnase  d'enseignement 
classique  ;  2°  un  certificat  constatant  que  le  candidat  a  suivi  pendant 
six  semestres  au  moins  les  cours  d'une  Université  de  l'Empire  ;  3°  des 
certificats  des  professeurs  de  ladite  Université  constatant  qu'il  a  pris 
part  avec  succès  aux  exercices  d'un  séminaire  de  sciences  auxiliaires 
pendant  deux  semestres,  d'un  séminaire  d'histoire  pendant  deux 
semestres,  d'un  séminaire  de  philologie  germanique  pendant  un 
semestre,  enfin,  pendant  un  semestre,  à  des  travaux  pratiques  sur  les 
archives  ;  4o  un  certificat  de  santé  ;  5°  un  certificat  militaire  ;  6°  enfin, 
cinquante  marks  pour  les  frais  d'examen.  L'examen,  purement  oral, 
porte  sur  des  questions  d'histoire  d'Allemagne  et  notamment  de  Prusse, 
d'histoire  du  droit  germanique,  de  droit  public  et  administratif  prus- 
sien, de  sciences  auxiliaires.  On  s'assure,  en  même  temps,  que  les  can- 
didats ont  une  connaissance  suffisante  du  latin,  du  haut  et  bas  allemand 
et  du  français.  Il  est  établi  à  l'Université  de  Marbourg  un  séminaire 
pour  les  sciences  auxiliaires  de  l'histoire  dont  l'objet  spécial  est  de  for- 
mer des  archivistes.  L'archiviste  d'État  à  Marbourg  est  également  chargé 
de  conférences  à  l'Université  sur  la  science  des  archives.  Il  y  a  là  comme 
un  essai  d'École  des  chartes  prussienne. 


CHRONOLOGIE  DE  PAPES  DU  XI^  SIÈCLE. 

M.  L.-M.  Hartmann  a  communiqué  aux  Mittheilungen  des  Instituts 
fur  Oesterreichische  Geschichtsforschung  (vol.  XV,  livraison  3,  p.  482)  une 
note  intitulée  «  Zur  Chronologie  der  Pâpste,  »  au  cours  de  laquelle, 
après  une  discussion  approfondie,  il  modifie  la  chronologie  des  pontifes 
de  la  première  moitié  du  xi«  siècle,  telle  qu'elle  était  admise.  Voici  les 
résultats  auxquels  il  est  arrivé  : 

Sergius  IV  mourut  avant  le  20  avril  1012. 

Benoit  VIII  régna  du  20  avril  1012  au  9  avril  1024. 

Jean  XIX  commença  son  règne  un  dimanche  compris  entre  le 
12  avril  et  le  10  mai  1024;  il  mourut  le  6  novembre  1032. 

Benoît  IX,  dont  le  pontificat  commença  le  12  novembre  1032,  renonça 
à  la  tiare  le  16  juillet  1048. 


560  CHRONIQUE   ET   MÉLANGES. 

LES  MANUSCRITS  DU  BARON  DE  SALIS. 

La  bibliothèque  de  la  ville  de  Metz  vient  d'être  extraordinairement 
enrichie  par  le  legs  que  la  baronne  de  Salis,  morte  en  1892,  au  château 
de  Beaumarais,  près  Saarlouis,  lui  a  fait,  par  son  testament,  de  la  biblio- 
thèque et  des  collections  de  son  mari,  mort  en  1880.  La  bibliothèque  com- 
prend 3,000  volumes,  presque  tous  de  littérature  française,  classique  et 
moderne,  et  118  manuscrits  du  ix«  au  xviii«  siècle,  et  de  différents  pays, 
parmi  lesquels,  par  exemple,  de  splendides  miniatures  du  xv^  siècle, 
le  superbe  pontifical  de  la  cathédrale  de  Sens,  du  xin^  siècle,  un 
évangéliaire  latin  de  provenance  bavaroise  (fin  du  xi^  siècle),  etc.  En 
outre,  le  testament  lègue  encore  une  masse  de  documents  du  xu«  au 
xviiie  siècle ,  une  grande  quantité  de  fragments  de  documents  et  de 
manuscrits,  parmi  lesquels  un  feuillet  de  parchemin  d'une  écriture 
anglo-saxonne,  du  vn^  siècle  ou  du  commencement  du  viii«,  et  une  col- 
lection de  gravures  au  burin  et  à  l'eau-forte. 

Cette  note  a  été  insérée  dans  le  Jahrbuch  der  Gesellschaft  fur  lothring. 
Geschichte  und  AUerthumsk.,  Jg.  5,  1893,  p.  270-271,  et  reproduite  dans 
le  Centralblatt  fur  Bibliothekswesen,  n»*  des  mois  d'août  et  septembre 
1894,  p.  414. 

On  peut  apprécier  la  très  grande  importance  de  la  collection  de 
manuscrits  dont  s'est  enrichie  la  bibliothèque  de  Metz  par  le  catalogue 
sommaire  que  M.  F.-X.  Kraus  en  a  publié  en  1880  et  qui  occupe  les 
pages  72-82  des  Jahrbûcher  des  Vereins  von  Altherthurnsfreunden  in 
Rheinland.  Sur  la  liste  donnée  par  M.  F.-X.  Kraus,  nous  avons  remar- 
qué les  articles  suivants  : 

1.  Legenda  aurea.  1273. 

2.  Nobiliaire  de  Lorraine,  par  Dom  Pelletier.  1751. 

3.  Translatio  S.  Lamberti.  Passio  S.  Catharinae.  Vita  S.  Egidii. 
xm«  siècle. 

5.  Quattuor  evangelia.  1146. 

6.  Nobiliaire  de  Lorraine,  par  Didier  Richer  dit  Clermont.  1577. 

7.  Gartulaire  du  chapitre  d'Épinal,  par  Mangard.  1779. 

9.  Recueil  des  antiquités  de  la  ville  et  du  pays  de  Sens,  par  Jacques 
Ta veau. 

10.  Nécrologe  de  Saint-Mont,  xv^-xvm*  siècle. 

11.  Missel  de  Marmoutier.  xi^  siècle. 
13.  Chronique  de  Metz  jusqu'en  1583. 

15.  Fragment  d'un  ms.  de  Sainl-Pierre-le-Vif  près  Sens,  xi*  siècle. 
Contient  des  morceaux  historiques. 

18.  Comptes  de  1533  relatifs  à  l'exécution  du  testament  de  Margue- 
rite d'Autriche. 


CHRONIQUE   ET   MELANGES.  56-1 

23.  Pontifical  de  l'église  de  Sens,  xme  siècle. 

28.  Nécrologe  et  constitutions  de  Saint-Pierremont.  xni«  siècle. 

30.  Chronique  de  Sens,  par  le  P.  Bareteau.  1520. 

31.  Chronique  de  Sens,  par  Coquin.  Ms.  autographe. 

37.  Vita  S.  Martini,  auctore  Sulpicio  Severo.  —  Eadem,  auctore 
Gregorio  Turonensi.  —  Vita  vn  Dormientium.  —  Miracula  de  S.  Mar- 
tino.  —  Epistola  Fulconis  ad  S.  Odonem  et  responsa  Odonis.  —  Trans- 
latio  in  Burgundiam  et  relatio  in  Turoniam  corporis  sancti  Martini. 

—  Vita  S.  Odonis,  primi  abbatis  Cluniacensis.  —  1156. 

38.  0  Ici  commence  l'Apocalypse  en  latin.  »  —  xiii^  siècle.  Avec 
66  peintures. 

47.  Lettres  de  l'abbé  de  Rancé. 

48.  Cérémonial  de  Sainte-Madeleine  de  Verdun.  xiv«  siècle. 

49.  «  L'Ordinaire  maistre  Tancrei,  chanoine  de  Bolonie.  »  — 
xni^  siècle. 

50.  Cartulaire  de  S.  Josse-aux-Bois.  xni^  siècle. 

54.  Lettres  originales  de  Bossuet. 

55.  La  destruction  de  Jérusalem,  xv^  siècle.  Papier.  Avec  61  minia- 
tures. 

57.  Correspondance  de  Madame  de  Maintenon  et  de  sa  famille. 

58.  Glosulae  Cardinalis  de  Monte  Pessulano  super  Aphorismos  Hippo- 
cratis.  xiv^  siècle. 

60.  Gronica  fratris  Gaufridi  de  Collone  de  Senonensibus  ad.  a.  1294. 
xm^  siècle. 

61.  Même  ouvrage.  xiv«  siècle. 

66.  Fragments  de  comptes  de  l'abbaye  de  Saint- Josse-aux-Bois,  1325- 
1345. 

67.  Lettres  de  cardinaux,  évêques,  etc.,  à  M""  Languet,  évêque  de 
Soissons. 

68.  Fragment  d'un  bestiaire  latin,  xra^  siècle. 

71.  Histoire  de  la  fondation  de  l'abbaye  de  Chaulmouzey,  par  l'abbé 
Sehere.  xvi«  siècle. 
76.  Cartulaire  de  S.  Arnoul  de  Metz.  Vers  1480. 
77  bis.  Chronique  de  Metz  en  vers.  1803. 

78.  «  Cyrurgie  de  maistre  Brun  le  Lone  Bore.  —  Cyrurgiae  d'Albu- 
gazis.  »  xnie  siècle. 

79.  Vie  de  S.  Rémi,  par  Hincmar.  —  Vie  de  S.  Remacle.  —  x^  siècle. 
86.  Registre  des  choses  mémorables  de  l'égUse  de  Saint -Pierre  de 

Remiremont.  1588. 

88.  Apocalypse,  avec  une  glose  en  dialecte  normand.  —  Sermons  en 
prose  et  en  vers.  —  «  Tractatus  de  lingua  romana  secundum  dominum 
Robertum,  Lincolniensem  episcopum,  de  principio  creationis  mundi...  » 

—  xiv«  siècle. 

SSbis.  Extrait  de  la  Chronique  de  VigneuUes.  1787. 

1894  36 


562  CHROMQtJE   ET   Me'lANGES. 

90.  Sermons  en  latin  et  français,  xiii^  siècle. 
92.  Chronique  de  Metz  en  vers,  par  De  Châtelain,  jusqu'en  1583. 
98.  Traité  de  perspective,  par  Séb.  Le  Clerc.  Ms.  autographe. 
109.  Sommaire  du  Polium  abrégé  des  duchés  de  Lorraine  et  du  Bar, 
par  Bugnon.  1711. 
114.  Chronique  de  Metz  en  vers,  par  J.  Châtelain.  xvi«  siècle. 
118  C.  Histoire  de  Toul.  1707. 
118  D.  Histoire  de  l'abbaye  de  S.  Clément  de  Metz.  1654. 

Parmi  les  chartes  et  fragments  de  la  collection,  M.  F.-X.  Kraus 
signale  un  morceau  de  l'année  1157  qui  contient  un  document  concer- 
nant Héloïse,  abbesse  du  Paraclet. 

Une  partie  des  manuscrits  du  cabinet  du  baron  de  Salis  vient  de  la 
collection  Gianfilippi  de  Vérone,  vendue  à  Paris  en  1843,  comme  on 
peut  le  voir  par  un  tableau  inséré  dans  les  Notices  et  extraits  des  manus- 
crits, t.  XXXn,  part.  I,  p.  114-120.  Un  exemplaire  du  Catalogue  de  la 
vente ^,  conservé  à  la  Bibliothèque  nationale  (A.  16403),  a  fourni  l'indi- 
cation de  36  articles  de  ce  catalogue  qui  furent  adjugés  au  baron  de 
Salis. 

Beaucoup  d'autres  manuscrits  de  la  série  que  vient  de  recueillir  la 
bibliothèque  de  Metz  ont  fait  partie  de  la  collection  de  M.  Th.  Tarbé, 
de  Sens,  collection  peu  célèbre,  mais  dont  j'ai  entendu  vanter  l'éton- 
nante richesse  par  feu  André  Pottier,  bibliothécaire  de  Rouen,  qui 
assistait  à  la  vente  faite  à  Sens  en  1849.  La  vente  se  fit  sans  publicité 
et  sans  catalogue.  Elle  fut  simplement  l'objet  d'une  annonce  en  4  petites 
pages  in-octavo^,  portant  pour  titre  :  Vente  par  suite  du  décès  de  M.  Th. 
Tarbé,...  ancien  imprimeur  à  Sens,...  de  i»  une  bibliothèque  de  15,000  vo- 
lumes; 2°  une  collection  d'environ  10,000  lettres  autographes;  3°  un 
médailler  considérable  ;  4°  une  galerie  de  tableaux,  gravures,  estampes,  etc.; 
5°  un  grand  nombre  de  livres-manuscrits,  notices,  recherches  statistiques 
concernant  la  ville  de  Sens  et  les  départements  de  l'Yonne,  de  l'Aube,  de 
Seine-et-Marne,  etc.,  et  les  anciennes  provinces  de  Bourgogne  et  Cham- 
pagne; 6°  un  nombre  considérable  d'antiquités  et  d'objets  d'art  de  toutes 
sortes,  tels  que  vitraux,  porcelaines,  armes,  émaux,  sculptures,  etc.;  7°  une 
collection  de  minéraux  de  toutes  sortes,  herbier  complet,  etc.  (Cette  vente 
commencera  le  mardi  4  septembre  18k9.) 

C'est  du  cabinet  de  Tarbé  que  proviennent,  entre  autres  articles,  le 
beau  Pontifical  et  les  autres  manuscrits  senonais  légués  à  la  biblio- 
thèque de  Metz  par  M™'=  la  baronne  de  Salis. 

L.  D. 

1 .  Catalogue  de  manuscrits  provenant  des  collections  Saibante  et  Gianfi- 
lippi de  Vérone,  dont  la  vente  se  fera  le  lundi  23  janvier  1843  et  jours  sui- 
va7its.  Paris,  Silvestre,  1842,  in-8°. 

2.  Il  y  en  a  un  exemplaire  à  la  Bibl.  nat.,  A.  17203. 


CHRONIQUE   ET  MÉLANGES.  563 

LETTRE  DE  SAINT  BERNARD  A  PIERRE  LE  VÉNÉRABLE. 

Nous  reproduisons  une  lettre  adressée  par  saint  Bernard  à  Pierre  le 
Vénérable,  qui  n'a  point  été  comprise  dans  les  éditions  de  la  corres- 
pondance de  l'abbé  de  Clairvaux  et  dont  le  texte  vient  d'être  publié  par 
le  R.  P.  Satabin,  dans  les  Études  religieuses  (t.  LXII,  p.  322,  n"  du 
15  juin  1894),  d'après  un  manuscrit  de  l'abbaye  d'Anchin,  aujourd'hui 
no  372  de  la  bibliothèque  de  Douai  (vol.  II,  fol.  92  v"). 

Dans  cette  lettre,  écrite  après  l'assemblée  de  Chartres  (7  mai  1150), 
saint  Bernard  conjure  l'abbé  de  Gluni  de  venir  à  une  autre  assemblée 
qui  devait  se  tenir  à  Gompiègne  le  15  juillet,  où  l'on  devait  s'occuper 
des  affaires  de  la  Terre  sainte. 

Ad  Petrum  Clunîacensem  abbatem. 

«  Venerabili  domino  et  amico  carissimo  Petro,  Dei  gratia  Clunia- 
censi  abbati,  frater  Bernardus,  Glare  Vallis  vocatus  abbas,  salutem  et 
intimam  riilectionem. 

«  Negotium  Domini  grande  et  grave  apparuit  in  universa  terra. 
Grande  plane  quia  rex  celi  perdit  terram  suam,  terram  hereditatis  sue, 
terram  ubi  steterunt  pedes  ejus.  Agitant  manus  suas  inimici  ejus  super 
montera  filie  Syon,  collem  Jherusalem.  Prope  est  ut  auferatur  de  terra 
lectulus  floridus  et  decorus,  in  quo  virgineus  flos  Marie  linteis  et  aro- 
matibus  conditus  est,  ut  jam  non  sit  sepulchrum  ejus  gloriosum,  sed 
ignominiosum  ad  perpetuam  ignominiam  fidei  christiane.  Minautur 
contaminare  loca,  prophetarum  oraculis,  Salvatoris  miraculis  insignita, 
consecrata  Ghristi  sanguini  et  conversationi.  Quid  erit  hoc  nisi  tollere 
fundamenta  salutis  nostre,  divitias  populi  christiani? 

«  De  celo  respicit  Dominus  ut  videat  si  est  intelligens  aut  requirens 
eum,  si  sit  qui  doleat  vicem  ejus;  sed  non  est  qui  adjuvet.  Intepuerunt 
corda  principum;  sine  causa  gladium  portant  :  pellibus  mortuorum 
animalium  reconditus  est,  rubigini  consecratus.  Nec  exerunt  eum,  cum 
Ghristus  patiatur,  ubi  et  altéra  vice  passus  est,  nisi  quod  tune  in  uno 
angulo,  nunc  in  toto  seculo  molestior  ista  passio  prospectatur.  Recurrit 
et  ad  vos  Filius  Dei  tanquam  ad  unum  de  maximis  principibus  suis 
domus  sue.  Homo  enim  iste  nobilis  qui  abiit  in  regionem  longinquam 
multum  vobis  tam  interioris  quam  exterioris  substantie  sue  commi- 
sit;  et  necesse  est  ut  in  necessitate  sua  sentiat  auxilium  et  consilium 
vestrum. 

«  Nostis  quod  in  Garnotensi  conventu  de  negotio  Dei  aut  parum  aut 
nichil  factum  est.  Ibi  multum  et  expetita  et  expectata  est  pre.'^entia 
vestra.  Indictus  est  alius  conventus  apud  regium  Gompendium  idus 
julii,  ubi  vestram  interesse  sublimitatem  et  supplicamus  et  exigimus. 
Sic  oportet  fieri,  sic  exigit  nécessitas,  et  nécessitas  magna. 


364  CHRONIQUE    ET   ME'lANGES. 

«  De  cetero  Gaucherium  vestrum,  nepotem  Gaucherii  nostri,  immo 
et  vestri,  vestre  gratie  commendamus,  juvenem  qui  vos  multum  diligit 
tanquam  alumnus  vester.  Sit  de  familiari  familiarior  propter  nos,  ut 
semper  noverit  intercessionem  nostram  sibi  aliquid  accedisse. 

«  Salutat  vos  Nicholaus  vester  [lisez  noster)  ut  vester,  vester  est 
enim.  » 


JEAN  DE  GANDIDA,  HISTORIEN. 

M.  L.  Delisle  a  signalé,  il  y  a  quatre  ans^,  auxérudits  qui  s'occupent 
du  règne  de  Charles  VIII,  un  personnage  peu  connu,  appelé  Jean 
de  Candida,  qu'il  supposait  devoir  prendre  une  certaine  place  dans 
l'histoire  des  arts.  Ses  espérances  étaient  légitimes.  Il  en  avait  relevé 
une  première  mention  dans  la  correspondance  de  Guillaume  de  la  Mare, 
secrétaire  de  Robert  Briçonnet,  archevêque  de  Reims  et  chancelier  de 
France.  Dans  cette  correspondance,  publiée  en  1514,  sont  insérées  plu- 
sieurs lettres  écrites  par  le  secrétaire  au  nom  du  maître.  Parmi  ces 
lettres  s'en  trouve  une  adressée  à  Jean  de  Candida. 

Le  prélat  le  remercie,  dans  les  termes  les  plus  affectueux,  d'avoir  fait 
sa  médaille,  qu'il  déclare  parfaite  :  «  Nihil  défit  prêter  spiraculum.  »  Il 
lui  donne,  en  outre,  les  qualificatifs  de  «  summus  et  orator  et  historiens 
ac  sculptoriae  artis  atque  plastices  bac  œtate  omnium  consummatissi- 
mus.  »  Des  expressions  si  élogieuses  étaient  de  nature  à  surprendre.  On 
pouvait  les  juger  très  exagérées,  sinon  tout  à  fait  injustes.  Il  ne  semble 
pas  cependant  devoir  en  être  ainsi. 

M.  Delisle,  en  effet,  a  d'abord  pu  signaler,  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, non  seulement  un  exemplaire  de  la  médaille  de  Briçonnet,  mais 
une  autre  médaille,  celle  d'Antoine  Gratia  Dei,  qui  porte  la  signature 
Candid.  Il  a  ensuite  trouvé  la  justification  du  titre  à'orator,  qui  a,  comme 
on  sait,  au  xv«  siècle,  le  sens  d'ambassadeur,  dans  un  passage  du  Dia- 
rium  de  Burchard,  où  il  est  dit  que  Jean  de  Candida  figura  à  la  cour 
de  Rome,  en  1491,  parmi  les  envoyés  de  Charles  VIII.  M.  A.  Ileiss^  et 
notre  collègue  M.  H.  de  La  Tour 3  ont  montré,  depuis,  qu'il  fallait 
attribuer  à  cet  artiste  quelques-unes  des  plus  célèbres  médailles  du 
xv^  siècle. 

L'épithète  d'historicus  est  seule  restée  inexpliquée. 

Un  heureux  hasard  vient  de  nous  faire  trouver,  dans  la  Bibliothèque 
de  l'École  des  chartes,  un  des  renseignements  si  ardemment  cherchés. 
Un  de  nos  confrères,  qui  par  un  excès  de  modestie  n'a  pas  signé,  mais 

1.  Dibl.  de  l'École  des  chartes,  t.  LI  (1800),  p.  310-312. 

2.  Revue  numismulique,  161)0,  |>.  453-479. 

3.  Revue  nunmmatique,  1894,  3°  trim.,  p.  327-354  (l"^  art.). 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  565 

qui  doit  être  notre  regretté  maitre  Jules  Quicherat,  y  a  signalé  ^,  dans 
une  très  courte  notice  sur  l'éducation  et  le  savoir  de  Charles  VIII,  dont 
il  a  fait  précéder  la  publication  de  vers  français  attribués  à  ce  prince, 
une  Histoire  de  France  en  latin  composée  pour  le  roi  par  «  un  certain 
Joannes  Candida.  »  Ce  personnage  doit  être  évidemment  identifié  avec 
celui  qu'ont  connu  Briçonnet  et  Burchard  et  auquel  une  quittance  de 
1493  donne  le  titre  de  conseiller  de  Charles  YIIP.  Briçonnet  a  donc  eu 
raison  de  lui  appliquer  lepithète  û.' historiens. 

Il  ne  saurait  nous  convenir  de  faire  de  cette  petite  trouvaille  le  point 
de  départ  d'une  biographie  de  Jean  de  Candida.  Nous  aurions  même 
laissé  à  notre  collègue  M.  H.  de  La  Tour  le  soin  de  la  signaler,  comme 
nous  lui  laissons  celui  d'en  tirer  parti,  sa  publication  n'étant  pas  encore 
terminée,  s'il  ne  nous  avait  paru  juste  et  utile  d'en  donner  la  primeur 
aux  lecteurs  de  la  Bibliothèque.  On  ne 'pouvait,  en  effet,  trouver  une 
meilleure  occasion  de  leur  faire  savoir  que  Jean  de  Candida,  cet 
inconnu  d'hier,  devait  être  placé,  comme  ils  avaient  pu  le  pressentir,  au 
nombre  des  artistes  italiens  qui  avaient  eu  le  plus  de  part  à  l'initiation 
de  notre  pays  à  la  renaissance  italienne. 

L'Histoire  de  France  de  Jean  de  Candida  est  conservée  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  dans  le  fonds  latiu,  sous  le  no  10909  (anc.  suppl. 
lat.  395).  Elle  forme  un  petit  volume  de  31  feuillets  de  parchemin  (200 
sur  140  millim.),  y  compris  trois  feuillets  de  garde.  Sa  reliure  parait 
ancienne,  mais  les  ais  en  bois  dont  elle  se  compose  ont  été  recouverts, 
à  une  époque  récente,  de  parchemin  blanc.  Plusieurs  de  ses  anciens 
possesseurs  ont  mis  leur  nom,  avec  ou  sans  devise,  sur  les  feuillets  de 
garde^.  En  voici  le  relevé  :  «  Virtuti  fortuna  comes.  P.  Conte  (fol.  1). 
—  Virtuti  fortuna  comes.  Ex  libris  Pétri  Conte,  clerici,  Nivernis  como- 
rantis.  P.  Conte  (fol.  30  v°).  —  Sainct  Seurnin  (fol.  31).  —  Hurault 
(fol.  31).  »  La  signature  de  Pierre  Conte  semble  être  du  commencement 
du  xvne  siècle;  les  deux  autres  sont  du  xvr. 

Ce  manuscrit  n'est  pas  de  la  main  de  Candida.  La  comparaison  que 
nous  avons  pu  faire  de  son  écriture  avec  celle  d'une  lettre  autographe 
de  cet  artiste  conservée  dans  le  manuscrit  393  de  Baluze,  pièce  693,  ne 
laisse  aucun  doute  à  cet  égard.  Il  est  dû  cependant  à  un  copiste  italien. 
On  ne  saurait  affirmer,  toutefois,  malgré  le  soin  avec  lequel  il  a  été 
écrit,  que  ce  soit  l'exemplaire  offert  par  Candida  à  Charles  VIII.  Notre 
confrère  l'a  dit,  mais  sans  en  donner  de  preuve.  S'il  en  était  ainsi,  il 
est  probable  qu'on  y  trouverait,  au  bas  de  la  première  page,  les  armes 
de  France. 

1.  T.  XI  (1849-1850),  p.  66-67. 

2.  L.  Delisle,  loc.  cit.,  p.  311. 

3.  Le  feuillet  31  v°  et  le  feuillet  collé  sur  le  plat  intérieur  de  la  reliure  sont 
couverts  de  notes  sur  les  pairs,  les  ducs  et  les  comtes  de  France. 

1894  36* 


566 


CHROiVIQUE   ET   MELANGES. 


Cette  Histoire  ne  présente  par  elle-même  aucun  intérêt.  Elle  com- 
mence aux  Troyens  et  s'arrête  à  l'avènement  de  Charles  VIII.  Ce  n'est 
qu'un  résumé  et  encore  un  résumé  très  succinct.  Il  nous  suffira  d'en 
reproduire  le  dernier  paragraphe,  consacré  tout  entier  à  Louis  XI,  pour 
en  faire  connaître  la  manière  et  le  point  d'arrêt. 

«  Lodovicus,  Garoli  filius,  vendicandis  dominiis  que  sibi  suoque  regno 
pertinebant  intentus,  primum  comitatum  Rossilionis  et  Ceritanie  intra 
Pyreneos  positum,  a  rege  Aragonum  recepit.  Deinde,  conspiratione 
fratris  procerumque  regni,  gravi  bello  petitus,  studiose  composita  pace 
se  exemit.  Semel  atque  iterum  e  manibus  Caroli,  ducis  Burgundie, 
elapsus  est,  inductumque  ab  illo  contra  se  in  regnum  Francie  Ebdoar- 
dum,  Anglorum  regem,  non  minus  ingenio  quam  armis  elusit;  ipsoque 
duce  Burgundie  ab  Germanis  in  Lothoringia  profligato  et  interempto, 
Burgundiam  omncm,  Arthesiamque  occupavit.  Postremoque  defuncto 
Carolo  Andegavensi,  Cenomanie  comité,  Sicilie  rege,  ab  eo  hères  insti- 
tutus,  Andegavia,  Cenomania  atque  Provincia  potitus  est.  Aucto  regno 
decessit,  Carolo,  parvo  filio,  relicto  tutele  Anne,  filie,  queetetate  ante- 
cedens  ut  forma  atque  vultu  liberaliet  venusto,  ita  animo  magno,  inge- 
nio singulari  et  moribus  pudicis,  digna  sagacissimo  seni  régi  visa,  cui 
cum  regno  filius  comitteretur.  » 

Mais  ce  résumé  historique  est  précédé  d'une  dédicace  à  Charles  VIII 
dont  l'intérêt,  tant  pour  la  biographie  de  Candida  que  pour  celle  de  ce 
prince,  est  incontestable.  Sa  publication  nous  paraît  devoir  être  la  con- 
clusion nécessaire  de  la  présente  note. 

«  Divo  Carolo  adulescenti,  Lodovici  filio,  Francorum  régi  christianis- 
simo,  humilimiis  ac  fidelis  servitor  et  subditiis  Johannes  Candida,  victo- 
riam  et  fœlicitatem. 

«  Daturo  munusculum  strene  tue  Majestati,  cum  nec  mihi  suppetat 
aurum  nec  gemmae,  quas  dein  nec  ipse  tu  egeas,  libellum  hune  offerre 
visum  est,  quo  sacrum  tuum  regium  genus  a  Saturno  ductum  ad  hec 
usque  tempora  collegi,  quibus  non  tuis  modo  Francis  prebuit  pius  et 
eternus  Deus  sed  universo  christiano  generi  principem  cujus  potentia 
et  armis  justicia  et  sanctimonia  barbara  feritas  perdoraetur,  rebelles 
redigantur  in  fidem,  pax  detur  terris  et  eterna  fidelibus  paretur  quies. 
Nec  mihi  hoc  augurari  vanum  duxerim  si  que  de  quodam  Carolo,  Pipini 
successore,  oracula  quedam  et  pia  vatum  prefata  in  te  crediderim  con- 
venire. 

«  Jam  vero,  prêter  vaticinia,  sunt  que  me  ista  in  te  credere  compel- 
lunt,  eximius  splcndor,  animique  vigor  in  adulescentc  et  divina  quedam 
indoles,  cupido  vere  glorie,  amor  milicie,  corpus  laboris  patiens,  pru- 
dentia  ante  suos  annos,  justicia  in  omnes,  caritas  in  tuos,  casta  Gdes  et 
religio  erga  Deum  et  que  non  in  postremo  loco  ponenda  est  mira  dile- 
ctio,  que  ex  his  tuis  laudibus  procédons  ab  omnibus  erga  te  est,  et  tanta 
quanta  nunquam  vidimus  aut  audivimus  cuiquam  contigisse  régi,  ut 


CHRONIQUE   ET   MELAlVf.ES.  S67 

hac  sola  dumtaxat  amplum  tibi  imperium,  presaga  ac  tacita  omnium 
quadam  confessione,  promictatur. 

«  Ergo,  serenissime  princeps,  munusculum  istud  animo  grato  digne- 
ris  accipere,  quoniam,  etsi  longe  majore  dignus  sis,  a  me  tamen,  lioc 
tempore,  majus  prestari  non  potuit,  fidem  et  animum  erga  te  meum 
quam  muneris  quantitatem  spectes.  Etenim,  summo  Dec  plerumque 
gratior  est  denarius  animati  pauperis  quam  di\àtum  ditiora  dona. 

«  Hoc  egi  non  quoniam  arbitrer  bec  ignota  esse  tue  Majestati  autnon 
a  plerisque  Francis,  disertis  viris,  docte  concinneque  digesta  sed  quia 
forte  fortuna  multas  terras  et  urbes  peragranti,  studioseque  querenti, 
venere  mihi  in  manus  multi,  variique  libri  ac  presertim  (quas  volebam) 
cronice  Francorum  gentis,  ubi  quedam  contineri  visa  sunt  que  non  lege- 
ram  in  aliis,  suasit  animus  ut  et  ipsa,  non  tam  res  gestas  describendo, 
vera,  brevi,  grataque,  quantum  ingenio  possem,  textura  compilarem, 
gratias  habiturus  ei  quisquis  hec,  diligentiori  elegantiorique  volumine 
ac  stilo,  proferre  aggrediatur. 

«  In  hoc  opuscule  légende  tua  Majestas  inveniet  quod  plerique  reges 
et  clari  belle  duces  non  adeo  habuerunt  exempla  majorum  divina  que 
imiteris.  Gesar  Alexandrum,  Alexander  Herculem  Girumque,  Girus 
Ninum,  aliique  alios  procul  a  sui  sanguine  duces,  glorie  emulatione 
sequuti  sunt.  Tu  vero  domesticis  exemplis  abundans,  non  eges  exter- 
nis,  nec  ullorum  regum  aut  imperatorum  unquam  nobiliores  quam  tuo- 
rum  majorum  res  geste  fuere,  neque  vera  laude  digniores,  licet  nonnulli 
plus  terrarum  et  marium  videantur  sibi  subegisse,  sed  refert  non  quan- 
tum veriim  quale  quisque  et  quo  pacte  agat  imperium  intueri. 

«  Tui,  enim,  non  ut  illi  Perse  et  Romani  imperiorum  conditores, 
feritate  quadam,  a  uutrimento  canum  et  luparum,  sua  auspicati  sunt 
imperia,  sed  celestium  vocum  et  summi  Dei  angelorum  affatu  suas 
regnandi  acies  direxerunt;  et  illi  aliique  complures,  quia  cruentis  initiis 
imperandi  gloriam  sibi  solis  quesiverunt,  cruentos  quoque' brevesque 
cum  suis  regnis  exitus  habuerunt.  Tu  vero,  et  tu  apte,  ingenio  atque 
natura  et  tuorum  majorum  sacris  exemplis,  dilatandi  regni,  id  est  asse- 
rende  ampliandeque  Ghristi  fidei,  non  tibi  honorem  queris  sed  Deo. 
Igitur  et  perpetuum,  quoniam  ex  Deo  atque  fide  constat,  tuum  regnum 
erit,  et  vere  illud  quod  Abree  hereditati,  non  in  altero  modo  sed  in  hoc 
quoque  seculo,  per  eterna  secula  promissum  est.  » 

G.    GOUDERC. 

GONFESSIONS  DE  FOI  DES  ÉGLISES  ORIENTALES. 

La  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes  a  publié  en  1884  (XLV,  235-6) 
la  notice  d'un  manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Rouen  (ms.  U.  1),  qui 
renferme  une  série  d'attestations  ou  confessions  de  foi  des  églises  orien- 
tales, envo^^ées  de  Gonstantinople  en  France,  en  1672,  par  le  marquis  de 


568  CHRONIQUE  ET  MELANGES. 

Nointel,  ambassadeur  du  roi  près  la  Porte  ottomane.  Une  autre  collec- 
tion de  ces  attestations  est  conservée  à  la  Bibliothèque  nationale,  sous  le 
n»  67  du  supplément  du  fonds  des  manuscrits  arméniens,  et  les  pièces 
qui  s'y  trouvent  réunies  sont  celles-là  même  qui  ont  servi  aux  travaux 
d'Arnaud,  de  Nicole  et  de  Renaudot  sur  la  Perpétuité  de  la  foy.  Nointel 
avait  eu  soin  de  demander  en  double  exemplaire,  dont  il  avait  gardé 
l'un  par-devers  lui,  la  plupart  de  ces  confessions  de  foi,  aussi  en  retrou- 
vera-t-on  plusieurs  qui  figurent  dans  le  ms.  de  Rouen  et  dans  le  pré- 
sent volume.  Ces  confessions  de  foi,  restées  en  dernier  lieu  dans  les 
mains  de  l'abbé  Eusèbe  Renaudot,  passèrent  à  sa  mort  dans  la  biblio- 
thèque de  l'abbaye  de  Saint-Germain-des-Prés,  à  laquelle  il  avait  légué 
ses  papiers  et  sa  bibliothèque,  et  sont  entrées  seulement  à  la  fin  du 
siècle  dernier  dans  les  collections  de  la  Bibliothèque  nationale. 

H.  O. 

1.  (Fol.  1.)  Actes  du  synode  de  Jassy,  présidé  par  Parthénios, 
patriarche  de  Constantinople  (mai  1642)  ;  imprimé  à  Jassy,  dans  le 
monastère  des  trois  SS.  Hiérarques,  20  décembre  1642.  Placard  double 
in-fol.  —  En  grec. 

2.  (Fol.  3-5.)  Confession  de  foi  d'Etienne,  patriarche  des  Arméniens 
à  Constantinople  (22  juillet  1671).  —  En  arménien,  avec  traduction 
latine. 

3.  (Fol.  7-9.)  Confession  de  foi  de  Jacques,  patriarche  des  Arméniens 
à  Constantinople  (30  avril  1671).  —  En  arménien,  avec  traduction  fran- 
çaise (1742).  (Cf.  une  lettre  de  Nointel  à  Arnaud  dans  la  Collection 
Renaudot,  vol.  5,  fol.  79.) 

4.  (Fol.  11  et  60-62.)  Confession  de  foi  de  David,  patriarche  des 
Arméniens  d'Ispahan  (10  décembre  1671).  —  En  arménien,  avec  tra- 
duction latine.  (Cf.  fol.  90-92.) 

5.  (Fol.  13-16.)  Confession  de  foi  de  Parthénios,  patriarche  de  Cons- 
tantinople (13  mai  1670).  —  En  grec,  avec  traduction  française. 

6.  (Fol.  20.)  Confession  de  foi  de  Méthode,  patriarche  de  Constanti- 
nople (10  juillet  1671).  —  En  grec. 

7.  (Fol.  21.)  Confession  de  foi  de  Nicéphore,  archevêque  de  Chypre 
(9  novembre  1668).  —  En  grec. 

8.  (Fol.  24.)  Attestation  de  François-Casimir  Wysochi,  ambassadeur 
de  Pologne  à  Constantinople,  relative  à  la  créance  des  Grecs  résidant 
en  Pologne  (16  septembre  1671).  —  En  latin. 

9.  (Fol.  26.)  Confession  de  foi  des  Nestoriens  de  Diarbékir  (1669).  — 
Traduction  latine.  (Cf.  Collection  Renaudot,  vol.  5,  fol.  21.) 

10.  (Fol.  29.)  Confession  de  foi  des  moines  de  Saint- Georges  dans 
l'ile  de  Prinkipo,  près  Constantinople  (10/20  octobre  1671).  —  En  grec. 

11.  (Fol.  30.)  Confession  de  foi  de  Gaspar,  évêque  des  Arméniens  du 
Caire  (décembre  1671).  —  En  arménien.  (Cf.  le  ms.  arabe  227.) 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES.  569 

12.  (Fol.  32.)  Confession  de  foi  de  métropolitains  grecs  réunis  à  Cons- 
tantinople  (18  juillet  1672).  --  En  grec. 

13.  (Fol.  34.)  Confession  de  foi  de  Jacques,  archevêque  d'Andros 
(9  août  1671).  —  En  grec. 

14.  (Fol.  36.)  Confession  de  foi  d'Athanase,  archevêque  de  Siphanto 
(juillet  1671).  —  En  grec.  (Cf.  fol.  45.) 

15.  (Fol.  38.)  Confession  de  foi  du  clergé  de  Naxos  (12  juillet  1671). 
—  En  grec. 

16.  (Fol.  41.)  Attestation  de  Fr.-André  Ridolfi,  évêque  latin  de  Cala- 
mine, vicaire  apostolique  de  Constantinople,  relative  à  la  créance  des 
Grecs  (le--  août  1671).  —  En  latin. 

17.  (Fol.  43.)  Attestation  de  Sinibaldo  Fieschi,  résident  de  Gênes  à 
Constantinople,  sur  la  créance  des  Grecs  (13  août  1671).  —  En  latin. 

18.  (Fol.  45.)  Confession  de  foi  d'Athanase,  archevêque  de  Siphanto 
(5/15  juillet  1671).  —  En  grec.  (Cf.  fol.  36.) 

19.  (Fol.  47.)  Attestation  des  ambassadeurs  de  Raguse  à  Constanti- 
nople, relative  à  la  créance  des  Grecs  (14  octobre  1671).  —  En  latin. 

20.  (Fol.  50.)  Attestation  de  la  communauté  de  Péra  relative  à  la 
créance  des  Grecs  (2  novembre  1671).  —  En  latin. 

21.  (Fol.  52.)  Attestation  de  Leonardo  Tarsia,  interprète  de  la  répu- 
blique de  Venise  à  Constantinople,  donnée  par  son  père  Cristoforo 
Tarsia  (12  novembre  1671).  —  En  italien.  (Cf.  fol.  65,  épitaphe  latine 
et  grecque  de  Leonardo  Tarsia,  mort  en  1663.) 

22.  (Fol.  55.)  Confession  de  foi  de  Gérasime,  archevêque  de  Milo 
(30  octobre  1671).  —  En  grec. 

23.  (Fol.  57.)  Attestation  de  Giacomo  Quirino,  baile  de  Venise  à 
Constantinople  (5  janvier  1672).  —  En  italien. 

24.  (Fol.  67.)  Lettre  de  Nectaire,  ancien  patriarche  de  Jérusalem,  à 
Paisios,  patriarche  d'Alexandrie,  sur  la  créance  de  l'église  grecque 
(mars  1671).  —  Copie;  en  grec. 

25.  (Fol.  71-76.)  Attestations  ou  confessions  de  foi  d'évêques  de  Min- 
grélie,  envoyées  par  le  P.  Zampio,  Théatin  (décembre  1672).  —  En 
géorgien,  avec  traduction  latine. 

26.  (Fol.  78.)  Confession  de  foi  de  Païsios,  archevêque  de  Zanthe  et 
Céphalonie  (20  août  1672).  —  En  grec. 

27.  (Fol.  81.)  Visa,  par  Nointel,  de  la  confession  de  foi  de  Denys, 
patriarche  de  Constantinople,  et  de  quatre  de  ses  prédécesseurs  et  plu- 
sieurs autres  prélats  grecs.  —  Copie. 

28.  (Fol.  82.)  Confession  de  foi  du  clergé  de....  —  En  grec. 

29.  (Fol.  85.)  Lettre  de  Nointel  à  Louis  XIV  au  sujet  des  diverses 
confessions  de  foi  des  églises  orientales,  recueillies  par  lui  à  Constan- 
tinople (juillet  1672).  —  Copie  non  signée. 

30.  (Fol.  90-92.)  Confession  de  foi  de  David,  patriarche  arménien 


570  CHRONIQUE   ET   ME'lA.\GES. 

d'Ispahan  (10  décembre  1671).  —  En  arménien,  avec  traduction  latine. 
(Cf.  fol.  H  et  60-62.) 

31.  (Fol.  95  et  96.)  Attestations  relatives  à  la  créance  des  Melchites, 
copiées  à  Paris,  par  un  oriental,  en  1685.  —  En  arabe. 

32.  (Fol.  98.)  Attestation  par  Hilarion  Gicada,  inquisiteur  général  de 
l'église  d'Orient,  de  la  confession  de  foi  du  synode  de  Leucosie  (Chypre), 
8  avril  1668  (24  juin  1668).  —  En  latin. 

DEUX  LETTRES  DU  CANADA  SUR  ÉCORCE  DE  BOULEAU. 

(1647  ET  1676.) 

La  Bibliothèque  nationale  possède,  sous  le  n°  4758  des  nouvelles 
acquisitions  du  fonds  français,  deux  lettres  écrites  au  xvii^  siècle  sur 
écorce  de  bouleau,  qui  sont  peut-être  les  plus  anciens  monuments  de 
ce  genre  que  l'on  connaisse'.  La  première  est  une  lettre  d'un  jésuite 
missionnaire  au  Canada,  le  Père  Joseph  Poucet,  martyrisé  en  1653  2; 
elle  est  datée  de  Sainte-Marie  «  des  Hurons,  ce  28  juin  1647,  »  et  adres- 
sée au  bénédictin  Dom  Claude  Martin  3.  La  seconde  est  une  très  courte 
lettre  de  remerciements,  rédigée  en  langue  huronne,  avec  traduction 
française  en  regard,  et  adressée  par  plusieurs  jeunes  filles  huronnes, 
au  mois  d'octobre  1676,  à  «  Monsieur  Sain,  receveur  des  finances  à 
Bourges,  »  si  toutefois  cette  adresse,  ajoutée  d'une  autre  main  au  dos 
de  la  pièce,  est  bien  celle  du  destinataire. 

UNE  MUTINERIE  D'ÉCOLIERS  AU  COLLÈGE  DE  RENNES 

EN  1629. 

Sous  ce  titre,  notre  confrère  M.  Parfouru  publie  (Rennes,  typ.  Ober- 
thur,  1894,  in-8°  de  12  p.)  trois  documents  curieux  (Mémoire  du  P.  rec- 
teur du  collège,  conclusions  de  l'avocat  général,  arrêt  du  Parlement), 
qui  lui  permettent  de  retracer  un  épisode  de  la  vie  turbulente  des  éco- 
liers de  cette  époque.  Il  s'agit  d'une  révolte  ayant  pour  objet  la  suppres- 
sion d'une  classe  du  jeudi  matin. 

1.  Cf.  le  ms.  slave  50  (exposé  dans  la  galerie  Mazarine,  vitrine  XVI,  u*  314); 
ce  sont  deux  rapports  de  commandants  de  Verchni  Ostrogue  (Kamschatka), 
datés  de  17G7  et  1768.  Il  y  en  a  un  fac-similé  dans  la  Paléographie  universelle 
de  Silvestre,  pi.  293. 

2.  Voir  PP.  de  Backer  et  Sommcrvogel,  Bibliothèque  des  écrivains  de  la 
Compagnie  de  Jésus  (1872,  In-fol.),  II,  '2068. 

3.  Voir  D.  Tassin,  Histoire  littéraire  de  la  congrégation  de  Saint-Maur  (1770, 
iu-4"),  p.  163-176;  la  mère  de  D.  Claude  Martin,  la  vénérable  Marie  de  l'Incar- 
nation, fut  la  fondatrice  des  Ursulines  au  Canada  (1639-1672). 


CHRONIQUE    ET   ME'lANGES.  57^ 

ARGHIVO  DO  DISTRIGTO  FEDERAL. 

Tel  est  le  titre  d'une  Revue  entreprise  par  la  direction  des  archives 
municipales  de  Rio-de-Janeiro  et  dont  l'objet  est  la  publication  de 
documents  relatifs  à  l'histoire  de  cette  cité  (Rio-de-Janeiro,  Archivo 
municipal,  in-4o).  Naturellement,  les  rédacteurs  de  la  revue  ne  se  bornent 
pas  à  éditer  les  pièces  conservées  dans  les  archives  municipales;  ils 
recueillent  aussi  les  documents  conservés  dans  d'autres  dépôts.  Il  est 
regrettable  que  les  indications  de  sources  restent  parfois  assez  vagues 
et  que  l'on  se  contente  parfois  de  donner  l'indication  du  dépôt  auquel 
la  pièce  est  empruntée,  sans  indication  de  cote  ni  de  fonds,  sans  ren- 
seignement qui  permette  de  la  retrouver  par  la  suite.  Dans  la  publica- 
tion des  actes,  les  rédacteurs  de  la  Revue  semblent  avoir  à  cœur  de 
donner  une  reproduction  aussi  fidèle  que  possible,  laissant  les  abrévia- 
tions non  résolues  et  ne  disjoignant  pas  les  mots  qui  sont  liés  entre 
eux  dans  le  manuscrit. 

ÉLÈVES  ADMIS  A  L'ÉCOLE  DES  CHARTES. 

Par  arrêté  du  8  novembre  1894,  ont  été  nommés  élèves  de  l'École  des 
chartes,  dans  l'ordre  de  mérite  suivant  : 

MM. 

1.  Deslandres  (Paul),  né  à  Paris,  le  21  mars  1874. 

2.  Lasalle-Serbat  {Louis-Emile),  né  à  Saint-Saulve  (Nord),  le  8  sep- 
tembre 1875. 

3.  TmBAULT  (Marie-Louis-Marcei),  né  à  Paris,  le  14  novembre  1874. 

4.  Rastoul  ( Marie-Ignace-Benoît- Joseph-imanc^),  né  à  Paris,  le  14  fé- 
vrier 1877. 

5.  HiLDENFiNGER  (Paul),  ué  à  Roims  (Marne),  le  4  mars  1874. 

6.  Mercier  de  Lagombe  (fîernard-Marie-Joseph-Paul),  né  à  Orléans 
(Loiret),  le  25  janvier  1875. 

7.  Pérouse  (François-Marie- GaôneZ),  né  à  Saint-Gyr,  au  Mont-d'Or 
(Rhône),  le  10  août  1874. 

8.  Vidier  (4Zea;a;id?'e-Gharles-PhiUppe),  né  à  Paris,  le  6  janvier  1874. 

9.  Denis  (PûmZ- Anatole-Auguste-Marie) ,  né  à  Lille  (Nord),  le  5  juin 
1874. 

10.  Rouget  (Fernand-Manassé),  né  à  Toulouse  (Haute-Garonne),  le 
29  juillet  1876. 

11.  Gazier  (Georg-ei- André-Louis),  né  à  Paris,  le  13  avril  1875. 


572  CHRONIQUE   ET   MELANGES. 

12.  GiLLOT  (indrd- Antoine-Simon),  né  à  Autun  (Saône-et-Loire),  le 
17  août  1872. 

13.  ViLLEMSENS  {Edmond},  né  à  Saint-Mandé  (Seine),  le  7  octobre  1873. 

14.  AuBRY  (Louis-François-Pierre),  né  à  Paris,  le  14  février  1874.- 

15.  Pawlowski  (Gustave-Stanislas-iw5'M5ie),  né  à  Paris,  le  3  mars 
1874. 

16.  Faulquier  (Marie-François-5ernard),  né  à  Avallon  (Yonne),  le 
14  mars  1875. 

17.  Privât  (Lonh-UdiTie- Edouard),  né  à  Toulouse  (Haute-Garonne), 
le  8  janvier  1876. 

18.  Stapfer  (Henri-GustaLyé),  né  à  Tours  (Indre-et-Loire),  le  20  février 
1873. 

19.  Du  Mesnil  de  Marigourt  (Marie-Fernand-iwdré),  né  à  Senlis 
(Oise),  le  4  décembre  1874. 

20.  Machet  de  la  Martinière  (Marie-Joseph-Henry-yM^e*),  né  à  Gizay 
(Vienne),  le  12  avril  1875. 


LA  VENTE 


DE 


LA  BARONNIE  DE  COUCY 


-cE93S>S3e>— 


I. 

Le  18  février  1397,  expirait  à  Brousse,  prisonnier  des  Turcs 
après  le  sanglant  désastre  de  Nicopolis,  succombant  à  la  maladie 
et  aux  mauvais  traitements,  EnguerranYII,  le  dernier  des  sires 
de  Coucy.  Avec  lui  s'éteignait  sa  vaillante  lignée,  car  il  ne  lais- 
sait pas  d'héritier  mâle,  mais  seulement  trois  filles,  et  de  deux  lits 
différents,  ce  qui  pouvait  faire  craindre  de  graves  complications 
et  de  sérieuses  difficultés  pour  le  partage  d'une  aussi  lourde  suc- 
cession. 

Enguerran  avait  été  un  des  plus  considérables  parmi  les  con- 
seillers des  rois  Charles  V  et  Charles  VI,  et  sa  prodigieuse  acti- 
vité s'était  exercée  dans  les  armes  comme  dans  la  diplomatie,  à 
la  fois  dans  les  contrées  les  plus  diverses,  mais  surtout  en  Italie, 
où  il  s'était  montré  chaud  partisan  du  rétablissement  du  pape 
Clément  VII,  tenté  par  le  duc  d'Anjou  en  1382,  et  en  1394,  lors 
de  l'expédition  projetée  par  le  duc  d'Orléans,  dont  il  était  le  lieu- 
tenant général.  D'abord  gendre  d'Edouard  III,  roi  d'Angleterre, 
il  avait  eu  de  sa  première  femme,  Isabelle,  deux  filles  :  Marie  et 
Philippa.  D'un  second  mariage,  contracté  en  1386  avec  Isabelle 
de  Lorraine,  fille  du  duc  Charles,  il  avait  eu  une  troisième  fille  : 
Isabelle  de  Coucy.  Néanmoins,  sa  succession  ne  pouvait  guère  se 
diviser  qu'entre  Marie  et  Isabelle,  car  Philippa  avait  continuel- 
lement résidé  en  Angleterre,  où  elle  avait  épousé  Robert  de  Veer, 
duc  d'Irlande,  favori  de  Richard  II,  et  elle  semblait  assez  désin- 
téressée dans  la  question.  Un  accord  intervint,  du  reste,  et  Marie 
\sn  37 


574  LA   VENTE 

eut  la  totalité  des  biens  qui  devaient  revenir  en  France  à  Phi- 
lippa,  qui,  de  son  côté,  resta  en  pleine  possession  de  ceux  que 
son  père  avait  laissés  en  Angleterre  ^  Restaient  les  deux  autres 
sœurs.  La  première,  Marie,  d'un  esprit  assez  faible  et  fort  portée 
au  faste  et  à  la  dépense,  était  veuve  de  Henri  de  Bar,  qui  avait 
accompagné  son  beau-père  à  la  croisade  de  1396  et  était  mort  à 
Trévise  au  mois  de  novembre  de  l'année  suivante  des  suites  d'une 
maladie  contractée  à  Venise,  où  il  avait  pu  parvenir  en  revenant 
d'Asie  avec  le  duc  de  Nevers,  après  sa  libération  ^  Isabelle, 
encore  mineure,  était  sous  le  bail  de  sa  mère,  qui  avait  droit  au 
douaire  coutumier,  c'est-à-dire  à  l'usufruit  de  la  moitié  des  biens 
laissés  par  son  époux.  La  rivalité  de  ces  deux  femmes  devait 
créer  un  état  de  choses  bien  difficile  à  régler  et  donner  lieu  à  un 
interminable  procès  qui  prépara  ou  facilita  au  moins  l'acquisition 
de  la  baronnie  que  devait  faire  en  1400  le  duc  Louis  d'Orléans. 
Coucy,  une  des  quatre  grandes  baronnies  du  royaume  avec 
Craon,  Sully  et  Beaujeu,  comprenait  les  trois  châteaux  et  viUes 
de  Coucy,  la  Fère-sur-Oise  et  Marie,  avec  leurs  dépendances. 
Pendant  sa  vie ,  Enguerran  VII  avait  de  plus  successivement 
acquis  :  le  comté  de  Soissons,  les  terres  de  Ham,  d'Origny,  de 
Pinon  et  de  Montcornet  ;  il  avait  en  outre  une  pension  annuelle 
de  1,800  livres  sur  le  trésor  royal  et  un  hôtel  à  Paris,  près  de  la 
place  Saint-Jean-en-Grève.  Dans  les  limites  de  ce  domaine  se 
trouvaient  enclavés  cent  cinquante  villes  ou  villages,  parmi  les- 
quels Soissons  et  Laon,  riches  et  bien  situées,  étaient  la  source 
de  revenus  assez  considérables  ;  le  château  de  Coucy,  dont  le  don- 
jon excite  encore  l'étonnement  et  l'admiration,  passait  à  bon  droit 
pour  une  des  places  fortes  les  plus  renommées;  enfin,  la  situation 
de  la  baronnie,  à  l'extrémité  du  royaume,  sur  les  confins  de  la 
Picardie,  touchant  aux  Flandres  et  à  l'Allemagne,  était  excep- 
tionnellement importante  pour  la  défense  du  pays.  On  comprend 
facilement,  dès  lors,  l'intérêt  attaché  à  la  succession  d'Enguer- 
ran,  et,  bien  que  ses  possessions  eussent  beaucoup  eu  à  soufirir 
des  continuels  ravages  exercés  par  les  Anglais  et  les  pillards,  au 
point  que  Charles  VI  lui  accorda,  à  plusieurs  reprises,  le  tiers 

1.  Record  Office,  Paient  Roll,  n"  6.  Pars  IV.  Ces  terres  avaient  été  confis- 
quées sur  Enguerran  par  Richard  II,  lors  de  son  avènement,  au  moment  où  le 
brave  chevalier  avait  fait  solennelle  adhérence  à  son  véritable  seigneur,  le  roi 
de  France.  Rymer  a  publié  la  lettre  qu'il  écrivit  à  cette  occasion. 

2.  Delaville  Le  Roulx,  la  France  en  Orient  au  XIV  siècle,  t.  I,  p.  318. 


DE  LA  BARONME  DE  COUCT.  575 

des  aides  levés  sur  ses  domaines  pour  en  réparer  les  forteresses, 
et  deux  foires  par  an  pour  y  ramener  la  vie  et  la  richesse,  néan- 
moins, le  grand  renom  de  cette  terre,  sa  position,  ses  splendides 
forêts,  ses  étangs  poissonneux  excitaient  naturellement  la  con- 
voitise et  suffisent  à  expliquer  l'àpreté  avec  laquelle  les  deux 
héritières  firent  valoir  leurs  droits. 

Après  le  décès  du  sire  de  Coucy,  le  principe  :  «  Le  mort  saisit 
le  vif,  »  devenu  à  peu  près  général  à  cette  époque,  devait  s'ap- 
pliquer; rien  de  plus  simple  en  apparence,  mais  en  faveur  de 
qui?  Marie  éleva  aussitôt  la  prétention  de  succéder  seule  à  la 
totalité  des  biens,  en  vertu  de  son  droit  d'aînesse  ;  or,  rien  de 
moins  certain  que  le  bien-fondé  de  cette  réclamation  ;  on  ne  recon- 
naissait guère  ce  droit  qu'aux  enfants  mâles;  dans  les  coutumes 
d'alors,  surtout  dans  ces  contrées,  il  était  ordinairement  refusé 
aux  femmes,  et  sa  sœur  Isabelle  demandait,  au  contraire,  que  le 
partage  eût  lieu  en  deux  portions  égales.  En  attendant ,  cha- 
cune des  héritières  avait  pris  possession  de  la  baronnie,  restée  en 
quelque  sorte  indivise,  avait  garni  de  troupes  les  châteaux  qu'elle 
habitait  et  vivait  en  hostilité  sourde,  entourée  de  son  conseil  par- 
ticulier de  parents  et  d'amis.  Ce  désaccord  fut  la  source  de  tous 
les  débats;  aucune  des  parties  ne  voulant  céder,  ce  furent  pen- 
dant de  longues  années,  devant  le  Parlement,  d'interminables 
plaidoiries  où  les  arguments  s'accumulaient,  sans  cesse  repoussés 
et  repris  tour  à  tour,  sans  que  la  vérité  pût  se  faire  jour  avant 
1402^ 

Une  des  premières  questions  à  trancher  était  celle  du  douaire 
d'Isabelle  de  Lorraine  ;  question  des  plus  simples  et  qui  fut  immé- 
diatement résolue,  par  accord  passé  devant  le  Parlement 2.  Il  fut 
décidé  qu'il  porterait,  suivant  la  coutume,  sur  la  moitié  de  tous 
les  biens,  qu'Isabelle  était  chargée  de  faire  estimer  et  diviser  en 
deux  parts,  pour  que  Marie  de  Bar  pût  choisir  ;  cette  opération 
devait  être  terminée  avant  la  mi-août  1398^.  Le  16  juillet,  les 
deux  «  rôles  »  étaient  achevés,  et,  le  2  août,  Gobert  Le  Tonne- 
lier, Jean  du  Pont,  clerc  du  bailli  de  Vermandois,  Jean  Baron, 
procureur  d'Isabelle,  et  Clarin  de  Saint-Quentin,  sergent  royal 

1.  Bibl.  nat.,  f.  fr.  18760.  —  Ce  volume  contient  en  copie  la  plupart  de  ces 
plaidoiries,  et  est  une  des  principales  sources  de  ce  travail. 

2.  Ibid.,  f.  fr.  18760,  fol.  49.  —  Cet  accord  n'est  pas  conservé  dans  la  série 
existant  aux  Archives  nationales. 

3.  Ibid.,  f.  fr.  18760,  fol.  49  et  suiv. 


576  LA  VENTE 

de  la  prévôté  de  Laon,  se  rendaient  à  Gercy,  où  Marie  résidait 
alors,  pour  les  lui  présenter  en  la  priant  de  faire  son  choix.  La 
dame  de  Bar  étant  partie  pour  Liesse,  ils  la  suivirent  à  Foigny, 
à  Origny  et  à  Montcornet,  sans  pouvoir  la  rejoindre  en  route. 
Arrivés  à  Liesse  le  3,  ils  la  rencontrèrent  et  lui  remirent  les  rôles 
en  présence  de  l'évêque  de  Coutances,  Guillaume  de  Crèvecœur, 
de  Robert  de  Béthune,  vicomte  de  Meaux,  de  Raoul  Tliorel  et  de 
plusieurs  autres  seigneurs.  Dès  les  premiers  mots,  les  difficultés 
surgirent  ;  Marie  fit  répondre  qu'elle  se  trouvait  en  pèlerinage, 
hors  de  sa  terre,  privée  de  son  conseil,  et  que,  si  le  procureur 
voulait  la  suivre  à  Laon,  elle  songerait  à  aviser.  Jean  Baron 
répliqua  qu'il  avait  reçu  l'ordre  de  bailler  ces  rôles  à  la  dame  de 
Bar  en  quelque  lieu  qu'il  la  trouverait,  les  mit  sur  une  table 
devant  elle  et,  sur  un  nouveau  refus,  ordonna  à  Gobert  de  les 
reprendre  et  de  les  garder.  L'après-midi  cependant,  Marie,  qui 
était  retournée  à  Laon,  fit  appeler  les  délégués  d'Isabelle  en  l'ab- 
baye de  Saint-Martin,  et  son  procureur,  Pierre  Trousset,  leur 
déclara,  en  sa  présence,  qu'elle  consentait  à  recevoir  les  pièces 
pour  les  examiner;  Gobert  les  scella  alors  et  les  lui  remit*. 

La  première  part  comprenait  la  terre  et  châtellenie  de  la  Fère- 
sur-Oise,  avec  le  château  de  Saint-Gobain,  qu'Isabelle  avait  choisi 
comme  résidence  et  qu'elle  déclarait  hors  part,  car,  d'après  les 
termes  de  son  contrat  de  mariage  ^  elle  ne  pouvait  prendre  celui 
de  Coucy  et  devait  alors  avoir  «  recompensacion  ;  »  l'étang  de 
Saint-Lambert,  dont  la  pêche  devait  être  partagée;  la  moitié  de 
l'hôtel  de  Paris  et  462  livres  1 0  sous  de  la  rente  sur  le  trésor  royal  ; 
le  château  et  la  ville  d'Acy,  et  les  revenus  de  plusieurs  villages  : 
Thony,  Chalandry,  Couchartille,  etc.;  de  plus,  dans  le  comté  de 
Soissons  :  l'estrelage  du  sel  et  de  tous  les  grains,  l'avalage,  le 
fermage  du  pont,  la  justice  delà  ville,  de  la  rivière  et  de  la  moitié 
des  prisons  du  château;  la  ville  de  Bucy-sur- Aisne,  avec  ses 
dépendances  ;  la  justice  de  la  châtellenie,  terre  et  ville  de  Ham  et 
de  vingt-quatre  fiefs  en  dépendant  ;  la  ville  de  Douilly  ;  enfin  les 
revenus  de  vingt  autres  fiefs  et  arrière-fiefs  énumérés  dans  l'acte. 

La  seconde  part  se  composait  :  de  la  terre  et  cliâteau  de  Coucy  ; 
de  la  moitié  du  produit.de  l'étang  de  Saint-Lambert,  de  la  moitié 

1.  Ibid.,  f.  fr.  187G0,  fol.  49  et  suiv. 

2.  11  ne  reste  de  cet  acte  que  la  copie  de  deux  fragments  dans  la  collection 
de  Lorraine  à  la  Bibl.  nat.,  vol.  1749,  dossier  Lorraine,  n°  3. 


DE    LA    liARONNFE    DE    COUCY.  577 

de  l'hôtel,  avec  437  livres  10  sous  de  la  rente  ;  la  ville  et  château 
de  Marie  et  vingt  et  un  fiefs  environnants,  avec  les  revenus  de 
trente-six  autres  fiefs;  du  vinage  de  Laon,  des  villes  d'Aumeguy, 
d'Aulers  ;  dans  le  comté  de  Soissons  :  du  château  dit  la  Tour-du- 
Comte;  la  vicomte  avec  les  cens  des  bacs,  les  menus  cens  de  la 
rivière,  la  moitié  des  revenus  des  prisons  du  château,  la  justice 
de  la  ville  et  de  la  rivière  ;  la  ville  de  Villeneuve-lez-Soissons  et 
les  revenus  de  vingt-six  fiefs  en  dépendant;  le  château,  la  basse- 
cour  et  le  jardin  de  Ham,  la  justice  de  la  ville  et  les  produits  de 
trente  autres  fiefs  ou  arrière-fiefs. 

Ce  partage  forcé  ofîrait  les  plus  graves  inconvénients,  en 
nécessitant  l'établissement  d'officiers  des  deux  parties  dans 
chaque  terre  pour  en  recueillir  les  revenus  ;  de  là  des  complica- 
tions et  des  froissements  inévitables,  qui  devaient  être  loin  de 
calmer  les  susceptibilités  des  héritières  déjà  si  mal  disposées.  Ce 
ne  fut  que  le  20  avril  1399  que  Marie  de  Bar  se  décida  à  choisir. 
Après  examen  des  pièces,  elle  avait  déclaré  le  partage  faux  sur 
plusieurs  points;  il  est  vrai  qu'Isabelle  convenait  elle-même 
l'avoir  dressé  un  peu  au  hasard,  Marie  n'ayant  voulu  «  lui  bail- 
ler aucun  enseignemen  »  pour  l'aider.  D'après  les  prétentions 
de  la  dame  de  Bar,  aucun  douaire  ne  pouvait  exister  sur  le  comté 
de  Soissons,  qui  devait  lui  revenir  en  propre  comme  héritage  de 
feue  Isabelle  d'Angleterre,  sa  mère  ;  qu'en  tout  cas,  elle  en  avait 
au  moins  la  moitié  entière,  et  que  le  douaire  ne  pouvait  alors 
porter  que  sur  le  quart  ;  de  plus,  plusieurs  terres  et  villes  situées 
dans  le  bailliage  de  Senlis  et  dans  les  prévôtés  de  Compiègne  et 
de  Pierrefonds,  d'une  valeur  de  400  livres  de  revenu  ou  environ, 
dont  Marie  se  prétendait  seule  héritière  du  chef  de  sa  mère,  qui 
les  avait  reçues  en  douaire  suivant  la  coutume  des  lieux,  avaient 
été  comprises  à  tort  dans  les  rôles,  et  Isabelle  ne  devait  y  avoir 
en  douaire  que  le  «  quart  esgaré;  »  en  outre,  les  hautes  forêts 
ne  pouvaient  être  partagées,  pas  plus  que  les  châteaux,  puisque 
celui  de  Saint-Gobain  avait  été  spécialement  choisi  par  la  dame 
de  Coucy  et  qu'elle  devait  s'en  contenter.  Devant  ces  réclama- 
tions, assez  bien  fondées,  il  faut  le  dire,  Guillaume  de  Vaulx, 
bailli  de  Coucy,  maître  Nicaisede  Cremery,  conseiller  d'Isabelle, 
et  Basse  Delincourt,  écuyer,  furent  chargés  de  rechercher  les 
titres  conservés  dans  la  tour  du  château  de  Coucy  et  d'en  appor- 
ter les  originaux  ou  les  copies  le  20  avril  devant  le  Parlement 
afin  de  les  faire  examiner  et  d'aboutir  à  un  accord.  Auparavant, 


578  LA   VENTE 

les  héritières  se  rencontrèrent  à  Soissons,  et  là,  en  présence  de 
leurs  parents  et  conseillers  :  le  seigneur  de  Fère,  Robert  de 
Béthune,  le  seigneur  de  la  Bove,  Henry  de  Marie,  Pierre  de  Sois- 
sons,  Thomas  Le  Cat,  Jean  Le  Dur,  Guillaume  de  Vaulx  et 
Nicaise  de  Cremerj,  elles  conclurent,  le  6  avril  1399,  un  traité 
dont  voici  les  points  principaux  : 

Le  contenu  des  rôles  était  adopté ,  sauf  que  les  châteaux , 
à  l'exception  de  celui  de  Saint-Gobain,  étaient  mis  hors  du 
douaire  ainsi  que  les  hautes  forêts,  les  pâturages,  la  chasse  et  la 
coupe  des  bois  au-dessous  de  soixante  ans,  dont  Isabelle  avait  la 
jouissance.  On  régla  ensuite  quelques  points  de  détails  relatifs  à 
l'héritage  même,  dont  aucune  partie  ne  voulait  se  charger  en 
entier.  D'après  son  contrat  de  mariage,  Marie  de  Bar  avait 
renoncé  aux  acquêts  faits  par  ses  père  et  mère  moyennant  une 
somme  de  1,200  francs  qu'Enguerran  avait  ordonné  de  payer 
après  son  décès':  or,  elle  réclamait  cette  somme  à  Isabelle,  qui 
avait  accepté  «  meubles  et  debtes,  »  dans  la  succession  de  son 
époux,  mais  qui  prétendait  le  contraire.  Les  conseillers  des  deux 
parties  furent  chargés  devoir  les  lettres,  et,  en  cas  de  désaccord, 
la  décision  était  réservée  au  Parlement.  11  en  fut  de  même  pour 
une  somme  de  800  francs,  apportée  par  Isabelle  au  moment  de 
son  mariage,  qui  devait  être  convertie  en  «  hiretaige  »  pour  elle 
et  ses  hoirs,  réclamée  à  Marie  comme  héritière  et  propriétaire, 
et  pour  plusieurs  rentes  dues  à  la  ville  de  Valenciennes,  à  Jean 
de  Graon  et  au  seigneur  de  Fère.  Restait  la  grave  question  du 
droit  d'aînesse,  la  dame  de  Bar  se  refusant  absolument  à  recon- 
naître à  sa  jeune  sœur  le  droit  de  propriété  par  moitié,  que 
celle-ci  voulait  exercer.  Sans  rien  trancher  d'une  façon  défini- 
tive, et  en  rejetant  à  une  époque  encore  indéterminée  une  solu- 
tion qui  aurait  mis  fin  à  cette  situation  si  délicate,  on  passa  sous 
silence  tout  ce  qui  avait  trait  à  la  baronnie  proprement  dite,  et 
Marie  accorda  à  Isabelle  «  la  possession  et  saisine  de  toute  telle 
part  et  porcion  que  ladite  mademoiselle  puet  avoir  en  la  comté  de 
Soissons,  selon  ce  et  que  par  la  coutume  du  païs  où  elle  est  assize 
lui  puet  competer  et  appartenir  ;  »  c'est-à-dire  la  moitié  du  comté 
sauf  le  château,  le  cours  de  l'Aisne,  la  chaussée  et  la  monnaie 
formant  un  fief  tenu  à  part  du  roi  ;  à  Ham,  Oisy,  Origny,  Mont- 

1.  Ce  contrat  de  mariage  a  été  publié  par  dom  Calmet  dans  son  Histoire  de 
Lorraine,  t.  IV,  p.  666.  Il  a  été  reproduit,  par  erreur  comme  inédit,  dans  les 
Annales  historiques  du  Barrois,  t.  II,  p.  604. 


DE    LA    BARONIVIE    DE   COUCT.  579 

cornet  et  autres  lieux,  la  coutume  devait  aussi  décider;  Isabelle 
avait  encore  le  quart  des  1,800  livres  sur  le  trésor  et  500  livres 
pour  son  état  annuel,  payables  en  quatre  termes.  Cet  accord, 
passé  par  Pierre  Le  Maisné  et  Jacques  Le  Fer,  procureurs  des 
parties,  fut  homologué  au  Parlement  le  3  mai  1399*.  Dans  l'in- 
tervalle, le  20  avril,  Marie  avait  déclaré  choisir  le  premier  des 
deux  rôles  pour  jouir  des  biens  y  énoncés  et  d'après  les  modifi- 
cations du  précédent  accord,  sans  aucune  charge  de  douaire 2. 

Rien  n'était  donc  changé  quant  au  fond  même  du  débat  ;  de 
plus,  s'en  remettre  aux  coutumes  pour  régler  le  partage  des 
acquêts,  c'était  ouvrir  la  porte  à  d'inévitables  et  stériles  discus- 
sions sur  les  bailliages  ou  prévôtés  où  pouvaient  être  situées  les 
terres,  et  ce  ne  fut  que  dix  ans  plus  tard,  le  11  août  1408,  qu'un 
arrêt  du  Parlement  vint  rendre  justice  à  la  réclamation  d'Isabelle 
de  Lorraine  et  proclamer  sa  fille  héritière  par  moitié  dans  toute 
la  succession.  Mais,  avant  cette  date,  la  baronnie  de  Coucy 
devait  subir  bien  des  vicissitudes  et  sortir  des  mains  des  descen- 
dants légitimes  pour  passer,  après  vente,  dans  celles  du  duc 
d'Orléans.  Cette  négociation  rapide  et  précipitée  peut  laisser  un 
doute  dans  l'esprit,  quant  à  son  entière  validité  morale,  si  l'on 
peut  dire.  Le  droit  du  vendeur  (Marie  de  Bar)  était  très  contes- 
table, on  l'a  vu,  et  la  manière  dont  elle  fut  presque  forcée  de  don- 
ner son  adhésion,  l'empressement  du  duc  à  s'établir  sur  des  terres 
dont  la  propriété  lui  fut  toujours  discutée,  tout  porte,  dans  cette 
affaire,  à  l'examen  et  à  la  réflexion.  On  peut  objecter  qu'il  était 
plus  avantageux  de  voir  la  baronnie  gouvernée  par  un  prince 
d'une  intelligence  et  d'une  activité  supérieures,  capable  de  la 
faire  servir  au  bien  général  du  royaume,  que  livrée  à  deux  héri- 
tières rivales  qui  ne  pouvaient  sans  doute  que  l'administrer  assez 
mal  par  pure  jalousie  ou  par  faiblesse;  mais  on  ne  peut  nier 
cependant  que  le  patriotisme  du  duc  n'entra  pas  seul  en  ligne  de 
compte  ;  son  intérêt  personnel  y  trouvait  avantage  ;  les  faits  sont 
là,  qu'il  sufiSt  simplement  d'exposer. 


1.  Pièce  justificative  I. 

2.  F.  fr.  18760,  fol.  76. 


S80  LA    VENTE 


II. 


Le  frère  Je  Charles  VI,  le  duc  Louis  d'Orléans,  est  aujourd'hui 
une  figure  bien  connue,  grâce  aux  études  approfondies  dont  il  a 
été  l'objet*.  A  de  brillantes  qualités,  le  prince  joignait  une  grande 
ambition;  il  voulait,  chose  toute  naturelle,  jouer  un  rôle,  et  un 
grand,  à  l'extérieur  comme  à  l'intérieur  du  royaume.  Mais  un 
des  obstacles  qui  s'opposaient  le  plus  à  la  réalisation  de  ses  projets 
était  précisément  le  peu  d'importance  qu'il  occupait  en  tant  que 
seigneur  terrien,  aussi  le  voit-on  sans  cesse  travailler  à  agrandir 
ses  possessions. 

D'abord  comte  de  Valois,  puis  successivement  duc  de  Touraine 
et  enfin  d'Orléans,  il  avait  vu  ses  domaines  s'augmenter  d'une 
façon  très  sensible  par  suite  de  dons,  d'échanges  ou  d'achats.  Sa 
principale  acquisition  avait  été  en  1391  le  comté  de  Blois  (en  nue 
propriété  seulement),  suivie  l'année  d'après  de  l'échange  de  son 
duché  de  Touraine  pour  celui  d'Orléans,  qui  la  complétait  si  heu- 
reusement. En  1396,  il  possédait  :  le  duché  d'Orléans,  les  com- 
tés de  Valois  et  de  Beaumont-sur-Oise,  les  chàtellenies  de  la 
Ferté-Milon,  Neuilly-Saint-Front,  Pierrefonds,  Béthisy,  Ver- 
berie,  Oulchy,  Chauny,  Condren,  Faillouël,  Epernay,  Sézanne, 
Chantemerle,  Treffaux,  Brie-Comte-Robert,  la  Ferté-Aleps,  les 
vicomte  et  châtellenie  de  Saint-Sauveur-Lendelin,  des  terres  en 
Normandie  et  en  Champagne  provenant  de  la  succession  de  la 
duchesse  d'Orléans;  les  chàtellenies  de  la  Ferté- Bernard,  de 
Luzarches,  de  Porchefontaine,  Sablé,  acheté  en  1394  à  la  reine 
de  Sicile,  Fère-en-Tardenois,  vendu  par  Gaucher  de  Châtillon,  les 
vicomtes  de  Châteaudun,  Gandelus,  et  le  vinage  de  plusieurs  vil- 
lages sur  l'Aisne  et  la  Marnée  En  1397,  la  mort  de  Guy  de  Blois 
lui  donnait  les  revenus  du  comté.  Son  apanage  s'agrandissait,  et 
on  était  loin  de  l'ordonnance  de  Melun  par  laquelle  Charles  V 
accordait  à  ses  fils  1,200  livrées  de  terre  avec  le  titre  de  comte 
et  40,000  francs  pour  se  mettre  «  en  estât.  »  En  1400,  il 
acquiert  le  23  janvier  le  comté  de  Périgord,  confisqué  sur  le 


1.  Voir  les  articles  de  M.  le  comte  de  Circourt,  Revue  des  questions  histo- 
riques, année  1889,  et  le  livre  de  M.  E.  Jarry,  la  Vie  politique  de  Louis  de 
France,  duc  d'Orléans. 

2.  Voir  E.  Jarry,  p.  181,  182. 


DE   LA   BARONNIE  DE   COUCT.  581 

comte,  condamné  par  le  Parlement,  puis  gracié  par  le  roi;  en 
mai,  il  reçoit  Château -Thierry,  don  de  son  frère;  enfin,  le  10  oc- 
tobre, il  achète  le  comté  de  Porcien. 

Lentement  et  patiemment  le  duc  arrivait  donc  à  se  créer  un 
domaine,  qui  pouvait,  non  pas  encore  rivaliser  avec  ceux  de  ses 
oncles  de  Bourgogne  et  de  Berry,  mais  tout  au  moins  lui  assurer 
places  fortes  et  partisans  dans  la  lutte  sourde  qui  existait  déjà 
entre  ces  familles  et  qui  devait  bientôt  éclater  au  grand  jour.  Le 
duc  de  Bourgogne  tenait  l'est  et  le  nord,  le  duc  de  Berry  le 
centre;  les  possessions  du  duc  d'Orléans,  quoique  un  peu  dissé- 
minées, formaient  cependant  deux  groupes  assez  compacts  :  sur 
la  Loire,  son  duché  d'Orléans  et  son  comté  de  Blois  ;  sur  l'Aisne 
et  la  Marne,  ses  nombreuses  terres,  composant  par  leur  réunion 
un  domaine  assez  important  et  reliées  aux  premières  par  quelques 
places  autour  de  Paris. 

A  cette  époque,  il  ne  pouvait  plus  songer  à  l'Italie;  il  avait 
tourné  ses  vues  vers  l'Allemagne,  et  c'est  naturellement  de  ce 
côté  qu'il  dirigeait  toute  son  attention.  L'activité  un  peu  hâtive 
qui  l'avait  poussé  à  ces  acquisitions  successives  l'avait  amené 
aux  portes  de  la  baronnie  de  Coucy  ;  le  comté  de  Porcien  y  tou- 
chait; plusieurs  de  ses  possessions  l'environnaient  :  l'occasion 
était  tentante.  La  tâche  lui  était  du  reste  singulièrement  facilitée 
par  ce  qu'on  sait  des  rivalités  existant  entre  les  héritières,  aussi 
n'eut-il  pas  grand'peine  à  persuader  Marie  de  Bar  de  lui  vendre 
son  héritage.  Bien  qu'entourée,  comme  conseillers,  d'anciens 
compagnons  d'armes  de  son  père,  qui  pouvaient  la  guider,  il  est 
hors  de  doute  qu'elle  n'était  pas  un  bien  redoutable  adversaire, 
car  l'administration  d'un  pareil  domaine  lui  était  difficile,  et,  tou- 
jours en  proie  à  de  pressants  besoins  d'argent,  elle  ne  put  que 
prêter  une  oreille  favorable  aux  propositions  qui  lui  étaient  faites. 
Fut-elle  circonvenue?  Le  Religieux  de  Saint-Denis  le  croit^  les 
documents  le  prouvent,  et  la  grande  rapidité  déployée  par  le  duc, 
qui  mit  dans  cette  affaire  un  tel  empressement  qu'elle  se  conclut 
en  toute  hâte,  ne  vient  pas  militer  en  faveur  de  ce  dernier. 

L'échec  qu'il  venait  de  subir  dans  son  alliance  avec  Wences- 
las,  en  novembre  1400,  la  prévision  de  la  lutte  inévitable  de  sa 


1.  «  Nescio  quo  ducta  spiritu,  et  forsitan,  ut  publiée  dicebatur,  a  duce  Aure- 
lianensi  circumventa,  eidem  villam  et  Castrum  Couciaci  vendidit  cum  perti- 
nenciis.  »  T.  111,  p.  210. 


582  LA   VEIVTE 

maison  avec  celle  de  Bourgogne,  le  décidèrent  à  se  fortifier  et  à 
agir  prompteraent.  Non  content  de  solliciter  lui-même  la  dame 
de  Bar,  il  fit  peser  sur  elle  par  son  entourage.  Marie,  caractère 
hésitant,  ne  savait  à  quoi  se  résoudre.  Le  frère  de  la  reine, 
Etienne  de  Bavière,  était  alors  à  la  cour  pour  combattre  les 
demandes  de  secours  que  venaient  formuler  les  envoyés  de  Wen- 
ceslas,  et  rappeler  l'ancienne  alliance  du  roi  de  France  et  de 
l'Empire.  La  reine  poussait  Marie  à  se  remarier  au  duc  de 
Bavière^.  Louis  d'Orléans  se  montra  plein  de  patriotisme  en 
cette  circonstance,  en  reprochant  violemment  à  Marie  de  faire 
passer  ainsi  une  importante  province  frontière  aux  mains  d'étran- 
gers; mais,  révélant  aussitôt  son  désir  d'en  finir  à  tout  prix,  il 
ajouta  qu'il  marierait  plutôt  la  jeune  Isabelle  de  Coucy  à  l'un  de 
ses  fils,  assuré  qu'il  serait  ainsi  de  posséder  la  moitié  au  moins 
de  la  baronnie  ;  parole  imprudente,  car  il  reconnaissait  implici- 
tement qu'il  tenait  la  dame  de  Bar  pour  héritière  seulement  pour 
la  moitié  et  qu'il  admettait  le  partage  entre  les  deux  sœurs,  ce  que 
dans  la  suite  il  ne  voulut  plus  accordera  II  fit  même  venir  le  duc 
de  Lorraine  et  la  veuve  d'Enguerran,  feignant  de  vouloir  accom- 
plir ce  mariage  ;  puis,  mandant  la  dame  de  Bar  à  Senlis,  il  lui  fit 
promettre,  après  une  longue  discussion,  de  lui  vendre  la  baron- 
nie, d'abord  pour  300,000  francs,  puis  pour  400,000  francs.  Pri- 
vée de  conseils,  Marie  céda  ;  le  duc  fit  immédiatement  passer  les 
lettres  de  vente,  promettant  200,000  francs  comptant  et  le  reste 
à  terme  pour  la  «  provision  »  des  enfants  de  Bar;  mais,  revenant 
sur  sa  décision  première,  il  fit  payer  seulement  60,000  francs 
en  remettant  à  sa  créancière  une  obligation  de  140,000  francs, 
payables  à  la  Saint-Jean-Baptiste,  et  lui  assigna  pour  son  douaire 
les  châteaux  de  la  Fère  et  du  Ghâtelet.  Une  partie  des  600,000  fr. 
fut  donnée  en  joyaux ^  L'acte  fut  passé  devant  notaires,  au  Ghâ- 
telet, le  15  novembre  1400;  les  termes  en  furent  pour  ainsi  dire 
dictés   par   le   duc.   Marie   déclarait   lui  vendre,    moyennant 


1.  Pièce  justificative  II. 

2.  On  a  dit  à  tort  que  c'était  Isabelle  de  Lorraine  que  le  duc  recherchait  en 
mariage.  Le  Religieux,  sur  qui  s'appuie  cette  assertion,  est  ici  dans  l'erreur. 
Voir  pièce  justificative  II.  Il  est  à  remarquer  qu'Isabelle  de  Coucy  épousa  plus 
lard  le  comte  de  Nevers,  fils  de  l'adversaire  déclaré  du  duc  d'Orléans  ! 

3.  En  mai  1404,  le  duc  redevait  encore  96,000  francs  sur  les  200,000  (Collec- 
tion de  Bastard,  p.  456),  et  Marie  lui  en  fit  remise.  En  réalité,  il  paya  en  tout 
104,000  francs. 


DE   LA    BARONNIE   DE   COCCY.  583 

400,000  francs,  la  seigneurie  et  baronnie  de  Goucy,  comprenant 
les  châteaux  et  châtellenies  de  Coucy,  Folerabray,  Saint-Aubba; 
la  chàtellenie  de  la  Fère-sur-Oise,  comprenant  les  ville  et  châ- 
teau de  la  Fère,  les  ville  et  château  de  Saint-Gobain,  le  château 
du  Châtelet,  Saint-Lambert-les-Eaux  avec  ses  viviers  et  étangs, 
la  chàtellenie  de  Marie,  les  châteaux  d'Acy  et  de  Gercy  ;  le  tout 
chargé  du  douaire  d'Isabelle  de  Lorraine.  Marie  conservait  l'usu- 
fruit de  tous  ces  biens  et  les  châteaux  de  la  Fère  et  du  Châtelet 
pour  sa  résidence  ;  en  cas  de  remariage,  elle  perdait  son  usufruit, 
et  le  duc  devait  lui  payer  G, 000  livres  par  an  et  1,000  francs 
sur  les  aides  ayant  cours  sur  ses  terres^  Quant  aux  capitaines 
des  châteaux,  la  nomination  en  était  réservée  au  duc,  sauf  pour 
la  Fère  et  le  Châtelet;  il  y  pourvut  aussitôt,  et  les  forêts  voisines 
lui  fournirent  rapidement  des  matériaux  pour  assurer  les  répara- 
tions urgentes  et  les  constructions  auxquelles  il  se  livra  promp- 
tement  pour  se  préparer  à  la  lutte  contre  la  maison  de  Bour- 
gogne et  le  Luxembourg  ;  c'était  donc  bien  un  achat  préparé  en 
vue  de  mesures  stratégiques  imminentes-. 

Le  duc  était  arrivé  à  ses  fins,  mais  que  lui  avait  vendu  réelle- 
ment la  dame  de  Bar?  un  droit  contesté  plutôt  qu'un  héritage 
indiscutable  ;  aussi  une  des  clauses  du  contrat,  et  une  des  plus 
importantes,  était  la  garantie  donnée  au  duc  «  contre  toutes 
dettes,  obligations,  hypothèques  et  autres  empeschemens  quel- 
conques, »  qui  laissait  à  Marie  la  charge  des  procès  à  venir.  Ces 
craintes  n'étaient  que  trop  fondées,  et  on  allait  avoir  le  singulier 
spectacle  d'un  homme  qui,  jusqu'à  sa  mort,  se  vit  contester 
devant  le  Parlement  le  titre  de  propriétaire,  bien  qu'il  en  exer- 
çât tous  les  droits  dans  ses  nouveaux  domaines  en  vertu  d'un  acte 
régulier. 

Les  difficultés  de  procédure  commencèrent  bientôt  et  entraî- 
nèrent le  duc  dans  le  débat  entamé  entre  Isabelle  et  Marie. 

Jusqu'en  1401,  cependant,  ce  ne  furent  que  légères  escar- 
mouches et  disputes  à  propos  de  cerfs  et  sangliers  poursuivis  un 
peu  loin  en  «  chaude  chace  »  ou  pour  forêts  détruites  ou  garennes 
dévastées^;  mais,  en  janvier  1402,  Louis  d'Orléans  se  voyait  con- 


1.  F.  fr.  18760,  fol.  1  et  suiv. 

1.  Nominations  de  capitaines,  réception  de  canons,  armes,  etc.  Coll.  de  Bas- 
tard,  passim. 
3.  Arch.  nat.,  Xia  4785,  fol.  22,  164,  274. 


584  LA   VENTE 

traint,  après  sommation  de  la  douairière,  de  se  substituer  entiè- 
rement à  la  dame  de  Bar^  Entre-temps,  il  s'affirmait  de  plus  en 
plus  comme  véritable  seigneur  de  Coucy  :  il  changeait  le  bailli 
Guillaume  de  Vaulx  remplacé  par  Nicole  Achopard  ;  le  30  mars 
1402,  Henri  de  Potes,  capitaine  du  château,  y  recevait  armes  et 
canons;  Jean  de  Verchin,  sénéchal  de  Hainaut,  y  défiait  cheva- 
liers et  écuyers  pour  faire  une  passe  d'armes  en  présence  du  duc^  ; 
le  16  août,  Renaud  de  Coucy,  seigneur  de  Yervins,  était  nommé 
capitaine  de  Gercy  en  lieu  et  place  de  Boileau  de  Burelles^;  enfin, 
divers  seigneurs  :  Renaut  de  Hautcourt,  Gille  de  la  Court,  Marie 
de  Coucy,  elle-même,  faisaient  aveu  et  hommage  au  duc  pour 
les  fiefs  qu'ils  tenaient  de  lui^  Cependant,  la  garantie  que  la 
dame  de  Bar  avait  imprudemment  consentie  au  duc  semblait 
illusoire  ;  à  peine  en  possession  de  la  baronnie,  il  s'en  voyait  con- 
tester la  propriété.  Aussi  sommait-il  Marie  de  prendre  la  défense 
de  sa  cause  contre  Isabelle,  qui  s'était  attaquée  à  ses  deux  adver- 
saires à  la  fois^. 

Le  Parlement  avait  ordonné  une  enquête  afin  de  décider, 
d'après  les  coutumes  des  divers  bailliages,  quelle  part  devait 
revenir  à  chaque  héritière.  Elle  avait  été  terminée  le  3  janvier 
1404,  et  la  veuve  de  Coucy  demandait  qu'on  se  prononçât,  tan- 
dis que,  de  son  côté,  le  18  du  même  mois,  Marie  de  Bar  «  requer- 
roit  son  enqueste  estre  receue  contre  le  duc  d'Orléans  »  et  lui 
reprochait  une  grande  négligence  et  une  entrave  continuelle  au 
cours  de  la  justice  en  faisant  sans  cesse  renouveler  les  délais", 
mais  la  cour,  toute  dévouée  au  duc,  nommait  encore  d'autres 
commissaires  et  reculait  la  cause'.  —  Le  procès  entrait  donc 
dans  une  nouvelle  phase,  et  le  duc  voyait  non  seulement  Isabelle, 
mais  aussi  Marie  se  retourner  contre  lui.  Cependant,  le  23  mai, 
il  acquérait  d'elle  tous  ses  droits  sur  le  comté  de  Soissons,  les 
terres  de  Ham,  Pinon,  Montcornet,  Origny,  le  vinage  de  Laon, 
la  rente  sur  le  trésor  et  l'hôtel  de  Paris.  C'était,  dit  le  contrat 
fait  à  cette  occasion,  pour  le  «  recompenser  »  du  dommage  que 

1.  Ibid.,  fol.  285. 

2.  Monstrelet,  t.  I,  p.  40. 

3.  Bibl.  nat.,  Pièces  originales,  dossier  Coucy,  n°  28. 

4.  Arch.  nat.,  P.  248,  passim. 

5.  Ibid.,  Xta  4785,  fol.  393. 

6.  Ibid.,  Xia  4786,  fol.  223  v,  226. 

7.  Ibid.,  fol.  234. 


DE   LA    BAROWIE    DE   COUCY.  585 

lui  causait  le  procès  avec  Isabelle,  en  cas  que  l'arrêt  fût  prononcé 
contre  lui.  Le  duc  déchargeait  alors  Marie  de  sa  garantie,  lui 
donnait  30,000  écus  et  prenait  à  sa  charge  certaines  rentes  dues 
au  seigneur  de  Fère,  aux  héritiers  de  Jean  de  CraonS  aux  reli- 
gieux de  la  Villeneuve  et  tous  les  frais  du  procès  ;  mais  elle  lui 
donnait  quittance  des  96,000  francs  restés  dus  sur  les  200,000 
qui  lui  revenaient  personnellement  d'après  la  teneur  de  l'acte  de 
ventée  Les  96,000  francs  ne  furent  pas  d'ailleurs  payés  immé- 
diatement, bien  que  Marie  eût  déclaré  dans  l'acte  les  avoir  reçus 
comptant;  elle  donna  en  effet,  le  26,  quittance  pour  1,125  livres, 
et,  le  7  juin,  le  duc  recevait  de  son  trésorier  2,625  livres  pour  les 
lui  remettre  afin  de  parfaire  le  totaP.  Pour  les  autres  200,000  fr. 
qui  auraient  dû  être  versés  depuis  1402  et  1403,  de  nouvelles 
facilités  furent  accordées  le  3  mars  1405.  Etant  donnés  le  prix 
élevé  de  la  vente,  les  réparations  faites,  l'usufruit  de  la  douai- 
rière, qui  absorbait  une  partie  des  revenus,  Marie  consentit  à 
recevoir  30,000  francs  comptant,  20,000  à  la  Chandeleur,  et 
ainsi  de  suite  à  cette  même  date  chaque  année,  jusqu'à  complet 
épuisement  de  la  dette^  ;  auparavant,  le  Parlement  avait  décidé, 
le  19  décembre  1404,  qu'il  ne  pouvait  encore  rendre  d'arrêt  et 
que  les  parties  eussent  à  reviser  leurs  mémoires  ^  N'y  avait-il 
pas  là,  comme  dit  le  Religieux,  un  peu  de  mauvaise  volonté  ou 
de  parti  pris®? 

Marie  de  Bar  survécut  peu  au  contrat  du  3  mars  ;  après  avoir 
vainement  essayé  de  nouvelles  tentatives  auprès  de  la  cour'',  elle 
mourut  subitement,  après  une  journée  passée  au  miheu  des  fêtes 
d'un  mariage,  non  sans  quelque  soupçon  d'empoisonnement. 

L'année  1406  s'écoula  au  milieu  des  plaidoiries  et  des  proro- 
gations de  délais;  il  est  vrai  que  la  politique  absorbait  entière- 
ment le  duc  et  qu'il  donna  plusieurs  fois  comme  excuse  que  sa 
querelle  avec  son  oncle  de  Bourgogne  lui  causait  «  molt  grant 

1.  Cause  de  longs  débats  entre  Marie  de  Châtillon,  héritière  de  Craon,  les 
hoirs  du  duc  et  Marie  de  Bar.  Arch.  nat.,  Xia  4788,  fol.  95,  109,  190  V,  254  V, 
327,  353  y. 

2.  Coll.  de  Bastard,  Pièces  orig.,  456. 

3.  Ibid.,  n"»  31,  33. 

4.  F.  fr.  18760,  fol.  26  et  suiv. 

5.  Arch.  nat.,  Xia  1478,  fol.  187  v. 

6.  T.  III,  p.  210. 

7.  Son  enquête  contre  le  duc  avait  été  renouvelée  jusqu'à  onze  fois  !  Arch. 
nat.,  Xia  4787,  fol.  128  v°. 


586  LA  VENTE 

erapeschement*.  »  L'assassinat  du  23  novembre  1407  vint  inter- 
rompre tous  les  débats,  et  le  duc  expirait  avant  que  son  titre  de 
seigneur  de  Coucy  fût  incontestablement  reconnu.  Le  21  juin 
1408,  la  cause  revenait  devant  la  cour.  Robert  de  Bar,  se  décla- 
rant héritier  de  sa  mère  sous  bénéfice  d'inventaire,  rappela  les 
circonstances  de  la  vente  du  15  novembre  1400,  les  circonven- 
tions  qui  l'avaient  précédée,  en  réclama  l'annulation  avec  resti- 
tution des  biens  et  paiement  des  frais  estimés  à  300,000  francs 
pour  les  dommages,  et  exigea  qu'un  curateur  ad  hoc  fût  donné 
spécialement  en  cette  affaire  aux  jeunes  enfants  de  la  duchesse 
Valentine  d'Orléans.  Celle-ci  répondit  qu'elle  était  encore  «  tour- 
blée  et  qu'elle  avoit  moult  à  faire  »  et  demanda  un  délai  d'un  an 
tandis  que  Robert  estimait  qu'un  mois  était  suffisante  Le  Parle- 
ment décida,  au  conseil,  que  le  curateur  serait  nommé  et  la  cause 
jugée  procliainement^.  Le  11  août,  l'arrêt  fut  enfin  rendu,  et 
déclara  qu'Isabelle  de  Lorraine,  au  nom  de  sa  fille  mineure, 
devait  avoir  la  saisine  et  possession  de  la  moitié  des  seigneuries 
de, Coucy,  Marie,  la  Fère  et  de  la  ville  d'Origny;  le  quart  de 
Montcornet  et  de  Pinon,  le  cinquième  de  Ham;  que  la  cause  du 
duc  était  mauvaise,  et  le  condamnait  à  restituer  à  la  partie 
adverse  les  portions  désignées  et  les  fruits  perçus  depuis  la  mort 
d'Enguerran^  Pour  bien  marquer  que  cet  arrêt  terminait  cette 
trop  longue  querelle,  le  duc  y  est  nommé  comme  vivant  encore, 
et  pas  un  mot  ne  vient  rappeler  le  triste  guet-apens  du  23  no- 
vembre. Le  plus  sérieux  argument  que  Marie  de  Bar  et  le  duc 
avaient  invoqué  pour  leur  cause  était  l'indivisibilité  de  la  baron- 
nie  de  Coucy,  composée  des  trois  châtellenies  de  Coucy,  Marie  et 
la  Fère,  ayant  toujours  formé  un  héritage  unique,  dévolu  en 
partage  à  l'aîné  de  la  famille,  comme  ils  le  prouvaient  par 
l'exemple  des  anciens  sires  de  Coucy,  depuis  Enguerran  III  le 
Grand;  Isabelle  prétendit  au  contraire  que  la  baronnie  était 
formée  de  trois  fiefs  séparés,  jadis  possédés  par  trois  seigneurs 
différents^  Le  reste  des  terres  fut  partagé  d'après  l'usage  suivi 

1.  Arch.  nat.,  Xia  4787,  fol.  334  v,  377,  432  V. 

2.  Ibid.,  Xia  4788,  fol.  112. 

3.  Ibid.,  Xia  1479,  fol.  30  v°. 

4.  Arch.  nat.,  Xia  4788.  Les  derniers  folios  de  ce  registre  sont  arrachés  et 
ne  contiennent  pas  la  tin  du  document,  mais  il  existe  en  copie  dans  le  ms.  18760, 
fol.  35. 

5.  F.  fr.  18760,  fol.  289  et  suiv. 


DE  LA  BARONNIE  DE  COUCY.  587 

dans  les  prévôtés  où  elles  étaient  situées,  bien  que  l'établissement 
de  ces  diverses  juridictions  eût  donné  déjà  lieu  à  de  vives  et 
longues  discussions.  La  mort  de  la  duchesse,  survenue  le  8  dé- 
cembre, vint  de  nouveau  tout  remettre  en  litige,  et,  désormais,  la 
suite  de  cet  interminable  procès  va  se  dérouler  entre  les  enfants 
du  duc,  représentés  par  Charles,  leur  frère  aîné,  Robert  de  Bar, 
héritier  de  Marie,  et  Isabelle  de  Coucy,  devenue  comtesse  de 
Nevers  le  23  août  1409.  L'arrêt  du  11  août,  comme  les  précé- 
dents accords,  avait  le  défaut  de  laisser  aux  parties  le  soin  de 
régler  le  partage  à  l'amiable  au  lieu  de  leur  attribuer  des  portions 
nettes  et  bien  déterminées.  C'était  donc  encore  une  fois  une  source 
de  débats  de  toutes  sortes,  de  difficultés  inextricables  qui  durèrent 
pendant  tout  le  xv®  siècle,  et  dont  le  résumé  aride  et  monotone 
dépasserait  d'ailleurs  les  bornes  de  cette  étude.  En  fait,  la  baron- 
nie  de  Coucy  resta  dans  la  famille  d'Orléans  ;  en  février  1506, 
une  ordonnance  de  Louis  XII,  datée  de  Blois,  déclarait  Claude 
de  France,  sa  fille,  héritière  de  la  baronnie,  du  comté  de  Sois- 
sons  et  autres  dépendances  données  jadis  par  Charles  VI  à  son 
frère*;  le  mariage  de  cette  princesse  avec  le  duc  d'Angoulême, 
plus  tard  François  I",  fit  entrer  toutes  ces  terres  dans  le  domaine 
de  la  couronne. 

H.  Lacaille. 


PIECES  JUSTIFICATIVES. 


L 


C'est  le  traité  fait  entre  nobles  et  puissans  dames  :  madame  Isa- 
belle de  Lorraine,  dame  de  Coucy  et  de  Florines  et  comtesse  de  Sois- 
sons,  d'une  part,  et  madame  Marie  de  Bar  la  jone,  dame  de  Coucy, 
d'Oisy  et  comtesse  de  Soissons,  d'autre  part,  sur  certains  descors 
meux  et  espérés  a  mouvoir  en  la  Cort  de  Parlement. 

Premièrement,  a  cause  du  doaire  que  ladicte  madame  Ysabel  pre- 
lendoit  a  avoir  en  et  sur  les  terres,  villes,  chastiaux  et  toutes  autres 
possessions  que  feu  monseigneur  de  Coucy,  que  Diex  pardoinl, 

1.  Ordonnances,  t.  XXI,  p.  329. 


588  LA    VENTE 

tenoit  et  possidoit  au  temps  du  mariage  de  lui  et  d'icelle  madame 
Ysabel,  et  pour  lequel  doaire  icelle  madame  Ysabel  avoit  fait  certains 
partaiges  desdis  chasliaux,  terres  et  possessions  en  baillant  le  choix 
a  ladicte  madame  Marie,  en  gardant  a  son  pooir  les  coustumes  et 
usaiges  des  pais  ou  lesdis  chastiaux,  terres  et  possessions  estoient  et 
sont  assis,  si  comme  elle  disoit,  contre  lesquels  partaiges  ladite 
madame  Marie  avoit  baillié  certains  contredis  par  escript  contenans 
en  substance  que  lesdis  partaiges  estoient  moins  souffisamment  faiz 
en  plusieurs  manières  ;  c'est  assavoir  :  en  tant  comme  sur  la  conté  de 
Soissons,  ladicte  madame  Ysabel  vouloit  avoir  doaire  pour  la  moitié 
d'icelle  conté;  disoit  ladicte  madame  Marie  que  ladicte  conté  estoit 
de  son  hiretage  seul  et  pour  le  tout,  a  li  escheue  par  le  trespasse- 
ment  de  feu  madame  Ysabel  d'Angleterre,  sa  mère,  a  laquelle  ladicte 
conté  par  certains  moiens  competoit  et  appartenoit  en  tout  et  partout 
comme  son  propre  heritaige,  ou  au  moins  y  avoit  elle  la  moitiet  a 
cause  de  conquest  fait  par  ledit  feu  monseigneur  de  Goucy  et  icelle 
feue  madame  Ysabel  durant  leur  mariage,  laquelle  moitiet  devoit 
estre  et  estoit  le  propre  heritaige  d'icelle  madame  Marie;  et  sur  l'autre 
moitiet  ladicte  madame  Ysabel  ne  porroit  demander  que  son  doaire, 
qui  estoit  le  quart  de  toute  ladicte  conté  tant  seulement.  Samble- 
ment  [sic]  ladicte  madame  Ysabel  par  lesdis  partaiges  voloit  avoir 
doaire  pour  la  moitiet  sur  plusieurs  terres,  villes  et  possessions  que 
disoit  ladicte  dame  Marie  en  sesdis  contredis  estre  assizes  ou  bail- 
liage de  Senlis,  en  la  prevosté  de  Compiegne,  en  le  prevosté  de  Pier- 
refons,  montans  a  la  valeur  de  iiiic  livres  de  rente  ou  environ,  si 
comme  elle  dit,  en  disant  oultre  que  feue  madame  Ysabel,  première 
femme  dudit  feu  monseigneur  de  Goucy,  desdites  terres,  villes  et 
possessions  avoit  esté  douée,  lequel  doaire,  par  le  coustume  et  usaige 
desdis  lieux,  après  le  deces  de  feue  madame  Ysabel,  avoit  esté  et 
estoit  le  propre  heritaige  de  icelle  madame  Marie,  et  ainsi,  quant 
ladicte  madame  Ysabel,  seconde  femme  dudit  feu  monseigneur  de 
Goucy,  espousa  icellui  seigneur,  elle  ne  fu  douée  que  sur  la  moitié 
desdis  heritaiges,  par  quoy  après  le  deces  d'icellui  seigneur,  elle  ne 
puet  ne  doit  demander  doaire  sur  iceux  heritaiges  que  du  quart  que 
l'en  dit  du  quart  esgaré  es  pais  dessus  dis,  par  les  coustumes  et 
usages  dessus  dis.  En  oultre  ladicte  madame  Ysabel  en  faisant  lesdiz 
partaiges  avoit  conprins  les  haultes  forets  qui  appartenoient  audit 
feu  monseigneur  de  Goucy,  prétendant  en  et  sur  iceulx  avoir  doaire; 
ladicte  madame  Marie  ad  ce  contredisans  que  lesdictes  haultes  forets 
ne  doient  cheoir  ne  ne  chieent  en  doaire  par  plusieurs  causes  et  rai- 


DE  LA  BARONNIE  DE  COUCY.  589 

sons.  Avec  ce,  ladicte  madame  Ysabel  avoit  comprins  es  dis  partaiges 
tous  les  chastiaux  demeurées  du  deces  de  feu  monseigneur  de  Goucy 
comme  clieans  en  doaire,  ladicte  madame  Marie  disans  au  contraire 
que  ladicte  madame  Ysabel,  après  le  deces  dudit  feu  seigneur,  avoit 
choisi  le  chaste!  de  Saint-Goubain  pour  cause  de  son  doaire,  duquel 
chastel  elle  devoit  estre  contente,  et  que  les  autres  chastiaux  de  ladicte 
seignourie  ne  pouvoient  ni  ne  dévoient  cheoir  en  doaire,  et  que 
contre  raison  les  avoit  comprins  es  diz  partaiges  en  allegant  et  pro- 
posant sur  ce  plusieurs  coustumes  et  usaiges  et  plusieurs  causes  et 
raisons;  ladicte  madame  Ysabel  disans  au  contraire  en  soutenant 
sesdis  partaiges  en  allegant  et  proposant  sur  ce  plusieurs  coustumes 
et  usaiges.  Lesquelles  parties,  veans  lesdis  debas  et  plusieurs  autres 
dont  cy  après  sera  faite  mencion,  vaulrent  et  consentirent  d'un  com- 
mun acord  passé  par  ladicte  court  pour  eschiever  tous  inconveniens, 
tous  dommages  et  despens,  que  maistre  Guillaume  de  Vaulx,  bailli 
de  Goucy,  maistre  Nicaise  de  Cremery,  conseillier  de  ladicte  madame 
Ysabel,  et  Rasse  Delincourt,  escuier,  veissent  les  lettres  que  l'en 
disoit  estre  en  la  tour  de  Goucy  et  ailleurs  louchans  la  seignourie  de 
Goucy  et  les  debas  d'icelles  parties,  et  icelles  lettres  ou  les  coppies 
ou  vidimus  apportassent  en  la  ville  de  Paris  seurement  par  devers 
ladicte  Gourt  en  depost  au  xx^  jour  d'avril  prochain  venant  pour 
icelles  estre  veues  par  les  conseilliers  desdites  parties,  afin  que  par 
iceulx  lesdictes  parties  peussent  estre  mises  en  acord  se  bonnement 
pooit  estre  fait.  Et  depuis  lesdictes  dames,  en  continuant  la  bonne 
affection  que  elles  avoient  de  estre  en  bon  acord,  se  soient  assam- 
blées  présentement  en  la  ville  de  Soissons  pour  traitier  entre  elles, 
appelles  ad  ce  nobles  et  puissans  seigneurs  :  monseigneur  de  Fere, 
le  viconte  de  Meaulx  et  le  seigneur  de  la  Bove,  et  pour  conseilliers 
maistres  Henry  de  Marie,  président  en  Parlement,  Pierre  de  Soissons, 
Thomas  Lecat,  Jehan  le  Dur,  Guillaume  de  Vaulx,  Nichaise  de  Cre- 
mery et  plusieurs  autres.  Et  finablement,  pour  bien  de  paix  et  pour 
les  causes  et  raisons  dessus  touchées,  sont  descendues  en  tel  acord 
sMl  plait  a  ladicte  Gourt  :  que,  pour  tant  qu'il  touche  le  doaire  de 
ladicte  madame  Ysabel,  les  chastiaux  qui  estoient  comprins  esdis 
partaiges  en  sont  mis  hors  et  exemptés  dudit  doaire,  excepté  le  chas- 
tel de  Saint-Goubain,  dont  dessus  est  faicte  mention;  semblablement 
lesdictes  haultes  forets  en  seront  mises  hors  et  exemptées,  sauf  pour 
la  doagiere  de  avoir  les  pourfls  de  paissons,  pasturaiges,  et  de  la 
chasse  faire  comme  il  appartient,  et  aussi  de  copper  tous  bos  des- 
soubz  Lx  ans,  excepté  chaisnes,  pour  son  afuillement  raisonnable  et 
4894  38 


390  LA   VENTE 

sans  fraude.  Et,  quant  au  surplus  en  toutes  autres  choses,  lesdiz  par- 
taiges  demourront  en  leur  vertu,  sauf  a  ladicte  madame  Marie  a  en 
prendre  le  chois  comme  il  appartient,  lequel  elle  fera  du  plus  tost 
que  bonnement  elle  porra,  et  de  conseil  de  ses  seigneurs,  parens  et 
amis.  —  Item,  et  pour  ce  que  sur  le  fait  et  matere  de  ladicte  conté 
de  Soissons  et  autres  acques,  il  a  esté  proposé  que  ladicte  madame 
Marie,  au  traitié  de  son  mariage  fait  avec  feu  noble  et  puissant  sei- 
gneur monseigneur  Henry  de  Bar,  que  Dieu  pardoint,  elle  renonça 
et  deubt  renoncier  aux  acques  fais  par  feu  monseigneur  de  Goucy  et 
feue  madame  Ysabel,  sa  mère,  parmi  la  somme  de  xii""  frans  que 
ledit  feu  seigneur,  son  père,  lui  vault  estre  paiée  et  délivrée  après 
son  deces  en  recorapensacion  desdis  acques,  esquels  acques  par  le 
deces  de  ladicte  madame  Ysabel,  sa  mère,  elle  avoit  la  moitiet  de 
son  hiretaige,  et  disoit  par  plusieurs  causes  et  raisons  que  ladicte 
madame  Ysabel,  qui  avoit  accepté  meubles  et  debles  après  le  deces 
de  feu  monseigneur  de  Goucy,  son  mari,  estoit  tenue  de  les  payer,  et 
ladicte  madame  Ysabel  disoit  le  contraire,  que  ladicte  dette  est  con- 
fuse et  que  ad  ce  n'estoit  tenue,  mais  devoit  estre  prinse  ladicte 
somme  sur  les  hiretiers  dudit  feu  monseigneur  de  Goucy,  par  plu- 
sieurs causes  et  raisons  dites  et  proposées  sur  ce;  finablement,  pour 
ceste  matere  expédier  et  délivrer  a  mendres  frais  et  mises  que  ce 
porra  estre  fait,  et  pour  en  avoir  l'oppinion  de  plusieurs  sages,  les- 
dictes  dames  ont  volu  et  acordé,  veullent  et  acordent  que,  par  leurs 
conseilliers  estant  a  Paris,  les  lettres  servans  a  la  cause  desdis 
xii"  frans  soient  veues  d'une  partie  et  d'autre,  et  en  regard  et  con- 
sideracion  en  icelles  aveuc  tous  les  propos  des  parties,  lesdis  con- 
seilliers appelles,  ceulx  que  bon  leur  samblera,  en  ordonnent  et 
déterminent  au  plus  tost  que  bonnement  faire  se  porra,  et,  ou  cas  que 
faire  ne  le  porront,  que  tout  soit  mis  en  droit  et  en  arrêt  par  devers 
ladicte  Court  pour  en  déterminer  par  elle  comme  bon  lui  samblera. 
—  Item^  samblablement  ont  volu  et  accordé,  veulent  et  acordent 
lesdictes  dames  que  ainsi  soit  fait  du  débat  qui  est  entre  elles  de  la 
somme  de  vm"'  frans,  laquelle  apporta  a  mariage  ladicte  dame  Ysa- 
bel avec  ledit  feu  monseigneur  de  Goucy,  pour  estre  convertis  en 
hiretaiges  pour  elle  et  ses  hoirs  comme  elle  dit  apparoir  par  lettres 
sur  ce  faictcs,  et  dist  que  ladicte  somme  lui  doit  estre  paie  par  ladicte 
dame  madame  Marie,  héritière  et  propriétaire;  et  ladicte  madame 
Marie  dit  au  contraire  que  ladicte  somme  est  confuse  en  la  personne 
de  ladite  madame  Ysabel,  laquelle  a  prins  meubles  et  debtes  comme 
dit  est  dessus.  —  Item^  et  que  ainsi  soit  fait  samblablement  du  débat 


DE   LA   BARO?fNIE  DE   COUCT.  594 

qui  est  entre  elles  sur  le  fait  de  la  recette  de  Valenciennes,  montans 
a  la  somme  de  vi  cens  et  xlv  frans  de  rente  ou  environ,  dont  chas- 
cune  en  veult  charger  Pautre  et  soy  deschargier  par  plusieurs  causes 
et  raisons  que  elles  se  dient  avoir  chascune  a  rencontre  de  l'autre. 
Et  samblablement  de  iiic  escus  de  rente  vendue  par  feu  monseigneur 
de  Coucy  et  madame  Ysabel  a  messire  Jehan  de  Craon,  et  deux  cens 
escus  vendus  a  monseigneur  de  Fere,  si  comme  on  dit.  —  Item^  que 
ainsi  soit  fait  samblablement  de  la  terre  de  Pinon  et  Baigneux,  pour 
lesquelles  ladicte  madame  Marie  dit  que  elles  doivent  estre  tenues  et 
réputées  héritages  audit  feu  monseigneur  de  Coucy  et  a  elle.  —  Item, 
et  pour  ce  que  entre  lesdictes  dames  avoit  dissencion  et  débat  sur 
plusieurs  armeure's,  harnas  et  artillerie  estans  au  chastel  de  Coucy, 
tant  pour  le  fait  de  jouste  que  pour  gaige  de  bataille  et  pour  le  gar- 
nison de  forteresse,  acordé  est  par  lesdictes  dames  que  le  viconte  de 
Meaulx  et  le  sire  de  la  Bove,  appelles  aveuc  eulx  le  bailli  de  Vermen- 
dois,  maistres  Thomas  Le  Cat  et  Jehan  Le  Dur,  advocas  et  conseil- 
liers  desdites  dames,  visiteront  lesdites  armeures,  harnas  et  artille- 
ries, et  que,  tout  ce  que  d'icelles  en  ordonneront  ou  la  plus  grande 
partie  des  dessus  nommés,  lesdictes  dames  tenront  comme  se  ce  fust 
arrest  de  Parlement.  —  Item,  et  pour  ce  que  ladicte  madame  Ysa- 
bel, sa  fille  et  fille  de  feu  monseigneur  de  Coucy,  que  Diex  pardoint, 
s'estoit  dolue  et  complainte  en  cas  de  saisine  et  de  nouvelleté  a  ren- 
contre de  ladite  madame  Marie,  sa  sœur,  disant  et  proposant  avoir 
droit  et  estre  en  possession  et  saisine  de  la  moitiet  de  tous  les  biens 
immeubles  demourés  du  deces  dudit  feu  monseigneur  de  Coucy,  et 
que  ladite  madame  Marie  le  [sic]  troubloit  et  empeschoit  indeuement 
et  de  nouvel  contre  sesdites  possessions  et  saisines,  proposant  et 
concluant  tout  pertinent  quand  ad  ce  et  tendant  a  fin  principal  de 
recreance  ou  de  provision  et  a  plusieurs  autres  fins  ;  ladite  madame 
Marie,  comme  opposant,  proposoit  et  concluoit  a  toutes  autres  fins 
contraires  et  par  especial  que  en  la  baroniede  Coucy,  contenant  trois 
chasteleries  comme  Coucy,  la  Fere  et  Marie,  ladicte  mademoiselle, 
comme  maisnée  que  elle  estoit,  n'y  avoit  aucune  chose.  Finablement 
lesdictes  parties,  par  le  moien  des  seigneurs  et  conseilliers  dessus 
nommés  sont  descendues  en  acord  tel  qui  s'ensuit  :  premièrement, 
que  ladicte  madame  Marie  a  volu  et  consenti,  vuelt  et  consent  pour 
tant  que  li  touche  tant  seulement,  que  ladicte  mademoiselle  Ysabel 
ou  ladicte  dame  Ysabel,  sa  mère,  ou  nom  que  dessus,  ait  et  emporte 
et  soit  maintenue  et  gardée  en  possession  et  saisine  de  toute  telle 
part  et  porcion  que  ladicte  mademoiselle  puet  avoir  en  la  conté  de 


592  LA   VENTE 

Soissons,  demourée  du  deces  dudit  feu  monseigneur  de  Goucy,  Jeur 
père,  selon  ce  et  que  par  la  coutume  des  pais  ou  elle  est  assize  li 
puet  competer  et  appartenir,  c'est  assavoir  de  lamoitiet,  sauf  toutes- 
voies  le  chaslel  ainsi  comme  il  se  comporte,  le  cours  de  la  rivière,  la 
chaucié  et  la  monnoie  qui  sont  un  fief  tenu  du  roy  en  prérogative, 
et  séparés  des  autres  terres  et  possessions  de  ladicte  conté;  en  la 
terre  de  Ham,  ce  que  la  coutume  du  lieu  li  puet  donner,  et  sambla- 
blement  en  la  terre  d'Oisy,  ou  winage  de  Laon  la  moitiet;  en  la  terre 
d'Origny  en  Therasche,  ce  que  la  coustume  du  lieu  li  donne  en  tel 
cas,  en  la  rente  de  xviii"  livres  qui  se  prent  sur  le  trésor,  et,  en  la 
maison  de  Paris,  ce  que  la  coutume  de  Paris  li  donne  en  tel  cas,  c'est 
assavoir  le  quart  ;  en  la  terre  de  Montcornet  et  autres  acques,  s'au- 
cuns  en  y  a  fais  durant  le  mariage  dudit  feu  monseigneur  de  Goucy 
et  de  ladicte  madame  Ysabel,  vuelt  et  consent  ladicte  madame  Marie 
que  ladicte  mademoiselle  y  ait  sa  part  tel  que  de  raison  sera  ;  et  en 
outre  ladicte  madame  Marie,  pour  le  bien  et  avancement  de  ladicte 
mademoiselle  sa  suer,  pour  tenir  et  maintenir  son  estât,  pour  ses 
drois  et  pour  ses  causes  poursieuir  et  pour  li  secourir  en  ses  néces- 
sités, lui  baillera  et  délivrera  par  chascun  an  par  manière  de  provi- 
sion la  somme  de  v^  livres,  que  elle  lui  paiera  a  quatre  termes,  dont 
le  premier  terme  commencera  a  la  Saint-Jehan  prochain  venant,  le 
second  a  la  Sainl-Remy,  le  tiers  au  Noël  et  le  quart  a  Pasques  ensui- 
vant; et  ainsi  d'an  en  an  durant  leur  dit  procès  et  jusques  ad  ce  par 
ladicte  Court  en  soit  autrement  ordonné.  —  Item,  quant  ad  ce  que 
ladicte  madame  Ysabel  demandoit  un  chastel  avec  le  chastel  de  Saint- 
Goubain,  elle  s'en  raporte  a  l'ordonnance  et  volenté  de  ladicte 
madame  Marie  pour  icelle  madame  Ysabel  et  sa  fille.  Et  parmi  ce 
que  lesdictes  parties  en  tant  comme  il  touche  la  cause  dudit  doaire, 
de  la  conté  de  Soissons,  de  Ham,  de  Oisy,  du  winage  de  Laon,  d'Ori- 
gny  en  Therasche,  de  Montcornet,  de  la  maison  et  rente  de  Paris 
dessus  déclarés,  seront  hors  de  Court  sans  amende  et  sans  despens, 
et  la  main  du  roy  pour  ce  mise  sera  levée  au  pourfit  desdictes  parties 
selon  la  teneur  dudit  accord.  Et,  en  tant  qui  touche  le  surplus  du 
procès  de  ladicte  madame  Ysabel  ou  nom  de  ladicte  mademoiselle  sa 
fille  contre  ladicte  madame  Marie,  ycellui  procès  demourra  en  tel 
estât  comme  il  est  jusques  ad  ce  que  autrement  en  sera  ordonné, 
sauf  lanl  que  la  main  desdites  choses  conLcmpcieuses  sera  levée  au 
pourfit  de  ladicte  madame  Marie  durant  ledit  procès  et  sans  préju- 
dice a  la  cause  et  procès  d'icelles  parties. 
Ce  fu  fait  du  consentement  desdictes  parties  ou  chastel  de  Soissons 


DE   LA    BARONNIE   DE   COUCT.  593 

le  jour  de  Pasques  closes,  vr®  jour  d'avril  l'an  mil  CGC  IIII^'^  et  XIX  ; 
presens  :  monseigneur  Andouart  de  Bar,  messire  Jehan  de  Craon  le 
jone,  monseigneur  le  vicomte  de  Meaulx  et  les  autres  dessus  nom- 
més, messire  Jehan  de  Vogues,  messire  Perdicasdu  Pont-Saint-Mard, 
Rasse  Delincourt,  Enguerran  de  Guise,  Simon  de  Ploisy,  Jehan  de 
Bienxy,  Geoffroy  de  Saint-Mard,  Jehan  de  Mombeton,  Jehan  Plancon 
et  plusieurs  autres. 

Fait,  passé  par  M«  Pierre  Le  Maisné,  procureur  de  dame  Isabelle 
de  Lorrainne  et  M«  Jacques  Le  Fer,  procureur  dame  [sic]  Marie  de 
Bar,  la  jone,  par  vertu  de  la  procuracion  si  incorporée,  le  tiers  jour 
de  may  IIII^^  XIX  ;  et  condempnez  par  arrest. 

J.  VlLLEQUIN. 

Karolus  etc..  universis  etc..  Notum  facimus  quod  de  licencia  et 
auctoritate  nostre  Parlamenti  Curie,  inter  carissimas  consanguineas 
nostras  Ysabellim  de  Lothoringia,  relictam,  et  Mariam  de  Barro, 
juniorem,  fillam  et  heredem  defuncti  domini  de  Goucyaco,  tracta- 
tum,  concordatum  et  pacificatum  extitit  prout  in  quadam  cedula 
sigillis  earumdem  Ysabellis  et  Marie  ac  eciam  sigillo  dilecti  et  fidelis 
nostri  domini  de  Fere,  sigillata;  dictœ  nostrae  Guriae  per  ipsarum 
Ysabellis  et  Mariae  procuratores  inferius  nominatos,  unanimiter  et 
concorditer  tradata  continetur,  cujus  cedule  ténor  sequitur  in  his 
verbis  :  «  C'est  le  traictié,  etc..  »  Ad  quodquidem  accordum  ae 
omnia  et  singula  in  preinserta  cedula  contenta,  peragenda,  tenenda, 
complenda,  ac  firmiter  et  inviolabiliter  observanda,  dicta  nostra 
Curia  Ysabellim  de  Lothoringia  et  Mariam  de  Barro,  superius  nomi- 
natas,  et  de  requestione  et  de  consensu  magistri  Le  Maisné,  procu- 
ratoris  dicte  Ysabellis  et  magistri  Jacobi  Le  Fer,  pracuratoris  pre- 
dicte  Marie,  virtute  procuratorii  instrumenti  inserti,  condemnavit 
et  condemnat  per  arrestum;  et  ea,  ut  arrestum  ejusdem  Curie 
teneri,  compleri  et  observari  ac  executione  demandari  voluit  et 
precepit  dictam  insuper  manum  nostrum  in  rébus  contenciosis,  de 
quibus  supra  fît  mentio  propter  debatum  procuratorem  predictorum 
appositam,  levavit  et  levât  juxta  ipsius  cedule  tenorem  et  formam. 
Ténor  vero  procuratorii  ipsius  Marie  sequitur  in  bec  verba  :  «  A  tous, 
etc..  »  In  cujus,  etc.  —  Datum  Parisius,  in  Parlamento  nostro, 
tertia  maii  nonagesimo  nono  ' . 

(Arch.  nat.,  Xia  77,  original  sur  papier.) 

1.  A  cette  pièce  est  attachée  la  procuration  de  Marie  de  Bar,  en  date  du 
10  avril  1399.  Ses  procureurs  sont  Jacques  Le  Fer,  Jean  Le  Caron,  Alard  de  Vil- 
1ers,  Jean  Plançon,  Geoffroy  de  Saint-Mard. 


594  LA   VENTE 

IL 

Entre  Robert  monseigneur  de  Bar  d'une  part,  et  madame  Valen- 
tine  duchesse  d'Orléans  et  ses  enfans  d'autre  part.  Dit  Bar  en  requé- 
rant curateurs  a  cesie  cause  qu'il  est  du  linage  de  France,  cousin 
remué  du  roy,  du  sang  d'Angleterre,  de  Navarre,  de  Behainne,  de 
Honguerie,  de  Breteigne,  d'Arragon  et  d'autres  plusieurs  molt  nobles, 
dist  que  messire  Anguerran,  seigneur  de  Coucy,  fut  père  de  sa  mère, 
qui  fut  fille  du  roy  d'Angleterre.  Dist  que  ledit  Anguerran  fu  sei- 
gneur de  la  baronnie  de  Goucy,  soubz  qui  a  cl  villes  ou  il  a  plusieurs 
beaulx  chasteaulx  :  la  Fere,  Saint-Goubain,  Saint-Aubin,  le  Ghas- 
teller,  Malle,  Arciz  et  Jarciz,  qui  sont  chasteaux  et  chastellenie  ou  a 
plusieurs  forets  aussi  belles  qu'il  a  en  ce  royaume,  et  plusieurs  beaux 
estangs  et  plusieurs  beaux  vassaulx  ;  et  si  y  a  tel  chastel  qui  couste- 
roit  a  faire  plus  de  vc  mil  [sic]^  autour  plusieurs  y  a  de  molt  grant 
noblesse,  conte  et  chastel  de  Suessions  et  plusieurs  autres  chastelx  et 
villes  et  revenues  inestimables.  Dist  que  messire  Henry  de  Bar  fu  son 
père,  qui  eust  espouse  la  fille  du  sire  de  Goucy,  sa  mère-,  avint  que 
le  sire  de  Goucy  et  Henry  de  Bar,  son  père,  alerent  en  voiage  de 
Honguerie,  et  au  partir  le  feu  duc  d'Orléans,  a  qui  estoient  compai- 
gnons  d'armes,  leur  promist  en  foy  de  filx  de  roy  qu'il  ayderoit  a  la 
femme  du  seigneur  de  Goucy  et  a  sa  fille,  sa  mère,  les  garderoit  et 
defendroit  comme  soy  même  leur  honneur  et  terres.  Mais,  ce  non 
obstant,  en  l'absence  et  après  la  mort  desdiz  de  Goucy  et  Henry  de 
Bar,  sollicita  et  fit  solliciter  molt  fort  dame  Marie  de  Goucy  sa  mère, 
afin  qu'il  eust  la  baronie  de  Goucy  ;  et,  pour  ce  que  ce  ne  peut  de 
dicto  [sic],  fit  tant  qu'il  fut  accointé  des  serviteurs  d'elle,  par  le  moien 
desquelz  et  autrement  fut  molt  pressée  et  sollicitée  de  venir  a  ladite 
fin  ;  et  tandem,  pour  résister  a  ce,  fu  conseillée  de  soy  marier  au  père 
de  la  royne.  Ge  vint  a  la  cognoissance  du  duc  d'Orléans,  qui  pour  ce 
vint  a  la  dame,  et  lui  blasma  la  personne,  et  puiz  lui  dist  que,  se  elle 
mctoit  telx  chasteaulx  en  main  d'estraingiers,  len  ne  lui  souferoit 
point.  Aussi  blasma  il  a  la  royne  ladicte  dame,  et,  pour  ce  qu'il  ne 
povoit  venir  a  son  entencion,  dist  qu'il  feroit  le  mariage  de  sa  suera 
l'un  de  ses  filx,  a  cause  de  quoy  averoit  la  moitié  de  ladicte  terre  et 
baronie,  et  ancor  de  l'autre  moitié  l'empescheroit  d'en  joir.  A  quoy 
rcspondit  elle  qu'elle  n'avoit  fait  chose  par  quoy  deust  perdre  ne 
tout  ne  partie  de  ladicte  terre.  Tandem  fist  venir  le  duc  de  Loireinne 
et  sa  suer,  vesve  de  Goucy,  feignant  d'accomplir  le  mariage  de  son 

filx  dessus  dit.  Apres  manda  a  Senlis  dame  Marie,  a  qui  parla  a  part 


DE  LA  BARONNIE  DE  COUCY.  595 

dans  une  chambre  longuement,  et  tandem  fit  qu'elle  ly  vendi  ladite 
baronnie  m"  mil  frans;  puiz  s'enfui  toute  seule  en  sa  maison,  et 
criant  et  brayant,  disl  a  ses  gens  qu'elle  avoit  vendue  ladite  terre  de 
Coucy  iiio  mil  dont  n'avoit  denier,  et  par  les  inductions  du  duc  d'Or- 
léans. Et,  pour  ce  que  le  duc  entendi  qu'elle  voloit  aler  au  remède 
au  conseil,  ala  a  elle  et  lui  dist  qu'elle  ne  se  bougeroit;  et  demoura 
la  nuict,  et  dancerent  et  jouèrent  et  firent  bonne  feste;  et  dist 
tout  haut  en  la  compaignie  qu'il  y  avoit  aucuns  et  aucunes  qui 
ne  se  povoient  taire  de  leurs  besoignes,  et  s'il  ne  se  taisoit  les 
courseroit,  et  dist  :  «  Vous  telle  et  vous  telle  taisiez  vous,  car  ou 
autrement  vous  vous  en  trouvères  coursées,  et  se  ne  fussiez  femmes 
et  vous  fussiez  hommes,  je  vous  feisse  trancher  la  teste.  »  Et 
puis  fit  venir  un  homme  d'église  qui  estoit  familier  de  céans  et 
lui  dist  de  plus  parler  ou  il  leur  courseroit,  et  lui  promist  argent  et 
bénéfices;  et  ainsi  se  continua  la  besoigne.  Puiz  flst  venir  Marie  a 
Chaaliz  et  fit  faire  lettres  bonnes  et  fors  qui  furent  causées  que  pour 
les  gages  de  la  douairerie,  des  procès,  des  réparations,  et  qu'elle  ne 
saveroit  ne  ne  povroit  gouverner  une  telle  telle  terre,  qu'elle  ne 
saveroit  miex  mettre  icelle  terre,  et  pour  miex  faire  lui  accrut  le  prix 
de  cent  mil,  ainsi  fu  le  prix  de  iiii'=  mil  dont  averoit  in  promptu 
11°  mil,  et  les  autres  a  paier  a  termes  pour  la  provision  des  enfans. 
Et  lui  ordonna  pour  sa  douaire  la  Fere  et  le  Chastellier,  et  promet- 
toit  a  garantir  et  renuncoit  a  tout  le  droit.  Mais  l'en  lui  dist  qu'elle 
n'averoit  que  lx  mil  et  de  vii^''  mil  se  obligoit,  et  ancor,  a  ce  qu'elle 
ne  se  mariast,  lui  fist  vendre  parmi  le  prix  de  xi""  l'usufruit  qu'elle 
devoit  avoir  ou  cas  qu'elle  se  marieroit;  et  d'icelle  n'eut  ne  ne  lui 
en  demoura  denier  des  lx"",  mais  l'en  lui  bailla  joyaux,  et  lui  fist 
payer  ne  scet  quelles  debtes.  Et  puis  commença  procès  contre  dame 
Isabeau  a  fin  qu'il  eust  aussi  ce  peu  qu'avoit  a  ce  qu'il  eust  tout. 
Depuiz,  pour  ce  que  la  duchesse  de  Bar  estoit  trespassée,  fut  mandée 
a  aler  aux  obsèques,  mais  il  la  détourna  par  paeur  qu'il  lui  fit  que 
le  duc  de  Bourgoigne  et  de  Bar  la  feroient  morir.  Apres,  pour  procès 
que  l'en  lui  fist  et  pour  paeur  de  la  garantise  pour  laquele  devoit  avoir 
recours  contre  elle,  elle  lui  pria  pour  Dieu  qu'elle  fust  hors  de  garan- 
tise et  qu'elle  fust  quitte,  et  elle  quitteroit  plus  de  iiii^^  que  lui 
devoit  le  duc  de  reste  des  ii<=  mil  ;  si  lui  fu  respondu  qu'elle  ne  seroit 
pas  bien  quitte  pour  les  autres  w  mil.  Tandem  demoura  quitte  de 
ladite  somme  parmi  ce  qu'elle  averoit  xxx  rail  ;  et,  pour  ce  qu'elle  se 
mangoit  en  molt  grant  despense  en  entendant  le  duc  quant  la  man- 
doit,  lui  fu  dit  :  «  Vous  veez  que  vous  estes  en  grant  nécessité;  il  faut 


596  LA   VENTE 

que  vous  rendiez  les  lettres  des  autres  ii^:  mil  par  ce  que  vous  aurez 
XXX  mil  in  promptu  et  le  remenant  se  paiera  par  termes.  »  Ainsi  fu 
fait,  et  ainsi  s'en  va  la  provision  des  enfans  et  tant  in  somma  qu'elle 
n'a  eu  de  tout  ce  que  dit  est  a  son  prouflt  li  baille  lx  ou  iiii^x  x™, 
dont  aucun  a  eu  x"",  un  autre  xyiii".  Ancor  a  le  duc  telement  depo- 
pulé  les  forests  de  chesnes,  pour  faire  le  chasteau  de  Pierrefons 
et  autrement,  qu'il  en  a  levé  ou  gasté  des  forests  dont  l'en  eust 
trait  bien  inio  mil;  aussi  a  il  despecié  des  chasteaux  qui  couste- 
roient  a  refaire  plus  de  l  mil  par  ses  officiers.  Tandem  la  dame  a 
esté  trespassée,  et  a  laissié  ledit  Robert  son  filx  et  héritier  par  béné- 
fice d'inventoire,  qui  est  en  présent  en  ceste  Court,  in  puris  et  nudis, 
oppressé  par  la  manière  que  dit  est,  venu  a  ceste  Court  qui  repré- 
sente le  roy,  a  qui  appartient  relever  oppressos  et  viduas  de  numéro 
quorum  il  est  un.  Si  requière  que  lesdis  contraulx  soient  diz  nulx, 
saltem  soit  annullés  comme  frauduleux  faiz  ou  soient  rescindez 
comme  deceptez  d'outre  la  moitié  de  juste  prix,  et  leur  soient  resti- 
tuez lesdiz  choses  avec  les  frais  cum  eslimatione  quanti  plurimi  avec 
les  dommages  faiz  en  la  terre  qui  montent  a  iii=  mil  frans,  et  tous 
autres  dommages,  interestset  despens;  en  requérant  aussi  curateurs 
aux  enfans  d'Orléans,  et  que  lettres  des  contraux  soient  céans  appor- 
tées et  mises  devers  la  Court;  et  requiert,  ou  cas  qu'il  auroit  les  pre- 
miers contraulx,  qu'il  soit  suppléé  de  la  moitié  du  juste  prix  en 
requérant  ceste  contrat  en  cas  qu'il  n'auroit  l'autre  en  offrant  a 
prouver  ce  qu'il  apartendra,  et  a  ce  propos  a  esté  advoué. 

La  duchesse  d'Orléans  propose  et  dist,  obmise  la  recommandation 
de  la  Court  et  du  sang  dont  sont  venus,  dont  n'est  besoin  de  parler, 
que  lesdiz  enfans  ne  sont  point  adjournez  a  veoir  leur  estre  baillié 
curateur,  et,  si  ne  se  devoit  aucun  charger  de  telle  curation  si  tost 
même  que  la  cause  est  personnelle  et  non  propriétaire,  si  est  bien 
raison  que  les  enfans  soient  de  ce  advisiez  et  appeliez,  et,  quant  a 
elle,  elle  a  molt  a  faire  et  est  tourblée,  si  doit  avoir  jour  de  conseil 
d'un  an  ;  allègue  de  la  conté  de  la  Marche,  ou  jour  de  conseil  long  fu 
donné;  si  fu  il  donné  pour  la  terre  au  chastel  de  Chantilli,  qui  est 
molt  peu  de  chose  au  regart  de  ceste  cause  ;  oultre  requiert  les  noms, 
avoir  et  savoir  d'aucuns,  que  partie  n'a  voulu  nommer  et  par  retenue. 

Robert  réplique  qu'il  ne  demande  pas  que  ad  universum  patrimo- 
nium  lui  soit  baillié  curateur,  mais  a  la  cause  seule  qui  ce  doit  faire 
notoire;  allègue  des  enfans  maistre  Pierre  Blanchet  et  de  Blanchet 
de  Beaumont  contra  Orléans;  aussi  fu  il  ordonné  dans  le  cas  de  Gui- 
bert  de  Lireu  contre  les  héritiers  de  messire  Guillaume  de  Sens,  et 


DE  LA  BARONNIE  DE  COUCT.  597 

est  a  raison  pour  Toneur  de  la  Court  et  seurté  de  la  cause,  et  que  le 
jugement  ne  soit  illusoire.  Quant  a  ce  que  partie  requiert  les  noms 
de  celx  que  n'a  pas  nommé,  ce  ne  doit  faire,  seroit  forger  partie  pour 
les  suborner,  aussi  ne  doit  il  pas  déclarer  les  dommages.  Dist  oullre 
que  le  jour  de  conseil  seroit  trop  long  d'un  an  car  expedit  utriusque 
parti  de  accélérer  la  cause,  si  devroit  sufGre  d'un  mois;  en  con- 
clut a  ce. 

Duplique  partie  et  dist  que  du  stille  de  céans  par  especial,  consi- 
derata  natura,  cause  doit  estre  adjournée  cellui  a  qui  l'en  requiert 
curateur,  et  suppose  que  autrement  l'en  eut  aucune  foiz  fait  non 
exemplis  sed  legibus,  etc.  [sic]  -,  autre  chose  seroit  en  une  cause  pro- 
priétaire que  le  baillisseur  demanderoit.  Dist  oultre  que  ceste  cause 
est  grande  et  grosse,  si  faut  avoir  long  delay  et  grant  pour  soy  avi- 
sier,  et  ne  suffiroit  ne  de  ii  ou  m  moiz.  Dist  oultre  que  la  déclara- 
tion par  lui  requise  est  nécessaire  a  défendre,  puizque  particulière- 
ment descent  a  somme  telle  ou  telle  secus  se  generaument  demandoit 
dommages.  Si  conclut  auxdiz  fins. 

Duplique  Robert  et  dist  qu'il  ne  puet  faire  adjourner  lesdiz  enfans 
si  ne  défend  point  partie,  mais  suffît  adjourner  son  baillisseur  comme 
a  fait  et  lui  adjourner,  puet  demander  comme  a  fait  curateur  aux 
mineurs. 

Orléans  requiert  a  veoir  l'inventaire  et  bénéfice  d'icellui  et  dist  que 
c'est  raison,  combien  que  Robert  dist  le  contraire. 

Appoinctié  que  la  Court  verra  l'impetracion  et  lettres  dont  les  par- 
ties se  wellent  aydier  a  ce  commancement,  et  tout  veu  et  les  raisons 
considérées  fera  droit  et  au  conseil. 

(Arch.  nat.,  Xia  4788,  fol.  1 12.) 


L'HOTEL 


DE 


PHILIPPE  VI  DE  VALOIS 

(Fin*.) 


Gages  des  hostiez  du  Rot  Philippes  de  Valois,  de  la  Rotne,  des 
GENS  DES  Comptes,  du  Trésor,  du  Parlement,  des  maistbes  des 
monnoyes,  des  forests  et  des  mesureurs. 

Les  noms  de  ceux  qui  prendront  gaiges  par  le  compte. 
Premièrement.  Chevaliers. 

Mons.  Raoul,  comte  d'Eu,  connestable,  xxv  s.  par  jour  et  xx  1.  par 
an  pour  manlel. 

Mons.  Mahieu  de  Trie,  Mons.  Robert  Birain^,  Mons.  Bouchart  de 
Montmorenci,  Mons.  Regnaut  de  Trie,  Mons.  Troillart  d'Usages, 
Mons.  Hue  de  Bouille;  à  chascun  xxirii  s.  par  jour  et  x  1.  par  an 
pour  mante! . 

Mons.  Bouchart  de  Montmorency^,  panetier,  Mons.  de  Soucourt^, 
eschançon,  Mons.  Jehan  de  Ghasteillon^,  queu,  pour  leurs  gaiges  et 

1.  Voyez  le  commencernent,  plus  haut,  p.  465. 

2.  II  faut  sans  doute  lire  Robert  Bertrand,  qui  était  alors  maréchal  de  France. 

3.  Voir,  sur  Bouchard  de  Montmorency,  le  P.  Anselme  {Hist.  généal.,  t.  VIII, 
p.  610). 

4.  C'est  Gilles  de  Soyecourt,  qui  fut  échanson  de  France  de  1328  au  26  août 
1346,  jour  où  il  fut  tué  à  la  bataille  de  Crécy  (P.  Anselme,  op.  cit.,  t.  VIII, 
p.  521). 

5.  Jean  de  Châtillon,  queux  de  France  déjà  en  1328,  fut  dans  la  suite  pourvu 
de  la  charge  de  souverain  maître  de  l'hôtel  du  roi.  Il  mourut  en  1363  (P.  An- 
selme, op.  cit.,  t.  VIII,  p.  314  et  829). 


l'hôtel  de   PHILIPPE  VI  DE  VALOIS.  599 

leurs  servises  à  chascune  feste  annuel,  à  chascun  xxxii  1.  t.  et  x  1. 
par  an  pour  mantel. 

Mons.  Anssiau  de  Gienville',  seneschal  de  Ghampaigne,  xvi  s.  t. 
par  jour  et  x  1,  t.  pour  mantel  par  an. 

Clers. 

Mons.  Philippe  de  Meleun,  en  lieu  de  Mons.  Estienne  de  Mornay, 
Mons.  Guy  Baudet^,  Mons.  Raymon  Saquet^,  à  chascun  ii  s.  viii  d. 
par  jour  et  ii  s.  en  Parlement,  et  x  1.  par  an  pour  mantel,  et  restor 
pour  palefroy  x  1.,  pour  roucin  viii  1.,  et  pour  sommier  viii  1.,  quant 
le  cas  s'offre. 

Mons.  Guillaume  de  Foucherolles,  aumosnier,  ri  s.  viii  d.  par  jour 
et  x  1.  par  an  pour  mantel. 

Nicolas  de  la  Neuville,  xrx  d.  par  jour  et  x  1.  par  an  pour  mantel. 

Chappellains. 

Mons.  Robert  de  Vernon'',  Mons.  Nicolas  de  Corbeul,  Mons.  Symon 
de  Braelle^,  chascun  m  s.  iiii  d.  par  jour  et  x  1.  par  an  pour  man- 
tel, restor  pour  palefroy  x  1.  et  pour  sommier  viii  1.®,  quant  li  cas  si 

offre. 

Clers  de  chapelle. 

Mons.  Jehan  de  Ghielle,  Mons.  Jehan  de  Blays,  Mons.  Jehan  de 
Mante,  Mons.  Denis  le  Grant,  à  chascun  ii  s.  m  d.  par  jour  et  x  1. 
par  an  pour  mantel. 

Notaires. 

Maistre  Pierre  Barrière,  P.  de  Hangest,  Estienne  de  Gien,  Henry 
de  Dampierre,  Symon  Mordret,  Jehan  Parisot,  Jehan  d'Aci,  Ruilli  de 
Leonne,  Rémi  de  Sainte-Marguerite,  P.  Quesnot,  Gaudeffroy  de 
Boissi,  Jehan  de  Meleun,  Philippes  de  Vitri,  Rogier  de  Vistrebec, 
Nevelon  de  Ghaalis,  Guillaume  Chevron,  mestre  Jehan  de  Gharroles, 

1.  Anseau  de  Joinville,  fils  du  chroniqueur  Jean  de  Joinville,  était  sénéchal 
de  Champagne  et  conseiller  du  roi. 

2.  Guy  Baudet  devint  chancelier  en  1334,  évêque  de  Langres  en  1336  et  mou- 
rut en  1338. 

3.  Raimond  Saquet  fut  élu  évêque  de  Térouanne  en  1334.  Transféré  par  Clé- 
ment VI  au  siège  archiépiscopal  de  Lyon,  il  mourut  sans  doute  en  1358  [Gallia 
chrisUana,  t.  X,  p.  1560,  et  t.  IV,  p.  168). 

4.  Robert  de  Vernon  était  déjà  chapelain  de  Philippe  VI  en  mars  1328,  à 
l'époque  où  il  n'était  encore  que  régent  du  royaume  {Journaux  du  trésor,  n°  14). 

5.  Simon  de  Braelle  devint  plus  tard  trésorier  de  la  chapelle  royale  de  Paris, 
puis  aumônier  de  la  reine  {Journaux  du  trésor.  Voir  la  table  à  ce  nom). 

6.  V  1.  (Clair.,  833). 


600  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE  VALOIS. 

Girart  d'Arbuissat ,  Jehan  Lagattu,  Nicole  Daniel,  Pierre  Féaux, 
Jehan  d'Aubigny,  Guibuyn\  Gervaise  du  But,  Jacques  de  Boulay, 
Guichart  de  Fermes,  Henri  Martin,  Pierre  de  Verbrie,  G.  de  Savigny, 
Mahieu  Guéri,  Avril,  Ghalop,  Th.  Ferranc^;  Jaques  de  Jacines, 
Pierre  Julien,  mors,  à  chascun  vi  ^  s.  par  jour  aus  requestes,  en  Par- 
lement et  à  la  court  xix  d.,  et  x  1.  par  an  pour  mantel,  et  restor 
pour  palefroy  x  1.  et  pour  sommier  vin  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

Valiez  iranchans. 

Pierre  Brisebarre,  clerc  de  l'escuierie,  vi  ^  d.  par  jour.  Loys  de 
Biaumont,  Gillet  de  Bassincourt,  Batart  du  Bois,  Jehan  de  Soucourt, 
Robin  Fretart,  Charles  de  Jaunoy,  à  chascun  viii  d.  par  jour  et  c  s. 
pour  robe  par  an,  et  restor  pour  cheval  x  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

Valiez  de  chambre. 

Lucas  le  Borgne^,  au  lieu  de  Thomas  Coste,  à  court,  vi  d.  par 
jour,  et  es  besoignes  du  seigneur  un  s.  par  jour. 
Item,  ledit  Lucas,  pour  son  sommier  hors  et  ens,  xn  d,  par  jour. 
Lorens  le  Barbier,  xvn^  d.  par  jour. 
Item,  pour  son  sommier,  vi  d.  par  jour. 
Pierre  Paumier  ^  le  jeune,  xvii  d.  par  jour. 
Item,  pour  son  sommier,  xn  d. 
A  chascun,  c  s.  pour  robe  par  an. 

Huissiers  de  sale. 

Dit  Derrame,  Jehan  de  Gloe,  Denisot  du  Ghastel,  Gautier  de 
Recloses,  à  chascun  xxx  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an,  et  res- 
tor pour  cheval  x  1.  et  pour  sommier  vin  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

1.  Guibuyn  semble  être  une  mauvaise  lecture  pour  Gui  ou  Gui[llauraeJ  Buyn. 
Nous  trouvons  en  effet  une  charte  du  mois  d'août  1331,  signée  :  Par  le  roy,  à 
la  relacion  du  doyen  de  Saint-Martin  de  TQurs.  G.  Buyn.  (JJ.  66,  n"  914.) 

2.  Ce  dernier  est  parmi  les  morts  dans  Clair.,  833. 

3.  V  s.  (Clair.,  833). 

4.  viii  d.  (Clair.,  833). 

5.  Des  extraits  de  comptes  de  Lucas  le  Borgne,  tailleur  du  roi,  allant  de  1335 
à  1342,  ont  été  publiés  par  Leber  :  Pièces  relatives  à  l'histoire  de  France, 
t.  XIX,  p.  79  à  89. 

6.  xviii  d.  (Clair.,  833). 

7.  Pierre  Paumier,  valet  de  chambre  du  roi  et  fils  de  Pierre  Paumier,  qui 
remplissait  les  mêmes  fonctions,  fut  anobli  par  Philippe  VI  en  mars  1346 
(n.  st.)  (Arch.  nat.,  JJ.  76,  fol.  58  r",  n<"  68). 


l'hôtel   de    PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  60^ 

Portiers. 

Thomas  le  Fauconnier,  Thomas  des  Halles,  Phillpot  de  Ruel,  Gau- 
tier de  Henaut,  à  chascun  xiii  d.  par  jour,  et  iiii  1.  pour  robe  par  an, 
et  restor  pour  cheval  viii  1. ,  quant  le  cas  si  offre. 

Valiez  du  vin. 

Guillot  de  Venisse,  Godon  cors  noir,  Jehannin  de  Giencourl,  Jehan 
du  Bois,  Huet  d'Aties,  Simon  de  Hardenide,  Enguerran  de  Saint- 
Martin,  Ermot  de  Biauvez,  Jehan  de  Buissi,  Jehan  de  Biaujeu,  Raou- 
let  Chevaher,  Jehan  de  Rouvrey,  Billart  du  But;  à  chascun  xiii  d. 
par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an,  et  restor  pour  cheval  vin  1.,  quant 
le  cas  si  offre. 

Valiez  servans  de  Vescuelle. 

Roulant  Seneschal,  Rigaut  d'Aurregny,  Pierre  de  Ver,  Jehan  Des- 
paubourt,  Philipot  Mautrempé,  Pierre  des  Prés,  Pierre  Baucalu, 
Pierre  de  Pisseleu,  Symonnet  de  Norroy,  Mahiet  Esgret,  Michelet  du 
Bois,  G.  Paumier,  Jehan  de  Noue,  Symon  Fourquant,  Régnant  de 
Sens,  Pierre  de  Lose,  Gohn  de  Hangest,  Havet  de  Hangest,  à  chascun 
XIII  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an,  et  restor  pour  cheval  viix  L, 
quant  le  cas  si  offre. 

Autres  valiez  de  l'hostel. 

Thibaut  Marescot,  chauffecire,  ii  s.  vi^  d.  par  jour  à  vie. 

Pierre  Lampereur,  chauffecire,  à  court,  xiii  d.,  et  avec  le  seel  à 
Paris,  II  s.  vr^  d.  par  jour. 

A  chascun,  c  s.  pour  robe  par  an. 

Aaliz,  lavendiere  du  chief  le  Roy,  ii  s.  par  jour. 

Guillot  de  Mesi,  porteur  de  l'arbaleste  le  Roy,  vin  d.  par  jour  et 
c  s.  pour  robe  par  an. 

Robin  Doucet,  roys  des  Ribaus,  xiii  d.  par  jour  et  iiii  1.  pour  robe 
par  an. 

Vallet  le  confesseur,  xii  d.  par  jour. 

Gervaiset,  gueite,  Guillot  Bidart,  gaite,  à  chascun  x  d.  par  jour, 
et  à  chascun  pour  robe,  par  an,  c  s. 

Maistre  Yve  des  Pavillons,  à  court  x  d.,  et  es  besoignes  du  Roy  à 
Paris,  iiir  s.  par  jour,  et  pour  robe,  par  an,  c  s. 

1.  vm  d.  (Clair.,  833). 

2.  vni  d.  (Clair.,  833). 


602  l'hôtel    de   PHILIPPE   VI    DE   VALOIS. 

Michaut  du  Pin,  cordouannier,  à  court,  x  d.  par  jour,  et  es 
besoingnes  du  Roy  à  Paris,  un  s.  par  jour. 
Pierre  d'Auvillier,  querant  les  vesseaus  d'argent,  ii  s.  par  jour. 

Menestrieux. 

Jaque  de  Biauvais,  trompeur,  Bernart  Boudin,  trompeur,  à  chascun 
XIII  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an,  restor  pour  roucin  viii  1. , 
quant  le  cas  si  offre. 

Sommeliers. 

Colin  des  Espices,  Pincet,  de  la  chambre  le  Roy,  Jehannin  Cheva- 
lier, Jehannin  du  Mens,  de  la  chapelle  le  Roy,  Jehannin  Evrart, 
Gillet  de  Longvillier,  Moricet  Breton,  de  la  Chambre  aus  deniers, 
Jehannin  de  Chartres,  sommeiller  de  la  chapelle  le  Roy,  Gautier  de 
Venois,  sommeiller  de  la  chapelle  Mons.  le  duc,  Jehan  du  Franc, 
Jehan  de  Rouvroy,  Tassin  de  Bruille,  de  la  chambre  Mons.  le  duc,  à 
chascun  viii  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an. 

Charrestiers. 

Thevenot,  charretier  des  napes;  Perrin  Vari,  Tonnelet,  des  char- 
rettes de  l'eschançonnerie  ;  dit  Esclavelle,  de  la  charrette  de  la  cui- 
sine-, Adenet,  du  chariot  du  fruit;  Drouet,  du  tonnel  aus  deniers;  à 
chascun,  un  s.  vi  d.  par  jour,  et  restor  de  cheval  xii  1.,  quant  le  cas 
si  offre. 

Régnant,  dit  Nourreture,  des  grans  charrettes  de  la  cuisine,  à 
V*  s.  par  jour. 

Guerin  de  Pont,  du  chariot  de  la  chambre  le  Roy,  un  s.  par  jour. 

Robin  de  Lourme,  de  la  charrette  de  la  cuisine  Mons.  le  duc, 
iiii  s.  VI  d.  par  jour. 

Morbert,  garde  des  petits  chiens  du  Roy,  iiii  d.  par  jour. 

Mestiers  ou  Ouvriers. 

Mestre  Jaques  Vicent,  charpentier;  mestre  Gourrat,  maçon;  à 
chascun  iiii  s.  par  jour  et  c  s.  pour  robe,  par  an. 

Dit  d'Arrame,  seurgien,  m  s.  ii  d.  par  jour,  et  c  s.  pour  robe 
par  an,  restor  de  cheval  x  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

The  venin  de  Bruges,  huissier  de  Parlement,  ii  s.  par  jour  et  c  s. 
pour  robe  par  an. 

Guillemin  le  Marie,  sergent  des  enquestes,  xii  d.  par  jour. 

1.  VI  s.  (Clair.,  833). 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  603 

Saquet  de  Plalli,  fruitier,  xviii^  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe 
par  an. 

Fauconniers. 

Adam  d'Igny,  mestre  falcomiier,  v  s.  par  jour,  et  pour  mantel,  x  1. 
par  an.  Simon  Fauconnier,  Golart  de  Graonnois,  Grestien  Faucon- 
nier, Henry  de  Noyon,  Nicolas  Fauconnier,  Phiiipot  de  Buissi,  Guil- 
laume de  Marengle,  Niquaise  de  Hanin,  Fouquet  de  Bures,  Jehan 
de  Malterre,  à  chascun  iri  s.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an,  et 
restor  pour  cheval  xriii  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

Valiez  des  faucons. 

Gilet  d'Auque,  Jehan  Hure,  Jehan  de  Puisseleu,  Gilebin  Domisson, 
dit  Parceval  de  Gongnoilles,  Guillemet  Innequin,  Henriet  du  Baral, 
Perrot  de  Neuve  Rue,  Jehan  de  Villers  dit  Hanequin,  Guillot  fier  de 
Zure,  Warnier  de  Bailleul,  à  chascun  xiii  d.  par  jour,  et  restor  pour 
cheval  vm  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

Veneurs. 

Raoulet  Gocheret,  Perrinet  le  Veneur,  Henry  de  Meudon,  Denisot 
le  Sage,  Mahiet  de  Loncfort,  Guerinet  de  Fillemin,  à  chascun  m  s. 
par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an. 

Jehan  Tarin,  aide,  ii  s.  par  jour;  Golinet  Prévost,  xviii  d.  par  jour. 

Golinet  de  Besu,  Perrinet  Gueite,  Jehan  Roussel,  Thibaut  Morel, 
Jehannot  le  Piquart,  Denisot  Goquelet,  Angerran  Lalomont,  valiez 
des  chiens,  à  chascun  vin  d.  par  jour. 

Jehan  Grespin,  Guillot  Wardin,  Michiel  Marcel,  Gillet  le  Sage, 
Guillot  Gochet,  Perrinet  Dinort,  pages  des  chiens,  à  chascun  viii  d. 
par  jour. 

Archiers. 

Jehan  Dreue,  archier,  m  s.  par  jour;  Guillemin  Héraut,  Guillaume 
Rougiau,  Robin  Rougiau,  Guillot  Maillarl,  aide,  à  chascun  ii  s.  par 
jour  et  c  s.  pour  robe,  par  an. 

Pierre  de  Bonnecourt,  Jehan  Piniau,  Régnant  de  Huelievre,  Jehan 
Gaillart,  valiez  des  brachez,  à  chascun  viir  d.  par  jour,  et  pour  robe 
par  an  xl  s. 

Dit  Jençon,  vallet  des  ars,  iiii  d.  par  jour. 

Item,  pour  creue,  lx  s.  vm  d. 

1.  XVII  d.  (Clair.,  833). 


604  l'hôtel  de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

Lormier. 

Raoul  Lormier,  pour  lui,  m  valiez  et  xriii  chiens,  vu  s.  par  jour 
et  G  s.  pour  robe  par  an. 

Arhallestriers. 

Mons.  Pierre  de  Galart,  mestre  des  arhallestriers,  x  1.  pour  rohe 
par  an. 

Pierre  de  Archeise,  Guillot  Lalement,  Gilet  de  Troies,  Gieuffroy 
de  Montbiiaut,  G.  Lenfant,  Golart  de  Trapes,  Droet  de  Baigneux, 
Rohin  Puliau,  Girart  de  Monhliau,  Gaillart  Voisin,  Lohet  de  Ner- 
boise,  Guillaume  de  Gauvre,  Jehan  Berthelemy,  Jehan  Lalement  de 
Guiso,  Girart  Lalement,  à  chascun  v  s.  iiii  d.  par  jour  et  c  s.  pour 
robe  par  an,  et  restor  pour  grant  cheval  xxxii  1.,  pallefroy  x  1.  et 
pour  sommier  viii  1.,  quant  le  cas  si  offre. 

Sergens  sans  arballestriers. 

Ernaut  de  Millart,  Pierre  de  Bridai,  Jacques  de  Bonnart,  Havin 
Wartin,  Jehan  Tranessier,  Jehan  de  Borret,  Baudet  de  Havant, 
Tierri  de  Tul,  Estienne  de  Blome,  Tapart  du  Bois,  Guillaume  de 
Montsi  le  perreur,  Jehan  fier  à  braz,  Jehan  de  la  Forest,  Jehan  d'Au- 
vigny,  Pierre  de  la  Broce,  Gossin  de  Ri,  Pierre  de  la  Maliere,  Hutin 
de  Meruau,  Gieffroy  de  Ghastel,  à  chascun  v  s.  par  jour  et  c  s.  pour 
robe  par  an,  et  restor  comme  cy-dessus. 

Huissiers  d'armes. 

A  chascun  v  s.  un  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an,  restor  de 
chevalz  comme  ci-dessus. 


Gages  des  mestiers  de  l'hostel,  dont  les  menues  parties  sunt  en 
LA  Chambre  aus  deniers,  pour  dn  an  feni  a  jullet  CGC  XXXII, 
II""  III*^  1111='''  l.   xvii  s. 

Mestres  de  l'Hostel  et  chambellans. 

Mons.  Jehan  de  Beaumont,  Pierre  de  Jaunay,  Guillaume  de  la  Noe, 
Heroart  de  Belle  Perche,  Michiel  de  Roycourl,  Jehan  Ghandavoine, 
Hue  de  Rilly,  Hue  Kierel,  J.  d'Argenleil,  Robert  Frelart,  Mons.  Gief- 
froy de  Beaumont,  J.  de  Andresel,  Pierre  Troussiau,  à  chascun,  pour 
restor  de  leur  chevaux,  pour  tout  l'an,  c  1. 


L  HOTEL    DE    PHILIPPE   VI   DE   ViLOIS.  fi05 

Les  noms  des  personnes  qui  prennent  gaiges  en  l'hostel  de  madame 

LA  ROYNE,  sans  LES  VI  MESTIERS,  PAR  LE  COMPTE  DUDIT  H0STEL,  DU 
premier  JOUR  DE  JANVIER  CGC  XXXI  JUSQUES  AU  PREMIER  JOUR  DE 
JUILLET,    L'AN   CGC  XXXII. 

Gaipes  desdiz  vj  mestiers,  dont  les  parties  sont  en  la  Chambre  aus 
deniers  à  ce  terme,  viij^  viij  L  xvj  s.  vj  d.  parisis. 

Chapelains. 
Mons.  Jehan  de  Dijon,  aumosnier,  Mons.  Estienne  du  Mans,  chas- 
cun  III  s.  un  d.  par  jour. 

Clers  de  chapelle. 

Mons.  Pierre  de  Susay,  Mons.  Raoul  des  Giiamps,  Mons.  Guil- 
laume d'Aubenton,  Mons.  Pierre  le  Picarl,  à  chascun  ii  s.  m  d.  par 
jour. 

Valiez  tranchans. 

Girart  des  Loges,  Girart  de  Sace,  chascun  viii  d.  par  jour  et  c  s. 
pour  robe  par  an. 

Thomas  de  Perci,  tailleur  et  vallet  de  chambre,  un  s.  par  jour  et 
c  s.  pour  robe  par  an. 

Lui,  pour  son  vallet,  xii  d.  par  jour. 

Raoul  de  Saumur,  xvii  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an.  Ade- 
net  le  Pochetier,  vi  d.  par  jour. 

Jehan  Malebeste,  Pierre  de  Rouvre,  chascun  xix  d.  par  jour  et  c  s. 
pour  robe  par  an. 

Portiers. 

Philipot  Bourgois,  Guillot  le  Barbier,  chascun  xiii  d.  par  jour. 

Sommelliers  de  chapelle. 

Robin  Bonhomme,  Jaquet  Danier,  chascun  viii  d.  par  jour  et  c  s. 
pour  robe  par  an. 

Sommelliers  de  chambre. 

Huguenot,  Robin  L'Ermite,  chascun  viii  d.  par  jour. 

Sommeliers  de  Chambre  aus  deniers. 
Pierre  de  Berne,  Jehan  de  Viviers,  chascun  vm  d.  par  jour. 

Sommeliers  de  chambre  Madame  Marie. 

Jehennot  Dorion,  Perrinet  de  Rouvre,  chascun  vm  d.  par  jour. 
^894  39 


606  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

Valiez  servans  en  salle. 

Lemoyne  Duxf,  Estienne  de  Biaugieu,  Perreau  de  la  Roche,  Huet 
de  Guyse,  Huet  de  Ghaumoncel,  Guillaume  de  Houdenc,  Bertran  de 
Lyverdl,  Jehan  de  Grumesnil,  Colin  de  la  Rosière,  Philipot  du  Mes- 
nil,  Milet  de  Feugiere,  Robin  de  la  Lande,  Jehan  de  Tumberel,  Pierre 
de  Wybichi,  Jehennot  Muset  guete  Madame,  Ysabiau  la  lavendiere, 
à  chascun  xiii  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe  par  an. 

Guiot  Nourreture,  charretier  d'eschançonnerie,  Gourrart,  charre- 
tier de  cuisine,  chascun  un  s.  vi  d.  par  jour. 

Perrot  le  fureteur,  xviii  d.  par  jour. 

Guiot  Rabi,  clerc  au  confesseur,  vin  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe 
par  an. 

Jehan  Martin,  clerc  de  l'escuirie,  vi  d.  par  jour  et  c  s.  pour  robe 
par  an. 

Mons.  Aymery  Guenaut,  pour  viii  jours  que  il  y  fu,  ii  s.  viii  d. 
par  jour. 

Lui,  pour  VI  jours  à  Paris,  xii  s.  par  jour. 

Les  noms  des  personnes  qui  prennent  gaiges  en  l'hostel  madame 

LA  ROYNE,  SANS  LES  VI  MESTIERS,  PAR  LE  COMPTE  DCDIT  HOSTEL,  DU 
PREMIER  JOUR  DE  JUILLET  l'aN  GGG  XXXII  JUSQDËS  AU  PREMIER 
JOUR   DE  JANVIER   ENSUIVANT. 

Gaiges  des  mestiers  dont  les  parties  sont  en  la  Chambre  aus  deniers 
à  ce  terme,  vij'^  iiij'^'^  xix  l.  iij  s.  vj  d. 

Chapellains. 

Mons.  Jehan  de  Dijon,  aumosnier,  Estienne  du  Mans,  Mons.  Guy 
de  Rochefort,  chascun  m  s.  iiii  d.  par  jour. 

Clers  de  chapelle. 

Mons.  Pierre  de  Suzai,  Mons.  Raoul  des  Champs,  Mons.  Guillaume 
d'Aubenton,  Mons.  Pierre  le  Grant,  chascun  ii  s.  m  d. 

Valiez  tranchans. 

Girart  des  Loges,  Girart  de  Sace,  chascun  viii  d.  par  jour. 
Thomas  de  Percy,  valiet  de  chambre  et  tailleur,  un  s.  par  jour. 
Lui,  pour  son  vallet,  xii  d.  par  jour. 

Uuissiers. 
Jehan  Malcbeste,  Pierre  de  Rouvre,  chascun  xix  d.  par  jour. 


L  HOTEL   DE   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  607 

Portiers. 
Philippot  Bourgois,  Guillot  le  Barbier,  à  chascun  xiii  d.  par  jour. 

Sommeliers  de  chapelle. 
Robin  Bonhomme,  Jaquet  Danier,  à  chascun  viii  d.  par  jour. 

Sommelier  de  chambre  Madame. 
Huguenot,  xiii  d.  par  jour. 

Sommeliers  de  Chambre  aux  deniers. 
Perrin  de  Berne,  Jehan  de  Viviers,  à  chascun  viii  d.  par  jour. 

Sommeliers  de  chambre  Madame  Marie. 
Jehennot  Dorion,  Perrinet  de  Rouvre,  à  chascun  viii  d.  par  jour. 

Valiez  servans  en  sale. 

Lemoine  Duzi,  Estienne  de  Biaugieu,  Perreau  de  la  Roche,  Huet  de 
Cuyse,  Huet  de  Ghaumoncel,  Guillaume  de  Houdenc,  Bertran  de 
Liverdy,  Jehan  de  Grumesnil,  Colin  de  la  Rosière,  Philipot  du  Mes- 
nil,  Milet  de  Feugiere,  Robin  de  la  Lande,  Jehan  Tumberel,  Pierre 
de  Vibichy,  Jehennot  Muset  guete  Madame,  Ysabeau  la  lavendiere, 
à  chascun  xrii  d.  par  jour. 

Guiot  Nourreture,  charretier  d'eschançonnerie;  Courrart,  charre- 
tier de  cuisine,  chascun  un  s.  vi  d.  par  jour. 

Perrot  le  fureteur,  xviii  d.  par  jour. 

Guyot  Rabi,  clerc  au  confesseur,  viii  d.  par  jour. 

Jehan  Martin,  clerc  de  l'escuierie,  vi  d.  par  jour. 

Mestre  Rabien,  escrivain  Madame,  xviii  d.  par  jour. 

Robert  Chevalier,  mestre  des  oeseaux  en  cage,  xii  d.  par  jour. 

Cest  ce  que  ceus  de  la  Chambre  des  comptes,  clers  et  lays^  prennent 
pour  cause  de  leurs  offices  de  ladite  Chambre. 

Premier. 

H  y  a  deux  chevaliers,  c'est  assavoir  :  Mons.  Guillaume  Courte- 
heuse  et  Mess.  Guy  Chevrier,  qui  prennent  chascun  iiiic  1.  p. 

Item,  deux  bourgois,  c^est  assavoir  :  Martin  des  Essars,  qui  prent 
vi^  1.  p.  par  an,  et  Jehan  Billouart,  qui  prent  une  1.  p.  par  an. 

Item,  un  clers,  c'est  assavoir  :  mestres  Jehan  Justice,  Almarey 
de  Charmoye,  Jehan  Mignon  et  Jehan  de  Saint-Just,  qui  prennent 
chascun  iiii<:  1.  p.  par  an  pour  leurs  gaiges. 


608  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

Item,  XVI  clers,  qui  prennent  chascun  vi  s.  p.  par  jour,  et  chascun 
XXX  1.  p.  par  an. 

Item,  les  dessus  nommez,  les  ii  trésoriers  et  les  clers  du  trésor, 
ont  du  don  du  Roy,  à  volenté,  de  la  busche  à  ardoir  pour  ce  qu'il 
demeurent  plus  continuelment  à  Paris  pour  les  besoingnes  du  Roy 
que  nulles  de  ses  gens,  et  a  chascun  des  mestres  clers  et  lays, 
XII  quarterons  de  bûche  qui  puent  valoir  pour  chascun  de  euls  envi- 
ron XL  1.  p.,  et  chascun  des  xvi  clers  dessusdiz  en  a  vi  quarterons, 
qui  valent  pour  chascun  des  xvi  clers  dessusdicts  xx  1.  p. 

Item,  l'argentier  leur  a  accoustumé  à  délivrer  à  chascun  des 
mestres  et  trésoriers  quant  il  sont  des  comptes,  unes  mittaines  de 
drap,  uns  gans  de  cerf,  un  cuillier,  un  chapiau  de  feutre  d'esté  et  un 
d'isver,  chascun  an  ;  et  ont  accoustumé  d'avoir  un  quenivet  et  un 
petit  coutel  et  un  escriptoire  ensembles,  dont  chascun  des  xvi  clers 
en  a  un  coutel  et  un  quenivet  et  unes  mittaines  et  un  escriptoire. 

Item,  tous  les  mestres  des  comptes,  clers  et  lays  et  trésoriers, 
quant  ils  sont  des  comptes,  ont  chascun  restor  de  m  chevaux  quant 
il  eschiet  et  le  cas  s'offre;  c'est  assavoir,  pour  palefroy,  xxxii  1.  p., 
pour  sommier  xvi  1.  p.  et  pour  roucin  xii  1.  p.,  et  couvertures,  langes 
en  hyver,  et  couvertures,  hnges  en  esté  de  la  commune  livrée  de  l'es- 
cuierie  pour  les  couvrir.  Et  les  xvi  clers  dessusdis  ont  chascun 
restor  d'un  seul  cheval  sans  pris,  mes  tel  comme  l'en  leur  veult  rai- 
sonnablement compter  et  paier,  et  chascun  une  livrée  desdites  cou- 
vertures pour  un  seul  cheval. 

Item,  les  chevaliers  et  les  clers  de  ladite  Chambre  ont  en  l'hostel 
du  Roy  chascun  deux  mantiaus,  l'un  à  Pentecoste  et  l'autre  à  Noël; 
valent  à  chascun  desdiz  chevaliers  et  clers  x  1.  p.  par  an,  ainsi 
comme  les  autres  clers  et  chevaliers  du  Roy. 

Item,  les  drois  du  greffe  de  Ghampaigne  vallent  par  an,  à  chascun 
des  irii  clers  dessusdiz',  environ  xx  1.,  ou  tournois  ou  parisis,  et  à 
chascun  des  xvi  clers  dessusdiz  lx  s.  tournois  ou  parisis. 

Item,  les  tippes  (sic)  de  Nor mendie  et  le  greffe  de  France  et  de 
Poito  et  de  Xanctonge  puent  valloir  à  chascun  des  un  clers  dessus 
nommez,  avec  xxx  s.  p.,  une  selle  à  chascun  desdiz  un  clers,  xv  1. 
x  s.  p. 

Item,  toutes  les  gens  des  comptes,  ensemble  avec  les  trésoriers, 
quant  il  sont  des  comptes,  prenent  le  droit  du  trésorier  de  la  guerre, 

1.  Dans  le  Clair.,  833,  ce  paragraphe  se  termine  ainsi  :  «  à  chascua  des 
un  clercs  dessus  dis,  lx  s.  tournois  ou  parisis  ;  »  le  reste  manque. 


l'hôtel    de   PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  609 

quant  il  advient  que  il  reçoivent  compte  des  gens  d'arnnes  qui  ont 
esté  es  guerres  du  Roy,  quant  il  n'y  a  trésorier  de  guerre  qui  ce 
puist  faire,  ne  les  comptes  ordener  pour  rendre  et  mettre  en  fourme 
par  devers  la  court  ;  desqueles  choses  ainsi  oir  et  recevoir,  ordener 
et  mettre  en  fourme,  le  cas  ne  s'est  offert  que  ii  fois;  se  po  non  de 
tout  le  temps  de  ceus  qui  à  présent  sont  en  laditte  Chambre  des 
comptes,  lesquels  drois  ne  se  prennent  pas  sur  le  Roy,  mes  sur  les 
sodoiers,  et  en  ce  ne  puet  l'en  mettre  estimation. 

Cy  après  s'ensuient  les  gages  du  chancelier  et  des  gens  du  Parle- 
ment; c'est  assavoir  :  pour  le  chancelier,  ii™l.  p.;  pour  Mons.  Pierre 
de  Cugnieres^  et  Mons.  Hugues  de  Grusy^,  pour  chascun,  v°l.  p.;  et 
pour  autres  xxvii  ^  lays  tant  du  Parlement,  des  requestes  comme  des 
enquestes,  à  chascun  x  s.  p.  par  jour,  qui  montent,  de  la  Saint- 
Martin  d'yver  jusques  à  la  Nativité  Saint- Jehan -Baptiste,  pour 
11°  xxiiii  jours,  au  fuer  de  xiii  1.  x  s.  p.  par  jour  ;  pour  les  xxvii''  lays 
dessus  dis,  iri™  xxiiii  1.  p.,  et,  pour  lxxv  clers,  tant  dudit  Parlement 
corne  des  requestes  et  enquestes,  pour  chascun  v  s.  p.  par  jour- 
montent  pour  les  ii^  xxiin  jours,  au  fuer  de  xviii  1.  xv^  s.  p.  par 
jour,  pour  lesdiz  lxxv  clers,  un™  ii=  1.  p.  Et  ainsint  appert  que 
montent  les  gages  du  chancellier  et  des  gens  du  Parlement,  des 
requestes  et  des  enquestes,  sans  ceux  de  l'hostel  du  Roy,  par  le 
temps  dessus  dit,  x"  iio  xxiiii  1.  p. 

Item,  pour  Mons.  de  Noiers,  xvi":  1.  p. 

Item,  gages  de  ii  trésoriers  et  des  m  clers  du  trésor  le  Roy  à 
Paris  et  du  changeur;  c'est  assavoir  :  pour  les  ii  trésoriers  egaument 
xii"  1.  p.,  c'est  à  chascun  vi°  1.  p.  à  leur  vies. 

Gages  de  m  clers  et  d'un  changeur  oudit  trésor,  dont  l'un  des 
III  clers  est  pour  le  Roy,  et  les  ii  sont  pour  les  ii  trésoriers,  et 
prennent  chascun  vi  s.  par  jour,  et  le  clerc  du  Roy  a,  oultre  les  vi  s. , 

1.  Voir,  sur  ce  personnage  :  Bulletin  de  la  Société'  de  l'histoire  de  Paris  et 
de  l'Ile-de-France,  1884,  p.  134  et  suiv.,  1885,  p.  50  et  suiv.,  et  vicomte  de  Caix 
de  Saint-Aymour  :  Causeries  du  Besacier,  1"  série,  1892,  p.  231  et  suiv. 

2.  Hugues  de  Crusy,  qui  fut  prévôt  de  Paris  dès  1327,  devint  en  1330  pre- 
mier maître  du  Parlement  de  Paris  et  occupa  cette  charge  jusqu'en  1336  (Blan- 
chard, Éloges  des  premiers  présidents  du  Parlement  de  Paris,  in-fol.,  p.  5). 

3.  XXVIII  lais  (Clair.,  833).  C'est  une  erreur;  les  sommes  données  plus  loin 
sont  la  preuve  que  xxvii  est  le  nombre  exact. 

4.  xxviii  lais  (Clair.,  833). 

5.  XVIII  1.  XVI  s.  (Clair.,  833).  La  dernière  partie  de  cette  somme  est  égale- 
ment inexacte. 


6^0  l'hôtel   de   PHILIPPE    VI   DE   VALOIS. 

Lx  1.  p.  par  an  pour  creue;  monte  pour  yceuz  m  clers  et  changeur 
par  an  iiic  mi"  viir  1.  x  s.  p. 

Item,  il  y  a  viii  mestres  des  forez,  c'est  assavoir  :  Mons.  Jehan  le 
Veneur,  Pierre  Machau,  mestre  Guillaume  de  Villers,  mestre  Jollain 
Quenaut,  Geffroy  des  Essars,  Jehan  Bardilly  et  Vincent  du  Ghastel, 
qui  prennent  chascun  x  s.  p.  par  jour  et  c  1.  p.  par  an;  c'est  pour 
chascun  ii*'  1111^'^  11  1.  x  s.  par  an,  et  montent  11™  iic  lx  1.  par  an  pour 
les  VIII  mestres  de  forez. 

Item,  il  y  a  V  mesureurs  de  forez,  c'est  assavoir  :  Estienne  du 
Tertre,  Gilet  son  frère,  GefTroy  Doques,  Oudart  Goyn,  Guillaume  de 
Lontperier,  prenans  chascun  un  s,  vi  d.  p.  par  jour;  montent  avec 
Adenet  de  Laigny,  sisime,  qui  prent  x  1.  p.  par  an,  et  montent  pour 
un  an  iin<:  xx  1.  xii  s.  vi  d.  p. 

30  décembre  ^1336. 

C'est  ce  qu'il  fd  ordené  par  le  Rot  sur  son  hostel  et  sur  l'estat 
Monseigneur  le  duc  de  Normandie  la  semaine  de  Noël  au  Louvre, 
l'an  CGC  trente-six. 

Il  fut  ordené  par  le  Roy  en  son  conseil,  à  Paris,  au  Louvre,  lundy 
XXX  jour  de  décembre  GGG  XXX  VI,  ce  qui  ensuit  : 

Le  grant  maistre  d'ostel  ira  et  venra  quant  il  li  plaira,  et  des 
autres  maistres  aura  tousjours  m  à  court. 

Item,  les  maistres  d'ostel,  les  chambellans,  la  Chambre  aus 
deniers,  les  pannetiers,  eschançons,  queus  et  escuyers  de  cuisine 
auront  les  livroisons  accoustumées,  et  tous  autres  qui  auront  m  che- 
vaus  auront  11  s.  vi  d.  de  gaiges,  et  ceux  qui  ont  11  chevaus,  xix  d. 
de  gaiges,  et  ceux  qui  ont  un  cheval,  xiii  d.  de  gaiges  par  jour  pour 
livroison. 

Item,  les  queus  feront  le  service,  achateront,  querront  et  garderont 
les  choses  qui  à  Toffice  de  la  cuisine  appartient  et  conteront,  et  ne 
s'en  mesleront  li  escuyer,  fors  que  de  servir  en  salle. 

Item,  le  Roy  ne  retendra  plus  de  valiez  servans  en  salle,  et  se  il 
retenoit  aucun,  il  ne  sera  pas  cscrit  en  la  Chambre  aus  deniers  jusques 
à  tant  que  li  Roy  le  commendede  bouche;  et  veut  le  Roy  qu'il  revei- 
gnet  au  nombre  de  xxx  et  ne  donne  pas  pour  ce  congé  à  ceuls  qu'il 
a  retenus  avant  cette  ordenance,  et  ne  seront  tousjours  que  xiiii. 

Item,  il  fu  ordené  par  les  gens  monseigneur  le  duc  de  Normandie 
ce  qui  s'ensuit  : 


l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  61  ^ 

Monseigneur  le  duc  de  Normandie  aura  Lousjors  quant  il  chcvau- 
cera  ii  bannerez  ou  m  au  plus  el  m  bacheliers,  et  se  ordeneront  les 
bannerez  et  bacheliers  en  cette  manière  qu'il  soient  tousjors  comme 
dessus  est  devisé;  et  gerront  les  ii  ou  m  bannerez,  tous  en  une 
chambre,  et  auront  viii  chandelles  et  bûche  tous  ensemble,  autant 
comme  ii  ont  à  présent,  et  une  torche  pour  eus  m  ;  et  les  m  bache- 
liers gerront  en  une  chambre  et  auront  viii  chandelles  et  bûche  tous 
ensemble  autant  comme  deux  ont  à  présent  et  une  torche  pour 
eux  III. 

Item,  fut  ordené  que  es  festes  et  es  grans  assemblées  de  gens,  li 
banneret,  bachelier,  escuyer  ou  autres,  venet  avecques  aucuns  sei- 
gneurs desquiex  il  ayent  robes,  il  ne  prendront  riens  fors  que  m 
comme  dessus  est  dit,  se  il  ne  sont  mandé  par  lettres  ou  se  il  ne 
venoit  tant  seulement  pour  accompagnier  monsei^eur  le  duc. 

Item,  le  pannetier,  eschançon,  les  queux  et  chambellans  monsei- 
gneur le  duc,  auront  les  livroisons  accoustumées,  et  tous  autres  qui 
auront  m  chevaus  auront  ii  s.  vr  d.  de  gaiges,  et  ceux  qui  ont 
II  chevaus,  xix  d,  de  gaiges,  et  ceux  qui  ont  un  cheval,  xiii  d.  par 
jour  sans  livraison.  Et  aura  avec  monseigneur  le  duc  tousjours  un 
pannetier,  un  eschançon,  un  queu  et  ii  chambellans. 

Item,  monseigneur  le  duc  aura  tousjours  ir  valiez  tranchans  et 
prendront  autiex  gaiges  comme  il  est  devisé  cy-dessus. 

Item,  les  valiez  qui  sont  avec  nos  jeunes  seigneurs  qui  sont  avec 
monseigneur  le  duc  auront  chascun  xii  d.  par  jour  sans  prendre 
livraison. 

28  mai  4350. 

Maisons  du  Rot,  etc.,  et  Officiers  d'icelles. 
Ordonnance  touchant  l'hostel  du  Roy^ 

C'est  l'ordonnance  de  l'hostel  du  Roy  Philipes  de  Valois  et  de  mon- 
seigneur le  duc  d'Orlians,  faite  par  ledit  seigneur  au  bois  de  Vin- 
cennes,  venredy  vingt-huitième  jour  de  may,  l'an  mil  trois  cens  cin- 
quante, presens  l'archevesque  d'Aux  et  les  evesques  de  Laon  et  de 
Tournay,  Pabbé  de  Saint-Denis  en  France,  messire  Robert  de  Dreux  2, 

1.  Une  note  du  reg.  P.  2292  nous  apprend  que  cette  ordonnance  se  trouvait, 
avant  l'incendie  de  1737,  dans  le  Mémorial  C,  fol.  78  V. 

2.  Robert  de  Dreux,  seigneur  de  Beu,  était  souverain  maître  de  l'hôtel  du 
roi  en  1344.  Il  fut  choisi  pour  être  l'un  des  exécuteurs  de  son  testament 
en  1347  et  mourut  en  1351  (le  P.  Anselme,  Eist.  généal.,  t.  VIll,  p.  313). 


6^2  l'hôtel   de    PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

seigneur  de  Beu,  grant  maistre  d'hostel,  le  seigneur  de  Moucy,  Gilles 
de  Malligny  et  Pierre  de  Hargeville,  chevaliers  le  Roy  et  maistres  de 
son  hostel,  par  laquelle  l'hostel  est  restraint  à  ce  que  continuelle- 
ment ne  pourra  plus  avoir  de  gens  à  court  mangans  en  salle  ne  pre- 
nans  gages  que  en  ladite  ordennance  est  contenu. 

Premier.  Le  grant  maistre  d'hostel  yra  e  venra  à  court  quant  il  ly 
plaira  et  mangera  en  salle  devers  monseigneur  le  duc  d'Orlians  et 
prendra  cinquante  sols  tournois  de  gages  par  jour  pour  touttes  choses 
et  ne  prendra  rien  pour  escuyers  ne  pour  nuls  autres  de  ses  gens 
devers  les  offices  de  l'hostel,  fors  que  les  gages  cy-dessus  devisiez. 

Le  vicomte  de  Melun  ^  mangera  en  salle  et  prendra  cinquante  sols 
tournois  de  gages  par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  chambellans  toujours  à  court  et  non  plus,  dont  l'un  man- 
gera en  salle  et  l'autre  devers  le  Roy,  et  prendront  chascun  cinquante 
sols  tournois  de  gages  par  jour  en  la  manière  que  cy-dessus  est 
devisé  pour  ledit  grant  maistre  d'hostel. 

Deux  maistres  d'hostel  toujours  à  court  et  non  plus;  ils  mangeront 
en  salle  et  prendront  chacun  vingt-sept  sols  tournois  de  gages  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Maistre  Regnault  de  Giry,  maistre  veneur,  mangera  en  salle,  toute- 
fois qu'il  venra  à  court  et  ne  prendra  riens  plus,  fors  les  gages  qu'il 
prend  à  cause  de  son  office. 

Messire  PheUpes^  Dauvin,  maistre  fauconnier,  mengeraen  salle  et 
prendra  vingt-sept  sols  tournois  par  jour,  desquiex  l'en  li  rabatera 
cinq  sols  parisis  par  jour  qu'il  prêtent^  pour  son  office  de  maistre 
fauconnier  à  sa  vie  sur  le  clergié  de  Montreuil  sur  la  mer. 

Un  chevalier  des  requestes  toujours  à  court,  et  non  plus,  et  ne 
mangera  point  en  salle,  et  prendra  vingt-sept  sols''  de  gages  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Un  clerc  des  requestes  toujours  à  court  et  non  plus ,  et  prendra 
quinze  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Le  confesseur  aura  livraison  en  la  manière  qu'il  a  accoustumée. 


1.  Jean  I",  vicomte  de  Melun  et  comte  de  Tancarville,  fut  créé  chambellan 
en  1318,  Il  exerça  ces  fonctions  sous  Philippe  de  Valois  jusqu'à  sa  mort  en 
1347  (le  P.  Anselme,  Hist.  gënéal.,  t.  VIII,  P.  443). 

2.  Christophle  (Arch.  nal.,  P.  2292). 

3.  «  Prent  »  (P.  2292). 

4.  «  Tournois  »  (P.  2292). 


l'hôtel   de    PHILIPPE  Vr   DE   VALOIS,  613 

L'aumosnier  mangera  en  salle  pour  garder  l'aumosne  et  prendra 
quinze  sols  tournois  par  jour^  pour  toutes  autres  choses. 

Le  clerc  de  l'aumosne  prendra  quinze  sols  tournois  par  jour  quant 
il  sera  à  court  ou  en  besoigne  du  Roy  à  Paris  pour  touttes  choses  ; 
et  s'il  estoit  à  court  et  Taumosnier  n'y  fust,  il  raangeroit  en  salle  pour 
garder  Paumosne  et  prendroit  dix  sols  tournois  par  jour. 

Un  phisicien  toujours  à  court  et  non  plus,  et  prendra  vingt  sols 
tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Quatre  2  chapelains  toujours  à  court  et  prendront  chascun  quinze 
sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses,  et  ne  prendront  point  de 
vin,  pour  ce  que  les  autres  gens  de  l'hostel  y  prendroient  exemple. 

Trois  clercs  de  chapelle  toujours  à  court,  et  prendront  chascun 
douze  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Trois  aydes  de  chapelle;  ils  mangeront  en  salle  et  prendront  chas- 
cun trois  sols^  par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  secrétaires  toujours  à  court  et  non  plus,  l'un  civil  et  l'autre 
criminel  ;  ils  mangeront  à  court  et  prenront  chascun  douze  sols  six 
deniers  tournois  par  jour  pour  touttes  autres  choses. 

Et  ceux  qui  ont  six  sols  parisis  de  gages  par  jour  à  vie,  ils  leur 
seront  rabatus  de  douze  sols  six  deniers  tournois  par  jour  cy-dessus 
devisiez. 

Quatre  notaires  serviront  le  Roy,  dont  les  deux  seront  de  service 
et  serviront  à  leurs  gages  de  sept  sols  six  deniers  tournois  par  jour, 
et  ceux  qui  seront  assis  de  leurs  gages  à  vie  serviront  aux  gages  qui 
leur  seront  assignez. 

Deux  valets  tranchans  toujours  à  court  et  non  plus,  et  mange- 
ront en  salle,  et  auront  chascun  huit  sols  tournois  par  jour  pour 
toutes  autres  choses. 

Trois  valets  de  chambre,  dont  l'un  mangera  en  salle  et  les 
autres  ii  devers  le  Roy,  et  prenront  chascun  cinq  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Le  tailleur,  le  cordouanier,  mangeront  en  salle  aux  festes  annuelles 
tant  seulement,  et  prenra  ledit  tailleur  quant  il  sera  à  court  ou  es 
besoignes  du  Roy  à  Paris,  à  cause  de  la  taillerie,  cinq  sols  tournois 
par  jour,  et  ledit  cordouannier,  quant  il  sera  à  court,  deux  sols  six 

1.  «  Par  jour  »  est  supprimé  dans  Clair.,  833. 

2.  III  (Clair.,  833). 

3.  «  Tournois  »  (P.  2292). 


6^4  l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

deniers  tournois  par  jour,  et  es  besoignes  du  Roy  à  Paris,  pour  cause 
de  son  office,  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Une  guette  toujours  à  court,  et  non  plus,  et  mangera  en  salle,  et 
prenra  deux  sols  six  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  autres 
choses. 

Un  huissier  de  salle  mangera  à  court  et  prenra  cinq  sols  tournois 
par  jour  pour  toutes  autres  choses. 

Raymondin  ira  et  venra  à  court  toutesfois  qu'il  luy  plaira,  et 
prenra  en  la  manière  dudit  huissier. 

Deux  portiers,  chacun  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Deux  valiez  de  porte,  chascun  cinq  sols  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Quatre  valiez  servans  de  vin  et  d'écuelle  ;  ils  mangeront  en  salle 
et  prenront  chascun  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  autres 
choses. 

La  lavendiere  du  chief  prendra,  se  elle  est  à  court,  dix  sols  tour- 
nois par  jour,  et  se  elle  n'est  à  court,  les  filles  qui  feront  son  office 
prendront  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Le  Roy  des  Ribaux  aura  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Le  valet  qui  quiert  la  veisselle  d'argent,  deux  sols  six  deniers 
tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Six  sommeliers  de  chambre  le  Roy,  dont  les  cinq  mangeront  en 
salle,  et  celuy  du  corps  devers  le  Roy  pour  faire  son  office. 

Un  sommelier  d'armeures  et  m  sommeliers  de  chapelle  mangeront 
tous*  à  court  s'ils  y  sont,  et  prendront  chascun  dix  deniers  tournois 
par  jour  pour  toutes  autres  choses. 

Le  vallct  de  la  garde  robe  du  cors  et  le  vallet  de  la  garde  robe  du 
commun  prendront  livraison,  c'est  à  savoir  :  chascun  six  pains,  une 
quarte  de  vin  et  une  pièce  de  char  pour  tout  le  jour^. 

Un  huissier  d'arme  et  quatre  sergens  d'arme  mangeront  en  salle 
et  prendront  les  gages  anciens. 

Un  chirurgien,  dix  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Celuy  qui  garde  les  petits  chiens,  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  toute  chose. 

1.  «  Tous  »  supprimé  dans  Clair.,  833. 

2.  a  Toute  ctiose  »  (P.  2292), 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE  VALOIS.  615 

Le  vallet  d'aumosne  qui  départ  les  mereaus  aval  le  pais  et  à  che- 
val du  Roy,  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  autres  valiez  d'aumosne,  treize  messagiers,  le  vallet  qui 
garde  les  chevaus,  maistre  Jehan  le  fol,  le  vallet  au  confesseur,  pren- 
dront, s'ils  sont  à  court,  chascun  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Le  maistre  de  la  Chambre  aux  deniers,  le  contreroulleur  de  ladite 
chambre,  chascun  vingt  sols  tournois  par  jour. 

Le  clerc  de  ladite  chambre,  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Trois  sommeliers  de  ladite  chambre,  chascun  trois  sols  tournois 
par  jour  pour  toutes  choses. 

Six  chartiers  des  six  mestiers  dudithostelprenront  chascun  quatre 
sols  six  deniers  parisis  par  jour  pour  toutes  choses,  montans  par 
jour  pour  tous  ensemble  vingt-sept  sols  parisis,  qui  valent  xxxiii  s. 
IX  d.  t. 

Deux  frères  de  Saint-Augustin  mangeront  en  salle,  et  prendront 
huit  sols  tournois  par  jour  pour  eux  deux  ensemble. 

L'escuyer  d'Escosse  mangera  en  salle  et  prendra  foin  et  avoine 
pour  trois  chevaux;  et  pour  vallet,  hostellage  et  pour  toutes  autres 
choses,  trois  ^  sols  tournois  par  jour. 

Trois  menestreulx  de  Tournay  mangeront  en  salle  et  prendront 
chascun  deux  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Sommes  des  gages  cy-dessus  nommés,  xxxix  I.  v  s.  viii  d.  t.  par 
jour.  Valent  xxxi  1.  vrii  s.  v  d.  p. 2. 

Panneterie. 

Un  pannetier  mangera  en  salle  et  prendra  huit  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Un  clerc  aura  sept  sols  six  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Un  oublier  prendra  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  sommeher  de  nappes  prendra  trois  sols  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Un  ayde  de  nape,  un  garde  chambre,  prendront  chascun  quinze 
deniers  tournois  de  gages  par  jour  pour  toutes  choses. 

1.  un  s.  (Clair.,  833). 

2.  Ce  paragraphe  n'existe  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  ms.  fr.  7855. 


6i6  l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

Un  porte  chape  prendra  deux  sols  six  deniers  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Un  ayde  de  panneterie  prendra  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Eschançonnerie. 

Un  eschançon  mangera  en  salle  et  prendra  huit  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Un  clerc  prendra  sept  sols  six  deniers  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Un  sommelier  mangera  en  salle  et  prendra  ^  six  sols  six  deniers 
tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  barilliers,  dont  l'un  sera  tousjours  à  court  et  mangera  en 
salle  et  ne  prendra  riens  plus,  et  l'autre  qui  yra  aval  le  païs  pour 
quere  vin  pour  le  Roy  prendra  trois  sols  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Le  garde  huche,  sans  gages,  aura  livraison,  c'est  à  scavoir  :  six 
pains,  une  quarte  de  vin  et  une  pièce  de  char  pour  tout  le  jour. 

Deux  aydes  et  un  vallet  pour  quérir  les  voitures  prendront  chas- 
cun  quinze  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Cuisine. 

Un  escuyer,  un  queue  mangeront  en  salle  et  prendront  chascun 
huit  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  clerc  prendra  sept  sols  six  deniers  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Deux  aydeurs,  dont  l'un  fera  son  office  et  l'autre  l'office  de  pois- 
sonnerie, et  aura  chascun  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Un  hasteur,  un  soufleur  prendront  chascun  trois  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Un  saulcier  prendra  trois  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses^. 

Deux  valiez  de  saulcerie  prendront  chascun  deux  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Un  ayde  et  un  garde  de  sausserie,  chascun  prenra  xv  deniers  tour- 
nois par  jour  pour  toutes  choses. 

1.  c  Deux  sols  »  (P.  2292). 

2.  Les  trois  paragraphes  relatifs  à  la  Saucerie  forment  dans  le  registre  P.  2292 
un  chapitre  séparé  placé  entre  la  Cuisine  et  la  Fruiterie. 


l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  6<7 

Deux  pages,  deux  enfans  prendront  chascun  deux  sols  tournois 
par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  porteurs  prendront  chascun  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Un  voiturier  et  son  cheval  compris  en  l'office  prenra  xxv  deniers 
tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  huissier  de  cuisine  prendra  deux  sols  six  deniers  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Fruicterie. 

Un  fruictier  mangera  en  salle  et  prenra  cinq  sols  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Un  sommelier  prendra  trois  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Deux  valiez  de  fruit  et  un  chaufecire,  chascun  prenra  ii  sols  tour- 
nois par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  aydes,  chascun  prenra  quinze  deniers  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Escuierie. 

Deux  escuyers  toujours  à  cour  et  non  plus,  et  mangeront  en  salle, 
et  prendront  chascun  fein,  avoine  et  forge  pour  deux  chevaux,  et 
pour  leurs  valiez,  hostelages,  et  pour  toutes  autres  choses  ^  trois  sols 
tournois  par  jour. 

Un  clerc  toujours  à  cour  et  prendra  fein,  avoine  et  forge  pour  un 
cheval  et  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  autres  choses. 

Un  mareschal  prendra  six  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Deux  valiez  de  forge  prendront  chascun  trois  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Six  chevaucheurs,  chascun  prendra  cinq  sols  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Thomas  Acart,  trois  sols  tournois  par  jour  pour  ce  qu'il  a  à  voir 
devers  le  train. 

Ghastriot,  des  pallefrois,  Perrot  Gottelle,  vallet  de  commun,  man- 
geront en  salle  et  ne  prendront  rien  plus. 

Le  vallet  pour  les  chevaux  du  parement  prenra  trois  sols  tournois 
par  jour  pour  toutes  choses. 

xxxix  valiez  qui  gardent  pallefroiz,  coursiers  et  sommiers,  chascun 
quinze  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

l.  «  Chacun  »  (P.  2292). 


6^8  l'hôtel   de   PHILIPPE  VI   DE   VALOIS. 

Deux  valiez  porteurs  et  un  mesureur  d'avoine  prendront  chascun 
quinze  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses  ;  et  sont  dix  por- 
teurs et  mesureurs,  si  comme  l'en  dit,  des  queux  l'on  retendra  les 
trois  plus  soufisant,  et  aux  autres  l'en  donnera  congié. 

Fourrière. 

Un  fourrier  mangera  en  salle  et  prendra  cinq  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Le  clerc  prendra  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  touttes  choses. 

Deux  valets  de  fourrerie,  chascun  prendra  cinq  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  choses. 

Le  sert  de  Fiaue  mangera  en  salle  et  ne  prendra  plus  riens. 

Quatre  aydes  de  fourrerie  et  trois  sous  aydes,  à  chascun  quinze 
deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Les  quatre  aydes  qui  hébergent  le  grant  maistre  d'hostel,  les  cham- 
bellans, les  maistres  d'hostel,  la  Chambre  aux  deniers,  chascun  quinze 
deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Sommes  des  gages  aux  gens  des  six  offices  de  l'hostel  du  Roy, 
xiiii  1.  un  d.  t.  par  jour,  valent  xi  1.  un  s.  iiii  d.  ^  [p.]. 

Somme  tous  des  gages  que  les  gens  de  l'hostel  du  Roy  prendront 
tant  des  six  offices  comme  d'autres,  chascun  jour,  lui  1.  vi  s.  t., 
valent  xlii  1.  xii  s.  ix  d.  p.^. 

Item,  que  les  chapelains  et  les  clercs  de  chapelle  ne  prendront 
plus  nuls  lumineures  d'anniversaires  ne  de  nouvelles  festes,  mais 
chascun  chapellain  prenra  pour  sa  cire,  pour  tout  l'an,  à  l'Ascension 
es.  p.,  et  chascun  clerc  de  chapelle  cinquante  sols,  en  la  manière 
qu'ils  souloient  faire  anciennement. 

Item,  que  l'aumosne  du  Roy  prenoit  chascun  jour  en  la  panne- 
terie  environ  deux  septiers  deux  boisseaux  de  bleds,  en  l'échançon- 
nerie  m  muids  un  septiers  de  vin,  et  en  la  cuisine  vingt-cinq  ^  pièces 
de  char  pour  départir  à  douze  vingt  poures;  si  semble  au  conseil  que 
la  dépense  de  l'hostel  seroit  bien  déchargiez  et  les  prinses  restraintes, 
si  elle  éloit  mise  à  argent;  si  voult  le  Roy  que  l'aumosnier  eut  chas- 
cun jour  jusques  à  Noël,  pour  les  choses  dessusdites,  dix  livres  pari- 
sis  à  prendre  par  la  Chambre  aux  deniers  et  qu'il  fust  payé  par  chas- 

t.  Ce  |)arasraphe  n'existe  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  ms.  fr.  7855. 

2.  Ce  paragraphe  n'existe  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  rns.  fr.  7855. 

3.  cxv  (Clair.,  833,  et  ms.  fr.  7855). 


l'hôtel   de    PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  6^9 

cune  semaine  sans  faire  faute  et  n'y  eut  plus  d'argent  en  ladicte 
Chambre. 

Ilem,  messeigneurs  Nicole  GlioiseP,  Ogier  d'Anglure,  Jehan  de 
Meudon  2  et  Guilleaume  de  Praelles,  chevaliers  d'honneur  du  Roy, 
mangeront  à  court  quant  il  y  venront  et  ne  pouront  estre  toujours 
que  deux  à  court,  et  prenront  chascun  six  sols  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

C'est  l'ordeîvaxce  de  l'hostel  de  Monseigneur  le  duc  d'Orliens, 
faite  par  le  roi  au  bois  de  vlixcennes  le  vendredy  vingt-huitieme 

JOUR  DE  MAY  l\n  DESSUSDIT,   PRESENS  LES  DESSUS  NOMMEZ  EN  l'oRDE- 

NANCE  DU  Roi. 

Premièrement. 

Le  comte  de  Dampmartin^  et  le  comte  de  Sancere''  mangeront  à 
court,  en  leurs  personnes  tant  seulement,  et  prenront  chascun  quinze 
sols  tournois  par  jour  pour  toutes  autres  choses. 

Un  chevalier  maistre  d'hostel  toujours  à  court  et  non  plus,  et 
mangera  en  salle  et  prendra  vingt-cinq  sols  tournois  par  jour  pour 
toutes  autres  choses.  • 

Deux  chambellans  toujours  à  court  et  non  plus,  et  mangeront  en 
salle  et  prendront  chascun  huit  sols  tournois  de  gages  par  jour  pour 
toutes  autres  choses. 

Le  chantre  de  Senlis,  conseiller  dudit  monseigneur  le  Duc,  est 
assigné  de  vingt  sols  tournois  de  gages  par  jour  sur  la  recette  de 
Beaumont  le  Rogier^-,  le  Roy  veut  qu'il  ne  les  y  preigne  plus,  mais 
touttes  voye  qu'il  sera  à  court  ou  es  besoignes  dudit  monseigneur  le 
Duc  et  il  rapportera  la  commission  en  la  Chambre  aus  deniers,  pour- 
quoy  il  aura  esté  envoyé  hors,  qu'il  preigne  en  ladite  Chambre  vingt- 
cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

1 .  Ce  Nicole  Ohoisel  est  sans  doute  le  même  que  le  Nicolas  Choisel,  verdier 
de  la  forêt  de  Breteuil,  signalé  par  le  P.  Anselme  [Hist.  généal.,  t.  VIII,  p.  685, 
art.  Renaud  de  Giry). 

2.  Jean  de  Meudon  fut  maître  de  la  vénerie  du  roi  et  des  eaux  et  forêts  à 
la  On  du  règne  de  Philippe  VI  (P.  Anselme,  op.  cit.,  t.  VIII,  p.  686). 

3.  Ce  comte  de  Dammartin  est  Charles  de  Trie,  qui  succéda  à  son  père  Jean  II 
vers  1337. 

4.  Jean  III,  comte  de  Sancerre,  succéda  en  1346  à  son  père  Louis  II  qui  avait 
été  tué  à  la  bataille  de  Crécy.  Il  mourut  en  1403. 

5.  Beaumont-le-Roger,  Eure,  ch.-l.  de  cant. 


620  l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

Mons.  Jehan  Dovion,  chapelain,  mangera  en  salle  et  prendra  huit 
sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  secrétaire  toujours  à  court  et  non  plus,  et  mangera  à  court  et 
prendra  sept  sols  six  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses  ^ 

Un  vallet  tranchant  mangera  à  court  et  prendra  six  sols  tournois 
par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  vallet  de  chambre  mangera  à  court  et  prendra  trois  sols  tour- 
nois par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  huissier  de  salle  mangera  à  court  et  prendra  trois  sols  tournois 
par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  vallet  de  porte  prendra  dix-huit  deniers  parisis  par  jour  pour 
toutes  choses  et  ne  mangera  point  en  salle. 

Trois  jeunes  escuyers  d'honneur,  pour  esbattre  ledit  monseigneur 
le  Duc,  mangeront  en  salle  et  prendront  chascun  quatre  sols  tour- 
nois par  jour  pour  toutes  choses. 

Trois  menestreulx  mangeront  à  court  et  prendront  chascun  deux 
sols  tournois  par  jour, 

Thibault  le  Nain  mangera  en  salle  et  prendra  fein  et  avoine  pour 
son  cheval  et  quinze  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses^. 

Deux  sommeliers  de  chambre  mangeront  en  salle  et  ne  prendront 
riens  plus. 

Le  vallet  de  la  garde  robe  prendra  livraison,  c'est  à  savoir  :  six 
pains,  une  quarte  de  vin  et  une  pièce  de  char  pour  tout  le  jour. 

Deux  veneurs,  chascun  prendra  cinq  sols  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Un  vallet  de  chiens  prendra  xviii  d.^  parisis  par  jour  pour  toutes 

choses. 
Un  page  des  chiens  prendra  quinze  deniers  tournois  par  jour  pour 

toutes  choses. 

Creue  depuis  ladite  ordenance. 

Messire  Phelippes  Ghalles  Sarrazin,  chevaUer  et  filleul  de  monsei- 
gneur le  duc  d'Orlians  ;  il  mangera  en  salle  et  prendra  fein,  avoine 
et  forge  pour  deux  chevaux,  et  pour  toutes  autres  choses,  sept  sols 
six  deniers  tournois  par  jour  du  commandement  du  Roy,  par  mes- 
sire Yves  de  Montigny,  maistre  d'hostel. 

1.  Ce  paragraphe  n'existe  pas  dans  Clair,,  833,  ni  dans  le  ms.  fr.  7855. 

2.  Pour  son  valet  (P.  2292). 

3.  Dix  sols  (P.  2292). 


l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS.  62^ 

Un  phisicien  mangera  à  court  et  prendra  dix  sols  tournois  par 
jour  pour  toutes  autres  choses. 

Guillemin  d'Is,  clerc,  fera  les  lettres  et  aydera  à  chanter  les  messes 
et  gardera  les  aournemens  de  la  chapelle  dudit  monseigneur  le  Duc, 
et  se  ledit  seigneur  se  partoit  de  la  compagnie  du  Roy,  ledit  Guille- 
min fera  les  escrocs  des  six  offices  dudit  seigneur  et  mangera  en 
salle  et  prendra  quatre  sols  tournois  par  jour  pour  touttes  autres 
choses. 

Messire  Jehan  de  Mallecroissance  mangera  en  salle  et  prendra  quatre 
sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  portier  prendra  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Item,  messire  Jehan  Dovyon,  chappellain  monseigneur  le  Duc 
d'Orlians,  donra  chascun  jour,  pour  ledit  monseigneur  le  Duc,  du 
commandement  du  Roy,  par  messire  Yves  de  Montigny,  maistre 
d'hostel,  six  sols  six  deniers  tournois. 

Sommes  des  gages  aux  gens  monseigneur  le  duc  d'Orlians  cy-dessus 
nommez,  ix  1.  xiiir  s.  ix  d.  t.  par  jour,  valent  vu  1.  xv  s.  x  d.  p.^ 

Panneterie. 

Un  pannetier  toujours  à  court  et  non  plus,  et  mangera  en  salle 
et  prendra  six  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  sommelier  de  nappes  prendra  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  touttes  choses. 

Un  ayde  prendra  quinze  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses 2. 

Eschançonnerie . 

Un  eschançon  tousjours  à  court  et  non  plus,  et  mangera  en  salle 
et  prendra  six  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  sommeiller  tousjours  à  court,  et  mangera  en  salle  et  prendra 
vingt-deux  deniers  obolle  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  garde  huche  prendra  hvraison,  c'est  à  savoir  :  six  pains,  une 
quarte  de  vin  et  une  pièce  de  char  pour  tout  le  jour. 

Cuisine. 

Un  queue  tousjours  à  court  et  non  plus,  et  mangera  en  salle  et 
prendra  six  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 
Un  saulcier,  un  potagier  tousjours  à  court  et  non  plus,  prendront 

1.  Ce  paragraphe  n'existe  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  rns.  fr.  7855. 

2.  Ce  paragraphe,  séparé  des  précédents  dans  Clair.,  833,  et  dans  le  ms. 
fr.  7855,  porte  en  tête  :  «  Creue.  » 

4894  40 


622  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS, 

chascun  vingt -deux  deniers  obolle  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Un  enfant  de  cuisine  tousjours  à  court  et  non  plus,  et  prendra 
quinze  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  escuyer  de  cuisine  mangera  en  salle  et  prendra  six  sols  tour- 
nois par  jour  pour  toutes  autres  choses. 

Un  aydeur  prendra  trois  sols  neuf  deniers  tournois  par  jour  pour 
toutes  choses. 

Un  hasteur  prendra  vingt-deux  deniers  obolle  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Un  valet  de  saulcerie  prendra  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses  ^ 

Fruicterie. 

Un  fruictier  tousjours  à  court  et  non  plus,  et  mangera  en  salle  et 
prendra  deux  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses.  Le  Roy  volt 
le  dixième  jour  de  juin  M  111c  L  qu'il  prit  trois  sols  tournois  par 
jour  par  messire  Yves  de  Montigny,  maistre  d'hostel. 

2  Deux  aydes  pour  aydier  à  ouvrer  et  porter  les  torches  au  soir 
devers  ledit  monseigneur  le  Duc,  et  prendront  chascun  quinze 
deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Escurie. 

Un  escuyer  tousjours  à  court  et  non  plus,  et  mangera  en  salle  et 
prendra  fein,  avoine  et  forge  pour  deux  chevaus,  et  pour  valiez  hos- 
telages,  et  pour  toutes  autres  choses,  trois  sols  tournois  par  jour. 

Un  mareschal  tousjours  à  court  et  non  plus,  et  prendra  six  sols 
tournois  par  jour  pour  touttes  choses. 

Un  chevaucheur  prendra  cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes 
choses. 

Un  messager  qui  porte  l'escusson  dudit  monseigneur  le  Duc  pren- 
dra cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Un  vallet  des  pallefrois  mangera  en  salle  et  ne  prendra  plus  riens. 

Cinq  valiez  de  sommage  prendront  cliascun  quinze  deniers  tour- 
nois par  jour,  montant  six  sols  trois  deniers  tournois  par  jour  ^. 

1.  Ces  quatre  derniers  paragraphes  sont  séparés  des  précédents  dans  Clair., 
833,  cl  dans  le  ras.  f'r.  7855,  et  portent  en  tête  :  «  Creue.  » 

2.  En  marge  :  «  Creue.  » 

3.  La  dernière  partie  de  ce  paragraphe,  à  partir  de  «  moatant,  »  est  suppri- 
mée dans  Clair.,  833,  et  dans  le  ms.  fr.  7855. 


l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE    VALOIS.  623 

Un  chareLier  et  deux  valiez  du  chariot  de  chambre  prendront 
cinq  sols  tournois  par  jour  pour  toutes  choses. 

Item,  l'en  délivrera  aveine  et  fein  devers  l'escurie  du  Roy  pour  les 
pallefrois,  coursiers,  roussins  etchevaus  du  chariot  de  chambre  dudit 
monseigneur  le  Duc  et  deux  chevaux  pour  l'escuyer  de  l'escuyerie  et 
pour  le  cheval  Thibault  le  Nain  tant  seulement  par  la  main  des  gens 
du  Roy  en  ladite  escuyerie. 

'  Deux  valiez  pour  garder  les  pallefrois  et  coursiers  dudit  monsei- 
gneur le  Duc,  et  prendront  chascun  quinze  deniers  tournois  par  jour 
pour  toutes  choses. 

Fourrière. 

Deux  valiez  de  fourrière  tousjours  à  court,  et  auront  chascun  deux 
sols  six  deniers  tournois  par  jour  pour  toutes  choses.  Le  Roy  volt  le 
dixième  jour  de  juin  cccl  qu'ils  preissent  chascun  trois  sols  tournois 
par  jour  par  messire  Yves  de  Montigny,  maistre  d'hostel. 

2  Un  ayde  prendra  xv  d.  t.  par  jour  pour  toutes  choses. 

Somme  des  gages  aux  gens  des  six  offices  monseigneur  le  duc 
d'Orlians,  un  1.  v  s.  ix  d.  t.  par  jour,  qui  valent  Lxxviri  s.  vu  d.  p. 

Sommes  toutes  des  gages  que  les  gens  de  l'hostel  monseigneur  le 
duc  d'Orléans  prendront,  tant  des  six  offices  comme  d'autres,  chas- 
cun jour  xiiii  1.  VI  d.  t.,  valent  xi  1.  iiii  s.  vi  d.  p. 

Sommes  toutes  des  gages  que  les  gens  de  l'hostel  du  Roy  [et]  de 
monseigneur  le  duc  d'Orléans  prendront  chascun  jour  en  la  Chambre 
aux  deniers  du  Roy  à  cause  de  leurs  offices  se  ils  sont  à  court, 
Lxvii  1.  VI  s.  VI  d.  t.,  valent  lui  1.  xvii  s.  x  d.  p.  ^. 

C'est  le  nombre  des  gens  de  l'hostel  le  Rotj  qui  mangeront  en  salle 
s'ils  sont  à  court  et  non  plus. 

Le  grant  maistre  d'hostel,  le  vicomte  de  Melun,  un  chambellan, 
deux  maistres  d'hostel ,  le  maistre  veneur,  le  maistre  fauconnier, 
l'aumosnier,  deux  secrétaires,  deux  valiez  tranchans,  un  huissier 
d'armes,  quatre  sergens  d'armes,  deux  valiez  de  chambre. 

Le  tailleur  et  le  cordouannier  ne  mangeront  pas  ordinairement  pour 
ce  qu'ils  ne  viennent  que  aus  grandes  festes. 


1.  En  marge  :  «  Creue.  » 

2.  En  marge  :  «  Creue.  » 

3.  Ces  trois  derniers  paragraphes,  qui  donnent  les  sommes  des  gages,  n'existent 
pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  ms.  fr.  7855. 


624  l'hôtel    de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

L'endormeur,  une  guette,  un  huissier  de  salle,  Raymondin,  quatre 
valiez  servans  de  vin  et  d'escuelles,  cinq  sommeliers  de  chamlDre  le 
Roy,  un  sommelier  d'armeures,  deux  aydes  de  chapelle,  trois  som- 
meliers de  chapelle,  Fescuyer  d'Escosse,  les  deux  frères  de  Saint 
Augustin,  les  deux  ménestrels  de  Tournay,  un  sert  de  Fiau  du  Roy 
tant  seulement  ^ 

Un  pannetier. 

Un  eschançon,  un  sommelier,  un  barillier,  de  l'eschançonnerie. 

Un  escuyer,  un  queue  de  cuisine. 

Un  fruitier. 

Deux  escuyers,  deux  valiez  de  pallefrois,  deux  valiez  de  coursiers, 
un  vallet  qui  va  à  pied  après  le  Roy,  un  vallet  de  lévriers,  un  fou- 
rier,  de  l'écurie. 

Somme  des  gens  le  Roy  qui  mangeront  en  salle,  lxii^. 

Le  nombre  des  gens  de  Vhostel  monseigneur  le  duc  d^Orliens  gui 
mangeront  en  salle  s'ils  sont  à  court  et  non  plus. 

Le  comte  de  Dampmartin,  le  comte  de  Sancerre,  un  maistre  d'hos- 
tel,  deux  chambellans,  un  chapelain,  un  secrétaire,  un  vallet  tran- 
chant, un  vallet  de  chambre,  un  huissier  de  salle,  iir  escuyers  d'hon- 
neur, deux  sommeliers  de  chambre,  trois  ^  ménestrels,  Thibault  le 
Nain,  un  pannetier. 

Un  eschançon,  un  sommelier,  de  l'eschançonnerie. 

Un  queue,  un  fruitier. 

Un  escuyer  de  l'escuyerie. 

Un  vallet  de  pallefroys. 

Un  phi  si  ci  en. 

Un  vallet  de  pié. 

Guillemin  d'Is,  Mallecroissance,  un  vallet  des  lévriers,  M""*^  Phi- 
lippes  Ghalles  Sarrasin,  un  escuyer  de  cuisine. 

Somme  des  gens  de  monseigneur  le  duc  d'Orlians  qui  mangeront 
en  salle,  xxxiii. 

Somme  toutte  des  personnes  qui  mangeront  en  salle,  tant  du  Roy 

t.  Avant  ce  paragraphe,  on  a,  dans  Clair.,  833,  et  dans  le  ms.  fr.  7855  :  «  Un 
eschançon,  un  sommelier,  un  barillier  de  rescbançonnerie -.  un  escuyer,  un 
queu  de  la  cuisine,  un  fruiclier;  »  et,  après  ce  paragraphe  :  et  un  pannetier, 
II  escuyers,  n  valiez  de  pallefrois,  ii  valiez  de  coursiers,  de  l'escuyerie.  » 

2.  Cette  somme  n'existe  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  ras.  fr.  7855. 

3.  11  (Clair.,  833,  et  ms.  fr.  7855). 


l'hôtel  de   PHILIPPE   VI    DE   VALOIS.  625 

comme  de  monseigneur  le  duc  d'Orlians,   se  ils  sont  à  court, 

IIII^^  XV'. 

C'est  le  nombre  des  gens  de  Vhostel  du  Boy  et  de  monseigneur  le  duc 
d'Orlians  qui  prendront  livraison  s'ils  sont  à  court  et  non  plus. 

Un  chambellan,  un  vallet  de  chambre,  un  sommelier  du  corps, 
M'*  Jehan  le  Fol,  seront  délivrez  pour  le  disner  et  pour  le  souper  en 
la  manière  que  Ten  a  accoustumé  pour  ce  qu'ils  mangeront  à  la  garde 
robe  ou  là  où  il  leur  plaira,  toutesfois  que  le  Roy  mangera,  pour 
aller  devers  luy,  quant  il  les  demandera. 

Le  confesseur  et  son  compagnon,  en  la  manière  que  l'en  a  accous- 
tumé. 

Le  vallet  de  la  garde  robe  du  corps,  le  vallet  de  la  garde  robe  du 
commun,  le  garde  huche,  le  garde  huche  de  monseigneur  le  duc 
d'Orliens,  le  vallet  de  la  garde  robe,  un  vallet  qui  garde  les  petits 
chiens;  ils  prendront  chascun  un  pain 2,  une  quarte  de  vin  et  une 
pièce  de  char  pour  tout  le  jour. 

Un  page  qui  chevauche  un  coursier  devant  ledit  monseigneur  le 
duc  d'Orliens,  idem. 

Somme  de  ceux  qui  prendront  livraison,  xii. 

Somme  toutte  des  personnes  qui  mangeront  en  salle  et  prendront 
livraison  tant  du  Roy  comme  de  monseigneur  le  duc  d'Orlians,  cvii'. 

Item,  que  les  gens  de  monseigneur  le  duc  d'Orlians  ne  délivreront 
riens  à  nully,  fors  par  la  main  des  gens  du  Roy,  qui  seront  chargiez 
de  rendre  compte  de  toute  la  despense  dudit  hoslel. 

Item,  que  nul  clerc  ne  officier  n'aura  devant  luy  escuyer  ne 
vallet  en  salle  pour  le  servir,  fors  que  les  quatre  valiez  servans  de 
vin  et  d'escuelle  tant  seulement  qui  serviront  toute  la  salle,  afin 
qu'il  n'ait  point  de  presse  ne  de  noise  en  la  salle  ne  aus  dreçouers. 

Veneurs,  archiers,  fauconniers,  gens  de  déduit,  serviront  à  leurs 
gages  ;  et  quant  le  Roy  ira  ou  bois,  les  veneurs  et  les  archiers  seront 
servis  aus  petis  disner;  et  quant  ils  seront  avec  le  Roy,  ou  à  une 
lieue  de  la  court,  le  jour  qu'ils  chaceront,  ils  auront  la  hvraison 
accoustumée,  et  le  jour  qu'ils  ne  chaceront,  ils  n'auront  riens  ;  et  se 
les  archiers  sont  devers  le  Roy  avec  les  veneurs,  ils  ne  prenront  riens, 

1.  Ces  deux  paragraphes  n'existent  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  ms.  fr.  7855. 

2.  VI  pains  (Clair.,  833,  et  rns.  fr.  7855). 

3.  Ces  deux  paragraphes  n'existent  pas  dans  Clair.,  833,  ni  dans  le  ms.  fr.  7855. 


626  l'hôtel   de   PHILIPPE   VI   DE   VALOIS. 

et  quant  le  Roy  ira  aus  ars,  ils  prendront  livraison  et  les  veneurs  ne 
prendront  riens. 

Messire  Adam  de  Gaillonnel,  messire  Yves  de  Montigny,  messire 
Gilles  de  Malligny,  messire  Pierre  de  Hargeville  :  l'un  de  ces  quatre 
maislres  d'hostel  sera  tousjours  à  court  et  ne  se  pourra  partir  jusques 
à  tant  qu'il  en  soit  venu  un  autre,  et  seront  tous  entièrement  chargez 
de  raporter  au  Roy,  chascun  mois,  l'eslat  de  la  despense  de  son  hos- 
tel  et  de  garder  que  nulle  croissance  ne  se  face,  se  le  Roy  ne  le  com- 
mande de  bouche. 

Gollationné  par  nous,  conseiller  maître  à  ce  commise 

LOURDET. 

1.  Cette  note  du  xvm^  siècle  est  ajoutée  dans  le  reg.  P.  2292  seulement. 


4-==-«- 


MANUSCRITS 


r  r 


LEGUES  A  LÀ  BIBLIOTHEQUE  NATIONALE 

PAR  ARMAND  DURAND. 


M.  Armand  Durand,  né  à  Moulins  le  7  février  1807,  mort  à 
Paris  le  7  août  1894,  avait  successivement  professé  la  rhétorique 
dans  les  lycées  Louis-le-Grand  et  Bonaparte.  Il  s'était  fait  admettre 
à  la  retraite  en  1866. 

Au  cours  de  sa  carrière  universitaire,  il  se  fit  constamment 
remarquer  par  la  solidité  et  l'élégance  de  son  enseignement, 
par  le  soin  qu'il  mettait  à  préparer  ses  leçons  et  par  le  dévoue- 
ment avec  lequel  il  suivait  le  travail  de  ses  élèves.  Ses  services 
furent  récompensés  par  la  décoration  de  la  Légion  d'honneur. 
Beaucoup  des  jeunes  gens  qui  l'eurent  pour  professeur  ont  toujours 
gardé  un  souvenir  reconnaissant  de  la  direction  qu'il  avait  donnée 
à  leurs  études  ;  les  plus  distingués  se  sont  plu  à  lui  faire  honneur 
des  succès  qu'ils  ont  obtenus,  et  plusieurs  d'entre  eux  lui  ont  voué 
une  amitié  à  laquelle  la  mort  seule  a  pu  mettre  un  terme. 

M.  Durand  n'était  pas  seulement  un  humaniste  consommé. 
C'était  en  même  temps  un  bibliophile  dans  le  plus  honorable  sens 
du  mot.  Une  instruction  très  vaste  et  variée,  une  profonde  con- 
naissance de  la  bibliographie,  un  goût  très  sûr  et  très  délicat  le 
mettaient  à  même  d'apprécier  les  bons  et  beaux  livres  et  de  dis- 
tinguer le  mérite  des  exemplaires.  De  fins  connaisseurs  aimaient 
souvent  à  prendre  son  avis  sur  le  choix  des  volumes  qu'ils  vou- 
laient faire  entrer  dans  leurs  cabinets. 

Les  modestes  ressources  dont  il  disposait  furent  consacrées  à 
la  formation  d'une  bibliothèque  qui  finit  par  remplir  tous  les  coins 
et  recoins  d'un  petit  appartement  de  la  rue  de  l'Odéon.  Le  public 
en  connaîtra  bientôt  la  composition  en  lisant  le  catalogue  qui  est 


628  MANUSCRITS 

actuellement  préparé  par  M.  Alphonse  Picard,  libraire  chargé  de 
la  vente. 

A  l'exemple  de  plusieurs  grands  bibliophiles  français,  qui  ont 
tenu  à  honneur  d'avoir  leur  nom  inscrit  sur  la  liste  des  bienfai- 
teurs de  la  Bibliothèque  nationale,  M.  Durand  a  légué  à  cet  éta- 
bhssement  cinq  manuscrits  d'une  réelle  importance,  auxquels  son 
souvenir  restera  attaché  et  qui  feront  bénir  sa  mémoire  par  plus 
d'un  érudit. 

Les  cinq  ouvrages  dont  le  Département  des  manuscrits  s'est 
ainsi  enrichi  sont  : 

1°  Un  exemplaire  de  la  Chronique  de  Sigebert,  du  xn®  siècle, 
jadis  conservé  dans  l'abbaye  de  Signy. 

2°  Un  fragment  de  manuscrit  copié  en  1322  par  Jean  de  Sainte- 
Croix,  moine  de  Saint-Arnoul  de  Metz,  et  renfermant  la  Vision 
de  Tondale,  une  petite  collection  de  Fables  et  un  recueil 
d'Exemples. 

3°  Un  très  beau  manuscrit  du  Roman  de  Tristan ,  copié  au 
xuf  siècle  et  orné  de  miniatures. 

4"  Les  matériaux  amassés  par  Nicolas  Heinsius  pour  établir  le 
texte  des  poésies  de  Claudien. 

5°  Le  manuscrit  original  de  l'ouvrage  qu'un  chanoine  régulier, 
L. -Joseph-Auguste  Ansart,  avait  composé  sous  le  titre  de  Biblio- 
thèque littéraire  du  Maine  et  dont  le  premier  volume  a  seul  été 
publié  en  1784. 

La  valeur  de  ces  cinq  manuscrits  ressortira  suffisamment  des 
notices  qu'on  trouvera  un  peu  plus  loin. 

Le  plus  précieux  des  volumes  légués  par  M.  Durand  est  proba- 
blement l'exemplaire  de  la  Chronique  de  Sigebert.  Les  vicissitudes 
de  ce  manuscrit  sont  assez  curieuses  pour  être  ici  rappelées  en 
quelques  mots.  Elles  sont  intimement  liées  à  celles  de  la  biblio- 
thèque de  l'abbaye  de  Signy,  dont  il  était  l'un  des  plus  remar- 
quables morceaux. 

Comme  tous  les  anciens  monastères  cisterciens,  l'abbaye  de 
Signy,  au  diocèse  de  Reims,  s'était  formé  une  bibliothèque  où 
abondaient  les  volumes  copiés  avec  ces  caractères  gros,  nets  et 
fermes  auxquels  on  reconnaît  les  volumes  exécutés  au  xii^  siècle 
parles  disciples  de  saint  IJernard.  Cette  bibliothèque  dut  se  main- 
tenir en  bon  état  jusqu'au  xV  siècle,  époque  à  laquelle  les  manus- 
crits en  furent  soumis  à  un  classement  régulier  dont  nous  avons 
gardé  les  traces.  Les  guerres,  les  troubles  religieux  et  l'incurie 


LÉGUÉS   A   LA   BIBLIOTHÈQDE    NATIONALE.  029 

des  moines  en  amenèrent  la  décadence  au  xvi^  et  au  xvii«  siècle. 
Plusieurs  des  volumes  les  plus  intéressants  passèrent  alors  dans 
diverses  collections,  d'où  ils  sont  arrivés  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale. Tel  fut  le  sort  des  quatre  manuscrits  suivants  : 

Recueil  des  lettres  de  Hildebcrt.  xii"  siècle.  (Liber  Sancte  Marie 
Signiaci.  —  Signalus  litlera  B,  n"  xxxvirr.)  —  Entré  à  la  Bibliothèque 
du  roi  en  no^,  avec  les  manuscrits  d'Antoine  Faure,  prévôt  et  chan- 
celier de  réghse  de  Reims.  —  Aujourd'hui  n°  25^2  du  fonds  latin. 

Coutumes  de  la  Chartreuse,  xii^  siècle.  (Liber  Sancte  Marie  Signiaci. 
—  Hic  liber  signatur  littera  D,  n°  iiii.)  —  Venu  également  d'Antoine 
Faure.  —  Aujourd'hui  n"  4342  du  fonds  latin. 

Histoire  de  la  croisade  par  Robert  le  Moine,  xii*  siècle.  (Liber 
Sancte  Marie  Signiaci.  —  Signatus  littera  B,  n"  xxx.)  —  Donné  en 
-1732  à  la  Bibhothèque  du  roi  par  Antoine  Lancelot.  —  Aujourd'hui 
n"  5507  du  fonds  latin. 

Poème  de  Leonius  sur  la  Bible.  Commencement  du  xin«  siècle. 
(Liber  Sancte  Marie  Signiaci;  cette  inscription,  soigneusement  tracée 
à  la  fin,  peut  encore  se  lire,  malgré  les  efforts  qu'on  a  faits  pour 
l'effacer.)  —  Entré  à  la  Bibliothèque  nationale  avec  les  manuscrits  de 
l'abbaye  de  Saint- Victor.  —  Aujourd'hui  n»  -14759  du  fonds  latin. 

François  de  Camps,  qui  fut  abbé  de  Signy  pendant  trente 
années,  de  1693  à  1723,  et  qui  travailla  sérieusement  dans  le 
chartrier  de  cette  maison  ^  ne  paraît  pas  avoir  eu  souci  de  la 
bibliothèque  de  son  abbaye,  quoiqu'il  fût  amateur  de  manuscrits 
et  de  médailles 2  et  qu'il  s'intéressât  tout  particulièrement  à  l'his- 
toire de  France.  Il  comprenait  cependant  la  valeur  de  la  copie  de 
la  Chronique  de  Sigebert  qu'il  avait  remarquée  à  Signy  et  qu'il 
garda  longtemps  dans  son  cabinet  à  Paris.  Ce  manuscrit,  que  le 
Père  Bertrand  Tissier  avait  eu  l'occasion  de  signaler  dans  sa 
Bibliotheca  patrum  Cisterciensium^ ,  attira  l'attention  de 
quelques  amis  de.  François  de  Camps ,  et  le  souvenir  qu'on  en 
avait  gardé  dans  le  monde  savant  de  Paris  suggéra  en  1727,  aux 
gardes  de  la  Bibliothèque  du  Roi,  le  désir  d'incorporer  dans  leur 
dépôt  ce  qui  subsistait  du  trésor  littéraire  de  l'abbaye  de  Signy. 

1.  Les  extraits  que  François  de  Camps  a  pris  des  anciennes  chartes  de 
Signy  remplissent  le  ms.  français  8344  de  la  Bibliothèque  nationale. 

2.  Voy.  le  Cabinet  des  manuscrits  de  la  Bibl.  nat.,  I,  321. 

3.  VII,  100.  Telle  est  l'indication  donnée  par  Bethmann  {Mon.  Germ.  hist., 
Script.,  VI,  296),  mais  elle  est  fautive. 


630  MINDSCRITS 

Les  mesures  les  plus  propres  à  obtenir  ce  résultat  sont  exposées 
dans  un  mémoire  que  l'abbé  Jourdain,  secrétaire  de  la  Biblio- 
thèque, remit  à  l'abbé  Bignon  le  29  février  1727.  En  voici  la 
teneur  : 

Mémoire  donné  à  M.  Vabbé  Bignon,  le  49  février  i727. 

Le  prieur  de  l'abbaye  de  Signy  en  Champagne,  qui  est  actuelle- 
ment à  Paris,  a  dit  dans  une  compagnie,  où  quelques  personnes  de 
lettres  luy  parloient  des  manuscrits  de  son  abbaye,  qu'il  pouvoit 
bien  y  en  avoir  ioO,  et  entre  autres  un  manuscrit  de  Cicéron,  fort 
gros,  d'environ  600  ans,  et  un  de  la  Chronique  de  Sigebert,  moine 
de  Gemblours,  qu'on  a  vu  à  Paris,  ayant  été  long  temps  entre  les 
mains  de  feu  M.  Fabbé  de  Camps,  abbé  de  Signy,  et  qui  est  d'une 
bonne  antiquité  et  dMne  grande  beauté.  A  l'égard  des  autres,  le 
prieur  a  avoué  que  ni  luy  ni  ses  religieux  ne  les  connoissoient  pas, 
ne  sachant  pas  les  lire-,  et,  comme  on  luy  avoit  parlé  de  la  Biblio- 
thèque du  Roy,  oîi  ces  manuscrits  seroient  beaucoup  mieux  qu'à 
leur  abbaye,  oîi  on  n'en  faisoit  aucun  usage,  il  est  convenu  que  cela 
leur  feroit  honneur  si  le  Roy  les  vouloit,  pourvu  qu'on  leur  en  don- 
nât des  copies.  Il  n'a  pourtant  pas  été  longtemps  à  tenir  ce  langage, 
et  il  s'est  mis  ensuite  à  exagérer  le  prix  et  la  valeur  de  ses  manus- 
crits. 

L^abbé  et  les  moines  de  Signy  viennent  d'obtenir  des  lettres  patentes 
pour  une  coupe  de  bois  de  50,000  livres.  On  a  eu  avis  que  l'entéri- 
nement de  ces  lettres  souffroit  des  difficultés  au  Parlement.  Il  paroît 
que  c'est  une  conjoncture  favorable  pour  enrichir  la  Bibliothèque  du 
Roy  d'un  nouveau  trésor,  qui  est  si  inutile  à  Signy  et  qui  ne  coûte- 
roit  rien  à  acquérir. 

On  donne  cet  avis  à  M.  l'abbé  Bignon,  afin  qu'il  en  profite;  mais, 
avant  toutes  choses,  il  semble  qu'il  seroit  à  propos  d'envoyer  quelque 
personne  habile  à  Signy,  pour  faire  la  notice  de  ce  que  contiennent 
ces  manuscrits,  parce  que  le  prieur,  ayant  été  prié  d'envoyer  un  petit 
catalogue  quand  il  seroit  sur  les  lieux,  a  répondu  qu'il  le  feroit 
volontiers,  mais  que  la  chose  n'étoit  pas  possible  à  ses  religieux.  Il 
seroit  bon  même  que  celuy  qui  iroit  à  Signy  fiât  muni  d'une  lettre 
de  cachet,  parce  qu'on  sçait  que  les  moines  n'ont  jamais  voulu  faire 
voir  ces  manuscrits  à  personne,  le  Père  Mabillon  et  le  Père  Martenne  ' 

1.  Dom  Marlène  visila  l'abbaye  de  Signy  en  1712.  Dans  la  relation  de  son 
voyage  il  consacre  une  simple  phrase  aux  manuscrits  :  «  L'on  y  conserve  plu- 


i 


LÉGUÉS   A    LA   BIRLIOTDEQDE   NATIONALE.  634 

n'ayant  pu  en  obtenir  la  communication.  Cette  lettre  de  cachet  ne 
seroil  que  pour  en  dresser  un  catalogue  ^ 

L'abbé  Bignon  soumit  l'afîaire  au  secrétaire  d'Etat,  le  comte 
de  Maurepas,  qui  lui  répondit  dans  ces  termes  : 

A  Marly,  le  24  février  \121. 

J'ay  reçu,  Monsieur,  le  mémoire  que  vous  m'avés  adressé  au  sujet 
des  manuscrits  qui  sont  entre  les  mains  des  Bernardins  de  l'abbaye 
de  Signy,  et  les  réflections  que  vous  avés  faites  sur  les  moyens  de 
les  faire  passer  à  la  Bibliothèque  du  Roy.  Il  n'y  a  point  de  difficulté 
d'y  envoyer  M.  l'abbé  Jourdain  pour  en  prendre  un  mémoire  le  plus 
exact  qu'il  pourra,  et  dire  au  supérieur  de  n'en  laisser  détourner 
aucun  sans  ordre  du  Roy.  Lorsqu'on  sçaura  ce  que  c'est,  on  propo- 
sera à  Sa  Majesté  de  les  acheter.  Ces  moines  y  paroissent  [montrer] 
si  peu  d'intelligence  et  d'attachement  qu'on  pourra  faire  cette  acqui- 
sition sans  détour. 

Je  vous  embrasse,  Monsieur,  de  tout  mon  cœur. 

Maurepas  ^. 

Il  ne  fut  point  donné  suite  au  projet  que  l'abbé  Bignon  avait 
recommandé  à  l'attention  du  comte  de  Maurepas,  et  les  moines  de 
Signy  restèrent  en  possession  de  manuscrits  dont  ils  reconnais- 
saient eux-mêmes  n'être  pas  en  état  de  se  servir.  Cela  résulte  de 
la  relation  queDom  Claude  Guyton,  rehgieux  deClairvaux,  nous 
a  laissée  de  sa  visite  à  l'abbaye  de  Signy  en  1738  : 

La  bibliothèque,  dit-iP,  est  en  forme  j  elle  a  des  manuscrits  anciens 
sur  parchemin  -,  nous  y  avons  remarqué  celui  qui  est  fort  délabré, 
sans  couverture^  ni  commencement,  ni  fin,  qui,  dans  la  plus  grande 
partie,  comprend  des  ouvrages  de  saint  Anselme,  [et]  sur  la  fin  la 

sieurs  manuscrits,  la  pluspart  sont  des  ouvrages  des  pères,  surtout  de  saint 
Augustin,  la  Seconde  de  saint  Thomas,  etc.  »  Voyage  littéraire  de  deux  reli- 
gieux bénédictins,  I,  n,  150. 

1.  Minute  écrite  de  la  main  de  l'abbé  Jourdain.  Bibl.  nat.,  ms.  latin  17173, 
fol.  99. 

2.  Original,  ibid.,  fol.  100. 

3.  Bibl.  nat.,  ms.  français  23474,  fol.  135  v°.  —  Comparez  l'édition  abrégée 
que  M.  Ulysse  Robert  a  donnée  de  la  relation  de  dom  Claude  Guyton  :  Voyage 
littéraire  de  Dom  Guyton  en  Champagne  (1744-1749).  Paris,  1890,  in-8', 
p.  141-143.  Le  passage  relatif  à  l'abbaye  de  Signy  a  été  cité  par  M.  Gaston 
Raynaud  dans  le  Catalogue  général  des  manuscrits  des  départements,  série 
in.4%  t.  V,  p.  540. 


632  MANUSCRITS 

Vie  du  bienheureux  Pierre  Monocule,  abbé  huitiesme  de  Clairvaux, 
mais  qui  n'est  pas  entière,  et  par  où  finit  le  manuscrit  délabré,  dont 
j'ai  représenté  l'inutilité  pour  Signy  aux  père  prieur,  souprieur,  pro- 
cureur et  autres  religieux,  qui  tous  ont  consenti  que  je  le  portasse  à 
Clairvaux. 

J'y  ai  remarqué  Sancti  Thomœ  martyris  vita  et  miracula,  ac  laus 
Philippin  Leodii  archidiaconi,  prions  Clarx  Vallis  et  Elemosijnx 
abbatis. 

Un  beau  et  grand  martyrologe  de  l'ordre,  suivi  de  la  Règle  de  Saint 
Benoist,  de  Définitions,  mémoires  et  associations  des  ordres  de 
Cluny,  Chartreux,  etc. 

En  un  autre  volume  manuscrit',  bien  écrit,  lettre  ou  traité  à 
Geoffroy,  évoque  de  Chartres,  et  à  saint  Bernard,  qui  les  sollicite  de 
veiller  sur  les  erreurs  de  Pierre  Abaillard. 

Dans  un  autre  manuscrit^  bien  écrit,  sur  la  fin,  sont  des  vers  d'Al- 
bert, moine  de  Clairvaux,  sur  saint  Bernard,  adressés  à  Odon,  abbé 
de  Vauclair  ;  aussi  des  vers  de  saint  Malachie. 

Plus  la  Chronique  de  Sigebert,  moine  de  Gemblours,  au  diocèse 
de  Namur  en  Brabant,  en  réputation  sur  la  fin  du  xi°  siècle.  Elle  est 
en  manuscrit,  sur  parchemin,  bien  lisible.  C'est  un  volume  in-quarto, 
épais,  bien  relié,  la  couverture  ancienne  sur  bois,  un  peu  altérée  au 
dos,  couvert  pour  cela  d'un  morceau  de  parchemin,  noté  en  plein 
chant. 

Dom  Claude  Gurton  trouva  le  manuscrit  de  Sigebert  assez 
curieux  pour  demander  à  l'emprunter.  Il  le  garda  le  temps  néces- 
saire pour  le  copier  en  grande  partiel  Ce  fut  le  15  juillet  1749 
qu'il  le  restitua  à  Dom  Dubois,  prieur  de  Signy,  qui  se  trouvait 
alors  à  l'abbaye  de  Clairvaux. 

La  trace  du  manuscrit  de  Sigebert  se  perd  depuis  le  milieu  du 
xviii^  siècle.  Il  ne  se  trouva  pas  dans  le  lot  des  livres  de  Tabbaye 
de  Signy  que  la  Révolution  amena  dans  la  bibliothèque  de  Char- 
leville^  Bethmann^  le  considéra  comme  perdu  quand  il  pubHa  sa 


1.  Aujourd'hui  ms.  67  de  la  bibliothèque  de  Charleville. 

2.  Ms.  197  B  de  Charleville. 

3.  Les  extraits  de  dom  Claude  Guyton  remplissent    152  pages  in-folio,  dans 
le  ms.  français  23474,  fol.  136-211. 

4.  La  bibliothèque  de  Charleville  a  recueilli  110  manuscrits  de  l'abbaye  de 
Signy. 

5.  Moniimenta  Germanix  historica,  Scripiores,  VI,  296. 


LÉGUÉS   A   LA    BIBLIOTHEQUE    IVATIONALE.  633 

belle  édition  de  Sigebert  en  1844.  Un  vague  souvenir  s'en  était 
cependant  conservé  dans  le  pays,  et  l'auteur  d'une  Géographie 
historique  du  département  des  Ardennes^,  J.-B.  Hubert, 
terminait  par  ces  mots  la  courte  notice  qu'il  a  consacrée  à  l'ab- 
baye de  Signy  : 

On  conservait  dans  les  archives  plusieurs  manuscrits  précieux, 
entre  autres  la  Chronique  de  Gemblours.  La  plupart  de  ces  manus- 
crits ont  été  perdus  ou  dérobés.  Ceux  qui  existent  encore,  épars  dans 
le  département,  offrent  d'intéressants  documents  pour  l'histoire  de 
la  contrée. 

C'est  ce  manuscrit,  signalé  au  xvif  siècle  par  Dom  Bertrand 
Tissier,  montré  un  peu  plus  tard  aux  savants  de  Paris  par  l'abbé 
de  Camps,  convoité  en  1727  par  les  gardes  de  la  Bibliothèque  du 
Roi,  copié  en  partie  par  Dom  Claude  Guy  ton  en  1748  et  vainement 
cherché  de  nos  jours  par  les  éditeurs  des  Monwnenta  Gertna- 
niœ  historica,  c'est  ce  manuscrit,  dis-je,  que  M.  Durand  a  eu 
la  bonne  fortune  de  découvrir.  Les  amis  de  notre  histoire  lui  sau- 
ront gré  d'en  avoir  assuré  la  conservation  et  d'en  avoir  rendu 
l'accès  facile  eu  le  déposant  à  la  Bibliothèque  nationale. 

Je  dois  maintenant  donner  la  notice  des  cinq  manuscrits  que 
nous  devons  à  la  libéralité  de  M.  Durand. 

I.  Chronique  de  Sigebert  et  autres  morceaux  historiques. 

(Nouv.  acq.  lat.  583.) 

"Volume  de  226  feuillets  de  parchemin.  210  millimètres  sur 
148.  Écriture  très  régulière,  de  l'année  1172  ou  environ,  sauf  les 
parties  ajoutées  après  coup.  —  Le  manuscrit  vient  de  l'abbaye 
cistercienne  de  Signy,  au  diocèse  de  Reims,  comme  le  prouve 
l'inscription  Liber  Sancte  Marie  Signiaci  qui  se  lit  sur  les 
fol.  80  y",  125,  200  v^"  et  217.  A  ce  dernier  endroit,  le  nom  de 
l'abbaye  est  accompagné  de  la  cote  que  le  volume  portait  au 
xv^  siècle  dans  la  bibliothèque  de  l'abbaye  :  Signatus  littera  B, 
numéro  XXXV. 

Le  volume  renferme  cinq  morceaux  parfaitement  distincts. 

1°  Fol.  1.  Liste  des  abbés  de  Signy,  écrite  vers  le  milieu 
du  xiif  siècle,  avec  addition  des  noms  des  abbés  qui  ont  gou- 

1.  Deuxième  édition,  Charleville  [1838],  ia-12,  p.  191. 


634  MANUSCRITS 

verné  le  monastère  après  cette  date.  Le  texte  en  sera  publié  k 
l'Appendice. 

2°  Fol.  1  v°-47  \°.  Tableaux  d'histoire  universelle, 
précédés  d'observations  sur  la  méthode  à  suivre  pour  apprendre 
et  pour  retenir  ce  que  l'on  a  appris.  Premières  lignes  de  ce  traité  : 

FUI,  sapientia  thésaurus  est,  et  cor  tuum  archa.  Quando  sapientiam 
discis,  thesaurizas  tibi  thesauros  bonos,  thesauros  immortales,  the- 
sauros  incorruptibiles,  qui  nunquam  veterascunt,  nec  speciem  suse 
claritatis  amittunt.  In  thesauris  sapientiœ  varise  sunt  opum  species, 
et  in  archa  cordis  condiLoria  multa.  Alibi  aurum  et  alibi  argentum, 
alibi  lapides  preciosi  disponuntur.  Dispositio  ordinis,  illustratio  est 
cognitionis.  Dispone  et  distingue  singula  locis  suis,  seorsum  ista  et 
seorsum  illa,  ut  scias  quid  ibi  et  quid  ibi  collocatum  sit.  Gonfusio 
ignorantisB  et  oblivionis  mater  est;  discretio  autem  intelligentiam 
illuminât  et  memoriam  confirmai.  Vides  nummuiarium  diversas 
monelas  habentem,  quemadmodum  marsupium  unum  multiplici 
divisione  intersepiat,  ila  ut  unus  ambitus  plures  intrinsecus  cellas 
complectalur  :  parlita  namque  pecunia  et  monetis  singulis  ab  invl- 
cem  discretis,  omnia  suis  locis  servanda  disponit,  quatinus  ipsa 
locorum  distinctio  rerum  particionem,  sicut  divisam  suscipit,  ita 
custodiat  impermixtam... 

Ces  tableaux  comprennent  des  nomenclatures  géographiques, 
par  exemple  : 

Fol.  3i.  NoMiNA  FLUMiNDM...  (3^  v").  Rcnus  Germaniœ.  Rodanus 
Gallie.  Arar  similiter.  Mosa  similiter.  Sequana  similiter.  Liggeris 
similiter.  Hyberus  Hispanie.  Mineus  Galatie.  Tagus  Gartaginis. 
Bagrada  similiter. 

Fol.  3^  v°.  NoMiNA  iNSULARïïM...  In  Occeano  septentrionali  ab 
Oriente  ad  Occidentem.  Insula  Phanesiorum.  Albatia.  Yperborea. 
Apolitana.  Gangania.  Glosaria.  Normannia.  Orchades.  Tyle.  Scothia. 
Brilannia.  Hibernia. 

Fol.  32.  NoMiNA  civiTATDM...  (32  v").  Transalpine.  Golonia.  Magun- 
tiacus.  Salzeburch.  Radisbona.  llerbipolis.  Argenlina.  Basilea.  Tre- 
veris.  Senonis.  Vesontium.  Lugdunum.  Rolhomagus.  Remis.  Arelas. 
Vienna.  Daranthasia.  Ebredunum.  Biluris.  Turonis.  Burdegala, 
Tolosa.  Narbona.  Pampilonia.  Hispanie.  Osca.  Barzinona... 

Le  Catalogue  des  papes  (fol.  33  verso)  s'arrête  au  nom  d'Ale- 
xandre III  (fol.  39  v"),  lequel  est  suivi  d'une  note  en  lettres 


LÉGUÉS  A   LA   BIBLIOTHÈQUE   NATIONALE.  635 

rouges  qui  permet  de  rapporter  la  transcription  à  l'année  1172  : 
«  Anno  millesimo  centesimo  LXX°°  11'^°  incarnationis  Domini 
completi  sunt  anni  V"  GXX  ab  initio  seculi  secundum  hebrai- 
cam  veritatem,  secundum  LXX  vero  interprètes  V"  GCCG^' 
LXXX'^VI.  » 

Au  catalogue  des  papes  succèdent  le  tableau  des  royaumes  et 
les  listes  des  souverains  à  partir  de  l'ère  chrétienne  : 

Fol,  39  y.  Deinceps  conabor  regnorum  ac  regum  seriem  et 
nomina  simul  ordine  quomodo  ab  incarnatione  Verbi  usque  ad  tem- 
pera nostra  cueurrerunt  explicare... 

Fol.  40.  De  imperatoribus  Romanis. 

Fol.  43.  Post  Gonstantinum  magnum  sedes  quidem  imperii  apud 
Gonstantinopolim  erat...  Exinde  autem  séries  temporum  par  reges 
Francorum  supputatur.  Franci,  origine  Trojani,  post  eversionem 
Trojse...  —  Fol.  45...  Hugo  vim.  Robertus  xxix  et  s.  vel  xix.  Hen- 
ricus  XXV  vel  xxiiii.  Philippus  xlix  vel  l.  Ludovicus.  —  Aleman- 
niam...  Gonradus  xiii.  Henricus  xviii.  Henricus.  Liulherus.  — 
Fol.  45  v°.  De  regibus  Waldalorum...  Reges  Ostrogothorum...  Reges 
Wistrogothorum...  —  Fol.  46.  De  ducibus  et  gente  Normannorum. 
—  Fol.  46  v°.  Hi  duces  Normannorum  in  Apulia.  —  Fol.  47.  De 
ducibus  et  regibus  Longobardorum. 

Fol.  47  v°.  Tempore  Heraclii  imperatoris  regnum  Persarum  tenuit 
Ghosdroe...  Post  hoc  Himmarus,  dux  Arabum,  interfecto  Hormisda, 
regnum  Persarum  ad  Arabes  transtulit.  Hic  eliam  Himmarus  Maho- 
meth  prefectum  et  amiram  sub  se  constituit. 

C'est  par  ces  mots  que  se  terminent  les  tableaux  d'histoire  uni- 
verselle. 
3°  Fol.  48-189.  Chronique  de  Sigebert  de  Gemblours. 

La  copie  comprend,  à  la  suite  de  l'œuvre  de  Sigebert  (fol.  48- 
171  v°),  la  Continuation  d'Anselme  (fol.  171  vo-182  v°)  et  ce  que 
Bethmann  a  appelé  la  Continuation  de  Gemblours  (fol.  183-189). 
La  dernière  phrase  est  le  paragraphe  Daci  et  Westphali...  — 
...  multa  milia  Dacorum  Sclavoruyn  occiderunt  gladii, 
lequel  appartient  à  l'année  1148  et  se  lit  à  la  page  392  de  l'édi- 
tion de  Bethmann'.  Dans  cette  copie,  les  indications  chrono- 
logiques sont  omises. 

1.  Mon.  Germ.  hist.,  Script.,  \'l,  392. 


636  MANUSCRITS 

4"  Fol.  189  vM93  v°.  Prophétie  de  la  Sibylle  deTibur. 

Fol.  ^189  v".  Sibillae  generaliter  omnes  feminae  dicuntur  prophe- 
tantes...—  Fuit  igitur  hec  sibiila  Priamidis  régis  filia  ex  maire 
Eccuba  procreata.  Vocata  est  autem  in  greco  Tyburtina,  latino  vero 
nomine  Albunea...  —  Fol.  ^193  V...  Et  erit  celum  novum  et  terra 
nova,  et  mare  non  erit,  et  regnabit  Dominas  in  sanctis  et  regnabit 
in  secula  secnlorum. 

Sauf  quelques  variantes,  c'est  le  texte  qui  se  trouve  dans  un 
manuscrit  de  la  Sorbonne  copié  au  xiii''  siècle  (fonds  latin  n°  16056, 
fol.  119v°-121  vo). 

5"  Fol.  194-217.  Notes  sur  différents  événements  de 
l'histoire  profane  et  de  l'histoire  ecclésiastique.  J'en 
cite  quelques  lignes,  prises  çà  et  là,  sans  essayer  d'en  retrouver 
la  source. 

Fol.  ^94.  Anno  ab  incarnatione  Domini  GGCG°  VIP  Gratianus 
admodumjuvenis,  xliiii°  ab  Augusto,  post  raortera  Valentis  vi  annis 
imperium  tenuit.  Eo  tempore  in  Gallis  {sic)  apud  Turonos  mullis 
beatissimus  Marlinus  lampadat  virtutibus.  (Voy.  Pauli  Historix 
Romame,  dans  Monum.  Germ.  hist.^  Auct.  antiq.,  II,  488.) 

Fol.  -195  v°.  Anno  xvii"  imperii  Justiniani  apparuit  quidam  ex 
regione  Italorum  per  villas  discurrens,  nomine  Andréas,  habens 
secum  canem  rufum  et  cecum,  qui  jussus  ab  eo  faciebat  miracula. 
Gum  enim  staret  in  foro  et  lurba  in  circuitu  adesset,  clam  eodem 
cane  deferebanlur  astantium  anuli  aurei  et  argentei  et  ferrei  et  pone- 
bantur  in  pavimento.  Quos  ille  cooperiebat  et  precipiebat  cani,  etlol- 
lebat  et  dabat  unicuique  suum... 

Fol.  -196  v°.  Anno  ab  i.  D.  GGGG"  XI°,  Radagaisus  rex  Gothorum 
totam  repentino  inundavit  Italiam  impetu  ;  nam  fuisse  in  ejus  populo 
plusquam  ducenta  milia  Gothorum  ferunt... 

Fol.  -197.  Régnante  Latino  qui  latinam  linguam  correxit  et  Latines 
de  suo  nomine  appellavit,  Troiaa  Grecis  capta  est,  cum  apud  Hebreos 
Labdon  lercium  sui  principatus  annum  ageret... 

Fol.  -197.  Roraulus  xviii°  anno  natus  in  Palatine  monte  Romam 
eonstituit  annis  CGGG  XIX  post  Trojœ  excidium,  sive,  ut  placet 
Horosio,  GGGG  IIII°%  ante  Vlannos  quam  deeem  tribus  Israël  a  Sen- 
nacherib  rege  Ghaldeorum  transferrentur  in  montes  Medorum... 

Fol.  -197  v^  Régnante  Tarquinio  Superbo  ad  relaxationem  Gyri, 
régis  Persarum,  reversi  sunt  Jhcrosolimam  Judei  xlii  milia  cccc. 


LÉGDÉS   A   LA   BIBLIOTHEQUE   NATIONALE.  637 

Iste  primus  excogilavit  vincla,  taureas,  fustes,  latumias,  carceres, 
corapedes,  cathenas,  exilia,  metalla.  Hujus  lemporibus  castissima 
Judith  Holofernem  peremit.  His  denique  lemporibus  Pytagoras  phy- 
losophus  claruit,  qui,  Samo  oriundus,  Golronse  deguit,  novissime  in 
Melapontum  adiit  ibique  sepultus  est.  (Voy.  Pauli  Historia  Romana, 
dans  Monum.  Germ.  hist.^  Auct.  antig.,  II,  ]A.) 

Fol.  ^98.  Anno  ab  Urbe  condita  COGC  LXIIII,  Pyrrus  rex  Epyro- 
tarum  Tarentura  vindicaturus,  totas  vires  Epyri,  Thessaliae  et  Mace- 
doniœ,  elephantos  etiam,  usque  in  id  tempus  non  visos  Romanis, 
numéro  xx,  in  Italiam  primus  invexit... 

Fol.  200  \o.  Anno  ab  Urbe  condita  CCGC  LXXXIIIP,  Ptolomeus 
Philadelphus  Judeos  qui  in  Egypto  erant  liberos  esse  permisil,  et 
vasa  Eleazaro  pontifîci  Jerosolimorum  votiva  transmittens,  divinas 
scripturas  in  grecam  vocem  ex  hebrea  lingua  per  lxx  interprètes 
transferre  curavit... 

Fol.  201 .  Anno  ab  Urbe  condita  D  XVII  bellum  a  Romanis  cum 
Gallis  gestum  est,  in  quo  plane  xl^  Gallorum  trucidata  sunt  et  trium- 
phus  Emilio  decretus.  Gallorum  quidem  animi  féroces,  corpora  plus- 
quam  humana  erant,  sed  experimento  deprehensum  est  quod... 
(Voy.  Florus,  II,  v.) 

Fol.  209.  Anno  ab  Urbe  condita  D  GG  fere  ac  IX,  interfecto  Julio 
Gesare,  civilia  bella  reparata  sunt  :  percussoribus  enim  Gesaris  sena- 
tus  favebat... 

Fol.  2^2.  Anno  ab  Urbe  condita  D  GG  XXVI,  Gesar  parum  in  His- 
pania  per  ce  annos  actum  intelligens  si  Gantabros  atque  Astures, 
duas  fortissimas  Hispanise  gentes  suis  uti  legibus  liceret. .. 

Fol.  2^14.  ...  Iste  quia  Glaudius  Tyberius  Nero  dicebatur  a  jocula- 
toribus  Glaudius  Biberius  ob  vinolentiam  nominatus  est...  Iste  qui- 
busdam  presidibus  augenda  provinciis  tributa  suadentibus  scripsit 
boni  pastoris  esse  tondere  pecus  non  degrubere.  Anno  imperii  ejus 
XVII,  vel  secundum  quosdam  xix,  Dominus  Jhesus  Ghristus  volunta- 
rise  quidem  se  tradidit  passioni... 

Fol.  2-17.  Anno  ab  incarnatione  Domini  GGGG°  L°  I",  cum  pictor 
quidam  Gonstantinopoli  pingere  Salvatorem  secundum  similitudinem 
Jovis  presumpsisset,  arefacla  est  manus  ejus,  quem  peccatum  suum 
confessum  sanavit  Gennadius  episcopus  Gonstantinopolitanus.  Aiunt 
enim  quidam  hystoriorum  quod  crispis  et  raris  capillis  sceraa  in 
Salvatore  magis  vernaculum  sit.  (Voy.  Landolfi  Sagacis  Addita- 
menta  ad  Pauli  Historiam  Romanam,  dans  Monum.  Germ.  hist., 
Auct.  antiq.,  II,  363.) 

^894  44 


638  MANUSCRITS 

6°  Fol.  218-226  v°.  Chronique  de  l'abbaye  de  Signy, 

depuis  la  fondation  du  monastère  en  1134  jusqu'au  premier  tiers 
du  xiY^  siècle.  Ce  morceau  a  été  ajouté  après  coup  dans  le  manus- 
crit. Ce  qui  concerne  les  premiers  abbés  (fol.  218-225)  doit  avoir 
été  écrit  vers  le  milieu  du  xiif  siècle;  le  reste  doit  avoir  été  ajouté, 
partie  dans  la  seconde  moitié  de  ce  siècle,  partie  vers  l'année  1330. 
Le  texte  de  ce  morceau  sera  publié  dans  l'Appendice. 

II.  Fragment  d'un  recueil  de  matériaux  a  l'usage 
DES  prédicateurs.  (Nouv.  acq.  lat.  1718.) 

Deux  cahiers  de  parchemin  de  8  feuillets  chacun,  318  milli- 
mètres sur  227.  Ces  cahiers  ont  formé  les  fol.  cclxxvii-cciiii^^xii 
d'un  manuscrit  copié  sur  deux  colonnes ,  exécuté  en  1322  et 
venu  de  la  chartreuse  de  Montdieu,  comme  on  le  verra  un  peu 
plus  loin. 

Dans  ce  qui  nous  a  été  conservé  du  recueil  on  distingue  trois 
parties  : 

1°  Fol.  1-4  v^  Vision  de  Tondale.  Voyez  Ward,  Cata- 
logue of  Romances  in  the  Department  of  manuscripts  in 
the  Briiish  Musewn,  II,  416. 

Fol.  \.  a  ïncipit  visio  cujusdam  militis  de  pénis  inferni.  Anne 
Domini  M°  G°  XL1X°,  fuit  in  Hibernia,  civitate  Gortagensi,  quidam 
miles  juvenis,  nomine  Tondalus,  qui  ecclesiam  Dei  neglexerat,  pau- 
peres  GhrisLi  videra  nolebat,  et  pro  vana  gloria  distribuit  quidquid 
habebat...  »  —  Fol.  4  v°,  col.  2  :  «  ...  Guncta  que  viderai  postmo- 
dum  recitavil,  verbum  Dei  quod  ante  nescierat  cum  magna  devotione 
predicavit  et  bonain  vitam  nos  ducere  monuit.  » 

2°  Fol.  4  v°-6  v°.  Recueil  de  fables,  au  nombre  de  33,  la 
plupart  très  brèves  :  «  Incipiunt  quedam  notabilia  super  fabulas 
animaliura.  » 

Voici  les  premiers  mots  de  chaque  fable  et  le  texte  de  la  troi- 
sième et  de  l'antépénultième  : 

W  Quedam  statua,  hominis  habens  ymaginem,  slabat  in  campo 
uno  cum  arcu  exlenlo  ad  dolcrrcndum  volucres... 

2.  Lco  vadcns  per  iler  deviuin,  inveniens  asinum  anliquum  el 
capillaLum  et  toLum  dorsum  habenLem  confractum... 

1.  Les  numéros  ont  été  mis  en  marge  par  une  main  moderne. 


LEGUES  A   LA    BIBLIOTHEQUE   NATIONALE.  639 

3.  Léo  mandavit  omnibus  bestiis  ut  venirent  ad  penitentiam.  Vole- 
bat  enim  scire  et  audire  excessus  earum.  Et  primo  vulpes  dixit  con- 
fessionem  suam,  eo  quod  ipse  comederet  [sic]  multos  capones  et 
multas  anceres  et  gallinas.  Et  dixit  ei  leo  :  «  Dcus  parcat  tibi.  Bene 
scio  quod  pater  tuus  talis  fuit  complexionis  quod  libenter  comedebat 
taies  volucres.  Vade  et  à.\ca.s  Mise7-ere  mei  Deus.  »  Posteavenit  lupus, 
et  dixit  ei  culpam  suam  de  lioc  quod  strangulaverat  multas  vaccas 
et  multos  boves  et  multos  equos.  Et  dixit  ei  leo  :  «  Et  tu  vere  ani- 
mosus  es  ;  de  levi  non  posses  te  corrigere.  Pater  enim  tuus  fuit  talis. 
Vade  et  dicas  :  De  profundis.  —  Et  sic  dixerunt  culpam  suam  sin- 
gule  bestie.  —  Ultimo  venit  asinus,  qui  genua  flectens  ante  leonem 
(ceperunt  omnes  alie  bestie  ridere) ,  et  aperiens  os  suum,  dixit  suam 
culpam  de  hoc  quod,  una  die,  dum  esset  famelicus  et  haberet  magnam 
sarcinam  super  humeros  suos,  transibat  per  ortum  unum,  et  inve- 
nit  salviam  etcomedit  tria  folia.  Hoc  audiens  leo  graviter  cepit  illum 
increpare,  dicens  :  «  Vulpes  et  lupus  comederunt  multas  carnes  et 
diversas,  et  nunquam  talia  cum  carnibus  comedebant.  »  Et  sic  gra- 
viter eum  punivit. 

Sic  prelati  aliqui  magis  puniunt  fratres  bonos  pauperes  qui  por- 
tant bonus  religionis  quam  carnales  truphatores. 

A.  Quedam  mus,  dum  haberet  parvos  mures,  quadam  die  dixit  ut 
exirent  de  nido  suo  et  quererent  sibi  pascua... 

3.  Volucres  et  bestie  quadam  die  exierunt  ut  ad  invicem  pugna- 
rent.  Interfuit  ibi  vespertilio,  qui  habet  pedes  in  alis...  y> 

6.  Quidam  homo  calvus  nutriebat  arietem  de  pane  suo  et  aqua. .. 

7.  Quidam  miles  habens  muherem  pulcram.,.  muherem  suam 
dyabolo  commendavit... 

8.  De  leone  impotente,  quem  omnes  bestie  venerunt  visitare... 

9.  De  cane  parvo  ludente  cum  domino  suo... 
-10.  De  leone  dormiente  in  nemore... 

-H.  Golumbe  non  habentes  regem...  Unde  dicitur  :  «  De  grant  folie 
s^entremet  Qui  en  subjection  se  met.  » 
i2.  De  latrone  volente  furari  oves... 
-13.  De  cervo  qui  gloriabatur  in  suis  cornibus... 
iA.  De  lupo  et  cane... 

-15.  De  rustico  qui  fuit  indignatus  ventri  suo... 
<6.  De  symia  que  obviavit  vulpi... 
\7.  De  symia  nutrita  in  domo  régis... 
-17  bis.  De  leone  fingente  infirmitatera... 
-18.  De  pulice  qui  ascendit  super  dorsura  cameli... 


640 


MAWSCRITS 


49.  «  De  cornica  sedente  super  ovem...  Unde  habetur  in  quodam 
proverbio  :  «  Bene  set  li  chat  ki  barbe  il  lèche.  » 

20.  De  lupo  vovente  quod  non  comederet  carnes...  Unde  :  «  Homme 
et  femme  '  licheresse  Ne  garde  ne  vo  ne  promesse.  » 

21.  De  rustico  qui  hgavit  equum  suum  ad  hostium  templi... 

22.  De  vulpe  vidente  lunam  in  stagno... 

23.  De  lupo  mirante  quod  corvus  sederet  supra  ovem... 

24.  De  leone  infirmo  pro  quo  fuit  vulpes  mandata  quasi  pro  meliori 
phisico... 

25.  De  scrabone  (sic)  morante  et  saturato  in  fimo... 

26.  De  vulpe  qui  vidit  columbam  super  crueem  templi... 

27.  De  aquila  que  rapuit  fetum  vulpis... 

28.  De  cornicula  que  amisit  domum  suam... 

29.  De  cane  qui  citare  fecit  ovem  pro  pane... 

30.  De  presbitero  qui  volebat  addiscere  lupo  litteras  equo  modo. 
Gum  sacerdos  diceret  A,  E,  lupus  dicebat  post  eum  sic.  Et  cum 
dicebat  ei  sacerdos  ut  simul  jungeret,  respondit  lupus  Aingnel,  Ain- 
gnel.  Et  dist  li  prestre  :  «  Tel  en  pensée,  tel  en  la  bouche.  » 

Z{.  De  musca  dicente  se  meliorem  ape... 

32.  De  passerequi  commendavit  vulpi  ova  sua... 

3°  Fol.  6  v°-16.  Exemples,  au  nombre  de  78,  tirés  en  par- 
tie des  Vies  des  Pères  et  des  Dialogues  de  Césaire  de  Heisterbach. 
«  Incipiunt  quedam  exempla  valde  utilia.  Quidam  homo  solitarius 
habitabat  in  heremo  et  cum  quidam  frater  ei  ministrans  deferret 
ei  panem  vidit  in  itinere  mortuum  quem  tota  civitas  ducebat  ad 
sepeliendum...  » 

Le  71"  exemple  (fol.  14)  est  précédé  de  cette  rubrique  :  «  Hic 
incipit  qualiter  ordo  Cartusiensis  fuit  institutus.  » 

Fol.  1().  Souscription  finale  :  «  Frater  Johannes,  monachus 
Sancti  Arnulphi,  episcopi  Metensis,  filius  Bertranni  dicti  Façon, 
cognominatus  de  Sancta  Cruce,  fecit  fieri  et  scribi  istum  librum. 
Et  fuit  finitus  anno  Domini  W  CCC  XX"  IP,  in  vigilia  Sancti 
Vincencii  lévite  et  martiris.  Finito  libro  sit  laus  et  gloria  Christo. 
Amen.  » 

En  regard  du  nom  de  Jean  de  Sainte-Croix,  on  lit  une  note 
ainsi  conçue  :  «  Iste  Johannes  factus  est  postea  monachus  in  Monte 
Dei  anno  circiter  1330,  et  attulit  huuc  librum  secum  et  alios,  et 


1.  Le  ms.  porte  Ho  et  feie,  avec  des  signes  d'abréviation  sur  Ho  et  feie. 


LEGUES  A   LA    BIBLIOTHEQUE    NATIONALE.  64^ 

vixit  usque  ad  annum  1360,  et  ultra,  ut  habetur  in  Chronico 
Montis  Dei  anno  1348,  ubi  habetur  de  multis  libris  ab  eo  trans- 
criptis.  FRANCISGVS  GANNERON.  » 

Nous  avons  donc  ici  les  seize  derniers  feuillets  d'un  manuscrit 
de  la  chartreuse  de  Montdieu*,  manuscrit  qui  portait  jadis  dans 
cette  maison  la  cote  M  x.  On  y  a  ajouté  au  xix®  siècle  des  feuil- 
lets de  papier,  sur  lesquels  on  a  copié  les  trente-trois  fables  latines 
avec  quelques  imitations  en  français. 

III.  Notes  de  Nicolas  Heinsius  sur  le  texte  des  Poésies 
DE  Claudien.  (Nouv.  acq.  lat.  582.) 

Gros  volume  in-quarto,  de  631  feuillets,  la  plupart  hauts  de 
215  millimètres  et  larges  de  162.  Il  est  intitulé  au  dos  :  -<  N.  Hein- 
sii  Notae  autographes  et  coUationes  diversorum  manuscriptorum 
ad  Claudianum.  » 

C'est  de  ce  recueil  que  Ezra  de  Clercq  van  Jever  a  tiré  les  élé- 
ments du  «  Sylloge  varia ntium  lectionura  in  Claudianum,  excerp- 
tarum  e  diversis  codicibus  vetustis  quos  contulit  Nicolaus  Hein- 
sius, »  lequel  remplit  les  pages  741-1009  de  l'édition  de  Claudien 
publiée  à  Amsterdam  en  1761  par  Pierre  Burman,  second  du  nom. 

IV.  Roman  de  Tristan.  (Nouv.  acq.  fr.  6579.) 

Volume  en  parchemin.  230  feuillets.  283  millimètres  sur  226. 
Miniatures  à  fond  d'or.  Ecriture  à  deux  colonnes,  du  xiii"  siècle. 
Je  copie  le  texte  du  prologue. 

Après  ce  ke  j'ai  leu  et  releu  et  porveu  par  maintes  fois  le  grant 
livre  en  latin,  chelui  meisme  ki  devise  apertement  l'estoire  dou  saint 
Graal,  moût  me  merveil  ke  aucuns  preudons  ne  vient  avant  por 
translater  dou  latin  en  romans.  Car  che  seroit  une  cose  k'il  volen- 
tiers  orroient  et  povre  et  riche,  por  tant  k'il  eussent  volenté  d'escou- 
ter  et  d'entendre  bêles  aventures  et  plaisans  ki  avindrent  sans  doute 
en  la  grant  Bertaigne  au  tans  le  roi  Artu,  ensi  comme  l'estoire  dou 
saint  Graal,  ki  bien  fait  acroire,  le  nous  tesraoigne. 

1.  La  bibliothèque  de  Charleville  possède  69  manuscrits  de  la  chartreuse  de 
Montdieu.  11  y  en  a  quatre  à  la  Bibliothèque  nationale  (voy.  le  Cabinet  des 
manuscrits,  i.  II,  p.  384),  sans  compter  celui  que  la  libéralité  de  M.  Durand  vient 
d'y  faire  entrer. 


642  MANDSCRITS 

Mais,  quant  je  voi  ke  nus  ne  l'ose  emprendre  por  çou  que  trop 
seroit  greveuse  cose  a  che  ke  trop  i  auroit  a  faire,  car  trop  est  grans 
et  merveilleuse  l'estoire,  je  Luces,  chevaliers  et  sires  dou  castel  dou 
Gat,  voisin  prochain  de  Salebieres,  comme  chevaliers  amoreus, 
erapreng  a  tranlater  dou  latin  en  françois  une  partie  de  celé  estoire, 
non  mie  por  chou  ke  jou  sache  grantment  de  fran[chois,  ains  apar- 
tient  *]  plus  ma  langhue  et  ma  parole  en  la  manière  d'Engleterre  ke 
a  celé  de  Franche,  comme  chil  ki  fu  en  Engleterre  nés,  mais  celé  est 
ma  volentés  et  mes  propos  ke  jou  en  langhe  Françoise  le  translaterai 
au  miex  ke  jou  porrai,  non  pas  en  tel  manière  ke  jou  y  ajouste  men- 
choigne,  mais  la  vérité  aperte  demonsterrai,  et  ferai  assavoir  ce  ke 
li  latins  devise  de  l'estoire  de  Tristran,  ki  fu  li  plus  poissans  cheva- 
liers ki  onques  fust  en  la  grant  Bertaigne  devant  le  roi  Artu  et  après, 
fors  seulement  Galaat,  le  très  boin  chevalier,  et  Lancelot  dou  Lac, 
son  père;  et  li  latins  meismes  le  tesraoigne,  ki  est  dou  saint  Graal  : 
si  devise  apertement  ke  au  tans  le  roi  Artu  ne  furent  ke  trois  cheva- 
liers ki  trop  bien  feissent  aproisier  de  chevalerie  :  chou  Galaat,  Lan- 
celos  et  Tristrans.  De  tous  ces  trois  fait  cis  Uvres  mension  sor  tous 
les  autres,  et  plus  les  loe  et  plus  en  dist  de  bien.  Et  por  chou  ke  jou 
sai  bien  ke  ce  fu  vérités,  vaurai  commencher  encestui  point  l'estoire 
de  monsigneur  Tristran  en  tel  manière. 

Cet  exemplaire  du  Roman  de  Tristan  s'arrête  au  cours  de  l'en- 
tretien que  Cahedin  et  Palamède  eurent  au  sujet  d'Iseut,  après 
que  celle-ci  avait  fait  chasser  Kahedin  de  Cornouaille^  Voici  le 
dernier  paragraphe  de  la  copie  : 

Quant  Palamède  entent  cest  plait,  si  baisse  la  teste  vers  terre,  ne 
n'a  nul  pooir  de  respondre,  et,  quant  il  parole  a  chief  de  pièce,  il 
dist  :  «  Kehedin,  biaus  amis,  de  boine  cure  vous^  acointai.  Or 
«  sachiés  chertainement  ke  a  cestui  point  m'avés  vos  tant  amendé 
«  de  toutes  coses  ke  je  ne  quidaisse  jamais  tant  amender  par  les 
«  paroles  d'un  seul  chevalier  comme  jou  sui  amendés  par  cestes  ke 
a  vos  m'avés  dites.  Jou  conois  bien  tôt  plainement  ke  vos  m'avés  dit 


1.  Ce  qui  est  entre  crochets  a  été  récrit  par  une  main  moderne. 

2.  g  85  de  l'analyse  de  M.  E.  Liisetli  :  Le  Iloman  en  prose  de  Tristan,  le 
roman  de  Palamède  et  la  compilalion  de  Rusticien  de  Pise;  analyse  critique 
d'après  les  mss.  de  Paris,  par  E.  Loseth,  p.  71.  (Fascicule  82  de  la  Biblio- 
tkèqtie  de  l'École  des  hautes  études.) 

3.  Le  copiste  écrit  indifféremment  vous  et  vos;  —  por  et  pour. 


LÉGUÉS  A   LA   BIBLIOTHEQUE   NATIONALE.  643 

«  vérité.  Car  certes  en  nous  n'a  nule  bonté  ciel  monde  par  coi  on  nos 
a  deust  tenir  a  clievaliers  par  delès  Tristran.  Se  Diex  me  doinst 
«  boine  aventure,  on  devroit  la  dame  destruire  ki  metroit  son  cuer 
«  nul  de  nos  et  laisseroit  les  amors  dou  biau  Tristran.  Ke  vos  diroie 
«  je?  Tant  m'avés  dit  a  ceste  fois  ke  jou  sui  dou  tôt  castoiés.  Jamais 
«  nul  jor  de  sa  vie  ne  métrai  mon  cuer  si  hautement  comme  jou 
«  l'avoie  mis  devant.  Jou  lais  ichi  Yselt  a  Tristran.  Diex  lor  doinst 
«  joie  de  lor  amors,  et  jou  remetrai  des  ore  mais  mon  cuer  et  ma 
a  pensée  en  lieu  ki  apartiegne  a  bas  chevalier  si  comme  jou  sui. 
«  Diex  m'a  grant  secors  envoie  quant  il  vaut  ke  je  vos  trovaisse  a 
«  cestui  point.  Car  trop  m'avés  resconforté  et  avoié  si  droitement  et 
«  osté  de  ma  grant  folie  ou  je  estoie  devant,  ke  jamais  avoiés  n'en 
a  fuisse  a  mon  ensient  se  je  ^  vos  eusse  trové.  »  —  «  Palamedes,  ce 
«  dist  Kehedins,  vos  devés  bien  croire  el  maistre  ki  a  le  science 
a  esprovée,  car  chil.  » 

C'est  par  ces  mots  que  se  termine  la  seconde  colonne  du  fol.  230 
recto  du  manuscrit.  Le  verso  est  resté  en  blanc.  Le  copiste  a 
donc  interrompu  son  travail  au  milieu  d'une  phrase  qu'il  a  laissée 
inachevée. 

V.  Bibliothèque  littéraire  du  Maine,  par  Ansart. 

Les  feuillets  de  l'exemplaire  original  de  cet  ouvrage,  recueillis 
par  M.  Durand,  formeront  plusieurs  volumes  in-folio.  L'auteur 
était  un  chanoine  régulier  de  la  congrégation  de  France,  L. -Jo- 
seph-Auguste Ansart.  Il  fit  imprimer  le  premier  volume  de  son 
ouvrage  en  1784,  après  l'avoir  fait  approuver  par  le  censeur 
royal  Heuvrard,  dont  le  certificat  est  daté  de  Châlons,  le  23  juillet 
1784.  Le  2  messidor  an  V,  le  Bureau  central  de  correspondance 
des  arts  près  la  municipalité  du  Mans,  qui  s'était  attaché  Ansart 
en  qualité  d'associé  correspondant,  résolut  de  publier  la  Biblio- 
thèque littéraire  du  Maine,  dont  il  voulait  élargir  le  cadre,  projet 
qui  ne  fut  pas  mis  à  exécution. 

1.  Il  semble  qu'on  doit  suppléer  ici  le  mot  ne. 


644  MANUSCRITS 

APPENDICE. 

CHRONIQUE  DE  L'ABBAYE  DE  SIGNY. 

On  a  vu  que  le  premier  des  manuscrits  légués  par  M.  Durand 
à  la  Bibliothèque  nationale  renfermait  une  Chronique  de  l'abbaye 
de  Signy.  J'ai  pensé  que  le  texte  de  ce  document  pouvait  trouver 
sa  place  ici. 

Ce  que  Marlot  en  a  fait  connaître*  est  tout  à  fait  insuffisant. 
Cette  chronique  présente,  en  effet,  un  réel  intérêt  pour  l'histoire 
ecclésiastique  du  xii^  siècle,  surtout  pour  celle  des  monastères  de 
l'ordre  de  Cîteaux  situés  en  Champagne.  Elle  renferme  des  détails 
très  curieux  sur  la  construction  de  l'église  et  des  autres  bâtiments 
du  monastère  de  Signy.  Je  me  borne  à  appeler  l'attention  sur  le 
passage  où  il  est  question  d'une  expédition  entreprise  par  l'ordre 
de  Philippe-Auguste  pour  mettre  à  la  raison  le  seigneur  de  Châ- 
teau-Porcien,  qui  opprimait  les  religieux  de  Signy.  Un  bailli  du 
roi  s'apprêtait  à  assiéger  le  château  quand  le  seigneur,  se  sen- 
tant trop  faible  pour  résister,  remit  au  représentant  du  roi  les  clés 
de  la  forteresse,  avec  une  somme  d'argent  qui  décida  le  bailli  à 
se  retirer  sans  pousser  plus  loin  les  hostilités. 

Le  seigneur  qui  dut  ainsi  s'humilier  devant  les  officiers  de  Phi- 
lippe-Auguste est  désigné  dans  la  Chronique  par  les  mots  vir 
nobilis  R.  dominus  Castri  Portuensis.  C'est  évidemment 
Raoul  de  Balham,  qui  fut  seigneur  de  Château-Porcien  à  la  fin  du 
xii°  siècle  et  au  commencement  du  xiii''^.  Il  figure  dans  le  premier 
et  dans  le  quatrième  registre  des  fiefs  de  Champagne  3,  vers  les 

1.  Metropolis  Remensis  Hisloria,  t.  II,  p.  875-878.  —  L'auteur  de  l'article 
consacré  à  Guillaume,  abbé  de  Saint-Thierri,  dans  le  tome  XII  de  V Histoire  lit^ 
iéraire  de  la  France,  paraît  avoir  connu  la  Chronique  de  Signy;  c'est  à  ce 
document  que  renvoie  la  note  Chr.  Sig.  mise  en  marge  de  la  p.  314.  —  Le  Père 
Tissier  a  cité  quelques  lignes  de  la  Chronique  de  Signy  dans  la  notice  dont  il 
a  fait  précéder  l'édition  des  Œuvres  de  Guillaume,  abbé  de  Saint-Thierri,  en 
léte  du  tome  IV  de  la  Bibliotheca  patrum  Cisterciensium. 

2.  /Jisloire  de  Château- Porcien,  signée  L.  P.,  p.  35.  (Opuscule  de  125  p.  in-12, 
imprimé  à  Vouziers,  en  1859;  classé  à  la  Ribl.  nat.  sous  la  cote  Lk^  1972.) 

3.  «  Radulfus  hlius  Gaufridi  de  Balaan,  ligius,  et  tenet  Castcllum  in  Porceyn, 
et  jurabile  comiti,  salve  tamen  jure  patris  sui  si   redierit  forte.  »  Premier 


LEGUES   A   LA    BIBLIOTHEQUE   ?iATIOXALE.  645 

années  1172  et  1205.  On  connaît  au  moins  six  chartes  de  Raoul, 
seigneur  de  Ghâteau-Porcien,  pour  l'abbaye  de  Signy*  ;  elles  sont 
des  années  1211,  1214,  1217  et  1218.  Le  10  avril  121G,  il  prit 
l'engagement  de  soutenir  Thibaud,  comte  de  Champagne^.  Je  ne 
saurais  dire  à  quel  moment  exact  doit  se  placer  la  menace  d'exé- 
cution militaire  qui  l'obligea  à  reconnaître  l'autorité  de  Philippe- 
Auguste;  mais,  comme  cet  événement  eut  lieu  du  temps  de  Gilles, 
abbé  de  Signy ,  on  peut  supposer  qu'il  doit  se  placer  entre  les  années 
1205  et  1210  ou  environ.  M.  d'Arbois  de  Jubainville^  a  fixé  à 
l'année  1218  la  date  de  la  mort  de  Raoul  de  Balham. 

Je  rappelle  que  la  première  partie  de  la  Chronique,  jusqu'aux 
mots  Tanta  autem  bona  du  chapitre  consacré  à  l'abbé  Martin, 
a  été  copiée  vers  le  milieu  du  xiiie  siècle.  Le  reste  a  été  ajouté  par 
plusieurs  mains  jusqu'aux  environs  de  l'année  1330. 

[Ghronicon  Signiacense.] 

Venerabilis  pater  sanclus  Bernardus,  abbas  Clare  Vallis,  aliquando 
ad  partes  territorii  Portuensis'*  veniens,  principibus  ejusdem  terre, 
videlicet  Anselme,  comiti  de  Rabodi  Monte,  et  Henrico,  comiti  Castri 
Portuensis,  et  Glarembaldo,  domino  Rosetensi,  et  Radulpho,  domino 
de  Turno,  promisit  quod  quantum  de  suis  possessionibus  eidem  ad 
construendum  cenobium  conferrent  tantum  spacium  in  celesti  patria 
possiderent.  Qua  promissione  prefati  principes  freti,  prompte  et 
large  de  suis  possessionibus  ad  fundandum  Signiacense  cenobium 
contulerunt. 

Anno  igitur  incarnati  Verbi  millésime  centesimo  tricesimo  quarto^, 

registre,  dans  d'Arbois,  Hist.  des  comtes  de  Champagne,  t.  II,  p.  x  des  Feoda, 
article  116,  et  dans  Longnon,  Livre  des  vassaux  du  comté  de  Champagne, 
p.  237,  n"  41. 

«  Radulfus  de  Balaan,  ligius,  et  tenet  Gastrum  Portuense,  reddibile  et  jura- 
bile,  s  Quatrième  registre,  dans  d'Arbois,  t.  II,  p.  xxvi,  article  347,  et  dans 
Longnon,  p.  248,  n°  135. 

1.  A  défaut  des  textes  conservés  aux  archives  des  Ardennes,  je  renvoie  aux 
extraits  de  l'abbé  François  De  Camps,  dans  le  ms.  français  8344  de  la  Bibl. 
nat.,  p.  26-29. 

2.  D'Arbois  de  Jubainville,  Uist.  des  comtes  de  Champagne,  t.  V,  p.  97, 
n"  959  du  Catalogue. 

3.  Ibid.,  t.  IV,  p.  667. 

4.  Le  territoire  de  Château-Porcien,  Ardennes,  arr.  de  Rethel. 

5.  Un  distique,  copié  au  xv''  siècle,  sur  le  fol.  217  v°  du  ms.,  rappelle  ainsi 
la  date  de  la  fondation  de  l'abbaye  : 

Centnm  mille  datis  trigintaque  quatuor  annis 
Signiacum  fundas  aprilis  in  octo  kalendis. 


646  MANUSCRITS 

tercio  decimo  kalendas  aprilis,  venerabilis  pater  domnus  Humber- 
tus,  abbas  Igniaci,  vir  tocius  sanctitatis,  de  mandate  sancti  Ber- 
nardi,  duodecim  monachos  elegit  de  conventu  Igniacensi,  preficiens 
eis  abbatem  donnum  Bernardum,  qui,  cum  esset  canonicus  regularis 
in  monasterio  Sancti  Auberti  Gameracensis ,  pre  desiderio  artioris 
vite,  sese  Igniacum  contulerat,  virum  scilicet  strenuura  et  pru- 
dentem. 

Igitur  duodecim  predicti  fratres,  cum  abbate  suo,  ad  locum  qui 
Signeium  dicebatur,  ad  construendum  ibidem  monasterium  devene- 
runt,  qui  locus  situs  est  in  territorio  Portuensi.  Intérim  vero  pre- 
dicti fratres  in  loco  qui  Dresia^  dicitur  manserunt  donec  oratorium 
cum  suis  edificiis,  monasterio  neccessariis,  in  prefato  loco  construe- 
retur.  Oratorium  cornes  Campanie  Tlieobaldus  propriis  sumptibus 
ediflcavit.  Memorati  itaque  fratres,  licet  in  inicio  in  magna  penuria 
rerum  temporalium  constituti,  coopérante  Domino,  et  numéro  et 
merito  in  brevi  creverunt.  Insuper  et  amplis  possessionibus  dilatati 
sunt. 

Eo  tempore,  donnus  Willermus,  abbas  Sancti  Theoderici^,  abba- 
ciam  suam  deserens,  in  cenobio  Signiacensi  factus  est  monachus,  ut 
divine  speculationi  quanto  secretius  tanto  devocius  et  fervencius 
inhereret.  Hic  autem,  prêter  religionis  et  virtutis  insignia,  in  litlera- 
rum  sciencia  peritissimus  habebatur,  ita  ut  septem  liberalibus  arti- 
bus  esset  sufficienter  imbutus.  Et  quoniam  beato  Bernardo  valde 
familiaris  erat,  idem  sanctus  a  Gysterciensi  capilulo  impetravit  ut 
dictus  Willermus,  cum  duobus  monachis,  sicut  abbas  hospes,  loqui 
posset  et  quo  vellet  secum  ducere  extra  claustrum.  Scripsit  idem 
sanctus  ad  prefatum  virum  librum  apologeticum  et  alium  de  gratia 
et  libero  arbitrio.  Scripsit  ad  eundemplures  epistolas  in  quibus  quid 
de  eo  senciat  liquet  legentibus  cas.  Donnus  itaque  Willermus,  optato 
potitus  ocio  et  quiète,  amorem  venuste  Rachelis  lippe  Lye  préfé- 
rons^, dilecte  Rachelis  cupilis  amplexibus  fruebatur,  et  aliquociens 
cum  Maria  ad  pcdes  Domini  sedens,  audiebat  verbum  illius,  cum 
sancto  David  psallans  (sic)  et  dicens  :  «  Audiam  quid  loquatur  in 
me  Dominus  Deus''.  »  Unde  et  plerumque  fratribus  de  plenitudine 
cordis  sui  verba  vite  eterne  propensius  eructabat. 

1.  Draize,  Ardennes,  arr.  de  Rethel,  caat.  de  Chaumont-Porcien. 

2.  Sur  la  vie  et  les  ouvrages  de  Guillaume,  abbé  de  Sainl-Thierri,  voy.  Uist. 
lut.  de  la  France,  t.  XII,  p.  312-333.  L'auteur  de  l'article  a  connu  la  Chro- 
nique de  Signy. 

3.  Gen.,  XXIX. 

4.  Ps.,  LXXXIV,  9. 


LÉGUÉS   A    LA   BIBLIOTHÈQUE   NATIONALE.  647 

Preterea,  cum  idem  Willermus  in  lectionem  quorumdam  librorum 
magistri  Pétri  Abaelardi  incidisset,  quedam  in  eisdem  libris  que 
heresim  sapiebant  invenit,  et  inde  graviter  motus  quedam  capitula 
in  quibus  perversa  docmata  continebantur,  de  eisdem  libris  collegit, 
in  quibus  idem  Petrus  perfide  contra  fidem  catholicam  docuisse  con- 
gruis  rationibusetsanctorum  patrum  testimoniiscomprobavit.  Mémo- 
ratus  itaque  donnus  Willermus  eadem  capitula  que  de  libris  magistri 
Pétri  designaverat  et  responsiones  ipsius,  sanctorum  patrum  testi- 
moniis  fultas,  quibus  perversorum  docmatum  errores  collidebantur, 
ad  sanctum  Bernardum  misit,  rogans  attendus  et  exorans  ut  super 
lantis  malis  consilium  apponere  non  differret.  Sanctus  autem  Ber- 
nardus,  magistrum  Petrum  secreciori  ammonicione  conveniens,  tam 
dévote  tamque  rationabiliter  cum  eo  egit  ut  ille  quoque  compunc- 
tus,  ad  ipsius  arbitrium  correcturum  se  promitteret  universa'.  Sed 
cum  recessisset  ab  eo,  iniquis  stimulatus  consiliis,  resilivit  a  consi- 
lio  saniori,  insuper  et  in  concilio  Senonensi,  ad  quod  sanctum  Ber- 
nardum vocari  fecerat,  nec  volens  resipiscere  nec  valens  resistere 
spiritui  quo  sanctus  loquebatur,  sedem  apostolicam  appellavit.  Pre- 
sul  autem  apostollcus,  ipsius  Pétri  perversa  docmata  per  epistolam 
beati  Bernardi  cognoscens,  ipsum  auctorem  eadem  sententia  cum 
suis  erroribus  involvens,  scripta  incendio,  scriptorem  silencio  con- 
dempnavit. 

Ea  tempestate,  donnus  Arnulphus,  frater  domini  de  Moriaumez^, 
abbas  Sancti  Nichasii,  vir  tam  generis  nobilitate  quam  vite  merito 
conspicuus,  celestis  desiderii  ardore  succensus,  in  hoc  Signiacensi 
cenobio  factus  monachus,  ut  regnum  celorum  compararet,  diviciis 
pretulit  paupertatem. 

Donnus  etiam  Gerardus  frater  domini  de  Orcimonte,  abbas  Flori- 
nensis^,  vir  summe  humilitatis  et  sancte  paupertatis  amator  ferven- 

1.  Voy.  Gallia  christiana,  t.  IX,  col.  212. 

2.  Voy.  Gall.  christ.,  t.  III,  col.  978. 

3.  Au  bas  du  fol.  219  une  main  du  xv®  siècle  a  ajouté  l'épitaphe  de  ces  trois 
religieux  : 

"Willermus,  Gerardus,  Arnulphus  :  Monlis  pater  Hor  Wi; 
G.  Florinensis,  A.  Nichasyensis,  honesti, 
Sygniaci  monachi  post,  simul  ecce  jacent. 
Le  premier  de  ces  trois  prétendus  vers  désigne  l'abbaye  de  Saint-Thierri  par 
les  mots  Mo7is  Hor. 

Dorn  Martène  et  Dom  Durand  virent  en  1712  le  tombeau  des  trois  abbés  de 
Saint-Thierri,  de  Florine  et  de  Saint-Nicaise  dans  le  cloître  de  Signy.  Voyage 
littéraire  de  deux  religieux  bénédictins,  I,  ii,  150. 


648  MANUSCRITS 

tissimus,  cum  duodecim  de  monachis  suis,apudSigniacumveniens, 
se  cum  suis  sociis  suscipi  peciil  et  impetravit. 

Hii  igitur  très  memorati  viri  tune  temporis  omni  congregationi 
quasi  tria  luminaria  refulgentes,  suis  sanctis  monitis  et  exemplis 
pluribus  profuerunt. 

Monachi  vero  Florinenses,  moleste  nimium  ferentes  quod  essent 
abbate  suo,  tam  sancto  videlicet  et  incumparabili  viro,  destituti, 
cum  nullis  precibus  redire  ad  eos  acquiesceret,  Romam  miserunt  ad 
impetrandum  litterasa  summo  pontificeut  adpriorem  locum  reverti 
per  censuram  ecclesiasticam  cogeretur.  Quod  et  factum  est.  Vir 
autem  Domini  Gerardus,  cura  Apostolo<  posteriorum  oblitus,  ad  priora 
se  extendens,  intendebat  potius  ad  voeem  Domini  admonentis  eum 
pcrsequi  ad  bravium  superne  vocacionis  quam  ad  homines  ad  ea  que 
reliquerat  redire  suadentes.  Unde  nec  mandato  executoris  domini 
pape  parère  volens,  excommunicatus  est.  Qua  de  re,  Romam  profec- 
tus  est,  ubi  cum  advenisset,  ad  pedes  domini  pape  provolutus, 
absolutionis  beneficium  postulavit  et  ut  liceret  ei  reliquum  vite  sue 
in  Signiacensi  cenobio  Domino  famulari-,  summo  autem  pontifice 
ejusdem  peticioni  nolente  prebere  assensum,  sed  potius  ut  ad  prio- 
rem  locum  rediret  suadente,  abscessit,  ad  hospicium  suum  tristis 
rediens  et  confusus,  et  ut  nemini  communicaret  utpote  excommuni- 
catus, juxta  asinum  quem  secum  adduxerat,  solus  in  stabulo  man- 
ducavit,  nemini  quicquam  loquens.  Que  res  cum  ad  noticiam  summi 
pontificis  pervenisset,  accersiri  faciens  virum  sanctum  ad  se,  ab 
excommunicacionis  vinculo  eum  absolvit,  humilitatem  ejus  et  sim- 
plicitatem  plurimum  admirans,  cum  benedictione  apostolica  eum  ad 
propria  remisit,  concedens  ut  liceret  eidem  secundum  votum  suum 
in  Signiacensi  cenobio  deinceps  conversari.  Ipse  igitur  a  Roma  Signia- 
cum  regressus,  ob  fervorem  ordinis  et  exemplum  vite,  functus  est 
officio  prioratus,  et  aliquantis  supervivens  annis,  plenus  dierum  et 
virtutum  in  eodem  officio  defunctus  est.  In  ipso  moriente  innata  vive- 
bat  humilitas.  Nam,  cum  jam  vicinus  esset  morti,  abbatem  et  fratres 
ad  se  accersiri  fecit,  eos  summopere  deprecans  et  exorans  ne,  ipso 
morluo,  corpus  ejus  in  claustro  vel  in  oratorio  sepelirent,  sed  in 
cimiterio,  sub  stillicidio  tecti  oratorii,  ut  cadaver  ejus  citius  putre- 
fieri  potuisset.  Sepultum  igitur  est  corpus  ejus  juxta  murum  oratorii 
contra  altare  sanctorum  martyrum,  ad  cujus  tumulum  quidam  febri- 
citantes  et  alii  diversis  languoribus  fatigati,  gratia  recuperande  sani- 

l.  Petri  ep.  II,  ii,  20. 


LÉGUÉS  A   LA    BIBLIOTHEQUE    NATIONALE.  649 

tatis  venientes,  curati  sunt.  Cura  igitur  tumulus  hujus  sancti  a  multis 
frequentari  cepisset,  venerabilis  abbas  hujus  monasterii  donnus  Ber- 
nardus,  cum  quibusdam  fralribus,  ad  eundem  tumulum  accessit  et 
quasi  cum  vivo  loqueretur  dicebat  :  «  Quid  est,  frater  ?  Nos  de  sanc- 
«  tilate  vite  et  conversationis  tue  minime  dubitamus.  Quorsum  ista 
«  rairacula  ?  Visne  a  secularibus  ad  sepulcrum  tuum  venientibus 
«  quietem  hujus  monasterii  perturbari  ?  In  nomine  Domini  nostri 
«  Jhesu  Ghristi,  precipimus  tibi  quatinus  a  perpetratione  miraculo- 
«  rum  istorum  désistas  :  alioquin  nos  corpus  tuum  extra  monaste- 
«  rium  sepehemus,  ut  seculares  ad  tumulum  tuum  liberum  habeant 
«  accessum  et  ne  fratres  amplius  inquiètent.  »  A  die  ergo  illa  et 
deinceps  ibidem  miracula  fieri  cessaverunt. 

Memoratus  autem  donnus  Willermus  vitam  sancti  Bernardi  abba- 
tis  exorsus  est  scribere,  ipso  quidem  vivenle  sed  penitus  ignorante. 
Accidit  taraen  ei  contra  desiderium  suum  quia,  sicut  in  prefatione 
ejusdem  vite  vereri  se  denunciat,  preocupatus  morte,  non  explevit 
quantum  animo  conceperat  stilo  mandandum.  Ipse  autem  vitam  ean- 
dem  usque  ad  tempus  scismatis  contra  Innocentium  papam  a  Petro 
Leonis  conflati  fidehter  et  eleganter  digessit.  Gursum  autem  vite  sue 
sancto  finecumplens,  obdormivit  in  Domino.  Corpus  ejus  in  ciaustro 
juxta  introilum  capituli  traditum  est  sépulture. 

Postquam  autem  donnus  Arnulphus,  quondam  abbas  Sancti  Nicha- 
sii,  de  quo  superius  fecimus  mentionem,  de  hac  vita  migravit  ad 
Dorainum,  corpus  ejus  in  ciaustro  ante  armarium  sepultum  est. 

Per  idem  tempus,  homo  quidam  de  terra  Rumigniacensi^  Milo 
nomine,  férus  admodum  et  protervus,  occasione  cujusdam  posses- 
sionis  de  qua  a  Signiacensibus  se  exheredari  querebatur,  donnum 
Bernardum,  abbatem  Signiacensem,  interficere  volens,  ultione  divina 
incontinenti  multatus  lumen  perdidit  oculorum.  Quo  facto,  miser 
ille  homo  divinam  in  se  sentiens  ultionem,  nimiura  perterritus,  abba- 
tem cepit  rogare  ut  precibus  ejus  lumen  recuperaret  amissum,  pro- 
mittens  sub  attestatione  divini  nominis  quod,  nec  per  se  nec  per 
alium,  ecclesiam  Signiacensem  de  cetero  molestaret.  Abbate  autem 
et  omni  conventu  devotissime  et  instantissime  Domino  supplicanti- 
bus,  predictus  Milo  lumen  amissum  recepit.  Post  modicum  vero 
tempus,  idem  Milo,  inslinctu  diabolico,  iterum  furore  succensus, 
irruit  in  abbatem,  ipsum  volens  interficere,  sicut  prius  ;  sed  statim 
ultio  divina  secuta  est.  Nam  flagello  cecitalis  perpétue  mox  in  ipso 

1.  Rumigny,  Ardennes,  arr.  de  Rocroi. 


650  MANUSCRITS 

facinoris  conamine  percussus  est.  Abbas  autern  et  conventus  iterum 
pro  ipso  Dominum  rogaverunt,  sed  minime  exauditi  sunt.  Predictus 
vero  abbas,  secundum  Domini  mandatum,  bonum  pro  malo  reddens, 
concessit  ut  in  monasterio  Signiacensi  neccessaria  victus  et  vestitus 
eidem  quoad  viveret  preberentur.  Vixit  autem  idem  Mile  postea  xl^ 
et  amplius  annis  usque  ad  tempus  donni  Gerardi,  noni  abbatis 
Signiacensis. 

Anno  ab  incarnatione  Domini  M"  C°  L"  secundo,  dominus  de  Rumi- 
gniaco  quandam  villam  que  tune  Seri  Fontes  vocabatur,  quod  nomen 
mutatum  est  in  Bonum  Fontem,  ad  construendum  ibidem  cenobium\ 
donno  Bernardo,  tune  abbati  Signiacensi,  contulit.  Donnus  igitur 
Bernardus  abbas,  duodecim  raonachos  de  conventu  Signiaci  eligens, 
ad  dictum  locum  destinavit,  preficiens  eis  abbatem  donnum  Theode- 
ricum,  virum  religiosum  et  honestum.  Et  quia  possessio  illa  quam 
dominus  de  Rumigniaco  contulerat  pro  fundalione  Boni  Fontis  minus 
sufficiebat  ad  sustentationem  fratrum  Domino  ibidem  famulantium, 
dictus  Bernardus  de  possessionibus  Signiacensis  ecclesie  très  gran- 
gias  eidem  loco  contulit,  \idelicet  grangiam  de  Martinsart,  et  aliam 
que  dicitur  Walepia^,  et  terciara  que  dicitur  Guyns^  Igitur  predicti 
duodecim  fratres,  cum  abbate  suo  Theoderico,  nullatenus  a  Signiaco 
discedere  voluerunt  nisi  sub  tali  conditione  quod,  quando  aliquis 
monachus  vel  conversus  de  eorum  conventu  moreretur,  tantum  pro 
60  ab  unoquoque  monacho  vel  converso  Signiacensis  monasterii  fieret 
quantum  pro  unoquoque  eorum  fieri  consuevit,  et  ipsi  quoque  pro 
Signiacensibus  idem  se  perpetuo  facturos  spoponderunt.  Quod  vide- 
licet  a  tempore  illo  ab  utrisque  firmiter  et  fideliler  usque  ad  tempus 
donni  Martini  per  annos  ferme  nonaginta  observatum  est. 

Prefuit  autem  donnus  Bernardus  cenobio  Signiacensi  circiter 
XX  duobus  annis,  et  tandem  in  cenobio  Igniaci  promotus  est  in  abba- 
tem'^, ubi  cum  aliquantis  annis  prefuisset,  senio  et  debilitate  confec- 
tus,  multis  precibus  ut  ab  honere  offîcii  sui  absolveretur  obtinuit, 
et  apad  Signiacum  rediens  secundum  votum  suum,  post  modicura 
tempus  ab  hac  vita  excedens,  migravit  ad  Ghrislum.  Fuit  autem 

1.  Sur  l'abbaye  de  Bonnefontaine,  au  diocèse  de  Reims,  voy.  Gall.  christ., 
t.  IX,  col.  314.  Le  passage  de  la  Chronique  de  Sigay  relatif  à  la  fondation  de 
Bonnefontaine  y  est  rapporté  d'après  l'ancienne  édition  du  Gall.  christ. 

2.  Waleppe,  Ardennes,  arr.  de  Rethel,  cant.  de  Chàteau-Porcien,  comra.  de 
Sevigny-Waleppe. 

3.  Coingt,  Aisne,  arr.  de  Vervins,  cant.  d'Aubenton. 

4.  Voy.  Gall.  christ.,  t.  IX,  col.  301. 


.1 . 


LÉGUÉS   A   LA    BrBLIOTHEQUE    NATIONALE.  65^ 

memoratus  abbas  largus  corde,  vultu  hilaris,  et  omnibus  affabilis. 
Unde  a  principibus  terre  tantam  meruit  gratiam  et  favorem  ut  quic- 
quid  ab  eis  peleret  impetraret. 

Successit  autem  eidem  Bernardo  in  regimine  Signiacensis  ecclesie 
donnus  Alardus  de  Gennilaco,  ejusdem  ecclesie  monachus.  Hic  claus- 
Irum  de  nigris  lapidibus  edificavit.  Golumpnas  vero,  bases  et  capi- 
tellaveieris  claustri  reponi  fecitin  terra,  sicut  ab  antiquis  dedicimus, 
scilicet  inter  dormitorium  conversorum  et  domumlatomorum.  Idem, 
quodam  tempore,  Laverniacum'  veniensprecepit  conversis  ut  altare 
ecclesie  beati  Remigii  amoverent.  Conversis  autem  hoc  facere  recu- 
santibus  et  contradicentibus,  ipse  ad  ecclesiam  veniens,  destruere 
altare  cepit,  sed  statim  a  planta  pedis  usque  ad  verticem  paralisi 
percussus,  ab  opère  quod  ceperat  cessavit,  sero  penitens  quod  altare 
beati  Remigii  confringereattemptasset.  Prefuit  autem  ecclesie  Signia- 
censi  decem  et  octo  annis,  et  pre  debilitate  et  infîrmitale  amplius 
abbatizare  non  valens,  cessit  ;  aliquantis  post  hec  vivens  annis,  mor- 
tuus  est  in  senectule  bona  et  in  capitulo  sepultus. 

Post  hune  ecclesie  Signiacensi  prefuit  donnus  Balduinus,  mona- 
chus Igniaci,  duobus  annis  et  mortuus  est. 

Eo  tempore,  sancte  et  pie  memorie  donnus  Petrus  ad  Oculum^ 
Igniacensem  regebat  ecclesiam  merito  et  officio  pastorali.  Hic,  mor- 
tuo  donno  Balduino,  apud  Signiacum  veniens,  donnum  Gerardum, 
ejusdem  loci  priorem,  de  voluntate  et  consensu  electorum,  creavit 
abbatem,  virum  utique  sanctum,  Deo  amabilem  et  devotum.  Donnus 
igitur  Gerardus,  in  abbatem  promotus,  quantum  ceteris  officio  prela- 
tus  erat,  tantum  humiUtate  omnibus  minor  erat,  juxta  illud  Sapien- 
tis  consilium  dicentis  :  «  Quanto  major  es  humilia  te  in  omnibus^,  » 
et  illud  :  «  Qui  major  est,  ne  erit  vester  minister"'  ?  »  Studiose  etiam 
illud  beati  Pétri  preceptum  observabat,  ubi  pastoribus  precipit 
dicens  :  «  Non  dominantes  in  clero  sed  forma  facti  gregis  ex  animo^,  » 
ut  posset  cum  Apostolo  dicere  :  «  Imitatores  met  estote  sicut  et  ego 
«  Ghristi^.  »  Etquanvis  in  scola  Ghristi  didicisset  esse  mitis  et  humi- 


1.  Lavergny,  Aisne,  arr.  et  cant.  de  Laon,  comm.  de  Parfondru. 

2.  Plus  connu  sous  le  nom  de  «  Petrus  Monoculus.  b  II  fut  successivement 
abbé  de  Vairoi  (en  1164),  d'Igny  (en  1169)  et  de  Clairvaux  (en  1179).  Il  mourut 
en  1186.  Voy.  Gall.  christ.,  t.  IX,  col.  312  et  301  ;  et  t.  IV,  col.  803. 

3.  Ecclesiasticus,  m,  20. 

4.  Marc,  x,  43. 

5.  Pétri  ep.  I,  v,  3. 

6.  Pauli  ep.  I  ad  Corinthios,  iv,  16. 


652  MANUSCRITS 

lis,  in  corrigendis  tamen  subditorum  excessibus  non  erat  negligens 
aut  remissus,  sed  mox  ut  cepissent  oriri,  sicut  aitbeatus  Benedictus, 
ea  ut  prevalebat  radicitus  amputabat,  ita  ut  mali,  si  qui  essent, 
ipsum  metuerent  ut  magistrum,  boni  autem  diligerent  sicut  patrem. 

Donno  igitur  Petro  Igniacensi  abbate,  de  quo  superius  fecimus 
mencionem,  promoto  in  abbatem  Glare  Vallis,  donnus  Gerardus,  abbas 
Signiacensis,  in  regimen  Igniacensis  cenobii  eidera  successif,  cui 
ecclesie  cum  aliquantis  annis  prefuisset,  a  tumultu  temporalium 
curarum  quiescere  cupiens,  abjecta  pastoralis  officii  sarcina,  apud 
Signiacum  rediit  et  aliquantis  supervivens  annis,  sobrie  et  pie  et 
juste  inter  fratres  conversatus  est.  Cura  autem  sciret  diem  sui  obitus 
imminere,  dominici  corporis  et  sanguinis  sacrificium  devotissime 
obtulit  Deo  patri,  et  post  omnes  officinas  raonasterii  circumiens, 
quasi  de  hoc  seculo  recessurus,  omnibus  et  singulis  valedixit,  et 
rediens  ad  infirmilorium,  extrême  unctionis  sacramentum  sibi  dari 
postulavit;  quo  cum  omni  devocione  percepto,  nemini  ampliusquic- 
quam  loquens,  sanctam  animam  suo  cui  jam  diu  servierat  reddidit 
creatori.  —  Prefuit^  autem  Signiacensi  ecclesie  quinque  annis. 

Post  donnum  Gerardum,  donnus  Walterus,  abbas  Boni  Fontis, 
prefuit  ecclesie  Signiacensi  iiii"''  annis,  et  ipse  bonus  homoque  reli- 
giosus.  Nam  solitus  erat  interdum  singulorum  monachorum  lecto 
decumbencium  vascula  in  quibus  urinam  faciebant  ab  urina  evacuare 
et  eadem  Iota  aqua  ad  lecta  eorum  referre,  prius  monachus  Ignia- 
censis, frater  domini  de  Roumains. 

Ipso  mortuo,  donnus  Guido,  prior  Signiaci,  successit  eidem,  cum- 
que  1111°'' annis  prefuisset  et  dimidio,  ad  instanciam  suam,  ab  honere 
officii  sui  absolutus  est. 

Cui  successit  donnus  Stephanus,  monachus  Signiacensis,  et  ipse, 
cum  duobus  annis  prefuisset,  mensuram  virium  suarum  pondus 
honeris  excedere  videns,  voluntarius  cessit  et  libens. 

Post  hune,  donnus  Jacobus  Remensis^,  supprior  Glare  Vallis,  fac- 
tus  est  abbas  Signiaci.  Hic  conventum  duodecim  monachorum  misit 
ad  locum  qui  dicitur  Eslrivias'',  constituens  eis  abbatem  donnum 

1.  Pierre  ayant  été  nommé  abbé  de  Clairvaux  en  1179,  c'est  à  cette  même 
année  ou  environ  qu'il  faut  rapporter  le  passage  de  Gérard  à  Pabbaye  d'Igny 
et  la  promotion  de  Gautier  aux  fonctions  d'abbé  de  Signy. 

2.  Addition  marginale. 

3.  7?em.  est  ajouté  en  interligne. 

4.  Une  main  du  xv»  siècle  a  ajouté  en  marge  du  fol.  222  :  «  et  nunc  dicitur 
Vallis  Sancti  Lamberti,  in  Leodiensi.  »  L'abbaye  de  Vau-Saint-Lambert. 


LÉGUÉS    A    LA    BIBLIOTHÈQUE    NATIONALE.  653 

Guidonem,  qui  jam  abbatizaverat  in  monasterio  Signiaci.  Per  idem 
tempus,  tanta  dissentio,  tanta  discordia  tam  monachorum  quam  con 
versorum  contra  donnum  Jacobum  abbatem  orta  est  ut  nec  in  menas 
terio  propter  monachos,  nec  in  grangiis  propter  converses  securus 
esse  posset.  Unde  cum  videreL  fere  omnes  a  se  dissentire,  onus  sibi 
impositum  abiciens,  apud  Claram  Vallem,  unde  venerat,  remeavit 
Prefuit  autem  fere  per  quinquennium  ecclesie  Signiaci. 

Donnus  autem  Gerardus  dictus  li  Beges,  post  donnum  Jacobum 
prefuit  monasterio  Signiaci  septem  annis  et  totidem  mensibus  ;  pos 
tea  cessit. 

Gui  donnus  Egidius  successit,  et  prefuit  ecclesie  Signiaci  v  annis 
Eodem  tempore,  cum  vir  nobilis  R.,  dominus  Castri  Portuensis 
ecclesiam  Signiaci  damnis  et  injuriis  plurimis  molestaret,  et  donnus 
Egidius  abbas  super  lioc  apud  dominum  Philippum,  illustrissimum 
virum,  regem  Francorum,  querimoniam  deposuisset,  domini  régis 
ballivus,  de  mandato  ipsius,  cum  exercitu  ad  obsidendum  Gastrum 
Portuense  profectus  est,  cumque  jam  appropinquasset  eidem  caslro, 
dominus  R. ,  ballivo  obvius  pergens,  ei  claves  ejusdem  castri  reddi- 
dit,  promittens  se  pro  voluntate  domini  régis  quicquid  deliquerat 
correcturum.  Insuper  et  quandam  summam  pecunie  eidem  contulit 
ut  recederet  a  terra  ipsius.  Hac  de  causa,  dominus  Castri  Portuensis 
tanto  furore  succensus  est  ut  preciperet  fratribus  suis  quatinus  abba- 
tem Signiacensem  interficerent  vel  aliquo  membro  mutilarent.  Don- 
nus autem  Egidius,  ut  occasionem  malignandi  insidiatoribus  suis 
auferret,  cedens  tempori,  Igniacum  rediit,  ubi  ab  onere  officii  sui  est 
ad  instanciam  suam  absolutus. 

Donno  Egidio  successit  donnus  Hugo,  prior  Longi  Pontis,  cumque 
prefuisset  v  annis,  et  ipse  ad  instanciam  suam  ab  officio  suo  abso- 
lutus est,  non  longe  post,  factus  est  abbas  Frigidi  Montis  ^ ,  et  tan- 
dem abbas  fuit  Longi  Pontis. 

Post  donnum  Hugonem,  donnus  Petrus,  supprior  Longi  Pontis, 
prefuit  ecclesie  Signiaci  duobus  annis  ^. 

Quo  amoto,  donnus  Egidius,  cellerarius  Igniaci,  secundo  factus 
est  abJDas  Signiaci,  et  prefuit  eidem  ecclesie  ix  annis.  Ipse  ossa  donni 
Willermi,  quondam  abbatis  Sancti  Tbeoderici,  et  donni  Arnulphi, 

1.  Hugues  était  abbé  de  Froimond  en  1216  (Gall.  christ.,  t.  IX,  col.  831).  On 
peut  supposer  qu'il  avait  été  appelé  vers  l'année  1210  à  remplacer  Gilles  comme 
abbé  de  Siguy. 

2.  Les  auteurs  de  la  Gallia  christiana  (t.  IX,  col.  306)  disent  avoir  vu  le 
nom  de  l'abbé  Pierre  dans  des  actes  des  années  1211  et  1213. 

4894  42 


654  MANUSCRITS 

quondam  abbatis  Sancti  Nichasii,  etdonni  Gerardi,  quondam  abbatis 
Florinensis,  de  tumulis  in  quibus  usque  ad  tempus  illud  jacuerant 
levavit,  el  eadem  intra  murum  oratorii,  juxta  introilum  ecclesie  a 
parte  claustri,  in  quadam  tlieca,  cum  honore  debilo  collocavit.  Huic 
autem  Iranslationi  vicini  abbates  interfuerunt.  Idem  etiam  abbas, 
circa  finem  vile  sue,  edificavit  calefactorium  et  refectorium  monacho- 
rum.  Mortuus  est  apud  Loniacum^,  et  apud  Siguiacum  relatus,  ibi- 
dem in  capitulo  sepultus  est. 

Post  hune,  donnus  Renardus,  cellerarius  Signiaci,  prefuit  eidera 
ecclesie  xm  annis.  Hic  fabricam  novi  oratorii  et  dormitorii  ediûcare 
cepit.  Sumptus  pecunie  pro  edificando  dormitorio  domina  de  Roseto 
rainistravit.  Vecturas  vero  et  panem  lathomorum  de  substancia 
domus  donnus  abbas  Renardus  procura  vit.  Ipse,  mortuo  donno 
Nicholao,  abbate  Igniaci,  eidem  substitulus  est^. 

Gui  sucessit  apud  Signiacum  donnus  Hugo,  cellerarius  Signiaci, 
tribus  annis  et  tribus  mensibus;  et  ipso  in  capitulo  Gysterciensi 
amoto,  donnus  Herbertus,  monachus  de  Vacellis,  successit  eidem 
cumque  prefuisset  ecclesie  Signiaci  quatuor  annis  et  vu  mensibus, 
et  ipse  a  vilUcatione  sua  araotus  est. 

Huic  donnus  JVIartinus,  cellerarius  Igniaci,  successit.  Hic,  prêter 
alla  bona  que  per  ipsum  Dominus  ecclesie  Signiaci  operatus  est, 
nummos  quos  dominus  de  Galvo  Monte  et  dominus  Castri  Portuensis 
in  nemoribus  nostris  quando  vendebantur  percipiebant,  et  omne 
dominium  et  advocatiam,  bannum  et  justiciam  et  quecumque  habe- 
bant  vel  habere  poterant  in  monasterio  Signiaci  et  in  omnibus  terri- 
toriis  et  locis  ejusdem  monasterii,  villani  etiam  de  Donmeris  et 
omnem  advocaciam  de  Tyno^,  cum  omnibus  appendiciis  suis,  acqui- 
sivit,  sicut  in  cartis  ejusdem  ecclesie  plenius  continetur.  Gumque 
donnus  Martinus  octo  annis  et  tribus  mensibus  ecclesie  Signiaci 
strenue  prefuisset,  rediens  a  capitulo,  apud  Glararn  Vallem  egrotare 
cepit.  Inde  profectus,  Gatiialaunum  venit,  et  ingravescente  morbo 
ulterius  progredi  non  valens,  post  aliquantos  dies  ibidem  bono  et 
placido  fine  quievit.  Corpus  ejus  apud  Signiacum  relatum  est  et  in 
novo  capitulo  a  sex  abbatibus  honorifice  sepultum. 


1.  Peut-(Hre  Lonny,  Ardennes,  arr.  de  Mézières,  cant.  de  Reawez. 

2.  Nicolas  est  cité  comme  abbé  d'Igny  en  1211  et  en  1226  {Gall.  christ.,  t.  IX, 
col.  302).  Les  Bénédictins  ne  lui  donnent  pas  Renard  pour  successeur. 

3.  Dommery  et  Thin-le-Moutier,  Ardennes,  arr.  de  Mézières,  cant.  de  Signy- 
l'Abbayc. 


LÉGUÉS   A   LA   BIBLIOTHEQUE    NATIOIVALE.  «55 

Tanta<  autem  bona  per  abbatem  MarLinum  Dominus  operalus  est 
ut  ipsesolus,  parvo  tempore  quo  ecclesie  Signiaci  prefuit,  plus  acqui- 
reret  quam  omnes  qui  inter  ipsum  et  domnum  Bernardum,  primum 
abbatem,  Signiacensi  ecclesie  prefuerunt.  Et  certe  melior  est  acqui- 
sitio  ejus  thesaurizatione  argenli  et  auri  et  multo  utilior  quam  si 
XL*  milia  librarum  in  thesauris  ecclesie  reliquisset.  Hec  autem 
dicimus,  ut  memoria  ejus  in  benedictione  apud  nos  omni  tempore 
habeatur  et  nulla  oblivione  in  posterum  deleatur, 

Post  hune  domnus  Poncardus^,  cellerarius  Vallis  Régis,  Signia- 
censi ecclesie  prefuit  decem  annis.  Qui  tandem  ad  capitulum  Gyster- 
ciense  pergens,  cum  ad  domum  Trium  Fontium  devenisset,  vehe- 
menter  egrotare  cepit,  et  ultra  progredi  non  valens,  ibidem  lecto 
decubuit.  Invalescente  autem  cotidie  infirmitate,  post  mensem  mor- 
tuus  est.  Corpus  ejus  apud  Signiacum  relatum  est  et  in  capitulo  a 
seplem  abbatibus  traditum  sépulture.  Novum  dormitorium,  quod  jam 
dudum  ceptum  et  ediflcatum  usque  ad  auditorium  fuerat,  ipse  per- 
fecit.  Similiter  infîrmilorium  novum  totum  prope  ipse  composuit. 

Ponchardo  abbate  Signiacensi  defunto  et  tradito  sépulture,  suces- 
sit  ei  domnus  Robertus,  cellerarius,  quem^  conventus  Signiacensis 
quinque  habuit  annis  domitorem;  qui,  etiam  plus  ac  favorabilis, 
jam  inceptum  infirmitorium  perfecte  jusserat  compilari,  novoque 
compilagio  vacavit  diligenter,  videlicet  ecclesie,  circa  quam  multum 
est  laboratum.  Gujus  opéra  moresque  conspicui  nobis  ab  omnibus 
multum  sunt  commendandi. 

Postea  successit  domnus  Robertus  de  la  Bassée,  tune  cellerarius 
Signiaci,  homo  bonus,  senex  et  plenus  dierum,  qui  sub  tribus  abba- 
tibus predecessoribus  suis,  dominis  videlicet  Herberto,  Martino  et 
Poncardo,  officium  cellerarie  per  viginti  annos  fîdeliter  rexit,  sapien- 
ter  amministravit  et  utiliter  ordinavit,  et  magnam  provisionem  pro 
opère  novi  monasterii  de  lapidibus  nigris  de  Ghassignis  juxta  Mon- 
tem  Acutum  fecit.  Et  postea  electus  in  abbatem  Signiaci,  multum 
per  omnem  modum  pro  tempore  suo  ad  opus  edificii  nove  ecclesie 
laboravit,  et  multas  et  graves  expensas,  tam  pro  placitis  quam  reques- 
tibus  et  edifîciis  diversis,  sustinens,  rébus  bene  et  fideliter  adminis- 
tratis  per  quinque  annos  et  menses  quatuor,  benignus  et  plus, 
multis  gravibus  infirmitatibus  subjectus  et  senio  fessus,  spontanea 

1.  Ici  changeiïieat  d'écriture. 

2.  Une  main  plus  moderne  a  corrigé  ce  mot  et  l'a  remplacé  par  «  Poncius.  » 

3.  Quam  dans  le  ms. 


656  MANUSCRITS 

voluntate  cessit,  et  per  novem  ebdomadas  postea  supervivens  spiri- 
tum  Domino  reddidit  et  in  Christo  requievit. 

Post  hune,  successit  dominus  Bertrannus  de  Guieron,  cellerarius 
dicte  donnus  Signiaci,  homo  valens,  fortis  et  robustus,  vir  bone  reli- 
gionis  et  honest'e  conversationis,  vir  magne  constantie  et  in  rébus 
dubiis  providus  et  aslutus  ;  qui  etiam  mulla  difficilia  et  periculosa 
placitaet  per  omnem  modum  surapluosa  contra  capitulum  Remense 
et  contra  homines  et  villas  de  potestatibus,  contra  Mosomenses^  et 
suos,  et  pro  nemore  Frigidi  Montis,  per  longum  tempus,  cum  niraiis 
laboribus  sustinuit,  et  usque  ad  flnem  debitum  prosecutus,  scientia 
et  ordinatione  debitis,  pace  vel  judicio  omnia  terminavit.  Qui  etiam 
periculosissimas  guerras  que  suo  terapore  emerserunt,  et  specialiter 
contra  dominos  Gastri  Portuensis,  contra  dominum  de  Audenarde, 
contra  dominum  de  Ruppa,  contra  dominum  de  Begins  et  contra 
quam  plurimos  alios  virililer  sustinens,  et  quasi  leo  rugiens  ad  nul- 
lius  pavens  occursum,  suis  monachis,  conversis,  famulis  vel  stipen- 
diariis  occisis  sepius  nuntiatis,  sempcr  quasi  intrepidus  sua  négocia 
die  noctuque  procurans,  et  suos  quoscumque  examinans  et  confor- 
tans,  laboribus  incredibilibus,  anxietatibus  et  expensis  quasi  innu- 
merabilibus  féliciter  terminavit,  et  bine  inde  emendis  receptis  et  inde 
pro  periculis  evilandis  traditis,  pace  vel  judicio  omnia  fere  consum- 
mans,  ea  ad  bonum  terminum  perduxit,  et  Dei  ordinatione  evasis 
periculis  quam  plurimis,  de  predictis  omnibus  ad  finem  debitum  est 
perductus.  Qui  etiam  circaquam  plurima  diversa  edificia  etacquesta 
in  diversis  locis  facta  non  modica,  apud  Macerias,  apud  Alnetum, 
ad  Scaller[iam],  apud  Villainu[m],  apud  Gastrum  Portuense,  in  curie 
de  Brayo,  de  Gapp[is]^  multa  et  maxima  bona  posuit  et  in  eisdem 
consummavit;  et,  rébus  sui  monasterii  per  decem  et  octoannos  cum 
octo  mcnsibus  laudabiliter  administratis,  in  pace  requievit,  domum 
Signiaci  in  bono  et  laudabili  derelinquens^. 

1.  L'abbaye  de  Mouzon,  au  diocèse  de  Reirns,  aujourd'hui  dans  les  Ardennes, 
arr.  de  Sedan. 

2.  Mézières,  Ardennes.  —  Launoy-sur-Vence,  arr.  de  Mézières,  cant.  de 
Signj -l'Abbaye.  —  L'Écailière,  arr.  de  Rocroi,  cant.  de  Signy-le-Petit,  conim. 
d'Éteignières.  —  Villaine,  arr.  de  Rocroi,  cant.  de  Rumigny.  —  Chàteau-Por- 
cien,  arr.  de  Rethel.  — Bray,  arr.  de  Mézières,  cant.  de  Flize,  comm.  d'IIannogne. 
—  Cliappes,  arr.  de  Retbel,  cant.  de  Chaumont-Porcieu. 

3.  Sur  le  fol.  224,  il  existe  une  première  rédaction  de  la  notice  relative  à 
l'abbé  Berlraii.  Elle  a  été  cancellée,  mais  le  texte  en  est  parfaitement  lisible. 
En  voici  la  reproduction  : 

«  Post  hune,  domnus  Bertrannus,  cellerarius  Signiaci,  in  abbatis  oflicio  tam 


LEGUES    Â    LA    BIBLIOTHEQUE    NATIONALE.  657 

Post  hune,  dominus  Arnulphus  de  Ventelayo,  monachus  el  celle- 
rarius  malris  domus  Igniacensis,  homo  pius  et  benignus,  qui,  ut 
dicitur,  conventui  tercium  scapulare  dédit  et  habere  permisit,  qui 
etiam  dari  monachis  predicantibus  in  capitule  diebus  sollennibus 
vini  melioris  unarn  justiciam  ordinavit,  Ipse  etiam  reincepit  opus 
pretermissum  novi  monasterii,  sed  consilio  quorumdam  minus  dis- 
crète acquiescens,  illud  pulcherrimum  0  quod  erat  in  pinaculo 
deponi  precepit,  et  totum  opus  dicti  templi  demisit  et  deposuit  in 
bassum  usque  ad  quanti tatem  novem  pedum.  His  mediantibus,  mali- 
volenliam  totius  conventus  incurrit,  et,  quam  ferre  non  volens, 
locum  dimisit,  et  statim  accepta  cessione  sua  ad  propria  remeavit, 
postquam  per  quatuor  annos  cum  quinque  mensibus  domum 
Signiaci  gubernaverat,  et  postea,  per  aliquos  annos  supervivens  in 
Domino  requievit. 

Post  hune,  successit  dominus  Johannes  de  Avia,  quondam  magis- 
ter  conversorum  Signiaci,  homo  mittis,  pius  et  benignus,  qui  fuit 
honeste  conversationis  et  bone  rehgionis,  et  suo  tempore  in  bonis 
temporalibus  l3ene  et  optime  fortunatus,  et  multum  semper  intentus 
fuit  circa  fabricam  nove  ecclesie,  et  de  facultatibus  sibi  a  Deo  datis 
et  concessis  in  opus  dicte  ecclesie  largiter  ponebat,  et  conventum 
suum  ibidem  introducere  cupiebat,  quod  tamen  morte  preventus  non 
fecit.  Non  fuit  etiam  placitis  sumptuosus,  sed  contra  Mosomenses 
continue  placitavit.  Fuit  etiam  circa  predicationes  intentus,  et  suos 
subditos  in  suis  predicationibus  verbis  gratiosis  utiliter  instruebat. 
Fuit  etiam  diversis  infîrmitatibus  satis  fatigatus,  et  ad  ultimum, 
causa  visitationis  ad  abbatiam  Vallis  Sancti  Lamberti  descendens, 
ultra  progressus,  usque  ad  Mallestot  in  Alemanniam  descendit,  et 
ibi  quasdam  potiones  quorumdam  fontium  accipiens  minus  discrète, 
in  reversione  sua  in  curte  de  Maisoncellis  juxta  Signiacum,  cum 

vite  merito  quam  doctrine  dignus  est  stabiliri.  Hic  annis  octodecim  et  octo 
mensibus  prelationis  offîcium  strenue  gubernavit.  Cujus  in  temporibus,  moles- 
tias  dampnaque  plurima  nostra  ecclesia,  tam  a  vicinis  militibus  quam  a  lon- 
gi[n]quis,  fortissime  lolleravit;  quam  utpater  egregius,  tam  suo  consilio  quam 
principum  solacio,  fortiter  defensavit,  videlicet  contra  illos  de  Seames  seu  de 
Postes  abbatemque  Mosomensem  seu  dominum  Jofridum  de  Castro  Portuensi. 
Hic  multa  edificia  per  loca  nostra  ad  profectum  ecclesie,  in  quantum  potuit, 
ampliavit.  Qui,  post  hujus  miserie  cursum,  terre  corpusculum  coramendavit, 
reddens,  prout  credimus,  ei  divina  gracia  annuente,  nostro  in  celestibus  spiri- 
tum  Salvatori,  et  secundum  morem  ordinis  in  parte  australi  nostri  capituli 
tumulatus,  honorifice  requiescit,  tumbam  habens  marmoream,  in  ejus  laudem 
versibus  adornatam.  Christi  solamen  in  celis  sential.  Amen.  » 


658  MANUSCRITS 

domum  Signiacensem  per  très  annos  cum  quatuor  mensibus  lauda- 
biliter  gubernasset,  vita  privatus  est  et  in  Domino  requievit. 

Post  hune,  successit  Poncardus  de  Wasigniaco,  dictus  li  Quaillos, 
médius  cellerarius  et  causidicus  Signiacl,  qui  fuit  vir  sapiens  et 
discretus,  vir  subtilis  et  religiosus  et  circa  agibilia  valde  intentus 
sollicite  et  cum  omni  diligentia  negotia  ecclesie  sue  fideliler  pro- 
curans,  intus  et  extra,  in  verbis  et  factis  quam  plurimum  tempe- 
ratus,  in  reprehensionibus  subditorum  valde  discretus,  in  cor- 
rectionibus  misericors  et  benignus.  Libenter  predicabat,  verbum 
divinum  subtiliter  exponens,  animos  subditorum  suorum  multis 
exemplis  Claris,  exhortationibus  et  monitionibus  suis  devotissime 
instruebat.  Girca  fabricam  nove  ecclesie  multum  fuit  sollicitus, 
Novas  caméras  pulcherrimas  cum  magnis  laboribus  et  expensis 
edificavit,  et  multa  gravia  placita  tempore  suo  contra  Mosomenses 
habuit,  que  sua  diligentia  et  subtilitate,  mediantibus  multis  et  magnis 
custibus  et  expensis,  ad  finem  debitum  viriliter  perduxit.  Fuit 
sobrius,  modeslus,  mansuetus  et  pius.  Et  cum  per  sex  annos  cum 
novem  mensibus  domum  Signiacensem  laudabiliter  gubernasset, 
infirmitate  gravi  detentus,  ad  lectum  decidit,  et  cum  cognovisset 
quod  moreretur,  magnam  partem  convenlus  ad  se  vocari  precepit  et 
unde  agebatur  eidem  conventui  fideliter  intimavit,  et  qualiter  domum 
Signiacensem  bonis  temporalibus  munitam  et  refertam  ac  eciam 
pecuniosam  relinquebat  per  omnia  significans,  in  Ghristo  benigniter 
requievit.  Cujus  anima  in  pace  perhenniter  requiescat.  Amen. 

Dom  Claude  Guy  ton  nous  a  conservé*  le  texte  d'une  nomen- 
clature des  abbés  de  Signy  qu'on  avait  copiée  à  une  époque 
moderne  sur  un  feuillet  volant  placé  à  la  fin  du  manuscrit  de 
Sigebert^.  Nous  allons  reproduire  la  transcription  de  dom  Claude 
Guyton  : 

24.  Domnus  Poncardus  regimen  suscepit,  ac  deinde  in  abbatera 
Igniaccnsem  est  electus. 

25.  Joannes  de  Wasigny,  annis  xxii. 

26.  Arnoldus  de  Wasigniaco. 

27.  Joannes  a  Castro  Porcensi,  annis  xxx. 

28.  Nicolaus  de  Fraillicourt,  annis  xx. 

1.  Ms.  français  23474,  fol.  210  v»  et  211. 

2.  Ce  feuillet  volant  paraît  avoir  passé  sous  les  yeux  de  Marlol;  voy.  Marlot, 
Metropolis  Remensis  historia,  t.  II,  p.  878. 


LÉGUÉS   A    LA    BIBLIOTHÈQUE   NATIONALE.  659 

29.  Gerardus  de  Nouvion,  xi  annis. 

30.  Joannes  de  Mouzy. 

3^ .  Joannes  de  Geris,  annis  xx. 

32.  Guillelmus  Leodiensis,  annis  vu, 

33.  Ogerinus  de  Sezanne.  Fit  deinceps  Igniacensis  abbas.  Sub  eo 
reformacio  Signiacensium  inducilur.  Annis  circiter  28. 

34.  Nicolaus  de  Snippe,...  annis.  Anno  ^4'I2,  vigesima  Augusli, 
cum  conventu  quilavit  abbati  et  religiosis  Vallis  Sancli  Lamberti  a 
solutione  36  septiers. 

35.  Gobertus  de  Gharlange. 

36  abbas  regularis  domnus  Tristandus  de  Bizet,  Trecensis,  ex 
monacho  Glarœ  Vallis,  ultimus  abbas  regularis,  postea  episcopus 
Xantonensis. 

Abbates  commendatarii. 

^.  Ex  cessione  Trissandi,  4  550,  Garolus  de  Bourbon,  cardinalis. 

2.  Annibal  de  Russelay,  i talus,  Garcassonensis  episcopus. 

3.  Ludovicus  de  Russelay,  prsecedentis  nepos,  anno  4602. 

4.  Antonius  de  Bourbon,  cornes  de  Moret,  Henrici  IV,  Francorum 
régis,  filius  naturalis,  anno  4  620. 

5.  Armandus  Joannes  du  Plessis,  cardinalis  de  Richelieu. 

6.  Marcus  de  Baradat,  cum  sequente,  ab  anno  4  643  ad  annum  4  693. 

7.  Henricus  de  Baradat,  superioris  frater,  ex  ejus  resignatione. 

8.  Franciscus  de  Gamps,  annis  30,  usque  ad  annum  4  723. 

9.  Ludovicus  de  Harcourt,  ab  anno  4723.  Vir  vere  ecclesiasticus 
et  eximise  sanctitatis ,  vicarius  generalis  eminentissimi  Ludovici 
Antonii  de  Noailles,  Parisiensis  archiepiscopi. 

La  première  partie  de  la  liste  qu'on  vient  de  lire  dérivait  sans 
doute  du  catalogue  copié  sur  la  première  page  du  manuscrit  de 
la  Chronique  de  Sigebert  et  qu'il  n'est  pas  inutile  de  donner  ici. 

Anno  ab  incarnatione  Domini  M°  G"  XXX'' IIIP,  viii"  kalendas 
aprilis  fundata  est  domus  Signiaci. 

Abbas ^      I.  Bernardus,  xxii  annis.  Hic  postea  fuit  abbas  Igniaci. 
II.  Alardus  xviii  annis. 
III.  Balduinus,  ii  annis. 
IIII.  Gerardus,  annis  v. 
V.  Walterus,  un  annis. 

1.  Le  commencement  de  celte  liste  paraît  avoir  été  copié  vers  le  milieu  du 
XIII*  siècle. 


660  MANUSCRITS   LÉGUÉS   A   LA    BIBLIOTHEQUE   NATIONALE. 

VI.  Guide,  annis  iiii  di[midio]. 

VII.  Stephanus,  annis  ii. 
VIII.  Jacobus,  annis  v. 

IX.  Gerardus,  annis  vu  mensibus  vu. 
X.  Egidius,  annis  v. 
XI.  Hugo,  annis  v. 
XII.  Petrus,  annis  ii. 
XIII.  Egidius  qui  supra,  annis  ix. 
XIIII.  Renardus,  annis  xiii.  Post  abbas  Igniaci. 
XV.  Hugo,  annis  m  mensibus  m. 
XVI.  Herbertus,  annis  un  mensibus  vi. 
XVII.  Marlinus,  annis  viii  mensibus  m. 
XVIII.  Pontius,  annis  decem. 
XIX.  Robertus\  annis  v. 
XX.  Bertrannus,  annus  xviir  mensibus  vin. 
XXI.  Arnulphus. 
XXII.  Joliannes. 
XXIII.  Poncardus. 
XXIIII.  Poncardus. 
XXV.  Johannes  de  Vasigneio  annis  xxii. 

XXVI.  Arnulplius  de  Vasignie  annis 

XXVII.  Johannes  de  Castro  Porluensi  annis 

XXVIII.  Nicholaus  de  Fraillicourt,  annis  xx,  mensilîus  vr, 
poslea  cessit. 

XXIX.  Gerardus  de  Novionno,  annis 

XXX.  Joliannes  de  Demouzi,  annis  xi. 

XXXI.  Johannes  de  Seris,  annis 

XXXII.  Guillelmus  de  Leodio,  annis Cessit. 

XXXIII.  Ogerinus  de  Sezanne,  annis  xxviii  vel  circiler.  PosL 
Igniaci. 

Nicholaus  de  Soppis 

Goberlus  de  Chalange 

Dominus  Tristandus  Bizet 

Léopold  Delisle. 

l.  A  partir  du  dix-neuvième  abbé,  les  noms  ont  été  ajoutés  après  coup  par 
diverses  mains. 


■;i 


BIBLIOGRAPHIE. 


Manuel  de  Diplomatique,  par  A.  Girt.  Paris,  -1894.  In-8°,  xvi- 
944  pages. 

1.  —  Il  faut  louer  d'abord  M.  Giry  d'avoir  entrepris  ce  livre  considé- 
rable, que  tous  les  savants  et  tous  les  étudiants  ont  aujourd'hui  entre 
les  mains.  Du  courage  et  du  désintéressement  sont  nécessaires  aux 
auteurs  de  ces  grands  «  Manuels,  »  qui  précisent  l'état  d'une  science  à 
un  moment  donné  de  son  développement,  en  résumant  méthodique- 
ment les  conclusions  partielles  des  spécialistes.  Du  courage,  car,  sans 
parler  du  temps  et  du  labeur  qu'une  pareille  synthèse  réclame,  en 
explorant  de  si  vastes  domaines  on  s'expose,  on  se  condamne,  —  si 
bien  informé,  si  consciencieux  que  l'on  soit,  —  à  commettre  quantité 
d'erreurs  matérielles  et  d'omissions  ;  les  gens  prudents,  préoccupés  par- 
dessus tout  de  ne  pas  prêter  le  flanc  à  la  critique,  à  la  critique  d'autrui 
ou  à  la  leur  propre,  ne  feront  jamais  de  «  iManuels.  »  Du  désintéresse- 
ment aussi,  car,  si  le  «  Manuel  »  ne  saurait  prétendre  à  la  perfection 
enviée  qui  distingue  certaines  monographies  d'érudition,  brèves,  élé- 
gantes et  minutieuses,  il  ne  procure  pas  non  plus  la  réputation  que 
donne  un  beau  livre  original;  on  le  cite  moins  qu'on  ne  s'en  sert;  on 
le  consulte  plus  qu'on  ne  le  lit;  tel  qui  en  profita  n'en  parle  néanmoins 
que  pour  en  signaler  les  défauts,  les  lacunes;  enfin  les  ouvrages  de  cette 
espèce  vieillissent  très  vite  :  ils  n'ont  pas  de  valeur  durable. 

Ce  qui  a  décidé  sans  doute  M.  Giry  à  braver  les  dangers  de  l'entre- 
prise, c'est  la  conviction  qu'un  «  Manuel  »  solidement  établi  épargne, 
d'une  part,  aux  étudiants  beaucoup  de  recherches  superflues,  de  dégoûts 
et  de  maladresses,  tandis  que,  d'autre  part,  il  n'y  a  pas  d'instrument 
plus  efficace  pour  faire,  comme  on  dit,  avancer  la  science.  Inventorier 
ce  que  l'on  sait,  indiquer  exactement  ce  que  l'on  ne  sait  pas,  c'est  per- 
mettre aux  apprentis  de  consacrer  à  frayer  des  voies  nouvelles  le  temps 
qu'ils  auraient  été  obligés  d'employer  à  reconnaître  les  chemins  battus. 
—  Mais  à  quoi  bon  insister?  Les  grands  «  Manuels',  »  qui  condensent 

1 .  Le  mot  «  Manuel  »  a  été  déshonoré  en  français  par  l'application  qu'on  en 
a  faite  à  des  publications  élémentaires,  scolaires.  L'allemand  Lehrbuch  a  con- 
servé plus  de  force  et  de  dignité. 


662  BIBLIOGRAPHIE. 

avec  ordre,  sous  une  forme  aisément  et  promptement  assimilable,  un 
très  grand  nombre  de  renseignements  positifs,  satisfont  un  besoin  res- 
senti aujourd'hui  par  tout  le  monde  en   présence  d'une  production 
internationale  dont  l'accablante  activité  augmente  chaque  année  ;  on  ne 
peut  plus  s'en  passer.  Faut-il  rappeler  à  ceux  qui,  chez  nous,  s'en 
méfient  encore,  l'exemple  de  l'AUeiTiagne,  ces  Handbuch,  ces  Lehrbuch, 
ces  Grundriss,  ces  répertoires  de  tout  genre,  dont  les  éditions  se  suc- 
cèdent si  rapidement,  et  qui  attestent,  en  même  temps  qu'ils  surex- 
citent, l'énergie  scientifique  de  nos  voisins  ?  Le  volume  du  Handbuch 
d'Iwan  V.  Millier  et  ceux  de  la  Sammlung  theologischer  Lehrbucher  de 
Fribourg-en-Brisgau  qui  intéressent  le  moyen  âge,  les  deux  Grundriss 
symétriques  de  A.  Grôber  et  de  H.  Paul,  pour  ne  citer  que  ceux-là,  ne 
sont-ils  pas  indispensables  aux  médiévistes?  Aussi  bien,  M.  Giry  n'a 
pas  été  le  premier  à  naturaliser  en  France  la  mode,  impérieusement 
commandée  par  les  conditions  modernes  du  travail  scientifique,  du 
«  Manuel  » -répertoire,  composé  d'une  doctrine  brève  et  d'une  biblio- 
graphie abondante,  mais  choisie.  A  l'époque  où  j'étais  étudiant,  il  n'y 
avait  pas  encore  de  bons  «  Manuels  »  en  français  ;  l'enseignement  est 
simplifié  aujourd'hui  par  les  ouvrages  excellents  de  MM.  G.  Paris, 
P.  VioUet,  M.  Prou,  Engel  et  Serrure,  etc.;  une  Collection  de  Manuels 
de  bibliographie  historique  a  été  fondée  à  la  librairie  A.  Picard,  et  on 
nous  fait  espérer  qu'un  «  Manuel  d'historiographie  française  »  y  figu- 
rera bientôt;  enfin  le  Manuel  de  Diplomatique  de  M.  Giry  est  publié  par 
la  librairie  Hachette  dans  une  Collection  qui  compte  déjà  deux  Manuels 
(des  «  Institutions  romaines,  »  des   «  Institutions  françaises  sous  les 
Capétiens  directs  »),  rédigés  sur  le  modèle  des  Lehrbuch  allemands <. 

IL  —  M.  Harry  Bresslau  a  publié  en  1889  le  tome  I"  d'un  Handbuch 
der  Urkundenlehre  fur  Deutschland  und  Italien.  M.  Giry  n'a  pas  voulu,  à 
tort  ou  à  raison,  composer,  en  pendant  à  ce  livre,  un  «  Manuel  de 
Diplomatique  française.  »  Son  livre  se  présente  expressément  comme 
un  Manuel  de  Diplomatique  universelle;  la  Diplomatique  universelle, 
champ  immense,  que  M.  Bresslau  ne  s'était  pas  cru  capable  d'embras- 
ser à  lui  tout  seul  2.  Mais  ce  champ,  M.  Giry  n'a  pas  laissé  de  le  limi- 

L  Une  des  raisons  pour  lesquelles  l'habitude  d'écrire  des  «  Manuels  »  s'est 
répandue  en  Allemagne  plus  tôt  qu'en  France,  c'est  qu'en  Allemagne  la  science 
est  cultivée  surtout,  depuis  longtemps,  par  des  professeurs,  tandis  qu'en  France 
les  professeurs  de  l'enseignement  supérieur,  par  suite  de  fâcheuses  traditions, 
ont  longtemps  abandonné  à  d'autres  les  véritables  travaux  scientiûques.  Le 
professeur  est  mieux  placé  que  personne  pour  concevoir  l'utilité  des  «  Manuels  », 
et  c'est  justement  son  métier  d'en  faire. 

2.  Bresslau,  p.  m  :  «  Eine  allgemeine  Diplomatik  fiir  aile  Liinder  des  mil- 
lelalterlichcn  Europas  zu  bearbeilen,  wird,  wenn  deii  bcrcchligten  Anspriichen 
der  Gegenwart  nur  anniiherndt  genùgt  werden  soll,  ein  einzelner  Forscher 
schwerlich  im  Stande  sein.  »  —  Un  «  Manuel  do  Diplomatique  »  universelle 


BIBLIOGRAPHIE.  663 

ter  en  fait,  sinon  en  principe.  Pour  apprécier  sainement  son  Manuel, 
il  importe  d'en  compléter  le  titre  trop  général  à  l'aide  des  déclarations 
de  la  page  vi  :  «  Je  n'ai  pas  hésité  à  franchir  nos  frontières,  mais  je 
dois  déclarer  que  le  point  de  vue  auquel  je  me  suis  placé  a  toujours  été 
l'histoire  de  France.  Fondé  sur  les  documents  de  nos  archives  fran- 
çaises, ce  livre  s'adresse  donc  avant  tout  aux  travailleurs  qui  veulent 
étudier  les  sources  de  l'histoire  de  notre  pays.  » 

Une  autre  déclaration  de  VAvertisseinent  est  digne  de  remarque  : 
«  Ce  livre  est,  pour  une  bonne  part,  le  fruit  d'une  enquête  person- 
nelle  Tout  en  profitant,  comme  il  convenait,  des  travaux  de  mes 

devanciers j'ai  voulu,  dans  la  mesure  du  possible,  vivifier  la  science 

par  des  recherches  nouvelles,  et  donner  à  mon  travail  la  valeur  qui 

peut  résulter de  l'observation  directe.  J'ai  fait  effort  pour  m'afïran- 

chir  ainsi  d'erreurs  traditionnelles »  —  Introduire  dans  un  Manuel, 

qui  est  un  tableau  des  connaissances  acquises,  les  résultats  inédits  de 
recherches  personnelles,  cela  serait  assurément  dangereux  si  l'auteur 
n'avait  pas  soin  de  distinguer  avec  précision  ce  qu'il  résume  de  ce 
qu'il  ajoute.  Mais  telle  a  été,  à  cet  égard,  la  scrupuleuse  attention  de 
notre  confrère  que  toute  objection  de  principe  tombe.  On  ne  peut  que 
lui  savoir  gré  des  observations  nouvelles  dont  il  a  enrichi  les  doctrines 
classiques '. 

Encore  une  remarque  préalable.  Le  livre  de  M.  Giry,  évidemment 
sorti  d'un  cours  oral,  a  une  tout  autre  allure  que  le  traité  dogmatique 
de  M.  Bresslau;  il  est  plus  familier,  plus  pédagogique.  On  y  trouve  çà 
et  là  des  conseils  élémentaires,  de  maître  à  élève,  sur  la  manière 
d'identifier  les  noms  de  personne  (p.  374)  et  les  noms  de  lieu  (p.  412), 
sur  la  manière  de  préparer  un  texte  inédit  pour  l'impression  (p.  470), 
etc.  Il  est  clair  que  l'auteur  ne  s'est  pas  contenté  d'exposer,  il  enseigne  ; 
et  c'est  encore  là  un  trait  dont  il  serait  injuste  de  ne  pas  tenir  compte 
en  jugeant  l'ensemble  de  l'ouvrage. 

III.  —  Je  n'ai  pas  l'intention  d'imprimer  ici  la  liste  d'errata  et 
d'omissa  que  j'ai  pu  relever  dans  le  Manuel  de  Diplomatique  au  cours 
d'une  lecture  attentive  2.  Tous  les  diplomatistes  qui  ont  lu  ce  livre  ont 

ne  pourrait  êlre  rédigé,  pour  les  parties  spéciales  (règles  particulières  aux  chan- 
celleries locales),  qu'en  collaboration,  par  cinq  ou  six  Fachgenossen  de  divers 
pays. 

1.  Voyez  notamment  livre  V,  eh.  11,  g  1  (Chancellerie  carolingienne). 

2.  Un  seul  exemple.  —  Parlant  des  habitudes  de  la  Chancellerie  capétienne 
de  Philippe-Auguste  à  Charles  IV,  M.  Giry  dit  (p.  763)  :  «  Il  est  arrivé  excep- 
tionnellement que  le  roi  attestât,  par  l'empreinte  de  son  scel  secret  apposée  sur 
ou  sous  le  repli,  qu'il  avait  vu  l'original  de  la  lettre  avant  qu'elle  fût  présen- 
tée au  sceau.  »  Il  cite,  en  note,  un  exemple  de  1292;  il  en  avait  déjà  (p.  653) 
cité  un  de  1305.  Il  aurait  pu  en  indiquer  bien  d'autres.  M.  Delisle  (Instruc- 


664  BIBLIOGRAPHIE. 

sans  doute  par  devers  eux  des  listes  analogues,  quoique  différentes. 
Gomment  imaginer,  en  effet,  qu'un  travail  d'aussi  longue  haleine 
puisse  être  parfait?  Le  moyen  de  diminuer  le  nombre  des  erreurs  et 
des  omissions  inévitables,  c'était  de  communiquer  les  épreuves  du 
Manuel  à  beaucoup  de  personnes  compétentes.  M.  Giry  n'y  a  pas  man.- 
qué,  et  il  exprime  ses  remerciements  à  MM.  J.  Havet,  Thomas, 
Bémont,  Lemonnier,  Prou,  etc.  Gomme  il  est  d'intérêt  public  qu'un 
pareil  recueil  de  faits  soit  aussi  correct  et  aussi  complet  que  possible, 
je  pense  que  tous  ceux  d'entre  nous  qui  ont  quelques  lumières  sur  des 
questions  particulières  de  Diplomatique  générale  ou  spéciale  auraient 
volontiers  soumis  à  l'auteur  des  renseignements  ou  des  scrupules,  s'il 
l'avait  désiré.  Il  en  recevra  sans  doute  beaucoup,  de  tous  côtés,  en  vue 
d'une  seconde  édition. 

Pour  ma  part,  je  n'ai  examiné,  je  ne  pouvais  avoir  la  prétention 
d'examiner  de  près  la  doctrine  du  livre  que  sur  quelques  points  : 
notions  de  diplomatique  anglaise,  artes  dirAaminis  et  formulaires,  diplo- 
matique capétienne  au  xni«  et  au  xiV  siècle.  Je  puis  donner  ce  témoi- 
gnage que,  sur  ces  trois  points,  la  doctrine  sommaire,  quelquefois  flot- 
tante, de  M.  Giry  est  la  seule  qu'il  pût  présenter  sans  s'être  livré 
personnellement  à  de  longues  enquêtes.  Insuffisante  en  soi,  elle  est 
bonne  relativement  à  ce  qui  est  dans  le  domaine  public,  et  personne, 
par  conséquent,  n'a  le  droit  de  s'en  plaindre. 

IV.  —  S'il  est  peu  intéressant  de  critiquer  en  public  de  minimes 
détails  d'exécution  dans  un  ouvrage  bien  fait,  il  importe,  au  contraire, 
d'en  discuter  le  plan.  Laisse-t-il  à  désirer,  il  faut  le  dire,  et  dire 
pourquoi. 

Quand  parut,  il  y  a  quelques  années,  la  première  édition  du  Manuel  de 
Paléographie  de  M.  Prou,  on  tomba  généralement  d'accord  que  ce  livre, 
si  recommandable  d'ailleurs,  contenait,  pour  un  Manuel  de  Paléogra- 
phie, trop  de  diplomatique.  M.  Giry  en  fît  l'observation,  comme  tout 
le  monde.  Assurément,  il  serait  peu  raisonnable  de  reprocher  mainte- 
nant à  M.  Giry  d'avoir  introduit  dans  son  Manuel  de  Diplomalique  un 
chapitre  de  paléographie  (1.  IV,  ch.  n,  p.  493-526).  M.  Bresslau  n'a  pas 
pu,  lui  non  plus,  se  soustraire  à  cette  nécessité  (t.  I,  p.  875-922).  Paléo- 
graphie et  Diplomatique  sont  des  sciences  très  étroitement  liées  :  il  y  a 

lions  adressées  par  le  Comité  des  travaux  historiques.  Littérature  latine  et 
hisloire  du  mo)/en  âge,  Paris,  1890,  in-8%  p.  80;  a  publié  une  charte  royale  de 
janvier  1286,  scellée  du  sceau  secret  en  même  temps  que  du  {;rand  sceau  dont 
Je  doyen  de  Saint-Martin  de  Tours  était  alors  dépositaire.  Le  carton  J  1020  des 
Archives  nationales  contient  nombre  de  pièces  originales  qui  offrent  la  même 
particularité  (n-  13,  15, 16, 21,  etc.).  Cf.  l'ordonnance  de  Bourges,  novembre  1318, 
Ordonnances,  I,  670,  art.  4.  il  aurait  fallu  siiécilier  les  cas  où  les  chartes 
royales  étaient  scellées  de  deux  ou  môme,  quoi  qu'on  en  ait  dit,  de  trois  sceaux. 


BIBLIOGRAPHIE.  665 

beaucoup  de  paléographie  dans  le  Nouveau  Traité  de  Diplomatique  des 
Bénédictins  et  beaucoup  de  diplomatique  dans  les  Éléments  de  Paléo- 
graphie de  M.  de  Waiily.  —  Mais  retenons  de  l'objection  naguère  faite 

à  M.  Prou  que,  en  dépit  de  la  maxime  Quod  abundat ,  un  livre  doit 

contenir  en  principe  tout  ce  que  son  titre  implique,  et  cela  seulement. 
Or,  le  Manuel  de  Diplomatique  contient  plusieurs  choses  que  l'on  ne 
s'attendrait  pas,  sur  la  foi  du  titre,  à  y  rencontrer,  et  il  ne  contient  pas 
toutes  celles  que  l'on  souhaiterait  d'y  voir. 

A.  En  premier  lieu,  cet  ouvrage  participe  à  la  fois  à  la  nature  d'un 
«  Manuel  »  ou  «  Traité  »  de  diplomatique  et  à  celle  d'un  «  Trésor  »  de 
chronologie  et  de  diplomatique.  Cela  est  fâcheux.  Entre  un  Manuel  et 
un  Trésor,  il  y  a  la  même  différence  qu'entre  un  traité  théorique  d'arith- 
métique et  une  table  de  logarithmes.  Aurait-on  l'idée  d'insérer  une 
table  de  logarithmes  dans  un  traité  d'arithmétique? 

Figurent  dans  le  Manuel  de  M.  Giry  et  ne  figureraient  à  bon  droit 
que  dans  un  «  Trésor  »  les  tables  et  calendriers,  le  glossaire  des  dates, 
la  liste  alphabétique  des  principaux  saints,  qui  occupent  les  pages  173- 
275,  ainsi  que  la  liste  alphabétique,  du  reste  neuve  et  précieuse,  «  des 
noms  de  lieu  de  la  Gaule  auxquels  d'autres  ont  été  substitués  au  cours 
des  siècles  »  (pages  406-412). 

Ces  tables  et  ces  listes  ont  été  certainement  insérées  dans  le  Manuel 
pour  faciliter  les  recherches,  pour  éviter  aux  travailleurs  l'ennui  d'avoir 
à  recourir  à  l'un  des  nombreux  recueils  où  de  pareils  répertoires 
existent.  Si  l'on  ne  nie  pas  qu'elles  soient  commodes,  et  même,  à  cer- 
tains égards,  préférables  aux  tables  et  aux  listes  antérieurement  publiées, 
pourquoi  les  bannir,  dira-t-on?  Ce  n'est  pas  par  amour  de  la  symétrie 
extérieure;  c'est  parce  que  les  mômes  raisons  qui  paraissent  en  justifier 
l'insertion  miUteraient  pour  qu'un  sort  analogue  fût  fait  à  d'autres  ins- 
truments du  même  genre.  Ne  serait-il  pas  agréable  d'avoir,  en  appen- 
dice au  Manuel,  plusieurs  des  listes  dont  M.  de  Mas  Latrie  a  formé  son 

Trésor pour  V étude  et  l'emploi  des  documents  du  moyen  âge?  —  On 

voit,  sans  qu'il  soit  utile  d'insister  davantage,  la  portée  de  notre  obser- 
vation :  nous  ne  souhaitons  pas  que  M.  Giry  supprime  les  tableaux 
qu'il  a  dressés,  mais,  au  contraire,  qu'il  en  augmente  le  nombre  et 
qu'il  les  publie  tous  à  part,  de  manière  à  doter  l'érudition  du  Réper- 
toire de  chronologie  et  de  diplomatique,  complet  et  maniable,  qui  lui  fait 
encore  défaut. 

B.  En  second  lieu,  le  Manuel  de  Diplomatique  est  à  la  fois  Manuel  de 
diplomatique  et  Manuel  de  chronologie.  Il  contient  (pages  83-172)  un 
traité  abrégé  de  Chronologie  technique  qui  ne  fait  pas  corps  avec  le 
reste  du  livre;  on  l'amputerait  aisément  sans  que  l'opération  laissât 
de  traces  visibles.  «  Les  dates  des  documents,  dit  très  bien  M.  Giry 
(p.  80),  se  peuvent  envisager  de  deux  manières  :  l'interprétation  des 
éléments  chronologiques  qui  les  composent  et  l'étude  des  formules  qui 


666  •  BIBLIOGRAPHIE. 

ont  été  employées  pour  les  libeller.  L'examen  des  éléments  chronolo- 
giques proprement  dits  est  du  ressort  de  la  chronologie  technique.....  » 
L'étude  des  formules,  ajouterai -je,  dont  il  est  naturel  de  traiter  à 
propos  de  la  rédaction  et  du  style  des  actes,  est  seule  du  domaine  de  la 
diplomatique.  M.  Bresslau  n'a  effectivement  traité,  dans  son  Handhuch, 
que  des  formules  (I,  ch.  xvi).  Je  ne  suis  pas  persuadé,  pour  ma  part, 
que  M.  Giry  ait  eu  raison  de  renoncer  à  la  tradition  constante  qui  nous 
a  habitués  à  considérer  la  Chronologie  technique  comme  une  science 
auxiliaire,  mais  distincte,  de  la  Diplomatique,  et  de  faire  entrer  dans  son 
livre  toutes  les  parties  de  la  Chronologie  technique  qui  lui  ont  paru 
«  directement  utiles  à  l'étude  des  sources  diplomatiques.  » 

C.  Comment  s'arrêter,  en  effet,  si  l'on  se  proposa  vraiment  d'enrichir 
un  Manuel  de  Diplomatique  de  «  tout  ce  qui  est  directement  utile  à 
l'étude  des  sources  diplomatiques  »  dans  toutes  les  sciences  qui  sont, 
au  même  titre  que  la  Chronologie,  auxiliaires  de  la  critique  des 
chartes?  —  M.  Giry  s'est  heurté,  dans  son  livre  III  {Éléments  critiques 
de  la  teneur  des  chartes),  à  cette  grosse  difficulté. 

«  En  vue,  dit-il,  d'être  utile  à  tous  ceux  qui  peuvent  se  servir  de 
chartes,  j'ai  cru  nécessaire  de  ne  négliger  aucun  de  leurs  multiples 
aspects.  »  A  cet  effet,  il  s'est  proposé  d'étudier  «  les  expressions  et  les 
termes  »  usités  dans  les  chartes  qui  peuvent  servir  d'éléments  à  la  cri- 
tique diplomatique,  tels  que  :  «  les  titres  et  les  qualités employés 

pour  désigner  les  personnes,  les  noms  mêmes  des  personnes,  ceux  des 
localités  et  toutes  les  désignations  topographiques,  les  noms  des  mesures 
et  des  monnaies,  et  enfin  la  langue  même  dans  laquelle  ont  été  rédigés 
les  documents  »  (p.  315).  Mais  quoi?  «  Il  ne  saurait  entrer  dans  le 
cadre  d'un  Manuel  de  diplomatique  de  traiter  avec  le  développement 
qu'elles  pourraient  comporter  des  matières  qui  relèvent  bien  plutôt  de 
l'histoire  des  institutions  et  du  droit  [titres,  qualités,  noms  de  per- 
sonne], de  la  géographie  historique  [noms  de  lieu],  de  l'archéologie,  de 
la  numismatique  [monnaies],  de  la  philologie,  etc.  Il  suffira  de  mon- 
trer brièvement,  par  quelques  explications  et  des  exemples,  quel  parti 
la  critique  peut  tirer  de  ces  divers  éléments,  et  d'indiquer,  lorsqu'il  en 
existe,  les  ouvrages  à  l'aide  desquels  il  est  possible  de  se  renseigner 
plus  complètement.  »  —  Ces  explications,  ces  exemples  et  cette  biblio- 
graphie sommaire  occupent  plus  de  cent  cinquante  pages  du  Manuel  de 
Diplomatique  (pages  317-478). 

Plusieurs  chapitres  de  ce  livre  III  :  le  premier,  le  cinquième  (qui 
correspond  au  ch.  x  de  M.  Bresslau)  :  Des  titres  et  qualités  des  personnes  ; 
De  la  lançjue  des  documents  diplomatiques  (c'est-à-dire  de  la  rhétorique 
spéciale  à  certains  documents  diplomatiques  en  latin  et  de  l'histoire  de 
l'emploi  de  la  langue  vulgaire  dans  les  chartes),  sont  excellents  et  tout 
à  fait  à  leur  place  dans  le  Manuel.  Mais  les  éléments  d'onomastique 
(pages  351-376),  de  toponymie  (pages  377-420),  de  numismatique  et  de 


BIBLIOGRAPHIE.  667 

métrologie,  qui  s'intercalent  entre  ces  deux  chapitres,  sont  là  au  même 
titre  que  les  éléments  de  chronologie  technique;  ils  y  sont,  ils  pour- 
raient ne  pas  y  être. 

Gomme  ils  offrent  d'ailleurs  en  eux-mêmes  un  vif  intérêt,  on  est  bien 
aise  qu'ils  y  soient;  mais,  si  M.  Giry  les  avait  gardés  en  portefeuille, 
personne  ne  se  serait  avisé,  je  crois,  de  lui  en  faire  un  crime.  En  effet, 
lorsque  les  spécialistes  sur  le  terrain  desquels  notre  confrère  s'est  aven- 
turé auront  donné  au  public  les  traités  d'onomastique,  de  toponymie, 
de  métrologie,  etc.,  qu'ils  lui  doivent,  le  diplomatiste  aura  incontesta- 
blement le  droit  de  se  contenter  de  références  très  brèves  à  ces  ouvrages; 
et  si  on  les  résume  quelque  part,  ces  traités,  ce  sera  dans  les  «  Manuels 
de  philologie  médiévale,  »  parmi  les  iZie?^</(iimer  de  l'histoire  du  moyen 
âge,  plutôt  que  dans  les  Manuels  de  Diplomatique i. 

1.  M.  Giry,  pour  justifier  l'insertion  de  notions  de  toponymie  dans  son  Manuel, 
raisonne  ainsi  :  «  La  forme  des  noms  de  lieu  a  varié  suivant  les  pays  el  les 
âges;  il  faut  que  les  noms  qui  se  rencontrent  dans  une  charte  aient  la  physio- 
nomie qui  convient  à  la  date  et  à  la  provenance  de  cette  charte;  sinon le 

document  est  suspect  »  (p.  379).  D'où  la  nécessité  d'indiquer  les  règles  qui  ont 
présidé  aux  transformations  des  noms  de  lieu  suivant  les  pays  et  les  âges.  Il 
est  clair  qu'un  raisonnement  semblable  justifierait  l'addition  au  Manuel  d'un 
traité  résumé  de  phonétique  et  de  syntaxe  des  langues  romanes  et  des  langues 
germaniques;  car  la  forme  des  mots  et  des  phrases,  et  non  pas  seulement  celle 
des  noms  de  lieu,  a  varié  «  suivant  les  pays  et  les  âges.  » 

J'ajoute  que,  dans  les  chapitres  dont  il  s'agit,  l'auteur  du  Manuel  ne  s'ap- 
plique guère  davantage  à  montrer  comment  les  principes  de  l'onomastique,  de 
la  toponymie,  de  la  métrologie,  etc.,  sont  susceptibles  de  servir  à  la  critique 
des  documents  diplomatiques  qu'à  faire  ressortir,  au  contraire,  tout  ce  que 
l'onomastique,  la  toponymie,  etc.,  doivent  à  l'étude  des  chartes  et  en 
attendent,  ce  qui  est  sortir  sans  contredit  du  domaine  de  la  Diplomatique.  Par 
exemple  :  «  Les  sobriquets  abondent  dans  les  chartes  du  xn^  siècle;  ils  sont 
intéressants  à  relever  parce  qu'ils  sont  un  curieux  témoignage  de  l'esprit  popu- 
laire et  parce  qu'ils  nous  ont  conservé  un  grand  nombre  de  tournures,  d'ex- 
pressions et  de  termes  de  la  langue  vulgaire  »  (p.  365).  «  L'importance  crois- 
sante des  études  qui  ont  pour  base  les  noms  de  lieu  oblige  le  diplomatiste  à 
donner  une  attention  particulière  à  toutes  les  données  géographiques  qui  se 
trouvent  dans  les  chartes.  L'éditeur  de  textes  diplomatiques  en  particulier  doit 
s'appliquer  à  mettre  à  la  disposition  de  l'historien,  du  philologue  et  du  géo- 
graphe, des  matériaux  dignes  de  confiance  et  soigneusement  préparés  »  (p.  379). 
«  C'est  aux  documents  d'archives  qu'il  faut  demander  les  éléments  de  la  solu- 
tion de  ces  problèmes  [de  métrologie]  ;  il  faut  s'appliquer  à  y  relever  les  termes 
qui  désignent  les  mesures  et  les  poids  »  (p.  427). 

Les  ch.  II  (Des  noms  de  personne)  et  m  (Des  noms  de  lieu)  du  livre  III  ont 
été  rédigés  sans  doute  pour  amener  et  pour  éclairer  les  conseils  pratiques  qui 
les  terminent  respectivement  :  de  la  traduction  et  de  l'identification  des  noms 
de  personne  (p.  371);  de  l'identification  des  noms  de  lieu  (p.  412).  La  numis- 
matique et  la  métrologie,  traitées  d'une  manière  beaucoup  plus  sommaire,  sont 
là  pour  la  symétrie. 


668  BIBLTOGRAPHIE. 

D.  Si  M.  Giry  avait  allégé  son  Manuel  de  cent  pages  de  listes  et  de 
tableaux  et  remplacé  par  de  simples  références  les  traités  sommaires 
de  chronologie  technique,  d'onomastique  et  de  toponymie  qu'il  s'est 
donné  la  peine  d'écrire,  il  eût  disposé  de  trois  cents  pages  environ.  Il 
n'en  aurait  probablement  pas  été  fâché,  car  on  a  l'impression  qu'il  a 
été  empêché  de  donner  à  la  dernière  partie  de  son  ouvrage  les  dimen- 
sions convenables. 

Abstraction  faite  des  tableaux  et  des  dissertations  adventices  dont  il 
a  été  question  ci-dessus,  le  Manuel  de  Diplomatique  se  compose  de  deux 
parties  :  1°  Diplomatique  générale,  savoir  :  Préliminaires  de  la  diplo- 
matique: son  objet  (cf.  Bresslau,  ch.  i,  iv),  son  histoire  (Bresslau,  ch.  ii); 
—  Parties  constitutives  des  chartes:  formulaires  et  manuels  (Bresslau, 
ch.  XI),  caractères  extérieurs  (Bresslau,  ch.  xvii,  xvni),  protocole,  texte, 
eschatocole,  signes  de  validation  (Bresslau,  ch.  m,  xiii,  xiv,  xv,  xix), 
les  documents  faux.  —  2"  Diplomatique  spéciale,  savoir  :  les  Chancelle- 
ries :  chancellerie  pontificale,  chancellerie  des  rois  de  France,  chancel- 
leries étrangères  (Saint-Empire,  Angleterre,  Espagne),  chartes  ecclé- 
siastiques, chartes  seigneuriales  ;  —  les  Actes  privés  :  les  notaires  publics, 
les  juridictions,  principales  espèces  d'actes  privés. 

0  Je  ne  me  dissimule  pas,  dit  M.  Giry  (p.  v) ,  les  imperfections 

d'un  plan  et  de  classifications  qui  m'ont  entraîné  à  des  redites.  »  Ces 
redites  étaient  inévitables.  La  division  d'un  cours  ou  d'un  traité  de 
diplomatique  en  deux  parties,  l'une  générale  et  méthodique,  l'autre 
spéciale  et  régionale  où  reparaissent  nécessairement  beaucoup  de  faits 
déjà  énoncés  dans  la  première,  est  commandée  par  la  nature  des 
choses.  —  Ce  qui  me  frappe  dans  cette  disposition  des  matières,  ce 
n'est  pas  le  danger  des  répétitions,  c'est  une  lacune. 

Dans  la  partie  générale  du  Handbuch  de  M.  Bresslau  (la  seule  qui  ait 
été  publiée  jusqu'ici)  figurent  à  bon  droit  plusieurs  chapitres  (ch.  v, 
VI,  vu,  viii),  auxquels  rien  ne  correspond  dans  le  Manuel  de  M.  Giry; 
ils  sont  consacrés  à  l'histoire  de  l'organisation  des  archives  au  moyen 
âge,  des  chancelleries,  des  officiers  et  des  fonctionnaires  de  chaque 
chancellerie'.  M.  Giry  sait  très  bien  de  quelle  importance  est  l'histoire 
administrative  des  archives  et  des  chancelleries  d'autrefois  pour  la  cri- 
tique des  chartes  :  «  Les  listes  du  personnel  de  la  chancellerie,  dont 
mention  est  faite  dans  les  souscriptions,  sont  de  la  plus  grande  utilité 
pour  la  critique  des  diplômes  »  (p.  724).  Néanmoins,  dans  la  première 
partie  du  Manuel  de  Diplomatique,  le  sujet  de  l'organisation  des  archives  et 
des  chancelleries  du  moyen  âge  en  général  n'est  pas  traité.  Cela  n'aurait 
pas  d'importance  si,  dans  la  seconde  partie  (spéciale)  du  livre  qui  est  inti- 
tulée «  les  Chancelleries,  »  l'omission  était  réparée.  Mais  elle  ne  l'est 

1.  Les  matières  traitées  dans  le  ch.  ix  de  Bresslau  (Die  rechtliche  Eeweis- 
kraft  der  Urkunden  des  MUtelallers]  sont,  de  même,  à  peine  eftleurées  dans 
le  Manuel. 


BIBLIOGRAPHIE.  669 

pas.  Sous  ce  titre  :  «  les  Chancelleries,  »  M.  Giry  a  décrit  les  différentes 
espèces  d'actes  qui  sont  sorties,  au  moyen  âge,  des  diverses  chancelle- 
ries de  l'Europe  occidentale,  et  il  enseigne  à  les  distinguer  (pages  661- 
823)  ;  sur  l'organisation  de  ces  offices  mêmes  et  sur  leur  personnel,  il 
est  très  bref,  trop  href.  Lui  qui  n'a  pas  hésité  à  reproduire,  en  les  com- 
plétant, des  tables  et  des  glossaires  onomastiques  et  chronologiques,  et 
à  «  pousser  des  reconnaissances,  »  afin  d'y  frayer  quelques  sentiers, 
«  dans  les  len^ée  incognito  de  la  diplomatique  ou  des  domaines  adja- 
cents, »  il  s'est  abstenu  de  faire  connaître  autrement  que  par  des  ren- 
vois bibliographiques  les  listes  d'officiers  de  chancellerie  qui  ont  été 
dressées  jusqu'ici  ;  il  n'a  pas  essayé  de  reviser  les  listes  qui  existent, 
en  partie  si  insuffisantes,  et  d'en  esquisser  de  provisoires  là  où  il  n'en 
existe  pas.  L'histoire  de  la  chancellerie  de  France  depuis  la  mort  de 
Philippe-Auguste,  celle  de  la  chancellerie  d'Angleterre  durant  tout  le 
moyen  âge  sont  à  faire.  S'il  avait  eu  le  temps  et  la  place  nécessaires, 
M.  Giry  aurait  commencé  à  les  débrouiller.  C'est  pourquoi  nous  regret- 
tons tant  qu'il  se  soit  condamné  lui-même  à  n'avoir  ni  le  temps  ni 
la  place. 

V.  —  En  résumé,  le  Manuel  de  Diplomatique  n'a  peut-être  pas  toute 
l'élégance  à  laquelle  un  pareil  ouvrage  aurait  pu  prétendre,  celle  qui 
réside  dans  une  ordonnance  irréprochable.  Tout  n'y  est  pas  nécessaire, 
tout  le  nécessaire  n'y  est  pas.  —  Mais  cette  observation,  sans  grande  gra- 
vité, même  à  supposer  que  le  bien-fondé  en  soit  généralement  reconnu, 
n'enlève  rien  à  la  haute  estime  que  m'inspirent,  comme  à  tous  les  lec- 
teurs du  Manuel,  un  effort  si  vigoureux,  une  si  scrupuleuse  probité  scien- 
tifique, tant  d'habileté  pédagogique  et  de  persévérance.  M.  Giry,  qui  a 
réussi  le  premier  à  fonder  chez  nous  un  «  séminaire  »  de  diplomatique, 
—  un  des  rares  «  séminaires  »  qui  prospèrent  aujourd'hui  à  Paris \  — 
a  singulièrement  élargi,  en  publiant  ce  livre,  le  cercle  de  ses  obligés  ; 
il  a  rendu  à  nos  études  un  service  de  premier  ordre. 

Ch.-V.  Langi.ois. 


Cartulaire  général  de  l'Ordre  des  Hospitaliers  de  Saint-Jean  de 
Jérusalem  (^^00-^3^0),  par  J.  Delaville  Le  Roulx.  Tome  1" 
(j 4 00-^1200).  Paris,  Ernest  Leroux,  éditeur,  ^1894.  In-foL,  ccxxx- 
70^  pages. 

Nous  regrettons  de  n'avoir  pas  été  les  premiers  à  saluer  l'apparition 
d'un  des  recueils  diplomatiques  les  plus  considérables  et  les  plus  impor- 


1.  Manuel,  p.  714,  note  :  «  L'auteur  du  présent  ouvrage  prépare,  en  colla- 
boration avec  plusieurs  de  ses  élèves  de  l'École  des  hautes  études,  un  Cata- 
logue des  actes  des  souverains  de  la  France  de  840  à  987,  dont  la  première 
partie  ne  tardera  pas  à  être  mise  sous  presse.  » 

4894  43 


670  BIBLIOGRAPHIE. 

tants  qui  aient  été  entrepris  de  nos  jours  en  France.  L'œuvre  est  d'au- 
tant plus  méritoire  qu'elle  offrait  de  très  grandes  difficultés  et  qu'elle 
est  due  uniquement  à  l'initiative  privée.  L'auteur  a  droit  aux  plus  vives 
félicitations,  non  seulement  pour  le  courage  dont  il  a  fait  preuve  en  ne 
reculant  pas  devant  un  travail  immense,  mais  encore  pour  le  soin  et. la 
critique  qu'il  apporte  à  l'accomplissement  de  sa  tâche. 

M.  Delaville  le  Roulx  s'est  proposé  de  recueillir  et  de  publier,  soit 
textuellement  soit  par  extraits,  les  documents  importants  relatifs  à 
l'histoire  de  l'ordre  des  Hospitaliers  depuis  l'origine  jusqu'en  1310,  et, 
sous  la  dénomination  de  «  documents  importants,  »  il  a  compris  : 
{o  toutes  les  pièces  antérieures  à  1120,  c'est-à-dire  celles  qui  corres- 
pondent aux  débuts  de  l'ordre  et  à  sa  première  organisation  ;  2"  toutes 
celles  qui  émanent  des  grands  dignitaires  de  l'Hôpital  (grands  maîtres, 
grands  prieurs,  etc.)  ;  3°  toutes  celles  qui  lui  furent  données  par  les 
papes,  empereurs,  rois,  princes  et  grands  feudataires  ;  4°  celles  qui  pré- 
cisent, quels  que  soient  leurs  auteurs,  la  fondation  des  commanderies; 
h°  celles  qui  règlent  les  rapports  ou  les  contestations  des  Hospitaliers 
avec  les  autorités  laïques  ou  ecclésiastiques  et  avec  les  autres  ordres 
religieux  ou  militaires;  6°  les  règles,  statuts  et  usages  des  Hospitaliers. 

Le  nombre  des  pièces  qui  doivent  entrer  dans  ce  cadre  était  de 
nature  à  elfrayer  les  plus  audacieux. 

Ce  n'était  là  cependant  qu'une  difficulté  secondaire.  Le  plus  sérieux 
embarras  que  l'éditeur  devait  rencontrer  tenait  à  la  dispersion  des  pièces 
qu'il  avait  à  rechercher  dans  une  foule  de  bibliothèques  et  d'archives 
disséminées  sur  tous  les  points  de  l'Europe  et  qu'il  s'est  fait  une  loi 
d'explorer  lui-même,  sauf  de  bien  rares  exceptions. 

Le  tome  I*""  s'ouvre  par  une  Introduction  de  230  pages.  C'est  une 
revue  détaillée  de  tous  les  dépôts  dans  lesquels  se  conserve  aujour- 
d'hui ce  qui  subsiste  des  archives  de  l'ordre  des  Hospitaliers,  non  seu- 
lement des  archives  centrales,  mais  encore  des  archives  particulières 
des  innombrables  commanderies  groupées  dans  les  langues  de  Provence, 
d'Auvergne,  de  France,  d'Italie,  d'Aragon,  d'Angleterre,  d'xiUemagne 
et  de  Gastille,  y  compris  même  les  maisons  des  Hospitalières  de  Saint- 
Jean  de  Jérusalem.  Cette  introduction,  qui  aurait  suffi  pour  remplir  un 
volume  in-octavo,  est  ainsi  un  inventaire  sommaire  des  fonds  d'archives 
de  l'ordre  des  Hospitaliers,  tels  que  les  hasards  des  temps  les  ont  mor- 
celés et  dispersés  dans  différents  dépôts  français  et  étrangers.  On  saura 
gré  à  l'auteur  d'y  avoir  fait  entrer  la  bibliographie  des  travaux  qui  ont 
été  publiés  sur  l'ordre  en  général  et  sur  les  diverses  commanderies  qui 
en  faisaient  partie. 

Outre  l'Introduction,  le  tome  I*""  du  Cartulaire  contient  le  texte  ou 
l'analyse  de  1,129  documents  du  xii«  siècle.  C'est  là  une  mine  inépuisable 
de  renseignements  sur  tout  ce  qui  se  rattache  à  l'histoire  générale  et 
particulière  des  Hospitaliers.  De  plus  on  peut  affirmer,  sans  crainte 


BIBLIOGRAPHIE.  67^ 

d'exagération,  qu'on  y  devra  recourir  pour  la  plupart  des  études  histo- 
riques ayant  trait  non  seulement  aux  croisades  et  à  l'Orient  latin,  mais 
encore  aux  annales  et  aux  anciennes  institutions  de  tous  les  états  de 
l'Europe  :  de  la  France  (surtout  du  Languedoc  et  de  la  Provence),  de 
l'Espagne,  du  Portugal,  de  l'Italie,  de  l'Allemagne,  de  la  Hongrie,  de 
la  Bohême,  des  pays  Scandinaves,  de  l'Angleterre  et  de  l'Irlande.  La 
part  faite  à  chacun  de  ces  États,  notamment  à  l'Espagne,  est  considérable, 
et  beaucoup  de  pièces  qu'on  y  rencontre  n'avaient  jamais  encore  été 
publiées  ni  même  signalées. 

Le  texte  est  généralement  établi  avec  soin,  et  les  dates  ont  été  l'objet 
d'un  examen  attentif.  Les  sources  sont  indiquées  avec  clarté  et  préci- 
sion. Les  renvois  aux  textes  manuscrits  sont  disposés  suivant  l'ordre 
alphabétique  des  noms  des  villes  où  sont  actuellement  les  manuscrits, 
système  qui  présente  parfois  un  léger  inconvénient.  Peut-être  aurait-il 
mieux  valu  détacher  et  mettre  en  tête  de  la  liste  les  textes  fondamentaux, 
tels  que  les  chartes  originales,  au  lieu  de  les  confondre,  comme  c'est 
arrivé  plus  d'une  fois,  dans  le  pêle-mêle  d'une  longue  série  de  copies 
plus  ou  moins  inutiles. 

Les  pièces  qui  constituent  le  cartulaire  sont  émanées  d'un  grand 
nombre  de  chancelleries,  civiles  ou  ecclésiastiques,  dont  chacune  sui- 
vait des  règles  particulières  et  dont  plusieurs  n'ont  pas  encore  été  l'objet 
de  monographies  spéciales.  L'éditeur  devait  donc  se  heurter  à  des  diffi- 
cultés très  graves;  il  les  a  affrontées  avec  prudence  et  je  ne  crois  pas 
qu'il  soit  souvent  trouvé  en  faute  par  les  critiques  qui  ont  eu  l'occasion 
de  concentrer  leurs  efforts  sur  tel  ou  tel  petit  coin  de  la  diplomatique. 
Dans  cet  ordre  d'idées,  je  me  permettrai  d'appeler  son  attention  sur 
quelques  détails  secondaires  que  j'ai  notés  au  cours  de  la  lecture  de  son 
gros  volume. 

N"  2.  La  charte  de  Jourdain,  fils  de  Raoul,  fils  de  Brian,  qui  passe 
pour  l'acte  de  fondation  de  la  maison  de  Clerkenwell  et  qui  est  classée 
sous  la  date  «  vers  1100,  »  n'est  probablement  pas  aussi  ancienne. 

N"  31.  J'ai  des  doutes  sur  l'authenticité  de  cette  lettre  de  Pascal  IL 
Si  eUe  était  vraie,  le  texte  en  aurait,  ce  semble,  été  altéré.  L'adresse 
est  ainsi  conçue  :  «  dilectis  fratribus  episcopis,  abbatibus,  proceribus 
et  ceteris  per  Yspaniam  fidelibus.  »  La  chancellerie  pontificale  aurait 
mis  :  «  DILECTIS  fratribus  et  filiis  episcopis,  abbatibus...  »  —  Ce  qui 
augmente  mes  doutes,  c'est  que  nous  trouvons  sous  le  no  47  une  lettre 
de  Calixte  II  littéralement  calquée  sur  celle  de  Pascal  II  et  qui,  elle 
aussi,  nous  offre  la  suscription  anormale  :  «  dilectis  fratribus  episco- 
pis, abbatibus,  plebanis,  canonicis  ac  capellanis  et  ceteris  per  Europam 
fidelibus...  »  —  Calixte  II  réservait  la  qualification  de  fratres  aux  arche- 
vêques et  aux  évêques;  à  tous  les  autres  fidèles  il  donnait  celle  de  filh. 
Quand  une  lettre  s'adressait  à  la  fois  à  des  évêques  et  à  d'autres  fidèles, 
ecclésiastiques  ou  laïques,  il  employait  la  formule  dilectis  fratribus 


672  BIBLIOGRAPHIE. 

ET  FiLiis,  comme  on  le  voit  dans  le  Bullaire  du  pape  Galixte  II,  publié 
par  M.  Ulysse  Robert,  1. 1,  p.  218, 222,  337,  364,  et  t.  II,  p.  226  (no^  147, 
151,  228,  249  et  418).  La  distinction  entre  les  termes  fratres  et  filiis 
apparaît  bien  nettement  dans  une  lettre  du  21  mai  1123-1124,  qui  était 
adressée  :  «  venerabilibus  fratribus  Cantuariensis  ecclesie  suffraganeis 
et  dilectis  ûliis  clero  et  populo  Gantuarie  »  [Bullaire  de  Calixte  II,  t.  II, 
p.  291,  n"  477).  Parmi  les  nombreux  actes  de  Galixte  II,  il  n'y  en  a 
que  deux  où  le  terme  de  fratres  soit  appliqué  à  l'ensemble  des  tidèles  : 
la  lettre  sur  laquelle  j'appelle  en  ce  moment  l'attention,  et  une  autre 
lettre  qui  a  pour  objet  d'exciter  les  chrétiens  à  combattre  les  Infidèles 
en  Espagne  et  en  Terre-Sainte;  cette  autre  lettre  s'adresse  :  «  dilectis 
in  Ghristo  fratribus  episcopis  ceterisque  sancte  ecclesie  personis,  omni- 
bus christianis,  tam  presentibus  quam  futuris...  »  [Bullaire  de  Calixte  II, 
t.  II,  p.  261,  no  449).  Or,  la  fausseté  de  cette  seconde  lettre  est  de  toute 
évidence;  elle  a  été  reconnue  et  par  M.  Robert  et  par  le  regretté  Loe- 
wenfeld  (n"  7111). 

Nos  120  et  121,  Deux  lettres  du  roi  Louis  VII  relatives  au  moulin  de 
Noé  à  Sens,  dépourvues  de  date,  sont  données  comme  appartenant  à  la 
période  de  temps  comprise  entre  les  années  1137  et  1180.  Or,  dans 
chacun  de  ces  actes,  le  roi  s'intitule  «  Ludovicus  Dei  gratia  rex  Fran- 
corum  et  dux  Aquitanorum.  »  M.  Élie  Berger  a  démontré,  dans  la  Biblio- 
thèque de  l'École  des  chartes  (1884,  t.  XLV,  p.  305-313),  que  la  formule 
dux  Aquitanorum  a  cessé  d'être  en  usage  à  la  chancellerie  de  Louis  VII 
au  mois  d'août  1154.  La  date  des  actes  120  et  121  du  Cartulaire  des  Hos- 
pitaliers doit  donc  être  renfermée  entre  1137  et  1154. 

N»  131.  Gette  charte  de  l'impératrice  Mathilde  devrait  être  revue  sur 
l'original.  Il  y  faut  sans  doute  lire  de  Argentomo,  au  lieu  de  Argentanno; 
et  Testibus  Willelmo  filio  Ilamonis,  au  lieu  de  Testibus  filio  llain.  Le 
nom  d'un  autre  témoin  Amfredo  filio  est-il  bien  reproduit? 

Nos  407,  874,  888,  954,  972  et  1009.  Dans  ces  six  chartes,  les  comtes 
de  Champagne  ont  reçu  le  titre  de  Trecensis  cornes.  Suivant  une 
remarque  de  M.  d'Arbois  de  Jubainville  [Histoire  des  comtes  de  Cham- 
pagne^ t.  IV,  part.  II,  p.  863),  il  aurait  très  probablement  fallu  imprimer 
Trecensium  cornes. 

No  452.  Dans  cette  charte  de  Henri  II,  roi  d'Angleterre,  nul  doute 
qu'il  ne  faille  lire  haronibus  de  scacario  et  apud  Westmonasterium  in 
scacario. 

N"  453.  Il  doit  y  avoir  une  inexactitude  dans  la  date  :  «  Anno  gratie 
M  GLX  quatuor  decimo.  » 

Nos  484j  540,  600,  873  et  915.  Le  mot  Quoniam  est  à  substituer  à 
Quum  ou  Qum  dans  les  formules  :  «  Quum.  humana  fragilitas...,  Unde 
quum  oa  que...,  Quum  diminute  sunt  vcritates...,  Qum  ad  bonum 
pacis...,  Quum  ex  auctoritate  imperiali...  » 

Nos  501^  764,  915  et  969.  La  qualification  (ïempereur  ne  convient-elle 


BIBLIOGRAPHIE.  673 

pas  mieux  que  celle  d'empej^eur  d'Allemagne  à  Frédéric  Barborousse  et 
à  Henri  VI  ? 

N"  877.  L'un  des  derniers  témoins  de  la  charte  de  Richard  Cœur-de- 
Lion  doit  être  Guido  de  Diva  et  non  pas  de  Dina. 

N°  895.  Dans  la  suscription  de  la  charte  de  Richard  Cœur-de-Lion, 
je  crois  qu'il  faut  lire  justiciis,  vicecomitibus  et  non  justiciariis,  vicariis. 
—  Je  n'hésiterais  pas  à  compléter  ainsi  ces  deux  noms  de  témoins  : 
Walkelino  de  Ferrieres  (de  Ferrariis  ?)  et  Johanne  de  Pratellis. 

N"  915.  Je  me  demande  si  les  archives  du  Rhône  possèdent  bien 
l'original  de  la  requête  adressée  par  les  Hospitaliers  à  l'empereur 
Henri  VI.  N'auraient-elles  pas  simplement  une  minute  ou  une  ancienne 
copie?  La  suscription  manque  dans  le  texte  tel  qu'il  a  été  imprimé. 

No  955.  I^a  charte  de  Richard  Cœur-de-Lion  publiée  sous  ce  numéro, 
et  qui  est  du  5  janvier  H94  (n.  st.),  n'existe  plus  en  original;  l'éditeur 
en  a  retrouvé  une  dizaine  de  copies  plus  ou  moins  anciennes,  plus  ou 
moins  incorrectes,  mais  dont  la  collation  eût  permis  d'établir  un  meil- 
leur texte.  En  prenant  pour  guide  le  vidimus  qui  est  à  la  Bibliothèque 
nationale  dans  le  vol.  1313  de  Clairambault,  on  aurait  dû  imprimer  : 

P.  604,  1.  11.  Ultra  mare  et  citra,  et  non  circa; 

P.  605,  1.  4.  Minagio,  et  non  vinageo; 

—  1.  7.  Immercialus,  et  non  imminuerciatus ; 

—  1.  19.  Walkelmo  de  Ferrariis  et  non  Ferrarum; 

—  —    Gaufrido  de  Sei;  Americo  vîcecomite  de  Thouars,  et  non 
pas  Gaufrido  de  S.  Americo,  vîcecomite  de  Thouars. 

N°  973.  Puisque  le  texte  de  la  charte  de  Baudouin  V,  comte  de  Hai- 
naut,  publiée  sous  ce  numéro,  dérive  d'un  original  scellé  des  archives 
de  l'État  à  Mons,  il  eût  été  bon  de  nous  dire  si  les  remarques  généalo- 
giques qui  suivent  la  date  font  réellement  partie  de  la  charte  et  si  elles 
ne  sont  pas  une  addition  inscrite  sur  la  marge  ou  au  dos  de  la  charte. 

N"  1023.  Dans  cette  charte  il  s'agit,  non  pas  du  paiement  des  intérêts, 
mais  du  remboursement  d'une  somme  prêtée  par  les  Hospitaliers  à 
Pierre  II,  roi  d'Aragon. 

N°  1101.  Cette  charte,  émanée  de  Guillaume  de  «  Mainbovilla,  »  sert 
de  jalon  pour  établir  la  chronologie  des  maîtres  de  l'Hôpital  en  Nor- 
mandie. Malheureusement,  elle  est  dépourvue  de  date,  et  c'est  par  con- 
jecture qu'elle  a  été  rapportée  à  la  fin  du  xn"  siècle.  Elle  doit  être  un 
peu  plus  récente.  En  effet,  il  y  est  question  d'une  redevance  de  trois 
sous  tournois.  Or,  c'est  seulement  après  la  conquête  de  Philippe- 
Auguste,  en  1204,  que  les  deniers  tournois  furent  substitués  en  Nor- 
mandie aux  deniers  angevins. 

Dans  tout  cela,  il  n'y  a  rien  de  grave,  et,  le  nombre  des  peccadilles  de 
ce  genre  dût-il  être  plus  considérable,  le  Cartulaire  des  Hospitaliers 
n'en  restera  pas  moins  une  œuvre  de  premier  ordre,  que  la  Société  de 


674  BIBLIOGRAPHIE. 

l'École  des  chartes  sera  fîère  de  voir  menée  à  bonne  fin  par  un  de  ses 
membres  les  plus  laborieux  et  les  plus  heureusement  inspirés. 

L.  Delisle. 


Les  plus  anciens  draines  en  langue  française,  par  Marius  Sepet. 
Paris,  Viclor  Retaux  et  fils,  •1894.  In-8°,  47  pages. 

M.  Marius  Sepet  a  écrit  pour  les  lecteurs  de  la  Revue  catholique  de 
Normandie  et  vient  de  mettre  en  brochure  pour  un  public  plus  nom- 
breux quelques  pages  sur  les  plus  anciens  monuments  de  l'art  drama- 
tique en  langue  française.  Il  retrace  l'évolution  qui,  après  avoir  intro- 
duit dans  les  drames  scolaires  latins,  à  l'imitation  de  ce  qui  s'est  passé 
pour  les  épîtres  farcies  de  la  liturgie,  quelques  refrains,  puis  quelques 
strophes  en  langue  vulgaire,  finit  par  substituer  entièrement  celle-ci 
au  latin  dans  les  représentations  des  confréries,  lesquelles  amenèrent  la 
ruine  rapide  du  drame  scolaire.  C'est  en  effet,  suivant  lui,  pour  une 
confrérie  qu'a  été  écrit  le  drame  d'Adam  comme  celui  de  la  Résurrec- 
tion, dont  il  fait  passer  de  nombreux  extraits  sous  les  yeux  du  lecteur. 
Comme  ce  travail  s'adresse  au  grand  public  plus  encore  qu'au  cercle  res- 
treint des  érudits,  notre  confrère  a  eu  soin  de  donner  en  français  moderne 
les  extraits  qu'il  publie  ou  de  les  accompagner  d'une  traduction. 

E.  G.  L. 

Fontes  juris  germanici  aiitiqui  in  usum  scholarum  ex  Monumentis 
Germanix  historicis  separatim  ediii.  —  Hincmarus,  de  Ordine 
Palatii.  Edidit  Victor  Krause.  Hannoverœ  et  Lipsise ,  impensis 
bibliopolii  Ilahniani,  1894.  111-8",  3\  pages. 

On  ne  saurait  trop  encourager  la  publication,  dans  des  volumes  acces- 
sibles à  tous  par  la  modicité  de  leur  prix,  des  documents  les  plus 
importants  de  l'histoire  du  moyen  âge;  à  condition  toutefois  que  le  bon 
marché  ne  nuise  pas  à  la  qualité.  La  Société  des  Monumenta  Germanix 
a  depuis  longtemps  compris  et  l'utilité  d'une  pareille  entreprise  et  la 
méthode  suivant  laquelle  elle  devait  être  exécutée.  La  collection  des 
Scriptores  in  usum  scholarum,  qui  ne  comprend  pas  seulement  des 
textes  empruntés  à  la  série  in-folio,  mais  dans  laquelle  on  a  introduit 
récemment  des  éditions  améliorées  d'auteurs  antérieurement  publiés, 
compte  déjà  un  assez  grand  nombre  de  volumes.  Une  nouvelle  collec- 
tion à  l'usage  de  l'enseignement  a  été  naguère  ouverte  pour  recevoir  les 
textes  législatifs.  Fontes  juris  tjermanici  antiqui.  Le  premier  volume  est 
intitulé  :  Edictus  cctcrxquc  Lan;jobardorum  Icrjcs  (cd.  F.  Bluhme);  le 
second  :  Lex  Ribuaria  et  Lex  Francorum  Chamavorum  (éd.  Rud.  Sohm), 
Le  troisième  renferme  le  De  ordine  Palalii  d'IIincmar,  qui  doit  figurer 


BIBLIOGRAPHIE.  675 

à  la  suite  des  Capitulaires  dans  l'édition  de  Boretius  continuée  par 
Victor  Krause. 

L'édition  du  De  ordine  Palatii  de  M.  Krause  ne  peut  présenter  avec  les 
éditions  antérieures  que  de  légères  différences,  puisque  de  cette  lettre 
d'Hincmar  il  ne  nous  est  parvenu  aucun  manuscrit  et  que  nous  n'en 
avons  d'autre  texte  que  celui  qu'a  publié  Jean  Buys  en  1602,  d'après 
un  manuscrit  de  Spire  non  encore  retrouvé.  On  peut  toutefois  proposer 
quelques  corrections  exigées  par  la  syntaxe  et  par  le  sens.  On  l'a  déjà 
fait  dans  une  édition  élaborée  à  l'École  des  hautes  études  sur  les  con- 
seils et  sous  la  direction  immédiate  de  M.  G.  Monod,  et  dont  aucune 
ligne  n'a  échappé  à  l'examen  et  souvent  à  la  correction  de  ce  maître  : 
de  sorte  que,  si  l'ouvrage  a  quelque  valeur,  c'est  par  ce  qu'il  y  a  mis  de 
son  esprit  critique  si  pénétrant  et  de  sa  science  si  complète  des  insti- 
tutions carolingiennes;  c'est  à  la  part  considérable  que  M.  Monod  a 
prise  à  sa  rédaction  que  ce  volume  doit  d'avoir  été  accueilli  avec 
quelque  faveur  par  les  érudits.  M.  Krause  a  signalé  les  corrections  pro- 
posées dans  l'édition  de  l'École  des  hautes  études  et  il  en  a  admis  le 
plus  grand  nombre.  Cependant,  au  chapitre  xi,  il  ne  croit  pas  qu'il  soit 
nécessaire,  dans  la  phrase  «  ex  cathoiicorum  secundum  sanctarum 
Scripturarum  tramitem  promulgationibus,  »  de  remplacer  cathoiicorum 
par  conciliorum.  En  tête  du  chapitre  xx,  la  correction  «  de  canonicae 
vel  monasticœ  [religionis]  altercatione  »  est  plausible.  M.  Krause  admet, 
avec  l'éditeur  français,  qu'on  doit  détacher  du  chapitre  xxiv  la  phrase 
Sensus  autem,  etc.,  pour  en  former  le  commencement  du  chapitre  xxv. 
Au  chapitre  xxvr,  je  crois  que  la  leçon  «  certissimam  fideliter  serviendi 
fidem  »  est  préférable  à  «  certissimam  fideliter  servandi  fidem.  »  Aux 
notes,  qui  ont  trait  à  l'établissement  du  texte,  M.  Krause  a  joint  une 
série  de  références  aux  commentateurs  d'Hincmar  et  principalement  à 
Waitz  et  à  Brunner.  Prou. 

Paul  Sabatier.  Vie  de  saint  François  d'Assise.  Paris,  Fischbacher, 
^894.  In-80,  cxxvi-4^9  pages.  7  fr.  50. 

Voilà  un  livre  dont  il  a  été  beaucoup  parlé  et  qui  a  été  jugé  très 
diversement.  Il  a  plu  par  sa  hardiesse  et  sa  nouveauté,  et  a  obtenu, 
dès  son  apparition,  un  très  grand  succès,  surtout  auprès  des  gens  du 
monde.  La  forme  en  est  si  séduisante,  qu'elle  a  caché  au  plus  grand 
nombre  ce  que  le  fond  pouvait  avoir  de  contestable  ;  mais  les  lecteurs 
compétents  ne  se  sont  pas  laissé  abuser  et  n'ont  pas  ménagé  à  l'auteur 
leurs  critiques.  Assurément,  reprocher  à  M.  Sabatier  d'avoir  compris 
saint  François  autrement  que  les  pieux  hagiographes  qui,  principale- 
ment dans  ces  derniers  temps,  ont  écrit  la  vie  du  «  poverelio  »  en  vue 
de  l'édification  des  fidèles,  cela  serait  parfaitement  injuste,  sinon  même 
un  peu  puéril.  Je  dois  dire  cependant  que  la  thèse  de  M.  S.,  thèse  qui 


676  BIBLIOGRAPHIE. 

ne  tend  à  rien  moins  qu'à  représenter  saint  François  comme  la  dupe, 
presque  comme  la  victime  du  cardinal  Hugolin,  et  l'Église  comme 
recueil  inévitable  contre  lequel  devait  se  briser  l'idée  franciscaine, 
cette  thèse,  présentée  d'ailleurs  avec  un  art  extrême,  me  paraît  tout  à 
fait  inadmissible. 

D'un  bout  à  l'autre,  le  livre  est  plein  de  cette  opposition  entre  l'es- 
prit de  liberté  et  l'esprit  de  discipline.  Chercher  à  Rome  l'approbation 
de  la  réforme  qu'il  avait  entreprise,  c'était,  de  la  part  de  François, 
accepter  des  «  liens  dorés  »  (p.  231),  mieux  que  cela,  «  un  joug  qui  devait 
se  faire  durement  sentir  »  (p.  115).  L'idéal  franciscain  n'eut  guère  de 
pire  adversaire  que  le  cardinal  Hugolin  (p.  182-183);  la  papauté,  dont 
Hugolin  était  assurément  l'un  des  représentants  les  plus  autorisés,  fit  à 
saint  François,  principalement  en  lui  imposant  la  règle  de  1223,  une 
véritable  «  violence  morale  »  (p.  231);  bref,  l'Église  chercha  constam- 
ment à  substituer  son  action  à  l'action  franciscaine,  à  s'  «  assimiler  le 
mouvement  nouveau,  »  et  n'y  réussit  que  trop  bien,  car,  ne  pouvant 
l'enrayer,  elle  l'a  du  moins  fait  dévier  à  son  profit  (p.  290). 

Les  textes  malheureusement  se  prêtent  assez  mal  à  cette  manière  de 
voir.  M.  S.  est  bien  obligé  de  convenir  que  le  cardinal  Hugolin  éprou- 
vait pour  saint  François,  —  comme  pour  sainte  Claire,  —  une  «  admi- 
ration sans  bornes  »  (p.  185);  c'est  même  «  avec  un  zèle  dévorant  » 
qu'il  exerce  ses  fonctions  de  protecteur  de  l'ordre  naissant  (p.  185); 
sa  sollicitude  pour  François  ne  se  dément  jamais,  et,  aussitôt  qu'il 
apprend  sa  maladie,  il  l'appelle  à  Rieti  pour  le  faire  soigner  (p.  345). 
Le  malheureux  François,  dans  son  ingénuité,  ne  s'aperçoit  pas  qu'on  ne 
l'embrasse  si  étroiiement  que  pour  mieux  l'étouffer.  Tout  en  pleurant 
la  «  déroute  de  son  idéal  »  (p.  357-358),  il  garde  au  cardinal  Hugolin, 
principal  auteur  cependant  de  tout  le  mal,  une  vive,  mais  «  naïve  » 
reconnaissance  jusqu'à  la  tin  de  sa  vie  (p.  187).  Une  profonde  amitié 
ne  cesse  d'unir  ces  deux  hommes;  cette  amitié,  M.  S.  ne  peut  se  l'ex- 
pliquer :  il  a  cherché,  par  tous  les  moyens,  à  la  rendre  inexplicable. 

Que  l'idéal  franciscain  de  la  première  heure  ne  se  soit  pas  longtemps 
maintenu  dans  toute  sa  pureté,  cela  paraît  incontestable.  François,  qui 
sans  doute  n'avait  cherché  d'abord  qu'à  opérer  une  réforme  strictement 
évangélique,  s'est  trouvé,  par  la  force  des  choses,  avoir  fondé  un  ordre, 
un  ordre  dont  il  a  bien  pu  prévoir  les  futures  divisions.  Faut-il  donc 
chercher  la  cause  de  cette  transformation,  comme  le  voudrait  M.  S., 
dans  l'Église  de  Rome,  dont  l'influence  nous  est  représentée  comme  si 
funeste  à  l'idée  franciscaine?  Non,  mais  bien  plutôt  dans  le  dévelop- 
pement même  de  la  nouvelle  société,  développement  dont  la  prodi- 
gieuse rapidité  devait  dépasser  tout  ce  que  François  avait  pu  tout 
d'abord  imaginer.  Autre  chose,  en  olVot,  est  la  petite  famille  francis- 
caine des  premiers  jours,  composée  d'hommes  très  indépendants  d'al- 
lures, vivant  en  parfaite  et  constante  communauté  de  sentiments  avec 


BIBLIOGRAPHIE.  677 

le  maître,  se  connaissant  tous,  se  revoyant  souvent  ;  autre  chose  le  vaste 
institut  qui  sortira  de  ce  premier  groupe,  comprenant  des  milliers  de 
frères,  disséminés  par  toute  une  moitié  de  l'Europe,  loin  du  chef,  s'igno- 
rant  presque  les  uns  les  autres.  M.  S.  lui-même  le  dit  fort  bien  : 
«  L'ordre  des  Frères  Mineurs,  en  grandissant,  s'ouvrait  non  seulement 
à  quelques  âmes  d'élite  arrivées  au  paroxysme  des  ardeurs  mystiques, 
mais  à  tous  les  hommes  qui  aspiraient  à  une  réforme  religieuse.  Tous 
apportaient  trop  de  leur  vieil  homme  pour  ne  pas  transformer  peu  à 
peu  la  nouvelle  institution  »  (p.  xlv-xlvi). 

D'où  la  nécessité  d'une  règle,  et  d'une  règle  qui  ne  pourra  plus  être, 
l'ordre  une  fois  constitué  définitivement,  ce  qu'étaient  les  quelques 
principes  fort  simples  et  peu  nombreux,  tirés  des  Évangiles,  qui  suffi- 
saient à  régir  la  société  franciscaine  primitive.  Ici  encore,  M.  S.  parle 
très  sagement  lorsqu'il  dit  :  «  Saint  François  retouche  continuelle- 
ment la  règle  de  son  institut;  il  y  revient  sans  cesse  jusqu'au  dernier 
moment,  à  mesure  que  l'accroissement  de  l'ordre  et  l'expérience  du 
cœur  humain  lui  suggèrent  des  modifications  »  (p.  101).  Mais  s'il  est 
vrai,  d'autre  part,  que  «  jamais  homme  n'a  été  moins  capable  que  saint 
François  de  faire  une  règle  »  (p.  289),  cette  règle,  dont  on  conviendra 
que  le  nouvel  institut  ne  pouvait  guère  se  passer,  il  fallait  bien  que 
quelqu'un  prît  à  tâche  de  l'établir  et  de  la  faire  observer  ;  et,  si  ce  fut  là 
précisément  le  rôle  du  cardinal  Hugolin,  il  faut  bien  admettre  que  son 
intervention  dans  les  affaires  de  l'ordre,  loin  d'être  certes  un  désastre, 
fut  bien  plutôt  la  condition  même  du  succès. 

D'ailleurs,  M.  S.  ne  se  dissimule  nullement  les  dangers  que  courait 
l'ordre  naissant,  les  hostilités  qu'il  devait  rencontrer  (p.  91  et  suiv.); 
aux  yeux  des  populations  peu  éclairées,  les  premiers  franciscains,  ces 
pativï'es  d'Assise,  qui,  par  la  liberté  et  l'étrangeté  de  leurs  allures,  rappe- 
laient les  pauvres  de  Lyon,  pouvaient  facilement  passer  pour  «  de  faux 
catholiques  »  (p.  236  et  253).  D'où  la  nécessité  d'un  appui.  Et  cet  appui, 
où  le  trouver,  sinon  à  Rome?  Un  sauf-conduit  apostolique  était  indis- 
pensable à  ces  hardis  réformateurs  ;  et  l'on  sait  le  triste  succès  qu'obtint, 
pour  avoir  cru  pouvoir  s'en  passer,  la  première  mission  franciscaine 
d'Allemagne  et  de  Hongrie. 

M.  S.  s'étonne  parfois,  non  sans  quelque  ingénuité,  de  trouver  dans  tel 
chroniqueur  un  saint  François  assez  différent  de  celui  qu'il  avait  imaginé. 
Lorsque  Thomas  de  Gelano,  par  exemple,  rapporte  que  François  «  ren- 
dait avec  le  plus  grand  soin  à  chacun  ce  qui  lui  était  dû,  considérant 
avec  sagesse  chez  tous  le  degré  de  leur  dignité  »  (p.  199),  M.  S.  ne 
reconnaît  plus  là  le  saint  dont  il  vient  de  faire  le  portrait  ;  mais  Gelano 
ne  nous  en  donne  guère,  en  certains  endroits  du  moins,  qu'une  «  cari- 
cature ï  (p.  171,  note)  ^  ! 

1.  Ce  qui  est  autrement  choquant  que  tel  passage  de  Celano,  c'est  l'hypothèse 


678  BIBLIOGRAPHIE. 

Le  prêtre  étant  au  xiii^  siècle  l'antithèse  du  saint  (p.  vn)  et  François 
étant  le  saint  par  excellence,  il  en  résulte  qu'il  est  aussi  peu  prêtre  que 
possible.  Le  prêtre,  c'est  Innocent  III,  c'est  Honorius  III,  c'est  Hugo- 
lin  ;  et  le  malheur  fut  que  le  saint,  «  le  prophète,  »  dut  «  abdiquer 
entre  les  mains  du  prêtre  »  (p.  116).  François  était  plus  équitable  que 
son  biographe;  personne  n'a  mieux  que  lui  parlé  de  la  dignité  du  prêtre 

(p.  372). 

Tout  en  reconnaissant  en  François  un  fils  parfaitement  soumis  de 
l'Église,  M.  S.  n'est  pas  bien  sûr  qu'il  n'ait  pas  côtoyé  de  près  l'hérésie, 
au  moins  sans  le  savoir;  et  je  crois  bien  qu'au  fond  il  n'eût  pas  été 
fâché  de  l'y  voir  glisser  quelque  peu  ;  il  l'y  pousserait  même  volontiers 
s'il  le  pouvait. 

On  voit  assez  sous  l'empire  de  quelles  idées  M.  S.  a  écrit  son  livre. 
Certains  chapitres,  le  chapitre  sur  sainte  Glaire,  le  chapitre  sur 
«  l'homme  intérieur  et  le  thaumaturge,  »  s'en  ressentent  particulière- 
ment; ils  sont  pleins  de  vues  toutes  personnelles  et  sans  fondement 
solide.  Le  chapitre  sur  «  les  Frères  Mineurs  et  la  science  »  n'est  pas 
non  plus  un  des  meilleurs.  La  lettre  dans  laquelle  saint  François  déclare 
à  saint  Antoine  de  Padoue  qu'il  le  verra  avec  plaisir  '  interpréter  aux 
frères  les  saintes  lettres  et  la  théologie  a  le  tort  de  déranger  les  idées 
de  l'auteur  (p.  322);  il  n'en  faut  pas  davantage  pour  faire  suspecter  l'au- 
thenticité de  cette  pièce,  dont  c'est  là  d'ailleurs  le  seul  défaut. 

Le  chapitre  intitulé  «  Premières  tentatives  sur  les  Infidèles  »  ne 
répond  guère  à  ce  titre;  il  y  est  traité  surtout  du  sentiment  de  la  nature 
chez  saint  François. 

Le  tableau  de  l'Église  vers  1209  (chap.  m)  est  intéressant,  exact  en 
général,  mais  incomplet  et  trop  sombre.  Il  est  vrai  que  «  le  mal  fait 
plus  de  bruit  que  le  bien  »  (p.  37);  mais  ce  bien,  nous  aurions  aimé 
que  M.  S.  lui  fit  la  part  un  peu  plus  belle,  qu'il  nous  montrât,  par 
exemple,  quelle  était  encore,  à  cette  époque,  la  force  morale  de  ce  bel 
ordre  des  Cisterciens,  qui  remplit  tout  le  xn^  siècle  de  son  éclat  et  qui 
est  encore  au  xm^  siècle  un  si  puissant  élément  de  réforme.  Mais  Fran- 
çois devenait  ainsi  moins  nécessaire. 

Sur  la  question  si  controversée  des  stigmates,  il  faut  savoir  gré  à 
M.  S.  d'avoir  fait  bon  marché  de  l'hypothèse  un  peu  futile  de  Karl 
Hase,  —  suivi  d'ailleurs  par  Renan,  G.  Voigt  et  d'autres,  —  d'après 
laquelle  il  ne  faudrait  voir  dans  ce  fait  miraculeux  qu'une  pieuse  et 

de  M.  S.  au  sujet  du  brusque  retour  du  jeune  François  de  Spolète  à  Assise,  à 
l'époque  de  sa  conversion.  M.  S.  imagine  qu'il  a  été  brimé  par  ses  compagnons 
(le  roule.  Nous  aimons  mieux  dire  ijue  ce  retour  reste  inexpliqué. 

1.  «  Placet  mihi  quod  sanctœ  Theologia;  lilteras  fralribus  interpreteris.  »  La 
fia,  d'un  esprit  tout  évangélique,  de  ce  court  billet,  aurait  dû  mettre  en  garde 
M.  Sabatier. 


BIBLIOGRAPHIE.  679 

habile  supercherie  de  frère  Elle.  Les  témoignages  de  Thomas  de  Celano 
et  de  frère  Léon,  —  pour  ne  parler  que  des  plus  anciens,  —  paraissent 
irrécusables  à  M.  S.,  dont  la  critique  se  montre  ici  sagement  prudente. 

De  même,  en  ce  qui  concerne  la  prétendue  Indulgence  de  la  Portion- 
cule,  je  me  trouve  en  parfait  accord  avec  lui;  il  me  semble  impossible 
de  prendre  au  sérieux  cette  légende  d'ailleurs  assez  tardive. 

La  meilleure  partie  du  livre,  non  la  plus  brillante,  à  coup  sûr,  mais 
la  plus  solide,  je  dirai  volontiers  la  seule  solide,  est  celle  qui  traite  des 
sources.  A  peine  soupçonnée  par  Ghavin  de  Malan,  tout  au  plus  esquis- 
sée par  Karl  Hase,  incomplète  encore  dans  l'ouvrage  estimé  de  l'abbé 
Le  Monnier,  l'étude  des  sources  de  la  vie  de  saint  François  n'a  été 
sérieusement  abordée  que  dans  ces  vingt  dernières  années,  et,  même 
après  les  recherches  du  P.  Ehrle,  de  Karl  MûUer,  de  M.  Sabatier  lui- 
même,  elle  est  encore  pleine  d'obscurités.  Malgré  quelques  imperfec- 
tions, le  chapitre  consacré  par  M.  S.  à  l'examen  des  anciennes  biogra- 
phies et  chroniques  franciscaines  sera  lu  et  consulté  avec  grand  fruit  ; 
mais  on  ne  devra  jamais  oublier  que  l'auteur  tend  perpétuellement  à 
attribuer  une  autorité  plus  grande  aux  documents  qui  nous  viennent 
du  parti  franciscain  le  plus  indépendant  vis-à-vis  du  saint-siège  ;  d'où 
une  certaine  méfiance  à  l'égard  de  Thomas  de  Celano,  dont  l'oeuvre  est 
à  demi  officielle,  et  surtout  de  saint  Bonaventure  ;  d'où  aussi  une  cer- 
taine préférence  en  faveur  de  la  Légende  des  Trois  Compagnons,  de  la 
Chronique  des  Tribulations  et  du  Spéculum  vitie  sancti Francisci,  imprimé 
au  commencement  du  xvi^  siècle. 

Les  premiers  biographes  de  saint  François,  tout  en  étant  assurément 
des  hommes  fort  simples,  ne  manquaient  cependant  pas  d'une  certaine 
instruction  et  avaient  plus  de  culture  que  M.  S.  ne  paraît  le  croire. 
Non  seulement  leur  latin  en  vaut  un  autre,  mais  les  règles  du  cursus, 
—  et  M.  S.  ne  paraît  aucunement  s'en  douter,  —  sont  loin  de  leur 
être  étrangères.  Que  saint  Bonaventure  ait  plié  sa  prose  à  ces  exigences 
assez  scholastiques ,  cela  n'est  pas  pour  surprendre  beaucoup;  mais 
Thomas  de  Celano,  mais  Jordano  de  Giano,  eux  aussi,  sans  avoir  toute 
l'habileté  des  secrétaires  de  la  cour  pontificale  et  malgré  leurs  protes- 
tations d'inexpérience  littéraire,  appliquent  de  leur  mieux  les  principes 
des  dictamina.  Quant  aux  Très  Socii,  ces  frères  de  la  première  heure, 
ces  fidèles  dépositaires  de  l'idéal  franciscain,  ils  ne  le  cèdent  en  rien, 
sous  ce  rapport,  au  savant  saint  Bonaventure  lui-même  ^. 

Il  ne  suffit  pas  de  bien  connaître  les  sources  ;  il  faut  encore  «  ne  pas 
chercher  à  faire  violence  aux  documents  pour  leur  arracher  ce  qu'ils 
ne  contiennent  point  »  (p.  336).  Nous  voudrions  que  M.  S.  fût  plus 

l.  Notons  qu'ils  sont  tous  Italiens,  et  Italiens  du  xni°  siècle;  Thomas  d'Ec- 
cleston,  qui  est  Anglais  et  qui  écrit  en  plein  xiv'  siècle,  n'a  plus  la  moindre 
idée  du  cursus. 


680  BIBLIOGRAPHIE. 

fidèle  à  son  principe.  Il  est  toujours  trop  facile  de  dire  d'un  texte  gênant 
qu'il  a  été  «  arrangé  par  la  tradition  »  (p.  110).  Quelles  raisons  avons- 
nous  de  croire  que  nous  n'ayons  pas  dans  les  Admonitions  les  vrais  sen- 
timents de  saint  François  (p.  298)?  ou  encore  que  la  mention  du  nom 
de  François,  en  tête  de  la  bulle  du  22  mars  1222,  accordant  le  privilège 
de  célébrer  les  saints  mystères  en  temps  d'interdit,  n'a  «  aucune  portée  » 
(p.  313)?  Si  l'authenticité  du  billet  de  saint  François  à  saint  Antoine  de 
Padoue  est,  comme  nous  l'avons  vu,  suspectée  bien  à  tort  par  M.  S.\ 
en  revanche  nous  voyons  qu'il  interprète  d'une  manière  assez  arbitraire 
deux  autres  billets  adressés  à  sainte  Claire  et  à  frère  Léon  (p.  272  et 
300-301)  et  dont  la  date  est  d'ailleurs  impossible  à  préciser. 

Ce  n'est  pas  que  la  sincérité  de  l'auteur  doive  faire  le  moindre  doute. 
M.  S.,  au  contraire,  n'a  rien  négligé  pour  s'éclairer.  Bien  que  n'étant 
pas  paléographe,  et  il  l'avoue  de  bonne  grâce,  il  a  fait  des  recherches 
consciencieuses  dans  les  bibliothèques  et  archives  de  l'Italie;  il  a  par- 
couru à  plusieurs  reprises  la  Toscane  et  l'Ombrie  ;  il  a  accompli  de 
pieux  pèlerinages  partout  où  il  espérait  trouver  la  trace  du  «  poverello.  » 
Il  en  a  rapporté,  il  est  vrai,  moins  de  documents  que  de  paysages;  mais 
ces  paysages  ne  sont  pas  l'un  des  moindres  agréments  de  l'ouvrage  ; 
Assise,  Rieti,  la  vallée  de  la  Néra,  la  triste  route  de  Rome  à  Otricoli, 
le  Casentin  et  l'Alverne  sont  décrits  par  M.  S.  avec  une  véritable  émo- 
tion et  dans  un  style  qui,  pour  n'être  pas  sans  apprêts,  n'en  est  pas 
moins  vivant  et  coloré.  M.  S.  vise  au  pittoresque  et  l'atteint  souvent. 

D'ailleurs,  l'histoire  n'est-elle  pas  elle-même  un  paysage,  et  un 
paysage  essentiellement  changeant  (p.  xxiv)  ?  D'où  suit  que  vouloir 
écrire  une  histoire  «  objective  »  est  une  utopie  (p.  xxvi).  Or,  je  connais 
peu  de  livres  aussi  personnels  que  celui  de  M.  S.  L'auteur  est  sans  cesse 
présent  dans  son  œuvre  ;  il  nous  fait  part  de  ses  sentiments  sur  quan- 
tité de  sujets  ;  nous  savons  par  lui  l'idée  qu'il  se  fait  de  la  prière 2,  du 
culte,  de  la  foi,  ce  qu'il  pense  de  la  musique  religieuse  et  de  l'architec- 
ture des  cathédrales  gothiques.  Il  nous  fait  aussi  la  confidence  de  ses 
trop  nombreuses  colères  :  colères  contre  «  la  thaumaturgie  mensongère 
de  certains  catholiques  ;  »  colères  contre  «  ce  christianisme  bourgeois, 
satisfait,  ergoteur,  doctrinaire  de  certains  protestants  »  (p.  116);  colères 
aussi,  et  qui  ne  s'expliquent  plus  du  tout,  contre  «  les  savants  et  les 
hagiographes  »  (p.  xxxv).  Parmi  les  devanciers  de  M.  S.,  un  seul,  par 
la  vertu  d'une  grâce  spéciale,  est  épargné  dans  cette  universelle  répro- 
bation :  c'est  Ernest  Renan  ;  aussi  bien,  M.  S.  ne  pouvait-il  faire  moins 
pour  son  père  spirituel;  c'est  de  Renan  qu'il  procède  directement,  et 

1.  M.  S.  ne  le  fait  pas  figurer,  dans  son  Introduction,  parmi  les  écrits  de 
saint  François  (voy.  j).  xlii);  il  aurait  bien  dû  expliquer  cette  exclusion. 

2.  M.  S.  revient  jusqu'à  trois  fois  sur  ce  sujet  pour  nous  dire  qu's  on  ne  prie 
pas  en  public  »  (p.  335). 


BIBLIOGRAPHIE.  68^ 

sans  la  Vie  de  Jésus  nous  n'aurions  assurément  pas  la  Vie  de  saint  Fran- 
çois. Avouons  que,  littérairement  surtout,  ce  serait  dommage. 

Lucien  Auvray. 

Livre  d'or  de  Jeanne  d'Arc.  Bibliographie  raisonnée  et  analytique 
des  ouvrages  relatifs  à  Jeanne  d'Arc;  catalogue  méthodique.,  des- 
criptif et  critique  des  principales  études  historiques,  littéraires  et 
artistiques  consacrées  à  la  Pucelle  d'Orléans  depuis  le  XV^  siècle 
jusqu'à  nos  jours,  par  Pierre  Lanérï  d'Arc.  Paris,  librairie  Teche- 
ner,  -1894.  Gr.  in-8°,  xxvIII-^008  pages.  43  fr. 

Le  titre  de  Livre  d'or  de  Jeanne  d'Arc  dit  excellemment  ce  que  contient 
la  bibliographie  que  M.  L.  d'Arc  a  consacrée  à  l'héroïne  dont  il  porte 
le  nom.  L'auteur,  en  effet,  a  pieusement  recueilli  non  seulement  tous 
les  titres  de  livres',  tous  les  mémoires  disséminés  dans  des  recueils  et 
relatifs  à  Jeanne  d'Arc,  mais  encore  les  moindres  articles  dont  elle  a 
été  le  sujet,  les  plus  petites  pièces  de  vers  composées  en  son  honneur. 
Il  les  a  groupés  sous  deux  grandes  divisions  :  I,  Jeanne  d'Arc  dans 
l'histoire  (1,516  notices);  II,  Jeanne  d'Arc  dans  la  poésie,  dans  la  musique 
et  au  théâtre  (702  notices)  ;  et  ce  total  de  2,286  notices  est  loin  de  donner 
le  chiffre  des  volumes  et  plaquettes  que  M.  L.  d'Arc  a  tenus  entre  les 
mains,  chaque  ouvrage  n'ayant  reçu  qu'un  numéro  d'ordre,  quel  qu'ait 
été  le  nombre  de  ses  éditions.  Une  analyse  ou  des  citations  plus  ou 
moins  étendues  permettent  d'apprécier  exactement  le  caractère  et  la 
valeur  de  la  plupart  des  livres  ou  articles  cités.  Enfin,  un  grand  nombre 
de  gravures,  reproduisant  des  figures  anciennes  ou  modernes,  emprun- 
tées à  des  manuscrits  et  à  des  imprimés,  forment  une  sorte  d'iconogra- 
phie et  achèvent  de  faire  de  cette  bibliographie  un  véritable  monument 

élevé  à  la  gloire  de  Jeanne  d'Arc. 

H.  0. 

Un  Manuscrit  chartrain  du  XP  siècle  ;  Fulbert,  évêque  de  Chartres, 
par  M.  René  Merlet,  archiviste  d'Eure-et-Loir,  et  M.  l'abbé  Gler- 
VAL.  Chartres,  Garnier,  -1893.  In-4°,  viii-266  pages. 

L'ouvrage  que  notre  confrère  M.  René  Merlet  et  M.  l'abbé  Clerval 
viennent  de  publier  sous  ce  titre  est  une  étude  sur  un  manuscrit  con- 
servé dans  la  bibliothèque  municipale  de  Saint-Étienne.  Ce  manuscrit, 
qui  appartenait  au  chapitre  de  la  cathédrale  de  Chartres  avant  la  Révo- 
lution, n'avait  pas  encore  été  l'objet  d'un  travail  complet,  mais  le  nécro- 
loge qu'il  renferme  avait  été  imprimé  en  1860  par  MM.  de  L'Épinois  et 

1.  Quelques  noms  d'auteurs  n'ont  pas  été  imprimés  sous  leur  forme  rigou- 
reusement exacte,  par  exemple  :  Egnat  (p.  65),  Pontus  Heutkrus  (p.  73),  au 
lieu  de  Gio.-Baltista  Cipelli,  dit  Egnazio,  Hujter,  etc. 


682  BIBLIOGRAPHIE. 

Lucien  Merlet  à  la  suite  du  Gartulaire  de  Notre-Dame  de  Chartres.  Il 
se  compose  du  martyrologe  d'Usuard,  d'un  obituaire  et  de  quelques 
offices  liturgiques.  Les  deux  auteurs  établissent  que  le  manuscrit  fut 
composé  entre  1026  et  1028  et  ont  eu  soin  de  faire  graver  les  signes  du 
zodiaque  et  les  travaux  des  mois  qui  illustrent  le  martyrologe.  C'est  un 
document  important  pour  l'iconographie  religieuse  au  xi^  siècle. 

M.  Merlet  et  M.  l'abbé  Clerval  ont  eu  raison  d'annexer  des  commen- 
taires hagiographiques  à  la  publication  de  divers  extraits  du  martyro- 
loge, car  ils  ont  éclairci  certains  points  obscurs  de  l'histoire  de  l'église 
de  Chartres  dans  la  période  antérieure  au  xi«  siècle.  Les  archéologues 
liront  avec  intérêt  les  chapitres  consacrés  à  la  cathédrale  bâtie  par 
l'évèque  Fulbert.  M.  René  Merlet  y  a  fait  preuve  d'une  connaissance 
approfondie  de  tous  les  textes  qui  se  rapportent  à  l'histoire  des  recons- 
tructions successives  de  la  cathédrale  de  Chartres  avant  le  xm^  siècle, 
et  cette  étude  historique  vient  utilement  compléter  son  article  sur  la 
crypte  de  ce  célèbre  monument.  Mais  les  auteurs  nous  semblent  avoir 
dépassé  les  bornes  de  la  prudence  archéologique  en  cherchant  à  prou- 
ver qu'une  miniature  du  manuscrit,  exécutée  en  1028  par  André  de 
Mici,  devait  représenter  la  cathédrale  de  Fulbert.  Faut-il  admettre  que 
l'artiste  a  vraiment  copié  l'édifice  qu'il  avait  sous  les  yeux  ou  qu'il 
s'est  inspiré  d'un  style  de  convention  ?  Sans  méconnaître  la  valeur 
de  certains  arguments  présentés  par  M.  Merlet  et  par  M.  l'abbé  Clerval 
sur  la  concordance  du  plan  primitif  de  la  crypte  avec  la  cathédrale  de 
Fulbert  et  sur  l'étude  comparée  de  ce  monument  et  de  l'église  de 
Vignory,  nous  croyons  que  les  auteurs  auraient  dû  se  montrer  moins 
affirmatifs  dans  leurs  conclusions.  Les  artistes  du  moyen  âge  ont  tou- 
jours donné  libre  cours  à  leur  imagination  quand  ils  reproduisaient  des 
églises  ou  des  châteaux  sur  les  miniatures  ou  sur  les  vitraux.  Ils  ne 
tenaient  pas  compte  des  lois  de  la  perspective,  et  la  restitution  d'un 
monument  disparu  à  l'aide  d'une  miniature  du  xi«  siècle  est  un 
essai  toujours  hasardé.  Il  suffit  de  considérer  certains  détails  de  ce 
dessin,  tels  que  les  baies  énormes  du  clocher  et  la  disposition  du  chevet, 
pour  comprendre  combien  il  est  difficile  d'interpréter  une  œuvre  aussi 
fantaisiste. 

Ces  observations  ne  sauraient  diminuer  la  valeur  des  chapitres  qui 
concernent  la  cathédrale  de  Fulbert,  bâtie  de  1020  à  1028.  La  crypte, 
terminée  dès  l'année  1024,  se  composait  de  deux  galeries  creusées  sous 
les  bas  côtés,  d'un  déambulatoire  et  de  trois  chapelles  rayonnantes  dont 
les  gros  murs  sont  encore  intacts.  On  y  voit  deux  fenêtres  encadrées  de 
cordons  de  briques.  Les  suhstructionsqui  se  trouvent  sous  le  maitre-autel 
de  la  cathédrale  appartiennent  à  une  crypte  antérieure  à  l'œuvre  de 
Fulbert.  Les  mentions  contenues  dans  l'obituaire  permettent  de  pré- 
ciser l'époque  de  la  fondation  des  cathédrales  bâties  par  les  prédéces- 
seurs de  Fulbert  et  les  dates  des  incendies  qui  les  ont  détruites.  Le 


BIBLIOGRAPHIE.  683 

nécrologe  commencé  en  1027  fut  abandonné  vers  l'année  H30,  mais  les 
chroniques  et  d'autres  obituaires  du  xn^  siècle  conservés  à  la  biblio- 
thèque de  Chartres  renferment  de  précieux  renseignements  sur  l'in- 
cendie de  H34  et  sur  la  construction  du  clocher  vieux  et  de  la  façade 
qui  fut  élevée  vers  H45.  Une  nouvelle  édition  du  texte  du  nécrologe, 
dont  les  diverses  écritures  sont  indiquées  par  des  caractères  d'impri- 
merie variés,  et  une  étude  sur  la  notation  musicale  de  quelques  offices 
liturgiques  du  xi^  siècle  terminent  l'ouvrage  de  M.  Merlet  et  de  M.  l'abbé 
Clerval,  qui  peut  compter  parmi  les  meilleures  publications  de  la 
Société  archéologique  d'Eure-et-Loir. 

Eugène  Lefèvre-Pontalis. 

Geistliches  Schauspiel  und  kirchliche  Kunst  in  ihrem  Verhàltnis 
erlàutert  an  einer  Ikonographie  der  Kirche  und  Synagoge,  von 
D'  Paul  Weber.  Stuttgart,  Ebner,  ^1894.  In-8°,  vin-^52  pages. 

La  représentation  de  l'Église  et  de  la  Synagogue  dans  l'iconographie 
chrétienne  n'avait  pas  encore  été  l'objet  d'une  étude  spéciale.  Il  faut 
savoir  gré  à  M.  le  D""  Weber  d'avoir  comblé  cette  lacune.  On  sait  que 
les  artistes  du  moyen  âge  avaient  l'habitude  de  figurer  l'Église  sous  les 
traits  d'une  femme  couronnée,  levant  fièrement  la  tête  et  tenant  d'une 
main  un  étendard,  de  l'autre  un  calice.  La  Synagogue  est  personnifiée 
par  une  femme  dont  la  couronne  est  renversée  et  dont  les  yeux  sont 
bandés.  Elle  laisse  tomber  un  étendard  qui  se  brise  pour  indiquer  la 
déchéance  de  l'Ancienne  Loi. 

Gomment  les  artistes  chrétiens  eurent-ils  l'idée  de  représenter  l'Église 
sous  les  traits  d'une  femme?  C'est  que  l'Église  était  considérée  comme 
l'épouse  du  Christ  dès  les  premiers  siècles  de  notre  ère,  mais  ce  fut  seu- 
lement au  ix^  et  au  x^  siècle  que  les  enlumineurs  de  manuscrits  com- 
mencèrent à  personnifier  l'ÉgUse  et  la  Synagogue.  M.  le  D""  Weber  ne 
s'est  pas  contenté  de  signaler  les  statues  de  l'Église  et  de  la  Synagogue, 
il  a  eu  soin  d'étudier  les  évangéliaires  et  les  ivoires  du  moyen  âge  pour 
expliquer  les  scènes  où  ces  deux  figures  symboliques  font  leur  appari- 
tion. La  description  de  plusieurs  vitraux  qui  représentent  le  même 
sujet  lui  a  permis  de  compléter  cette  étude  iconographique,  mais  il  est 
regrettable  que  les  planches  et  les  figures  de  ce  volume  ne  soient  pas 
en  plus  grand  nombre  pour  accompagner  le  texte. 

Viollet-le-Duc  avait  déjà  signalé  les  statues  de  l'Église  et  de  la  Syna- 
gogue qui  ornent  les  cathédrales  de  Reims,  de  Strasbourg,  de  Bamberg, 
de  Worms  et  l'église  Saint-Seurin  de  Bordeaux.  Les  statues  analogues 
qui  se  voient  dans  la  façade  de  Notre-Dame  de  Paris  sont  modernes, 
mais  le  témoignage  de  l'abbé  Lebeuf  suffit  à  prouver  qu'elles  existaient 
avant  la  Révolution.  A  cette  liste,  il  faudra  joindre  désormais,  grâce 
aux  recherches  de  M.  leD""  Weber,  des  figurines  du  même  type  peintes 


6S4  BIBLIOGRAPHIE. 

sur  des  vitraux  dans  l'église  abbatiale  de  Saint-Denis  et  dans  les  cathé- 
drales d'Angers,  de  Bourges,  de  Chartres,  de  Châlons-sur-Marne,  du 
Mans,  de  Metz,  de  Rouen  et  de  Sens.  L'Église  et  la  Synagogue  sont 
également  sculptées  dans  divers  portails  :  à  la  cathédrale  d'Amiens,  à 
la  cathédrale  de  Lyon,  à  Notre-Dame  de  Laon,  à  Saint- Ayoul  de  Pro- 
vins, à  Avaux  (Cher),  à  Saint-Gilles  (Gard),  à  Notre-Dame-la-Grande 
à  Poitiers,  à  Saint-Riquier  (Somme),  à  Longpont  (Seine-et-Oise)  ; — 
M.  Weber  écrit  par  erreur  Longnoul  au  lieu  de  Longpont. 

Enfin,  M.  le  D'' Weber  a  dépouillé  les  bibles  et  les  évangéliaires  conser- 
vés dans  les  bibliothèques  de  Paris,  de  Munich,  de  Vienne,  de  Londres  et 
de  Rome  pour  expliquer  plusieurs  scènes  où  figurent  l'Église  et  la  Syna- 
gogue. Les  principaux  musées  d'Europe  lui  ont  également  fourni  des 
sujets  du  même  genre.  Son  livre  est  l'œuvre  d'un  érudit  consciencieux, 
et  les  archéologues  pourront  toujours  consulter  ce  travail  avec  le  plus 
grand  profit. 

Eugène  Lefèvre-Pontalis. 

Quellen  und  Forschungen  zur  Geschichte  der  Abtei  Beichenau, 
herausgegehen  von  der  badischen  historischen  Commission.  IL  Die 
Chronik  des  Gallus  Ohem,  bearbeitet  von  D'  Karl  Brandi.  Heidel- 
berg,  G.  Winter,  ^893.  In-4%  2^6  pages  el  27  planches. 

La  Commission  historique  badoise  continue  la  série  de  ses  publica- 
tions sur  la  célèbre  abbaye  de  Reichenau.  Après  un  premier  volume 
consacré  aux  documents  falsifiés  à  Reichenau,  en  voici  un  second  qui 
contient  la  chronique  de  Gallus  Ohem,  la  plus  complète  que  nous  pos- 
sédions sur  l'histoire  du  célèbre  monastère.  Elle  s'étend  des  origines 
jusqu'au  milieu  du  xv«  siècle  et  se  divise  en  trois  parties  :  1"  listes  des 
possessions  et  des  bienfaiteurs  de  Reichenau;  2°  histoire  des  abbés; 
3°  privilèges  et  vassaux  de  l'abbaye.  Cette  dernière  partie  est  suivie 
d'une  série  de  planches  reproduisant  les  armoiries  des  vassaux. 

Le  chroniqueur  a  dû  naître  vers  le  milieu  du  xv«  siècle  à  Radolfzell, 
sur  le  lac  de  Constance.  Sa  famille  semble  avoir  eu  des  rapports  très 
étroits  avec  l'abbaye,  dans  laquelle  lui-même  entra  de  fort  bonne  heure 
et  à  laquelle  il  conserva  toute  sa  vie  une  vive  affection.  Il  en  voulut 
donner  une  preuve  en  écrivant  son  histoire,  qu'il  offrit  à  l'abbé  Martin 
de  Wissembourg,  son  bienfaiteur. 

Sa  chronique  est  restée  inachevée  et  la  date  de  rédaction  en  remonte 
aux  premières  années  du  xvi<^  siècle.  Gallus  Ohem  a  mis  très  largement 
à  contribution,  pour  les  époques  antérieures,  les  archives  et  la  biblio- 
thèque de  son  couvent.  Beaucoup  de  documents  dont  il  s'est  servi  sont 
aujourd'hui  perdus.  Cette  perte  augmente  encore  la  valeur  de  sa  chro- 
nique. 

L'éditeur,  M.  Karl  Brandi,  a  relevé  avec  beaucoup  de  patience  et  de 


BIBLIOGRAPHIE.  685 

sagacité  les  emprunts  faits  par  le  chroniqueur  aux  documents  qui  sont 
parvenus  jusqu'à  nous,  tels  que  les  Annales  Augienses,  des  nécrologes, 
le  Liber  epistolarum,  les  écrits  de  Walafrid  Strabon,  les  chroniques  de 
Hermann  Gontract,  enfin  de  Réginon,  de  Martin  le  Polonais  et  surtout 
des  chartes  et  diplômes  conservés  au  monastère.  Pour  le  xv«  siècle,  le 
moine  a  utilisé  des  récits  de  témoins  oculaires. 

Cette  chronique  avait  déjà  été  publiée  en  1866  par  Barack,  mais  cette 
édition  était  peu  critique,  et  l'armoriai  y  manquait.  Celle  de  M.  Brandi 
est  peut-être  critique  à  l'excès  et  d'une  lecture  un  peu  pénible  parfois 
au  point  de  vue  typographique.  Ainsi  le  texte  de  la  chronique,  rédigé 
par  Ohem  lui-même,  est  en  caractères  assez  gros,  mais  tous  les  passages 
dont  l'éditeur  a  pu  constater  qu'ils  avaient  été  pris  ailleurs  par  le  chro- 
niqueur, sont  en  petits  caractères  et  portent  en  notes  marginales  l'indi- 
cation de  leur  origine.  Les  variantes  des  différents  manuscrits  sont  en 
caractères  plus  petits  encore  et,  enfin,  un  dernier  caractère  différent  est 
attribué  aux  notes,  fort  substantielles,  qui  servent  de  commentaire. 

Une  excellente  introduction  traite  de  l'historiographie  à  l'abbaye  de 
Reichenau,  de  l'histoire  et  des  manuscrits  de  la  chronique  d'Ohem. 
Un  chapitre  est  consacré  au  peu  que  l'on  sait  de  la  vie  du  chroniqueur. 
Des  pièces  justificatives  et  de  bonnes  tables  terminent  ce  volume,  qui 
témoigne  de  longues  et  patientes  recherches  de  la  part  de  l'auteur. 

Charles  Nerlinger. 

Expéditions  to  Prussia  and  ihe  Holy  Land  made  hy  Henry,  earl  of 
Derby  (afterwards  King  Henry  IV),  in  the  years  1390-1391 
and  1392-1393,  heing  the  accounts  kept  by  his  treasurer  during 
two  years.  Edited  from  the  originals  by  Lucy  Toulmin  Smith.  Wilh 
introduction,  notes  and  indices.  Printed  for  the  Camden  Society, 
4  894.  In-4o,  cxv-360  pages.  (N°  LU  de  la  nouvelle  série  de  la 
Société  Camden.) 

Peu  de  comptes  princiers  du  moyen  âge  sont  plus  curieux  que  ceux 
dont  nous  annonçons  la  publication  et  qui  se  rapportent  à  deux  épisodes 
de  la  jeunesse  de  Henri,  comte  de  Derby,  celui  qui,  sous  le  nom  de 
Henri  lY,  occupa  le  trône  d'Angleterre  de  1399  à  1413.  Le  premier  de 
ces  épisodes  est  la  campagne  dirigée  en  1390  contre  les  Infidèles  de  la 
Prusse  par  les  chevaliers  teutoniques,  campagne  à  laquelle  prit  part  le 
comte  de  Derby.  Le  second  est  un  voyage  qui  dura  du  24  juillet  1392 
au  5  juillet  1393  et  dans  lequel  le  même  prince  visita  ou  traversa  la 
Poméranie,  le  Brandebourg,  la  Bohême,  la  Moravie,  l'Autriche,  la  Sty- 
rie,  la  Vénétie,  la  Dalmatie,  Gorfou,  la  Morée,  Rhodes,  la  Palestine, 
Chypre,  Rhodes,  la  Morée,  Corfou,  la  Dalmatie,  la  Vénétie,  la  Lombar- 
die,  le  Piémont,  la  Savoie,  la  Bourgogne,  la  Champagne,  l'Ile-de-France 
et  la  Picardie. 

4894  44 


686  BIBLIOGRAPHIE. 

On  comprend  quel  intérêt  doit  présenter  un  relevé  détaillé  des 
dépenses  effectuées  par  un  grand  seigneur  au  cours  de  tels  voyages.  Nous 
devons  tout  particulièrement  recommander  à  nos  lecteurs  la  partie  des 
comptes  qui  occupe  dans  l'édition  les  pages  244-255,  261-262  et  287.  On 
y  pourra  voir  quelle  route  a  suivie  le  comte  de  Derby  pour  aller  de 
Turin  à  Calais,  en  passant  par  Ghambéry,  Yenne,  Mâcon,  Ghalon,  Ghâ- 
tillon-sur-Seine,  Troyes,  Provins,  Paris  et  Amiens.  La  dépense  faite 
dans  chaque  station  par  le  prince,  par  ses  gens,  par  ses  chevaux  et  par 
un  léopard  qu'il  ramenait  d'Orient,  a  été  enregistrée  jour  par  jour,  et 
nous  avons  là  des  notions  fort  utiles  sur  le  prix  des  denrées  en  1393 
dans  plusieurs  de  nos  provinces.  Le  compte  est  dressé  de  façon  à  nous 
faire  suivre  jour  par  jour  la  marche  du  convoi.  Voici  les  localités ^  dans 
lesquelles  les  officiers  du  comte  firent  des  achats  : 

26  mai  1393.  Apud  Launcebrugge, 


27 

— 

Apud  Forneworht,  Furnewortht 

>^ 

27 

— 

Apud  Sanctum  Michaelem. 

28 

— 

Apud  Sanctum  Michaelem. 

28 

— 

Apud  Ghamboury,  Ghambry. 

29 

— 

Apud  Chambour. 

29 

— 

Apud  Egbell. 

30 

— 

Apud  Egebelle. 

1er  juin  1393 

.  Apud  lan. 

|er 

— 

Ultra  aquam. 

2 

— 

Apud  Rosselyon,  Russelon. 

3 

— 

Apud  Sarombert,  Syrombert. 

4 

— 

Apud  Pompenet,  Pompiuet. 

4 

— 

Apud  Fownteney. 

4 

— 

Apud  Brème. 

5 

— 

Apud  Bagea. 

6 

— 

Apud  Bagg. 

6 

— 

Apud  Makon. 

7 

— 

Apud  Maçon. 

7 

— 

Apud  Turnes,  Turnays. 

8 

— 

Apud  Turnays. 

8 

— 

Apud  Ghalons. 

9 

— 

Apud  Ghalons. 

9 

— 

Apud  Beaume. 

10 

— 

Apud  Bewme. 

10 

— 

Apud  Floreyn. 

11 

— 

Apud  Chance,  Ghanse. 

12 

— 

Apud  Maynil  Ambard,  Mesnyle 

Lambar 

1.  J'ai  conservé  les  formes  originales,  pour  la  plupart  desquelles  l'éditeur  a 
proposé  des  identilicalions  exactes. 


•I 


BIBLIOGRAPHIE.  687 

13  —        Apud  Ghastelon. 

14  —        Apud  Berce. 

15  —        Apud  Troys. 

15  —  Apud  Graunt  Pavelon. 

15  —  Apud  Marine. 

16  —  Apud  Marine. 

17  —  Apud  Nogent. 

18  —  Apud  Province. 

19  —  Apud  Grauntpuisse. 

20  —  Apud  Bricounte  Robert. 

21  —  Apud  Pountchareton. 

22  —  Apud  Parys. 
24  —  Apud  Amyas. 
28  —  Apud  Galeys. 
30  —  Apud  Dover. 

J'ai  cité  cet  exemple  ;  mais  on  pourrait  en  relever  beaucoup  d'autres 
disséminés  çà  et  là  dans  les  comptes  des  deux  voyages.  Notons,  au 
hasard,  l'achat  fait  en  1392  dans  la  ville  de  Kœnigsberg  d'un  produit  de 
l'industrie  parisienne  :  «  Et  per  manus  thesaurarii,  pro  n  merrours  de 
Parys,  per  ipsum  emptis  apud  Gonyngbergh  pro  domino,  xxni  s.vnid. 
sterl.  ï  (p.  93). 

Les  comptes  sont,  comme  on  le  voit,  très  curieux  par  eux-mêmes  ;  la 
valeur  en  est  encore  singulièrement  augmentée  par  les  commentaires 
que  l'éditeur  y  a  joints.  L'introduction  contient  un  bon  résumé  des 
textes,  avec  des  éclaircissements  sur  beaucoup  de  détails,  tels  que  les 
rapports  de  l'ordre  Teutonique  avec  l'Angleterre,  le  projet  que  le  comte 
de  Derby  avait  formé  de  participer  en  1390  à  l'expédition  du  duc  de 
Bourbon  en  Afrique,  la  fortune  et  l'organisation  de  la  maison  du  comte 
de  Derby,  le  cours  des  monnaies  citées  dans  les  comptes. 

Le  volume  se  termine  par  une  table  des  noms  de  personnes,  une  table 
des  noms  de  lieux  et  un  glossaire  où  beaucoup  de  mots  sont  expliqués 
à  l'aide  de  documents  fort  peu  connus  en  France. 

L'édition  présentait  de  sérieuses  difficultés  ;  elle  a  été  exécutée  avec 
beaucoup  de  soin  et  un  succès  complet  par  M^e  Lucy  Toulmin  Smith, 
qui  est  habituée  de  longue  date  aux  travaux  d'érudition  et  qui  a  fait 
ses  preuves  dans  des  publications  bien  connues  de  nos  lecteurs,  notam- 
ment dans  le  volume  de  la  Société  des  anciens  textes  français  :   les 

Contes  moralises  de  Nicole  Bozon. 

L.  Delisle. 

L.  DE  Marchi  e  G.  Bertola;\i.  Inventario  dei  manoscritti  délia  R. 
Biblioteca  Universitaria  di  Pavia.  VoL  L  Milan,  Hoepli,  1894. 
In-8°,  xxiri-409  pages.  6  fr.  50. 

Ce  premier  volume  du  catalogue  des  manuscrits  de  la  bibliothèque 


688  BIBLIOGRAPHIE. 

de  l'Université  de  Pavie  contient  la  description  de  528  volumes,  de 
matières  et  de  langues  diverses,  qui  composent  le  fonds  Aldini.  La  plus 
grande  partie  de  ces  manuscrits  proviennent  de  Pier-Vittorio  Aldini, 
professeur  à  l'Université  de  Pavie,  dont  la  collection  est  depuis  long- 
temps célèbre  ^.  Le  second  volume  sera  réservé  aux  manuscrits  exclusi- 
vement relatifs  à  l'histoire  locale  de  Pavie. 

L'introduction,  signée  du  bibliothécaire,  M.  le  D''  Luigi  De  Marchi, 
nous  renseigne  exactement  sur  l'origine  et  la  composition  de  la  collec- 
tion ;  la  description  très  détaillée  des  manuscrits  est  l'œuvre  de  M.  G. 
Bertolani.  Nous  y  signalerons  seulement,  en  dehors  des  manuscrits 
latins  qui  ont  récemment  fourni  matière  à  un  savant  article  de  M.  B.  j 

Hauréau  dans  le  Journal  des  Savants  (mai  1894),  trois  manuscrits  français 
anciens  :  un  recueil  de  poésies  du  xiv«  siècle  (n»  219),  un  fragment  de 
Roman  de  Troie  du  xm^  siècle  (n»  275)  et  un  recueil  de  chansons  fran- 
çaises, avec  musique  notée,  du  xv^  siècle  (n°  362).  L'importance  du 
premier  de  ces  manuscrits  a  déjà  été  signalée  par  M.  le  prof.  Mussafia, 
qui  l'a  longuement  étudié  dans  les  Sitzungsberichte  de  l'Académie  de 

Vienne  (1870,  LXIV,  545). 

H.  O. 


LIVRES    NOUVEAUX. 

SOMMAIRE  DES  MATIÈRES. 

Généralités,  756. 

Sciences  auxiliaires.  —  Manuscrits,  746.  —  Imprimerie,  789. 

Sources,  753,  776,  784,  792.  —  Correspondances,  704,  733  bis.  — 
Archives,  740.  —  Gartulaires,  etc.,  717,  718,  720,  744,  750,  754,  771,  774; 
chartes,  726,  727.  —  Inventaires,  751.  —  Comptes,  775. 

BioGRAPmE.  —  Adam  de  Brème,  745;  Albert  Achille  de  Brandebourg, 
704  ;  Amédée  V,  737  ;  saint  Boniface,  791  ;  Gélestin  V,  716,  783  ;  Charles 
le  Téméraire,  763;  Clément  IV,  pape,  718;  saint  Colomban,  742;  Con- 
rad IV,  empereur,  711  ;  Frédéric  II,  empereur,  711  ;  Frédéric  III,  empe- 
reur, 763;  Froissart,  722;  saint  Gall,  757;  Grégoire  IX,  pape,  744; 
Guillaume  de  Hollande,  711;  Ilenri  II  d'Angleterre,  735;  Henri  de 
Derby,  775;  Henri  VII,  empereur,  711;  Henri  Raspon,  711;  Jeanne 
d'Arc,  778;  Machiavel,  788;  Otto  IV,  empereur,  711;  saint  Patrick, 

1.  Manuscriptorum  codicum  séries  apud  Petrum  Victorium  Aldinium  in 
I.  R.  Ticinensi  universitaie  archeologix...  professorem  (1840,  10-4°). 


BIBLIOGRAPHIE.  689 

715  ;  Philippe  de  Souabe,  711  ;  Richard  de  Gornouailles,  711  ;  Richard  I" 
d'Angleterre,  735  ;  Sannazzaro  de'  Burgondi,  741  ;  Sixte  IV,  714. 

Droit,  755. 

Institutions  :  judiciaires,  706,  748;  financières,  768. 

Moeurs,  723. 

Commerce,  767,  785,  793. 

Enseignement,  709,  717. 

Géographie,  732. 

Religions.  —  Catholicisme,  782  ;  ordres  religieux,  730.  —  Hérésies, 
730.  —  Paganisme,  757. 

Archéologie,  710,  738,  759.  —  Architecture  religieuse,  724,  729,  731, 
734;  civile,  772.  —  Iconographie,  719.  —  Peinture,  733,  739,  766.  — 
Gravure,  777.  —  Ameublement,  orfèvrerie,  747,  751.  —  Numisma- 
tique, 705.  —  Poids  et  mesures,  758. 

Langues  et  littératures.  —  Langues  romanes  :  italien,  781  ;  proven- 
çal, 773;  français,  790;  catalan,  736;  portugais,  725.  —  Langues  ger- 
maniques :  anglo-saxon,  721;  anglais,  708,  761. 

SOMMAIRE  GÉOGRAPHIQUE. 

Allemagne,  704,  707,  711,  733  bis,  734, 749, 750, 753, 758, 768, 785, 792. 

Alsace-Lorraine,  774,  787. 

Autriche-Hongrie,  733  bis,  755,  769,  794. 

Espagne,  720,  728,  752,  7^9,  784. 

France,  738.  —  Bourgogne,  770;  Brie,  779;  Vermandois,  762.  — 
Ardennes,  712;  Aube,  726;  Aude,  730;  Calvados,  743;  Doubs,  740; 
Eure,  776;  Gard,  705;  Jura,  729;  Haute-Loire,  780;  Lot-et-Garonne, 
754;  Manche,  731;  Marne,  724;  Nord,  727;  Pas-de-Calais,  760;  Rhône, 
764,  789;  Seine-et-Oise,  713,  766. 

Grande-Bretagne,  715,  735. 

Italie,  714,  719,  723,  765,  771,  785,  786. 

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llat  Dietari  del  antich  conseil  Barceloni.  Vol.  III,  comprenent  los  volums 
originals  del  xiv  al  xvi,  anys  1478-1533.  Iniciat  per  los  il.  senyors 
regidors  D.  Frederich  Schwarts  y  Lana  y  D.  Francesch  Carreras  y 
Canelî.  Barcelona,  impr.  de  Henrich  y  G^,  1894.  In-4o,  488  p.  5  p. 

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(Autun),  G.  Bapst  (château  de  Chantilly),  G.  Duplessis  (Villebon), 
L.  de  Fourcaud  (Bordeaux),  H.  Havard  (Coucy,  Pierrefonds,  Vincennes), 
G.  Normand  (hôtel  de  Saint-Antonin),  G.  Guigne  (hôtel  de  ville  de 
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tÀ 


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duction, index  and  glossary  and  eight  pages  in  photographie  facsimile. 
By  H.  Oskar  Sommer.  London,  David  Nutt,  1894.  In-4°,  CLxin-855  p., 
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773.  Provenzalische  Diâtetik  auf  Grund  neuen  Materials  herausgege- 
ben  von  Hermann  Suchier.  Halle,  M.  Niemeyer,  1894.  In-4o,  26  p. 
(Extrait  de  Festschrift  zur  200jàhrîgen  Jubelfeier  der  Universitàt  Halle.) 

774.  Rappoltsteinisches  Urkundenbuch,  759-1500.  Quellen  zur  Ge- 
schichte  der  ehemaUgen  Herrschaft  Rappoltstein  im  Elsass.  Herausg. 
von  Dr  Karl  Albrecht.  IH.  Golmar,  E.  Barth,  1894.  In-4»,  vm-675  p. 
32  m. 

775.  Rechnungen  iiber  Heinrich  von  Derby'sPreussenfahrten  1390-91 
und  1392.  Herausgegeben  von  Prof.  D""  Hans  Prutz.  Leipzig,  Duncker 
und  Humblot,  1894.  In-S»,  vii-civ-226  p.  (Publication  des  Vereins  fur 
die  Geschichte  der  Provinzen  Ost  und  Westpreussen.)  6  m. 

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des  Andelys.  Caen,  Delesques,  1894.  In-8»,  33  p.  (Extrait  de  l'Annuaire 
normand,  août  1894.) 


i 


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par  Avon,  M.  Gaignon,  1894.  In-16,  x-315  et  323  p. 

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Guido  Gavalcanti  :  Studî,  col  testo  dei  sonetti  vaticani  e  délia  canzone. 
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die  Kirche  bis  zum  Ende  des  Mittelalters  trotz  des  Protestes  der  Apos- 
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39  p.  (Extrait  de  la  Theologische  Zeitschrift  aus  der  Schweiz.) 

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Berlin,  W.  Weber,  1894.  In-8o,  48  p.  1  m.  20. 

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benen  Quellen  zur  Geschichte  der  Eroberung  Spaniens  durch  die  Ara- 
ber.  Gôttingen,  1894.  In-8°,  99  p.,  pi. 

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ix-191  p.  5  m. 

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Compilazione  di  A.  N.  Modena,  Angelo  Namias  e  G.,  1894.  In-8°, 
859  p.  6  1. 

787.  TscHAMBER  (Karl).  Geschichte  der  Stadt  und  ehemaligen  Festung 
Hiiningen  von  ihrer  Entstehung  bis  in  die  neueste  Zeit.  St.  Ludwig 
(Els.),  Perrotin  und  Schmidt,  1894.  In-8°,  296  p  ,  15  phototypies  et 
plans,  3  m. 

788.  ViLLARi  (Pasquale).  Niccolô  Machiavelli  e  i  suoi  tempi.  L  Milano, 
U.  Hoepli,  1894.  In-16,  x.xim-666  p.  (Biblioteca  scientifico-letteraria.) 

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I 


1 


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neu  herausgegebea  uud  mit  textkritischem  Apparat  verseheu  voa  D""  A. 
Nùrnberger.  Breslau,  Mùller  und  Seiffert,  1894.  In-8°,  69  p.  (Extrait 
du  27«  Bericht  der  wissenschaftlichen  GeseUschaft  Pliilomathie  su  Neisse.) 
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-o— œ>-o- 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 


Par  arrêté  du  29  novembre  1894,  notre  confrère  M.  Marais,  sous- 
bibliothécaire  à  la  bibliothèque  Mazarine,  a  été  promu  au  grade  de 
bibliothécaire. 


i 


—  Par  arrêté  ministériel  en  date  du  27  décembre,  notre  confrère 
M.  Marc  Sache  a  été  nommé  conservateur  adjoint  à  la  Bibliothèque- 
musée  d'Alger,  en  remplacement  de  M.  Jacqueton,  démissionnaire. 

—  Par  arrêté  du  19  novembre  1894,  notre  confrère  M.  Marcel  Poëte  a 
été  nommé  conservateur  de  la  bibliothèque  publique  et  des  archives 
communales  de  Besançon. 

—  A  la  même  date,  notre  confrère  M.  Max  Prinet  a  été  nommé  con- 
servateur adjoint  de  la  bibUothèque  de  Besançon.  f, 

—  Par  arrêté  en  date  du  26  octobre,  notre  confrère  M.  Henri  Forgeot 
a  été  nommé  archiviste  aux  Archives  nationales,  en  remplacement  de 
notre  confrère  M.  Raymond  Teulet,  nommé  archiviste  honoraire. 

—  Par  arrêté  en  date  du  31  octobre,  notre  confrère  M.  Dupont-Fer- 
rier,  chargé  du  cours  d'histoire  à  Lons-le-Saunier,  a  été  nommé  profes- 
seur d'histoire  au  même  lycée;  par  arrêté  en  date  du  23  novembre,  un 
congé  d'inactivité  lui  a  été  accordé  sur  sa  demande  pour  l'année  scolaire 
1894-1895.  I 

—  Par  arrêté  en  date  du  10  novembre,  notre  confrère  M.  Berthelé  a 
été  chargé  du  cours  complémentaire  de  paléographie  à  la  Faculté  des 
lettres  de  Montpellier  pour  l'année  scolaire  1894-1895. 

—  L'Académie  des  inscriptions 'et  belles-lettres,  dans  sa  séance  du 
29  décembre  1894,  a  élu  correspondant  notre  confrère  M.  Saige,  conser- 
vateur des  archives  de  la  principauté  de  Monaco. 

—  Par  arrêté  du  11  décembre,  notre  confrère  M.  Omontaéténommé 
membre  du  Comité  des  travaux  historiques  et  scientihques  (section 
d'histoire). 

—  La  séance  publique  annuelle  de  l'Académie  des  inscriptions  et 
belles-lettres  a  eu  lieu  le  16  novembre  1894,  sous  la  présidence  de  notre 
confrère  M.  Paul  Meyer.  Le  secrétaire  perpétuel  M,  Wallon  y  a  lu  une 


CHRONIQUE    ET   MÉLANGES.  699 

très  intéressante  notice  sur  la  vie  et  les  travaux  de  M.  Alfred  Maury, 
dont  la  mémoire  est  restée  chère  à  notre  École. 

La  séance  a  été   ouverte  par  un  discours  du  président,   M.   Paul 
Meyer,  qui  doit  trouver  place  dans  la  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes. 

«  Messieurs, 

«  Le  discours  de  votre  président  annuel  devrait  présenter  le  résumé 
de  l'œuvre  de  l'Académie  pendant  le  cours  de  l'année  écoulée,  depuis  la 
dernière  séance  publique,  et  ne  se  point  borner  à  faire  connaître  les 
résultats  de  nos  concours  ;  mais,  si  je  devais  faire  ici  l'exposé  de  nos  tra- 
vaux, indiquer,  même  sommairement,  tout  ce  que  renferment  d'intéres- 
sant et  de  nouveau  les  imposants  volumes  in-folio  et  in-quarto  que  nous 
publions,  je  lasserais  probablement  la  patience  des  auditeurs  les  plus 
bienveillants.  Obligés  de  choisir  entre  nos  propres  œuvres  et  celles  que 
l'on  veut  bien  soumettre  à  notre  jugement,  nous  n'hésitons  pas  :  nous 
démentons  le  proverbe  qui  dit  que  charité  bien  ordonnée  commence  par 
soi-même,  et  c'est  surtout  des  livres  que  nous  avons  couronnés  que  je 
vous  entretiendrai.  En  procédant  ainsi,  nous  nous  montrons  au  public 
un  peu  dans  l'attitude  de  ces  guerriers  émérites  dont  parle  Homère,  qui, 
assis  sur  les  portes  de  Scées  et  devisant  entre  eux,  suivaient  des  yeux 
les  combats  auxquels  leur  âge  ne  leur  permettait  plus  de  prendre  part. 
Mais  ce  n'est  là  qu'une  apparence.  Nous  travaillons  jusqu'à  notre  der- 
nier jour,  et  il  est  du  moins  un  cas  où  nos  travaux  ont  droit,  en  cette 
séance  annuelle,  à  un  souvenir;  c'est  lorsque  le  président  doit  rappeler 
la  mémoire  de  ceux  que  l'Académie  a  perdus. 

«  Nous  avons  perdu  au  commencement  de  cette  année  l'un  de  nos 
plus  anciens  confrères,  M.  Waddington.  Entré  jeune  encore  à  l'Acadé- 
mie, en  1867,  M.  Waddington  s'était  fait  connaître  de  bonne  heure  par 
de  savantes  études  sur  l'archéologie  et  plus  particulièrement  sur  la 
numismatique  de  l'Asie-Mineure.  Une  s'était  pas  contenté  des  ressources 
que  lui  offraient  les  musées  de  l'Europe.  Il  avait  renouvelé  les  sujets 
qu'il  abordait  par  des  recherches  faites  sur  le  terrain  même  et  qui  néces- 
sitèrent de  sa  part  deux  voyages  en  Orient.  Il  se  proposait,  entre  autres 
buts,  de  compléter  la  publication  du  Voyage  archéologique,  que  notre 
ancien  confrère  Philippe  Le  Bas  avait  laissée  interrompue.  Mais  les  cir- 
constances devaient  l'empêcher  d'accomplir  la  tâche  qu'il  s'était  imposée. 
Élu  membre  de  l'Assemblée  nationale  en  1871,  ministre  de  l'Instruction 
publique,  président  du  Conseil,  enfin  ambassadeur  en  Angleterre  depuis 
1882,  M.  Waddington  ne  put  réserver  que  de  rares  instants  à  des  études 
qui  n'avaient  pas  cessé  de  l'intéresser.  Il  augmentait  sa  collection  de 
médailles;  il  poursuivait  la  rédaction  d'un  grand  ouvrage  sur  les  mon- 
naies de  l'Asie-Mineure,  qui  devait  être  son  œuvre  capitale.  L'an  der- 
nier enfin,  retiré  des  affaires  publiques,  il  espérait  se  donner  tout  entier 
à  la  science,  quand  il  succomba,  à  la  suite  d'une  courte  maladie.  L'Aca- 


700  CHRONIQUE  ET  MÉLANGES. 

demie  a  pris  les  mesures  nécessaires  pour  assurer  la  publication  de  son 
livre  presque  achevé  sur  la  numismatique  de  l'Asie-Mineure. 

«  La  classe  des  associés  étrangers  a  été  particulièrement  éprouvée. 
Sur  huit  membres  dont  elle  se  compose,  deux  nous  ont  été  enlevés  à 
peu  de  semaines  d'intervalle.  Sir  Austen  Henry  Layard  était  du  nombr-e 
de  nos  correspondants  étrangers  depuis  vingt-cinq  ans,  lorsque,  en  1889, 
il  fut  élu  associé.  Son  nom  restera  attaché  à  l'une  des  explorations 
archéologiques  les  plus  importantes  de  ce  siècle,  celle  de  Birs  Nimroud, 
qui  a  ouvert  un  champ  nouveau  à  l'histoire  et  à  la  philologie  assyriennes 
et  qu'il  mena  à  bonne  fin,  grâce  à  son  indomptable  ténacité,  au  milieu 
de  difficultés  sans  nombre  et  malgré  la  modicité  des  ressources  dont  il 
disposait.  Comme  M.  Waddington,  et  plus  complètement  encore,  sir 
Austen  fut  détourné  des  recherches  qu'il  avait  commencées  avec  un  si 
éclatant  succès  par  les  affaires  publiques.  11  fut  membre  de  la  Chambre 
des  communes,  ministre  à  Madrid,  ambassadeur  à  Constantinople.  Il 
passa  les  dernières  années  de  sa  vie  en  Italie  et  s'y  consacra  à  l'étude 
de  la  peinture  italienne  et  à  des  recherches  historiques  dont  les  archives 
de  Venise  lui  fournirent  les  matériaux. 

«  La  vie  de  Jean-Baptiste  db  Rossi  fut  au  contraire  exclusivement 
celle  d'un  homme  de  science.  Bien  qu'il  fût  doué  d'un  talent  de  parole 
dont  rendent  témoignage  tous  ceux  qui  ont  assisté  à  ses  conférences 
archéologiques,  il  ne  se  sentit  jamais  de  goût  pour  les  affaires  publiques. 
Il  est  vrai  qu'il  fit  partie  du  conseil  municipal  de  Rome;  mais  c'est  un 
conseil  où  l'on  fait  peu  de  politique,  et  lui  n'en  fit  pas  du  tout.  Il  n'y 
perdit  rien,  et  la  science  y  a  gagné.  Les  études  dans  lesquelles  il  s'était 
volontairement  confiné  lui  donnèrent  de  bonne  heure  toute  la  renom- 
mée que  peut  ambitionner  un  savant.  Son  rare  mérite  n'avait  pas  tardé 
à  être  reconnu  chez  nous.  Dès  1867,  il  fut  élu  membre  associé  de  notre 
Académie..  Vous  n'attendez  pas  de  moi  une  appréciation  ni  même  une 
énumération  de  ses  ouvrages.  A  peine  si  je  puis  rappeler  son  grand 
recueil  des  inscriptions  chrétiennes  de  Rome  (1861-88);  sa  Roma  sotter- 
ranea  cristiana  (1864-77),  où  sont  exposées  ses  découvertes  dans  les 
catacombes  romaines,  découvertes  plus  intéressantes  encore  par  la 
méthode  avec  laquelle  elles  ont  été  faites  que  par  les  résultats  obtenus; 
son  Bulletin  d'archéologie  chrétienne,  fondé  par  lui  et  rédigé  presque 
uniquement  par  lui;  sa  collaboration  au  Corpus  inscriptionum  lalina- 
rum  et  à  la  rédaction  des  catalogues  de  la  bibliothèque  Vaticane  ;  son 
édition  du  martyrologe  hiéronymien,  préparée  en  collaboration  avec 
M.  l'abbé  Duchesne  et  qui  nous  était  offerte  il  y  a  quelques  mois.  Selon 
le  mot  de  Mommsen,  que  citait  naguère  un  de  nos  confrères,  dans  une 
touchante  notice  :  «  Avant  de  Rossi,  l'archéologie  chrétienne  n'était 
«  qu'un  passe-temps  d'amateur;  avec  lui  elle  est  devenue  une  science.  » 

«  Parmi  nos  correspondants,  quatre  sont  décédés  cette  année  :  un 
Français  et  trois  étrangers.  M.  Robiou,  ancien  professeur  à  la  Faculté 


CHRONIQUE   ET   MELANGES.  704 

des  lettres  de  Rennes,  était  un  homme  d'une  érudition  solide  et  très 
variée.  Il  nous  a  laissé  des  travaux  approfondis  sur  divers  points  de 
l'histoire  de  l'Egypte  et  de  la  Grèce  et  sur  la  littérature  française  du 
xvn'  siècle.  Nous  imprimons  actuellement  dans  nos  mémoires  un  tra- 
vail considérable,  auquel  il  a  consacré  les  derniers  temps  de  sa  vie  si 
laborieuse,  sur  l'état  religieux  de  la  Grèce  et  de  l'Orient  au  siècle 
d'Alexandre. 

«  M.  Hodgson  était  le  plus  ancien  de  nos  correspondants;  il  nous 
appartenait  depuis  1850.  Haut  fonctionnaire  de  la  compagnie  des  Indes, 
il  avait  mis  à  profit  les  facilités  que  lui  offrait  sa  situation  de  résident 
au  Népaul  pour  réunir  et  publier,  vers  le  milieu  de  ce  siècle,  d'impor- 
tants documents  sur  l'ethnographie  et  sur  l'histoire  de  l'Inde.  Il  avait 
fait  don  à  la  Société  asiatique  d'une  précieuse  collection  de  manuscrits 
indiens  qui  ont  été  utilisés  par  Eugène  Burnouf  pour  son  Introduction 
à  l'histoire  du  Bouddhisme. 

«  M.  Whitney,  professeur  à  Yale  Collège  (New-Haven,  États-Unis 
d'Amérique),  était  correspondant  de  l'Académie  depuis  1877.  Son  édi- 
tion de  VAtharva  Véda  l'avait  classé  de  bonne  heure  parmi  les  premiers 
indianistes  de  notre  temps.  Il  a  écrit  sur  la  science  du  langage  des  livres 
qui  ont  fait  époque,  entre  lesquels  il  faut  citer  son  ouvrage  sur  la  vie  et 
le  développement  du  langage  {Life  and  growth  of  language,  1875),  qui  a 
eu  plusieurs  éditions. 

«  Nous  avons  enfin  perdu,  il  y  a  peu  de  semaines,  M.  Fabretti,  pro- 
fesseur à  l'Université  de  Turin,  notre  correspondant  depuis  1876,  qui 
s'était  acquis  une  réputation  méritée  par  ses  travaux  sur  les  antiquités 
italiques  et  notamment  par  son  Corpus  inscriptionum  italicarum  (1867, 
in-4'',  avec  suppléments  publiés  en  1872,  1874,  1878).  Il  est  aussi  l'au- 
teur de  travaux  estimés  sur  l'histoire  de  Pérouse,  sa  ville  natale. 

«  Les  académiciens  meurent,  mais  les  Académies  sont  des  établisse- 
ments de  mainmorte  constitués  pour  durer  longtemps.  Il  ne  leur  faut, 
pour  vivre  et  agir,  que  des  subsides,  et  il  ne  semble  pas  que  nous  soyons 
près  d'en  manquer.  Nous  voyons  s'augmenter  d'année  en  année  le 
nombre  des  fondations  dont  les  revenus  nous  permettent  d'encourager 
la  pratique  des  sciences  qui  sont  de  notre  domaine.  Tout  récemment 
encore  un  éminent  diplomate,  M.  le  baron  de  Gourcel,  nous  a  donné 
les  moyens  de  fonder  un  prix,  qui  sera  décerné  de  neuf  en  neuf  ans, 
destiné  à  des  recherches  sur  les  premiers  siècles  de  l'histoire  de  France, 
et  la  veuve  de  M.  Gabriel  de  Chénier  nous  a  laissé  une  rente  qui  récom- 
pensera les  travaux  sur  la  grammaire  grecque.  Naguère  la  donation  d'un 
amateur  éclairé,  Eugène  Piot,  nous  permettait  de  fonder  un  recueil  con- 
sacré à  l'art  depuis  l'antiquité  jusqu'à  la  Renaissance,  dont  il  a  déjà  paru 
deux  livraisons,  et  de  venir  en  aide  à  des  publications  ou  à  des  explo- 
rations archéologiques.  C'est  grâce  à  la  libéralité  de  M.  Piot  que  nous 
avons  pu  assurer  l'impression  du  grand  ouvrage  de  M.  Waddington  sur 
4  894  45 


702  CHRONIQUE  ET  MELANGES. 

les  monnaies  de  l'Asie-Mineure.  La  même  fondation  nous  a  permis  de 
subventionner  diverses  explorations,  notamment  celles  de  M.  Chantre 
en  Gappadoce,  qui  ont  amené  la  découverte  de  précieux  restes  d'anti- 
quité. 

«  La  fondation  Garnier  est  affectée,  d'après  les  termes  mêmes  de  k 
donation,  à  des  voyages  scientifiques  dans  l'Afrique  centrale  ou  dans 
les  régions  de  la  haute  Asie.  Sur  les  revenus  de  cette  fondation,  diverses 
sommes  ont  été  attribuées  à  M.  Foureau,  le  courageux  explorateur  du 
Sahara  occidental,  et  à  Mgr  Le  Roy,  évêque  du  Gabon,  qui  étudiera 
l'ethnographie  et  le  langage  des  populations  naines  des  pays  situés  à 
l'est  de  la  rivière  Ngoumié.  C'est  sur  les  mêmes  fonds  qu'était  rétribuée 
la  mission  de  l'infortuné  Dutreuil  de  Rhins,  qui  a  trouvé  récemment  la 
mort  au  Thibet.  Nous  espérons  que  les  relevés  et  les  notes  de  voyage  de 
cet  intrépide  géographe  ne  seront  pas  perdus  et  qu'ainsi  une  mission  si 
tragiquement  interrompue  ne  restera  pas  sans  résultat. 

«  Entre  les  concours  que  les  libéralités  de  l'État  et  des  particuliers  nous 
permettent  d'instituer,  les  uns  portent  sur  un  sujet  limité  qui  varie 
d'année  en  année,  tandis  que  les  autres  laissent  aux  concurrents  une 
liberté  plus  grande,  admettant  tous  les  ouvrages  imprimés  ou  manus- 
crits qui  se  rapportent  à  un  ordre  d'études  déterminé.  L'Académie,  liée 
par  les  termes  des  fondations,  ne  peut  modifier  les  conditions  qu'elle  a 
acceptées.  Elle  reconnaît  toutefois  que  les  concours  sont  en  général  d'au- 
tant plus  fructueux  qu'ils  offrent  aux  concurrents  un  champ  plus  large- 
ment ouvert. 

«  Prix  du  Budget.  —  Le  sujet  proposé  était  :  a  Faire  l'histoire  de  la 
«  domination  byzantine  en  Afrique,  d'après  les  auteurs,  les  inscriptions 
«  et  les  monuments  (l'Egypte  restant  en  dehors  du  programme).  »  Un 
seul  mémoire  a  été  présenté  ;  mais,  de  l'avis  de  la  commission,  c'est  un 
excellent  travail,  épuisant  toutes  les  sources  d'informations,  dont  la 
principale  est  l'historien  Procope,  d'ailleurs  bien  composé  et  offrant  des 
conclusions  nouvelles.  Le  prix  a  été  décerné  à  cet  ouvrage,  dont  l'au- 
teur est  M.  Diehl,  professeur  à  la  Faculté  des  lettres  de  Nancy. 

«  Prix  Bordin.  —  Un  seul  candidat  a  répondu  à  la  question  formulée 
en  ces  termes  :  «  Etudier,  d'après  les  récentes  découvertes,  la  géogra- 
«  phie  et  la  paléographie  égyptiennes  et  sémitiques  de  la  péninsule 
«  sinaïtique  jusqu'au  temps  de  la  conquête  arabe.  »  L'auteur  a  donné 
la  preuve  d'une  connaissance  approfondie  du  sujet.  Il  a  transcrit  toutes 
les  inscriptions  gravées  sur  les  rochers  du  Sinaï.  Beaucoup  étaient  iné- 
dites; pour  d'autres  il  a  amélioré  le  texte  que  l'on  possédait.  En  ce  qui 
concerne  la  géographie,  il  avait  peu  à  ajouter  aux  résultats  obtenus  par 
la  Commission  anglaise  du  Sinaï;  mais  là  encore  il  a  su  imprimer  à  son 
travail  un  cachet  très  personnel.  La  Commission  n'a  pas  hésité  à  décer- 
ner le  prix  à  cet  ouvrage,  dont  l'auteur  est  M.  Georges  Benedite,  atta- 
ché au  Musée  du  Louvre. 


CHRONIQUE    ET   MELANGES.  703 

0  Les  concours  dont  j'ai  maintenant  à  rendre  compte  offrent  aux  tra- 
vailleurs un  programme  large  et  permanent.  Aussi  sommes-nous  assurés 
d'avance  que  le  nombre  des  travaux  dignes  d'être  encouragés  dépassera 
toujours  celui  des  récompenses  dont  nous  disposons. 

«  Antiquités  de  la  France.  —  Ici  trois  médailles,  dont  la  valeur  a  été 
fixée  à  une  époque  où  le  pouvoir  de  l'argent  était  double  de  ce  qu'il  est 
maintenant,  trois  modestes  médailles  et  six  mentions  honorables  ont  été 
disputées  par  trente  ouvrages  d'importance  fort  diverse,  mais  dont  aucun 
n'est  sans  valeur,  preuve  manifeste  du  progrès  des  études,  car  les  œuvres 
supérieures,  rares  en  tout  temps,  ne  peuvent  être  prises  comme  crité- 
rium; mais  la  disparition  graduelle  des  travaux  superficiels  ou  nuls  est 
un  sur  indice  de  la  diffusion  des  bonnes  méthodes  et  d'une  amélioration 
générale. 

«  La  première  médaille  a  été  décernée,  à  l'unanimité,  à  M.  Guilhier- 
moz,  pour  son  livre  intitulé  :  Enquêtes  et  procès.  Étude  sur  la  procédure 
et  le  fonctionnement  du  Parlement  au  XIV'  siècle  (Paris,  1892,  in-4'').  Les 
recherches  sur  l'histoire  du  Parlement  se  sont  multipliées  dans  ces  der- 
nières années,  et  nous  avons  eu  à  récompenser  plus  d'un  travail  relatif 
à  quelque  partie  de  ce  vaste  sujet.  Mais  le  point  particuHer  traité  par 
M.  Guilhiermoz  avait  été  à  peine  effleuré  et  restait  entouré  d'obscurité. 
Il  a  le  premier  reconnu  le  véritable  caractère  de  la  Chambre  des 
enquêtes;  il  en  a  exposé,  à  l'aide  de  documents  nouveaux,  le  fonction- 
nement; il  a  montré  son  importance  croissant  à  mesure  que  le  mode  de 
preuve  par  témoins  gagnait  du  terrain.  Tout,  dans  cet  important  travail, 
révèle  une  connaissance  intime  du  sujet  et  une  grande  sagacité. 

«  La  seconde  médaille  a  été  attribuée  à  M.  Héron,  laborieux  érudit, 
que  l'Académie  a  déjà  eu  l'occasion  de  récompenser  pour  des  travaux 
antérieurs  qui  touchent  à  l'histoire  littéraire  de  la  Normandie.  L'ou- 
vrage qu'il  a  présenté  au  concours  est  une  édition  des  œuvres  de  Robert 
Blondel,  publiée  par  la  Société  de  l'histoire  de  Normandie  (Rouen,  1891 
et  1893,  2  vol.  in-8°).  Cette  édition  a  paru  de  tout  point  irréprochable. 
La  Reductio  Normannise,  le  plus  important  des  écrits  de  Blondel,  avait 
déjà  été  convenablement  éditée,  mais  M.  Héron  a  joint  au  texte  un 
commentaire  historique  qui  assure  à  sa  publication  une  valeur  supé- 
rieure. 

«  M.  René  Merlet,  archiviste  d'Eure-et-Loir,  et  M.  l'abbé  Clerval  ont 
présenté  un  ouvrage  intitulé  :  un  Manuscrit  chartrain  du  XP  siècle.  Ful- 
bert, évêque  de  Chartres.  Martyrologe  à  l'usage  de  l'Église  de  Chartres 
(Chartres,  1893,  in-4»).  Il  s'agit  d'un  manuscrit  richement  enluminé, 
conservé  à  la  bibliothèque  de  Saint-Étienne  et  qui  fournit,  sur  l'histoire 
de  l'église  de  Chartres  avant  le  xii^  siècle,  des  informations  dont  les 
auteurs  ont  su  tirer  le  meilleur  parti.  Leur  édition  du  martyrologe  forme 
un  utile  complément  aux  obituaires  de  l'église  de  Chartres  publiés  en 
1865  par  MM,  Lucien  Merlet  et  Moutié.  L'une  des  miniatures  du  manus- 


704  CHRONIQUE   ET   Me'lAIVGES. 

crit  de  Saint-Étienne  a  particulièrement  attiré  l'attention  de  MM.  R. 
Merlet  et  Clerval.  Ils  y  ont  reconnu  avec  vraisemblance  la  représenta- 
tion de  la  cathédrale  de  Chartres  ;  mais  ils  ont  avancé  une  conjecture 
bien  incertaine  en  attribuant  cette  peinture  à  l'époque  même  de  la  mort 
de  l'évêque  Fulbert,  c'est-à-dire  à  l'année  1029.  Les  conclusions  qu'ils 
ont  tirées  de  ce  document  quant  à  la  date  de  l'achèvement  de  la  cathé- 
drale ont  donc  paru  un  peu  aventurées.  Malgré  ces  réserves,  la  Commis- 
sion, tenant  compte  de  la  difficulté  des  questions  examinées,  les  a  jugées 
digues  de  la  troisième  médaille. 

«  La  première  mention  honorable  a  été  donnée  à  M.  Stéphane  Gsell, 
ancien  membre  de  l'École  de  Rome  et  professeur  à  l'École  supérieure 
des  lettres  d'Alger,  pour  ses  Recherches  archéologiques  en  Algérie  (Paris, 
1893,  in-S").  Sous  ce  titre  sont  groupées  trois  dissertations  bien  dis- 
tinctes. La  première  est  une  description  de  la  basilique  de  Sainte-Salsa, 
à  Tipasa;  la  seconde  est  une  exploration  fort  bien  conduite  de  diverses 
ruines  romaines  situées  dans  la  région  qui  s'étend  au  sud-est  de  Sétif. 
M.  Gsell  a  fait  là  de  très  heureuses  découvertes  dont  il  a  su  tirer  le 
meilleur  parti  pour  fixer  le  tracé  des  voies  romaines  de  cette  région.  Il 
a  aussi  trouvé  les  restes  de  nombreuses  basiliques  chrétiennes  dont  il  a 
donné  les  plans,  aune  échelle  malheureusement  trop  réduite,  mais  qu'il 
se  propose  d'étudier  ultérieurement  dans  un  travail  d'ensemble  sur  les  ;^ 

basiliques  du  nord  de  l'Afrique.  Enfin  la  troisième  partie  de  cet  ouvrage         -jj 
contient  le  recueil  des  inscriptions  découvertes  par  M.  Gsell  dans  les 
belles  ruines  de  Thubursicum  Numidarum  et  dans  celles  de  Madaura. 
La  valeur  de  cet  ouvrage  a  fait  regretter  à  la  Commission  de  n'avoir  pas 
une  récompense  plus  élevée  à  lui  décerner.  '^ 

«  Nous  avons  donné  la  deuxième  mention  à  une  publication  d'un  ■' 

tout  autre  genre,  au  Livre  des  privilèges  de  Manosque,  édité  par  M.  Isnard, 
archiviste  des  Basses-Alpes  (Digne,  1893,  in-4°).  Ce  cartulaire  munici- 
pal était  bien  connu.  Tous  les  historiens  de  Digne  en  avaient  fait  usage. 
Mais  une  publication  complète  était  désirable.  M.  Isnard  s'est  acquitté 
de  sa  tâche  avec  soin;  son  introduction  est  intéressante.  On  a  regretté 
seulement  qu'il  n'ait  pas  joint  les  noms  modernes  aux  anciens  noms  de 
lieu  relevés  dans  sa  table. 

«  M.  Bertrand  de  Broussillon  a  obtenu  la  troisième  mention  pour  son 
livre  intitulé  :  la  Maison  de  Craon,  1050-1^80;  étude  historique  accompa- 
gnée du  Cartulaire  de  Craon  (Paris,  1893,  2  vol.  in-S").  Il  existait  déjà 
plusieurs  travaux  sur  l'histoire  de  cette  ancienne  famille,  mais  il  s'en 
fallait  de  beaucoup  que  tous  les  éléments  qui  peuvent  servir  à  l'écrire 
eussent  été  recueillis  et  utilisés.  M.  Bertrand  de  Broussillon  a  réussi  à 
former  un  très  riche  cartulaire  d'environ  1,700  actes,  pour  la  plupart 
inédits  et  tous  relatifs  aux  diverses  branches  de  la  famille  qu'il  étudiait. 
La  disposition  de  ce  cartulaire,  divisé  en  plusieurs  séries,  a  soulevé 
quelques  objections.  De  plus,  on  a  relevé  des  inexactitudes  dans  les 


CHRO^flQUE   ET   MELANGES.  705 

transcriptions,  et  l'index  a  paru  insuffisant.  Ces  défauts  n'ont  pas  per- 
mis d'attribuer  une  récompense  plus  élevée  à  une  œuvre  d'ailleurs  con- 
sidérable. 

«  L'intérêt  qu'excite  Jeanne  d'Arc  ne  faiblit  pas.  Il  ne  s'écoule  guère 
d'années  sans  qu'il  paraisse  quelque  ouvrage  sur  notre  héroïne  nationale 
ou  sur  quelqu'un  des  événements  qui  la  concernent.  Les  RR.  PP.  Be- 
lon  et  Balme,  de  l'ordre  des  Frères  Prêcheurs,  ont  publié  un  livre 
très  approfondi  sur  Jean  Dréhal,  grand  inquisiteur  de  France,  et  la  réha- 
bilitation de  Jeanne  d'Arc  (Paris,  1893,  in.-A°).  C'est  le  meilleur  ouvrage 
qui  ait  paru  sur  le  procès  de  réhabilitation  depuis  la  pubhcation  des 
procès  de  Jeanne  d'Arc  par  Jules  Quicherat.  Le  texte  du  rapport  ou 
Recollectio  de  Jean  Bréhal  est  publié  par  les  Pères  Belon  et  Balme  avec 
une  critique  irréprochable  et  savamment  annoté.  La  Commission  leur 
a  décerné  la  quatrième  mention. 

«  La  cinquième  a  été  attribuée  à  M.  le  comte  de  Beauchesne,  pour 
son  ouvrage  sur  le  Château  de  la  Roche-Talbot  et  ses  seigneurs  (Mamers, 
1893,  in-S").  La  Commission  le  considère  comme  le  type  achevé  des 
monographies  auxquelles  l'histoire  locale  peut  donner  lieu.  La  cons- 
cience et  la  critique  que  l'auteur  a  su  apporter  à  ses  recherches  font 
souhaiter  qu'il  fasse  porter  ses  efforts  sur  des  sujets  d'un  intérêt  moins 
limité. 

«  La  sixième  et  dernière  mention  a  été  attribuée  à  M.  de  Trémault, 
éditeur  du  Cartulaire  de  Marmoutier  pour  le  Vendômois,  publié  sous  les 
auspices  de  la  Société  archéologique  du  Vendômois.  C'est  un  intéres- 
sant recueil  de  documents  du  xi«  siècle.  Quelques  défauts  dans  la 
détermination  des  dates  et  dans  la  table  des  noms  de  personne  et  de 
lieu  nous  ont  empêchés  d'accorder  à  cette  utile  publicationune  récom- 
pense plus  élevée. 

«  Le  concours  des  antiquités  de  la  France  exclut  les  ouvrages  qui  se 
rapportent  à  la  période  moderne  de  notre  histoire.  Le  prix  Gobert,  au 
contraire,  est  ouvert  à  l'ouvrage  le  plus  savant  et  le  plus  profond  sur 
notre  pays,  sans  limitation  de  temps.  Des  travaux  très  différents  par 
l'étendue  et  par  le  caractère  se  sont  offerts  à  nos  suffrages.  En  premier 
lieu  se  présentait  le  monumental  Dictionnaire  de  l'ancienne  langue  fran- 
çaise et  de  tous  ses  dialectes,  parvenu  maintenant  à  son  huitième  volume, 
et  auquel  M.  Godefroy  consacre  tous  les  instants  d'une  vie  laborieuse. 
L'Académie,  tout  en  reconnaissant  l'incontestable  utilité  de  ce  vaste 
répertoire,  n'a  pas  cru  devoir  lui  accorder  une  seconde  fois  le  prix 
Gobert  qu'elle  lui  avait  décerné  il  y  a  dix  ans.  Elle  a  donné  le  premier 
prix  à  M.  Arthur  Giry,  professeur  à  l'École  des  chartes,  pour  son 
Manuel  de  diplomatique  (Paris,  1894).  Elle  a  reconnu  dans  cet  ouvrage 
une  information  exacte  et  profonde  de  toutes  les  matières  qui  cons- 
tituent la  science  de  la  diplomatique  et  de  la  chronologie,  une  juste 
proportion  dans  la  disposition  des  diverses  parties,  un  talent  d'exposi- 


706  CHRONIQUE  ET   MÉLANGES. 

tion  d'autant  plus  appréciable  qu'il  s'agit  de  sujets  difficiles  et  com- 
plexes. Ces  mérites,  qui  sont  essentiels  dans  un  ouvrage  didactique, 
qui  est,  en  grande  partie,  le  résumé  des  travaux  d'autrui,  n'au- 
raient pas  suffi  à  justifier  la  haute  distinction  accordée  à  M.  Giry, 
si  nous  n'avions  remarqué  dans  son  livre  des  parties  entièrement  nou- 
velles, où  sont  condensés  les  résultats  de  recherches  personnelles  con- 
duites avec  une  excellente  méthode.  La  science  diplomatique  n'est  pas 
également  avancée  en  toutes  ses  branches.  Si  la  diplomatique  pontifi- 
cale, par  exemple,  a  été  étudiée  jusqu'en  ses  plus  petits  détails  dans 
une  suite  de  travaux  dont  plusieurs,  et  non  des  moins  importants, 
émanent  de  notre  École  de  Rome,  en  revanche,  la  science  des  actes 
émanés  des  chancelleries  françaises,  qui  nous  intéresse  plus  particu- 
lièrement, présentait  des  lacunes  nombreuses  pour  le  xiii^  et  le  xiv«  siècle, 
et  n'était  même  pas  ébauchée  pour  les  siècles  suivants.  Dans  cette 
partie  de  son  livre,  M.  Giry  a  dû,  pour  ainsi  dire,  créer  la  science.  11  a 
établi  sa  doctrine  par  l'examen  personnel  d'un  nombre  d'actes  très 
considérable  et  par  l'étude  d'anciens  formulaires  qui,  bien  qu'impri- 
més, n'avaient  guère  été  utilisés  par  les  diplomatistes.  Il  n'était  guère 
possible  qu'un  ouvrage  où  sont  groupées  et  classées  tant  de  notions 
diverses  fût  de  tout  point  irréprochable.  L'examen  scrupuleux  auquel 
a  été  soumis  le  livre  de  M.  Giry  par  la  Commission  y  a  fait  découvrir 
un  certain  nombre  d'erreurs,  en  des  parties  accessoires,  par  exemple 
dans  le  chapitre  relatif  aux  noms  de  lieux,  qui  n'a  rien  à  faire  avec  la 
diplomatique,  ou  dans  la  liste  des  saints  dont  les  fêtes  ont  été  employées 
comme  éléments  de  date.  Mais  une  nouvelle  édition  permettra  de  cor- 
riger aisément  ces  imperfections.  Tel  qu'il  se  présente,  le  Manuel  de 
diplomatique  aidera  puissamment  au  développement  des  études  histo- 
riques. C'est  le  résumé  complet  et  mis  à  jour  d'une  science  qui,  en  ces 
dernières  années,  semblait  avoir  progressé  plus  rapidement  à  l'étranger 
que  chez  nous,  mais  dont  les  origines  sont  essentiellement  françaises, 
puisque  les  bases  en  ont  été  posées  par  Mabillon. 

«  Le  second  prix  Gobert  a  été  décerné  à  M.  l'abbé  Marchand  pour  un 
livre  bien  composé,  clairement  écrit  et  parfaitement  informé  sur  le  Maré- 
chal François  de  Scépeaux  de  Vieilleville  (Paris,  1893).  Nous  connais- 
sions mal  le  maréchal  de  "Vieilleville.  La  physionomie  de  ce  guerrier 
diplomate  avait  été  altérée  et  grandie  outre  mesure  dans  les  mémoires 
publiés  au  siècle  dernier,  sous  le  nom  de  son  secrétaire  Carloix,  par  le 
P.  Griffet.  Certes,  on  n'avait  pas  tardé  à  reconnaître  qu'ils  méritaient 
peu  de  confiance.  Un  membre  de  notre  Académie,  l'abbé  Garnier,  les 
avait  soumis  il  y  a  plus  d'un  siècle,  dans  nos  Mémoires,  à  une  critique 
approfondie,  montrant  que  la  plupart  des  récits  attribués  à  Carloix 
contenaient  de  graves  inexactitudes  et  parfois  même  étaient  purement 
imaginaires,  et  depuis,  plusieurs  historiens,  dont  M.  Marchand  a  soi- 
gneusement recueilli  les  témoignages,  n'hésitèrent  pas  à  taxer  le  mal- 


CHRONIQUE    ET   MELANGES.  707 

heureux  Carloix  d'imposture.  Mais,  comme  disaient  nos  pères,  «  à  un 
«  coup  ne  chiet  pas  li  chesnes.  »  Les  reclierches  modestes  des  érudits 
n'ont  chance  de  se  propager  en  dehors  d'un  cercle  très  restreint  qu'au- 
tant qu'elles  ont  pénétré  dans  les  dictionnaires  plus  ou  moins  encyclo- 
pédiques où  le  gros  des  écrivains  va  puiser  sa  science,  et  les  prétendus 
mémoires  de  Carloix  n'ont  pas  laissé  d'être  réimprimés  dans  nos 
grandes  collections  historiques,  et  d'être  cités  comme  un  document 
authentique  par  maints  historiens  de  notre  temps.  M.  l'abbé  Marchand 
a  donc  fait  une  œuvre  utile  en  écrivant  une  vie  sincère  du  maréchal  de 
Vieilleville,  fondée  exclusivement  sur  les  documents  contemporains, 
et  qui  est,  en  fait,  une  réfutation  perpétuelle  de  ces  mémoires  menson- 
gers dont  en  réalité  on  ne  connaît  pas  le  véritable  auteur.  Espérons 
qu'il  nous  en  aura  définitivement  débarrassés. 

«  Prix  Foiild.  —  L'Académie  des  inscriptions  avait  cette  année,  de 
concert  avec  l'Académie  des  beaux-arts,  à  décerner  le  prix  Fould,  des- 
tiné à  récompenser  le  meilleur  ouvrage  sur  l'histoire  des  arts  du  des- 
sin. Elle  l'a  attribué  à  M.  Gustave  Gruyer,  pour  son  livre,  en  partie 
imprimé  et  en  partie  manuscrit,  sur  l'Art  ferrarais  à  l'époque  des  princes 
d'Esté,  et  pour  l'ensemble  de  ses  publications  antérieures.  Dans  ce 
livre,  l'auteur  s'est  proposé  de  mettre  en  lumière  un  des  centres  les 
plus  importants  et  les  moins  connus  de  la  Renaissance  italienne.  A  l'his- 
toire des  œuvres  d'art,  il  a  joint  une  étude  sur  l'esprit  de  cette  cour  de 
Ferrare,  si  raffinée  et  si  corrompue. 

«  Prix  Duchalais.  —  Ce  prix,  destiné  à  récompenser  le  meilleur 
ouvrage  de  numismatique  du  moyen  âge,  a  été  décerné  à  M.  Maurice 
Prou,  bibliothécaire  au  Département  des  médailles  de  la  Bibliothèque 
nationale,  pour  son  Catalogue  des  monnaies  mérovingiennes  du  Cabinet 
des  médailles  (Paris,  1892),  œuvre  considérable,  qui  renferme  près  de 
3,000  notices  de  monnaies  mérovingiennes,  et  que  précède  une  longue 
introduction  où  l'auteur  traite  avec  sagacité  et  prudence  un  grand 
nombre  des  difficiles  questions  que  soulève  cette  partie  obscure  de 
notre  numismatique  nationale. 

«  Prix  Brunet.  —  Le  prix  fondé  par  Jacques-Charles  Brunet,  l'auteur 
du  Manuel  du  libraire,  pour  récompenser  les  ouvrages  de  bibliographie 
savante,  avait  été  affecté  cette  année  à  la  bibliographie  du  moyen  âge 
et  des  temps  modernes.  Le  champ  était  vaste;  aussi  les  concurrents 
ont-ils  été  nombreux.  Douze  ouvrages  nous  ont  été  envoyés.  Mais  il  n'a 
pas  paru  à  votre  Commission  que  tous  répondissent  aux  conditions  du 
concours  tel  que  l'avait  entendu  le  fondateur.  Elle  a  été  d'avis  que  l'au- 
teur du  Manuel  du  libraire  avait  voulu  récompenser  de  préférence  les 
ouvrages  de  bibliographie  proprement  dite,  c'est-à-dire  ayant  pour 
objet  la  description  des  livres,  soit  imprimés,  soit  manuscrits.  Elle  s'est 
donc  crue  obligée  d'écarter  certaines  publications  d'un  réel  mérite  et 


708  CHRONIQUE   ET   MÉLANGES. 

d'une  incontestable  utilité,  qui  concernent  les  documents  d'archives, 
notamment  les  Archives  de  l'histoire  de  France,  par  MM.  Gh.-V.  Lan- 
glois  et  H.  Stein  (1891-1893,  in-S"),  et  le  Répertoire  général  des  sources 
manuscrites  de  l'histoire  de  Paris  pendant  la  Révolution  (1890-1894, 
3  vol.  in-4o),  de  M.  Tuetey.  Même  après  cette  élimination,  elle  a  dû 
partager  le  prix  entre  quatre  concurrents.  Ayant  à  disposer  d'une 
somme  de  4,000  francs,  elle  a  attribué  2,000  francs  à  M.  Tourneux 
pour  les  deux  premiers  volumes  de  sa  Ribliographie  de  l'histoire  de  Paris 
pendant  la  Révolution  (1890-93,  2  vol.  in-4'');  1,000  francs  au  Catalogue 
des  Incunables  de  la  bibliothèque  publique  de  Besançon,  par  feu  Auguste 
Gastan  (1893,  in-S»);  500  francs  à  M.  Philippe  Renouard,  ^o\xv  ?,a.  Biblio- 
graphie des  éditions  de  Simon  de  Colines  (1894,  in-S»);  500  francs  à 
M.  Julien  Vinson,  pour  son  Essai  d'une  bibliographie  de  la  langue 
basque  (1891,  in-8o). 

«  Prix  Stanislas  Julien.  —  Ce  prix,  institué  en  faveur  du  meilleur 
ouvrage  relatif  à  la  Chine,  a  été  partagé  entre  M.  de  Groot,  auteur 
d'un  livre  intitulé  :  le  Code  du  Mâhâyanâ  en  Chine;  son  influence  sur 
la  vie  monacale  et  sur  le  monde  laïque  (Amsterdam,  1893,  in-8"),  et 
M.  de  Chavannes,  professeur  de  chinois  au  Collège  de  France,  pour 
son  Mémoire  composé  à  l'époque  de  la  grande  dynastie  Tang  sur  les  reli- 
gieux éminents  qui  allèrent  chercher  la  loi  dans  le  pays  d'Occident,  par 
l'Tsing,  traduit  en  français  (Paris,  1894). 

«  Prix  Delalande-Guérineau.  —  Ce  prix,  destiné  cette  année  au  meil- 
leur ouvrage  d'archéologie  ou  de  littérature  ancienne  classique,  a  été 
décerné  à  M.  D.  Mallet,  pour  son  livre  intitulé  :  Premiers  établissements 
des  Grecs  en  Egypte  (Paris,  1893). 

«  Prix  de  la  Grange.  —  Ce  prix  a  été  fondé  par  notre  ancien  confrère, 
M.  le  marquis  de  la  Grange,  pour  récompenser  l'édition  d'un  poème 
inédit  appartenant  à  l'ancienne  littérature  française,  ou,  à  défaut,  un 
travail  sur  l'ancienne  poésie  française.  Il  a  été  attribué  cette  année  à 
M.  Bonnardot,  pour  le  glossaire  très  complet  et  très  soigné  des  Miracles 
de  Notre-Dame,  publiés  par  MM.  G.  Paris  et  U.  Robert.  Ce  glossaire 
forme  le  huitième  volume  de  cette  importante  publication. 

«  Prix  Saintour.  —  Ce  prix,  de  fondation  récente,  est  au  nombre  de 
ceux  dont  l'Académie  est  libre  de  déterminer  l'objet.  Cette  année,  il 
avait  été  affecté  aux  études  orientales.  Il  a  été  partagé  entre  trois  concur- 
rents. La  partie  principale,  une  somme  de  2,000  francs,  a  été  attribuée 
à  M.  Hartwig  Dercnbourg,  professeur  à  l'École  des  langues  orientales, 
pour  sa  Vie  d'Ousamâ  (1886-93,  3  vol.  in-S»).  C'est  la  traduction  d'une 
sorte  d'autobiographie  découverte  par  lui  à  l'Escurial  et  qui  abonde  en 
renseignements,  intéressants  autant  que  nouveaux,  sur  les  relations 
dos  Musulmans  et  des  Francs  en  Palestine  au  xii"^  siècle.  Elle  a,  en 
outre,  accordé  500  francs  à  M.  Casanova,  pour  une  série  de  mémoires 


CHRONIQUE  ET   MÉLANGES.  709 

ayant  trait  à  l'histoire  et  à  l'archéologie  de  l'Egypte,  et  pareille  somme 
à  M.  Victor  Henry,  chargé  de  cours  à  la  Sorbonne,  pour  sa  traduction 
des  livres  VII  et  XIII  de  VAtharva  Véda  (Paris,  1891-1892). 

«  Il  me  reste  encore  à  mentionner  les  Mémoires  envoyés  à  l'Acadé- 
mie par  les  membres  de  nos  Écoles  d'Athènes  et  de  Rome.  Ces 
Mémoires,  je  m'empresse  de  le  dire,  ne  donnent  qu'une  idée  bien 
incomplète  de  l'activité  déployée  dans  ces  laborieuses  écoles.  En  ce  qui 
concerne  l'École  d'Athènes,  j'ai  à  peine  besoin  de  faire  une  rapide 
allusion  aux  merveilleuses  découvertes  de  Delphes.  Espérons  que  les 
innombrables  inscriptions,  qui  ont  été  trouvées  dans  ces  fouilles  déjà 
célèbres,  seront  mises  sans  retard  à  la  disposition  des  savants,  fût-ce 
par  une  publication  provisoire.  Vous  allez  tout  à  l'heure  entendre,  de 
la  bouche  la  plus  autorisée,  l'exposé  des  résultats  obtenus  jusqu'à  ce 
jour.  Quant  à  l'École  de  Rome,  elle  poursuit  avec  régularité  une  vaste 
entreprise  dont  l'histoire  du  moyen  âge  tirera  grand  profit  :  la  publica- 
tion, par  voie  d'analyses  et  d'extraits,  des  registres  du  Vatican  où  sont 
transcrites  les  lettres  des  papes.  Nous  verrons  bientôt  l'achèvement  de 
cette  vaste  collection. 

«  L'École  d'Athènes  nous  a  envoyé  trois  Mémoires.  L'un  a  pour 
auteur  M.  Ardaillon,  qui,  l'an  dernier,  nous  avait  adressé  un  très 
important  travail  sur  les  mines  du  Laurium  et  sur  les  vestiges  qui 
subsistent  encore  de  l'exploitation  de  ces  mines  pendant  l'antiquité.  Le 
Mémoire  sur  les  ports  antiques  de  la  Grèce,  que  nous  avons  reçu  cette 
année  de  M.  Ardaillon,  traite  un  sujet  moins  nouveau.  Ce  n'est  guère 
que  l'introduction  d'un  livre  que  prépare  l'auteur  sur  le  port  de  Délos, 
qui  fut  pendant  trois  siècles  l'un  des  marchés  maritimes  les  plus  fré- 
quentés de  la  Méditerranée. 

«  M.  Bourguet  nous  a  envoyé  la  copie  et  le  commentaire  de  deux 
inscriptions  trouvées  dans  les  fouilles  de  Delphes.  La  plus  longue  et  la 
plus  précieuse  renferme  les  comptes  d'une  commission  chargée  de 
veiller  à  la  construction  d'un  édifice  sacré.  Elle  date  du  milieu  du 
iv«  siècle  et  soulève  nombre  de  petits  problèmes  que  l'auteur  a  résolus 
avec  sagacité. 

«  Le  Mémoire  de  M.  Millet  a  trait  à  une  époque  bien  plus  rapprochée 
de  nous,  et  cependant  peu  connue.  Il  a  pour  sujet  l'étude  des  églises 
de  Trébizonde  et  des  peintures  qui  les  ornent.  M.  Millet  a  résumé  les 
renseignements  peu  nombreux  qu'on  possède  sur  ces  églises,  pour  la 
plupart  postérieures  à  la  quatrième  croisade  ;  il  en  a  étudié  l'architec- 
ture et  la  décoration,  joignant  à  ses  descriptions  des  plans  et  des  pho- 
tographies. Cette  étude,  féconde  en  résultats  nouveaux,  était  d'autant 
plus  nécessaire  que  les  peintures  des  églises  de  Trébizonde  se  dété- 
riorent peu  à  peu  ou  sont  recouvertes  par  des  fresques  nouvelles. 

«  L'École  de  Rome  nous  a  envoyé  quatre  Mémoires  qui  se  partagent 
également  entre  l'antiquité  et  le  moyen  âge.  M.  Graillot  est  l'auteur 


7^0  CHRONIQUE    ET   MÉLANGES. 

d'un  essai  sur  le  culte  de  Gybèle  à  Rome  qui  se  lit  avec  intérêt,  sans 
toutefois  offrir  rien  de  bien  neuf. 

«  Le  Mémoire  de  M.  Goyau  sur  la  tétrarchie  de  Dioclétien,  c'est-à-dire 
sur  le  gouvernement  de  l'Empire  par  quatre  souverains,  est  un  travail 
plus  considérable  et  plus  neuf.  L'auteur  montre  que  les  réformes  de 
Dioclétien  ne  furent  pas  le  résultat  d'un  plan  conçu  a  'priori,  mais 
qu'elles  ont  été  effectuées  graduellement  au  cours  des  événements.  Son 
travail  est  très  approfondi  et  porte  la  marque  d'un  esprit  réfléchi  et 
judicieux.  M.  Goyau  a  joint  à  son  Mémoire  deux  dissertations  d'un 
caractère  plus  spécial,  l'une  sur  la  Numidia  Militiana,  l'autre  sur  la 
correspondance  inédite  entre  Marini  et  Blanchi. 

«  M.  Bourel  de  la  Roncière  a  poursuivi  à  Rome  les  études  sur  les 
marines  militaires  du  moyen  âge  qu'il  avait  commencées  à  Paris,  et 
auxquelles  se  rattachait  sa  thèse  de  l'École  des  chartes  sur  la  marine 
française  au  temps  de  Louis  XL  Dans  le  Mémoire  qu'il  nous  a  envoyé, 
il  étudie  les  marines  de  Byzance,  des  Arabes  et  des  peuples  latins  de 
la  Méditerranée.  Ses  recherches  dans  les  archives  italiennes  l'ont  mis 
en  possession  de  beaucoup  de  documents  que  ses  devanciers,  Jal 
notamment,  n'ont  point  connus.  Des  vues  intéressantes  et  nouvelles  se 
dégagent  de  ces  recherches  que  l'auteur  se  propose  de  poursuivre  et  de 
compléter. 

«  M.  J.  Deloye,  tout  en  collaborant  avec  d'autres  membres  de  l'École 
à  l'analyse  des  lettres  pontificales,  s'est  livré  à  un  travail  très  long  et 
très  ingrat  sur  un  des  fonds  les  plus  malaisés  à  consulter  des  archives 
du  Vatican.  Il  a  entrepris  d'inventorier  les  documents  relatifs  à  l'admi- 
nistration de  la  Chambre  apostolique  pendant  le  séjour  des  papes  à 
Avignon.  Ces  documents  ont  été  reliés  en  désordre,  et  c'est  seulement 
lorsqu'ils  auront  été  inventoriés  qu'il  sera  possible  d'en  dresser  un 
catalogue  méthodique.  Les  parties  d'inventaire  qui  ont  été  mises  sous 
les  yeux  de  la  Commission  permettent  déjà  d'apprécier  l'utilité  qu'aura 
ce  travail  lorsqu'il  sera  achevé.  M.  Deloye  y  a  joint  une  longue  intro- 
duction qui  fait  connaître  la  nature  des  documents  que  renferment  les 
séries  inventoriées  et  l'intérêt  des  notions  qu'on  en  peut  tirer. 

«  Si  résumé  qu'il  soit,  ce  simple  exposé  des  travaux  que  nous  avons 
eu  à  juger,  et  des  explorations  que  nous  avons  encouragées,  montre 
d'une  façon  saisissante  combien  s'accroît  dans  tous  les  sens  le  champ 
de  nos  études.  Il  fut  un  temps  où  l'antiquité  grecque  et  latine,  l'histoire 
du  moyen  âge  et  quelques  branches  de  la  philologie  orientale  compo- 
saient à  peu  près  tout  notre  domaine.  Tout  a  bien  changé  :  d'une  part, 
le  sol  fouillé  avec  méthode  nous  a  révélé  des  civilisations  antiques 
dont  nos  devanciers  n'avaient  guère  le  moyen  de  s'occuper;  d'autre 
part,  l'histoire  des  temps  modernes  est  soumise  peu  à  peu  aux  investi- 
gations réglées  de  la  critique  savante.  Les  idiomes  de  tous  les  temps  et 
de  tous  les  pays,  ceux  mêmes  qui  n'ont  pas  eu  de  littérature,  attirent 


CHEONIQUE   ET   MELANGES.  74  ^ 

l'attention  des  philologues,  qui  les  analysent  et  les  décrivent  à  l'aide  de 
procédés  nouveaux.  La  libéralité  des  donateurs  suit  de  près  et  parfois 
même  devance  ce  mouvement  en  avant  de  l'esprit  de  recherche.  La 
fondation  Garnier  nous  force  à  nous  intéresser  à  la  haute  Asie  et  à 
l'Afrique  centrale.  Le  prix  Loubat,  que  nous  aurons  à  décerner  l'an 
prochain,  nous  oblige  à  apprendre  l'archéologie  de  l'Amérique  septen- 
trionale. Le  temps  est  loin  oià  l'une  de  nos  occupations  habituelles  était 
de  composer  des  inscriptions  pour  les  monuments  publics  ou  des 
légendes  pour  les  médailles  qu'on  frappe  à  la  Monnaie.  Nous  faisons 
peu  d'inscriptions,  mais  nous  en  déchiffrons  beaucoup,  et  en  des  langues 
peu  connues  :  en  latin,  en  grec,  en  phénicien,  en  araméen,  en  égyptien, 
en  assyrien,  en  perse,  en  sanscrit.  Bientôt,  espérons-le,  viendra  le  tour 
de  l'étrusque.  L'œuvre  humaine  entière,  en  tous  les  temps  et  sous 
toutes  les  latitudes,  nous  appartient.  Mais,  bien  loin  que  l'espace  immense 
qui  se  développe  à  nos  yeux  excite  en  nous  un  sentiment  d'orgueil, 
nous  nous  sentons  bien  modestes  en  considérant  combien  est  minime  la 
portion  que  chacun  de  nous  en  particulier  peut  en  parcourir.  » 

—  Nous  reproduisons  les  jugements  portés  sur  les  travaux  de  plu- 
sieurs de  nos  confrères  dans  le  rapport  que  M.  Auguste  Longnon  a  fait 
au  nom  de  la  Commission  des  antiquités  de  la  France  sur  les  ouvrages 
envoyés  au  concours  de  l'année  1894,  et  qu'il  a  lu  le  2  novembre  dans 
la  séance  de  l'Académie  des  inscriptions  et  belles-lettres  : 

«  C'est  à  l'unanimité,  et  sans  la  moindre  hésitation,  que  la  première 
médaille  a  été  décernée  à  M.  Paul  Guilhiermoz,  ancien  sous-bibliothé- 
caire à  la  Bibliothèque  nationale,  pour  son  livre  intitulé  :  Enquêtes  et 
procès.  Étude  sur  la  procédure  et  le  fonctionnement  du  Parlement  au 
XIV^  siècle  (Paris,  1892,  in-4o). 

«  Bien  que  le  Parlement  de  Paris  fût  l'une  des  plus  grandes  institu- 
tions de  l'ancienne  France,  malgré  l'incomparable  état  de  conservation 
et  la  richesse  de  ses  archives,  l'histoire  de  l'ancienne  cour  suprême 
était  naguère  encore  assez  mal  connue,  parce  que  l'on  s'était  bien  plu- 
tôt préoccupé  de  son  rôle  politique  que  de  son  organisation  intérieure 
et  de  son  rôle  judiciaire.  Les  travaux  récents  de  M.  Joseph  Tardif,  de 
M.  Tanon,  de  M.  Delachenal,  et  surtout  ceux  de  M.  Félix  Aubert,  qui 
a  courageusement  entrepris  d'écrire  une  histoire  complète  du  Parle- 
ment, nous  fournissent  sur  les  origines  de  cette  institution,  sur  ses  pre- 
miers développements,  sur  son  organisation  intérieure,  sur  les  limites 
de  sa  compétence,  sur  sa  jurisprudence  et  sur  ses  traditions  des  notions 
beaucoup  plus  certaines  et  beaucoup  plus  complètes  que  celles  que  pos- 
sédaient les  membres  mêmes  de  l'illustre  compagnie  à  la  veille  de  leur 
dispersion.  Ces  notions  sont  encore  accrues  par  l'étude  que  M.  Guil- 
hiermoz vient  de  consacrer  au  rôle  de  la  Chambre  des  enquêtes,  dont 
l'origine,  la  compétence,  la  composition  et  la  procédure  étaient,  tout 
récemment  encore,  entourées  d'incertitude. 


7^2  CHBONIQDE   ET   ME'lANGES. 

«  Grâce  à  la  découverte  de  documents  d'une  réelle  importance,  tels 
le  style  de  la  Chambre  des  enquêtes  et  le  style  des  commissaires,  datant 
l'un  et  l'autre  du  xiv^  siècle  ;  grâce  aussi  à  la  patience  avec  laquelle  il 
les  a  dépouillés  et  à  l'habileté  avec  laquelle  il  les  a  interprétés,  M.  Guil- 
hiermoz  nous  fait  assister  à  la  naissance  de  la  Chambre  des  enquêtes-, 
formée  d'abord  d'un  certain  nombre  de  membres  de  la  Grand'Chambre, 
spécialement  et  temporairement  délégués  à  la  confection  des  enquêtes, 
composée  bientôt  d'un  personnel  propre,  mi-laïque  et  mi-ecclésiastique, 
s'augmentant  et  se  dédoublant  à  mesure  que  la  preuve  par  témoins 
gagnait  du  terrain  et  que  la  procédure  d'enquête  devenait,  sinon  le  seul, 
du  moins  le  principal  et  plus  habituel  moyen  de  l'administrer.  M.  Guil- 
hiermoz  prouve  de  la  façon  la  plus  péremptoire  que  la  Chambre  des 
enquêtes  n'était  pas  une  chambre  de  plaidoyer,  mais  bien  une  chambre 
de  conseil,  et  que,  si  l'on  trouve  parfois  un  débat  oral  engagé  devant 
elle  et  un  arrêt  rendu  par  elle  après  plaidoiries,  c'est  dans  les  cas  très 
rares  où  le  roi  la  commettait  pour  connaître  d'un  procès  déterminé, 
particulièrement  pendant  la  durée  des  vacances  de  la  Grand'Chambre, 
et  où  elle  jouait  le  rôle  d'un  tribunal  d'exception.  Il  démontre  également 
que  la  fonction  de  la  Chambre  des  enquêtes  consistait  uniquement  à 
procéder  aux  enquêtes  ordonnées  par  la  Cour,  c'est-à-dire  par  la  Grand'- 
Chambre, ou  à  celles  que  nécessitait  l'appel  ou  l'évocation  devant  le 
Parlement  de  causes  qui  avaient  été,  devant  les  premiers  juges,  l'objet 
d'une  instruction  par  écrit  :  elle  n'ordonnait  pas  l'enquête  ;  ce  n'était 
pas  à  elle  que  l'enquête,  une  fois  faite,  était  rapportée  ;  ce  n'était  pas 
devant  elle  enfin  que  les  parties  pouvaient  faire  valoir  les  griefs 
qu'elles  prétendaient  avoir  contre  l'enquête.  M.  Guilhiermoz  établit 
également,  avec  la  même  netteté,  que  c'était  la  Grand'Chambre  qui, 
après  avoir  entendu  un  premier  débat  oral,  ordonnait  les  enquêtes; 
que  c'était  elle  qui  décidait  si  une  enquête  terminée  serait  jugée, 
c'est-à-dire  homologuée,  ou  complétée  si  elle  était  imparfaite,  ou 
refaite  entièrement  si  elle  était  irrégulière  ;  que  c'était  elle  encore  qui 
prononçait  les  arrêts  préparés  et  rédigés  par  la  Chambre  des  enquêtes, 
A  quelle  phase  de  la  procédure  la  Chambre  des  enquêtes  commençait- 
elle  à  s'occuper  des  enquêtes  ordonnées  par  la  Grand'Chambre?  dans 
quelles  conditions  les  dossiers  lui  étaient-ils  transmis?  quels  étaient 
ses  rapports  avec  la  Grand'Chambre?  Tous  ces  points  obscurs,  sur  les- 
quels les  travaux  anciens  ou  même  contemporains,  relatifs  à  l'histoire 
du  Parlement,  ne  nous  fournissaient  point  d'éclaircissements  suffisants, 
ont  été  élucidés  par  M.  Guilhiermoz.  Nous  savons  donc  maintenant  que 
la  Chambre  des  enquêtes  n'avait  pas,  à  vrai  dire,  de  juridiction  propre, 
qu'elle  ne  faisait  qu'instruire  les  procès  et  vider  les  avant- faire  droit  et 
que  ses  décisions  ne  devenaient  des  arrêts  que  lorsque  la  Grand'Chambre 
se  les  était  appropriés  et  les  avait  prononcés. 

«  Il  est  inutile  de  pousser  plus  loin  l'analyse  du  travail  de  M.  Guil- 


CHRONIQUE    ET    Me'lANGES.  7^3 

hiermoz  pour  justifier  la  place  d'honneur  que  nous  lui  avons  donnée. 
Tout  ce  qui  suit  n'est  en  effet  que  le  développement  des  principes  qu'il 
a  posés  et  dont  l'exactitude  n'est  plus  contestée  par  aucun  de  ceux  qui 
s'occupent  de  notre  ancienne  organisation  judiciaire. 

«  La  troisième  médaille  a  été  attribuée  à  M.  René  Merlet,  archiviste 
du  département  d'Eure-et-Loir,  et  à  M.  l'abbé  Glerval,  supérieur  de  la 
maîtrise  de  Notre-Dame  de  Chartres,  pour  un  ouvrage  intitulé  :  un 
Manuscrit  chartrain  du  XI^  siècle.  Fulbert,  évêque  de  Chartres.  Martyro- 
loge à  l'usage  de  l'église  de  Chartres,  etc.  (Chartres,  1893,  in-4o). 

«  Les  auteurs  de  ce  volume  ont  publié  et  expliqué  les  textes  contenus 
dans  un  manuscrit  de  la  bibliothèque  municipale  de  Saint-Étienne,  qui 
est  à  coup  sûr  l'un  des  plus  précieux  manuscrits  relatifs  à  l'histoire  de 
Chartres  antérieurement  au  xm^  siècle.  Ils  ont  traité  avec  autant  de 
soin  que  de  critique  un  grand  nombre  de  questions  relatives  au  comput, 
à  l'hagiographie,  au  costume,  à  la  liturgie,  à  la  musique,  et  l'édition 
qu'ils  ont  donnée  du  nécrologe  forme  un  utile  supplément  à  la  publi- 
cation que  MM.  de  l'Épinois  et  Lucien  Merlet  avaient  faite  en  1865  des 
obituaires  de  l'église  de  Chartres. 

«  L'essai  de  restitution  de  la  cathédrale  de  Chartres  à  la  mort  de 
l'évêque  Fulbert  n'est  pas  la  partie  la  moins  curieuse  de  l'ouvrage.  Il  a 
pour  point  de  départ  une  miniature  intercalée  dans  le  manuscrit  de 
Saint-Étienne,  miniature  dans  laquelle  MM.  Merlet  et  Clerval  recon- 
naissent avec  vraisemblance  l'église  de  Notre-Dame  et  qu'ils  attribuent 
à  l'année  même  de  la  mort  de  F'ulbert,  ce  qui  est  loin  d'être  démontré. 
C'est  là  une  base  d'autant  plus  fragile  que,  si  le  célèbre  prélat  a  mis 
quatre  ans  (1020-1024)  pour  bâtir  la  crypte,  il  est  difficile  de  croire  qu'il 
ait  pu,  dans  les  quatre  années  suivantes  (1024-1028),  terminer  la  cons- 
truction d'un  aussi  vaste  édifice.  D'ailleurs,  une  épitaphe  de  l'évoque 
Thierry,  successeur  de  Fulbert,  dont  MM.  Merlet  et  Clerval  ont  les  pre- 
miers donné  le  texte  exact,  constate  que  ce  prélat  acheva  la  cathédrale 
à  partir  des  fenêtres  supérieures  de  la  nef.  Les  deux  auteurs  supposent, 
à  la  vérité,  qu'un  incendie  survenu  en  1030  nécessita  une  reconstruc- 
tion partielle  de  l'édifice;  mais  cet  incendie  ne  paraît  point  avoir  eu  de 
gravité,  et  il  convient  d'ajouter  que,  dans  le  cas  contraire,  l'église, 
détruite  jusqu'aux  fenêtres  hautes  de  la  nef,  eût  été  menacée  d'une 
ruine  totale.  Quoi  qu'il  en  soit,  ce  n'est  pas  une  miniature  de  date 
incertaine  qui  peut  trancher  la  question. 

«  Plusieurs  points  de  l'interprétation  que  MM.  Merlet  et  Clerval 
donnent  de  cette  miniature  sont  également  contestables  ;  mais  la  Com- 
mission, mettant  la  difficulté  et  l'obscurité  de  la  question  archéologique 
en  balance  avec  les  résultats  généraux  de  l'œuvre,  a  été  heureuse  de 
pouvoir  accorder  aux  deux  auteurs  l'une  des  trois  médailles  qu'elle  avait 
à  décerner. 


744  CHRONIQUE   ET   MELANGES. 

«  La  troisième  mention  honorable  a  été  donnée  à  M.  Bertrand  de 
Broussillon,  archiviste  paléographe,  pour  son  livre  :  la  Maison  de  Craon, 
iÛ50-îk80;  étude  historique  accompagnée  du  Cartulaire  de  Craon  (Paris, 
1893,  2  vol.  in-S"). 

«  La  maison  de  Craon,  en  Anjou,  issue  de  Robert  le  Bourguignon, 
l'un  des  fils  puînés  de  Renaud,  comte  de  Nevers  et  d'Auxerre,  étant  au 
nombre  des  plus  puissantes  familles  féodales  de  la  France  du  nord-ouest, 
il  est  assez  naturel  que  son  histoire  ait  sollicité  l'attention  de  plus  d'un 
érudit.  Cette  histoire  a  été  écrite  à  plusieurs  reprises.  Aussi  M.  Bertrand 
de  Broussillon  ne  songea-t-il  tout  d'abord  qu'à  publier  une  «  Sigillogra- 
«  phie  de  Craon;  »  mais,  s'apercevant  bientôt  que  les  travaux  consacrés 
à  la  maison  de  Craon,  dans  l'Histoire  de  Sablé,  de  Ménage,  dans  l'His- 
toire généalogique  de  la  maison  de  France  et  dans  les  Chroniques  craon- 
naises,  de  M.  Bodard  de  la  Jacopière,  réclamaient  sur  plusieurs  points 
un  sérieux  contrôle,  il  élargit  son  cadre  et  composa  une  "véritable  his- 
toire généalogique,  illustrée  de  206  vignettes  dues  à  l'habile  crayon  de 
M.  Paul  de  Farcy  et  reproduisant  le  plus  souvent  des  monuments  sigil- 
lographiques  et  des  blason^,  parfois  aussi  des  monuments  funéraires. 

«  Les  pièces  justificatives  de  l'histoire  de  la  maison  de  Craon,  c'est- 
à-dire  la  partie  de  son  œuvre  que  l'auteur  appelle  le  Cartulaire  de 
Craon,  se  composent  du  texte  ou  plus  fréquemment  de  l'analyse  d'en- 
viron 1,700  actes  inédits  pour  la  plupart  et  dont  la  rédaction  se  place 
entre  les  années  1032  et  1480;  empruntés  aux  sources  les  plus  diverses, 
—  archives  départementales,  chartriers  particuliers  et  grands  dépôts  de 
Paris,  —  ils  sont  répartis  ici  en  quatre  séries  chronologiques  distinctes 
répondant  aux  quatre  branches  de  la  maison  de  Craon  et  se  divisant  en 
dix-neuf  sections  éparses  dans  les  deux  volumes  que  forme  l'ouvrage. 
Cette  dispersion  n'est  pas  sans  inconvénient,  et  il  eût  été  préférable, 
semble-t-il,  de  faire  du  Cartulaire  un  tout  parfaitement  distinct.  De 
plus  graves  critiques  ont  été  faites  à  cette  partie  du  livre  de  M.  Bertrand 
de  Broussillon  :  on  peut  y  relever,  en  effet,  de  fâcheuses  erreurs  de 
lecture  pour  les  noms  propres,  et  l'index  alphabétique  qui  termine  l'ou- 
vrage a  paru  bien  insuffisant. 

«  Malgré  ces  imperfections,  l'histoire  de  la  maison  de  Craon  est  une 
œuvre  considérable  qui,  sans  aucun  doute,  contribuera  au  progrès  des 
études  historiques  dont  la  période  féodale  est  l'objet,  et  nous  faisons  des 
vœux  bien  sincères  pour  que,  persévérant  dans  la  voie  où  il  est  entré, 
M.  Bertrand  de  Broussillon  mette  bientôt  au  jour  les  travaux  analogues 
qu'il  prépare  de  longue  main  sur  les  plus  grandes  maisons  féodales  du 
Maine.  » 

—  Dans  le  rapport  sur  les  travaux  des  Écoles  d'Athènes  et  de  Rome, 
lu  à  l'Académie  des  inscriptions  et  belles -lettres  dans  la  séance  du 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES.  7<5 

7  décembre  1894,  M.  Henri  Weil  a  rendu  compte  dans  les  termes  sui- 
vants des  envois  de  nos  confrères  MM.  de  la  Roncière  et  Joseph  Deloye  : 

«  M.  Charles  Bourel  de  la  Roncière  s'est  proposé  de  faire  connaître 
en  détail  l'organisation  et  les  vicissitudes  des  marines  militaires  du 
moyen  âge  :  marines  de  l'empire  d'Orient,  marines  des  Arabes,  enfin, 
et  surtout,  marines  des  différents  peuples  latins.  Un  tel  sujet  demandera 
encore  de  longues  années  de  travail  pour  que  toutes  les  parties  puissent 
en  être  traitées  à  fond  et  de  première  main. 

«  Les  essais  qui  ont  été  soumis  à  l'Académie  permettent  d'espérer 
que  l'auteur  réussira  à  remplir  le  cadre  qu'il  s'est  tracé.  Il  ne  s'est  dis- 
simulé ni  l'étendue  ni  les  difficultés  de  l'entreprise;  mais  il  a  déjà 
reconnu  les  sources  auxquelles  il  doit  puiser  ses  informations,  et  les 
chapitres  qu'il  a  rédigés  ou  esquissés  montrent  qu'il  est  familier  avec 
l'archéologie  navale,  qu'il  sait  découvrir  et  interroger  les  textes  et 
mettre  en  œuvre  les  renseignements  fournis  par  les  écrivains  du  moyen 
âge  et  par  les  pièces  d'archives. 

«  M.  Bourel  de  la  Roncière  a  profité  de  son  séjour  en  Italie  pour 
explorer  les  dépôts  de  ce  pays.  Il  y  a  trouvé  beaucoup  de  documents 
dont  personne  n'avait  encore  fait  usage  et  qui  ne  se  rapportent  pas 
exclusivement  aux  marines  italiennes.  Tel  est,  entre  autres,  un  compte 
détaillé  des  dépenses  qu'entraîna  àNarbonne,  en  1318  et  1319,  la  cons- 
truction et  l'armement  de  cinq  galères  destinées  par  le  roi  Philippe  le 
Long  à  prendre  part  à  une  campagne  contre  les  Musulmans.  Ce  compte 
jette  un  jour  inattendu  sur  les  débuts  de  la  marine  des  rois  de  France; 
il  a  été  découvert  au  cours  du  dépouillement  des  archives  de  la  Chambre 
apostolique,  travail  très  considérable  et  très  délicat,  dont  un  autre 
membre  de  l'École  de  Rome,  M.  Joseph  Deloye,  s'était  chargé  et  que 
l'Académie  ne  doit  pas  regretter  d'avoir  particulièrement  encouragé  à 
l'aide  d'une  allocation  prise  sur  les  revenus  de  la  fondation  Piot. 

«  Le  travail  de  M.  Joseph  Deloye,  auquel  nous  venons  de  faire  allu- 
sion, est  des  plus  utiles  et  sera  fort  apprécié  de  tous  ceux  qui  ont  à 
faire  des  recherches  dans  un  des  fonds  les  plus  embrouillés  des  archives 
du  Vatican.  Il  a  voulu  donner  un  fil  conducteur  qui  permette  de  se 
diriger  au  milieu  de  la  masse  énorme  des  documents  relatifs  à  l'admi- 
nistration de  la  Chambre  apostolique  pendant  le  séjour  des  papes  à 
Avignon.  Il  a  minutieusement  passé  en  revue  les  pièces  qui  en  sont 
provenues  :  il  en  a  dressé  l'inventaire  en  suivant  l'ordre  matériel  dans 
lequel  elles  sont  aujourd'hui  disposées  ;  il  y  joindra  des  tables  pour 
rétablir  les  classements  primitifs,  et  il  se  propose  d'en  tirer  un  tableau 
de  l'organisation  camérale  au  xiv^  siècle. 

«  Les  cahiers  que  M.  Deloye  a  soumis  à  l'Académie  nous  montrent 
que  le  dépouillement  a  été  conçu  et  exécuté  avec  intelligence  et  méthode. 
Les  morceaux  d'inventaire  qui  ont  été  mis  sous  nos  yeux  ne  laissent 
aucun  doute  sur  l'utilité  pratique  du  travail. 


746  CHRONIQUE   ET   MELANGES.  i 

«  Une  longue  introduction,  jointe  aux  spécimens  d'inventaire,  fait 
connaître  la  composition  des  séries  inventoriées,  la  nature  des  documents 
qu'elles  renferment  et  l'intérêt  des  renseignements  qu'on  en  peut  tirer. 
Ces  séries  sont  au  nombre  de  cinq  : 

«  La  principale  est  connue  sous  la  dénomination  de  Introitus  et  Exi~ 
tus.  Ce  sont,  à  proprement  parler,  les  registres  des  recettes  et  des 
dépenses,  se  rapportant  les  uns  à  l'administration  centrale,  les  autres 
aux  administrations  locales,  notamment  à  celles  du  Gomtat-Venaissin, 
de  la  marche  d'Ancône,  du  patrimoine  de  Saint- Pierre  en  Toscane  et 
du  duché  de  Bénévent.  Les  relevés  de  M.  Deloye  indiquent  exactement 
la  nature  et  la  date  des  cahiers  assemblés,  souvent  sans  ordre,  dans 
377  registres.  On  comprend  tout  le  parti  que  les  historiens  pourront 
tirer  d'un  répertoire  à  l'aide  duquel  ils  verront  dans  quels  comptes  ils 
ont  à  chercher  des  informations  sur  la  matière  et  sur  la  période  dont 
ils  s'occupent.  Les  publications  de  M.  Muntz  ont  pu  donner  une  idée 
de  la  richesse  et  de  la  précision  des  détails  contenus  dans  les  Introitus 
et  Exitus  relatifs  aux  artistes  et  aux  travaux  d'art.  Ces  comptes  ne  sont 
pas  moins  précieux  pour  les  études  d'histoire  générale,  en  tant  surtout 
qu'elles  ont  trait  à  la  politique  et  à  l'administration  du  gouvernement 
pontifical,  aux  questions  économiques,  à  l'état  des  arts,  de  l'industrie 
et  du  commerce,  aux  détails  de  la  vie  privée. 

«  La  série  intitulée  Collectons,  dont  504  registres  entraient  dans  le 
cadre  de  M.  Deloye,  se  rapporte  aux  revenus  que  les  collecteurs  ou 
sous-collecteurs  du  Saint-Siège  avaient  à  percevoir  dans  les  divers  dio- 
cèses de  la  chrétienté  :  décimes,  revenus  des  bénéfices  vacants,  etc.  On 
y  a  mêlé  des  articles  d'un  caractère  différent,  mais  dont  l'intérêt  n'est 
pas  moindre  pour  nous  :  tels  sont  des  comptes  très  détaillés  de  la  cla- 
verie  d'Avignon. 

«  Une  troisième  série  :  Obligationes,  solutiones  et  divisiones,  a  pour 
objet  la  comptabilité  des  sommes  dues  pour  cens,  pour  droits  de  visite, 
etc.,  par  divers  prélats  ou  feudataires,  sommes  qui  se  partageaient  entre 
les  cardinaux  et  la  chambre  apostolique.  M,  Deloye  a  dépouillé  60  re- 
gistres de  cette  série  ;  il  y  a  rattaché,  en  appendice,  l'indication  d'un 
certain  nombre  de  cahiers  qui  se  trouvent  indûment  confondus  avec 
les  347  registres  en  papier  de  la  chancellerie  des  papes  d'Avignon. 

«  La  série  des  Littcrx  camerales,  telle  qu'elle  est  aujourd'hui  consti- 
tuée, ne  remonte  pas  au  delà  du  commencement  du  xv^  siècle;  mais 
M.  Deloye  a  recueilli  de  divers  côtés  des  pièces  émanées  du  camérier 
ou  à  lui  adressées,  qui  peuvent  donner  une  idée  de  ce  que  devait  être 
au  xiv"  siècle  le  groupe  des  Litière  camerales.  C'est  là  qu'on  voit  le 
mieux  quelles  étaient  les  attributions  et  les  fonctions  du  camérier  et 
des  agents  qu'il  avait  sous  ses  ordres. 

«  Dans  une  dernière  série,  Instrumenta  miscellanea,  sont  rassemblées 
des  pièces  volantes  se  rapportant  à  la  comptabilité  :  mandats,  quittances, 


CHRONIQUE   ET   MELANGES.  7<7 

correspondances,  états  récapitulatifs,  etc.  Celles  qui  appartiennent  à 
la  période  avignonaise,  au  nombre  d'environ  3,000,  remplissent  une 
cinquantaine  de  layettes,  dans  lesquelles  elles  sont  rangées  chronologi- 
quement. M.  Deloye  n'a  pu  les  analyser  une  à  une;  il  a  dû  se  borner 
à  donner  un  aperçu  général  de  la  composition  de  cette  série,  dans 
laquelle  un  classement  chronologique  rigoureux  rend  les  recherches 
assez  faciles. 

«  Il  est  à  désirer  que  M.  Joseph  Deloye  puisse  promptement  mettre 
au  net  et  publier  les  notes  qu'il  a  prises  sur  le  fonds  des  archives  camé- 
raies  du  Saint-Siège. 

«  L'inventaire  dont  il  a  réuni  les  matériaux  sera  certainement  l'un 
des  travaux  les  plus  utiles  qui  aient  été  accomplis  sur  les  documents  du 
moyen  âge  par  les  membres  de  l'École  de  Rome.  » 


CONFÉRENCE  SUR  L'ÉCOLE  DES  CHARTES  A  L'UNIVERSITE 

DE  CHICAGO. 

Notre  confrère  M.  Daniel  Grand  parcourt  actuellement  l'Amérique 
du  Nord  pour  y  étudier  l'organisation  des  bibliothèques  et  le  régime 
des  Universités.  Pendant  son  passage  à  l'Université  de  Chicago,  il  a  été 
prié  de  faire,  devant  le  séminaire  historique,  une  communication  sur 
l'organisation  de  l'École  des  chartes.  Le  sommaire  suivant,  imprimé  au 
type-writer,  sur  feuilles  volantes,  par  les  soins  de  notre  confrère,  pour 
être  distribué  aux  auditeurs,  leur  laissera  sans  doute  un  souvenir  exact 
et  utile.  On  nous  pardonnera  de  le  reproduire  à  titre  de  curiosité ^ 

1.  Le  sommaire  de  conférence  imprimé  à  la  machine  à  écrire  est  d'un  usage 
général  aux  États-Unis  pour  toutes  les  communications  faites  devant  les  seini- 
nars,  societies  ou  clubs  historiques,  philologiques,  littéraires,  etc.,  des  Univer- 
sités. Les  conférences  ou  «  lectures  »  de  foute  sorte,  comme  on  sait,  sont  très 
goûtées  aux  États-Unis,  notamment  dans  les  villes  de  la  Nouvelle-Angleterre  et 
à  Boston  en  particulier.  Ce  sommaire  imprimé  au  type-writer  a  reçu  le  nom 
de  syllabus  et  est  également  employé  dans  les  cours  donnés  par  les  professeurs 
aux  élèves  de  l'University  Extension.  Cerlains  étudiants  pauvres  se  chargent 
de  préparer  ces  sommaires  avec  la  machine  à  écrire,  moyennant  une  faible 
rétribution,  d'environ  2  cents  (10  centimes)  par  exemplaire.  —  L'Université  de 
Chicago,  qui  est  de  date  toute  récente,  tend  à  combiner  les  avantages  des  Uni- 
versités anglaises  et  des  Universités  allemandes  ou  françaises  et  se  tient  très 
soigneusement  au  courant  de  toutes  les  méthodes  et  des  derniers  progrès  des 
études  d'érudition.  Les  éludes  médiéviques  sont  d'ailleurs  loin  d'être  négligées 
dans  la  plupart  des  Universités  américaines.  La  fondation  de  l'Université  de 
Chicago,  dont  les  bâtiments  (une  trentaine  d'édilices  dans  le  style  du  xv'  siècle, 
avec  les  lawns,  etc.,  formant  le  campus  ou  terrain  universitaire)  occuperont 
une  partie  d'un  quartier  de  Chicago,  provient  de  l'initiative  privée,  comme 
^894  46 


748  CHRONIQUE  ET  MELANGES. 

THE  ECOLE  DES  CHARTES,  PARIS. 

(Historical  seminar  of  the  University  of  Chicago,  Sept.  4,  1894.) 

I.  Founded  1807  and  1821.  —  Study  of  the  original  documents  of  the 

Middle  Ages.  —  Publishes  the  review  entitled  «  Bibliothèque  de 
l'École  des  chartes,  »  since  1839. 

II.  Courses  of  Study. 

—  A.  Palaeography. 

Recueil  de  fac-similés.  1880. 

B.  BiBLIOGRAPHY. 

Bénédictines  :  Gallia  christ.,  1675.  —  Hist.  litt.,  1733.  — 
Art  de  vérif.  les  dates,  1783.  —  Histor.  de  France, 
1738,  etc. 

Institut  de  France. 

Soc.  de  l'hist.  de  France  and  CoUect.  des  docum. 
inédits,  1835. 

C.  Philology. 

Mediaeval  Latin.  Old  French.  Provençal. 

—  D.  DiPLOMATIGS. 

Original  charters.  Chartularium. 

E.  Institutions. 

Political,  administrative,  financial,  military  institutions 
from  the  Gauls  until  1790. 

F.  Classification  of  libraries  and  ARcmvES. 

Librarians.  Archivists. 

—  G.  Sources  of  the  history  of  frange. 

Original  chronicles. 
H.  Archaeology. 

Mediaeval  architecture.  Costume.  Industry. 
I.    Mediaeval  law. 

«  Coutumes.  »  Procédure. 
Course  of  3  years.  Doctor  degree  (archiviste-paléo- 
graphe). 

III.  Prominent  men  from  the  Ecole  des  chartes.  —  Similar  foundations 
in  Italy  (Rome,  Palermo),  Spain  (Madrid),  Austria  (Vienna). 

pour  bon  nombre  de  grandes  Universités  américaines  (Harvard,  Cornell,  etc.) 
et  est  due  à  la  munificence  du  millionnaire  Rockefcller,  originaire  de  New- 
York.  Une  douzaine  des  bâtiments  sont  déjà  achevés,  et  le  nombre  des  étu- 
diants est  de  près  de  mille.  —  Nous  adressons  ici  nos  plus  vifs  remerciements 
au  directeur  du  séminaire  historique  de  l'Université  de  Chicago,  M.  le  profes- 
seur Terry,  pour  l'obligeance  qu'il  nous  a  témoignée,  ainsi  qu'aux  membres  du 
séminaire  (environ  quinze). 


CHRONIQUE    ET   MÉLANGES.  749 


LIVRE  EXÉCUTÉ  POUR  BOUCIGAUT. 

Le  traité  anonyme  intitulé  :  Liber  de  informatione  principum,  qui 
date  du  commencement  du  xiv"  siècle  et  qui  est  tout  à  fait  distinct  du 
célèbre  ouvrage  de  Gilles  de  Rome,  De  regimine  principum,  a  été  ana- 
lysé dans  le  dernier  volume  de  ['Histoire  littéraire  de  la  France  (t.  XXXI, 
p.  35-47).  On  sait  maintenant  qu'il  en  existe  deux  rédactions,  dont  la 
seconde  a  été  traduite  en  français  par  frère  Jean  Golein,  de  l'ordre  des 
Carmes,  pour  le  roi  Charles  V.  Le  frontispice  de  l'exemplaire  de  cette 
traduction  qui  fut  offert  au  roi  a  été  reproduit  dans  VAlbum  paléogra- 
phique de  la  Société  de  l'École  des  chartes. 

Aux  dix  manuscrits  de  la  traduction  de  Jean  Golein  que  possède  la 
Bibliothèque  nationale  et  qui  ont  été  signalés  dans  l'Histoire  littéraire, 
il  faut  ajouter  celui  qui  est  conservé  à  la  bibliothèque  de  Grenoble 
sous  le  n"  870.  La  notice  que  notre  confrère  M.  Paul  Fournier  en  a 
donnée  dans  le  Catalogue  général  des  manuscrits  des  départements  (t.  VII, 
p.  261)  est  tout  à  fait  satisfaisante.  Il  est  bon  toutefois  de  faire  remar- 
quer que  les  armes  peintes  dans  les  trois  grandes  initiales  de  ce  manus- 
crit, aux  fol.  1,  58  et  134,  et  que  l'auteur  du  catalogue  a  exactement 
décrites  (d'argent,  à  l'aigle  de  gueules  à  deux  têtes,  becquée  et  mem- 
brée  d'azur),  sont  celles  de  la  famille  Le  Meingre  de  Boucicaut,  de 
sorte  que  le  volume  dans  lequel  nous  les  trouvons  pourrait  bien  avoir 
appartenu  au  maréchal  Boucicaut.  On  sait  que  le  maréchal  avait  le 
goût  des  beaux  livres,  et  que  ses  Heures,  savamment  décrites  par  le 
possesseur  actuel,  M.  de  Villeneuve^,  sont  rangées  à  bon  droit  parmi 
les  plus  remarquables  manuscrits  à  peintures  du  règne  de  Charles  VI, 

Une  autre  particularité  mérite  aussi  d'être  relevée  dans  le  manuscrit 
de  Grenoble.  C'est  que,  sur  le  feuillet  de  garde  qui  est  à  la  fin,  on  lit, 
en  caractères  de  la  seconde  moitié  du  xv«  siècle  :  «  Ce  livre  contient 
GLvi  fueilles  et  nii  ystoires.  »  C'est  exactement  la  forme  des  notes  qui 
ont  été  inscrites  à  la  fin  des  livres  de  la  bibliothèque  de  Jacques  d'Ar- 
magnac, duc  de  Nemours.  Mais  il  n'y  a  pas  trace  de  la  signature  que 
ce  prince  avait  l'habitude  d'apposer  sur  les  livres,  manuscrits  ou  impri- 
més, qui  lui  appartenaient. 

Pour  le  cas  où  le  hasard  ferait  découvrir  un  ancien  inventaire  sur 
lequel  aurait  figuré  le  manuscrit  de  la  bibliothèque  de  Grenoble,  il  con- 
vient d'avertir  que  le  second  feuillet  de  celui-ci  commence  par  les  mots 
rir  humblement,  l'avant-dernier  par  qui  avoyent,  et  le  dernier  par  jus- 
tice retributive. 

1.  Voyez  Bibliothèque  de  l'École  des  chartes,  1890,  t,  LI,  p.  145. 


720 


CHRONIQUE  ET   MELANGES. 


ITINÉRAIRE  DE  MARTIN  V  DE  1418  A  1420. 


Nous  empruntons  à  une  note  que  M.  F.  Miltenberger  a  publiée  dans 
les  Mittheilungen  des  Instituts  fur  Oesterreichische  Geschichtsforschung 
(t.  XV,  p.  661)  l'itinéraire  de  Martin  V  de  Constance  à  Rome;  pour 
les  références  nous  renvoyons  à  la  notice  même  de  M.  F.  Miltenberger. 


16  mai  1418. 
17-18  mai. 

19  mai. 

20-21  mai. 

22  mai. 

23  mai-3  juin. 

5  juin. 

9  juin. 

11  juin. 

4  septembre. 

5-9  septembre. 

9  septembre. 

10  septembre. 

11  septembre. 

12  septembre. 

13  septembre. 

14  septembre. 

16  septembre. 
17-19  septembre. 
20-27  septembre. 
28-29  septembre. 

30  septembre. 
1-2  octobre. 

3  octobre. 

4  octobre. 
6-11  octobre. 
12-19  octobre. 

19  octobre. 


Départ  de  Constance. 

Schaffbausen. 

Baden,  Lentzburg  et  Aarau. 

Olten. 

Soleure. 

Berne. 

Fribourg. 

Lausanne. 

Genève. 

Gruseilles. 

Annecy. 

Prieuré  de  Talloires. 

Faverges  et  Veyziat^  (Ain). 

Tournon^  (Savoie). 

Aiguebelle  (Savoie)  et  La  Chambre. 

Saint-Michel. 

Bourget-^  (Savoie),  commune   de  Vilarodin- 

Bourget. 
Lanslebourg  et  sommet  du  Mont-Cenis. 
Suse. 
Turin. 
Chivasso. 
Trino. 
Verceil. 
Novare. 
Vigevano. 
Pavie. 
Milan. 
Cassano, 


i 


1.  Le  nom  lalin  est  Vesiaci,  que  M.  Miltenberger,  avec  quelque  hésitation  du 
reste,  propose  d'identifier  avec  Ugine. 

2.  Turnoni  est  la  forme  latine.  M.  Miltenberger  l'identifie  à  tort  avec  Tours 
(Savoie). 

3.  Burgeiti  en   latin.   M.   Miltenberger    reconnaît  là   le   nom   de   Château- 

Boarreau. 


4 


I 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES.  724 


20  octobre. 

Ghiari. 

23  octobre. 

Brescia. 

24  octobre  1418 

au  6  février  1419. 

Mantoue. 

7  février. 

Sermide. 

9-15  février. 

Ferrare. 

17  février. 

Ravenne. 

19-20  février. 

Forli. 

27  février  1419 

au  9  septembre  1420. 

Florence. 

12  septembre  1420. 

Apud  Pontem  Arbie,  Senensis^  diocesis 

14  septembre. 

Acquapendente. 

19-25  septembre. 

Viterbe. 

28  septembre. 

Entrée  à  Rome.                        L.-H.  M. 

CHARLES  VII  A  SAINT-FLOUR. 

Un  article  publié  par  M.  Marcellin  Boudet  dans  les  Annales  du  Midi 
et  tiré  à  part  (Charles  VII  à  Saint-Flour  et  le  prélude  de  la  Praguerie 
[1437].  Toulouse,  Ed.  Privât,  1894,  in-8'',  32  p.)  a  pour  objet  de  prou- 
ver que  la  venue  de  Charles  VII  à  Saint-Flour  en  mai  1437  n'eut  pas 
pour  cause  une  invitation  de  la  municipalité  et  que  la  prolongation  de 
son  séjour  ne  fut  pas  la  suite  d'une  intrigue  amoureuse,  comme  on  l'a 
écrit  ;  mais  que  le  roi  voulut,  pour  lutter  contre  la  Praguerie  qui  com- 
mençait sourdement,  s'assurer  d'une  des  plus  fortes  places  de  l'Au- 
vergne, «  clef  de  la  France  devers  la  Guienne.  »  Des  lettres  de  rémis- 
sion publiées  en  appendice  montrent  que  le  comte  d'Armagnac  était 
au  nombre  des  mécontents  et  nous  éclairent  sur  sa  conduite  en  cette 
occasion. 

PRÉPARATIONS  PHARMACEUTIQUES  COMMANDÉES 

PAR  LOUIS  XL 

M.  Claudin,  libraire,  nous  a  communiqué  une  copie  de  plusieurs 
traités  du  médecin  Razi,  faite  à  Paris  en  1471,  qui  avait  appartenu  au 
xvnie  siècle  à  Claude-Bernard  Rousseau,  auditeur  des  comptes,  et  plus 
anciennement  à  «  Monsieur  de  Massac,  médecin  à  Orléans.  » 

Ce  volume,  de  format  petit  in-folio,  sur  parchemin,  renferme  cinq 
traités,  savoir  : 

1°  (p.  1-60).  Incipiunt  expérimenta  Bubikir  Eirasis  filii  Zaccarie  in 
doloribus  juncturarum.  (La  fin  du  traité  manque.) 

1.  L'Arbia  est  un  affluent  de  la  rive  droite  de  l'Orabrone. 


722  CHRONIQUE    ET   MÉLANGES. 

2"  (p.  61-74).  Practica  puerorum.  (Le  commencement  et  la  fin  du 
traité  manquent.) 

30  (p.  75-120).  Tractatus  Bubukir  Eirasis  filii  Zaccarie  in  enarra- 
cione  diversarum  medicinarum  expertarum  a  diversis  actoribus  medi-  *^ 

cine   inventarum,    qui    intitulatur   Experimentatio   medicinalis.    (Le 
commencement  du  traité  manque.) 

4°  (p.  121-157).  Tractatus  Bubukir  Eirasis  filii  Zaccarie  de  prepara- 
tione  medicinarum,  ut  sine  horribilitate  saporis  et  odoris  sumantur. 
(Le  commencement  du  traité  manque.) 

50  (p.  158-166).  Tractatus  ejusdem  qui  nuncupatur  liber  presciencie 
Ypocratis,  continens  xxmi  propositiones. 

Le  livre  se  termine  par  cette  souscription  : 

«  Explicit  tractatus  qui  dicitur  liber  presciencie  Ypocratis.  Et  in  hoc 
completur  liber  experimentorum  Bubukir  Eirasis  filii  Zaccarie,  qui 
completus  fuit  Parisius  anno  Domini  millésime  quadringentesimo 
septuagesimo  primo,  die  vicesima  mensis  decembris.  » 

Une  assez  curieuse  particularité  remarquée  dans  ce  volume  par 
M.  Claudin,  c'est  la  mention  de  la  préparation  de  deux  recettes  qui  fut 
ordonnée  par  le  roi  Louis  XI. 

En  marge  de  la  page  108,  en  regard  de  ce  passage  :  «  Aliud  mirabile 
contra  ventositatem  fortem.  b/  :  anisi  cimini  satureie...,  »  on  lit  ces 
mots  :  «  13»  septembris,  Rex  precepit  facere  hic  notatum.  » 

Un  peu  plus  loin,  sur  la  marge  de  la  page  124,  à  côté  du  :  «  Capitu- 
lum  secundum  de  medicinis  ad  ornatum  faciei.  Medicamen  ad  macu- 
las magnas  removendas  et  ad  cutem  subtiliendam  et  albificandam. 
lij  :  farine  lupinorum  partes  quatuor...,  »  une  main  contemporaine  de 
la  copie  a  tracé  ces  mots  :  0;  13  septembris  1478,  Rex  precepit  facere 
hic  notatum.  » 

Ces  deux  notes  peuvent  être  attribuées  au  médecin  ou  à  l'apothicaire 
du  roi  Louis  XI. 

ANDRÉ  GUTIERREZ  COMMENTATEUR  DU  DOCTRINAL. 

Dans  un  article  de  ce  volume  (p.  490,  n.  3),  il  a  été  question  d'un  com- 
mentaire du  Doctrinal  d'Alexandre  de  Villedieu,  composé  par  un  cer- 
tain Andréas  Gutterius  Cerasianus,  qu'on  a  supposé  pouvoir  être  origi- 
naire de  Gérisy  en  Normandie.  Les  l)ibliographes  normands  avaient  été 
invités  à  vérifier  le  bien  fondé  de  cette  conjecture.  L'un  d'eux,  notre 
confrère  M.  Emile  Travers,  a  répondu  à  l'appel,  en  nous  envoyant  la 
solution  du  problème.  «  Voici,  dit-il,  ce  que  j'ai  trouvé  dans  la  Diblio- 
thcca  hispana  nova  de  Nicolas  Antonio,  t.  1,  p.  74,  75  : 

«  Andréas  Gutierrez,  natus  ex  oppido  Zczero  diœcesis  Burgensis, 
grammatical  artis  Salmanticie  atque  alibi  professer,  scripsit  : 


CHRONIQUE  ET  MÉLANGES.  723 

«  Vida,  Martyrio  y  Translacion  de  S.  Victores  natural  de  la  villa  de 
Zezero.  Burgos,  in-fol. 

«  Latine  quoque,  Ceraesianum  se  a  patria  appellans  : 

«  Artem  Grammaticam.  Cujus  meminit  in  altero  opère  seu  systemate 
variorum  auctorum,  in  quo  continentur  : 

«  Disticha  Catonis  ;  Floretum  ;  Quinque  claves  Sapientiœ  ;  Fabula? 
^sopi;  Hymni,  quos  canit  Romana  Ecclesia,  cum  expositione  aurea 
Jacobi  de  Lora,  Grammaticae  atque  Poeticse  artis  Professons,  qui  et 
hymnos  ipsos  diligentissime  correxit.  Omnia  édita  sunt  Lucronii,  1506. 
Apud  Guillelmum  de  Brocar.  » 

A  ces  détails  nous  pouvons  ajouter  encore  quelques  indications  biblio- 
graphiques. 

La  Grammaire  d'André  Gutierrez,  dont  Nicolas  Antonio  n'avait  point 
rencontré  d'éditions,  a  été  imprimée  en  1485  à  Burgos,  par  Frédéric  de 
Bàle,  et  en  1486  à  Bâle  par  Michel  Wenssler.  Ces  deux  éditions  ont  été 
enregistrées  dans  le  Répertoire  de  Hain,  sous  les  n°^  8334  et  8335. 

L'autre  ouvrage  d'André  Gutierrez,  dont  Nicolas  Antonio  cite  une 
édition  de  1506,  avait  paru  à  Venise  en  1491.  En  voici  la  notice  d'après 
un  exemplaire  conservé  à  la  Bibliothèque  nationale  (Réserve,  pièce  3 
du  volume  inventorié  sous  le  n"  X  812)  : 

Titre  imprimé  au  verso  du  premier  feuillet  :  «  Los  libros  que  en  este 
volumen  se  contienen  son  los  siguientes  :  ||  El  Gaton,  con  el  libro 
llamado  Contento^,  cuya  obra  es  de  sant  Bernardo;  —  |j  El  Floreto,  el 
qua!  contiene  seys  principales  partes...;  — 1|  Contiene  mas  las  quinque 
claves  de  la  SabiduriaS,  con  las  cinco  pro  ||  piedades  que  a  detener  el 
maestro;  —  ||  Contiene  las  Fabulas  del  Esopo;  — 1|  Contiene  mas  los 
hymnos  con  otros  rauchos  que  faltavan  ;  —  ll  Contiene  mas  las  lectio- 
nes  de  Job  con  el  Credo,  Salve  regina,  el  Pa  ||  ter  noster  con  el  Ave 
Maria.  » 

Titre  de  départ  au  haut  du  fol.  2  :  «  Andrere  Guterii  Cerasiani  pau- 
cissimi  Sudores  in  laudem  Nostras  ||  Dominai,  filii  Dei  genitricis  et 
virginis  Mariae,  et  libentissimse  et  pien  ||  tissimœ  dedicati.  » 

A  la  fin,  fol.  90  :  «  Impressum  Venetiis,  anno  M.  CCCC.  LXXXXI, 
die  vigessimo  ||  tertio  Marcii.  » 

In-4o.  90  feuillets  numérotés.  Cahiers  A-L.  Caractères  romains. 

La  question  de  la  patrie  d'André  Gutierrez  se  trouve  tranchée  par  le 
passage  de  Nicolas  Antonio  que  nous  venons  de  rapporter. 

Né  à  Cerezo  (jadis  Zerezo  ou  Cerezo  del  Rio  Tiron,  petite  ville  de  la 
province  de  Burgos,  à  10  lieues  de  cette  capitale),  l'auteur  du  commen- 
taire inséré  dans  une  des  premières  éditions  du  Doctrinal  est  bien  un 

1.  «  De  conlemptu  mundi.  » 

2.  «  Quinque  claves  Sapientiœ.  » 


724  CHRONIQUE   ET   MELANGES. 

professeur  de  l'Université  de  Salamanque,  qui  a  laissé  divers  ouvrages 
publiés  à  Burgos  et  à  Logrono  par  des  artistes  allemands  qui  venaient 
d'introduire  l'imprimerie  au  delà  des  Pyrénées. 

De  cerasus  se  sont  formés  en  Espagne  les  noms  de  Zerezo  ou  Cereso, 
Cereda,  Ceredal,  Ceresos,  etc.,  de  même  qu'en  France  ceux  de  Gerisay," 
Cerisy,  etc.  De  là  l'erreur  de  M.  Reichling,  qui  a  vu  dans  Cerasianus 
un  adjectif  tiré  de  Cerasiacum  ou  Ceraseium,  Cerisy  en  Normandie,  au 
lieu  de  Ceresum  ou  Ceresium,  Cerezo  en  Vieille-Castille. 

PALÉOGRAPHIE  DES  CLASSIQUES  LATINS. 

La  huitième  livraison  (première  du  second  volume)  de  la  Paléographie 
des  classiques  latins  de  M.  Emile  Châtelain  vient  d'être  distribuée  par 
la  librairie  Hachette.  Cette  livraison  contient  quinze  planches  présen- 
tant vingt-deux  fac-similés  de  manuscrits  d'Ovide,  de  Properce  et  de 

Tibulle. 

Ovide. 

PI.  91,  I.  Amores.  Paris,  lat.  8242  (ix^  siècle). 

—  II.      —       Sangallensis  864  (si«  siècle). 

PI.  92,  I.  Heroides.  Florent.  S.  Marci  235  (xn^  siècle). 

_      II.       _       Gudianus  227,  palimps.  (xiv^  siècle). 
PI.  93,  I.  Ars  amat.  Paris,  lat.  7311  (ix^  siècle). 

_      II.        _        Oxoniensis  F.  4,  32  (ix^  siècle). 
PI.  94.  Métamorphoses.  Paris,  lat.  12246  (ix«  siècle). 
PI.  95.  —  Londin.  add.  11967  (xe  siècle). 

PI.  96.  —  Florent.  S.  Marci  225  (x^  siècle). 

PI.  97,  I.        —  Harleianus  2610  (x^  siècle). 

—  II,       —  Laurentianus,  36,  12  (xi^  siècle). 
PI.  98.            —            Florent.  S.  Marci  223  (xii^  siècle). 
PI.  99,  I.  Fasti.  Vatic.  Reg.  1709  (x«  siècle). 

—  II.  Pontica.  Guelpherbyt.  Aug.  13,  11  Q  (vi»  siècle). 
PI.  100.  —       Hamburg.  Serin.  52  F  (ix^  siècle). 

PI.  101,  I.  Halieut.  Vindobonensis  277  (ix*  siècle). 

—  II.  Ibis.  Vindobonensis  885  (xii«  siècle). 

Properce. 
PI.  102,   I.  Guelpherbyt.  Gudianus  224  (xii«  siècle). 

—  H.  Vossianus  0.  38  (xiv«  siècle). 

PI.  103.  Vatic.  Ottobonianus  1514  (xv«  siècle). 

Tibulle. 
PI.  104.  Ambrosianus  R.  26  sup.  (xiv«  siècle). 
PI.  105.  Guelpherbyt.  Aug.  82,  6  F  (xv«  siècle). 


CHRONIQUE   ET   MÉLANGES.  725 


LE  NOUVEAU  GALLIA  CHRISTIANA. 

M.  Hoffmann,  l'imprimeur-éditeur  de  Montbéliard,  qui  s'est  acquis 
déjà  la  reconnaissance  des  érudits  par  la  publication  des  grands  réper- 
toires bibliographiques  de  M.  le  chanoine  Ulysse  Chevalier,  annonce 
une  nouvelle  entreprise  qui  ne  peut  manquer  d'attirer  les  sympathies 
des  travailleurs.  Il  s'agit  d'une  refonte  du  Gallia  christiana.  C'est  M.  le 
chanoine  Albanès,  dont  les  travaux  antérieurs  sont  appréciés,  qui  s'est 
chargé  de  la  rédaction  de  ce  Gallia  christiana  novissima,  du  moins 
pour  la  première  partie,  relative  à  la  Provence  et  qui  doit  comprendre 
cinq  volumes  de  1,200  colonnes  chacun  :  le  1"  pour  la  province  d'Aix; 
le  2«  pour  celle  d'Arles  ;  le  3«  pour  celle  d'Avignon  ;  le  4«  pour  celle 
d'Embrun  ;  le  5«  enfin  pour  les  établissements  réguliers  de  ces  diverses 
provinces.  Quels  que  soient  les  mérites  de  l'œuvre  des  Bénédictins  et 
quelques  services  qu'ils  rendent,  il  est  incontestable  qu'il  s'y  est  glissé 
beaucoup  d'erreurs,  qu'il  s'y  trouve  des  lacunes  regrettables;  sur  plu- 
sieurs points,  leur  travail  a  été  complété  par  les  recherches  des  modernes  ; 
mais  il  reste  beaucoup  à  faire,  et  il  y  a  un  intérêt  considérable  à 
refondre  et  à  compléter  l'ancienne  édition  en  la  mettant  au  courant  de 
l'érudition  moderne.  La  tentative  de  M.  le  chanoine  Albanès  mérite 
donc  les  plus  vifs  encouragements.  Le  prix  de  souscription  à  chaque 
volume  est  de  36  francs  payables  d'avance,  ou  de  46  francs  payables 
après  réception  de  l'ouvrage. 

LES  NOCES  D'OR  DE  LA  SOCIÉTÉ  ARCHÉOLOGIQUE  DE  SENS. 

Le  Bulletin  monumental  a  donné,  sous  le  titre  ci-dessus  (tiré  à  part. 
Paris,  A.  Picard;  Caen,  H.  Delesques,  1894,  in-S»,  15  p.),  le  compte- 
rendu,  par  notre  confrère  M.  le  baron  de  Bonnault  d'Houët,  des  fêtes 
par  lesquelles  la  Société  archéologique  de  Sens  a  célébré,  du  19  au 
22  juin,  le  cinquantième  anniversaire  de  sa  fondation.  Ce  compte-rendu 
est  suivi  du  discours  prononcé  à  cette  occasion  par  notre  confrère  M.  le 
comte  de  Marsy. 

Parmi  les  mémoires  lus  à  ces  réunions  nous  signalerons  celui  où 
notre  confrère  M.  Prou  a  repris  en  détail  l'examen  des  chartes  de 
fondation  de  Saint-Pierre-le-Vif  (Étude  sur  les  chartes  de  fondation  de 
l'abbaye  de  Saint-Pierre-le-Vif  :  le  Diplôme  de  Clovis  et  la  charte  de  Théo- 
dechilde.  Sens,  impr.  de  Paul  Duchemin,  1894,  in-B»,  52  p.).  Les  conclu- 
sions de  cet  examen  fort  minutieux  sont  que  la  charte  de  Théodechilde 
a  été  fabriquée  la  première,  sans  doute  sous  l'épiscopat  d'Anastase, 
entre  967  et  976  ;  qu'elle  a  été  calquée  sur  un  acte  ou  sur  une  formule 
du  vin«  siècle;  que  l'acte  de  Clovis,  dont  l'idée  a  été  suggérée  par  le 


726  CHROIVIQUE   ET   MÉLANGES. 

diplôme  de  Théodechilde,  qui  s'appelait  fille  de  Clovis,  a  été  rédigé  beau- 
coup plus  tard,  entre  1046  et  1124,  probablement  sous  l'abbé  Gerbert, 
entre  1068  et  1079. 

L'IMPRIMERIE  EN  ITALIE. 

M.  Gastellani,  conservateur  de  la  Marciana  de  Venise  et  connu  par 
d'excellents  travaux  sur  l'histoire  de  l'imprimerie *,  entreprend  une  col- 
lection sur  l'art  de  l'imprimerie  pendant  la  Renaissance  italienne 
{l'Arte  délia  stampa  net  rmascimento  italiano).  La  publication  compren- 
dra plusieurs  séries,  une  pour  chacune  des  villes  où  a  été  exercé  l'art 
de  l'imprimerie;  chaque  volume  in-8°  comprendra  96  planches  de  fac- 
similés,  avec  une  notice  formant  introduction.  C'est  la  maison  Ongania, 
qui  s'est  déjà  illustrée  par  de  magnifiques  publications,  qui  entreprend 
encore  l'exécution  de  celle-ci.  Le  prix  de  souscription  est  de  10  francs 
par  volume,  15  francs  sur  papier  spécial.  Les  deux  premiers  volumes 
de  la  collection  seront  naturellement  consacrés  à  Venise;  ceux  qui  sui- 
vront immédiatement  à  Rome,  Milan  et  Palerme. 


—  Par  arrêté  en  date  du  9  novembre  1894,  notre  confrère  M.  Gh.  Bourel 
de  La  Roncière  a  été  nommé  stagiaire  au  département  des  manuscrits 
de  la  Bibliothèque  nationale. 

—  Par  arrêté  en  date  du  12  janvier  1895,  nos  confrères  dont  les 
noms  suivent  ont  été  nommés  : 

1°  Officiers  de  l'Instruction  publique  : 
MM.  Barbaud,  archiviste  de  la  Vendée; 

Marais,  bibliothécaire  à  la  bibliothèque  Mazarine; 
2°  Officiers  d'Académie  : 
MM.  Dunoyer  de  Segonzac,  archiviste  de  la  Sarthe  ; 

Labrouche,  archiviste  des  Hautes-Pyrénées; 

Lempereur,  archiviste  de  l'Aveyron; 

MazeroUe,  archiviste  à  l'administration  des  monnaies  etmédailles. 


Errata. 

P.  173,  ligne  2.  Au  lieu  de  trois  volumes,  lisez  quatre  volumes. 
P.  505,  ligne  10  du  texte.  Au  lieu  de  p.  X.  154,  lisez  p.  X.  153. 
P.  537,  ligne  18.  Au  lieu  de  1891,  lisez  1890. 

1.  Notamment  la  Stampa  in  Venezia  dalla  sua  origine  sino  alla  morte  di 
Aldo  Manuzio  sen.  Venezia,  Ongania,  1889,  in-8°. 


LISTE  DES  SOUSCRIPTEURS 


A   LA 


BIBLIOTHÈQUE  DE  L'ÉCOLE  DES  CHARTES 
POUR  l'année  1894. 


-C>«C-'«VS--ï>- 


Bibliothèques  et  Sociétés. 
PARIS. 


Académie  des  inscriptions  et  belles- 
lettres. 

Alliance  israélite. 

Archives  départementales  de  la  Seine. 

Archives  nationales. 

Association  générale  des  étudiants. 

Bibliographie  de  la  France,  journal 
général  de  l'imprimerie  et  de  la 
librairie. 

Bibliothèque  de  V Arsenal. 

—  Cardinal. 

—  Mazarine. 

—  nationale  (département  des  im- 
primés). 

(département  des  manuscrits). 

—  du  Sénat. 

—  de  V Université,  à  la  Sorbonne. 

—  de  la  Ville. 
Cercle  agricole. 

Cercle  catholique  des  étudiants. 
Chambre  des  députés. 


Directeur  de  l'enseignement  supé- 
rieur, au  ministère  de  l'Instruc- 
tion publique. 

Directeur  du  secrétariat  et  de  la 
comptabilité,  au  ministère  de 
l'Instruction  publique. 

École  nationale  des  chartes  (2  ex.). 

École  normale  supérieure. 

École  Sainte-Geneviève. 

Études  religieuses. 

Faculté  de  droit. 

Institut  catholique. 

Ministère  de  l'Instruction  publique 
(55  ex.). 

Ministère  de  la  Marine. 

Ordre  des  avocats. 

Revue  archéologique. 

Revue  historique. 

Société  bibliographique. 

Société  historique. 


DÉPARTEMENTS. 


Aix-en-Pro VENGE.  Bibliothèque  Mé- 

janes. 

universitaire. 

Albi.  Archives  du  Tarn. 

Alger.  Bibliothèque  universitaire. 

Amiens.  Société  des  Antiquaires  de 

Picardie. 
Angers.  Société  d'agriculture. 


Arras.  Bibliothèque  de  la  Ville. 
AvRANCHES.  Société  d'archéologie. 
Rayonne.  Bibliothèque  de  la  Ville. 
Besançon.  Biblioth.  universitaire. 
Béziers.  Société  archéologique. 
Blois.  Bibliothèque  de  la  Ville. 
Bordeaux.  Bibliothèque  de  la  Fa- 
culté de  droit. 


l.  Ceux  des  souscripteurs  dont  les  noms  seraient  mal  orthographiés,  les  titres 
omis  ou  inexactement  imprimés,  sont  instamment  priés  de  vouloir  bien  adresser 
leurs  réclamalious  à  M.  Alphonse  PICARD,  libraire  de  la  Société  de  l'École  dos 
chartes,  rue  Bonaparte,  82,  à  Paris,  afln  que  les  mêmes  fautes  ne  puissent  se 
reproduire  dans  la  cinquante-sixième  liste  de  nos  souscripteurs,  qui  sera 
publiée,  suivant  l'usage,  à  la  fin  du  prochain  volume  de  la  Bibliothèque. 


728 


LISTE   DES   SOUSCRIPTEURS. 


Bordeaux.  Biblioth.  universitaire. 
Boulogne-sur-Mer.  Bibliothèque  de 

la  Ville. 
Garcassonne.  Archives  de  l'Aude. 
Chateauroux.  Archives  de  l'Indre. 
Cherbourg.  Bibliothèque  de  la  Ville. 
Glermont-  FerrAxNd.    Archives    du 

Puy-de-Dôme. 

—  Bibliothèque  universllaire. 
Douai.  Société  d'agriculture. 
Dragdignan.  Archives  du  Var. 
GuÉRET.  Archives  de  la  Creuse. 
LiGUGÉ.  Bénédictins  (RR.  PP.). 
Lille.  Archives  du  Nord. 

—  Biblioth.  de  l'Institut  catholique. 
universitaire. 

Lyon.  Bibliothèque  de  V Archevêché. 

de  la  Faculté  de  droit. 

de  l'Institut  catholiqun. 

universitaire. 

Mans  (Le).  Bibliothèque  de  la  Ville. 
Marseille.  Archives  municipales. 

Bibliollièque  de  la  Ville. 

MoNTAUBAN.  Bibliothèque  de  la  Ville. 
MoNTBRisON.  Société  de  la  Diana. 
Montpellier.  Bibliothèque  univer- 
sitaire. 
Moulins.  Bibliothèque  de  la  Ville. 


Nancy.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Nantes.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Nice.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Niort.  Archives  des  Deux-Sèvres. 

Orléans.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Pau.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Poitiers.  Bibliothèque  universitaire. 

de  la  Ville. 

—  Société  des  Antiquaires  de  l'Ouest. 

Reims.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Rennes.  Bibliothèque  universitaire. 

de  la  Ville. 

Rochelle  (La).  Bibliothèque  de  la 
Ville. 

Rouen.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Saintes.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Saint-Étienne.  Bibliothèque  de  la 
Ville. 

Boissons.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

SoLESMES,  Bénédictins  (RR.   PP.). 

Toulouse.  Bibliothèque  universi- 
taire. 

de  la  Ville. 

Tours.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Valenciennes.  Bibliothèque  de  la 
Ville. 

Vendôme.  Bibliothèque  de  la  Ville. 

Vitré.  Bibliothèque  de  la  Ville. 


ÉTRANGER. 


Baltimore.  American  (the)  Journal 
of  archaeology. 

—  Bibliothèque  Peabody. 
Barcelone.  Ateneo  Barcelones. 
Berne.  Bibliothèque  cantonale. 

—  Université. 

Bruxelles.  Académie  royale  des 
lettres,  des  sciences  et  des  beaux- 
arts  de  Belgique. 

—  Bollandistes  (RR.  PP.). 
Bukarest.  Bibliothèque  centrale. 
Gambridge  (États-Unis).  Université 

Harvard. 
Florence.  Archives  de  Toscane. 

—  Archivio  storico  italiano. 
Fribourg.  Bibliothèque  cantonale. 
Genève.  Archives. 

—  Bibliothèque  cantonale. 

—  Société  de  lecture. 

—  Université. 
Jersey.  Cour  royale. 
Lausanne.  Bibliothèque  cantonale. 
Lisbonne.  Bibliothèque  nationale. 
Londres.  English  (the)  hist.  review. 


Louvain.  Jésuites  (RR.  PP.). 

Malte.  Bibliothèque  publique. 

Maredsous.  Bénédictins  (RR.  PP.). 

Metz.  Archives. 

Milan.  Archivio  storico  lombardo. 

MoNT-GASsiN.6én^dic<ms(RR.PP.). 

New- York.  American  (the)  geogra- 

phical  Society. 
Palerme.  Bibliothèque  nationale. 
Philadelphie.  Université. 
Pi  SE.  Université. 
Rome.  Accademia  (Beale)  dei  Lincei. 

—  Archives  du  Vatican. 

—  Bibliothèque  Victor-Emmanuel. 

—  École  française. 

—  Società  romana  di  storia  patria. 
Sofia.  Université. 

Vienne.  Académie  impériale  des 
sciences  (classe  philosophico-his- 
torique). 

—  Mittheilungen  des  Instituts  fiir  ôs- 
lerreichischeGeschichtsforschung. 

—  Université. 

Washington.  Université  catholique. 


i 


LISTE   DES   SOUSCRIPTEURS. 


729 


MM. 

*Alaus  (Paul),  à  Montpellier ^. 
Albon  (le  marquis  d'),  au  château 

d'Avenges  (Rhône). 
•Allemagne  (Henry  d'),  attaché  à 

la  Bibliothèque  de  l'Arsenal,  à 

Paris. 
*Anchier  (Camille),  attaché  à  la 

Bibliothèque  nationale, à  Paris. 
*André   (Edouard) ,  archiviste  de 

l'Ardèche,  à  Privas. 

*  André  (Francisque),  archiviste  de 

l'Aube,  à  Troyes. 
Appert,  à  Fiers. 

*  Arbois  de  Jubainville  (Henry  d'), 

membre  de  l'Institut,  professeur 
au  Collège  de  France,  à  Paris. 
AsHER  et  C'8,  à  Berlin  (11  ex.). 
*AuBERT  (Félix),  à  Saint- Mandé 
(Seine). 

*  AuBERT  (Hippolyte),  conservateur 

de  la  bibliothèque  de  Genève,  à 
Vermont,  près  Genève  (Suisse). 
*AuBRY-ViTET  (Eugène),  à  Paris. 
*AuDREN  DE  Kerdrel,  séuateur,  à 
Paris. 
AuMALE  (le  duc  d'),  à  Chantilly. 
*AuvRAY  (Lucien),  sous-bibliothé- 
caire à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, à  Paris. 
Avignon,  à  Paris. 
*Babelon  (Ernest),    conservateur 
à  la  Bibliothèque  nationale,  à 
Paris. 
Baer  ET  C'",  à  Francfort. 
*Baillet  (Auguste),  à  Orléans. 
Balme  (le  R.  P.),  à  Paris. 
Barante  (le  baron  de),  à  Paris. 
Barras,  à  Saint-Maxime  (Var). 
Barrière-Flavy,  avocat,  à  Tou- 
louse. 
*Barroux  (Marius),  archiviste  ad- 
joint de  la  Seine,  à  Paris. 
*BARTHÉLEMY(Anatole  de),  membre 

de  l'Institut,  à  Paris. 
*Bataillard  (Paul),  archiviste  de 
la  Faculté  de  médecine,  à  Paris. 
*Batiffol  (Louis),  stagiaire  à  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Ver- 
sailles. 


*  Baudon  de  MoNY  (Charles),  à  Paris. 
*Beaugorps  (le  vicomte  de),  à  Or- 
léans. 

Beaucourt  (le  marquis  de),  à 
Paris. 

*Beaurepaire  (Charles  de),  corres- 
pondant de  l'Institut,  archiviste 
de  la  Seine-Inférieure,  à  Rouen. 
Bellet  (l'abbé),  à  Tain  (Drôme). 

*Bémont  (Charles),  maitre  de  con- 
férences à  l'École  des  hautes 
études,  à  Paris. 

*Berger  (Élie|,  archiviste  aux  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 

Berloquin,  curé  de  Villiers-au- 
Bouin  (Indre-et-Loire). 

*Berthelé  (Joseph),  archiviste  de 
l'Hérault,  à  Montpellier. 

*Berthou  (Paul  de),  à  Nantes. 

*  Bertrand  de  Broussillon(  Arthur) , 

au  Mans. 
Besse  (dom),  à  l'abbaye  de  Li- 

gugé  (Vienne). 
Bilot  de  Chateaurenault,  à  Paris. 
*Blangard  (Louis),  correspondant 
de    l'Institut ,    archiviste   des 
Bouches-du-Rhône ,  à    Mar- 
seille. 
Blanchard,  à  Nantes. 
BocGA,  libraire,  à  Turin  (4  ex.). 
Bondois  ,    professeur    au    Lycée 

Buffon,  à  Paris. 
*Bonnardot  (François),  sous-ins- 
pecteur des  travaux  historiques 
de  la  ville  de  Paris,  à  Mont- 
rouge  (Seine). 
*Bonnassieux  (Pierre),  archiviste 
aux    Archives    nationales,    à 
Paris. 
*Bonnault  d'Houët  (le  baron  de), 
au  château  d'Hailles,  par  Mo- . 
reuil  (Somme). 
*Borel  (Frédéric),  à  Paris. 
Borrani,  libraire,  à  Paris  (3  ex.). 
Boucher  (M™"^),  à  Cherbourg. 
*Boughot    (Henri) ,   bibliothécaire 
à  la  Bibliothèque  nationale,  à 
Paris. 
Boudet  (Marcellin),  président  du 

tribunal,  à  Saint-Flour. 
*BouGENOT  (Symphorien),  à  Paris. 


l.  Les  noms  précédés  d'un  astérisque  sont  ceux  des  membres  de  la  Société  de 
l'École  des  chartes. 


730 


LISTE    DES    SODSCRIPTECRS. 


*  Bourbon  (Georges),  archiviste  de 

l'Eure,  à  Évreux. 

*  Bourgeois  (Alfred),  archiviste  de 

Loir-et-Cher,  à  Blois. 
*BouRMONT  (le  comte  Amédée  de), 

à  Paris. 
*BouRNON  (Fernand),  archiviste  et 
bibliothécaire   de   la   ville   de 
Saint-Denis,  à  Paris. 
BouvY  (le  R.  P.  Eugène),  à  Paris. 
Bréard  (Ch.),  à  Versailles. 
Bresson,  à  la  Seyne  (Var). 
Brettes,  à  Paris. 
Brockhaus,    libraire,   à  Leipzig 

(5  ex.). 
Brôlemann,  à  Paris. 
*Bruchet  (Max),  archiviste  de  la 

Haute-Savoie,  à  Annecy. 
*Bruel  (Alexandre),  sous-chef  de 
section   aux   Archives    natio- 
nales, à  Paris. 
"Brutails   (Auguste),  archiviste 

de  la  Gironde,  à  Bordeaux. 
*BucHE  (Henri),  à  Paris. 
BuGHHOLz,  libraire,  à  Munich. 
BuGK,  libraire,  à  Luxembourg. 
Bull,  libraire,  à  Strasbourg. 
Gaarelsen, libraire, à  Amsterdam. 
Carié,  à  Roqueserrière  (Haute- 
Garonne). 
Caix  de  Pierlas,  à  Turin. 
*CALiiETTES  (Fernand),  à  Paris. 
*Campardon  (Emile),  chef  de  sec- 
tion aux  Archives  nationales, 
à  Paris. 
Carabin,  à  Paris. 
Carrère,  à  Toulouse. 
*Casati  (Charles),  conseiller  hono- 
raire à  la  Cour  d'appel,  à  Paris. 
Cauvet,    président    de   chambre 

honoraire,  à  Montpellier. 
*Cauwès,  professeur  à  la  Faculté 
de  droit  de  Paris,  à  Versailles. 
*Cerise  (le  baron),  à  Paris. 
*Chambure  (HuguesDE),  au  château 

de  Montmartin  (Nièvre). 
Champion,  libraire,  à  Paris. 
*Charavay  (Etienne),  à  Paris. 
Chardon  (H.),  maire  de  MaroUes- 

les-Braux  (Sarthe). 
Charmasse  (de),  à  Autun. 
*Ghatel  (Eugène),  à  Paris. 
*Chauffier  (Vabbé),  à  Vannes. 
*Ghavanon  (Jules),  attaché  à  la 


bibliothèque  de  l'Arsenal,  à 
Paris. 

Cherbuliez,  libraire,  à  Genève. 

Chevalier  (l'abbé  J.),  à  Romans 
(Drôme). 

Chevalier  (l'abbé  U.),  à  Romans 
(Drôme). 

Chevelle,  notaire,  à  Vaucouleurs 
(Meuse). 

'Claudon  (Ferdinand),  à  Rivière- 
le-Bois  (Haute-Marne). 

Glausen,  libraire,  à  Palerme. 

'Clédat  (Léon),  doyen  de  la  Fa- 
culté des  lettres,  à  Lyon. 

^Clément  (l'abbé  Maurice),  à  Paris. 

Condamin  (le  D""),  à  Lyon. 

'CoppiNGER  (Emmanuel),  à  Paris. 

^  Corda  (Augustin),  sous -biblio- 
thécaire à  la  Bibliothèque  na- 
tionale, à  Paris. 

^Couard  (Emile),  archiviste  de 
Seine-et-Oise,  à  Versailles. 

""Couderc  (Camille),  sous -biblio- 
thécaire à  la  Bibliothèque  na- 
tionale, à  Paris. 

^CouLON  (Auguste),  membre  de 
l'École  française,  à  Rome. 

" Goura JOD  (Louis),  conservateur 
au  musée  du  Louvre,  à  Paris. 

'Couraye  DU  Parc  (Joseph),  sous- 
bibliothécaire  à  la  Bibliothèque 
nationale,  à  Paris. 

CouRCEL  (Valentin  de),  à  Paris. 

*CouRTEAULT  (Henri),  archiviste 
aux  Archives  nationales,  à 
Paris. 

Coussemaker  (de),  à  Bailleul 
(Nord). 

"  CoviLLE  (Alfred),  professeur  à  la 
Faculté  des  lettres,  à  Lyon. 

^CoYECQUE  (Ernest),  archiviste  ad- 
joint de  la  Seine,  à  Paris. 

*^Croy  (Joseph  DE),  au  château  de 
Monteaux  (Loir-et-Cher). 

*Cucheval-Clarigny,  membre  de 
l'Institut,  à  Paris. 

CuMONT  (le  marquis  de)  ,  à  la  Rous- 
sière,  près  Goulonges  (Deux- 
Sèvres). 

*Curzon  (Henri  de),  archiviste  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 

Daguin,  avocat,  à  Paris. 

'Dareste  (Rodolphe),  membre  de 
l'Institut,  conseiller  à  la  Cour 
de  cassation,  à  Paris. 


i 


\ 


LISTE   DES  SOUSCRIPTEURS. 


73< 


Daspit  de  Saint- Amand  ,  à  la  Réole. 
*Daumet  (Georges),    membre   de 
l'École  française,  à  Rome. 

*  David  (Louisf,  conseiller  maître 

honoraire  à  la  Cour  des  comp- 
tes, à  Paris. 

*Delabobde  (le  vicomte  H.-Fran- 
çois),  archiviste  aux  Archives 
nationales,  à  Paris. 

*Delachenal  (Roland),  à  Paris. 

*  Del  AH  a  YE  (Jules),  ancien  député, 

à  Tours. 
*Delaville  Le  Roulx  (Joseph),  à 
Paris. 

*  Delisle  (L.  ) ,  membre  de  l'Institut, 

administrateur  général    de    la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 
Deloche  (Maximin),  membre  de 
rinstitut,  à  Paris. 

*Deloye  (Augustin),  ancien  con- 
servateur du  musée  Galvet,  à 
Avignon. 

*Demaison  (Louis),  archiviste  de 
la  ville,  à  Reims. 

*Demante  (Gabriel),  professeur  ho- 
noraire à  la  Faculté  de  droit  de 
Paris,  à  Castelnaudary, 
Denifle  (le  R.  P.),  archiviste  au 

Vatican,  à  Rome. 
Denis  (le  chanoine),  à  Meaux. 

*Deprez (Michel),  conservateur  à  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 

*  Desjardins  (Gustave),  chef  de  bu- 

reau au  ministère  de  l'instruc- 
tion publique,  à  Paris. 
*DiGARD   (Georges),  professeur  à 
l'Institut  catholique,  à  Paris. 
Dion  (Adolphe  de),  à  Montfort- 
l'Amaury. 

*  Dorez  (Léon),  stagiaire  à  la  Bi- 

bliothèque nationale,  à  Paris. 

Douais  (le  chanoine),  professeur 
d'histoire  à  l'École  supérieure 
de  théologie,  à  Toulouse. 

Drême,  premier  président  hono- 
raire de  la  Cour  d'appel,  à 
Agen. 

*  DuBOis-GucHAN  (Gaston),  à  Sées 

(Orne). 
'Du  Chêne  (Arthur),  à  Chàteau- 

Gontier  (Maine-et-Loire). 
DucHESNE  (l'abbé  L.),  membre  de 

l'Institut,  à  Paris. 
*DuGOM  (André),  attaché  aux  ar- 


chives de  la  Chambre  des  dé- 
putés, à  Paris. 

*DuFOUR  (Théophile),  directeur  de 
la  bibliothèque  de  la  ville,  à 
Genève. 

*DuFouRMANTELLE  (Charles),  à  A- 
jaccio. 

*DuFRESNEDESAINT-LÉON(Arthur), 

à  Paris. 
DuLAU  et  G'e,  libraires,  à  Londres 

(4  ex.). 
DuMOLARD,  à  Milan. 
Dumoulin,  professeur,  à  Roanne. 
*DuNOYER  DE  Segonzag  (Jacques), 
archivistedelaSarthe,  au  Mans. 
*DuP0ND  (Alfred),  archiviste  des 
Deux-Sèvres,  à  Niort. 

*  Dupont -Ferrier    (Gustave),    à 

Paris. 

*  Durand  (Georges),  archiviste  de 

la  Somme,  à  Amiens. 

*  Durrieu  (Paul),  conservateur  ad- 

joint au  musée  du  Louvre,  à 
Paris. 
DuRUY,  membre  de  l'Institut,  à 

Paris. 
DuvAL,  à  Paris. 

*DuvAL    (Louis),    archiviste    de 
l'Orne,  à  Alençon. 
DuviviER,  avocat,'  à  Bruxelles. 
*EcKEL  (Auguste),   archiviste  de 
.    la  Haute-Saône,  à  A^esoul. 
ELPmNSTONE,  à  Londres. 
Engelgke,  libraire,  à  Gand. 
*Enlart  (Camille),  sous-bibliothé- 
caire à  l'École  des  Beaux- Arts, 
à  Paris. 
*Estienne  (Charles),  archiviste  du 
Morbihan,  à  Vannes. 
Even  (P.),  à  Paris. 
*Fagniez  (Gustave),  à  Paris. 
Falk,  libraire,  à  Bruxelles. 
Fargy  (de)  ,  à  Château-Gontier. 
*  Faucon  (Maurice),  à  Ariane  (Puy- 
de-Dôme). 
*Favre  (Camille),   colonel-briga- 
dier d'infanterie,  à  Genève. 
*Feugère  des  Forts  (Philippe),  à 

Paris. 
*Finot  (Jules),  archiviste  du  Nord, 

à  Lille. 
*FiN0T  (Louis),  sous-bibliothécaire 
à  la  Bibliothèque  nationale,  à 
Paris. 


732 


LISTE   DES   SOUSCRIPTEURS. 


Flach  (Jacques),  professeur  au 

Collège  de  France,  à  Paris. 
*Flamare    (Henri  de),  archiviste 

de  la  Nièvre,  à  Nevers. 
*Flammermont  (Jules),  professeur  à 

la  Faculté  des  lettres,  à  Lille. 
*Fleury  (Paul  de),  archiviste  de 

la  Charente,  à  Angoulème. 
*Flourac  (Léon),  ancien  archiviste 

des  Basses-Pyrénées,  à  Pau. 
*FoRGEOT  (Henri),  archiviste  aux 

Archives  nationales,  à  Paris. 
FouGHARD,  au  Mans. 
FouiLHOux  (l'ahbé),  à  Clermont- 

Ferrand. 
*FouRNiER    (Marcel),    professeur 

agrégé  à  la  Faculté  de  droit  de 

Caen,  à  Paris. 
*FouRNiER  (Paul),  professeur  à  la 

Faculté  de  droit,  à  Grenoble. 
Fournier-Latouraille,  àBrioude. 

*  François  Saint-Maur,  anci2n  pré- 

sident de  chambre  à  la  Cour 
d'appel,  à  Pau. 
*Fréminville  (Joseph  de),  archiviste 
de  la  Loire,  à  Saint-Étienne. 
Frick,  libr.,  à  Vienne  (Autriche). 

*  Froment  (Albert),  à  Paris. 

*Funck-Brentano  (Frantz),  sous- 
bibliothécaire  à  la  Bibliothèque 
de  l'Arsenal,  à  Paris. 

*FuRGEOT  (Henri),  archiviste  aux 

Archives  nationales,  à  Paris. 
"Gaillard  (Henri),  professeur  au 
collège  Stanislas,  à  Paris. 
Gama-Barros  (de),  à  Lisbonne. 
"Gauthier    (Jules),  archiviste  du 
Doubs,  à  Besançon. 
Gautier  (J.),  à  Paris. 

*  Gautier  (Léon),  membre  de  l'Ins- 

titut, chef  de  section  aux  Ar- 
chives nationales,  professeur  à 
l'École  des  chartes,  à  Paris. 
Gebethner  et  G'«,  libraires,  à  Var- 
sovie. 

*GERBAUx(Fernand),archivisteaux 
Archives  nationales,  à  Paris. 
Gerold  et  G'«,  à  Vienne  (3  ex.). 

*Giraudin    (l'abbé),    directeur  au 
grand  séminaire,  à  Périgueux. 

*GiRY  (Arthur),  professeurà  l'École 

des  chartes,  à  Paris. 
Glasson,  membre  de  l'Institut,  à 
Paris. 

*GossiN  (Léon),  à  Paris. 


*  Grand  (Daniel),  ancien  archiviste 
de  la  ville,  à  Montpellier. 

*Grandjean  (Charles),  secrétaire- 
rédacteur  au  Sénat,  à  Paris. 

*Grandmaison  (Charles  de),  corres- 
pondant de  l'Institut,  archiviste 
honoraire  d'Indre-et-Loire,  à 
Tours. 

*Grandmaison  (Louis  de),  archi- 
viste d'Indre-et-Loire,  à  Tours. 

*Gréa  (dom),  supérieur  des  Cha- 
noines réguliers,  à  Saint- An- 
toine (Isère). 
Gremaud   (l'abbé),  professeur,  à 
Fribourg  (Suisse). 

*GuÉRiN  (Paul),  secrétaire  des  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 

"Guiffrey  (Jules),  administrateur 
des  Gobelins,  à  Paris. 

*Guignard  (Philippe),  bibliothé- 
caire de  la  ville,  à  Dijon. 

*GuiGUE  (Georges),  archiviste  du 
Rhône,  à  Lyon. 

"GuiLHiERMOz  (Paul),  bibliothécaire 
honoraire   à   la    Bibliothèque 
nationale,  à  Paris. 
Guillaume  (l'abbé),  archiviste  des 
Hautes-Alpes,  à  Gap. 

*  Guillaume  (Joseph),   archiviste 

aux    Archives    nationales,    à 
Paris. 
Hahn,  libraire,  à  Hanovre, 
*Hanotaux  (Gabriel),  ministredes 

Affaires  étrangères,  à  Paris. 
Hauréau,  membre  de  l'Institut, 
à  Paris. 
*Helleu  (Joseph),  à  Paris. 

*  Henry  (Àbel),  à  Paris. 
*Herbet  (Félix),  avocat,  à  Paris. 

*  Herbomez  (Armand  d'),  au  château 

d'Orcq,  par  Tournay  (Belgique). 
Herluison,  libraire,  à  Orléans. 

*  Héron  de  Villefosse  (Antoine), 

membre  de  l'Institut,  conser- 
vateur au  musée  du  Louvre,  à 
Paris. 

*ïIervieu  (Henri),  ancien  député, 
à  Avallon. 

*Himly    (Auguste),    membre   de 
l'Institut,  doyen  de  la  Faculté 
des  lettres,  à  Paris. 
Hoche,  à  Paris. 

Houdebine,  à  Combrée  (Maine-et- 
Loire). 


LISTE   DES   SODSCRIPTEURS. 


733 


Hubert,  archiviste  de  l'Indre,  à 
Ghàteauroux. 

*  Hugues  (Adolphe),  archiviste  de 

Seine-et-Marne,  à  Melun. 

*IsNARD  (Albert),  sous-bibliothé- 
caire à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, à  Paris. 
Jacob,  archiviste,  conservateur  du 
musée,  à  Bar-le-Duc. 

* Jagqueton  (Gilbert),  conservateur 
adjoint  de  la  Bibliothèque-Mu- 
sée, à  Alger. 
Janvier,  à  Amiens. 

*  Jarry  (Eugène),  ancien  auxiliaire 

de  l'Institut,  à  Orléans. 

*JoiJON  DES  Longrais  (Frédéric),  à 
Rennes. 
Kermaingant  (de),  à  Paris. 

*KoHLER  (Charles),  bibliothécaire 
à  la  Bibliothèque  Sainte-Gene- 
viève, à  Paris. 
Kramers,  libraire,  à  Rotterdam 
(2  ex.). 

*Labande  (Léon-Honoré),  conser- 
vateur du  musée  Calvet,  à  Avi- 
gnon. 

*Laborde  (le  marquis  de),  à  Paris. 

*  La  Borderie  (Arthur  de)  ,  membre 

de  l'Institut,  à  Vitré  (lUe-et- 

Yilaine). 
*Labrouche  (Paul),  archiviste  des 

Hautes-Pyrénées,  à  Tarbes. 
*Lagaille  (Henri),  à  Paris. 
Laghenal,  ancien   receveur  des 

finances,  à  Brioude. 

*  Lair  (Jules) ,  directeur  de  la  Com- 

pagnie des  entrepôts  et  maga- 
sins généraux,  à  Paris. 

*Lalanne  (Ludovic),  bibliothé- 
caire de  l'Institut,  à  Paris. 

*Laloy    (Emile),    sous-bibUothé- 
caire  à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, à  Paris. 
L.^meere,  conseiller  à  la  cour,  à 

Bruxelles. 
Lamertin,  à  Bruxelles. 
Lamm  (Per),  librairie  Nilsson,  à 
Paris  (9  ex.). 

*Langlois  (Ch.-V.),  chargé  de 
cours  à  la  Faculté  des  lettres,  à 
Paris. 

*La>;glois  (Ernest),  professeur  à  la 
Faculté  des  lettres,  à  Lille. 

*La  Roghebroghard  (Henri  de),  au 

4894 


château   de    Boissoudan,   par 
Champdeniers  (Deux-Sèvres). 

*La  Roncière  (Charles  Bourel  de), 
stagiaire  à  la  Bibliothèque  na- 
tionale, à  Paris. 

Lasghenais  (de),  au  château  de  la 
Salle  (Saône-et-Loire). 

Lascombe  (A.),  au  Puy-en-Yelay. 

*  La  Serre  (Roger  Barbier  de),  con- 
seiller référendaire  à  la  Cour 
des  comptes,  à  Paris. 

*Lasteyrie  (le  comte  Robert  de), 
membre  de  l'Institut,  profes- 
seur à  l'École  des  chartes,  dé- 
puté, à  Paris.  _ 
Lauer,  élève  de  l'École  des  chartes, 
à  Neuilly-sur-Seine. 

*Laurent  (Paul), archivistedes  Ar- 
dennes,  à  Mézières. 

*Le  Brethon  (Paul),  attaché  à  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 

*Lecestre  (Léon),  archiviste  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 
Leglerc   (l'abbé) ,  au  collège  de 

Vaugirard,  à  Paris. 
Lecorvec,  à  Paris. 

*Legoy  de  la  Marche,  sous-chef 
de  section  aux  Archives  natio- 
nales, à  Paris. 

'Ledos  (Eugène-Gabriel),  sous-bi- 
bliothécaire à  la  Bibliothèque 
nationale,  à  Paris. 
Lefeuvre,  à  Jersey. 

*Lefèvre  (André),  professeur  à 
rÉcoled'anthropologie,à  Paris. 

*Lefèvre-Pontalis  (Eugène),  à 
Paris. 

*Lefèvre-Pontalis  (Germain),  se- 
crétaire d'ambassade,  à  Paris.^ 

*Lefoullon  (Anatole),  député,  à 
Paris. 

*Lefrang  (Abel),  secrétaire  du 
Collège  de  France,  à  Paris. 

*Le  Grand  (Léon),  archiviste  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 

*Lelong  (Eugène),  archiviste  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 
Lemaire,  à  Paris. 

*Lemonnier  (Henry),  professeur  à 
l'École  des  beaux-arts,  chargé 
de  cours  à  la  Faculté  des  lettres, 
à  Paris. 

*Lemoine  (Jean),  à  Paris. 

*Lempereur  (Louis),  archiviste  de 
l'Aveyron,  à  Rodez. 

47 


734 


LISTE   DES   SOUSCRIPTEURS. 


*Léonardon  (Henri),  conservateur 
adjoint  de  la  Bibliottièque,  à 
Versailles. 

Léotard,   sous-bibliothécaire  de 

la  ville,  à  Montpellier. 
*Leroux  (Alfred),  archiviste  de  la 
Haute- Vienne,  à  Limoges. 

Le  Soudier,  libraire,  à  Paris  (6 
ex.). 

Le  Sourd  (le  D'),  à  Paris. 
*Lespinasse  (René  de),  à  Paris. 

Lestringant,  libraire,  à  Rouen. 

Lévéque,  à  l'abbaye  Sainte-Ma- 
deleine, à  Marseille. 

Lévis-Mirepoix   (le  duc  de),  au 
château  de  Léran  (Ariège). 

*  LEX(Léonce),  archiviste  de  Saône- 

et-Loire,  à  Mâcon. 

LiÉNARD,  secrétaire  de  la  Société 

philomathique,  à  Yerdun-sur- 

Meuse. 

LoESCHER  et  C'«,  libraires,  à  Rome. 

LoRENz  (Alf.),  libraire,  à  Leipzig. 

*LoRiQUET  (Henri),  archiviste  du 

Pas-de-Calais,  à  Arras. 
*LoT  (Ferdinand),  bibliothécaire  à 

la  Sorbonne,  à  Paris. 
*LoTH  (Arthur),  à  Versailles. 
Louis-Lucas,  professeur  à  la  Fa- 
culté de  droit,  à  Dijon. 
*Maisonobe  (Abel),  à  Castres. 

*  Maître  (Léon),  archiviste  de  la 

Loire-Inférieure,  à  Nantes. 
*Mandrot  (Bernard  de),  à  Paris. 

*  Manneville  (le  vicomte  Henri  de), 

secrétaire  d'ambassade,  à  Ber- 
lin. 
Marais,  chef  d'escadron  d'artille- 
rie, à  Poitiers. 

*  Marais  (Paul),  bibliothécaire  à  la 

Bibliothèque  Mazarine,  à  Paris. 
Marchant,    curé    de    Varambon 

(Ain). 
*Marigual  (Paul),  archiviste  aux 

Archives  nationales,  à  Paris. 
*Marsy    (le  comte  de),   à  Gom- 

piègne. 

*  Martel  (Félix),  inspecteur  géné- 

ral de  l'enseignement  primaire, 
à  Garches  (Seine-et-Oise). 

*  Martin  (Camille),  à  Paris. 

*Martin  (Henry),  conservateur  ad- 
joint à  la  bibliothèque  de  l'Ar- 
senal, à  Paris. 

*  Marty-Laveaux  (Gh.),  à  Paris. 


*Mas  Latrie  (le  comte  de),  mem- 
bre de  l'Institut,  à  Paris. 

*Mas  Latrie  (René  de),  chef  de 
bureau  au  ministère  de  l'ins- 
truction publique,  à  Paris. 
Masson,  à  Amiens. 

*Maulde  La  Clavière  (René  de), 
à  Paris. 
Maumus,  avocat,  à  Mirande. 

*Mazerolle  (Fernand),  archiviste 
de  la  Monnaie,  à  Paris. 

*Merlet  (René),  archiviste  d'Eu- 
re-et-Loir, à  Chartres. 

*  Meunier  du  Houssoy  (Ernest),  à 

Paris. 
Mévil  (M™«  Sainte-Marie),  à  Vié- 
ville  (Haute-Marne). 
*MEYER(Paul),  membre  de  l'Insti- 
tut ,   directeur  de  l'École  des 
chartes,  à  Paris. 
Meynial,  professeur  à  la  Faculté 

des  lettres,  à  Montpellier. 
MiLLARD,    curé   de  Saint-Gond, 

par  Baye  (Marne). 
MiREUR,   archiviste   du    Var,    à 

Draguignan. 
*MiR0T  (Léon),  membre  de  l'École 
française,  à  Rome. 
MoiNDROT,  libraire,  à  Romoran- 
tin. 
*MoLARD  (François),  archiviste  de 

l'Yonne,  à  Auxerre. 
*MoLiNiER  (Auguste),   professeur 
à  l'École  des  chartes,  à  Paris. 
*MoLiNiER  (Emile),  conservateur 
au  musée  du  Louvre,  à  Paris. 

*  MoNCLAR  (le  marquis  de),  ministre 

plénipotentiaire,    au    château 
d'Allemagne  (Basses- Alpes). 
MoNLÉON  (de),  à  Menton. 

''Montaiglon,( Anatole  de),  profes- 
seur à  l'École  des  chartes,  à 
Paris, 

*MoRANViLLÉ   (Henri),    bibliothé- 
caire  honoraire   à  la   Biblio- 
thèque nationale,  à  Paris. 
MoRÉ  (Louis),  libraire,  à  Paris. 

*Morel-_Fatio  (Alfred),  secrétaire 
de  l'École  des  chartes,  à  Paris. 

*Moris  (Henri),  archiviste  des  Al- 
pes-Maritimes, à  Nice. 

*MoRTET  (Charles),  conservateur  à 
la  Bibliothèque  Sainte-Gene- 
viève, à  Neuilly-sur-Seine. 

*MoRTET  (Victor),  bibliothécaire  à 


LISTE   DES   SOUSCRIPTEURS. 


735 


la    Sorbonne,  à  Neuilly-sur- 
Seine. 

Nepolsky,  à  Paris. 
*Nerlinger  (Charles),  stagiaire  à 
la  Bibliotiièque  nationale,  à 
Paris. 
*Neuville  (Didier),  sous-chef  de 
bureau  au  ministère  de  la  ma- 
rine, à  Paris. 

NiERSTRASz,  libraire,  à  Liège. 

NijHOFF,  à  la  Haye. 

NoLVAL  (Alfred),  à  Paris. 
*NoRMAND  (Jacques),  à  Paris. 

NuTT  (David),  libraire,  à  Londres. 

Oleire,  libraire,  à  Strasbourg. 

Olivier  (Em.),  à  Lyon. 
*Omont  (Henri),  conservateur  ad- 
joint à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, à  Paris. 

Ongania  et  C'%  libraires,  à  Ve- 
nise. 

*  Paillard,  ancien  préfet,  à  Charly, 

par  Cluny. 
Pange   (le  comte  de)  ,  à  Saint- 
Germain-en-Laye. 

*  Paradis,  curé  de  Sainte-Margue- 

rite, à  Paris. 
Parent  de  Rosan,  à  Paris. 

*  Parfouru  (Paul)  archiviste  d'IUe- 

et-Vilaine,  à  Rennes. 

*Paris  (Gaston),  membre  de  l'Ins- 
titut, professeur  au  Collège  de 
France,  à  Paris. 
Parker,  libraire,  à  Oxford  (2  ex.). 

*Pasquier  (Félix),  archiviste  de 
l'Ariège,  à  Foix. 

*Passy  (Louis),  député,  à  Paris. 

*Pécoul  (Auguste),  à  Paris. 
Peeters,  à  Louvain. 

*Péligier  (Paul),  archiviste  de  la 
Marne,  à  Chàlons-sur-Marne. 
Pelizza,  à  Cannes. 

*Peretti  de  la  Rocga  (Emmanuel 
de),  attaché  au  ministère  des 
Afiaires  étrangères,  à  Arcueil 
(Seine). 

*Périn  (Jules),  avocat,  à  Paris. 
Petit  (Joseph),  à  Paris. 

*Petit-Dutaillis  (Charles),  profes- 
seur au  lycée,  à  Troyes. 

*Philippon  (Georges),  à  Paris. 

*  Picard  (Auguste),  libraire-éditeur, 

à  Paris. 


*Planchenault  (Adrien),  à  Angers. 
*Poëte  (Marcel),  bibliothécaire  de 
la  ville,  à  Besançon. 
Poitevin,  à  Paris. 
PoRÉE,    curé    de    Bournainville 

(Eure). 
Porquet,  libraire,  à  Paris. 
*PoRT  (Gélestin),  membre  de  l'Ins- 
titut, archiviste  de  Maine-et- 
Loire,  à  Angers. 
*Portal  (Charles),  archiviste  du 

Tarn,  à  Albi. 
*PouGiN  (Paul),  à  Paris. 
*Prinet  (Max),  à  Paris. 
*Prost    (Bernard)  ,    sous-chef  de 
bureau  au  ministère  de  l'ins- 
truction publique,  à  Paris. 
*Prou  (Maurice),  sous-bibliothé- 
caire à  la  Bibliothèque  natio- 
nale, à  Paris. 
*Prudhomme  (Auguste),  archiviste 
de  l'Isère,  à  Grenoble. 
QuARRÉ,  libraire,  à  Lille. 
QuiDDE  (le  D""),  à  Munich. 
*Raguenet   DE    Saint -Albin  (Oc- 
tave), au  château  de  Soulaire, 
par  Orléans. 
Rancogne  (P.  de),  à  Angoulême. 
Rault  (l'abbé),  à  Gausson  (Côtes- 
du-Nord). 
*Raunié  (Emile),  à  Paris. 
*Raynaud  (Gaston),  bibliothécaire 
honoraire  à  la  Bibliothèque  na- 
tionale, à  Paris. 
*Rèbouis  (Emile),  à  Paris. 
Régnier,  à  Évreux. 
Reinwald, libraire, à  Paris  (6  ex.). 
*Rendu  (Armand),  à  Paris. 

*  Réville  (André),  à  Paris. 

*Reynaud  (Félix),  archiviste  ad- 
joint des  Bouches-du-Rhône,  à 
Marseille. 

*  Richard   (Alfred),  archiviste   de 

la  Vienne,  à  Poitiers. 

*  Richard  (Jules-Marie),  à  Laval. 
"RicHEBÉ  (Raymond),  à  Paris. 

Richemond  (de),  archiviste  de  la 
Charente-Inférieure,  à  la  Ro- 
chelle. 
*Righou  (Gabriel),  conservateur  de 
la  bibliothèque  de  la  Cour  de 
cassation,  à  Paris. 

Ristelhuber  (P.),  à  Strasbourg. 


736 


LISTE   DES  SODSCRIPTEUES. 


Rivière,  au  couvent  de  Santiago, 

à  Uclès  (Espagne). 
Robert  (l'abbé),  à  Paris, 
*  Robert  (Ulysse),   inspecteur  gé- 
nérai des  bibliothèques  et  ar- 
chives, à  Saint-Mandé  (Seine). 
*RocQUAiN    (Félix),    membre    de 
l'Institut,  chef  de  section  aux 
Archives  nationales,  à  Paris. 
*RoMANET  (le  vicomte  de),  au  châ- 
teau  des   Guillets,   par  Mor- 
tagne  (Orne). 
RosEROT,  archiviste  des  archives 

historiques,  à  Ghaumont. 
RosNY  (DE),  à  Boulogne-sur-Mer. 
Rothschild   (la  bibliothèque  du 
baron  J.  de),  à  Paris. 
*RoucHON  (Gilbert),  archiviste  du 
Puy-de-Dôme,  à  Glermont-Fer- 
rand. 
*RoussEL  (Ernest),  archiviste  de 

l'Oise,  à  Beauvais. 
*Roux  (Henri  de)    stagiaire  à  la 
Bibliothèque  nationale,  à  Paris. 
*RoY  (Jules),  professeur  à  l'École 

des  chartes,  à  Paris. 
*RoziÈRE  (Eugène  de),  membre  de 
l'Institut,  sénateur,  à  Paris. 
RuEF,  libraire,  à  Anvers. 
Sabatier,  à  Saint-Gierge-la-Serre 
(Ardèche). 
*Saige  (Gustave),  conservateur  des 
archives  du  palais,  à  Monaco. 

*  Sainte- Agathe  (le  comte  de)  ,  à  Be- 

sançon. 

*  Salles  (Georges),  auxiliaire  de 

l'Institut,  à  Paris. 
Sassenay  (le  marquis  de),  à  Paris. 
Sghepens,  libraire,  à  Bruxelles. 
ScHULz,  libraire,  à  Paris. 
*Sculfort  (Henry),  industriel,  à 
Maubeuge  (Nord). 
Séguenot,  à  Paris. 
Seigneur  (l'abbé),  à  Paris. 
*Senneville  (Gaston  de),  conseil- 
ler référendaire  à  la  Gour  des 
comptes,  à  Paris. 
*Sepet  (Marius),  bibliothécaire  à 
la   Bibliothèque    nationale,   à 
Paris.  : 

Serbat  (L.),  à  Paris.  .i 

*Servois  (Gustave),  garde  général! 
des  Archives  nationales,  à  Pa-; 
ris.  [ 

SiciiEL   (Th.    von),  directeur  de^ 


l'Institut    autrichien   d'études 
historiques,  à  Rome. 

*SaEHNÉE  (Frédéric),  archiviste 
aux  Archives  nationales,  à 
Paris. 

*SoEHNÉE  (Guillaume),  à  Pau. 

*SoucHON  (Joseph),  archiviste  de 
l'Aisne,  à  Laon. 

*SouLLiÉ  (Louis),  à  Gumières 
(Marne). 

*SouRY  (Jules),  sous-bibliothécaire 
à  la  Bibliothèque  nationale,  à 
Paris. 

*SoYER  (Jacques),  à  Blois. 
Spirgatis,  à  Leipzig. 

*Spont  (Alfred),  à  Paris. 
Steichert  et  G'«,  libraires,  à  New- 
York  (3  ex.). 

*Stein  (Henri),  archiviste  aux  Ar- 
chives nationales,  à  Paris. 

'Tardif  (Joseph),  avocat,  à  Paris. 

*Tausserat  (Alexandre),  sous-chef 
de  bureau  au  ministère  des  Af- 
faires étrangères,  à  Paris. 

*Teilhard  de  Chardin  (Emmanuel), 

à  Sarcenat,  par  Glermont-Fer- 

rand  (Puy-de-Dôme). 

Tempier  (Dauphin),  archiviste  des 

Gôtes-du-Nord,  à  Saint-Brieuc. 

Terquem,  libraire,  à  Paris. 

*  Terrât  (Barthélémy),  professeur 

à  l'Institut  catholique,  à  Paris. 
*Teulet  (Raymond),  à  Château- 
Panet,  par  Fronsac  (Gironde). 
Thoison,  à   Larchan   (Seine-et- 
Marne). 
*Tholin  (Georges) ,  archiviste  de 

Lot-et-Garonne,  à  Ageu. 
Thomas,  libraire,  à  Pans. 

*  Thomas  (Antoine) ,  chargé  de  cours 

à  la  Faculté  des  lettres,  à  Paris. 
Thorin,  libraire,  à  Paris  (2  ex.). 
*TiERNY(Paul),  archiviste  du  Gers, 

à  Auch. 
Touchebeuf,  avocat,  à  Brioude. 
*TouRNOuiiR  (Henri),  à  Paris. 

*  Tranchant  (Charles),  ancien  con- 

seiller d,'Etat,  à  Paris. 
"Travers  (Emile),  ancien  conseil- 
ler de  préfecture,  à  Caen. 

*  Travers  (Henry),  attaché  à  la  Bi- 

bliothèque nationale,  à  Paris. 
Treuttel  et  WiJRTz,  libraires,  à 
Strasbourg  (2  ex.). 


LISTE   DES   SOUSCRIPTEURS. 


737 


Triger  (Robert),  au  Mans. 

*Trudon  des  Ormes  (AmRclée), 
sous-bibliothécaire  à  la  Biblio- 
thèque nationale,  à  Paris. 

'Tuetey  (Alexandre),  sous-chef  de 
section   aux    Archives   natio- 
nales, à  Paris. 
Tumerel,  libraire,  à  Saint-Omer. 

*Vaesen  (Joseph),  à  Paris. 

*Vaissière  (Pierre  de),  archiviste 
aux    Archives    nationales,    à 
Paris. 
Vallet   de   "Viriville    (M™«)  ,    à 
Paris. 

*  Valois   (Noël),  archiviste  hono- 
raire aux  Archives  nationales, 
à  Paris. 
Van  Stockum,  à  la  Haye. 
Vauvilliers,  avoué,  à  Dijon. 

"Vayssîère  (Augustin),  archiviste 
de  l'Allier,  à  Moulins. 

*Vernier  (Jules),  archiviste  de  la 
Savoie,  à  Chambéry. 

*Vétault  (Alphonse),  bibliothé- 
caire-archiviste de  la  ville,  à 
Rennes. 

*Veyrier  du  Muraud,  premier  vi- 
caire, à  Neuilly  (Seine). 

*Viard    (Jules),    archiviste    aux 


Archives  nationales,  à  Saint- 
Mandé  (Seine). 
Vionat,  à  Orléans. 

*  ViLLEPELET  (  Robort) ,  à  Périgueux . 

*VioLLET  (Paul),  membrede  l'Ins- 
titut, professeur  à  l'École  des 
chartes,  bibliothécaire  -  archi- 
viste de  la  Faculté  de  droit,  à 
Paris. 

*  Vire  Y  (Jean),  à  Paris. 
Vyt,  libraire,  à  (jl^and. 

*Walckenaer  (André),  attaché  à 
la  Bibliothèque  Mazarine,  à 
Paris. 

Wallon  (H.),  secrétaire  perpétuel 
de  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  à  Paris. 

Watteville  (le  baron  de),  direc- 
teur honoraire  au  ministère  de 
l'instruction  publique,  à  Paris. 

Welter,  libraire,  à  Paris  (7  ex.). 
"^Welvert  (Eugène),  rédacteur  au 
ministère  de  l'instruction  pu- 
blique, au  Ghesnay  (Seine-et- 
Oise). 

Wescher,  conservateur  adjoint 
honoraire  à  la  Bibliothèque 
nationale,  à  Paris. 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


Pages 

Questions  mérovingiennes.  VII.  Les  Actes  des  évêques  du  Mans 
(suite),  par  Julien  Havet 5,  306 

Nouvelles  acquisitions  du  département  des  manuscrits  de  la 
Bibliothèque  nationale  pendant  les  années  1892-1893,  par 
H.  Omont 61,  241 

La  Chambre  des  comptes  de  Paris.  Notice  et  état  sommaire  de 
3,363  registres  versés  aux  Archives  nationales  en  1889,  par 
Bruel 115 

Le  style  gothique  et  le  déambulatoire  de  Morienval,  par 
G.  Enlart 125 

Essai  d'étude  démographique  sur  Cordes  (Tarn),  par  Ch.  Portai.  133 

Lettres  de  Charles  Vil  concernant  la  victoire  de  Rapallo,  par 
L.  Le  Grand 143 

Épisodes  de  l'invasion  anglaise  :  La  guerre  de  partisans  dans 
la  Haute-Normandie,  1424-1429  (suite),  par  G.  Lefèvre-Pon- 
talis 259 

Un  feuillet  des  Heures  de  Charles,  frère  de  Louis  XI,  par 
L.  Delislo 337 

La  traduction  des  Commentaires  de  César  par  Pier  Candido 

Decembri,  par  A.  Morel-Fatio 343 

Mémoire  sur  Tamerlan  et  sa  cour,  par  un  dominicain,  en  1403, 
par  H.  Moranvillé 433 

L'Hôtel  de  Philippe  de  Valois,  par  J.  Viard 465,  598 

Alexandre  de  Villedieu  et  Guillaume  Le  Moine  de  Villedieu, 
par  L.  Delisle 488 

Josse  Bade  et  les  traductions  de  Claude  de  Seyssel,  par 
E.  Coyecque 509 

Une  édition  de  l'Histoire  ecclésiastique  des  Francs  de  Gré- 
goire de  Tours,  préparée  par  le  P.  Gilles  Bouchier,  par 
H.  Omont 515 


TiBLE   DES   MATIÈRES.  739 

La  vente  de  la  baronnie  de  Coucy,  par  Lacaille 573 

Manuscrits  légués  à  la  Bibliothèque  nationale  par  Armand 
Durand,  par  L.  Delisle 627 

Bibliographie 148,349,519,661 

Livres  nouveaux 19''',  388, 542,  688 

Chronique  et  mélanges 225,411,556,698 

Liste  des  souscripteurs ''^' 


TABLE  ALPHABÉTIQUE'. 


Académie  des  inscriptions  et  bel- 
les-lettres, 227,  418,  698. 

Académie  des  sciences,  belles- 
lettres  et  arts  de  Rouen,  227. 

Académie  française,  418. 

Actes  des  évêques  du  Mans,  5, 
306. 

Adam  de  Saint -Victor,  œuvres 
poétiques,  378. 

Agrégation  d'histoire,  556. 

Alais  (Histoire  de  la  ville  d'I, 
531. 

Alexandre  de  Villedieu,  488. 
*Alglave  (Emile),  chargé  de  cours 
au  Conservatoire   des   arts  et 
métiers,  556. 

Allemand  (Chansonnier)  de  la 
bibliothèque  d'Iéna,  234. 

Anecdota  Maredsolana,  186. 

Anglais  (  Campagne  des  )  dans 
l'Orléanais,  la  Beauce  char- 
traine  et  le  Gàtinais  (  1421- 
1428),  171. 

Anglaise  (l'Armée)  vaincue  par 
Jeanne  d'Arc  sous  les  murs 
d'Orléans,  160.  —  L'Invasion 
anglaise  en  1424-1429,  259. 
*Arboisde  Jubainville  (H.  d'),  les 
Premiers  habitants  de  l'Europe, 
148. 

Arc  (Jeanne  d'),  voyez  Jeanne. 

Archives  (  les  )  de  l'histoire  de 
France,  351  ;  —  des  missions 
scientifiques,  385. 

Archives  départementales  d'In- 
dre-et-Loire, 418;  —  des  Bas- 
ses-Pyrénées, 226. 

Archives  historiques  du  Poitou, 
182. 


Archives  nationales  :  personnel, 
698  ;  état  sommaire  de  3,363  re- 
gistres   de    la    Chambre    des 
comptes  de  Paris,  115. 
Archiviste   (  un  )    départemental 
peut  être  conseiller  municipal, 
557. 
Archiva  do  districto  fédéral,  571. 
Arconati   Visconti    (Marquise). 
Création    de   deux    bourses   à 
l'Ecole  des  chartes,  556. 
Argenteuil  (la  Tunique  sans  cou- 
ture de  N.-S.  J.-C.  conservée 
dans  l'église  d'),  364. 
Armée  (F)  anglaise  vaincue  par 
Jeanne  d'Arc  sous    les   murs 
d'Orléans,  160. 
Arrêts  (Inventaire  des)  du  Conseil 
d'État  (règne  de  Henri  IV),  524. 
Arsène  de  Chatel  (R.  P.),  His- 
toire de  la  latinité  de  Constan- 
tinople,  186. 
Art  CTravaux  d')  exécutés  pour 
Jean  de  France,  duc  de  Berry, 
524. 
Artillerie  (1')  de  Gray  en   1638, 
238.  ^ 

*Aubert  (Félix).  —  Comptes  ren- 
dus :  Histoire  du  droit  et  des 
institutions  de  la  France,  519; 
Deux  mille  ans  d'histoire;  la 
Vallée  d'Aulnay,  526. 
AuJnay  (la  Vallée  d'),  526. 
*Auvray    (Lucien).   —    Compte 
rendu  :  Vie  de  saint  François 
d'Assise,  675. 
Auxi-le-Châtoau.  Histoire  et  des- 
cription, 367. 


1.  Les  noms  précédés  d'un  astérisque  sont  ceux  des  archivistes  paléographes 
ou  anciens  élèves  pensionnaires  de  l'École  des  chartes. 


TABLE  ALPHABETIQtlE. 


744 


Bade  (Josse)  et  les  traductions 
de  Claude  de  Seyssel,  509. 

Bagueux,  526. 

Bapst  (Germain).  Essai  sur  l'his- 
toire du  théâtre,  192. 
*Barbaud    (Gabriel),    officier   de 
l'Instruction  publique,  726. 

Barbey  (Maurice),  la  Trouvaille 
de  Valleyres,  238. 

Bardon  (Achille),  Histoire  de  la 
ville  d'Alais,  de  1250  à  1340, 
531. 
*Barthélemy  (Anatole  de),  mem- 
bre de  la  commission  de  comp- 
tabilité de  la  Société  de  l'École 
des  chartes,  225.  —  Compte 
rendu  :  Atlas  de  monnaies 
gauloises,  155. 

Bastille  (la),  361. 
*Bataillard  (Paul),  décédé,  226. 
*BatiiTol  (Louis),  docteur  ès-lettres, 
557.  —  Comptes  rendus  :  le 
Masque  de  fer,  359;  Recher- 
ches historiques  sur  les  vingt 
communes  de  Saint- Pierre- 
Église,  529. 

Bazeries  (Commandant),  le  Mas- 
que de  fer,  359. 

Beauce  chartraine  (  Campagnes 
des  Anglais  dans  la)  (1421- 
1428),  171. 

Beaucorps  (Baron  Adalbert  de), 
l'Armée  anglaise  vaincue  par 
Jeanne  d'Arc  sous  les  murs 
d'Orléans,  160. 

Belgique  (Documentsinéditspour 
servir  à  l'histoire  ecclésiastique 
de  la),  185. 

Belin  (A.),  Histoire  de  la  Lati- 
nité de  Constantinople,  186. 

Bergerac  (les  Jurades  de  la  ville 
de),  365. 

Berliére  (Dom  Ursmer),  Docu- 
ments inédits  pour  servir  à 
l'histoire  ecclésiastique  de  la 
Belgique,  185. 

Bernard  (  Lettres  de  saint)  à  Pierre 
le  Vénérable,  563. 

Berry  (Travaux  d'art  exécutés 
pour  Jean  de  France,  duc  de), 
524. 
*Berthelé  (Joseph),  chargé  de  cours 
à  la  Faculté  des  lettres  de 
Montpellier,  698. 


Bertolani  (G.),  Invmtario  dei 
manoscritti  délia  H.  biblioteca 
universitaria  di  Pavia,  688. 
*  Bertrand  de  Broussillon  (Arthur), 
Mention  au  concours  des  anti- 
quités de  la  France,  418,  704, 
714. 

Bible  (la)  de  Philippe  le  Bel,  427. 

Bible  lyonnaise  (une  Prétendue) 
de  l'année  1500,  233. 

Bibliothécaires  universitai- 
res (Concours  pour  les  emplois 
de),  419. 

Bibliothèque  d'Iéna  (  Chanson- 
nier allemand  de  la),  234. 

Bibliothèque  de  Besancon,  per- 
sonnel, 226,  698. 

Bibliothèque  de  l'Arsenal,  per- 
sonnel, 226. 

Bibliothèque  de  Metz,  Manuscrits 
du  baron  de  Salis,  560. 

Bibliothèque  de  sir  Thomas  Phil- 
lipps  (Documents  bordelais  de 
la),  227. 

Bibliothèque  de  Wolfenbiittel 
(Littérature  française  de  la), 
539. 

Bibliothèque  du  comte  de  Ligne- 
roUes,  430. 

Bibliothèque-musée  d'Alger,  per- 
sonnel, 688. 

Bibliothèque  nationale  :  nouvel- 
les acquisitions  du  département 
des  manuscrits,  1892-1893,  61, 
241  ;  manuscrits  Armand  Du- 
rand, 637;  personnel,  418. 

Bibliothèques  publiques  de  France 
(Catalogue  des  manuscrits  des), 
537. 

Bœhmer,  Regesta  imperii,  H,  157. 
*Bonnardot  (François),  Prix  de 
la  Grange  à  l'Académie  des  ins- 
criptions, 227,  708. 
"Bonnaultd'Houët  (Baron  Xavier 
de),  un  Picard  :  Antoine  Er- 
lault,  confesseur  de  Catherine 
de  Médicis,  368. 

Bordelais  (Documents)  de  la  bi- 
bliothèque de  sir  Thomas  Phil- 
lipps,  227. 

Boucher  de  Molandon,  l'Armée 
anglaise  vaincue  par  Jeanne 
d'Arc  sous  les  murs  d'Orléans, 
160. 


742 


TABLE   ALPHABETIQUE. 


le  Compte  du 
de  Rouen  au 

membre  de 


Bouchier  (le  P.  Gilles).  Son  édi- 
tion de  l'histoire  ecclésiastique 
des  Francs  de  Grégoire  de 
Tours,  515. 
*  Bouchot  (Henri).  —  Comptes 
rendus  :  Essai  sur  l'histoire  du 
théâtre,  192;  Galerie  illustrée 
de  la  Compagnie  de  Jésus,  194. 

Boucicaut  (Livre  exécuté  pour), 
719. 

Boudet  (Marcellin),  Charles  VII 
à  Saint-Flour,  721. 

Bouleau  (Lettres  du  Canada  sur 
écorce  de),  570. 

Bourg-Dun  (Description  de  l'é- 
glise Notre-Dame  du),  527. 
*Bournon  (Fernand),  chargé  par 
le  conseil  municipal  de  Paris 
de  la  publication  des  tomes  VII 
et  VIII  de  la  Topographie  his- 
torique du  vieux  Paris,  227; 
la  Bastille,  361. 

Bréard   (Charles), 
clos  des  galées 
xiv«  siècle,  158. 
*Bruel  (Alexandre) 

la  commission  de  cornptabilité 
de  la  Société  de  l'École  des 
chartes,  225.  La  Chambre  des 
comptes  de  Paris ,  notice  et 
état  sommaire  de  3,363  regis- 
tres versés  aux  Archives  natio- 
nales en  1889,  115.  —  Comptes 
rendus  :  Description  analyti- 
que du  cartulaire  du  chapitre 
de  Saint-Maurice  de  Vienne, 
178;  Codex  cl iplomaticus  ordinis 
Sancti  Rufi,  Valentiœ,  180. 

Bruneau  (Abbé  H.),  l'Union  his- 
torique et  littéraire  du  Maine, 
181. 
*Brutails  (Auguste),  Documents 
bordelais  de  la  bibliothèque  de 
sir  Thomas  Phillipps,  227.  — 
Compte  rendu  :  les  Jurades  de 
la  ville  de  Bergerac,  365. 

Burgaud  (Emile),  le  Masque  de 
fer,  359. 

Canada   (  Deux  lettres   du  )    sur 
écorce  de  bouleau,  570. 

Candida  (Jean  de),  historien,  564. 

Cartier  (Jacques),  172. 

Cartulaire  du  chapitre  de  Saint- 
Maurice  de  Vienne.  Descrip- 


tion analytique,  178  ;  de  l'église 
collégiale  de  Saint- Pierre  de 
Lille,  369  ;  de  l'ordre  des  Hos- 
pitaliers, 669. 
*Castan  (Auguste),  PrixBrunet  à 
l'Académie  des  inscriptions,  - 
419,  708. 

Catalogue  des  manuscrits  des  bi- 
bliothèques publiques  de  Fran- 
ce, 537. 

Catherine  de  Médicis  (Antoine 
Erlault,  confesseur  de),  368. 

Celtes,  148. 

César  (Traduction  des  commen- 
taires de)  par  Pier-Candido 
Decembri,  343. 

Chambre  des  comptes  de  Paris, 
115. 

Champeaux  (A.  de),  Travaux 
d'art  exécutés  pour  Jean  de 
France,  duc  de  Berry,  524. 

Ghamplain  (Samuel),  172. 

Chansonnier  (le)  allemand  de  la 
bibliothèque  d'Iéna,  234. 

Charlemagne  (la  Statuette  éques- 
tre de),  426. 

Charles  VII  à  Saint-Flour,  721. 

Charles  VIH  (Lettre  de)  concer- 
nant la  victoire  de  Rapallo, 
143. 

Charles,  frère  de  Louis  XI  (  un 
Feuillet  des  heures  de),  337. 

Charrier  (G.),  les  Jurades  de  la 
ville  de  Bergerac,  365. 

Chartes  (Trésor  des)  de  Lorraine, 
530. 

Chartres  (Fulbert,  évêque  de) ,  681 . 
*Chassaing   (Augustin).   Liste  de 
ses  publications,  229. 

Châtelain,  Paléographie  des  clas- 
siques latins,  724. 

Chûtenay,  526. 
*Chavanon  (Jules),  archiviste  pa- 
léographe, 226;  attaché  à  la 
bibliothèque  de  l'Arsenal,  226. 

Chevalier  (  Chanoine  Ulysse  ), 
Description  analytique  du  cha- 
pitre de  Saint  -  Maurice  de 
Vienne,  178;  Codex  diplomati- 
cus  ordinis  Sancti  Rufi  Valentiz, 
180. 

Chronik  des  Gallus  Ohem,  684. 

Chronologie  de  papes  du  xi^  siè- 
cle, 559. 


TABLE   ALPHABETIQUE. 


7/i3 


Chypre  (Registre  des  lettres  du 
roi  de),  235. 

Classiques  latins   (Paléographie 
des),  724. 
*Glédat  (Léon),  chargé  du  cours 
de  paléographie  à  la  Faculté 
des  lettres  de  Lyon,  556. 

démentis  {Sancti)  Homani  ad  Go- 
rinthios  epistula;  versio  latina 
antiquissima,  186. 

Glerval  (Abbé),  un  Manuscrit 
chartrain  du  xi»  siècle,  681. 

Clos  des  galées  de  Rouen  (Compte 
du)  au  xiye  siècle,  158. 

Clovis  (Diplôme  de)  pour  Saint- 
Pierre-le-Vif,  725. 

Codex  diplomaticus  ordinis  Sancti 
Ru  fi  Valentiw,  180. 

CoUinet  (Paul),  Etudes  sur  la 
saisie  privée,  380. 

Compte  du  clos  des  galées  de 
Rouen  au  xiv«  siècle,  158. 

Comptes  (Chambre  des)  de  Paris, 
115. 

Comptes  de  Tournai  du  xni«  siè- 
cle, 235. 

Concours  pour  les  emplois  de 
bibliothécaires  universitaires, 
419. 

Confessions  de  foi  des  Eglises 
orientales,  567. 

Conseil  d'État  (Inventaire  des 
arrêts  du),  524. 

Conseiller  municipal  (un  Archi- 
viste départemental  peut  être), 
557. 

Constantinople  (Histoire  de  la  la- 
tinité de),  186. 

Copenhague  (Livres  de  Henri  II 
et  de  Diane  de  Poitiers  conser- 
vés à),  429. 

Copiste  (Instructions  données  à 
un)  du  xv  siècle,  232. 

Cordes  (Essai  d'étude  démogra- 
phique sur),  133. 

Coucy  (Vente  de  labaronnie  de), 

573. 
*Couderc  (Camille).  —  Instruc- 
tions données  à  un  copiste  du 
xv«  siècle,  232.  —  Jean  de  Gan- 
dida,  historien,  564. 

Coutan  (D"-),  les  Principales  égli- 
ses   de    l'arrondissement    de 


Dieppe,  527;  Description  de 
l'église  Notre-Dame  du  Bourg- 
Dun,  527. 

"Coville  (Alfred),  officier  de  l'Ins- 
truction publique,  418. 

*  Coyecque  (Ernest),  officier  d'Aca- 
démie, 418.  —  Josse  Bade  et 
les  traductions  de  Claude  de 
Seyssel,  509. 
Creizenach  (Wilhelm),  Geschichte 
des  neueren  Bramas,  536. 

^  Daumet  (Georges) ,  membre  de 
l'École  de  Rome,  556. 

Déambulatoire  de  Morienval,  125. 
Decembri  (Pier-Candido),  sa  tra- 
duction des  Commentaires  de 
César,  343. 

*Delaville  Le  Roulx,  Gartulaire 
général  de  l'ordre  des  Hospita- 
liers, 669. 

*Delisle  (Léopold),  membre  de  la 
commission  de  publication  de 
la  Société  de  l'Ecole  des  char- 
tes, 225  ;  docteur  honoris  causa 
de  l'Université  de  Halle,  557. 

—  Noms  vulgaires  d'oiseaux  et 
de  poissons  au  xvi^  siècle,  239. 

—  Alexandre  de  Villedieu  et 
Guillaume  Le  Moine  de  Ville- 
dieu,  488.  —  Le  Martyrologe 
de  saint  Jérôme,  425.  —  Un 
Feuillet  des  heures  de  Charles, 
frère  de  Louis  XI,  337.  —  Ma- 
nuscrits  du  baron  de  Salis, 
560.  —  Manuscrits  légués  à  la 
Bibliothèque  nationale  par  Ar- 
mand Durand,  627.  —  Comptes 
rendus  :  Anecdota  Maredsolana, 
186;  Xenia  Bernardina,  187; 
Fables  de  Phèdre,  196  ;  OEuvres 
poétiques  d'Adam  de  Saint- 
Victor,  378  ;  Histoire  de  la  ville 
d'Alais,  531  ;  les  La  Trémoille 
pendant  cinq  siècles,  532;  Al- 
phabetisches  Verzeichniss  der 
franzoesischen  Litteratur,  539; 
Gartulaire  général  de  l'ordre 
des  Hospitaliers,  669  ;  Expédi- 
tions ta  Prussia  and  the  Holy 
Land  made  by  Henry,  earl  of 
derby,  afterwards  Henry  IV, 
685. 

*Deloye  (J.),  ses  travaux  à  l'Ecole 
de  Rome,  710,  715. 


744 


TABLE   ALPHABÉTIQUE. 


Démographique  (Étude)  sur  Cor- 
des (Tarn),  133. 
*Deprez  (Marcel),  chevalier  de  la 
Légion  d'honneur,  418. 

Derby  (Expéditions  to  Prussia  of 
Henry,  earl  of).  685. 

Diane  de  Poitiers  (Livres  de),  429. 

Dieppe  (les  Principales  églises  de 
l'arrondissement  de),  527. 

Dionne  (N.-E.),  Jacques  Cartier, 
172;  la  Nouvelle  France,  172; 
Samuel  Champlain,  172. 

Diplomaticus  (Codex)  ordini  Sancti 
Ru  fi  Valentix,  180. 

Diplomatique  (Manuel  de),  661. 

Documents  bordelais  de  la  biblio- 
thèque de  sir  Thomas  Phi!- 
lipps,  227. 

Documents  inédits  pour  servir  à 
l'histoire  ecclésiastique  de  la 
Belgique,  185. 

Dr  amas  (Geschichte  des  neueren), 
536. 

Drame  (un)  religieux  du  moyen 
âge,  le  Miracle  de  Théophile, 
379. 

Drames  (les  plus  anciens)  en  lan- 
gue française,  674. 

Droit  (Histoire  du)  de  la  France. 
518. 

Drouet  (Louis),  Recherches  his- 
toriques sur  les  vingt  conimu- 
nes  de  Saint  -  Pierre  -  Église, 
829. 

Dubois  (Abbé  Ern.-L.),  l'Union 
historique  et  littéraire  du  Mai- 
ne, 181. 

Duchesne  (Abbé  Louis),  le  Mar- 
tyrologe de  saint  Jérôme,  425. 

Dufourny,  530. 

*Dumaine  (Alfred  Chilhaud- ), 
chevalier  de  la  Légion  d'hon- 
neur, 418. 
*Dunoyer  (Alphonse),  archiviste 
paléographe,  226;  rédacteur  au 
bureau  des  archives  du  Minis- 
tère de  l'intérieur,  226. 
*Dunoyerde  Segonzac  (Jacques), 

officier  d'Académie,  726. 
*Dupont-Ferrier  (Gustave),  agrégé 
d'histoire,  557  ;  professeur  d'his- 
toire au  lycée  ae  Lons-le-Sau- 
nier,  698. 


Dupuy  (Manuscrit  de  Pierre)  de 
Saint-Sernin,  430. 

Durand  (Armand),  Manuscrits 
légués  par  lui  à  la  Bibliothèque 
nationale,  627. 

Du  Jeil  (Joseph),  le  Livre  de 
raison    de   noble    Honoré    du 

.  Teil,  374. 

Ecole  des  chartes  :  création  de 
bourses,  556  ;  nomination  d'é- 
lèves, 570;  examens  de  fin 
d'année,  411  ;  soutenance  des 
thèses,  225.  —  Conférence  sur 
l'Ecole  des  chartes  à  Chicago, 
■71,7.  —  Voyez  :  Société  de 
l'École  des  chartes. 

École  des  chartes  prussienne,  559. 

École  française  de  Rome,   556, 

.  709. 

Écoliers  (Mutinerie  d')  au  collège 
de  Rennes,  570. 

Écorce  de  bouleau  (Lettres  sur), 
570. 
*Enlart  (Camille),  chargé  du  cours 
d'archéologie  à  l'Ecole  des  char- 
tes, 226.  —  Le  Style  gothique 
et  le  déambulatoire  de  Morien- 
val,  125.  —  Comptes  rendus  : 
les  Principales  églises  de  l'ar- 
rondissement de  Dieppe,  527  ; 
Description  de  l'église  Notre- 
Dame  du  Bourg-Dun,  527. 

Erlault  (Antoine),  368. 

États  (les)  de  la  vicomte  de  Tu- 
renne,  372. 

Eudes,  comte  de  Paris  et  roi  de 
France,  355. 

Europe  (Premiers  habitants  de  1'), 

.  148. 

Évêques  du  Mans  (Actes  des),  5, 
306. 

Examens  de  l'École  des  chartes, 
411. 

Fables  (les)  de  Phèdre,  196. 

Faculté  de  théologie  (la)  de  Paris, 
360. 

Fage  (René),  les  États  de  la 
vicomte  de  Turenne,  372. 

Favre  (Edouard),  Eudes,  comte 
de  Paris  et  roi  de  France  (882- 
898),  355. 

Féret  (Abbé  P.),  la  Faculté  de 
théologie  de  Paris,  360. 


S:" 


TABLE   ALPHABETIQUE. 


745 


*Flourac  (Léon),  admis  à  la  re- 
traite d'archiviste  du  départe- 
ment des  Basses-Pyrénées,  226. 

Fontenay,  526. 

Fontes  juris  germanici  antiqui, 
674. 
*Forgeot  (Henri),  arcliiviste  aux 
Archives  nationales,  698.  — 
Compte  rendu  :  Geschichte  der 
Paepste,  349. 
*Fournier  (Paul).  —  Compte  ren- 
du :  Inventaire  des  arrêts  du 
Conseil  d'État,  524. 

France  (les  Archives  de  l'histoire 
de),  351;  —  (Droit  et  institu- 
tions de  la),  519. 

François  d'Assise  (Vie  du  saint), 
675'. 

Franzoesischen  Lilteratur  (Alpha- 
betîsches  Verzeicimis  der)  in  der 
herz.  Bibliothek  zu  Wolfenbût- 
tel,  539. 

Fruin  (la  Retraite  de  M.),  432. 

Fulbert,  évêque  de  Chartres,  681. 
*Funck-Brentano  (Frantz),  chargé 
par  le  conseil  municipal  de  Pa- 
ris de  la  publication  de  docu- 
ments pour  servir  à  l'histoire 
des  lettres  de  cachet,  227.  — 
Compte  rendu  :  la  Bastille, 
361. 

Galées  (Clos  des)  de  Rouen  au 
xiv»  siècle,  158. 

Galerie  illustrée  de  la  Compagnie 
de  Jésus,  194. 

Gallia  clirisliana  (le  nouveau), 
725. 

Gâtinais  (Campagne  des  Anglais 
dans  le)  (1421-1428),  171. 

Gauchery  (P.), Travaux  d'art  exé- 
cutés pour  Jean  de  France, 
duc  de  Berry,  524. 

Gauloises  (Monnaies),  155. 

*  Gauthier  (Jules),  l'Artillerie  de 

Gray  en  1638,  238. 

*  Gautier  (Léon),  Œuvres  poéti- 

ques d'Adam  de  Saint-Victor, 
378. 

*  Gérard  (Albert),  archiviste  paléo- 

graphe, 226. 
Giannino  di  Francia  (Istoria  del 
re),  358. 
*Giry  (Arthur),  vice-président  de 
la  Société  de  l'École  des  char- 


tes, 225  ;  premier  prix  Gobert 
à  l'Académie  des  inscriptions, 
418,  705;  Manuel  de  diploma- 
tique, 660.  —  Discours  aux 
obsèques  de  M.  André  Réville, 
414. 

Glasson  (E.),  Histoire  du  droit  et 
des  institutions  de  la  France, 
519. 

Gothique  (le  Style)  et  le  déambu- 
latoire de  Morienval,  125. 
*Grand  (E. -Daniel).  — Conférence 
sur  l'École  des  chartes  à  l'Uni- 
versité  de   Chicago,    717.   — 
Comptes  rendus  :  Jacques  Car- 
tier, 172  ;  la  Nouvelle  France, 
172;  Samuel  Champlain,  172. 
*Grandmaison   (Charles   Loiseau 
de),  archiviste  honoraire  d'In- 
dre-et-Loire, 418. 
*Grandmaison  (Louis  Loiseau  de), 
archiviste  d'Indre-et-Loire,  418. 

Gray  (l'Artillerie  de)  en  1638, 
238. 

Grégoire  de  Tours.  Édition  de 
son  histoire  ecclésiastique  des 
Francs,  préparée  par  le  P. 
Gilles  Bouchier,  515. 
*Guilhiermoz  (Paul),  secrétaire  de 
la  Société  de  l'École  des  char- 
tes, 225;  l'^  médaille  au  con- 
cours des  antiquités  de  la  Fran- 
ce, 418,  703,  711.  —  Comptes 
rendus  :  Études  sur  la  saisie 
privée,  380  ;  Histoire  de  l'In- 
quisition en  France,  382. 

Guillaume  Le  Moine  de  Ville- 
dieu,  488. 

Guinegate  (  Poème  néerlandais 
sur  la  bataille  de),  237. 

Gutierrez  (André),  commenta- 
teur du  Doctrinal,  722. 

Hamy  (le  P.  Alfred),  Galerie  il- 
lustrée de  la  Compagnie  de 
Jésus,  194  ;  Documents  pour 
servir  à  l'histoire  des  domi- 
ciles de  la  Compagnie  de  Jésus, 
de  1540  à  1773,  385. 
*Hanotaux  (Gabriel),  ministre  des 
affaires  étrangères,  418. 

Hautcœur  (E.|,  Cartulaire  de  l'é- 
glise collégiale  de  Saint-Pierre 
de  Lille,  369. 


746 


TABLE  ALPHABÉTIQUE. 


*Havet  (Julien).  Questions  méro- 
vingiennes, VU.  Les  Actes  des 
évêques  du  Mans,  5,  306. 
Hellènes,  148. 
Henri  H  (Livres  de),  429. 
Henry  IV  (Expéditions  to  Prussia 
and  the   Holy  Land  made  bv). 
685.  ^ 

*Herbomez  (Armand  d'),  Comptes 
de  Tournai  du  xm^  siècle,  235. 
—  Compte  rendu  :  Documents 
pour  servir  à  l'histoire  ecclé- 
siastique de  la  Belgique,  185. 
Heures    de    Charles ,    frère    de 

Louis  XI,  337. 
Hincmar,  De  ordine  palatii,  674. 
Holder-Egger   (Oswald),    Lam- 
perti  monachi  Hersfeldensis  opé- 
ra, 355. 
Holy    Land  (Expéditions    to    the) 
made  by  Henry,  earl  of  Derby, 
afterwards  Henry  IV,  685. 
Hospitaliers   (Gartulaire   général 

de  l'ordre  des),  669. 
Hôtel  (1')  de  Philippe  VI  de  Va- 
lois, 465,  598. 
*Huet  (Gédéon).  —  La  Retraite 

de  M.  Fruin,  432. 
léna  (Chansonnier  allemand  de 

la  bibliothèque  d'),  234. 
Imprimerie  (1')  en  Italie,  725. 
Innomée  (F),  189. 
Inquisition  (Histoire  des  tribu- 
naux de  1')  en  France,  382. 
Institutions  (Histoire  des)  de  la 

France,  519. 
Instructions  données  à  un  copiste 

du  xve  siècle,  232. 
Invasion  anglaise  en  1424-1429, 

259. 
Inventaire  des  arrêts  du  Conseil 

d'Etat,  524. 
Inventaires  (anciens)  du  Trésor 

des  chartes  de  Lorraine,  530. 
Istoria  del  re  Giannino  di  Frau- 
da, 358. 
Italie  (l'imprimerie  en),  726. 
Italiotes,  148. 
Itinéraire  de  Martin  V,  de  1418 

à  1420,  720. 
Jacqucmot  (Abbé  A.),  la  Tunique 
sans  couture  de  N.-S.  J.-C. 
conservée   dans  l'église  d'Ar- 
genteuil,  364. 


Jarry  (Eugène).  —  La  Mort  de 
Jeanne  II,  reine  de  Jérusalem 
et  de  Sicile  en  1382,  236.  — 
Compte  rendu  :  Thomas  UI, 
marquis  de  Saluées,  183. 

Jean  de  France,  duc  de  Berry, 
voyez  Berry. 

Jeanne  d'Arc  (l'Armée  anglaise 
vaincue  par)  sous  les  murs 
d'Orléans,  160.  —  Livre  d'or 
de  Jeanne  d'Arc,  681. 

Jeanne  II  (Mort  de),  reine  de  Jé- 
rusalem et  de  Sicile  en  1382, 

Jérôme  (le  Martyrologe  de  saint), 

Jésus  (  Galerie  illustrée  de  la 
Compagnie  de),  194;  Docu- 
ments pour  servir  à  l'histoire 
des  domiciles  de  la  Compagnie 
de  Jésus  de  1540  à  1773,  385. 
*  Join-Lambert  (Octave),  archiviste 

paléographe,  226. 
Jorga  (N.),  Thomas  III,  marquis 

de  Saluées,  183. 
Jurades  (les)  de  la  ville  de  Ber- 
gerac, 365. 
Juris  germanici  (Fontes)  antiqui, 

674. 
Krause  (Victor),   Hincmarus,  De 

ordine  palatii,  674. 
Kunst  (Kirchliche),  683. 
*Labande  (L. -Honoré).  —  Comptes 
rendus  :  Antoine  Erlault,  368; 
les  Procureurs  de  ville  à  Saint- 
Omer,  371;  les  États  de  la  vi- 
comte de  Turenne,  372  ;  le  Livre 
de  raison  d'Honoré  du  Teil, 
374.  ' 

La  Bouralière  (A.  de),  Maintenues 
de    noblesse    prononcées    par 
MM.   Quentin  de  Richebourg 
et  Degalois  de  Latour,  182. 
''Labrouche  (Paul),  officier  d'Aca- 
démie, 726. 
'^Lacaille  (Henri).  —  La  Vente  de 

la  baronnie  de  Coucy,  573. 
La  Grange  (A.  del,  Ex*^traits  ana- 
lyti((ues  des  registres  des  con- 
saulx  de  la  ville  de  Tournai, 
1431-1476,  375. 

Lamperti    monachi   Hersfeldensis 
opéra,  355. 


TABLE   ALPHABETIQUE. 


747 


Lancelot,  530. 

*Langlois  (  Charles -Victor  ) ,  les 
A  rclii ves  de  l'histoire  deFrance, 
351.  —  Compte  rendu  :  Manuel 
de  diplomatique,  661. 

*Langlois  (Ernest).  —  Compte 
rendu  :  le  Sonnet  dans  le  midi 
de  la  France,  380. 

*La  Roacière  (Gh.  de),  stagiaire  à 
la  Bibliothèquenationale,  726; 
ses  travaux  à  l'École  de  Rome, 
710,  715.  —  Compte  rendu  : 
une  Saisie  de  navires  mar- 
chands anglais  à  Nantes  en 
1587,  182. 

"^Lasteyrie  (comte  Robert  de), 
membre  de  la  commission  de 
publication  de  la  Société  de 
l'École  des  chartes,  225. 
Latins  (Paléographie  des  classi- 
ques), 724. 
La  Tour  (Henri  de),  Atlas  de 

monnaies  gauloises,  155. 
La  Trémoiile  (duc  de),  les  La 
Trémoille  pendant  cinq  siècles, 
532. 

*Laurain  (Ernest),  archiviste  pa- 
léographe, 226. 
Le  Bourdellès  (René),  le  Compte 
du  clos  des  galées  de  Rouen  au 
xiv«  siècle,  158. 

*Ledos  (Eugène-Gabriel),  membre 
suppléant  de  la  commission  de 
publication  de  la  Société  de 
l'École  des  chartes,  225.  — 
Comptes  rendus  :  htoria  ciel  re 
Giannino  di  Francia,  358;  Tra- 
vaux d'art  exécutés  pour  Jean 
de  France,  duc  de  Berry,  524  ; 
un  Drame  religieux  du  moyen 
âge,  379;  les  plus  anciens  Dra- 
mes en  langue  française,  674  ; 
Dufourny  et  Lancelot ,  530  ; 
Catalogue  des  manuscrits  des 
^bibliothèques  publiques  de 
France,  537;  Nouvelles  archi- 
ves des  missions  scientifiques, 
385. 

Ledru  (Abbé  A.),  l'Union  histo- 
rique et  littéraire  du  Maine, 
181. 

*Lefèvre-Pontalis  (Eugène),  archi- 
viste trésorier  de  la  Société  de 
l'École  des  chartes,  225;  chargé 


du  cours  d'archéologie  à  l'École 
des  chartes,  226.  —  Comptes 
rendus  :  l'Innomée,  189;  un 
Manuscrit  chartrain  du  xi«  siè- 
cle, 681  ;  Geistliches  Scbauspiel 
und  Kircliiiche  Kunst,  683. 

*Lefèvre-Poutalis  (Germain).  — 
Épisodes  de  l'invasion  anglaise. 
La  Guerre  de  partisans  dans  la 
Haute-Normandie  (1424-1429), 
259.  —  Compte  rendu  :  l'Armée 
anglaise  vaincue  par  Jeanne 
d'Arc  sous  les  murs  d'Orléans, 
160. 

*Le  Grand  (Léon).  —  Lettre  de 
Charles  VH!  concernant  la  vic- 
toire de  Rapallo,  143. — Compte 
rendu  :  les  Archives  de  l'his- 
toire de  France,  351. 

Le  Moine  (Guillaume)  de  Ville- 
dieu,  488. 

*Lemoine  (Jean),  archiviste  paléo- 
graphe, 226. 
*Lemonnier  (Henry),  président  de 
la  Société  de  l'Ecole  des  char- 
tes, 225;  prix  Marcellin  Guérin 
à  l'Académie  française,  418. 
—  Discours  aux  obsèques  de 
M.  André  Réville,  417. 
*Lempereur  (Louis),  officier  d'A- 
cadémie, 726. 
*Lex  (Léonce),  officier  de  l'Ins- 
truction publique,  227.  —  Mi- 
niatures d'un  manuscrit  de  la 
bibliothèque  de  Màcon,  429.  — 
Compte  rendu  :  Eudes,  comte 
de  Paris  et  roi  de  France,  355. 

Lignerolles  (  Bibliothèque  du 
comte  de),  430. 

Ligures,  148. 

Lille  (Cartulaire  de  l'église  collé- 
giale de  Saint- Pierre  de),  369. 

Livre  de  raison  (le)  de  noble  Ho- 
noré du  Teil,  374. 

Livre  exécuté  pour  Boucicaut, 
719. 

Livres  de  Henri  H  et  de  Diane 
de  Poitiers  conservés  à  Copen- 
hague, 429. 

Livres  nouveaux,  197,  388,  542, 
688. 

Longnon  (Auguste).  —  Rapport 
à  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  711. 


748 


TABLE   ALPHABETIQDE. 


'Loriquet  (Henri),  officier  de  l'Ins- 
truction publique,  227. 

Lorraine  (Anciens  inventaires  du 
Trésor  des  chartes  de),  530. 
*Lot  (Ferdinand).  —  Poème  néer- 
landais sur  la  bataille  de  Gui- 
negate,  237.  —  Compte  ren- 
du :  les  Premiers  habitants  de 
l'Europe,  148. 

Louis  XI  (Préparations  pharma- 
ceutiques commandées  par  ) , 
721. 

Lyonnaise  (une  Prétendue  Bible) 
de  l'année  1500,  233. 

Maccari  (Latino),  Isioria  del  re 
Giannino  di  Francia.  358. 

Maine  (Union  historique  et  litté- 
raire du),  181. 
*Maisonobe  (Abel),  archiviste  pa- 
léographe, 226. 

Manoscrilto  délia  R.  biblioteca 
universitaria  di  Pavia,  688. 

Mans  (Actes  des  évêques  du),  5, 
306. 

Manuscrit  (  un  )  chartrain  du 
xi«  siècle,  681. 

Manuscrit  de  la  bibliothèque  de 
Mâcon  (Miniatures  d'un),  429. 

Manuscrits  de  la  Bibliothèque 
nationale  :  nouvelles  acquisi- 
tions, 61,  241  ;  legs  Armand 
Durand,  627. 

Manuscrits  de  Pierre  Dupuy  de 
Saint-Sernin,  420. 

Manuscrits  des  bibliothèques  pu- 
bliques de  France,  637. 

Manuscrits  du  baron   de   Salis, 

560. 
•■Marais  (Paul),  bibliothécaire  à  la 
bibliothèque    Mazarine,    698; 
officier  de  l'Instruction  publi- 
que. 726. 

Marchi  (L.  de),  Manoscritti  délia 
R.  biblioteca  universitaria  di 
Pavia,  688. 

Maredsolana  (Anecdota),  186. 
*Marichal    (Paul),    Dufourny    et 
Lancelot,  530. 

Martin  V  (Itinéraire  de)  de  1418 

à  1420,  720. 
*Martonne  (Alfred  de),  le  Sonnet 
dans  le  midi  de  la  France,  379. 

Martyrologe  (le)  de  saint  Jérôme, 
425. 


*  Mas-Latrie  (L.  de).  Registre  des 
lettres  du  roi  de  Chypre,  235. 

Masque  de  fer  (le),  359. 
*Mazerolle  (Fernand),  officier  d'A- 
cadémie, 726. 
*Merlet  (René),  3«  médaille  au 
concours  des  antiquités  de  la 
France,  418,  703,  711;  un  Ma- 
nuscrit chartrain  du  xi^  siècle, 
681. 

Mérovingiennes  (Questions),  5, 
306. 

Metz  (Manuscrits  du  baron  de 
SaUs  légués  à  la  bibliothèque 
de),  560. 
*Meyer  (Paul).  —  Discours  à  la 
séance  publique  annuelle  de 
l'Académie  des  inscriptions  et 
belles-lettres,  698. 

Milchsack  ,  Alphabetisches  Ver- 
zeichnis  der  franzoeaischen  Lit- 
teratur,  539. 

Miniatures  d'un  manuscrit  de  la 
bibliothèque  de  Mâcon,  429. 

Miracle  (le)  de  Théophile,  379. 
'^Mirot  (Léon),  archiviste  paléo- 
graphe, 226  ;  membre  de  l'École 
de  Rome,  556. 

Missions  scientifiques  (Nouvelles 
archives  des),  385. 

Monnaies  gauloises,  155. 
*Moranvillé  (Henri).  —  Mémoire 
sur  Tamerlan  et  sa  cour,  par 
un  dominicain,  en  1403,  433. 
—  Itinéraire  de  Martin  V,  de 
1418  à  1420,  720. 
*Morel-Fatio  (Alfred),  membre  de 
la  commission  de  comptabilité 
de  la  Société  de  l'École  des 
chartes,  225.  —  La  Traduction 
des  Commentaires  de  César  par 
Pier-Candido  Decerabri,  343. 

Morienval  (Déambulatoire  de), 
125. 

Morin  (Dom  Germain),  Anecdota 
Maredsolana,  vol.  II,  186. 

Morin-Pons  (Henry),  partage  de 
ses  collections  entre  losarchives 
des  départements  dauphinois 
et  la  bibliothèque  de  la  ville 
de  Lyon,  227. 

Mort  (la)  de  Jeanne  II,  reine  de 
Jérusalem  et  de  Sicile  en  1382, 
236. 


^ 


4 

'k 


■3 


TABLE   ALPDABETIQDE. 


749 


*Musset  (Georges),  officier  de  l'Ins- 
truction publique,  227. 

Mystère  de  la  Passion  (le),  536. 

Nantes  (Saisie  de  navires  mar- 
chands anglais  à)  en  1587, 182. 
*Nerliuger  (Charles).  —  Compte 
rendu  :  Quelle7i  und  Forschun- 
gen  zur  Geschiclile  des  Abtei 
Reichenau,  684. 

Noblesse  (Maintenues  de),  182. 

Noms  vulgaires  d'oiseaux  et  de 
poissons  au  xvi'=  siècle,  239. 

Normandie  (la  Guerre  de  parti- 
sans dans  la  Haute-)  en  1424- 
1429,  259. 

Nouvelle-France  (la),  de  Cartier 
à  Champlain,  172. 

Ohem  (Ghronik  des  Gallus),  684. 

Oiseaux  (Noms  vulgaires  d')  au 
xvi«  siècle,  239. 
*Omont  (Henri),  membre  de  la 
commission  de, publication  de 
la  Société  de  l'École  des  char- 
tes, 225;  membre  du  Comité 
des  travaux  historiques,  698.  — 
Nouvelles  acquisitions  du  dé- 
partement des  manuscrits  de 
la  Bibliothèque  nationale  en 
1892-1893,  61,  241.  —  Une  Édi- 
tion de  l'Histoire  ecclésiastique 
des  Francs  de  Grégoire  de 
Tours,  préparée  par  le  P.  Gilles 
Bouchier,  515.  —  Confessions 
de  foi  des  Églises  orientales, 
567.  —  Comptes  rendus  :  His- 
toire de  la  latinité  de  Constan- 
tinople,  186;  Lamperti  monachi 
Hersfeldensis  opéra,  355;  le 
Livre  d'or  de  Jeanne  d'Arc, 
681;  Invertario  dei  manoscritti 
délia  R.  bihlioteca  universitaria 
di  Pavia,  687. 

Orientales  (Confessions  de  foi  des 
Églises),  567. 

Orléanais  (Campagnes  des  Anglais 
dans  1')  (1421-1428),  171. 

Orléans  (l'Armée  anglaise  vain- 
cue par  Jeanne  d'Arc  sous  les 
murs  d'),  160. 

Ottenthal  (Emil  von),  Regesta  im- 
perii.  11,  157. 

Paepste  (Geschichte  der),  349. 

Pagart  d'Hermansart,  Service  des 
pestiférés   à   Saint -Orner    en 

4894 


1625,  238;  les  Procureurs  de 
ville  à  Saint-Omer,  371. 

Palxographical  Society  of  Austra- 
lia,  419. 

Palatii  (De  ordine),  674. 

Paléographie  des  classiques  latins, 
724. 

Papes  (Chronologie  des)  du  xi^  siè- 
cle, 559. 
*Parfouru  (Paul),  une  Saisie  de 
navires  marchands  anglais  à 
Nantes  en  1587,  182.  — Comp- 
te rendu  :  le  Compte  du  clos 
des  galées  de  Rouen,  158. 

Paris  (Chambre  des  comptes  de), 
115. 

Passion  (le  Mystère  de  la),  536. 
*Passy  (Jean),  archiviste  du  dépar- 
tement des  Basses -Pyrénées, 
226. 

Pastor  (Ludwig),  Geschichte  der 
Paepste,  349. 

Pavia  (Manoscritti  délia  R.  bihlio- 
teca universitaria  di),  688. 

Pestiférés  (Service  des)  à  Saint- 
Omer  en  1685,  238. 
*Petit-Dutaillis  (Charles),  profes- 
seur   d'histoire    au    lycée   de 
Troyes,  556. 

Pharmaceutiques  (Préparations) 
commandées  par  Louis  XI,  721 . 

Phèdre,  Fables,  196. 

Philippe  le  Bel  (la  Bible  de),  427. 

Philippe  VI  de  Valois  (l'hôtel  de), 
465,  598. 

Phillipps  (Documents  bordelais 
de  la  bibliothèque  de  sir  Tho- 
mas), 227. 

Pierre  le  Vénérable  (Lettre  de 
saint  Bernard  à),  563. 

Plessis-Piquet,  526. 

*  Poète    (Marcel),  bibliothécaire- 

adjoint  de  la  ville  de  Besançon, 

226  ;    conservateur   du    même 

établissement  et  des  archives 

communales,  698. 
Poissons  (Noms  vulgaires  de)  au 

xvi"  siècle,  239. 
Poitou  (Archives  historiques  du), 

182. 
Pope  (Joseph),  Jacques  Cartier, 

172. 

*  Portai  (Charles).  —  Essai  d'étude 

48 


750 


TABLE   ALPHABETIQUE. 


démographique     sur     Cordes 
(Tara),  133. 

Premiers  habitants  de  l'Europe, 
148. 

Préparations  pharmaceutiques 
commandées  par  Louis  XI , 
721. 
'Prinet  (Max),  archiviste  paléo- 
graphe ,  226  ;  conservateur- 
adjoint  de  la  bibUothèque  de 
Besançon,  698. 

Procureurs  (les)  de  ville  à  Saint- 

Omer,  371. 
'Prou  (Maurice),  prix  Duchalais 
à  l'Académie  des  inscriptions, 
227,  707  ;  Étude  sur  les  chartes 
de  fondation  de  l'abbave  de 
Saint- Pierre- le -Vif,  725.  — 
Comptes  rendus  :  Regesta  im- 
perii,  157  ;  Campagnes  des 
Anglais  dans  l'Orléanais,  171  ; 
Hincmarus,  De  ordine  palatii, 
674. 

Prussia  (Expéditions  to)  made  bij 
Henry,  earl  of  Derbxj ,  after- 
wards  Henry  IV,  685. 

Rapallo  (Lettre  de  Charles  VIII 
concernant  la  victoire  de),  143. 

Regesta  imperii,  H  :  Die  Regesten 
des  Kaiserreichs  unterden  Herrs- 
chern  aus  dem  saechsischen 
Hanse,  157. 

Registre  des  lettres  du  roi  de 
Chypre,  235. 

Registres  des  consaulx  de  Tour- 
nai (Extraits  des),  376. 

Reichenau  (Quellen  und  Forschun- 
gen  zur  Geschichte  der  Abtei), 
684. 

Rennes  (Mutinerie  d'écoliers  au 

collège  de),  570. 
"Réville  (André),  décédé,  414. 

Revue  néo-scolastique,  234. 
"Richard  (Jules-Marie),  le  Mys- 
tère de  la  Passion ,  536.  — 
Compte  rendu  :  Cartulaire  de 
l'église  collégiale  de  Saint- 
Pierre  de  Lille,  369. 
'Robert  (Ulysse),  les  Fables  de 
Phèdre,  196. 

Rouen  (Compte  du  clos  des  galées 

de)  au  xiv®  siècle,  158. 
"Roux  (Henri  de),  stagiaire  à  la 
Bibliothèque  nationale,  418. 


Sabatier    (Paul),   Vie   de   saint 

François  d'Assise,  675. 
'Sache  ("Marc),  conservateur-ad- 
joint à  la  bibliothèque  d'Alger, 
688. 
"Saige  (Gustave),  correspondant 
de  l'Académie  des  inscriptions 
et  belles-lettres,  698. 

Saint-Flour  (Charles  VII  à),  721. 

Saint-Omer  (les  Procureurs  de 
ville  à) ,  37  i  ;  —  (Service  des 
pestiférés  à),  238.  /"" 

Saint-Paul  (Anthyme),  l'Inno- 
mée,  189. 

Saint-Pierre-Église  (Recherches 
historiques  sur  les  vingt  com- 
munes du  canton  de),  529. 

Saint -Pierre -le -Vif  (Étude  sur 
les  chartes  de  fondation  de 
l'abbaye  de),  725. 

Saint-Victor  (Adam  de) ,  voyez 
Adam. 

Saisie  (une)  de  navires  mar- 
chands anglais  à  Nantes  en 
1587,  182. 

Saisie  privée  (Études  sur  la),  380. 

Salis  (Manuscrits  du  baron  de), 
560. 

Saluées  (Thomas III,  marquis  de), 
183. 

Sceaux,  526. 

Schauspiel  (Gcistliches),  683. 

Scolastique  (Revue  néo-),  234. 

Sens  (Noces  d'or  de  la  Société 

archéologique  de),  725. 
*Sepet  (Marins),  un  Drame  reli- 
gieux du  moyen  âge,  le  Mira- 
cle de  Théophile,  320;  les  plus 
anciens  Drames  en  langue  fran- 
çaise, 674.  —  Comptes  rendus  : 
le  Mystère  de  la  Passion,  536; 
Geschichte  des  neueren  Dramas, 
536. 

Service  des  pestiférés  à  Saint- 
Omer  en  1625,  238. 

Seyssel  (les  Traductions  de),  509. 

Smith  (Lucy  Toulmin),  Expédi- 
tions to  Prussia  and  the  Holy 
land  made  by  Henry,  earl  of 
Derby,  685. 

Société  archéologique  de  Sens 
(Noces  d'or  de  la),  725. 

Société  de  l'École  des  chartes, 
225. 


! 


TAULE    ALPHABETIQUE. 


75i 


Société  des  études  historiques, 
419. 

Société  paléographique  d'Aus- 
tralie, 419. 

Sonnet  (lei  dans  le  midi  de  la 
France,  379. 

Statuette  (la)  équestre  de  Char- 
lemagne,  426. 

*Stein  (Henri),  les  Archives  de 
.  l'histoire  de  France,  351.  — 
Compte  rendu  :  Documents 
pour  servir  à  l'histoire  des  do- 
miciles de  la  Compagnie  de 
Jésus,  385. 

Style  gothique  (le)  et  le  déambu- 
latoire de  Morienval,  125. 

Synagoge  (Ikotxographie  der),  683. 

Tamerlan  (Mémoire  sur),  433. 

Tanon  (L.),  Histoire  des  tribu- 
naux de  l'Inquisition  en  France, 
382. 

Térouanne,  voyez  Guinegate. 
*Teulet  (Raymond),  secrétaire- 
adjoint  de  la  Société  de  l'École 
des  chartes,  225;  archiviste 
honoraire  aux  Archives  natio- 
nales, 698. 

Théâtre  (Essai  sur  l'histoire  du), 
192. 

Théodechilde  (Charte  de),  725. 

Théophile  (le  Miracle  de),  379. 

Thèses  de  l'École   des   chartes, 
225. 
*Tholin  (Georges),  chevalier  de  la 
Légion  d'honneur,  418. 

Thomas  III,  marquis  de  Saluées, 
183. 

Tournai  (Comptes  de)  du  xm^  siè- 
cle, 235  ;  —  extraits  des  regis- 
tres des  consaulx,  375. 

Trésor  des  chartes  de  Lorraine, 
530. 
*Trudon  des  Ormes  (Amédée).  — 
Comptes  rendus  :  la  Faculté 
de  théologie  de  Paris,  360  ;  la 
Tunique  sans  couture  d'Ar- 
genteuil,  364. 

Tunique  (la)  sans  couture  de 
N.-S.  J.-C.  conservée  dans 
l'église  d'Argenteuil,  364. 

Turenne  (les  États  de  la  vicomte 
de),  372. 


Union  historique  et  littéraire  du 
Maine,  181. 

Universitaires  (Concours  pour  les 
emplois  de  bibliothécaires),  419. 
*Vaesen  (Joseph).  —  Compte 
rendu  :  Extraits  analytiques 
des  registres  des  consaulx  de 
la  ville  de  Tournai,  375. 

VaUntix  (Codex  diplomaticus  or- 
dinis  sancti  Rufi),  180. 

Valleyres  (la  Trouvaille  de),  238. 

*  Valois  (Noël),  membre  suppléant 

de  la  commission  de  publica- 
tion de  la  Société  de  l'École 
des  chartes,  225;  Inventaire 
des  arrêts  du  Conseil  d'État 
(règne  de  Henri  IV),  524. 

Valois  (Philippe  VI  de),  465,  598. 
*Vautier  (Henri),  archiviste  pa- 
léographe, 226. 
*Viard  (Jules),  l'Hôtel  de  Phi- 
lippe VI  de  Valois,  465,  598. 
—  Compte  rendu  :  Auxi-le- 
Château,  367. 

Vienne  (Cartulaire  du  chapitre  de 
Saint-Maurice  de),  178. 

Villaret  (Amicie  de),  Campagne 
des  Anglais  dans  l'Orléanais, 
la  Beauce  chartraine  et  le  Gâ- 
tinais  (1421-1428),  171. 

Villedieu  (Alexandre  de),  voyez 
Alexandre. 
'^Villepelet    (Robert),    archiviste 
paléographe,  226. 

*  Viollet  (  Paul  ) ,  docteur  honoris 

causa  de  l'Université  de  Halle, 
557. 

Vitasse  (Abbé),  Auxi-le-Château, 
367. 

Weber  (Paul),  Geistliches  Schau- 
spiel  und  kirchliche  Kunst  in 
ihrem  Vorhâltnis  erlautert  an 
einer  Jkonographie  der  Kirche 
und  Synagoge,  683. 

Weil  (Henri).  —  Rapport  à  l'Aca- 
démie des  inscriptions  sur  les 
Écoles  de  Rome  et  d'Athènes, 
715. 

Wolfenbuttel  (Alphabetisches  ;  Ver- 
zeichms  der  franzœsischen  Lit- 
teratur  in  der  herzogl.  Biblio- 
tfiek  zu),  539. 

Xenia  Bernardina,  187. 


Nogent-le-Rotrou,  imprimerie  Daupkley-Gouverneur. 


o 


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D  Bibliothèque  de  TËcole 

111  des  chartes 

B5 
t. 55 


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